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	<title>weinstein</title>
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		<title>Blink twice : un conte horrifique qui percute la réalité</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/blink-twice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2024 15:01:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On l&#8217;a vu à l&#8217;œuvre devant la caméra, dans Californication, A vif ou Mad Max: Fury Road. Avec Blink Twice, c&#8217;est derrière l&#8217;objectif que se glisse Zoë Kravitz, pour nous asséner un récit foudroyant qui percute l&#8217;actualité de la manière la plus viscérale. Au cœur de son film, la thématique du viol. Mais pas n&#8217;importe quel type de viol. Paradis, luxe&#8230; et drogues à gogo Pitchons la chose : jeune,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-blink-twice.jpg" alt="" class="wp-image-37390" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-blink-twice.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-blink-twice-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-blink-twice-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On l&rsquo;a vu à l&rsquo;œuvre devant la caméra, dans <em>Californication</em>, <em>A vif</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/mad-max-fury-road-dystopie-rock-fable-egalitariste-et-eclate-visuelle/">Mad Max: Fury Road</a></em>. Avec <em>Blink Twice</em>, c&rsquo;est derrière l&rsquo;objectif que se glisse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zo%C3%AB_Kravitz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Zoë Kravitz</a>, pour nous asséner un récit foudroyant qui percute l&rsquo;actualité de la manière la plus viscérale. Au cœur de son film, la thématique du viol. Mais pas n&rsquo;importe quel type de viol.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="BLINK TWICE | Bande-Annonce officielle 2 (VOST) | Zoë Kravitz, Channing Tatum, Naomi Ackie" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/kGqwQc5eg8k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Paradis, luxe&#8230; et drogues à gogo</h2>



<p>Pitchons la chose : jeune, belle, ambitieuse, Frida végète dans un job de serveuse, jusqu&rsquo;au jour où sa trajectoire croise celle du milliardaire de la tech Slater King. Apparemment hypnotisé par la demoiselle, ce dernier l&rsquo;invite ainsi que son amie Jess et d&rsquo;autres connaissances pour un week-end sur son île privée. L&rsquo;endroit est paradisiaque, le luxe omniprésent : piscine de rêve, chambres somptueuses, champagne grand cru à la framboise, mets raffinés, parfums précieux, robes blanches griffées&#8230; et drogues à gogo.</p>



<p>Dans ce joli petit vaudeville où chacun flirte allègrement, le temps s&rsquo;efface dans une atmosphère de plénitude lascive qui a tout de l&rsquo;hébétude. Mais de petit signe en petit signe, Frida commence à s&rsquo;inquiéter, surtout quand son amie disparaît. Qu&rsquo;a-t-il bien pu arriver à Jess ? Pourquoi Frida et ses compagnes de jeu ont-elles ce sentiment d&rsquo;oubli, des réminiscences comme des flashes mémoriels aussitôt gommés par l&rsquo;abrutissement de substances dont elles peinent à définir la nature ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conte horrifique et déferlement de barbarie</h2>



<p>Que leur fait-on absorber exactement et de quelle manière ? A quelle fin ? Pourquoi ces traces de coups sur leurs corps, ces courbatures, cette sensation de déjà vu ? La gentillesse de leur hôte est-elle sincère ? Autant de questions que Frida et ses camarades redoutent de se poser ; car, elles le pressentent, quand elles obtiendront leurs réponses, ce sera pour plonger dans l&rsquo;horreur absolu, un déferlement de barbarie, un règlement de compte atroce.</p>



<p>Avec autant de dynamisme que de conviction, Zoë Kravitz signe là un premier long-métrage tout à fait honorable, doublé d&rsquo;un conte horrifique qui jongle avec le revenge porn de manière on ne peut plus plausible. Naomi Ackie plante une Frida ô combien crédible, Channing Tatum tisse un Slater King effrayant et insondable. Christian Slater, Geena Davis, Kyle MacLachlan, Haley Joel Osment, Simon Rex&#8230; le casting autour d&rsquo;eux est impeccable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la fiction à la réalité</h2>



<p>Il fallait cela pour camper une histoire aussi terrible, dont on pourrait se dire qu&rsquo;elle est un brin tirée par les cheveux si elle ne venait percuter de plein fouet l&rsquo;actualité judiciaire française, secouée par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_viols_de_Mazan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">procès de Mazan</a>. Quand elle commence à travailler sur le scénario en 2017, Zoë Kravitz a plutôt en tête l&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/film-she-said/">affaire Weinstein</a> et le mouvement #MeeToo. Difficile en regardant les séquences de ne pas non plus évoquer <a href="https://www.theartchemists.com/jeffrey-epstein-filthy-rich/">Epstein</a> et la manière dont il se fournissait en jeunes filles pour alimenter les orgies organisées dans ses propriétés.</p>



<p>Mais le propos central de <em>Blink twice</em> étant la question de la soumission chimique (je n&rsquo;en dis pas plus de peur de spolier), on scrute forcément ces images avec en tête le martyre subi par Gisèle Pelicot, que son époux droguait pour la livrer ensuite complètement inconsciente à des inconnus qui abusaient d&rsquo;elle sans aucun scrupule. Hasard du calendrier, le film sort au moment où le procès de Mazan bat son plein. Difficile de ne pas faire le rapprochement et de trembler en imaginant que la réalité se calque ainsi sur la fiction.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-63b457dc3ab117abd8f7da68764a58e7" style="font-style:normal;font-weight:700"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
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<p>Je n&rsquo;en dis pas plus, vous jugerez par vous-même. En ce qui me concerne, <em>Blink twice </em>constitue un premier film réussi, de par la qualité des plans, de la photographie, de la direction d&rsquo;acteur ; quant au scénario, il traite de manière coup de poing la question de l&rsquo;exploitation sexuelle de la femme et du féminicide, dans ce qu&rsquo;elle peut avoir de plus dégradant et odieux. Non, il n&rsquo;y a pas viol et viol, et c&rsquo;est tout le propos que d&rsquo;en faire prendre conscience le spectateur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>L’Étrangleur de Boston 2023 : deux femmes contre un tueur</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-etrangleur-boston/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Aug 2023 12:53:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Étrangleur de Boston&#160;: le surnom donné par les médias à Albert DeSalvo, accusé d’avoir étranglé 13 femmes au début des années 60. Accusé, condamné, puis poignardé dans sa cellule. Ce fait divers sordide a fait l’objet d’une adaptation cinématographique signée Richard Fleischer en 1968 avec Tony Curtis dans le rôle titre. En 2023, Matt Ruskin propose sa version de la traque. Une traque menée par deux femmes journalistes. Sur la...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full" id="wp-block-themeisle-blocks-image-9fdcb41c"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59.jpg" alt="" class="wp-image-36287" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel59-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>L’Étrangleur de Boston&nbsp;: le surnom donné par les médias à Albert DeSalvo, accusé d’avoir étranglé 13 femmes au début des années 60. Accusé, condamné, puis poignardé dans sa cellule. Ce fait divers sordide a fait l’objet d’une adaptation cinématographique signée Richard Fleischer en 1968 avec Tony Curtis dans le rôle titre. En 2023, Matt Ruskin propose sa version de la traque. Une traque menée par deux femmes journalistes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="L&#039;Étrangleur de Boston - Première bande-annonce (VF) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/HzQhC2kgZUg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Sur la piste d’un tueur en série</h2>



<p>Loretta McLaughlin est chroniqueuse pour le <em>Record-America</em>. Cantonnée aux rubriques féminines (cours de cuisine, mode et autres sujets «&nbsp;lifestyle&nbsp;»), elle aimerait bien devenir une vraie journaliste de terrain, à qui l’on confie des enquêtes de fond, des reportages d’envergure. La chose s’avère compliquée, dans cette Amérique des 60’s conservatrice et sexiste, où ces dames sont encore largement cantonnées à la cuisine.</p>



<p>Le chemin de la reconnaissance, Loretta va devoir le défricher seule. Frénétique du fait divers, observatrice forcenée de l’actualité, elle sent qu’elle tient un scoop quand elle tombe sur l’annonce d’un meurtre particulièrement ignoble&nbsp;: une vieille dame étranglée et violée. Un meurtre seulement&nbsp;? Non. Très rapidement, Loretta recoupe cette info avec d’autres, partant ainsi sans même le savoir sur la piste d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie">tueur en série</a> redoutable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indifférence et fatalisme</h2>



<p>À ses côtés pour enquêter, Jean Cole, une autre journaliste déjà plus affirmée, plus expérimentée, plus respectée également. À elles deux, elles remontent la piste du tueur, bien plus vite que leurs collègues ou les limiers d’une police bostonienne dépassée&#8230; à moins qu’elle n’en ait rien à faire&nbsp;? Laxisme, manque d’exigence, aucun professionnalisme, une misogynie larvée&nbsp;: isolées, menacées, Loretta et Jean vont risquer jusqu’à leur vie pour faire éclater la vérité. Vérité d’ailleurs bien floue&nbsp;: appréhendé, passé aux aveux, DeSalvo est-il bien le coupable&nbsp;?</p>



<p>La question est ici posée de manière magistrale. Aujourd’hui encore, le doute demeure. Un doute enraciné dans un état d’esprit que Ruskin met en lumière. Pour faire court, la société américaine de l’époque se soucie peu de ces dames. Le sexisme y est complètement banalisé, la mort atroce de victimes sans défense presque passée sous silence. Certes, à l’époque, profilage et techniques scientifiques sont basiques, on ignore même jusqu’au concept de serial killer. Il n’en demeure pas moins que ces meurtres prolifèrent sur le terreau de l’indifférence et du fatalisme.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="800" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219.jpg" alt="" class="wp-image-36288" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/19067219-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Ruskin vs Fleischer&nbsp;?</h2>



<p><em>L’Étrangleur de Boston</em> version 2023 fait la part belle aux lanceuses d’alerte que sont ces deux journalistes méritantes et courageuses, remarquablement interprétées par Keira Knightley et Carrie Coon. Sans elles, on n’aurait probablement jamais fait le recoupement entre toutes ces affaires. Le rôle de la presse est ici primordial ainsi que ses dérapages&nbsp;: vague de panique, surenchère, amplification et déformation, Loretta et Jean ont fort à faire pour garder la tête froide et ne pas tomber dans les facilités de l’info spectacle.</p>



<p>L’approche de Ruskin remet les choses à leur place, notamment quand on la compare avec la version de Fleischer qui se focalise sur la personnalité retorse de DeSalvo, interprété par un Tony Curtis saisissant. Une version assez moderne dans son traitement de l’image et du montage, mais qui tend à présenter un assassin psychiquement malade, à la limite de la démence. Une absolution tout à fait hors de propos quand on connaît les études plus récentes réalisées sur la psyché des tueurs en série. La comparaison des deux films est révélatrice&nbsp;: le sexisme dénoncé par Ruskin est à l’œuvre chez Fleischer. Preuve que les temps ont heureusement changé&nbsp;? Il reste pourtant beaucoup à faire.</p>



<p>Les difficultés que rencontrent les héroïnes de Ruskin, on les retrouve dans d’autres récits mettant en avant le travail d’enquêtrices, ainsi <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-she-said/">She said</a></em> qui relate comment Megan Twohey et Jodi Kantor ont révélé l’affaire Weinstein. Début des années 60 ou des années 2010, les écueils, les obstacles, les menaces sont les mêmes. Et cela fait frémir.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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			</item>
		<item>
		<title>She said : face à un prédateur sexuel et au système qui le protège</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-she-said/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 08:56:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Premier biopic consacré à l’affaire Weinstein, le film She said, sorti fin 2022, propose une adaptation du livre du même nom, et une plongée dans une enquête pour le moins oppressante. Un choix de narration qui n’a rien de hasardeux. Un mur de silence Nous voici donc en 2017 au sein de la rédaction du prestigieux New York Times : les journalistes Megan Twohey et Jodi Kantor se retrouvent par...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35235" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg" alt="photos extraites du film She Said" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Premier biopic consacré à l’affaire Weinstein, le film <i>She said</i>, sorti fin 2022, propose une adaptation du livre du même nom, et une plongée dans une enquête pour le moins oppressante. Un choix de narration qui n’a rien de hasardeux.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="She Said - Bande annonce VOST [Au cinéma le 23 novembre]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/f9vmmN04fZI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un mur de silence</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nous voici donc en 2017 au sein de la rédaction du prestigieux <i>New York Times</i> : les journalistes Megan Twohey et Jodi Kantor se retrouvent par hasard à enquêter sur les agissements d’un producteur hollywoodien accusé d’avoir agressé sexuellement et harcelé plusieurs actrices. Leurs investigations vont très vite se heurter à un mur de silence. C’est qu’Harvey Weinstein fait peur, très peur, aussi bien aux femmes qu’il aurait pu violer qu’à ses collègues et employés, comme aux membres de l’industrie du 7e art en général.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Peinant pour rassembler des témoignages viables et inattaquables, nos deux reporters vont progressivement mettre à jour le <i>modus op</i><i>e</i><i>randi</i> d’un véritable prédateur sexuel qui n’hésite pas à détruire la carrière de celles qui se sont refusées à lui. Elles découvrent par ailleurs que les déviances répétées de Weinstein sont connues de tous, connues et tolérées, voire protégées, ne serait-ce qu’au sein de sa maison de production, où les millions de dollars filent pour acheter le silence des victimes, qu’on musèle en leur faisant signer des clauses de confidentialité absolument aberrantes.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un véritable bras de fer</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Petit à petit, Megan et Jodi arrivent à convaincre certaines victimes de parler, à trouver des preuves écrites. Il reste alors à rédiger et publier cet article désormais célèbre qui déclenchera la chute du producteur tout en marquant le départ du mouvement #MeToo. Facile en apparence, mais sur le coup, c’est un véritable bras de fer juridique qui se joue, la rédaction du journal voulant absolument parer à toutes les dérives face à cet adversaire d’autant plus dangereux qu’il est prompt à la menace, procédurier à l’excès et bardé d’excellents avocats.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La fin de l’histoire, on la connaît, comme ses différentes étapes, abondamment relatées par les médias. Pourtant, le biopic réalisé par Maria Shrader a ceci d’intéressant qu’il permet de découvrir de l’intérieur les rouages de cette omerta et à quel point elle pèse, et sur les victimes, des années durant. C’est un véritable système qui apparaît ici, un système qui normalise le viol et le harcèlement, dans une logique patriarcale absolument coupable. Et si quelqu’un avait parlé, s’il avait dit non, bien avant 2017 ? C’est arrivé, mais ce “non” est demeuré sans effet.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Personne ne voulait agir</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Parce que l’argent était le plus fort, parce qu’il n’y avait que peu de lois pour stopper ce type de dérive, parce que les victimes, jeunes et désorientées, ne pouvaient s’appuyer sur personne. Personne ne voulait voir, personne ne voulait écouter, personne ne voulait agir. Tout le monde savait, et s’en foutait. C’est ce que le film de Maria Shrader met si bien en évidence, ainsi que l’interprétation de Carey Mulligan et Zoe Kazan, qui incarnent les deux journalistes. Étonnées d’abord, stupéfiées progressivement, estomaquées, écœurées, outrées au fil de leurs découvertes.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nous ne pouvons que partager leurs réactions, leurs sentiments. Parce que c’est révoltant et inquiétant. Régulièrement, la narration chronologique est entrecoupée de flashbacks sur le vécu traumatique de ces jeunes femmes livrées en pature à un véritable Minotaure des temps modernes. La caméra explore des couloirs d’hotel déserts, décrit des chambres vides, accentuant l’impuissance des victimes confrontées à cet isolement, l’impossibilité de parler, d’être entendues et crues, de pouvoir poursuivre leur carrière quand elles disent non. La violence de cette injustice nous prend à la gorge.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span></p>
<ul>
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-scandale/" rel="bookmark">Scandale : « Tu veux réussir ? Écarte les cuisses, ne fais pas de vagues et souris. »</a></li>
<li><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-salepute-cyberharcelement/" rel="bookmark">#Salepute : la réalité crue du cyberharcèlement</a></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La violence, l’injustice, la banalisation : combien d’Harvey Weinstein agissent encore impunément dans l’ombre ? Ainsi ces deux hommes qui agressent verbalement les deux journalistes venues travailler dans un café, parce qu’elles ont repoussé leurs avances grossières. Ce simple passage en dit long sur la difficulté de résilience pour les victimes (on soulignera la présence cathartique d&rsquo;Ashley Judd, victime de harcèlement, qui joue ici son propre rôle, manière de reconquérir la parole et de transmettre à tous et ouvertement sa profonde détresse) l&rsquo;urgence du travail d’éducation à accomplir. Cela commence par la mission d’information des journalistes certes, mais aussi par le visionnage de films comme <i>She said</i>.</span></p>
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		<title>Cloclo : Claude François raconté par Florent Emilio Siri, un biopic captivant !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-cloclo-biopic-claude-francois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Aug 2021 10:40:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce qui fait qu’on devient une idole ? Une figure incontournable, emblématique, d’une culture, d’un esprit, d’une époque ? La problématique sert de fil directeur au film Cloclo. Une star, deux visages Sorti en 2012 après 13 ans d’attente (Podium de Yann Moix est passé par là entre temps), le biopic signé Florent Emilio Siri décortique la vie de Claude François pour saisir cette étincelle d’exception. Et les ombres qui la teintent...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/4042ecf2-ecd8-40e7-93d6-779cf7610568_2_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/4042ecf2-ecd8-40e7-93d6-779cf7610568_2_opt.jpg" alt="affiche du film Cloclo" class="wp-image-34124" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/4042ecf2-ecd8-40e7-93d6-779cf7610568_2_opt.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/4042ecf2-ecd8-40e7-93d6-779cf7610568_2_opt-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/4042ecf2-ecd8-40e7-93d6-779cf7610568_2_opt-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Qu’est-ce qui fait qu’on devient une idole ? Une figure incontournable, emblématique, d’une culture, d’un esprit, d’une époque ? La problématique sert de fil directeur au film <i><a href="https://youtu.be/Nx2naUGho1k" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cloclo</a></i>.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="CLOCLO (Jérémie Renier) Bande-Annonce Finale" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Nx2naUGho1k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Une star, deux visages</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Sorti en 2012 après 13 ans d’attente (<i>Podium</i> de Yann Moix est passé par là entre temps), le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=biopic&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">biopic</a> signé Florent Emilio Siri décortique la vie de Claude François pour saisir cette étincelle d’exception. Et les ombres qui la teintent irrémédiablement. Car pour être vedette, Cloclo n’en fut pas moins homme, et largement torturé avec ça. Comment alors faire la part des choses, si c’est seulement possible, entre l’humain rongé d’ambitions, de doutes et de fantasmes, et l’artiste solaire, visionnaire et initiateur&nbsp;? Une question toujours d’actualité, au centre même des grandes secousses idéologiques de notre temps.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Très subtilement, le réalisateur fait état des deux visages de ce Janus Bifrons sans jamais encenser l’un ou critiquer l’autre. Il s’agit d’alterner, voire de superposer&nbsp;:</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">le côté séduisant et avant-gardiste d’un chanteur surdoué, inspiré par Sinatra, passionné de soul et de <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-studio-54/" target="_blank" rel="noopener">disco</a>, excellent musicien, créatif en diable à l’unisson des attentes d’un public frénétique</span></li>



<li><span style="color: #000000;">la face plus sombre d’un personnage rongé par un perfectionnisme maniaque comme par un féroce besoin de reconnaissance, Don Juan adepte des très jeunes filles, amant insupportable, ego tourmenté et tyran domestique …</span></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Anecdotes véridiques et destin tragique</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Le tout est assorti d’épisodes et d’<a href="https://www.theartchemists.com/annees-70-souvenirs-baby-boomers-references-millennials/" target="_blank" rel="noopener">anecdotes</a> véridiques, confiées par des proches, dont les fils du chanteur, relaté sur un rythme de clip vidéo (le premier champ d’expertise de Siri), servi par la prestation bluffante d’un <a href="https://www.theartchemists.com/saint-laurent-yves-seul/" target="_blank" rel="noopener">Jérémie Renier</a> qui mit cinq mois à préparer son rôle à grand renfort de coaching musical, vocal, physique …). Ajoutons une focale sur une industrie musicale que Claude François a largement contribué à transformer à coup de fulgurances marketing toujours justes bien que parfois très coûteuses. Et un regard pointu sur la relation presque ésotérique existant entre la vedette et ses fans.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Relation sublimée par une mort aussi stupide que prématurée, conséquence irrémédiable d’un perfectionnisme irrépressible. Le destin&nbsp;? Décédé à 39 ans dans la fleur de l’âge, à l’apogée d’une carrière qui promettait encore bien des surprises, Cloclo pénètre soudain dans le club très fermé et d’autant plus fascinant des artistes maudits. Le film va clairement dans ce sens, en jouant la carte d’une transparence aussi captivante que gênante. Après la vague #metoo et les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=weinstein&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">scandales</a> qu’elle a mis en lumière, on regarde les dérives de la star d’un œil plus polémique.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span><strong>&nbsp;&nbsp;</strong></span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/slc-salut-copaiiiiiiiiiiiins-johnny-eddie-sylvie-claude-sheila-jacques-autres/" rel="bookmark">SLC Salut les Copaiiiiiiiiiiiins&nbsp;! Johnny, Eddie, Sylvie, Claude, Sheila, Jacques et les autres …</a></strong></p>



<p><span style="color: #000000;">Sans jamais pouvoir oublier qu’il a dynamisé l’univers sclérosé des variétés, complètement refaçonné le visage de la pop française, influencé d’autres grands chanteurs à l’internationale. Porte-parole de la culture populaire française, star adulée jusque dans l’au-delà, mythe artistique et défricheur de tendances, caractère ingérable, tyran domestique, le film <i>Cloclo</i> propose une synthèse très réussie de cette figure magnétique, à mettre en parallèle avec le <a href="https://www.theartchemists.com/dalida-drame-dune-sirene/" target="_blank" rel="noopener">biopic dédié à la carrière de Dalida</a>.</span></p>



<p>&nbsp;</p>
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		<title>#Salepute :  la réalité crue du cyberharcèlement</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/documentaire-salepute-cyberharcelement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jun 2021 13:33:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Meute, Scandale, The Loudest Voice, Le démon de la Croisette, … ce n’est pas la première fois que nous évoquons la question du harcèlement. Avec le documentaire #SalePute, un cap est franchi qui met en évidence la réalité crue du cyberharcèlement sexiste … et sa propagation. 73 % de femmes En une heure d’interviews et de témoignages, les journalistes belges Florence Hainaut et Myriam Leroy, donnent à voir cette réalité...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/SPaveckwasa_web_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33989 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/SPaveckwasa_web_opt.jpg" alt="affiche du documentaire #salepute" width="425" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/SPaveckwasa_web_opt.jpg 425w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/SPaveckwasa_web_opt-204x288.jpg 204w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/SPaveckwasa_web_opt-350x494.jpg 350w" sizes="auto, (max-width: 425px) 100vw, 425px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><i><a href="https://www.theartchemists.com/serie-la-meute/" target="_blank" rel="noopener">La Meute</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/film-scandale/" target="_blank" rel="noopener">Scandale</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/film-loudest-voice-biopic-roger-ailes/" target="_blank" rel="noopener">The Loudest Voice</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/demon-croisette-cyclope-harvey-weinstein/" target="_blank" rel="noopener">Le démon de la Croisette</a></i>, … ce n’est pas la première fois que nous évoquons la question du harcèlement. Avec le documentaire <a href="https://kwassafilms.com/sale-pute/" target="_blank" rel="noopener"><i>#SalePute</i></a>, un cap est franchi qui met en évidence la réalité crue du cyberharcèlement sexiste … et sa propagation.</span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><b>73 % de femmes</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;">En une heure d’interviews et de témoignages, les journalistes belges <span style="font-size: medium;">Florence Hainaut et Myriam Leroy, </span><span style="font-size: medium;">donnent à voir cette réalité sordide, sa logique, son impact, ses retombées. Et sa banalisation. Elles savent de quoi elles parlent, puisqu’elles en ont été victimes. Au même titre que 73 % d’autres femmes au travers du monde, si l’on en croit les chiffres cités par l’ONU … en 2015. Autant dire qu’en six ans, la situation, déjà grave, a bien sûr dégénéré.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;">Impossible qu’il en soit autrement quand on entend d’autres victimes exposer leur calvaire. </span>Chroniqueuse, journaliste, humoriste, auteure, députée, activiste, avocate, streameuse … toutes expliquent comment elles se sont retrouvées traquées sur les réseaux sociaux, insultées, menacées. Pour rien, des déclarations, des opinions, rien de scabreux ni de grossier, des réflexions de bon sens, le refus d’être harcelée dans la rue, la volonté d’être respectée, considérée comme un être humain à part entière …</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="background-color: #ff00ff; color: #000000;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/infiltre-ultra-droite-annee-alt-right/" rel="bookmark">Infiltré dans l’ultra-droite – Mon année avec l’alt-right : on ne dira pas qu’on ne savait pas</a></strong></span></p>
<h2 style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><b>« Ferme ta gueule »</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;">Rien que de normal … et derrière un déferlement de brutalité verbale absolument sidérant. Des propos qui évoquent les fantasmes de tueurs en série, les procédés des tortionnaires les plus barbares … sans compter les proches menacés eux-aussi, époux, compagnons, enfants … Vient la peur puis la panique, l’obligation de fuir des réseaux sociaux devenus incontournables dans notre univers ultra-connecté, même pour faire ses courses. Ostracisées, exclues, bannies, celles qui ont osé dire non perdent jusqu’à leur travail et leur droit d’expression.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;">Face à elles, on imagine des pervers, des assassins, des terroristes, des fanatiques … bref un ramassis de psychopathes totalement ingérables … alors qu’il s’agit en majorité des bons pères de famille, intégrés, avec des jobs valorisants, des postes de dirigeants, une situation sociale enviable, de la reconnaissance, du respect … Des personnes censées être responsables et respectueuses mais qui sous couvert d’anonymat s’offrent le luxe de crier à ces dames un « ferme ta gueule » clair, précis et très inquiétant par ce qu’il représente : un déni d’égalité et donc de démocratie.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/exposition-presumees-coupables-proces-femmes/" rel="bookmark">Exposition Présumées coupables : procès de femmes perdues et condition féminine en question ?</a></strong></span></p>
<h2 style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif;"><b>Personne ne veut voir</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;">Cela revient en somme à proscrire de cette agora que sont devenus les réseaux sociaux la parole féminine à qui on refuse le droit de s’élever, de contredire, de discuter. Et cela de la manière la plus abjecte qui soit, par la menace, l’insulte, la violence psychologique, des comportements initialement réprimés par la loi. Les femmes ne sont pas les seules touchées, sont par ailleurs concernés les homosexuels, les handicapés, les personnes de couleur … C’est un flot d’ordures qui se déverse sur ceux qui osent dire non à cette cyber-doxa aux relents on ne peut plus fasciste.</span></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">Aucun arrêt, aucune décence … et des questions : comment a-t-on pu en arriver là ? Comment en sortir ? Car la banalisation de ces comportements est évidente, la prise de conscience qu’on est face à une rupture des conventions sociales d’écoute et de respect, difficile. Personne ne veut voir, tout le monde édulcore, </span><span style="font-size: medium;">beaucoup rejettent la faute sur les victimes, à l’égal de ceux qui reprochent aux femmes violées de s’être habillées trop court, d’avoir été aguicheuses. Cette heure de documentaire se veut un miroir qu’on se prend en pleine face, un électrochoc … et un avertissement.</span></span></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;"><b>Et plus si affinités</b></span></span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;">Vous pouvez visionner le documentaire <em>#SalePute</em> sur <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/098404-000-A/salepute/" target="_blank" rel="noopener">ARTE</a>.</span></p>
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		<title>Le Sexe faible : Edouard Bourdet ou l’anti #metoo ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-sexe-faible-edouard-bourdet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 09:32:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le sillage de l&#8217;affaire Weinstein, alors que les plaintes pour atteintes sexuelles, viol, inceste pleuvent dans les milieux culturels et politiques, que #balancetonporc met en évidence de manière dramatique le harcèlement de rue, que actrices, artistes et entrepreneuses réclament la parité dans la création, que les femmes revendiquent l’égalité salariale tout en dénonçant la charge mentale, il me prend fantaisie de revoir Le Sexe faible, la version télévisée datant...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-30455" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible-100x100.jpg 100w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/sexe-faible.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Dans le sillage de <a href="https://www.theartchemists.com/demon-croisette-cyclope-harvey-weinstein/">l&rsquo;affaire Weinstein</a>, alors que les plaintes pour atteintes sexuelles, viol, inceste pleuvent dans les milieux culturels et politiques, que #balancetonporc met en évidence de manière dramatique le harcèlement de rue, que actrices, artistes et entrepreneuses réclament la parité dans la création, que les femmes revendiquent l’égalité salariale tout en dénonçant la charge mentale, il me prend fantaisie de revoir <em>Le Sexe faible,</em> la version télévisée datant de 1957 mise en scène par Jacques Meyer, celle de 1974 prise en main par Jacques Charron pour le théâtre Marigny.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Moderne et désagréable</strong></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La première se situe dans les années 50, la seconde dans les années 30, mais peu importe : l’intrigue dessinée par Edouard Bourdet en 1927 résonne de manière moderne … et assez désagréable. Au cœur de son récit, Isabelle Leroy-Gomez, grande bourgeoise ruinée qui n’a de cesse de marier ses fils à de riches héritières … tout comme elle l’a fait en son temps avec son ex-mari, dont elle a favorisé l’union avec une millionnaire américaine, Clarisse, devenue depuis son amie. Eh oui, dans la jet set, les hommes, beaux et séduisants sont entretenus par leurs épouses haut placées dans la hiérarchie aristocratique et financière.</span></p>
<h2 align="justify">Épouses et gigolos</h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La dame perd sa fortune ? Le Monsieur la quitte pour une autre, mieux dotée. C’est la règle, dure, implacable. Et Isabelle l’applique à la lettre, cherchant à tout prix à unir son petit dernier, Jimmy avec Dorothy qui ne compte plus ses millions. Seulement voilà, Jimmy s’en fiche de Dorothy, il lui préfère Nicole, la petite assistante de sa sœur, fondatrice d’une maison de couture. Par ailleurs, Philippe le puîné, vient de plaquer sa femme Christina l’argentine, pour une mannequin russe miséreuse et fêtarde, qui lui fait faire bien des folies. Du coup, Christina se réfugie dans les bars du beau Carlos, gigolo qui n’a de cesse de se faire épouser, lui aussi.</span></p>
<p align="justify"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/main-passe-vaudeville-feydeau/" rel="bookmark">La Main passe : d’un mari à l’autre, un vaudeville endiablé !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Passions sous contrat</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ces chassés croisés amoureux se déroulent dans un grand hôtel de la capitale, sous l’œil vigilant d’Antoine, majordome et éminence grise du palace, homme de l’ombre à qui on demande conseil, qui écoute les confidences, aide au besoin sans jamais se compromettre. Car s’il observe avec condescendance, il n’en pense pas moins. Et cet univers où les sentiments se négocient comme des actions, où l’oisiveté est une façade, où les hommes se vendent comme des trophées, où les femmes négocient la passion à coup de contrats, ce n’est pas franchement pour lui plaire, lui qui focalise le regard critique de l’auteur.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Amants à court terme</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bourdet prend un malin plaisir à démonter les travers de cette classe dominante futile et coupée des réalités, véritables parasites où c’est la femme qui harcèle, dicte sa loi, impose ses caprices, achetant les amants à court terme, en changeant comme on le fait d’une garde-robe. Et si l’on rit, ce n’est jamais aux éclats, toujours en grinçant des dents, avec le sentiment que ces gens sont malsains, privilégiant ce qui relèverait presque de la prostitution, du trafic d’êtres humains, avec une légèreté coupable, voire méprisante.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">La puissance de l’argent</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les beaux sentiments ont bien du mal à respirer dans ce cloaque, où les femmes, riches et libres, se comportent finalement aussi mal que les hommes dans leur domination patriarcale. </span><span style="color: #000000;">A croire que c’est la puissance de l’argent, le rang social, qui corrompent ? Bourdet le souligne férocement, avec un plaisir non dissimulé, un regard qui est toujours et malheureusement d’actualité … et le plein de question sur les dérives que le féminisme pourrait subir si jamais il se mêlait de fric et de supériorité ???</span></p>
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		<item>
		<title>Scandale :  « Tu veux réussir ? Écarte les cuisses, ne fais pas de vagues et souris. »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-scandale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2020 15:55:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soirée des Césars 2020 : Roman Polanski est récompensé comme meilleur réalisateur. Outrée, Adèle Haenel quitte la salle en signe de protestation, suivie par plusieurs participants. Suivent une tornade de commentaires sur les réseaux sociaux, soutenant, critiquant, conspuant, s’interrogeant. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le film Scandale apporte peut-être, sinon une réponse, du moins des clés de compréhension. Droit de cuissage médiatique Initialement baptisé avec raison Bombshell, le film de...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/03/scandale-e1583078106742.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-32331" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/03/scandale-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Soirée des Césars 2020 : Roman Polanski est récompensé comme meilleur réalisateur. Outrée, Adèle Haenel quitte la salle en signe de protestation, suivie par plusieurs participants. Suivent une tornade de commentaires sur les réseaux sociaux, soutenant, critiquant, conspuant, s’interrogeant. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le film <i>Scandale</i> apporte peut-être, sinon une réponse, du moins des clés de compréhension.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Droit de cuissage médiatique</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Initialement baptisé avec raison <i>Bombshell</i>, le film de Jay Roach revient sur la chute du tout puissant fondateur de Fox News, Roger Ailes. Accusé de harcèlement sexuel par plusieurs de ses employées dont les journalistes vedettes Gretchen Carlson et Megyn Kelly, cette figure incontournable des milieux conservateurs et des médias américains sera finalement remercié par Rupert Murdoch avec à la clé 40 millions de dollars de dédommagement. Dans la très puritaine Amérique, on ne plaisante pas avec l’image de marque, encore moins quand elle est entachée par des histoires de fesses.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Histoires de fesses étendues à l’échelle d’un véritable système de droit de cuissage. Les donzelles qui prétendent devenir présentatrices vedettes chez Ailes doivent mettre la main, la bouche et le reste à la pâte et à la braguette. C’était valable avant la création de la Fox, autant dire qu’arrivé au sommet du pouvoir médiatique, ce tyran paranoïaque enivré de puissance ne va pas arrêter ses ardeurs, loin s’en faut. Il généralise même le process, partageant son harem avec d’autres pontes de la boite, qui ne se montrent guère farouches. Et ces dames ? Elles n’ont guère le choix.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">L’américain moyen</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est soit la promo canapé forcée soit la porte, avec en prime un blacklistage particulièrement délétère dans ce pays où le travail est tout et la couverture sociale rien, avec à la clé un Roger Ailes qui a le bras très long et peut détruire une carrière en un coup de fil. Toutes et tous le savent, dans les différents services, c’est l’omerta. Si Ailes dévisse, quid de l’avenir de la chaîne ? C’est lui qui l’a bâti, la fait tourner, génère son succès. Il saute, tout s’effondre. Lui aussi le sait, et se permet tout, avec une grossièreté qui laisse sans voix. Dans ses bureaux, la femme n’est rien sinon un repoussoir aux longues jambes, aux seins fermes et aux cheveux blonds.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Jupe et décolleté obligatoire, maquillage de rigueur avec le bashing constant des présentateurs masculins qui malmènent leurs collègues à grand renfort de remarques machistes absolument insupportables. Une certaine vision de l’américain moyen, en somme. Mais tout est éphémère. Maltraitée au-delà du tolérable, fichue à la porte après avoir été infantilisée, insultée, reléguée dans des émissions subalternes, Gretchen Carlson ouvre le bal des accusations, preuves à l’appui. Suit la très controversée Megyn Elly, correspondante à la déontologie problématique mais néanmoins une star de la chaîne. Et toutes les autres.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="SCANDALE - Bande-annonce 3 VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/bqu104LP9rY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Une certaine conception de la loyauté</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ces autres sont incarnées dans le film par le personnage de Kayla Pospisil. Ce sont donc trois générations de femmes qui vont faire volte face pour dénoncer un système qui exploite la gent féminine tant qu’elle est jeune et séduisante, puis s’en débarrasse quand elle a dépassé un certain âge. Odieux. Et symptomatique d’une mentalité bien particulière, d’une vision. Car Roger Ailes pas un instant n’envisage qu’il a tort, qu’il exagère, il croit sincèrement aider ces dames en mal de reconnaissance en boostant leur carrière contre services sexuels rendus par « loyauté ».</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Jon Lithgow oriente son interprétation dans ce sens, avec pertinence. De même Nicole Kidman, Charlize Theron et Margot Robbie qui prêtent leurs traits à ces trois Parques, mettant en lumière un logique digne des favorites du Grand Siècle : l’ancienne sultane destituée, la glorieuse star à son apogée et la jeune ambitieuse en mal de succès. Très intelligemment, les actrices restent dans un registre très sobre, sans surjouer, ou exagérer le côté traumatique. Subtiles, elles laissent entendre avec raison que ces femmes sont victimes d’une norme, d’un fait socialement accepté de tous.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Un modèle, une référence, une évidence</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">« Tu veux réussir ? Écarte les cuisses, ne fais pas de vagues et souris. » C’est d’autant plus efficace que toutes sont issues d’une éducation conservatrice où la femme n’a finalement qu’un rôle représentatif. Et le film l’évoque parfaitement, quitte à alimenter un malaise constant. Moins détaillé que la série biographique <a href="https://www.theartchemists.com/the-loudest-voice-derriere-le-biopic-de-roger-ailes-le-decorticage-de-la-machine-fox-news/"><i>The Loudest Voice</i></a>, plus axé sur le parcours et la personnalité de Ailes, <i>Scandale, </i>en se concentrant sur le statut de la femme en milieu foxien ultra-phallocratique, donne à voir une réalité atroce, qu’on retrouve également dans les <a href="https://www.theartchemists.com/kenneth-anger-hollywood-babylone-cinema-vend-ame-diable/">récits de Kenneth Anger</a> sur Hollywood ou dans <a href="https://www.theartchemists.com/feud-saison-1-bette-vs-joan-odyssee-dune-rivalite-cinematographique/"><i>Feud : Bette vs Joan</i></a>.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pire, le film de Roach met en évidence la manière dont ce comportement est valorisé, présenté comme un modèle, une référence, une évidence. Une instrumentalisation qui a pris toute son envergure dans l’élection de Trump. On s’étonne encore de son accession au pouvoir alors qu’il s’affiche comme un mâle dominant, proférant de véritables obscénités et écrasant les femmes de son mépris ? On n’arrive pas à saisir comment des Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein et consort ont pu agir comme ils le firent ? Comment des gamines ont pu se faire abuser, violer par des réalisateurs, des producteurs, des hommes politiques, sans jamais réagir ni porter plainte ? On comprend mieux pourquoi après avoir vu ces images. Et ce n’en est que plus révoltant.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://www.facebook.com/scandale.lefilm/">https://www.facebook.com/scandale.lefilm/</a></p>
<p align="justify"><a href="https://www.facebook.com/BombshellMovie/">https://www.facebook.com/BombshellMovie/</a></p>
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		<title>« Hollywood Babylone » &#038; « Retour à Babylone » : quand Kenneth Anger raconte comment le cinéma vend son âme au diable</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/kenneth-anger-hollywood-babylone-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Oct 2017 10:36:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Harcèlement sexuel, brimades et insultes, agressions, viols, menaces … alors que les langues se délient dans le sillage de l’affaire Harvey Weinstein, la lecture de Hollywood Babylone (1959) et Retour à Hollywood (1986), les deux ouvrages de Kenneth Anger, s’impose pour rappeler que la chose est monnaie courante à Los Angeles … depuis l’origine du cinéma ! La magie noire d’Hollywood Et Kenneth Anger sait de quoi il parle : réalisateur underground,...</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/Devenez-un-pro-du-design-en-quel56.jpg" alt="" class="wp-image-36569" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/Devenez-un-pro-du-design-en-quel56.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/Devenez-un-pro-du-design-en-quel56-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/Devenez-un-pro-du-design-en-quel56-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><span style="color: #000000;">Harcèlement sexuel, brimades et insultes, agressions, viols, menaces … alors que les langues se délient dans le sillage de l’affaire <a href="https://www.theartchemists.com/?s=harvey+weinstein">Harvey Weinstein</a>, la lecture de <i>Hollywood Babylone</i> (1959) et <i>Retour à Hollywood</i> (1986), les deux ouvrages de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kenneth_Anger" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kenneth Anger</a>, s’impose pour rappeler que la chose est monnaie courante à Los Angeles … depuis l’origine du cinéma !</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">La magie noire d’Hollywood</span></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Et Kenneth Anger sait de quoi il parle : réalisateur underground, individualiste forcené, homosexuel passionné d’occultisme, nous avons déjà croisé sa route dans la proximité du maléfique <a href="https://www.theartchemists.com/bobby-beausoleil-autres-anges-cruels-face-cachee-summer-of-love/">Bobby Beausoleil</a> dont il aurait voulu faire le héros de son <i>Lucifer Rising</i> ; le sombre dandy préférera s’acoquiner avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=charles+manson">Charles Manson</a> et sa secte meurtrière, détruisant au passage les bobines du film initial, c’est du moins ce que prétendra Anger.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">D’entrée de jeu, l’auteur est nimbé d’une bien sulfureuse auréole, qui inspirera entre autres Scorcese … et transpire dans les lignes qu’il consacre à l’envers du décor hollywoodien, dévoilant les perversités de la colonie du cinéma, avant même que <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy">James Ellroy</a> y consacre ses romans. Orgies, détournements de mineures, alcoolisme, drogues, manipulations, pressions, <a href="https://www.theartchemists.com/livre-mafia-hollywood/">mafia</a>… de chapitre en chapitre, Anger expose la magie noire d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Hollywood">Hollywood</a>, cette manière qu’elle a de révéler ce qu’il y a de plus sombre chez ses adeptes, acteurs triomphants, starlettes éphémères, producteurs véreux, journalistes avides de scandale…</span></p>



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<p><strong>À lire également </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-once-upon-a-time-hollywood/">Once upon a time in Hollywood : il était une fois un conte de fée cinématographico-uchronique</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/">Hollywood : et si on foutait un coup de pied dans la fourmilière du cinéma ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-babylon/"><strong>Babylon : le cinéma, riche d’opportunités et de mises à mort</strong></a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Un climat de stupre et de meurtre</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Les ligues de vertu ne sont pas en reste, et nous les voyons mettre le groin dans la vie des studios, supervisant scenarii et tournages en quête du péché à exorciser… avec le succès qu’on imagine, vu les récits pour le moins scabreux que déroule Anger chapitre après chapitre, avec un cynisme évident&nbsp;: Chaplin attiré par les adolescentes, Stroheim adepte du SM, Mae West croqueuse d’hommes, Olive Thomas camée à mort, Frances Farmer lobotomisée … s’amusant à faire chuter ces idoles de leur piédestal, Anger illustre ainsi le thème de la moderne Babylone, filmé par un Griffith visionnaire.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Cette histoire du cinéma américain confronte avec brutalité l’étendue de ces talents et leurs turpitudes, dans un climat de stupre et de meurtre. Le tout enrobé d’une omerta digne de la Camorra ! Anger le rageux en rajoute-t-il ? Vu le déferlement de révélations qui accompagne le scandale Weinstein, il semblerait que non, qu’au contraire il soit dans le juste, se délectant au passage de cette atmosphère païenne et criminelle, comme si la Mecque du cinéma avait vendu son âme au diable, devant ensuite l’honorer de perpétuels sacrifices.</span></p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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