Ni Dieu ni maître : l’épopée de l’anarchisme ou l’art de dire non pour sortir du chaos

Au risque de nous répéter, l’anarchisme n’est pas le chaos, loin s’en faut. Les dirigeants de ce monde ont tout fait pour qu’on intègre ce principe, et pour cause : il faut bien détourner les masses d’un système qui, à chaque fois qu’il a pu être mis en application, a fonctionné. Preuve que le peuple peut très bien se prendre en charge sans aucun leader qui lui dicte ce qu’il a à faire. Étonnant ? Si vous êtes surpris, voire dubitatif, il est grand temps de visionner les deux volets du documentaire Ni dieu ni maître : Une histoire de l’anarchie.

Réalisé par Tancrède Ramonet, ce film revient sur un siècle de révolution, depuis les années 1840 et l’émergence du mouvement anarchiste dans le sillage de la révolution industrielle et des excès capitaliste jusqu’en 1945 qui marque l’ensommeillement du la tendance, éradiquée par la Seconde Guerre Mondiale. Entre ces deux dates, les anarchistes vont ériger la lutte ouvrière, organiser l’action des masses laborieuses. Si certains prônent l’action violente en réponse à la brutalité de l’État, d’autres militent pour une méthode pacifique, qui implique l’éducation, la responsabilité, la prise de décision.

L’image de l’anarchiste poseur de bombe, de la pétroleuse, en prennent un coup. Les différents penseurs de l’anarchie se singularisent par une relecture complète de la logique économique et du lien social. Nous promenant de Mexique au japon en passant par l’Europe, la Russie et les USA, le réalisateur met en évidence une internationale anar d’une énergie incroyable. L’impact de ces organisations est tel, que les pouvoirs en place n’ont d’autres recours que la force aveugle et injuste pour s’en débarrasser. Preuve que ces groupes font peur, constituent une menace pour ceux qui décident, dirigent, dictent.

Les surprises s’accumulent du reste, d’image en image : on apprend ainsi que la révolution soviétique prend racine dans l’action anarchiste, dont elle traquera par la suite les représentants, devenus bien gênants car beaucoup trop critiques. C’est que l’anarchiste pense par lui-même, sans se référer à un chef ou à une religion. Et cela n’arrange guère les affaires des gouvernements, aussi républicains soient-ils. Qu’il s’agisse de la Commune de Paris, des anarchistes espagnols durant la guerre civile, le schéma est toujours le même : remparts efficaces contre l’obscurantisme, armées organisées et courageuses, les anarchistes sont immanquablement exterminés.

La quête de Ramonet s’arrête en 1945 … mais qu’en est-il de l’anarchisme aujourd’hui, à l’heure d’internet, quand les populations revendiquent leur droit à la parole et à la décision commune ? Le sujet est abordé dans un petit jeu qui complète la série, où selon ses choix on découvre quel anarchiste on est, à quelle orientation on se rattache selon ses vœux, ses prises de position. Ce jeu de rôle dure une dizaine de minutes mais offre des clés de lecture intéressantes, ranimant une fibre rebelle que tous nous possédons en nous. Alors tous anarchistes ? On peut se le demander, et le souhaiter ?

Et plus si affinités

http://sites.arte.tv/anarchisme/fr

http://boutique.arte.tv/f11498-ni_dieu_ni_maa_tre_une_histoire_anarchisme_deux_parties

http://sites.arte.tv/anarchisme/fr/ni-dieu-ni-maitre-une-histoire-de-lanarchisme-12-anarchie

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