American Gods : ironique, magique et terrifiant !

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Les dieux … la mythologie en regorge ! Peu importe le pays, la culture, la situation géographique, pas une contrée du monde antique qui n’affiche fièrement son panthéon, peuplé de divinités hautes en couleur, dotées de pouvoirs incroyables, régnant avec fermeté sur un domaine, un élément … et particulièrement caractérielles. Les humains n’ont pas intérêt à déconner ! Au moindre écart, bim, la peste, l’aveuglement, la mort, les sacrifices … bref le bonheur ! Ouais mais ça c’était avant. L’homme moderne a progressivement rangé ces figures tutélaires au placard pour rendre hommage à de nouvelles puissances : internet, les média, la voiture …

Et que deviennent les anciens dieux dans tout ça ? Ils dépérissent, tâchent de s’adapter, de survivre dans cette indifférence déprimante. Jusqu’au jour où le plus farouche d’entre eux décide que ça suffit comme ça : fort de sa réputation belliqueuse, Odin s’en va rameuter les autres divinités pour organiser une grande bataille afin d’anéantir ces prétentieux nouveaux venus. Pour ce faire, il engage un ancien détenu, Shadow Moon, afin de l’accompagner dans ce périple qui traverse l’Amérique profonde. On se demande bien pourquoi du reste, Odin étant capable de faire ses petites affaires tout seul.

Anyway, voici l’intrigue ancrée au coeur du roman de Neil Gaiman paru en 2001, dont Bryan Fuller et Michael Green se saisissent pour façonner une série TV absolument sidérante et cela dés les premières images. Car il s’agit ni plus ni moins de plonger dans l’inconscient d’idoles en manque de pouvoir et de sang, déités de la mort et de la vie, avides de tout dévorer, choqués par l’abandon de leurs fidèles, véritables junkies de l’adoration. Enfermé dans son humanité Shadow Moon découvre progressivement cet univers tandis que son étonnant patron le fait galoper par les routes poussiéreuses de la cambrousse américaine pour convaincre les indécis de rallier sa cause.

Pas évident car dans le camp d’en face, les arguments ne manquent pas pour tenir tout ce petit monde en respect. A partir de cette intrigue, Bryan Fuller tisse un récit fascinant où se mêlent les croyances, le folklore, les sources de culte, et une évidente magie. Amateurs de mythologie qui dévoriez les bouquins racontant les légendes des dieux, vous devriez adorer … et trembler. Car chaque séquence rappelle la violence de ces forces, leur caractère destructeur, leur goût du sang, la main mise qu’ils ont sur la nature, les éléments. S’ils n’en abusent guère, il ne faut pas susciter leur colère, sans quoi la riposte sera douloureuse. Et l’homme moderne pétri de scientisme, chaudement lové dans son petit confort ne s’en remettra pas.

Ironique, superbement interprété par un casting de choc où l’on trouve les très percutants Ricky Whittle, Emily Browning, Ian McShane, Orlando Jones, Pablo Schreiber et Gillian Anderson pour ne citer qu’eux, American Gods offre en prime un sens consommé de l’image, sensible dans le générique même, une esthétique qui joue sur les lumière et les couleurs pour faire surgir un univers parallèle attirant et terrifiant, où les épouses infidèles sortent de leur tombe, les leprechauns se prennent des branlées, les djinns sont chauffeurs de taxi, les déesses mères baisent tout ce qui passe, les dieux de la mort se reconvertissent à la thanatopraxie en écoutant du blues … Un regard particulièrement mordant sur une modernité qui se perd, se tourne en ridicule ? Les huit épisodes de la première saison passent comme un rêve, se terminent en apothéose … vivement la saison 2 !

Et plus si affinités

https://www.starz.com/series/americangods/featured

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