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	<title>macbeth</title>
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		<title>Quand le surnaturel horrifique s&#8217;invite à l’opéra</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/surnaturel-opera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2024 17:41:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Opéra et horreur : un mariage inattendu ? Pas vraiment. Depuis des siècles, les compositeurs d’opéra sont mis en musique des récits de terreur, jouant avec les peurs ancestrales et les frissons surnaturels. Quoi de mieux qu’une musique déchirante et des voix puissantes pour invoquer les fantômes, éveiller les sorcières et rendre palpable l’effroi du meurtre ? L’opéra a toujours été un terrain de jeu parfait pour l’épouvante, capable de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-opera-et-horreur.png" alt="" class="wp-image-37540" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-opera-et-horreur.png 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-opera-et-horreur-288x230.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-opera-et-horreur-494x395.png 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Opéra et horreur : un mariage inattendu ? Pas vraiment. Depuis des siècles, les compositeurs d’opéra sont mis en musique des récits de terreur, jouant avec les peurs ancestrales et les frissons surnaturels. Quoi de mieux qu’une musique déchirante et des voix puissantes pour invoquer les fantômes, éveiller les sorcières et rendre palpable l’effroi du meurtre ? L’opéra a toujours été un terrain de jeu parfait pour l’épouvante, capable de mêler l’émotion brute et le suspense dramatique avec une intensité rare.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les compositeurs face au surnaturel</h2>



<p>Les compositeurs ont toujours été fascinés par les thèmes du mystère, de l’inconnu et du fantastique. Pourquoi ? Parce que l’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=op%C3%A9ra">opéra</a>, en tant qu’art total, est fait pour traiter de l’extraordinaire. La thématique du surnaturel permet de repousser les limites de la réalité ; ce faisant, elle offre un terrain d’exploration fascinant pour les émotions humaines : la peur, l’angoisse, le désir de comprendre ce qui échappe à notre contrôle.</p>



<p>Les fantômes, les spectres, les pactes avec le diable, les malédictions parlent directement à l’imaginaire collectif, trouvent dans la musique un vecteur d’expression particulièrement efficace. Là où un film d’horreur se limite souvent à des effets visuels, l’opéra joue sur les émotions profondes, par la puissance des voix et des instruments qui prêtent vie à ces forces mystérieuses. Le cocktail art lyrique/surnaturel stimule l’imagination de compositeurs ainsi capables de générer l&rsquo;angoisse au travers d&rsquo;atmosphères saisissantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Musique et terreur</h2>



<p>Pour traduire la peur, l’opéra possède un pouvoir unique. Les compositeurs utilisent des dissonances, des harmonies mineures, des rythmes lents et oppressants afin de susciter le sursaut, l’angoisse, la panique. Dans<em>Le Vaisseau fantôme</em> de Wagner, la musique traduit littéralement la menace invisible que représente le navire hanté. Les cordes graves, les trombones menaçants, les changements brusques de rythme, tout est fait pour que l’auditeur se sente pris dans un tourbillon d’anxiété.</p>



<p>Sorcières, fantômes, meurtres, dans<em> Macbeth,</em> Verdi utilise des chœurs mystérieux, des crescendos qui serrent la gorge, et des passages orchestraux presque violents pour exprimer la folie destructrice qui ronge le héros et son épouse. La musique elle-même devient un personnage de l’histoire, amplifiant la peur et l’horreur. Cet art subtil exige une maîtrise parfaite des dynamiques musicales pour manipuler les émotions du public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Surnaturel, source d’inspiration</h2>



<p>Mettre en scène un opéra qui traite de fantômes, de malédictions ou de forces maléfiques est un défi aussi stimulant que stressant. Le metteur en scène doit réussir à rendre visible l’invisible sans tomber dans le ridicule, à faire surgir la peur là où on ne l’attend pas, à surprendre un public mélomane exigeant et qui connaît les livrets sur le bout des doigts ou presque. Jeux de lumière, ombres, effets visuels : matérialiser les fantômes, suggérer le démoniaque, la présence des créatures de l&rsquo;au-delà est toujours complexe, un véritable défi.</p>



<p>Du côté des chanteurs, l’interprétation des personnages surnaturels demande une intensité particulière. Ils doivent incarner des esprits tourmentés, des âmes damnées ou des êtres terrifiants tout en déployant une technique vocale impeccable. Durant la scène finale de <em>Don Giovanni</em> de Mozart, le Commandeur, statue de marbre revenue à la vie, vient chercher Don Giovanni pour l’entraîner en enfer. Le baryton qui incarne ce personnage doit non seulement chanter avec une autorité terrifiante, mais aussi incarner la froideur implacable de la mort elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Opéras pour frissonner ?</h2>



<p>Pour celles et ceux qui voudraient explorer cette facette sombre de l&rsquo;art lyrique, voici une sélection d’œuvres incontournables où le surnaturel et l’horreur sont au rendez-vous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="DON GIOVANNI - Extrait &quot;Don Giovanni, a cenar teco&quot; | Le Metropolitan Opera au cinéma 22/23" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/YBeBctza1Zw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Don Giovanni</em> de Mozart (1787)</h3>



<p>Le célèbre libertin finit par rencontrer sa fin dans une scène finale légendaire où le fantôme du Commandeur vient le traîner en enfer. La musique est d’une puissance dramatique rare, avec des dissonances terrifiantes et une montée de tension digne des meilleurs films d’horreur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="[TRAILER] LE VAISSEAU FANTÔME by Richard Wagner" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/lVkoQJ8ZSfg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Le Vaisseau fantôme</em> de Richard Wagner (1843)</h3>



<p>Un bateau maudit, condamné à errer sur les mers pour l’éternité, et une partition musicale qui fait monter une tension oppressante. Les chœurs et l’orchestre créent une atmosphère spectrale qui te donne l’impression d’être pris dans une tempête infernale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="TEASER | MACBETH Verdi – Deutsche Oper am Rhein" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/u9fUYdqCc9U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Macbeth</em> de Giuseppe Verdi (1847)</h3>



<p>Un opéra noir, où sorcières, apparitions et malédictions se succèdent. Verdi a utilisé la musique pour incarner la folie grandissante des personnages et la terreur omniprésente qui les ronge. Les scènes avec les sorcières, notamment, sont d’un macabre saisissant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="La Dame de pique – Extrait" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/APgcsB4FbtQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La Dame de pique</em> de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1890)</h3>



<p>Ici, l’obsession de Hermann pour une combinaison gagnante aux cartes le conduit à la folie, et la mort de la Comtesse qu’il provoque revient le hanter. L’ambiance est lourde, presque étouffante, et la musique reflète l’angoisse grandissante du héros.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Château de Barbe-Bleue - Extrait (Ekaterina Gubanova &amp; John Relyea)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/MdxeZB7hOBw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Le Château de Barbe-Bleue</em> de Béla Bartók (1918)</h3>



<p>Cet opéra est un véritable cauchemar. Judith, la nouvelle épouse de Barbe-Bleue, découvre les horribles secrets cachés derrière les portes de son château. Bartók joue avec les timbres et les textures orchestrales pour créer une ambiance oppressante et inquiétante, presque suffocante.</p>



<p>Le surnaturel à l’opéra, c’est bien plus qu’un simple prétexte dramatique. C’est une immersion totale dans des univers où la musique se fait vecteur d’angoisse et de mystère, où les voix des chanteurs incarnent les forces les plus sombres de l’imaginaire humain. Les compositeurs d’opéra ont compris que la peur est une émotion puissante, capable de captiver et de marquer profondément le spectateur. Et pour les amateurs de frissons, il n’y a rien de tel que de se plonger dans ces récits d’horreur mis en musique, où chaque note te fait frissonner et où chaque aria te glace le sang.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>La leçon du mal : un lycée ne devrait pas être un tombeau</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-lecon-mal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Dec 2023 11:26:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«  On peut sourire et sourire et pourtant être un scélérat » dixit Shakespeare dans Macbeth ou Othello, je ne sais plus trop. La tournure est belle, un brin effrayante aussi, certainement, car elle est on ne peut plus exacte. Oui, on peut sourire, paraître tout gentil/mignon/fiable/digne de confiance et être un parfait salopard. Pire. Un monstre. C’est ce que démontre avec brio Yûsuke Kishi dans le roman La leçon du...</p>
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<p>«  <em>On peut sourire et sourire et pourtant être un scélérat </em>» dixit Shakespeare dans <em>Macbeth</em> ou <em>Othello</em>, je ne sais plus trop. La tournure est belle, un brin effrayante aussi, certainement, car elle est on ne peut plus exacte. Oui, on peut sourire, paraître tout gentil/mignon/fiable/digne de confiance et être un parfait salopard. Pire. Un monstre. C’est ce que démontre avec brio <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C5%ABsuke_Kishi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Yûsuke Kishi</a> dans le roman <em>La leçon du mal</em>. Et de la plus atroce des façons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un professeur charismatique&nbsp;?</h2>



<p>Machida, Japon&nbsp;: une ville rattachée à la métropole tokyoïte, avec ses 400 000 habitants, ses petits quartiers, ses parcs, ses lieux culturels. Et le lycée Shinkô Gakuin où officie Seiji Hasumi. Un professeur d’anglais charismatique, trentenaire cultivé et affable, adoré de tous les élèves, respecté par ses collègues, sympathique avec ses voisins. Un problème de logistique&nbsp;? Hasumi s’en charge. Un souci avec un étudiant&nbsp;? Hasumi intervient. Un soupçon de triche aux examens&nbsp;? Hasumi trouve une solution. Indispensable, efficace, bienveillant. Le mec parfait.</p>



<p>Une façade. Si les collègues et les élèves d’Hasumi savaient vraiment ce qui lui trotte par la tête, sa manière de voir le monde, de pénétrer les âmes, d’aplanir obstacles et problèmes, ils fuiraient. En galopant et sans demander leur reste. Pas pour rien qu’il fredonne en boucle la complainte de Mackie extraite de <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Op%C3%A9ra_de_quat%27sous" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Opéra de Quat’ Sous</a>. </em>Pourtant, le standard composé par Weill et Brecht déroule très exactement la philosophie de vie d’Hasumi et cela depuis son enfance. Une philosophie de vie… et surtout de mort.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un crescendo d’atrocités</h2>



<p>Une logique de la destruction qui dicte un rythme très particulier à la construction du roman. La première partie de <em>La leçon du mal</em> pose le cadre, donne à voir par petites touches subtiles et intrigantes l’atmosphère on ne peut plus toxique du lycée, entre violences physiques, verbales, psychiques, abus sexuels, harcèlements en tous genres, querelles de pouvoir opposant enseignants et dirigeants, groupes d’élèves. L’ensemble mijotant à l’étouffé sous un épais couvercle de silence et de courtoisie nippone qui alimente les pires bassesses, les perversions les plus odieuses, l’hypocrisie.</p>



<p>Extrêmement instable, ce mélange va exploser en seconde partie, dans un safari d’une brutalité malfaisante. Tout va déraper en quelques minutes, accouchant d’un crescendo d’atrocités. Hasumi a en effet une manière très personnelle de faire passer leurs examens à ses étudiants. L’évaluation sera aussi féroce que sanglante, chronométrage de l’horreur à l’appui, avec descriptions d’une précision chirurgicale à la limite du supportable. Un mix de <em>Battle Royal,</em> <em>American Psycho</em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-all-of-us-are-dead/">All of us are dead</a></em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/la-vague-une-lecture-necessaire/">La Vague</a></em> et <em>Les Chasses du comte Zaroff.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Combien de Hasumi ?</h2>



<p>Si vous étiez déjà fâché.e avec l’univers scolaire (nous avons tous le désagréable souvenir de pédagogues inaptes, mesquins et cruels), <em>La leçon du mal</em> n’effacera pas vos traumas, au contraire : sous la plume de Yûsuke Kishi, l’espace scolaire devient un échiquier bourbeux où les pions sont amenés à s’entre-tuer sous l’influence d’un maître de la manipulation qui, le cas échéant, n’hésite pas à mettre la main à la pâte quand il s’agit d’exterminer son prochain. Et tout est calculé pour neutraliser les potentielles conséquences et éviter de se faire prendre. Même quand on est percé à jour.</p>



<p>Question : qui va pouvoir stopper Hasumi dans sa course mortifère ? Est-ce seulement possible dans une société psychorigide dont les rouages, les diktats, les codes sont du pain béni pour ce démon humain ? Un démon qui jouit de l’incroyable ascendant psychologique qu’il a sur cet entourage ? <em>La leçon du mal </em>ne débouche sur aucune morale, au lecteur de tirer sa conclusion. Ce qui est certain, c’est que le monde moderne facilite les actions de pareils personnages. C’est d’autant plus flagrant dans un univers initialement destiné à préparer l’avenir de nos enfants. Un lycée ne devrait pas être un tombeau. </p>



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</ul>
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<p>Et pourtant… combien de Hasumi dans nos écoles ? Dans nos entreprises ? Dans nos ministères ? Difficile de ne pas y penser, Yûsuke Kishi fait d’ailleurs tout pour que cela s’imprime en continu dans notre esprit, que cela tourne en boucle dans notre mémoire, longtemps après avoir terminé la dernière page de ce récit diabolique.</p>


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		<title>Trouvaille musique : Decius</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/musique-techno-decius/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Oct 2023 11:22:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une trouvaille dans le sillage du très orléanais Hop Pop Hop 2023 (eh oui, les festivals, ça sert aussi à ça) : Decius nous arrive dans la gueule à la vitesse d’un X-wing pourchassé par un T-Rex intergalactique rose fluo. C’est un peu le ressenti. Pink, perché et dévorant. Acid house tétanisante Decius donc, empereur romain resté dans les mémoires pour avoir persécuté les chrétiens dans faire de détail avant de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg" alt="" class="wp-image-36408" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Acid house tétanisante</h2>



<p>Decius donc, empereur romain resté dans les mémoires pour avoir persécuté les chrétiens dans faire de détail avant de mourir sur le champ de bataille face aux Goths. On ne choisit jamais un nom de groupe par hasard. Aux origines du projet : Lias Saoudi from Fat White Family, la fratrie May de Trashmouth records et Quinn Whalley échappé de Warmduscher. Le quatuor accouche d’une électro coup de poing, tétanisante acid house matinée de techno ravageuse.</p>



<p>Écoutez « Look like a man », « Macbeth », « House of Con-Fu-Sion », « Gay futures »l’intégralité des EP <em>Masculine Encounter</em>, <em>Rupture boutique</em>, <em>Bread &amp; Butter</em> : il y a de quoi bien s’étourdir les tympans. Le groupe est pour le moins prolixe, assénant ses beats comme un chevalier médiéval, sa masse d’arme, sa hache à double tranchant. Pas de quartier ! Le projet est ultra-queer pour sûr, pour autant bien couillu. Le tout s’avère foutrement efficace, méchamment virulent, déconstruit et orgiaque. J’insiste : car le côté très cohérent de la décadence assumée s’affirme en live.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="DECIUS - MACBETH" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/fLylCZb7BTA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un show convulsif</h2>



<p>Inspiré par Marc Almond, Lux Interior et Pierre Molinier, Lias Saoudi aborde la scène en slip à paillettes noir (quand il n’est pas en couches culotte), faux cils et rouge à lèvres pour un show sexy en diable, convulsif, hypnotique. Une transe. Venu exprès de Londres pour rallier la ville de Jeanne d’Arc, la Decius team investit la scène de l’Évêché (soit celle qui se trouve pratiquement aux portes de la cathédrale d’Orléans, dans le jardin attenant) à l’heure où les sorcières s’accouplent avec les démons, déclenchant une véritable bacchanale. </p>



<p>Ironie du sort et de la programmation, volonté délibérée de choquer ? Décalé, décadent, dérangeant, le live de Decius et aussi sacrément enivrant, il faut bien le confesser. De quoi faire frémir d’horreur les bien pensants, déclencher un exorcisme public ! « <em><a href="https://youtu.be/XjLaPUMfUQc?si=P36nAstuKKQASr4g" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Paradise is what you’re looking for</a></em> » : reste à savoir ce qu’on est prêt à faire pour y parvenir. Tentateur, Saoudi et ses sbires savent, la preuve par le live, comment nous faire sombrer sans même que nous ayons le temps de réagir. Le pire ? Ils adorent ça, et nous aussi.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="DECIUS Live - SHOW ME NO TEARS feat LIAS SAOUDI &amp; MAGGIE THE CAT" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/IWdXs8J5h-k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="PARADISE  - DECIUS" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/XjLaPUMfUQc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour explorer l’univers musical de Decius, consultez le <a href="http://www.deciustrax.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site web du groupe</a>, son <a href="https://decius.bandcamp.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bandcamp</a> ainsi que son <a href="https://soundcloud.com/decius-1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Soundcloud</a>.</p>
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		<title>La tragédie de Macbeth : comment Joel Coen sublime la poésie tranchante d’un Shakespeare incantatoire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-tragedie-macbeth-joel-coen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Feb 2022 12:06:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Macbeth : LA pièce maudite par excellence, à tel point que ceux qui l’interprètent n’osent en prononcer le titre, censé porter malheur. A rebours de ces superstitions fermement enracinées dans l’univers du théâtre (on ne compte plus les récits de catastrophes plus ou moins graves survenues pendant les représentations de cette œuvre réputée maléfique), le réalisateur Joel Coen, oeuvrant ici en solo sans son frère Ethan, s’empare du texte de Shakespeare,...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34599 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt.jpg" alt="film La tragédie de Macbeth de Joel Coen d'après Shakespeare" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/02/macbeth-coen_opt-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Macbeth</i> : LA pièce maudite par excellence, à tel point que ceux qui l’interprètent n’osent en prononcer le titre, censé porter malheur. A rebours de ces superstitions fermement enracinées dans l’univers du théâtre (on ne compte plus les récits de catastrophes plus ou moins graves survenues pendant les représentations de cette œuvre réputée maléfique), le réalisateur Joel Coen, oeuvrant ici en solo sans son frère Ethan, s’empare du texte de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare" target="_blank" rel="noopener">Shakespeare</a>, en exacerbe le caractère funèbre. Sa version s’intitule <i>La tragédie de Macbeth</i>, car c’est bien d’une tragédie qu’il s’agit, au sens premier du terme : un événement terrible, une issue fatale, des personnages avides de pouvoir au point de tuer leurs semblables, de transgresser tous les tabous, qui pensent forger leur destin alors que peut-être ils le subissent. Et cela nous vaut un film sublime, surprenant et sans concession.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Macbeth – Bande-annonce officielle | Apple TV+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/carxJAjzU3E?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Pourquoi Macbeth commet-il l’irréparable ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>La tragédie de Macbeth :</i> ce titre n’est en rien un caprice de metteur en scène mais un retour aux sources puisque ces mots ornent la publication initiale de la pièce en 1623, 12 ans environ après sa première représentation sur la scène du Théâtre du Globe. Une pièce courte, fulgurante, qui raconte comment <a href="https://www.theartchemists.com/?s=macbeth" target="_blank" rel="noopener">Macbeth</a>, seigneur écossais fidèle entre tous, va tuer son roi, voler sa couronne, accumuler meurtres et massacres afin de conserver cette conquête qui lui a coûté son âme, son repos éternel. La question cruciale de cette histoire est : pourquoi ? Baron déjà bien doté de terres, d’un titre, respecté, qui a toujours défendu le trône, par ailleurs ami loyal et mari fidèle, pourquoi Macbeth commet-il l’irréparable ? Pourquoi se transforme-t-il en un monstre avide de sang, assassinant un souverain qui l’a récompensé maintes fois (la pire des fautes que le régicide, qui détruit la personne sacrée d’un monarque touché par la grâce divine) ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Est-ce à cause de ces mystérieuses sorcières apparues sur sa route pour lui prédire sa destinée, ou l’influencer, qui sait ? Est-ce son épouse, Lady Macbeth, qui le pousse au crime, s’abandonnant avec délices aux ténèbres avant de sombrer dans la folie ? Macbeth pourrait dire non, il le fait du reste, avant de plier devant le mépris de son épouse. A-t-il seulement une ambition politique, un programme, la volonté de transformer son pays ? Non, rien, juste l’obsession grandissante de saisir la couronne, de la ceindre. Il y laissera son couple, sa vie, sa réputation, sa probité, son salut, n’apportant à l’Écosse que le chaos, souligné par un enchaînement de manifestations contre-nature signifiant la colère des cieux… ou la toute puissance du Mal à l’œuvre. Shakespeare n’apporte aucune réponse, multipliant les angles de lecture, les pistes, qui varient selon les spectateurs et les metteurs en scène.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Les Macbeth, bras armés d’une puissance létale</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour Joel <a href="https://www.theartchemists.com/?s=coen" target="_blank" rel="noopener">Coen</a>, le moteur du couple Macbeth, c’est l’âge. Matures, sans enfant, ces époux, très attachés l’un à l’autre, sentent l’urgence du temps qui passe sans rien apporter à leur gloire. L’idée de prendre du galon n’est pas nouvelle pour eux, on comprend que c’est un sujet central dans leur vie intime, un but commun, qui s’est doucement glissé dans un berceau vide pour prendre la place de l’enfant absent. L’occasion fait le larron, dit-on : le traître Cawdor qui s’est allié avec les ennemis du roi Duncan est à peine châtié que Macbeth, qui a récupéré son titre en récompense de ses services, passe à l’action, terminant le travail de sape entrepris par le défunt rebelle. Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume d’Écosse sur lequel une force destructrice s’acharne. Et les Macbeth, affamés de reconnaissance et d’élévation, deviennent le bras armé de cette puissance létale qui officie dans l’ombre à la destinée des nations.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Leur violence est décuplée à l’idée qu’un autre bénéficiera des fruits de leur crime. Ce patrimoine si chèrement acquis, ils ne pourront le transmettre à aucune descendance, et cela leur est insupportable. Ils en deviennent complètement fous, éradiquant sans aucune pitié leurs potentiels rivaux ainsi que leurs enfants. Leur brutalité n’est pas si surprenante : c’est une véritable obsession pour les contemporains de Shakespeare que cette passation aux générations futures, qu’on retrouve dans tout le théâtre élisabéthain. Cette inquiétude s’est cristallisée sur la délicate problématique du devenir du trône britannique : considérée un temps comme la bâtarde d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=henry+VIII" target="_blank" rel="noopener">Henry VIII</a> qui fit décapiter sa mère Anne Boleyn, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=elisabeth+iere" target="_blank" rel="noopener">Elisabeth Iere</a> est demeurée farouchement célibataire ; surnommée la Reine Vierge, elle n’a pas eu de descendant. Quand Shakespeare écrit cette pièce, Jacques VI d’Écosse vient de coiffer la couronne britannique pour lui succéder, mettant ainsi un terme à cinquante ans d’un règne considéré comme un âge d’or après des années de guerres intestines et de conflits religieux. L’arrivée de ce nouveau roi, fils de Mary Stuart, la grande rivale d’Elisabeth, va-t-elle réveiller les passions et replonger l’Angleterre dans le chaos ?</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xKXt1kcQjx"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-macbeth/">Macbeth : la fin d&rsquo;une malédiction ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Macbeth : la fin d&rsquo;une malédiction ? » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-macbeth/embed/#?secret=JZJlXcr8AF#?secret=xKXt1kcQjx" data-secret="xKXt1kcQjx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une présence hitchcockienne</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><em>La tragédie de Macbeth</em> exrpime cette angoisse qui sommeille au cœur du peuple anglais. « <i>L</i><i>e sang </i><i>attire</i><i> le sang</i> » : la remarque de Macbeth ne peut que faire frémir les spectateurs qui découvrent la pièce et se souviennent de l’état de crise permanent du royaume face aux menaces d’invasion, d’attentats. La plupart des metteurs en scène s’en saisissent encore et toujours pour multiplier les effets « gore », teinter leur vision d’hémoglobine. Joel Coen, lui, privilégie comme fil directeur de son récit le corbeau, oiseau psychopompe par excellence, maléfique présence qui surplombe les hommes, les terrifie quand il ne les poursuit pas de sa colère. Une présence hitchcockienne dans un univers en noir et blanc, segmenté par un décor labyrinthique sculpté de lumières et d’ombres, qui évoque le cinéma expressionniste allemand et les polars américains des années 40, tout en rendant hommage aux films d’Orson Welles et de Kurosawa.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Épure de l’environnement, minimalisme des costumes, texte allégé de certains passages, scènes de bataille édulcorées, Coen laisse place au verbe, à la poésie tranchante d’un Shakespeare incantatoire. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=denzel+washington" target="_blank" rel="noopener">Denzel Washington</a> et <a href="https://www.theartchemists.com/?s=frances+mcdorman" target="_blank" rel="noopener">Frances McDormand</a> chuchotent ces paroles empoisonnées dont ils s’enivrent jusqu’à l’autodestruction, tandis que leurs ombres s’étirent dans des couloirs sans fin, des chemins sans issue. De temps à autre, un gros plan d’une pureté incroyable saisit la douceur ou la dureté d’un regard, des traits qui se crispent, un sourire qui s’ébauche pour devenir un rictus, une main qui arrache des cheveux. On dirait des clichés de Harcourt qui s’animent ou se figent afin de fixer pour l’éternité les images d’un cauchemar éveillé. Quant aux apparitions des sorcières (sidérante Kathryn Hunter dont la voix éraillée nous vrille les tympans pour mieux nous terroriser et nous captiver), elles semblent échappées des tableaux désespérés de Odd Nerdrum, du terrible <i>7eme Sceau</i> d’Ingmar Bergman.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le véritable pourvoyeur du destin</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le travail accompli par Bruno Delbonnel en charge de la photographie est à ce titre absolument splendide, par la maîtrise du clair obscur, des jeux de contrastes. Regard trompé, perdu, son déformé, amplifié ou amoindri : les sens sont complètement perturbés par un Joel Coen qui estompe les lignes de fuite, alterne plans d’une précision chirurgicale et brume aveuglante pour nous plonger dans le chaotique cheminement intérieur de personnages confrontés aux conséquences de leurs actes mais qui en acceptent le prix. Tous suivent leur route, tracée nettement dans ces limbes par une force qui les dépasse. C’est toute la subtilité du réalisateur que de jouer sur cette présence surnaturelle dont on n’arrive jamais à déterminer si elle est démoniaque&#8230; ou neutre. Là aussi, la réflexion est pertinente car novatrice : pas de sang, une sorcière asexuée à la voix caverneuse qui se démultiplie à la surface des eaux, des ombres mouvantes au moment où Lady Macbeth s’offre aux puissances du Mal, une silhouette fugace plutôt que le fantôme sanglant de Banquo, Hécate éradiquée de cette version…</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les manifestations paranormales sont restreintes, tandis qu’un personnage initialement secondaire en fusionne la présence. Ross, serviteur sans relief, messager discret, observateur plus qu’acteur, devient ici le véritable pourvoyeur du destin, peut-être même son initiateur, celui qui en déroule le fil, en surveille l’avancée. L’illustration parfaite de c<span style="font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: 12pt;">e vers célèbre :</span> <span style="font-size: medium;">“</span><span style="font-size: medium;"><i>Il n’y a pas d’art pour découvrir sur le visage les dispositions de l’âme</i></span><span style="font-size: medium;">.”</span> <span style="font-size: medium;">Dans ce théâtre des apparences où tous cachent leurs pensées, leurs désirs, </span><span style="font-size: medium;">leurs peurs,</span><span style="font-size: medium;"> Ross est le plus habile, indétectable, insoupçonnable. </span>Lisse, souriant, avenant même, Alex Hassel donne une épaisseur impressionnanet, une aura malsaine à cette énigmatique figure qui tient à la fois du villain élisabéthain, du coryphée grec et du deus ex machina. Espion ? Démon ? Ange ? Ainsi envisagé, l’insipide Ross trace un lien fort avec la tragédie grecque, le fatum qui frappe Oedipe, les Atrides. La surprise est totale, l’effet cathartique décuplé</span>, tandis qu’il agit en sous-main pour assurer l’application sans faille du programme dressé dés le premier acte par les sorcières, et s’amuser de la vanité de la condition humaine.</span></p>
<p>https://www.theartchemists.com/macbeth-au-theatre-du-soleil-celebrations-lobscur/</p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Résumons : <i>La tragédie de </i><i>M</i><i>acbeth</i> version Joel Coen en a déçu certains, séduit d’autres. Pour sûr, les amateurs de grandes batailles, de spectres sanglants et de tueries de masse en seront pour leurs frais. Les adeptes d’un cinéma épuré et visionnaire, d’une poésie percutante devraient au contraire adorer. Parfaitement interprété, le texte de Shakespeare trouve ici un nouvel écho, intimiste et hypnotique, palpitant et oppressant, qui casse avec la litanie de super-héros bouffis de bons sentiments que les studios nous servent à la pelle pour amuser un public en quête de divertissement facile. Coen nage à contre-courant en revenant aux sources d’un cinéma travaillé, précis, précieux, esthétique et exigeant, porteur d’un message à décrypter, à méditer : un art complet et transversal, dérangeant, mystique et sans pitié.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le film de Joel Coen <em>La tragédie de Macbeth</em> sur <a href="https://tv.apple.com/fr/movie/macbeth/umc.cmc.4wpfk1xmi22h3zyv4a10lj1tw?ctx_brand=tvs.sbd.4000&amp;l=fr" target="_blank" rel="noopener">Apple TV+</a>.</span></p>
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		<title>Madame Butterfly aux Invalides : livestreamer l’art lyrique comme un sport de plein air</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/opera-madame-butterfly-invalides-livestream/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Sep 2021 10:33:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sébastien Tézé nous l’avait annoncé lors de son interview en amont du festival d’Avignon, mais cela se précise très nettement. Le 4 septembre au soir, Opsis Tv posera ses caméras dans la cour de l’Hôtel National des Invalides pour capter et diffuser en livestream l’opéra Madame Butterfly de Puccini. Festival au grand air&#160;: une particularité notable La mise en scène d’Olivier Desbordes prend place dans l’édition 2021 du festival Opéra...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/madame-butterfly-aux-invalides-opsistv_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/madame-butterfly-aux-invalides-opsistv_opt.jpg" alt="photos du spectacle madame Butterfly dans le cadre du festival opéra en plein air 2021" class="wp-image-34183" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/madame-butterfly-aux-invalides-opsistv_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/madame-butterfly-aux-invalides-opsistv_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/madame-butterfly-aux-invalides-opsistv_opt-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p><span style="color: #000000;">Sébastien Tézé nous l’avait annoncé lors de son<a href="https://www.theartchemists.com/opsis-tv-festival-avignon-captation/" target="_blank" rel="noopener"> interview</a> en amont du festival d’Avignon, mais cela se précise très nettement. Le 4 septembre au soir, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=opsis+tv&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Opsis Tv</a> posera ses caméras dans la cour de l’Hôtel National des Invalides pour capter et diffuser en livestream l’opéra <i>Madame Butterfly </i>de Puccini.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Festival au grand air&nbsp;: une particularité notable</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">La mise en scène d’Olivier Desbordes prend place dans l’édition 2021 du festival <a href="https://operaenpleinair.com/" target="_blank" rel="noopener">Opéra en plein air</a>, vingtième du nom. Après les domaines de Sceaux et Saint-Germain-en-Laye, les châteaux de Champs sur Marne et Vincennes, cette tournée estivale prendra donc fin en beauté dans l’enceinte des Invalides et sous les yeux des spectateurs mélomanes de la plateforme dédiée au théâtre et à l’art lyrique.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Tézé n’avait pas caché la difficulté que représente ce type de représentation outdoor : repérages, positionnement des caméras, prise de son, séquençage … La chose est d’autant plus complexe que jouer en extérieur est en soi un sport extrême dont le public ignore trop souvent les particularités. L’occasion pour nous d’en rappeler certaines règles, histoire de souligner la difficulté de l’opération.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Difficulté qui en séduit beaucoup, dixit les festivals d’Aix-en-Provence, d’Orange ou d’Avignon avec la consécration que représente la Cour des Papes … sans compter tous les autres qui revendiquent le grand air comme une particularité notable, une manière de se démarquer, d’accentuer le côté bucolique et festif de l’événement &#8230; et d’échapper aux ors des salles de théâtre, parfois un peu trop étouffants.</span></p>



<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/opera-madame-butterfly-festival-de-glyndebourne/" rel="bookmark">Madame Butterfly au festival de Glyndebourne&nbsp;: quand la ménagère américaine écrase la femme papillon</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Prestige, surprise et tradition</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Car jouer en plein air présente certains avantages&nbsp;:</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">Cela peut être l’occasion d’une rencontre d’exception entre un lieu de prestige et une œuvre incontournable du répertoire : rappelons-nous </span><i style="color: #000000;">Turandot</i><span style="color: #000000;"> mis en scène dans le cadre de la Cité Interdite par Zhang Yimou en 1998 ou </span><i style="color: #000000;">Aïda</i><span style="color: #000000;"> de Verdi jouée dans la Vallée des Rois. Le spectaculaire est forcément au rendez-vous,&nbsp;de même la rareté de l’évènement, avec surenchère du prix des places, croisière et voyage à l’unisson, captation DVD de haute qualité.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">C’est par ailleurs le moyen de renouer avec une tradition dramaturgique : jouer en plein air sur la scène du théâtre d’Epidaure en Grèce, c’est forcément revenir aux racines mêmes de l’art théâtral comme rituel sacré, connexion avec les dieux. Interpréter les textes de Shakespeare dans l’enceinte du Théâtre du Globe tel qu’il a été reconstitué sur les berges de la Tamise à Londres, c’est retrouver l’essence même de cette révolution que fut l’ère élisabéthaine en matière de spectacle.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Et puis il y a l’attrait de la surprise, l’occasion de faire vivre un lieu de culture et de patrimoine autrement que par des visites ou l’usage du quotidien … et de topucher ainsi un public néophyte, peu habitué des salles. Rappelons-nous 2013, notre passage au festival des 3 Éléphants de Laval, la compagnie Kumulus investissant la cour du lycée Ambroise Paré pour y poser … un gibet. Et y interpréter </span><i style="color: #000000;">Les Pendus</i><span style="color: #000000;">. Une claque monumentale qui, pour sûr, n’aurait pas eu la même portée dans un autre espace.</span></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/kumulus-les-pendus-nos-lachetes-au-gibet-de-nos-hontes/" rel="bookmark">Kumulus – Les pendus : nos lâchetés au gibet de nos hontes</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Jouer en extérieur&nbsp;: r</b><b>etour aux sources et</b><b> </b><b>sens du miracle</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Renouer avec les sources mêmes du spectacle vivant, joué dans la rue, la cour des châteaux, sur des tréteaux, devant les églises comme au temps jadis&nbsp;: une gloire teintée d’humilité, car il faut y inclure la loi de l’emmerdement maximum pour une troupe, qu’il s’agisse des interprètes, des metteurs en scène ou des techniciens. Jouer en extérieur, c’est combattre au quotidien les caprices des dieux qu’on veut honorer.</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">Déjà parce qu’il faut s’adapter à un environnement prestigieux certes mais pas franchement prévu pour ça. Quiconque a pénétré la Cour des Papes en Avignon mesure immédiatement la problématique : l’endroit est immense, pas de plafond pour retenir le son, des parois de pierre chargées de mémoire mais guère propices à la modernité. A équiper, c’est un enfer, à investir c’est une énigme, souvent coûteuse. Tout le monde n’a malheureusement pas le flair d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=ariane+mnouchkine&amp;x=12&amp;y=11" target="_blank" rel="noopener">Ariane Mnouchkine</a> avec <i>Richard II</i>&nbsp;: l’entrée du roi et de sa cour traversant au galop l’ensemble de la scène en costumes kabuki et fraises Renaissance demeure un moment unique de l’histoire du Festival d’Avignon.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Et puis il y a le choix de l’œuvre : il est délicat de marivauder sur une scène de plusieurs dizaines de mètres de long, d’enchaîner les changements de plateaux impliqués par certaines œuvres sur un périmètre très large et sans coulisses cachées. L’arrivée du mapping a pas mal aidé les scénographes qui peuvent désormais habiller d’images les parois des monuments, dixit <i>Aida</i> en 2012 aux Chorégies d’Orange. Néanmoins, jouer en extérieur suppose un tri sélectif des œuvres représentées, qui doivent forcément posséder un potentiel sensationnel.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Se pose également la question insoluble qui ramène tout le monde au niveau de l’impuissance humaine : la gestion des éléments et de la météo. Si Dame Nature a décidé de se déchaîner avec pluie, vents, tempête, il vaut mieux carrément annuler … à moins d’un miracle ? Tout mélomane qui se respecte se souvient du « Casta diva » entonné par une Monserrat Caballé visitée des dieux, dont la voix fut portée par le mistral qui aurait dû l’éteindre. Un pur miracle inscrit dans les grandes heures des Chorégies d’Orange.</span></li>
</ul>



<p><strong><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;">A lire également :</span>&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.theartchemists.com/theatre-de-lunite-macbeth-en-foret-les-bois-de-birnam-ont-marche-sur-dunsinane/" rel="bookmark">Théâtre de l’Unité / Macbeth en forêt : les bois de Birnam ont marché sur Dunsinane</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Livestream en plein air&nbsp;: LA parade culturelle aux démons pandémiques</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Notre tour des pistes des joies et périls de la représentation en plein air est loin d’être exhaustif, bien entendu. Il prévaut néanmoins à l’heure où, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid&amp;x=11&amp;y=8" target="_blank" rel="noopener">covid</a> et variants oblige, l’accès aux événements culturels joue au yo-yo avec nos nerfs et notre taux d’anticorps. Le plein air constitue-t-il LA parade culturelle aux démons pandémiques ? Ce n’est pas la première fois que nous évoquons cette solution depuis le premier confinement. Le problème est que depuis, le pass sanitaire a été imposé comme un sésame absolu.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">À tort ou à raison, ce n’est pas à nous d’en juger. Mais force est de constater que nous voici tous à la merci de ce document… et donc potentiellement rétrogradables au statut de public empêché. Jouer en extérieur n’est pas une nouveauté, c’est même un fondamental des arts du spectacle vivant. Ce qui inédit c’est de devoir en restituer la fraîcheur, l’authenticité par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=livestream&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">livestream</a> interposé. L’expertise d’Opsis TV s’est forgé après des années de captation en intérieur … et en extérieur. Deux domaines bien spécifiques, qui vont prendre encore plus de sens avec les mois qui viennent.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Profitons-bien de cette <i>Madame Butterfly</i> pour savourer la manière dont elle est ressentie, captée, transmise par les caméras de l’équipe de Tézé. Si jouer en plein air est un héritage de l’Antiquité, diffuser ce type de spectacle via le web relève de l’initiation à une discipline en pleine mutation, qui attire les convoitises mais où les compétences réelles ne sont pas légion. A méditer en regardant l’histoire de la jeune, fidèle et trop candide Cio-Cio-San, trahie par Pinkerton. Trop moderne à l’époque, l’opéra de Puccini n’eut pas le succès escompté… qui vint plus tard. Une image de la consécration à venir pour le livestream théâtral&nbsp;de plein air ?</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>



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<li>Et le tour est joué !</li>
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		<title>Macbeth : la fin d&#8217;une malédiction ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-macbeth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Aug 2021 09:03:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=24296</guid>

					<description><![CDATA[<p>Macbeth … la pièce la plus noire de Shakespeare, maudite au point que les acteurs qui la jouent refusent de prononcer son nom … Le Barde y raconte comment un noble écossais, homme de guerre fidèle à son roi, va finalement le tuer et voler sa couronne … Parce qu&#8217;un jour de victoire couvert du sang de ses ennemis massacrés, il croise la route de trois sorcières énigmatiques qui lui...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/11/MACBETH_120-NOVEMBRE.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-24302 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/11/MACBETH_120-NOVEMBRE-e1470823337683.jpg" alt="MACBETH_120 NOVEMBRE" width="441" height="600" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><em>Macbeth</em> … la pièce la plus noire de Shakespeare, maudite au point que les acteurs qui la jouent refusent de prononcer son nom … Le Barde y raconte comment un noble écossais, homme de guerre fidèle à son roi, va finalement le tuer et voler sa couronne … Parce qu&rsquo;un jour de victoire couvert du sang de ses ennemis massacrés, il croise la route de trois sorcières énigmatiques qui lui prédisent ce destin unique et fatal. Parce que son épouse avide de pouvoir le pousse au meurtre, arme son bras et le manipule jusqu&rsquo;à l&rsquo;infamie du régicide. Parce qu&rsquo;il est lui même assoiffé de sang et de destruction … qui sait au final ?</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="MACBETH - Bande-Annonce Finale VOST - Michael Fassbender / Marion Cotillard (2015)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/-P6t-MSEWGQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>L&rsquo;homme et ses failles psychiques</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">De cette énigme savamment agencée par le dramaturge élisabéthain, plusieurs se sont saisis pour la transposer à l&rsquo;écran, notamment Orson Welles, Akira Kurosawa et Roman Polanski qui tous ont mis en exergue la rudesse du personnage. Justin Kurzel emprunte cette même voie afin d&rsquo;orchestrer une nouvelle version pour le moins rugueuse et primitive. N&rsquo;hésitant pas à tailler dans le texte, coupant, réajustant les répliques, la production propose une vision traumatique où le héros se soustrait aux forces surnaturelles pour s&rsquo;enfermer dans sa folie guerrière. Un rescapé, endommagé par l&rsquo;horreur des combats : voici la version développée par le réalisateur de <em>Blue Tongues</em> et <em>Les Crimes de Snowtown</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Du coup, c&rsquo;est une schizophrénie à l&rsquo;oeuvre qui doucement dévore ce personnage halluciné auquel <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Michael+Fassbender&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Michael Fassbender</a> prête une frénésie grandissante, dérangeante, délivrant doucement le monstre inhérent au héros de guerre. Traumatismes multiples qui vrillent ce caractère, l&rsquo;éloignent d&rsquo;une épouse elle-même dévastée par la perte de l&rsquo;enfant (Marion Cotillard incarne une Lady Macbeth très vite dépassée par les agissements de son mari, ce qui donne une tout autre dimension à l&rsquo;intrigue) : ce <a href="https://www.theartchemists.com/?s=macbeth&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Macbeth</a> décidément évacue les forces diaboliques ambivalentes pour ne se concentrer que sur l&rsquo;homme et ses failles psychiques. Est-ce la fin de la malédiction séculaire qui plane sur la pièce ?</span></p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/macbeth-au-theatre-du-soleil-celebrations-lobscur/" rel="bookmark">Macbeth au Théâtre du Soleil : célébrations de l’obscur</a></strong></p>
<h2><strong><span style="color: #000000;">L&rsquo;irrésistible attraction pour le pouvoir</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Heureusement pas. Tandis que les tirades prennent un nouveau sens, entraînant le film du côté de l&rsquo;irrésistible attraction humaine pour le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pouvoir&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">pouvoir</a> à n&rsquo;importe quel prix, les images quant à elles réintroduisent la dimension sacrée, ce mystère des puissances de la nuit, omniprésentes, qui absorbent l&rsquo;âme du couple. Tourné dans des décors naturels d&rsquo;une beauté à couper le souffle, le film considère cet environnement pour le moins inhospitalier comme un caractère à part entière, dont la musique souligne les sauvages pulsations. Les sorcières s&rsquo;y fondent comme elles y vivent, tandis que les combats les plus violents y prennent une grâce de ballet.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Étrangement le sang, leitmotiv du texte initial, reflue pour ne jaillir qu&rsquo;épisodiquement, laissant place au feu qui brûle les épidermes tandis que l&rsquo;eau noie les consciences. Organique, cette adaptation se love comme un Ouroboros sur la spirale de la contestation du pouvoir à venir, en germe dans la dernière séquence, quand Fléance, fils endeuillé du martyre Banquo s&rsquo;apprête à emprunter la voie tracée par Macbeth tout juste terrassé. Cette conclusion, à elle seule, ouvre une perspective de taille, qui renoue avec tout le discours politique du Barde. A croire qu&rsquo;en voulant innover, cette version revient presque naturellement et malgré elle aux fondamentaux de cette œuvre hors normes. Comme une évidence. Comme une malédiction.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span><br />
<span style="color: #000000;">Vous pouvez voir le film <em>Macbeth</em> en <a href="https://www.canalplus.com/cinema/macbeth/h/5890854_40099" target="_blank" rel="noopener">VoD</a> ou en <a href="https://amzn.to/3jSFmkm" target="_blank" rel="noopener">DVD</a>.</span></p>
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		<title>No dormiras : le théâtre, ce nécromant …</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/no-dormiras-le-theatre-ce-necromant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Aug 2021 08:15:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le thème de l’acteur possédé par le personnage qu’il incarne n’est pas nouveau : Shakespeare en fait un pivot de son théâtre, dans une réflexion récurrente pour définir un art en pleine émergence, malgré les interdits dont il fait l’objet. Se saisissant du sujet, Gustavo Hernandez réalise avec No Dormiras une fable horrifique sur les affres de la création, dans une atmosphère hallucinatoire et étouffante qui souvent échappe au fantastique pour...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-31109" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras-768x768.jpg 768w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras-100x100.jpg 100w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/10/no-dormiras.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le thème de l’acteur possédé par le personnage qu’il incarne n’est pas nouveau : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Shakespeare</a> en fait un pivot de son théâtre, dans une réflexion récurrente pour définir un art en pleine émergence, malgré les interdits dont il fait l’objet. Se saisissant du sujet, Gustavo Hernandez réalise avec <i>No Dormiras</i> une fable horrifique sur les affres de la création, dans une atmosphère hallucinatoire et étouffante qui souvent échappe au fantastique pour télescoper une triste réalité.</span></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Absence de sommeil</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nous sommes dans les années 80 en Amérique latine. Comédienne aussi passionnée que talentueuse, Bianca est repérée par la sulfureuse Alma Böhm, metteure en scène de l’extrême, connue pour ses travaux sur l’absence de sommeil, afin de participer à sa prochaine expérimentation dramaturgique : elle est ses acteurs s’enfermeront une semaine durant dans un asile psychiatrique en ruines pour mettre en place l’histoire de Dora. Et cela sans dormir une seconde.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bianca laisse donc son père à moitié fou en institut pour partir vivre cette aventure qui va la mener bien plus loin qu’elle ne l’imagine. Car se contraindre à l’éveil est contre nature, rend violent, instable … les hallucinations se multiplient dans cette atmosphère de ténèbres, ces salles suintantes d’humidité et de crasse, tandis que chacun cherche à cerner les contours de personnages visiblement fous et criminels. Progressivement l’impensable survient, et ce sont des spectres qui surgissent, envahissants, menaçants, vengeurs, …</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="NO DORMIRAS - Bande annonce - Au cinéma le 16 mai" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/uBc6hdxS-V0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Vouloir être autrui</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La question alors se pose : jusqu’où est-on prêt à aller pour incarner une créature fictionnelle ? qu’accepte-t-on de sacrifier pour devenir l’acteur ultime ? Le fait de vouloir être autrui est-il encore du jeu, surtout quand l’autre fut assassin, bourreau, infanticide ? Brodant sur le canevas classique de l’intrigue fantastico-horrifique, Hernandez interroge ce mystère du théâtre … et l’abandon de certains interprètes, géniaux certes mais au prix de leur équilibre et de celui du monde : on ne réveille pas impunément les esprits, surtout quand ils sont maléfiques.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est du reste l’essence de la malédiction qui frappe le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=macbeth&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i>Macbeth</i></a> de Shakespeare ou le <i>Faust</i> de Kit Marlowe. Inscrit dans cette lignée, <i>No Dormiras</i> prend des allures de commandement divin dicté par une metteure en scène démiurge, entre coach intransigeant, grande prêtresse et gourou de secte. Pas étonnant que le réalisateur ait choisi Belen Rueda pour créer le rôle d’Alma, féline, charismatique et inquiétante, dramaturge manipulatrice et sans scrupules, prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut. L’ensemble du casting du reste s’ingénie à évoluer sur le fil du rasoir, à jouer sur les déséquilibres pour perdre le spectateur dans ce jeu de dupes avec l’au-delà.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Dictature et société spectacle</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Jusqu’à la dernière seconde on ressent cette oppression, on sombre avec eux, on se laisse happer par cet abandon, tandis que la réalité s’estompe. Un beau scénario, une idée originale menée de main de maître ? Pas seulement. Hernandez choisit ce thème à raison, soulignant le traitement subi par les artistes dans les différentes <a href="https://www.theartchemists.com/docuemntaire-chili-proces-general-pinochet/" target="_blank" rel="noopener">dictatures</a> d’Amérique du Sud. Il ne faisait pas bon y être acteur, les théâtreux, comme les autres créateurs du reste, étant l’objet d’une traque constante pour être remis dans le droit chemin à coup d’internement psychiatrique … ou exterminés tout simplement.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Par ailleurs on notera en filigrane une critique de la société spectacle et voyeuriste, qui en demande toujours plus en matière d’originalité, de violence, quitte à ramener des limbes les mânes d’une tueuse et de ses victimes, à mettre à mort les comédiens dans une folie sacrificielle dont la première et la dernière scène du films sont porteuses. Difficile en scrutant ces images de ne pas visualiser les performances d’Orlan, Marina Abramovic ou Ron Athey, qui, elles aussi, flirtent avec les limites du corps et de l’âme mais dans la vérité de leurs corps et non sur une pellicule.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le film <em>No Dormiras</em> en <a href="https://www.canalplus.com/cinema/no-dormiras/h/9902067_40099" target="_blank" rel="noopener">VoD</a> ou en <a href="https://amzn.to/3CDfRfv" target="_blank" rel="noopener">DVD</a>.</span></p>
<p align="justify">
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		<title>Shakespeare en 15 DVD : tour d’horizon d’une œuvre universelle</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/shakespeare-en-15-dvd-tour-dhorizon-dune-oeuvre-universelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 10:39:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=20984</guid>

					<description><![CDATA[<p>Shakespeare, une biographie lacunaire, un auteur universel consacré par trente-neuf pièces magistrales dont on ne saura jamais vraiment si elles furent de lui.  Qu&#8217;importe au final, la beauté perdure, qui inspire sans fin les metteurs en scène, les cinéastes. Incroyable diversité des regards portés sur ces textes exceptionnels, Shakespeare peut se décliner à l’infini. Mais pour qu’il y ait déclinaison, il faut une racine. Un socle, une base, un radical....</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/11/3346030027509.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-20985 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/11/3346030027509-494x494.jpg" alt="3346030027509" width="494" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Shakespeare, une biographie lacunaire, un auteur universel consacré par trente-neuf pièces magistrales dont on ne saura jamais vraiment si elles furent de lui.  Qu&rsquo;importe au final, la beauté perdure, qui inspire sans fin les metteurs en scène, les cinéastes. Incroyable diversité des regards portés sur ces textes exceptionnels, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Shakespeare</a> peut se décliner à l’infini. Mais pour qu’il y ait déclinaison, il faut une racine. Un socle, une base, un radical. Ce radical, la chaîne anglaise de la BBC s’est chargée en son temps d’en établir les principes au travers d’une série de versions télévisées réalisées dans la plus pure tradition et les règles de l’art.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;">Un passage obligé pour un acteur</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est un panel de ces mises en scène que les éditions Montparnasse ont rassemblé en coffret : comédies, tragédies, drames historiques, … l’ensemble du répertoire y passe, interprété en costumes d’époque, dans des décors adaptés en studio avec à la réalisation des pointures telles Jonathan Miller, Shaun Sutton ou Cédric Messina, et devant la caméra des noms déjà grands, aujourd&rsquo;hui incontournables : Anthony Hopkins, Helen Mirren, Alan Rickman, Bob Hoskins, Zoë Wanamaker, Claire Bloom, Ben Kingsley, John Rhys-Davies, Gemma Jones, Derek Jacobi, John Shrapnel … On y trouve même John Cleese des Monty Python qui y interprète avec délices le truculent Petruchio de <em>La Mégère apprivoisée</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La chose a son importance : jouer les pièces du Barde est un passage obligé pour un acteur, une reconnaissance de ses pairs, mais aussi une contribution à un patrimoine intellectuel et artistique universel. En assurer la diffusion sur les réseaux télévisés et les média est célébration autant qu’action pédagogique. C’est pourquoi les mises en scène proposées sont ici traditionnelles, afin de conserver le texte, le mettre en avant au possible, ainsi qu’une manière de dire ces textes, de les scander, pour en conserver l’authentique beauté, restituée par des sous-titres français et anglais de qualité, qui permettent de goûter la précision de ces vers, de se familiariser avec cette poésie, cette écriture.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;">Un recueil en images filmées</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour ceux qui hésitent à se plonger dans l’intégralité du répertoire (37 œuvres, cela fait peut-être beaucoup pour un début), <em>Le Meilleur de Shakespeare</em> offre une alternative intéressante composée des quinze chefs d’œuvres incontournables de l’auteur : <em>Roméo et Juliette, Jules César, Hamlet, Othello</em><em> </em><em>ou Le Maure de Venise, Le Roi Lear, Antoine et Cléopâtre, Macbeth, La Mégère apprivoisée, Le Songe d’une nuit d’été, Le Marchand de Venise, Les Joyeuses commères de Windsor, Beaucoup de bruit pour rien, Le Conte d’hiver, La Tragédie du Roi Richard III, Henry V. </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ajoutons-y une datation qui permet de resituer chaque œuvre dans la chronologie de l’auteur, des introductions rédigées par le spécialiste Jean-Pierre Richard,  qui a également contribué à l’édition des Oeuvres Complètes de William Shakespeare dans la Pléiade des Editions Gallimard, afin d’en savoir plus sur la genèse des pièces et <em>Le Meilleur de Shakespeare</em> devient presque un recueil en images filmées, tout en offrant une focale d&rsquo;une rare précision sur la manière dont les britanniques appréhendent leur auteur national. Les puristes seront ravis, les néophytes édifiés.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous voulez acheter ces petites merveilles ? Cliquez sur les photos et vous en saurez plus.</span></p>
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		<title>House of cards … in Westminster : thriller politique entre Tatcher et Shakespeare</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-house-cards-thriller-politique-tatcher-shakespeare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Mar 2021 17:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir apprécié Maniac, nous avons fouillé plus avant la section «Back to the original » proposée par ARTE … pour y dénicher House of cards. Non, pas le succès américain, mais la série anglaise qui a inspiré David Fincher. Et soyons honnêtes, nous avons bingewatché la chose … et sommes restés sur le cul. Tous les coups sont permis Diffusé par la BBC au début des années 90, House of cards...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33593 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt.jpg" alt="house of cards england" width="400" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt.jpg 400w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt-192x288.jpg 192w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/MV5BNmVhMGFlMjUtN2I0NS00MTM4LWFlZTgtMWI1Y2QyMmI1ODdjXkEyXkFqcGdeQXVyNzkwMjQ5NzM@_opt-329x494.jpg 329w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Après avoir apprécié <a href="https://www.theartchemists.com/serie-maniac/"><i>Maniac</i></a>, nous avons fouillé plus avant la section «Back to the original » proposée par ARTE … pour y dénicher <i>House of cards</i>. Non, pas le succès américain, mais la série anglaise qui a inspiré David Fincher. Et soyons honnêtes, nous avons bingewatché la chose … et sommes restés sur le cul.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="La série britannique &quot;House of Cards&quot;  -  En intégralité dès le 12 février 2021 sur ARTE.TV" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Q3czUJc7Lw0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Tous les coups sont permis</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Diffusé par la BBC au début des années 90, <i>House of cards</i> et ses deux saisons suivantes <i>To Play the King</i> et <i>The Final Cut</i>, nous entraînent dans les couloirs du pouvoir britannique. Objet de notre attention, le très ambitieux Francis Urquhart, qui profite de la démission de Margaret Tatcher pour conquérir le poste de Premier Ministre. A n’importe quel prix, par n’importe quel moyen. Bref tous les coups sont permis, et ce chief whip (celui qui mène les députés de son parti à la baguette pour voter d’une même voix) particulièrement retors s’autorisera toutes les ruses pour rafler la mise … puis conserver sa position dominante.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un prédateur</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cela comprend le chantage, la manipulation des consciences via la presse et les rumeurs, la séduction, les affaires de fesses, l’intimidation, le détournement de fonds, le meurtre, l’attentat. Bref, malgré ses origines nobiliaires, Francis Urquhart est un sale type, une petite frappe de la haute, un voyou convaincu de ses prérogatives, écrasant de vanité et capable de tout. Une pourriture. Épaulé par une épouse aussi ambitieuse que lui, Urquhart ira jusqu’à faire destituer un roi pour conserver son poste et imposer sa vision d’une société inégalitaire au possible. Un prédateur, voilà ce qu’il est.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/film-hommes-influence/" rel="bookmark">Des Hommes d’influence : histoire de prestidigitation politique</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une approche réaliste</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Question : rencontrera-t-il enfin celui qui le terrassera ? Vous le découvrirez en regardant cette série géniale, tirée de l’univers romanesque de Michael Dobbs, qui fut, entre autres, l’un des conseillers de Tatcher. Autant dire que les arcanes de la politique anglaise, Dobbs connaît, et son récit s’en ressent. Une approche très réaliste, qui ne laisse aucun doute sur la violence des relations entre tories et whigs bien évidemment, mais aussi entre les membres de chaque fratrie politique. Tout ce petit monde se déchire à belles dents, sans se préoccuper du bien commun ; Urquhart a juste les incisives plus aiguisées, ainsi que la jugeotte et l’égo.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un villain shakespearien</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Adepte de <a href="https://www.theartchemists.com/le-prince-tous-les-hommes-sont-mechants-dur-dur-detre-au-pouvoir/">Machiavel</a>, ce n’est pas un hasard si il est écossais d’origine. La référence à <a href="https://www.theartchemists.com/macbeth-fin-dune-malediction/"><i>Macbeth</i></a> plane sur chaque épisode de cette trilogie saturée de clins d’œil aux pièces historiques de Shakespeare. Traître dans l’âme, figure assumée du « villain » élisabéthain, sociopathe irrécupérable et fier de l’être, F.U. comme le surnomme ses collaborateurs, offre un parfait mélange de Iago, Cassius et Richard Gloucester. Cocktail explosif dans une Angleterre ultra-libérale qui privilégie l’enrichissement personnel et protège les fortunes déjà constituées au dépend des classes sociales inférieures … ce qui n’est pas sans évoquer la France de 2020.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/" rel="bookmark">Wolf Hall – Dans l’ombre des Tudors : Thomas Cromwell réhabilité ?</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le dessous des cartes</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Liquidation des services publics, critique des miséreux responsables de leur sort, confiscation des places et des pôles décisionnaires par les membres de l’aristocratie et de la bourgeoisie d’affaire : les similitudes font trembler, tandis que Urquhart, cynique, multiplie les apartés pour expliquer le dessous des cartes au spectateur sidéré par ce qu’il découvre. Et comme pour souligner son immoralité, c’est Ian Richardson qui prête son visage au personnage, passant du sourire à la froideur en un dixième de secondes. La référence au <i>Richard III</i> de Laurence Olivier, au Cassius de John Gieguld est évidente.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Colosse aux pieds d’argile</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’ensemble, par sa brutalité, son manque absolu de valeurs morales, le poids de l’hypocrisie sociale britannique, les carcans qui la fossilise, rappelle par ailleurs <i>La Foire aux Vanités</i> de Thackeray … et pourtant. Cette épopée politique est d’actualité, profondément. Il y aura toujours des F.U. de par le monde, avides de tout régimenter à leur manière pour leur profit. La série a le mérite de démontrer que ce genre d’individu n’est pas éternel : ce ne sont que des colosses aux pieds d’argile. Leur temps est compté. C’est la leçon à retenir de <i>House of cards</i>.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020451/house-of-cards/">https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020451/house-of-cards/</a></p>
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		<title>Marianne : le projet Elden Witch ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/marianne-le-projet-elden-witch/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Sep 2019 10:43:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec le raffut médiatique orchestré par Netflix autour du lancement de cette nouvelle série franco-horrifique, vous pensiez bien que nous n’allions pas laissé passer le phénomène Marianne. Soit huit épisodes de durée variable pour nous narrer le retour d’Emma Larsimon dans son Elden natal afin d’y traquer l’entité qui la dévore depuis son enfance. Un bad choice à la base Une sorcière donc que cette Marianne, qui a impacté Emma...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/09/marianne-e1569234989348.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-31990 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/09/marianne-e1569234989348.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Avec le raffut médiatique orchestré par Netflix autour du lancement de cette nouvelle série franco-horrifique, vous pensiez bien que nous n’allions pas laissé passer le phénomène <i>Marianne</i>. Soit huit épisodes de durée variable pour nous narrer le retour d’Emma Larsimon dans son Elden natal afin d’y traquer l’entité qui la dévore depuis son enfance.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Un bad choice à la base</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une sorcière donc que cette Marianne, qui a impacté Emma au point de lui inspirer les romans d’horreur pour jeunes adultes qui firent d’elle une romancière à succès. Et une chieuse de compétition ? Car Emma est la reine des emmerdeuses, doublée d’une désaxée notoire, incapable de vivre une vie de couple, alcoolique, provo, nihiliste, cauchemardeuse … fêlée. Or voilà qu’Emma, enrichie des millions d’exemplaires vendus des aventures de Marianne, décide de tuer son héroïne pour partir vers d’autres aventures littéraires. Bad choice. Car Marianne, issue de son imagination ou bien réelle, se rappelle à son bon souvenir en lui envoyant une messagère flippée au point de se foutre en l’air sous les yeux de la dite Emma.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Qui prend illico la route, accompagnée de son assistante Camille qui la nurse, pour revenir dans son village de Bretagne, le berceau d’Elden qu’elle avait quitté précipitamment des années auparavant suite à une tragédie dont nous apprendrons la teneur plus tard dans le récit. Objectif : protéger ses parents qu’elle n’a pas vu depuis des lustres, sauvegarder ses amis qu’elle a volontairement perdus de vue. Étrange pour une nana qui affiche en continu son refus des conventions, des liens, de l’affect … Eh oui, lecteurs, c’est qu’il y a une grosse anguille sous roche, et qu’Emma n’est peut-être pas la garce qu’elle revendique être. En surjouant à mort. Mais les prétentions de Marianne vont remettre les pendules à l’heure. Et d’une manière sanglante.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Série horrifique à la clé</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Voici en gros le pitch de la série drivée par Samuel Bodin et Quoc Dan Tran pour le compte de Netflix. Le premier a accouché de <i>Lazy Company</i> et <i>Tank</i>, le second a aiguisé sa plume aux écoles <a href="https://www.theartchemists.com/kaboul-kitchen-real-politik-cuisine-afghane-kalachnikov/"><i>Kaboul Kitchen</i></a>, <a href="https://www.theartchemists.com/bureau-legendes-sils-espions-nen-restent-hommes/"><i>Le Bureau des légendes</i></a> et <i>Dix pour cent</i>. A eux deux, ils relèvent le nouveau défi posé par le géant de la VoD, qui continue de défricher le PAF pour y planter des petites graines de son cru. Avec plus ou moins de bonheur jusqu’à présent si l’on considère <i>Plan Coeur</i>, <i>Marseille</i>, <i>Family Business …</i> mignon mais certainement pas un tsunami en mode <a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/"><em>GoT</em></a>. <i>Marianne</i> pourra-t-elle relever le gant ? A voir, et pour différentes raisons. Déjà parce que l’historie d’amour entre le cinéma français et le genre horrifique a toujours été … inégal, et que la série peut peut-être à long terme redistribuer les cartes.<br />
</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Si nous comptons des chefs d’œuvre comme <em>Les Yeux sans visage</em> de Franju ou les films de Rollin, il faut bien le reconnaître, nous sommes plutôt mal à l’aise dans ce domaine. Étonnant vu la prolifération de bouquins fantastiques qui émaillent notre littérature, <i>Le Diable amoureux, La Morte amoureuse, la Peau de chagrin, Le Horla, La Vénus d’Ille</i> et j’en passe. Mais si ce registre fut l’apanage des grands auteurs du XIXeme siècle, force est de constater que leurs arrière arrière petits fils passés derrière la caméra ont eu plus de difficultés pour s’imposer. Question de dosage ? De culture ? Pas évident de rivaliser avec les anglo-saxons qui ont ça dans le sang. Et une accointance toute particulière avec les amantes du diable depuis <a href="https://www.theartchemists.com/macbeth-fin-dune-malediction/"><i>Macbeth</i></a> de Shakespeare et <i>Les Sorcières de Salem </i>de Miller.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Marianne | Bande-annonce | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/J4QLXOnOi64?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Injection de sorcière</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ce champ d’investigation est pourtant à la mode à l’heure d’un réveil féministe particulièrement musclé. La sorcière se cuisine à toutes les sauces, gore de préférence. <i><a href="https://www.theartchemists.com/the-witch-fabrique-aux-sorcieres/">The Witch</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/heredite-evil-tatie-danielle/">Hédédité</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/suspiria-2018-la-danse-qui-tue/">Suspiria</a>, The Lords of Salem, <a href="https://www.theartchemists.com/the-jane-doe-identity-dont-look-inside-the-girl/">The Jane Doe identity</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=american+horror+story&amp;x=0&amp;y=0">American Horror Story 3 et 8</a></i>, voici quelques exemples chroniqués pour certains en nos colonnes d’une prolifération cinématographico-sérielle absolument sidérante … et qui en dit long sur la fascination exercée par ce type de personnage. Un personnage peu présent de par nos hexagonales contrées artistiques. Merci donc à Samuel Bodin et Quoc Dan Tran d’avoir un peu rétabli la balance avec cette <em>Marianne</em> qui hybride les références. Car la série multiplie les clins d’œil et les hommages.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les fantasticophiles avertis tilteront bien évidemment sur l’ambiance <i>Blair Witch Project</i>, les références à <i>L’Exorciste</i>, <i>Seven</i>, <i>Fog</i>, <i>Suspiria</i> by Argento (les couleurs et les lumières sur certaines séquences). Quant au retour de l’enfant prodige et prodigue, il est coutumier des intrigues d’un certain Stephen King (dont Samuel Bodin est un grand fan), de même que la vampirisation exercée par les personnages sur leur auteur (on retrouve ici beaucoup de <i>La Part des ténèbres </i>ou de<i> Misery</i>). Et de ci de là, quelques traces du glorieux <i>Fog </i>de Carpenter ? Avec une petite touche de <em>Rosemary’baby</em> et <em>Incubus</em> ? Bref de quoi prouver les connaissances cinématographiques du réalisateur … et engendrer un cocktail propice à charmer le millennial en quête de frissons ?</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">The horrific French touch ?</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Mouais … un peu simpliste et réducteur. Il est sûr que la série déroute par ses longueurs, son humour parfois un peu gamin en totale opposition avec la violence crue de plusieurs passages. Comme si réal et scénariste avaient été bridés par un brief absurde, cherchant à cibler à la fois les dingues de films d’horreur, les jeunes adultes adeptes d’<i>Harry Potter,</i> les lecteurs fidèles de <i>Millenium</i> et les fans de séries policières type <i>Engrenages</i> ou <i>Capitaine Marleau</i>. Pas évident de fédérer des audiences si disparates, tout en respectant un format télé classique. Du coup, les variations d’intensité abondent, qui se résorbent au fil d’épisodes progressivement cadencés comme une web-série.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et que trois autres repères de lecture apparaissent, qui donnent à <i>Marianne</i> une certaine saveur :</span></p>
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<p align="justify"><span style="color: #000000;">une approche à la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean+teul%C3%A9&amp;x=0&amp;y=0">Jean Teulé</a> dans l’esprit des effrayants <i>Mangez-le si vous voulez</i> et <i>Fleur de Tonnerre </i>(on se demande ce qu’aurait donné la série avec cet auteur incroyable à l’écriture, dont on sait qu’il excelle dans cette tonalité mêlant ironie et atroce, avec en prime une logique BD qui assurerait la cohésion du tout).</span></p>
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<p align="justify"><span style="color: #000000;">une atmosphère hallucinatoire à la <i>Bloody Mallory, </i>petit bijou plein de peps signé Julien Magnat qui pour le coup jouait la carte de la comédie d’action sans prétention et ça marchait du feu de Dieu.</span></p>
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<p align="justify"><span style="color: #000000;">un lien fort avec le théâtre du <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-grand-guignol-et-mourir-de-plaisir/">Grand Guignol</a>, dont certains accents tragiques et absurdes viennent émailler le chemin de croix d’Emma (pas si stupide du reste, Samuel Bodin vient du théâtre et non d’une école de cinéma).</span></p>
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<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Une véritable épouse de Satan</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Tout cela mêlé donne une épaisseur évidente à ce projet Elden Witch, servi principalement par la prestation de Victoire du Bois dans le rôle d’Emma, qui commence par sonner faux (on comprendra pourquoi plus tard, mais rassurez-vous, ce n’est pas l’actrice qui est mauvaise, bien au contraire) pour se révéler alors que tout s’écroule autour d’elle … et le jeu proprement époustouflant de Mireille Herstmeyer qui incarne la première mouture de Marianne, et devrait vous coller quelques bonnes frayeurs au passage … assorties de nausées. Il faut ce qu’il faut, car dans son genre, Marianne est une ravageuse, à hauteur de La Voisin, des possédées de Louvain et compagnie … ou de l’Ogresse de la Goutte d’or.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bref une véritable épouse de Satan, fière de l’être et qui va vous le faire comprendre. C’est en cela que la série marque un tournant, en façonnant une héroïne vicelarde et destructrice au possible, qui crache sur les bons sentiments, patauge allègrement dans le sang et les déjections, détruit les corps qu’elle pénètre, se délecte du meurtre et de la souffrance. « Je ne repars jamais sans rien » clame-t-elle. Psychopathe et heureuse de l’être. Comme la face cachée d’Emma ? Laquelle a inventé l’autre ? Maupassant aurait probablement adoré et détesté, lui qui projeta le Horla sur la page pour cerner ses hallucinations de syphilitique. Bref voici le tableau. En souhaitant qu’il engendre d’autres œuvres plus affirmées, plus tranchées et qui assument pleinement cette dérive heureuse vers l’atroce.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><a href="https://www.netflix.com/fr/title/80217779">https://www.netflix.com/fr/title/80217779</a></p>
<p><a href="https://www.empreintedigitale.net/marianne">https://www.empreintedigitale.net/marianne</a></p>
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