A l’avant-garde : Jee Young Lee – Resurrection

Elle est coréenne, elle est photographe, elle est poétique, … et elle est fichtrement talentueuse ! Avec en prime un sens inné des formes et de leurs distorsions, Jee Young Lee n’a pas son pareil pour nous précipiter dans des univers où la perspective se retrouve sans dessus dessous, dans la grande tradition cauchemardesque d’un Lewis Carroll, d’un Piranèse ou d’un Escher. La couleur psychédélique en plus.

Cette ambiance digne de Charlie et la chocolaterie ou Alice au pays des merveilles, l’artiste l’obtient en transformant son studio de trois mètres soixante sur six en autant d’univers qu’elle peut rêver. Surréaliste ? Oui, ça se pourrait bien, oui. Romantique également. Minutieuse, patiente et perfectionniste, on en peut le nier. Et terriblement déterminée.

Depuis 2007 la demoiselle s’ingénie à montrer l’invisible qui sommeille derrière les apparences, révélant un univers parallèle à la fois fascinant et dévorateur, une réponse éclatante aux méandres de nos vortex intimes. Il faut croire que cela plaît puisque ses clichés sont désormais inscrits au catalogue de lieux tels le musée de la photographie de Kiyosato au Japon, la Fondation pour l’art et la Culture d’Incheon, ou encore au musée OCI à Séoul.

Difficile de choisir un cliché ou un autre, tant ils sont séduisants. Au finish c’est résurrection qui l’emporte pour cette avant-garde, pour une raison simple : Jee Young Lee y repense l’histoire d’Ophélie, l’héroïne sacrifiée du tragique Hamlet, sa noyade plus particulièrement, ici déclinée comme un conte asiatique. En cette année de commémoration où l’on célèbre les 450 printemps de Shakespeare, ce clin d’œil d’une artiste montante de la photographie internationale constitue plus qu’un hommage : il témoigne d’une transmission de patrimoine.

 

Et plus si affinités

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