Dopamine : social media, une roulette russe qui s’ignore

Une nouvelle fois, ARTE nous colle une tarte sonore et bien brûlante dans la tête avec cette websérie documentaire pas piquée des vers et complètement d’actualité. Car Dopamine nous parle sans vergogne des réseaux sociaux et de leur fonctionnement. A grands coups de neuro-sciences. Et là, ça fait mal. Très mal.

Tinder, Facebook, Twitter, Youtube, Snapchat, Instagram, Candy Crush, Uber : des noms désormais célèbres et qui émaillent notre quotidien … pour mieux nous exploiter et jusqu’à la moëlle. En huit épisodes de cinq minutes chacun, Léo Favier, le réalisateur de cette trépidante exploration, met en évidence la manière pour le moins perverse dont ces plate formes suscitent et utilisent nos émotions, en jouant avec notre système nerveux et notre production de dopamine.

Besoin de reconnaissance, envie d’être récompensé, accepté, désir de partager, tous ces traits de comportement liés à l’animal social qu’est l’homme, les fondateurs des grands noms de la tech social media savent en jouer pour nous faire cliquer sans fin, nous garder les yeux rivés à l’écran et le doigt sur l’icône. Plus tu cliques, lecteur, plus l’action de ces géants monte, plus tu tombes en dépendance.

Sympa ? Tu avais l’impression vague de te faire prendre pour un con ? Tu avais raison. Et le pire, c’est que tu n’arrives pas à en sortir, le FOMO est là qui t’oblige à te connecter car ton anxiété parle, tu as besoin de savoir, peur de rater une info essentielle, d’être has been et exclus si tu manques une news, aussi fake soit-elle. Au passage tu vas aussi comprendre qu’à l’aide des outils apportés par les psychologues, on t’a piégé dans une espèce de labyrinthe marketing où tu te retrouves à la fois manipulé, passif et stressé.

Pour mieux acheter, et être frustré quand tu ne le peux pas. Bref une saloperie boostée à grand renfort de finance comportementale. Et sans une once d’empathie pour l’usager empêtré dans cette toile d’araignée. Car désormais rien de possible si tu n’es pas visible sur les réseaux. Et ce n’est pas prêt de s’arranger avec la digitalisation galopante qui nous gagne. Algorithmes, IA, deep learning, rien n’est trop beau, trop cher pour nous capter jusque dans notre poche, à chaque vibration du smartphone qui ne nous quitte plus guère.

Que dire d’autre ? On ressort de ce visionnage laminé, avec un fort sentiment d’impuissance et la sensation de ne pas valoir grand-chose, sinon par les données fournies et détournées sans qu’on sache trop à quoi elles servent. Après coup, on s’alarme franchement en repensant au fonctionnement d’Uber qui coince ses conducteurs dans une boucle infernale de productivité … en oubliant carrément qu’ils sont au volant, et que le moindre faux pas peut leur être fatal, ainsi qu’aux personnes qu’ils véhiculent et aux autres automobilistes.

Mais qu’en a-t-on à faire au final ? Dans dix ans, il n’y aura plus que des bagnoles autonomes. Et la start-up nation sera toute puissante, jusque dans le parcours des soins, la diffusion de l’éducation, tous les secteurs essentiels de la vie. Que faire ? Se déconnecter autant que possible pour ralentir cette roulette russe implacable, et se rappeler que dans « dopamine », il y a dopage et miner.

Et plus si affinités

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-017841/dopamine/

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