Album : L’Épée – Diabolique – Because Music – 2019

Difficile d’aborder la rentrée musicale sans traiter du cas L’Épée, dont le premier album vient tout juste de sortir. Avec un bon gros filet de sécurité médiatique, entre vidéos, articles, chaîne Youtube, site dédié et toute l’armada d’outils promo fournis par les réseaux sociaux. Un ovni ? Pas vraiment. Car derrière cette stratégie agressive, et cela nous change grandement par ces temps de disette mélodique, un projet béton de par sa qualité, les musiciens qui le composent, et le schéma mental qui le drive.

Je m’explique en décortiquant l’équation que je viens de poser. D’abord la composition du groupe où nous trouvons … The Limiñanas. Le couple fatal de Perpignan, Bonnie and Clyde solaires qui n’en finissent plus d’écumer la planète pour porter la bonne et sanglante parole d’un rock psyché mystique, visionnaire, chargé des ondes épiques 70’s, vient donc de frapper fort, comme à son habitude, en s’acoquinant avec deux autres pointures et non des moindres.

  • Anton Newcombe, échappé (rescapé devrait-on dire) du groupe légendaire et maudit The Brian Jonson Massacre ;

  • Emmanuelle Seigner qui, quand elle ne captive pas la caméra, s’abandonne au rock de temps à autre mais avec ferveur, via le phénomène Ultra Orange.

Rien que ça ! La séance d’échangisme créatif a visiblement profité à ces quatre charmants psychopathes, au vu des glorieux « Shadow People » et « Instanbul is sleepy » extraits du précédent album de The Limiñanas. Comblés sans aucun doute, tous ont choisi de jouer les prolongations, en baptisant leur quatuor L’Épée, tranchant patronyme inspiré par les songes d’un Newcombe prophétique, dans la plus pure tradition hippie-chamano-psychotropique.

Car l’album Diabolique, comme l’arme symbolique qui le festonne, rivalise de justesse, de force et d’élégance, sans jamais oublier la démesure tranquille dont tout ce petit monde fait état initialement. Imaginez à quatre : l’éruption était inévitable, elle est assumée, épanouie, dans les rythmes, les mélodies, et les textes, scandés par une Emmanuelle Seigner langoureuse, auréolée de la gloire des Circé modernes quand elle pose les paroles de « La brigade des maléfices ».

Une des dix incantations de ce manuel d’occultisme musical en français et en anglais, qui évoque, allez savoir pourquoi, les vers démoniaques de Macbeth, ce chant des sorcières dont la légende dit que Shakespeare l’a volé aux enchanteresses de sa campagne. Et qui pose la malédiction de la « Scottich play » depuis sa création. Diabolique connaîtra-t-il un sort aussi funeste et triomphal ? Écoutez attentivement chaque morceau, laissez vous porter par les rythmes, les accents, les mots …

On a parlé du Velvet, de Gainsbourg, de Lou Reed … certes, les sources sont là, depuis longtemps … Mais les accents de Diabolique rappellent aussi la mélodie des ensorceleuses de The Lords of Salem de Rob Zombi, ce chant séculaire qui tue. Attention donc … Quand vous sentirez résonner en vous les pulsations orientales, les cadences western, ce mélange létal entre l’ombre et la lumière, l’envoûtement sera complet, la possession irréversible.

Et plus si affinités

http://www.lepeemusic.com/

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.