Berlin 56 : nazi ballroom dancing

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Vous avez aimé Ballroom dancing de Lurhman ou Lipstick on your collar de Dennis Potter ? Alors Berlin 56 devrait vous convaincre dés les premières secondes. C’est que la série allemande signée Sven Bohse nous plonge d’entrée dans le Berlin d’après guerre, au cœur d’un cours de danse ultra traditionnel tenu par la rigoriste Caterina Shöllack, qui mène ses élèves à la baguette tout comme ses trois gamines.

Trois filles donc que cette ancienne championne de danse adulée par les nazis n’a de cesse de vouloir marier à des messieurs recommandables et riches, puisqu’en dehors de l’état matrimonial point de salut pour les héritières d’Eve la pécheresse. Si l’aînée s’apprête à convoler avec un futur procureur, si la puînée a jeté son dévolu sur le médecin chef du service psychiatrique où elle officie comme infirmière, la cadette s’avère beaucoup plus retorse. Et pour cause.

Virée de l’institut où on lui inculquait les bonnes manières et les tâches ménagères qu’une bonne épouse se doit de maîtriser, la demoiselle, experte en gymnastique, se découvre une véritable vocation pour … le rock acrobatique ! Proprement sauvée des eaux grâce à « See you later alligator » by Bill Halley et ses Comets, la donzelle va conquérir son autonomie grâce à cette « musique de nègre » que sa génitrice conspue allégrement, au même titre que la rumba, impudique, lascive et incorrecte. On n’est pas au Moyen Age mais presque.

Dans cette Allemagne qui peine à se reconstruire, où le spectre du fascisme rôde, tandis que la Guerre Froide prend ses marques, Monika et ses sœurs incarnent, chacune à sa manière, la difficulté qu’ont les femmes de l’époque à conquérir leur liberté économique, sociale, sexuelle. Et les hommes ne sont pas mieux lotis, entre homosexualité cachée car réprimée par la justice, équilibre et épanouissement interdits par les diktats familiaux, poids du passé qui assombrit les consciences, endurcit les cœurs. Le personnage de la mère synthétise tous ces interdits, ces tabous, cette hypocrisie au bord de la déflagration.

En quelques cinq heures et six épisodes, on suit le parcours de ces dames et de leurs compagnons avec fascination, dans l’émergence d’une modernité des mœurs et des technologies qui s’apprête à métamorphoser les existences de chacun. Berlin 56 doit être visionné pour justement comprendre où en était le monde au lendemain d’une guerre mondiale effroyable, comment il s’est transformé depuis et pourquoi il ne faut en rien régresser vers cette période de tabous.

Et plus si affinités

http://www.arte.tv/guide/fr/069154-001-A/berlin-56-1-6

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