American Crime Story : O.J.Simpson, Versace et les autres …

Nous avons commencé la semaine dans la flamboyance de Pose, nous la terminons avec les ténèbres de American Crime Story. Point commun des deux séries, Ryan Murphy exhibe ainsi les visages de l’Amérique dans ce qu’elle peut avoir de plus beau et de plus terrifiant.

Conçu comme un spin off de American Horror Story, American Crime Story se situe encore dans le réel, mais n’en est pas moins atroce, loin de là. Il s’agit dans les différentes saisons d’aborder des grandes affaires judiciaires ou des crises sociétales d’envergure. Murphy et sa team attaquent fort en 2016 avec The People vs. O.J.Simpson, persistent avec The Assassination of Gianni Versace, enfoncent le clou avec Katrina, comptent bien creuser le sillon en traitant le scandale Clinton/Lewinsky. Vous l’aurez compris, il s’agit ici d’autopsier des dossiers saisissants, qui explosent le rêve américain de manière brutale.

Chaque série, indépendante des autres, s’appuie sur l’adaptation d’un ouvrage, The Run of His Life: The People v. O. J. Simpson de Jeffrey Tobbin pour la saison 1, Vulgar Favors: Andrew Cunanan, Gianni Versace, and the Largest Failed Manhunt in U.S. History de Maureen Orth pour la saison 2, Five Days at Memorial de Sheri Fink pour la saison 3 à venir. Si la confrontation des points de vue y perd, le résultat demeure néanmoins spectaculaire et fortement secouant, car en adéquation avec la violence inhérente à chaque situation, le tout servi par un casting de choix (Penelope cruz, John Travolta, Sarah Paulson, David Schwimmer, Cuba Gooding Jr. …).

Avec The People vs. O.J.Simpson, c’est l’odyssée judiciaire de ce procès “du siècle” complètement fou qui est traité par le menu, laissant dans l’ombre le meurtre en lui-même ainsi que l’évolution de The Juice ; ce parti pris met volontairement en exergue le combat féroce mené par l’équipe du procureur contre celle des avocats de la défense, dans une passe d’armes d’une rare dureté où tous les coups sont permis. Tous y laisseront des plumes. Quant à The Assassination of Gianni Versace, on y évoque le parcours meurtrier de Andrew Cunanan en le mettant en parallèle avec celui de ses victimes, principalement la carrière du célèbre couturier italien qui fut son ultime proie.

Les autres saisons restent à venir, mais ce second opus s’inscrit durablement dans les esprits par le portrait terrifiant qui est fait du tueur. Un serial killer à facettes multiples, pervers manipulateur, menteur compulsif, avide d’argent, de succès social, d’une reconnaissance immédiate et facile. S’enfermant dans ses mystifications, Cunanan n’aura d’autres portes de sortie que le meurtre et le suicide, détruisant au passage des êtres talentueux, des profils de battants dont Versace n’est que l’émanation la plus réputée. On appréciera le scénario à tiroirs, la narration en flash back, les focales effectuées sur les différents personnages, l’interprétation particulièrement angoissante de Darren Criss dans le rôle de cet assassin hors normes.

Autre point intéressant, American Crime Story adopte une unité stylistique via le rythme endiablé imprimé à chaque saison. Pas le temps de respirer, de prendre du recul : la spirale se met en place, décuplée par les média cannibales, le public en demande de sensationnel. Au cœur du cyclone, on trouve outre tueurs et victimes, les forces de l’ordre et de la justice, les acteurs institutionnels, très vite dépassés par les événements, incapables d’en percevoir la portée, d’en anticiper les retombées. C’est cette incompétence qui ressort de chaque récit, et elle fait peur, car elle est humaine, tissée de tragédie, de fatum. On attend avec impatience la suite de cette saga qui ne manquera pas d’être alimentée par les turpitudes du monde moderne.

Et plus si affinités

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