Cannes 2015 : Cemetery of splendour

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Il est de toujours aussi difficile de parler du cinéma d’Apichatpong Weerasethakul sans superlatif. On veut garder la tête froide, coûte que coûte, ne pas la ramener, être le plus honnête avec le film vu (reconnaissons un certain trac le jour de la projection), et puis, les mots « chef-d’oeuvre », « merveille » débarquent… Alors essayons de rendre compte le plus simplement de ce 7ème long-métrage du thaïlandais.

Avec son titre presque écrasant, Cemetery of splendour fait pourtant partie des films les moins spectaculaires de Weerasethakul, comprenez peu ou pas de coup de théâtre ou d’apparition. Plus proche de la clinique de Syndromes and a century, que des tigres et hommes-singes de Tropical Malady ou Oncle Boonmee. Attention, tout est relatif, sans tout dévoiler, le bestiaire s’enrichit encore …

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On retrouve Jenjira Pongbas, l’actrice fétiche du réalisateur, dans un hôpital de fortune, accueillant des soldats atteints d’une étrange maladie du sommeil. Chantier, parc, chambre des patients, les lieux semblent avoir une importance décisive. Nous sommes toujours dans l’Isan, la région du nord-est de la Thaïlande, qui tient tant à coeur au cinéaste. D’où vient alors le ravissement ressenti tout au long de cette séance ? Etat que les admirateurs du cinéaste craignent de voir se dissiper à chaque nouveau film, et qui persiste encore une fois ici.

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Peut-être de ces plans séquences, où la parole est davantage présente. Une bicyclette passe dans un parc à l’arrière-plan et l’ensemble évoque une base de loisirs vue par Georges Seurat, une poule et ses poussins ponctuent une scène et pourraient en revendiquer l’intrigue. Autant d’évènements souvent désarmants, qui peuvent aussi bien relever d’une entrée du hasard, de la réalité, que d’une mise en scène à la précision millimétrée. Autre source d’étonnement avec ces lumières aux couleurs changeantes, près des lits des patients. Une thérapie optique aux allures d’installation, qui invite les spectateurs à partager l’expérience par le cinéma…

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Dans Cemetery of splendour, l’intimité d’une simple discussion entre deux personnes n’a jamais été autant en harmonie avec le monde des rêves, du sommeil, des souvenirs, ou de l’histoire en marche. A l’image des excursions de Jenjira et du soldat Itt au cinéma ou dans un restaurant de la ville, possible alors d’envisager le film comme une promenade mémorable et apaisante.

Et plus si affinités

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