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	<title>esclavage</title>
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		<title>« La culture, c’est quoi aujourd’hui ? » : état des lieux d’une notion en mutation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/culture-aujourdhui-definitions-enjeux-debats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 09:19:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>The ARTchemists média culturel&#160;? Mais encore&#160;? On en discutait l’autre jour, tous ensemble. Est-ce que ça veut dire encore quelque chose aujourd’hui&#160;? Le mot culture est partout, décliné à toutes les sauces. Dans les médias, les discours politiques, les campagnes de pub, les salles de classe, sur les réseaux sociaux bien évidemment. On parle de culture artistique, populaire, d’entreprise, urbaine, scientifique, numérique… Mais que recouvre réellement ce terme&#160;? Ici maintenant,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025.jpg" alt="" class="wp-image-38069" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemists-la-culture-en-2025-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>The ARTchemists média culturel&nbsp;? Mais encore&nbsp;? On en discutait l’autre jour, tous ensemble. Est-ce que ça veut dire encore quelque chose aujourd’hui&nbsp;? Le mot <em>culture</em> est partout, décliné à toutes les sauces. Dans les médias, les discours politiques, les campagnes de pub, les salles de classe, sur les réseaux sociaux bien évidemment. On parle de culture artistique, populaire, d’entreprise, urbaine, scientifique, numérique… Mais que recouvre réellement ce terme&nbsp;? Ici maintenant, en 2025 ? D’où vient-il ? À quoi sert-il ? Qu’englobe-t-il&nbsp;? Pourquoi fait-il débat ? Pourquoi DOIT-IL faire débat&nbsp;? Définir la culture, c’est entrer dans un champ vaste, mouvant, confus. Un tour d’horizon s’impose.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un produit de la Renaissance pour trois grandes acceptions contemporaines</h2>



<p>Quand on veut faire le point sur la signification d’un mot, il faut commencer par ses racines, sa source, son étymologie. Le mot <em>culture</em> dérive du latin <em>colere</em> aka «&nbsp;cultiver&nbsp;». À l’origine, il désigne donc l’entretien de la terre (<em>cultura agri</em>). Ce n’est qu’au XVe siècle qu<em>’il</em> commence à s’appliquer à l’esprit : on parle alors de <em>cultiver son savoir</em>, <em>son langage</em>, <em>ses goûts</em>. Ce glissement sémantique reflète un changement profond dans la manière dont on conçoit l’être humain.</p>



<p>À la fin du Moyen Âge, puis avec la Renaissance, l’homme commence à se penser comme perfectible, capable de progresser, de s’élever par l’éducation et la connaissance. C’est le moment où l’on redécouvre les textes de l’Antiquité, où l’on valorise les <em>humanités</em> — grammaire, rhétorique, philosophie, histoire, arts — considérées comme des outils de développement personnel et social. <em>Cultiver l’esprit</em> s’impose comme une image puissante : comme on soigne un champ pour qu’il porte des fruits, on travaille son intelligence, sa sensibilité, sa langue, pour s’épanouir et contribuer à la société.</p>



<p>Et aujourd’hui&nbsp;? Qu’en est-il&nbsp;? La culture est perçue de trois manières&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La culture comme perfection individuelle<strong>&nbsp;</strong>; inspirée des Lumières, elle valorise le raffinement, la connaissance des arts, la lecture, la musique.</li>



<li>La culture comme patrimoine collectif&nbsp;; elle désigne ici les productions d’une société dignes d’être conservées et transmises (musées, monuments, arts « nobles »).</li>



<li>La culture comme mode de vie&nbsp;; c’est une vision anthropologique développée par Edward Tylor ou Claude Lévi-Strauss) selon laquelle tout groupe humain a une culture (langue, rites, cuisine, organisation sociale…).</li>
</ul>



<p>Bien évidemment, ces trois définitions se chevauchent, s’enchevêtrent… et entrent parfois en tension. D’où la grande question&nbsp;: culture pour qui&nbsp;? Culture pour quoi&nbsp;? Et là on entre dans la valse des contradictions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture légitime vs culture populaire</strong></h2>



<p>Depuis les travaux du sociologue Pierre Bourdieu — notamment dans <em>La Distinction</em> (1979) — on sait que la culture n’est pas qu’une affaire de goûts ou de curiosité : c’est aussi un marqueur social. Autrement dit, ce que l’on consomme comme œuvre ou spectacle, ce que l’on considère comme “bon” ou “légitime”, révèle souvent notre origine sociale, notre niveau d’études, notre capital culturel.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La culture dite savante — musique classique, opéra, théâtre d’auteur, peinture ancienne, philosophie — a historiquement été valorisée par l’école, l’université, l’État, les institutions républicaines. Elle est souvent associée à une élite intellectuelle ou bourgeoise, et transmise dans les cercles favorisés dès l’enfance.</li>



<li>En parallèle, la culture populaire — chansons de variété, bandes dessinées, rap, séries télévisées, mangas, jeux vidéo — a longtemps été regardée de haut, considérée comme “inférieure”, “superficielle”, voire “dangereuse”. Pourtant, ce sont ces formes qui touchent aujourd’hui le plus large public, qui forgent des imaginaires puissants, et qui génèrent une créativité foisonnante.</li>
</ul>



<p>Deux univers irréconciliables, voire antagonistes ? Les lignes, heureusement, bougent petit à petit.Depuis une vingtaine d’années, on observe une ouverture du monde culturel institutionnel à la culture populaire. Quelques exemples ? Le <a href="https://www.centrepompidou.fr/fr/">Centre Pompidou</a> a consacré des expositions à la bande dessinée, à l’art brut, au design industriel, ou encore à la culture punk. En 2014, l’exposition <em><a href="https://www.theartchemists.com/tatoueurs-tatoues-au-quai-branly-une-etape-denvergure-dans-les-mutations-dun-genre-en-majeste/">Tatoueurs, tatoués</a></em> au <a href="https://www.quaibranly.fr/fr/">musée du quai Branly</a> a marqué un tournant en reconnaissant le tatouage comme une forme artistique, issue à la fois de rites ancestraux et de mouvements subversifs (prisons, marins, bikers, scènes underground). Des festivals comme <a href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/hip-hop-symphonique-10e-edition">Hip Hop Symphonique</a> réunissent des rappeurs et des orchestres classiques, créant des ponts inédits entre les mondes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture mondialisée ou culture fragmentée ?</strong></h2>



<p>Autre paramètre de l’équation : Internet a bouleversé la culture en profondeur. Aujourd’hui, on y accède facilement, gratuitement, partout, en un clic ou presque. On peut aussi produire, partager, commenter des contenus culturels sans passer par les circuits traditionnels : un smartphone suffit pour publier une chanson, un poème, une BD ou un court-métrage. Mais cette ouverture massive produit aussi des effets paradoxaux :</p>



<p>• Les algorithmes, en privilégiant les contenus populaires et rentables, relèguent dans l’ombre les formes d’expression minoritaires, expérimentales, ou simplement moins virales.<br />• Ces mêmes algorithmes construisent des bulles culturelles : chacun se voit proposer des contenus similaires à ce qu’il consomme déjà, sans confrontation avec d’autres styles, d’autres références, d’autres horizons.</p>



<p>Traduction en vrai, dans la vraie vie : des ados peuvent connaître <em><a href="https://www.theartchemists.com/speedlines-manga-one-piece/">One Piece</a></em>, <em>Jujutsu Kaisen</em> ou <em>Demon Slayer</em> sur le bout des doigts, maîtriser les codes du manga et de l’animation japonaise… sans jamais avoir entendu parler de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re">Molière</a>, Balzac ou même de la BD franco-belge. Un jeune peut suivre un influenceur mexicain spécialisé dans le low tech, une streameuse finlandaise fan de cosplay, ou une philosophe brésilienne qui vulgarise Spinoza… sans jamais tomber sur <em><a href="https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/">La Grande Librairie</a></em>, <em><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014036/le-dessous-des-cartes/">Le Dessous des Cartes</a></em>, ou une pièce de théâtre contemporaine française. À l’inverse, une autre personne, dans une autre bulle, ne jurera que par le classique occidental, sans jamais croiser un créateur coréen, une série nigériane ou un vidéaste queer non-européen.</p>



<p>Résultat : la culture circule plus que jamais, mais chacun la vit dans son couloir, sa niche, son algorithme personnel. Une mondialisation en apparence… mais cloisonnée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture vivante vs culture institutionnelle</strong></h2>



<p>Également alimenté par l’explosion d’internet, un autre clivage traverse aujourd’hui le monde de la culture, et non des moindres.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>D’un côté, on trouve les institutions traditionnelles — musées nationaux, opéras, conservatoires, grandes écoles artistiques, lieux prestigieux souvent situés dans les centres urbains.</li>



<li>De l’autre, évoluent les créateurs indépendants, collectifs autogérés, artistes issus des cultures urbaines ou numériques, qui se produisent dans des lieux alternatifs ou en ligne, loin des circuits officiels.</li>
</ul>



<p>Cette opposition ne date pas d’hier, mais elle s’est accentuée avec la montée en puissance des réseaux sociaux, des plateformes de diffusion libre, et de nouvelles formes de création plus inclusives, plus connectées, souvent auto-produites.</p>



<p>Les seconds reprochent aux premiers :<br />• leur lenteur d’adaptation aux nouvelles pratiques culturelles et aux formats numériques,<br />• leur centralisme, la majorité des budgets de la visibilité restant concentrée à Paris ou dans quelques grandes villes (et la réduction drastique des subventions n’a rien arrangé),<br />• leur manque de représentativité, un entre-soi social, une faible diversité en termes d’origines, de genres, de parcours ou de disciplines artistiques.</p>



<p>Cette tension se traduit très concrètement dans les débats sur les politiques culturelles :<br />Faut-il continuer à financer massivement les grandes institutions « à la française », ou plutôt soutenir les pratiques locales, les petits lieux de diffusion, les festivals indépendants, les ateliers associatifs, les créateurs de rue, de banlieue ou de web ? Ce débat renvoie à une question plus large : qu’est-ce qu’on considère comme “légitime” dans la culture aujourd’hui ? Et qui décide ?</p>



<p>Concrètement ça donne quoi&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Tandis que la Philharmonie de Paris propose une programmation prestigieuse et très subventionnée, beaucoup de salles de quartier, de cafés-concerts ou de MJC musicales (ex : le <a href="https://www.lemoloco.com/">Moloco</a> à Audincourt, ou le <a href="https://fgo-barbara.fr/">FGO-Barbara</a> à Paris) luttent pour survivre et offrir une scène aux jeunes groupes émergents. Et pourtant, ce sont souvent ces lieux qui font éclore les nouveaux talents.</li>



<li>L’Opéra de Paris concentre des millions d’euros de subventions publiques chaque année. Pendant ce temps, des collectifs comme <a href="https://paradoxsal.com/">Paradox-sal</a> dansent dans la rue, les friches ou les MJC, et peinent à obtenir des financements durables, alors même qu’ils attirent un public jeune, populaire et diversifié. Leur style, souvent hybride (hip-hop, contemporain, théâtre), est encore peu reconnu dans les circuits officiels.</li>



<li>Le <a href="https://pass.culture.fr/">pass Culture</a>, qui offre un budget de 300 € aux jeunes pour découvrir des œuvres ou lieux culturels, a suscité une polémique : beaucoup de fonds ont profité aux grandes enseignes (Fnac, Pathé…) ou aux grosses institutions, alors que les petits lieux de proximité, les bibliothèques municipales ou les artistes indépendants ont parfois du mal à intégrer le dispositif. Une belle idée, mais qui pose la question : à qui profite réellement ce soutien ?</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nouvelles formes culturelles : mutation … ou explosion ?</strong></h2>



<p>Nous vivons donc un moment charnière. Jamais la culture n’a été aussi diverse, instantanée, participative. La révolution numérique ne s’est pas contentée de modifier les supports, elle a transformé la nature même des œuvres, des formats, et des rôles. Culture numérique, culture remixée… quid de ce melting pot&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>La culture numérique</strong></em></h3>



<p>Aujourd’hui, TikTok, Twitch, YouTube, Instagram, et même Discord ou Reddit, sont de véritables lieux de production culturelle. Ces plateformes ne se contentent pas de diffuser : elles créent des tendances, des esthétiques, des mouvements. Chacune a ses codes, ses langages, ses stars et son imaginaire collectif. On y voit émerger de nouveaux formats, hybrides, souvent collaboratifs et éphémères, où l’authenticité, la créativité brute et l&rsquo;interaction comptent autant que la technicité.</p>



<p>Exemples parlants ?<br />• Les battles de rap en ligne (type <em><a href="https://www.eowfrance.fr/v2/">End of the Weak</a></em>, <em><a href="https://www.instagram.com/rapcontendersoff/?hl=fr">Rap Contenders</a></em>) où l’impro, la punchline et la performance sont à l’honneur, accessibles à tous sans passer par une maison de disque.<br />• Les chorégraphies virales sur TikTok, comme langage corporel mondial, reprises en boucle, adaptées, remixées à l’infini.<br />• Les speedruns de jeux vidéo, devenus de véritables performances artistiques où précision, créativité et narration se mêlent.<br />• Les booktubers et booktokers, qui font revivre la critique littéraire auprès d’un jeune public, en utilisant humour, storytelling et mise en scène émotionnelle.</p>



<p>Résultat&nbsp;: les frontières entre créateur et spectateur se brouillent&nbsp;; on <em>commente</em>, on <em>like</em>, on <em>duplique</em>, on <em>répond</em>. Chaque internaute peut devenir acteur culturel, parfois sans le vouloir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La culture remixée</em></strong></h3>



<p>Avec les outils numériques accessibles à tous (montage, retouche, IA, filtres), les publics deviennent eux-mêmes créateurs. Ils s’emparent des contenus existants pour en faire autre chose : on découpe, on détourne, on réinterprète, on joue. C’est la logique du remix, du mashup, des memes, des fanfictions :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un film devient un gif.</li>



<li>Une interview devient une parodie.</li>



<li>Un discours politique devient un son auto-tuné.</li>



<li>Un roman donne lieu à des suites écrites par les fans.</li>
</ul>



<p>Le remix, loin d’être une copie paresseuse, devient une forme d&rsquo;expression critique, créative et ludique. C’est une manière de s’approprier la culture, de la commenter, de la transformer pour mieux la faire parler à son époque. Mais cette culture participative, décrite par Henry Jenkins dans <em>Convergence Culture</em> (2006), questionne les notions traditionnelles d’auteur, d’œuvre, et de public :<br />• Qui est vraiment le créateur ?<br />• À partir de quand une œuvre est-elle « originale » ?<br />• Peut-on créer sans « créer » au sens classique du terme ?</p>



<p>Assiste-t-on à une “crise” de la culture ou à une explosion de ses formats, de ses usages, de ses voix&nbsp;? Cette mutation profonde, souvent joyeuse, parfois chaotique, redéfinit les règles du jeu culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La culture n’est pas neutre, elle est politique</strong></h2>



<p>On pourrait croire que la culture est un espace de liberté pure, de création désintéressée, de divertissement ou de contemplation. En réalité, la culture s’avère un terrain de pouvoir, de choix, de conflits. Elle structure notre vision du monde et reflète les rapports de force qui le traversent.</p>



<p>Assiste-t-on à une crise ou à une métamorphose ?<em> </em>La question n’est pas seulement esthétique. Car cette mutation culturelle, souvent joyeuse, parfois chaotique, redéfinit les règles du jeu, et révèle ce qui se joue en coulisses :<br />• Ce qu’on choisit de montrer ou de cacher,<br />• Ce qu’on décide de financer, de médiatiser, ou au contraire de marginaliser,<br />• Ce qui façonne notre rapport à l’histoire, à l’autre, à soi-même.</p>



<p>La culture n’échappe ainsi à aucun des grands débats contemporains. Elle est traversée par :</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des enjeux identitaires&nbsp;</em></strong></h3>



<p>Qui a le droit de prendre la parole ? De représenter ? De raconter ?<br />Les œuvres issues des cultures minoritaires, autochtones, LGBTQIA+, ou diasporiques se heurtent souvent à l’invisibilisation ou à l’exotisation. La question de la représentation devient centrale : on attend de la culture qu’elle reflète enfin la pluralité des identités.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des conflits de mémoire</em></strong></h3>



<p>Comment raconter l’histoire ? Quelle place accorder à la colonisation, aux génocides, aux exils, à l&rsquo;esclavage ? Les musées, les manuels scolaires, les films historiques sont autant de champs de bataille où se rejouent les mémoires blessées, les silences, les amnésies officielles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des luttes économiques</em></strong></h3>



<p>Qui peut vivre de la culture ? Qui décide de ce qui est “rentable” ? La précarité des artistes, la concentration des moyens dans quelques grandes structures, la logique de rentabilité imposée par certains financeurs posent la question de la marchandisation de la culture — au détriment de la création libre, indépendante, ou expérimentale.</p>



<p>Les exemples ne manquent guère, ne serait-ce que dans notre article sur le travail de sape culturelle entrepris par Trump. Mais on en remet une p&rsquo;tite couche quand même&nbsp;:</p>



<p>• Le débat sur les œuvres dites “décoloniales” dans les musées occidentaux (ex. : restitution des œuvres d’art africain spoliées, ou relecture des collections ethnographiques) révèle la remise en cause des récits dominants, et la tension entre mémoire coloniale et justice culturelle.</p>



<p>• La censure d’artistes féministes sur Instagram (notamment dès qu’un corps nu, une menstruation, une dénonciation du sexisme est représentée) montre comment les plateformes régulent la visibilité selon des normes sexistes, puritaines ou commerciales.</p>



<p>• Le refus de certaines œuvres engagées dans des festivals sponsorisés (ex. : œuvres écologistes censurées dans des événements soutenus par Total, ou performances pro-LGBT écartées de scènes institutionnelles) souligne que le mécénat privé conditionne la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p>La culture constitue donc un miroir des tensions de notre société, avec à la clé des problématiques cruciales :<br />• Qui a accès à la parole publique ?<br />• Qui décide de ce qu’est une “grande œuvre” ?<br />• Quelle mémoire collective transmet-on ?<br />• Peut-on créer librement dans un système financé par des intérêts économiques ou politiques ?</p>



<p>La réponse n’est jamais simple. Mais une chose est sûre : défendre une culture vivante, critique, inclusive, c’est aussi faire un acte politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Récapitulons&nbsp;</strong></h2>



<p>La culture aujourd’hui n’est plus univoque. Elle est :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Fragmentée mais connectée,</li>



<li>Populaire et expérimentale,</li>



<li>Ancrée localement, diffusée mondialement.</li>
</ul>



<p>Elle évolue hors des sentiers classiques, dans :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les collectifs queer et DIY,</li>



<li>Les friches artistiques,</li>



<li>Les pratiques amateurs,</li>



<li>Les webzines, les podcasts, les stories Insta.</li>
</ul>



<p>Ce qu’on appelait jadis « haute culture » ou « culture populaire » est désormais fluide, transversale, contaminée. Et c’est tant mieux. Mais cela ne nous dit pas ce qu’est la culture aujourd’hui peut-être parce que la bonne question est&nbsp;: qu’est-ce que la culture devrait être&nbsp;?</p>



<p>Ce qui fait lien&nbsp;? Ce qui nous permet de raconter, comprendre, ressentir&nbsp;?<br />Ce qui divise, hiérarchise, ou libère&nbsp;?<br />C’est peut-être, c’est surtout ce qu’on choisit d’en faire : chacun, chaque jour, en écoutant, en créant, en partageant.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>À l&#8217;avant-garde : Henning Wagenbreth – Cry for help – 2006</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/avant-garde-henning-wagenbreth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Aug 2023 10:09:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd&#8217;hui c&#8217;est un artiste allemand qui prend possession de notre avant-garde. En apparence discret pour ne pas dire passe partout, c&#8217;est par le dessin que Wagenbreth s&#8217;impose, avec une puissance rare, entre influence tribale, bande dessinée et art naïf. Des images à la fois enfantines et brutales On se souvient des couvertures haut en couleur réalisées pour l&#8217;édition des œuvres de Edgar Hilsenrath par Attila&#160;: Le Nazi et le barbier,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_01new.jpg" rel="attachment wp-att-26392"><img decoding="async" width="600" height="462" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_01new-e1470908646484.jpg" alt="cry_for_help_01new" class="wp-image-26392"/></a></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><span style="font-size: 14pt; color: #000000;">Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est un artiste allemand qui prend possession de notre avant-garde. En apparence discret pour ne pas dire passe partout, c&rsquo;est par le dessin que <a href="http://www.wagenbreth.de">Wagenbreth</a> s&rsquo;impose, avec une puissance rare, entre influence tribale, bande dessinée et art naïf.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des images à la fois enfantines et brutales</h2>



<p><span style="font-size: 14pt; color: #000000;">On se souvient des couvertures haut en couleur réalisées pour l&rsquo;édition des œuvres de Edgar Hilsenrath par <a href="http://www.lenouvelattila.fr/attila/les-vies-d-attila/">Attila</a>&nbsp;: <i>Le Nazi et le barbier, Nuit, Orgasme à Moscou</i> sont désormais indissociables des graphismes ironiques créés par Wagenbreth pour l&rsquo;occasion. Mais ce créatif jonglant entre design et art pictural ne limite pas son champ d&rsquo;action aux expositions et au monde de l&rsquo;édition. Affiches, pochettes d&rsquo;album, timbres, visuels de spectacle, caricatures de presse… rien ne l&rsquo;arrête.</span></p>



<figure class="wp-block-image size-full" id="wp-block-themeisle-blocks-image-98c414db"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_06.gif" rel="attachment wp-att-26394"><img decoding="async" width="600" height="462" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_06-e1470908628537.gif" alt="cry_for_help_06" class="wp-image-26394"/></a></figure>



<p><span style="font-size: 14pt; color: #000000;">Les sujets les plus tortueux non plus. <i><a href="http://www.wagenbreth.de/projekt.php?nummer=134">Cry for hel</a>p</i> en témoigne. Publié en 2006 par <a href="http://gingkopress.com/">Gingko Press</a>, ce livre se focalise sur la production des messages frauduleux envoyés par de petits escrocs depuis l&rsquo;Afrique vers nos boites mails d&rsquo;Occidentaux riches et candides. Se saisissant de ces histoires à dormir debout mais qui en disent long sur les préjugés qui séparent les deux continents, Wagenbreth les traduit en images à la fois enfantines, drôles et brutales.</span></p>



<figure class="wp-block-image size-full" id="wp-block-themeisle-blocks-image-6349c1f5"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_09.gif" rel="attachment wp-att-26395"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="462" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_09-e1470908618757.gif" alt="cry_for_help_09" class="wp-image-26395"/></a></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Horreurs réelles et réalité sordide</h2>



<p><span style="font-size: 14pt; color: #000000;">Et nous fait réfléchir. Car les horreurs sur lesquelles s&rsquo;appuient ces arnaques sont, elles, bien réelles, et donnent à voir une réalité sordide faite de massacres, d&rsquo;exploitations rapaces, d&rsquo;esclavage moderne. Au cœur de cette tourmente une civilisation pillée en son temps par un Occident vampire, colonisateur sans vergogne à qui l&rsquo;on tente de rendre la monnaie de sa pièce.</span></p>



<figure class="wp-block-image size-full" id="wp-block-themeisle-blocks-image-945c84d6"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_03.gif" rel="attachment wp-att-26393"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="462" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/06/cry_for_help_03-e1470908637745.gif" alt="cry_for_help_03" class="wp-image-26393"/></a></figure>



<p><span style="font-size: 14pt; color: #000000;">Cette esthétique rappelle les arts premiers, les graffiti, les affiches et les tracts qu&rsquo;ils ont inspirés à l&rsquo;ère moderne. L&rsquo;artiste use ici de la technique de la linogravure, qui consiste à tracer le dessin en creux sur une plaque de lino avant de l&rsquo;enduire des pigments successifs qui composeront l&rsquo;image finale. Une méthode parmi tant d&rsquo;autres, que Wagenbreth se plaît à exploiter au gré des thèmes et des situations. <i>Cry for help </i>reflète ce jeu constant sur l&rsquo;unique et le multiple, les dessins formant ce livre étant disponibles en tant qu&rsquo;œuvres séparées, numérotées et signées.</span></p>



<p><strong><span style="font-size: 14pt; color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>



<p><span style="font-size: 14pt; color: #000000;">Découvrez l&rsquo;univers de Henning Wagenbreth sur <a href="http://www.wagenbreth.de/">son site web</a>.</span></p>



<p></p>
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		<title>Chaos : être femme n’est pas toujours chose facile</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-chaos-coline-serreau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Mar 2023 10:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaos : non, le film de Coline Serreau ne parle pas de la fin du monde, il parle de la fin d&#8217;un monde, celui d&#8217;une bourgeoise enfermée dans sa petite vie tranquille, que la rencontre avec une prostituée va chambouler. Définitivement. Chaos Chaos Bande-annonce VF « Violence » est un euphémisme Je tombe sur la première séquence de Chaos alors que je m’apprête à un ultime zapping pré-sommeil. J’éteindrai la télé une...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27.jpg" alt="" class="wp-image-35787" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/03/Devenez-un-pro-du-design-en-quel27-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Chaos </em>: non, le film de Coline Serreau ne parle pas de la fin du monde, il parle de la fin d&rsquo;un monde, celui d&rsquo;une bourgeoise enfermée dans sa petite vie tranquille, que la rencontre avec une prostituée va chambouler. Définitivement.</p>



<p><div id='blogvision'>    <iframe src='https://player.allocine.fr/18666731.html' style='width:480px; height:270px'>    </iframe>    <br />    <a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28175.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Chaos</a>    <br />    <a href="https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18666731&#038;cfilm=28175.html">Chaos Bande-annonce VF</a>  </div></p>



<h2 class="wp-block-heading">« Violence » est un euphémisme</h2>



<p><span style="color: #000000;">Je tombe sur la première séquence de <em>Chaos</em> alors que je m’apprête à un ultime zapping pré-sommeil. J’éteindrai la télé une heure quarante-neuf minutes plus tard, suffoquée par la violence de ce petit bijou tourné en 2001. Il faut dire que Coline Serreau tape fort dès l’intro… et durant tout le film. De fait,  « violence » est un euphémisme. En nous contant comment Malika la prostituée (sidérante Rachida Brakni) surgit dans la vie d’Hélène (Catherine Frot, également parfaite) et Paul pour y répandre ce fameux chaos dont on n’imagine pas les retombées, la réalisatrice de <em>Trois hommes et un couffin</em> tranche brutalement avec les comédies dont elle était jusqu’alors coutumière, tout en restant dans ces portraits de personnages si attachants, ici conjugués au féminin :</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">Malika donc, 20 ans, algérienne d’origine, prostituée de force, droguée, violée, torturée, battue, qui n’a pas eu d’autre solution pour échapper au mariage forcé orchestré par un père ignoble que de fuir vers un enfer dont elle veut s’échapper à tout prix ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Hélène, la quarantaine, un mari indifférent, Paul (Vincent Lindon, excellent), absorbé par son boulot à la limite de la grossièreté et qui la prend pour une bonniche au même titre que son incapable de fils qui collectionne les petites copines ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Mamie, la mère de Paul, que son fils refuse de voir et qui vieillit seule dans le mépris condescendant de ce garçon qu’elle a trop gâté.</span></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;">Ces trois générations de femmes jumellent leurs souffrances pour les annuler sous l’impulsion d’une Malika martyre qui n’aura de cesse de se venger et de préserver l’avenir de sa petite sœur en lui évitant le sort funeste d’un mariage arrangé. De fait, le récit met en pratique les préceptes féministes de Choderlos de Laclos &#8211; « <em>Que nous sommes heureux que les femmes se défendent si mal</em> ! » &#8211; en y mêlant un certain penchant pur la rébellion : « <em>On ne sort de l’esclavage que par une grande révolution</em>« . Aucune faille dans ce scénario minuté comme un polar doublé d’un pamphlet féroce contre une société où être femme n’est pas toujours chose facile, loin s’en faut. </span></p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/feminicides-laffaire-de-tous-eve-aneantie/">Féminicides, l’affaire de tous : Eve anéantie …</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-courts-metrages-h-24-femme/">H24 : 24 heures de merde dans la vie d’une femme</a></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/la-ville-qui-tue-les-femmes-enquete-a-ciudad-juarez-capitale-mondiale-du-feminicide/">La ville qui tue les femmes – Enquête à Ciudad Juarez … « capitale mondiale du féminicide »</a></strong></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Générations de femmes</h2>



<p><span style="color: #000000;">La chose en serait presque dérangeante de militantisme sous-jacent. D’un autre côté, comment ne pas s’indigner devant le traitement réservé aux filles contraintes à la prostitution par des marchands de chair sans scrupules ? De fait et à ce niveau le film se hausse au stade de <em>La dérobade</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/bronx-truands-flics-voyous-predateurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Truands</a></em>, où les rouages de la traite des blanches sont démontés sans pitié. Il y ajoute la ségrégation religieuse que subit le beau sexe, souvent écrasé par la force de traditions misogynes que cultures occidentale et orientale se partagent à égalité.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">L’incursion dans la vie de couple et de mère d’Hélène n’est guère plus glorieuse à ce titre que l’évocation de la famille de Malika. En soulevant ce voile, Coline Serreau révèle un mécanisme insidieux, trouble, où la sexualité devient marchandage et possessivité. Si l’ancienne garde, incarnée par une Line Renaud d’une très grande humanité, accepte son sort, les générations suivantes rechignent et agissent, laissant là ces messieurs dévastés, aux prises avec la vaisselle et le repassage, la honte, la bassesse et la lâcheté.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">On aime plus particulièrement Catherine Frot qui campe une Hélène en pleine émancipation, les cadrages, nerveux en diable, la couleur bleutée du film, la pudeur qui règne, même dans les scènes de la maison de dressage, où l’on viole les futures prostituées à répétition. La dernière image ramène la paix : quatre générations de femmes qui contemplent la mer avec des étoiles dans les yeux.  On regrette que pas un seul des personnages masculins n’ait de réèlle valeur, comme si le salut ne pouvait être que dans l’amazone attitude et le repli au fin fond du gynécée.</span></p>



<p>&nbsp;</p>
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		<title>Zombis – Philippe Charlier : comment fabriquer un mort-vivant en 19 chapitres</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-zombis-philippe-charlier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Feb 2023 18:10:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sciences]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le zombi se vend plutôt bien dans l&#8217;imaginaire occidental, si l&#8217;on en croit le taux record de longs métrages, séries, BD, romans, marches, soirées et autres manifestations qui lui sont dédiés. Petit bémol néanmoins : la goule à demi décomposée qui bouffe de la tripaille à longueur de film gore n&#8217;a que peu en commun avec la racine de ce glorieux mythe, située du côté des Caraïbes en Haïti. C&#8217;est ce...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/zombis.jpg" rel="attachment wp-att-25747"><img loading="lazy" decoding="async" width="447" height="447" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/zombis.jpg" alt="zombis" class="wp-image-25747" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/zombis.jpg 447w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/zombis-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/zombis-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/zombis-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/zombis-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 447px) 100vw, 447px" /></a></figure>



<p><span style="color: #000000; font-size: 14pt;">Le zombi se vend plutôt bien dans l&rsquo;imaginaire occidental, si l&rsquo;on en croit le taux record de longs métrages, séries, BD, romans, marches, soirées et autres manifestations qui lui sont dédiés. Petit bémol néanmoins : la goule à demi décomposée qui bouffe de la tripaille à longueur de film gore n&rsquo;a que peu en commun avec la racine de ce glorieux mythe, située du côté des Caraïbes en Haïti.</span> <span style="color: #000000; font-size: 14pt;">C&rsquo;est ce beau voyage au soleil que nous propose de faire <a href="https://www.facebook.com/Charlier-Philippe-107067909383135/">Philippe Charlier</a> avec le très complet, prenant et angoissant </span><em><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Zombis &#8211; Enquête sur les morts-vivants</a></em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un supplice pire que la mort</h2>



<p>Philippe Charlier est un ponte dans son domaine. M<span style="color: #000000; font-size: 14pt;">édecin légiste de son état, il est l&rsquo;auteur, entre autres, du très bon <i><em><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Médecin des morts</a></em></i> sorti chez Fayard en 2006 où il narre avec autant de clarté que de passion ses aventures de paléopathologiste. Ici cependant, son objectif est autre : il s&rsquo;agit ni plus ni moins que de faire le point sur le phénomène du zombi tel qu&rsquo;il s&rsquo;exprime aujourd&rsquo;hui encore en Haïti, dans la patrie de Toussaint Louverture.</span></p>



<p><span style="color: #000000; font-size: 14pt;">C&rsquo;est que là-bas, les zombis sont chose commune. Régulièrement, des habitants croisent un proche, décédé et enterré depuis parfois des années, qu&rsquo;ils retrouvent errant à demi fou au hasard d&rsquo;une route, d&rsquo;une rue, d&rsquo;une allée de marché. Visiblement, un prêtre vaudou est passé par là, ensorcelant le malheureux ainsi condamné à un supplice pire que la mort. Un fake ? Que nenni. Les télévisions locales se font régulièrement l&rsquo;écho de ces faits divers</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Interroger les ressorts secrets de la société haïtienne </h2>



<p>Des faits divers qui passionnent l<span style="color: #000000; font-size: 14pt;">es chercheurs du monde entier, très intéressés par ces mystérieuses créatures.</span> <span style="color: #000000; font-size: 14pt;">Rencontrant scientifiques, prêtres et psychiatres, Charlier remonte ainsi la piste d</span>&lsquo;un <span style="color: #000000; font-size: 14pt;">cérémonial ancestral, cherchant à en comprendre les mécanismes, la logique, la finalité. Et de page en page, de rencontres en rencontres, d&rsquo;explications en explications, ce sont les ressorts secrets de la société haïtienne qui nous apparaissent, alimentés par ce long fil silencieux qui la relie à l&rsquo;Afrique et au douloureux héritage de l&rsquo;esclavage. </span></p>



<p><span style="color: #000000; font-size: 14pt;">Éditée chez <a href="http://www.tallandier.com">Tallandier</a>, cette « enquête sur les morts-vivants » propose donc une approche anthropologique précieuse qui en dit long sur ce pays paradisiaque où règne une misère noire. Le périple est à la fois ensorcelant et éclairant à plus d&rsquo;un titre, révélant étape par étape un univers où religion, magie, sorcellerie, science, connaissance et codes sociaux effacent la frontière entre existants et trépassés pour hiérarchiser le monde autrement. Probablement les amateurs de cadavres cannibales seront déçus, mais les incrédules eux y trouveront matière à réflexion.</span></p>
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		<item>
		<title>Love letters / Culte – Ian Soliane : 7 jours dans la vie d’une masochiste ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-culte-ian-soliane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2023 10:02:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la rubrique « Érotisme à l&#8217;extrême », je demande Culte. Ce court roman navigue en eaux troublantes pour explorer les voies torturées menant au 7ᵉ ciel du masochisme en passant un temps par la case enfer, stade anal et bestialité. Car le texte de Ian Solian nous conte, avec une prose cinglante et froide comme un coup de cravache, un stage de soumission. 168 heures de brimades consenties Amoureuse absolue abandonnée...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="373" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11.jpg" alt="" class="wp-image-35702" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11.jpg 373w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11-179x288.jpg 179w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/51uurCFULxL-11-307x494.jpg 307w" sizes="auto, (max-width: 373px) 100vw, 373px" /></figure>



<p>Dans la rubrique « Érotisme à l&rsquo;extrême », je demande  <em>Culte</em>. Ce court roman navigue en eaux troublantes pour explorer les voies torturées menant au 7ᵉ ciel du masochisme en passant un temps par la case enfer, stade anal et bestialité. Car le texte de Ian Solian nous conte, avec une prose cinglante et froide comme un coup de cravache, un stage de soumission.</p>



<h2 class="wp-block-heading">168 heures de brimades consenties</h2>



<p>Amoureuse absolue abandonnée aux désirs de son amant dominateur, la narratrice, quadragénaire, mère de trois enfants, nous explique les sept jours qu’elle passe en camp de dressage où elle apprend les codes de l’esclavage volontaire. Tout commence lorsque les maîtres remettent, laisse en main, leurs dominés aux dresseurs/formateurs. Tout se termine lorsque les stagiaires, transformés, retournent à leurs propriétaires venus les chercher en grande cérémonie. Entre les deux, 168 heures de brimades, de souffrances, de manque, de sommeil, d’humiliations, de tortures, de violence sexuelle… Consenties, voulues, réclamées. Car à ce stage, certains dominés « indépendants » s’y sont même inscrits seuls, avec listes de désirs à l’appui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un jeu planifié</h2>



<p>La volonté tenace, inflexible des soumis : c’est cela qui laisse confondu quand on parcourt le récit de Menti (Clémentine au civil), détaillant les sévices corporels subis avec un mélange de détachement et de délice, et ces désobéissances constantes aux ordres des maîtres pour aggraver les punitions, chaque jour étant planifié par le programme des savoir-faire à acquérir et conclu par le nombre des infractions et leurs pénalités. Une régularité d’horloge malgré l’épuisement, la faim, les blessures, … Et ce rappel constant que c’est un jeu, dont les maîtres doivent dicter, imposer et limiter les dérives pour éviter les accidents, là où les soumis, envahis par leur désir, sont incapables de se stopper.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une affirmation de soi</h2>



<p style="font-size:15px"><span style="font-size: 1.17em;">C’est là la valeur implacable de ce livre : en s’abandonnant, en s’effaçant, en acceptant de devenir esclave, Menti se trouve et s’épanouit. Une continuité d&rsquo;<em>Histoire d&rsquo;O</em> ? Pas si simple ni évident. Cette tranquille certitude devenue passage à l’acte est une affirmation de soi, renforcée par cette écriture asexuée, avortée des grivoiseries/minauderies/minauderies habituelles du genre érotico-froufroutant. Ce parcours initiatique allant jusqu’à la zoophilie et à la prostitution est apprécié dans ses moindres secondes, avec fierté, insoutenable pour la plupart, assumée, savourée par l’héroïne et ses camarades de formation. Une exploration qui rappelle dans un autre registre le documentaire édifiant dédié à Bob Flanaghan : </span><a style="font-size: 1.17em;" href="https://www.theartchemists.com/2011/03/27/documentaire-sick-the-life-death-of-bob-flanagan-supermasochist/">Documentaire : SICK: The Life &amp; Death of Bob Flanagan, Supermasochist</a>. </p>
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		<item>
		<title>H24 : 24 heures de merde dans la vie d&#8217;une femme</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-courts-metrages-h-24-femme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Nov 2021 17:27:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34404</guid>

					<description><![CDATA[<p>H24 : une version contemporaine de la nouvelle de Stefan Sweig ? Écrites en 1927, ces pages désormais cultes parlaient déjà d’une épouse mise au ban de la société pour avoir tout plaqué sur un coup de tête, par amour pour un jeune homme rencontré un jour plus tôt. La série de courts métrages H24, initiée par Nathalie Masduraud et Valérie Urrea, reprend le titre de l’auteur autrichien pour dresser un panorama...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/0330761_opt.jpg"><img decoding="async" class="wp-image-34405" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/0330761_opt-352x494.jpg" alt="" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/0330761_opt-352x494.jpg 352w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/0330761_opt-205x288.jpg 205w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/0330761_opt.jpg 428w" sizes="(max-width: 352px) 100vw, 352px" /></a></figure>



<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>H24</em> : une version contemporaine de la nouvelle de Stefan Sweig ? Écrites en 1927, ces pages désormais cultes parlaient déjà d’une épouse mise au ban de la société pour avoir tout plaqué sur un coup de tête, par amour pour un jeune homme rencontré un jour plus tôt. La série de courts métrages <em>H24,</em> initiée par Nathalie Masduraud et Valérie Urrea, reprend le titre de l’auteur autrichien pour dresser un panorama de la condition féminine au XXIeme siècle dans nos sociétés occidentales dites civilisées. Et c’est proprement inacceptable.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="ARTE - Rentrée 2021 - Bande annonce &quot;H24&quot;" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/o_oAR-nef7c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"></figure>
<h2><strong>Un cycle complet d’horreurs au quotidien</strong></h2>



<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">H24 : l’expression sent son ras-le-bol, sa charge mentale toujours plus lourde de jour en jour. Sentiment de récurrence, de cercle vicieux, alimenté par l’enchaînement heure par heure de ces 24 cours métrages sans pitié. Deux tours de pendule, de 1 heure du matin à minuit pour un cycle complet d’horreurs au quotidien. Un éventail de violences subies, barbarie du <a style="color: #000000;" href="https://www.theartchemists.com/?s=f%C3%A9minicide&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">féminicide</a>, femmes battues, fillettes violées, agressions sexuelles sous drogue, revenge porn, <a style="color: #000000;" href="https://www.theartchemists.com/?s=harc%C3%A8lement&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">harcèlement</a> sur internet, pervers narcissique manipulateur, brutalité gynécologique…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Des cas extrêmes qui alternent avec des humiliations banalisées : harcèlement de rue, sexisme d’entreprise, injonctions à la minceur, hypersexualisation schizophrène, autisme des proches, de la famille, de l’appareil de justice, de la société tout entière qui détournent le regard face à l’atroce, le nient au besoin : le meurtre, le suicide, le chômage, la mise à l’index… Chaque histoire met en évidence les dégâts occasionnés, physiquement, moralement, socialement. La profondeur du traumatisme infligé est insondable.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><strong>Vulnérabilité féminine vs omerta généralisée</strong></span></h2>



<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La peur, la perte de repères, de confiance, d’estime de soi, le dégoût, la culpabilité, on ne compte plus les dégâts causés sur le long terme, qui peinent à s’exprimer dans ces bouches abîmées, où les mots se perdent, s’entrechoquent, se crient parfois, quand enfin la coupe est trop pleine. Un long cri de rage qui passe pour de l’hystérie, de l’exagération, de la feinte. Déni de reconnaissance qui se heurte à l’ordre établi, la lâcheté, la bassesse. Chaque épisode de cette litanie souligne la vulnérabilité féminine orchestrée par un ordre social implacable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Implacable, inerte et contradictoire. Les femmes n’ont le droit ni d’être laides, ni d’être jeunes, ni d’être libres, ni d’expérimenter, ni de se tromper. Encore moins de se plaindre ou de se défendre. Le sentiment de solitude est complet, l’isolement absolu, l’omerta généralisée. À moins que… à moins que la louve ne se réveille. Femme colère, femme vengeresse, femme justice, qui punche ou photographie l’agresseur, qui s’interpose pour empêcher une autre d’être frappée, qui porte plainte face à l’époux violent, à celui qui insulte, menace.</span></p>
<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gbBbktanvi"><a href="https://www.theartchemists.com/feminicides-affaire-tous-eve-aneantie/">Féminicides, l’affaire de tous : Eve anéantie …</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Féminicides, l’affaire de tous : Eve anéantie … » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/feminicides-affaire-tous-eve-aneantie/embed/#?secret=PrslNHh0gq#?secret=gbBbktanvi" data-secret="gbBbktanvi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-the-artchemists wp-block-embed-the-artchemists">
<div class="wp-block-embed__wrapper"> </div>
</figure>



<h2 class="wp-block-heading" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Un volcan qui explose</strong></span></h2>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un retour de bâton fulgurant, un volcan qui explose sous le trop plein de pression, accumulé avec les siècles. Un mélange explosif qu’expriment les mots employés par des auteures inspirées, les actrices qui en véhiculent l’intensité, les réalisatrices enfin qui traduisent en images la portée des sévices infligées. Leur collaboration est d’autant plus appréciable qu’elle porte un enjeu de taille : sensibiliser un public encore bien trop frileux en plongeant chaque spectateur au cœur de ces souffrances que, pudeur, honte, sidération, jamais on n’étale.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il ne s’agit pas de toucher des agresseurs dont on saisit qu’ils sont incapables de la moindre autocritique ; à ce stade, ils sont aussi inexcusables qu’irrécupérables, car tout à fait conscients de ce qu’ils font, et pas le moins du monde gênés par leur attitude… jusqu’au moment où la proie se rebelle. C’est justement cette proie que la série vise : vous, moi, nous, Mesdemoiselles, Mesdames. Il est temps de ne plus subir, de nous entraider pour dire non haut et fort, de manière répétée, calme, mais ferme.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Prendre le taureau par les cornes</strong></span></h2>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Certes, il y a l’entourage, les mères par exemple, certaines épaulent, d’autres enfoncent, les amis comme les témoins anonymes, qui détournent le regard ou s’interposent. Là aussi, la série est sans appel : il est temps d’agir, de dire non. Mais c’est aux femmes de prendre le taureau par les cornes. Comme l’explique Choderlos de Laclos dans son essai <em>Des femmes et de leur éducation, </em>où l’auteur des L<em>iaisons Dangereuses</em> évoque les malheurs de la gent féminine dans une société dominée par les hommes :</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">« <em>Apprenez qu&rsquo;on ne sort de l&rsquo;esclavage que par une grande révolution. Cette révolution est-elle possible ? C&rsquo;est à vous seules à le dire puisqu&rsquo;elle dépend de votre courage. Est-elle vraisemblable ? Je me tais sur cette question ; mais jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle soit arrivée, et tant que les hommes régleront votre sort, je serai autorisé à dire, et il me sera facile de prouver qu&rsquo;il n&rsquo;est aucun moyen de perfectionner l&rsquo;éducation des femmes.</em> ».</span></p>
</blockquote>





<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Kcy6u9z9Ks"><a href="https://www.theartchemists.com/proces-viol-gisele-halimi/">Le Procès du viol : quand Gisèle Halimi prit en main le dossier  Tonglet Castellano &#8230;</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Procès du viol : quand Gisèle Halimi prit en main le dossier  Tonglet Castellano &#8230; » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/proces-viol-gisele-halimi/embed/#?secret=wPqwPsLzvd#?secret=Kcy6u9z9Ks" data-secret="Kcy6u9z9Ks" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 class="wp-block-heading" style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La rue est à tout le monde</strong></span></h2>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ces propos datent du XVIIIeme siècle. Depuis, nous avons avec bien des difficultés conquis le droit de voter, de divorcer, d’avorter, de profiter d’une contraception, d’être autonomes, de nous habiller, maquiller, coiffer comme nous l’entendons sans subir les attouchements ou les moqueries, de choisir la sexualité et le/la partenaire qui nous convient, de dire non à un homme qui ne nous plaît pas, sans qu’il nous poursuive de ses ardeurs et de ses insultes, voire pire, ou oui à celui qui nous plaît, ne fusse que pour une nuit, sans être considérée comme une salope ou une pute.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En 2021, c’est terrible à dire, mais il faut encore s’en convaincre, encore et toujours défendre cette règle initiale de vie en commun résumée en une punchline : « La rue est à tout le monde ». <em>H24</em> s’inscrit dans cette démarche de longue haleine. Citons toutes celles qui y ont participé, car elles font ici un travail incroyable, y injectant bien plus que du talent, du vécu.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Auteures :</strong> Chloé Delaume, Christiane Taubira, Angela Lehner, Alice Zeniter, Siri Hustvedt, Lydie Salvayre, Jo Güstin, Lize Spit, Lola Lafon, Kerry Hudson, Myriam Leroy, Fabienne Kanor, Ersi Sotiropoulos, Nadia Busato, Agnès Desarthe, Kaouther Adimi, Niviaq Korneliussen, Monica Sabolo, Elina Löwensohn, Anne Pauly, Blandine Rinkel, Rosa Montero, Aloïse Sauvage, Grazyna Plebanek.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Actrices :</strong> Grace Seri, Diane Kruger, Souheila Yacoub, Grace Seri, Luàna Bajrami, Sofi Oksanen, Céleste Brunnquell, Déborah Lukumuena, Charlotte De Bruyne, Anaïs Demoustier, Tallulah Burns , Noémie Merlant, Annabelle Lengronne, Valeria Bruni Tedeschi, Sveva Alviti, Garance Marillier, Florence Loiret Caille, Kayije Kagame, Camille Cottin, Galatea Bellugi, Susana Abaitua, Marilyne Canto, Agnieszka Zulewska, Nadège Beausson-Diagne, Aloïse Sauvage, Marco et la voix de Romane Bohringer.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Réalisatrices :</strong> Valérie Urrea &amp; Nathalie Masduraud, Nora Fingscheidt, Clémence Poésy, Charlotte Abramow, Ariane Labed, Marie-Castille Mention-Schaar, Émilie Brisavoine, Sandrine Bonnaire, Elsa Amiel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Musique :</strong> Léonie Pernet qui apparaît du reste dans l’épisode «Ça c’est mon corps ». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités :</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">

</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série<em> H24</em> sur</span><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-021432/h24/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> ARTE</a>.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Hunger Games : du blockbuster à l’éducation citoyenne</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/films-hunger-games/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Oct 2021 11:50:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34286</guid>

					<description><![CDATA[<p>A peine bouclé le visionnage choc de la série coréenne Squid Game, nous avons foncé sur la saga Hunger Games, histoire de faire la comparaison … et un peu parce que nous n’avions jamais vu la célèbre tétralogie. Avouons-le, nous étions un brin dubitatifs face à ce blockbuster initialement destiné à une cible adolescente fascinée par Twilight. Héros malmenés par des étoiles contraires (merci Shakespeare), jeux du cirque versus amours...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/hunger-games_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34287 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/hunger-games_opt.jpg" alt="hunger games" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/hunger-games_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/hunger-games_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/10/hunger-games_opt-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">A peine bouclé le visionnage choc de la série coréenne <a href="https://www.theartchemists.com/serie-squid-game/" target="_blank" rel="noopener"><i>Squid Game</i></a>, nous avons foncé sur la saga <i><a href="https://www.primevideo.com/dp/0MAWU2EJQFROZI5USK1A7VO6WY?gclsrc=aw.ds&amp;&amp;ref=dvm_pds_tit_FR_lb_s_g_zzz_cPrdQ1qfc_c527118325664&amp;gclid=CjwKCAjwzOqKBhAWEiwArQGwaCI-0MJnBXoSSE_tU1SzAyw7GGkJfAcu1uoOXc6y0lt3QzWBld_i8xoCaH8QAvD_BwE&amp;_encoding=UTF8&amp;tag=tatadedel-21&amp;linkCode=ur2&amp;linkId=9659eac1019abe8af2c21f2726917491&amp;camp=1642&amp;creative=6746" target="_blank" rel="noopener">Hunger Games</a>, </i>histoire de faire la comparaison … et un peu parce que nous n’avions jamais vu la célèbre tétralogie. Avouons-le, nous étions un brin dubitatifs face à ce blockbuster initialement destiné à une cible adolescente fascinée par <i>Twilight</i>. Héros malmenés par des étoiles contraires (merci Shakespeare), jeux du cirque versus amours impossibles, encore un barnum sans épaisseur ? Surprise complète : il n’en est rien. Mieux même : <i>Hunger Games</i> pourrait presque constituer une initiation express aux arcanes de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=politique&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">politique</a>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Hunger Games - Bande-annonce sortie vidéo VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Ygj-bXnoSSM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Enfants et gladiateurs</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Inspirés des romans de Suzanne Collins, les quatre films de la saga <i>Hunger Games</i>, nous parachutent au coeur de Panem, soit les USA en mode post-apocalypse. Le territoire a été segmenté en 12 districts tenus d’une main de fer par le tyrannique Snow, bien installé dans son palais au cœur du Capitole. Cette capitale peuplée d’ultra-nantis confortablement installés dans de somptueux bâtiments néo-classiques et vêtus comme des gravures de mode vampirise la production des districts proprement réduits en esclavage. Les révoltes ? Matées par la terreur, depuis la destruction totale du district 13, qui s’était rebellé, les interventions musclées des Pacificateurs et l’instauration des Hunger Games.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les Jeux de la faim : un combat de gladiateurs dans une gigantesque arène sous contrôle technologique, une grande messe médiatique qui fascine les habitants de Panem … ou les pétrifie d’angoisse. Car pour alimenter ces combats d’une violence et d’une cruauté inouïes, on tire au sort 24 candidats, 2 par districts. Entre 12 et 18 ans. Filles, garçons. Des enfants. 24 gosses qui s’entre-tuent dans un environnement extrêmement hostile, 1 vainqueur qui deviendra une star adulée, riche. Gagner les jeux de la faim, c’est la promesse d’une vie meilleure, où non seulement on mange à sa faim, où on s’habille chaudement, où on ne craint plus le lendemain, mais aussi où on est considéré, reconnu, encensé, pris pour exemple.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="HUNGER GAMES L&#039;EMBRASEMENT Bande annonce finale VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/OcCAXN2RGII?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Diane, Electre, Antigone &#8230;</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Problème : pour gagner, il convient de survivre et de massacrer des rivaux dont la plupart sont à peine pubères. Si certains sont entraînés physiquement et mentalement depuis le berceau pour cette épreuve qu’ils appellent de leurs vœux, d’autres n’ont aucune envie d’être sélectionnés pour cette boucherie infâme où ils devront à un moment ou à un autre tuer pour ne pas être tués. C’est notamment le cas de Katniss … qui va pourtant se porter volontaire et prendre la place de sa jeune sœur. Un cas unique dans l’histoire des Hunger Games … et un tournant majeur dont personne n’imagine la portée au début de la saga. Car si elle n’a rien d’une psychopathe, Katniss ne compte pas se laisser faire. Parce qu’elle sait se défendre. Et que, pétrie de principes, elle vomit l’injustice.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ajoutons à cela un sens aigu de l’observation, un don pour le tir à l’arc, une agilité à toute épreuve, des convictions profondément ancrées : semblable à Thésée, Katniss part abattre Snow le Minotaure. Au passage, elle se transformera en Diane chasseresse, amazone ciblant de ses flèches meurtrières l’iniquité et l’hypocrisie. Profil fédérateur de toutes les contestations, elle devient le visage angélique et redouté de la rébellion. Une sorte d’Electre vengeresse, d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=antigone&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Antigone</a> indomptable. Bref une synthèse de toutes les héroïnes de la tragédie grecque, qui va se dresser face à un tyran d’une rare perversité, rompu aux arcanes de la politique, psychologue accompli, parfait manipulateur des âmes, empoisonneur récurrent. Intrinsèquement machiavélique et fier de l’être.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="HUNGER GAMES LA RÉVOLTE PARTIE 1 Bande Annonce VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/JX3KUZJolqU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Icône malgré elle</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’homme à abattre, que Katniss va traquer de film en film tandis que la rébellion s’organise. Ce fil directeur fait la cohérence à la fois surprenante et appréciable d’une saga qui aurait pu tomber dans la facilité de séquences spectaculaires à répétitions, avec combats homériques, tripes à l’air et explosions en tous sens. Premier point notable donc, que cet équilibre entre séquences à sensation et introspection de personnages profondément secoués par les événements vécus. Katniss et ses compagnons sont traumatisés, marqués au fer rouge par les épreuves qu’ils ont traversées. Impactés dans leur chair et leur mental, ils subissent des émotions contradictoires très puissantes, qui freinent l’urgence d’un choix : cautionner le pouvoir en place, ou dire non.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Katniss devient une icône malgré elle. Façonnée, médiatisée, téléguidée pour servir les intérêts d’un despote puis pour unifier la résistance. Elle se plie mal aux exigences d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=media&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">media</a>-training dont elle saisit rapidement les faux-semblants inacceptables, face au défi très concret de rester en vie par delà même la période des jeux. De fait, l’héroïne refuse d’être un faire-valoir télévisé. C’est un autre point fort de la saga que de décortiquer la fabrique des héros, qui ne sont au final que des pions destinés à manipuler les masses. A ce titre, <i>Hunger Games</i> tire la sonnette d’alarme : la tyrannie peut se cacher derrière les sourires les plus chaleureux, la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=d%C3%A9mocratie&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">démocratie</a> s’apprend avec le temps, les stratégies se construisent dans le secret, avec patience et discrétion.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="HUNGER GAMES LA RÉVOLTE PARTIE 2 Bande Annonce VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/OUUOW0gSrFY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une éducation citoyenne</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On a beaucoup glosé sur les inspirations antiques du livre et du film, les références à la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mythologie&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">mythologie</a>, aux jeux du cirque, à leur exploitation télévisée. Casting de pointe, décors et costumes somptueux, scénario de grande qualité, effets spéciaux magnifiquement orchestrés, certes <i>Hunger Games</i> constitue un excellent spectacle chargé de sensations fortes. Mais la saga questionne par ailleurs la place de l’individu dans un système qui l’écrase, la naissance d’une conscience politique, une éducation citoyenne qui se construit étape par étape, pour devenir clairvoyance et responsabilité, sans jamais tomber dans la futilité du succès ou l’avidité du pouvoir. Héroïne malgré elle, Katniss cristallise cette mutation.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les spectateurs de la saga ont-ils perçu cette transformation ? Y ont-ils été sensibles ? L’identification à Katniss et ses pairs a-t-elle dépassé le cadre du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=marketing&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">marketing</a> féroce développé autour du blockbuster ? Cela reste à voir … et mériterait une lecture approfondie, commentée, un visionnage suivie d’échanges et de débats. En tout cas, le potentiel pédagogique de ces films mérite d’être exploité en urgence à l’heure où prolifèrent les totalitarismes de tous bords, où la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=dystopie&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">dystopie</a> menace de devenir une réalité dont il sera très difficile de se débarrasser. Alors sur combien de Katniss pourrons-nous compter pour dire non ?</span></p>
<p align="justify"><strong>Et plus si affinités</strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">N&rsquo;hésitez pas à visionner la saga</span> <a href="https://www.primevideo.com/dp/0MAWU2EJQFROZI5USK1A7VO6WY?gclsrc=aw.ds&amp;&amp;ref=dvm_pds_tit_FR_lb_s_g_zzz_cPrdQ1qfc_c527118325664&amp;gclid=CjwKCAjwzOqKBhAWEiwArQGwaCI-0MJnBXoSSE_tU1SzAyw7GGkJfAcu1uoOXc6y0lt3QzWBld_i8xoCaH8QAvD_BwE&amp;_encoding=UTF8&amp;tag=tatadedel-21&amp;linkCode=ur2&amp;linkId=9659eac1019abe8af2c21f2726917491&amp;camp=1642&amp;creative=6746" target="_blank" rel="noopener">Hunger Games.</a></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Joséphine Baker au Panthéon : la panthéonisation, hommage républicain &#8230; et stratégie de communication ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/josephine-baker-pantheon-strategie-communication/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Aug 2021 10:00:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dit, annoncé, relayé, encensé : le 30 novembre 2021, Joséphine Baker entrera au Panthéon … et par la grande porte. Hommage plus que mérité pour cette femme combative et investie, qui s’impliquera dans la résistance avec courage et abnégation, luttera contre le racisme, la tyrannie, l’intolérance sa vie durant. Un honneur amplement mérité, une reconnaissance nationale riche de significations à différents points de vue. Et de questionnements multiples. Explications....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt.jpg" alt="le panthéon de paris" class="wp-image-34147" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">C’est dit, annoncé, relayé, encensé : le 30 novembre 2021, Joséphine Baker entrera au Panthéon … et par la grande porte. Hommage plus que mérité pour cette femme combative et investie, qui s’impliquera dans la résistance avec courage et abnégation, luttera contre le racisme, la tyrannie, l’intolérance sa vie durant. Un honneur amplement mérité, une reconnaissance nationale riche de significations à différents points de vue. Et de questionnements multiples. Explications.</span></p>



<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/josephine-baker-bande-dessinee/" rel="bookmark">Joséphine Baker&nbsp;: la Néfertiti du temps présent</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>La première femme de couleur à entrer au Panthéon</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">La décision a été prise durant l’été par le président Macron : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jos%C3%A9phine+baker&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Joséphine Baker</a> sera la première femme noire à rejoindre la crypte des Grands Hommes (il était temps), histoire de grossir le groupe des 5 dames qui y reposent déjà, j’ai nommé Sophie Berthelot, Marie Curie, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle – Anthonioz, <a href="https://www.theartchemists.com/loi-lavortement-droit-politique-arme/" target="_blank" rel="noopener">Simone Veil</a>. Et de compléter&nbsp; parmi les 75 membres masculins de cette prestigieuse assemblée, la maigre délégation des personnes de couleur, <a href="https://www.theartchemists.com/livre-simone-bertiere-dumas-mousquetaires/" target="_blank" rel="noopener">Alexandre Dumas</a>, Félix Eboué, et les mannes de Toussaint Louverture, général franco-haïtien qui combattit l’esclavage, ou Aimé Césaire, poète de la négritude (dont les restes sont demeurés à sa demande aux Antilles), honorés par des plaques commémoratives (eh oui, on peut intégrer le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9on_(Paris)" target="_blank" rel="noopener">Panthéon</a> par inscription interposée, en témoignent les quelque mille noms gravés sur les murs, auteurs morts au combat, Justes, généraux prestigieux &#8230;).</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Cela faisait déjà un certain temps que l’idée courait, défendue par des fans inconditionnels : une première pétition drivée par Régis Debray en 2013 avait rassemblé 38 000 signatures, reprise en 2019 par celle de </span><span style="font-weight: 400;">Laurent Kupferman. Le “conseiller mémoire” du président <a href="https://www.theartchemists.com/?s=macron&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Macron</a>, </span><span style="font-weight: 400;">&nbsp;</span><span style="font-weight: 400;">Bruno Roger-Petit, a remis le sujet sur le tapis par la grâce du collectif “Osez Joséphine Baker !” avec à l’appui des voix célèbres comme celle du fils adoptif de l’artiste, Brian Bouillon-Baker,</span><span style="font-weight: 400;"> ou </span><span style="font-weight: 400;">du chanteur Laurent Voulzy. Un forcing productif qui tient du lobbying : l’assentiment du chef d’état a été assorti d’un gracieux “ </span><i><span style="font-weight: 400;">ça a de la gueule » (</span></i><span style="font-weight: 400;">cf </span><a style="color: #000000;" href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/08/23/l-entree-au-pantheon-de-josephine-baker-un-symbole-pour-emmanuel-macron_6092098_823448.html"><i><span style="font-weight: 400;">Libération</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">)</span></i><span style="font-weight: 400;"> qui n’aurait pas forcément déplu à la meneuse de revue dont le côté direct était proverbial. Panthéonisation validée donc, avec son lot de significations fortes, inscrites dans une tradition républicaine bien spécifique.</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Le Panthéon : un symbole patriotique fort</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Pour bien comprendre la chose, il faut une grille de lecture … qui s’enracine dans l’histoire du monument. Commanditée par Louis XV, l’église construite par Germain Soufflot dans un style néo-classique très prisé à l’époque (et un brin inspiré par le Panthéon de Rome) était initialement vouée à accueillir les restes de Sainte Geneviève, protectrice attitrée de la capitale, et éventuellement les dépouilles de la famille des Bourbons, d’où la superficie de la crypte, dont les trois quarts sont toujours inoccupés (ce qui laisse de la place pour accueillir bien d’autres héros, on pense par exemple aux membres du <a href="https://www.theartchemists.com/film-armee-crime-hommes-affiche-rouge/" target="_blank" rel="noopener">groupe Manouchian</a> assassinés par les nazis). Nous sommes en 1764 ; arrivent 1789, la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=r%C3%A9volution+fran%C3%A7aise&amp;x=8&amp;y=8" target="_blank" rel="noopener">Révolution française</a>, la chute progressive de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=monarchie&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">monarchie</a>, l’An I de la République qui se profile.</span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Un régime politique en pleine mutation, qui a besoin de symboles patriotiques forts pour fédérer la population et marquer sa légitimité. Il faut bien proposer une alternative au profil du monarque absolu, décrété de droit divin. 1791 : l’Assemblée décrète en fanfare le changement de statut de l’église Sainte Geneviève, dorénavant destinée à accueillir la dépouille des grands chantres et héros de l’esprit révolutionnaire dans un véritable processus de déification républicaine : Mirabeau, Voltaire, Rousseau, Marat &#8230;. Finalité : créer un pendant à la <a href="https://www.theartchemists.com/expositions-virtuelles-basilique-rois-ligne-4-metro/" target="_blank" rel="noopener">grande nécropole royale de Saint Denis</a>, qui sera du reste saccagée en 1792, pour récupérer le métal des cercueils et en faire des canons (les restes seront vidés dans une fosse commune). Le pli est pris, le Panthéon continuera d’accueillir les Grands Hommes sous <a href="https://www.theartchemists.com/?s=napol%C3%A9on+I&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Napoléon Ier</a> qui récompense ainsi feu ses serviteurs les plus dévoués.</span></p>



<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/histoire-enterrer-rois-funerailles-francois-ier/" rel="bookmark">Histoire : L’art d’enterrer les rois – Retour sur les funérailles de François Ier</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Panthéoniser n’est jamais neutre</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">La Restauration monarchique conserve le principe tout en l’atténuant, restituant au monument sa fonction religieuse initiale. Idem sous Napoléon III. La IIIeme République relance le processus en 1885 avec l’intronisation magistrale de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=victor+hugo&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Victor Hugo</a> (grand opposant du Second Empire, dixit <em>Les Châtiments</em> et le vers célèbre « <em>Et s&rsquo;il n&rsquo;en reste qu&rsquo;un, je serai celui-là</em>« ) et un décret officiel des plus clairs, stipulant noir sur blanc que “</span><i><span style="font-weight: 400;">les restes des grands hommes qui ont mérité la reconnaissance nationale</span></i><span style="font-weight: 400;"><span style="color: #000000;">” reposeront de facto dans les souterrains du Panthéon. Les grands hommes : politiciens, militaires, auteurs, scientifiques, résistants, des figures exemplaires qui incarnent les valeurs inscrites dans la Constitution, qui ont servi la France par leurs actions, leurs combats, parfois jusqu’à la mort (dixit</span> <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean+jaur%C3%A8s&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Jean Jaurès</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean+moulin&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Jean Moulin</a> ou Pierre Brossolette). </span><span style="font-weight: 400;">Panthéoniser n’est donc jamais futile, encore moins neutre.&nbsp;</span></span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Fait du prince, qu’il soit roi, empereur ou président, la décision est porteuse de sens, puisqu’il s’agit de mettre en lumière ce qui fait l’exception des valeurs françaises … et l’orientation du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pouvoir&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">pouvoir</a> en place. A ce titre, il est intéressant de considérer ceux qui ont été exclus du Temple de la Nation après y avoir été installés en grandes pompes : Mirabeau, viré du saint des saints quand on découvrit combien il était corrompu … ou Marat, dépanthéonisé le 8 février 1795 après avoir été installé six mois auparavant dans un des blancs sépulcres le 21 septembre 1794. Prétexte officiellement invoqué : un citoyen ne peut rallier le club sélect du Panthéon que dix ans après son décès. Officieusement, la violence extrême du révolutionnaire, ses incessants appels au massacre, son influence sur le peuple … autant de facteurs devenus embarrassants.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Panthéon médiatique : y entrer &#8230; ou pas ?</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">C’est que se sont enchaînées coup sur coup la chute de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=robespierre&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Robespierre</a>, la fin de la Terreur, la Convention thermidorienne. Marat n’est plus en odeur de sainteté patriotique dans un pays en quête de réconciliation, sinon d’oubli. Traduction : on panthéonise ou pas pour le service de l’Etat, afin de porter une ligne politique définie. Car la cérémonie est ultra-codifiée. Validé par un décret, organisé par le ministre de la culture, le rituel implique la remontée de la rue Soufflot, le discours du président, l’entrée du corps dans le bâtiment, la mise au tombeau … sans compter des préparatifs étalés sur deux mois ou plus, avec la paperasse nécessaire à l’exhumation du corps, son transport, le marquage et la sécurisation du parcours, la gestion des invitations, la couverture presse … bref un instant hautement protocolaire dont la portée médiatique est incontournable.</span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Événementiel, relations publiques, stratégie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=communication&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">communication</a> : aucun cynisme dans ces mots. Le <a href="https://www.theartchemists.com/de-gaulle-passion-france-heritage/" target="_blank" rel="noopener">général De Gaulle</a> a toujours fermement refusé d’être panthéonisé (il l’a même stipulé dans son testament), le fils d’Albert Camus a également écarté les offres concernant son illustre père ; en question : la peur d’une récupération politique, qui plane forcément sur ce type de décision officielle que seul le président peut entériner. Et en filigrane, une certaine conception de la société, du bien commun. En témoignent également les nombreux dossiers en souffrance, dont la presse se fait régulièrement le relais : La Fayette par exemple ou Descartes … Et puis il y a les suggestions défendues avec rage par des personnalités et/ou des associations promptes aux techniques d’influence les plus pointues pour privilégier leur poulain.&nbsp;</span></p>



<p><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;<strong>&nbsp;<a href="https://www.theartchemists.com/serie-alias-caracalla-resistance/" rel="bookmark">Alias Caracalla : la Résistance comme logistique</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Panthéonisation et tendances sociales</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Olympe de Gouges, Louise Michel, Denis Diderot … les options ont chacune leurs adeptes, convaincus du bien-fondé de leur choix. Problème : il faut que la sélection corresponde aux tendances de l’opinion publique. Ce n’est pas pour rien qu’en 2013, une consultation participative a été lancée sous la houlette du président Hollande afin de recueillir les avis des Français sur les personnalités à panthéoniser. Ceux qui franchissent le seuil de la nécropole doivent rallier les suffrages, et ne surtout pas froisser les consciences. Ainsi, le président Macron a retoqué la potentielle panthéonisation de <a href="https://www.theartchemists.com/proces-viol-gisele-halimi/" target="_blank" rel="noopener">Gisèle Halimi</a>, pourtant réclamée par les associations féministes (34 000 signatures, ce n’est pas rien) ; en cause l’engagement de l’avocate contre la guerre d’Algérie, un facteur de clivage selon le chef de l’Etat, comme l’évoque </span><a style="color: #000000;" href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/avec-l-entree-de-josephine-baker-au-pantheon-le-retour-du-debat-sur-gisele-halimi_2157031.html"><i><span style="font-weight: 400;">L’Express</span></i></a><span style="font-weight: 400;">.&nbsp;</span></span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Quant à Rimbaud, la proposition fut rejetée en début d’année comme l’évoque </span><a style="color: #000000;" href="https://www.7sur7.be/lire/pourquoi-macron-refuse-l-entree-de-rimbaud-au-pantheon~af57ca6c/?referrer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F"><span style="font-weight: 400;">7sur7</span></a><span style="font-weight: 400;"> au grand soulagement de la famille qui voulait éviter le rapprochement avec la dépouille de Verlaine (qui a quand même tenté de flinguer Rimbaud) et le risque de réduire le parcours du jeune poète à cette seule relation homosexuelle. Une féministe et anti-colonialiste convaincue, un homosexuel libertaire devenu marchand d&rsquo;armes … deux potentielles pommes de discorde, qui pourraient fâcher les prudes et les réactionnaires, dont les votes sont pourtant bien précieux en période de réélection ? Tant qu’à rassembler, autant le faire avec une personnalité moins “clivante” pour reprendre le terme à la mode, plus fédératrice et représentative d’une intégration réussie à l’heure où les gosses de banlieue sont en quête de reconnaissance. Médisante, je suis ? Ou lectrice intriguée du très marquant </span><i><span style="font-weight: 400;">Propaganda</span></i><span style="font-weight: 400;"> d’Edward Bernays ? Tout simplement au fait de l’importance des rituels dans une société en manque de repères, surmédiatisée et oublieuse de son Histoire ?</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>L’hypocrite caution des puissants</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Revenons-en à Joséphine Baker, son sourire éclatant en toutes circonstances, qu’elle porte une ceinture de bananes ou son uniforme et ses décorations, quelle pose pour les cubistes ou Harcourt, qu’elle s’échappe des ghettos américains ou qu’elle s’occupe de ses gosses adoptés aux quatre coins du monde, sa tribu arc-en-ciel, dans un château dont elle peine à payer l’entretien (peut-être aurait-on pu alors l’aider financièrement pour la dédommager de ce qu’elle a fait pour la liberté et la justice, et on ne remerciera jamais assez <a href="https://www.theartchemists.com/biographie-grace-kelly-star-princesse-femme/" target="_blank" rel="noopener">Grace de Monaco</a>, son amie, de l’avoir recueillie pour lui éviter la misère). La dame avait du cran, des valeurs, du courage en plus du talent. Modeste, humble. Avec du cœur, beaucoup, sans compter, jamais. La voir rejoindre <a href="https://www.theartchemists.com/?s=zola&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Zola</a> et Jaurès n’est que fierté et justice, car Joséphine Baker possède ces principes inscrits au fronton de nos institutions : liberté, égalité et surtout fraternité. Un symbole fort, qu’on aimerait tant être celui de la réconciliation &#8230;</span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Ce qui est plus gênant, c’est le contexte (toujours regarder le contexte dans ces histoires-là) : si panthéoniser Joséphine devenait urgent pour des raisons évidentes de reconnaissance, pour ses engagements et ses luttes, le faire à l’orée d’une bataille électorale clé, au cœur d’une pandémie interminable, après une gestion pour le moins nébuleuse de la crise sanitaire du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">covid</a>, alors que les hôpitaux sont en déshérence (elle qui servit la Croix-rouge avec tant de dévouement, pas dit qu’elle apprécierait), que les DOM-TOM sont ravagées, que notre territoire, historiquement terre d’asile, a été brutalement fermé aux afghans fuyant le régime taliban (n&rsquo;oublions pas qu&rsquo;elle a milité auprès d&rsquo;un certain Martin Luther King, participant en 1963 à la célèbre marche pour l&rsquo;émancipation des Afro-Américains où elle prit la parole aux côtés du pasteur) … Cette femme en quête de justice et d&rsquo;équité aimerait-elle incarner les valeurs de pareille société ? Etre “l’allégorie” de cette nation-là, pour reprendre les termes de Jennifer Guesdon, membre du collectif “Osez Joséphine Baker !” sus-nommé ?&nbsp; </span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">La question mérite d’être posée. Et méditée. Les morts, jamais, ne doivent être l’hypocrite caution des puissants.&nbsp;</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités :&nbsp;</b></span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Voici les articles que nous avons consultés pour rédiger ce texte ; n’hésitez pas à les parcourir pour compléter votre approche et affiner votre jugement.</span></p>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.cnews.fr/france/2013-03-09/les-hommes-illustres-se-bousculent-aux-portillons-pour-entrer-au-pantheon-415689
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.letelegramme.fr/soir/personnages-illustres-qui-peut-entrer-au-pantheon-06-11-2018-12126134.php
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.lci.fr/culture/arthur-rimbaud-n-entrera-pas-au-pantheon-decide-emmanuel-macron-2175524.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.bfmtv.com/societe/josephine-baker-au-pantheon-la-membre-du-collectif-osez-josephine-baker-jennifer-guesdon-estime-qu-elle-est-une-allegorie-de-la-nation_VN-202108220105.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/avec-l-entree-de-josephine-baker-au-pantheon-le-retour-du-debat-sur-gisele-halimi_2157031.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/dordogne/dordogne-une-petition-pour-faire-entrer-josephine-baker-au-pantheon-2085043.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.madmoizelle.com/qui-doit-entrer-pantheon-donnez-votre-avis-196902
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.franceinter.fr/politique/pourquoi-l-entree-de-gisele-halimi-au-pantheon-est-compromise
</div></figure>
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		<title>Festival d’Aix en Provence 2021 &#8211; Les Noces de Figaro : « if you love me, you can have anything ! »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/festival-aix-en-provence-2021-les-noces-de-figaro-opera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jul 2021 11:34:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34063</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est clair, non ? Ces mots s’inscrivent en néons rouges sur la scène nue et noire du Théâtre de l’Archevêché à l’occasion de l’édition 2021 du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence ; ils résument sans détour la promesse faite à toutes ses conquêtes par un Comte Almaviva dont l’infidélité est devenue proverbiale. Faites néanmoins confiance à la pétillante Lotte De Beer pour secouer le marivaudage de Mozart, et transformer Les Noces de Figaro...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34064 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt.jpg" alt="noces de figaro aix 2021" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/noces-de-figaro-aix-2021_opt-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est clair, non ? Ces mots s’inscrivent en néons rouges sur la scène nue et noire du Théâtre de l’Archevêché à l’occasion de l’édition 2021 du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=festival+d%27aix+en+provence&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence</a> ; ils résument sans détour la promesse faite à toutes ses conquêtes par un Comte Almaviva dont l’infidélité est devenue proverbiale. Faites néanmoins confiance à la pétillante Lotte De Beer pour <strong>secouer le marivaudage de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mozart&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Mozart</a>, et transformer <a href="https://www.theartchemists.com/?s=les+noces+de+figaro&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i>Les Noces de Figaro</i></a> en une fable moderne sur l’amour par temps de Covid et de révolution des genres</strong>. Et cela fait beaucoup de bien.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un soap opéra signé Mozart</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Si l’ouverture introduit un prologue inspiré de la commedia dell’arte, le ton change avec la première scène :<strong> nous voici catapultés dans un soap opéra, un mix des <i>Feux de l’amour</i> et de <i>Madame est servie,</i> eighties en diable, kitchissime à souhait</strong>. Couleurs acidulées, luxe tape à l’oeil d’un intérieur de parvenus, bref un pur décor de série familiale navrante de guimauve émotionnelle à deux balles. Les incartades du comte, transformé en parfait yuppie à l’américaine, y passent crème … au début. Très vite, le personnage s’avère odieux, inconstant, irresponsable, hargneux, violent …</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et soudain les gags qui émaillent habituellement ce genre de programmes apparaissent pour ce qu’ils sont : réducteurs, grossiers, sexistes. <strong>Une vision déformée et malsaine des rapports entre classes sociales, entre générations, entre sexes</strong>. L’amour s’y étiole de réplique en réplique, tandis qu’on vend ce modèle sidérant de connerie à un public hypnotisé qu’on invite à applaudir aux moments clés par un panneau clignotant. La metteure en scène néerlandaise, résolument, retrouve les racines de Beaumarchais dans l’opéra de Mozart, secoue le tout pour restituer un discours à l’acide sur notre conception usée de l’amour.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le mariage comme un esclavage social</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quitte à créer le chaos durant la fin de la première partie, et embrayer la seconde sur un plateau épuré où seul le lit baroque demeure du décor initial. Un lit aussi grotesque que stérile, qui devient soudain déplacé dans cet environnement dépouillé. <strong>Le symbole d’une union conçue comme un esclavage social, dont la comtesse va devoir s’extraire, </strong>que les autres personnages vont devoir contourner pour trouver le bonheur dans une explosion de couleurs, tandis qu’ils se glissent dans d’invraisemblables combinaisons tricotées mêlant seins et verges. Tous transgenres, enfin heureux autour d’un arbre du paradis redevenu innocent. </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quelque chose de<a href="https://www.theartchemists.com/?s=La+flute+enchant%C3%A9e&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i> La Flûte enchantée</i></a> dans ce final triomphant qui règle son compte à la conception du couple classique pour <strong>légitimer toutes les formes d’amour, tant qu’il est synonyme de tolérance et de félicité</strong> ? Où résident finalement le grossier, le sale, l’ordurier ? Dans ces bites qui courent sur la scène, images des fantasmes refoulés de tous ces personnages en quête d’un peu de jouissance (ah cette injonction au bonheur dictée à coup de pubs et de posts Instagram) ? Ou dans le comportement intolérable du Comte, qui harcèle ses employées, insulte sa femme, menace physiquement et moralement ceux qui l’entourent ?</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une vibration dans l’air du temps</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">S’inspirant par ailleurs des outrances de <i>S</i><i>outh </i><i>P</i><i>ark</i> ou <i>Beavis an</i><i>d</i><i> Butt-Head</i>, <strong>Lotte De Beer multiplie les excès avec un cynisme mordant … et beaucoup de justesse</strong>. Chérubin dessinant des petits cœurs sur sa déclaration d’amour à la Comtesse, gêné par une érection qu’il ne contrôle pas … qui n’y verrait pas les premiers émois d’un gamin alors que sa sexualité s’éveille ? Le Comte se détournant de la Comtesse tandis qu’elle se couche à ses côtés, s’enroulant dans des draps froids comme la solitude qui la ronge ? Ce geste définitif d’ôter son alliance pour la jeter au pied de cet époux exaspérant ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Tout concourt à proposer une approche autre de cet opéra déjà très féministe. Les chanteurs apportent un plus notable, par leurs voix comme par leur jeu. <strong>Une vibration nouvelle, intensifiée par l’actualité du propos, mais aussi par l’enthousiasme très net qu’ils ont à être ensemble sur une scène</strong>, en contact avec un public certes moindre, respect des jauges oblige, mais néanmoins très impliqué. Le masque chirurgical ? Il est là, protégeant les membres du chœur et les figurants, mais Lotte De Beer en joue, l’intégrant dans l’intrigue même, la scène de quiproquo finale. Et cela ne dénote pas, bien au contraire. L’ensemble est intelligent, perspicace, drôle, sincère et inventif … dans l’air du temps. Mozart for ever, à savourer sans aucune modération.</span></p>
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		<title>A l’avant garde : Fabiola Jean-Louis – Rewriting History</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/avant-garde-fabiola-jean-louis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2020 09:56:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, direction New-York pour découvrir les travaux de Fabiola Jean-Louis. Cette artiste haïtienne d’origine mêle les affinités, pour la mode, l’art, la photographie. Tout naturellement, elle en vient à interroger les apparences, les symboles, les codes, autant de questionnements qui irriguent son expression artistique. En témoigne la troublante série Rewriting History, projet à multiples facettes où elle repense les portraits de la noblesse de l’Ancien Régime … en y...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><figure id="attachment_32635" aria-describedby="caption-attachment-32635" style="width: 733px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-18-12-06-43.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-32635 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-18-12-06-43.png" alt="" width="733" height="587" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-18-12-06-43.png 733w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-18-12-06-43-288x231.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/06/Capture-du-2020-06-18-12-06-43-494x396.png 494w" sizes="auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px" /></a><figcaption id="caption-attachment-32635" class="wp-caption-text">© Fabiola Jean-Louis</figcaption></figure></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cette semaine, direction New-York pour découvrir les travaux de Fabiola Jean-Louis. Cette artiste haïtienne d’origine mêle les affinités, pour la mode, l’art, la photographie. Tout naturellement, elle en vient à interroger les apparences, les symboles, les codes, autant de questionnements qui irriguent son expression artistique.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En témoigne la troublante série <em>Rewriting History, </em>projet à multiples facettes où elle repense les portraits de la noblesse de l’Ancien Régime … en y intégrant des héroïnes de couleur. L’effet est saisissant de grâce, lourd de signification. Car des détails se glissent entre les rubans et les bijoux pour rappeler le poids du racisme, la malédiction de l’esclavage, l’injustice de la ségrégation.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une chevelure savamment tressée, un grigri vaudou, un bout de tissu, un panier tressé … des touches subtiles qui superposent la force des cultures, rappellent qu’elles se valent même si l’Occident a voulu imposer ses diktats à l’Afrique. Chaque œuvre juxtapose ainsi peinture et photographie dans un sens des tonalités sidérant de justesse, avec en filigrane cette hypothèse : « Et si ? »</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et si nous avions joué la carte de l’échange et du partage au lieu de foncer tête baissée dans un discours haineux de supériorité délirant ? Et si la véritable suprématie venait de l’humanité, de la beauté vécue comme un tout ? Et si nous croisions les savoirs, les influences ? Les tableaux de Fabiola Jean-Louis évoquent à la fois la puissance des racines culturelles et le besoin de les entremêler à d’autres tendances.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Peut-être d’y échapper ? Ses modèles sont des femmes, le titre des tableaux le rappelle, les hommes n’apparaissent dans ses compositions qu’en arrière plan, violeurs blancs, pendus noirs. Un hasard ? Écrasée par les croyances, enfermée dans un rôel social, la femme demeure le sexe de la terre, la force première, le vecteur de toute vie. Elle règne, toute puissante, et rien ne pourra l’en empêcher.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’attitude détachée, sereine, déterminée des modèles désarçonne. Reines dans leurs costumes de Cour, elles ont conscience de leur stature, de leur talent, de leur pouvoir. Tout est dans le regard, dans de très subtils indices placés naturellement comme ces ensembles, véritables fusions culturelles où la femme évolue en majesté, enfin maîtresse de son destin.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.fabiolajeanlouis.com/">http://www.fabiolajeanlouis.com/</a></p>
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