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	<title>- The ARTchemists</title>
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		<title>M. L&#8217;enfant du siècle: le fascisme, c’est la violence</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/m-enfant-siecle-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 08:48:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Brecht nous avait prévenus en 1941 dans l’épilogue de La Résistible ascension d’Arturo Ui : « Le ventre est encore fécond d&#8217;où a surgi la bête immonde ». Visionnaire, le gars. 80 ans plus tard, le fascisme se porte pas mal, merci, même si on n’ose pas prononcer son nom, préférant vomir sur les antifas. Décidément nous avons la mémoire courte ; heureusement qu’il y a M. L&#8217;enfant du siècle (M. Il...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/04/The-ARTchemists-M-lenfant-du-siecle.jpg" alt="affiche de la série M. L'enfant du siècle" class="wp-image-38592"/></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Brecht nous avait prévenus en 1941 dans l’épilogue de <em>La Résistible ascension d’Arturo Ui </em>: « <em>Le ventre est encore fécond d&rsquo;où a surgi la bête immonde </em>». Visionnaire, le gars. 80 ans plus tard, le fascisme se porte pas mal, merci, même si on n’ose pas prononcer son nom, préférant vomir sur les antifas. Décidément nous avons la mémoire courte ; heureusement qu’il y a <em>M. L&rsquo;enfant du siècle</em> (<em>M. Il filgio del secolo</em> dans la langue de Dante) pour nous rafraîchir les méninges à coup de pied dans le cerveau. Et nous rappeler qu’à l’origine de cette horrifique aventure politique, il y eut un certain Mussolini. Et que son ascension vers la dictature trouve un écho troublant avec notre époque.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="MUSSOLINI: SON OF THE CENTURY | Official Trailer | Now Streaming on MUBI" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/F_iRg076H6g?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Fort en gueule mais vraie girouette</h2>



<p>A la source de ce récit aussi prenant qu’effrayant, la saga littéraire d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Scurati">Antonio Scurati</a> dont on adapte ici le premier tome, à savoir la conquête du pouvoir par un ex prof et militant socialo passé avec armes et bagages dans la sphère nationaliste au terme d’un sanglant séjour dans les tranchées de la Grande Guerre.</p>



<p>1919-1925 : il faudra 6 ans à ce type fort en gueule mais vraie girouette pour installer ses Chemises noires au Parlement et au gouvernement. Ces 6 années de conquête, le réalisateur <a href="https://www.imdb.com/fr/name/nm0942504/">Joe Wright</a> les narre sur fond sépia, dans une mise en scène folle qui mêle expressionnisme allemand, personnages à la Pirandello, commedia dell’arte et dramaturgie brechtienne (tiens donc???).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des voyous sans foi ni loi</h2>



<p>Animal politique à sang très chaud, Mussolini nous parle dès la première séquence pour raconter sa progression de l’intérieur. Institués confidents malgré nous, nous l’observons conquérir le pouvoir avec autant d’horreur que de fascination. L’Italie, il va la soumettre comme d’autres violent une femme. A sa pogne, les Chemises noires, donc.</p>



<p>En grande majorité des soldats réchappés de la Boucherie 14-18, laissés pour compte par la monarchie, complètement bousillés et convertis à la barbarie par quatre années passées à étriper d’autres barbares entre barbelés et bombardements. Des voyous sans foi ni loi qui équarrissent sans pitié socialos, communistes, prêtres, bref tout ce qui ne va pas dans leur sens (et du sens, ils n’en ont pas beaucoup). Et Mussolini de tenter de gérer leurs conneries comme il peut. Mais peut-on raisonner des chiens enragés&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre rire et démence</h2>



<p>Entre son épouse légitime, ses gamins, sa richissime maîtresse, son ancienne compagne qu’il a abandonnée enceinte, une petite secrétaire qu’il force et engrosse, son journal à diriger, les subsides qui manquent, ses compagnons qu’il soupçonne de le trahir alors que c’est lui qui les manipule et les trompe sans vergogne, M. a fort à faire … et n’hésite pas à retourner sa veste en un quart de seconde quand il s’agit de sauver sa peau et rester dans le peloton de tête.</p>



<p>Risible, méprisable, clownesque&nbsp;: on en rirait si le réalisateur ne nous ramenait les pieds sur tête en évoquant les exactions des fascistes vêtus de noir. Séquences à la limite du soutenable, de la démence, mais qui disent clairement les choses&nbsp;: ces dingues sont adeptes de la violence, de la destruction totale. En témoigne le passage relatant la mort de Matteoti, député qui osa se dresser contre eux et le paya de sa vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Make Italia Great Again&nbsp;»</h2>



<p>Et d’autres encore, pas un instant de répit dans cette saga qui prend à la gorge, nous inflige une cadence infernale et nous laisse sans voix. Il faut dire que les occasions de stopper le monstre ne manquèrent pas, largement avortées par une haute bourgeoisie affolée à l’idée de voir ses privilèges confisqués par la déferlante communiste. Plutôt donc la peste brune que la peste rouge. On a vu le résultat. Erreur tactique tragique, manque absolu de psychologie&nbsp;: la série rappelle magistralement que les Mussolini de ce monde ne se musellent pas.</p>



<p>Une fois en place, ils sortent les crocs pour mettre tout le monde au pas, riches et aristocrates y compris, qui y trouvent finalement leur compte tant qu’ils peuvent continuer à s’enrichir. Le parallèle avec notre actualité est indéniable. Le passage où Mussolini, enivré de ses succès éructe&nbsp;: «&nbsp;Make Italia Great Again&nbsp;» ne laissera personne indifférent. Il faut dire que l’acteur Luca Marinelli s’empare du rôle avec une maestria qui laisse pantois (le travail de transformation est impressionnant).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une série monumentale</h2>



<p>Et plante son personnage en mode mi rock star mi mafieux, avec le verbe haut et don particulier pour asséner ses éléments de langage à une foule hystérisée qui en redemande. Séducteur, grossier, brutal, machiavélique, il s’impose en mâle alpha à une meute hypnotisée, galvanisée qui le suit aveuglément dans l’abîme au rythme trépidant de la B.O. composée par Tom Rowland des Chemical Brothers.</p>



<p>Musique, costumes, coiffures, maquillages, décors, photographie, cadrages et plans, tout concourt à la réussite de <em>M. L&rsquo;enfant du siècle</em>, série monumentale s&rsquo;il en est et dont les huit épisodes appellent à grand cri une suite à la hauteur. En attendant, ne faites pas l’économie de cette première saison pour deux raisons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>cela fait très longtemps qu’on n’a pas produit pareille pépite et ce serait dommage de s’en priver.</li>



<li>Ce serait surtout criminel dans la mesure où ces 8 heures proposent un cours en accéléré des pires moments de l’histoire italienne en particulier et de la montée des totalitarisme en général. Après avoir visionné ça, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.</li>
</ul>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Sarah Phelps : quand Agatha Christie bascule dans l’angoisse contemporaine</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/sarah-phelps-agatha-christie-whodunit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:54:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant des décennies, Agatha Christie a été associée à une image rassurante : salons feutrés, crimes propres, énigmes élégantes, résolution finale réconfortante. On résout un crime, certes, mais un crime civilisé. Puis est arrivée Sarah Phelps. Avec ses adaptations pour la BBC, la scénariste et dramaturge britannique a opéré un glissement radical : avec elle, le whodunit cesse d’être confortable. L’énigme demeure, mais le plaisir du jeu s’efface au profit...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/04/The-ARTchemists-sarah-phelps.jpg" alt="le whodunit selon sarah phelps" class="wp-image-38576"/></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Pendant des décennies, Agatha Christie a été associée à une image rassurante : salons feutrés, crimes propres, énigmes élégantes, résolution finale réconfortante. On résout un crime, certes, mais un crime civilisé. Puis est arrivée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Phelps">Sarah Phelps</a>. Avec ses adaptations pour la BBC, la scénariste et dramaturge britannique a opéré un glissement radical : avec elle, le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=whodunit">whodunit</a> cesse d’être confortable. L’énigme demeure, mais le plaisir du jeu s’efface au profit d’une atmosphère lourde, anxiogène, parfois franchement suffocante. Avec Phelps, Christie s’avère un révélateur de violences sociales, de traumatismes intimes et de communautés profondément dysfonctionnelles.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Acorn TV Exclusive | Agatha Christie&#039;s And Then There Where None | Official Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/zEZ7GGleuE4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Sarah Phelps, scénariste de la noirceur ordinaire</h2>



<p>Sarah Phelps a signé plusieurs adaptations majeures d’Agatha Christie pour la BBC : <em>And Then There Were None</em> (2015), <em>The Witness for the Prosecution</em> (2016), <em>Ordeal by Innocence</em> (2018), <em><a href="https://www.theartchemists.com/the-abc-murders-poirot-sans-filtre/">The ABC Murders</a></em> (2018), <em>The Pale Horse</em> (2020).</p>



<p>Malgré la diversité des intrigues, ces œuvres forment un ensemble cohérent. Même tonalité, même refus du confort narratif, même obsession pour les blessures enfouies sous la respectabilité sociale&nbsp;: Sarah Phelps n’est pas une simple exécutante chargée de moderniser Christie. Avant même ses adaptations, son travail télévisuel (<em>A very british scandal, Dickensian, Sirens</em> &#8230;)s’est toujours intéressé aux angles morts de la société britannique, violences domestiques, classes sociales rigides, femmes enfermées dans des rôles imposés, culpabilité collective.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Acorn TV Original | The Witness for the Prosecution trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/2YbTPDWQLhM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Révéler la violence à l’oeuvre</h2>



<p>En adaptant les œuvres de Christie, Phelps ne cherche pas à embellir le passé mais à l’exhumer. Oubliez le côté old school de la série Hercule Poirot avec David Suchet. Phelps part du principe que les romans contiennent déjà une violence sourde, mais celle-ci a longtemps été neutralisée par les codes du divertissement policier. Il s’agit de la mettre en lumière. Pour ce faire, il faut donc montrer les choses telles qu’elles sont.</p>



<p>L’une des grandes forces de Sarah Phelps est son rapport à l’époque. Là où de nombreuses adaptations transforment les années 1930 ou 1950 en décors de carte postale, Phelps en fait un environnement oppressant. Les guerres ont laissé des traces&nbsp;; les hiérarchies sociales sont écrasantes&nbsp;; la violence masculine est omniprésente, souvent banalisée&nbsp;; les femmes sont piégées dans des systèmes qui les broient lentement.</p>



<p>Chez Phelps, l’époque n’est jamais décorative. Elle agit comme une force coercitive, un carcan social qui rend le crime presque inévitable. Le whodunit classique invite le lecteur ou le spectateur à s’amuser&nbsp;? La scénariste gomme ce plaisir. L’énigme existe toujours, mais elle n’est plus centrale. Le suspense ne repose pas uniquement sur la question “qui a tué ?”, mais sur une autre, plus dérangeante : en quoi cette communauté est-elle malade ? Où se niche le foyer d’infection&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Ordeal by Innocence | Official Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/39vocCC8P9c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mise en scène de </strong><strong>la toxicité</strong></h2>



<p>Dans cette lecture, la résolution de l’énigme n’apporte aucun soulagement. Elle confirme une intuition déjà présente : le crime est l’aboutissement logique d’un climat moralement irrespirable. Climat irrespirable notamment au sein de la cellule familiale. Un motif traverse donc toutes ces adaptations ou presque : le clan est un espace de violence, de toxicité. Familles biologiques, familles recomposées, communautés fermées, toutes fonctionnent comme des microcosmes où s’exercent domination, humiliation, jalousie et silence complice. Le crime ne surgit jamais de nulle part&nbsp;; il est précédé par des années de mépris, de non-dits, de brutalité feutrée (<em>Ordeal by innocence </em>en est une preuve frappante).</p>



<p>Ce que Phelps met en scène, ce n’est donc pas un meurtre isolé, mais un système relationnel délétère. La modernité du propos tient aussi à la grammaire visuelle et sonore adoptée. Rythmes lents, silences pesants, cadrages serrés, espaces clos, corps contraints&nbsp;: la mise en scène amplifie la lourdeur de l’atmosphère. La musique est discrète, parfois absente, laissant place à une tension presque organique. Le whodunit devient ici proche du drame psychologique, parfois même du gothique social. Le spectateur ne cherche plus activement la solution : il est plongé dans une expérience de malaise prolongé.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Cheval Pâle - Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/CT6QCvdjzm0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Attention&nbsp;: Phelps ne corrige pas Agatha Christie, elle en révèle les zones d’ombre, longtemps atténuées par des adaptations trop policées. Aucune réassurance finale n’est évoquée. La vérité est révélée, certes, mais elle ne restaure pas l’ordre. Elle laisse un goût amer, une impression de gâchis humain. Le crime est résolu mais le malaise demeure. C’est là, sans doute, que réside la singularité de ce travail : avoir transformé le whodunit en outil d’exploration de l’anxiété collective.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Whodunit : d’Agatha Christie à Benoit Blanc, un genre en mutation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/whodunit-agatha-christie-benoit-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vendredi 12 décembre 2025, 9 heures du matin&#160;: Netflix diffuse le troisième opus de la franchise Benoit Blanc, vite accompagnée de la rediffusion des deux premiers films. En cette occasion largement relayée par les médias à grand coup d’articles et de vidéos, une évidence s’impose : le whodunit se porte à merveille, au milieu de la marée toujours montante de thrillers poisseux, true crime anxiogènes et autres polars hyperréalistes qui...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/04/The-ARTchemists-mutations-du-whodunit.jpg" alt="mutation du whodunit" class="wp-image-38572"/></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Vendredi 12 décembre 2025, 9 heures du matin&nbsp;: Netflix diffuse le troisième opus de la <a href="https://www.theartchemists.com/films-a-couteaux-tires-glass-onion/">franchise Benoit Blanc</a>, vite accompagnée de la rediffusion des deux premiers films. En cette occasion largement relayée par les médias à grand coup d’articles et de vidéos, une évidence s’impose : le <em>whodunit</em> se porte à merveille, au milieu de la marée toujours montante de thrillers poisseux, true crime anxiogènes et autres polars hyperréalistes qui envahissent nos écrans. Qu’est-ce qui légitime cette bonne santé&nbsp;? Explications.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A la fin, tout fera sens</h2>



<p>Constant, irrésistible, prospère même, cette valeur refuge du récit criminel constitue une machine narrative increvable qui traverse les époques, les supports et les mutations sociales avec une insolente stabilité. Roman, cinéma, série, jeu vidéo, jeu de société : peu importe le terrain, le <em>whodunit</em> séduit, charme, fascine.</p>



<p>Et sans une ride, s’il vous plaît. Le <em>whodunit</em> est un mutant qui sait y faire pour garder la forme. S’il continue de plaire aujourd’hui, ce n’est pas par nostalgie ou par folklore british, mais parce qu’il répond à quelque chose de beaucoup plus viscéral : un besoin d’ordre,de logique, de causalité. Dans un monde qui ressemble de plus en plus à un fil d’actualité chaotique, le <em>whodunit</em> promet une chose presque révolutionnaire : à la fin, tout fera sens.</p>



<p>Et au début&nbsp;? Quid des racines du genre&nbsp;? Le terme sonne presque comme une blague, un mot mâché trop vite, une onomatopée lancée entre deux pintes de bière dans un pub londonien. Whodunit&nbsp;: contraction familière de la question “Who’s done it?” — littéralement : <em>« Qui l’a fait ? »</em>. Sous-entendu : <em>qui a commis le crime ? </em>À l’origine, c’est du langage parlé, de l’argot journalistique, une expression un peu goguenarde pour désigner ces histoires où toute l’intrigue repose sur l’identité du coupable. On est plus proche du clin d’œil que du traité de narratologie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/0hc8yz5-d5Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un duel entre l’auteur et le lecteur</h2>



<p>Les premières traces écrites apparaissent au début du XXᵉ siècle, dans la presse anglo-saxonne. Le mot sert d’étiquette pratique, presque moqueuse, pour classer ces romans policiers « à énigme » qui envahissent les librairies : des intrigues réglées comme des horloges, pleines d’alibis, de fausses pistes et de suspects trop polis pour être honnêtes. Autrement dit : le polar comme jeu de société.</p>



<p>Ce qui est fascinant, c’est que le terme décrit déjà toute la mécanique narrative. Un <em>whodunit</em>, ce n’est pas simplement une histoire de crime. C’est une question transformée en moteur dramatique&nbsp;: en découvrant ce qui s’est passé, on détermine qui a tué. Le récit est structuré comme une équation :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un crime (un meurtre, bien propre sur lui, le but n’est pas de patauger dans des litres de sang, des kilos de tripes),</li>



<li>un cercle fermé de suspects (qui se connaissent, des amis, une famille),</li>



<li>un lieu isolé de préférence (manoir au fin fond du Maine, bateau, train type Orient-Express, île … ) si possible dans un pays étranger et exotique (Égypte, Venise, Grèce … ) mais la campagne anglaise convient aussi parfaitement.</li>



<li>des indices disséminés avec une précision d’horloger,</li>



<li>des fausses pistes à foison</li>



<li>un enquêteur central, un brin charismatique</li>



<li>une révélation finale, souvent collective, toujours magistrale.</li>
</ul>



<p>Années 30, 40, 50, 60 … aujourd’hui. L’époque importe peu&nbsp;; toujours on retrouve les ingrédients cités à partir desquels l’auteur concocte une intrigue dont la lecture tient du sport cérébral. A la clé un véritable duel avec le lecteur dont l’intelligence est mise en valeur. On peut se tromper, soupçonner le mauvais coupable, le plaisir vient autant de l’échec que de la réussite. Le <em>whodunit</em> est un jeu sérieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Agatha Christie, la matrice et le contrat de confiance</h2>



<p>A ce jeu justement, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Agatha_Christie">Agatha Christie</a> s’impose comme une fine lame. Impossible d’aborder le <em>whodunit</em> sans revenir à cette figure tutélaire, à la fois architecte et matrice du genre. Avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot">Hercule Poirot</a> et Miss Marple, elle codifie une grammaire qui s’imposera comme standard mondial, copié, décliné, remixé jusqu’à l’overdose.</p>



<p>Chez Christie, le crime est construction, stratégie, calcul. Elle établit le principe évoqué&nbsp;plus haut, diabolique d’efficacité : un mort, un cercle restreint de suspects, un espace clos — train, manoir, île, village trop tranquille pour être honnête. Le défi est lancé au lecteur : «&nbsp;tout est là, sous vos yeux. À vous de jouer. Saurez-vous démasquer le coupable… et comprendre comment il s’y est pris pour expédier Untel dans l’au-delà sans que personne ne voie rien ?&nbsp;»</p>



<p>Le crime constitue ici une énigme logique, presque un problème de maths. La violence reste hors champ, le sang est discret, l’horreur, contenue dans les marges. Rien à voir avec les bouchers du thriller moderne qui mettent en scène des tueurs en série cruels et retors adeptes de meurtres atroces. Dans les salons BCBG du <em>whodunit</em>, on meurt proprement, entre deux tasses de thé, empoisonnées comme il se doit. Ce qui compte, ce n’est pas le cadavre, c’est le casse-tête.</p>



<p>Le lecteur n’est pas là pour frissonner — il est là pour réfléchir. Observer. Douter. Soupçonner tout le monde, y compris la vieille dame charmante ou le colonel impeccable. Bref : jouer. Le <em>whodunit</em>, version Christie, repose sur un pacte presque chevaleresque, un contrat de confiance entre l’auteur et son public. La solution est là, depuis le début, encore faut-il savoir regarder. C’est limpide, et redoutablement addictif.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<h3 class="wp-block-heading"><strong>Sherlock Holmes&nbsp;: whodunit or not whodunit&nbsp;?</strong></h3>



<p>Si <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Conan_Doyle">Arthur Conan Doyle</a> est bien l’un des pères fondateurs du roman policier moderne, les aventures de son Sherlock Holmes ne relèvent pas vraiment du <em>whodunit</em> au sens strict. La différence tient en une nuance capitale : chez Holmes, la question n’est pas <em>« Qui a fait le coup ? »</em>… mais plutôt <em>« Comment diable a-t-il fait ça ? »</em></p>



<p>Créé à la fin du XIXᵉ siècle, le détective fonctionne comme une machine à déductions quasi surnaturelles. Il observe une tache de boue, un pli sur une manche, une cendre de cigare — et reconstitue un destin entier. Le lecteur, lui, reste sur le quai à regarder passer le train. Pas de jeu équitable ou de puzzle partagé. Holmes est là pour impressionner un public qui ne peut rivaliser avec lui.</p>



<p>Le <em>whodunit</em> classique — celui que codifiera plus tard Agatha Christie — repose au contraire sur un pacte limpide : tous les indices sont visibles, tous les suspects à portée de main, et le lecteur peut, en théorie, battre l’auteur. C&rsquo;est une partie d’échecs entre auteur et lecteur. C’est précisément cette dimension ludique, presque démocratique, qui fera du genre un phénomène populaire massif.</p>
</div></div>
</div></div>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Les Sept Cadrans d&#039;Agatha Christie | Bande-annonce officielle VF | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/yTwO6WRPGT0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Du roman à l’écran : élégance et respect des codes sociaux</h2>



<p>Pareil potentiel ne laissera pas le 7eme art indifférent. Très tôt, le cinéma saisit le potentiel photogénique du genre. Le <em>whodunit</em>, avec son unité de lieu, son nombre limité de suspects et sa révélation finale quasi théâtrale, ressemble déjà à un décor de plateau prêt à tourner. Il suffit de fermer les portes, d’aligner les personnages, de laisser la tension monter. Le passage à l’écran se fait presque naturellement.</p>



<p>Les <a href="https://www.theartchemists.com/festival-ecrans-britanniques-merci-pour-le-focus-sur-les-mysteres-dagatha-christie/">adaptations d’Agatha Christie</a>, dans les années 1970, vont fixer durablement cette grammaire visuelle. Avec <em>Le Crime de l’Orient-Express</em> de Sidney Lumet, puis <em>Mort sur le Nil</em>, le genre s’habille de velours, de boiseries vernies et de lumières dorées. Les trains sont luxueux, les bateaux élégants, les salons tapissés de tentures épaisses. On ne meurt pas dans la crasse d’une ruelle, mais entre deux coupes de champagne. Le crime devient presque mondain, un scandale de bonne société plus qu’une irruption de sauvagerie.</p>



<p>Cette esthétique policée transforme profondément la perception de la violence. Le sang reste discret, souvent hors champ. Quant au crime en lui-même, il agit comme un révélateur social. Il met au jour les jalousies d’héritage, les adultères, les mensonges de classe, toutes ces tensions polies que la bienséance maintenait sous cloche. Mais — et c’est là toute l’ambiguïté du modèle classique — il ne remet jamais réellement l’ordre du monde en cause. Une fois le coupable démasqué, la parenthèse se referme. Le groupe est purgé de son élément déviant, la vérité triomphe, et l’équilibre revient comme si rien d’irréparable ne s’était produit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand le <em>whodunit</em> se fissure : modernité et trouble moral</h2>



<p>Le <em>whodunit</em> cinématographique fonctionne ainsi comme un théâtre social rassurant qui observe, dissèque, expose les failles tout en promettant que le système tiendra bon. À mesure que le XXᵉ siècle avance, le genre commence cependant à se fissurer. Les certitudes morales s’érodent, les figures d’autorité vacillent, la violence devient plus visible. Le genre absorbe ces mutations. Les crimes deviennent plus sordides, les enquêteurs moins infaillibles, les coupables plus ambigus. La résolution n’efface plus totalement le malaise.</p>



<p>Des œuvres comme <em>Gosford Park</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/le-nom-de-la-rose-umberto-eco-version-agatha-christie/">Le Nom de la rose</a></em> montrent un <em>whodunit</em> qui ne se contente plus de résoudre une énigme, mais interroge le système social qui l’a rendue possible. Le crime n’est plus une anomalie mais un symptôme. Le genre commence à se regarder lui-même, à douter de ses propres règles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le whodunit à l’ère du méta</h2>



<p>Avec la franchise <em>Knives Out</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rian_Johnson">Rian Johnson</a> signe un retour assumé au <em>whodunit</em>, tout en le propulsant pleinement dans le XXIᵉ siècle. Benoit Blanc est un héritier direct d’Hercule Poirot : même goût pour la parole, même posture légèrement décalée, même intelligence analytique. Mais là où Christie disséquait la bonne société britannique, Benoit Blanc évolue dans un monde contemporain saturé de faux-semblants : milliardaires de la tech, influenceurs, héritiers toxiques, élites déconnectées. Le <em>whodunit</em> s’affirme de plus en plus comme une satire sociale. L’énigme n’est plus seulement “qui a tué ?”, mais “qui ment ?”, “qui manipule ?”, “qui tire réellement les ficelles ?”.</p>



<p>Rian Johnson joue avec les codes, les détourne, les expose. Le spectateur croit reconnaître la mécanique, mais elle se déplace sans cesse. Le <em>whodunit</em> devient réflexif, presque philosophique : il interroge notre rapport à la vérité dans un monde saturé de récits concurrents. Les séries s’emparent aussi du phénomène, ouvrant un peu plus ce terrain de jeu. La sérialisation permet en effet d’étirer l’enquête, d’approfondir les personnages, de multiplier les points de vue. La résolution n’est plus forcément un moment unique, mais un processus.</p>



<p>Des séries comme <em>Broadchurch</em> ou <em>Only Murders in the Building</em> montrent deux visages du genre l’un sombre, émotionnellement lourd, ancré dans le réel, l’autre ludique, conscient de ses codes, presque joyeusement méta. Dans les deux cas, le <em>whodunit</em> prouve qu’il peut s’adapter à des formats longs sans perdre son ADN. Le plaisir de l’énigme demeure, mais il s’enrichit d’une épaisseur psychologique nouvelle.</p>



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<iframe loading="lazy" title="Only Murders in the Building - Bande-annonce officielle (VOST) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Zbr1CUSwpE0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi le whodunit nous rassure… et nous inquiète</h2>



<p>Du salon feutré d’Agatha Christie aux villas ultra-connectées de Benoit Blanc, le <em>whodunit</em> n’a jamais cessé d’évoluer. Il a changé de décor, de ton, de support, mais il conserve son cœur battant : le plaisir de l’enquête, la jouissance de la déduction, la fascination pour le mensonge et la vérité. S’il traverse les décennies avec autant de constance, c’est qu’il répond à une attente profonde. Il promet qu’un monde désordonné peut être compris. Que la vérité existe. Qu’un raisonnement rigoureux peut faire émerger du sens.</p>



<p>Mais les déclinaisons contemporaines introduisent une nuance essentielle : la vérité n’est plus toujours réparatrice. Identifier le coupable ne suffit plus à restaurer l’ordre. Le <em>whodunit</em> moderne raconte aussi notre désenchantement. Il met en scène notre besoin de comprendre, tout en révélant les limites de cette quête.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Poirot vs Lecter : duel critique entre deux visages du génie criminel ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/poirot-lecter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 17:17:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un euphémisme de dire que la ARTchemists&#8217;team bingewatche. Pour être honnête avec vous, nous passons une partie conséquente de notre temps libre à regarder films et séries. Parfois en alternant. Ce qui occasionne parfois des croisements aussi audacieux que révélateurs. Exemple ? Dernièrement, j’ai regardé en parallèle les séries Hercule Poirot avec David Suchet et Hannibal avec Mads Mikkelsen. A priori rien de commun : les univers d’Agatha Christie et de...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/04/The-ARTchemists-Poirot-vs-Lecter.jpg" alt="Hercule Poirot vs Hannibal Lecter" class="wp-image-38568"/></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>C’est un euphémisme de dire que la ARTchemists&rsquo;team bingewatche. Pour être honnête avec vous, nous passons une partie conséquente de notre temps libre à regarder films et séries. Parfois en alternant. Ce qui occasionne parfois des croisements aussi audacieux que révélateurs. Exemple ? Dernièrement, j’ai regardé en parallèle les séries <em>Hercule Poirot</em> avec David Suchet et <em>Hannibal</em> avec Mads Mikkelsen. A priori rien de commun : les univers d’Agatha Christie et de Thom Harris sont aux antipodes. Deux ambiances. Deux époques. Deux registres. Deux narrations. Surtout deux héros en totale opposition. En apparence. Parce qu’au fil des épisodes, je commence à me demander si ces deux personnages n’ont finalement pas certains points en commun. Explications.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Agatha Christie&#039;s Poirot HD trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_4ypEmJlfn8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Hercule Poirot : un génie en marge de la société anglaise</h2>



<p>On ne présente plus <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot">Hercule Poirot</a>, le célébrissime détective belge inventé par Agatha Christie, et qui revient en boucle dans sa bibliographie (38 romans, 51 nouvelles, 2 pièces de théâtre). Diffusée à partir de 1989, la série <em>Hercule Poirot</em> avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Suchet">David Suchet</a> est souvent perçue comme l’incarnation la plus “classique” de cet univers littéraire (même si j’avoue un faible pour l’interprétation de Peter Ustinov). Décors élégants, intrigues soigneusement construites, respect scrupuleux des textes, tout y est, y compris la prestation cinq étoiles d’un acteur phare qui colle parfaitement au rôle.</p>



<p>Pourquoi&nbsp;? Parce que Suchet fait ressorti ces facettes qui font de Poirot un héros à part.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Poirot est étranger. Belge, maniéré, obsessionnel, il détonne dans la société britannique qu’il traverse. On le traite régulièrement avec condescendance, on se moque de ses manies, on le tolère plus qu’on ne l’accueille, souvent même on l’insulte, il subit le racisme ambiant dans les années 20/30. En résumé, Poirot est un ovni social, accepté uniquement parce qu’il est utile.</li>



<li>Son dandysme n’est pas un simple trait comique. C’est une affirmation identitaire, une preuve de sa droiture morale, de sa conception du monde et de la société. Costume impeccable, moustache sculptée, amour du beau, de l’ordre, de la culture, <a href="https://delphineneimon.com/hercule-poirot-gardien-phare/">Poirot</a> se construit comme un îlot de civilisation dans un monde qui, sous ses airs policés, dissimule jalousies, violences et pulsions meurtrières.</li>



<li>Son génie est mental. Il observe, écoute, assemble. Il dissèque le crime comme le ferait un scientifique ou un philosophe. Plus que tout, il croit fermement à une chose essentielle : la vérité peut être, doit être dite,<strong> </strong>même si elle dérange, même si elle détruit des réputations.</li>



<li>Il aime la bonne cuisine, c’est un gastronome doté d’un nez, d’un palais d’une grande finesse. A l’occasion, il n’hésite pas à se mettre aux fourneaux, excelle à cuisiner des plats rares pour son ami Hastings.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Hannibal S01 Promo #2 VOSTFR (HD)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/AB8mBIJ3SUE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Hannibal : le prédateur civilisé</h2>



<p><em>Hannibal</em>, créée par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bryan_Fuller">Bryan Fuller</a> et diffusée à partir de 2013, appartient à un tout autre univers. Cette série ultra-baroque, extrêmement stylisée, d’une rare violence, met en scène le tristement célèbre Hannibal Lecter, psychiatre brillant, esthète absolu et tueur cannibale créé initialement par Thomas Harris et qu’on voit à l’œuvre dans les romans <em>Dragon rouge</em> et <em>Le silence des agneaux</em>. Incarné au cinéma par Anthony Hopkins, il l’est à la télévision par Mads Mikkelsen.</p>



<p>Dans un cas comme dans l’autre, il semble clair que Lecter est tout ce que Poirot n’est pas censé être. Et pourtant, en grattant un peu, des points de convergence apparaissent</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Hannibal est lui aussi un homme de culture, doté d’un grand raffinement. Il aime l’art, la musique classique, les beaux objets, les costumes sur-mesure, son érudition est sidérante, sa connaissance de la psyché humaine aussi.</li>



<li>C’est, on le sait, un adepte de haute gastronomie. Chaque repas est pour lui une cérémonie. Chaque geste culinaire est ritualisé, chaque plat composé comme un tableau de maître. La violence, chez lui, n’est jamais brute : elle est mise en forme.</li>



<li>Lecter épaule le FBI dans ses enquêtes. Il observe les crimes, les comprend mieux que quiconque, non parce qu’il les combat, mais parce qu’il les pense. Il est consulté, sollicité, apprécié — mais jamais vraiment intégré. Trop brillant, trop dérangeant, trop inassimilable, il demeure en marge.</li>
</ul>



<p>Là où Poirot est marginal par son étrangeté sociale, Lecter l’est par excès de lucidité. Il voit trop bien le monde pour s’y soumettre.</p>



<p>Alors duel ou pas duel&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 1 : le dandysme comme langage</h2>



<p>Chez Poirot comme chez Lecter, le dandysme n’est pas décoratif. C’est un langage de pouvoir. Tous deux utilisent la politesse, la culture et le raffinement comme des armes. Ils imposent leur rythme, leur esthétique, leur supériorité intellectuelle.</p>



<p>Ils ne cherchent pas à se fondre dans le décor : ils s’en distinguent. La différence est morale, pas structurelle. Poirot utilise le dandysme pour affirmer une civilisation de l’esprit. Lecter l’utilise pour sacraliser sa propre loi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 2 : des génies à part</h2>



<p>Poirot et Lecter partagent un trait fondamental : ils sont <strong>seuls</strong>. Certes Hastings et Miss Lemon sont de fidèles compagnons de Poirot, de même Will Graham, Abigail Hobbes et Bedelia Du Maurier pour Lecter. Mais basiquement, intrinsèquement, ce sont des loups solitaires.</p>



<p>Leur intelligence les isole. Ils comprennent trop vite, trop bien. Ils voient les mécanismes humains avant les autres. Cette lucidité les place hors du commun, mais aussi hors du lien social ordinaire. La société les entoure, les observe, les respecte, parfois les craint. Mais elle ne les accepte jamais vraiment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 3 : des conseillers occultes du pouvoir</h2>



<p>Ni Poirot ni Lecter n’appartiennent réellement aux institutions qu’ils servent. Poirot aide la police, mais reste extérieur à Scotland Yard, défendant farouchement son statut de détective privé indépendant. Lecter conseille le FBI, mais depuis une position de contrôle, voire d’enfermement, et sans jamais négliger son cabinet et ses patients dont il encourage les pires facettes.</p>



<p>Tous deux ne sont jamais assimilés, s’y refusent. En se distançant, ils préservent leur indépendance, affirment leur différence, s’amusent de ce contrôle qu’ils exercent en continu sur des forces de l’ordre incapables de rivaliser avec leur intellect, ces petites cellules grises que Poirot cite régulièrement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 4 : morale contre esthétique</h2>



<p>C’est ici que le duel bascule.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Poirot croit à la morale, il en est le défenseur convaincu et inflexible. Même lorsqu’il comprend les motivations d’un crime (<em>Le Crime de l’Orient Express</em> notamment), il s’attache à une forme de justice, à une vérité révélée devant tous. N’oublions pas que le whodunit dont il est une pure émanation vise, in fine, une restauration de l’ordre.</li>



<li>Hannibal Lecter, lui, se situe au-delà de la morale commune qu’il méprise. Il juge, sélectionne, punit selon ses propres critères esthétiques, choisissant soigneusement ses victimes dans un carnet d’adresse alimenté par les coordonnées de celles et ceux qu’il juge indignes de vivre. La justice devient personnelle, presque artistique. Le crime est un acte de distinction.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Deux époques, un même mythe, pas de vainqueur</h2>



<p>Si Poirot et Lecter se répondent si puissamment, c’est parce qu’ils incarnent chacun leur époque.</p>



<p>Poirot appartient à un monde qui croit encore que la raison peut contenir le mal. Lecter naît dans un monde désenchanté, où l’intelligence ne protège plus de la barbarie, elle peut même à l’occasion l’amplifier. À cinquante ans d’écart, ces deux anti-héros forment un diptyque fascinant : le génie civilisé avant la chute, le génie civilisé après la perte des illusions.</p>



<p>Poirot contre Lecter, c’est un combat entre le bien et le mal qui pourrait accoucher d’une conversation entre deux figures extrêmes de l’intelligence humaine. L’un choisit l’ordre. L’autre choisit le chaos maîtrisé. Mais tous deux posent la même question, toujours brûlante : que fait-on des esprits trop brillants pour rentrer dans le cadre ?</p>



<p>Et c’est sans doute pour cela que, visionnées aujourd’hui en parallèle, les deux séries se répondent avec une telle évidence. Parce que chacun des personnages en leur centre nous rappellent que la culture, la politesse et le génie ne sont jamais neutres. Ils sont des formes de pouvoir. Et parfois, de danger.</p>



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		<title>De « The Beauty » à « Love Story: JFK Jr. &#038; Carolyn Bessette » : l’empire du paraître selon Ryan Murphy</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ryan-murphy-the-beauty-love-story-comparatif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 11:06:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ce premier semestre 2026, Ryan Murphy le Prolifique s’empare de nouveaux des écrans pour livrer un diptyque troublant sur notre addiction au sublime pathologique. Il accouche ainsi de The Beauty et Love Story: JFK Jr. &#38; Carolyn Bessette. Les deux séries semblent aux antipodes ; elles se rejoignent pourtant pourinterroger la mécanique du regard et la violence intrinsèque de la perfection. Quand la première s&#8217;aventure dans les territoires du « body...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/ryan-murphy-the-beauty-love-story-comparatif/">De « The Beauty » à « Love Story: JFK Jr. &amp; Carolyn Bessette » : l’empire du paraître selon Ryan Murphy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/04/The-ARTchemists-The-Beauty-Love-story.jpg" alt="affiches des séries de Ryan murphy The beautéy et Love Story : JFK jr et carolyn Bessette" class="wp-image-38558"/></figure>



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<p>En ce premier semestre 2026, Ryan Murphy le Prolifique s’empare de nouveaux des écrans pour livrer un diptyque troublant sur notre addiction au sublime pathologique. Il accouche ainsi de <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Beauty">The Beauty</a></em> et <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Love_Story_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e,_2026)">Love Story: JFK Jr. &amp; Carolyn Bessette</a>. </em>Les deux séries semblent aux antipodes ; elles se rejoignent pourtant pourinterroger la mécanique du regard et la violence intrinsèque de la perfection. Quand la première s&rsquo;aventure dans les territoires du « <a href="https://www.theartchemists.com/?s=body+horror">body horror</a> » et de la satire sociale, la seconde s&rsquo;attache à la tragédie historique de deux icônes broyées par leur propre image. Derrière l&rsquo;éclat des épidermes parfaits et des robes de soie minimalistes, Murphy murmure une vérité séculaire : l&rsquo;obsession de la beauté est le plus sûr chemin vers la désintégration de l&rsquo;âme.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="FX The Beauty - Bande-annonce officielle (VOST) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/zor5nXKwf4Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>The Beauty</em> : le virus de la perfection</h2>



<p>Avec <em>The Beauty</em>, adaptée du roman graphique de Jeremy Haun, Ryan Murphy explore une approche radicale : et si la beauté était un virus ? La série évoque comment une infection sexuellement transmissible transforme les porteurs en versions idéalisées d&rsquo;eux-mêmes. Le gras fond, les traits s&rsquo;affinent, la peau s&rsquo;illumine. Mais ce cadeau d&rsquo;Aphrodite a un prix : une combustion interne qui guette chaque infecté.</p>



<p>Ici, la beauté tourne à la consommation de masse. Murphy utilise le genre du polar de science-fiction pour dénoncer la manière dont les marques et les industries exploitent notre besoin viscéral de validation. Comme le souligne le magazine <a href="https://time.com/7355116/the-beauty-review-fx/"><em>TIME</em></a> dans sa critique de janvier 2026, la série déplace le curseur de l&rsquo;horreur : le monstre n&rsquo;est plus l&rsquo;être déformé, mais l&rsquo;être trop parfait. Le danger vient de cette uniformité imposée par un virus qui agit comme un filtre Instagram permanent et biologique.</p>



<p>La série dénonce l’avidité cynique des fabricants de beauté, l’aveuglement des institutions. La beauté apparaît pour ce qu’elle est dans notre société, une monnaie d&rsquo;échange à forte volatilité. Des anonymes au physique jugé ingrat sont prêts à n’importe quoi pour devenir beaux comme des dieux, envahir les catwalks, séduire et séduire encore, devenir des stars et tant pis si ils en meurent de la pire des façon. Mutations sanglantes, explosions des organismes, le gore généreusement déversé par Murphy de scène en scène participe d’une critique acerbe de l&rsquo;immédiateté numérique et de la dictature de l&rsquo;apparence, où le corps n&rsquo;est plus qu&rsquo;un support publicitaire que l&rsquo;on finit par brûler après usage.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="FX Love Story : John F. Kennedy Jr. &amp; Carolyn Bessette - Bande-annonce officielle (VOST) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/GXkhKYwEFyM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Love Story</em> : Carolyn Bessette sacrifiée sur l&rsquo;autel du glamour</h2>



<p>À l&rsquo;opposé de cette fiction spéculative, le premier volet de l&rsquo;anthologie <em>Love Story</em> nous ramène au minimalisme des années 90. En se focalisant sur le couple star formé par <a href="https://www.theartchemists.com/carolyn-john-livre/">John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette</a>, Murphy change de focale mais conserve le même sujet : la traque du beau.</p>



<p>Carolyn Bessette, interprétée avec une fragilité saisissante par Sarah Pidgeon, incarne la beauté comme prison. Publicitaire pour Calvin Klein, elle maîtrisait les codes de l&rsquo;image ; mariée à JFK Junior, elle en devient la victime. La série documente comment les médias transforment brutalement cette jeune femme farouchement indépendante en une page blanche sur laquelle le public projette ses fantasmes d&rsquo;élégance aristocratique et de vendetta sociale. Harcelée par les paparazzi, la jeune épouse découvre la dureté des médias people à une époque où les tabloïds s’imposent dans un mélange schizophrénique d’adulation et d’insultes.</p>



<p>Pour JFK Jr., la prestance face aux objectifs est naturelle, il a été éduqué ainsi, cela fait partie des devoirs inhérents au clan politique des Kennedy en général et à l’héritier de JFK en particulier. Carolyn, elle, sort violemment de l’anonymat, n’a jamais été formée pour gérer son image. La série met en évidence comment l&rsquo;obsession du public pour leur perfection physique va ronger leur intimité jusqu&rsquo;au drame final de Martha&rsquo;s Vineyard. La société considère la beauté comme une performance continue qui ne souffre aucun relâchement. Le couple constitue un juteux produit marketing pour une presse people en pleine mutation, annonçant l&rsquo;ère de la surveillance généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux approches, une même mise en garde</h2>



<p>D’un côté la chair qui se consume, de l’autre l’âme qui se noie. Les deux séries se rejoignent sur le rôle moteur et coupable des médias dans la fabrication de cette obsession.</p>



<p>De part et d’autre, le système est le véritable antagoniste. Dans <em>The Beauty</em>, ce sont les laboratoires pharmaceutiques et les réseaux sociaux qui encouragent la propagation du virus pour des raisons de profit et de contrôle social. Dans <em>Love Story</em>, ce sont les éditeurs de presse et les maisons de couture qui enferment Carolyn dans un rôle d&rsquo;idole de glace. Dans les deux cas, et avec deux registres différents, Murphy dénonce ce qu&rsquo;il appelle la « beauté manufacturée », celle qui ne sert plus l&rsquo;art ou l&rsquo;humain mais la consommation.</p>



<p>Le message à travers ce doublé télévisuel est limpide : se méfier des apparences n&rsquo;est plus prudence mais survie. Que la beauté vienne d&rsquo;un virus ou d&rsquo;un héritage génétique sublimé par la mode, elle finit toujours par exiger un tribut. Fin analyste de la psyché américaine, Ryan Murphy livre une leçon magistrale de sociologie visuelle. En opposant le « body horror » technologique de <em>The Beauty</em> au mélodrame funèbre de <em>Love Story</em>, il boucle la boucle de son obsession pour le paraître.</p>



<p>Nous sommes invités, nous spectateurs, à interroger notre propre voyeurisme : pourquoi cherchons-nous tant la perfection chez les autres alors que nous savons, au fond, qu&rsquo;elle n&rsquo;est qu&rsquo;un linceul magnifiquement tissé ? Il semblerait que pour Murphy, la seule beauté digne d&rsquo;intérêt soit celle qui accepte sa propre finitude, loin des flashs et des mutations génétiques.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>The Gilded Age : remplacer une domination par une autre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gilded-age-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 11:26:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Costumes somptueux, demeures splendides, salons feutrés, intrigues mondaines réglées comme des complots politiques : à première vue, The Gilded Age a tout de la fresque historique grandiose et majestueuse. Mais sous le clinquant du rêve américain, Julian Fellowes (à qui l&#8217;on doit Downtown Abbey) et Sonja Warfield (scénariste entre autres de The Game) dévoilent une réalité bien plus complexe et dure : en cette seconde moitié du XIXeme siècle où...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/02/The-ARTchemists-The-gilded-age-1.jpg" alt="The Gilded age" class="wp-image-38473"/></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Costumes somptueux, demeures splendides, salons feutrés, intrigues mondaines réglées comme des complots politiques : à première vue, <em>The Gilded Age</em> a tout de la fresque historique grandiose et majestueuse. Mais sous le clinquant du rêve américain, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Julian_Fellowes">Julian Fellowes</a> (à qui l&rsquo;on doit <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-downtown-abbey/">Downtown Abbey</a></em>) et <a href="https://www.sonjawarfield.com/">Sonja Warfield</a> (scénariste entre autres de <em>The Game</em>) dévoilent une réalité bien plus complexe et dure : en cette seconde moitié du XIXeme siècle où l’électricité et la vapeur sont en passe de révolutionner la vie quotidienne et l’économie, le combat pour définir (et diriger) le monde à venir a commencé. C’est l’heure des barons voleurs dont les fortunes considérables balaient l’obsolète aristocratie new-yorkaise. Progrès technologique détourné et exploité par un capitalisme impitoyable, explosion des inégalités sociales, discrimination raciale, condition féminine précarisée : le tableau n’a finalement rien de doré.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The Gilded Age (OCS) - Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/IE0f2PB7VwI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Barrages et couleuvres</h2>



<p><em>The Gilded Age</em> retrace trois saisons durant (et plus si affinités, la quatrième étant déjà en production) l’ascension de la famille Russell au sein de la haute société de New-York. Contrairement aux Astor et autres van Rhijn qui dominent depuis un siècle (forts de leurs ancêtres qui signèrent la Déclaration d’Indépendance), George Russell (<a href="https://www.instagram.com/epluribusyourmom/">Morgan Spector</a>) et son épouse Bertha (<a href="https://www.instagram.com/carriecoon/">Carrie Coon</a>) sont partis de rien pour bâtir une fortune gigantesque. Et ils comptent bien s’appuyer sur cette colossale richesse pour dicter leur loi et prendre le dessus. Sauf que l’ancienne garde n’a pas du tout l’intention de céder la place à ces nouveaux seigneurs. « Old money » vs « new money » : voici de quoi il s’agit vraiment.</p>



<p>25 épisodes durant, nous allons donc observer ces clans se déchirer par grandes soirées, événements mondains et bals interposés. Car la présence sociale orchestrée par ces dames (c’est l’apanage des épouses que de briller dans les salons) est aussi importante à ce jeu que les OPA et fusions/acquisitions opérées par les maris dans l’ombre des bureaux des banques. L’argent accumulé par Monsieur permet à Madame d’entrer dans les soirées les plus courues. Sauf quand les représentantes de l’Ancien Ordre font barrage. Et des barrages, Bertha va en rencontrer plus d’un sur sa route. Entre le premier bal qu’elle organise dans sa somptueuse demeure décorée comme un petit Versailles et son ultime victoire lors d’une soirée où brillent ducs anglais et grands artistes, Bertha va avaler pas mal de couleuvres. Mais en faire ingurgiter beaucoup plus, et bien plus grosses et indigestes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The Gilded Age Season 2 | Official Trailer | HBO" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/AVroO38fl4k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Chasse à l’héritière</h2>



<p>Pour tout dire, cette surenchère n’a rien d’amusant, d’agréable ni de très valorisant. Filles négociées et mariages arrangés, femmes seules, veuves ou divorcées ostracisées, codes moraux d’une rigidité confinant à l’absurde, il ne fait guère bon vivre dans cet univers où l’interdit est la règle, notamment pour le sexe féminin. A raison peut-être vu le nombre de coureurs de dote qui chassent les jeunes héritières inexpérimentées et un brin candides pour mieux les trahir, une fois la bague au doigt.</p>



<p>Les oiselles ont beau être surveillées et cornaquées par les anciennes, mères, tantes, cousines, on frôle souvent l’irréparable, la séduction et l’enlèvement par de jeunes mâles dont le discours charmeur cache souvent des appétits financiers et sociaux peu glorieux. Rien de nouveau sous le soleil, c’était déjà le cas chez Molière, me direz-vous. Cela n’en est pas moins gênant et insupportable, dans cette Amérique en train de s’ériger comme un modèle de démocratie et d’avant-garde technologique et sociale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The Gilded Age | Saison 3 Bande-annonce officielle (VOST)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/W9pKuN79_YU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">En quête d’émancipation</h2>



<p>Quant à l’émancipation, elle peine à se mettre en place. Tout est fait pour que les mécanismes se répètent de génération en génération, peu importe la couleur de peau ou le statut social.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Gladys (<a href="https://www.instagram.com/taissafarmiga/">Taissa Farmiga</a>), héritière de la fortune des Russell se retrouve piégée dans un mariage arrangé avec un duc britannique qui n’est pas l’élu de son cœur. Sa mère a tout fait pour l’orienter dans cette voie, écartant sans ménageant les autres prétendants, faisant fi des sentiments de sa fille. L’anecdote s’inspire de l’union malheureuse de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Consuelo_Vanderbilt">Consuelo Vanderbilt</a>, contrainte d’épouser un aristocrate pour assurer l’ascension sociale de sa famille et qui monta à l’autel en pleurant.</li>



<li>Marian Brook (<a href="https://www.instagram.com/louisa_jacobson/">Louisa Jacobson</a>), tombée en disgrâce matérielle après le décès de son père qui a dilapidé la fortune familiale sans rien lui dire, doit se réfugier chez ses tantes dont elle dépend complètement. Elle leur doit obéissance, se conforme un temps à leurs règles (elle n’a pas le droit d’aller travailler car ce n’est pas digne du rang de la famille), peine à trouver un préntendant qui colle à sa vision du monde et du statut de la femme.</li>



<li>Peggy Scott (<a href="https://www.instagram.com/deneebenton/?hl=fr">Denée Benton</a>), écrivaine afro-américaine ambitieuse, subit quant à une autre forme d’effacement, moins visible mais tout aussi implacable, celle d’une société qui, même en période de « grande prospérité », ne laisse que peu de place aux voix autres que blanches, riches et patriarcales.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Histoire de l&rsquo;humanité ?</h2>



<p>Trois exemples parmi tant d’autres, qui alimentent l’amertume. Les <em>dei ex machina</em> qui parsèment le scénario pour forcer le destin dans le bon sens &#8211; le mariage inattendu de tante Ada (<a href="https://www.instagram.com/cynthiaenixon/">Cynthia Nixon</a>), son héritage encore plus surprenant, qui les sauvera, elle et sa soeur Agnes (<a href="https://www.instagram.com/christinebaranskii_/">Christine Baranski</a>) n’effacent guère ce sentiment persistant de malaise, surtout quand vous mettez en parallèle <em>The Gilded Age</em> avec des séries comme <em>Succession</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/feud-2-capote-swans/">Feud 2 capote vs The Swans</a></em>. Le temps passe, la main mise de la jet set demeure, avec sa grammaire, ses objectifs, sa vacuité. Sa méchanceté. Sa bêtise.</p>



<p>De temps à autre, un outsider réussit à briser le carcan. Avec bien des difficultés. Et c’est rare. Précaire. Impression de paralysie dans un monde en pleine mutation. Enfermement dans des interdits qu’on respecte aveuglément, qu’on soit de couleur, domestique, femme, homosexuel. Parce qu’on a peur du regard des autres. Qu’on est en dépendance financière d’autrui. Sous les ors et les tentures, derrières les parures et les bijoux, c’est de cela qu’il s’agit. Monter les échelons sans perturber la mécanique. Composer entre sa volonté de réussite et ses valeurs. Démolir les anciens privilèges pour imposer les siens. Remplacer une domination par une autre. L’histoire de l’humanité en somme&nbsp;?</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>Miss Austen : les revers du romantisme</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-miss-austen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 10:42:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D’habitude, le romantisme, noir de préférence, c’est plutôt la came de Dauphine,. Du coup, Miss Austen aurait dû lui revenir de droit. Pas de bol, c’est moi qui ai visionné la série. Et j’avoue que mon petit cœur de punkette féministe a frisé l’infarctus plus d’une fois. Car de romantisme, il n’y en a point dans ce récit d’une rare tristesse et d’une grande lucidité&#160;sur le devenir des sœurs Austen...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Miss-Austen.jpg" alt="Miss Austen" class="wp-image-38442" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Miss-Austen.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Miss-Austen-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-Miss-Austen-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>D’habitude, le romantisme, noir de préférence, c’est plutôt la came de Dauphine,. Du coup, <em>Miss Austen</em> aurait dû lui revenir de droit. Pas de bol, c’est moi qui ai visionné la série. Et j’avoue que mon petit cœur de punkette féministe a frisé l’infarctus plus d’une fois. Car de romantisme, il n’y en a point dans ce récit d’une rare tristesse et d’une grande lucidité&nbsp;sur le devenir des sœurs Austen et leur formidable et poignante relation.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Miss Austen: A story of love and losses ❤️ | Official Trailer - BBC" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KH5axuNJvig?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Cassandra Austen veille au grain</h2>



<p>Nous sommes en 1830 en Angleterre. Cassandra Austen apprend l’agonie du pasteur Fowle, un ami très proche de la famille. Ni une ni deux, elle fonce, arrive dans une maison endeuillée où sa présence de vieille célibataire gêne plus qu’autre chose. Il faut dire que la dame ne s’en laisse pas conter, et qu’elle possède autant de caractère que de sagesse … et un sens de la diplomatie très utile dans ces milieux enferrés dans des codes sociaux implacables.</p>



<p>Objectif officiel de la manœuvre&nbsp;: épauler Isabelle, la fille du défunt et d’Eliza, amie intime des deux sœurs Austen désormais décédée&nbsp;; la jeune fille a fort à faire, vu qu’elle doit vider les lieux dans les deux semaines pour laisser place au prochain pasteur, sa femme et leur nombreuse progéniture, qu’elle ne bénéficie d’aucun héritage et que ses deux seules portes de sortie sont le mariage ou aller vivre chez ses propres sœurs qui sont on ne peut plus revêches. C’est donc assez mal barré pour la donzelle. Mais Cassandra Austen veille au grain et va tout faire pour assurer le bonheur d’Isabelle, qu’elle considère comme sa propre fille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Élucider un mystère littéraire vieux de deux siècles</h2>



<p>Et puis il y a autre chose&nbsp;: Cassy veut absolument récupérer les lettres adressées à Eliza par sa cadette Jane, célèbre autrice entre autres d’<em>Emma et Orgueil et Préjugés</em>, morte 15 ans plus tôt. Et elle va fouiller toute la maison pour retrouver cette correspondance avant que d’autres, moins bien intentionnés, s’en chargent. Le compte à rebours est lancé qui vise à élucider un mystère littéraire vieux de deux siècles. Car aujourd’hui encore, on cherche à comprendre pourquoi Cassy Austen a réduit en cendres les écrits de sa sœur chérie. Et la version de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Aisling_Walsh">Aisling Walsh</a>, adaptée du roman de <a href="https://www.instagram.com/gill.hornby/?hl=fr">Gill Hornby</a>, est tout à fait éclairante, à plus d’un titre.</p>



<p>Pas de spoil, ce serait dommage que vous loupiez ces quatre épisodes prenants, aussi tendres que durs. Car il ne fait pas bon être une femme dans l’Angleterre de George III. Pour tout dire, elles ne sont rien sans passer par la case mariage/enfantement. Et si elles zappent ces deux étapes, elles se condamnent à la misère. C’est ce qui va arriver aux deux sœurs qui, pour des raisons différentes, vont refuser des alliances avec de riches jeunes gens. Besoin de demeurer libres, de demeurer ensemble&nbsp;? De se soustraire à la brutalité de la vie de couple où la femme se venge de son écrasement en s’en prenant à ses semblables&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">De romantisme, donc point</h2>



<p>On notera la férocité de ces dames. C’est à celle qui invisibilisera les autres&nbsp;; malheur aux indociles qui font acte d’originalité dans cette surenchère de bonnes mœurs affichées, revendiquées et d’une rare hypocrisie. L’ordre, le bon sens, l’obéissance, ce climat matriarcal devient très vite étouffant et il faut ruser pour s’en extraire. Le duo Jane / Cassandra savait y faire, avec autant de subtilité que de clairvoyance. Au fur et à mesure que Cassy retrouve les missives de sa défunte sœur, elle revit le passé, et nous avec elle. L’occasion de découvrir dans quel contexte Jane Austen écrivait, la mentalité qui l’animait, sa méfiance des conventions sociales, son regard acéré porté sur une société où la femme est contrainte au mariage pour gagner une émancipation illusoire.</p>



<p>De romantisme, donc point, nada, niente. De la brutalité, oui, beaucoup, pas physique, mais mentale, morale, verbale. Personne dans ces images ne fait de cadeau à personne. Les moments difficiles sont légion dans ce récit, et ils vont vous retourner comme des crêpes. Injustice, méchanceté, convoitise… les soeurs Austen eurent fort à faire pour conserver leur marge d’action et leur liberté de penser. On appréciera la brochette d’actrices qui donnent vie à ces héroïnes&nbsp;: Keekey Hawes, Patsy Ferran Rose Leslie, Jessica Hynes, Liv Hill, Synnøve Karlsen, Madeleine Walker, Mirren Mack … Brillantes, attachantes, convaincantes… toutes arrivent à transmettre cette vibration particulière véhiculée par les romans de Jane Austen, sans jamais tomber dans le grotesque.</p>



<p>Simplicité, épure, cadence, la série se savoure à chaque seconde, qu’elle soit tragique ou heureuse. On comprend pourquoi l’écriture d’Austen plaisait tant. C’était un instant l’opportunité de s’abstraire des carcans, de trouver un semblant de dignité, de laisser transparaître sentiments et émotions dans un univers où on devait les taire obligatoirement. A voir donc absolument, parce que c’est beau, juste, poignant, irritant, insupportable, plein d’espoir aussi.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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		<title>Monster : The Ed Gein story &#8230; ce que mérite l’Amérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-ed-gein-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions littéralement dévoré Monster 1 et 2, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de Jeffrey Dahmer et des frères Menendez. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du Silence des agneaux. Ça vous l’a...</p>
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<p>Nous avions littéralement dévoré <em>Monster 1 </em>et<em> 2</em>, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Jeffrey Dahmer</a> et des <a href="https://www.theartchemists.com/serie-menendez/">frères Menendez</a>. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du <em>Silence des agneaux</em>. Ça vous l’a fait aussi ? Normal. Le binôme Murphy/Brennan a, comme à son habitude et avec la maestria qu’on lui connaît, exploré comment une histoire sordide a engendré un mythe. Avec en toile de fond une réflexion sur ce mérite l’Amérique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a>. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="MONSTER: The Ed Gein Story | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Atrocités de proximité</h2>



<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein">Ed Gein</a> donc : un discret fermier issu de l’Amérique profonde, coincé entre les interdits érigés par une mère castratrice avec laquelle il tisse une relation fusionnelle au-delà du concevable et des fantasmes de dépeçage et de nécrophilie. Maman meurt : Ed, dévasté, perd son seul garde-fou (dans tous les sens du terme) et passe à l’acte, depuis le viol de cadavres jusqu’au meurtre en passant par la fabrication de meubles en peau et os humains.</p>



<p>Les flics qui vont finalement l’appréhender auront du mal à s’en remettre. Les médias se saisiront de cette affaire qui aura un écho international&nbsp;: dans les années 50 en voie de rémission après une seconde guerre mondiale horrifique, on n’imagine même pas qu’un Ed Gein puisse exister et commettre semblables atrocités dans sa cuisine à proximité du centre d’une petite ville du Wisconsin où tout le monde se connaît. Et pourtant…</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-52e16958271510901ae7bfffe1f746a7"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Autopsier la psyché américaine</h2>



<p>Cette histoire va s’enraciner dans la culture américaine, influençant des générations de tueurs en série qui rendront hommage à Gein comme à la matrice originelle de leurs barbaries, ET une floppée de réalisateurs s’emparant de ce fait divers pour le raconter en sanglantes images qui vont transformer le cinéma (à moins que ça soit l’inverse ?). <em>Psychose</em> d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/">Hitchcock</a>, <em>Massacre à la tronçonneuse</em> de Hopper, <em>Le Silence des agneaux</em> de Demme : trois monuments filmiques, trois séismes artistiques, trois grandes mutations dans le regard des spectateurs.</p>



<p>Pas étonnant que Murphy/Brennan, qui, rappelons-le, ont accouché de la superbe minisérie<a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/"> <em>Hollywood</em></a>, se penchent sur le devenir de la fable Ed Gein, ajoutant au passage des clins d’œil à <em>Maniac</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter</a></em>. Désireux qu’ils sont d’autopsier la psyché américaine dans ce qu’elle a de plus tortueux, de plus vénéneux, ils ne pouvaient ignorer pareille source. Encore moins la raconter sans y mêler esthétique, humanité et poésie (la déclinaison à l’œuvre dans la saga <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story">American Horror Story</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pénétrer la réalité d’une démence</h2>



<p>Teintes verdâtres et lumières tamisées, nuances de cadavre en putréfaction, gros plans sur les mains qui caressent les chairs mortes, les doigts qui cousent des peaux de femme, les pupilles qui se dilatent devant des images de sévices, Murphy/Brennan mettent en scène l’atroce du point de vue d’un Gein bercé/rongé par ses visions, ses angoisses, ses désirs. C’est aussi insupportable que superbe, poignant même, et particulièrement perturbant. Car, ce faisant, Murphy/Brennan nous rappellent que ce type martyrisé par une mère fanatique et elle-même dérangée, souffrait de schizophrénie.</p>



<p>Ne pas excuser, ne pas magnifier, pénétrer la réalité d’une démence. Facile à dire, plus compliqué à faire&nbsp;: Charlie Hunnam campe un Ed Gein contre toute attente charismatique, dont on n’arrive jamais à déterminer s’il est un peu benêt ou profondément manipulateur. Autour de lui une palette d’acteurs également impliqués, dont Tom Hollander en Hitchcock dévoré par le monstre filmique qu’il engendre, Will Brill, frénétique Tobe Hopper, ou Vickie Krieps, terrifiante Ilse Koch. Le casting est impressionnant, de même le travail de reconstitution des décors et des costumes, les effets spéciaux, les maquillages, la photographie, les cadrages, le montage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gein, miroir intemporel des peurs de l’Amérique</h2>



<p>Effet d’harmonie pour conter le chaos d’un esprit médiocre rongé de démence et évoluant dans un monde parallèle et mortifère où la violence perturbe les genres. Avec <em>Monster : The Ed Gein story</em>, Murphy/Brennan ajoutent leur pierre à l’édifice qu’ils tentent de démonter. Ironie du sort : si, comme le dit si bien Hopper, Gein inspire les films que l’Amérique mérite, tendant ainsi un miroir à ses terreurs le plus profondes (menace nucléaire, guerre du Vietnam, crise économique…), alors quelles peurs modernes ce nouvel opus de la série <em>Monster</em> dénoncent-elles ?</p>



<p>Les USA de Trump, masculinistes, fondamentalistes et rétrogrades, s’acharnent sur les opposants, les migrants, les femmes, les homosexuels, les transsexuels. Schizophrénique, le pays de la démocratie tourne à la dictature à coup de censure et de discrimination. Combien de Ed Gein à la clé de cette plongée dans les eaux troubles du rigorisme religieux où il ne fait pas bon être une femme ou avoir changé de sexe ? Gein, obsédé par le corps des femmes au point de leur arracher la peau pour s’en faire un costume, s’en masquer le visage, n’est pas le transsexuel frustré qu’on a imaginé mais un gynéphile tellement obsédé par la féminité qu’il la pénètre intégralement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homme parasite et fascination du true crime</h2>



<p>La démembre, l’écorche, la recompose à sa façon pour s’y glisser et y vivre. Peau d’Âne version homme, Hercule recouvert d’une défroque féminine : un homme parasite, adulescent qui détruit les femmes jusqu’à s’emparer de leur être, de leur visage, de leurs formes. Plus qu’un boucher, un ogre mu par ses hallucinations, ses pulsions et qui pour jouir a besoin d’une femme froide, silencieuse, soumise. Morte. Aucun recul, pas de remord, le regard absorbé par les magazines illustrant la barbarie nazie sous toutes ses formes.</p>



<p>Difficile de ne pas faire le lien avec le règne des images modifiées par l’IA, images qui inondent nos fils d’actu et entretiennent notre FOMO. La référence à Weegee, photographe new-yorkais qui a dépeint la vie nocturne de Big Apple y compris ses côtés scabreux et sanglants n’est pas anodine. La fascination de Gein et de sa petite amie pour les scènes de meurtre non plus. Alors que le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> est plébiscité, Murphy/Brennan interrogent cette fascination malsaine et le business qu’elle génère, l’effet Ed Gein qu’elle alimente.</p>



<p>Certains diront que la série, composée de huit épisodes, est trop longue, chronologiquement bordélique. C’est qu’il ne s’agit guère de raconter des faits qui tiennent sur un timbre-poste ou presque. D’ed gein en soi, il y a peu à dire sinon que c’était un tueur dément. Mais c’est l’impact durable qu’il a sur la mémoire américaine qu’il imposte ici d’ausculter. Et la love story sado-maso des USA pour le boucher de Planinfield a de quoi interpeler les consciences. Ce que Murphy/Brennan font avec beaucoup de pertinence et un plaisir non feint.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>McMafia : naissance d’un parrain à l’ère des capitaux sans frontières</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mcmafia-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Sep 2025 09:17:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Londres en vitrine, l’argent comme carburant, les frontières qui s’effacent : la série McMafia suit Alex Godman (James Norton), fils d’exilés russes décidé à rester “clean”… jusqu’à ce que la réalité du milieu grignote ses principes. Le pitch a tout du drame moral : quand les circuits de la finance légale et du crime organisé se confondent, on ne “tombe” pas dans la mafia — on y glisse. Créée par...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-McMafia.jpg" alt="" class="wp-image-38319" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-McMafia.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-McMafia-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-McMafia-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Londres en vitrine, l’argent comme carburant, les frontières qui s’effacent : la série <em>McMafia</em> suit Alex Godman (<a href="https://www.instagram.com/jginorton/">James Norton</a>), fils d’exilés russes décidé à rester “clean”… jusqu’à ce que la réalité du milieu grignote ses principes. Le pitch a tout du drame moral : quand les circuits de la finance légale et du crime organisé se confondent, on ne “tombe” pas dans la mafia — on y glisse. Créée par <a href="https://www.imdb.com/fr/name/nm0024925/">Hossein Amini</a> et <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=95677.html">James Watkins</a> d’après l’enquête de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Misha_Glenny">Misha Glenny</a> (2008), la série déroule huit épisodes au cordeau, diffusés début 2018 sur BBC One puis AMC. Et c’est juste un régal.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="McMafia | Série fiction | ARTE" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/cCbcddlR1_U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Londres, carrefour des clans, incubateur de mafieux</h2>



<p>Le cœur de l’intrigue, c’est Londres : clubs feutrés, bureaux vitrés, penthouses anonymes. Autour d’Alex, jeune trader prometteur, gravitent son père Dimitri (ex-patron russe repentant), Vadim Kalyagin (baron moscovite), et Semiyon Kleiman (homme d’affaires israélo-russe, faussement philanthrope). En apparence de fructueux businessmen, en réalité de dangereux criminels.</p>



<p>Deux pôles mafieux, russe et israelien, s’affrontent : Alex, pris en étau, apprend à arbitrer, puis à dominer. C’est l’axe dramatique : la mue d’un financier en jeune parrain, par rationalisation froide plutôt que par pulsion. Pour sauver sa famille, protéger ceux qu’il aime… peut-être aussi car Alex est fait pour ça ? Et sans se l’avouer, qu’il adore/adopte ce mode de vie qui lui convient, le révèle à lui-même ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La méthode Watkins : froid clinique, tension constante</h2>



<p>Réalisée par James Watkins, la mise en scène refuse la surenchère baroque. Cadres rigides, palette glacée, montage qui serre — et une BO électronique signée Tom Hodge &amp; Franz Kirmann qui pulse comme un ECG de salle des marchés. Ici pas de romantisme du gangster : on suit des process (blanchiment, écrans juridiques, banques complaisantes) et des chaînes logistiques qui relient Londres à Zagreb, Tel-Aviv, Mumbai, Prague… La mondialisation n’est pas un décor, c’est le sujet.</p>



<p>La série s’interdit les absolus. Semiyon (David Strathairn) séduit parce qu’il parle démocratie et investit dans des start-up… avant de sortir les couteaux. Vadim (Merab Ninidze) froid et calculateur, est aussi un père aimant et protecteur. Rebecca (Juliet Rylance) aimerait croire au “bon” Alex — mais l’escalade des compromis fait loi. Cette zone grise, pensée par Amini/Watkins et revendiquée par Strathairn lui-même, donne à <em>McMafia</em> son nerf politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Glaçant parce que plausible</h2>



<p><em>McMafia</em> filme Londres comme une zone franche : paradis de la compliance, capitale du “clean dirty money” où l’anglais parfait, le costume ajusté et le family office servent de paravent. Le décor n’est pas “pittoresque” ; il est structurel — un hub qui normalise la violence exportée. De ce point de vue, la trajectoire d’Alex n’est pas une chute : c’est une adaptation. Une révélation, un aboutissement.</p>



<p>Ancré dans les faits du livre de Glenny, le récit cartographie le crime transnational et ses “enablers” (avocats, banquiers, États). <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/McMafia?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">I</a>l est donc crédible. Alex Godman n’est pas un Tony Montana qui cherche à prouver sa valeur, à échapper à la misère ; c’est un gestionnaire, doté d’une éthique mais aussi calculateur. Son “ascension” est un tableur : matrices de risques, arbitrages, puis l’irréversible. C’est glaçant parce que plausible.</p>



<p>Récompensé par l<em>’</em>International Emmy du meilleur drama (2019), <em>McMafia</em> tient par sa rigueur et son refus du tape-à-l’œil. On y voit naître un parrain d’Excel, nourri aux flux, aux deals, aux risques calculés. Et ça, c’est peut-être la définition contemporaine du pouvoir mafieux. Une vision qui tranche avec les portraits haut en couleur de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=guy+ritchie">Guy Ritchie</a> mais recoupe la trajectoire d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=peaky+blinders">Thomas Shelby</a> et colle avec les enquêtes d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=roberto+saviano">Roberto Saviano</a>.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Mobland : « power is a hungry thing »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-mobland/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Sep 2025 09:41:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mobland : rien que le casting de la série est jubilatoire. Tom Hardy, Helen Mirren, Pierce Brosnan, Paddy Considine, Joanne Froggatt, Mandeep Dhillon, Lara Pulver, Geoff Bell, Janet McTeer, Toby Jones, Anson Boon, Alex Jennings et j’arrête là vu la longueur de liste qui n’affecte en rien la qualité d’acteurs de haut vol menés bielle en tête par Ronan Bennet avec à la prod un certain Guy Ritchie. Autant dire que...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland.jpg" alt="affiche de la série Mobland" class="wp-image-38312" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland-395x494.jpg 395w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



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<p><em>Mobland</em> : rien que le casting de la série est jubilatoire. Tom Hardy, Helen Mirren, Pierce Brosnan, Paddy Considine, Joanne Froggatt, Mandeep Dhillon, Lara Pulver, Geoff Bell, Janet McTeer, Toby Jones, Anson Boon, Alex Jennings et j’arrête là vu la longueur de liste qui n’affecte en rien la qualité d’acteurs de haut vol menés bielle en tête par Ronan Bennet avec à la prod un certain Guy Ritchie. Autant dire que <em>Mobland</em> rien que par son affiche met la barre haut. Et la série est au rendez-vous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<h2 class="wp-block-heading">Quand le pouvoir se fissure</h2>



<p>Un petit pitch&nbsp;: le clan Harrigan règne en maître sur la pègre londonienne depuis des années. Mais comme toute famille régnante, il arrive un moment où le pouvoir se fissure. <em>Mobland </em>évoque ce craquellement aux allures de bombardement atomique. Car le clan Harrigan a construit son empire sur la violence, le sang, la terreur et la folie. «&nbsp;Power is a hungry thing&nbsp;» est le moto du patriarche, et cela reflète la mentalité à l’oeuvre dans cette parentèle.</p>



<p>Pour le dire clairement, ils sont tous ou complètement dingues tendance psychopathe (les grands parents et le petit dernier) ou très abîmés psychiquement (tous les autres, pièces rapportées y compris). Forcément, quand le fils du clan rival, les Bell pour ne pas les nommer, est retrouvé en petits morceaux, la guerre éclate, féroce, le pouvoir est contesté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;?</h2>



<p>Au milieu de ce joyeux et très saignant bordel, Harry Da Souza, l’homme à tout faire des Harrigan, tente de tempérer les choses. Compliqué vu qu’en plus de gérer les coups de folie des membres de cette meute (et leurs très nombreuses trahisons), Harry doit essayer de sauver son couple, sa vie de famille. Pas évident évident&nbsp;: quand on bosse pour les Harrigan, on n’a pas de vie perso, elle est forcément bouffée par les errements de cette bande de fous sanguinaires.</p>



<p>Et c’est là que se pose la question&nbsp;: pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;? Par loyauté viscérale&nbsp;? Par sens des responsabilités (il faut bien quelqu’un pour canaliser ces fauves et il est visiblement le seul à y parvenir)&nbsp;? Par goût du fric (le job est dangereux mais il paie)&nbsp;? Ou y a-t-il autre chose&nbsp;? Lien caché, stratégie de l’ombre, tout le monde s’interroge, les Harrigan en premier. Car Harry est courtisé par les autres gangs, ses talents, sont précieux, sa retenue et son efficacité appréciées, sa perspicacité et sa diplomatie respectée. Alors pourquoi&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragédie royale et thérapie familiale</h2>



<p>Cette question s’infiltre partout dans une intrigue à rebondissements multiples particulièrement violents, propres à l’univers tissé par Ritchie depuis son premier film <em>Crimes, arnaques et botanique</em>. Sauf qu’ici, l’humour cède le pas à la tragédie royale façon Shakespeare, à la thérapie familiale en mode Ari Aster. Imaginez le mélange pour le moins explosif qui en résulte.</p>



<p>Sur fond de règlements de compte entre clans mafieux, Ronan Bennet autopsie les rouages grippés d’une famille rongée par les non-dits, les secrets. Imaginez <em>Secrets and lies</em> de Mike Leigh mais avec des lames de rasoir, des armes d’assaut et des tronçonneuses. Le tout pulsé par une bande-son de dingue, un générique d’anthologie scandé par le magnifique et très retors «&nbsp;Starbuster&nbsp;» de Fontaine D.C. (rarement une chanson n’a autant collé au sujet d’une fiction, lui intimant une signature mélodique propre).</p>



<p>Voilà. Arrêtez de me lire, regardez <em>Mobland</em>, savourez la jouissance des acteurs qui s’éclatent dans ce jeu de massacre, c’est juste palpable. Profitez de cet OVNI qui bousille les genres, et priez très fort qu’on n’annule pas la seconde saison.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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