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	<title>marivaudage</title>
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		<title>Hôtel Problemski : Bipul, sa vie, son désœuvrement</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/spectacle-hotel-problemski/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cédric Chaory]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Dec 2022 11:16:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une scène de deux mètres par deux, légèrement surélevée, qu’encadre un public venu nombreux pour cette troisième soirée d’anniversaire du presque quart de siècle de la compagnie de théâtre rochelaise Haute Tension. Sur quatre jours, Martine Fontanille a décidé de re-présenter, dans son fief de la Fabrique du Vélodrome, quelques-unes de ses mises en scène [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35222" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2.jpg" alt="spectacle Hotel Problemski" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-2-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><br />
Une scène de deux mètres par deux, légèrement surélevée, qu’encadre un public venu nombreux pour cette troisième soirée d’anniversaire du presque quart de siècle de la compagnie de théâtre rochelaise Haute Tension. Sur quatre jours, Martine Fontanille a décidé de re-présenter, dans son fief de la Fabrique du Vélodrome, quelques-unes de ses mises en scène : <i>Noir ou Blanc, Scène de couples chez Feydeau, L’Avare</i>. Ce soir, point de marivaudages ni de classiques qui claquent. On y joue <i>Hôtel Problemski</i>, un seul en scène créé entre deux confinements et autres complications.</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Bipul dos au mur</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Une scène de deux mètres par deux donc, une </span><span style="font-size: medium;">mise en espace quadrifrontale, une arène</span><span style="font-size: medium;">.</span><span style="font-size: medium;"> Les lumières s’</span><span style="font-size: medium;">estompent,</span><span style="font-size: medium;"> une voix s’élève dans un coin de la Fabrique. Celle de Bipul Masli, demandeur d’asile en transit de Flutopia, sombre dictature. Il erre dans un immeuble belge avec quelques comparses tout aussi désœuvrés. Dos au mur, au propre comme au figuré, il entend nous narrer sa vie. Celle d’avant, de photographe de presse célébré, celle d’</span><span style="font-size: medium;">aujourd’hui, un </span><span style="font-size: medium;">homme en fuite. Un </span><span style="font-size: medium;"><i>rise and fall</i></span> <em><span style="font-size: medium;">violent et tendre à la fois que le comédien</span></em> <span style="font-size: medium;">Sébastien Boudrot incarne avec subtilité, surfant entre cynisme et humour.</span></span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Le cynisme, il en question d’entrée de jeu avec cette histoire de photoreportage qu’on imagine dans une Éthiopie affamée en 1984 : « <i>Fais seulement comme si je n&rsquo;étais pas là ! » que je dis au gosse en train de crever de faim et dont j&rsquo;essayais de prendre une photo. Je sentais quelque part que celle-ci serait ma photo. La photo. La photo qui allait inaugurer ma grande percée, qui allait me permettre de gonfler ma valeur marchande et de suggérer au grand patron de Reuter de me retéléphoner un jour où ça m&rsquo;arrangerait mieux. Un photographe sent ça. </i> » Very, very nice, sera la photo. Manque juste, selon l’esthète, une mouche au bord des lèvres pour que le cliché soit parfait. Nausée.</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>S’intégrer par l’humour ?</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">L’humour (balourd) ? Il se niche au détour d’une blague belge. Celle que chaque demandeur d’asile doit raconter au centre pour y être pleinement intégré par les comparses. Bipul a choisi une blague autour de la légende du sexe surdimensionné des Noirs. Potache, douteux. La chute est drôle, mais bien plus futée est la mise en scène de cette saynète. Martine Fontanille utilise astucieusement une fois encore l’édifice abritant le dispositif d’Hôtel Problemski. Édifice indu et ex-garage auto qui prête parfaitement ses traits à un centre de rétention. </span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Sur les murs est alors projeté un Bipul filmé en train de raconter sa blague : plan large, gros plan, plan rapproché, il l’ânonne. Le public rit, l’examen est passé haut la main. Des saynètes entrecoupées par de brefs intermèdes musicaux et voix annonçant des chapitres, il y en a foison dans <i>Hôtel Problemski</i>. Autant que les histoires de Bipul : celle d’Igor, copain de chambrée et boxeur qui rêve d’intégrer la Légion étrangère ; celle de Lydia, mineure gorgée d’optimisme et flirt occasionnel du photographe. Celle encore des redoutables Tchétchènes en perpétuelle bisbille avec les réfugiés africains (qui s’émeuvent de la neige recouvrant la Belgique en hiver).</span></p>
<h2 class="western" align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Une œuvre utilitaire</b></span></h2>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Ce n’est vraiment pas un temps à se planquer dans un container, répète à l’envi le comédien, cerné de toutes parts par le public. Un public qu’il tient en haleine, tour à tour dominant, dominé, puissant, rincé, à la fois physique et sensible, tenant fermement les bribes d’un texte tranchant, depuis retenu par l&rsquo;Unesco en qualité d&rsquo;œuvre utilitaire. L’œuvre est utilitaire incontestablement. Histoire de comprendre comment ça fonctionne à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un centre, de se rappeler combien c&rsquo;est difficile d&rsquo;être dans un pays dont on ne parle pas la langue, de partager quelques souffrances avec des déracinés. </span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">De comprendre l’enfermement aussi, vous savez, celui qu’on a appréhendé à l’occasion d’une pandémie. Mais nous, nous avions Netflix et des autorisations de sorties. Chance. L’adaptation de Martine Fontanille est, elle aussi, utile. Essentielle. Avec son habile dispositif, passe-partout, nous lui souhaitons de pouvoir diffuser sa pièce de théâtres en foyers de jeunes travailleurs. Et bien au-delà. Là où des oreilles et des yeux humanistes seront disposés à la recevoir.</span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p class="western" align="justify"><span style="font-size: medium; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Pour en savoir plus sur le spectacle <i>Hôtel Problemski,</i> consultez <a href="https://www.compagnie-haute-tension.com/" target="_blank" rel="noopener">le site de la compagnie Haute Tension</a>.</span></p>
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			</item>
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		<title>Les Fausses Confidences : quand Didier Bezace décline Marivaux entre délicate sobriété et vivacité moderniste</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-fausses-confidences-didier-bezace-marivaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2022 07:00:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Écrite en 1737, la pièce Les Fausses Confidences mit du temps à entrer au répertoire ; mais une fois introduite au Panthéon de la dramaturgie française, la comédie de Marivaux y occupa une place de choix. Il faut dire qu&#8217;en l&#8217;état, elle synthétise tous les paramètres qui font de leur auteur l&#8217;initiateur d&#8217;un genre nouveau, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-les-fausses-confidences-dideir-bezace.jpg" alt="" class="wp-image-37101" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-les-fausses-confidences-dideir-bezace.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-les-fausses-confidences-dideir-bezace-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-les-fausses-confidences-dideir-bezace-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Écrite en 1737, la pièce <a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><i>Les Fausses Confidences</i></a> mit du temps à entrer au répertoire ; mais une fois introduite au Panthéon de la dramaturgie française, la comédie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=marivaux" target="_blank" rel="noopener">Marivaux</a> y occupa une place de choix. Il faut dire qu&rsquo;en l&rsquo;état, elle synthétise tous les paramètres qui font de leur auteur l&rsquo;initiateur d&rsquo;un genre nouveau, la comédie de mœurs, scrutatrice des âmes et gentiment moqueuse, observatrice d&rsquo;une société en pleine mutation, dont certains comportements encore discrets annoncent le séisme de la Révolution. Et la mise en scène qu&rsquo;en a fait Didier Bezace le met particulièrement en évidence.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/2_NsLJF5rIQ" title="Les Fausses confidences l&amp;apos;exposition" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/2_NsLJF5rIQ?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/2_NsLJF5rIQ?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong><span style="color: #000000;">Une écriture de la vie et de l&rsquo;amour</span></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Une écriture de la vie, dans ce qu&rsquo;elle a de plus commun, puisqu&rsquo;elle nous parle d&rsquo;amour. Ah ce fripon, ce diable d’Éros, qui prend un malin plaisir à torturer les cœurs, aveugler le regard, tourmenter les esprits, faire perdre le contrôle de soi, bouleverse les existences. Chez Marivaux, pas d&rsquo;angelot joufflu aux fesses roses et aux ailes de pigeon. Cet amoureux de théâtre évacue l&rsquo;aveugle archer pour lui substituer l&rsquo;homme, seul artisan de ses attirances. L&rsquo;homme… et la femme. Objectif de la manœuvre : placer l&rsquo;un en face de l&rsquo;autre, dans un duel verbal tout en dentelles et en tisonnier, qui débouchera sur la défaite de l&rsquo;un, la victoire de l&rsquo;autre</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Et vice versa, car à ce jeu pas de véritable gagnant. Tous les coups sont permis, du moment qu&rsquo;ils ne sont ni physiquement violents, ni grossiers ; c&rsquo;est donc par les mots, la manipulation et le mensonge que le piège amoureux s&rsquo;installe et se referme. Ces ruses sentimentales, Marivaux a passé sa carrière de dramaturge à en forger une multitude, toutes plus tordues les uns que les autres, pour les placer au centre de ses intrigues, comme l’œil d&rsquo;un cyclone, petit vent de séduction innocente qui se métamorphose en tornade socialement destructrice. La mécanique qui sous-tend l&rsquo;action des <i>Fausses Confidences </i>est à ce titre exemplaire, car d&rsquo;une complète ambiguïté.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Manipulations amoureuses et conséquences irréversibles</strong></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">L&rsquo;enjeu est simple : Dorante, jeune homme de bonne famille, mais ruiné, est follement épris d&rsquo;Araminte, riche veuve indépendante et prude. Pauvre, il ne peut prétendre à épouser au-dessus de sa condition financière dans cette société du XVIIIᵉ siècle naissant, cloisonnée, respectueuse seulement des titres et des fortunes. Or Araminte, courtisée par un comte, a visiblement un bien meilleur parti à sa portée. Qu&rsquo;à cela ne tienne, Dubois, ancien valet de Dorante passé au service de la dame, va entrer dans la danse et paramétrer la stratégie psychologique qui va faire basculer le cœur de la belle. En une journée (ah les chères unités de temps et d&rsquo;espace jouent ici un rôle d&rsquo;activateur qui tourne un peu plus la tête), Dorante est introduit dans la place comme intendant, et Araminte engluée dans une véritable toile d&rsquo;araignée tissée de révélations et d&rsquo;épanchements à géométrie variable et contradictoire.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">« Dorante m&rsquo;aime ? Mon Dieu, je suis flattée… mais je ne veux pas que ça se sache, mon Dieu ma réputation. Mais s&rsquo;il m&rsquo;aime, pourquoi fait-il les yeux doux à ma servante Marton, qui le trouve à son goût du reste ? » « Araminte semble s&rsquo;intéresser à moi, mais pourquoi donc montre-t-elle alors favorable à ce projet de mariage avec le comte ? » En substance, c&rsquo;est un bon gros sac de nœuds psychique et émotionnel, où se lovent quelques vipères, et l&rsquo;ardent désir d&rsquo;y voir plus clair dans le cœur de chacun, en trompant l&rsquo;autre de façon souvent cruelle s&rsquo;il le faut, en s&rsquo;arrangeant pour que son secret éclate aux yeux de tous. Car étaler son amour devant témoins, c&rsquo;est ne plus pouvoir le nier, donc s&rsquo;exposer à en subir les conséquences irréversibles, refus… ou mariage.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/vVbMjVA_LHc" title="fausse confidence 1" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/vVbMjVA_LHc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/vVbMjVA_LHc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Des confidences fausses&#8230; mais vraies</strong></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Héritage superflu de la préciosité dans ce qu&rsquo;elle a de plus gnangnan? Marivaudage inutile de nantis s&rsquo;ennuyant dans leurs ors et leurs velours ? Les choses sont plus compliquées bien sûr, et Marivaux nous en fait prendre conscience avec discrétion, tact et justesse. Dorante, s&rsquo;il eut été plus aisé, aurait fait un époux tout à fait honorable, son oncle le rappelle vertement à la mère d&rsquo;Araminte, la très ombrageuse Mme Argante qui en pince pour le titre et les terres du Comte ; c&rsquo;est qu&rsquo;au temps de Louis XV, on épouse pour s&rsquo;enrichir, pour améliorer son rang, pour s&rsquo;élever dans la société. L&rsquo;amour n&rsquo;a pas de place là-dedans, surtout pas, il ne manquerait plus que femmes et maris s&rsquo;aiment, mais quelle folie !</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Moderne, Marivaux se charge de l&rsquo;y faire entrer, par la petite porte, mais pour y tout chambouler. Un portrait, une lettre, un deuxième portrait, un autre lettre, les preuves s&rsquo;accumulent de l&rsquo;attachement mutuel des tourtereaux qui finiront dans les bras l&rsquo;un de l&rsquo;autre, et basta cosi ! Tant pis pour la mère et l&rsquo;oncle, quant à Dubois, c&rsquo;est satisfait qu&rsquo;il regarde tomber le rideau de fin sur cette intrigue dont il a si savamment tiré les ficelles. Pas de simples confidences, murmurées, tracées à la va vite sur le papier. Toutes transies de déclarations contenues. Toutes fausses. mais finalement très vraies.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Une mise en scène entre tradition et modernité</strong></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C&rsquo;est ici que la mise en scène élaborée par l&rsquo;acteur Dider Bezace pour le théâtre de la Commune d&rsquo;Aubervilliers s&rsquo;inscrit comme une référence, un équilibre parfait entre tradition et modernité. Tradition dans les décors et les costumes qui nous emmènent au temps de Watteau, sans pour autant alourdir l&rsquo;action et l&rsquo;atmosphère. Légers, discrets, deux pans de murs séparent les salons d&rsquo;Araminte de son jardin, permettant en un tour de main de suivre les personnages dans leurs rencontres intimes, dans leurs confrontations devant témoins. Quelques meubles, un bureau élégant, quelques chaises soulignent le luxe de cette demeure, sans étouffer l&rsquo;importance des accessoires, missives ou tableaux qui vont faire rebondir la progressive révélation des sentiments de Dorante, et le questionnement sur sa démarche qui pourrait aussi être très intéressée.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Ainsi dépouillé, le plateau laisse place libre aux acteurs, et à leur jeu. Une interprétation détachée, d&rsquo;une grande rigueur, drôle et racée en même temps, d&rsquo;une émotion à fleur de peau. Pierre Arditi excelle en Dubois, prêtant sa légendaire ironie au valet, amenant par ses tonalités souvent désabusées à nous interroger sur ses véritables motivations. Anouk Grimberg nuance son Araminte de sa voix d&rsquo;enfant aux inflexions multiples, rêveuse, colérique, amusée, séduite, conquise enfin. Marie Vialle, Isabelle Sadoyan, Alexandre Aubry, Christian Bouillette, Jean-Yves Chatelais et Robert Plagnol viennent compléter ce casting de grande qualité, où les expressions et les ressentis mettent en relief le génie et la vivacité d&rsquo;un auteur hors normes qui confronte comme personne les obligations de la raison et les tiraillements du cœur.</span></p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Le diable par la queue : un petit bijou de comédie</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-diable-par-la-queue-comedie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Nov 2021 11:43:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34412</guid>

					<description><![CDATA[<p>Yves Montand aurait eu 100 ans cette année : l’occasion de se souvenir d’un artiste remarquable, chanteur de talent, comédien d’exception. Dans une filmographie conséquente marquée notamment par les collaborations avec les réalisateurs Costa-Gavras, Melville, Verneuil, Clouzot, Sautet, on note plusieurs comédies, dont La Folie des grandeurs de Oury, Le Sauvage de Rappenau ou ce [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/media_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34413 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/media_opt.jpg" alt="Affiche du film Le diable par la queue avec Yves Montand" width="429" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/media_opt.jpg 429w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/media_opt-206x288.jpg 206w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/media_opt-353x494.jpg 353w" sizes="(max-width: 429px) 100vw, 429px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Yves Montand aurait eu 100 ans cette année : l’occasion de se souvenir d’un artiste remarquable, chanteur de talent, comédien d’exception. Dans une filmographie conséquente marquée notamment par les collaborations avec les réalisateurs <a href="https://www.theartchemists.com/?s=costa+gavras&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Costa-Gavras</a>, Melville, Verneuil, Clouzot, Sautet, on note plusieurs comédies, dont <i>La Folie des grandeurs</i> de Oury, <i>Le </i><i>S</i><i>auvage</i> de Rappenau ou ce petit bijou de marivaudage qu’est <i>Le Diable par la queue</i>.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Gags délicieux</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Tourné par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=philippe+de+broca&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Philippe de Broca</a> en 1969, <i>Le Diable par la queue</i> raconte avec force péripéties doublées de gags délicieux l’arrivée du très séduisant baron César (<a href="https://www.theartchemists.com/?s=yves+montand&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Yves Montand</a>), en réalité un gangster en fuite après un braquage retentissant, dans un château transformé en hôtel par une famille d’aristocrates ruinés : la grand-mère, marquise de Coustines (Madeleine Renaud), sa fille Diane (Maria Schell), son gendre Georges (Jean Rochefort), leur fille Amélie (Marthe Keller) et sa cousine Jeanne (Clotilde Jouanno).</span></p>
<h2><iframe style="width: 480px; height: 270px;" src="https://player.allocine.fr/19568136.html"><br />
</iframe></h2>
<h2><span style="color: #000000;"><b>Scénario fou</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il se trouve que le clan Coustines n’en peut plus de vivre dans une demeure en ruine, abandonnée de clients dont il faudrait soutirer le cash au plus vite pour se refaire. Quand le fringant César débarque avec une mallette bourrée de billets de banque et la police à ses trousses, la marquise décide de lui soutirer son magot, quitte à l’expédier ad patres. Seulement voilà : on ne se débarrasse pas de César comme ça. Ce qui nous vaut 100 minutes de scénario complètement fou, où les situations cocasses et les répliques drolatiques s’enchaînent avec une aisance déconcertante.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Personnages décalés</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En prime une galerie de personnages délicieux et décalés, Jean-Pierre Marielle en playboy, Claude Pieplu en vieux grincheux, Xavier Gélin en petit garagiste amoureux, Tanya Lopert en minette, Jacques Balutin et Pierre Tornade en braqueurs maladroits. L’ensemble forme une alchimie explosive, légère, insouciante, sur fond d’été et de campagne, avec l’odeur du foin, le bourdonnement des abeilles et Wagner en musique de fond. Un casting d’élite, une histoire savoureuse, un film comme on n’en fait plus, et c’est bien dommage.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/film-le-magnifique-belmondo/" class="wp-embedded-content" data-secret="Tsv1leC8Ay"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-le-magnifique-belmondo/">Le Magnifique : Belmondo for ever</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Magnifique : Belmondo for ever » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-le-magnifique-belmondo/embed/#?secret=PjQ7XnYwdD#?secret=Tsv1leC8Ay" data-secret="Tsv1leC8Ay" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Folle Amanda : portrait d’un femme rayonnante… et d’une victime consentante ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-folle-amanda/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Nov 2021 13:18:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 1971 au Théâtre des Bouffes-Parisiens, la comédie de Barillet et Grédy fait partie des grands succès de Jacqueline Maillan et de l’émission « Au Théâtre ce soir ». Initialement mis en scène par un Jacques Charon au mieux de sa forme, Folle Amanda s’inscrit dans les classiques du théâtre de boulevard en donnant à voir [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34359 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt.jpg" alt="photo extraite de la pièce Folle Amanda avec Jacqueline Maillan et Daniel Ceccaldi" width="600" height="394" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt-288x189.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt-494x324.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Créée en 1971 au Théâtre des Bouffes-Parisiens, la comédie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=barillet+et+gr%C3%A9dy&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Barillet et Grédy</a> fait partie des grands succès de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jacqueline+maillan&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Jacqueline Maillan</a> et de l’émission « Au Théâtre ce soir ». Initialement mis en scène par un Jacques Charon au mieux de sa forme, <i>Folle Amanda</i> s’inscrit dans les classiques du théâtre de boulevard en donnant à voir un personnage féminin extravagant au quotidien, mais éperdu d’amour au-delà du raisonnable. Et c’est ce qui fait l’actualité incroyable de cette histoire, sa dureté également.</span></p>
<p>https://www.youtube.com/watch?v=vpJJjeP_ZBY</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>De femme à maîtresse</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Folle Amanda donc : une ancienne gloire du music-hall français, ruinée, oubliée de tous, néanmoins toujours pleine de vie et d’humour, dans son studio parisien perdu sous les toits. Comment expliquer cette éclipse, quand d’autres vedettes ont su se maintenir sur le devant de la scène et dans le cœur du public ? Amanda a toujours été dépensière, elle a collectionné les coups de tête, les excentricités et les amants. Un notamment, Philippe Morange, qu’elle a aimé, épousé… et qui l’a quittée pour un parti plus riche et plus en vue afin d’entamer une brillante carrière politique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le fringant Morange, qui oublie de payer les pensions de son ex-femme, qui l’ignore jusqu’au jour où Amanda décide de faire publier ses mémoires, où ce monsieur occupe une place privilégiée assez gênante pour ce ministre en vue, si proche de la fonction présidentielle. Alors Morange revient dans la vie d’Amanda, la séduit de nouveau, pour qu’elle ne publie plus cette autobiographie si gênante, pour récupérer des photos compromettantes prouvant ses liens initiaux avec la pègre… De femme, elle devient maîtresse, sans pour autant qu’il l’entretienne financièrement.</span></p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span> <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-canard-orange/" rel="bookmark">Le Canard à l’orange : marivaudage à l’anglaise … et l’acide !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Illusoires instants de bonheur</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et c’est là que le propos devient dérangeant : si la pièce est absolument savoureuse dans l’enchaînement des événements, les rebondissements, les gags, elle donne à voir une héroïne qui va tout accepter de cet homme qu’elle aime toujours profondément, alors qu’il la manipule sans vergogne. Nous la voyons tout démolir pour lui, y compris son come-back sur scène, afin de vivre quelques rares et illusoires instants de bonheur avec ce type imprévisible, capricieux, égocentrique, pingre, indélicat, infidèle, un médiocre qui vampirise Amanda la rayonnante.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quitte à la conduire au bord du suicide ? Heureusement, Amanda rebondira, mais pour combien de temps, avec un Morange accroché à ses jupes ? « Cet homme vous tyrannise », déclare un de ses proches. Certes, elle le sait, elle accepte, même quand ses plus fidèles amis la quittent, excédés de la voir céder. Bref, si vous voulez comprendre fonctionne un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pervers+narcissique&amp;x=9&amp;y=10" target="_blank" rel="noopener">pervers narcissique</a>, vous regardez cette pièce, et vous allez tout comprendre. Barillet et Grédy, avec la finesse qu’on leur connaît, sentent déjà les mécaniques de ce type de profil, à une époque où on en ignorait l’existence même.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span> <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-potiche/" rel="bookmark">Potiche : il faut toujours se méfier des cruches !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>D’Amanda à Potiche</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Amanda, qualifiée de folle dans le titre, reflète une autre vision, critique, des victimes de ce genre d’individu. Proie considérée comme consentante, servile, presque masochiste. C’est donc bien fait si elle en est là et sa sœur ne manque guère de le lui rappeler, faisant écho à la petite voix acide qui résonne dans l’esprit de chaque spectateur. En d’autres termes, Amanda n’a que ce qu’elle mérite. Mais a-t-elle vraiment le choix, empêtrée qu’elle est dans cette relation toxique comme dans sa misère, sa dépendance financière ? On aimerait savoir si un jour, elle va enfin dire non.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Elle en a le potentiel, mais quelle étincelle lui fera inverser le processus ? Cela aurait mérité un « Folle Amanda 2 », qui porte d’ailleurs le nom de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ytePwi8qG_E" target="_blank" rel="noopener"><i>Potiche</i></a>, écrit toujours par Barillet et Gredy au début des années 80, soit une décennie plus tard. Là aussi, une femme rayonnante, mariée à un industriel odieux, cantonnée à son rôle de mère et de maîtresse de maison, et qui va profiter de la maladie de son époux pour prendre en main avec un succès éclatant la destinée de la famille, de l’usine, de la santé économique de la région… avec à la clé une carrière politique prometteuse. Bref la revanche d’Amanda.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">N&rsquo;hésitez pas à visionner la captation de la mise en scène de la pièce <em>Folle Amanda</em> par Jacques Charon avec Jacqueline Maillan en <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vpJJjeP_ZBY" target="_blank" rel="noopener">vidéo</a> ou en DVD.</span></p>
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		<title>Marie-Antoinette : un conte de fées à rebours</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-marie-antoinette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Oct 2021 09:06:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Adulée, détestée, déchue, guillotinée : qui fut vraiment Marie-Antoinette ? Les biographies abondent, objectives, partisanes. Les films également, qui évoquent les différents épisodes de cette vie de reine et de femme. Dans cette filmographie conséquente, distinguons le téléfilm Marie-Antoinette daté de 1975. Pour différentes raisons. Un parcours hors normes Tournés par Guy André Lefranc à partir d’un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/serie-marie-antoinette-genevieve-casile_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34311 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/serie-marie-antoinette-genevieve-casile_opt.jpg" alt="série marie antoinette geneviève casile_opt" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/serie-marie-antoinette-genevieve-casile_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/serie-marie-antoinette-genevieve-casile_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/serie-marie-antoinette-genevieve-casile_opt-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Adulée, détestée, déchue, guillotinée : qui fut vraiment <a href="https://www.theartchemists.com/?s=marie-antoinette&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Marie-Antoinette</a> ? Les biographies abondent, objectives, partisanes. Les films également, qui évoquent les différents épisodes de cette vie de reine et de femme. Dans cette filmographie conséquente, distinguons le téléfilm <em>Marie-Antoinette</em> daté de 1975. Pour différentes raisons.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un parcours hors normes</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Tournés par Guy André Lefranc à partir d’un scénario signé Jean Chatenet et Jean Cosmos, les quatre chapitres de cette fresque historique donnent à voir un parcours hors normes, vécu comme un conte de fées à rebours. Une petite princesse autrichienne, soumise à une mère impératrice qui l’instrumentalise à des fins politiques, la mariant au dauphin de France pour renforcer le positionnement de son pays sur l’échiquier européen : immédiatement, les choses sont dites. Cette gamine est un pion sur un jeu d’échecs.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Incapable de se concentrer sur ses leçons, frivole et immature, elle a été élevée pour occuper la fonction de souveraine, soit un rôle de représentation et de reproduction. Sa mère va tout de même ajouter une mission à la feuille de route : espionne malgré elle, puisque la petite Marie-Antoinette rapporte à sa chère maman tout ce qui se passe à la Cour de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=versailles&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Versailles</a> au fil d’une correspondance fournie et très détaillée. Et quand ce n’est pas à sa mère qu’elle révèle les bruits de couloirs, c’est à l’ambassadeur autrichien qu’elle divulgue les informations.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une tête folle</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Sans même réaliser ce qu’elle fait d’ailleurs, candide comme elle est. Cette candeur, nous la voyons la perdre au fil du temps et des avanies subies au sein de cette Cour versaillaise repliée sur elle-même, coupée des réalités d’un pays où la révolte gronde. Tandis que la population meurt de faim, la reine joue les bergères dans son hameau factice, faisant la fortune de ses amis, plaçant ses intimes à des postes clés fort rémunérateurs où ils n’excellent guère par leurs compétences. Affublée d’un époux qui l’adore, mais ne sait lui faire d’enfant, elle s’ennuie profondément.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Donc elle dépense, devient une véritable icône de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mode&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">mode</a>, refuse de courber l’échine devant l’étiquette qu’elle se plaît à transgresser allégrement. Une tête folle, qui multiplie les bévues, les maladresses, les décisions malheureuses, parce que totalement aveuglée, incapable du moindre bon sens politique. Ce qui la conduira à la chute de la monarchie, à la prison puis au stade final de l’échafaud. Et il aurait difficilement pu en être autrement, comme ce récit le laisse entendre avec beaucoup de pertinence.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span> <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/film-autrichienne-pierre-granier-deferre/" rel="bookmark">L’Autrichienne : quand Pierre Granier-Deferre raconte les dernières heures de Marie-Antoinette</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un tableau fidèle</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Parsemée de quelques épisodes un brin romanesques, la série demeure cependant fidèle à l’Histoire, dressant un tableau assez juste des intrigues entourant cette souveraine bien trop inconséquente pour affronter la vague de rébellion qui secoue son royaume en profondeur. Interprétée par une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=genevieve+casile&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Geneviève Casile</a> qui mêle le chaud et le froid avec une maestria savoureuse, cette Marie-Antoinette est à la fois convaincante et révélatrice : révélatrice de névroses profondes, de rigidités comportementales, d’un manque affectif flagrant, d’une solitude émouvante.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’actrice donne aussi à voir le courage de la souveraine déchue face aux coups du sort, un courage alimenté par ses certitudes, ses convictions, sa foi. Son amour de mère, bafoué quand on lui arrache son enfant. Et puis les désillusions en masse, l’acceptation d’un destin qu’elle sait funeste. « Le roi n’a qu’un seul homme : sa femme » titre le 3ᵉ épisode de cette saga. L’expression est juste et ironique. Si elle avait été plus flexible, si elle avait fait preuve de bon sens politique, d’un peu de machiavélisme, peut-être Marie-Antoinette aurait sauvé la monarchie.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une série de qualité</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La série s’impose également par ses moyens : un casting sidérant de qualité, convoquant 158 acteurs dont une partie de la troupe de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Com%C3%A9die-Fran%C3%A7aise&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Comédie-Française</a>, notamment Françoise Seigner dans le rôle de l’impératrice Marie-Thérèse. Bref une véritable leçon d’interprétation qui tient beaucoup du théâtre, entre marivaudage et tragédie, scènes intimistes et rebondissements, huis clos et confidences. Ce qui n’empêche la présence de quelque cinq cents figurants, un millier de costumes et un tournage au cœur du château de Versailles.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ce qui s’appelle une superproduction donc, avec à la clé une saga télévisuelle d’une excellente qualité comme on n’en fait plus, et c’est bien dommage. Ce <em>Marie-Antoinette</em> tourné au mitan des années 70 est révélateur de la fonction pédagogique et de l’exigence d’une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=t%C3%A9l%C3%A9vision&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">télévision</a> qui n’était pas encore vendue aux programmes de téléréalité ni aux éditorialistes racoleurs. À ce titre, cette reconstitution témoigne d’une autre perception de l’outil télévisuel, destiné à conserver et transmettre la mémoire, divertir, plaire et éduquer à la fois.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <em>Marie-Antoinette</em> en <a href="https://amzn.to/2YXmEl1" target="_blank" rel="noopener">DVD</a> ou en <a href="https://madelen.ina.fr/serie/marie-antoinette" target="_blank" rel="noopener">VoD</a>.</span></p>
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		<title>On ne badine pas avec l’amour : Musset du marivaudage au drame tout simplement</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/on-ne-badine-pas-avec-amour-musset/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Sep 2021 08:46:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=21385</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour ceux qui l’ignoreraient, la vie sentimentale d’Alfred de Musset ne fut pas un long fleuve tranquille, loin s’en faut. Passionnés et passionnels, ses romantiques élans pour la talentueuse George Sand ont laissé une trace profonde dans sa vie, leur séparation encore plus et c’est au retour de Venise, où la belle l’a trompé, qu’il [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/on-ne-badine-pas-avec-lamour_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/on-ne-badine-pas-avec-lamour_opt.jpg" alt="pièce de théâtre on ne badine pas avec l'amour de Musset" class="wp-image-34239" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/on-ne-badine-pas-avec-lamour_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/on-ne-badine-pas-avec-lamour_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/on-ne-badine-pas-avec-lamour_opt-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Pour ceux qui l’ignoreraient, la vie sentimentale d’Alfred de Musset ne fut pas un long fleuve tranquille, loin s’en faut. Passionnés et passionnels, ses romantiques élans pour la talentueuse George Sand ont laissé une trace profonde dans sa vie, leur séparation encore plus et c’est au retour de Venise, où la belle l’a trompé, qu’il décide d’écrire <em>On ne badine pas avec l&rsquo;amour</em>, parfait exemple de « théâtre dans un fauteuil ».</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Un jeu pervers</strong></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Car sachez-le, cette pièce ne fut jouée sur scène que trois décennies après son édition en 1834. Longues tirades, répliques cocasses, complexité des sentiments, dialogues argumentés, … on oscille entre proverbe, poésie et roman tandis que la froide Camille et le beau Perdican s’affrontent, la première refusant obstinément d’épouser le second, ce qui fait le désespoir du baron qui comptait bien marier son fils à sa cousine.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Le tout ferait un marivaudage des plus honnêtes si la pauvre Rosette, tendre paysanne et sœur de lait de Camille, ne faisait les frais de ce jeu pervers, au point d’y laisser la vie. C’est ce mélange très singulier entre les genres que Christophe Thiry met en exergue au travers de sa lecture, dirigeant les acteurs de L’Attrape Théâtre sur une scène nue où ils incarnent les personnages principaux, les figurants autant que les statues du jardin où se situe cette farce tragique.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/lorenzaccio-1976-zeffirelli-rencontre-musset-maison-de-moliere/" rel="bookmark">Lorenzaccio&nbsp;1976 : quand Zeffirelli rencontre Musset dans la maison de Molière …</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Caractères torturés</strong></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Inspirés de l’antiquité comme de notre période contemporaine, les costumes aux tonalités beiges rappellent que ce chassé croisé amoureux affligeant n’a pas d’âge. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Shakespeare</a> le baroque, Racine le rigoureux, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Marivaux&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Marivaux</a> donc si faussement léger, les acteurs passent du cocasse au pathétique pour conter cette fable de l’amour frauduleux et lâche. Qui ici est le plus fautif ? On se le demande, tandis que les comédiens nuancent ces caractères torturés, de leur fraîcheur et de leur spontanéité.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Soulignons l’exceptionnelle prestation de Pierre Marzin, qui apporte au Baron une épaisseur d’inconséquence égoïste et naïve, rattachant le personnage aux figures démesurées de Molière, aux héros infatués de Labiche. Une manière supplémentaire de souligner la richesse de l’écriture de Musset &#8230; et l&rsquo;occasion de savourer cette mise en scène d&rsquo;une rare qualité via <a href="https://www.theartchemists.com/?s=opsis+tv&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">la plateforme d&rsquo;Opsis TV</a> qui eut l&rsquo;opportunité de capter une représentation pour la restituer par la magie d&rsquo;internet.&nbsp;</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et plus si affinités</strong></p>



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		<title>Festival d’Aix en Provence 2021 &#8211; Les Noces de Figaro : « if you love me, you can have anything ! »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/festival-aix-en-provence-2021-les-noces-de-figaro-opera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jul 2021 11:34:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est clair, non ? Ces mots s’inscrivent en néons rouges sur la scène nue et noire du Théâtre de l’Archevêché à l’occasion de l’édition 2021 du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence ; ils résument sans détour la promesse faite à toutes ses conquêtes par un Comte Almaviva dont l’infidélité est devenue proverbiale. Faites néanmoins confiance à la pétillante [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34064 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt.jpg" alt="noces de figaro aix 2021" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est clair, non ? Ces mots s’inscrivent en néons rouges sur la scène nue et noire du Théâtre de l’Archevêché à l’occasion de l’édition 2021 du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=festival+d%27aix+en+provence&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence</a> ; ils résument sans détour la promesse faite à toutes ses conquêtes par un Comte Almaviva dont l’infidélité est devenue proverbiale. Faites néanmoins confiance à la pétillante Lotte De Beer pour <strong>secouer le marivaudage de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mozart&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Mozart</a>, et transformer <a href="https://www.theartchemists.com/?s=les+noces+de+figaro&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i>Les Noces de Figaro</i></a> en une fable moderne sur l’amour par temps de Covid et de révolution des genres</strong>. Et cela fait beaucoup de bien.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un soap opéra signé Mozart</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Si l’ouverture introduit un prologue inspiré de la commedia dell’arte, le ton change avec la première scène :<strong> nous voici catapultés dans un soap opéra, un mix des <i>Feux de l’amour</i> et de <i>Madame est servie,</i> eighties en diable, kitchissime à souhait</strong>. Couleurs acidulées, luxe tape à l’oeil d’un intérieur de parvenus, bref un pur décor de série familiale navrante de guimauve émotionnelle à deux balles. Les incartades du comte, transformé en parfait yuppie à l’américaine, y passent crème … au début. Très vite, le personnage s’avère odieux, inconstant, irresponsable, hargneux, violent …</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et soudain les gags qui émaillent habituellement ce genre de programmes apparaissent pour ce qu’ils sont : réducteurs, grossiers, sexistes. <strong>Une vision déformée et malsaine des rapports entre classes sociales, entre générations, entre sexes</strong>. L’amour s’y étiole de réplique en réplique, tandis qu’on vend ce modèle sidérant de connerie à un public hypnotisé qu’on invite à applaudir aux moments clés par un panneau clignotant. La metteure en scène néerlandaise, résolument, retrouve les racines de Beaumarchais dans l’opéra de Mozart, secoue le tout pour restituer un discours à l’acide sur notre conception usée de l’amour.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le mariage comme un esclavage social</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quitte à créer le chaos durant la fin de la première partie, et embrayer la seconde sur un plateau épuré où seul le lit baroque demeure du décor initial. Un lit aussi grotesque que stérile, qui devient soudain déplacé dans cet environnement dépouillé. <strong>Le symbole d’une union conçue comme un esclavage social, dont la comtesse va devoir s’extraire, </strong>que les autres personnages vont devoir contourner pour trouver le bonheur dans une explosion de couleurs, tandis qu’ils se glissent dans d’invraisemblables combinaisons tricotées mêlant seins et verges. Tous transgenres, enfin heureux autour d’un arbre du paradis redevenu innocent. </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quelque chose de<a href="https://www.theartchemists.com/?s=La+flute+enchant%C3%A9e&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i> La Flûte enchantée</i></a> dans ce final triomphant qui règle son compte à la conception du couple classique pour <strong>légitimer toutes les formes d’amour, tant qu’il est synonyme de tolérance et de félicité</strong> ? Où résident finalement le grossier, le sale, l’ordurier ? Dans ces bites qui courent sur la scène, images des fantasmes refoulés de tous ces personnages en quête d’un peu de jouissance (ah cette injonction au bonheur dictée à coup de pubs et de posts Instagram) ? Ou dans le comportement intolérable du Comte, qui harcèle ses employées, insulte sa femme, menace physiquement et moralement ceux qui l’entourent ?</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une vibration dans l’air du temps</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">S’inspirant par ailleurs des outrances de <i>S</i><i>outh </i><i>P</i><i>ark</i> ou <i>Beavis an</i><i>d</i><i> Butt-Head</i>, <strong>Lotte De Beer multiplie les excès avec un cynisme mordant … et beaucoup de justesse</strong>. Chérubin dessinant des petits cœurs sur sa déclaration d’amour à la Comtesse, gêné par une érection qu’il ne contrôle pas … qui n’y verrait pas les premiers émois d’un gamin alors que sa sexualité s’éveille ? Le Comte se détournant de la Comtesse tandis qu’elle se couche à ses côtés, s’enroulant dans des draps froids comme la solitude qui la ronge ? Ce geste définitif d’ôter son alliance pour la jeter au pied de cet époux exaspérant ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Tout concourt à proposer une approche autre de cet opéra déjà très féministe. Les chanteurs apportent un plus notable, par leurs voix comme par leur jeu. <strong>Une vibration nouvelle, intensifiée par l’actualité du propos, mais aussi par l’enthousiasme très net qu’ils ont à être ensemble sur une scène</strong>, en contact avec un public certes moindre, respect des jauges oblige, mais néanmoins très impliqué. Le masque chirurgical ? Il est là, protégeant les membres du chœur et les figurants, mais Lotte De Beer en joue, l’intégrant dans l’intrigue même, la scène de quiproquo finale. Et cela ne dénote pas, bien au contraire. L’ensemble est intelligent, perspicace, drôle, sincère et inventif … dans l’air du temps. Mozart for ever, à savourer sans aucune modération.</span></p>
<p align="justify">
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		<title>Le Canard à l’orange : marivaudage à l’anglaise … et l’acide !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-canard-orange/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Apr 2021 12:19:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zoom ce jour sur un classique de l’humour à l’anglaise, la notable et jouissive comédie de William Douglas-Home intitulée Le Canard à l’orange. Un anatidé cuisiné pour la scène en 1967, mais qui demeure un indémodable du genre un foyer de punchlines inoubliables et un parfait portrait de pitre pince sans rire … ou de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/canard-a-lorange_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33772 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/canard-a-lorange_opt.jpg" alt="affiches de différentes mises en scène de la comédie le canard à l'orange" width="600" height="275" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/canard-a-lorange_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/canard-a-lorange_opt-288x132.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/04/canard-a-lorange_opt-494x226.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p><span style="color: #000000;">Zoom ce jour sur un classique de l’humour à l’anglaise, la notable et jouissive comédie de William Douglas-Home intitulée <i>Le Canard à l’orange</i>. Un anatidé cuisiné pour la scène en 1967, mais qui demeure un indémodable du genre un foyer de punchlines inoubliables et un parfait portrait de pitre pince sans rire … ou de mari manipulateur. Les deux peut-être ?</span></p>
<h2><span style="color: #000000;"><b>Insupportable de nonchalance et d’humour</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le pitch ? Un soir, Hugh, présentateur vedette de la BBC, coince sa femme aux échecs … et en plein aveu d’adultère. En effet Liz, après des années de patience et deux enfants, s’apprête à plaquer cet époux insupportable de nonchalance et d’humour, qui collectionne les bons mots et les maîtresses d’un soir. Direction l’Italie avec l’homme qu’elle aime et qu’elle entend épouser : le richissime et très en vue John Browlow. Reste à divorcer, ce que Hugh Preston concède volontiers. Fait play et gentleman, il invite son successeur dans son cottage pour faciliter le départ des tourtereaux le dimanche ; et, bien décidé à prendre tous les torts à sa charge, il fait également venir sa secrétaire, l’aguichante et irrésistible PattyPat, pour organiser un petit flagrant délit.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Jouer de la corde sensible au bon moment</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Chevaleresque, n’est-il pas ? A moins qu’il ne s’agisse d’une manœuvre particulièrement rusée pour torpiller l’idylle de Liz, la rendre folle de jalousie, au point d’abandonner ses projets ? Qui sait ? Avec Hugh Preston, rien n’est jamais sûr … sinon qu’il possède un sens évident de la dérision, qu’il excelle aux échecs et au tennis, qu’il adore les bons mots … et qu’il sait jouer de la corde sensible au bon moment, avec les bons moyens, et une analyse psychologique redoutable. Ajoutez à cela un penchant notable pour l’alcool qui ne diminue en rien ses facultés … et vous cernerez à peine ce diable de personnage, qui malgré tout adore sa Liz, en tout cas le prétend et ne veut guère la laisser partir … sans qu’elle ait bien culpabilisé.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/main-passe-vaudeville-feydeau/" rel="bookmark">La Main passe : d’un mari à l’autre, un vaudeville endiablé !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Anti-héros et fin renard</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Sincère ? Machiavélique ? <a href="https://www.theartchemists.com/tant-pis-pour-amour-manipulateur-autopsie-dessinee-relation-toxique/" target="_blank" rel="noopener">Pervers narcissique</a> ? Clown triste ? Un anti-héros en tout cas, et un fin renard qui va tout mettre en œuvre pour écarter le fâcheux et ramener son épouse au bercail. Pour jouer cette insaisissable anguille à la répartie énergique, on distingue trois grands noms du théâtre français : Jean Poiret dans la version télévisée de 1979, <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-ecole-contribuables/" target="_blank" rel="noopener">Michel Roux</a> en 1993, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nicolas+brian%C3%A7on&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Nicolas Briançon</a> en 2019. Chacun plante un Hugh Preston plein de charme, roublard, dont on n’arrive jamais à déterminer si il plaisante, si il est sincère. Et pourtant, chaque prestation se singularise, par la diction, la tenue, la gestuelle, le timbre de voix … Le temps qui passe également.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Canard à l’orange 50 ans après ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Aussi drôle soit-il, le personnage de Preston interroge qui n’autorise guère à sa femme les écarts qu’il multiplie à loisir. Question : cette mésaventure le rendra-t-il plus sage ? Cela reste à voir. Il faudrait écrire un « Canard à l’orange 50 ans après » pour faire le point sur ce couple à l’heure du #meetoo et de #balancetonporc. Liz victime d’un pervers incurable ? L’idée vaudrait le coup qu’on s’y intéresse … et qu’une femme prenne en main la mise en scène de ce <a href="https://www.theartchemists.com/?s=marivaudage&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">marivaudage</a> à l’anglaise et l’acide  dont les répliques phares pourraient bien changer de tonalité avec cette nouvelle lecture.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez trouver les différentes mises en scène de la pièce <i>Le Canard à l’orange</i> ici.</span></p>
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		<title>Alcina à la Monnaie de Bruxelles : marivaudage virtuose dans l&#8217;ombre de l&#8217;Arioste</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/opera-alcina-haendel-bruxelle-pierre-audi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 10:18:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=21756</guid>

					<description><![CDATA[<p>1732 Orlando, 1734 Ariodante, 1735 Alcina : décidément Haendel sait y faire avec l&#8217;Arioste ! Il faut croire que la geste des chevaliers telle que la brosse le poète italien du XVeme siècle l&#8217;inspire fortement. Force est de constater que ces aventures héroïco-épico-amoureuses lui suggèrent des compositions de toute beauté, en témoigne le superbe Alcina : trois heures [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/opera-alcina-haendel-bruxelle-pierre-audi/">Alcina à la Monnaie de Bruxelles : marivaudage virtuose dans l&rsquo;ombre de l&rsquo;Arioste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_12press_0.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21760 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_12press_0-494x329.jpg" alt="ALCINA" width="494" height="329" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">1732 <i>Orlando</i>, 1734 <i>Ariodante</i>, 1735 <i>Alcina</i> : décidément <a href="https://www.theartchemists.com/?s=haendel&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Haendel</a> sait y faire avec l&rsquo;Arioste ! Il faut croire que la geste des chevaliers telle que la brosse le poète italien du XVeme siècle l&rsquo;inspire fortement. Force est de constater que ces aventures héroïco-épico-amoureuses lui suggèrent des compositions de toute beauté, en témoigne le superbe <i>Alcina </i>: trois heures et demi de spectacle où les airs inoubliables s&rsquo;enchaînent avec frénésie. Un vrai tourbillon d&rsquo;arpèges pour ce qu&rsquo;il faut bien qualifier de <i>hits</i> du XVIIIeme siècle. </span><span style="color: #000000;">C&rsquo;est qu&rsquo;une fois écoutés, ces morceaux de bravoure restent en tête, pour la richesse de leur ligne harmonique, la virtuosité vocale qu&rsquo;ils supposent, la multitude d&rsquo;émotions qu&rsquo;ils trahissent. Et la mise en scène orchestrée par Pierre Audi pour l&rsquo;Opéra de la Monnaie de Bruxelles va pleinement dans ce sens, effaçant volontairement les audaces spectaculaires que légitime le scénario pour une vision épurée et austère qui privilégie la musique.</span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_18press.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21758 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_18press-494x329.jpg" alt="alcina_18press" width="494" height="329" /></a></p>
<h2><span style="color: #000000;">Marivaudage précieux brodé de querelles affectives</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et pourtant les tentations de donner dans le fabuleux étaient nombreuses si l&rsquo;on en croit l&rsquo;intrigue qui nous replonge dans les passages les plus fantastiques de <i>L&rsquo;</i><i>O</i><i>rlando furiosio</i> : durant l&rsquo;un de ses périples guerriers, le fougueux chevalier Ruggiero a été ensorcelé par la sorcière Alcina, qui le retient, prisonnier de son amour, sur ses terres. La belle est connue pour la puissance de ses sorts maléfiques et le nombre de ses amants dont elle se débarrasse une fois lassée, les transformant en animaux quand elle ne les tue pas carrément. </span><span style="color: #000000;">Mais avec Ruggiero c&rsquo;est une autre histoire : la dame est elle aussi très éprise. Et voilà que Bradamante, l&rsquo;épouse légitime qui s&rsquo;est mise en tête de récupérer son mari adultère, débarque dans le fief de la sorcière, travestie en combattant, bien décidée à faire valoir ses droits. Intrigues secondaires, retournements de situation, explications orageuses, crises de larmes, serments d&rsquo;amour : la plume de Haendel, alors destinée aux caressantes voix italiennes du tout jeune Covent Garden, transforme le récit d&rsquo;aventures en marivaudage précieux brodé de querelles affectives sur fond d&rsquo;effets spéciaux et de machineries raffinées.</span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_64press.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21759 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_64press-494x329.jpg" alt="ALCINA" width="494" height="329" /></a></p>
<h2><span style="color: #000000;">Une tragi-comédie proche de la pantomime</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Plateau nu, décors dépouillés, ombres constantes, costumes d&rsquo;époque aux teintes passées, Pierre Audi choisit l&rsquo;ascèse pour souligner l&rsquo;illusion perpétuelle qui règne sur le domaine d&rsquo;Alcina. Tout ici n&rsquo;est que mensonge et vide, aussi évoluons-nous dans un décor de théâtre dont nous devinons l&rsquo;arrière des toiles et des mécanismes au fur et à mesure que l&rsquo;amant réalise à quel point il a été trompé et manipulé par la perfide. Seuls les jeux de lumière de Matthew Richardson prêteront vie à la scénographie et aux soieries des vêtements dessinés par Patrick Kinmonth. Volontairement accentué, le jeu des chanteurs souligne les codes comportementaux excessifs qui géraient le relationnel des salons du XVIIIeme siècle. Nous sommes dans une tragi-comédie proche de la pantomime, mais l&rsquo;absence d&rsquo;effets spectaculaires met en avant les sentiments puissants et contradictoires qui animent les personnages : amour, passion, séduction, déception, peur, chagrin, colère, destruction, vengeance, noblesse, droiture … les voix de femmes dominent, et l’ambiguïté de Bradamante opposée à la sur féminité d&rsquo;Alcina a quelque chose de curieux et de fascinant quand s&rsquo;y appose la tessiture de la mezzo-soprano qui prend en charge le rôle de Ruggiero, initialement tenu par un castrat mezzo-soprano. </span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_04press.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21761 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/02/alcina_04press-494x329.jpg" alt="ALCINA" width="494" height="329" /></a></p>
<h2><span style="color: #000000;">Une Alcina véhémente et électrique</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans cette version précise emmenée par la fougue du chef Christophe Rousset dirigeant l&rsquo;orchestre </span><span style="color: #000000;">L</span><span style="color: #000000;">es </span><span style="color: #000000;">T</span><span style="color: #000000;">alents Lyriques, c&rsquo;est la prestation de Sandrine Piau qui domine très nettement, pour dessiner une Alcina véhémente et électrique, blessée par le départ de l&rsquo;amant mais qui luttera jusqu&rsquo;à la limite de ses forces pour le garder. </span><span style="color: #000000;">Maite Beaumont lui donne la réplique, brossant un Ruggiero très proche par sa gestuelle et </span><span style="color: #000000;">ses revirements </span><span style="color: #000000;">d&rsquo;un Chérubin en mutation, Angélique Noldus en Bradamante, Chloé Briot en Oberto confirment cette omniprésence féminine, tandis que Sabina </span><span style="color: #000000;">Puertolas</span><span style="color: #000000;"> incarne une Morgane touchante dans sa légèreté de séductrice. </span><span style="color: #000000;">Le belcanto ici ne tranche pas avec le réalisme des sentiments mais souligne leurs nuances, leur véracité, leur excès aussi. Cette recherche de la vraisemblance ravira probablement les mélomanes et les puristes, mais </span><span style="color: #000000;">en contre partie </span><span style="color: #000000;">elle amoindrit la magie éclatante qui émane de cet <a href="https://www.theartchemists.com/?s=op%C3%A9ra&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">opéra</a> enchanté, créé pour émerveiller l&rsquo;auditoire par ses audaces musicales et visuelles, </span><span style="color: #000000;">au profit d&rsquo;une course poursuite amoureuse qui rapproche <a href="https://www.theartchemists.com/festival-daix-en-provence-alcina-is-fifty-shades-of-grey/" target="_blank" rel="noopener">Alcina</a> des </span><span style="color: #000000;"><i>Liaisons dangereuses</i></span><span style="color: #000000;">, assimilant la terrible magicienne à une Merteuil. Le parallèle est intéressant certes mais ne ruine-t-il pas la démesure initiale voulue par Haendel jusque dans sa composition ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez voir cette version d&rsquo;<em>Alcina</em> en suivant <a href="https://www.medici.tv/fr/operas/alcina-haendel-rousset-audi/" target="_blank" rel="noopener"><strong>ce lien</strong></a>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/opera-alcina-haendel-bruxelle-pierre-audi/">Alcina à la Monnaie de Bruxelles : marivaudage virtuose dans l&rsquo;ombre de l&rsquo;Arioste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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		<title>Mozart revu par Michael Haneke : Cosi Fan Tutte ou l’arrache cœur universel</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mozart-michael-haneke-cosi-fan-tutte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Jan 2021 08:46:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cosi Fan Tutte de Mozart mis en scène par Michael Haneke ? Le réalisateur de La Pianiste prend le livret du compositeur de Don Giovanni à bras le corps pour en faire une fable amoureuse d’une cruauté sans pareil. Magistral ! Tango échangiste  Autant vous dire qu’au bout de trois heures et demie de spectacle, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33.jpg" alt="" class="wp-image-35679" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel33-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><em><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cosi Fan Tutte</a></em> de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mozart" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mozart</a> mis en scène par Michael Haneke ? Le réalisateur de <em>La Pianiste</em> prend le livret du compositeur de <em>Don Giovanni</em> à bras le corps pour en faire une fable amoureuse d’une cruauté sans pareil. Magistral !</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/NC_7mQj8Xco" title="COSI FAN TUTTE, Michael Haneke, Madrid 2013" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/NC_7mQj8Xco?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/NC_7mQj8Xco?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Tango échangiste </span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Autant vous dire qu’au bout de trois heures et demie de spectacle, il ne reste que peu de chose de la farce rédigée à l’origine par Da Ponte : du marivaudage initial visant à prouver l’inconstance féminine à deux amants trop épris, Haneke va tirer un tango échangiste à vous glacer le sang et vous brûler les sens. Sur la scène du Teatro Real de Madrid, c’est à une partie costumée de la jet set que nous assistons. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">La plupart des invités y débarquent en habits d’époque, certains en robes de soirée et smoking, ainsi nos quatre amants,<span style="mso-spacerun: yes;"> </span>qui s’amusent à se titiller jusqu’à ce que Don Alfonso, vieux dandy déçu de tout et de l’amour en particulier, vienne défier Guglielmo et Ferrando : « <em>Non, les sœurs Fiordigili et Dorabella, vos amantes idolâtrées, ne sont pas plus constantes que les autres femmes</em> ». Ce sera le point de départ d’une manipulation odieuse.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="font-size: 18pt; color: #000000;">Développer un regard neuf</span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Objectif : faire céder les belles dans leur fidélité hautement proclamée pour les amener à tomber dans les bras de ces messieurs à peine travestis, et tant qu’à faire devenir l’amant de l’autre. Et c’est là le hic, la faille que Haneke va exploiter : le changement de partenaires va être une révélation, et chacun de trouver sa chacune. Mais que faire au moment de revenir à la réalité et de réintégrer le couple initial, quand on a goûté les plaisirs d’un amour adulte dans une relation illusoire fondée sur la duperie ? </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est ici la problématique qui fait vaciller l’intrigue et donne à cette version toute sa saveur. Un enjeu, car comment développer un regard neuf sur cet opéra tant joué ? Difficile de passer après John Elliot Gardiner, Peter Sellars ou Patrice Chéreau, pour ne citer qu’eux. Il fallait un Haneke pour exploser les codes de lecture et aller au-delà des limites. De façon absolument juste et avec une délicatesse, une puissance incroyable qui soudain posent la mise en scène non plus comme une technique d’analyse mais comme un art à part entière.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/festival-de-salzbourg-2020-cosi-fan-tutte-mozart-superbement-covid-compatible/" rel="bookmark">Festival de Salzbourg 2020 – Cosi Fan Tutte : Mozart superbement covid compatible !</a></strong></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/opera-les-noces-figaro-mozart/">Festival d’Art Lyrique d’Aix en Provence 2012 / Les Noces de Figaro : les classiques et les modernes ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-don-giovanni-joseph-losey-le-cinema-au-service-de-lart-lyrique/">Film / Don Giovanni – Joseph Losey : le cinéma au service de l’art lyrique</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Gommer les limites du temps</span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Une villa palatine avec canapés design, bar hightech et baies vitrées, des vêtements sobres aux couleurs symboliques, noir, blanc, gris, rouge, de longs silences d’une scène à l’autre, des figurants dont on ne sait s’ils sont des invités ou des fresques de Tiepolo qui soudain s’animent, tout est fait pour gommer les limites du temps dans une universalité de la valse amoureuse et sensuelle. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Une valse dont on soulignera l’harmonie actée entre l’orchestre dirigé par Sylvain Cambreling et les chanteurs Annett Fritsch (Fiodiligi), Paola Gardina (Dorabella), Kerstin Avemo (Despina), Juan Francisco Gatell (Ferrando), Andrea Wolf (Guglielmo) et William Schimell (Don Alfonso). Ce dernier devient la pierre angulaire vocale et dramatique d’un séisme affectif qu’il déclenche en projetant ses frustrations larvées sur ces jeunes amants futiles autant que candides.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000; font-size: 18pt;">Interprétation d’une grande finesse</span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Il est en cela relayé par une Despina frigide et désabusée à la limite de l’hystérie, qui rappelle par certains côtés la mère abusive de <em>La Pianiste</em>. Et tandis que ces deux personnages semblent régler leurs comptes de façon détournée, s’affrontant du regard, s’embrassant follement, se repoussant, se caressant sans jamais aboutir, les quatre amoureux se révèlent touchants et insupportables à la fois de nonchalance et d’abandon.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">I<span style="color: #000000;">ssus d’une jeunesse dorée qui s’ennuie à périr, nos héros ne trouvent de distraction que dans ces jeux pervers où l’on teste l’autre, par caprice. Dirigé de main de maître, chaque chanteur va ainsi composer une interprétation d’une grande finesse, dont les nuancent balancent entre <em>Quadrille</em> de Guitry, <em>Les Bonnes</em> de Genêt et <em>Les Tricheurs</em> de Marcel Carné. Autant vous dire qu’on a adoré, qu’on a regardé jusqu’à la dernière seconde et qu’on en est ressorti bluffé. À voir et revoir (il existe une version en <a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">DVD</a>, tant mieux) !</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #333333;">&nbsp;</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/mozart-michael-haneke-cosi-fan-tutte/">Mozart revu par Michael Haneke : Cosi Fan Tutte ou l’arrache cœur universel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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