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	<title>serial killer</title>
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		<title>Dangerous Animals : le requin comme kit de meurtre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dangerous-animals-film-sean-byrne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 15:50:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ouh là, avis de tempête pour le shark movie ! Avec Dangerous animals, Sean Byrne redéfinit le genre en lui greffant le cynisme glaçant d’un serial killer qui n’a ni aileron ni mâchoires dentées. 50 ans après la naissance du cultissime Jaws, il fallait le faire ! Une arme venue des profondeurs On a tous grandi avec Les Dents de la mer, sa musique devenue mythique, cette trouille viscérale de ce qui...</p>
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<p>Ouh là, avis de tempête pour le shark movie ! Avec <em>Dangerous animals</em>, Sean Byrne redéfinit le genre en lui greffant le cynisme glaçant d’un serial killer qui n’a ni aileron ni mâchoires dentées. 50 ans après la naissance du cultissime <em>Jaws</em>, il fallait le faire !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Dangerous Animals: Official Teaser | Jai Courtney | HD | IFC Films" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/lA7Jm6GdLOU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une arme venue des profondeurs</h2>



<p>On a tous grandi avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/dents-mer-jaws-documentaire/">Les Dents de la mer</a></em>, sa musique devenue mythique, cette trouille viscérale de ce qui rôde sous l’eau. Depuis, le requin s’est bétoné dans l’imaginaire cinématographique comme un tueur autonome, implacable, une entité quasi surnaturel. Sean Byrne inverse cette logique. Dans <em>Dangerous Animals</em>, le requin n’est pas le tueur. Il est l’élément clé du kit de meurtre d’un tueur psychopathe.</p>



<p>Tucker, interprété par un <a href="https://www.instagram.com/jaicourtney/">Jai Courtney</a> sidérant de froideur, est un capitaine de bateau, guide touristique en apparence, surtout tueur en série aussi métodique que prolixe. Son rituel ? Enlever des jeunes femmes, les séquestrer sur son bateau, filmer leur agonie tandis qu’il les offre vivantes à ses « animaux dangereux » préférés. Clairement, le monstre, c’est lui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tension à bout de souffle</h2>



<p>Le film se déroule presque intégralement en huis clos, entre le pont du bateau et la cale transformée en cellule flottante. Zephyr (Hassie Harrison), surfeuse indépendante et dure à cuir, se retrouve piégée dans ce cauchemar maritime. Pas de cris, pas de panique excessive : tout est contenu, sec, tendu à l’extrême.</p>



<p>La réalisation minimaliste de Byrne, déjà remarquable dans <em>The Loved Ones</em> et <em>The Devil’s Candy</em>, atteint ici un nouveau stade de maturité glaçante. Il filme l’attente angoissée, la peur rampante, l’aliénation psychologique, la lutte pour la survie. Le score, discret mais redoutablement bien dosé, n’exagère jamais. Il laisse respirer les scènes, accentue les silences, souligne sans lourdeur. On entend la mer, le métal, la respiration de Zephyr. L’angoisse devient organique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Suggestion, domination, sidération</h2>



<p><em>Dangerous Animals</em> ne cherche pas la surenchère. Il la méprise. Pas de jump scares inutiles. Pas d’anatomie gore. Tout est dans la suggestion, la domination, la sidération. On pense à <em>Funny Games</em>, à <em>Martyrs</em>, à <em>Dead Calm</em>… mais avec des requins. Et ça fonctionne. Parce que le film ne cherche pas qu&rsquo;à faire peur, il veut aussi perturber. Faire émerger une horreur contemporaine : celle où l’humain, dans sa rationalité malade, s’approprie la nature pour commettre l’irréparable.</p>



<p>Tucker ne tue pas par pulsion. Il tue avec méthode. Il repère, il filme, il archive, il sélectionne. Il savoure la chasse, un peu comme le tueur de l’excellent/terrifiant <em>Wolf Creek</em> de Greg McLean. Et son arme de prédilection est parfaitement naturelle, d’une rare efficacité, presque intraçable : des squales. Ainsi le <em>shark movie</em> de muter pour devenir thriller psychologique sadique et cynique, jeu pervers entre prédateur humain et proie piégée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Requin mais pas que&#8230;</h2>



<p>Projeté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes 2025, salué par la critique pour son audace et son ambiance implacable, <em>Dangerous Animals</em> n’est pas un chef-d’œuvre à effets, c’est une machine à malaise. Son efficacité repose sur un casting solide, une tension qui s’installe rapidement pour ne jamais redescendre, une mise en scène qui ne prend jamais le spectateur pour un débile.</p>



<p>Zephyr n’est pas une victime passive. Elle pense, elle résiste, elle observe. Elle ruse. Le climax — silencieux, tranchant, brut — rappelle que dans un monde où les tueurs sont des gens “ordinaires”, la survie passe par l’intelligence, pas par l’héroïsme. Et que le prédateur demeure l’humain, qui détourne la nature tout en l’avilissant.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Ed Kemper (2025) : anatomie d’un prédateur selon Chad Ferrin</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ed-kemper-film-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 07:32:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zoom sur le film Ed Kemper ! Réalisé par Chad Ferrin, ce biopic retrace le parcours sanglant du « Co-Ed Killer » aka « L’Ogre de Santa Cruz ». Des surnoms forgés par des médias en mal de sensation, mais derrière ces appellations, il y a une réalité sordide que le film s’ingénie à restituer avec un réalisme aussi détestable que nécessaire. Et qui remet les pendules à l’heure. Gestation d’une dérive criminelle Un père...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Ed-kemper-2025.jpg" alt="" class="wp-image-38064" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Ed-kemper-2025.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Ed-kemper-2025-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-Ed-kemper-2025-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Zoom sur le film <em>Ed Kemper </em>! Réalisé par <a href="https://www.instagram.com/chad.ferrin/">Chad Ferrin</a>, ce biopic retrace le parcours sanglant du « Co-Ed Killer » aka « L’Ogre de Santa Cruz ». Des surnoms forgés par des médias en mal de sensation, mais derrière ces appellations, il y a une réalité sordide que le film s’ingénie à restituer avec un réalisme aussi détestable que nécessaire. Et qui remet les pendules à l’heure.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Ed Kemper (2025) Official Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/hz6e8zYs6tg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Gestation d’une dérive criminelle</h2>



<p>Un père absent, une enfance marquée par les abus&nbsp;: le moins qu’on puisse dire, c’est que les premières années de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_Kemper">Kemper</a> constituent un terreau plus que fertile pour sa dérive criminelle. Ferrin avec un œil expert trace les grandes lignes de cette gestation, en débutant par le meurtre fondateur, celui des grands-parents, que Kemper annonce à sa mère comme un défi. Tout est dit&nbsp;: sa carrière de serial killer servira d’exutoire pour s’émanciper d’une génitrice désaxée et castratrice dont il quête désespérément, sinon l’amour, du moins la reconnaissance.</p>



<p>Pas une excuse, me direz-vous, et vous aurez raison. Un psychologue conseillera au jeune Kemper rendu à la liberté après des années d’incarcération suivant ses deux premiers assassinats&nbsp;: «&nbsp;Surtout tenez-vous loin de votre mère&nbsp;», ce que le gamin ne fera pas. Le résultat, on le connaît&nbsp;: une dizaine de victimes, des jeunes filles mises à mort de la pire des façon, violées et démembrées post mortem, puis sa mère et une de ses amies. Le geste ultime, libérateur, puisque Kemper se rendra ensuite à la police pour aller croupir en prison.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Jouer à la poupée</strong></h2>



<p>La narration explore la transformation de Kemper en monstre. La barbarie des crimes, des dépeçages, des jeux sexuels nécrophiles sont abordés sans équivoque, le <em>modus operandi</em> relaté avec un réalisme prenant et écœurant. Ferrin capte l’horreur absolue que constitue ce type envahi par ses pulsions de mort. Maladroit d’abord, de plus en plus rôdé avec la pratique, froid, calculateur, désinhibé. Prenant de l’assurance quand il aborde ses proies mais grognant, hurlant comme un animal au moment de les mettre à mort.</p>



<p>Des victimes qui ne sont rien d’autres que des poupées, des jouets que Kemper, gigantesque (il faisait deux mètres de haut pour 136 kilos), photographie, déplace, découpe, baise à loisir avant de s’en débarrasser dans des sacs poubelles comme de vulgaires ordures. Choquant, c’est le moins que l’on puisse dire, d’autant que le réalisateur montre les choses sans les enjoliver. Pas de mise en scène baroque comme dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/cell-labyrinthe-mental-tueur-psychopathe/">The Cell</a></em>, de jeux d’ombre et de lumière comme dans <em>Seven</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une confrontation œdipienne</strong></h2>



<p>Là c’est brut de décoffrage, à la manière de <em>H</em><em>enry, portrait of a serial killer</em>, mais en pleine lumière et sans s’appesantir sur les détails gore qui n’en sont que plus frappants. La focale est faite sur le comportement quotidien de ce garçon, qui fantasme sur l’éviscération du chat du voisin en bouffant ses céréales, qui se désape intégralement pour abuser les corps, qui annonce le plus naturellement à sa mère qui l’engueule de rentrer si tard qu’il n’a pas le temps, vu qu’il a tué et violé une jeune fille et qu’il veut aller se doucher.</p>



<p>Le film repose ainsi sur la performance pour le moins exceptionnelle de <a href="https://www.instagram.com/brandonkirkactor/?hl=fr">Brandon Kirk</a> qui plante un Kemper d’autant plus effrayant que sa part d’humanité n’est jamais niée mais questionnée : est-il possédé ? Une victime ? Ou a-t-il le mal dans la peau naturellement ? Car d’autres que lui, maltraités, n’ont jamais sombré dans pareille violence. Alors pourquoi ? Face à lui, <a href="https://www.imdb.com/fr/name/nm0698160/bio/">Susan Priver</a> incarne Clarnell Strandberg, la mère dévoratrice. Leur confrontation, œdipienne en diable, est inscrite au cœur de cette course à la mort, comme une bombe à retardement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un danger constant</h2>



<p>Cette course à la mort, on en sait l’issue. Pourtant, Ferrin arrive à nous faire frémir, sursauter. La mère, si elle est manipulatrice et alcoolique, n’en est pas moins futée&nbsp;; elle comprend très vite que son fils a vrillé, elle cherche, elle veut savoir. L’ambiance en cet instant devient hitchcockienne. On sent la peur envahir l’espace, tandis que ce grand mec mal dans son corps évolue dans la maison. Dangereux, à l’affût, prêt à exploser n’importe quand.</p>



<p>Ferrin sait y faire pour nous transmettre cette angoisse, ce sentiment de danger constant. De fait, le tueur en série, sous couvert d’intégration, passe sa vie à se projeter dans les meurtres passés et à venir, expérimentant avec les dépouilles, conservant trophées et photographies de ses méfaits, fantasmant les passages à l’acte prochains. <em>Ed Kemper</em> est particulièrement juste à ce propos. Le film a également le mérite de refuser toute esthétisation, toute «&nbsp;romantisation&nbsp;».</p>



<p>Clairement, il s’agit de pénétrer les méandres d’un esprit meurtrier, sans lui trouver d’excuses ni le rendre glamour. Impossible après avoir visionné ces images qui ne cachent rien du supplice enduré par les jeunes femmes qui eurent le malheur de croiser la route de Kemper. Et c’est cela qu’il faut retenir du film dans une période où le true crime constitue une industrie à succès trop souvent fondée sur le spectaculaire et le gore gratuit.</p>



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		<title>Agir et penser comme Hannibal Lecter : cannibalisme et coaching mental ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/hannibal-lecter-livre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Aug 2024 16:37:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Initié par Thomas Harris avant de prendre vie à l&#8217;écran sous les traits de l&#8217;hypnotique Anthony Hopkins, Hannibal Lecter s&#8217;est imposé comme l&#8217;archétype du serial killer oxymorique : distingué et cultivé, pour ne pas dire précieux, cet intellectuel se transforme en assassin en un clin d’œil, avec un penchant très net pour un cannibalisme sophistiqué vécu comme un sommet de cruauté gastronomique. Pas forcément un modèle à suivre donc, et...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="390" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-agir-et-penser-comme-hannibal-lecter.jpg" alt="" class="wp-image-37258" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-agir-et-penser-comme-hannibal-lecter.jpg 390w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-agir-et-penser-comme-hannibal-lecter-187x288.jpg 187w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-agir-et-penser-comme-hannibal-lecter-321x494.jpg 321w" sizes="auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Initié par Thomas Harris avant de prendre vie à l&rsquo;écran sous les traits de l&rsquo;hypnotique Anthony Hopkins, Hannibal Lecter s&rsquo;est imposé comme l&rsquo;archétype du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer">serial killer</a> oxymorique : distingué et cultivé, pour ne pas dire précieux, cet intellectuel se transforme en assassin en un clin d’œil, avec un penchant très net pour un cannibalisme sophistiqué vécu comme un sommet de cruauté gastronomique. Pas forcément un modèle à suivre donc, et pourtant&#8230; C&rsquo;est le pari un peu dingue du livre <em>Agir et penser comme Hannibal Lecter </em>que de tirer les leçons philosophiques de ce mode d&rsquo;existence. Et de nous en faire profiter au passage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Décrypter le labyrinthe d&rsquo;un esprit tortueux</h2>



<p>Une plaisanterie de mauvais goût ? Pas tant que ça, au contraire même. Stéphane Garnier s&#8217;empare de ce personnage emblématique de la pop culture pour scruter sa carrière et ses frasques. Lecter coach de vie, rien que ça ? Eh bien oui, et l&rsquo;analyse, publiée aux <a href="https://www.editionsopportun.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">éditions de l&rsquo;Opportun</a>, est, reconnaissons-le, aussi captivante que surprenante. Conçu comme un menu raffiné digne d&rsquo;un restaurant étoilé, ce parcours dans une psyché pour le moins énigmatique porte son lot de révélations, d&rsquo;enseignements et d&rsquo;audaces.</p>



<p>Entrecoupant ses analyses de séquences emblématiques des films <em>Le silence des agneaux</em> de Jonathan Demme, <em>Hannibal</em> de Ridley Scott, <em>Dragon rouge</em> de Bret Ratner, Garnier tente de décrypter le labyrinthe d&rsquo;un esprit tortueux car supérieur, qui a beaucoup à nous transmettre et qui ne s&rsquo;en prive guère du reste. Régulièrement des lettres adressées à l&rsquo;auteur depuis sa mystérieuse retraite par un Lecter très en verve entrecoupent et relancent le fil d&rsquo;une réflexion profonde et dépourvue d&rsquo;a priori.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une irrépressible attirance</h2>



<p>Pas très moral ? Certes, mais ne soyons pas hypocrites. Qui n&rsquo;a pas succombé au charme de l&rsquo;énigmatique, du séduisant Lecter, malgré son goût prononcé pour la manipulation mentale et la gastronomie cannibale ? C&rsquo;est aussi l&rsquo;objectif de ce singulier ouvrage que de nous confronter à une irrépressible attirance, pour en comprendre les rouages, en tirer les conclusions qui s&rsquo;imposent. Un régal authentique pour l&rsquo;esprit, relevé d&rsquo;une pointe de cynisme, de beaucoup d&rsquo;humour, mais dont le message est chargé de sens.</p>



<p>Animal ou cannibale ? Bon ou mauvais ? Et s&rsquo;il convenait de dépasser cette logique binaire exsangue pour penser la complexité humaine en d&rsquo;autres termes ? C&rsquo;est à ce voyage en terre psychique inconnue que nous invite Garnier tandis qu&rsquo;il dépèce le mental d&rsquo;un héros consentant, comme on le ferait d&rsquo;une pièce de gibier prête à être cuisinée. Juste retour des choses ? Autopsier l&rsquo;esprit de Lecter, c&rsquo;est éclairer bien des ombres&#8230; et en éveiller d&rsquo;autres.</p>



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		<title>L’Étrangleur de Boston 2023 : deux femmes contre un tueur</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-etrangleur-boston/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Aug 2023 12:53:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Étrangleur de Boston&#160;: le surnom donné par les médias à Albert DeSalvo, accusé d’avoir étranglé 13 femmes au début des années 60. Accusé, condamné, puis poignardé dans sa cellule. Ce fait divers sordide a fait l’objet d’une adaptation cinématographique signée Richard Fleischer en 1968 avec Tony Curtis dans le rôle titre. En 2023, Matt Ruskin propose sa version de la traque. Une traque menée par deux femmes journalistes. Sur la...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full" id="wp-block-themeisle-blocks-image-9fdcb41c"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59.jpg" alt="" class="wp-image-36287" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>L’Étrangleur de Boston&nbsp;: le surnom donné par les médias à Albert DeSalvo, accusé d’avoir étranglé 13 femmes au début des années 60. Accusé, condamné, puis poignardé dans sa cellule. Ce fait divers sordide a fait l’objet d’une adaptation cinématographique signée Richard Fleischer en 1968 avec Tony Curtis dans le rôle titre. En 2023, Matt Ruskin propose sa version de la traque. Une traque menée par deux femmes journalistes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="L&#039;Étrangleur de Boston - Première bande-annonce (VF) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/HzQhC2kgZUg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Sur la piste d’un tueur en série</h2>



<p>Loretta McLaughlin est chroniqueuse pour le <em>Record-America</em>. Cantonnée aux rubriques féminines (cours de cuisine, mode et autres sujets «&nbsp;lifestyle&nbsp;»), elle aimerait bien devenir une vraie journaliste de terrain, à qui l’on confie des enquêtes de fond, des reportages d’envergure. La chose s’avère compliquée, dans cette Amérique des 60’s conservatrice et sexiste, où ces dames sont encore largement cantonnées à la cuisine.</p>



<p>Le chemin de la reconnaissance, Loretta va devoir le défricher seule. Frénétique du fait divers, observatrice forcenée de l’actualité, elle sent qu’elle tient un scoop quand elle tombe sur l’annonce d’un meurtre particulièrement ignoble&nbsp;: une vieille dame étranglée et violée. Un meurtre seulement&nbsp;? Non. Très rapidement, Loretta recoupe cette info avec d’autres, partant ainsi sans même le savoir sur la piste d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie">tueur en série</a> redoutable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indifférence et fatalisme</h2>



<p>À ses côtés pour enquêter, Jean Cole, une autre journaliste déjà plus affirmée, plus expérimentée, plus respectée également. À elles deux, elles remontent la piste du tueur, bien plus vite que leurs collègues ou les limiers d’une police bostonienne dépassée&#8230; à moins qu’elle n’en ait rien à faire&nbsp;? Laxisme, manque d’exigence, aucun professionnalisme, une misogynie larvée&nbsp;: isolées, menacées, Loretta et Jean vont risquer jusqu’à leur vie pour faire éclater la vérité. Vérité d’ailleurs bien floue&nbsp;: appréhendé, passé aux aveux, DeSalvo est-il bien le coupable&nbsp;?</p>



<p>La question est ici posée de manière magistrale. Aujourd’hui encore, le doute demeure. Un doute enraciné dans un état d’esprit que Ruskin met en lumière. Pour faire court, la société américaine de l’époque se soucie peu de ces dames. Le sexisme y est complètement banalisé, la mort atroce de victimes sans défense presque passée sous silence. Certes, à l’époque, profilage et techniques scientifiques sont basiques, on ignore même jusqu’au concept de serial killer. Il n’en demeure pas moins que ces meurtres prolifèrent sur le terreau de l’indifférence et du fatalisme.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219.jpg" alt="" class="wp-image-36288" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Ruskin vs Fleischer&nbsp;?</h2>



<p><em>L’Étrangleur de Boston</em> version 2023 fait la part belle aux lanceuses d’alerte que sont ces deux journalistes méritantes et courageuses, remarquablement interprétées par Keira Knightley et Carrie Coon. Sans elles, on n’aurait probablement jamais fait le recoupement entre toutes ces affaires. Le rôle de la presse est ici primordial ainsi que ses dérapages&nbsp;: vague de panique, surenchère, amplification et déformation, Loretta et Jean ont fort à faire pour garder la tête froide et ne pas tomber dans les facilités de l’info spectacle.</p>



<p>L’approche de Ruskin remet les choses à leur place, notamment quand on la compare avec la version de Fleischer qui se focalise sur la personnalité retorse de DeSalvo, interprété par un Tony Curtis saisissant. Une version assez moderne dans son traitement de l’image et du montage, mais qui tend à présenter un assassin psychiquement malade, à la limite de la démence. Une absolution tout à fait hors de propos quand on connaît les études plus récentes réalisées sur la psyché des tueurs en série. La comparaison des deux films est révélatrice&nbsp;: le sexisme dénoncé par Ruskin est à l’œuvre chez Fleischer. Preuve que les temps ont heureusement changé&nbsp;? Il reste pourtant beaucoup à faire.</p>



<p>Les difficultés que rencontrent les héroïnes de Ruskin, on les retrouve dans d’autres récits mettant en avant le travail d’enquêtrices, ainsi <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-she-said/">She said</a></em> qui relate comment Megan Twohey et Jodi Kantor ont révélé l’affaire Weinstein. Début des années 60 ou des années 2010, les écueils, les obstacles, les menaces sont les mêmes. Et cela fait frémir.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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		<title>Black Bird : infiltration à haut risque et terreur poisseuse</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-black-bird/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 16:19:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la série « je cherche une très bonne série à bingwatcher », je demande Black Bird. Un thriller comme il se doit, un tueur en série bien évidemment, un petit côté « true crime » sinon ce n’est pas drôle et une traque palpitante entre quatre murs, ceux d’une cellule. Devenir pote avec un tueur en série Le pitch est on ne peu plus simple : James Keene avait un avenir de sportif à...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21.jpg" alt="" class="wp-image-35869" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel21-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Dans la série « je cherche une très bonne série à bingwatcher », je demande <em>Black Bird</em>. Un thriller comme il se doit, un tueur en série bien évidemment, un petit côté « true crime » sinon ce n’est pas drôle et une traque palpitante entre quatre murs, ceux d’une cellule.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Black Bird — Official Trailer | Apple TV+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/aH1FOkJys3Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir pote avec un tueur en série</h2>



<p>Le pitch est on ne peu plus simple : James Keene avait un avenir de sportif à succès tout tracé, mais il a préféré s’enrichir via la came. Et il se fait chopper. Et il se retrouve en taule. Jusque-là, rien de très émoustillant. Sauf que James a un atout, il est cool, sympa, il sait se faire accepter de ses collègues prisonniers. Du coup, le FBI lui propose un deal : devenir pote avec <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Larry_Hall_(suspected_serial_killer)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lawrence « Larry » Hall</a> afin d’obtenir sa confession. Dit comme ça, ça semble tout facile sauf que :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Lawrence «&nbsp;Larry&nbsp;» Hall est suspecté d’avoir assassiné une dizaine de jeunes filles&nbsp;;</li>



<li>sans preuve ni aveu, il va ressortir et recommencer à tuer, et sa sortie est imminente&nbsp;;</li>



<li>il est bien plus rusé qu’il y paraît, manipulateur, parlant par énigme&nbsp;;</li>



<li>il sait se faire apprécier de ses compagnons de cellule comme de ses gardiens&nbsp;;</li>



<li>il est enfermé dans une des prisons les plus dangereuses des USA.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Se challenger&nbsp;»</h2>



<p>Et donc James Keene est sélectionné pour s’infiltrer dans l’environnement particulièrement implosif de Hall, sympathiser avec lui et obtenir des informations sur les meurtres qu’il aurait commis. Et James Keene va accepter d’y aller, même s&rsquo;il sait qu’il va pénétrer un véritable enfer et qu’il risque fort d’y rester. Mais il n’a finalement pas le choix car :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>il doit subvenir aux besoins d’un père rongé de maladie et un brin profiteur,</li>



<li>il a atteint une limite en découvrant sur les photos de la seule scène de crime qu’on ait découverte l’horreur subie par une petite fille.</li>
</ul>



<p>Et puis même s’il ne veut pas l’admettre, James Keen est joueur, un chouia borderline, il aime les défis impossibles, «&nbsp;se challenger&nbsp;» comme on dit. Va-t-il réussir à faire parler Larry Hall&nbsp;? Va-t-il réussir à obtenir des révélations, quelques indications, à peine des indices, le moindre petit signe qui fasse le lien avec Hall et ces cadavres de fillettes affreusement abusées et mises à mort de façon abjecte&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Taron Egerton vs Paul Walter Hauser</h2>



<p>A partir de là, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dennis_Lehane" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dennis Lehane</a> (à qui l’on doit par ailleurs <a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Mystic River</em>, <em>Gone Baby Gone</em>, <em>Shutter Island</em></a>, qu’il adaptera pour l’écran) façonne six épisodes d’une rare intensité, où il raconte par le menu cette histoire insensée mais on ne peut réelle puisqu’inspirée du roman autobiographique <em>In with the Devil : a Fallen Hero, a Serial Killer, and a Dangerous Bargain for Redemption</em> (<em><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Avec le diable</a></em> en français) de James Keene et Hillel Levin. Outre l’apparition du regretté Ray Liotta qui incarne le rôle du père malade, la série repose sur un binôme d’acteurs assez incroyables :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>après <em>Kingsman</em> et <em>Rocketman</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taron_Egerton" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Taron Egerton</a> modèle un James Keene tout en muscles, en nerfs et en intellect, qui perd progressivement le contrôle de son destin au fur et à mesure qu’il s’approche de la révélation ;</li>



<li>face à lui, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Walter_Hauser" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Paul Walter Hauser</a>, aperçu dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/i-tonya-gervaise-on-ice/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Moi, Tonya</a></em> et <em>Le Cas Richard Jewell</em> pose un Larry Hall hypnotique, impénétrable, rusé, manipulateur. Son interprétation est proprement saisissante, confirmant le talent de cet acteur virtuose.</li>
</ul>



<p>L’ensemble se visionne avec un sentiment de malaise croissant, une sensation de terreur poisseuse qui s’installe au fur et à mesure qu’on découvre les aspérités d’un univers carcéral odieux, où la marge de manœuvre du héros est réduite face à un tueur machiavélique. Peut-on devenir ami avec un serial killer ? Que risque-t-on à trahir la confiance de ce type de profil ? La série joue aussi sur cette ambiguïté particulièrement malsaine, Keene étant piégé entre son effroi et sa compation. C&rsquo;est aussi là que réside tout l&rsquo;intérêt de cette excellente série, filmée avec maestria et un sens de la concision percutant.</p>
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		<title>American Predator : gros plan sur  un profil de criminel aussi retors que dangereux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-american-predator/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2022 09:45:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nouveau virage sur l’aile du côté des éditions Sonatine pour parcourir ce petit prodige de précision narrative qu’est le livre American Predator. Ou comment on a appréhendé le serial killer Israel Keyes et ce qu’il advint avant et ensuite. Une course contre-la-montre Direction les USA donc, pour suivre pas à pas l’arrestation d’un des tueurs en série les plus prolifiques du pays. Nous sommes en 2012 dans une petite ville...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="382" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg" alt="couverture du livre American Predator" class="wp-image-35174" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg 382w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1-183x288.jpg 183w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1-315x494.jpg 315w" sizes="auto, (max-width: 382px) 100vw, 382px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Nouveau virage sur l’aile du côté des éditions Sonatine pour parcourir ce petit prodige de précision narrative qu’est le livre <i>American Predator</i>. Ou comment on a appréhendé le serial killer Israel Keyes et ce qu’il advint avant et ensuite.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Une course contre-la-montre</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Direction les USA donc, pour suivre pas à pas l’arrestation d’un des tueurs en série les plus prolifiques du pays. Nous sommes en 2012 dans une petite ville de l’Alaska : une jeune vendeuse travaillant de nuit dans une station service est enlevée lors d’un braquage. Les enquêteurs, peu formés pour gérer une situation relativement rare dans ces contrées où tous se connaissent, doivent improviser. Et rapidement collaborer avec d’autres services de police dans d’autres états. Car le kidnappeur a visiblement embarqué sa victime loin de la zone de rapt. Une course contre-la-montre s’enclenche pour tenter de retrouver Samantha Koeing vivante.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Ce que les enquêteurs ne savent pas encore, mais ils vont très vite s’en douter, c’est qu’ils ont levé un lièvre bien plus gros que prévu. Un profil de criminel aussi retors que dangereux, qu’on arrêtera presque par hasard quelque temps plus tard… au Texas. Et là deuxième temps de cette équipée : faire avouer cet accusé aussi insaisissable qu’une anguille. «&nbsp;<i>J’ai beaucoup d’autres histoires à raconter&nbsp;</i>» avoue avec un brin d’humour Israel Keyes. Ce qui laisse présager que Samantha, dont on ne sait pas ce qu’elle est devenue, n’est pas la seule à figurer sur le tableau de chasse de ce prédateur. Les questions s’accumulent&nbsp;: où est Samantha&nbsp;? Est-elle encore vivante&nbsp;? Quelles sont les autres victimes de Keyes&nbsp;? Où se situent les corps&nbsp;? Pourquoi et comment Keyes opère-t-il&nbsp;?</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Confessions à décrypter</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Journaliste pour le New-York Post, Maureen Callahan choisit un style très direct, très concis pour restituer ce sanglant fait divers daté de 2012. Étape par étape, elle détaille le travail des enquêteurs, comment ils s’organisent, comment ils préparent leurs interrogatoires, la manière dont ils mènent les fouilles. Elle évoque les tensions humaines comme les moments de complicité, les techniques utilisées pour sonder la psyché de Keyes, qui s’amuse beaucoup à jouer au chat et à la souris avec ses interlocuteurs. La moindre faille, il l’exploite&nbsp;: ainsi quand un procureur désireux de se mettre en valeur pour sa prochaine élection décide de mener les interrogatoires, alors qu’il n’est absolument pas formé pour ça. Keyes prend immédiatement l’ascendant.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">C’est aussi tout l’intérêt de ce récit que de découvrir la façon dont un tueur en série manipule en permanence son entourage. Tous les portraits évoquant les grands serial killers évoquent ce point, mais ici, on découvre comment cela se met en place, comment cela se traduit. Au fait de ce phénomène, les enquêteurs se méfient et apprennent à louvoyer pour repérer les moments où Keyes les trompe, quand il dit la vérité. Mais un néophyte se ferait avoir sans même s’en rendre compte. Informations qu’on marchande, discours en demi-teinte, il faut lire entre les lignes de ces confessions qui n’en sont pas. L’atmosphère très particulière de ces échanges, appuyée par des citations, la restitution des paroles prononcées, nous happe et nous déstabilise.</span></p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/serie-documentaire-henry-lee-lucas/" rel="bookmark">Henry Lee Lucas – Parole de tueur&nbsp;: trop de confessions tue la confession</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/" rel="bookmark">De Mindhunter&nbsp;à John Douglas&nbsp;: les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" rel="bookmark">Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes&nbsp;?</a></strong></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;">C’est tout l’intérêt du livre <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/american-predator/9782355848377" target="_blank" rel="noopener"><i>American predator</i></a> que de proposer une plongée rare au cœur d’une investigation menée pas à pas, avec ses dysfonctionnements, ses révélations, ses temps forts, ses blocages. Et ses frustrations. Keyes se suicide dans sa cellule le 1<sup>er</sup> décembre 2012, au nez et à la barbe de geôliers pourtant avertis du danger qu’il représente. On ne saura jamais le nombre exact de ses victimes ni où elles reposent. Ultime affirmation de toute-puissance, contrôle absolu sur sa destinée et celle des autres. Comme l’explique l’auteure, «&nbsp;<i>N’importe lequel d’entre nous aurait pu être une victime d’Israel Keyes</i>&nbsp;».</span></p>



<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Jeffrey Dahmer et plus si affinités : quoi lire sur le cannibale de Milwaukee ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 15:09:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35064</guid>

					<description><![CDATA[<p>Notre premier réflexe après avoir visionné la série Monster&#160;: The Jeffrey Dahmer Story&#160;? Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour : Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de American Horror Story. Pour info, Dahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu que le sujet des tueurs en série nous passionne depuis pas mal d’années. Mais avec...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg" alt="livres sur Jeffrey Dahmer" class="wp-image-35065" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Notre premier réflexe après avoir visionné la série <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" target="_blank" rel="noopener"><i>Monster&nbsp;</i><span lang="fr-FR"><i>: The Jeffrey Dahmer Story</i></span></a><span lang="fr-FR"><b>&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour :</span></span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">vérifier si ce qui est relaté par Murphy et Brennan est exact ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">mesurer ce qui, dans le scénario, est conservé, synthétisé, retouché ou omis ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">avoir une approche plus posée, avec du recul, un regard journalistique, une analyse d’enquêteur, de psychologue, de scientifique, dépourvue d’exagération, de sublimation ou d’affect.</span></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de </span><span lang="fr-FR"><i>American Horror Story</i></span><span lang="fr-FR">. Pour info, </span><span lang="fr-FR">D</span><span lang="fr-FR">ahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu que le sujet des tueurs en série nous passionne depuis pas mal d’années. Mais avec le temps, on oublie certains points, la mémoire fait défaut. Du coup, nous avons voulu nous rafraîchir la mémoire. </span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Pourquoi des livres et pas des documentaires&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR"><b>ou des films </b></span><span lang="fr-FR"><b>?</b></span></span></h2>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">O</span><span lang="fr-FR">n sait l’impact des images, la violence des plans, le côté mélodramatique de la musique, les effets de montage sur les interviews. Les documentaires relatant la carrière assassine de Dahmer sont nombreux </span><span lang="fr-FR">(Netflix s’apprête à en publier un nouveau dans le sillage de la série, histoire de rebondir sur le succès de cette dernière et de compléter les opus précédents consacrés à Ted Bundy et John Wayne Gacy)</span><span lang="fr-FR">, mais ils ont un caractère répétitif et racoleur, c’est du reste le fonds</span><span lang="fr-FR">&nbsp;de commerce de tout </span><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span><span lang="fr-FR"> qui se respecte. </span><span lang="fr-FR">Nous avons voulu nous distancer de cet effet spectaculaire, «&nbsp;était-il un tueur né&nbsp;?&nbsp;», ce genre d’approche faite pour faire frémir les foules.</span></span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Précisions par ailleurs qu’i</span><span lang="fr-FR">l existe plusieurs films sur Dahmer&nbsp;: </span><span lang="fr-FR"><i>La vie secrète de Jeffrey Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR"><i>Damher le cannibale</i></span><span lang="fr-FR"> et </span><span lang="fr-FR"><i>Mon ami Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, inspiré d’une bande dessinée du même titre. Là aussi, nous avons voulu échapper au poid</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> des images, d’autant plus des images liées à des récits fictifs.</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer : choix bibliographiques</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Précisons que la bibliographie décrivant le parcours sanglant du Cannibale de Milwaukee est très dense. C’est un des tueurs en série les plus médiatisés au monde, même si son score de 17 victimes est moindre que celui d’autres assassins (j’ai honte d’écrire ça, c’est pourtant la triste réalité). Mais c’est l’atrocité de ses crimes qui a marqué, épouvanté et fasciné les esprits. Pour preuve, sa photo figure en bonne place sur les couvertures des ouvrages spécialisés, un peu comme une référence incontournable et un puissant argument de vente. Histoire de découvrir à chaque fois des détails un peu plus morbides et croustillants&nbsp;?</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">En ce qui nous concerne, nous voulions aborder la chose d’un point de vue chronologique, parce que la chronologie est toujours parlante. Elle permet d’identifier le début des violences, leur intensification, l’accélération de l’escalade vers la mise à mort, éventuellement ce qui a pu la déclencher. C’est essentiel pour adopter un regard objectif qui ne noircit ni n’absout. Un positionnement scientifique. C’est aussi l’opportunité de confronter les points de vue, les angles d’attaque du récit macabre. C’est de ce croisement des informations que jaillit une vision plus nette des choses.</span></span></p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/">De Mindhunter à John Douglas : les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-american-predator/">American Predator : gros plan sur un profil de criminel aussi retors que dangereux</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Quelques livres à parcourir</span><span lang="fr-FR">&nbsp;sur Dahmer</span></b></span></h2>



<p><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Voici donc nos sources, qui ne sont pas exhaustives, loin de là, mais c’est déjà un socle valable pour appréhender le dossier Dahmer, en dehors de toute approche fictionnelle.</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Premier ouvrage consulté,</span><span lang="fr-FR"> le livre</span><span lang="fr-FR"><i> Serial Killer – Le côté sombre de la nature humaine</i></span><span lang="fr-FR">&nbsp;; Brian Innes </span><span lang="fr-FR">y </span><span lang="fr-FR">aborde le dossier Dahmer en quelques pages synthétiques </span><span lang="fr-FR">et factuelles.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On peut aussi parcourir </span><span lang="fr-FR"><i>Le Livre noir des serial killers</i></span><span lang="fr-FR"> de Stéphane Bourgoin&nbsp;; un chapitre est consacré à Dahmer qui détaille par le menu l’affaire et ses retombées, </span><span lang="fr-FR">avec quelques paragraphes consacrés au rôle de la police et de l’agent de probation : c’est un point essentiel qui tempère les critiques, et apporte un regard un peu plus posé</span><span lang="fr-FR">.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On ajoutera la bibliographie dédiée qui se trouve à la fin du livre </span><span lang="fr-FR"><i>Serial Killers – Enquête sur les tueurs en série</i></span><span lang="fr-FR"> du même Stéphane Bourgoin.</span></span>
<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Profitons-en pour faire un point sur Stéphane Bourgoin. Longtemps considéré comme un spécialiste des tueurs en série, on lui a rep</span><span lang="fr-FR">r</span><span lang="fr-FR">oché, et il l’a d’ailleurs reconnu, d’avoir menti sur ses rencontres avec des tueurs, ses interviews… Un imposteur, coupable de plagiats répétés… Il n’en demeure pas moins que ses ouvrages, largement inspirés de livres anglo-saxons de référence, constituent une porte d’entrée fiable dans l’univers des serial killers, d’où notre mention.</span></span></li>
</ul>
</li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Contrairement aux ouvrages cités précédemment qui tiennent lieu d’encyclopédies ou d’études de cas </span><span lang="fr-FR">(c’est d’ailleurs l’occasion de replacer Dahmer parmi ses pairs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">et ils sont légion),</span><i> </i><span lang="fr-FR"><i>Le</i></span><i> Monstre de Milwaukee</i> relate toute l’histoire de Dahmer. Le journaliste Don Davis l’évoque étape par étape en la replaçant dans un contexte historique, géographique, social et politique détaillé. C’est tout l’intérêt de cette approche.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Ceux qui déchiffrent l’anglais pourront parcourir les chapitres consacrés à Dahmer dans <i>A new century of sex killers</i> de Brian Marriner et <i>The New encyclopedia of serial killers</i> de Brian lane et Wilfred Gregg.</span></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;">Voilà, vous avez une base à peu près solide sur le dossier Dahmer, de quoi prendre de la distance avec des images certes accrocheuses, mais qui manquent forcément d&rsquo;objectivité. Et si vous êtes allergique à la lecture, vous pouvez écouter <a href="https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/l-integrale-jeffrey-dahmer-le-cannibale-de-milwaukee-7772588300" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;épisode du podcast</a> qui lui est consacré dans l&rsquo;émission <em>L&rsquo;Heure du crime</em> sur RTL.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/">Jeffrey Dahmer et plus si affinités : quoi lire sur le cannibale de Milwaukee ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 14:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35062</guid>

					<description><![CDATA[<p>Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de Monster : The Jeffrey Dahmer Story, la nouvelle série griffée Ryan Murphy et Ian Brennan pour Netflix. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires enthousiastes ou outrés sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, affiches, teasers et interviews à l’appui, ne laisse personne indifférent. Il aurait même tendance à...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35063 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg" alt="série Monster : The Jeffrey Dahmer Story de Ryan Murphy et Ian Brennan" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">la nouvelle série griffée </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR">Ryan Murphy </span></a><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">Ian Brennan </span><span lang="fr-FR">pour <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires </span><span lang="fr-FR">enthousiastes ou outrés</span><span lang="fr-FR"> sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, </span><span lang="fr-FR">affiches, teasers et interviews à l’appui</span><span lang="fr-FR">, ne laisse personne indifférent. Il aurait même tendance à réveiller de vieux démons. Et à </span><span lang="fr-FR">en tirer parti</span><span lang="fr-FR">, comme tout </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span></a><span lang="fr-FR"> qui se respecte ? </span><span lang="fr-FR">Dans tous les cas, adapter la carrière criminelle de Dahmer à l’écran constitue un véritable</span><span lang="fr-FR"> challenge, </span><span lang="fr-FR">l’obligation pour un réalisateur de faire </span><span lang="fr-FR">des choix qui vont forcément fâcher. </span><span lang="fr-FR">Et tronquer une vérité insaisissable ? Explications.</span></span></p>
<p>https://youtu.be/xl2FRiW938o</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Avant tout, considérer les faits bruts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">our évaluer la portée de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story,</i></span> <span lang="fr-FR">il convient </span><span lang="fr-FR">avant toute chose </span><span lang="fr-FR">de revenir aux faits </span><span lang="fr-FR">bruts, </span><span lang="fr-FR">afin de vérifier si le scénario </span><span lang="fr-FR">de la série </span><span lang="fr-FR">colle au réel</span><span lang="fr-FR">. Plongée donc dans <a href="https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/" target="_blank" rel="noopener">plusieurs articles et ouvrages</a> qui évoquent le cas du Cannibale de Milwaukee. </span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Du 18 juin 1978, date à laquelle il commet son premier meurtre à l’âge de 18 ans, au lundi 22 juillet 1991, où il est arrêté après avoir laissé échapper Tracy Edwards, Jeffrey Dahmer va tuer 17 personnes (dont 16 entre 1987 et 1991)</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il s’agit de jeunes hommes en majorité issus des minorités raciales afro-américaine, latino-américaine et asiatique, homosexuels et pauvres.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les attire chez lui sous prétexte de prendre des photographies érotiques contre un peu d’argent.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les drogue, les tue, les viole, les démembre, conserve au frigo, au congelateur ou dans ses placards certaines parties des corps, têtes, mains, sexes, morceaux de muscles et organes, des photos des tortures, mises à mort et dépeçages à leurs différents stades d’accomplissement. Il ira jusqu’à dissoudre la chair des troncs dans un baril d’acide acheté le 8 juillet 1991, à manger certains bouts de ses victimes.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Issu d’une famille dysfonctionnelle, profondément imacté par le divorce chaotique de ses parents, Dahmer sombre très jeune dans l’alcoolisme, pour compenser un sentiment d’abandon et de solitude.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le lundi 27 mai 1991, Konerak Sinthasomphone, 14 ans, tente d’échapper à Dahmer. Drogué, il arrive à s’exfiltrer de l’appartement dont le tueur s’est absenté pour aller acheter de la bière. Deux jeunes femmes le remarquent, alertent les secours, restent avec lui, car il est visiblement très jeune, très mal et incapable de se défendre. Dahmer s’interpose et arrive à convaincre les policiers présents que c’est son compagnon, qu’il est majeur, ivre, que c’est juste une querelle de couple. Malgré les remarques des deux jeunes filles, les agents raccompagnent Dahmer et son prétendu amant dans l’appartement, ils y pénètrent, ne notent rien d’alarmant malgré l’odeur très désagréable, les photos de nus du jeune homme, et s’en vont. Juste après leur départ, Dahmer tue Konerak et le démembre.</span></li>
</ul>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le cas Jeffrey Dahmer : l’effet « poupées russes »</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’es un résumé, mais cela donne une idée de la situation. Une situation à la fois très simple, atroce et complexe. Pas facile de s’attaquer au cas Jeffrey Dahmer, dont le récit devra prendre en compte :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des meurtres abominables, qui dépassent l’entendement, des actes de torture, de viol, de nécrophilie, de sadisme, de cannibalisme ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">un profil psychologique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie" target="_blank" rel="noopener">tueur en série</a> tortueux, entre alcoolisme, frustration, colère, peur panique de l’abandon, quête de contrôle et de puissance, sens aigu de l’adaptation et de la manipulation ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des victimes défavorisées, pauvres, sans éducation, homosexuelles et prostituées, parfois mineures, ce qu’on appelle dans le jargon des profileurs des victimes à haut risque, vulnérables, incapables de se défendre, des proies faciles ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’inaction des services de police, de justice, d’aide sociale, qui jamais n’arrêtèrent Dahmer dans sa course destructrice, alors qu’ils en eurent maintes fois l’occasion, et pas seulement lors de l’épisode tragique de ce garçon de 14 ans (dont le frère aîné fut aussi attaqué par Dahmer, mais qui réussit à lui échapper, ce qui valut à Dahmer une condamnation pour agression sexuelle), un moment clé de cette geste sanglante, repris en boucle par tous les récits, les articles, les livres dédiés (certains débutent même sur la narration de ce meurtre odieux) ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le climat social implosif de Milwaukee dans les années 90, où la misère et l</span><span lang="fr-FR">es</span><span lang="fr-FR"> discrimination</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> raciale</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> et sexuelle</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> sont </span><span lang="fr-FR">quotidiennes</span><span lang="fr-FR">, malgré la douceur de vivre affichée par cette ville phare du Michigan ;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’ambiance de brutalité excessive propre aux USA, avec la progressive exploration du profil du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> et l’émergence de plusieurs cas devenus célèbres type Ed Gein, John Wayne Gacy (du reste évoqués très rapidement dans la série).</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">R</span><span lang="fr-FR">aconter l’histoire de Dahmer, c’est </span><span lang="fr-FR">envisager</span><span lang="fr-FR"> tous ces </span><span lang="fr-FR">facteurs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">les mettre en perspective, prendre en compte </span><span lang="fr-FR">ce côté « poupées russes », </span><span lang="fr-FR">ces </span><span lang="fr-FR">éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres :</span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en se disant que si un de ces facteurs avait varié, peut-être que rien ne serait arrivé </span><span lang="fr-FR">;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">sans verser ni dans l’étalage de sang et de tripes, ni dans le racoleur ou le voyeurisme, ni dans la croisade vengeresse, ni dans le réquisitoire social ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en décortiquant au plus juste</span><span lang="fr-FR"> le psychisme </span><span lang="fr-FR">pervers </span><span lang="fr-FR">de Dahmer, </span><span lang="fr-FR">sans toutefois en faire ni un mutant, ni une victime, ni</span><span lang="fr-FR"> un héros.</span></span></li>
</ul>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TOdXtB5zwk"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230; » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/embed/#?secret=WAjbPyuiXX#?secret=TOdXtB5zwk" data-secret="TOdXtB5zwk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Une </span><span lang="fr-FR">vision à 360° : mission impossible ?</span></b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Bref, il faudrait pouvoir adopter une vision à 360°, </span><span lang="fr-FR">une </span><span lang="fr-FR">vision objective, </span><span lang="fr-FR">juste, </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">tient</span><span lang="fr-FR"> compte à la fois des crimes et de la psyché du tueur, de la manière dont elle s’est développée </span><span lang="fr-FR">dans un contexte familial et social spécifique</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">d</span><span lang="fr-FR">es traumatismes </span><span lang="fr-FR">vécus par les familles. </span><span lang="fr-FR">Qui donne à voir l’intense émotion ressentie par les proches, la sidération, l’</span><span lang="fr-FR">horreur alimentée par</span><span lang="fr-FR"> l’avidité médiatique. Qui traduise aussi bien la manière dont un homme peut devenir un assassin, la fascination mentale d’un profil spécifique pour un certain type de paraphilies </span><span lang="fr-FR">transgressives</span><span lang="fr-FR">, l’impuissance des institutions face aux signaux d’alarme, l’injustice terrible ressentie par les proches. </span><span lang="fr-FR">Mission impossible ?</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">n tout cas, u</span><span lang="fr-FR">n exercice </span><span lang="fr-FR">particulièrement </span><span lang="fr-FR">délicat auquel Murphy et Brennan s’attaquent en frontal, riches de leurs expériences passées avec </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Crime+Story" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>American Crime Story</i></span></a><span lang="fr-FR"> (on se souvient encore de la saison magistrale évoquant le meurtre de </span><span lang="fr-FR">V</span><span lang="fr-FR">ersace et la traque de son assassin) et certains épisodes de </span><span lang="fr-FR"><i><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story" target="_blank" rel="noopener">American Horror Story</a>. </i></span><span lang="fr-FR">But de la manœuvre, comme à leur habitude, et c’est une thématique dans laquelle </span><span lang="fr-FR">les deux </span><span lang="fr-FR">complices</span><span lang="fr-FR"> excellent : explorer les dessous du rêve américain, comment il peut tourner au cauchemar et à la boucherie, avec moult dommages collatéraux et une question récurrente : où est-ce que ça commence à déraper ?</span> <span lang="fr-FR">Avec le cas de Dahmer, tous leurs sujets de prédilection sont rassemblés : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">un jeune Américain qui a tout pour réussir mais qui va tout rater ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la capacité typiquement moderne à transformer un monstre en idole ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la place des communautés dans une société WASP raciste et homophobe ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">le manque de moyens alloués à la sécurité des plus pauvres ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le désintérêt des forces policières </span><span lang="fr-FR">et des acteurs sociaux complètement débordés</span><span lang="fr-FR">. </span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Un terrain fertile pour la plume de </span><span lang="fr-FR">Murphy et Brennan</span><span lang="fr-FR"> qui accouchent de 10 épisodes particulièrement éprouvants </span><span lang="fr-FR">pour les nerfs et propices au binge wathcing à la mode Netflix</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Avec plusieurs points forts.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><em>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</em> : les points forts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Premier point </b></span><span lang="fr-FR"><b>à retenir </b></span><span lang="fr-FR"><b>:</b></span><span lang="fr-FR"> exit le gore et les séquences de boucherie. La frénésie de Dahmer n’apparaît que par petites touches, </span><span lang="fr-FR">ce qui ne la rend pas moins intolérable</span><span lang="fr-FR">. Place à l’imaginaire, régulièrement sollicité par des indices, une tache de sang sur le matelas, un pied qui dépasse d’un lit, le fameux baril bleu, un gros plan sur la grille d’aération d’où s’échappent des cris, des bruits de scie, des odeurs atroces. </span><span lang="fr-FR">Un sandwich offert à une voisine mécontente, dont on se demande avec quelle viande il a été fait. Bref une ambiance à la <a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/" target="_blank" rel="noopener">Hitchcock</a> en mode </span><span lang="fr-FR"><i>Psychose </i></span><span lang="fr-FR">(qui s’inspire en partie de la frénésie meurtrière d’Ed Gein, rappelons-le). </span><span lang="fr-FR">Et puis il y a la couleur, la lumière, ce jaune pisseux qui voile toutes les images, cette sorte de brume qui floute parfois les contours des visages, porte une moiteur désagréable, des relents de décomposition. </span><span lang="fr-FR">Esthétisation de la barb</span><span lang="fr-FR">arie </span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">En tout refus de tomber dans le sanglant, ce qui ne rebute pourtant pas le tandem Murphy/Brennan, si on prend en compte les différentes saisons d’</span><span lang="fr-FR"><i>American Horror History</i></span><span lang="fr-FR">. Donc un choix délibéré.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Autre point notable :</b></span> <span lang="fr-FR">Murphy et Brennan </span><span lang="fr-FR">se penchent régulièrement sur la cellule familiale</span><span lang="fr-FR">. D’un côté, Dahme</span><span lang="fr-FR">r, aîné d’un couple</span><span lang="fr-FR"> dysfonctionnel, </span><span lang="fr-FR">un</span><span lang="fr-FR"> gamin </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">encaisse les disputes toujours plus violentes de ses parents, le départ du père puis de la mère, </span><span lang="fr-FR">la solitude dans une maison vide, </span><span lang="fr-FR">l’accueil chez une grand-mère adorée mais qui va le mettre dehors, un ga</span><span lang="fr-FR">rçon</span><span lang="fr-FR"> toujours plus ingérable, qui boit, se fait renvoy</span><span lang="fr-FR">er</span><span lang="fr-FR"> de partout </span><span lang="fr-FR">y compris de l’armée</span><span lang="fr-FR">, peine à garder un emploi, à avoir des amis</span><span lang="fr-FR">. De l’autre, les familles des victimes, avec une focale sur le personnage de Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues, la 15</span><sup><span lang="fr-FR">e</span></sup><span lang="fr-FR"> victime, sourd et muet, plein de rêves et d’avenir, </span><span lang="fr-FR">auquel l’épisode </span><span lang="fr-FR">6 « Silenced » est consacré, </span><span lang="fr-FR">la tragédie de la famille </span><span lang="fr-FR">Sinthasomphone</span><span lang="fr-FR"> dont deux des fils seront agressés par Dahmer, le plus jeune assassiné, </span><span lang="fr-FR">en proie au racisme</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Glenda Cleveland, mère de famille impliquée qui fera tout ce qui est possible pour avertir les autorités.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Élément essentiel :</b></span><span lang="fr-FR"> l</span><span lang="fr-FR">’interprétation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Evan+Peters" target="_blank" rel="noopener">Evan Peters </a></span><span lang="fr-FR">constitue certainement</span><span lang="fr-FR"> LE fer de lance de la série </span><span lang="fr-FR">(franchement, cela mérite un prix)</span><span lang="fr-FR">. Sans lui, sans son approche </span><span lang="fr-FR">(alimentée par une observation des interviews du tueur)</span><span lang="fr-FR">, ses regards, l’apathie de sa prononciation, </span><span lang="fr-FR">son côté impénétrable, lisse, gentil garçon, </span><span lang="fr-FR">ce visage qui soudain se tord de colère, </span><span lang="fr-FR">ce récit</span><span lang="fr-FR"> serait beaucoup moins puissant. Et puis il y a l’affolement, face aux premiers meurtres, quand il réalise qu’il a franchi un stade décisif, l’exaltation quand il savoure un morceau de chair humaine, la tendresse quand il se love contre un cadavre encore chaud. La dévotion quand il sème les os réduits en poudre de sa première victime : quelque chose de rituel, une connexion avec une puissance secrète ?</span></span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ITN6dfoQsM"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel &#8230; » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/embed/#?secret=nE9iq4PDt0#?secret=ITN6dfoQsM" data-secret="ITN6dfoQsM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer, ange déchu : la confusion des points de vue</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">C’est là que la série devient dérangeante, </span><span lang="fr-FR">car elle met sur le même plan ce qui se passe dans la tête du tueur, ce que ressentent ses proches, ses victimes. Et on ne s’y retrouve plus dans tous ces points de vue. Avec un effet dommageable : </span><span lang="fr-FR">Dahmer version Murphy/Brennan a tout de l’ange déchu. Pas une victime, mais un être maudit, qui porte le poids d’une tare, qui accomplit les pire actes soit comme une expérimentation, soit comme une offrande. </span><span lang="fr-FR">Et qui gagnera la rédemption par le sacrifice ultime. </span> <span lang="fr-FR">De quoi susciter une sympathie proprement déplacée ? Interroger la nécessité du pardon ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">A ce stade, la série se perd dans un larmoiement problématique, et le message est brouillé. C’est tout le </span><span lang="fr-FR">problème </span><span lang="fr-FR">d’une</span><span lang="fr-FR"> narration </span><span lang="fr-FR">fragmentée par les</span><span lang="fr-FR"> flashbacks </span><span lang="fr-FR">et l</span><span lang="fr-FR">es changements de points de vue, </span><span lang="fr-FR">quand l’approche chronologique est beaucoup plus parlante : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">Dahmer a tué alors qu’il était en liberté surveillée pour l’agression de l’aîné des Sinthasomphone, sous contrôle d’un agent de probation qu’il allait voir régulièrement (mais que la série occulte), et à qui il racontait ses malheurs, manque d’argent, solitude, alcoolisme.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a toujours esquivé les programmes de désintoxication, les suivis psychologiques qu’on lui proposait.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a clairement expliqué aux enquêteurs vouloir créer un autel orné de crânes pour invoquer le diable et accroître sa puissance.</span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Si l’ensemble des événements relatés sont exacts </span><span lang="fr-FR">(l’achat des lentilles par exemple, </span><span lang="fr-FR">l’épisode des poissons</span><span lang="fr-FR">)</span><span lang="fr-FR">, certains ont été </span><span lang="fr-FR">tus (</span><span lang="fr-FR">l’achat du baril d’acide, </span><span lang="fr-FR">son interview télévisée réalisée en prison en 1993 pour l’émission Inside Edition) ou </span><span lang="fr-FR">adaptés : </span><span lang="fr-FR">ainsi </span><span lang="fr-FR">Brenda Cleveland ne vivait pas dans l’appartement voisin de Dahmer mais dans l’immeuble en face, elle n’a donc pu entendre ces bruits atroces, </span><span lang="fr-FR">sentir ces odeurs nauséabondes ; </span><span lang="fr-FR">c</span><span lang="fr-FR">e n’est pas Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues</span><span lang="fr-FR"> mais </span><span lang="fr-FR">Jeremiah Weinberger qui semble avoir attiré </span><span lang="fr-FR">l</span><span lang="fr-FR">es suffrages </span><span lang="fr-FR">du tueur</span><span lang="fr-FR">, des clichés de son corps ont été retrouvés épinglés au dessus du lit de Dahmer. On trouve ainsi tout au long de la série une volonté de </span><span lang="fr-FR">cristaliser le pathos sur des profils synthétisant l’émotion, pour ne pas diluer le récit. </span><span lang="fr-FR">Eh oui, c’est tout l’enjeu : conserver l’attention du spectateur, le fasciner et jouer de sa corde sensible.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Alimenter le mythe : peut-on faire autrement ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">uivre l</span><span lang="fr-FR">a</span><span lang="fr-FR"> chronologie </span><span lang="fr-FR">et les faits</span><span lang="fr-FR">, c’est prendre le risque </span><span lang="fr-FR">de dégoûter</span><span lang="fr-FR"> l’</span><span lang="fr-FR">audience</span><span lang="fr-FR"> par la répétition du rituel du tueur, l</span><span lang="fr-FR">e noyer</span><span lang="fr-FR"> à la fois </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le bain de sang </span><span lang="fr-FR">réitéré à chaque meurtre </span><span lang="fr-FR">(</span><span lang="fr-FR">donc tomber dans le gore gratuit</span><span lang="fr-FR">) </span><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le sentiment d’</span><span lang="fr-FR">usure</span><span lang="fr-FR"> lié à la répétition du modus operandi </span><span lang="fr-FR">de meurtre en meurtre</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Mais c’est en suivant la chronologie et les faits qu’on met en évidence l’émergence de la déviance, la montée au crime, </span><span lang="fr-FR">la gradation de la violence et de l’horreur. </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">En adoptant une narration décalée, la série tait l’intensification progressive des actes de torture, des violations des corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Elle tait également que chacune de ces intensifications a eu lieu après un abandon ou un contact avec la mère.</span></li>
<li><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Elle amoindrit la réalité propre à la mise à mort, tout le travail,la prise de risque que représente la destruction progressive d’un corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">lle gomme ce côté expérimental propre à Dahmer, qui a testé différentes pratiques au fil de son parcours assassin.</span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Éluder cela, c’est omettre le côté à la fois scientifique de l’investigation, </span> <span lang="fr-FR">et le fait que </span><span lang="fr-FR">les profils de tueurs en série n’ont rien d’attractif, ce ne sont pas des personnalités originales ni des séducteurs, encore moins des héros ; ce sont des médiocres, comme en témoignent toutes les expertises psychiatriques menées sur ce type de criminel. </span><span lang="fr-FR">Peut-on en faire l’économie quand on veut relater le parcours d’un tueur psychopathe et récidiviste ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">econd effet Netflix, dont on ne peut ignorer les diktats en matière de scénario ultracalibré pour ménager la chèvre et le chou, dixit entre autres </span><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/netflix-l-alienation-en-serie-romain-blondeau/9782021513202" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>Netflix L’aliénation en série</i></span></a><span lang="fr-FR"> de Romain Blondeau ? </span><span lang="fr-FR">Raconter le parcours de Dahmer, qui plus est 30 ans après sa condamnation, un peu comme un anniversaire, c’est e</span><span lang="fr-FR">n tout cas </span><span lang="fr-FR">prendre le risque d’alimenter un mythe qui n</span><span lang="fr-FR">e doit pas en être</span><span lang="fr-FR"> un. </span><span lang="fr-FR">Surtout quand on confronte la souffrance atroce des victimes et l’esthétisation des tortures commises, la réalité sociale sordide des USA durant les 90’s et ce visage de tueur à la fois ignoble et si humain. Mais peut-on faire autrement ? Parce qu’ils sont fins et doués, Murphy et Brennan arrivent à déployer ces différentes facettes en un seul tableau, un peu comme Picasso le faisait avec ses modèles. Et c’est cela qui perturbe, qui dérange, qui offusque, qui crée le malaise. Car ces vérités mises en lien reflètent un monde de chaos absolument insupportable, où personne n’est à l’abri de personne, encore moins de soi-même. Une fatalité des temps modernes.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">S : alors que nous bouclons cet article, <a href="https://www.konbini.com/popculture/comment-les-lunettes-de-jeffrey-dahmer-ont-ete-mises-en-vente-pour-150-000-dollars/" target="_blank" rel="noopener">la nouvelle vient de tomber</a>, relayée par plusieurs médias. Les lunettes de Dahmer, achetée par un collectionneur il y a des années, sont à vendre aux enchères. Prix de départ : 150 000 dollars. De quoi interroger l’incapacité à effacer le souvenir et la marchandisation de l’horreur. La série l’évoque ; pensait-elle réveiller ce spectre ? </span></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81287562" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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		<title>A l’avant garde : Rodolfo Loaiza – Beauty Hurts</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/avant-garde-rodolfo-loaiza-beauty-hurts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Apr 2022 10:30:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui tournons nos regards hilares et navrés vers les planches de Jose Rodolfo Loaiza Ontiveros, rassemblées sous la série Beauty Hurts. Sacrifiées sur l&#8217;autel d&#8217;une féminité moderne soumise aux pires dérives, les princesses de Disney en prennent pour leur grade ! Princesses grunge Icônes de l’innocence absolue, après avoir émerveillé des générations de gamines par leur candeur, leur vertu et leurs princes charmants, voici que les artistes de la pop...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><figure id="attachment_28830" aria-describedby="caption-attachment-28830" style="width: 600px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/05/lozaia-e1493980183295.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-28830 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/05/lozaia-e1493980183295.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a><figcaption id="caption-attachment-28830" class="wp-caption-text">Dessins par Rodolfo Loaiza</figcaption></figure></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui tournons nos regards hilares et navrés vers les planches de Jose Rodolfo Loaiza Ontiveros, rassemblées sous la série <i>Beauty </i><i>H</i><i>urts</i>. Sacrifiées sur l&rsquo;autel d&rsquo;une féminité moderne soumise aux pires dérives, les princesses de Disney en prennent pour leur grade !</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Princesses grunge</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Icônes de l’innocence absolue, après avoir émerveillé des générations de gamines par leur candeur, leur vertu et leurs princes charmants, voici que les artistes de la pop culture s’en saisissent sans ménagement pour leur faire subir le pire. Sexualisation intensive, tatouage, drogue, dépression, boulimie, coups … à croire que les créatifs se vengent d’une enfance saturée de dessins animés sirupeux et trompeurs.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nous avions déjà traité du cas <a href="https://www.theartchemists.com/a-lavant-garde-blanche-neige-serie-fallen-princesses-dina-goldstein/">Dina Goldstein</a> et de ses photos particulièrement mordantes ? Rodolfo Loaiza détourne quant à lui les séquences des dessins animés d&rsquo;origine ; revues et corrigées de manière rock’n roll pour ne pas dire grunge, ces saynètes reflètent la démesure des people, nos héroïnes sombrent dans le surpoids, l’anorexie, l’alcool, la coke, l’automutilation ou le suicide…</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZuOy4WLiIu"><p><a href="https://www.theartchemists.com/avant-garde-mariel-clayton/">A l’avant garde : Mariel Clayton, the Barbie slayer !!!</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« A l’avant garde : Mariel Clayton, the Barbie slayer !!! » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/avant-garde-mariel-clayton/embed/#?secret=wtJAz5a70C#?secret=ZuOy4WLiIu" data-secret="ZuOy4WLiIu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Vide existentiel</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">À moins qu’elles n’adoptent la proverbiale agressivité de la riot girl comme mode de survie, préférant un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> au gentil prince qui de toute façon est gay ? </span><span style="color: #000000;">Tout ceci s’affiche avec un sérieux et une majesté assumés, jusque sur le trône au besoin, où de charmants piafs bleus soulèvent la cape royale pour faciliter l’auguste transit. Trash… et judicieux, pour ne pas dire rafraîchissant. </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Marre des figures hautaines ou sanctifiées qui n’ont rien à voir avec la réalité mais qu’on nous vend comme des modèles. Loiaza percute ces images idéales pour montrer combien elles sont incompatibles avec le concret. Le merveilleux y laisse pas mal de plumes, que le bon sens récupère. Et au passage, on s’offre une vision acerbe sur une modernité pathétique, qui nous enferme dans un vide existentiel sidéral.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus, consultez les comptes <a href="https://www.facebook.com/ARTRodolfoLoaiza.O/" target="_blank" rel="noopener">Facebook</a>, <a href="https://www.instagram.com/rodolfoloaiza/?hl=fr" target="_blank" rel="noopener">Instagram</a> et <a href="https://www.flickr.com/photos/rodolfo_loaiza/" target="_blank" rel="noopener">Flickr</a> de l&rsquo;artiste Jose Rodolfo Loaiza Ontiveros.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="border-radius: 2px; text-indent: 20px; width: auto; padding: 0px 4px 0px 0px; text-align: center; font: bold 11px/20px 'Helvetica Neue',Helvetica,sans-serif; color: #ffffff; background: #bd081c no-repeat scroll 3px 50% / 14px 14px; position: absolute; opacity: 1; z-index: 8675309; display: none; cursor: pointer; top: 20px; left: 20px;">Enregistrer</span></p>
<p><span style="border-radius: 2px; text-indent: 20px; width: auto; padding: 0px 4px 0px 0px; text-align: center; font: bold 11px/20px 'Helvetica Neue',Helvetica,sans-serif; color: #ffffff; background: #bd081c no-repeat scroll 3px 50% / 14px 14px; position: absolute; opacity: 1; z-index: 8675309; display: none; cursor: pointer;">Enregistrer</span></p>
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		<title>Appropriate Adult : une plongée saisissante dans la psyché d’un tueur</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-appropriate-adult/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jan 2022 14:21:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34569</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans la longue et horrifique litanie des tueurs en série britanniques, le couple West occupe une place de choix, avec à son actif une douzaine de meurtres (peut-être plus) absolument sordides commis sur des jeunes femmes sans défense, parmi elles une de leurs filles. Viols, tortures, mutilations, démembrements, les médias anglais ont détaillé par le menu les méfaits de «the Gloucester serial murders », inscrivant ce binôme maléfique au panthéon...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/serie-appropriate-adult/">Appropriate Adult : une plongée saisissante dans la psyché d’un tueur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34570 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt.jpg" alt="affiche de la mini série Appropriate adult" width="485" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt.jpg 485w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt-233x288.jpg 233w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/20304057_opt-399x494.jpg 399w" sizes="auto, (max-width: 485px) 100vw, 485px" /></a></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Dans la longue et horrifique litanie des <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie" target="_blank" rel="noopener">tueurs en série</a> britanniques, le couple West occupe une place de choix, avec à son actif une douzaine de meurtres (peut-être plus) absolument sordides commis sur des jeunes femmes sans défense, parmi elles une de leurs filles. Viols, tortures, mutilations, démembrements, les médias anglais ont détaillé par le menu les méfaits de «the Gloucester serial murders », inscrivant ce binôme maléfique au panthéon des meurtriers les plus ignobles… et sur la liste du producteur exécutif d’ITV Jeff Pope qui s’en inspira pour initier le saisissant <i>Appropriate Adult</i>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Appropriate Adult | Trailer | Encore | ITV" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/8FX3ze2u7W0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt;"><b>Un sujet d’une rare noirceur</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Appropriate adult : propre à la législation anglaise, cette expression désigne un proche parent, un tuteur, un travailleur social ou toute personne majeure chargée d’assister un enfant ou un adulte vulnérable interrogé par la police. C’est donc du point de vue de Janet Leach que la mini série scénarisée par Neil McKay et réalisée par Julian Jarrold aborde un sujet d’une rare noirceur. Sans aucune expérience, ignorante de ce qui l’attend, cette mère de cinq enfants, divorcée, vivant avec un compagnon bipolaire ingérable, est bombardée « appropriate adult » bénévole d’un Fred West tout juste arrêté pour le meurtre de sa fille, mais particulièrement retors face aux questions des enquêteurs.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Un lien va progressivement se tisser entre cet homme dont on ne sait s&rsquo;il est réellement attardé ou s’il feint ce handicap pour mieux tromper son monde et cette femme totalement dépassée par les horreurs qu’elle découvre au quotidien, tandis que West en fait sa confidente. Un lien de confiance, un lien affectif dont les policiers vont user pour obtenir les aveux d’un criminel abject. La pauvre Jane accepte ce rôle qui va la conduire aux portes de la folie, tandis que les époux West se jettent à la face et par avocats interposés la responsabilité des atrocités commises. Qui était l’âme de cette démence meurtrière, qui en était le bras ? Pour clarifier leur approche, les limiers envoient Jane en première ligne sans trop de scrupule.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="L9t1UsIJFM"><p><a href="https://www.theartchemists.com/rillington-place-reg-christie-lintimite-dun-etrangleur/">Rillington Place : « Reg » Christie, l’intimité d’un étrangleur</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Rillington Place : « Reg » Christie, l’intimité d’un étrangleur » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/rillington-place-reg-christie-lintimite-dun-etrangleur/embed/#?secret=e1aIor8PJB#?secret=L9t1UsIJFM" data-secret="L9t1UsIJFM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif;"><b>Privilégier la violence psychologique</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Et nous aussi par la même occasion, qui nous identifions à cette « appropriate adult » aspirée par une spirale de violence inimaginable tandis qu’elle parcourt les scènes de crime, qu’elle assiste à l’exhumation des dépouilles, qu’elle écoute West lui raconter chaque assassinat en détail, se lamentant au passage sur la froideur de son épouse et complice. Pour incarner Jane, une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=emily+watson" target="_blank" rel="noopener">Emily Watson</a> bouleversante de fragilité et de volonté ; face à elle, un Dominic West inquiétant, rusé, dont on n’arrive jamais à déterminer les pensées. Le duo fut récompensé pour cette interprétation de haut vol, ce dialogue de mort qui conduira l’un au suicide, l’autre au syndrome post-traumatique.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Une histoire vraie, vécue, subie par des êtres humains, qui complète deux précédentes productions dédiées aux grands meurtriers anglais du XXeme siècle  <i>This Is Personal: The Hunt for the Yorkshire Ripper</i> et <i>See No Evil: The Moors Murders,</i> précède d’autres épisodes comme <a href="https://www.theartchemists.com/serie-pembrokeshire-murders/" target="_blank" rel="noopener"><i>The Pembrokshire murders</i></a> et <a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/" target="_blank" rel="noopener"><i>Des</i></a>. Toujours la même recette : </span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">réduire au maximum les séquences spectaculaires de meurtres, pas de sang, pas d’autopsies en direct ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">préférer le récit des actes, l’impact des mots, les allusions soulignées par des cadrages, des clichés ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">privilégier la violence psychologique des rapports, se concentrer sur ce jeu du chat et de la souris que les accusés instaurent avec les enquêteurs ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">questionner les moyens alloués par l’état pour mener ces investigations, l’arsenal légal à disposition, souvent inadapté.</span></li>
</ul>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QsjgpbWw4Q"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230; » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/embed/#?secret=nTHnNbxK7R#?secret=QsjgpbWw4Q" data-secret="QsjgpbWw4Q" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt;"><b>Explorer la logique d’une emprise</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">En l’état, et quand on connaît le fonctionnement mental des tueurs en série, la rencontre entre Jane Leach et Fred West n’aurait jamais dû avoir lieu. Cette dernière demeure marquée à vie par une expérience que même les policiers les plus aguerris redoutent. C’est tout l’intérêt de la série <i>Appropriate Adult</i> que d’explorer cette emprise, sa logique, les phases de sa mise en place, les rouages affectifs dont use West pour hypnotiser cette victime psychique qu’il va proprement vampiriser. Le scénario donne en fait à voir la manière dont West et sa femme opéraient pour assujettir leurs victimes, les amener à accepter le pire, avant de les liquider sans état d’âme.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Cette démonstration est d’autant plus saisissante que n’importe qui aurait pu se retrouver à la place de Jane Leach et subir ce traitement. À ce titre, <i>Appropriate adult</i> se situe au niveau d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mindhunter" target="_blank" rel="noopener"><i>Mindhunter</i></a> par la qualité de son analyse, la précision de son observation, sa parfaite tenue, sa construction, la gestion d’une tension en constante hausse que l’héroïne accepte de subir malgré les risques qu’elle devine. Vous désirez plonger dans la psyché d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> ? Regardez <i>Appropriate adult</i>, vous allez non seulement comprendre, mais aussi ressentir. Et vous n’allez pas du tout aimer, mais vous irez jusqu’au bout.</span></p>
<p align="justify">
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