Coup de peigne : comédie shakespearienne au royaume des coiffeurs

Et c’est parti pour le feel good movie de la semaine avec l’excellentissime Coup de peigne. Sorti en 2000 ce film magnifique nous plonge dans les arcanes des concours de coiffure. Keighley, petite bourgade provinciale britannique a l’immense honneur d’accueillir le Championnat National de coiffure : les salons les plus prestigieux, les plus en vogue vont venir s’y affronter. Ce que peu savent, c’est que Phil, le coiffeur local, a raflé le trophée plusieurs fois dans une autre vie. Avant que son épouse et partenaire le plaque pour partir avec leur modèle. Sandra. Lui laissant au passage leur fils sur les bras, pour monter un salon de coiffure concurrent dans un autre quartier de la ville.

Phil bien sûr ne s’en est jamais remis, refusant d’adresser la parole à cette ex-compagne dont il ignore qu’elle est rongée par le cancer. Mais l’organisation du Championnat va changer les choses : les deux salons et les deux ex-époux vont faire cause commune pour représenter leur cité … et affronter des concurrents féroces, dont certains n’hésitent pas à employer des méthodes plus que répréhensibles pour gagner. Bye bye fair play, la triche est à l’ordre du jour, tandis que la foule se mobilise pour assister à un événement qui a tout du festival de rock.

Voici donc les grandes lignes de cette comédie sociale et romantique emmenée par le réalisateur Paddy Breathnach et le scénariste Simon Beaufoy à la source d’une autre perle, Full Monty. Le casting est aussi prestigieux : le regretté Alan Rickman, Natasha Richardson, Rachel Griffiths, Josh Harnett et l’incontournable Bill Nighy sans compter tous les seconds rôles. Bref du lourd et du subtil, des comédiens particulièrement efficaces qui apportent à l’intrigue toutes les nuances d’une romance shakespearienne. Pas pour rien que la musique est signée Patrick Doyle, compositeur attitré de Kenneth Brannagh.

Le tout est enlevé, nous vaut une série de gags désopilants, des moments trépidants, d’autres poignants, du suspens, le sens du spectaculaire kitch et du véridique (les acteurs ont carrément pris des cours de coiffure pour être plus spontanés), et cette frénésie du beau exacerbée dans la scène finale, cette volonté de lutter, cette capacité de rebondir face aux éléments, ce sens de l’autodérision propre au peuple britannique. On ressort de cette aventure plus léger, reboosté, avec des envies de folies capillaires et de moutons colorés galopant dans les campagnes anglaises.

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