Better Call Saul : un héros en marge de Breaking Bad

En règle générale, les préquelles sont des attrape gogo visant à exploiter les miettes d’un filon cinématographique bien juteux. Très apprécié d’Hollywood, l’exercice représente un véritable grand écart rédactionnel pour les scénaristes dont certains n’hésitent pas à donner dans la démesure et l’invraisemblable quand ils ne tombent pas dans le navrant.

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Avec Better Call Saul, nous assistons à un véritable petit miracle puisque c’est l’inverse qui se produit. Je m’explique, histoire d’affranchir mes ouailles titillées par tant de mystère. Je découvre l’existence de cette série sur les murs de la gare d’Austerlitz : les affiches en couvrent les parois des couloirs, et je ne sais si c’est le sourire trop rutilant du personnage, le logo de son activité ou le côté vintage du design qui m’accrochent. Quoi qu’il en soit, pas un instant je ne soupçonne que Saul Goodman alias Jimmy McGill est une figure secondaire du légendaire Breaking Bad, dont les créateurs ont voulu développer les aventures et faire un héros à part entière (pour tout dire Breaking Bad, je ne l’ai pas du tout visionné, donc voilà je sais je suis une grosse taupe avec du poil autour mais bon je ne peux pas non plus être partout, …).

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Bref tout ça pour dire que je découvre l’univers de Saul pour ce qu’il est, sans le rattacher à quoi que ce soit, … et franchement j’ai adoré (au passage merci Netflix où je visionne le feuilleton). Parce que Saul c’est à la fois l’anti héros parfait, le bad boy un peu tordu, l’escroc débrouillard, le looser rebelle, le marginal assumé, et en parallèle l’ange gardien qui se rachète une conduite en veillant comme il peut sur ses clients. Et c’est là qu’il patouille, le pauvre gars, car il a décidé d’opérer sa reconversion professionnelle … comme avocat. Autant vous dire que pour un juriste débutant, les seuls clients qui se présentent, ce sont les tocards, les dingues, les irresponsables, bref les cassos.

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Et cette bonne pâte de Saul en cherchant à les tirer du pétrin, déclenche cata sur cata. C’est là qu’on découvre sa profonde humanité ainsi que son sens de la diplomatie, sa patience, sa ruse, et sa force de caractère. Autour de lui dans cette Albuquerque asséchée par le désert brûlant, une galerie de profils hauts en couleur qu’il lui faut driver, mention spéciale pour ce frangin grand avocat reclus chez lui car persuadé d’être allergique aux ondes électriques.

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Avec autant d’humour que d’émotions sans compter un brin de suspens, Vince Gilligan et Peter Gould donnent vie à cet univers qui évoque fortement celui des frères Cohen. Attachant en diable, Saul nous mène par le bout du nez, et on s’enfile les 10 épisodes narrant ses aventures jusqu’à la crise finale … qui n’attend que sa suite. Saison 2, nous t’attendons impatiemment, addicts que nous sommes à ce petit air de guitare qui marque un générique aux accents technicolor. Le tout est d’anthologie et confirme qu’entre ciné et série la frontière s’amincit pour ouvrir l’horizon sur des types de narration autrement plus riches et passionnants.

Et plus si affinités

http://www.amc.com/shows/better-call-saul

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