La Couleur de la victoire : Jesse Owen, une lutte encore d’actualité ?

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Alors que le lancement des jeux olympiques 201

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6 de Rio est imminent, La Couleur de la victoire sort à point nommé pour nous raconter l’odyssée sportive de Jesse Owens aux JO 1936 de Berlin. C’était il y a 80 ans, mais les choses ont-elles beaucoup changé à la surface de notre terre ? Rien n’est moins sûr et le récit déroulé par le réalisateur Stephen Hopkins entretient le doute, tout en dévoilant les dessous peu glorieux d’un contexte historique fait de violence et de ségrégation.

Durant deux heures, le film relate les obstacles que Owens a dû franchir au propre et surtout au figuré pour participer aux compétitions. Et ils furent nombreux dans une Amérique pratiquement aussi raciste que l’était l’Allemagne. Les problèmes débutent dés l’arrivée à l’Université de l’état d’Ohio, où le coureur va devoir s’imposer face à des camarades peu amènes. Il faudra ensuite monter les échelons, se qualifier, convaincre le comité olympique … et gérer les réticences de la communauté noire, peu désireuse de voir un athlète afro américain cautionner la politique raciale des nazis en partant en Europe.

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Et le sport dans tout ça ? Au bout du compte, il permettra d’effacer les différences, l’amitié d’Owens et son rival allemand Carl Luz Long constituant un camouflet de taille pour les nazis, au même titre que les victoires enchaînées du médaillé olympique, qu’Hitler et ses séides refuseront de saluer. L’intérêt de ce biopic à l’allure académique est de mettre en exergue le contexte social et les enjeux diplomatiques qui entouraient alors cette rencontre. Fallait-il aller aux JO de Berlin, reconnaissant ainsi un régime dictatorial inique et dévastateur ? Quelle réponse morale un sportif doit-il apporter à ce type de réalité ?

En raflant les premières places les unes derrière les autres, en battant des records internationaux, Owens prouve physiquement sa suprématie, faisant ainsi voler en éclat les théories de la race supérieure, en profitant au passage pour constituer sa propre légende. Pourtant tout reste à faire, comme le confirment douloureusement les cinq dernières minutes du film qui laissent sans voix, devant tant d’hypocrisie et de mauvaise foi sociale. Très franchement, les élites américaines n’en sortent pas grandies, et cette conclusion amère en dit long sur l’enracinement opéré par l’intolérance dans les consciences de ce pays.

Il y a encore beaucoup de travail à accomplir, c’est même un chantier sans fin, le parcours d’Owens le démontre magistralement, et de fait le film La Couleur de la victoire participe sinon avec brio du moins avec justesse à ce long processus d’apprentissage renouvelé des foules.

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur le film La Couleur de la victoire, suivez ce lien :

http://www.la-belle-company.com/la-couleur-de-la-victoire.html

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