Album : Le Villejuif Underground – SDZ Records – 2016

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C’est en pleine désespérance musicale que je dégote cette pépite au détour d’une page Facebook. Il faut dire qu’après avoir parcouru les péripéties de Nick Kent ou visité l’expo Velvet Underground, on se sent un tantinet paumé devant la prod actuelle qui évolue de l’insipide à la copie sans laisser beaucoup de place à la fantaisie ou à l’innovation. Débarqué de son Australie natale avec une solide expérience de groupe (Marf Loth, Camperdown & Out, Home Run, The Wentworth Avenue Breeze-Out, Redneck Discotheque, The Revisionists) ou solo (avec trois albums de son cru s’il vous plaît : Watch it wharf – 2013, Magnetic Memories – 2014, Cathedral Made Outta’ Green Cards – 2015), Nathan Roche s’impose d’entrée avec son combo Le Villejuif Underground et le LP éponyme qui en détaille les talents multiples.

A peine installé dans la commune du 94, cet incorrigible touche à tout qui privilégie l’écriture et la poésie rassemble plusieurs musicos et se met une fois de plus à composer. Les 10 tracks qui en résultent pourraient évoquer le Velvet sus cité dans la rythmique, la voix comme dans le nom même du groupe. Psychédélique (la ligne de synthé, omniprésente, sert de colonne vertébrale invisible à l’ensemble des morceaux), l’univers du Villejuif Underground a néanmoins quelque chose de grunge, dans la façon de poser les mots, d’imposer un phraser nonchalant,ironique, relevé d’une point d’énergie maîtrisée.

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Il y a très nettement une accroche garage que Lux Interior des Cramps n’aurait pas renié, dixit l’attaque de « Portrait of a serial killer », dont les riffs et la ritournelle rappellent les accents de la rousse Poison Ivy. Quant au remarquable « On the Seine », on hésite entre un paysage impressionniste sous exta et une plage polynésienne, où les surfers glisseraient au son d’un ukulele.  C’est là la véritable puissance de Roche : peindre avec des notes, décrire avec des sons, transformer la réalité avec des mélodies. Croisière en péniche, canotage à la Maupassant, tandis que les arbres s’animent et se colorent sous l’effet des hallucinations, … mais … mais nous sommes dans de l’outsider art.

Quelle expérience … Et un sens très net de la dramaturgie, comme on le constate sur la dernière chanson « Absinthe minded woman » où Roche éreinte le refrain sur une tonalité presque démoniaque dans un déluge de riffs infernaux. C’est faussement crade et saturé ; lui-même producteur, Roche ne fait rien au hasard. L’effet de grésillement, souligné par les arpèges du synthé, rappelle The Sonics, avec un petit quelque chose de plus théâtral, de plus lyrique, … On parle de premier album mais cet opus est le fruit d’un parcours riche, et en appelle d’autres encore plus marquants.

Et plus si affinités

Pour écouter l’album Le Villejuif Underground, c’est par ici :
https://sdzrecords.bandcamp.com/album/le-villejuif-underground

 

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