Album : Bruit qui court – Que la nuit m’emporte – 2016

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bruit qui court

« Il n’y a rien de plus ravageur qu’un bruit qui court. Il laisse derrière lui une traînée incendiaire qui peut devenir destruction gratuite et putassière … ou métamorphose révolutionnaire des mondes. » Ainsi commençait la chronique du 3eme album de Bruit qui court, datée de novembre 2014. Deux ans plus tard à la louche, BQC revient sur le devant de la scène pour confirmer notre constat d’alors et franchir une étape supplémentaire dans leur démarche mobilisatrice.

Car il faut bien l’avouer, Que la nuit m’emporte a tout du pamphlet, pour ne pas dire de l’exhortation. Exhortation à relever la tête, à ne plus se faire écraser par le système, à refuser les diktats, la vie d’esclave consentant qu’on nous impose. Symbolique, la nuit sert de fil directeur aux 10 morceaux qui composent cette promenade nocturne au coeur d’une rébellion en gestation. Fini les nuits romantiques soupirées par un Musset en mal d’inspiration, galopant après une Muse pour le moins indocile et capricieuse. BQC prend la nuit à bras le corps, s’y engouffre, s’y replie comme on le ferait dans une forteresse. La nuit : dernier refuge des malheureux et des laissés pour compte, des vagabonds et des miséreux, matrice des rebelles et des résistants, allégorie de la clandestinité, refus de l’égoïsme aveugle, …

Traditionnellement les heures lunaires étaient associées à la langueur amoureuse, à la mélancolie ou à la menace diabolique sous toutes ses formes. BQC retourne le mythe, métamorphose le péril, à coup de titres lapidaires qu’on retient à la première écoute car ils claquent comme lae cravache de l’urgence sur la croupe d’une population assoupie par la bêtise ambiante, découragée par le poids des interdits. « Laisse les dire », « Eux n’existent pas », « Refuser l’absurde », « Je n’ai pas peur » … reprenant la formule magique qui anime son univers mélodique depuis l’aube de son existence, BQC allie ritournelles rock et punchlines cinglantes car sans pitié.

La colère est là qui gonfle dans l’ombre, prête à éclater dans cette mélopée hypnotique : « Baisser les yeux c’est perdre / Et j’ai trop perdu » répète Nico de sa voix si singulière, où le vibrato de l’indignation se confond avec le chaud accent toulousain. Décidément tout est histoire de mots et de cadence, des tournures marquantes parfois détournées d’une actualité décalée : dans le contexte de cet album, le légendaire « Vous avez peur ? Bah vous allez perdre les gars ! » lancé par Aimé Jacquet aux Bleus bientôt victorieux face aux Croates sonne soudain comme une prophétie sociale, un Xavier Mathieu emblématique galvanisant les Conti.

bruit qui court

Le combat des classes se calcule-t-il comme une stratégie de foot ? Et si les citoyens avaient autant de ferveur et d’implication que les supporters ? Et si nous devenions enfin les piliers et les défenseurs de ce monde qui est avant tout le nôtre ? Faudra-t-il que nous sombrions une fois encore dans la nuit la plus profonde pour de nouveau aspirer à la lumière ? Ces questions, Bruit qui court ne se les pose plus. Que la nuit m’emporte prouve désormais que leur art est devenu action.

Et plus si affinités

http://www.brtqc.com/

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