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	<title>American Horror Story</title>
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		<title>Monster : The Ed Gein story &#8230; ce que mérite l’Amérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-ed-gein-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions littéralement dévoré Monster 1 et 2, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de Jeffrey Dahmer et des frères Menendez. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du Silence des agneaux. Ça vous l’a...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="480" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein.jpg" alt="" class="wp-image-38341" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein-395x494.jpg 395w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Nous avions littéralement dévoré <em>Monster 1 </em>et<em> 2</em>, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Jeffrey Dahmer</a> et des <a href="https://www.theartchemists.com/serie-menendez/">frères Menendez</a>. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du <em>Silence des agneaux</em>. Ça vous l’a fait aussi ? Normal. Le binôme Murphy/Brennan a, comme à son habitude et avec la maestria qu’on lui connaît, exploré comment une histoire sordide a engendré un mythe. Avec en toile de fond une réflexion sur ce mérite l’Amérique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a>. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="MONSTER: The Ed Gein Story | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Atrocités de proximité</h2>



<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein">Ed Gein</a> donc : un discret fermier issu de l’Amérique profonde, coincé entre les interdits érigés par une mère castratrice avec laquelle il tisse une relation fusionnelle au-delà du concevable et des fantasmes de dépeçage et de nécrophilie. Maman meurt : Ed, dévasté, perd son seul garde-fou (dans tous les sens du terme) et passe à l’acte, depuis le viol de cadavres jusqu’au meurtre en passant par la fabrication de meubles en peau et os humains.</p>



<p>Les flics qui vont finalement l’appréhender auront du mal à s’en remettre. Les médias se saisiront de cette affaire qui aura un écho international&nbsp;: dans les années 50 en voie de rémission après une seconde guerre mondiale horrifique, on n’imagine même pas qu’un Ed Gein puisse exister et commettre semblables atrocités dans sa cuisine à proximité du centre d’une petite ville du Wisconsin où tout le monde se connaît. Et pourtant…</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-52e16958271510901ae7bfffe1f746a7"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
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<h2 class="wp-block-heading">Autopsier la psyché américaine</h2>



<p>Cette histoire va s’enraciner dans la culture américaine, influençant des générations de tueurs en série qui rendront hommage à Gein comme à la matrice originelle de leurs barbaries, ET une floppée de réalisateurs s’emparant de ce fait divers pour le raconter en sanglantes images qui vont transformer le cinéma (à moins que ça soit l’inverse ?). <em>Psychose</em> d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/">Hitchcock</a>, <em>Massacre à la tronçonneuse</em> de Hopper, <em>Le Silence des agneaux</em> de Demme : trois monuments filmiques, trois séismes artistiques, trois grandes mutations dans le regard des spectateurs.</p>



<p>Pas étonnant que Murphy/Brennan, qui, rappelons-le, ont accouché de la superbe minisérie<a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/"> <em>Hollywood</em></a>, se penchent sur le devenir de la fable Ed Gein, ajoutant au passage des clins d’œil à <em>Maniac</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter</a></em>. Désireux qu’ils sont d’autopsier la psyché américaine dans ce qu’elle a de plus tortueux, de plus vénéneux, ils ne pouvaient ignorer pareille source. Encore moins la raconter sans y mêler esthétique, humanité et poésie (la déclinaison à l’œuvre dans la saga <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story">American Horror Story</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pénétrer la réalité d’une démence</h2>



<p>Teintes verdâtres et lumières tamisées, nuances de cadavre en putréfaction, gros plans sur les mains qui caressent les chairs mortes, les doigts qui cousent des peaux de femme, les pupilles qui se dilatent devant des images de sévices, Murphy/Brennan mettent en scène l’atroce du point de vue d’un Gein bercé/rongé par ses visions, ses angoisses, ses désirs. C’est aussi insupportable que superbe, poignant même, et particulièrement perturbant. Car, ce faisant, Murphy/Brennan nous rappellent que ce type martyrisé par une mère fanatique et elle-même dérangée, souffrait de schizophrénie.</p>



<p>Ne pas excuser, ne pas magnifier, pénétrer la réalité d’une démence. Facile à dire, plus compliqué à faire&nbsp;: Charlie Hunnam campe un Ed Gein contre toute attente charismatique, dont on n’arrive jamais à déterminer s’il est un peu benêt ou profondément manipulateur. Autour de lui une palette d’acteurs également impliqués, dont Tom Hollander en Hitchcock dévoré par le monstre filmique qu’il engendre, Will Brill, frénétique Tobe Hopper, ou Vickie Krieps, terrifiante Ilse Koch. Le casting est impressionnant, de même le travail de reconstitution des décors et des costumes, les effets spéciaux, les maquillages, la photographie, les cadrages, le montage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gein, miroir intemporel des peurs de l’Amérique</h2>



<p>Effet d’harmonie pour conter le chaos d’un esprit médiocre rongé de démence et évoluant dans un monde parallèle et mortifère où la violence perturbe les genres. Avec <em>Monster : The Ed Gein story</em>, Murphy/Brennan ajoutent leur pierre à l’édifice qu’ils tentent de démonter. Ironie du sort : si, comme le dit si bien Hopper, Gein inspire les films que l’Amérique mérite, tendant ainsi un miroir à ses terreurs le plus profondes (menace nucléaire, guerre du Vietnam, crise économique…), alors quelles peurs modernes ce nouvel opus de la série <em>Monster</em> dénoncent-elles ?</p>



<p>Les USA de Trump, masculinistes, fondamentalistes et rétrogrades, s’acharnent sur les opposants, les migrants, les femmes, les homosexuels, les transsexuels. Schizophrénique, le pays de la démocratie tourne à la dictature à coup de censure et de discrimination. Combien de Ed Gein à la clé de cette plongée dans les eaux troubles du rigorisme religieux où il ne fait pas bon être une femme ou avoir changé de sexe ? Gein, obsédé par le corps des femmes au point de leur arracher la peau pour s’en faire un costume, s’en masquer le visage, n’est pas le transsexuel frustré qu’on a imaginé mais un gynéphile tellement obsédé par la féminité qu’il la pénètre intégralement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homme parasite et fascination du true crime</h2>



<p>La démembre, l’écorche, la recompose à sa façon pour s’y glisser et y vivre. Peau d’Âne version homme, Hercule recouvert d’une défroque féminine : un homme parasite, adulescent qui détruit les femmes jusqu’à s’emparer de leur être, de leur visage, de leurs formes. Plus qu’un boucher, un ogre mu par ses hallucinations, ses pulsions et qui pour jouir a besoin d’une femme froide, silencieuse, soumise. Morte. Aucun recul, pas de remord, le regard absorbé par les magazines illustrant la barbarie nazie sous toutes ses formes.</p>



<p>Difficile de ne pas faire le lien avec le règne des images modifiées par l’IA, images qui inondent nos fils d’actu et entretiennent notre FOMO. La référence à Weegee, photographe new-yorkais qui a dépeint la vie nocturne de Big Apple y compris ses côtés scabreux et sanglants n’est pas anodine. La fascination de Gein et de sa petite amie pour les scènes de meurtre non plus. Alors que le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> est plébiscité, Murphy/Brennan interrogent cette fascination malsaine et le business qu’elle génère, l’effet Ed Gein qu’elle alimente.</p>



<p>Certains diront que la série, composée de huit épisodes, est trop longue, chronologiquement bordélique. C’est qu’il ne s’agit guère de raconter des faits qui tiennent sur un timbre-poste ou presque. D’ed gein en soi, il y a peu à dire sinon que c’était un tueur dément. Mais c’est l’impact durable qu’il a sur la mémoire américaine qu’il imposte ici d’ausculter. Et la love story sado-maso des USA pour le boucher de Planinfield a de quoi interpeler les consciences. Ce que Murphy/Brennan font avec beaucoup de pertinence et un plaisir non feint.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>FEUD 2 Capote vs The Swans : auteur maudit et cygnes en bouillie !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/feud-2-capote-swans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2024 08:59:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On va le dire carrément : la première saison de FEUD nous a laissés sur le cul. En s&#8217;attaquant brillamment au fight légendaire entre Joan Crawford et Bette Davis sur fond de tournage (cauchemardesque) du film culte Qu&#8217;est-il arrivé à Baby Jane ?, Ryan Murphy avait mis la barre très très haut. Difficile de remettre le couvert avec autant de maestria. Il faudra donc sept ans au showrunner de American...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2.jpg" alt="" class="wp-image-37342" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On va le dire carrément : la <a href="https://www.theartchemists.com/feud-saison-1-bette-vs-joan/">première saison de FEUD</a> nous a laissés sur le cul. En s&rsquo;attaquant brillamment au fight légendaire entre Joan Crawford et Bette Davis sur fond de tournage (cauchemardesque) du film culte <em>Qu&rsquo;est-il arrivé à Baby Jane ?, </em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy">Ryan Murphy</a> avait mis la barre très très haut. Difficile de remettre le couvert avec autant de maestria. Il faudra donc sept ans au showrunner de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=american+horror+story">American Horror Story</a></em>, <em>Glee</em> et autres <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=pose">Pose</a></em> pour accoucher d&rsquo;une seconde querelle digne de ce nom. Et quelle querelle : avec <em>Capote vs The Swans, </em>Murphy<em> </em>narre les différents épisodes du clash entre l&rsquo;auteur du mythique <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-sang-froid-capote/">De sang froid</a></em> et ses amies de la jet set new-yorkaise qu&rsquo;il avait surnommées « Les cygnes ». Bouillie de palmipèdes en perspective !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="FEUD: Capote Vs. The Swans Trailer (2024) Naomi Watts, Demi Moore" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/WeE1pRfIt8k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des cadavres dans de beaux placards</h2>



<p>Car il n&rsquo;y aura pas de pitié, soyez-en sûrs ! Tant qu&rsquo;il divertit ses richissimes amies, tant qu&rsquo;il anime leurs somptueux dîners où se croisent nababs, artistes et fashionistas, pas de soucis : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=truman+capote" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Truman Capote</a> est le bienvenu, invité partout, même et surtout en vacances dans les villas élégantes des Hamptons. On apprécie son humour, sa culture, son ironie aussi. Une ironie féroce quand il déchire à belles dents celles et ceux qui ont démérité, fait un écart, se sont compromis. Verre en pogne, cet auteur incontournable de la littérature américaine se cuite allègrement en critiquant tout ce qui lui passe à portée de regard. Cela fait beaucoup rire &#8230; jusqu&rsquo;au jour où ses chers cygnes se retrouvent dans le viseur.</p>



<p>Objet de leur colère : « La Côte Basque », nom du restaurant huppé où elles se retrouvent régulièrement avec Capote, et titre d&rsquo;un chapitre de <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Answered_Prayers?oldid=956310128" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Prières exaucées</a></em> paru dans <em>Esquire</em> en 1965, chapitre dans lequel le romancier se lâche dangereusement, révélant à mots à peine couverts les déconvenues de ces dames, entre bassesses, tromperies, maris volages et autres vacheries qu&rsquo;elles se font entre elles. Il faut dire que Capote en a entendu, vu, vécu des vertes et des pas mûres, dans cet univers feutré où le paraître est tout, où on s&rsquo;égorge le sourire aux lèvres. Confident parfait, on lui a confessé bien des secrets, les cadavres que ces damesles cygnes cachent dans leurs beaux placards, il les connaît tous ou presque, puisqu&rsquo;il a aidé à les planquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Détailler la déchéance</h2>



<p>Aussi, quand il édite ces lignes issues d&rsquo;une oeuvre qu&rsquo;il ne finira jamais, la crise est immédiate, brutale. Toutes vont faire front pour le démolir socialement, psychiquement, intellectuellement. Justice ou mesquinerie ? Pour tout dire, quand commence la série, Capote va déjà mal, il boit de plus en plus, n&rsquo;arrive plus à écrire. La rédaction de <em>De Sang froid</em> l&rsquo;a complètement vampirisé. Rongé par le souvenir d&rsquo;une mère pour le moins castratrice, paniqué à l&rsquo;idée de vieillir, de voir sa beauté se flétrir, son inspiration se tarir, il s&rsquo;oublie dans l&rsquo;alcool, s&rsquo;abîme dans une sexualité toxique à la limite du masochisme le plus destructeur. C&rsquo;est à cette fin de règne qu&rsquo;on assiste, impuissant et navré. Car tandis qu&rsquo;il bataille vainement pour écrire encore un peu, pour gagner son combat contre les Cygnes, Capote sombre doucement, isolé, insupportable, enchaînant les erreurs volontairement pour tomber toujours plus bas. </p>



<p>Un reflet de la déliquescence à venir pour les USA des années 70 ? Cette déchéance, Murphy, comme à son habitude, la détaille méticuleusement, sans juger personne, objectif, pénétrant, mettant en regard le destin de Capote et celui d&rsquo;autres artistes comme James Baldwin. Nostalgique également d&rsquo;une période glorieuse, ces années 60 où l&rsquo;aristocratie new-yorkaise héritée du Gilded Age brillait encore, mais si faiblement. La querelle entre Capote et ses Cygnes, filmée par un Gus Van Sant au mieux de sa forme, précipite la chute d&rsquo;une époque, une certaine vision de l&rsquo;Amérique. Costumes, maquillages, coiffures, décors, accessoires, attitudes, la série est une reconstitution fidèle d&rsquo;un mode de vie en apparence policée, qui en réalité encourage le vice, l&rsquo;hypocrisie, la méchanceté, fleurissant à qui mieux mieux sur le terreau du fric facile, de l&rsquo;ennui et de la vacuité.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Un casting de choc</h2>



<p>Pour camper cette atmosphère sinistre, le showrunner convoque un casting de choc. Outre Gus Van Sant cité plus haut qui assure la réalisation de cette lente descente aux enfers, Murphy fait entrer en lice des comédiennes de talent, dont il va sublimer le jeu : Naomi Watts, diaphane Babe Paley, Diane Lane, intransigeante Slim Keith, Chloë Sevigny, C.Z. Guest la diplomate, Calista Flockhart la névrosée, Demi Moore, fatale Ann « Bang Bang » Woddward &#8230; un beau parterre d&rsquo;actrices pour autant de rôles complexes, sur le fil du rasoir. Face à elles, <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=26079.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tom Hollander</a> crève littéralement l&rsquo;écran : sa prestation d&rsquo;un Capote plus vrai que nature, rongé par ses démons (notamment sa mère, la redoutable Lillie Mae Faulk, interprétée par une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jessica_Lange" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jessica Lange</a> terrifiante), restera dans les mémoires comme un tour de force.</p>



<p>L&rsquo;ensemble, inspiré par l&rsquo;ouvrage <em>Capote&rsquo;s women: A true story of love, betrayal, and a swan song for an era</em> de Laurence Leamer, introduit par un générique à l&rsquo;esthétique mémorable, marqué par des séquences puissantes (le bal en noir et blanc, la mort de Capote à mettre en parallèle avec celle de Babe) se regarde à la fois comme un panorama biographique sur un parcours littéraire torturé, une plongée documentaire dans un milieu social très spécifique, l&rsquo;évocation d&rsquo;un temps révolu pour le pire et peut-être le meilleur ? Ce qui est certain, c&rsquo;est que ce second volet de FEUD tient ses promesses, appelant un troisième chapitre qui, là aussi, devra être à la hauteur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>I am the night : Electre et le Minotaure</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/i-am-the-night-electre-et-le-minotaure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2023 05:24:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des décennies après son assassinat, le Dahlia Noir n’en finit pas d’inspirer auteurs et cinéastes. Après avoir impacté James Ellroy et Brian De Palma, Elisabeth Short s’infiltre dans le juteux business des séries TV, passant par la première saison d’American Horror Story pour se droper dans le très récent I am the night, soit six épisodes abordant, sous couvert de nous raconter l’errance de Fauda Hodel, cette affaire sulfureuse qui...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/05/i-am-the-night-e1556709816353.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-31690 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/05/i-am-the-night-e1556709816353.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Des décennies après son assassinat, le Dahlia Noir n’en finit pas d’inspirer auteurs et cinéastes. Après avoir impacté James Ellroy et Brian De Palma, Elisabeth Short s’infiltre dans le juteux business des séries TV, passant par la première saison d’<a href="https://www.theartchemists.com/serie-american-horror-story/" target="_blank" rel="noopener"><i>American Horror Story</i></a> pour se droper dans le très récent <i>I am the night, </i>soit six épisodes abordant, sous couvert de nous raconter l’errance de Fauda Hodel, cette affaire sulfureuse qui lui sert de toile de fond.</span></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Un grand-père étrange, insaisissable… et dangereux ?</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Résumons le propos : nous voici dans le Nevada des sixties ; élevée par une mère pour le moins coercitive au sein d’une communauté noire où elle s’intègre comme elle peut, la jeune Fauna apprend par hasard qu’elle a été adoptée et que ses racines se trouvent en fait à Los Angeles, dans le sillage du brillant et mystérieux Docteur Hodel. Outre le choc de la nouvelle, la donzelle comprend alors qu’elle n’est pas la métisse qu’elle croyait être. Forte tête, elle prend la direction de la ville des anges pour en savoir plus et rencontrer ce grand-père étrange, insaisissable … et dangereux ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car s’il est un gynécologue riche, respecté, hautement influent, amateur d’art surréaliste et pianiste de génie, Georges Hodel a aussi la réputation d’être un débauché adepte de parties fines et des préceptes de Sade qu’il cite régulièrement en référence. Pire, sa propre fille Tamar, la mère de Fauna, l’a accusé d’inceste et de meurtres, notamment celui du Dahlia Noir. Innocenté au terme d’un procès plus que contestable, Hodel a exilé sa fille on ne sait où, ce que Fauna va chercher à découvrir à ses risques et périls.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour l’accompagner dans sa quête, le journaliste Jay Singletary. Violent, ivrogne et toxico, revenu traumatisé de la guerre de Corée, casse-cou impénitent, capable de tout pour un bon cliché … et qui connaît le dossier Hodel sur le bout des doigts, pour avoir enquêté dessus … et y avoir laissé sa réputation. C’est que Hodel a le bras long, la police de L.A. dans sa poche et pas un soupçon d’empathie. La carrière de Singletary n’y a pas survécu … jusqu’à ce que Fauna surgisse de nulle part pour causer des dommages irréversibles, à la manière d’une Electre moderne.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="I Am the Night featuring Chris Pine &amp; Patty Jenkins [TRAILER #1] | Coming January 2019 | TNT" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KcknCCOlH-E?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Un thriller haletant et malsain</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">De ce pitch alambiqué, la réalisatrice Patty Jenkins tire un thriller haletant et malsain qui respire son <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy" target="_blank" rel="noopener">James Ellroy</a> à cent pas. Police corrompue, émeutes raciales, racisme latent, jet set dégénérée, Fauna la candide, incarnée par l’angélique India Eisley, plonge dans ce bain de barbarie avec autant de crainte que de fascination… et un sens évident de la manipulation qu’elle semble avoir hérité de ce sulfureux grand-père auquel Jefferson Mays prête son regard froid, sa diction ampoulée. Quant à Chris Pine et ses airs faussement boudeurs, il endosse le rôle du journaliste incontrôlable et épris de justice.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" name="cite_ref-One_Day_She'll_Darken_2-0"></a> À eux trois, ils mènent tambour battant cette enquête… qui s’appuie sur des faits réels, corroborés par les photographies exhibées en générique de fin, au terme de chaque épisode. Si le personnage du reporter est totalement fictif, Georges Hodel a bien existé, Fauna aussi dont l’autobiographie <i>One Day She&rsquo;ll Darken: The Mysterious Beginnings of Fauna Hodel </i>est ici adaptée et scénarisée par Sam Sheridan sur les conseils de l’auteure et de son époux, par ailleurs parties prenantes dans la production. Est-ce à dire que Hodel fut vraiment le meurtrier du Dahlia Noir et que la série résout l’intrigue ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Minute, papillon. Certes Hodel fit partie des suspects, et le livre <i>L’Affaire du Dahlia Noir</i> écrit par un autre de ses enfants, Steve Hodel, devenu policier à l’âge adulte, va dans le sens de sa culpabilité en agitant notamment la fascination du médecin pour la violence surréaliste (décidément sa descendance a des comptes à régler avec ce type). Une théorie réfutée par des analyses scientifiques et des comparaisons de planning, que Stéphane Bourgoin évoque avec précision dans son enquête <a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/05/dahlia-noir-315x494.jpg"><i>Qui a tué le Dahlia Noir ?</i></a>. Bref, il ne faut pas prendre la série pour argent comptant, mais la vivre comme une enième fiction inspirée par une réalité opaque dont on maîtrise à peine les contours.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’exercice est réussi, la quête identitaire de cette gamine paumée alimente avec justesse une investigation complexe dont le principal suspect s’avère une personnalité aussi mystérieuse que menaçante, un minotaure dévorant et sans pitié, qui assimile art et meurtre sans vergogne. La force de cette série est donc de jongler entre fiction et vérité, d’apporter une lecture possible à un crime odieux qui a d’autant plus marqué l’inconscient américain qu’il demeure irrésolu, semble insolvable… mais possède une aura destructrice perpétuelle.</span></p>
<p align="justify">
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		<title>Jeffrey Dahmer et plus si affinités : quoi lire sur le cannibale de Milwaukee ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 15:09:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Notre premier réflexe après avoir visionné la série Monster&#160;: The Jeffrey Dahmer Story&#160;? Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour : Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de American Horror Story. Pour info, Dahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu que le sujet des tueurs en série nous passionne depuis pas mal d’années. Mais avec...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg" alt="livres sur Jeffrey Dahmer" class="wp-image-35065" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Notre premier réflexe après avoir visionné la série <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" target="_blank" rel="noopener"><i>Monster&nbsp;</i><span lang="fr-FR"><i>: The Jeffrey Dahmer Story</i></span></a><span lang="fr-FR"><b>&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour :</span></span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">vérifier si ce qui est relaté par Murphy et Brennan est exact ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">mesurer ce qui, dans le scénario, est conservé, synthétisé, retouché ou omis ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">avoir une approche plus posée, avec du recul, un regard journalistique, une analyse d’enquêteur, de psychologue, de scientifique, dépourvue d’exagération, de sublimation ou d’affect.</span></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de </span><span lang="fr-FR"><i>American Horror Story</i></span><span lang="fr-FR">. Pour info, </span><span lang="fr-FR">D</span><span lang="fr-FR">ahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu que le sujet des tueurs en série nous passionne depuis pas mal d’années. Mais avec le temps, on oublie certains points, la mémoire fait défaut. Du coup, nous avons voulu nous rafraîchir la mémoire. </span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Pourquoi des livres et pas des documentaires&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR"><b>ou des films </b></span><span lang="fr-FR"><b>?</b></span></span></h2>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">O</span><span lang="fr-FR">n sait l’impact des images, la violence des plans, le côté mélodramatique de la musique, les effets de montage sur les interviews. Les documentaires relatant la carrière assassine de Dahmer sont nombreux </span><span lang="fr-FR">(Netflix s’apprête à en publier un nouveau dans le sillage de la série, histoire de rebondir sur le succès de cette dernière et de compléter les opus précédents consacrés à Ted Bundy et John Wayne Gacy)</span><span lang="fr-FR">, mais ils ont un caractère répétitif et racoleur, c’est du reste le fonds</span><span lang="fr-FR">&nbsp;de commerce de tout </span><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span><span lang="fr-FR"> qui se respecte. </span><span lang="fr-FR">Nous avons voulu nous distancer de cet effet spectaculaire, «&nbsp;était-il un tueur né&nbsp;?&nbsp;», ce genre d’approche faite pour faire frémir les foules.</span></span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Précisions par ailleurs qu’i</span><span lang="fr-FR">l existe plusieurs films sur Dahmer&nbsp;: </span><span lang="fr-FR"><i>La vie secrète de Jeffrey Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR"><i>Damher le cannibale</i></span><span lang="fr-FR"> et </span><span lang="fr-FR"><i>Mon ami Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, inspiré d’une bande dessinée du même titre. Là aussi, nous avons voulu échapper au poid</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> des images, d’autant plus des images liées à des récits fictifs.</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer : choix bibliographiques</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Précisons que la bibliographie décrivant le parcours sanglant du Cannibale de Milwaukee est très dense. C’est un des tueurs en série les plus médiatisés au monde, même si son score de 17 victimes est moindre que celui d’autres assassins (j’ai honte d’écrire ça, c’est pourtant la triste réalité). Mais c’est l’atrocité de ses crimes qui a marqué, épouvanté et fasciné les esprits. Pour preuve, sa photo figure en bonne place sur les couvertures des ouvrages spécialisés, un peu comme une référence incontournable et un puissant argument de vente. Histoire de découvrir à chaque fois des détails un peu plus morbides et croustillants&nbsp;?</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">En ce qui nous concerne, nous voulions aborder la chose d’un point de vue chronologique, parce que la chronologie est toujours parlante. Elle permet d’identifier le début des violences, leur intensification, l’accélération de l’escalade vers la mise à mort, éventuellement ce qui a pu la déclencher. C’est essentiel pour adopter un regard objectif qui ne noircit ni n’absout. Un positionnement scientifique. C’est aussi l’opportunité de confronter les points de vue, les angles d’attaque du récit macabre. C’est de ce croisement des informations que jaillit une vision plus nette des choses.</span></span></p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/">De Mindhunter à John Douglas : les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-american-predator/">American Predator : gros plan sur un profil de criminel aussi retors que dangereux</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Quelques livres à parcourir</span><span lang="fr-FR">&nbsp;sur Dahmer</span></b></span></h2>



<p><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Voici donc nos sources, qui ne sont pas exhaustives, loin de là, mais c’est déjà un socle valable pour appréhender le dossier Dahmer, en dehors de toute approche fictionnelle.</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Premier ouvrage consulté,</span><span lang="fr-FR"> le livre</span><span lang="fr-FR"><i> Serial Killer – Le côté sombre de la nature humaine</i></span><span lang="fr-FR">&nbsp;; Brian Innes </span><span lang="fr-FR">y </span><span lang="fr-FR">aborde le dossier Dahmer en quelques pages synthétiques </span><span lang="fr-FR">et factuelles.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On peut aussi parcourir </span><span lang="fr-FR"><i>Le Livre noir des serial killers</i></span><span lang="fr-FR"> de Stéphane Bourgoin&nbsp;; un chapitre est consacré à Dahmer qui détaille par le menu l’affaire et ses retombées, </span><span lang="fr-FR">avec quelques paragraphes consacrés au rôle de la police et de l’agent de probation : c’est un point essentiel qui tempère les critiques, et apporte un regard un peu plus posé</span><span lang="fr-FR">.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On ajoutera la bibliographie dédiée qui se trouve à la fin du livre </span><span lang="fr-FR"><i>Serial Killers – Enquête sur les tueurs en série</i></span><span lang="fr-FR"> du même Stéphane Bourgoin.</span></span>
<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Profitons-en pour faire un point sur Stéphane Bourgoin. Longtemps considéré comme un spécialiste des tueurs en série, on lui a rep</span><span lang="fr-FR">r</span><span lang="fr-FR">oché, et il l’a d’ailleurs reconnu, d’avoir menti sur ses rencontres avec des tueurs, ses interviews… Un imposteur, coupable de plagiats répétés… Il n’en demeure pas moins que ses ouvrages, largement inspirés de livres anglo-saxons de référence, constituent une porte d’entrée fiable dans l’univers des serial killers, d’où notre mention.</span></span></li>
</ul>
</li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Contrairement aux ouvrages cités précédemment qui tiennent lieu d’encyclopédies ou d’études de cas </span><span lang="fr-FR">(c’est d’ailleurs l’occasion de replacer Dahmer parmi ses pairs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">et ils sont légion),</span><i> </i><span lang="fr-FR"><i>Le</i></span><i> Monstre de Milwaukee</i> relate toute l’histoire de Dahmer. Le journaliste Don Davis l’évoque étape par étape en la replaçant dans un contexte historique, géographique, social et politique détaillé. C’est tout l’intérêt de cette approche.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Ceux qui déchiffrent l’anglais pourront parcourir les chapitres consacrés à Dahmer dans <i>A new century of sex killers</i> de Brian Marriner et <i>The New encyclopedia of serial killers</i> de Brian lane et Wilfred Gregg.</span></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;">Voilà, vous avez une base à peu près solide sur le dossier Dahmer, de quoi prendre de la distance avec des images certes accrocheuses, mais qui manquent forcément d&rsquo;objectivité. Et si vous êtes allergique à la lecture, vous pouvez écouter <a href="https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/l-integrale-jeffrey-dahmer-le-cannibale-de-milwaukee-7772588300" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;épisode du podcast</a> qui lui est consacré dans l&rsquo;émission <em>L&rsquo;Heure du crime</em> sur RTL.</span></p>
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			</item>
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		<title>Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 14:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35062</guid>

					<description><![CDATA[<p>Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de Monster : The Jeffrey Dahmer Story, la nouvelle série griffée Ryan Murphy et Ian Brennan pour Netflix. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires enthousiastes ou outrés sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, affiches, teasers et interviews à l’appui, ne laisse personne indifférent. Il aurait même tendance à...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35063 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg" alt="série Monster : The Jeffrey Dahmer Story de Ryan Murphy et Ian Brennan" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">la nouvelle série griffée </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR">Ryan Murphy </span></a><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">Ian Brennan </span><span lang="fr-FR">pour <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires </span><span lang="fr-FR">enthousiastes ou outrés</span><span lang="fr-FR"> sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, </span><span lang="fr-FR">affiches, teasers et interviews à l’appui</span><span lang="fr-FR">, ne laisse personne indifférent. Il aurait même tendance à réveiller de vieux démons. Et à </span><span lang="fr-FR">en tirer parti</span><span lang="fr-FR">, comme tout </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span></a><span lang="fr-FR"> qui se respecte ? </span><span lang="fr-FR">Dans tous les cas, adapter la carrière criminelle de Dahmer à l’écran constitue un véritable</span><span lang="fr-FR"> challenge, </span><span lang="fr-FR">l’obligation pour un réalisateur de faire </span><span lang="fr-FR">des choix qui vont forcément fâcher. </span><span lang="fr-FR">Et tronquer une vérité insaisissable ? Explications.</span></span></p>
<p>https://youtu.be/xl2FRiW938o</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Avant tout, considérer les faits bruts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">our évaluer la portée de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story,</i></span> <span lang="fr-FR">il convient </span><span lang="fr-FR">avant toute chose </span><span lang="fr-FR">de revenir aux faits </span><span lang="fr-FR">bruts, </span><span lang="fr-FR">afin de vérifier si le scénario </span><span lang="fr-FR">de la série </span><span lang="fr-FR">colle au réel</span><span lang="fr-FR">. Plongée donc dans <a href="https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/" target="_blank" rel="noopener">plusieurs articles et ouvrages</a> qui évoquent le cas du Cannibale de Milwaukee. </span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Du 18 juin 1978, date à laquelle il commet son premier meurtre à l’âge de 18 ans, au lundi 22 juillet 1991, où il est arrêté après avoir laissé échapper Tracy Edwards, Jeffrey Dahmer va tuer 17 personnes (dont 16 entre 1987 et 1991)</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il s’agit de jeunes hommes en majorité issus des minorités raciales afro-américaine, latino-américaine et asiatique, homosexuels et pauvres.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les attire chez lui sous prétexte de prendre des photographies érotiques contre un peu d’argent.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les drogue, les tue, les viole, les démembre, conserve au frigo, au congelateur ou dans ses placards certaines parties des corps, têtes, mains, sexes, morceaux de muscles et organes, des photos des tortures, mises à mort et dépeçages à leurs différents stades d’accomplissement. Il ira jusqu’à dissoudre la chair des troncs dans un baril d’acide acheté le 8 juillet 1991, à manger certains bouts de ses victimes.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Issu d’une famille dysfonctionnelle, profondément imacté par le divorce chaotique de ses parents, Dahmer sombre très jeune dans l’alcoolisme, pour compenser un sentiment d’abandon et de solitude.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le lundi 27 mai 1991, Konerak Sinthasomphone, 14 ans, tente d’échapper à Dahmer. Drogué, il arrive à s’exfiltrer de l’appartement dont le tueur s’est absenté pour aller acheter de la bière. Deux jeunes femmes le remarquent, alertent les secours, restent avec lui, car il est visiblement très jeune, très mal et incapable de se défendre. Dahmer s’interpose et arrive à convaincre les policiers présents que c’est son compagnon, qu’il est majeur, ivre, que c’est juste une querelle de couple. Malgré les remarques des deux jeunes filles, les agents raccompagnent Dahmer et son prétendu amant dans l’appartement, ils y pénètrent, ne notent rien d’alarmant malgré l’odeur très désagréable, les photos de nus du jeune homme, et s’en vont. Juste après leur départ, Dahmer tue Konerak et le démembre.</span></li>
</ul>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le cas Jeffrey Dahmer : l’effet « poupées russes »</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’es un résumé, mais cela donne une idée de la situation. Une situation à la fois très simple, atroce et complexe. Pas facile de s’attaquer au cas Jeffrey Dahmer, dont le récit devra prendre en compte :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des meurtres abominables, qui dépassent l’entendement, des actes de torture, de viol, de nécrophilie, de sadisme, de cannibalisme ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">un profil psychologique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie" target="_blank" rel="noopener">tueur en série</a> tortueux, entre alcoolisme, frustration, colère, peur panique de l’abandon, quête de contrôle et de puissance, sens aigu de l’adaptation et de la manipulation ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des victimes défavorisées, pauvres, sans éducation, homosexuelles et prostituées, parfois mineures, ce qu’on appelle dans le jargon des profileurs des victimes à haut risque, vulnérables, incapables de se défendre, des proies faciles ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’inaction des services de police, de justice, d’aide sociale, qui jamais n’arrêtèrent Dahmer dans sa course destructrice, alors qu’ils en eurent maintes fois l’occasion, et pas seulement lors de l’épisode tragique de ce garçon de 14 ans (dont le frère aîné fut aussi attaqué par Dahmer, mais qui réussit à lui échapper, ce qui valut à Dahmer une condamnation pour agression sexuelle), un moment clé de cette geste sanglante, repris en boucle par tous les récits, les articles, les livres dédiés (certains débutent même sur la narration de ce meurtre odieux) ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le climat social implosif de Milwaukee dans les années 90, où la misère et l</span><span lang="fr-FR">es</span><span lang="fr-FR"> discrimination</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> raciale</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> et sexuelle</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> sont </span><span lang="fr-FR">quotidiennes</span><span lang="fr-FR">, malgré la douceur de vivre affichée par cette ville phare du Michigan ;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’ambiance de brutalité excessive propre aux USA, avec la progressive exploration du profil du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> et l’émergence de plusieurs cas devenus célèbres type Ed Gein, John Wayne Gacy (du reste évoqués très rapidement dans la série).</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">R</span><span lang="fr-FR">aconter l’histoire de Dahmer, c’est </span><span lang="fr-FR">envisager</span><span lang="fr-FR"> tous ces </span><span lang="fr-FR">facteurs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">les mettre en perspective, prendre en compte </span><span lang="fr-FR">ce côté « poupées russes », </span><span lang="fr-FR">ces </span><span lang="fr-FR">éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres :</span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en se disant que si un de ces facteurs avait varié, peut-être que rien ne serait arrivé </span><span lang="fr-FR">;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">sans verser ni dans l’étalage de sang et de tripes, ni dans le racoleur ou le voyeurisme, ni dans la croisade vengeresse, ni dans le réquisitoire social ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en décortiquant au plus juste</span><span lang="fr-FR"> le psychisme </span><span lang="fr-FR">pervers </span><span lang="fr-FR">de Dahmer, </span><span lang="fr-FR">sans toutefois en faire ni un mutant, ni une victime, ni</span><span lang="fr-FR"> un héros.</span></span></li>
</ul>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TOdXtB5zwk"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230; » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/embed/#?secret=WAjbPyuiXX#?secret=TOdXtB5zwk" data-secret="TOdXtB5zwk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Une </span><span lang="fr-FR">vision à 360° : mission impossible ?</span></b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Bref, il faudrait pouvoir adopter une vision à 360°, </span><span lang="fr-FR">une </span><span lang="fr-FR">vision objective, </span><span lang="fr-FR">juste, </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">tient</span><span lang="fr-FR"> compte à la fois des crimes et de la psyché du tueur, de la manière dont elle s’est développée </span><span lang="fr-FR">dans un contexte familial et social spécifique</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">d</span><span lang="fr-FR">es traumatismes </span><span lang="fr-FR">vécus par les familles. </span><span lang="fr-FR">Qui donne à voir l’intense émotion ressentie par les proches, la sidération, l’</span><span lang="fr-FR">horreur alimentée par</span><span lang="fr-FR"> l’avidité médiatique. Qui traduise aussi bien la manière dont un homme peut devenir un assassin, la fascination mentale d’un profil spécifique pour un certain type de paraphilies </span><span lang="fr-FR">transgressives</span><span lang="fr-FR">, l’impuissance des institutions face aux signaux d’alarme, l’injustice terrible ressentie par les proches. </span><span lang="fr-FR">Mission impossible ?</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">n tout cas, u</span><span lang="fr-FR">n exercice </span><span lang="fr-FR">particulièrement </span><span lang="fr-FR">délicat auquel Murphy et Brennan s’attaquent en frontal, riches de leurs expériences passées avec </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Crime+Story" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>American Crime Story</i></span></a><span lang="fr-FR"> (on se souvient encore de la saison magistrale évoquant le meurtre de </span><span lang="fr-FR">V</span><span lang="fr-FR">ersace et la traque de son assassin) et certains épisodes de </span><span lang="fr-FR"><i><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story" target="_blank" rel="noopener">American Horror Story</a>. </i></span><span lang="fr-FR">But de la manœuvre, comme à leur habitude, et c’est une thématique dans laquelle </span><span lang="fr-FR">les deux </span><span lang="fr-FR">complices</span><span lang="fr-FR"> excellent : explorer les dessous du rêve américain, comment il peut tourner au cauchemar et à la boucherie, avec moult dommages collatéraux et une question récurrente : où est-ce que ça commence à déraper ?</span> <span lang="fr-FR">Avec le cas de Dahmer, tous leurs sujets de prédilection sont rassemblés : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">un jeune Américain qui a tout pour réussir mais qui va tout rater ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la capacité typiquement moderne à transformer un monstre en idole ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la place des communautés dans une société WASP raciste et homophobe ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">le manque de moyens alloués à la sécurité des plus pauvres ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le désintérêt des forces policières </span><span lang="fr-FR">et des acteurs sociaux complètement débordés</span><span lang="fr-FR">. </span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Un terrain fertile pour la plume de </span><span lang="fr-FR">Murphy et Brennan</span><span lang="fr-FR"> qui accouchent de 10 épisodes particulièrement éprouvants </span><span lang="fr-FR">pour les nerfs et propices au binge wathcing à la mode Netflix</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Avec plusieurs points forts.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><em>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</em> : les points forts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Premier point </b></span><span lang="fr-FR"><b>à retenir </b></span><span lang="fr-FR"><b>:</b></span><span lang="fr-FR"> exit le gore et les séquences de boucherie. La frénésie de Dahmer n’apparaît que par petites touches, </span><span lang="fr-FR">ce qui ne la rend pas moins intolérable</span><span lang="fr-FR">. Place à l’imaginaire, régulièrement sollicité par des indices, une tache de sang sur le matelas, un pied qui dépasse d’un lit, le fameux baril bleu, un gros plan sur la grille d’aération d’où s’échappent des cris, des bruits de scie, des odeurs atroces. </span><span lang="fr-FR">Un sandwich offert à une voisine mécontente, dont on se demande avec quelle viande il a été fait. Bref une ambiance à la <a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/" target="_blank" rel="noopener">Hitchcock</a> en mode </span><span lang="fr-FR"><i>Psychose </i></span><span lang="fr-FR">(qui s’inspire en partie de la frénésie meurtrière d’Ed Gein, rappelons-le). </span><span lang="fr-FR">Et puis il y a la couleur, la lumière, ce jaune pisseux qui voile toutes les images, cette sorte de brume qui floute parfois les contours des visages, porte une moiteur désagréable, des relents de décomposition. </span><span lang="fr-FR">Esthétisation de la barb</span><span lang="fr-FR">arie </span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">En tout refus de tomber dans le sanglant, ce qui ne rebute pourtant pas le tandem Murphy/Brennan, si on prend en compte les différentes saisons d’</span><span lang="fr-FR"><i>American Horror History</i></span><span lang="fr-FR">. Donc un choix délibéré.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Autre point notable :</b></span> <span lang="fr-FR">Murphy et Brennan </span><span lang="fr-FR">se penchent régulièrement sur la cellule familiale</span><span lang="fr-FR">. D’un côté, Dahme</span><span lang="fr-FR">r, aîné d’un couple</span><span lang="fr-FR"> dysfonctionnel, </span><span lang="fr-FR">un</span><span lang="fr-FR"> gamin </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">encaisse les disputes toujours plus violentes de ses parents, le départ du père puis de la mère, </span><span lang="fr-FR">la solitude dans une maison vide, </span><span lang="fr-FR">l’accueil chez une grand-mère adorée mais qui va le mettre dehors, un ga</span><span lang="fr-FR">rçon</span><span lang="fr-FR"> toujours plus ingérable, qui boit, se fait renvoy</span><span lang="fr-FR">er</span><span lang="fr-FR"> de partout </span><span lang="fr-FR">y compris de l’armée</span><span lang="fr-FR">, peine à garder un emploi, à avoir des amis</span><span lang="fr-FR">. De l’autre, les familles des victimes, avec une focale sur le personnage de Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues, la 15</span><sup><span lang="fr-FR">e</span></sup><span lang="fr-FR"> victime, sourd et muet, plein de rêves et d’avenir, </span><span lang="fr-FR">auquel l’épisode </span><span lang="fr-FR">6 « Silenced » est consacré, </span><span lang="fr-FR">la tragédie de la famille </span><span lang="fr-FR">Sinthasomphone</span><span lang="fr-FR"> dont deux des fils seront agressés par Dahmer, le plus jeune assassiné, </span><span lang="fr-FR">en proie au racisme</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Glenda Cleveland, mère de famille impliquée qui fera tout ce qui est possible pour avertir les autorités.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Élément essentiel :</b></span><span lang="fr-FR"> l</span><span lang="fr-FR">’interprétation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Evan+Peters" target="_blank" rel="noopener">Evan Peters </a></span><span lang="fr-FR">constitue certainement</span><span lang="fr-FR"> LE fer de lance de la série </span><span lang="fr-FR">(franchement, cela mérite un prix)</span><span lang="fr-FR">. Sans lui, sans son approche </span><span lang="fr-FR">(alimentée par une observation des interviews du tueur)</span><span lang="fr-FR">, ses regards, l’apathie de sa prononciation, </span><span lang="fr-FR">son côté impénétrable, lisse, gentil garçon, </span><span lang="fr-FR">ce visage qui soudain se tord de colère, </span><span lang="fr-FR">ce récit</span><span lang="fr-FR"> serait beaucoup moins puissant. Et puis il y a l’affolement, face aux premiers meurtres, quand il réalise qu’il a franchi un stade décisif, l’exaltation quand il savoure un morceau de chair humaine, la tendresse quand il se love contre un cadavre encore chaud. La dévotion quand il sème les os réduits en poudre de sa première victime : quelque chose de rituel, une connexion avec une puissance secrète ?</span></span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ITN6dfoQsM"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel &#8230; » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/embed/#?secret=nE9iq4PDt0#?secret=ITN6dfoQsM" data-secret="ITN6dfoQsM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer, ange déchu : la confusion des points de vue</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">C’est là que la série devient dérangeante, </span><span lang="fr-FR">car elle met sur le même plan ce qui se passe dans la tête du tueur, ce que ressentent ses proches, ses victimes. Et on ne s’y retrouve plus dans tous ces points de vue. Avec un effet dommageable : </span><span lang="fr-FR">Dahmer version Murphy/Brennan a tout de l’ange déchu. Pas une victime, mais un être maudit, qui porte le poids d’une tare, qui accomplit les pire actes soit comme une expérimentation, soit comme une offrande. </span><span lang="fr-FR">Et qui gagnera la rédemption par le sacrifice ultime. </span> <span lang="fr-FR">De quoi susciter une sympathie proprement déplacée ? Interroger la nécessité du pardon ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">A ce stade, la série se perd dans un larmoiement problématique, et le message est brouillé. C’est tout le </span><span lang="fr-FR">problème </span><span lang="fr-FR">d’une</span><span lang="fr-FR"> narration </span><span lang="fr-FR">fragmentée par les</span><span lang="fr-FR"> flashbacks </span><span lang="fr-FR">et l</span><span lang="fr-FR">es changements de points de vue, </span><span lang="fr-FR">quand l’approche chronologique est beaucoup plus parlante : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">Dahmer a tué alors qu’il était en liberté surveillée pour l’agression de l’aîné des Sinthasomphone, sous contrôle d’un agent de probation qu’il allait voir régulièrement (mais que la série occulte), et à qui il racontait ses malheurs, manque d’argent, solitude, alcoolisme.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a toujours esquivé les programmes de désintoxication, les suivis psychologiques qu’on lui proposait.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a clairement expliqué aux enquêteurs vouloir créer un autel orné de crânes pour invoquer le diable et accroître sa puissance.</span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Si l’ensemble des événements relatés sont exacts </span><span lang="fr-FR">(l’achat des lentilles par exemple, </span><span lang="fr-FR">l’épisode des poissons</span><span lang="fr-FR">)</span><span lang="fr-FR">, certains ont été </span><span lang="fr-FR">tus (</span><span lang="fr-FR">l’achat du baril d’acide, </span><span lang="fr-FR">son interview télévisée réalisée en prison en 1993 pour l’émission Inside Edition) ou </span><span lang="fr-FR">adaptés : </span><span lang="fr-FR">ainsi </span><span lang="fr-FR">Brenda Cleveland ne vivait pas dans l’appartement voisin de Dahmer mais dans l’immeuble en face, elle n’a donc pu entendre ces bruits atroces, </span><span lang="fr-FR">sentir ces odeurs nauséabondes ; </span><span lang="fr-FR">c</span><span lang="fr-FR">e n’est pas Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues</span><span lang="fr-FR"> mais </span><span lang="fr-FR">Jeremiah Weinberger qui semble avoir attiré </span><span lang="fr-FR">l</span><span lang="fr-FR">es suffrages </span><span lang="fr-FR">du tueur</span><span lang="fr-FR">, des clichés de son corps ont été retrouvés épinglés au dessus du lit de Dahmer. On trouve ainsi tout au long de la série une volonté de </span><span lang="fr-FR">cristaliser le pathos sur des profils synthétisant l’émotion, pour ne pas diluer le récit. </span><span lang="fr-FR">Eh oui, c’est tout l’enjeu : conserver l’attention du spectateur, le fasciner et jouer de sa corde sensible.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Alimenter le mythe : peut-on faire autrement ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">uivre l</span><span lang="fr-FR">a</span><span lang="fr-FR"> chronologie </span><span lang="fr-FR">et les faits</span><span lang="fr-FR">, c’est prendre le risque </span><span lang="fr-FR">de dégoûter</span><span lang="fr-FR"> l’</span><span lang="fr-FR">audience</span><span lang="fr-FR"> par la répétition du rituel du tueur, l</span><span lang="fr-FR">e noyer</span><span lang="fr-FR"> à la fois </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le bain de sang </span><span lang="fr-FR">réitéré à chaque meurtre </span><span lang="fr-FR">(</span><span lang="fr-FR">donc tomber dans le gore gratuit</span><span lang="fr-FR">) </span><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le sentiment d’</span><span lang="fr-FR">usure</span><span lang="fr-FR"> lié à la répétition du modus operandi </span><span lang="fr-FR">de meurtre en meurtre</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Mais c’est en suivant la chronologie et les faits qu’on met en évidence l’émergence de la déviance, la montée au crime, </span><span lang="fr-FR">la gradation de la violence et de l’horreur. </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">En adoptant une narration décalée, la série tait l’intensification progressive des actes de torture, des violations des corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Elle tait également que chacune de ces intensifications a eu lieu après un abandon ou un contact avec la mère.</span></li>
<li><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Elle amoindrit la réalité propre à la mise à mort, tout le travail,la prise de risque que représente la destruction progressive d’un corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">lle gomme ce côté expérimental propre à Dahmer, qui a testé différentes pratiques au fil de son parcours assassin.</span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Éluder cela, c’est omettre le côté à la fois scientifique de l’investigation, </span> <span lang="fr-FR">et le fait que </span><span lang="fr-FR">les profils de tueurs en série n’ont rien d’attractif, ce ne sont pas des personnalités originales ni des séducteurs, encore moins des héros ; ce sont des médiocres, comme en témoignent toutes les expertises psychiatriques menées sur ce type de criminel. </span><span lang="fr-FR">Peut-on en faire l’économie quand on veut relater le parcours d’un tueur psychopathe et récidiviste ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">econd effet Netflix, dont on ne peut ignorer les diktats en matière de scénario ultracalibré pour ménager la chèvre et le chou, dixit entre autres </span><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/netflix-l-alienation-en-serie-romain-blondeau/9782021513202" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>Netflix L’aliénation en série</i></span></a><span lang="fr-FR"> de Romain Blondeau ? </span><span lang="fr-FR">Raconter le parcours de Dahmer, qui plus est 30 ans après sa condamnation, un peu comme un anniversaire, c’est e</span><span lang="fr-FR">n tout cas </span><span lang="fr-FR">prendre le risque d’alimenter un mythe qui n</span><span lang="fr-FR">e doit pas en être</span><span lang="fr-FR"> un. </span><span lang="fr-FR">Surtout quand on confronte la souffrance atroce des victimes et l’esthétisation des tortures commises, la réalité sociale sordide des USA durant les 90’s et ce visage de tueur à la fois ignoble et si humain. Mais peut-on faire autrement ? Parce qu’ils sont fins et doués, Murphy et Brennan arrivent à déployer ces différentes facettes en un seul tableau, un peu comme Picasso le faisait avec ses modèles. Et c’est cela qui perturbe, qui dérange, qui offusque, qui crée le malaise. Car ces vérités mises en lien reflètent un monde de chaos absolument insupportable, où personne n’est à l’abri de personne, encore moins de soi-même. Une fatalité des temps modernes.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">S : alors que nous bouclons cet article, <a href="https://www.konbini.com/popculture/comment-les-lunettes-de-jeffrey-dahmer-ont-ete-mises-en-vente-pour-150-000-dollars/" target="_blank" rel="noopener">la nouvelle vient de tomber</a>, relayée par plusieurs médias. Les lunettes de Dahmer, achetée par un collectionneur il y a des années, sont à vendre aux enchères. Prix de départ : 150 000 dollars. De quoi interroger l’incapacité à effacer le souvenir et la marchandisation de l’horreur. La série l’évoque ; pensait-elle réveiller ce spectre ? </span></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81287562" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Nouveaux méchants : et si les séries télé repensaient le concept de vilenie ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-nouveaux-mechants-series-tele/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Jul 2022 08:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=21992</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Nouveaux méchants : le titre du livre de François Jost est alléchant, n&#8217;est-ce pas ? Mais attention, la chose n&#8217;a rien de voyeuriste ni de racoleur. Comme l&#8217;explique clairement le sous-titre de cette analyse particulièrement pointue, il s&#8217;agit de comprendre comment « les séries américaines font bouger les lignes du Bien et du mal ». Tout un programme !  Des méchants d&#8217;un nouveau genre Et pour en comprendre la complexité, il...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/nouveaux-mechants.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21993 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/nouveaux-mechants.jpg" alt="nouveaux-mechants" width="393" height="393" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/nouveaux-mechants.jpg 393w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/nouveaux-mechants-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/nouveaux-mechants-288x288.jpg 288w" sizes="auto, (max-width: 393px) 100vw, 393px" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" href="https://amzn.to/3vrARUq" target="_blank" rel="noopener"><em><span style="color: #0000ff;">Les Nouveaux méchants</span></em></a> : le titre du livre de François Jost est alléchant, n&rsquo;est-ce pas ? Mais attention, la chose n&rsquo;a rien de voyeuriste ni de racoleur. Comme l&rsquo;explique clairement le sous-titre de cette analyse particulièrement pointue, il s&rsquo;agit de comprendre comment « les séries américaines font bouger les lignes du Bien et du mal ». Tout un programme ! </span></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>Des méchants d&rsquo;un nouveau genre</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et pour en comprendre la complexité, il faut envisager le phénomène dans son ensemble. Dès l&rsquo;origine du webmagazine, nous avons consacré une rubrique aux séries télévisées à succès. Parce que :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">elles font désormais partie du paysage culturel contemporain</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">elles drainent un public d&rsquo;inconditionnels et de fans dévoués</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">elles proposent des <i>scenarii</i> inédits, des intrigues palpitantes, des rebondissements incroyables.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elles développent surtout une atmosphère singulière, qui s&rsquo;appuie aussi bien sur une esthétique que sur des personnages d&rsquo;une très grande richesse.  Derrière le suspens haletant, le brio de l&rsquo;écriture, la fan attitude, n&rsquo;y a-t-il pas une lame de fond culturelle qui s&rsquo;opère ? Pourquoi revenir en boucle sur la violence de <a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/" target="_blank" rel="noopener"><i>Game of Thrones</i></a>, la prédation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=peaky+blinders" target="_blank" rel="noopener"><em>Peaky Blinders</em></a>, les cauchemars de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=american+horror+story" target="_blank" rel="noopener"><em>American Horror Story</em></a> ? En nous captivant, les séries ne changent-elles pas notre perception du monde et des valeurs ? Sont-elles le reflet d&rsquo;une époque ou le rouage d&rsquo;une métamorphose ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Professeur d&rsquo;université, chercheur spécialisé dans les enjeux de la communication et de l&rsquo;information, <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Jost" target="_blank" rel="noopener">François Jost</a></span> est un spécialiste de la sémiologie audiovisuelle. Directeur du Centre d&rsquo;Études sur l&rsquo;Image et le Son Médiatiques, le cinéma et la télévision constituent son principal champ d&rsquo;investigation, qu&rsquo;il connaît particulièrement bien et qu&rsquo;il passe au crible très régulièrement. Après <a href="https://amzn.to/3Jjn6wS" target="_blank" rel="noopener"><i>Sous le cinéma, la communication</i></a> et <a href="https://amzn.to/3Q8VUD6" target="_blank" rel="noopener"><i>De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ? </i></a>, il a consacré une très remarquable étude à la manière dont les séries influent sur notre rapport à l&rsquo;éthique, d&rsquo;où le sous-titre cité plus haut. Et pour appuyer son propos, Jost explore trois monuments télévisuels contemporains marqués par la présence de méchants d&rsquo;un nouveau genre : <i>Dexter, Deadwood, Breaking bad</i>.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>Dénoncer l&rsquo;utopie du rêve américain</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Rien que ça. J&rsquo;imagine déjà les aficionados saliver d&rsquo;intérêt en déchiffrant ces noms prestigieux, puis se demander comment le monsieur va déflorer leur série fétiche. Rassurez-vous, son approche est tout aussi palpitante que les feuilletons cités, et son analyse un vrai bonheur à parcourir. C&rsquo;est que les héros qu&rsquo;il scrute ne sont pas nés méchants, ils le sont devenus pour diverses raisons que Jost va décortiquer avec autant de précision et de pertinence que les images qu&rsquo;il dissèque. Son enquête est structurée, argumentée, documentée, abordable par les passionnés qui connaissent les séries sur le bout des doigts comme par les néophytes qui pourraient bien avoir envie ensuite de plonger tête la première dedans. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Car sa démonstration vise à prouver que ces séries dénoncent l&rsquo;utopie du rêve américain, pour lui opposer une réalité d&rsquo;une rare dureté, sans parler de l&rsquo;injustice et de la cruauté d&rsquo;une société capitaliste dont l&rsquo;histoire est ici mise à jour avec une clairvoyance amère. </span><span style="color: #000000;">Au terme de ces quelque trois cents pages, vous ne regarderez plus ces séries comme de simples divertissements : ce sont de véritables témoignages de notre temps, la preuve d&rsquo;une prise de conscience progressive, le signe des dégâts occasionnés dans les consciences par la civilisation moderne. À croire que ce support constitue la forme rédactionnelle privilégiée de notre époque, à l&rsquo;instar des tragédies classiques du XVIIᵉ siècle, des romans naturalistes. Surtout, le regard de Jost met en exergue les rouages qui actionnent notre addiction à ce type de récit pensé comme un miroir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>A l’avant-garde : Maggie Donovan &#8211; Curious Adornments</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/avant-garde-maggie-donovan-curious-adornments/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jan 2022 11:08:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parachutons-nous aujourd’hui à la Nouvelle-Orléans pour découvrir Curious Adornments, les broderies hallucinatoires de Maggie Donovan. Cauchemars et fantasmes Au premier regard, on reste saisi par la brutalité de chaque scène. Têtes tranchées, guillotine, église en flamme, pluie de pierres en fusion, chats noirs, spectres, banshee immergée dans une baignoire de sang, Grand Cornu… c’est un musée des horreurs, une collection macabre que Maggie se plaît à enrichir depuis une petite...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/maggie-donovan_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34568 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/maggie-donovan_opt.jpg" alt="Curious adornements - créations et broderies de Maggie Donovan" width="600" height="500" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/maggie-donovan_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/maggie-donovan_opt-288x240.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/maggie-donovan_opt-494x412.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Parachutons-nous aujourd’hui à la Nouvelle-Orléans pour découvrir Curious Adornments, les broderies hallucinatoires de Maggie Donovan.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 18pt;"><b>Cauchemars et fantasmes</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Au premier regard, on reste saisi par la brutalité de chaque scène. Têtes tranchées, guillotine, église en flamme, pluie de pierres en fusion, chats noirs, spectres, banshee immergée dans une baignoire de sang, Grand Cornu… c’est un musée des horreurs, une collection macabre que Maggie se plaît à enrichir depuis une petite décennie. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=art+naif" target="_blank" rel="noopener">Art naïf</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=art+brut" target="_blank" rel="noopener">art brut</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=art+dark" target="_blank" rel="noopener">dark art</a>, du bout de son aiguille, Maggie étale ses cauchemars. Ou ses fantasmes.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Des fantasmes tout droit sortis des contes horrifiques d’Ambrose Bierce et d’Edgar Allan Poe, que l’artiste cite avec respect et pertinence : « <i>There is no exquisite beauty&#8230;without some strangeness in the proportion</i>. » Pas de beauté sans étrangeté… et sans angoisse. Chacun de ses dessins ferait frémir un pédopsychiatre… et hurler de rire la très cynique Wenesday Addams, qui pourrait avoir imaginé et réalisé ces médaillons.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 18pt;"><b>Art médiumnique ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 12pt;">À moins qu’il ne s’agisse d’une des sorcières de Salem, de Vanessa Ives, ou de la sorcière de Blair ? Poétique en diable, l’univers de Curious Adornments évoque aussi bien la série <a href="https://www.instagram.com/curiousadornmentsembroidery/" target="_blank" rel="noopener"><i>Penny Dreadful</i></a> que la saga <a href="https://www.theartchemists.com/?s=american+horror+story" target="_blank" rel="noopener"><i>American Horror Story</i></a>, les <i>Contes de la crypte</i> que les portraits funèbres de l’ère victorienne, les charmes vénéneux du paranormal, de la médiumnité et du spiritisme, les monstres de la littérature gothique la plus noire.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 12pt;">Sur chaque pièce brodée patiemment plane cette hydre de l’hystérie que la psychanalyse vagissante du fond de son berceau tentera de juguler en une période ultra-puritaine, qui accoucha de Jack l’Éventreur, <a href="https://www.theartchemists.com/la-manufacture-du-meurtre-le-bonheur-est-dans-le-crime-capitaliste-ou-du-design-comme-technique-dextermination/" target="_blank" rel="noopener">H.H.Holmes</a>, Lizzie Borden, Delphine Lalaurie et consort. Autodidacte, Maggie Donovan tiendrait plus de la voyante, une sorte de Madge Gill qui évacue ses visions alimentées par une surconsommation de films d&rsquo;horreur au fil de ses créations. Art thérapie, art médiumnique&#8230;</span></p>
<h2 align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 18pt;"><b>Le B.A.BA de toute sorcière</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 12pt;">Ou simplement l’envie de faire hurler les bien pensants qui considèrent qu’une fille doit être gentille, sage et soumise, habillée en rose et ne penser qu’au prince charmant en faisant la cuisine. De ce point de vue, Maggie Donovan et ses Curious Adornments règlent la question définitivement, à la manière d’une <a href="https://www.theartchemists.com/avant-garde-mariel-clayton/" target="_blank" rel="noopener">Mariel Clayton</a>. Gare aux tasses de thé servies par cette demoiselle : nous ne serions pas étonnés qu’elle classe <i>Arsenic et vieilles dentelles</i> parmi ses films fétiches.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 12pt;">Et soudain son univers prend une autre couleur, symbolique d’une révolte silencieuse en gestation, d’un affranchissement par l’art. Une femme capable de produire ce type d’œuvre a une imagination féconde et sans a priori, qui se risque à explorer les coins les plus noirs de l’âme. Gothique, pour sûr, en majesté et avec un talent qui laisse sans voix. Cela ne plaira pas à tout le monde, c’est l’objectif du reste : n’attirer à soi que les curieux, les fasciner, les retenir. Le B.A.BA de toute <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sorci%C3%A8re" target="_blank" rel="noopener">sorcière</a> qui se respecte.</span></p>
<p><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000; font-size: 12pt;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;">Pour découvrir l’univers de Maggie Donovan, consultez <a href="https://www.curiousadornments.com/" target="_blank" rel="noopener">son site Curious Adornments</a> ainsi que <a href="https://www.instagram.com/curiousadornmentsembroidery/" target="_blank" rel="noopener">son compte Instagram</a>.</span></p>
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		<title>Dead Set : zombies on prime time !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dead-set-zombies-on-prime-time/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Apr 2021 06:51:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il aura fallu le dossier de culture pro communication d’un de mes élèves pour que je découvre ce petit bijou. Au passage big up au jeune homme qui a choisi d’illustrer le potentiel marketing de la télé réalité via cet exemple des plus explosifs. Car le moins qu’on puisse dire, c’est que Dead Set n’est pas politiquement correct, bien au contraire. Et pour cause puisque cette série éclair tournée en...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/06/dead-set-e1497336541608.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-29071" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/06/dead-set-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il aura fallu le dossier de culture pro communication d’un de mes élèves pour que je découvre ce petit bijou. Au passage big up au jeune homme qui a choisi d’illustrer le potentiel marketing de la télé réalité via cet exemple des plus explosifs. Car le moins qu’on puisse dire, c’est que <i>Dead Set</i> n’est pas politiquement correct, bien au contraire. Et pour cause puisque cette série éclair tournée en 2008 plonge le spectateur dans les affres d’un reality show infiltré … par des morts vivants.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également : </strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/flamme-tele-realite-jonathan-cohen/" rel="bookmark">La Flamme : la télé-réalité by Jonathan Cohen, c’est juste jouissif !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">On a les morts vivants qu’on mérite</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’intrigue est simplissime, un modèle du genre : isolés dans leur appartement filmé en permanence, les candidats de <i>Big Brother</i> ne réalisent pas l’apocalypse zombiesque qui leur tombe dessus, tandis que l’ensemble du public et de l’équipe de prod qui cerne le penthouse est dévoré/transformé, ce qui nous vaut au passage quelques scènes de tuerie absolument délicieuses, par leur violence, leur vraisemblance … et leur humour. </span><span style="color: #000000;">C’est qu’ils sont rapides, les bougres et foutrement affamés. Bref, en quelques séquences, c’est bouclé, la horde des fans, des techniciens et des sponsors se transforment en <a href="https://www.theartchemists.com/?s=zombi&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">zombis</a>, au bout du compte pas une grosse différence avec le statut de base, vu la connerie ambiante qui régnait en ces lieux. On a les morts vivants qu’on mérite. Et les rescapés de réaliser progressivement l’étendue du désastre à l’aide de leurs trois pauvres neurones avec cette épineuse question à régler au plus vite : comment faire pour survivre ?</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Dead Set | Trailer | E4" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/HQjq639WPiU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">La dévoration de ceux qui s’offrent en pâture médiatique</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ou quand deux facettes de la culture populaire se percutent brutalement ? Reprenant la recette chère à Romero, fondateur du genre, Charlie Brooker, initiateur et réalisateur du projet (par ailleurs papa d’un certain <a href="https://www.theartchemists.com/black-mirror-sommeille-de-pire/"><i>Black Mirror</i></a>, comme quoi il n’y a pas de hasard), balance ses goules à la tête du spectateur comme un reflet bien dérangeant du voyeurisme à la page. Le message est clair : à la base, il ne faut guère être intelligent pour gober ce type de prog, mais le visionnage en série de cette bouillie aboutit à la boulimie permanente, la dévoration de ceux qui s’offrent en pâture médiatique. </span><span style="color: #000000;">Le discours est clair, on pourrait le penser convenu mais la real ultra nerveuse, syncopée, la franche rudesse des séquences, le langage ordurier, les couleurs ternes qui tranchent avec une caméra quasi documentaire secouent l’ensemble de l’édifice, dans un sentiment d’oppression grandissant qui aboutit au climax final, une conclusion absolument édifiante.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/american-horror-story-6-roanoke-reality-show-a-coup-de-hachoir/" rel="bookmark">American Horror Story 6 – Roanoke : reality show à coup de hachoir !</a></strong></p>
<h2 align="justify">Le confessionnal : <span style="color: #000000;">ultime étape avant d’en finir</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le format des épisodes, un pilote de 45 minutes suivi de quatre chapitres de 25 minutes contribue à cet effet foudroyant, ce sentiment de piège inexorable, tandis que l’espace se réduit progressivement sur les survivants. </span><span style="color: #000000;">C’est ici que le confessionnal, espace incontournable de ce type d’émission, où chaque participant déverse ses états d’âme et ses critiques sans pudeur, reprend toute sa force sacrée, l’ultime étape avant d’en finir. En conclusion, regardez cette merveille qui confirme la force de frappe des britanniques en matière de série TV, ne faites pas l’économie de la V.O. car l’accent cockney des personnages participe fortement de l’ambiance, et imaginez ensuite ce que cela pourrait donner sur le plateau d’une de nos émissions à succès. Horrible … et jouissif !</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="http://www.channel4.com/programmes/dead-set">http://www.channel4.com/programmes/dead-set</a></p>
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		<title>Scène de crime &#8211; La disparue du Cecil Hotel : derrière le true crime, la question de la maladie mentale</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/scene-crime-disparue-cecil-hotel-true-crime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Feb 2021 14:38:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>31 janvier 2013 : Elisa Lam disparaît. Sans laisser d’autres traces que ses affaires dans sa chambre d’hôtel californienne et une ultime vidéo d’elle captée par une caméra de surveillance dans un des ascenseurs de l’établissement. On la retrouvera 20 jours plus tard, flottant dans un réservoir d’eau installé sur le toit du bâtiment. Noyée. Un accident ? Un suicide ? Un meurtre ? Tandis que l’enquête piétine, les internautes...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/0539253.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33491 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/0539253.jpg" alt="affiche du true crime documentaire Scène de crime - La disparue du Cecil Hotel" width="600" height="800" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/0539253.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/0539253-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/02/0539253-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">31 janvier 2013 : Elisa Lam disparaît. Sans laisser d’autres traces que ses affaires dans sa chambre d’hôtel californienne et une ultime vidéo d’elle captée par une caméra de surveillance dans un des ascenseurs de l’établissement. On la retrouvera 20 jours plus tard, flottant dans un réservoir d’eau installé sur le toit du bâtiment. Noyée. Un accident ? Un suicide ? Un meurtre ? Tandis que l’enquête piétine, les internautes se déchaînent, inspirés par l’étrangeté de ces quelques minutes de film et la réputation déplorable de l&rsquo;hôtel. C’est là le véritable sujet de la série documentaire </span><i><span style="font-weight: 400;">Scène de crime &#8211; La disparue du Cecil Hotel</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Réalisée par Joe Berlinger à qui l’on doit notamment </span><a href="https://www.theartchemists.com/extremely-wicked-shockingly-evil-vile-ted-bundy/"><i><span style="font-weight: 400;">Extremely Wicked, shockingly evil and vile </span></i></a><span style="font-weight: 400;">et </span><span style="font-weight: 400;"> </span><i><span style="font-weight: 400;"><a href="https://www.theartchemists.com/ted-bundy-autoportrait-tueur-attention-confessions/">Conversations with a killer : the Ted Bundy tapes</a>, </span></i><span style="font-weight: 400;">ce qui n’est pas rien, </span><i><span style="font-weight: 400;">Scène de crime &#8211; La disparue du Cecil Hotel</span></i><span style="font-weight: 400;"> &#8211; </span><i><span style="font-weight: 400;">Crime Scene: The Vanishing at the Cecil Hotel </span></i><span style="font-weight: 400;">pour nos amis anglo-saxons &#8211;</span><span style="font-weight: 400;"> vient enrichir la collection déjà bien fournie des true crimes propulsés par Netflix, un genre dans lequel la plateforme de VoD excelle désormais, sinon d’un point de vue qualitatif, du moins dans la cadence de production. Avec une volonté répétée de superposer l’analyse d’un fait divers sanglant et tragique, son ancrage dans une réalité sociale et historique, la manière dont l’opinion publique s’en est saisie, les croyances que cette appropriation a engendrées.</span></span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Scène de crime : La disparue du Cecil Hotel | Bande-annonce officielle VOSTFR | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/VxuZGNkDiBE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Un cas d’école</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Avec l’affaire Lam, on atteint des sommets en la matière ; tous les ingrédients sont rassemblés pour créer un cas d’école en matière d’affaire criminelle. </span><span style="color: #000000;">Une jeune fille bipolaire s’épanche sur son compte Tumblr ; elle décide de partir conquérir son indépendance dans un voyage autour du monde. Tout se passe à peu près bien jusqu’à ce qu’elle débarque à Los Angeles. Son lieu de séjour : le Cecil Hotel.</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">L’établissement a sinistre réputation ; on n’y compte plus les suicides, overdoses, meurtres, viols … depuis sa création dans les années 20. Richard Ramirez y a séjourné, d’autres assassins et criminels. Avec son hall emblématique et ses couloirs sales, l’endroit est devenu légendaire au point d’inspirer une saison d’</span><a href="https://www.theartchemists.com/american-horror-story-fondations-cauchemar-americain/"><i><span style="font-weight: 400;">American Horror Story</span></i></a><span style="font-weight: 400;">. Quand on sait l’intérêt que Ryan Murphy porte aux mythes urbains qui constituent le revers ténébreux du rêve américain, on se doute que la popularité du lieu n’est pas usurpée. </span></span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">L&rsquo;hôtel se situe au coeur de Skid Row, un des quartiers les plus dangereux de L.A., une sorte de territoire de non droit où croupissent SDF, prostitués, drogués, anciens prisonniers, malades mentaux virés des hôpitaux psychiatriques. Un véritable zoo humain, un freak show à ciel ouvert où s’entasse toute la misère du monde, où la violence est omniprésente. Une véritable honte dans un pays aussi riche, et une prise de risque absolue pour les touristes qui débarquent sans imaginer un instant être confrontés à pareille jungle.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Des policiers débordés par la situation, en sous-effectif, qui font ce qu’ils peuvent, appliquent la procédure pour retrouver cette gamine disparue mystérieusement sans laisser de traces ou presque.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Des internautes en manque existentiel qui vont se précipiter sur la vidéo diffusée sur le web en quête de témoins … et vont mener leur propre enquête. En faisant n’importe quoi, quitte à accuser à tort et à travers n’importe qui. Et à s’instituer en tribunal cyberpopulaire.</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="background-color: #ff00ff;">A lire également :</span> </strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/approche-mal-psychologue-expert-judiciaire/" rel="bookmark">L’approche du Mal : quand le psychologue devient expert judiciaire …</a></strong></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Cyberdétective malgré soi</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">L’intérêt de la série est justement de nous placer dans la même situation. Si on regarde cette affaire objectivement et d’un point de vue purement scientifique, on la relate en une demi-page. Une jeune fille mentalement instable, médicamentée, qui part à l’aventure en pensant que le monde est rempli de bisounours. Grisée par ce vent de liberté, elle ralentit son traitement. Crise paranoïaque, délire de persécution … tout s’imbrique et on comprend mieux comment Elisa Lam a fini au fond d’une cuve, en mode Ophélie des réseaux sociaux. Une fin d’une tristesse absolue qui ne légitimait pas le déversoir médiatique engendré. Vous voyez ? Cela tient à peine le paragraphe. Pourtant ce banal fait divers a embrasé la toile. Et le déroulement de la série vous le fait sentir. Car immanquablement, au fil des épisodes, vous allez saisir votre téléphone portable et aller fouiner.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Taper “elisa lam”, checker la page Wikipedia dédiée, parcourir les articles, visionner la fameuse vidéo. Échanger avec ceux qui regardent le documentaire avec vous. Tomber sur le Tumblr de cette malheureuse, parcourir ses posts, vous interroger … Bref vous allez vous transformer sans même vous en rendre compte en cyberdétective, tout comme ceux qui sautèrent sur cette histoire et en firent un succès médiatique reposant sur du vent. Un vent qui emporta un certain Morbid, musicien black metal qui eut la mauvaise idée de poster une vidéo racontant son passage dans l’hotel et que la communauté accusa de meurtre, harcela, menaça. Alors qu’il n’y était pour rien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="background-color: #ff00ff;">A lire également :</span> </strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/folie-allere-simple-gisele-pineau-la-journee-ordinaire-dune-infirmiere-ou-comment-pacifier-les-titans/" rel="bookmark">Folie, aller simple – Gisèle Pineau : la journée ordinaire d’une infirmière où comment pacifier les Titans</a></strong></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Enquêter, accuser … une raison d’exister ?</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Et quand on arrive au terme de cette équipée, on se sent tout con, un peu honteux et terrifié. Au final, chacun d’entre nous peut vriller de cette manière, accuser aveuglément et sans preuve, se laisser emporter par ses émotions, sa colère, son désir de vengeance. Et puis il y a un autre sentiment, très dérangeant. Tous ces gens qui ont tenté d’élucider le mystère de la mort d’Elisa Lam depuis leur canapé, devant leur ordinateur, youtubeurs célèbres ou simples quidams, que cherchaient-ils vraiment en constituant cette meute ? De la visibilité ? Une façon de tromper l’ennui, le vide ? Une raison d’exister ? La sensation de se sentir écouté, important ? Quitte à réfuter le travail d&rsquo;enquêteurs expérimentés, de légistes reconnus ? </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">C’est d’autant plus inquiétant que les points importants de cette affaire, personne ne les met en évidence :</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Comment a-t-on pu laisser un hôtel ouvert dans une zone aussi risquée ? Quel marketeux irresponsable a eu l’idée de scinder le lieu en deux espaces accueillant d’un côté des clients aisés, de l’autre des personnes en extrême précarité, prêtes à tout pour se payer leur dose de came ?</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Comment une métropole comme Los Angeles peut-elle laisser des gens dans pareille indigence ? C’est proprement scandaleux, irresponsable et criminel.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Comment une gosse aussi fragile que Elisa Lam, dépendante de son traitement, a-t-elle pu entamer ce voyage seule, sans aucun soutien, aucun contrôle ?</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/un-peu-beaucoup-a-la-folie-quand-la-musique-rend-dingue/" rel="bookmark">Un peu, beaucoup, à la folie : quand la musique rend dingue …</a></strong></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>La bipolarité d’Elisa</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">La question est là, personne parmi la junte d’internautes excités par l’affaire n’a interrogé cette problématique de la maladie mentale. Certes ce n’est ni vendeur ni glamour mais c’est pourtant crucial. Les dernières heures de cette jeune femme ont dû être atroces. Un délire absolument épouvantable jusqu’à la dernière seconde, l’ultime souffle. Parce qu’elle a ralenti la prise de médicaments. Un truc tellement con qu’on n’y pensait même pas, imaginant plutôt qu’elle avait croisé un serial killer, un gang de violeurs … Pourtant il aurait suffi d’une personne un peu avertie pour douter, et peut-être la stopper, appeler ses proches, la mettre en sécurité avant qu’elle ne commette l’irréparable … Maintenant demandons-nous combien d’Elisa Lam aux quatre coins du monde ? Victimes ou assassins ? Car quand on est dans cet état, on passe facilement aux actes, sur soi ou sur autrui. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Plutôt que d’alimenter les légendes urbaines qui flattent notre ego, il serait bon de s’interroger sur ce point. </span><i><span style="font-weight: 400;">Scène de crime &#8211; La disparue du Cecil Hotel</span></i><span style="font-weight: 400;"> aborde le sujet de manière anecdotique, préférant pointer du doigt l’emballement social media, sans du reste donner d’éléments pour corriger le tir et éduquer les internautes. A quand une sensibilisation sérieuse à la souffrance mentale, et autrement que par blog interposé ou écrit sur le devant d’un énième t-shirt fabriqué dans l’élan juteux du mental wear ? C’est pourtant l’élément essentiel de cette affaire que la bipolarité d’Elisa. Et cela aurait dû être la véritable finalité de cette série que d’expliciter ce point. Netflix, qui se pose en révélateur de tendances, qui peut relancer la vente de bobs sur un seul épisode de </span><a href="https://www.theartchemists.com/emily-in-paris-cliches-strategie/"><i><span style="font-weight: 400;">Emily in Paris</span></i></a><span style="font-weight: 400;">, la pratique du jeu d&rsquo;échecs avec </span><i><span style="font-weight: 400;">The Queen’s gambit</span></i><span style="font-weight: 400;">, en a le pouvoir. Mais en a-t-il envie ?</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><a href="https://www.netflix.com/fr/title/81183727">https://www.netflix.com/fr/title/81183727</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ratched : la monstruosité humaine sous toutes ses formes ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ratched-monstruosite-humaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Jan 2021 11:51:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La série Ratched ? Sans conteste un nouveau joyau dans la constellation créative du show runner Ryan Murphy. Pour différentes raisons. La genèse de Big Nurse Amateur d’intrigues aussi sanglantes que tordues, Murphy demeure ici dans son champ d’expertise, à savoir l’exploration de la monstruosité humaine sous toutes ses formes. Nouvel objet de ses attentions, la série Ratched relate en huit épisodes la manière dont Mildred Ratched est devenue infirmière de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><figure id="attachment_33287" aria-describedby="caption-attachment-33287" style="width: 500px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/affiche-ratched.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-33287 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/affiche-ratched.jpg" alt="Ratched" width="500" height="625" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/affiche-ratched.jpg 500w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/affiche-ratched-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/01/affiche-ratched-395x494.jpg 395w" sizes="auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a><figcaption id="caption-attachment-33287" class="wp-caption-text">Affiche de la série Ratched de Ryan Murphy</figcaption></figure></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">La série <i>Ratched </i>? Sans conteste un nouveau joyau dans la constellation créative du show runner Ryan Murphy. Pour différentes raisons.</span></strong></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Ratched | Bande-annonce officielle VOSTFR | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/iFwzbEG-AtY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">La genèse de Big Nurse</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Amateur d’intrigues aussi sanglantes que tordues, Murphy demeure ici dans son champ d’expertise, à savoir l’exploration de la monstruosité humaine sous toutes ses formes. Nouvel objet de ses attentions, la série <i>Ratched </i>relate en huit épisodes la manière dont Mildred Ratched est devenue infirmière de renom … et psychopathe patentée. Nous parlons bien de Mildred Ratched, l’infirmière tyrannique du roman de Ken Kesey, <i>Vol au dessus d’un nid de coucou</i>, immortalisée à l’écran par Louise Fletcher devant l’objectif de Milos Forman. Une prestation oscarisée du reste, tant l’interprétation de Fletcher était impactante. Difficile donc de passer derrière … mais terriblement tentant.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Murphy ne put résister, lui qui aime tant les personnage de femmes troubles, à la fois dangereuses et blessées, comme en témoigne la longue liste des ombrageuses héroïnes d’<i>American horror story. </i>C’est donc avec un plaisir évident qu’il s’attaque au prequel du roman de Kesey, avec Michael Douglas comme producteur, qui a hérité des droits du livre que possédait son père Kirk. Problématique : comment Mildred Ratched a-t-elle pu devenir « Big Nurse », cette infirmière en chef inflexible et manipulatrice, qui pousse ses patients au suicide quand ils lui désobéissent ? Quelle a été sa gestation, sa genèse ? A partir de là, tous les coups sont permis. Et Murphy va s’en donner à cœur joie pour expliciter ce parcours.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/i-am-the-night-electre-et-le-minotaure/" rel="bookmark">I am the night : Electre et le Minotaure</a></strong></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Un monde faussement libre</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">A grand renforts d’intrigues secondaires qui s’emmêlent dans ce sac de nœud psychique que d’aucuns ont considéré comme inutile. Dommage car c’est justement le propos de cet emboîtage d’histoires que de démontrer un concept essentiel : nous sommes tous des monstres, et nous avons bien des raisons de l’être. Mildred bien sûr, dont on comprend rapidement pourquoi elle se comporte ainsi, mais également ceux qu’elle croise, et qui cultivent allègrement leur folie comme d’autres des géraniums ou des poireaux. Sous couvert de respectabilité, en quête de puissance, affamés d’un bonheur qu’ils s’interdisent de vivre.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’hôpital psychiatrique du Dr Richard Hanover, où l’élégante Ratched s’infiltre à coups de menaces et de chantage, reflète les travers de la société américaine des années 50, à peine sortie de la Seconde Guerre Mondiale avec son cortège d’horreurs pour plonger dans la Guerre Froide et son hypocrisie. Le maccarthysme ne va pas tarder à pointer son nez, de même la surconsommation déjà à l’œuvre, sur fond de sexisme, d’homophobie et de racisme. L’occasion pour Murphy de dénoncer les travers d’un monde faussement libre, où les thérapies de conversion sont monnaie courante, les traitements psychiatriques de véritables tortures, les soignants des bourreaux pétris de bonnes intentions.</span></p>
<p align="justify"><span style="background-color: #ff00ff; color: #000000;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/the-act-true-crime-sordide-et-tragedie-de-laffect/" rel="bookmark">The Act : true crime sordide et tragédie de l’affect</a></strong></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Qui dans cette histoire est normal ?</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Toute cette souffrance pour avoir l’air normal. Mais qu’est-ce qu’être normal ? Mildred qui œuvre dans l’ombre pour sauver un frère adoré et qui découvre l’amour là où elle ne l’attend pas ? Le Docteur Hanover, dangereux charlatan qui rêve d’aider son prochain ? Edmund Tolleson, tueur de masse, dont on saisit progressivement les réelles motivations et la quête de justice ? Betsy Bucket, vieille infirmière rigoriste, secrètement amoureuse d’un patron qui la méprise ? Lenore Osgood, veuve richissime affublée d’un fils sadique qu’elle veut venger ? Charlotte Wells, qui pour échapper au souvenir de son agression, s’invente des personnalités multiples d’une rare violence ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Qui dans cette histoire est normal ? Et qui peut décider de ce qui l’est ou pas ? Ici <i>Ratched</i> sort de l’aura d’<a href="https://www.theartchemists.com/american-horror-story-fondations-cauchemar-americain/"><i>American Horror Story</i></a> pour faire le lien avec l’émouvant <a href="https://www.theartchemists.com/pose-une-lecon-de-voguing-et-damour/"><i>Pose</i></a>, le poignant <a href="https://www.theartchemists.com/feud-saison-1-bette-vs-joan-odyssee-dune-rivalite-cinematographique/"><i>Feud -Bette vs Joan</i></a>. Dont il reprend l’esthétique léchée, les décors fifties soignés jusque dans les moindres détails, les costumes somptueux, les voitures magnifiques. Le travail de l’image, des couleurs, des lumières rehausse ces environnements uniques tout en alimentant la bizarrerie des situations, l’anxiété latente qui se dégage des échanges humains,les brusques changements émotionnels des personnages. Les plans, le montage, évoquent Hitchcock, Kubrick, Forman … une leçon de cinéma donc et des clins d’oeil constants à un patrimoine filmique riche que Murphy porte dans son cœur. Tout comme son amour des actrices.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/carol-entre-durete-delicatesse-romance-contrariee/" rel="bookmark">Carol : entre dureté et délicatesse, une romance contrariée …</a></strong></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Une série de femmes</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ratched est une série sur une femme, sur des femmes. Une série pour des comédiennes d’exception. Sarah Paulson, bien sûr, parfaite dans le rôle titre auquel elle prête une froideur de façade sous laquelle couve un feu passionnel irrépressible. Judy Davis, aveuglée d’amour au point de flirter avec l’érotomanie. Sophie Okonedo, magistrale quand elle passe de personnalité en personnalité, en pleine crise de démence. Amanda Plummer, insupportable logeuse alcoolique. Rosanna Arquette, petite lueur d’humanité candide dans ce tourbillon de perversion. Cynthia Nixon, intelligente, amoureuse, lumineuse. Et Sharon Stone, majestueuse et destructrice.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ces dames mènent la danse auprès d’acteurs particulièrement efficaces : Finn Wittrock, Jon Jon Briones, Charlie Carver, Vincent D’Onofrio pour ne citer qu’eux. Mais <i>Ratched</i> reste un univers de femmes qui s’entre-déchirent tout en s’entraidant. Qui essayent de survivre, de vivre comme elles peuvent. Des Bonnes de Genêt à la sauce californienne, dans une Amérique conventionnelle à en vomir. Si <i>R</i><i>atched</i> a un point fort, c’est justement de mettre en évidence ce terreau de puritanisme rampant et trompeur qui a alimenté des décennies plus tard les harcèlements en tout genre, le trumpisme et ses dérives complotistes, les extrémismes, l’intolérance sous toutes ses formes. Des monstruosités dont il est grand temps de se défaire définitivement.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><a href="https://www.netflix.com/fr/title/80213445">https://www.netflix.com/fr/title/80213445</a></p>
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