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	<title>eva ionesco</title>
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		<title>« Grand Amour » d’Eva Ionesco : un ange sur les marches du Palace</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/eva-ionesco-grand-amour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2025 15:36:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après Innocence et Les Enfants de la nuit, Eva Ionesco accouche d’un magnifique Grand Amour qui clôt le triptyque consacré à son enfance martyre. Au cœur de ce récit aux accents poétiques poignants, Charles, apparu dans les dernières lignes de l’opus précédent, un ange posé sur les marches du Palace. Une voie vers l’émancipation C’est là qu’on le retrouve, au début de ce conte amoureux d’une grande fraîcheur. Fraîcheur qui...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="377" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-grand-amour-eva-ionesco.jpg" alt="" class="wp-image-38141" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-grand-amour-eva-ionesco.jpg 377w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-grand-amour-eva-ionesco-181x288.jpg 181w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-grand-amour-eva-ionesco-310x494.jpg 310w" sizes="(max-width: 377px) 100vw, 377px" /></figure>



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<p>Après <em><a href="https://www.theartchemists.com/eva-ionesco-innocence-alice-au-pays-des-tourments/">Innocence</a></em> et <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-les-enfants-de-la-nuit-eva-ionesco/">Les Enfants de la nuit</a></em>, <a href="https://www.instagram.com/ionescoeva/">Eva Ionesco</a> accouche d’un magnifique <em>Grand Amour</em> qui clôt le triptyque consacré à son enfance martyre. Au cœur de ce récit aux accents poétiques poignants, Charles, apparu dans les dernières lignes de l’opus précédent, un ange posé sur les marches du Palace.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une voie vers l’émancipation</h2>



<p>C’est là qu’on le retrouve, au début de ce conte amoureux d’une grande fraîcheur. Fraîcheur qui tranche avec le cynisme des romans précédents, comme une preuve littéraire de rédemption en marche. Car c’est ce que <a href="https://www.instagram.com/serruyacharles/?hl=fr">Charles Serruya</a> fut et fit : un ange œuvrant sans répit et avec une loyauté sans faille à la rédemption de la petite Eve souillée depuis le berceau par la folie d’une mère ogresse.</p>



<p>Cette dernière ici s’estompe, distancée, écartée par la lumière de cet amour si pur, si vrai, si fort. Un amour qui se déploie dans un Paris nocturne voué à la fête et aux excès&nbsp;; malgré la drogue, malgré les passages en centre de placement pour mineurs de la DDASS, cet amour tient, se renforce, se construit. Non comme un avenir mais comme une voie vers l’émancipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paul et Virginie à l’heure du clubbing triomphant</h2>



<p>Une passerelle vers la liberté, une parenthèse enchantée, éphémère mais durable, immuable. De page en page, Eva, adolescente de treize ans, cautérise ses plaies d’enfance sous l’oeil attendri d’Eva adulte. Un œil attendri certes mais toujours aussi précis&nbsp;: les souvenirs s’enchaînent qui racontent cette passion lumineuse et donnent à voir l’univers si particulier des fiestas d’alors.</p>



<p>Christian Louboutin, Edwige, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=alain+pacadis">Alain Pacadis</a>, Pierre et Gilles, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=lagerfeld">Lagerfeld</a>, Paquita… tous se croisent, échangent, créent, se disputent, se cament, font les fous, tandis qu’au premier plan Eva et Charles s’aiment. Rien de sordide dans leur relation, ce ne sont pas des doublons de Sid et Nancy, mais leurs opposés. Quelque chose de Paul et Virginie à l’heure du clubbing triomphant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire patte de velours</h2>



<p>Deux ovnis qui se rencontrent et fusionnent, avec en partage le goût pour la poésie, la grande littérature, le cinéma d’auteurs, la musique rock et les folles soirées sur les dancefloors. Une fois de plus, on est frappé par la maturité de cette gamine grandie trop vite et qui galope après une pureté enfantine qu’elle ne retrouvera jamais, parce qu’on l’en a privée à peine venue au monde.</p>



<p>Mature, lucide, femme dans un corps d’adolescente pulpeuse, Eva face à Charles perd de sa brutalité, son langage s’adoucit, la petite harpie qui crachait son venin pour se protéger de sa mère et du monde fait ici patte de velours, se love contre ce garçon qu’elle considère comme son homme, et découvre les merveilles du monde, Venise, New-York, l’Égypte &#8230; et puis Paris.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Zones de protection</h2>



<p>L’autre grand amour d’Eva. Paris, ses rues, ses nuits, son souffle, son rythme, sa respiration. Eva Ionesco a une manière unique de décrire ce Paris qu’elle adore, dont elle connaît chaque rue, chaque quartier et qui pourtant n’a jamais cessé de la surprendre, de l’émerveiller, aujourd’hui encore. L’amant et la ville ici se confondent, comme deux zones de protection, deux safe spaces.</p>



<p>Des espaces de vie, où évolue la femme adulte et la petite fille blessée qui sommeille toujours en elle. Des espaces de résilience également, que l’autrice chérit avec tendresse, sacralise. Charles, toujours demeurera ce grand amour salvateur, cet ange protecteur, ce regard qui sécurise, encourage. Aujourd’hui encore, en dépit du temps qui passe, des séparations, il est là, présent. Complice.</p>



<p>Cette complicité amoureuse qui perdure quand les sentiments se transforment, c’est ce qu’Eva Ionesco arrive à transmettre à demi mot, subtilement. Après la violence à l’oeuvre dans les deux premiers tomes de son autobiographie, <em>Grand Amour</em> s’impose comme un moment de très grande douceur, de réconciliation, un instant de grâce simple et magique à la fois, qui échappe à la niaiserie des faux sentiments, des attirances factices pour interroger ce qui fait la puissance d’un attachement sincère.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>The White Lotus : la série qui vous fera aimer le camping… ou pas !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/the-white-lotus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 08:01:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-The-White-Lotus.jpg" alt="" class="wp-image-37972" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-The-White-Lotus.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-The-White-Lotus-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-The-White-Lotus-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Ouais, je sais, c’est très con comme titre, mais franchement, c’est ce qui m’est venu à l’esprit en bouclant le binge watching des trois saisons de <em>The White Lotus</em>. Et quel binge watching, mes aïeuls  ! Je l’ai dévorée, cette série, les trois saisons en enfilade. L’anti <em>Camping</em>, rien à voir avec Les Flots bleus chers à Onteniente, où on s’aime, on s’engueule, on se réconcilie autour d’un apéro et de bonnes valeurs de partage et d’égalité devant l’adversité. Non, avec <em>The White Lotus,</em> on plonge direct dans une piscine de venin. Un venin doux, perfide, mais d’une redoutable efficacité. La série ne porte pas ce nom par hasard. Un personnage de la première saison fait justement allusion aux Lotophages, ce peuple cité dans l’Odyssée et qui sombre dans l’oubli à force d’ingérer une boisson à base de lotus. Le showrunner Mike White ne faisant jamais rien pour rien, la référence est loin d’être un accident, elle offre même une grille de lecture mordante de cette comédie humaine 5.0. Mordante jusqu’à l&rsquo;absurdité la plus totale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Cadre paradisiaque et satire sociale</h2>



<p>On connaît l’origine covidienne de la série. En pleine pandémie, HBO sollicite Mike White pour créer une série à tourner dans un lieu confiné. Quoi de mieux qu’un hôtel, où de par le monde s’entassent alors des centaines de touristes mis en quarantaine ? Inspiré par la cocasserie de la chose, White prend sa plus belle plume (la plus acérée du reste) pour accoucher de la première saison de <em>The White Lotus</em>. The White Lotus : un palace de très très grand luxe, à Maui, où débarquent plusieurs clients issus de la jet set américaine. Richissimes, insupportables, paumés. Des gosses mal élevés et capricieux.</p>



<p>Un couple de jeunes mariés qui sont loin d’être en osmose pour leur lune de miel, une famille en pleine déliquescence, une célibataire quinquagénaire, bardée de millions et dépressive. Tout ce petit monde compte bien savourer une semaine de repos dans un cadre paradisiaque. Mais White va faire en sorte que cela tourne au cauchemar, avec en perspective une satire sociale féroce qui décortique les dynamiques de pouvoir et les tensions sociales de ces clients fortunés avec un personnel hôtelier pour le moins exploité.​</p>



<h2 class="wp-block-heading">Success stories à vomir</h2>



<p>Le cadre est posé, le schéma se décline sur les trois saisons avec une régularité de métronome et le plein de péripéties et de frissons. Pas de surprise sur l’issue du séjour ; à chaque fois, on débute par la résultante du désastre : cercueil, cadavres, fusillade. D’emblée, White annonce la couleur, funèbre. Reste à savoir comment le paradis se transforme en enfer. C’est l’objet des épisodes que d’opérer un méticuleux flashback, tissant ainsi la chronique pour le moins corrosive d’un cataclysme annoncé.</p>



<p>Shakespearien n’est-ce pas ? Surtout très balzacien. Ce curieux mélange, cru et sans complexe, est saupoudré de sexe, de stress, d’anxiolytiques, de cocktails et de fruits (observez les assiettes, ces carnassiers sociaux se gavent de fruits à longueur de repas, dans la plus totale ignorance de la gastronomie propre aux restaurants de ces palaces étoilés). Beaucoup de promesses, beaucoup de mensonges, de l’égoïsme à la pelle, pour un portrait sans concession de millionnaires incarnant des success stories modernes à vomir. Et cela monte en puissance sur les saisons 2 et 3, qui ont lieu en Sicile puis en Thaïlande.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The White Lotus | Bande-annonce officielle (VOST)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/pPCvu2wEWI4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une jungle cernée par la mer</h2>



<p>Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Les personnages façonnés par White sont imbuvables, pitoyables, trop vaches, trop naïfs et vides, incroyablement vides. Antipathiques au possible pour certains, empathiques jusqu’à la nausée pour d’autres. C’est à celui qui bouffera l’autre, dans cette atmosphère faussement cossue où les coups bas se font en douce et dans le dos. Ignoble et difficile à avaler, poignant parfois, désolant toujours. Une jungle cernée par la mer, symbole du cycle inexorable de la vie et de la mort, de la nature toute-puissante.</p>



<p>Certains s’en sortiront, d’autres pas. Chacun.e repart de son séjour avec quelque chose en plus ou en moins, c’est selon. L’amour, le deuil, la liberté, la misère, la richesse, la sagesse, la folie, le détachement, l’inquiétude… En tout cas, les valeurs de base en ressortent ébranlées, fissurées, dynamitées. Séjourner dans un palace White Lotus, c’est à coup sûr se soumettre à une initiation qui ne dit pas son nom, mais qui sera cinglante et laissera des traces.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Profils à couteaux tirés</h2>



<p>Et les stars d’abonder dans ce décor de rêve pour prêter leur visage à ces profils à couteaux tirés : impossible de tous les citer, les castings de chaque saison sont monumentaux. On gardera en tête Jennifer Coolidge, odieuse et touchante, Aimee Lou Wood et Walton Coggins, couple improbable et fusionnel, Jason Isaacs bourré de tranquillisants, Sam Rockwell parti en free style dans un couloir d’hôtel, Murray Bartlett en petite tenue et coquine compagnie dans son bureau, Natasha Rothwell corsetée dans ses principes…</p>



<p>Toutes et tous apportent leur <em>personal touch</em> à cette fresque déjantée, parfaite expression de l’ironie de la vie. Un équilibre délicat, une construction improbable, mais solide, où les plans de toute beauté dialoguent avec les séquences les plus scabreuses en parfaite harmonie. Comme si le retour à un paradis sublimé déchaînait la bête qui sommeille en chacun.e de nous. Tel un avertissement, le générique prend aux tripes, ponctué par une musique qui vous bouffe les méninges. Cristóbal Tapia de Veer signe là une compo unique en son genre, qui s’enroule autour de vous comme un boa constrictor et ne va pas vous lâcher les synapses de si tôt.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The White Lotus | Teaser Officiel (VOST)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Bhr0U977oMg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Incroyable contradiction</h2>



<p>Tout comme le souvenir de ces histoires aussi sordides que magnifiques, ces instants d’héroïsme ou de lâcheté, ces éclairs de bonté, ces secondes d’orgueil. Hautement philosophique… et trompeur. Tout le monde ne percevra pas la saveur piquante de ces contes morbides. Incroyable contradiction qui reflète l’aveuglement ambiant à l’ère de l’instagrammable way of life : critique acerbe du tourisme de luxe et des privilèges des élites, <em>The White Lotus</em> s’est paradoxalement imposée comme une vitrine de choix pour les marques de luxe, suscitant ainsi le débat sur la cohérence entre son message et sa présentation.​</p>



<p>Comme l’explique le site <a href="https://www.danstapub.com/white-lotus-effect-serie-boost-marques-luxe-voyage/?utm_source=chatgpt.com#google_vignette">Dans ta pub</a>, les hôtels accueillant chaque saison ont fait le plein suite à la diffusion des épisodes, ainsi le San Domenico Palace à Taormine qui affiche désormais complet pour de longs mois. La robe Dolce &amp; Gabbana portée par Jennifer Coolidge dans la saison 2 a vu ses recherches en ligne augmenter de 150 % après la diffusion de l&rsquo;épisode correspondant. De même, des marques comme Gucci et Jacquemus ont bénéficié d&rsquo;une exposition significative grâce aux tenues arborées par les acteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Foutage de gueule ? Cynisme assumé ?</h2>



<p>Bref, le placement produit dans <em>The White Lotus</em> a le vent en poupe, relayé avec fracas dans les magazines comme <em>Vogue.</em> Et que dire des produits dérivés ! Les collaborations commerciales se succèdent : ainsi, <a href="https://pagesix.com/2025/02/04/style/shop-the-bloomingdales-white-lotus-collab-before-the-season-3-premiere/?utm_source=chatgpt.com">Bloomingdale&rsquo;s</a> a lancé une collection capsule de 34 pièces en partenariat avec la série, comprenant des vêtements et accessoires inspirés de son esthétique.​ On imagine les profits réalisés par les producteurs qui ont monnayé ces placements produits, ces partenariats trop nombreux pour être ici répertoriés sans tomber dans l’inventaire à la Prévert.</p>



<p>Pourtant, cette mise en avant du luxe a de quoi interroger, non&nbsp;? Le message de la série, qui dénonce clairement les excès liés à la richesse, ce déversement de luxe presque grotesque, contredisent cette politique publicitaire intense. D’un côté, critiquer avec virulence le consumérisme et les privilèges, de l’autre, les promouvoir de la façon la plus dynamique qui soit. Contradiction&nbsp;? Foutage de gueule&nbsp;? Cynisme assumé&nbsp;? Selon certains analystes, cette dualité refléterait le caractère paradoxal de la société contemporaine piégée entre adulation et critique du monde du luxe, dixit le <a href="https://www.latimes.com/entertainment-arts/tv/story/2025-03-03/the-white-lotus-season-3-tourism-marketing-thailand?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Los Angeles Times</a>.​ A moins que White, malicieux, joue la carte de l’absurde à la Ionesco, histoire de piéger même son public.</p>



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<p>Étonnant, pour ne pas dire inquiétant. Car, à moins d’être complètement décérébré, on ressort des trois saisons de <em>The White Lotus</em> avec un goût particulièrement ignoble en bouche, le sentiment d’être face à une fin de règne, l’écroulement d’un monde. Et on n’a pas envie d’en faire partie, de participer à ce jeu de massacre sur fond de luxe tapageur et rance. Surtout, surtout pas.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 10:02:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37718</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&#8217;œuvre de Molière par feu Claude Stratz dépoussière largement Le Malade imaginaire, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire menée bille en tête par la troupe de la Comédie-Française, qui, comme à son habitude,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&rsquo;œuvre de Molière par feu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Stratz">Claude Stratz</a> dépoussière largement <em>Le Malade imaginaire</em>, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire menée bille en tête par la troupe de la <a href="https://www.comedie-francaise.fr/">Comédie-Française</a>, qui, comme à son habitude, réalise ici un sans-faute.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Malade imaginaire — Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gkejez5U2JM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De la peur à l’anxiété</h2>



<p>Le Malade imaginaire, nous avons déjà eu l’occasion d’en parler précédemment&nbsp;: <em>«&nbsp;Satire décapante et un brin scatologique des pratiques médicales de l’époque, la pièce est aussi une exploration des peurs et des obsessions humaines, comme seul Molière est capable d’en écrire une&nbsp;» </em>expliquions-nous dans l’article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">«&nbsp;Le Malade imaginaire de Molière : autopsie d’un mythe dramaturgique&nbsp;»</a>.</p>



<p>Ce sont justement ces peurs qui prennent possession du plateau dans la mise en scène emblématique de Stratz, datée de 2001, depuis jouée plus de 500 fois, inscrite dans les tablettes de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=com%C3%A9die-fran%C3%A7aise">Comédie-Française</a>. Ces peurs tournent à l’anxiété latente pour un Argan persuadé qu’il porte la mort en lui, au point de se détourner de son entourage, de le violenter constamment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pure émanation de Beckett ou Ionesco</h2>



<p>Dans un décor rongé qui laisse entrevoir des splendeurs passées, ce anti-héros absolu de l’hypocondrie portée au rang d’art de vivre, se complaît dans un laisser-aller qu’entrecoupent ses crises de colère. Colère qui l’amène à porter la main sur sa petite Louison et d’être persuadé de l’avoir gravement blessée alors que la petite feint un évanouissement, d’où un désespoir notable.</p>



<p>Seul dans sa chaise de malade vermoulue, Argan semble ici échappé d’une comédie sociale de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=goldoni">Goldoni</a> à moins qu’il ne se soit évadé du théâtre de l’absurde. Une pure émanation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=samuel+beckett">Beckett</a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=eug%C3%A8ne+ionesco">Ionesco</a>, Hamm de <em>Fin de partie</em>, Bérenger Ier dans <em>Le Roi se meurt</em>. Terriblement fragile, perdu, riche certes, mais faible et manipulable&nbsp;: par ses médecins, par sa femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une biche au milieu des fauves&nbsp;?</h2>



<p>Une biche au milieu des fauves&nbsp;? Il faudra le traitement de choc de Toinette, la servante fidèle et ingénieuse qui veille au grain sur les intérêts de cette petite famille qu’elle considère sienne, pour remettre un peu d’ordre dans la cervelle de notre malade imaginaire. Les enjeux sont énormes.</p>



<p>Il s’agit de l’empêcher de ruiner l’avenir sentimental de sa fille aînée Angélique par un mariage inapproprié avec Diafoirus junior, d’éviter la dilapidation de sa fortune par don à une épouse ingrate, des médecins avides et un brin escrocs. Et cela, la mise en scène de Stratz le met particulièrement en évidence au point d’en gêner le spectateur qui rit jaune aux facéties de toute cette smala.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le spectre de la Covid</h2>



<p>Car plane au-dessus de la version 2020 le spectre de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid">Covid</a> qui s’invite bien évidemment à la fête. Et donne une coloration encore plus morbide à la pièce. Masqués, les acteurs jonglent avec le virus, l’atmosphère de panique et d’incrédulité qui règne alors. Qui des politiques, des médecins, des influenceurs a raison&nbsp;? Qui faut-il croire&nbsp;? Que faire&nbsp;? Comment se protéger&nbsp;? Comment se soigner&nbsp;?</p>



<p>À la lumière de la pandémie, le discours moliéresque se tente d’autres nuances&nbsp;: les tentatives de Béralde, l’honnête homme équilibré par excellence, pour raisonner son frère, résonnent par moment comme une sorte de théorie complotiste, un discours antivax déplacé. Le régime prescrit initialement à Argan par Purgon s’avère somme toute équilibré et sage (viandes blanches, moins de vin), alors que Toinette lui propose bœuf, gras et alcool.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-cdf13b36561ad95f741be5423435c671" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/pieces-incontournables-moliere-comedie-francaise/">Les incontournables de Molière&nbsp;par la Comédie Française&nbsp;: le clivage des êtres&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/biographie-moliere-george-forestier/">Molière&nbsp;: George Forestier dépoussière la vie du «&nbsp;peintre&nbsp;»</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir médecin soi-même&nbsp;?</h2>



<p>Argan n’en est que plus perdu et nous avec. Manipulé, trompé, Argan, magistralement interprété par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Guillaume+Gallienne">Guillaume Gallienne</a> qui lui prête sa douceur, sa vibration intérieure, son émotivité, fait écho à notre propre perplexité. Qui croire, vers qui se tourner, quand on est noyé dans les injonctions contradictoires, les informations douteuses, les contre-vérités, diffusées en continu par les médias, les réseaux sociaux&nbsp;?</p>



<p>Devenir médecin soi-même&nbsp;? Même l’intronisation burlesque d’Argan au terme de la pièce perd ici son caractère grotesque, soulignant l’atrocité de la situation. Dépourvus que nous sommes d’interlocuteurs fiables, c’est à nous d’aller chercher le savoir comme nous le pouvons, avec les moyens du bord. Faire acte d’esprit critique sera-t-il possible&nbsp;? Cela reste à voir.&nbsp;Mais pour sûr, après avoir vu ce spectacle, vous l’aurez compris&nbsp;: nous sommes aujourd’hui tous susceptibles d’être des malades imaginaires.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Une affaire très française &#8211; La Prédation : histoires d&#8217;abus au cœur du cinéma français</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livres-predation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Dec 2024 12:50:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>#meetoo : un hashtag, une expression, et derrière tant de souffrances tues, de douleurs ravalées, dont on n&#8217;imagine guère l&#8217;intensité et la profondeur, si soi-même, on n&#8217;a pas subi le harcèlement. Et puis il y a le point de vue de l&#8217;agresseur : qu&#8217;est-ce qui fait vriller, jusqu&#8217;où ? Pourquoi dans un cas comme l&#8217;autre, est-ce intolérable ? C&#8217;est ici que la lecture croisée d&#8217;Une affaire très française de Raphaëlle...</p>
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<p>#meetoo : un hashtag, une expression, et derrière tant de souffrances tues, de douleurs ravalées, dont on n&rsquo;imagine guère l&rsquo;intensité et la profondeur, si soi-même, on n&rsquo;a pas subi le harcèlement. Et puis il y a le point de vue de l&rsquo;agresseur : qu&rsquo;est-ce qui fait vriller, jusqu&rsquo;où ? Pourquoi dans un cas comme l&rsquo;autre, est-ce intolérable ? C&rsquo;est ici que la lecture croisée d&rsquo;<em>Une affaire très française</em> de Raphaëlle Bacqué et Samuel Blumenfeld, et <em>La Prédation</em> de Caroline Ducey s&rsquo;avère particulièrement appropriée et évocatrice. D&rsquo;un côté, le parcours d&rsquo;un acteur français célèbre pour ses rôles, sa faconde et ses manières pour le moins lestes, de l&rsquo;autre une actrice violée durant une scène tournée par une réalisatrice et qui jamais ne s&rsquo;en est remis. Au final : deux perspectives saisissantes sur les abus de pouvoir, les dérives dans le milieu du cinéma français, les traumatismes occasionnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Une affaire très française</em></h2>



<p>Publié en mars 2024, ce livre d&rsquo;enquête retrace l&rsquo;ascension fulgurante, la carrière solaire et la chute de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Depardieu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gérard Depardieu</a>, figure emblématique, monstre sacré du cinéma français. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=raphaelle+bacqu%C3%A9">Raphaëlle Bacqué</a> et Samuel Blumenfeld relatent cette trajectoire par le menu, avec un style enlevé et accrocheur, jamais racoleur cependant. Ils dévoilent des incidents longtemps tus, des scandales étouffés, l&rsquo;aveuglement complice du milieu cinématographique face aux comportements problématiques d&rsquo;un comédien qui flirte avec les limites du convenable, n&rsquo;a que faire du consentement.</p>



<p>Les deux auteurs explorent par ailleurs ses relations controversées avec des figures politiques internationales plus que douteuses, offrant ainsi un tableau sidérant d&rsquo;une carrière à la fois flamboyante et particulièrement borderline. L&rsquo;industrie du cinéma n&rsquo;en sort guère grandie qui tolère, ferme les yeux, tandis que jeunes actrices et petites mains des tournages subissent les assauts et les insultes de la star. C&rsquo;est cette condescendance notamment qui frappe les esprits, laisse le lecteur abasourdi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>La Prédation</em></h2>



<p>Avec<em> La Prédation</em>, nous changeons de point de vue pour embrasser celui de la victime. Dans cet essai autobiographique publié en août 2024, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Ducey" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Caroline Ducey</a> revient sur le tournage du film <em>Romance</em> (1999) de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Breillat" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Catherine Breillat</a>. Elle y révèle avoir subi une agression sexuelle lors d&rsquo;une scène, accusant la réalisatrice d&rsquo;avoir orchestré cette violence pour le bien de son film, la mise en valeur de son propos. Ducey décrit notamment comment ses préoccupations concernant des scènes explicites ont été minimisées, menant à une expérience traumatisante où des actes non consentis ont été filmés.</p>



<p>Elle souligne également la manipulation et la pression exercées pour la convaincre de participer à des scènes non prévues contractuellement, les conséquences terribles du choc subi, la descente aux enfers de la drogue, la lente remontée vers la lumière. Une carrière d&rsquo;actrice désormais indissociable de la scène traumatique en question, l&rsquo;obligation de se tourner vers d&rsquo;autres activités, l&rsquo;écriture surtout, salvatrice. Difficile de rester de marbre en parcourant ces lignes, de ne pas penser à <a href="https://www.theartchemists.com/maria-schneider-hommage-biographique/">Maria Schneider</a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=eva+ionesco">Eva Ionesco</a>, deux autres victimes de cette mentalité du « tout pour l&rsquo;oeuvre » qui écrase les individus comme un rouleau compresseur.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-5fb4603a1d6b15c8e76462c159e3f328" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/affaire-johnny-depp-amber-heard/">La fabrique du mensonge – Affaire Johnny Depp – Amber Heard : autopsie d’un lynchage orchestré</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Bien que distincts dans leur approche, ces deux livres mettent en lumière de véritables abus de pouvoir, totalement banalisés au cœur de l&rsquo;industrie du cinéma français. Analyse journalistique ou témoignage personnel, chaque ouvrage explore la vulnérabilité des femmes au sein de cet univers qui ne protège pas, ne soutient jamais, si ce n&rsquo;est les agresseurs dont la célébrité sert de bouclier. <em>Une affaire très française</em> et <em>La Prédation </em>donnent à voir les mécanismes qui favorisent les abus dans l&rsquo;industrie cinématographique ; ce faisant, les deux ouvrages soulignent l&rsquo;urgence de briser le silence, de changer les comportements et les mentalités, et pas seulement dans ce microcosme spécifique, mais à l&rsquo;échelle de notre société dans sa globalité.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Alain Pacadis, de la bio au roman : portrait d&#8217;un journaliste punk et gonzo à la française</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/alain-pacadis-de-la-bio-au-roman-portrait-dun-journaliste-punk-et-gonzo-a-la-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Nov 2024 18:29:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On le croise dans les pages des romans d&#8217;Eva Ionesco ou Patrice Eudeline, qui étaient ses amis. On l&#8217;aperçoit de loin en loin dans le documentaire Des jeunes gens mödernes. En son temps, Alain « Paca » Pacadis fit plus que défrayer la chronique ; il en rédigea le cours, dans les rubriques de Actuel ou Libé, entre autres, avec une plume inspirée d&#8217;adepte du gonzo. Camé jusqu&#8217;à l&#8217;os, alcoolisé jusqu&#8217;aux cheveux,...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-livres-sur-Alain-pacadis.jpg" alt="" class="wp-image-37559" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-livres-sur-Alain-pacadis.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-livres-sur-Alain-pacadis-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-livres-sur-Alain-pacadis-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On le croise dans les pages des romans d&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=eva+ionesco">Eva Ionesco</a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=eudeline">Patrice Eudeline</a>, qui étaient ses amis. On l&rsquo;aperçoit de loin en loin dans le documentaire <em><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-jeunes-gens-modernes/">Des jeunes gens mödernes</a></em>. En son temps, Alain « Paca » Pacadis fit plus que défrayer la chronique ; il en rédigea le cours, dans les rubriques de <em>Actuel</em> ou <em>Libé</em>, entre autres, avec une plume inspirée d&rsquo;adepte du gonzo. Camé jusqu&rsquo;à l&rsquo;os, alcoolisé jusqu&rsquo;aux cheveux, ce proto punk au visage ravagé a traîné sa longue silhouette dégingandée jusque dans les soirées du Palace, s&rsquo;autodétruisant méthodiquement jusqu&rsquo;à l&rsquo;heure d&rsquo;un trépas aussi tragique que mystérieux. Ce parcours hors normes, deux livres le racontent : <em><a href="https://lemotetlereste.com/musiques/alainpacadisnouvelleedition/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alain Pacadis, itinéraire d’un dandy punk</a></em> et <em><a href="https://www.editionslatableronde.fr/alain-pacadis-face-b/9791037112453" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alain Pacadis Face B</a></em>. Deux livres dont il faut croiser la lecture pour une vision plus juste de cette ombre qui n&rsquo;a rien du passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paca n&rsquo;est pas synthétisable</h2>



<p>Qui était Alain Pacadis ? Punk, dandy, journaliste, chroniqueur, homo, drogué, dépressif, suicidaire, intellectuel, mélomane &#8230; Figure incontournable de la scène underground parisienne, Paca n&rsquo;est pas synthétisable, loin s&rsquo;en faut. Celui qui en parle le mieux selon moi, c&rsquo;est Musset : « <em>Regardez-moi ce petit corps maigre, ce lendemain d’orgie ambulant. Regardez-moi ces yeux plombés, ces mains fluettes et maladives, à peine assez fermes pour soutenir un éventail&nbsp;; ce visage morne, qui sourit quelquefois, mais qui n’a pas la force de rire. C’est là un homme à craindre&nbsp;?</em> » En décrivant son Lorenzaccio, Musset avait-il en tête qu&rsquo;il dressait avec un siècle et demi d&rsquo;avance le portrait craché d&rsquo;Alain Pacadis ?</p>



<p>Inspiré par William S.Burroughs, Hunter S. Thompson, Lester Bang et autres chantres de la littérature gonzo, Pacadis a fait exploser les codes du journalisme traditionnel à la française pour ne plus relater mais vivre. Chez lui, pas de séparation nette entre l&rsquo;existence perso et l’écriture. Pacadis <em>vivait</em> ses chroniques de l&rsquo;intérieur et avec passion, traînant dans les clubs, les squats, les afters, les concerts, tout en écrivant des articles qui mélangeaient reportage, poésie punk et journal intime. Défoncé à l&rsquo;extrême, jamais il n&rsquo;a rendu un papier en retard. Lettré, cultivé, curieux, crade, paumé, en quête perpétuelle d&rsquo;amour, de reconnaissance, il avait tout du grand écrivain maudit, made in 70&rsquo;s.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Détecteur de pépites, découvreur de talents</h2>



<p>Pourquoi s&rsquo;y intéresser ? S&rsquo;il ne fut pas au cœur même du générateur, il en observa le cours avec attention, passant le gué des Sixties pour plonger dans le marigot punk avant d&#8217;embrasser la folie des nuits disco. Sa route a croisé celle de nombreuses célébrités, des figures de proue de la nuit parisienne dans ce qu&rsquo;elle avait de plus dingue, de plus créatif, de plus avant-gardiste, de plus jusqu’au-boutiste. Yves Adrien, les Gazolines, Maud Molyneux, Marc Zermati, Jean-François Bizot, les Stinky Toys, Gainsbourg, Fabrice Emaer, on ne les compte plus, ceux qui firent partie de son cercle, qui furent ses proches.</p>



<p>Détecteur de pépites, découvreur de talents : véritable chien truffier musical, Paca va mettre en avant Suicide, Television, les Ramones, porter sur les fonds baptismaux médiatiques une bonne partie de la scène punk française avant de s&rsquo;adonner corps et âme au nichtclubbing, sillonnant nuit après nuit Bataclan, Bains Douches et autre Privilège. Tout cela et un bouquin plus tard, prometteur <em>Un jeune homme chic</em> édité en 1978, on retrouvera son corps étranglé dans un taudis de la rue de Charonne. En pleine épidémie de SIDA, alors que ses potes tombent comme des mouches, Paca une fois de plus se singularise en se faisant buter par son amant d&rsquo;alors.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un héros néo-romantique ?</h2>



<p>Pareil personnage méritait bien de devenir un héros littéraire d&rsquo;envergure néo-romantique. Deux livres lui sont consacrés, qui valent largement le détour, véritables page-turner à compulser en une lecture exaltante et fiévreuse.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Signé Alexis Bernier et François Bruot, <em>Alain Pacadis, Itinéraire d’un dandy punk</em> est publié en 2018 aux éditions <a href="https://lemotetlereste.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Mot et le reste</a>. Objectif : raconter la vie de Paca en le replaçant dans son époque. Biographie précise et prenante, ce bouquin donne à voir, par-delà le destin du journaliste, le Paris underground des années 70-80 avec un luxe de détails, d&rsquo;anecdotes et de références. Débuts dans <em>Libération,</em> nuits passées à écumer les clubs parisiens et autres repaires de la scène alternative : l&rsquo;exposé est vivant, électrique, une porte d’entrée idéale dans une époque prolixe où tout était possible.</li>



<li><em>Alain Pacadis Face B</em> de Charles Salles sorti en 2023 aux <a href="https://www.editionslatableronde.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">éditions La Table ronde</a>, fait de Paca un héros de roman. Lunettes noires, cheveux collants, maigreur d&rsquo;échalas, le journaliste est saisi dès les premières lignes en train de danser sur la piste du Palace. A partir de cette transe, Salles déroule le fil d&rsquo;une vie racontée en mode introspectif,<strong> </strong>celle d&rsquo;un homme emporté, détruit par ses doutes, ses culpabilités, ses angoisses, ses excès, ses addictions. Anticonformiste, perdu dans ses contradictions, poursuivi par la mémoire d&rsquo;une mère vampirique et instable, bref Pacadis from inside, qui embrasse le mouvement punk comme une épiphanie, s’abîmera dans les modanités avant de disparaître de la plus glauque des manières, une nuit de décembre 1986.</li>
</ul>



<p>Électron libre pour sûr. Damné, c&rsquo;est certain. Excentrique, au sens premier du terme. Chaotique, volontairement. Pacadis ne doit pas tomber dans l&rsquo;oubli ; ce serait la misère de trop. Ces deux ouvrages lui rendent hommage sans verser dans l’idolâtrie aveugle. Il s&rsquo;agit plus d&rsquo;interroger une énigme, un talent en perdition, alimenté/rongé par les spectres. Et d&rsquo;ensuite plonger dans ses écrits dont <em>Nightclubbing : Article 1973 &#8211; 1986</em>, publication posthume de ses chroniques pour en goutter toute la douceur amère.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Taxi-Girl 1978-1981 : « Nous avions tout pour nous, mais tout nous manquait. »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/taxi-girl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jul 2024 09:39:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oyez, oyez, braves gens, la chronique d&#8217;une tragédie musicale des temps d&#8217;à peine jadis, quand l’insouciance était faussement dans les cœurs, camouflant une profonde détresse en germe et le non-sens de l&#8217;existence. Le rock alors prenait des nuances synthétiques après le jaillissement spermatique du punk, une grande giclée dans la galaxie artistique, mais quelle giclée ! Dans son sillage fleurirent des groupes emblématiques dont certains survécurent, d&#8217;autres pas : Taxi...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Oyez, oyez, braves gens, la chronique d&rsquo;une tragédie musicale des temps d&rsquo;à peine jadis, quand l’insouciance était faussement dans les cœurs, camouflant une profonde détresse en germe et le non-sens de l&rsquo;existence. Le rock alors prenait des nuances synthétiques après le jaillissement spermatique du punk, une grande giclée dans la galaxie artistique, mais quelle giclée ! Dans son sillage fleurirent des groupes emblématiques dont certains survécurent, d&rsquo;autres pas : Taxi Girl fait partie des disparus au champ d&rsquo;honneur, éphémère pour mieux devenir mythique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le gâchis d&rsquo;un rêve</h2>



<p>C&rsquo;est cette légende dont Mirwais décortique la genèse dans une prose hallucinée et asphyxiante, au fil des pages de ces <a href="https://www.editions-seguier.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mémoires</a>. Et il sait de quoi il parle, vu qu&rsquo;il fut le fondateur de ce groupe maudit à la trajectoire d&rsquo;étoile filante, aux chansons érigées en hymnes de noirceur par les enfants du dark. Dark justement, Daniel, chanteur charismatique, rongé de came, à la poésie corrosive, au phrasé désincarné, ange destructeur et paumé, au même titre que Pierre, Laurent, Stéphane. La drogue et l&rsquo;ennui les emporteront, agneaux perdus dans la bergerie d&rsquo;une industrie musicale qui va les écorcher sans pitié.</p>



<p>Cela, Mirwais le raconte aussi, avec une amertume toujours vive, des regrets, peut-être aussi des remords. Une forme de fatalité également, de l&rsquo;incompréhension qu&rsquo;il cherche à dissoudre tandis qu&rsquo;il égrène des souvenirs peu agréables. Car l&rsquo;épopée de Taxi-Girl ne fut pas une partie de plaisir : les affrontements, les coups bas, les trahisons furent monnaie courante, accouchant de querelles musclées, de fric et de gonzesses qu&rsquo;on se pique, de railleries mordantes, de mépris immatures et d&rsquo;ironies fielleuses. Mirwais n&rsquo;en cache rien, évoquant par ailleurs son dégoût face au gâchis d&rsquo;un rêve.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le socle d&rsquo;un parcours d&rsquo;artiste</h2>



<p>Car ce groupe, il en rêvait, c&rsquo;était pour lui une porte de sortie, une échappatoire, une voie parallèle vers l&rsquo;émancipation : fuir ses origines, la platitude de la vie, le manque de perspectives, d&rsquo;ambition. Des diplômes, un job, une femme, des enfants, une maison, des traites&#8230; très peu pour lui. Son truc, c&rsquo;était jouer de la guitare. Pas l&rsquo;instrument le plus mis en avant dans l&rsquo;univers mélodique de Taxi Girl saturé par le Farsifa de Laurent Sinclair, mais un élément essentiel d&rsquo;une configuration sonore beaucoup plus structurée qu&rsquo;il y paraît. Configuration dont Mirwais dissèque les méandres en expert, rigoureux et poétique à la fois.</p>



<p>Ce récit n&rsquo;est que le premier temps d&rsquo;une geste à venir. Il y aura un après Taxi-Girl, des albums solos, une carrière de producteur féconde, la naissance d&rsquo;un attrait pour l&rsquo;écriture narrative. Mais l&rsquo;aventure vécue à 100 à l&rsquo;heure de 1978 à 1981 constitue un socle, douloureux mais solide, à ce parcours d&rsquo;artiste. Il sert aussi de berceau à d&rsquo;autres projets devenus incontournables de la scène rock française : Indochine, Rita Mitsouko notamment promis à la longévité quand la formation de Mirwais s&rsquo;effilochera à coup de came et de désillusion. Une « ardeur à l&rsquo;autodestruction » qui restera à jamais dans les mémoires, gravée dans la texture de « Mannequin », « Cherchez le garçon », « Les armées de la nuit ».</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Le Molière imaginaire : les deux dernières heures de J.B. Poquelin, comme un cri d&#8217;amour</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-moliere-imaginaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jun 2024 17:10:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37135</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n&#8217;est pas la première fois que nous croisons Olivier Py dans nos colonnes, loin de là. Directeur avisé et visionnaire du festival d&#8217;Avignon 20 années durant, cet auteur/acteur/metteur en scène engagé ne compte plus les spectacles à succès ni les polémiques. Ardent défenseur du théâtre, c&#8217;est une véritable déclaration d&#8217;amour à l&#8217;art dramatique qu&#8217;il signe avec Le Molière imaginaire. Et un ovni filmique d&#8217;une puissance rare. Une course contre-la-montre...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire.jpg" alt="" class="wp-image-37136" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Ce n&rsquo;est pas la première fois que nous croisons <a href="https://www.theartchemists.com/?s=olivier+py">Olivier Py</a> dans nos colonnes, loin de là. Directeur avisé et visionnaire du festival d&rsquo;Avignon 20 années durant, cet auteur/acteur/metteur en scène engagé ne compte plus les spectacles à succès ni les polémiques. Ardent défenseur du théâtre, c&rsquo;est une véritable déclaration d&rsquo;amour à l&rsquo;art dramatique qu&rsquo;il signe avec <em>Le Molière imaginaire</em>. Et un ovni filmique d&rsquo;une puissance rare.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LE MOLIÈRE IMAGINAIRE un film de Olivier Py | BANDE-ANNONCE OFFICIELLE" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KWvHOAi1fVk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une course contre-la-montre</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Théâtre du Palais Royal</p>



<p>17 février 1673</p>



<p>La Troupe du roi se prépare</p>



<p>pour le dernier acte du Malade Imaginaire.</p>



<p>Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière,</p>



<p>n&rsquo;a plus que deux heures à vivre.</p>
</blockquote>



<p>Inscrit en lettres blanches sur fond noir, le pitch du <em>Molière imaginaire</em>, d&rsquo;une rare simplicité, assomme le spectateur dès les premières secondes du film. C&rsquo;est à une course contre-la-montre que nous allons assister : les derniers moments de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re">Molière</a>, vécus en direct live ou presque sur scène, en dessous, au-dessus, tout autour, tandis que J.B. Poquelin se perd dans ce labyrinthe où l&rsquo;attendent ses fantômes. Celui de Madeleine, la femme aimée puis abandonnée au profit de sa fille Armande ; celui d&rsquo;un père hargneux et critique ; celui d&rsquo;un enfant mort trop tôt&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Place au théâtre</h2>



<p>Et puis il y a l&rsquo;ombre des personnages de Molière, petits marquis aux allures de clowns, Précieuses au visage de sorcières ou de Parques. Fardés de blanc comme autant de cadavres animés, ils évoquent les poupées blafardes de Kantor. Molière, agonisant qui s&rsquo;ignore tandis qu&rsquo;il crache le sang, vole de l&rsquo;un à l&rsquo;autre, courant après la vie qui s&rsquo;enfuit. Regrets, remords, fierté, il se remémore ses amours, ses victoires, ses échecs, ce Roi qu&rsquo;il sert avec fidélité et qui l&rsquo;abandonne. Quant à sa troupe, face à l&rsquo;inéluctable, elle envisage déjà la suite, priant pour que son directeur tienne jusqu&rsquo;au rappel, quitte à le porter sous les acclamations d&rsquo;un public qui ignore tout de la tragédie à l&rsquo;œuvre.</p>



<p>Fiévreuse et impudique, la caméra colle aux basques de ce malade pas si imaginaire qui traverse de part en part un théâtre exigu comme une chapelle, éclairé de mille bougies tel un tombeau. Il n&rsquo;y a que sur scène que la vie demeure, à peine. La quitter, c&rsquo;est crever à coup sûr, et tant pis pour le salut de son âme : place au théâtre ! Un cri d&rsquo;amour lancé par Olivier Py et ses interprètes qui évoquent les mystères moliéresques comme un miroir concentrant toutes les beautés de l&rsquo;art dramatique. Les beautés, les exigences et les désillusions.</p>



<div class="wp-block-group" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/biographie-moliere-george-forestier/">Molière : George Forestier dépoussière la vie du « peintre »</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-moliere-pour-rire-et-pour-pleurer/">Série « Molière pour rire et pour pleurer » : la légende de J.B. Poquelin en 6 étapes cruciales</a></li>
</ul>
</div></div>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le théâtre triomphera toujours !</h2>



<p>La mise en scène, frénétique, accroît le sentiment d&rsquo;urgence d&rsquo;un démiurge acculé aux dernières minutes qui lui restent à vivre. Ionesco et Beckett ne sont pas loin, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare">Shakespeare</a> non plus, Ariane Mnouchkine aussi, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean-luc+lagarce">Jean-Luc Lagarce</a> également qui, rongé par le SIDA, a dirigé un Olivier Py débutant dans son ultime spectacle : <em><a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">Le Malade imaginaire</a></em> déjà. Une expérience marquante dont le souvenir ressort à chaque plan de cette sarabande macabre, éblouissante de subtilité, de justesse, de profondeur. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=laurent+lafitte">Laurent Lafitte</a> campe un Molière démentiel, exultant jusqu&rsquo;au dernier souffle, s&rsquo;accrochant à son art comme à une bouée dans la tourmente du trépas qui s&rsquo;annonce. Autour de lui, Jeanne Balibar, Bertrand de Roffignac, Catherine Lachens, Stacy Martin, Dominique Frot, Judith Magre, Jean-Damien Barbin, d&rsquo;autres encore, talentueux, inspirés, recueillis.</p>



<p>Une troupe véritablement, un ensemble qui fait corps devant l&rsquo;imminence de la catastrophe. Une catastrophe devenue miracle : J.B.Poquelin meurt, Molière demeure, éternel. Le message est clair : le théâtre triomphera toujours, porté de génération d&rsquo;acteurs en génération d&rsquo;acteurs, un tribut, un héritage, une filiation. Une responsabilité. L&rsquo;homme de théâtre apparaît ici comme une vigie, ce chien noir aboyant au bord d&rsquo;une tombe perdue, veilleur de nuit, gardien des consciences, symbole de fidélité, de sagesse&#8230; et de philosophie. Molière cynique ? Bien sûr, et son esprit, toujours palpitant, demeure de même, mordant, et prompt à attaquer la bêtise et l&rsquo;obscur.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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</div></div>
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		<item>
		<title>Les Enfants de la nuit : le dangereux temps de l’émancipation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-les-enfants-de-la-nuit-eva-ionesco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Dec 2022 12:03:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35193</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec Innocence, Eva Ionesco a évoqué son enfance martyre dans l’ombre d’une mère désaxée qui la forçait à poser nue devant son objectif. Avec Les Enfants de la nuit, l’autrice aborde le second chapitre de sa vie, ce temps merveilleux et dangereux de la fuite et de l’émancipation. Échapper à l’emprise de la mère Elle a à peine 12 ans, mais déjà l’allure d’une femme. Seins haut perchés, croupe évocatrice,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="412" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1.jpg" alt="couverture du livre de Eva Ionesco les enfants de la nuit" class="wp-image-35199" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1.jpg 412w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1-198x288.jpg 198w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1-339x494.jpg 339w" sizes="auto, (max-width: 412px) 100vw, 412px" /></a></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><span style="color: #000000;">Avec</span> <a href="https://www.theartchemists.com/eva-ionesco-innocence-alice-au-pays-des-tourments/" target="_blank" rel="noopener"><i>Innocence</i></a><span style="color: #000000;">, Eva Ionesco a évoqué son enfance martyre dans l’ombre d’une mère désaxée qui la forçait à poser nue devant son objectif. Avec <i>Les </i><i>E</i><i>nfants de la nuit</i>, l’autrice aborde le second chapitre de sa vie, ce temps merveilleux et dangereux de la fuite et de l’émancipation.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Échapper à l’emprise de la mère</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Elle a à peine 12 ans, mais déjà l’allure d’une femme. Seins haut perchés, croupe évocatrice, silhouette aguicheuse juchée sur des talons aiguille, moue boudeuse de petite fille soulignée par un rouge à lèvres agressif, regard langoureux ou blasé cerné de khôl, Eva, pour sûr, a grandi trop vite et veut continuer de prendre de la hauteur, quitte à se rouler dans le ruisseau. Et des ruisseaux, il n’en manque guère dans ce Paris des années 80 voué à la fête : le Sept, le Palace, Eva sera de toutes les sarabandes, vol, came et prostitution à l’appui.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Tout est bon pour échapper à l’emprise d’une mère insupportable qui perd pied tandis que sa fille objet prend la tangente dans les rues sombres de la capitale. Au bras de la jeune Eva, un certain <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-margiela-louboutin-mode/" target="_blank" rel="noopener">Christian Louboutin</a>, à peine plus âgé qu’elle, qui l’a prise sous son aile, qui la traine partout, pour danser, se droguer, vivre des amourettes interlopes ou s’extasier devant les aquariums du Palais de la Porte Dorée. Entre deux nuits d’enfer à danser, boire et vomir, quelques câlins et la lecture des auteurs latins. L’école ? Surtout pas, ces surdoués s’y ennuient trop, et la mort viendra bien assez vite, il faut en profiter avant.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Se chercher, de transgression en transgression</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">D’une plume incisive, Eva Ionesco raconte cette adolescence qui pointe le bout de son nez chez une enfant-femme dont l’horloge est détraquée. Se détacher d’une mère toxique est une chose, mais pour aller vers quoi ? C’est cet inconnu qu’Eva explore nuit après nuit, au fil de rencontres étranges. Au fil de ses souvenirs, la romancière dresse la cartographie émotionnelle de son périple vers un âge adulte qu’elle appelle de ses vœux, qu’elle revendique rageusement comme une vengeance, mais qu’elle est encore trop fragile pour assumer.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Tandis que les talents se croisent en nocturne dans les folies des 80’s décadentes, Eva se cherche de transgression en transgression. Elle se cherche comme elle cherche l’amour dont elle a si cruellement manqué. Elle expérimente, elle s’affranchit, elle se punit. Son récit, d’une grande crudité, évoque cette flagellation abominable et délicieuse avec une froideur de chirurgien auscultant un malade. Mais derrière cette apparente distance, la colère demeure, le regret aussi ? L’émerveillement et la nonchalance mélangée, la course aux sensations, l’envie de vibrer pour se donner une raison d’exister.</span></p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6b8fe5843f0e7549b46623dee3d9ba60"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
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<h2 class="wp-block-heading"><b>L’impossibilité de rompre avec un vécu</b></h2>



<p><span style="color: #000000;">Le sujet est délicat, les souvenirs à la fois intenses et douloureux. Quelque chose du pathétique fier et digne des livres de</span> <a href="https://www.theartchemists.com/?s=patrick+eudeline" target="_blank" rel="noopener">Patrick Eudeline</a> <span style="color: #000000;">? Il y a de ça, oui, et puis un besoin d’extérioriser, d’exprimer sur le papier l’intensité de ces moments, le refus de céder à la tentation d’oublier. L’acceptation passe par la confrontation sereine avec les tourments d’autrefois</span>. <a href="https://www.grasset.fr/livres/les-enfants-de-la-nuit-9782246814979" target="_blank" rel="noopener"><i>Les Enfants de la nuit </i></a><span style="color: #000000;">n’est pas qu’un livre de souvenirs, le récit nostalgique d’une époque révolue.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">C’est aussi un regard clair et sans concession sur ce qu’on a été, sur cette partie de soi qui a disparu au fil du temps, mais qui demeure nichée à jamais en son sein, dans le secret de son être. C’est toute la force de ces pages qui semblent, sinon apaisées, du moins plus posées que celles, tempétueuses à juste titre d’<i>Innocence </i>: donner à voir, à sentir cette quête fondatrice qui signe l’impossibilité de rompre avec un vécu, la volonté de s’en approprier même les ruines, pour, enfin, construire.</span></p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Les Grands Ducs :  la revanche des loosers de la scène</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-les-grands-ducs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 17:22:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les feel good movies dont le visionnage devrait être prescrit par les médecins et remboursé par la Sécurité Sociale, Les Grands Ducs occupe une place de choix. C’est que, tournée en 1996, la comédie de Patrice Leconte n’en finit pas de faire rire aux éclats par son intelligence, sa légèreté, sa vivacité. Et son regard très juste sur la réalité du métier d’acteur. Bien plus qu’un come-back Au cœur...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-34455" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt-364x494.jpg" alt="affiche du film les grands ducs" width="364" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt-364x494.jpg 364w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt-212x288.jpg 212w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt.jpg 442w" sizes="auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Parmi les feel good movies dont le visionnage devrait être prescrit par les médecins et remboursé par la Sécurité Sociale, <i>Les Grands Ducs</i> occupe une place de choix. C’est que, tournée en 1996, la comédie de Patrice Leconte n’en finit pas de faire rire aux éclats par son intelligence, sa légèreté, sa vivacité. Et son regard très juste sur la réalité du métier d’acteur.</span></p>
<h2><iframe style="width: 480px; height: 270px;" src="https://player.allocine.fr/19456228.html"><br />
</iframe></h2>
<p><span style="color: #000000;"><b>Bien plus qu’un come-back</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Au cœur de ce périple mémorable et déjanté, Eddie Carpentier, Victor Vialat et Georges Cox, trois acteurs vieillissants qui n’ont jamais percé malgré leur grand amour du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=th%C3%A9%C3%A2tre&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">théâtre</a> : des « compléments » comme on dit dans le métier, autant dire des loosers de la scène. L’un court le cachet, le second vit mal sa retraite, le troisième a une réputation telle que plus personne ne veut l’engager. Le hasard faisant bien les choses, nos trois compères remontent sur les planches pour jouer les troisièmes rôles dans une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=th%C3%A9%C3%A2tre+de+boulevard&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">pièce de boulevard</a> de piètre qualité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Direction la province pour roder le spectacle. De ville en ville, de théâtre en théâtre, nos trois loulous vont devoir affronter bien plus qu’un come-back, car le sort s’acharne sur chaque représentation, frappant Clara Milo, vedette sur le retour qui s’obstine à jouer malgré les trappes qui s’ouvrent sous ses pieds, les lustres qui lui tombent dessus. La fatalité&#8230; ou une main coupable ? En tout cas, le plein de fous rires devant des situations ubuesques portées par le trio Jean Rochefort/Philippe Noiret/Jean-Pierre Marielle, complétés par Catherine Jacob et Michel Blanc.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cGM9w1Pkcr"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-diable-par-la-queue-comedie/">Le diable par la queue : un petit bijou de comédie</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le diable par la queue : un petit bijou de comédie » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-diable-par-la-queue-comedie/embed/#?secret=ws0hj7MmQz#?secret=cGM9w1Pkcr" data-secret="cGM9w1Pkcr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>L’ambiance d’une tournée</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">À la sortie du film, les critiques ne furent pas forcément amènes. Dommage, car ce film au scénario inattendu se distingue par l’interprétation de ses acteurs, dont le plaisir est palpable (même si Noiret émit pas mal de doutes quant à son personnage, et que Blanc eut des difficultés à vivre l’agressivité presque psychopathe de son rôle). Il y aurait presque un petit côté Ionesco dans cette histoire : voir Marielle bondir du plateau pour secouer le metteur en scène afin de savoir pourquoi il doit rire est juste d’anthologie.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autre intérêt du film : la focale sur l’ambiance d’une tournée, les contrats à décrocher à la force du poignet, la petitesse des cachets, la concurrence qui règne entre les acteurs de seconde zone, les tourneurs ruinés, l’ennui derrière d’improbables paillettes, le trac, le filage du texte, les amourettes de passage ou non, la peur de perdre l’attention du public, de vieillir, d’être « has been ». Et puis l’exultation, éphémère, d’être sous les projecteurs, d’entendre les rires fuser, de comprendre qu’on a conquis la salle.</span></p>
<p align="justify">
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		<title>Capone :  les idoles sont faites pour être fracassées</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-capone-tom-hardy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Sep 2021 13:03:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34229</guid>

					<description><![CDATA[<p>Capone : condamné à une sorite en VoD because pandémie, le film de Josh Trank a reçu un accueil pour le moins mitigé de la part de critiques et de spectateurs visiblement déroutés par la tournure du biopic consacré aux derniers jours d’Al Capone. Certains ont trouvé le temps long et le scénario sans épaisseur, d’autres ont regretté le manque d’action … et pour cause. Capone n’est pas un film de...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/3888054_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34230 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/3888054_opt.jpg" alt="affiche du film Capone" width="405" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/3888054_opt.jpg 405w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/3888054_opt-194x288.jpg 194w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/3888054_opt-333x494.jpg 333w" sizes="auto, (max-width: 405px) 100vw, 405px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Capone</i> : condamné à une sorite en VoD because pandémie, le film de Josh Trank a reçu un accueil pour le moins mitigé de la part de critiques et de spectateurs visiblement déroutés par la tournure du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=biopic&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">biopic</a> consacré aux derniers jours d’Al Capone. Certains ont trouvé le temps long et le scénario sans épaisseur, d’autres ont regretté le manque d’action … et pour cause. <i>Capone</i> n’est pas un film de mafieux ; <i>Capone</i> est un film sur la déchéance d’une idole.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="CAPONE - BANDE ANNONCE VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/K2CM9u0tk2k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>N’être plus rien</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le pitch parle de lui-même : libéré sous caution, c’est un Capone diminué par des années de prison et une neurosyphilis galopante qui réintègre le giron familial en sa propriété de Miami. Le parrain emblématique de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mafia&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">mafia</a> de Chicago n’est plus que l’ombre de lui-même, il n’a plus d’argent, ne peut entretenir son clan. Tandis que l’on vend œuvres d’art, statues, meubles, vaisselle pour éponger les dettes, l’ancien truand se délite, physiquement, mentalement. Un long calvaire, peuplé des spectres de ceux qu’il a tués, jalonné de regrets, de remords, et la conscience de n’être plus rien.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">N’être plus rien : ce qu’il y a de pire pour cet immigré italien sorti de la fange par la violence et le crime afin de construire un empire financier et social qu’il gérait d’une main de fer. Une véritable honte que cette dégradation ; tandis qu’il plonge dans l’incontinence et la folie, Capone a-t-il suffisamment de conscience pour regretter une mort en majesté sous les balles ? « <i>Si un jour on m’avait dit qu’y mourrait dans son lit celui-là !</i> » ; la réplique de Fernand Naudin après la mort du Mexicain, moment clé du film culte <i>Les Tontons Flingueurs</i>, prend ici tout son sens.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/livre-mafia-hollywood/" rel="bookmark">La Mafia à Hollywood : James Ellroy avait raison !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Tom Hardy sidérant</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Surtout quand on y ajoute la réflexion d’un Raoul Volfoni fataliste : « <i>Y&rsquo;a vingt piges le Mexicain, tout le monde l&rsquo;aurait donné à cent contre un : flingué à la surprise </i>». Malheureusement, le sort en décidera autrement, pour Louis comme pour Fonzo, diminutif affectueux d’Alphonse Capone, mais en l’état surnom grotesque du clown pathétique qu’il est devenu. Prématurément vieilli, débile, régressant vers le stade de nourrisson, à peine capable de parler, de dessiner, bien au fait cependant de cette lente décomposition.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est là la clé du biopic de Trank, servi par un Tom Hardy proprement sidérant. Le film vaut par son interprétation, ses regards, ses grognements, ses gestes. On savait l’acteur talentueux ; il se révèle habité, possédé, n’hésitant pas à aborder des instants pénibles : la perte de contrôle des sphincters, l’abandon du cigare, l’AVC, l’impossibilité de parler, de communiquer, la violence par rapport à l’entourage, l’effacement de la mémoire … Rien n’arrête ce comédien hors normes qui pulvérise littéralement les codes de représentation du gangster rebelle et tout puissant.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span><strong>  <a href="https://www.theartchemists.com/visit-mob-museum-mafia/" rel="bookmark">The Mob Museum : au cœur de la mafia !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Capone n’est pas un dieu</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En témoigne cette vision saisissante d’un Capone machouillant une carotte, ses couches lui tombant sur les cuisses, sa robe de chambre sale et en désordre, errant dans son jardin paradisiaque pour tirer à vue sur son entourage à coup de Tommy Gun plaqué or. Il fallait oser et Tom Hardy l’a fait, balayant ainsi le mythe de Scarface pour mettre en évidence quelque chose de bien plus effrayant : Capone n’est pas un dieu, encore moins un héros ou un modèle, mais un homme. Et sa fin, longue, douloureuse, est tragique car elle lui rappelle qu’il n’est que poussière.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est probablement pour cette raison que <i>Capone</i>, qui devait initialement s’intituler Fonzo, dérange. Le film expose sans fard la démence d’un esprit rongé par la maladie. Ce n’est pas nouveau, le sujet a été traité maintes fois ; mais dans le cas de ce film précis, la superposition se fait avec le genre consacré du film de gangster, héros moderne porté aux nues. Trank et Hardy vont foudroyer ce héros sans pitié, en le ramenant à sa condition première dans une atmosphère qui n’est pas sans évoquer <i>Le Roi se Meurt</i> de Ionesco.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;">A lire également :</span> <a href="https://www.theartchemists.com/the-highwaymen-killing-bonnie-and-clyde/" rel="bookmark"> The Highwaymen : killing Bonnie and Clyde …</a></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Forcément le spectateur qui aborde le film <i>Capone</i> avec en tête les interprétations de Rod Steiger, Ben Gazzara ou Robert de Niro pour ne citer qu’eux, ne va guère apprécier ce brutal changement de ton. C’est bien dommage car ce virage est aussi magistral qu’éclairant. Les idoles sont faites pour être fracassées, c’est l’occasion de leur offrir une autre dimension, bien plus cathartique encore. A ce titre, <i>Capone </i>remplit pleinement le contrat.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour visionner le film <em>Capone en VoD</em>, cliquez sur la photo.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" style="border: none;" src="https://rcm-eu.amazon-adsystem.com/e/cm?o=8&amp;p=12&amp;l=ur1&amp;category=prime_video&amp;banner=1AMG5VP0PM1EHJKZG002&amp;f=ifr&amp;linkID=d5577e208ed97fe4b35c3fc14926dc4c&amp;t=tatadedel-21&amp;tracking_id=tatadedel-21" width="300" height="250" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-capone-tom-hardy/">Capone :  les idoles sont faites pour être fracassées</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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