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	<title>dracula</title>
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		<title>Frankenstein version Factory : chair froide, nihilisme chic, un cauchemar signé Paul Morrissey</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 11:17:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On enchaîne sur les boulettes. Padmé Purple coupable d’avoir traité « Frankenstein selon la pop culture » sans évoquer le Rocky Horror Picture Show … ni De la chair pour Frankenstein. Un blasphème culturel !!! Véritable pendant du film culte du tandem O’Brien/Sharman, Flesh for Frankenstein balaie glam, paillettes et joie transgressive, pour se positionner résolument et sans complexe sur l’autre versant des années 1970. Le côté obscur. Celui où Frankenstein ne danse...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="422" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-chair-pour-frankenstein.jpg" alt="affiche du film chair pour frankenstein" class="wp-image-38421" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-chair-pour-frankenstein.jpg 422w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-chair-pour-frankenstein-203x288.jpg 203w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-chair-pour-frankenstein-347x494.jpg 347w" sizes="(max-width: 422px) 100vw, 422px" /></figure>



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<p>On enchaîne sur les boulettes. Padmé Purple coupable d’avoir traité « <a href="https://www.theartchemists.com/frankenstein-culture-pop-analyse/">Frankenstein selon la pop culture</a> » sans évoquer le <em><a href="https://www.theartchemists.com/rocky-horror-picture-show/">Rocky Horror Picture Show</a></em> … ni <em>De la chair pour Frankenstein</em>. Un blasphème culturel !!! Véritable pendant du film culte du tandem O’Brien/Sharman, <em>Flesh for Frankenstein</em> balaie glam, paillettes et joie transgressive, pour se positionner résolument et sans complexe sur l’autre versant des années 1970. Le côté obscur. Celui où <a href="https://www.theartchemists.com/?s=frankenstein">Frankenstei</a>n ne danse pas, ne libère personne, ne célèbre rien. Celui où le mythe devient un théâtre de la chair, un miroir brutal et cynique d’un monde sans illusions.</p>



<p>Bienvenue dans le Frankenstein version Factory.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Frankenstein (1973) | Coming Soon Trailer (Flesh for Frankenstein)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/-E9d8Z-N3AM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Paul Morrissey, la Factory et la fin des illusions</h2>



<p>Petite précision, histoire de dissiper un malentendu. Le film qu’on a surnommé <em>Andy Warhol’s Frankenstein</em> n’est pas réalisé par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andy_Warhol">Andy Warhol</a>. Le nom est là comme un label, une signature marketing, une caution <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Factory">Factory</a>. Le véritable maître d’œuvre, c’est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Morrissey">Paul Morrissey</a>, cinéaste underground, collaborateur régulier de Warhol, esprit acide et profondément désenchanté à qui l’on doit entre autres la trilogie <em>Flesh – Trash – Heat</em> (1968) ou <em>Du sang pour Dracula</em> (1974). En 1973, deux ans avant que Frank-N-Furter ne débarque en corset sur les écrans, Paul Morrissey livre <em>donc sa version du mythe érigé par Mary Shelley</em> (également connu sous le titre <em>Andy Warhol’s Frankenstein</em>). </p>



<p>Même décennie, même volonté de dynamiter le mythe, mais radicalement autre chose. Ici, pas de rituel collectif joyeux. Pas de glamour. Pas de libération. Juste une grimace glaciale, une humanité réduite à l’état de matière première. A l’aube des 70’s, la contre-culture a déjà commencé à se fissurer. Les utopies des années 1960 se sont fracassées contre la guerre, la violence, le cynisme politique. La Factory n’est plus seulement un terrain de jeu pop : c’est un observatoire cruel des dérives du pouvoir, du désir et de la marchandisation. Morrissey filme un monde où plus rien ne croit à la transcendance. Ni l’art, ni la science, ni la morale ne sauvent qui que ce soit. Tout est sale, tout est intéressé, tout est voué à la décomposition. Son Frankenstein naît de ce climat. Et il en porte toutes les cicatrices.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Udo Kier : Frankenstein comme prédateur aristocratique</h2>



<p>Oubliez immédiatement la figure romantique du savant tragique. Ici, le baron Frankenstein, incarné par le sombre, halluciné et regretté <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Udo_Kier">Udo Kie</a>r, est un prédateur froid, un aristocrate décadent et incestueux obsédé par la pureté, la reproduction et le contrôle absolu. Son objectif ? Créer une race parfaite. Masculine, docile, fonctionnelle. Pour ce savant, la science constitue un instrument de domination. Point barre.</p>



<p>Udo Kier compose un personnage glaçant. Distant, méprisant, sexuellement mécanique. Il n’y a chez lui ni passion véritable, ni culpabilité. Seulement une obsession : assembler, corriger, améliorer. Les corps (notamment féminins) deviennent des stocks de pièces détachées ; les êtres humains, des matériaux interchangeables. Contrairement à Frank-N-Furter, qui déborde de désir et de théâtralité, ce Frankenstein-là est vide de joie. Le pouvoir sans le plaisir. La maîtrise sans l’ivresse. Une figure monstrueuse non pas par excès, mais par absence d’empathie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La chair comme matériau : un Frankenstein sans métaphysique</h2>



<p>Ce qui frappe immédiatement dans <em>Flesh for Frankenstein</em>, c’est sa relation au corps. Ici, le corps n’est ni sacré ni symbolique. Il est littéralement de la viande (d’où le titre). La chair est filmée comme quelque chose qu’on découpe, qu’on assemble, qu’on jette. Les corps féminins sont fragmentés, désindividualisés, réduits à leur fonction reproductive. Le grotesque est omniprésent, souvent jusqu’à l’insoutenable, mais toujours teinté d’un humour noir féroce.</p>



<p>Morrissey ne cherche pas à choquer gratuitement. Il met à nu une logique : celle d’un monde où le corps devient marchandise, où la science sert les fantasmes autoritaires, où la domination masculine s’exerce sans même se cacher. Ici, Frankenstein ne se demande jamais s’il a le droit de créer la vie.<br />La question morale n’existe plus. C’est précisément ce silence éthique qui rend le film si perturbant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un Frankenstein politique, sans discours explicite</h2>



<p><em>Flesh for Frankenstein</em> est profondément politique, mais à la manière la plus inconfortable qui soit. Morrissey ne délivre aucun message clair, aucune morale rassurante. Il expose la pourriture, point. Derrière l’obsession de la pureté et de la reproduction se dessinent des échos évidents : eugénisme, autoritarisme, fantasmes de contrôle total, peur de la contamination.</p>



<p>Le film respire la fin des illusions occidentales. L’Europe qu’il met en scène est décadente, figée dans une aristocratie grotesque, incapable de produire autre chose que des monstres. La science, loin d’être salvatrice, devient l’outil d’une violence froide et systémique. C’est un Frankenstein sans rédemption. Sans catharsis. Sans espoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un film culte… mais profondément mal aimé</h2>



<p>Contrairement à <em>The Rocky Horror Picture Show</em>, <em>Flesh for Frankenstein</em> n’a alimenté aucun rituel collectif. Il n’appelle pas le déguisement ni la fête. Il repousse, volontairement. Le film a longtemps été censuré, tronqué, projeté dans des versions dégradées. Sa réputation sulfureuse, sa violence graphique, son humour malsain l’ont cantonné à un public restreint, souvent composé de cinéphiles avertis et d’amateurs de cinéma underground. Et pourtant, il est devenu culte. Un culte d’initiés, discret, inconfortable, sans nostalgie joyeuse. Un film qu’on admire plus qu’on ne l’aime, qu’on respecte plus qu’on ne chérit.</p>



<p>Impossible de ne pas mettre en regard <em>Rocky Horror</em> et le Frankenstein de Morrissey. Ils appartiennent à la même époque, mais proposent deux réponses radicalement opposées au mythe. Là où <em>Rocky Horror</em> célèbre la transgression joyeuse, Morrissey montre la domination nue. Là où Frank-N-Furter déborde de désir, le baron Frankenstein le neutralise. Là où l’un invite à la participation collective, l’autre enferme le spectateur dans un malaise solitaire. Pourtant, les deux films partagent un point commun essentiel : ils refusent la version morale et édifiante de Frankenstein. Ils brisent le mythe pour mieux révéler les tensions de leur époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Frankenstein, version désenchantée</h2>



<p>Avec <em>Flesh for Frankenstein</em>, Paul Morrissey ne modernise pas le mythe : il le désenchante radicalement. Brutalement. Il retire toute illusion de grandeur, toute possibilité de rachat. Il montre un monde où le monstre n’est pas une erreur tragique, mais le produit logique d’un système malade.</p>



<p>Ce Frankenstein-là ne vous demande pas de l’aimer. Il vous demande de le confronter sans ciller.<strong> </strong>Et c’est précisément pour cela qu’il reste, plus de cinquante ans plus tard, aussi inconfortable, aussi dérangeant, aussi nécessaire.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Frankenstein dans la culture pop : un freakshow à notre image</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/frankenstein-culture-pop-analyse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 12:38:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ou comment un mythe littéraire du XIXᵉ s’est transformé en icône punk, marketing, gothique, techno, bioéthique, Halloween-friendly et même philosophique. Clairement, Frankenstein est increvable. Pour preuve le nouvel opus (très réussi) de Guillermo Del Toro). Je ne reviendrai pas sur cette enième version, du reste très bien chroniquée par notre rédac chef. Par contre je vais me pencher sur la fascination engendrée par ce mythe. Depuis son accouchement, la créature...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-mythe-de-Frankenstein.jpg" alt="déclinaisons artistiques et marketing du mythe de frankenstein" class="wp-image-38413" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-mythe-de-Frankenstein.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-mythe-de-Frankenstein-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-mythe-de-Frankenstein-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Ou comment un mythe littéraire du XIXᵉ s’est transformé en icône punk, marketing, gothique, techno, bioéthique, Halloween-friendly et même philosophique.</p>



<p>Clairement, Frankenstein est increvable. Pour preuve <a href="https://www.theartchemists.com/frankenstein-guillermo-del-toro/">le nouvel opus (très réussi) de Guillermo Del Toro</a>). Je ne reviendrai pas sur cette enième version, du reste très bien chroniquée par notre rédac chef. Par contre je vais me pencher sur la fascination engendrée par ce mythe. Depuis son accouchement, la créature enfantée par <a href="https://www.theartchemists.com/film-mary-shelley-2017-haifaa-al-mansour/">Mary Shelley</a> en 1818 n’a pas cessé de muter : cinéma, BD, rock, pop culture, jeux vidéo, débats bioéthiques, memes, tatouages, logos punk… on l’a vu partout, dans toutes les postures, tous les maquillages, toutes les récupérations.</p>



<p>Pourquoi lui ? Peut-être parce que Frankenstein, c’est notre reflet. En scrutant ce monstre couturé, capable d’amour comme de férocité, l’humanité se prend en pleine face ses expériences ratées, ses rêves de puissance et ses gamelles morales. Bienvenue dans le freakshow culturel du fils abandonné le plus célèbre de la littérature.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Frankenstein Official Trailer #1 - (1931) HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/BN8K-4osNb0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>James Whale (1931) : l’accident industriel devenu Bible visuelle</strong></h2>



<p>Avant d’être un mythe global, Frankenstein a été… une erreur d’interprétation. Mary Shelley parlait d’un être sensible, tragique, philosophe malgré lui. Hollywood a préféré miser sur le spectaculaire, le « monstrueux ». Résultat : le film <em>Frankenstein</em> (1931), réalisé par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Whale">James Whale</a>, produit par Universal, avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Karloff">Boris Karloff</a> figé sous les couches de maquillage de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Pierce_(maquilleur)">Jack Pierce</a>. De quoi pétrifier l’iconographie pour des décennies : les boulons au cou (absents du roman), la tête plate, les semelles compensées, la démarche mécanique, les bras tendus, le laboratoire, le regard fou-furieux de Victor contemplant sa création.<br />On repassera pour le respect du texte initial. Whale façonne une brute, un mort vivant gigantesque et destructeur. La pop culture ne s’en remettra jamais : Frankenstein devient la mascotte d’Halloween, l’icône du cinéma d’horreur, l’image imprimée sur t-shirts, comics, jouets et boîtes de céréales. Le mythe littéraire disparaît au profit de ce qui va devenir un véritable phénomène de la culture pop.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Bride of Frankenstein (1935) Official Trailer #1 - Boris Karloff Movie" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/VR2uBTMBKVg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>De la tragédie romantique au produit dérivé : naissance d’un empire monstrueux</strong></h2>



<p>Et un incontestable succès marketing. Le Frankenstein de Karloff engendre une lignée de monstres Universal : <em>Bride of Frankenstein</em> (1935), chef-d’œuvre à la frontière du queer et du gothique, toujours de James Whale ; <em>Son of Frankenstein</em> (1939) et tous les croisements improbables avec Dracula, le Loup-Garou, Abbott &amp; Costello… Hollywood a créé le premier univers partagé avant Marvel.</p>



<p>Pendant ce temps-là, la créature inspire toute une kyrielle de produits dérivés : comics (Marvel lance <em>The Monster of Frankenstein</em> en 1973), dessins animés (<em>Les Pierrafeu</em> l’utilisent souvent en gag), publicités, pin’s, animations de parc d’attractions, mascottes de conventions. La pop culture s’est emparée du monstre de Frankenstein (vous noterez que le docteur, lui, disparaît de l’horizon, car peu vendeur), le cuisine à toutes les sauces, le tourne parfois en dérision mais le rend omniprésent, incontournable.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Young Frankenstein (1974) Original Trailer [FHD]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/sO8g8VmFf0M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Deux adaptations qui font date</h2>



<p>Dans la longue lignée de productions cinématographiques inspirées du livre de Mary Shelley, citons deux cas, deux adaptations qui bouleversent les codes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Mel Brooks, le punk burlesque : </strong><em>Young Frankenstein</em><strong> (1974)</strong></h3>



<p>Puis survient <em>Young Frankenstein</em> en 1974. Spécialiste des parodies drolatiques, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mel_Brooks">Mel Brooks</a> retourne le mythe comme un gant. Sa version burlesque en noir et blanc respecte tellement Whale qu’elle en devient hommage officiel.</p>



<p>Gene Wilder, œil brillant et cheveux version permanente électrostatique, incarne le descendant du savant. Créature géante et simplette, danse sur « Puttin’ On the Ritz » Peter Boyle est un monstre loufoque. Teri Garr plante une assistante ultra sexy, Marty Feldman est irrésistible en serviteur bossu aux allures de gargouille.</p>



<p>Ce film fait office de vaccin : il empêche qu&rsquo;on prenne Frankenstein trop au sérieux. Il rappelle aussi que les monstres survivent à tout — même à la comédie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La version 1994 de Kenneth Branagh : grand opéra, sueur et romantisme gothique</strong></h3>



<p>Retour aux sources avec <strong><em><a href="https://www.theartchemists.com/frankenstein-kenneth-branagh-adaptation-mary-shelley/">Mary Shelley’s Frankenstein</a></em></strong>. En 1994, Branagh fait exploser l’amidon victorien, propulse le roman dans une flamboyance baroque, redonne à la Créature (Robert De Niro) son humanité douloureuse. Ce film réhabilite l’esprit de Shelley : la créature parle, pense, souffre.<br />Le créateur est l’unique vrai monstre. La pop culture découvre alors que Frankenstein, derrière ses boulons de cartoon, possède un <strong>cœur noir, tragique et intelligent</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les comics et les monstres augmentés : Frankenstein devient super-héros, cyborg ou soldat</strong></h2>



<p>J’évoque le cinéma, mais n’oublions pas que les comics se sont aussi jetés sur la créature comme la pauvreté sur le monde : Marvel lui rend hommage avec <em>The Monster of Frankenstein</em> (1973) avant de l’intégrer dans d’autres séries ; DC Comics lui consacre <em>Frankenstein, Agent of S.H.A.D.E.</em>, version pulp où la créature combat des menaces surnaturelles façon Hellboy en plus carré. </p>



<p>Au fil des pages, des vignettes et des bulles, la créature devient soldat gouvernemental, anti-héros mélancolique, machine augmentée, golem cyberpunk. Chaque époque réécrit Frankenstein selon ses angoisses technologiques : plus on devient machine, plus on humanise le monstre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Jeux vidéo : le corps recomposé comme avatar</strong></h2>



<p>Au niveau gaming, même histoire d’amour, même travail de récupération, assimilation. L’influence est partout : <em>Castlevania</em> fait de Frankenstein un boss récurrent.<em> The Binding of Isaac, Bloodborne, Darkest Dungeon</em> multiplient les hommages à l’être fabriqué. <em>The Witcher</em> présente des monstres hybrides à la Shelley.</p>



<p>Le jeu vidéo adore Frankenstein, car il pose la question la plus moderne qui soit : qu’est-ce qu’un corps “fabriqué” peut faire que le corps “naturel” ne peut pas ? On est en plein dans le transhumanisme, sans les conférences TED.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Frankenstein à l’ère cyborg : du symbole gothique au capitalisme techno</strong></h2>



<p>Aujourd’hui, la créature s’invite/s’infiltre partout : dans les débats sur l’IA, dans les discussions sur la robotique sociale, dans les essais sur l’éthique biomédicale (Donna Haraway revisite le mythe dans <em>A Cyborg Manifesto</em>, 1985). Même la Silicon Valley utilise parfois Frankenstein comme métaphore des inventions qu’elle ne maîtrise pas totalement.</p>



<p>Le monstre sert à pointer du doigt ce que nous refusons de regarder : les conséquences de la création. Mary Shelley avait prévenu : créer un être, ce n’est pas jouer à Dieu — c’est assumer la responsabilité de ne pas être Dieu. Le XXIᵉ siècle a transformé Frankenstein en panneau d’avertissement moral. Pas étonnant qu’il ressurgisse dès qu’on parle d’IA générative, de bébés génétiquement modifiés ou de robots humanoïdes : c’est le mythe de l’apprenti-sorcier, version open-source.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Halloween, marketing, merchandising : le monstre domestiqué</strong></h2>



<p>Et puis il y a le business du produit dérivé. Aujourd’hui, Frankenstein est à la fois mascotte, emoji, décoration de jardin… un totem kawaii. C’est le destin de toutes les icônes pop : on les vide de leur drame pour les recycler en chewing-gum visuel.</p>



<p>Mais sous les paillettes, l’archétype demeure : un corps bricolé, une âme en quête d’amour, un créateur absent. Le combo parfait pour hanter une civilisation entière.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Série « Entretien avec un vampire » : crise de couple chez les vampires</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-entretien-avec-un-vampire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 08:55:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Suis-je une vieille conne aigrie&#160;? Je m’étais promis de ne jamais tomber dans le «&#160;c’était mieux avant, ma bonne dame&#160;». Mais en visionnant les deux saisons d’Entretien avec un vampire, j’ai franchement tangué, et plusieurs fois. D’où une foultitude d’interrogations qu’il me fallait explorer. Un roman culte Pour les aficionados de littérature dark et de vampires, Entretien avec un vampire est un incontournable, le roman culte par excellence. Inaugurant la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Suis-je une vieille conne aigrie&nbsp;? Je m’étais promis de ne jamais tomber dans le «&nbsp;c’était mieux avant, ma bonne dame&nbsp;». Mais en visionnant les deux saisons d’<em>Entretien avec un vampire</em>, j’ai franchement tangué, et plusieurs fois. D’où une foultitude d’interrogations qu’il me fallait explorer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Interview With the Vampire Season 1 Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/BecdVouR7mY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un roman culte</h2>



<p>Pour les aficionados de littérature dark et de vampires, <em>Entretien avec un vampire</em> est un incontournable, le roman culte par excellence. Inaugurant la tétralogie consacrée aux aventures du fringant et cynique Lestat de Lioncourt, <em>Entretien avec un vampire</em> relate les confidences de son compagnon Louis de Pointe du Lac, vampire désabusé pour ne pas dire dépressif, qui évoque sa triste histoire au micro d’un journaliste en quête de scoop.</p>



<p>Soyons clairs : il y a eu un avant et un après <em>Interview with a vampire</em>. Avec ce best seller publié en 1976, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Rice">Anne Rice</a> dynamite à jamais les codes du genre. Ses vampires distancent le profil du tueur avide et diabolique dessiné par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bram_Stoker">Bram Stocker</a> dans <em>Dracula</em> pour proposer une vision beaucoup plus nuancée et empathique. Le vampire à la mode Anne Rice est rongé de doutes, il n’a pas choisi sa condition, la subit comme une malédiction, s’en accommode difficilement et en souffre psychiquement, parfois jusqu’au suicide.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des modifications de taille</h2>



<p>En toute logique, si vous avez un grain de bon sens, quand vous bouclez le roman, l’aventure vampirique vous tente beaucoup moins. Car elle constitue un gouffre de douleurs, de chagrins, de ruptures, sans compter l’obligation de tuer pour survivre, pire de transformer autrui pour ne pas être seul. La version cinématographique signée Neil Jordan en 1994 creuse ce sillon, portée par un Tom Cruise atroce de cynisme, un Brad Pitt rongé de remords, une Kirsten Dunst dont la candeur cache une violence sans fond.</p>



<p>Autant dire que l’adaptation en série par <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Rolin_Jones">Rolin Jones</a> en 2022 avait du pain sur la planche pour rivaliser. Étirée sur deux saisons qui en appellent une troisième déjà en promotion, <em>Interview with a vampire</em> s’empare de la tétralogie d’Anne Rice … et l’aménage clairement pour parler à la génération Y, Z et plus jeunes encore. Ce qui implique plusieurs modifications de taille :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>bye bye le XVIIIe siècle, nos héros évoluent initialement dans les années 20 avant de traverser la seconde Guerre Mondiale, puis les années 50&nbsp;;</li>



<li>initialement planteur blanc exploitant les esclaves noirs, Louis devient un malfrat de couleur, idem pour la petite Claudia, elle-même noire&nbsp;;</li>



<li>les relations entre Louis et Lestat sont clairement homosexuelles, là où Anne Rice ne faisait qu’effleurer cette option.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Interview with the Vampire Season 2 Official Trailer | Premieres May 12 | AMC+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/4wT4QihIavo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Scènes de ménage et casting impliqué</h2>



<p>La chose aurait pu être intéressante, porteuse de réflexion, débouchant sur une interrogation de l’intolérance sociale propre aux USA où il ne fait guère bon être de couleur ou homo (c&rsquo;est clairement l&rsquo;option du film <em><a href="https://www.theartchemists.com/sinners-film/">Sinnners</a></em>). Que nenni ! L’histoire va tourner à la crise familiale avec scènes de ménage et engueulades, coups de foudre, coups bas, rabibochages et séparations fracassantes. Entre deux séquences de massacres (il faut bien se nourrir et s’amuser un peu avec sa nourriture), nos héros s’engueulent copieusement, ne se supportent plus.</p>



<p>C’est spectaculaire, mais ça manque de fond. Et c’est vraiment dommage, vu que le casting est juste absolument génial de talent et d’implication. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_Reid">Sam Reid</a> (déjà aperçu entre autres dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-profession-reporter/">Profession reporter</a></em>) campe un Lestat de compétition, Jacob Anderson (exfiltré de <em><a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/">Game of thrones</a></em>) apporte sa fragilité à Louis, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Eric_Bogosian">Eric Bogosian</a> est un Daniel Malloy d’un cynisme mordant, c’est le cas de le dire), <a href="https://www.instagram.com/assadzc/?hl=fr">Assad Zaman</a> tisse un Armand aux charmes crépusculaires, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ben_Daniels">Ben Daniels</a> est juste parfait en Santiago, <a href="https://www.instagram.com/baileybass/">Bailey Bass</a> puis <a href="https://www.instagram.com/delaineyhayles/?hl=fr">Delainey Hayles</a> incarnent à la suite une Claudia aussi cruelle que fragile. Bref, rien à dire ni sur l’interprétation, ni sur les décors, les costumes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Guimauve sentimentale</h2>



<p>Ce qui pêche ? C’est ce besoin d’étaler l’histoire sur deux saisons là où une seule aurait pu suffire si on nous avait fait grâce de ces querelles amoureuses qui tournent à la thérapie de couple devant des spectateurs transformés à leur corps défendant en conseillers conjugaux. Dommage car les passages marquants ne manquent guère, notamment la vision du théâtre des Vampires, qui rappelle les temps forts du Grand Guignol. Mais ce n’est qu’une toile de fond pour une guimauve sentimentale dont les héros de Rice étaient initialement incapables et c’était d’ailleurs là tout le problème.</p>



<p>Lestat, Louis, Claudia, la V1 de ces personnages était avide d’aimer, incapable d’y parvenir. La V3 développée dans la série est dégoulinante d’amour et de cruauté. Pour parler aux ados ? En liquidant toute la réflexion sur la mort et la non mort (rappelons qu&rsquo;Anne Rice a initialement écrit le livre suite au décès d&rsquo;un de ses enfants), l’accès à l’éternité comme une fatalité, la difficulté à traverser les époques, les mutations technologiques, sociales et morales, à s’adapter aux temps qui passe quand on a des siècles de non vie derrière soi. C’était cela la fibre initiale du roman, ce qui en faisait le prix. Il n’en reste que peu de choses dans la version de Rolin Jones et cela en dit long sur l’appauvrissement de nos chefs d’œuvre condamnés à des relectures riches de potentiel, vides de sens.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>« Douglas is cancelled » : réputation saccagée, vengeance glaciale et autres jeux de massacre médiatique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/douglas-is-cancelled/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 07:56:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cancel culture (ou « culture de l’annulation »)&#160;: désigne le fait de boycotter publiquement une personne, souvent une célébrité ou une personnalité publique, en raison de propos, d’actes ou de comportements jugés offensants, problématiques ou moralement répréhensibles. Cette pratique s’exerce principalement sur les réseaux sociaux et vise à retirer à la personne sa légitimité publique, sa visibilité ou ses opportunités professionnelles. Pour annuler quelqu’un, il faut donc qu’il soit célèbre...</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Cancel culture (ou « culture de l’annulation »)&nbsp;: désigne le fait de boycotter publiquement une personne, souvent une célébrité ou une personnalité publique, en raison de propos, d’actes ou de comportements jugés offensants, problématiques ou moralement répréhensibles. Cette pratique s’exerce principalement sur les réseaux sociaux et vise à retirer à la personne sa légitimité publique, sa visibilité ou ses opportunités professionnelles.</p>



<p>Pour annuler quelqu’un, il faut donc qu’il soit célèbre (on n’annule pas les inconnus), qu’il ait vraiment merdé et qu’il soit très présent sur les réseaux sociaux. Présentateur vedette d’une émission britannique culte, Douglas Bellowes coche la première et la dernière case. En aucun cas, ce parfait gentleman ne correspond à la seconde. Quoi que&nbsp;? C’est le propos de la série Douglas is cancelled de nous raconter en quoi Doug a merdé. Et forcément, ça va être rock’n’roll.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Douglas is Cancelled | Série fiction | ARTE" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/oxXy8P-9Lbs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un jerrican d’essence sur un feu de brousse</h2>



<p>Doug Bellowes donc, une valeur sûre du paysage audiovisuel britannique. Marié à une rédac chef au bras long, affublé d’une gamine baignée dans la cancelled culture. À ses côtés, sa partenaire de plateau, la superbe, fougueuse et particulièrement intelligente Madeline. Tellement intelligente qu’elle fait de Doug ce qu’elle veut, le manipulant à sa guise, au grand dam de son entourage.</p>



<p>Madeline la fidèle, si tactile, si proche, si complice… mais qui balance un tweet pour le moins ambigu quand Doug est accusé par un internaute d’avoir balancé des blagues sexistes durant un mariage un peu trop arrosé. Un tweet relayé par les millions de followers de la présentatrice. Le débat est lancé, ravageur. Un jerrican d’essence sur un feu de brousse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une chute foudroyante</h2>



<p>Question&nbsp;: comment arrêter cet incendie&nbsp;? Sachant que Madeline, bien décidée à aider son binôme qu’elle dit admirer plus que tout, semble en fait l’enterrer un peu plus à chaque fois qu’elle agit. Quel est l’objectif de cette énigmatique donzelle à la plastique de déesse, au regard froid comme celui d’une couleuvre&nbsp;? S’agit-il de piquer la place de Doug&nbsp;en le démolissant médiatiquement&nbsp;? Ou y a-t-il autre chose&nbsp;? Un contentieux beaucoup plus profond, plus ancien&nbsp;? Un contentieux dont Doug n’a visiblement pas connaissance.</p>



<p>Mais quand il comprendra, il sera trop tard. Douglas sera définitivement enterré, rayé de la carte. Cancelled. À raison. Aux commandes de ce récit en forme de chute foudroyante, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Steven_Moffat">Steven Moffat</a>, qui tirait déjà les ficelles des séries <em>Sherlock</em>, <em>Doctor Who</em> et <em>Dracula</em>, accouche d’une intrigue aussi complexe que malsaine. Madeline la méchante est-elle si méchante que cela&nbsp;? Au gré des flashbacks, on saisit pourquoi elle en veut ainsi à ce mentor qu’elle adulait mais dont elle a pu mesurer la médiocrité morale au tout début de sa carrière, quand elle était si fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une lente mécanique de vengeance</h2>



<p>Prédatrice, Madeline a bien des raisons de l’être. Et la cancellisation de Douglas est le point d’orgue d’une lente mécanique de vengeance. Car clairement Doug n’a pas été à la hauteur, comme vous le découvrirez au fil de séquences qui prennent aux tripes. Avec à la clé deux messages&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le silence et l’indifférence sont coupables&nbsp;;</li>



<li>les femmes ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour mettre à distance les prédateurs.</li>
</ul>



<p>Je n’en dis pas plus au risque de spoiler cette intrigue de haut vol qui s’enracine dans une réalité sordide où on détourne trop facilement le regard, où on laisse trop facilement faire. Comptez sur un casting cinq étoiles pour narrer cette éradication express&nbsp;avec le brio, l’intensité nécessaire: <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugh_Bonneville">Hugh Bonneville</a> (échappé de <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-downtown-abbey/">Downtown Abbey</a></em>) incarne un Douglas désemparé, oscillant entre incompréhension et colère face à la machine infernale qui s&#8217;emballe. À ses côtés, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karen_Gillan">Karen Gillan</a> (<em><a href="https://www.theartchemists.com/jumanji-jungle/">Jumanji</a></em>, <em>Les Gardiens de la galaxie</em>) campe une Madeline Crow particulièrement ambiguë et forte.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-97a4f4fe66b6f74a9a2ce6b28917008e" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-she-said/">She said : face à un prédateur sexuel et au système qui le protège</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-scandale/">Scandale&nbsp;: «&nbsp;Tu veux réussir&nbsp;? Écarte les cuisses, ne fais pas de vagues et souris.&nbsp;»</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-loudest-voice-biopic-roger-ailes/">The Loudest voice&nbsp;: derrière le biopic de Roger Ailes, le décorticage de la machine Fox News</a></li>
</ul>
</div></div>



<p><em>Douglas is cancelled</em> dérange, questionne, amuse parfois, irrite souvent. La série va vous secouer, elle est conçue pour. À l&rsquo;heure où la « cancel culture » est sur toutes les lèvres, ces épisodes offrent une perspective qui mérite qu&rsquo;on s&rsquo;y attarde, ne serait-ce que pour questionner les certitudes.​ Car il y a de fortes chances que chacun.e d’entre nous, à un moment ou à un autre de sa vie, se soit retrouvé.e en mode Douglas. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Nosferatu 2024 : un coup de maître ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-nosferatu-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 08:48:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On ne va pas se mentir. En reprenant le film culte de Murnau, en passant derrière la relecture hallucinée (et particulièrement réussie) d’Herzog, Robert Eggers a pris un très gros risque : celui de saccager un récit fondateur, une légende. Pas évident évident de repasser derrière deux maîtres du cinéma, qui chacun bénéficiait d’interprètes de génie (Max Schreck pour l’un, Klaus Kinski pour l’autre). Et pourtant, Eggers, avec son Nosferatu 2024,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024.jpg" alt="" class="wp-image-37717" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On ne va pas se mentir. En reprenant le film culte de Murnau, en passant derrière la relecture hallucinée (et particulièrement réussie) d’Herzog, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Eggers">Robert Eggers</a> a pris un très gros risque : celui de saccager un récit fondateur, une légende. Pas évident évident de repasser derrière deux maîtres du cinéma, qui chacun bénéficiait d’interprètes de génie (Max Schreck pour l’un, Klaus Kinski pour l’autre). Et pourtant, Eggers, avec son <em>Nosferatu</em> 2024, réussit un coup de maître : apporter du sang neuf à un vampire ancestral, tout en accouchant d’une œuvre fantastique à l’aura particulièrement malsaine.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="NOSFERATU - Bande annonce officielle VOST [Au cinéma le 25 décembre 2024]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/82NdlKtgArg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un transi médiéval</h2>



<p>Nosferatu, l’innommable, le démon, le diable, le non-mort… un vampire livide et chauve, aux doigts griffus,  aux oreilles en pointe, une goule aux dents acérées qui va répandre la mort et le malheur sur le monde. Il faudra le sacrifice d’une jeune femme au cœur pur pour sauver l’humanité de ce monstre assoiffé de sang et de malédiction. Bon : voici les grandes lignes de l’histoire adaptée à l’écran par Murnau en 1922, avec le succès que l’on sait.</p>



<p>Herzog creusera ce sillon, soulignant un peu plus le côté romantique de ce comte Orlock largement inspiré du roman <em>Dracula</em> de Bram Stocker. Un être maudit et seul, qui convoite l’amour d’une femme superbe dont on se demande si ce n’est pas elle au finish le vrai vampire des deux (Isabelle Adjani, impériale). Changement de registre avec la version d’Eggers. Exit le fantôme blafard, Orlock à la mode 2024 (Bill Skarsgård) a tout du transi médiéval et c&rsquo;est justement là l&rsquo;originalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Énergie, démesure et poésie</h2>



<p>Ce cadavre qui marche, en partie décomposé, altier et autoritaire cependant, vêtu comme les seigneurs roumains de la Renaissance, diffuse le désespoir et la démence sur le monde et l&rsquo;humanité dans le seul but de récupérer celle qui lui est promise. Tout juste mariée à Thomas (Nicolas Hoult), l&rsquo;élue, Ellen Hutter, va sombrer dans une mélancolie aux accents épileptiques spectaculaires. Plus Orlock se rapproche plus d&rsquo;elle, plus la jeune femme se délite, multipliant les crises de nerfs et de somnanbulisme, au cœur d’une ville ravagée par la peste.</p>



<p>Lily-Rose Depp plante une héroïne décidée à combattre son agresseur par tous les moyens, même les plus extrêmes. Sa prestation est aussi sportive que stupéfiante, alliant énergie, démesure et poésie. L’atmosphère autour d’elle tient à la fois du conte horrifique à la Edgar Allan Poe et du roman gothique en mode les <em>Hauts de Hurlevent</em> d’Emily Brontë. Le travail des éclairages, lumière du feu versus paleur de la lune, contribue à tisser une atmosphère particulièrement oppressante, où les ombres s&rsquo;agitent comme des serpents avides.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cauchemar gothique</h2>



<p>Perte de repères, ruptures de rythmes, vertiges, illusions d’optique, le film est tourné de manière à perdre le spectateur dans le cauchemar des personnages. Un cauchemar qui s’installe petit à petit avant de prendre une dimension dantesque et crue. Sous le vernis des apparences, le caractère policé des relations, la politesse d’un XIXe siècle voué à la science et à la modernité, la bestialité ancestrale sommeille, violence, sexe, cruauté.</p>



<p>En cela, le <em>Nosferatu</em> d’ Eggers semble une continuité de <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-the-witch-sorciere/">The Witch</a></em>, premier film du réalisateur et récit hautement horrifique disséquant avec un sens consommé du suspense comment une toute jeune fille sombre dans une sorcellerie matinée de parenticide. Même sensualité ne demandant qu’à déraper, même attirance pour l’ombre et l’interdit, même fascination pour le Mal, et un spectateur complètement  terrorisé par cette atmosphère irrespirable où s’épanouit l’indicible.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-40aa4429349d0581d41c4da4da169e75" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-ombre-vampire-nosferatu/">L’ombre du vampire : Max Schreck était-il un nosferatu ?</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Décors et costumes, effets spéciaux et cadrages ajoutent la pointe de réalisme nécessaire pour rendre, sinon crédible, du moins concrète cette fable macabre, moderne déclinaison du thème de la jeune fille et la Mort.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Dr Jekyll et le mystère Hyde : ou comment raconter la genèse d’une œuvre fondatrice de la littérature dark</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-dr-jekyll-mystere-hyde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Oct 2023 14:50:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36553</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si écrire un roman fantastique s’avère un périlleux exercice de style, adapter ce genre d’écriture sur les planches d’un théâtre relève du casse-tête dramaturgique. La description n’y a pas droit de cité qui ralentit le rythme de l’intrigue, les effets spéciaux filmiques y sont sinon impossibles, du moins complexes et coûteux. Difficile donc, mais pas forcément impossible. Pour preuve, l’excellent Dr Jekyll et le mystère Hyde. Une férocité sans pareille...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Si écrire un roman fantastique s’avère un périlleux exercice de style, adapter ce genre d’écriture sur les planches d’un théâtre relève du casse-tête dramaturgique. La description n’y a pas droit de cité qui ralentit le rythme de l’intrigue, les effets spéciaux filmiques y sont sinon impossibles, du moins complexes et coûteux. Difficile donc, mais pas forcément impossible. Pour preuve, l’excellent <em>Dr Jekyll et le mystère Hyde</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="TEASER ! &quot;Dr Jekyll &amp; Le Mystère Hyde&quot; d&#039;après Robert Lewis Stevenson par le Collectif La Machine" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/-QED6KDfCbE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une férocité sans pareille</h2>



<p>Derrière ce spectacle pour le moins prenant, Félicien Chauveau et le <a href="https://www.collectiflamachine.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">collectif La Machine</a>, dont nous avons déjà mesuré la virtuosité avec l’effrayant et particulièrement efficace <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-dracula-asylum/"><em>Dracula Asylum</em></a>. Après le chef-d&rsquo;œuvre horrifique de Bram Stoker et son vampirique héros, Chauveau s’attaque au roman phare de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Louis_Stevenson" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Robert Louis Stevenson</a>, <em>L’étrange cas du</em> <em>Docteur Jekyll et de Mister Hyde</em>.</p>



<p>Soit un médecin de haut vol, pur produit de l’Angleterre victorienne vouée à la toute puissance de la science et de la technique, qui, à force de chercher la panacée universelle, va engendrer Mr Hyde. Une puissance obscure d’une férocité sans pareille. Avec cette question clé&nbsp;: qui donc est ce Mister Hyde que Jekyll s’efforce de protéger malgré ses dangereux excès&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une scénographie steam punk</h2>



<p>« <em>Le fantastique, c&rsquo;est l&rsquo;hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel</em> » explique Todorov, grand théoricien du genre fantastique. Jekyll illustre cette définition à merveille et Chauveau travaille son adaptation et sa mise en scène pour aller dans ce sens, jouant d’une scénographie steam punk en diable.</p>



<p>Éclairages verdâtres, grilles qui claquent, les crimes de Hyde comme ses métamorphoses frappent le spectateur effaré qui découvre au travers de ces épisodes sanglants la genèse du livre même. En effet, le véritable monstre de cette histoire, c’est ce roman que Stevenson accouche dans la douleur, terrassé par la maladie, énergiquement coaché par une épouse qui a tout de l’aventurière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Engendrer un mythe</h2>



<p>Une analyse qui n’a rien de farfelu&nbsp;: né d’un cauchemar, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trange_Cas_du_docteur_Jekyll_et_de_M._Hyde">L&rsquo;Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde</a> fait partie des œuvres fondatrices de la littérature dark, où la psyché torturée de l’homme moderne révèle ce qu’il y a de plus sombre de plus destructeur dans l’humain universel, cette barbarie intrinsèque propre à Caïn.</p>



<p>Contrairement à Jekyll, l’homme de science, civilisé et visionnaire, Hyde est une force brute sans état d’âme, rien ne l’arrête. Il viole, frappe, tue et s’en délecte. En racontant le parcours de ces deux démences liées qui n’en sont peut-être qu’une, Stevenson pensait-il engendrer un mythe ? <em>Dr Jekyll et le mystère Hyde</em> revient sur cette gestation de l’obscur, avec une justesse de vue délectable portée par une mise en scène d’exception, des acteurs véritablement habités.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



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		<title>Le Dernier Voyage du Demeter : récit naturaliste d’une traversée macabre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-dernier-voyage-demeter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Sep 2023 09:37:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un bateau perdu dans la tempête, qui s’échoue sur les côtes britanniques par une nuit d’apocalypse ; à son bord, des cadavres, du sang, des caisses pourries pleines de terre puante : que s’est-il passé à bord du Demeter ? Et les connaisseurs de sursauter. Le Demeter : l’un des navires les plus célèbres de la littérature. Celui qui porte dans ses entrailles un certain Dracula depuis ses Carpates natales jusqu’à la très moderne...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg" alt="" class="wp-image-36336" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Un bateau perdu dans la tempête, qui s’échoue sur les côtes britanniques par une nuit d’apocalypse ; à son bord, des cadavres, du sang, des caisses pourries pleines de terre puante : que s’est-il passé à bord du Demeter ? Et les connaisseurs de sursauter. Le Demeter : l’un des navires les plus célèbres de la littérature. Celui qui porte dans ses entrailles un certain Dracula depuis ses Carpates natales jusqu’à la très moderne Londres. L’équipage n’y survivra pas. Mais que s’est-il passé exactement durant cette traversée macabre ? C’est le but du film <em>Le Dernier Voyage du Demeter</em> de nous le raconter.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Dernier Voyage Du Demeter - Bande annonce VOST [Au cinéma le 23 août]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/C0Np0es1oEM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Adapter le journal de bord du Demeter</h2>



<p>Aux commandes de ce récit impitoyable, un certain André Øvredal à qui l’on doit le magistral<em> <a href="https://www.theartchemists.com/the-jane-doe-identity-dont-look-inside-the-girl/">The Jane Doe Identity</a></em>. Ce n’est rien d’affirmer que le Monsieur aime les huis clos où l’on s’entre-tue sous l’influence d’une force surnaturelle d’autant plus indomptable qu’on ignore tout d’elle et de ses pouvoirs dévastateurs. La prédation est un sujet de choix et le voyage funeste des marins du Demeter constitue une occasion rêvée d’en ausculter les méandres. Ce que fait Øvredal en adaptant le journal de bord du commandant du navire. Une écriture à la première personne, initialement informelle, purement factuelle, professionnelle et sans émotion, qui va progressivement basculer dans la terreur la plus absolue.</p>



<p>Ce sont ces chapitres spécifiques du roman culte de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=bram+stocker">Bram Stocker</a> qui sont ici adaptés. Enjeux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Réussir à créer un scénario suffisamment prenant et plausible pour tenir tout un long métrage sans ennuyer le spectateur ni trahir l’intensité du propos (habituellement, les adaptations filmiques zappent cet épisode, le résument en quelques plans) ;</li>



<li>Être au diapason des évocations filmiques antérieures, parfois extrêmement spectaculaires (la silhouette blafarde du <em>Nosferatu</em> de Murnau s’avançant sur le pont, le corps décharné et gris du commandant arrimé à la roue, le cou transpercé de morsures – Jacques Dufilho dans la version d’Herzog).</li>



<li>Donner de l’épaisseur à des personnages initialement réduits au stade de nourriture pour mort-vivant et dont le but narratif est initialement de véhiculer le Mal incarné tout en amplifiant la sensation d’horreur du lecteur.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un schéma émotionnel explosif</h2>



<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_%C3%98vredal" target="_blank" rel="noreferrer noopener">André Øvredal</a> va aborder la question en s’inspirant… d’<em>Alien</em>. Pour lui, la similarité est évidente : si le Demeter évolue sur les flots et le Nostromo dans l’espace, leurs équipages sont frères dans le malheur et l’abomination. Totalement seuls, isolés de leurs semblables, en totale insécurité face à un monstre qui les frappe aveuglément, les uns après les autres. Un monstre dont ils comprennent petit à petit l’extrême dangerosité pour le reste de l’humanité : de victimes, ils s’improvisent sauveurs, dans l’urgence et avec très peu de moyens, une stratégie pour éradiquer la menace avant qu’elle ne s’en prenne au restant de l’humanité.</p>



<p>Ainsi le Demeter devient un micro-terrain de chasse pour le vampire qu’il véhicule à son corps défendant, une prison piège pour des marins qui tentent à la fois de survivre et d’abattre ce prédateur. Un schéma émotionnel explosif dont Øvredal explore les recoins avec beaucoup de pudeur, sans jamais céder aux sirènes du spectaculaire.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Exit donc le côté sexy de Dracula, en place du vampire dandy, un monstre, un vrai, traînant les ténèbres après lui, insaisissable, changeant, létal.</li>



<li>Pas de rivières de sang, d’effets ultra-gore, tout est dans la retenue, une montée soigneusement calculée vers l’effroi absolu, ponctuée de signes, de sous-entendus, que seuls les amateurs peuvent décrypter.</li>



<li>Une focale sur les sentiments, les émotions des personnages, profondément ébranlés dans leurs convictions, leur foi, leurs croyances, qu’il s’agisse de Dieu ou de la science.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche naturaliste</h2>



<p>Car c’est de cela qu’il s’agit finalement. Comment réagit-on face à ce monstre ? À la prise de conscience qu’il est dangereux, sans pitié ? Que la mort qu’il apporte sera épouvantable car elle n’est pas la mort ? De disparition en deuil, la résistance s’organise, désespérée. C’est ce désespoir qu’Øvredal explore, ainsi que la volonté frénétique de survie, la colère aussi. Pour l’y aider, une palette d’excellents acteurs dont Liam Cunningham, Corey Hawkins, Javier Botet tous échappés des séries à succès type <em><a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/">Game of thrones</a></em>, <em>The Fall</em>, mais qui se sont aussi frottés aux classiques du théâtre comme Shakespeare et cela se ressent dans leur interprétation.</p>



<p>Initiés aux techniques de navigation à l’ancienne, tous évoluent avec beaucoup de naturel et de spontanéité sur un bateau spécialement reconstitué pour l’occasion afin de tourner les scènes en extérieur sur un véritable plan d’eau à Malte. L’intérieur, cabine, salle à manger, cambuse, travées, a été créé en studio, comme s’il s’agissait d’une sorte de labyrinthe, un piège où les zones d’ombre, les cachettes sont légion. L’effet est saisissant, on sent le décor solide, épais, travaillé, et cela fait beaucoup dans cette approche presque naturaliste, y compris au niveau de la conception d’un vampire évoluant à la frontière entre l’animal et l’humain.</p>



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<p><strong>À lire également</strong></p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-vidocq-pitof/">Vidocq : récit haletant et distorsions visuelles</a></li>
</ul>
</div></div>
</div></div>



<p>Pour résumer, <em>Le Dernier Voyage du Demeter </em>n’est pas qu’un simple divertissement. Cette nouvelle lecture du roman culte de Bram Stocker se détourne du personnage éponyme pour se concentrer sur ses victimes, la manière dont elles appréhendent ce danger, comment elles le subissent, comment elles luttent pour tenter de s’en débarrasser. Ce sont eux les véritables héros de ce récit, des pauvres gens qui n’ont rien demandé à personne mais que le monstre frappe sans pitié, avec une cruauté absolue. Ce le ressenti de ces personnes sacrifiées qui importe dans le film, qui en fait toute l’épaisseur.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’ombre du vampire : Max Schreck était-il un nosferatu ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-ombre-vampire-nosferatu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 May 2023 14:46:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=7038</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Nosferatu de Murnau demeure LA référence en matière de film vampirique. Hypnotique et terrifiant, alors que pas un mot ne sort de la bouche de ses personnages. Un chef-d&#8217;œuvre qui va ancrer profondément les fondations du cinéma fantastique pour le reste des temps. Avec comme figure de proue un certain Max Schreck, acteur hallucinatoire dont l’ombre règne depuis, encore et toujours, sur l’interprétation de ses héritiers postulant au rôle...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel34-1.jpg" alt="" class="wp-image-36063" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel34-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel34-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel34-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><span style="color: #000000;">Le <em>Nosferatu</em> de Murnau demeure LA référence en matière de film vampirique. Hypnotique et terrifiant, alors que pas un mot ne sort de la bouche de ses personnages. Un chef-d&rsquo;œuvre qui va ancrer profondément les fondations du cinéma fantastique pour le reste des temps. Avec comme figure de proue un certain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Schreck" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Max Schreck</a>, acteur hallucinatoire dont l’ombre règne depuis, encore et toujours, sur l’interprétation de ses héritiers postulant au rôle de prince des ténèbres. Un comédien tellement convaincant qu’on s’est un temps demandé s’il n’était pas vraiment mort-vivant. Et le metteur en scène E. Elias Merhige de s’inspirer de cette légende tenace pour tourner <em>L’ombre du vampire</em>.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Shadow of The Vampire (2000) Official Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_B15iesNMa8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Le mystérieux Max Schreck</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Il y raconte comment <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Wilhelm_Murnau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Friedrich Wilhem Murnau</a>, réalisateur génialissime mais complètement fou, entraîne toute son équipe de tournage au cœur d&rsquo;une zone montagneuse visiblement tchécoslovaque, éloignée de toute bourgade, avec pour seul signe de civilisation un château en ruine qui doit servir de décor pour son adaptation du roman de Bram Stoker <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=dracula" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dracula</a></em>. Le voyage est relativement compliqué, nous sommes en 1921, les modes de transports sont plutôt rudimentaires dans ce territoire aussi escarpé que reculé. Et on se demande bien comment le mystérieux Max Schreck a pu rallier l&rsquo;endroit avant toute la troupe, pour soit disant y prendre ses quartiers en avance afin de se plonger dans l&rsquo;atmosphère du lieu et s&rsquo;imprégner de son personnage. Personnage si terrifiant que même ses camarades de tournage sont impressionnés par sa prestation, pour ne pas dire apeurés. Il faut dire que le monsieur est aussi convaincant que mystérieux, replié dans les souterrains du château dès la fin des prises, refusant de se mêler à l&rsquo;équipe. </span></p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



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<li><strong> <a href="https://www.theartchemists.com/vampires-thierry-jonquet-tu-nous-manques/">Vampires : Thierry Jonquet, tu nous manques …</a></strong></li>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-dracula-asylum/"><strong>Dracula-Asylum : un spectacle pour mort vraiment vivant !</strong></a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Un pacte avec le diable</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Équipe dont les membres se mettent soudain à disparaître les uns après les autres, toujours de nuit, tandis que les relations entre le réalisateur et son acteur principal se détériorent scène après scène. Un acteur dont tous commencent à questionner la nature. Et si Murnau, dans sa folie créatrice, avait pactisé avec le diable, vendant son âme, son actrice et ses techniciens à un monstre venu d&rsquo;outre-tombe pour signer le chef-d&rsquo;œuvre absolu ? Une hypothèse que E. Elias Merhige développe avec une certaine ironie. En effet, le scénariste Steven A. Katz concocte une série de portraits drolatiques qui émaillent cette aventure artistique complètement improbable : le producteur joué par Udo Kier (interprète lui-même d’un comte Dracula 70’s particulièrement porté sur la chose sous la direction du très sulfureux Paul Morissey) ou la très talentueuse, capricieuse et défoncée comédienne Greta Schroeder incarnée par une Catherine Mc Cormack droguée jusqu&rsquo;aux yeux.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux ogres</h2>



<p><span style="color: #000000;">Mais au final, cette fable oppose deux ogres, l&rsquo;un issu d&rsquo;un passé légendaire, l&rsquo;autre enraciné dans une modernité ô combien dangereuse. <em>L&rsquo;Ombre du vampire</em> évoque une Allemagne prête à glisser dans le cauchemar nazi. Et de tous ces monstres de l&rsquo;écran dirigés bille en tête par un Murnau que John Malkovich irradie de sa démesure, Max Schreck est le plus humain, sous les traits à la fois durs, défaillants et sensibles de Willem Dafoe. On savait le comédien excellent, il le prouve une nouvelle fois en composant un seigneur d’un autre âge, sachant sa disparition proche et désireux de laisser son empreinte, sa trace alors que les vestiges de son monde vont être impitoyablement détruits par la tourmente qui s’annonce. Prophétique, fataliste et incroyablement juste.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>


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		<title>Dracula-Asylum : un spectacle pour mort vraiment vivant !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-dracula-asylum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 May 2023 14:36:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36060</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sorry, je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler. Associer Dracula au spectacle vivant, c’est déjà une blague en soi. Mais quand, en prime, c’est le collectif La Machine qui se charge de raconter les aventures du prince des ténèbres, alors là, ça tourne carrément à la dinguerie pure. Car, s’il narre les visées maléfiques du vampire le plus célèbre de la pop culture, le spectacle Dracula-Asylum n’a rien d’une agonie,...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel29-1.jpg" alt="" class="wp-image-36061" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel29-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel29-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel29-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Sorry, je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler. Associer <a href="https://www.theartchemists.com/?s=dracula" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dracula</a> au spectacle vivant, c’est déjà une blague en soi. Mais quand, en prime, c’est le collectif La Machine qui se charge de raconter les aventures du prince des ténèbres, alors là, ça tourne carrément à la dinguerie pure. Car, s’il narre les visées maléfiques du vampire le plus célèbre de la pop culture, le spectacle <em>Dracula-Asylum</em> n’a rien d’une agonie, bien au contraire !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="TEASER ! &quot;Dracula - Asylum&quot;   d&#039;après Bram Stoker par le Collectif La Machine" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/A36uo9iI0Bo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un travail d’orfèvre dramaturgique</h2>



<p>Objectif donc de <em>Dracula-Asylum</em> : relater on stage les moments les plus intenses du roman culte de Bram Stocker. Soit synthétiser les quelque 700 pages du texte initial en 1h30 de version scénique sans en perdre une once de suspense ni trahir les spécificités d’un récit fantastique fondateur, dont les astuces narratives reposent sur l’écriture du « je ». Le « je » de Jonathan Harker, qui raconte son périple transylvanien via son journal de voyage ; le « je » de Mina, sa compagne et future épouse, qui relate ses pensées dans son journal intime. Sans compter les lettres, messages des différents héros de cette geste terrifiante… qui constituent la trame d’une histoire tellement incroyable qu’il faut le témoignage presque à chaud de ces protagonistes pétris de modernité londonienne pour rendre crédible l’existence d’un noble hongrois mort-vivant assoiffé de sang, de pouvoir et de destruction.</p>



<p>Déjà, le défi est de taille. Ajoutons-y un handicap supplémentaire. Produire un spectacle raisonnablement effrayant pour coller à l’atmosphère du roman de base, suffisamment chaotique pour en refléter la folie croissante (si Dracula veut investir l’Angleterre, c’est pour y semer l’apocalypse, pas des marguerites), assez dynamique et drôle pour capter l’attention d’un public de tout âge, avec juste ce qu’il faut de tension, d’ironie et de démence. Un travail d’orfèvre dramaturgique en somme, que Félicien Chauveau, papa de la compagnie, et ses petits camarades, accomplissent avec un talent incontestable doublé d’une jubilation quasi démoniaque. Et un sens prononcé du contexte, de la mise en scène, du jeu&#8230; et des nouvelles technologies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vampires 5.0 et résurrection du Grand Guignol</h2>



<p>Dans un éclairage verdâtre digne des pires films d’horreur, nous voyons donc Dracula himself sortir de son cercueil pour nous raconter sa propre histoire. Une version édulcorée&nbsp;? Que nenni. Manipulateur, toxique, dévorateur, ce Monsieur Loyal tout droit sorti des enfers joue les maîtres de cérémonie avec délectation, tirant les ficelles de ses victimes comme de son public. Sous ses yeux et les nôtres, Jonathan, Mina, Renfield, Van Helsing et son assistant vont progressivement s’engluer dans une toile d’araignée mentale tendue au fond de leurs cerveaux (Baudelaire, sors de ce corps !) et de cet institut où Helsing soigne/torture ses patients avec l’aide d’une intelligence artificielle baptisée Lucy. Écrans et algorithmes, ces vampires 5.0 qui nous bouffent la vie, sont bien présents, au cœur de cette non action, permettant au gré d’une connexion bancale, aux personnages de monologuer quand ils croient échanger.</p>



<p>Communication trompeuse, dont Dracula profite, s’immisçant dans les ambitions, les doutes, les peurs, les frustrations livrées avec candeur par chaque protagoniste, dont on capte l’anxiété grandissante en face cam. Effet garanti, monstrueux à l’œuvre (projet Blair Witch, sors de ce corps !). Frénétique, la mise en scène pose un cadre steampunk que les amateurs apprécieront (la référence aux <a href="https://www.theartchemists.com/serie-penny-dreadful/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Penny Dreadful</a> également). On soulignera l’ingéniosité du dispositif scénique, ainsi que le jeu particulièrement énergique des acteurs (big up à Sarah Vernette, possédée jusqu’à la moelle, du très grand art !). Le tout évoque les temps bénis du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=grand+guignol" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Grand Guignol</a>, ici ramené à la vie de manière magistrale, pour notre plus grand plaisir, et l’édification de spectateurs qui n’ont pas forcément lu le texte initial, mais ont de grandes chances d’en dévorer les chapitres après avoir vu <em>Dracula-Asylum</em>.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Vous pouvez regarder la pièce <em><a href="https://videos.opsistv.com/comedie/dracula-asylum" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dracula-Asylum</a></em> sur la plateforme Opsis TV.</p>



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		<title>Renfield : ou comment se séparer d’un patron vampire et toxique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-renfield/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 May 2023 10:02:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36056</guid>

					<description><![CDATA[<p>Renfield ? Peut-être le personnage le plus navrant de la littérature fantastique. Le factotum de Dracula, son chien fidèle. Son « assistant ». Un looser : En résumé, une pauvre larve qui sert les visées narratives de Bram Stocker afin de démontrer l’emprise de son héros d’outre-tombe aux autres personnages pétris de modernité anglo-saxonne. Au cinéma, ce n’est guère mieux : Renfield est généralement dépeint sur grand écran comme un crétin mal fagotté, complètement débile...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Renfield ? Peut-être le personnage le plus navrant de la littérature fantastique. Le factotum de Dracula, son chien fidèle. Son « assistant ». Un looser :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>rendu dingue par la main mise de ce maître vampire qui le manipule mentalement depuis son château transylvanien ;</li>



<li>claquemuré dans une cellule d’asile où il dévore les insectes qui ont le malheur de passer à portée de langue, finalement détruit par celui qui lui avait promis la vie éternelle.</li>
</ul>



<p>En résumé, une pauvre larve qui sert les visées narratives de Bram Stocker afin de démontrer l’emprise de son héros d’outre-tombe aux autres personnages pétris de modernité anglo-saxonne. Au cinéma, ce n’est guère mieux : Renfield est généralement dépeint sur grand écran comme un crétin mal fagotté, complètement débile et crade de surcroît. Jusqu’à ce que Chris McKay s’en mêle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Renfield - Bande annonce 2 VOST [Au cinéma le 31 mai]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/u36m9ml9m88?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Renfield super héros</h2>



<p>Le réalisateur s’empare du personnage et lui consacre un film complet, porté par un scénar signé Ryan Ridley sur une idée originale de Robert Kirkman. Pour resituer un peu, Kirkman a accouché de la BD <em>The Walking Dead</em>, ce qui vous donne une petite idée du level. L’objectif ? Aborder l’histoire de Dracula du point de vue de ceux qui le connaissent. Et qui mieux que Renfield pour en parler vu que le pauvre gars est connecté H24 avec le nosferatu le plus virulent de la pop culture ? Trop occupé par un planning surchargé, Kirkman a délégué l’écriture du scénario à Kirdman, qui accouche d’une comédie horrifique sanglante et outrancière, orchestrée par un McKay très inspiré par l’univers des comic books et des films fantastiques des années 30.</p>



<p>En une heure trente, nous découvrons donc comment Renfield vit sa relation à son tout-puissant patron… et comment il tente d’y échapper. Et c’est là tout l’intérêt d’un film par ailleurs conçu plus comme un gentil divertissement pour ados que comme une réflexion de fond sur la vie, la mort et autres méandres métaphysiques. Du coup, si vous vous attendez à une adaptation ultra-baroque à la Coppola, vous oubliez de suite. Ici, on donne dans le superhéros avec Renfield qui se transforme en mode Hulk à chaque fois qu’il gobe un cafard. Cette puissance déléguée par Dracula, l’ex-avocat s’en sert pour défendre la veuve et l’orphelin. Forcément, quand Dracula va s’en apercevoir, ça ne va pas forcément bien se passer.</p>



<p><strong>À lire également </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-ombre-vampire-nosferatu/">L’ombre du vampire : Max Schreck était-il un nosferatu ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-penny-dreadful/">Penny Dreadful : la savoureuse démesure du romantisme noir</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-strain-guillermo-del-toro/">The Strain : Guillermo del Toro aux commandes de l’Apocalypse vampirique</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Traiter Dracula pour ce qu’il est</h2>



<p>D’autant que Renfield est bien décidé à ne plus céder aux manœuvres d’un patron qui manie la carotte et le bâton pour retenir ce valet sans lequel il ne peut pas faire grand-chose, décati comme il est. C’est que les siècles ont passé, et Dracula n’est plus le fringant séducteur, bouffeur de pucelles et prince redouté qu’il était jadis. Difficile de s’adapter au monde moderne sans ce cordon ombilical nommé Renfield qui aimerait bien qu’on lui lâche la grappe. Mais Renfield ne sait pas dire « non ». Il va donc falloir apprendre. Direction les cercles de paroles et les réunions de manipulés anonymes où là aussi, il va falloir s’expliquer sans trop en dire. Et accepter d’être une victime, comprendre les ressorts de la manipulation, développer des parades pour se protéger et sortir enfin de cette emprise séculaire.</p>



<p>Sauf qu’avec Dracula, un mantra ne suffira pas. Renfield va devoir passer en mode action. Actions plus exactement, actions qui une trame bourrée de péripéties assez convenues. L’intérêt du film ?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Traiter Dracula pour ce qu’il est : une personnalité toxique qui jongle avec les failles émotionnelles de ses victimes, les vide de leur énergie, au propre et au figuré. Un adepte du gaslighting, vaniteux, méprisant, égoïste… Une sale nature, interprétée avec fougue par un Nicolas Cage au mieux de sa forme, qui par son jeu rend hommage à Bela Lugosi comme à Lon Chaney, tout en campant sa propre version du personnage, et franchement ça ne donne pas envie de le côtoyer. </li>



<li>Positionner Renfield en victime sous emprise, piégée dans ses contradictions ; le bon gars au finish, sympa, persuadé que tout est sa faute, que s’il en est là, c’est parce qu’il est faible, nul, sans envergure. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nicholas+hoult" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nicholas Hoult</a> est absolument parfait dans le genre, narrateur plein d’humour et de candeur, qui tente de retrouver un peu de vie sans ce parasite insupportable qui lui colle aux semelles.</li>
</ul>



<p>Saturé de couleurs, de lumières très travaillées, conçu un peu comme une vignette de manga traversée de speelines, <em>Renfield</em> est plein de détails à scruter, d’allusions, de références. À défaut d’être un chef-d&rsquo;œuvre, c’est indéniablement un bon divertissement, une lecture originale, un peu barrée, qui devrait plaire à tous.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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