Album / Aufgang – Air On Fire –Istiklaliya : comme un torrent … électro lyrique en trois temps.

Comme une valse à trois temps France – Liban – Luxembourg …. A eux trois, les musiciens qui forment Aufgang construisent une passerelle internationale qui abolit les frontières culturelles pour agiter bien haut l’étendard de l’humanité dans une cavalcade impressionnante déclinée sur trois opus.

Aufgang Air On Fire –Istiklaliya : pas de respiration ni de répit dans cette sarabande épique que les trois artistes déroulent avec la fièvre d’un Rimbaud perdant « Le bateau ivre » sur les remous du torrent créatif. Et cela se ressent dés les premières notes de « Channel 7 », qui inaugure leur premier album éponyme avec une déferlante de notes qui ne s’arrêtera plus jusqu’à ce Istiklaliya aux accents universels puisés dans toutes les civilisations en passant par la douceur taquine et plus dansante de Air on fire.

Comme un torrent … De l’expérimental, du viscéral, de l’organique qui mêlent les pulsations rythmiques du batteur Aymeric Westrich et les accents sombres et plaqués des pianistes Francesco Tristano et Rami Khalifé. D’aucuns parlent de musique classique, d’autres d’électro. En écoutant ces compositions, je pense jazz, je pense musique contemporaine, je pense reptation, je pense goutte d’eau, je pense régression, je pense doute, je pense surréalisme, je pense décomposition, je pense Greenaway, je pense Branca, Satie, je pense L’enfant et les sortilèges, je pense composition symphonique,…

Je pense néo romantisme, je pense « Je suis une force qui va » (merci Victor Hugo), je pense « putain de talent » en écoutant la dernière minute de « Channel 8 ». Je pense « putain d’audace » en parcourant « Balkanik», en sentant mon cœur se serrer sur « Rachael’s run », « Lettre à Elise » des temps modernes, je pense qu’il conviendrait de faire écouter Dulceria puis « Aufgang Auricle dub » aux mômes dans les écoles pour les réconcilier avec la musique classique, leur rappeler que Mozart et Beethoven étaient les Aufgang de leur temps, et que les musiques nouvelles ne sont pas inabordables mais notre petite pulsation interne.

Je pense que ça fait parfois beaucoup de bien d’écouter, de savourer, d’intérioriser ce genre de dinguerie géniale. Je pense que ces trois mecs ont suffisamment de tripe et de conscience artistique pour prendre le risque de faire trois albums qui se lisent comme un recueil de poésie, se pensent comme une réflexion philosophique, comme les chapitres des Fleurs du Mal, les cris des Châtiments, une Symphonie fantastique sous acide, les Tableaux d’une expositionillustrés par Picasso, quelque chose de russe, de viennois, d’hispanique dans la démesure.

Coup de cœur absolu pour « Sonar » qui évoque cette course à la vie, le mythe de Sisyphe, l’impossible quête de l’absolu, « African geisha » ce bonheur qu’on va chercher si loin alors qu’il est tout à côté sous nos yeux, et que « Prélude du passé » traduit en accents mélancoliques et très légèrement dissonants comme ces regrets qui nous fendillent l’âme dans un mouvement de balancier, le bruit lancinant d’une horloge qui se dérègle subtilement.

N’ergotons pas, ces mecs méritent les éloges qui leur tombent en pluie. Après Chassol et Mixatac que nous chroniquions il y a peu, ils nous prouvent de nouveau et avec une sacrée maestria que la mixité culturelle est devenue une source inépuisable d’inspiration qui n’annule pas un patrimoine mais le repense, le reconfigure, partant redéfinit notre rapport à la musique et aux arts.

A écouter dans l’ordre, le désordre, en suivant le corps des albums ou en revoyant l’ordre des morceaux, cette musique appelle de ses voeux les plus ardents votre patte, votre propre ordonnance, comme autant de dominos qui s’enchevêtrent au gré de votre partie, de vos envies.

Et plus si affinités

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