American Horror Story : les fondations du cauchemar américain

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A quelques heures de boucler les valoches pour partir en vacances goûter un repos rédactionnel bien mérité, je ne me vois pas, chers lecteurs de mon coeur, vous abandonner à vous même sans vous laisser quelques noisettes télévisuelles à ronger en cas de météo pourrie et soirées barbantes. Vous n’avez pas de budget, restez coincés à Paname Plage, ne savez plus à quel saint culturel vous vouer ? Il est amplement temps de visionner American Horror Story.

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C’est bien, vous disposez du mois d’Août entier pour vous gaver les 5 saisons en enfilade. Un luxe qui vous évitera l’effet pervers de nuits blanches ou presque à visionner les quelques 13 épisodes qui composent chaque pack de cette glorieuse odyssée de l’épouvante. Parce que sachez-le, une fois que vous avez mis la pupille dans l’engrenage, vous ne décrochez plus. Il n’y a pas à dire, American Horror Story rend boulimique, et on atteint la dernière seconde du dernier feuilleton de la toute dernière saga avec un sentiment de vide absolu, trépignant d’impatience de découvrir la suite.

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Il faut dire que Bryan Murphy et Brad Falchuk, par ailleurs créateurs heureux de Glee, ont su taper très fort avec ce concept à l’esthétisme raffiné. Idée de base : retourner le rêve américain et ses chimères de gloire et de réussite pour mettre à jour les rouages monstrueux d’une société dévorée par ses angoisses et ses pulsions de destruction. Et comme moteurs de cette réflexion, toutes les légendes, croyances, superstitions que ce pays sans passé ou presque a alimentées.

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Maison hantée, fantômes, tueurs en série, vampires, sorcières, vaudou, baron Samedi, freaks, savants fous, zombis, … les deux créateurs enfournent ces éléments fantastiques portés par Poe, Lovecraft et King dans leur shaker apocalyptique pour en sortir cinq cocktails explosifs et hautement addictifs, où l’on navigue de Los Angeles à la Floride en passant par la Nouvelle Orleans, mélangeant les styles et les époques, jonglant entre notre actualité, le temps de l’esclavage, le XVIIeme siècle puritain, les années folles, les 50’s, la fin des 60’s, la période du disco, …

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« Murder house » en 2011 inaugure une mécanique désormais éprouvée, attendue, espérée, pleurée fébrilement chaque année par une armada de fans transis : « Asylum », « Coven », « Freak show », « Hotel ». Beaucoup de cadavres mais pas de temps mort, pas de série qui prévaut, toutes se valent par la qualité, l’originalité, la subtilité de l’hommage rendu. C’est qu’il s’agit à chaque fois de mettre en exergue un joyau culturel, musical, cinématographique, photographique de la pop culture américaine dans ce qu’elle a de plus dark et de plus gothique : Hitchkok, Carpenter, le rock, le Dalhia Noir, …

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C’est une véritable encyclopédie de l’outrance qui est ici mise en scène de manière baroque et éclatante, dans un pur esprit de troupe : en effet et le principe est pertinent, les acteurs reviennent d’une année sur l’autre, utilisés dans des rôles qui diffèrent complètement. Et pas n’importe quels acteurs : quatre ans durant, Jessica Lange joue les meneuses de revue, passant du statut de veuve psychopathe à celui de bonne soeur sadique, ensuite reine sorcière, puis directrice d’un cirque de monstres. Elle quitte la série pour laisser place à la sulfureuse et déjantée Lady Gaga, absolument écrasante dans son interprétation d’une comtesse vampirique.

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Autres figures de proue : Kathy Bates, Angela Bassett, Sarah Paulson, Dylan Mc Dermott, Joseph Fiennes, James Cromwell, auxquels il faut ajouter Frances Conroy, Evan Peters, Zachary Quinto, Lily Rabe, Jamie Brewer, Fin Wittrock, … tous au meilleur de leur forme, et sidérants de talent, mention spéciale pour l’incroyable performance de Denis O’Hare dans le personnage de Liz, l’hotesse travestie de Hotel Cortez, d’une humanité et d’une élégance incroyables. Il faut comprendre que les protagonistes sont tous complexes, le manichéisme n’est pas une valeur de référence dans l’univers tortueux d’American Horror Story. C’est d’ailleurs ce qui en fait le prix, et nécessite des comédiens prêts à jongler avec toutes ces nuances, sans les trahir ou en oublier.

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Travaillant sur des intrigues labyrinthiques où les actions se multiplient, se doublent, se croisent, s’opposent, les scénaristes vont plus loin en amenant certains personnages d’une saison à apparaître dans une autre. Les aficionados s’amusent d’année en année à détecter les allusions, les références de cette véritable Comédie inhumaine, dont le fil rouge demeure le générique, calqué sur le même thème musical signé Cesar Davila-Irizarry et Charlie Clouser, arrangé différemment pour chaque série, tandis que la charte graphique du titre demeure, véritable signature du concept.

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En démembrant les grands mythes qui ont fondé l’empire américain, American Horror Story accouche de fondations plus lugubres, sordides et fascinantes, baignant dans la violence, le sang et le surnaturel. Cela en dit plus long que tous les livres d’Histoire ou les analyses sociologiques, … et c’est tellement plus hypnotique à regarder.

Et plus si affinités

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