Black Supermarket : Street art in my coffee, please !

Depuis le 13 janvier 2017 la planète parisienne tremble délicieusement en prononçant les mots mystérieux : qu’est-ce que ce Black Supermarket, ouvert pour un mois seulement dans les vestiges d’une grande surface abandonnée du 10eme arrondissement revivifiée pour l’occasion ? Murs peints en noir mat, néons multicolores partout jusque dans les frigos, caddies transformés en fauteuils, banquettes, bars, l’endroit sent sa promo musclée, son coup de comm’ … avec raison. Au coeur du process, la marque Carte Noire lance ainsi et avec originalité ses nouvelles pop capsules, les habillant de trendy spirit pour capter l’attention d’un public jeune et dans le vent.

La recette est simple qui inspire désormais les agences de communication en mal d’inspiration. En avant toute, l’art éphémère sert désormais de moteur puissant pour attirer l’attention d’une cible générationnelle qui se lasse trop vite, hélas, merci internet ! Du coup vive les opés éclairs, qui mobilisent l’unique, le décalé, le branché autour d’un décor d’exception architecturé pour un temps donné par des créatifs en vogue. En l’état la marque de café a mobilisé des pontes du streetart et non des moindres, je cite : L’Atlas, Katre, Mist, Sun7, Astro, Fenx, Tanc, Teurk, L’Outsider, Swiz. Ces magiciens délaissent l’asphalte pour métamorphoser le lieu … et y parviennent sans difficulté : le décor est, convenons-en, spectaculaire.

Points névralgiques du complexe, deux bars où l’on peut déguster la nouvelle gamme de cafés encapsulés … et/ou des cocktails eux-mêmes inspirés des dits cafés, le tout assorti de planchas et autres tapas sympathiques et qualitatifs, dans une ambiance festive, avec musique et happening, ou plus tranquille pour ceux qui sont d’humeur à discuter/bosser/se poser … et il y a même des cours de danse et de yoga pour les plus motivés. Le tout pour surfer à toute heure sur les multiples nuances de noir que reflète votre tasse. Traduction en langage de pubard : le café est peut-être ténébreux, mais il met de la couleur dans ta vie (les grands addicts qui ne peuvent aborder la journée sans leur kawa ne me contrediront pas).

Et la culture dans tout ça, me direz-vous ? Comme toujours et depuis des années, elle sert d’adjuvant à la communication autour du produit, … à ceci près qu’elle n’en vante plus les mérites via une affiche ou un clip vidéo. Non ça c’est la comm’ à la papa, encore utilisée certes pour parler aux anciens et aux masses, mais qui doit être décuplée par d’autres astuces pour interpeller les jeunots, bobos et autres groupuscules sociétaux qui se veulent à la mode. En l’occurrence, il s’agit de bâtir une ambiance, une atmosphère autour du produit à vendre, d’en faire un élément à part, dans un cadre à part, avec une nuance un brin rebelle.

Scénographier le produit ? Plus encore, on l’associe à une vision, un moment, un souvenir, une Madeleine de Proust où l’on donne à tester en direct live et dans un contexte exceptionnel les saveurs, les textures, sans en rajouter avec un discours de vente lourd, indigeste et maladroit. Subtil, non ? Et d’une rare efficacité. Ce genre de campagne tend à se multiplier, au gré des imaginaires et de la créativité des agences qui s’engouffrent dans la brèche, … tendance à suivre de près donc, les liens entre univers artistique et marketing tendant à se resserrer et se renouveler dans ce flot frénétique d’informations vite oubliées.

Et plus si affinités

https://www.facebook.com/theblacksupermarket/

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