Christophe Alévêque revient bien sûr : « Y a pas un loup, y a une meute ! »

Au cours du documentaire La Fabrique du consentement, Noam Chomsky remarque combien il est aujourd’hui difficile de se créer une conscience sociale dans le bordel politique qui règne : écrasé par le travail et les responsabilités, pressuré comme un citron, manipulé à qui mieux mieux par l’establishement, l’individu lambda ne peut s’y retrouver à moins de vraiment prendre le taureau médiatique par les cornes, de se transformer en enquêteur et d’y consacrer du temps de cerveau qu’il n’a pas forcément. Si vous en doutez, contemplez Christophe Alévêque paumé au milieu de ses fiches et vous aurez une vision aussi drôle que nette de notre déperdition à tous.

A croire que c’est le but des 10 RDV intitulés Christophe Alévêque revient bien sûr, que le comique a fixés à son public une saison durant au Théâtre du Rond-point, et dont l’une des ultimes occurrences a été retransmise par les bons soins de Culturebox. Au programme de ces 85 minutes de stand-up, le décryptage en règle d’une actu politique qui singe à s’y méprendre Ubu Roi. On aimerait que ça soit une simple plaisanterie mais Alévêque, avec l’abattage qu’on lui connaît et ses petites fiches où il ne se paume que pour la galerie, fait ce qu’il faut pour mettre en évidence les latrines du pouvoir, dans ce qu’elles ont de plus encrassé.

Avec une verve sans pareille, il nous dévoile l’absurdité sans fond du monde dans lequel nous tentons d’évoluer, et s’il faut rire, c’est jaune fluo. Il faut dire que les puissants aujourd’hui en place n’ont rien à envié ç leur prédécesseurs en matière de foutage de gueule, ce qu’Alévêque met en évidence à grand renfort de références précises extraites des canards qui explorent notre quotidien. Il n’innove guère du reste, empruntant le chemin tracé jadis par Guy Bedos et le regretté Coluche. Ajoutez-y une touche de Desproges dans les punchlines et vous aurez une idée du torrent qui vous submergera lorsque vous serez dans la salle.

Car le Monsieur a aussi un don évident pour ramener les choses au niveau 0 du réel, passant la langue de bois au bec benzène du bon sens, nous rappelant par là même que nous devons faire acte de vigilance, arrêter de plonger la tête dans le sable et devenir des « autruches à tête haute ». Vous découvrirez par ailleurs les joies d’un nouveau lexique où le mot valise est roi, avec des néologismes désopilants comme « nazuler » ou « tataticide » ainsi que l’excellent : « Y a pas un loup, y a une meute » dont je ne me suis pas encore remise. Bref voici l’occasion d’être cérébralement un peu plus disponible, voire carrément moins cruche, tout en se pilant une heure et demi durant : n’en faisons pas l’économie, c’est si rare.

Et plus si affinités

https://www.theatredurondpoint.fr/cycle/christophe_aleveque_revient_bien_sur/

https://youtu.be/rDF0AXjUzAA

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