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	<title>prostitution</title>
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		<title>Fantine, Sonia, Margo : corps vendus, destins subis — histoire d’un motif féministe qui mute</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/fantine-sonia-margo-feminisme-litterature/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 10:58:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certains motifs littéraires collent à la peau des siècles. La femme seule, sans un rond, un gamin sur les bras et une société qui tourne les talons : on croit que c’est de la fiction d’époque, de la misère de manuel scolaire. Et puis arrive Margo’s Got Money Troubles et on se prend le mur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Certains motifs littéraires collent à la peau des siècles. La femme seule, sans un rond, un gamin sur les bras et une société qui tourne les talons : on croit que c’est de la fiction d’époque, de la misère de manuel scolaire. Et puis arrive <em><a href="https://www.theartchemists.com/margo-problemes-argent-serie/">Margo’s Got Money Troubles</a></em> et on se prend le mur en pleine figure. Parce que Margo, en 2026, c’est Fantine avec un smartphone. Sauf que Margo, elle ne crève pas. Et ça change absolument tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi la série adaptée par David E. Kelley est une bombe féministe, il faut remonter le fil. Long, ce fil. Deux siècles de femmes broyées par la nécessité, sanctifiées par la honte et enterrées par la fiction elle-même. Et puis le fil change de matière.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Le corps comme seul capital : le poids de l</strong>&lsquo;<strong>opprobre</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Trois exemples pour illustrer mon propos, et non des moindres.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Fantine&nbsp;: la mort comme seule sortie</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">1862. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo">Victor Hugo</a> publie <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables">Les Misérables</a></em> et donne à la littérature française son archetype absolu. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fantine">Fantine</a> : jeune mère seule, lâchée par un séducteur, qui confie sa fille Cosette aux Thénardier contre espèces sonnantes et trébuchantes. Pour payer, elle vend ses cheveux, ses dents, son corps. La société bourgeoise la méprise, Javert la traque, la honte la ronge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle meurt de tuberculose, usée jusqu’à l’os. Même pas quarante ans. Hugo regarde Fantine <em>d’en haut</em> : avec compassion, certes, mais avec la condescendance du romancier-dieu qui fait de cette femme une martyre sociale. Fantine n’a pas de voix propre. Elle est un symbole, une cause, une preuve. Jamais un sujet.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Sonia Marmeladova&nbsp;: la sainteté comme consolation</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre ans plus tart, en 1866, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fiodor_Dosto%C3%AFevski">Dostoïevski</a> crée un personnage qui va hanter les lettres russes — et mondiales — pour des décennies. Sonia Marmeladova, dans <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crime_et_Ch%C3%A2timent">Crime et Châtiment</a></em>, se prostitue pour nourrir les demi-frères et demi-sœurs que son père alcoolique est incapable de faire vivre. Elle se vend pour que les enfants mangent. Et Dostoïevski en fait une figure christique : elle donne son corps pour sauver sa famille, elle donne ensuite son âme pour sauver Raskolnikov qu’elle suit jusqu’en Sibérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est beau. C’est terrible. C’est écrasant. Parce que la seule façon dont Dostoïevski permet à Sonia de rester digne, c’est de la transformer en sainte. La prostitution de Sonia n’est acceptable narrativement que si elle est rédemptrice. Son corps appartient à sa famille, puis à un homme qu’elle sauve. Jamais à elle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Ayako, ou le sacrifice japonais</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">1936. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kenji_Mizoguchi">Kenji Mizoguchi</a>, cinéaste japonais dont l’œuvre entière tourne autour de l’exploitation des femmes, signe <em><a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=6656.html">L’Élégie d’Osaka</a></em> (<em>Naniwa Ereji</em>). Ayako, jeune standardiste, devient la maîtresse de son patron pour régler les dettes de son père. Elle glisse vers la prostitution. Elle est ensuite rejetée par toute sa famille — y compris ceux qu’elle a sauvés. Le film se termine sur un plan digue : Ayako qui marche seule dans la nuit d’Osaka, repoussée même par les siens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mizoguchi dénonce avec une fureur froide. Mais il ne laisse aucune porte de sortie à son personnage. Ayako est sacrifiée sur l’autel de l’égoïsme masculin universel, et la caméra la regarde tomber, belle, inoubliable, mais sans issue.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La honte, cette prison narrative</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Fantine. Sonia. Ayako. Trois personnages, deux siècles, trois pays. Trois façons différentes de raconter la même chose : une femme seule vend son corps pour faire survivre les siens, et la société la punit doublement — d’abord en la contraignant à ce choix, ensuite en la condamnant pour l’avoir fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, au-delà de la violence sociale décrite, c’est la structure narrative elle-même. Dans chacun de ces récits, la femme est objet. Objet de la misère, objet de la pitié, objet du regard masculin — auteur, narrateur, sauveur potentiel. Elle ne choisit pas : elle subit et réagit. Sa dignité, quand elle subsiste, lui vient de l’extérieur — la compassion de Valjean, la foi de Dostoïevski, l’indignation de Mizoguchi. Jamais d’elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la honte est toujours là. Structurante, incontournable, mortifère. La honte de vendre son corps, la honte d’être vue, la honte d’avoir été séduite. La honte comme condition nécessaire pour que la tragédie fonctionne.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Margo : même motif, narration inversée</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Margo Millet a vingt ans, un bébé, un prof de littérature lâche qui l’a plantée, et zéro filet de sécurité. La société autour d’elle est exactement aussi hypocrite et cruelle que celle de Fantine : la coloc féministe qui claque la porte, la belle-mère qui sort les dents, les employeurs qui voient le bébé avant de voir la candidate. « <em>Tu l’as voulu, tu te démerdes.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Margo ne subit pas. Elle analyse la situation, identifie ses ressources — un corps qu’elle contrôle, une caméra, une capacité à raconter des histoires — et elle ouvre un compte OnlyFans. Pas de lamentation ni de justification morale. Margo fait ce que Fantine aurait peut-être fait si le XIXe siècle lui en avait laissé la possibilité : elle court-circuite les intermédiaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le débat OnlyFans : ni angélisme ni naïveté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La série ne fait pas l’impasse sur les zones d’ombre, et c’est là qu’elle gagne en crédibilité. OnlyFans n’est pas une terre promise. La plateforme elle-même a une histoire chargée : créée en 2016, elle a connu en 2021 une tentative de suppression du contenu pour adultes (avivée par des pressions bancaires et des règles anti-FOSTA-SESTA) avant de faire marche arrière sous la pression de ses créatrices (<a href="https://siecledigital.fr/2021/08/26/onlyfans-annule-sa-decision-dinterdire-le-contenu-sexuellement-explicite/">Siècle digital</a>). L’écosystème du « management OnlyFans » — ces agences qui promettent de gérer la stratégie, le marketing, les abonnements, en échange d’une commission parfois écrasée — reproduit souvent, sous des atours numériques, des rapports de pouvoir très classiques de prédation. La « libération» peut vite redevenir dépendance si quelqu’un d’autre contrôle votre compte, vos tarifs, votre image.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Margo protège farouchement, c’est précisément ce contrôle-là. Elle reste maîtresse de ce qu’elle montre, à qui, à quel prix. Elle n’a pas de mac, pas d’agence. La narration le dit sans l’asséner : l’autonomie, ça se défend par l’action. Et quand la menace vient — parce qu’elle vient — Margo se bat, négocie, résiste. Le motif de la femme exploitée n’a pas disparu du récit. Il a juste changé d’ennemi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La maternité comme force, et non comme punition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la tradition littéraire, l’enfant illégitime est toujours le marqueur de la faute. C’est à cause du bébé que Fantine tombe. C’est pour les enfants des autres que Sonia se sacrifie. L’enfant est le poids, la preuve, la condamnation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Margo, elle, construit sa force autour de son fils. La maternité n’est pas une punition mais une ancre, un moteur. Elle apprend à être mère en même temps qu’elle apprend à être entrepreneur. Elle rate, elle recommence, elle tient. La série la montre dans les diarrhées, les biberons ET dans la pole dance, sans que l’une délégitime l’autre. Ce refus du choix forcé — soit bonne mère, soit libre — est peut-être le geste féministe le plus radical de la série.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hugo regardait Fantine avec pitié. Dostoïevski regardait Sonia avec vénération. Mizoguchi regardait Ayako avec colère. Tous regardaient. Rufi Thorpe, autrice de <em>Margo&rsquo;s got money troubles</em>, écrit de l’intérieur. Margo n’est pas observée : elle parle, elle décide, elle évalue, elle doute, elle assume. Elle est le sujet de la narration, pas son objet. Et ça, c’est une révolution silencieuse qui mérite qu’on la nomme.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Fantine n’est pas morte </strong><strong>en vain</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce que la société a vraiment changé ? Relisons les chiffres. Environ 2500 femmes perdent leur emploi chaque année après leur congé maternité en Suisse. Aux États-Unis, en 2023, près de 8900 ados ont accédé à la maternité. La précarité des mères seules reste un scandale structurel dans la plupart des pays occidentaux. Le motif littéraire n’est pas archéologique : il est contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Margo’s Got Money Troubles</em> s’empare de cette réalité et change la grammaire du récit. Pas la réalité sociale — la grammaire. La contrainte est là. L’hypocrisie est là. La solitude est là. Mais la femme qui les traverse n’est plus martyre ni sainte ni victime. Elle est debout. Elle est énervée. Elle raconte elle-même son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fantine n’est pas morte en vain. Elle a traversé deux siècles pour nous amener ici : au personnage qui refuse de se laisser saigner et qui réagit. Tigresse plutôt que brebis. Enfin.</p>



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		<item>
		<title>Margo’s got money troubles : de la fille séduite à la super héroïne, histoire d’une émancipation féministe</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/margo-problemes-argent-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 17:33:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oh la jolie série de voilà&#160;!!! Adaptée du roman de Rufi Thorpe Margo’ s got money troubles (Margo a des problèmes d’argent) est tout à la fois drôle, intelligente, bien troussée, jamais gnagnan et surtout bien ancrée dans les problématiques de notre temps. Une petite leçon d’humanisme qui remet les coincés du cul et les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Oh la jolie série de voilà&nbsp;!!! Adaptée du roman de Rufi Thorpe <em>Margo’ s got money troubles</em> (<em><a href="https://www.allocine.fr/series/ficheserie-35438/casting/saison-52945/">Margo a des problèmes d’argent</a></em>) est tout à la fois drôle, intelligente, bien troussée, jamais gnagnan et surtout bien ancrée dans les problématiques de notre temps. Une petite leçon d’humanisme qui remet les coincés du cul et les bénis oui oui à leur place, et ça fait tant de bien.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<h1 class="wp-block-heading">Entre comédie et drame social</h1>



<p class="wp-block-paragraph">Margo donc. La vingtaine blonde et florissante, jolie comme un cœur, étudiante intelligente et débrouillarde, promise à un grand avenir d’autrice. C’est du moins ce que lui fait miroiter son prof de littérature qui en profite pour la séduire, lui faire un gamin et lâchement l’abandonner vu qu’il est déjà marié. Avorter semble être la solution&nbsp;; seulement voilà, Margo ne veut pas avorter. Son petit bout de chou, elle le garde. Mais elle n’imagine pas un instant la galère que cela va représenter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Coincée entre une mère un peu fofolle qui cherche désespérément le grand amour et un père aux abonnés absent, ex catcheur et toxico à peine repenti, Margo se retrouve sans véritable appui, sans job, sans fric. Pour faire bouffer son gamin, elle va opter pour l&rsquo;unique solution que cette société de merde lui laisse&nbsp;: montrer ses seins et son cul sur Olyfans. Cela lui permet de tenir certes, mais cela n’est pas sans conséquences. Des conséquences graves qui font basculer cette comédie dans le drame social poignant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Tu l’as voulu&nbsp;? Tu te démerdes.&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car derrière les mésaventures de Margo, sa vie de famille pour le moins chaotique, c’est un monde cruel qui transparaît, où il ne fait pas bon être une jeune mère de famille en solo. Lâchée par tous.tes ou presque, Margo va taper à toutes les portes avec son bébé et se faire virer sans ménagement. Elle avait des études, un avenir&nbsp;; pourquoi tout gâcher avec un lardon, issu d’un adultère en prime, alors qu’il suffisait d’une IVG pour régler la situation&nbsp;? En d’autres termes, «&nbsp;Tu l’as voulu&nbsp;? Tu te démerdes.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quand Margo arrive enfin à se démerder en faisant ce qu’on lui a dit de faire, à savoir un job à la maison, qui paye pas trop mal où elle est libre et où elle raconte des histoires, eh bien là encore ça ne va pas&nbsp;: sombrer dans le porno, la prostitution, la honte absolue. Et celleux qui lui conseillaient de s’émanciper de lui coller la tête un peu plus sous l’eau en critiquant le seul job qui lui ramène suffisamment de fric pour vivre et payer les couches et la bouffe de son pitchoune.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ambiance électrique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas vous, mais personnellement chaque épisode de cette saga m’a arraché des cris d’indignation. Scénarisée par David E. Kelly à qui l’on doit par ailleurs <em>Ally McBeal</em>, <em>Big Little Lies </em>ou <em>Présumé innocent </em>entre autres faits d’armes vu que son cursus est long comme le bras, Margo a des problèmes d’argent va droit au but dans la dénonciation des hypocrisies bon teint de la société moderne. On pense par exemple à la coloc féministe qui méprise le choix de Margo avant de claquer la porte ou à la richissime et très select mère du papa qui va sortir les dents pour défendre ce rejeton qu’elle juge par ailleurs raté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Franchement c’est hard. L’ambiance est électrique, portée à chaud par un casting musclé où la lumineuse Elle Fanning donne la réplique à Michelle Pfieffer, Nick Offerman, Nicole Kidman, Thaddea Graham et Greg Kinnear. Il fallait bien pareille brochette de talents pour garder l’équilibre entre le rocambolesque et le pathétique de cette histoire qui n’a rien d’une rareté (en moyenne 8900 mamans ados aux USA pour 2023, dixit <a href="https://www.parents.fr/actualites/etre-parent/ce-lycee-americain-accueille-les-mamans-lyceennes-avec-leur-bebe-1040574">Parents.fr</a>). Et pour défendre la position d’une Margo femme forte qui assume tout sans lâcher un microminimètre de terrain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Margo n’est jamais une victime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être la leçon de la série. Margo n’est jamais une victime, elle choisit, elle entend qu’on respecte ses choix et conserve sa dignité entre diarrhées, biberons et pole dance. On déplore avec elle le manque de considération qu’elle subit du moment qu’elle affiche son bedon d’abord, son nouveau-né ensuite. Rien pour l’épauler, par d’assistance, pas d’aide, encore moins de respect. Rien. Nada. Niente. En gros «&nbsp;faites des gosses Mesdames mais ne comptez pas sur nous pour vous accompagner, vous comprendre, vous laisser une place dans la vie active&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sidérant d’hypocrisie et malheureusement très juste&nbsp;: selon le site suisse <a href="https://www.24heures.ch/maternite-2500-femmes-perdent-leur-emploi-chaque-annee-943488043894">24heures.ch</a>, «&nbsp;<em>e</em><em>nviron 2500 femmes perdent leur emploi chaque année après leur congé maternité</em>&nbsp;». Imaginez au niveau international. Imaginez quand il s’agit d’une maman seule. Voilà pourquoi on appréciera la vision finale d’une Margo érigée en super héroïne du quotidien, toute puissante déesse extraterrestre de la fécondité universelle, épanouie, autonome financièrement et créativement, capable de se démerder seule sans avoir à dire merci à un mec. Si ça, ce n’est pas du féminisme &#8230;</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Le Consentement : de l’emprise à la prise de conscience, « prendre le chasseur à son propre piège »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/consentement-vanessa-springora/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 12:28:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que vous dire&#160;? Le titre est d’une simplicité déconcertante, presqu’une évidence désormais, il faut en tout cas l’espérer, le souhaiter de toutes nos forces. Mais dans les années 80, quand elle croise le chemin de Gabriel Matzneff, Vanessa Springora, du haut de ses 14 ans, n’a aucunement notion de ce que représente la notion de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Que vous dire&nbsp;? Le titre est d’une simplicité déconcertante, presqu’une évidence désormais, il faut en tout cas l’espérer, le souhaiter de toutes nos forces. Mais dans les années 80, quand elle croise le chemin de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Matzneff">Gabriel Matzneff</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vanessa_Springora">Vanessa Springora</a>, du haut de ses 14 ans, n’a aucunement notion de ce que représente la notion de consentement, encore moins, et c’est cela qui fait frémir, son entourage. Il faudra attendre l’année 2020 pour que la gamine devenue femme témoigne de l’enfer qu’elle a vécu dans un récit de 216 pages dont l’ironie mordante dissimule mal la détresse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ironie et la colère</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ironie n’est pas perceptible dans l’adaptation cinématographique que je regarde initialement. Signé Vanessa Filho, remarquablement interprété par Kim Higelin et Jean-Paul Rouve, le film prend déjà à la gorge. Mais comme toute adaptation de livre à l’écran, il manque forcément quelque chose du témoignage originel. Confirmation en plongeant dans ces pages&nbsp;: l’ironie, la colère y sont constantes, irriguant l’écriture, assurant la vibration du souvenir, de la détresse, de la déchirure subie. Le récit débute là où le film finit, avec la volonté de «&nbsp;<em>prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autrice commence par planter le décor. Famille éclatée, père absent et violent (le héros de <em>Patronyme</em> édité en 2025, qui creuse le sillon ébauché dans la première œuvre), mère paumée, enfant en quête de sens qui se réfugie dans la littérature et l’écriture. Comme le précise Vanessa avec beaucoup de lucidité&nbsp;et un sens consommé de la synthèse qui fait mal : «&nbsp;<em>Un père aux abonnés absent qui a laissé dans mon existence un vide insondable. Un goût prononcé pour la lecture. Une certaine précocité sexuelle. Et surtout, un immense besoin d’être regardée. Toutes les conditions sont maintenant réunies&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un prédateur au visage de bonze</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’héroïne de ce conte qui tourne au cauchemar va rejoindre la trop longue cohorte de Lolitas que Gabriel Matzneff a inscrites sur son tableau de chasse à l’adolescente (où figurent également et en bonne place les petits garçons de Manille poussés à la prostitution par la misère). Autant de victimes sacrifiées sur l’autel des fantasmes et caprices d’un auteur sulfureux alors adulé par les intellectuels du monde entier. Le prédateur au visage de bonze impassible enjôle les ingénues pour mieux les vampiriser sexuellement, affectivement, émotionnellement et littérairement. Toutes finissent abandonnées quand elles s’avèrent trop âgées (16 ans en moyenne) et/ou trop collantes. Un abandon qui les disloque, les démolit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vanessa aura l’occasion de découvrir cette sororité dans la destruction. Une destruction dont elle ne se remettra jamais mais qu’elle dissèque néanmoins avec acuité au fil des paragraphes, faisant au passage référence à la littérature, Nabokov en tête, pour cerner le piège tendu, le modus operandi de G.M. Elle réduit son agresseur à ses initiales, lui rendant ainsi la monnaie de sa pièce, lui qui l’a baptisée V. dans son journal. Un anonymat de façade, on reconnaît vite qui est cette jeune fille dépeinte comme une véritable harpie, dont la photographie apparaît de loin en loin au fil des confidences du romancier qui se lamente de sa perversité, lui qui cherchait dans cette idylle la rédemption.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/gSagQ4LME6c?si=WnxfFMGVKDnMX4fD" title="Le Consentement / Bande Annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/gSagQ4LME6c?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/gSagQ4LME6c?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Car supplice il y eut</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Photographies, lettres, anecdotes… des pans entiers de vie ont ainsi été exposés, sans jamais demander le consentement de Vanessa. Littéralement aveuglée par un prédateur qui sait utiliser les bons leviers psychologiques pour la mettre sous sa coupe et tout obtenir d’elle, Vanessa a servi d’objet sexuel (la question même de son plaisir n’est jamais prise en compte par son «&nbsp;amant&nbsp;»), de poubelle émotionnelle, de faire valoir, de réceptacle à la colère et à la frustration de son bourreau. Car supplice il y eut. Nous voyons sombrer cette adolescente abandonnée de tous. Déscolarisation, drogue, crise psychotique&nbsp;: c’est un miracle qu’elle s’en soit sortie. Son témoignage, comme celui d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=eva+ionesco">Eva Ionesco</a>, victime, elle, de sa mère, et à laquelle Vanessa fait référence, met en évidence une souffrance atroce, qui marque au fer rouge, dont on ne revient jamais tout à fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La souffrance qu’on n’entend jamais, parce qu’on ne veut pas, parce que tout est fait pour taire la chose, parce que les victimes n’osent pas parler, rongées qu’elles sont de honte, de culpabilité, de solitude. De terreur quasi épidermique quand leur agresseur les harcèle, ce que Matzneff fait régulièrement, noyant de lettres, de coups de fil, de mails, une Vanessa qui l’a enfin fui comme on fuit la peste, quand elle comprend qu’il viole des gamins de huit ans à chaque voyage en Orient. Et que personne ne trouve rien à y redire.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-3 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph">A lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/livres-predation/">Une affaire très française – La Prédation : histoires d’abus au cœur du cinéma français</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/maria-schneider-hommage-biographique/">Tu t’appelais Maria Schneider&nbsp;: plus qu’un hommage biographique</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/mariage-enfants-etats-unis-affaire-epstein-nicholas-syrett/">«&nbsp;American Child Bride&nbsp;» – Nicholas Syrett&nbsp;: déconstruire le sanctuaire juridique des prédateurs sexuels made in USA</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/lenfance-volee-de-jan-broberg-autopsie-dun-predateur-sexuel/">L’Enfance volée de Jan Broberg&nbsp;: autopsie d’un prédateur sexuel</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Dénoncer l’acceptation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’un des points forts du livre<em>&nbsp;<a href="https://www.grasset.fr/livre/le-consentement-9782246822691/">Le consentement</a></em> : la dénonciation de l’acceptation, du consentement de la société. Tout le monde a l’air de trouver ça normal, charmant, drôle même. La seule à dénoncer la chose publiquement&nbsp;? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Denise_Bombardier">Denise Bombardier</a>, autrice québecoise qui monte au créneau en pleine émission littéraire pour dénoncer les attirances pédophiles de Matzneff. L’émission s’appelle «&nbsp;Apostrophes&nbsp;», elle est cornaquée par Bernard Pivot, vue par des milliers de spectateurs. Nous sommes en 1990 et Bombardier sera raillée par les invités, critiquée pour son manque d’ouverture d’esprit, conspuée pour avoir attaqué une auteur de génie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou quand l’agresseur devient victime, par la grâce d’une société complice où la femme qui se plaint est une mégère, les gamines des allumeuses hystériques qui n’ont de valeur que parce qu’elles alimentent une œuvre littéraire. La prise de conscience opérée via l’écriture de Springora est brutale et sans concession. Devenue éditrice, elle dénonce la complicité de ceux qui ont publié la prose pédopornographique de Matzneff. Ils savaient, ils n’ont rien fait, pire, ils ont encouragé ces propos. Aujourd’hui, ce genre d’écrit n’ayant plus la faveur du public, il n’intéresse plus les maisons d’édition. La douleur profonde et irréversible des victimes, elle, demeure.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Chaos : être femme n’est pas toujours chose facile</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-chaos-coline-serreau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Mar 2023 10:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaos : non, le film de Coline Serreau ne parle pas de la fin du monde, il parle de la fin d&#8217;un monde, celui d&#8217;une bourgeoise enfermée dans sa petite vie tranquille, que la rencontre avec une prostituée va chambouler. Définitivement. Chaos Chaos Bande-annonce VF « Violence » est un euphémisme Je tombe sur la première séquence [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27.jpg" alt="" class="wp-image-35787" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Chaos </em>: non, le film de Coline Serreau ne parle pas de la fin du monde, il parle de la fin d&rsquo;un monde, celui d&rsquo;une bourgeoise enfermée dans sa petite vie tranquille, que la rencontre avec une prostituée va chambouler. Définitivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><div id='blogvision'>    <iframe src='https://player.allocine.fr/18666731.html' style='width:480px; height:270px'>    </iframe>    <br />    <a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28175.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chaos</a>    <br />    <a href="https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18666731&#038;cfilm=28175.html">Chaos Bande-annonce VF</a>  </div></p>



<h2 class="wp-block-heading">« Violence » est un euphémisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Je tombe sur la première séquence de <em>Chaos</em> alors que je m’apprête à un ultime zapping pré-sommeil. J’éteindrai la télé une heure quarante-neuf minutes plus tard, suffoquée par la violence de ce petit bijou tourné en 2001. Il faut dire que Coline Serreau tape fort dès l’intro… et durant tout le film. De fait,  « violence » est un euphémisme. En nous contant comment Malika la prostituée (sidérante Rachida Brakni) surgit dans la vie d’Hélène (Catherine Frot, également parfaite) et Paul pour y répandre ce fameux chaos dont on n’imagine pas les retombées, la réalisatrice de <em>Trois hommes et un couffin</em> tranche brutalement avec les comédies dont elle était jusqu’alors coutumière, tout en restant dans ces portraits de personnages si attachants, ici conjugués au féminin :</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">Malika donc, 20 ans, algérienne d’origine, prostituée de force, droguée, violée, torturée, battue, qui n’a pas eu d’autre solution pour échapper au mariage forcé orchestré par un père ignoble que de fuir vers un enfer dont elle veut s’échapper à tout prix ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Hélène, la quarantaine, un mari indifférent, Paul (Vincent Lindon, excellent), absorbé par son boulot à la limite de la grossièreté et qui la prend pour une bonniche au même titre que son incapable de fils qui collectionne les petites copines ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Mamie, la mère de Paul, que son fils refuse de voir et qui vieillit seule dans le mépris condescendant de ce garçon qu’elle a trop gâté.</span></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Ces trois générations de femmes jumellent leurs souffrances pour les annuler sous l’impulsion d’une Malika martyre qui n’aura de cesse de se venger et de préserver l’avenir de sa petite sœur en lui évitant le sort funeste d’un mariage arrangé. De fait, le récit met en pratique les préceptes féministes de Choderlos de Laclos &#8211; « <em>Que nous sommes heureux que les femmes se défendent si mal</em> ! » &#8211; en y mêlant un certain penchant pur la rébellion : « <em>On ne sort de l’esclavage que par une grande révolution</em>« . Aucune faille dans ce scénario minuté comme un polar doublé d’un pamphlet féroce contre une société où être femme n’est pas toujours chose facile, loin s’en faut. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/feminicides-laffaire-de-tous-eve-aneantie/">Féminicides, l’affaire de tous : Eve anéantie …</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-courts-metrages-h-24-femme/">H24 : 24 heures de merde dans la vie d’une femme</a></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/la-ville-qui-tue-les-femmes-enquete-a-ciudad-juarez-capitale-mondiale-du-feminicide/">La ville qui tue les femmes – Enquête à Ciudad Juarez … « capitale mondiale du féminicide »</a></strong></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Générations de femmes</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">La chose en serait presque dérangeante de militantisme sous-jacent. D’un autre côté, comment ne pas s’indigner devant le traitement réservé aux filles contraintes à la prostitution par des marchands de chair sans scrupules ? De fait et à ce niveau le film se hausse au stade de <em>La dérobade</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/bronx-truands-flics-voyous-predateurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Truands</a></em>, où les rouages de la traite des blanches sont démontés sans pitié. Il y ajoute la ségrégation religieuse que subit le beau sexe, souvent écrasé par la force de traditions misogynes que cultures occidentale et orientale se partagent à égalité.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">L’incursion dans la vie de couple et de mère d’Hélène n’est guère plus glorieuse à ce titre que l’évocation de la famille de Malika. En soulevant ce voile, Coline Serreau révèle un mécanisme insidieux, trouble, où la sexualité devient marchandage et possessivité. Si l’ancienne garde, incarnée par une Line Renaud d’une très grande humanité, accepte son sort, les générations suivantes rechignent et agissent, laissant là ces messieurs dévastés, aux prises avec la vaisselle et le repassage, la honte, la bassesse et la lâcheté.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">On aime plus particulièrement Catherine Frot qui campe une Hélène en pleine émancipation, les cadrages, nerveux en diable, la couleur bleutée du film, la pudeur qui règne, même dans les scènes de la maison de dressage, où l’on viole les futures prostituées à répétition. La dernière image ramène la paix : quatre générations de femmes qui contemplent la mer avec des étoiles dans les yeux.  On regrette que pas un seul des personnages masculins n’ait de réèlle valeur, comme si le salut ne pouvait être que dans l’amazone attitude et le repli au fin fond du gynécée.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Love letters / Culte – Ian Soliane : 7 jours dans la vie d’une masochiste ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-culte-ian-soliane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2023 10:02:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=14152</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans la rubrique « Érotisme à l&#8217;extrême », je demande Culte. Ce court roman navigue en eaux troublantes pour explorer les voies torturées menant au 7ᵉ ciel du masochisme en passant un temps par la case enfer, stade anal et bestialité. Car le texte de Ian Solian nous conte, avec une prose cinglante et froide comme un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="373" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11.jpg" alt="" class="wp-image-35702" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11.jpg 373w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11-179x288.jpg 179w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11-307x494.jpg 307w" sizes="(max-width: 373px) 100vw, 373px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la rubrique « Érotisme à l&rsquo;extrême », je demande  <em>Culte</em>. Ce court roman navigue en eaux troublantes pour explorer les voies torturées menant au 7ᵉ ciel du masochisme en passant un temps par la case enfer, stade anal et bestialité. Car le texte de Ian Solian nous conte, avec une prose cinglante et froide comme un coup de cravache, un stage de soumission.</p>



<h2 class="wp-block-heading">168 heures de brimades consenties</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Amoureuse absolue abandonnée aux désirs de son amant dominateur, la narratrice, quadragénaire, mère de trois enfants, nous explique les sept jours qu’elle passe en camp de dressage où elle apprend les codes de l’esclavage volontaire. Tout commence lorsque les maîtres remettent, laisse en main, leurs dominés aux dresseurs/formateurs. Tout se termine lorsque les stagiaires, transformés, retournent à leurs propriétaires venus les chercher en grande cérémonie. Entre les deux, 168 heures de brimades, de souffrances, de manque, de sommeil, d’humiliations, de tortures, de violence sexuelle… Consenties, voulues, réclamées. Car à ce stage, certains dominés « indépendants » s’y sont même inscrits seuls, avec listes de désirs à l’appui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un jeu planifié</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La volonté tenace, inflexible des soumis : c’est cela qui laisse confondu quand on parcourt le récit de Menti (Clémentine au civil), détaillant les sévices corporels subis avec un mélange de détachement et de délice, et ces désobéissances constantes aux ordres des maîtres pour aggraver les punitions, chaque jour étant planifié par le programme des savoir-faire à acquérir et conclu par le nombre des infractions et leurs pénalités. Une régularité d’horloge malgré l’épuisement, la faim, les blessures, … Et ce rappel constant que c’est un jeu, dont les maîtres doivent dicter, imposer et limiter les dérives pour éviter les accidents, là où les soumis, envahis par leur désir, sont incapables de se stopper.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une affirmation de soi</h2>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:15px"><span style="font-size: 1.17em;">C’est là la valeur implacable de ce livre : en s’abandonnant, en s’effaçant, en acceptant de devenir esclave, Menti se trouve et s’épanouit. Une continuité d&rsquo;<em>Histoire d&rsquo;O</em> ? Pas si simple ni évident. Cette tranquille certitude devenue passage à l’acte est une affirmation de soi, renforcée par cette écriture asexuée, avortée des grivoiseries/minauderies/minauderies habituelles du genre érotico-froufroutant. Ce parcours initiatique allant jusqu’à la zoophilie et à la prostitution est apprécié dans ses moindres secondes, avec fierté, insoutenable pour la plupart, assumée, savourée par l’héroïne et ses camarades de formation. Une exploration qui rappelle dans un autre registre le documentaire édifiant dédié à Bob Flanaghan : </span><a style="font-size: 1.17em;" href="https://www.theartchemists.com/2011/03/27/documentaire-sick-the-life-death-of-bob-flanagan-supermasochist/">Documentaire : SICK: The Life &amp; Death of Bob Flanagan, Supermasochist</a>. </p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Enfants de la nuit : le dangereux temps de l’émancipation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-les-enfants-de-la-nuit-eva-ionesco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Dec 2022 12:03:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35193</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec Innocence, Eva Ionesco a évoqué son enfance martyre dans l’ombre d’une mère désaxée qui la forçait à poser nue devant son objectif. Avec Les Enfants de la nuit, l’autrice aborde le second chapitre de sa vie, ce temps merveilleux et dangereux de la fuite et de l’émancipation. Échapper à l’emprise de la mère Elle [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/livre-les-enfants-de-la-nuit-eva-ionesco/">Les Enfants de la nuit : le dangereux temps de l’émancipation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="412" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1.jpg" alt="couverture du livre de Eva Ionesco les enfants de la nuit" class="wp-image-35199" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1.jpg 412w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1-198x288.jpg 198w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782246814979-001-T1-339x494.jpg 339w" sizes="(max-width: 412px) 100vw, 412px" /></a></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Avec</span> <a href="https://www.theartchemists.com/eva-ionesco-innocence-alice-au-pays-des-tourments/" target="_blank" rel="noopener"><i>Innocence</i></a><span style="color: #000000;">, Eva Ionesco a évoqué son enfance martyre dans l’ombre d’une mère désaxée qui la forçait à poser nue devant son objectif. Avec <i>Les </i><i>E</i><i>nfants de la nuit</i>, l’autrice aborde le second chapitre de sa vie, ce temps merveilleux et dangereux de la fuite et de l’émancipation.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Échapper à l’emprise de la mère</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Elle a à peine 12 ans, mais déjà l’allure d’une femme. Seins haut perchés, croupe évocatrice, silhouette aguicheuse juchée sur des talons aiguille, moue boudeuse de petite fille soulignée par un rouge à lèvres agressif, regard langoureux ou blasé cerné de khôl, Eva, pour sûr, a grandi trop vite et veut continuer de prendre de la hauteur, quitte à se rouler dans le ruisseau. Et des ruisseaux, il n’en manque guère dans ce Paris des années 80 voué à la fête : le Sept, le Palace, Eva sera de toutes les sarabandes, vol, came et prostitution à l’appui.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Tout est bon pour échapper à l’emprise d’une mère insupportable qui perd pied tandis que sa fille objet prend la tangente dans les rues sombres de la capitale. Au bras de la jeune Eva, un certain <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-margiela-louboutin-mode/" target="_blank" rel="noopener">Christian Louboutin</a>, à peine plus âgé qu’elle, qui l’a prise sous son aile, qui la traine partout, pour danser, se droguer, vivre des amourettes interlopes ou s’extasier devant les aquariums du Palais de la Porte Dorée. Entre deux nuits d’enfer à danser, boire et vomir, quelques câlins et la lecture des auteurs latins. L’école ? Surtout pas, ces surdoués s’y ennuient trop, et la mort viendra bien assez vite, il faut en profiter avant.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Se chercher, de transgression en transgression</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">D’une plume incisive, Eva Ionesco raconte cette adolescence qui pointe le bout de son nez chez une enfant-femme dont l’horloge est détraquée. Se détacher d’une mère toxique est une chose, mais pour aller vers quoi ? C’est cet inconnu qu’Eva explore nuit après nuit, au fil de rencontres étranges. Au fil de ses souvenirs, la romancière dresse la cartographie émotionnelle de son périple vers un âge adulte qu’elle appelle de ses vœux, qu’elle revendique rageusement comme une vengeance, mais qu’elle est encore trop fragile pour assumer.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Tandis que les talents se croisent en nocturne dans les folies des 80’s décadentes, Eva se cherche de transgression en transgression. Elle se cherche comme elle cherche l’amour dont elle a si cruellement manqué. Elle expérimente, elle s’affranchit, elle se punit. Son récit, d’une grande crudité, évoque cette flagellation abominable et délicieuse avec une froideur de chirurgien auscultant un malade. Mais derrière cette apparente distance, la colère demeure, le regret aussi ? L’émerveillement et la nonchalance mélangée, la course aux sensations, l’envie de vibrer pour se donner une raison d’exister.</span></p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-5 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>À lire également :</strong></p>



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</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"><b>L’impossibilité de rompre avec un vécu</b></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Le sujet est délicat, les souvenirs à la fois intenses et douloureux. Quelque chose du pathétique fier et digne des livres de</span> <a href="https://www.theartchemists.com/?s=patrick+eudeline" target="_blank" rel="noopener">Patrick Eudeline</a> <span style="color: #000000;">? Il y a de ça, oui, et puis un besoin d’extérioriser, d’exprimer sur le papier l’intensité de ces moments, le refus de céder à la tentation d’oublier. L’acceptation passe par la confrontation sereine avec les tourments d’autrefois</span>. <a href="https://www.grasset.fr/livres/les-enfants-de-la-nuit-9782246814979" target="_blank" rel="noopener"><i>Les Enfants de la nuit </i></a><span style="color: #000000;">n’est pas qu’un livre de souvenirs, le récit nostalgique d’une époque révolue.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est aussi un regard clair et sans concession sur ce qu’on a été, sur cette partie de soi qui a disparu au fil du temps, mais qui demeure nichée à jamais en son sein, dans le secret de son être. C’est toute la force de ces pages qui semblent, sinon apaisées, du moins plus posées que celles, tempétueuses à juste titre d’<i>Innocence </i>: donner à voir, à sentir cette quête fondatrice qui signe l’impossibilité de rompre avec un vécu, la volonté de s’en approprier même les ruines, pour, enfin, construire.</span></p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>La Crème de la crème : le pire c&#8217;est qu&#8217;ils en sont fiers &#8230;</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-la-creme-de-la-creme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Nov 2022 05:36:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=22169</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dès sa sortie sur les écrans, La Crème de la crème, le brûlot de Kim Chapirot, fit couler à flot l&#8217;encre des critiques. Tout le monde y alla de son petit commentaire : le jeune réalisateur s&#8217;en prenait-il vraiment à la prestigieuse HEC ? L&#8217;école de commerce tolérait-elle pareilles déviances ? Son récit était-il vraisemblable [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/artoff7380.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-22175 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/artoff7380-364x494.jpg" alt="artoff7380" width="364" height="494" /></a></p>
<p align="justify">Dès sa sortie sur les écrans, <i>La Crème de la crème</i>, le brûlot de Kim Chapirot, fit couler à flot l&rsquo;encre des critiques. Tout le monde y alla de son petit commentaire : le jeune réalisateur s&rsquo;en prenait-il vraiment à la prestigieuse HEC ? L&rsquo;école de commerce tolérait-elle pareilles déviances ? Son récit était-il vraisemblable ?</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Contribuer à la fiesta, à tout prix</span></h2>
<p align="justify">Le film me tombe sous les yeux douze mois plus tard : le climat de scandale s&rsquo;est largement dissipé. Que reste-t-il de l&rsquo;odeur de souffre ? Pas grand-chose, ma foi. Un film de bonne qualité, mais qui ne frise guère le génie, dans le traitement des images et de la lumière. C&rsquo;est plus le scénario initié par Noé Debré qui accroche : on y dépeint une jeunesse dorée, qui, en attendant patiemment d&rsquo;hériter de la boite de papa ou de sa fortune, fait une fiesta à peine entrecoupée de cours dans lesquels elle s&#8217;emmerde ferme.</p>
<p align="justify">Au milieu de cette bacchanale, trois élèves d&rsquo;origines sociales différentes, Louis de noble extraction, Dan issu de la bourgeoisie aisée, Kelliah originaire d&rsquo;une banlieue misérable, comprennent que pour percer, se faire un nom et constituer le réseau qui les mettra en rails et assurera leur carrière, il faut à tout prix contribuer à la fiesta. Comment ? En y introduisant des jolies filles, venues là contre monnaie sonnante et trébuchante afin de rehausser le prestige de leur cavalier et passer la nuit avec. Légalement, cela relève de la prostitution.</p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/7a8ef352de0355f84634ee9e6fdeceeb.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-22172 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/7a8ef352de0355f84634ee9e6fdeceeb-494x277.jpg" alt="7a8ef352de0355f84634ee9e6fdeceeb" width="494" height="277" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/7a8ef352de0355f84634ee9e6fdeceeb-494x277.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/7a8ef352de0355f84634ee9e6fdeceeb-288x162.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/7a8ef352de0355f84634ee9e6fdeceeb.jpg 600w" sizes="(max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Trafic sans scrupule</span></strong></h2>
<p align="justify">On se demande donc ce que ces sales mômes faisaient en cours de droit, dormir profondément peut-être ? Par contre, ils étaient certainement très à l&rsquo;écoute en Éco et en Finance, vu le business plan qu&rsquo;ils montent pour développer leur petite industrie. On frémit en entendant leur discours, leur justification et leurs calculs. Sauf que tout ce petit monde va se faire rattraper. Par les adultes ? Que nenni ! Les hautes instances parentales et professorales brillent par leur absence, leur inconscience, leur démission ; aveugles et/ou candides, les anciens sont transparents.</p>
<p align="justify">Leur descendance a donc le champ libre pour s&rsquo;adonner à ces trafics borderline sous couvert d&rsquo;expérimentation sociétale. Sans l&rsquo;ombre d&rsquo;un scrupule, en enrobant le tout d&rsquo;un vocabulaire pseudo intello-technique qui cache élégamment une dérive délinquante évidente doublée d&rsquo;un mépris total pour soi et autrui. Tous sont touchés, ceux qui organisent, ceux qui en profitent, … celles qui participent et celles qui dénoncent. Écœurant ? Effrayant ? Réaliste ? À la sortie du film, tout le monde s&rsquo;est demandé si ce fait divers est vraiment survenu.</p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/PHO7d800248-b8d8-11e3-b80b-3bfae645a38e-805x453.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-22171 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/PHO7d800248-b8d8-11e3-b80b-3bfae645a38e-805x453-494x278.jpg" alt="PHO7d800248-b8d8-11e3-b80b-3bfae645a38e-805x453" width="494" height="278" /></a></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">La punition de l&rsquo;amour</span></strong></h2>
<p align="justify">Pourquoi oui ? Pourquoi non ? La question n&rsquo;est pas vraiment là. Le film de Chapirot prend sa source et sa légitimité ailleurs, dans le tableau d&rsquo;une jeunesse sans repères autres que l&rsquo;argent et la réussite sociale. Plus de morale, plus de limites, la griserie d&rsquo;un pseudo pouvoir bien trompeur… Ce qui va les ramener brutalement sur terre ? L&rsquo;amour. Eh oui, on ne peut dompter les sentiments et très vite ces jeunes entrepreneurs inflexibles et fiers vont se retrouver happés dans le labyrinthe de leurs attirances. Leur punition est là, tout comme leur salut (et l&rsquo;opportunité d&rsquo;une fin ouverte en forme de pirouette pour le réalisateur qui s&rsquo;offre une issue confortable bien qu&rsquo;un peu capillotractée).</p>
<p align="justify">En bref, si les trois comparses vont vite déchanter, c&rsquo;est plus par amour que sous la menace d&rsquo;une justice dont ils n&rsquo;ont cure, n&rsquo;ayant pas saisi la portée de leurs actes, satisfaits même de leur succès. « On ne badine pas avec l&rsquo;amour », avait expliqué Musset en son temps. <i>La Crème de la crème</i> recoupe cette bonne vieille thématique, tout comme celles du roman d&rsquo;initiation, avec des profils assez proches du Julien Sorel de Stendhal dans <i>Le Rouge et le Noir</i>, du Frédéric Moreau de Flaubert dans <i>L&rsquo;Education sentimentale. </i></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/la-creme-de-la-creme.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-22174 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/la-creme-de-la-creme-494x278.jpg" alt="la-creme-de-la-creme" width="494" height="278" /></a></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">L&rsquo;élite de demain ?</span></strong></h2>
<p align="justify">Apprentissage difficile de règles sociales retorses, découvertes des rouages peu louables d&rsquo;une élévation trompeuse, désillusions en chaîne en place des succès escomptés, … au final Chapirot prolonge la tradition en la situant dans ce qui aujourd&rsquo;hui constitue le creuset reconnu de l&rsquo;accomplissement, à savoir l&rsquo;école de commerce. Qu&rsquo;en conclure ? Qu&rsquo;en tant de siècles, rien n&rsquo;a changé ? On est tenté de le croire. Et cela fait peur, car le principe républicain d&rsquo;égalité et de fraternité en prend un coup mémorable. En place, une jeunesse éperdue de fric, de clinquant et de gloriole, dépourvue d&rsquo;éthique, sous l&rsquo;œil complaisant et impavide d&rsquo;adultes qui acceptent et encouragent ces dérives.</p>
<p align="justify">Équivalent français du <a href="https://www.theartchemists.com/cinema-the-bling-ring-no-limit-no-future-and-no-taste/"><i>Bling Ring</i></a> de Sophia Coppola, <i>La Crème de la crème</i> ne peut se résumer à la critique d&rsquo;une institution précise, en l&rsquo;état HEC. C&rsquo;est toute une mentalité, une perception des relations, des échanges qui sont évoquées du point de vue de gamins qui demain vont devenir l&rsquo;élite d&rsquo;un pays, en conséquence des modèles et des dirigeants, avec entre les mains nos destins économiques, financiers et politiques. Cela explique beaucoup sur l&rsquo;état actuel de notre monde. Et pour le coup, c&rsquo;est autrement terrifiant.</p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/la-crc3a8me-de-la-crc3a8me-c2a9-wild-bunch-distribution.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-22170 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/la-crc3a8me-de-la-crc3a8me-c2a9-wild-bunch-distribution-494x278.jpg" alt="la-crc3a8me-de-la-crc3a8me-c2a9-wild-bunch-distribution" width="494" height="278" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/la-crc3a8me-de-la-crc3a8me-c2a9-wild-bunch-distribution-494x278.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/la-crc3a8me-de-la-crc3a8me-c2a9-wild-bunch-distribution-288x162.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/la-crc3a8me-de-la-crc3a8me-c2a9-wild-bunch-distribution.jpg 640w" sizes="(max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Gangs de Paris : requiem pour la francilienne du crime</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gangs-de-paris-requiem-pour-la-francilienne-du-crime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2022 11:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Naples, Los Angeles, Medelin, New York, … mais que croyez-vous donc, les chéris ? Que les groupements mafieux sont l&#8217;apanage de ces grandes métropoles ? C&#8217;est oublier un peu vite que notre chère capitale est, elle aussi, une plate forme internationale du banditisme organisé. Et depuis belle lurette. Spécialiste du sujet, le journaliste Jérôme Pierrat [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/02/gangs-de-paris-couve-4f91953c3d36c.jpg" rel="attachment wp-att-25304"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-25304 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/02/gangs-de-paris-couve-4f91953c3d36c.jpg" alt="gangs-de-paris-couve-4f91953c3d36c" width="300" height="372" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/02/gangs-de-paris-couve-4f91953c3d36c.jpg 300w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/02/gangs-de-paris-couve-4f91953c3d36c-232x288.jpg 232w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></h4>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Naples, Los Angeles, Medelin, New York, … mais que croyez-vous donc, les chéris ? Que les groupements mafieux sont l&rsquo;apanage de ces grandes métropoles ? C&rsquo;est oublier un peu vite que notre chère capitale est, elle aussi, une plate forme internationale du banditisme organisé. Et depuis belle lurette. Spécialiste du sujet, le journaliste Jérôme Pierrat s&#8217;emploie à nous l&rsquo;expliquer dans l&rsquo;ouvrage <em><a href="http://www.parigramme.com/livre-gangs-de-paris-23.htm">Gangs de Paris</a></em>.</span></p>
<h2><strong><span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Le monde évolue, la criminalité s&rsquo;adapte</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Éditée chez <a href="http://www.parigramme.com/">Parigramme</a>, son étude nous emmène dans les bas fonds de la Ville Lumière, plus précisément dans ses banlieues proches, où nichaient les têtes de réseaux criminelles qui se sucraient en centre-ville, pour revenir ensuite dans leurs QG du 94 et du 93. Prostitution, racket, came, contrebande, hold-up, les « beaux mecs » du temps jadis ne manquaient pas d&rsquo;imagination afin de varier leurs activités illicites et faire un beurre conséquent, immédiatement investi dans des trafics en tous genres.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Cette odyssée débute juste après les années de guerre, quand le milieu s&rsquo;engraisse sur la reconstruction de l&rsquo;Europe, puis passe en revue les temps forts de l&rsquo;Histoire. Guerre d&rsquo;Algérie, développement de la zone, crises des Trente Glorieuses, changements de gouvernements… tandis que le monde évolue, la criminalité s&rsquo;adapte, sans perdre ses fondamentaux.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/gangsters-republique-faire-imploser-discours-securitaire/" class="wp-embedded-content" data-secret="uGO8JVNEqT"><p><a href="https://www.theartchemists.com/gangsters-republique-faire-imploser-discours-securitaire/">Les Gangsters et la République : ou comment faire imploser le discours sécuritaire</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Gangsters et la République : ou comment faire imploser le discours sécuritaire » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/gangsters-republique-faire-imploser-discours-securitaire/embed/#?secret=C1p5lLVm9T#?secret=uGO8JVNEqT" data-secret="uGO8JVNEqT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Chroniques et nostalgie</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Extrêmement documenté, l&rsquo;ouvrage se lit comme une enfilade de chroniques extraites de la rubrique « Faits divers ». L&rsquo;écriture, précise, rythmée, respire çà et là son Michel Audiard, son Georges Simenon. On y découvre des profils déjantés, des figures hautes en couleur qui jouent du flingue et du costume, s&rsquo;amusant à déjouer les pièges de la maison Poulaga, tout en réglant leurs comptes de manière musclée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">C&rsquo;est presque une subculture, ses codes, son langage, ses habitudes, ses rites que Pierrat explicite avec l&rsquo;amour d&rsquo;un entomologiste, d&rsquo;un archéologue devant les vestiges d&rsquo;une civilisation disparue. Car cette conception du milieu est mort, constate-t-il presque à regrets. C&rsquo;est donc un album de souvenirs qu&rsquo;on feuillette ici, observant la mémoire d&rsquo;un temps révolu au fil des clichés sépia, des fiches anthropométriques vieillies, des articles de presse jaunis par le temps. Nostalgie ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;">Pour en savoir plus sur l&rsquo;ouvrage <a href="http://www.parigramme.com/livre-gangs-de-paris-23.htm"><em>Gangs de Paris</em></a>, rendez-vous sur la page que lui consacre le site de Parigramme.</span><br />
</span></p>
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		<title>Dopesick : ou comment une big pharma a empoisonné le rêve américain</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-dopesick/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jan 2022 18:01:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>400 000 morts en 20 ans, 72 000 décès en 2017, 35 milliards de dollars de chiffres d&#8217;affaires : voici trois chiffres clés du scandale de l’Oxycontin, notamment évoqués dans le documentaire USA, morts sur ordonnance. Présenté par son fabricant Perdue comme LA panacée universelle contre la douleur chronique, ce médicament faussement miracle a décimé [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/affiche-de-la-serie-Dopesick.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/affiche-de-la-serie-Dopesick.jpg" alt="affiche de la série Dopesick" class="wp-image-34507" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/affiche-de-la-serie-Dopesick.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/affiche-de-la-serie-Dopesick-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/affiche-de-la-serie-Dopesick-395x494.jpg 395w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">400 000 morts en 20 ans, 72 000 décès en 2017, 35 milliards de dollars de chiffres d&rsquo;affaires : voici trois chiffres clés du scandale de l’Oxycontin, notamment évoqués dans le documentaire <a href="https://youtu.be/XcFdpUSUjRk" target="_blank" rel="noopener"><i>USA, morts sur ordonnance</i></a>. Présenté par son fabricant Perdue comme LA panacée universelle contre la douleur chronique, ce médicament faussement miracle a décimé des vies, des familles, des villes entières. Outre les décès par overdose, on dénombre des milliers de personnes initialement intégrées, devenues dépendantes<span style="font-family: Liberation Serif, serif;">, </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">licenciées</span>, divorcées, sans foyer, réduites à la délinquance et à la prostitution, condamnées à une mort lente ou à une très douloureuse désintoxication. En manque… Dopesick.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://youtu.be/7BUrqK-2wDA?si=LOiOHW0czw1E9E_J
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Un produit infernal</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><i><a href="https://www.disneyplus.com/fr-fr/series/dopesick/vaEHfF8OZHUP" target="_blank" rel="noopener">Dopesick</a>&nbsp;</i>: voici donc le terme coup de poing choisi par Danny Strong pour baptiser une série exemplaire à plus d’un titre. Le showrunner s’est inspiré d<span style="font-family: Liberation Serif, serif;">u livre </span><strong><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Dopesick: Dealers, Doctors, and the Drug Company that Addicted America</i></span></span></strong><strong><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">&nbsp;de Beth Macy</span></span></strong> <span style="font-family: Liberation Serif, serif;">pour évoquer cette affaire de l’intérieur et en dresser un récit humain absolument tragique. L’</span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">intrigue</span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"> évoque </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">bien sûr</span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"> la création du médicament </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">OxyContin </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">et sa mise en vente sous l’impulsion </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">du très ambitieux et sans scrupules Richard Sackler, </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">l’un des héritiers de la firme Purdue et la manière dont ce remède s’infiltre chez les médecins puis chez les patients par le biais d’une stratégie marketing aussi agressive que mensongère. </span></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Il s’agit en parallèle de montrer comment l’opioïde détruit progressivement la vie de ceux qui en consomment, comment ces derniers tombent en dépendance, la souffrance qu’ils ressentent, le lent chemin vers la délinquance, l’impuissance des proches. On découvre également comment ce produit infernal ruine petit à petit le tissu social des villes, faisant exploser le taux de délinquance de petites cités de province jusqu’alors très tranquilles. Cette explosion va attirer l’attention d’enquêteurs et de procureurs qui vont enquêter avec bien des difficultés face aux manœuvres lobbyistes de Purdue qui possède des contacts jusqu’au plus haut niveau de l’État.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Le pot de terre contre le pot de fer&nbsp;</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Le pot de terre contre le pot de fer ? La série, dont certains épisodes sont réalisés par Barry Levinson, confronte avec violence deux incarnations du rêve américain : d’un côté le travailleur, le mineur, l’homme du peuple issu de l’Amérique profonde, héritier anonyme des pères bâtisseurs, profondément croyant, sans autres ambitions que d’acheter une maison pour y abriter femme et enfants, offrir un avenir à sa progéniture, des lendemains meilleurs ; de l’autre, les membres d’une puissante famille qui travaillent à faire fructifier une entreprise qu’ils chérissent, dans un combat d’egos difficilement supportable</span>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">À la clé, c’est la santé de milliers de personnes qui est en danger. Mais les dirigeants de Purdue s’en moquent, trafiquent les documents remis aux autorités sanitaires chargées de valider la qualité ce produit, des institutions à leur service, qu’ils ont complètement inféodées. Le discours illuminé de Richard Sackler, surdoué convaincu de sauver le monde, fait froid dans le dos, surtout quand il s’accompagne de remarques sur les ruses marketing à mettre en place pour convaincre les médecins de diagnostiquer ce poison à leurs patients. Ce qui intéresse réellement Sackler, sa famille, leurs actionnaires, leurs commerciaux ? Les plus-values.</span></p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li style="font-style:normal;font-weight:600"><a href="https://www.theartchemists.com/serie-the-dropout/">The Dropout : de la déchéance d’Elizabeth Holmes et de Theranos, un récit anti « OK Boomer »</a></li>



<li style="font-style:normal;font-weight:600"><a href="https://www.theartchemists.com/film-the-good-nurse-meurtres-sans-ordonnance/">The Good Nurse – Meurtres sans ordonnance : il suffit d’un grain de sable dans la mécanique</a></li>



<li style="font-style:normal;font-weight:600"><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-big-pharma/">Big Pharma, labos tout-puissants : hydre financière vs patients victimes et lanceurs d’alerte</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Le tournis et la nausée</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Peu importe le reste, y compris la destruction de régions entières. La folie capitaliste est ici mise en évidence de manière flagrante, son hypocrisie également. Philanthropes et mécènes, les Sackler savent très bien ce qu’ils font. Mais du haut de leur immense fortune, ils se fichent de détruire la vie des petites gens, pour peu qu’ils engrangent des dividendes. Leur discours commercial, ici décortiqué par le menu, est particulièrement bien rôdé&nbsp;; quand il s’effrite, les avocats, les lobbyistes entrent en lice. Il faudra la détermination d’une poignée d’enquêteurs investis dans leur mission pour partiellement venir à bout de cette hydre.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Très sincèrement, les huit épisodes de <i>Dopesick</i> donnent autant le tournis que la nausée. Ceux qui doutaient déjà de la fiabilité de l’industrie pharmaceutique n’y trouveront aucun réconfort ; les autres y perdront probablement leur confiance. En tout cas, ils ne pourront que s’interroger. La problématique se pose naturellement : peut-on laisser des entreprises privées accaparer ainsi la question de la santé publique pour en faire un marché dépourvu d’éthique et de contrôle fiable ? Comment par ailleurs stopper dans leur élan prédateur des Sackler qui déguisent leur avidité sous des apparences altruistes ? À méditer.</span></p>





<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>
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		<title>The Mob Museum : au cœur de la mafia !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/visit-mob-museum-mafia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Sep 2021 13:47:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34231</guid>

					<description><![CDATA[<p>Figurez-vous que la pègre aussi a son musée ! Il est situé à Las Vegas, dans un vieil immeuble de Stewart Avenue et retrace un siècle d’histoire du grand-banditisme à l’américaine. Et la visite vaut le détour. https://youtu.be/XK7Ua2BCn4k Des décennies d’ancrage Cela ne s’invente pas : initié par un ancien avocat, le Mob Museum a élu domicile [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/the-mob-museum_opt1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34232 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/the-mob-museum_opt1.jpg" alt="Vues de The Mob Museum à Las Vegas" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/the-mob-museum_opt1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/the-mob-museum_opt1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/the-mob-museum_opt1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Figurez-vous que la pègre aussi a son musée ! Il est situé à Las Vegas, dans un vieil immeuble de Stewart Avenue et retrace un siècle d’histoire du grand-banditisme à l’américaine. Et la visite vaut le détour.</span></p>
<p>https://youtu.be/XK7Ua2BCn4k</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Des décennies d’ancrage</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cela ne s’invente pas : initié par un ancien avocat, le Mob Museum a élu domicile dans un building des années 30 qui servait initialement de bureau des poste … et de palais de justice ! Véridique pied de nez au destin et signe de la dimension quasi mythique que revêt désormais la mafia dans l’imaginaire moderne et la pop culture. Mais pas seulement.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Si le parcours permet de s’immerger dans un speakeasy, de découvrir les joies de la distillerie clandestine et les grandes heures de la Prohibition, il s’agit par ailleurs d’explorer des décennies d’ancrage progressif au cœur de la société américaine et des élites en place ; un ancrage qui va se modifier avec le temps, les tendances, les technologies … et les marchés en tension.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/livre-mafia-hollywood/" rel="bookmark">La Mafia à Hollywood : James Ellroy avait raison !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une collection impressionnante</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’alcool initialement, les cigarettes, puis la drogue, sans compter le racket, la prostitution, le trafic humain, les armes … et la corruption bien entendu. Le tout réparti sur trois étages plus un sous-sol, saturés de documents, photographies, vidéos, artefacts, bref une collection impressionnante détaillant par le menu l’histoire de la pègre et de sa confrontation avec les autorités.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car l’un ne va pas sans l’autre. Et tout le parcours met en évidence comment les deux univers vont s’affronter, s’organisant, se confortant au coup par coup. Zoom sur les 100 plus grands mafieux, massacre de la saint Valentin, développement de la pieuvre, le musée propose par ailleurs une focale sur la manière dont la mafia a fait main basse sur l’industrie du jeu de Las Vegas.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  </span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/cuba-batista-et-la-mafia-des-causes-dune-revolution/" rel="bookmark">Cuba, Batista et la mafia : des causes d’une révolution </a></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’ensemble est immersif, interactif, très précis jusque dans l’évocation des nouveaux modes mafieux. Bref si vous passez par Vegas, vous savez où vous rendre pour passer une journée absolument passionnante. Et si vous ne pouvez pas rallier Sin City, il vous reste cependant une <a href="https://www.youtube.com/c/mobmuseumlasvegas/videos" target="_blank" rel="noopener">série de vidéos</a> particulièrement pointues à décortiquer, une application, un virtual tour … Bref largement de quoi assouvir votre curiosité … et préparer une visite future ?</span></p>
<p align="justify"><strong>Et plus si affinités</strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus sur The Mob Museum, n&rsquo;hésitez pas à visiter <a href="https://themobmuseum.org/" target="_blank" rel="noopener">le site du musée</a>.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/visit-mob-museum-mafia/">The Mob Museum : au cœur de la mafia !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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