Dealer du tout-Paris : Gérard Fauré ou les confessions d’un bad boy

Et d’envergure, s’il vous plaît ! Dans la section « Gangster », Gérard Fauré a tapé fort, se taillant une solide réputation de voyou et de narco-trafiquant dans l’Europe des années 70/80. Pour tout dire la chanson « Bad in the bones » de George Thorogood lui va comme un gant … car ce mec est mauvais et fier de l’être.

Et il nous raconte son parcours, bravache, sans regrets ni remords, dans une autobiographie récemment éditée chez Nouveau Monde Éditions. Avec un titre pour le moins alléchant : Dealer du tout-Paris – Le fournisseur des stars parle. Pour nous exposer comment il a plongé dans l’univers du grand banditisme, comment il a bourlingué d’Afrique en Europe, multipliant les séjours en taule, s’en tirant toujours avec plus ou moins de maestria, côtoyant le SAC comme la pègre ou les stars.

La came, il y vient progressivement, se frottant ainsi à la french connexion, déroulant ses souvenirs avec autant de précision que de plaisir. Ses mémoires évoquent du reste l’effrayant American Desperado qui relate la carrière de mafieux de John Riccobono. Quant aux révélations juteuses sur la jet set parisienne, pas grand-chose à dire, l’intérêt est ailleurs, par exemple dans les liens qu’il tisse avec les sphères politiques où évoluent des requins particulièrement affûtés comme un certain Pasqua.

Si on comprend que l’entourage de Chirac n’hésitait pas à plonger le pif dans la blanche, que Johnny Hallyday n’était pas non plus en reste sur la question comme l’ensemble de la high society d’alors, que les parties fines dans des appartements cossus avaient du succès, putes de luxe à l’appui, le récit de Fauré vaut surtout par sa description des arcanes du milieu, un témoignage pointu à la mode Good fellas qui rappelle par certains côtés l’esprit de Scorcese.

Que reste-t-il de cette période ? Les beaux mecs ont disparu, laissant la place aux caïds de banlieue et à la criminalité en col blanc … néanmoins le regard de Fauré et ses semblables de loin en loin démontre que les mécanismes demeurent, le besoin de reconnaissance, le fric étalé, l’absence de scrupules, la méthodologie du coup de poing, les accointances avec la politique … Son existence pour le moins aventureuse a le mérite de mettre en évidence ces passerelles et de réveiller avec force détails une mémoire qui est finalement toujours d’actualité.

Et plus si affinités

http://www.nouveau-monde.net/livre/?GCOI=84736100687880

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