A la Briqueterie : Toute la danse européenne servie sur un plateau

les plateaux

Du 29 septembre au 1er octobre, La Briqueterie se met à l’heure européenne avec ses Plateaux, plateforme danse internationale soit 15 spectacles durant 3 jours joués à Vitry et Créteil. Alors quuestion : est-il vraiment nécessaire de se rendre à la Biennale de danse de Lyon quand le bucolique jardin du centre chorégraphique vous tend les bras ?

Rendez-vous devenu incontournable depuis maintenant 24 ans, Les Plateaux organisés par La Briqueterie / CDC du Val-de-Marne prennent cette année une tout autre dimension. Européenne pour tout dire. Avec la venue de pas moins de 9 pays européens pour sa manifestation (Écosse, Espagne, France, Grèce, Italie, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie), Daniel Favier, directeur du lieu val de marnais, poursuit ses ambitions internationales (sous-titrant l’événement plateforme danse internationale) et ce avec un flair particulièrement aiguisé pour une programmation largement ouverte au public (autre nouveauté de l’année !)

Maud Le Pladec ouvre le mini-festival

Nommée à la toute fin du printemps à la direction du Centre Chorégraphique National d’Orléans à la suite de Josef Nadj, Maud Le Pladec ouvre les festivités avec une pièce peu diffusée et créée aux Subsistances en 2015. Autant dire que HUNTED est attendu par le public. Co-écrit avec la performeuse américaine Okwui Okpokwasili, HUNTED est un projet incantatoire aux accents féministes. Paroles, textes, chants, corps s’y entrechoquent à la musique de Kalevi Aho afin d’y figurer le personnage sulfureux de la sorcière. Les fantômes de Médée, Macbeth, Mary Wigman, Valeska Gert ou encore Tatsumi Hijikata sont convoqués pour dessiner un rituel néo-paganiste des plus envoûtants.

Les autres représentants de la scène chorégraphique hexagonale sont de jeunes loups tels Arthur Perole (Stimmlos- forme courte) ou encore Sabine Rivière et Alvise Sinivia (Le son n’a pas de jambes sur lesquelles se tenir) ou de plus établis comme Martine Pisani, chorégraphe trop peu présente en Île-de-France. Elle investira le havre de paix qu’est le jardin de La Briqueterie pour y donner sa performance Jardin & Travaux qui succède à son Maison et travaux « pour un espace domestique et délibérément réduit ». Bucolique !

Enfin un dernier chorégraphe français attire l’attention avec son projet Homo Furens : Filipe Lourenço. Inspiré du chef d’œuvre de Stanley Kubrick Full Metal Jacket, cette pièce pour 5 danseurs « entend traduire en mouvement dansé cette forme athlétique qu’est l’entraînement physique des commandos et redonner de l’importance au collectif en fédérant un esprit d’équipe. » Au programme : beaucoup de sueur, dépassement de soi, gestion des égos, et de la FRA.TER.NI.TÉ comme scandait une politique reconvertie, le temps d’un meeting, dans le one-woman show.

L’Europe à Vitry

La Cap-verdienne Marlene Monteiro Freitas jouera à nouveau, et pour le plus grand plaisir de ces aficionados sa dernière création : Jaguar. Ceux qui n’ont pas encore découvert le théâtre sans parole fait de pantomimes et micro-danses de deux énergumènes Marlene et Andreas Merk doivent impérativement se rendre le samedi 30 à la MAC de Créteil, partenaire des Plateaux cette saison. Aussi déroutant que désopilant !

Jeunes pousses n’ayant pas encore l’aura de leur grande sœur lusophone, les anglo-saxons Robbie Synge et Oona Doherty risquent de recueillir ici salves d’applause du public avec leur courte pièce. Respectivement : Douglas et Lazarus and the Birds of Paradise. Le premier projet est un dialogue entre un homme et une chaise (sic !) aux confins du cirque et du théâtre d’objet, quand au second, il a intronisé la jeune Oona parmi les étoiles montantes de la danse britannique à l’occasion du Dublin Dance Festival 2016, le premier dirigé par le français Benjamin Perchet.

Autre belle surprise, la présence de deux artistes espagnols qui comptent : le catalan Joan Catala qui triomphe avec son Pelat, spectacle inspiré des fêtes catalanes traditionnelles autour du mât de cocagne et le jeune Pere Faura, présent pour la première fois en Île-de-France et qui signe un Striptease plutôt bien gaulé. Avec son travail travail caractérisé par l’appropriation de certains éléments de la culture pop (la musique, le striptease, le karaoké, le porno…) comme des ingrédients de mémoires collectives qu’il (re)mixe comme le ferait un «DJ pluridisciplinaire», Pere a été repéré par la plateforme européenne de promotion aerowaves (tout comme Christos Papadopoulos qui présente Elvedon ou encore Robbie Synge).

Si vous ajoutez à cette programmation – mine de rien intense – l’Italie (Michele Rizzo, Francesca Foscarini) et La Slovaquie (Eva Klimackova), ce sont trois belles journées de danse et de voyage, d’une rare poésie que vous offre La Briqueterie en cette rentrée. Comme un parfum d’été indien.

Et plus si affinités

http://alabriqueterie.com/fr/les-plateaux/agenda.html

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