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	<title>vietnam</title>
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		<title>Monster : The Ed Gein story &#8230; ce que mérite l’Amérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-ed-gein-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions littéralement dévoré Monster 1 et 2, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de Jeffrey Dahmer et des frères Menendez. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du Silence des agneaux. Ça vous l’a...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="480" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein.jpg" alt="" class="wp-image-38341" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-serie-ed-gein-395x494.jpg 395w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Nous avions littéralement dévoré <em>Monster 1 </em>et<em> 2</em>, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Jeffrey Dahmer</a> et des <a href="https://www.theartchemists.com/serie-menendez/">frères Menendez</a>. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du <em>Silence des agneaux</em>. Ça vous l’a fait aussi ? Normal. Le binôme Murphy/Brennan a, comme à son habitude et avec la maestria qu’on lui connaît, exploré comment une histoire sordide a engendré un mythe. Avec en toile de fond une réflexion sur ce mérite l’Amérique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a>. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="MONSTER: The Ed Gein Story | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Atrocités de proximité</h2>



<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein">Ed Gein</a> donc : un discret fermier issu de l’Amérique profonde, coincé entre les interdits érigés par une mère castratrice avec laquelle il tisse une relation fusionnelle au-delà du concevable et des fantasmes de dépeçage et de nécrophilie. Maman meurt : Ed, dévasté, perd son seul garde-fou (dans tous les sens du terme) et passe à l’acte, depuis le viol de cadavres jusqu’au meurtre en passant par la fabrication de meubles en peau et os humains.</p>



<p>Les flics qui vont finalement l’appréhender auront du mal à s’en remettre. Les médias se saisiront de cette affaire qui aura un écho international&nbsp;: dans les années 50 en voie de rémission après une seconde guerre mondiale horrifique, on n’imagine même pas qu’un Ed Gein puisse exister et commettre semblables atrocités dans sa cuisine à proximité du centre d’une petite ville du Wisconsin où tout le monde se connaît. Et pourtant…</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-52e16958271510901ae7bfffe1f746a7"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Autopsier la psyché américaine</h2>



<p>Cette histoire va s’enraciner dans la culture américaine, influençant des générations de tueurs en série qui rendront hommage à Gein comme à la matrice originelle de leurs barbaries, ET une floppée de réalisateurs s’emparant de ce fait divers pour le raconter en sanglantes images qui vont transformer le cinéma (à moins que ça soit l’inverse ?). <em>Psychose</em> d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/">Hitchcock</a>, <em>Massacre à la tronçonneuse</em> de Hopper, <em>Le Silence des agneaux</em> de Demme : trois monuments filmiques, trois séismes artistiques, trois grandes mutations dans le regard des spectateurs.</p>



<p>Pas étonnant que Murphy/Brennan, qui, rappelons-le, ont accouché de la superbe minisérie<a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/"> <em>Hollywood</em></a>, se penchent sur le devenir de la fable Ed Gein, ajoutant au passage des clins d’œil à <em>Maniac</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter</a></em>. Désireux qu’ils sont d’autopsier la psyché américaine dans ce qu’elle a de plus tortueux, de plus vénéneux, ils ne pouvaient ignorer pareille source. Encore moins la raconter sans y mêler esthétique, humanité et poésie (la déclinaison à l’œuvre dans la saga <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story">American Horror Story</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pénétrer la réalité d’une démence</h2>



<p>Teintes verdâtres et lumières tamisées, nuances de cadavre en putréfaction, gros plans sur les mains qui caressent les chairs mortes, les doigts qui cousent des peaux de femme, les pupilles qui se dilatent devant des images de sévices, Murphy/Brennan mettent en scène l’atroce du point de vue d’un Gein bercé/rongé par ses visions, ses angoisses, ses désirs. C’est aussi insupportable que superbe, poignant même, et particulièrement perturbant. Car, ce faisant, Murphy/Brennan nous rappellent que ce type martyrisé par une mère fanatique et elle-même dérangée, souffrait de schizophrénie.</p>



<p>Ne pas excuser, ne pas magnifier, pénétrer la réalité d’une démence. Facile à dire, plus compliqué à faire&nbsp;: Charlie Hunnam campe un Ed Gein contre toute attente charismatique, dont on n’arrive jamais à déterminer s’il est un peu benêt ou profondément manipulateur. Autour de lui une palette d’acteurs également impliqués, dont Tom Hollander en Hitchcock dévoré par le monstre filmique qu’il engendre, Will Brill, frénétique Tobe Hopper, ou Vickie Krieps, terrifiante Ilse Koch. Le casting est impressionnant, de même le travail de reconstitution des décors et des costumes, les effets spéciaux, les maquillages, la photographie, les cadrages, le montage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gein, miroir intemporel des peurs de l’Amérique</h2>



<p>Effet d’harmonie pour conter le chaos d’un esprit médiocre rongé de démence et évoluant dans un monde parallèle et mortifère où la violence perturbe les genres. Avec <em>Monster : The Ed Gein story</em>, Murphy/Brennan ajoutent leur pierre à l’édifice qu’ils tentent de démonter. Ironie du sort : si, comme le dit si bien Hopper, Gein inspire les films que l’Amérique mérite, tendant ainsi un miroir à ses terreurs le plus profondes (menace nucléaire, guerre du Vietnam, crise économique…), alors quelles peurs modernes ce nouvel opus de la série <em>Monster</em> dénoncent-elles ?</p>



<p>Les USA de Trump, masculinistes, fondamentalistes et rétrogrades, s’acharnent sur les opposants, les migrants, les femmes, les homosexuels, les transsexuels. Schizophrénique, le pays de la démocratie tourne à la dictature à coup de censure et de discrimination. Combien de Ed Gein à la clé de cette plongée dans les eaux troubles du rigorisme religieux où il ne fait pas bon être une femme ou avoir changé de sexe ? Gein, obsédé par le corps des femmes au point de leur arracher la peau pour s’en faire un costume, s’en masquer le visage, n’est pas le transsexuel frustré qu’on a imaginé mais un gynéphile tellement obsédé par la féminité qu’il la pénètre intégralement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homme parasite et fascination du true crime</h2>



<p>La démembre, l’écorche, la recompose à sa façon pour s’y glisser et y vivre. Peau d’Âne version homme, Hercule recouvert d’une défroque féminine : un homme parasite, adulescent qui détruit les femmes jusqu’à s’emparer de leur être, de leur visage, de leurs formes. Plus qu’un boucher, un ogre mu par ses hallucinations, ses pulsions et qui pour jouir a besoin d’une femme froide, silencieuse, soumise. Morte. Aucun recul, pas de remord, le regard absorbé par les magazines illustrant la barbarie nazie sous toutes ses formes.</p>



<p>Difficile de ne pas faire le lien avec le règne des images modifiées par l’IA, images qui inondent nos fils d’actu et entretiennent notre FOMO. La référence à Weegee, photographe new-yorkais qui a dépeint la vie nocturne de Big Apple y compris ses côtés scabreux et sanglants n’est pas anodine. La fascination de Gein et de sa petite amie pour les scènes de meurtre non plus. Alors que le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> est plébiscité, Murphy/Brennan interrogent cette fascination malsaine et le business qu’elle génère, l’effet Ed Gein qu’elle alimente.</p>



<p>Certains diront que la série, composée de huit épisodes, est trop longue, chronologiquement bordélique. C’est qu’il ne s’agit guère de raconter des faits qui tiennent sur un timbre-poste ou presque. D’ed gein en soi, il y a peu à dire sinon que c’était un tueur dément. Mais c’est l’impact durable qu’il a sur la mémoire américaine qu’il imposte ici d’ausculter. Et la love story sado-maso des USA pour le boucher de Planinfield a de quoi interpeler les consciences. Ce que Murphy/Brennan font avec beaucoup de pertinence et un plaisir non feint.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>Andy Warhol &#038; Muhammad Ali : quand l’art pop croise le ring</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/andy-warhol-muhammad-ali-portrait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Getenet-Risacher]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 09:16:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand l&#8217;art rencontre le sport, il se passe parfois des choses inattendues. La rencontre entre Andy Warhol et Muhammad Ali fait partie de ces moments où deux géants de leur discipline se croisent pour donner naissance à une image devenue iconique. D’un côté, Warhol, pape du Pop Art, obsessionnel des célébrités et des médias. De l’autre, Ali, boxeur flamboyant, poète provocateur, militant charismatique. Ensemble, ils vont transformer un simple portrait...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Mohammed-Ali-par-Andy-Warhol.jpg" alt="" class="wp-image-38218" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Mohammed-Ali-par-Andy-Warhol.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Mohammed-Ali-par-Andy-Warhol-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Mohammed-Ali-par-Andy-Warhol-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Quand l&rsquo;art rencontre le sport, il se passe parfois des choses inattendues. La rencontre entre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andy_Warhol">Andy Warhol</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Ali">Muhammad Ali</a> fait partie de ces moments où deux géants de leur discipline se croisent pour donner naissance à une image devenue iconique. D’un côté, Warhol, pape du Pop Art, obsessionnel des célébrités et des médias. De l’autre, Ali, boxeur flamboyant, poète provocateur, militant charismatique. Ensemble, ils vont transformer un simple portrait en manifeste culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux icônes, deux mondes… une même scène</h2>



<p>Andy Warhol, c’est l’enfant terrible de l’art américain des années 60-70. Avec ses sérigraphies de Marilyn Monroe, ses boîtes de soupe Campbell et ses autoportraits en série, il a redéfini le rapport entre l’art, la consommation, et la célébrité. Warhol ne peignait pas des visages, il les reproduisait, les industrialisait, les vendait comme des marques.</p>



<p>Muhammad Ali, lui, c’est une légende du sport. Triple champion du monde des poids lourds, il électrise les foules, aussi agile avec ses poings qu’avec ses mots. Mais Ali est plus qu’un boxeur. Il refuse la guerre du Vietnam, se convertit à l’islam, devient une figure de résistance noire. Il est controversé, adulé, détesté, vénéré. En un mot : inarrêtable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rencontre explosive</h2>



<p>En 1977, Warhol entreprend une série de portraits intitulée <em>Athletes</em>. À l’époque, le sport n’est pas encore un sujet majeur dans l’art contemporain. Warhol, flairant l&rsquo;air du temps, décide de peindre des figures emblématiques : Pelé, O.J. Simpson, Chris Evert… et bien sûr, Muhammad Ali. Le projet est commandité par le collectionneur Richard Weisman, dans l’idée de réunir les stars du sport comme on réunirait des dieux sur l’Olympe.</p>



<p>Mais Ali n’est pas un modèle facile. Lors de leur rencontre à Chicago, Warhol se heurte à la méfiance du champion. Ali est tendu, silencieux. Ce n’est qu’après avoir discuté avec l’assistante de Warhol, qui lui parle des engagements du peintre en faveur de la différence et des marginaux, qu’il accepte. Warhol prend des polaroïds du boxeur : visage fermé, poings levés. Une posture qui rappelle autant la garde d’un pugiliste que la posture d’un résistant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un portrait devenu manifeste</h2>



<p>Le résultat est saisissant. Warhol ne cherche pas la ressemblance, il cherche la force du symbole. Le visage d’Ali, cadré en gros plan, flotte sur un fond coloré. Les traits sont soulignés de noir, les couleurs saturées : on dirait une affiche, un poster de propagande ou une couverture de magazine. Mais au lieu d’un dictateur ou d’une star de cinéma, c’est un boxeur noir américain, en pleine ascension, qui devient icône.</p>



<p>Ce portrait bouleverse. Car Warhol, en élevant Ali au rang d’icône pop, reconnaît dans le sport une force esthétique, politique et sociale. Il fait d’Ali un héros de la culture visuelle, au même titre qu’Elvis ou Mao. Et ce faisant, il brouille les frontières entre art élitiste et culture populaire, entre galerie et salle de sport.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que ça nous dit de notre époque</h2>



<p>La série <em>Athletes</em> de Warhol est un tournant. Elle anticipe ce que deviendront les sportifs dans les années 80 et 90 : des figures médiatiques, des marques à part entière, des symboles culturels. Elle montre aussi que l’art peut parler du sport sans condescendance, avec respect, et même admiration.</p>



<p>Aujourd’hui encore, ce portrait de Muhammad Ali résonne. Il nous parle d&rsquo;engagement, de puissance, de lutte — mais aussi de beauté, d’attitude, d’image. Il nous rappelle que les champions ne sont pas que des corps performants : ce sont aussi des esprits, des consciences, des figures à interpréter.</p>



<p>Et en tant que coach sport santé, c’est ce message que je retiens : le sport n’est pas qu’une affaire de performance. C’est une culture, un langage, un miroir de la société. Ali, par sa présence, sa parole, ses combats sur et hors du ring, incarne tout cela. Warhol, par son regard, l’a figé pour l’éternité.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>Warfare (2025) : du film de guerre au survival</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/warfare-film-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 14:47:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Warfare : cette co-réalisation signée Alex Garland et Ray Mendoza vient d’être parachutée sur Amazon Prime Vidéo sans passer par la case sortie en salle, du moins dans l’Hexagone. Un parachutage très discret du reste, et c’est bien dommage, car ce film marque à bien des égards par son originalité, son intensité et son regard critique. Un bain de sang, une course à la survie Petit pitch : Irak, 2006, en pleine...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Warfare-2025.jpg" alt="" class="wp-image-38151" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Warfare-2025.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Warfare-2025-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Warfare-2025-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Warfare </em>: cette co-réalisation signée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_Garland">Alex Garland</a> et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ray_Mendoza_(director)">Ray Mendoza</a> vient d’être parachutée sur Amazon Prime Vidéo sans passer par la case sortie en salle, du moins dans l’Hexagone. Un parachutage très discret du reste, et c’est bien dommage, car ce film marque à bien des égards par son originalité, son intensité et son regard critique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Warfare | Official Trailer HD | A24" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/JER0Fkyy3tw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un bain de sang, une course à la survie</h2>



<p>Petit pitch : Irak, 2006, en pleine bataille de Ramadi. Une section de Navy SEALs investit de nuit une maison pour assurer sa mission de surveillance/neutralisation. Tout est prévu pour que ça se passe bien &#8230; sauf que ça va tourner au fiasco. Un bain de sang, une course à la survie.</p>



<p>Inspirée d’une histoire vraie (Ray Mendoza raconte ici son expérience sur le terrain, lui qui fut militaire), <em>Warfare </em>bluffe par son réalisme cru souligné par une narration en temps réel extrêmement rythmée. Nous vivons ce huis-clos de l’intérieur au son des tirs, des explosions, des hurlements des blessés, des respirations saccadées par la peur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La peur, le doute, la douleur, la sidération</h2>



<p>La peur : c’est le personnage central de cette histoire, une peur qui s’invite au moment où on ne s’y attend pas, qui vient s’emparer de ces jeunes soldats trop sûrs d’eux, qui vont se casser les dents sur l’agressivité guerrière d’adversaires rompus au combat de rue, à la guérilla et qui connaissent l’endroit comme leur poche vu qu’ils y sont nés.</p>



<p>La peur, le doute, la douleur, la sidération : filmant en gros plan cette perte brutale des repères et des convictions, Alex Garland semble développer une séquence de <em>Civil War</em>, son film précédent. La caméra ici documente l’événement comme le ferait un reporter de guerre coincé au milieu de ces combattants. Tout est montré, les corps déchiquetés, le supplice des lésions qu’on peine à colmater, la stupéfaction face à la perte de contrôle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la rigolade au survival</h2>



<p>Incontestable : le manque flagrant de professionnalisme de ces gamins qui jouent aux durs mais oublient leurs sacs, égarent leurs armes, ne disposent pas d’appui aérien quand il faut, perdent leur clame au moment où il faudrait au contraire avoir des nerfs d’acier. Au finish, ceux qui s’en sortent le mieux sont les deux blessés, shootés à la morphine.</p>



<p>Leçon de survie ? Il y a de ça. L’ambiance initiale à la rigolade va sombrer dans le glauque, l’atroce. Et c’est là que nos loulous vont se révéler, troquant leur belle assurance contre un sens de la conservation en mode impro. Un peu comme les bidasses paumés dans la jungle vietnamienne dans les années 70, les rangers perdus dans Mogadiscio en 1993.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art de la guerre</h2>



<p>Une Bérézina supplémentaire, un écho à <em>Platoon</em> ou <em>La Chute du Faucon noir</em>. Comme si les USA n’arrivaient pas à apprendre de leurs erreurs passées, continuaient aveuglément à considérer ses boys comme de la chair à canon. Un cri demeure en tête : « Pourquoi ? » Le hurlement de colère d’une habitante de cette maison envahie de nuit sans en demander la permission, et détruite au cours de l’opération, laissant ses occupants démunis et qu’ils ne se plaignent pas, ils sortent de cette histoire vivants.</p>



<p>Terrorisés, traumatisés à jamais mais intacts physiquement. Un miracle. Et surtout un questionnement. A quoi a bien pu servir cette mission ? On s’interroge sur l’impréparation, la confusion, le bruit intolérable, les râles de souffrances qui couvrent les échanges, les claquements des mitrailleuses… un chaos ironiquement souligné par le titre : « warfare » en anglais signifie l’art de la guerre, la manière dont elle est menée, les tactiques, les types de combat.</p>



<p>Pour le coup, les compétences ne sont pas au rendez-vous, le gâchis oui. Warfare critique le système, la déconnexion totale entre la rhétorique militaire et la réalité du terrain. Ce que le film dit, c’est qu’on ne contrôle plus rien. Que les outils technologiques n’empêchent pas les bavures. Que les meilleures formations ne protègent pas de l’absurde. Que l’ « expérience” n’immunise pas contre la peur. Et que la guerre moderne demeure la guerre, une machine folle.</p>



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		<title>Underworld USA : le cantique des désillusions américaines selon James Ellroy</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/underworld-usa-ellroy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 15:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile d’aborder les dessous du scandale Watergate sans faire écho à la trilogie Underworld USA. Il faut bien reconnaître qu’avec cette série de romans, James Ellroy a posé une pierre fondatrice en matière de thriller politique et d’analyse désabusée de la corruption made in America. Si l’on veut comprendre l’ampleur du fiasco Nixon, la logique qui en a été le déclencheur et la toile de fond, parcourir ces trois pavés...</p>
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<p>Difficile d’aborder les dessous du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate">scandale Watergate</a> sans faire écho à la trilogie <em>Underworld USA</em>. Il faut bien reconnaître qu’avec cette série de romans, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=james+ellroy">James Ellroy</a> a posé une pierre fondatrice en matière de thriller politique et d’analyse désabusée de la corruption made in America. Si l’on veut comprendre l’ampleur du fiasco Nixon, la logique qui en a été le déclencheur et la toile de fond, parcourir ces trois pavés est indispensable. Car les micros planqués, les enregistrements pirates, les chantages, les pressions, les menaces, les coups fourrés ne sont pas l’apanage de Dirty Dick, d’autres avant lui se sont distingués dans cet exercice périlleux. Hommes de l&rsquo;ombre, barbouzes extrémistes, agents doubles, politiciens véreux : James Ellroy, avec sa plume corrosive de « Demon Dog » nous plonge avec autant de délice que de dégoût dans les spectres de cette Amérique souterraine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tragédie politique en trois temps</h2>



<p><em>Underwold USA </em>est constituée de trois romans pensés comme trois actes d’une tragédie politique d’envergure.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>American Tabloïd</em> (1995) : Les fondations du chaos</h3>



<p>Dans ce premier volet, Ellroy nous transporte de 1958 à 1963, période charnière où l&rsquo;Amérique vacille entre espoir et désillusion. On y suit les trajectoires de Pete Bondurant, Kemper Boyd et Ward Littell, trois hommes aux allégeances floues, naviguant entre le FBI, la CIA, la mafia et les Kennedy. L&rsquo;auteur expose les liens troubles entre le pouvoir politique et le crime organisé, suggérant que l&rsquo;assassinat de JFK n&rsquo;était pas un acte isolé, mais le résultat d&rsquo;un enchevêtrement de trahisons et de manipulations.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>American Death Trip</em> (2001) : L&rsquo;Amérique en déliquescence</h3>



<p>Poursuivant <em>American Tabloïd</em>, ce second tome s&rsquo;ouvre sur l&rsquo;assassinat de JFK en 1963 et se clôt sur ceux de Martin Luther King Jr. et Robert F. Kennedy en 1968. Ellroy y adopte un style plus dépouillé encore, plus organique et primaire, reflétant la brutalité, la crudité de l&rsquo;époque. La guerre du Vietnam, les tensions raciales, les manipulations politiques irriguent ce récit cauchemardesque, offrant une vision sombre et désabusée d&rsquo;une nation en perte de repères.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Underworld USA</em> (2009) : La descente aux enfers</h3>



<p>Dernier opus de la trilogie, <em>Underworld USA</em> couvre les années 1968 à 1972, période marquée par la désillusion post-68. Ellroy y introduit de nouveaux personnages, tels que Don Crutchfield, un détective privé, et explore des thèmes comme l&rsquo;infiltration du FBI dans les mouvements révolutionnaires, la corruption politique et les opérations secrètes à l&rsquo;étranger. Ces pages sonnent comme une conclusion intense et violente de la trilogie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fresque de la corruption systémique</h2>



<p>À travers ces trois romans, Ellroy dresse le portrait implacable d&rsquo;une Amérique gangrenée par la corruption, où les idéaux sont sacrifiés sur l&rsquo;autel du pouvoir. Les méthodes des barbouzes Hunt et Liddy, l&rsquo;aveuglement de Mitchell et sa clique, décrits dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/hommes-president-film-pakula/">Les Hommes du président</a></em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/gaslit-serie/">Gaslight</a></em> et <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-white-house-plumbers/">The White House Plumbers</a></em> trouvent leurs racines dans les pratiques décrites par Ellroy : manipulations médiatiques, assassinats politiques, infiltrations, coups tordus en tout genre.</p>



<p>En revisitant les décennies précédant le Watergate, l’auteur du mythique polar <em>Le Dahlia Noir</em> offre une perspective unique sur les mécanismes qui ont conduit à l&rsquo;un des plus grands scandales politiques américains. Il va plus loin&nbsp;; balzacien dans l’âme, il décrypte une mentalité, la psychologie d’une époque, une idéologie mortifère qui dévore les âmes, gangrène les esprits, soumet les volontés, dissout l’esprit de justice et d’égalité. Sa trilogie n&rsquo;est pas seulement une œuvre de fiction, elle déroule une analyse profonde des dérives du pouvoir et de la fragilité des institutions démocratiques.</p>



<p>En somme, la trilogie <em>Underworld USA</em> est une plongée vertigineuse dans les ténèbres de l&rsquo;histoire américaine, une lecture indispensable pour quiconque souhaite comprendre les racines profondes du Watergate et les mécanismes de la corruption politique.</p>



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		<title>Gaslit : « Martha avait raison »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gaslit-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 11:25:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Martha avait raison ». Ces mots, gravés en grosses fleurs blanches sur une couronne mortuaire concluent la série Gaslit. « Gaslit », « manipulé » en anglais. Manipulée, Martha l’a en effet été et de la pire des manières. Martha, c’est Martha Mitchell, l’épouse de John Mitchell, le ministre de la Justice qui a orchestré dans l’ombre et sur ordre du président Nixon l’opération « Gemstones », opération qui se conclura par le scandale du Watergate et...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit.jpg" alt="" class="wp-image-38023" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-Gaslit-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>« Martha avait raison ». Ces mots, gravés en grosses fleurs blanches sur une couronne mortuaire concluent la série <em>Gaslit</em>. « Gaslit », « manipulé » en anglais. Manipulée, Martha l’a en effet été et de la pire des manières. Martha, c’est Martha Mitchell, l’épouse de John Mitchell, le ministre de la Justice qui a orchestré dans l’ombre et sur ordre du président Nixon l’opération « Gemstones », opération qui se conclura par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scandale_du_Watergate">scandale du Watergate</a> et la démission du dit Nixon. Intelligente mais un peu trop grande gueule quand il s’agit de s’adresser aux médias, Martha a vite compris l’implication de son mari. Ce dernier va alors tout faire pour la faire taire. Tout. C’est de cela dont parle <em>Gaslit</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="GASLIT Bande Annonce Teaser VOST (2022, Drame) Julia Roberts, Sean Penn, Watergate" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/F5iQisjcNXw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Critiquée, blacklistée, gaslightée</h2>



<p>Là où <em><a href="https://www.theartchemists.com/hommes-president-film-pakula/">Les Hommes du président</a></em> de Pakula abordait le scandale du Watergate du point des journalistes qui l’ont révélé dans les colonnes du Washington Post, la série <em>Gaslit</em> nous entraîne dans les coulisses de cette affaire politique avec pour objectif d’en analyser les rouages et d’en dévoiler les dommages collatéraux. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Martha_Mitchell">Martha Mitchell</a> fait partie de ces dommages collatéraux, et la manière dont elle va être traitée illustre magistralement le climat qui règne alors dans la proximité d’un Nixon obsédé par la perspective de sa réélection.</p>



<p>Critiquée, blacklistée, cette républicaine convaincue a horreur du mensonge. Prête à témoigner sur l’implication du président dans la tentative de mise sur écoute de l’équipe du parti démocrate, elle va être muselée par son propre époux, qui ira jusqu’à la quitter après l’avoir fait séquestrer. Considérée comme folle, irresponsable, alcoolique, elle y laissera son couple, sa santé mentale et sa vie. Pour défendre la vérité, bien avant que le duo Woodstein ne mette son nez dans les barbouzeries nixoniennes. Une lanceuse d’alerte donc, volontairement gaslightée, sacrifiée sur l’autel du secret d’état.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un aveuglement fanatique</h2>



<p>Sacrifiée par un mari aimant certes, mais littéralement aveuglé par un Nixon charismatique, que tout son entourage veut protéger comme s’il était la seule chance de survie d’une Amérique conservatrice largement ébranlée par la guerre du Vietnam. L’ordalie de Martha Mitchell met en relief cet aveuglement généralisé, proche du fanatisme et qui flirte avec la bêtise la plus absolue. Car dans leur désir de démolir un adversaire pourtant très faible, Mitchell et ses conseillers de l’ombre vont recruter des incapables, extrémistes de droite et autres ex-séides de la CIA et du FBI, qui vont cumuler les bourdes jusqu’à se faire pincer en flagrant délit, ce qui est un comble.</p>



<p>En huit épisodes trépidants, <em>Gaslit</em> démonte une chronologie mortifère sur fond de hits 70’s, scrutant cette histoire par le petit bout de la lorgnette. Lorgnette dans laquelle apparaissent tour à tour les acteurs principaux et secondaires de ce mélodrame qui ferait hurler de rire s’il n’était pas si choquant de violence et d’hypocrisie. Car les hommes du Watergate ne sont pas des cerveaux machiavéliques mais des bras cassés, arrogants, machistes et grossiers, prêts à tout pour défendre « leur camp », jusqu’à l’absurde. S’ils ratent leur effraction comme des amateurs, ils persistent, s’enfoncent, mentent, écrasent, jusqu’à tout faire exploser. Et sacrifier carrière, épouses, familles, collaborateurs, témoins, qui subissent sans rien dire ou sont réduits au silence quand ils font mine de se rebeller.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mélange des genres</h2>



<p>Si on rit parfois, c’est jaune. La plupart du temps, au fil de ce récit cynique, on serre les dents. La réalisation, d’un réalisme confondant, joue avec les codes du thriller politique, du soap opera et du drame intime. Pareil mélange des genres donne une singulière et savoureuse épaisseur à ce théâtre social doublé d’un drame humain et d’une sévère leçon de démocratie pervertie. Pour pimenter le tout, un casting flamboyant dominé par une Julia Roberts à la fois insupportable, pathétique et touchante, un Sean Penn méconnaissable, glaçant de brutalité. Big up du reste à Shea Whigham qui plante un Gordon Liddy incroyablement loufoque et sauvage.</p>



<p>Big up également au scénario qui très habilement replace cette historie dans une perception plus large d’une Amérique où il ne fait guère bon être femme ou racisé. Une Amérique 70’s qui tend un miroir peu flatteur à celle d’aujourd’hui, et c’est justement le but. La figure de Martha Mitchell, ici réhabilitée, illustre le destin des lanceurs d’alerte dans des systèmes corrompus flirtant ouvertement avec le fascisme et la coercition. « Gaslightée » au sens propre, Martha Mitchell ressort de ce récit haut en couleurs et en émotions comme une figure de courage et de lucidité. Un exemple ?</p>



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		<title>Pentagon Papers : une ode à la liberté de la presse signée Spielberg</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/pentagon-papers-une-ode-a-la-liberte-de-la-presse-signee-spielberg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 17:05:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Steven Spielberg n’a jamais eu peur d’affronter l’Histoire. Avec Pentagon Papers (The Post, 2017), il signe un film d’une actualité brûlante, en explorant l’un des tournants les plus décisifs de la liberté de la presse américaine. Porté par Meryl Streep et Tom Hanks, ce thriller politique met en scène la course contre la montre du Washington Post pour publier les « Pentagon Papers », ces documents confidentiels révélant les mensonges de l’administration...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers.jpg" alt="" class="wp-image-38015" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Steven Spielberg n’a jamais eu peur d’affronter l’Histoire. Avec <em>Pentagon Papers</em> (<em>The Post</em>, 2017), il signe un film d’une actualité brûlante, en explorant l’un des tournants les plus décisifs de la liberté de la presse américaine. Porté par Meryl Streep et Tom Hanks, ce thriller politique met en scène la course contre la montre du <em>Washington Post</em> pour publier les « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentagon_Papers">Pentagon Pap</a>ers », ces documents confidentiels révélant les mensonges de l’administration américaine sur la <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-guerre-vietnam/">guerre du Vietnam</a>. Un film sur le passé ? Peut-être. Mais surtout, une alerte sur notre présent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Pentagon Papers / Bande-annonce officielle VOST [Au cinéma le 24 janvier]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/pV-KZSohqjU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Scandale d’État et journalisme d&rsquo;investigation</h2>



<p>Tout commence en 1971. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Ellsberg">Daniel Ellsberg</a>, analyste militaire et premier lanceur d’alerte de l’histoire moderne s’il en est, divulgue à la presse une étude secrète commandée par le Pentagone, qui montre que les gouvernements successifs, de Truman à Nixon, savaient que la guerre du Vietnam était une impasse, mais ont sciemment menti à l’opinion publique pour ne pas perdre la face, quitte à sacrifier les vies des jeunes soldats envoyés là-bas (58&nbsp;209&nbsp;morts sur les 2 millions de victimes du conflit). Le <em>New York Times</em> commence à publier les documents… avant d’être bloqué par une injonction de la Maison-Blanche.</p>



<p>Publier, c’est risquer une accusation de haute trahison, ce qui n’est pas rien. Le <em>Washington Post</em>, alors dirigé par <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/katharine-graham-la-femme-qui-revela-les-pentagon-papers-et-le-watergate_2575896.html">Katharine Graham</a> (Meryl Streep), hésite : publier à son tour ou se soumettre ? Risquer la prison, la faillite, la perte de crédibilité (au moment où le quotidien entre en bourse)… ou défendre le droit fondamental d’informer et de révéler la vérité ? Comme à son habitude et avec le talent qu’on lui connaît, Spielberg, en grand amateur d’Hitchcock qu’il est, transforme ce dilemme médiatico-politique en un suspense haletant, où les enjeux moraux, économiques et sociétaux se mêlent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ode aux femmes qui prennent le pouvoir</h2>



<p>Sous ses allures de thriller politique à l’ancienne, <em>Pentagon Papers</em> est aussi le portrait d’une femme qui s’affirme dans un monde d’hommes. Katharine Graham, veuve discrète devenue éditrice par nécessité, se retrouve propulsée en première ligne d’un combat médiatique, juridique et idéologique qui ne la dépasse pas tant que ça.</p>



<p>Son cheminement intérieur — de la peur et de l’effacement à la détermination — donne au film une dimension intime, vibrante, profondément féministe. Le personnage de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Bradlee">Ben Bradlee</a> (Tom Hanks), rédacteur en chef énergique et pur jus « old school » (qui sera au coeur de l’enquête sur le scandale du Watergate), vient contrebalancer cette évolution. Ce tandem incarne deux faces complémentaires de la presse libre : le feu de l’investigation et la prudence stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Spielberg, chef d’orchestre engagé</h2>



<p>Réalisé en quelques mois seulement, dans une urgence assumée, <em>Pentagon Papers</em> est un film au rythme tendu, au découpage d’une efficacité redoutable. Spielberg y déploie tout son savoir-faire : mouvements de caméra fluides, montage nerveux, ce sens du cadre qui donne du souffle à la parole.</p>



<p>Mais c’est surtout un film profondément politique. Spielberg, Streep et Hanks s’engagent ouvertement contre la montée des populismes, la remise en question de la presse, les attaques contre la vérité. Le film, tourné sous l’administration Trump, fait ainsi écho à des débats toujours d’actualité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Quelle est la place du journalisme face au pouvoir ?</li>



<li>Jusqu’où peut-on aller pour défendre le droit de savoir ?</li>



<li>La démocratie peut-elle survivre sans une presse libre ?</li>
</ul>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-3efe0f7d6479a9a0bcb211db945bb24c" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>A lire également</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-television-francaise/">Une télévision française : quand le théâtre évoque TF1 en marche vers la privatisation</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le dérangeant miroir de notre époque</h2>



<p>Dans un monde saturé d’informations, de désinformation et de manipulation, <em>Pentagon Papers</em> sonne comme un rappel essentiel : la vérité a un prix. Et ceux qui la défendent, journalistes, lanceurs d’alerte, éditeurs, prennent des risques — pour nous.</p>



<p>C’est aussi un hommage à la presse papier, aux rotatives, aux bouclages de nuit, aux doutes de dernière minute, aux discussions en salle de rédaction. Une autre époque, pas si lointaine, où on savait enquêter, où tenir tête au pouvoir n’était pas une stratégie marketing, mais un acte de courage, un engagement citoyen.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Zoom sur Fred Soreau : confidences d’un photographe globe-trotter</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/interview-frederic-soreau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jan 2025 18:18:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Flashback : la semaine dernière, nous éditions une chronique du livre Algérie-Une histoire millénaire paru aux éditions Géorama. Un magnifique livre mêlant textes et photographies en une exploration de l’Algérie méconnue. Paysages majestueux, villes féériques, digne héritier des récits de voyage de la fin du XIXeme siècle, le travail de Frédéric Soreau nous a beaucoup impressionnés. Suffisamment en tout cas pour que nous nous intéressions à ce Monsieur de plus...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-interview-frederic-soreau.jpg" alt="" class="wp-image-37696" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-interview-frederic-soreau.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-interview-frederic-soreau-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-interview-frederic-soreau-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Flashback : la semaine dernière, nous éditions une chronique du livre <em><a href="https://www.theartchemists.com/algerie-histoire-millenaire-livre/">Algérie-Une histoire millénaire</a></em> paru aux <a href="https://georama.fr/auteur/frederic-soreau/">éditions Géorama</a>. Un magnifique livre mêlant textes et photographies en une exploration de l’Algérie méconnue. Paysages majestueux, villes féériques, digne héritier des récits de voyage de la fin du XIXeme siècle, le travail de <a href="https://www.soreau-photographe.com/">Frédéric Soreau</a> nous a beaucoup impressionnés. Suffisamment en tout cas pour que nous nous intéressions à ce Monsieur de plus près.</p>



<p>Photographe professionnel, guide et conférencier, auteur et reporter, professeur de langues étrangères et de FLE (Français Langue Etrangère)&nbsp;: Soreau cultive un profil en apparence atypique mais finalement d’une rare cohérence. Trait d’union de ces différentes disciplines qu’il pratique de front&nbsp;: l’amour de l’Ailleurs. L’échange également entre les cultures, les êtres humains. A l’heure du tout numérique, de l’automatisation échevelée, Soreau s’enracine dans le concret, la vérité du dialogue, le travail de terrain.</p>



<p>Le partage In Real Life, loin des sirènes du social media (il y opère depuis peu, il faut bien se tenir à la page, mais avec autant de discrétion que d’élégance), c’est son ambition&nbsp;: qu’il s’agisse de faire découvrir le monde à des voyageurs, de partager les beautés de la langue françaises avec des amateurs venus des quatre coins du monde, de raconter en texte et en images ses périples à la surface de la planète.</p>



<p>Un OVNI&nbsp;? Il y a de ça. Et surtout une sacrée rencontre, pour une personnalité d’une rare richesse, aussi inspirée que rigoureuse et pertinente, qu’il s’agisse de prendre la plume ou l’objectif. On vous relate le tout dans cette interview.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«&nbsp;L’amour de l’Ailleurs, l’ouverture aux autres&nbsp;»</em></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?</strong></li>
</ul>



<p>J’ai plusieurs casquettes, je suis photographe professionnel, j’écris des livres et des guides de voyage. Je suis également guide-accompagnateur. Parallèlement à ces activités, je donne des cours de français langue étrangère et je suis examinateur-correcteur pour les tests de langue. Plusieurs activités donc, complémentaires avec un thème commun&nbsp;: l’amour de l’Ailleurs.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Qu’est-ce qui vous a initialement </strong><strong>amené</strong><strong> à vous lancer dans </strong><strong>tous ces</strong><strong> domaines ?</strong></li>
</ul>



<p>En ce qui concerne la photographie, j’ai commencé très jeune. Je faisais en amateur des stages photos et j’étais inscrit dans un club photos dans le 18eme à Paris. On faisait du noir et blanc, on développait les tirages argentiques. C’était magique de voir la photo apparaître dans le bac du révélateur. Avec l’argentique, on faisait très attention à la prise de vue, au cadrage, avant d’appuyer sur le bouton. Les pellicules photos coûtaient chers et je pense qu’on faisait plus attention qu’aujourd’hui ; avec le numérique, on a juste à appuyer sur le bouton.</p>



<p>J’ai aussi toujours été attiré par les cultures étrangères. Lorsque j’étais étudiant à l’École du Louvre, les cours d’histoire de l’Art sur les civilisations orientales m’ont vraiment ouvert l’esprit, c’était un sujet passionnant. J’étais fasciné par ces cultures si différentes de la nôtre.</p>



<p>A la même période, j’ai eu l’opportunité d’accompagner des groupes de voyageurs pour une association, la FUAJ (Fédération Union des Auberges de Jeunesse) ; ils organisaient des voyages/aventures à travers le monde et m’ont proposé d’accompagner un circuit en Indonésie et en Malaisie. Le voyage s’est très bien passé et ils m’ont proposé par la suite d’accompagner d’autres groupes dans différents pays. A l’époque, il n’y avait pas internet, les accompagnateurs devaient réserver les hôtels sur place et s’occupaient des transports, de la gestion du groupe. Il fallait être débrouillard et parler les langues étrangères.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Comment ces différentes activités s’articulent-elles ?</strong></li>
</ul>



<p>Toutes ces activités, que ce soient l’accompagnement de voyage, la photographie, l’écriture de livres de voyage, l’enseignement du français langue étrangère ont un point commun&nbsp;: l’ouverture aux autres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«&nbsp;Le voyage et la photographie&nbsp;? Un prétexte pour aborder l’autre, mieux comprendre l’autre&nbsp;».</em></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Qu’est-ce qui vous attire le plus dans la photographie de voyage ?</strong></li>
</ul>



<p>La photo de voyage permet d’explorer de nombreux domaines, c&rsquo;est très diversifié. Je fais des photos de paysages, de portraits, des scènes de rue, de l’animalier, des photos de fêtes, d’événements et de festivals. L’objectif est de donner un aperçu du pays, sans tomber dans les clichés (rires).</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La photographie de voyage demande une sensibilité particulière. Comment parvenez-vous à capturer l’âme d’un lieu ou d’une culture à travers l’objectif ?</strong></li>
</ul>



<p>Je n’ai pas de processus créatif à proprement parler. Mais je suis particulièrement sensible à la lumière. En général, j’essaye de faire beaucoup de photos tôt le matin et en fin d’après-midi. La lumière dorée est plus belle, elle sublime les espaces, les sites, les êtres.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Quels sont les défis particuliers que vous rencontrez en tant que photographe de voyage ?</strong></li>
</ul>



<p>J’essaye toujours de photographier le plus possible les habitants du pays dans lequel je me rends, parce que je m’intéresse à l’humain, dans son quotidien. Or qui n’est pas toujours facile. Cela dépend du pays et du rapport que les habitants ont avec la photographie. Je fais toujours attention à me fondre dans la masse pour pouvoir photographier les gens de façon plus naturelle. Plus que les paysages, ce sont les visages qui m’attirent. C’est important de respecter l’autre, s’il ne veut pas être photographié pour des raisons religieuses ou par superstition ; certains peuples croient qu’en les photographiant on leur vole leur âme : dans ces cas-là, je n’insiste pas. Parfois c’est le contraire ; les gens sont heureux et fiers d’être pris en photo. Je me rappelle qu’en Inde, un habitant du Rajasthan m’a suivi à vélo dans le village pour que je le photographie. Après l’avoir photographié, son visage s’est illuminé et j’ai vu la joie que cela lui procurait ; c’est à ce moment-là que j’ai réalisé un deuxième cliché et c’était la bonne photo.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Comment choisissez-vous les sujets et les lieux que vous souhaitez photographier ?</strong></li>
</ul>



<p>Lorsque je réalise un reportage photos dans un pays que je ne connais pas, je me renseigne beaucoup avant de partir. Je lis beaucoup de livres sur le pays, je regarde des documentaires. Arrivé sur place, le premier jour, je ne fais pas de photos. Je me promène dans les rues de la ville, j’observe, je fais des repérages, je regarde comment les gens réagissent. Pour certaines photos, il m’arrive de faire des croquis sur un carnet, de repérer des endroits susceptibles d’être intéressant comme angle de prises de vue. Par exemple à Cuba à La Havane, il y a un quartier avec beaucoup de murs peints représentant des héros de la révolution. Lorsque j’y suis allé il y a 1O ans, j’avais fait des repérages la veille puis j’étais revenu le lendemain matin pour réaliser les photos.</p>



<p>J’essaye aussi de faire des photos de fêtes et de festivals. Je pense que c’est important car cela reflète l’âme d&rsquo;un pays. Cela peut être une fête religieuse comme la Semaine Sainte au Guatemala à Antigua ou des carnavals comme à Rio au Brésil. Là-bas justement, le carnaval a lieu chaque année au Sambodrom ; j’avais préparé mon voyage en amont et j’avais fait une demande d’accréditation pour pouvoir avoir accès à certains lieux.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Quel rôle la photographie joue-t-elle dans votre manière d’explorer et de comprendre d&rsquo;autres cultures ?</strong></li>
</ul>



<p>Pour moi, le voyage et la photographie sont un prétexte pour aborder l’autre, mieux comprendre l’autre. Heureusement on ne vit pas tous de la même manière dans tous les pays du monde. Les coutumes, les traditions, le rapport à la religion, au spirituel sont très différents selon les cultures. Le fait d’avoir beaucoup voyagé m’a ouvert l’esprit. Si je n’étais pas photographe, je pense que je n’aurais pas eu la possibilité d’accéder à certains endroits et aussi de rencontrer certaines personnes. Je pense à Naguib Mahfouz, à Youssef Chahine, à Gamal Ghitany, à Sonallah Ibrahim que j’ai eu l’honneur de rencontrer lorsque nous avions avec Olivier Dalle réalisé deux ouvrages sur le Caire (<em>Le Caire</em> 1999 et <em>Regards sur Le Caire</em> aux éditions Romain Pages).</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Quelles sont vos principales sources d’inspiration, tant sur le plan professionnel que personnel ? Y a-t-il des mentors ou des figures influentes qui ont marqué votre parcours ?</strong></li>
</ul>



<p>D’une manière générale, je suis inspiré de manière inconsciente par tous les arts&nbsp;: le cinéma, la musique, la littérature et bien entendu la photo. J’aime beaucoup l’œuvre de Cartier-Bresson, son sens de la composition , de la géométrie , son intuition, son humanisme. Chacune de ses photos est bien équilibrée. Tous les éléments sont à leur place, un peu comme dans une peinture.</p>



<p>La peinture, notamment la peinture de la Renaissance, est aussi l’une de mes sources d’inspiration. Elle me donne des idées pour travailler la lumière, la couleur ou la composition. Mes cours d’histoire de l’art à l’école du Louvre m’ont donné un bagage culturel&nbsp;; grâce à des professeurs de grande qualité, j’ai découvert l’art dans le monde&nbsp;; cela n’a pas de prix.</p>



<p>Je suis aussi sensible à l’œuvre de Steve McCurry , grand photographe voyageur et portraitiste, grand maître du courant coloriste.</p>



<p>La nature est aussi une de mes sources d’inspiration&nbsp;: elle nous invite à être humble et patient. C’est une source d’inspiration inépuisable car la nature est constamment changeante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«&nbsp;Dévoiler le patrimoine naturel et culturel d’un pays&nbsp;»</em></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Votre nouveau livre de photos se concentre sur l’Algérie. Pourquoi avoir choisi ce pays comme sujet principal de votre ouvrage ? Qu&rsquo;est-ce qui vous a attiré vers ce projet ?</strong></li>
</ul>



<p>Mon dernier livre paru aux éditions GEORAMA s’intitule effectivement <em>Algérie une histoire millénaire</em>et ce n&rsquo;est pas un hasard. 12 chapitres, 156 pages, plus de 200 photos&#8230; Le titre rappelle que l’Algérie est au carrefour de nombreuses civilisations qui s’y sont succédé&nbsp;: les Phéniciens, les Romains, les Vandales, les Turcs, les Espagnols, les Français. Dans ce pays, le patrimoine est exceptionnel, mais méconnu : il y a à la fois le désert, la mer Méditerranée, les montagnes, des sites archéologiques, des vestiges du passé de toute beauté, des villes ou il fait bon vivre comme Oran et Constantine. J&rsquo;ai voulu mettre cela en avant, faire découvrir ces merveilles. En 2022 l’Algérie a fêté les 60 ans de son indépendance. A cette occasion, j’ai eu l’envie de réaliser un beau livre, j’en ai parlé avec mon éditeur qui accepté.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’Algérie est un pays que vous connaissez bien. Quel rôle la découverte de ce pays a-t-elle joué dans votre propre parcours personnel et professionnel ?</strong></li>
</ul>



<p>J’ai eu la chance de pouvoir me rendre en Algérie plusieurs fois auparavant et de l&rsquo;explorer du nord au sud, d’est en ouest. La première fois, c’était en 2009 ; les éditions du Jaguar m’avait missionné en tant qu’auteur pour effectuer la mise à jour d’un guide <em>L’Algérie aujourd’hui</em>. C&rsquo;est là que je suis tombé en amour avec ce pays magnifique.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Pouvez-vous nous parler du concept et du contenu de ce livre ? Quel est le processus créatif derrière ce livre ? Comment avez-vous sélectionné les images et quelle histoire souhaitiez-vous raconter à travers elles ?</strong></li>
</ul>



<p>La collection « Regards sur notre monde » des éditions GEORAMA a pour objectif de montrer au grand public le patrimoine naturel et culturel d’un pays. Or j’ai remarqué en maintes occasions que peu de personnes connaissent le patrimoine de l’Algérie. Lorsqu’on parle de ce pays, c’est souvent sous un angle politique ou économique, rarement d’un point de vue culturel. Or il y a de nombreux trésors dans ce pays, des trésors cachés. Depuis quelques années, l’Algérie ouvre timidement ses portes aux touristes ; de nombreux lieux historiques comme le palais à Alger ont été restaurés. Mais il reste encore beaucoup à faire. C&rsquo;était le point de départ du livre. Quant au choix des images, il a été douloureux. Il faut se rappeler que l’Algérie est un pays immense ; sa superficie fait quatre fois la France. Il est impossible de tout traiter dans un livre de 156 pages. Il a donc fallu synthétiser, sélectionner les photos parmi plus de 5000 images. Un très gros travail.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Quels ont été les principaux défis rencontrés lors de la création de ce livre ?</strong></li>
</ul>



<p>Lorsqu&rsquo;on va en Algérie, comme dans tout pays dans le monde du reste, il y a des règles à respecter. On ne peut pas tout photographier ; pour des raisons de sécurité, il est par ailleurs conseillé de partir avec une agence de voyage et un guide, notamment dans certaines régions comme le désert. Cela a parfois orienté mes choix. Autre impératif : mettre en évidence les grands sites culturels mais aussi des lieux moins connus.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>À qui cet ouvrage s’adresse-t-il ?</strong></li>
</ul>



<p>Ce livre s’adresse à tous ceux qui ne connaissent pas l’Algérie, à ceux qui ont le projet de s’y rendre, qui vont y aller ou qui y sont allés, à ceux qui n’iront pas mais qui voyageront en tournant les pages de ce livre. C’est en cela une invitation au voyage, un hommage à un des plus beaux pays du monde.</p>



<p>Ce livre s’adresse aussi aux franco-algériens qui se rendent en Algérie et qui veulent approfondir certaines connaissances sur l’histoire et sur le patrimoine culturel d&rsquo;un pays au patrimoine remarquable. Ils peuvent d&rsquo;ailleurs en être fiers.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Quelle place occupe l’écriture par rapport à la photographie dans votre démarche créative ?</strong></li>
</ul>



<p>Les deux activités l’écriture et la photographie ont beaucoup de points communs. Photographier c’est écrire avec la lumière, c’est exprimer une émotion, raconter une histoire. C’est une autre manière d’écrire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«&nbsp;Faire aimer et comprendre un pays&nbsp;»</em></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Vous êtes également guide de voyages, emmenant des groupes de personnes découvrir des pays lointains. Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce rôle de passeur de cultures ?</strong></li>
</ul>



<p>En tant que guide-accompagnateur, j’ai toujours pris en charge des petits groupes limités à 12-15 participants pour des associations ou des agences de voyage qui ont une éthique, qui sont respectueuses des peuples et de l’environnement. J’ai commencé à la FUAJ puis j&rsquo;ai travaillé avec Nouvelles Frontières, ADEO et ARVEL. Aujourd’hui j’accompagne des groupes pour Autentika voyages. Il y a un esprit d’aventure, de découvertes. Je m’occupe des réservations d’hôtels, des transports, parfois je suis aussi chauffeur et je conduis le minibus. Il faut être polyvalent, avoir des qualités humaines, être toujours attentif à la sécurité, savoir gérer un budget et gérer un groupe. Ce n’est pas forcément facile mais c’est passionnant. J’aime transmettre ma passion et mes connaissances pour un pays.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Vous avez voyagé dans de nombreux pays à travers le monde. Y a-t-il un moment ou une destination qui a particulièrement marqué votre parcours et influencé votre vision artistique et professionnelle ?</strong></li>
</ul>



<p>Depuis quelques années, je me suis spécialisé sur l’Indonésie et le Japon, dont je pratique les langues. Je me documente régulièrement sur ces pays en me rendant par exemple au musée Guimet ou au musée Cernuschi pour voir des expositions ; j&rsquo;assiste à des conférences, je lis des romans, des livres d’histoire. Apprendre une langue, c’est apprendre une culture. J’aime les pays qui ont une forte culture mais qui conservent un certain mystère. C’est ce qui m’a poussé à m’intéresser au Japon. C’est un pays qui ne ressemble aucun autre, avec une certaine attirance pour tout ce qui est éphémère. Dans ce pays qui est souvent sujet à des catastrophes naturelles, on prend pleinement conscience de la valeur de la vie, de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas. Prendre le temps de regarder, de rêver, de méditer.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Comment parvenez-vous à rendre chaque expérience unique et immersive ?</strong></li>
</ul>



<p>En tant que guide-accompagnateur, j’essaye de transmettre mes connaissances, de faire aimer et comprendre un pays. Je me suis constitué un réseau dans certains pays, notamment en Indonésie et au Japon. A chaque fois que j’y vais, je contacte des guides locaux, des chauffeurs, des artistes qui travaillent avec moi régulièrement. Cela permet au groupe que j’accompagne de faire de connaissances, de rencontrer des locaux. Parfois, nous visitons des associations humanitaires comme à Danang au Vietnam ou à Calcutta en Inde ou à Salvador de Bahia au Brésil et le groupe peut échanger et dialoguer avec des personnes défavorisées, des enfants des rues. Voyager ce n’est pas que visiter des lieux touristiques, c’est aussi essayer de comprendre comment vit la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«&nbsp;Apprendre une langue, c’est apprendre une culture&nbsp;».</em></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Vous enseignez le Français Langue Etrangère, notamment dans différentes antennes de l&rsquo;Alliance Française ; vous êtes également examinateur. Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce type d&rsquo;enseigement ?</strong></li>
</ul>



<p>Ce qui me plaît dans l’enseignement du FLE, c’est d’abord d’enseigner à un public d’étrangers, un public très varié. Dans une classe, on peut avoir jusqu’à 10 nationalités différentes, un véritable métissage culturel ou chacun échange avec l’autre. J’enseigne, je transmets mes connaissances dans la langue et la culture français mais je m’enrichis aussi beaucoup. C’est passionnant. Comme j’ai beaucoup voyagé, je connais souvent le pays et parfois la langue des apprenants, ce qui est un plus notable.</p>



<p>Mes étudiants sont souvent très motivés ; ils ont fait le choix d’apprendre la langue française souvent pour vivre et travailler en France. C’est très stimulant et c’est un véritable bonheur pour moi de les voir progresser. Apprendre une langue, c’est aussi apprendre une culture. Les deux sont indissociables, «&nbsp;les deux facettes d’une même médaille&nbsp;» pour reprendre les termes de Benveniste.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’interculturalité semble être un fil conducteur dans toutes vos activités. Comment définiriez-vous ce concept et pourquoi est-il important pour vous ? Comment pensez-vous que le voyage et la photographie peuvent favoriser le dialogue interculturel ?</strong></li>
</ul>



<p>Pour moi l’interculturalité implique des échanges réciproques. Il y a le mot «&nbsp;culturel&nbsp;» précédé du mot inter (entre). L’interculturalité c’est le dialogue entre les cultures. Aujourd’hui, le problème est que les gens n’osent plus se parler. On a peur de l’autre. Or c’est en dialoguant, en pratiquant une démarche interculturelle qu’on peut contrer les stéréotypes et les préjugés. La notion d’interculturalité englobe le processus de contact culturel mais aussi le métissage des cultures et des langues. La diversité linguistique et culturelle est un enrichissement permanent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>«&nbsp;Il faut être polyvalent&nbsp;»</em></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Quelles sont vos prochaines ambitions ou projets, que ce soit en tant qu&rsquo;auteur, photographe, guide ou enseignant ?</strong></li>
</ul>



<p>En ce qui concerne la photographie, je travaille depuis maintenant trois ans sur le thème des jardins japonais, au fil des saisons. C’est une réflexion sur le temps qui passe, la prise de conscience de l’éphémère. En effet, les arbres en fleurs, que ce soient les cerisiers, les glycines, les pruniers représentent la beauté éphémère de la vie et nous invite à prendre conscience de notre présence éphémère sur terre.</p>



<p>C’est un travail ambitieux que je compte terminer dans le courant de l’année 2025&nbsp;en publiant un livre sur le sujet. Une exposition est également envisagée pour le printemps 2025, au centre culturel Tenri, une association culturelle franco-japonaise. Il s’agit de photographies noir et blanc que j’ai réalisées autour de l’œuvre de Shigemori Mirei, un paysagiste et créateur de jardins secs.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Avec l’évolution constante du monde de la photographie et des voyages, comment envisagez-vous l’avenir de votre travail ?</strong></li>
</ul>



<p>J’ai appris la photographie à l’époque de l’argentique. Comme je vous l’expliquais au début de cet échange, à cette période on faisait très attention avant de prendre une prise de vue car les pellicules photos coûtaient chères&nbsp;: il y avait 36 vues, avant d’appuyer sur le bouton, on faisait attention à soigner son cadrage, à la lumière, à tout ce qui se passait aux bords de l’image. Aujourd’hui avec le numérique, les photographes ont tendance à appuyer le plus possible sur le bouton. Cela a considérablement impacté la profession, la manière de travailler. Aujourd’hui, tout le monde s’improvise photographe, prend des photos avec son smartphone. Devant cette multitude de photos, il devient difficile de faire le tri. Avec l’intelligence artificielle, je pense que le métier de photographe va encore évoluer. Ce qui est sûr, c&rsquo;est qu&rsquo;il est difficile de vivre actuellement de la photographie. Il faut avoir plusieurs métiers et être polyvalent.</p>



<p>Quant au métier de guide, il a peut-être plus d&rsquo;avenir. Les gens voyagent beaucoup plus que dans les années 1990-2000. Depuis une dizaine d’années, le tourisme de masse se développe considérablement. On consomme du voyage. Les gens disent «&nbsp;j’ai fait la Grèce, j’ai fait le Japon&nbsp;», expression qui montre bien qu’il faut avoir vu le plus de pays en le survolant. On se prend en photo devant un monument et on poste sa photo sur Instagram pour dire «&nbsp;j’y étais&nbsp;». Ce n’est pas du tout ma conception du voyage.</p>



<p>J’essaye au contraire de m&rsquo;immerger dans un pays, de m’y intéresser et d’approfondir mes connaissances dans différents domaines&nbsp;: géographique, culturel, architectural, artistique, littéraire. Cela demande du temps&nbsp;: c’est ce que j’essaye de faire avec le Japon et l’Indonésie. J’ai suivi des cours à l’INALCO, je suis diplômé en indonésien, en japonais. Je vais voir des expositions, je lis beaucoup de livres et je m’informe constamment sur l’actualité culturelle de ces pays. Bref j&rsquo;en fais une spécialité. Et je partage mon expertise avec les voyageurs que je guide. Et je pense qu&rsquo;il y a une demande pour ce type d&rsquo;approche qualitative.</p>



<p>1000 fois merci et plus encore à Fred Soreau pour son temps et ses réponses.</p>



<p>Pour en savoir plus sur ses livres, ses photographies, son actualité, n’hésitez pas à consulter son site web <a href="https://www.soreau-photographe.com/">Studio F.Soreau</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Oliver Stone face à JFK : comment « créer un contre-mythe »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-jfk/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 17:19:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>S’il y a un film à retenir concernant l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, c’est celui-ci. Avec JFK, Oliver Stone livre plus qu’un chef-d&#8217;œuvre narratif et cinématographique. En un long métrage coup de poing, il rend compte de l’onde de choc propre à ce séisme historique, et cela, par-delà les années et les frontières. Objectif&#160;: créer un contre-mythe, quitte à faire polémique. Une polémique désormais indéracinable. Assassinat ou exécution&#160;? Vrai ou...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<p>S’il y a un film à retenir concernant l’assassinat de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Fitzgerald_Kennedy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">John Fitzgerald Kennedy</a>, c’est celui-ci. Avec <em>JFK</em>, Oliver Stone livre plus qu’un chef-d&rsquo;œuvre narratif et cinématographique. En un long métrage coup de poing, il rend compte de l’onde de choc propre à ce séisme historique, et cela, par-delà les années et les frontières. Objectif&nbsp;: créer un contre-mythe, quitte à faire polémique. Une polémique désormais indéracinable.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="JFK - Original Theatrical Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/s8az13Y1rUM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Assassinat ou exécution&nbsp;?</h2>



<p>Vrai ou pas&nbsp;? C’est en gros le choix qui se pose quand on visionne les trois heures de récit oppressant déroulé par un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oliver_Stone" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Oliver Stone</a> galvanisé. Au coeur de <em>JFK</em>, l’enquête menée par le procureur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Garrison" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jim Garrisson</a> pour mettre en évidence le complot à l’œuvre derrière l’assassinat du 35<sup>e</sup> président des États-Unis le 22 novembre 1963, enquête relatée par le menu dans l’ouvrage <em>On the Trail of the Assassins </em>paru en 1988. Il en a à peine terminé la lecture que Stone en achète les droits, sur ses propres deniers, c’est dite l’importance que revêt ce livre à ses yeux. Car ces pages font exploser en vol les conclusions de la sacro-sainte commission Warren en charge de l’enquête sur la mort de Kennedy.</p>



<p>Si l’on en croit les investigations menées par Garrisson, JFK n’a pas été tué par un Lee Harvey Oswald solitaire et désaxé. S’appuyant sur une kyrielle de témoignages et d’expertises, Garrisson met en évidence une véritable exécution accomplie par plusieurs tueurs, minutée, programmée dans l’ombre par de hautes instances désireuses de se débarrasser d’un président bien encombrant à la veille d’un conflit vietnamien dans lequel il refuse de se laisser engluer. Fantaisiste pour ne pas dire complotiste&nbsp;? Aucune réponse, sinon un sentiment de doute qui saisit progressivement le spectateur au fil des séquences.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une esthétique à la Costa Gavras</h2>



<p>S’appuyant par ailleurs sur l’enquête <em>Crossfire: The Plot That Killed Kennedy</em>, Stone fournit sa propre version des faits, avec une esthétique qui évoque les films politiques de Costa-Gavras (l’acronyme <em>JFK </em>est une référence à l’emblématique <em>Z</em>). Réalisation syncopée, montage épileptique, alternances d’images frisant le subliminal où se glissent des archives d’époque, Stone est appuyé dans sa démarche par un casting saisi aux tripes par le sujet, incluant des grands noms jusque dans les petits rôles (Kevin Costner, Tommy Lee Jones, Gary Oldman, Kevin Bacon, Sissy Spacek, Joe Pesci, Jack Lemmon, Walter Matthau, Donald Sutherland, John Candy…) sans compter le passage éclair de certains protagonistes dont Garrisson qui interprète… Earl Warren. Ironique revanche&nbsp;?</p>



<p>En explorant l’envers du décor, le film <em>JFK</em> n’apporte aucune réponse claire, il est juste là pour semer le doute et il y parvient parfaitement. Le but est de bousculer une version officielle qui flirte avec le foutage de gueule, en tout cas qui manque singulièrement de fond. Incohérences flagrantes, pistes non explorées, même s’il n’y a pas eu complot d’état, il est évident que ce qui s’est joué le 22 novembre 2023 dépasse le cadre d’une action en solitaire menée par un esprit malade. Saura-t-on vraiment le fin mot de l’histoire ? Cela reste à voir. Ce qui est sûr, c’est que <em>JFK</em> en dynamitant les certitudes, participe de l’élaboration d’un contre-mythe : celui, avéré, d’une Amérique ultraviolente, corrompue, intolérante, versée dans le secret et la manipulation.</p>



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<p><strong>À lire également</strong></p>



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</ul>
</div></div>



<p>Avec <em>JFK</em>, Stone a élargi une brèche, constitué un socle fort de présomption qui aujourd’hui encore, fait débat, ancrant dans les esprits la conviction du mensonge et de la manipulation. Du déni de justice. En autopsiant cet épisode tragique de l&rsquo;histoire des USA, Stone donne à percevoir un manque, une absence, pire, un mépris. Et c&rsquo;est justement dans ce mépris que prennent ancrage les pires dérives complotistes. </p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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		<title>Inconnu à cette adresse : quand Kathrine Kressmann Taylor analyse le processus de décomposition des esprits, des relations, des respects.</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-inconnu-a-cette-adresse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Apr 2023 10:56:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chers lecteurs qui suivez nos publications, il ne vous aura pas échappé que, régulièrement, nous évoquons les spectres de l&#8217;intolérance et de la barbarie. La lecture du très court roman épistolaire de Katherine Kresmann-Taylor s&#8217;impose pour démonter les mécanismes de cette violence. L&#8217;autrice y analyse avec intransigeance le processus de décomposition des esprits, des relations, des respects engendrés par ces fantômes mortifères. Des amis de longue date Martin et Max...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image is-resized"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/06/Inconnu-à-cette-adresse.jpg" alt="" height="600"/></figure>



<p>Chers lecteurs qui suivez nos publications, il ne vous aura pas échappé que, régulièrement, nous évoquons les spectres de l&rsquo;intolérance et de la barbarie. La lecture du très court roman épistolaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kressmann_Taylor" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Katherine Kresmann-Taylor</a> s&rsquo;impose pour démonter les mécanismes de cette violence. L&rsquo;autrice y analyse avec intransigeance le processus de décomposition des esprits, des relations, des respects engendrés par ces fantômes mortifères.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des amis de longue date</h2>



<p>Martin et Max sont amis et associés, de longue date. Marchands de tableaux, installés aux USA, ils ont grandi ensemble, forment une fratrie de cœur, le second servant d’oncle aux enfants du premier. Des secrets, ils en ont, leurs techniques de vente qui sont autant d’embobinages, la passion adultère de Martin pour la petite sœur de Max, … bref des intimes, des vrais, qui ne se jugent pas, s’acceptent, s’aiment…</p>



<p>Jusqu’au jour où Martin repart dans leur pays d’origine. Pour accroître le business, monter une filière de vente d’œuvres d’art. Et permettre à ses mômes de grandir dans leur patrie. L’Allemagne. Dans les années 30. Il trouve très vite une place élevée dans cette société vampirisée par la crise, où la misère a trop courbé les échines, où sa fortune lui confère immédiatement le respect dans cette nation avide d&rsquo;espoir. Un espoir apporté par un obscur politicien appelé <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hitler" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hitler</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un fanatisme grandissant</h2>



<p>Et Max de demander régulièrement à Martin ce qu’il en est de l’état de leur pays. Et de lettre en lettre de voir son ami, son complice, se transformer, durcir le ton, devenir coupant, insultant même. Car Max est juif. Et être l’ami d’un Juif quand on est devenu un notable allemand inscrit au parti nazi, c’est très mal vu. Vous avez ici exposé la mécanique de ce livre d’autant plus génial qu’il est publié en 1938. Soit deux ans avant la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Seconde+Guerre+Mondiale" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Seconde Guerre Mondiale</a>. </p>



<p>Deux ans avant ce cortège d’horreurs engendrées par la folie meurtrière, la certitude d’être les meilleurs, les seuls, la race supérieure. Les détenteurs de la vérité prêts à asservir autrui, à exterminer ceux qui ne leur ressemblent pas, qu&rsquo;ils jugent inférieurs. La force de ce récit exemplaire repose sur la dissolution de cette amitié au fur et à mesure que le fanatisme grandissant de Martin s’exprime, fanatisme d’abord dicté par le profit et le désir de puissance sociale, très vite assimilé comme une fierté, une revendication. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Une métamorphose rapide</h2>



<p>Il n&rsquo;y aura pas de dialogue. Il n&rsquo;y en aura plus, et l&rsquo;intransigeance ira jusqu’au meurtre d’une innocente. Meurtre qui appellera la vengeance. C’est le deuxième versant de cette correspondance devenue folle, le versant inattendu, surprenant qui fait basculer le roman dans l’univers du suspens, du polar. En nous faisant pénétrer l’intimité de ces tragédies personnelles, reflet de la décomposition d’un pays plongeant dans l’abîme de l’intolérance et du racisme, ce livre introduit un élément fondateur de l&rsquo;anxiété croissante : le timing. </p>



<p>Les datations des écrits montrent la rapidité avec laquelle les relations amicales des deux épistoliers se décomposent, tandis que la situation politique se désagrège, que l’Allemagne se ferme, impose la propagande et la censure, la surveillance des individus puis la liquidation en masse des boucs émissaires. Et l’on est frappé du changement de discours de Martin qui en vient à légitimer la théorie des races inférieures à exterminer, car c’est un mal nécessaire. Il aura fallu quelques mois à peine pour assister à cette métamorphose irréversible.</p>



<p>Et d’un coup les mutations de la pièce <em>Rhinocéros </em>de Ionesco de sembler beaucoup plus compréhensibles. Et terribles. Car avérées et universelles. Vécues partout au Vietnam, au Rwanda, en Serbie, à Sarajevo, au Chili, en Turquie, en Iran… Au travers du temps, peut-être aujourd’hui même à l’œuvre en nous, lâcheté, confort, appât du gain, paresse, peur, … Sauf que désormais, nous savons. d&rsquo;où l&rsquo;urgence constante de lire et relire <em>Inconnu à cette adresse</em>, pour prendre conscience de façon absolue.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p>Merci à Noémie qui m&rsquo;a offert ce livre.</p>



<p>&nbsp;</p>
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		<title>La Bataille de Versailles : zoom sur les enjeux et les dessous d’un défilé d’anthologie</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-bataille-de-versailles-mode/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2022 09:19:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>28 novembre 1973, 21 heures, théâtre Gabriel dans le château de Louis XIV : la bataille de Versailles commence très officiellement. Pourtant, depuis des mois déjà, le combat a débuté, agitant les coulisses de la mode à l’international. Ce sont les différents actes de ce duel historique que nous raconte Robin Givhan dans un livre captivant paru aux éditions Séguier. Un duel qui ne dit pas son nom Un des...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782840498476-475x500-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="357" height="500" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782840498476-475x500-1.jpg" alt="couverture du livre La bataille de Versailles" class="wp-image-35237" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782840498476-475x500-1.jpg 357w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782840498476-475x500-1-206x288.jpg 206w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/9782840498476-475x500-1-353x494.jpg 353w" sizes="auto, (max-width: 357px) 100vw, 357px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">28 novembre 1973, 21 heures, théâtre Gabriel dans le château de Louis XIV : la bataille de Versailles commence très officiellement. Pourtant, depuis des mois déjà, le combat a débuté, agitant les coulisses de la mode à l’international. Ce sont les différents actes de ce duel historique que nous raconte Robin Givhan dans un livre captivant paru aux <a href="https://www.editions-seguier.fr/" target="_blank" rel="noopener">éditions Séguier</a>.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Un duel qui ne dit pas son nom</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Un des épisodes de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-halston/" target="_blank" rel="noopener">la série <i>Halston</i></a> évoque ce temps fort de l’histoire de la haute couture mondiale ; le livre <i>La Bataille de Versailles</i><b> </b>décortique 360 pages durant, avec un luxe de détails et d’anecdotes, ce qui constitue un véritable tournant pour l’industrie planétaire de la mode. Officiellement, il s’agit d’une invitation cordiale afin d’orchestrer un défilé de mode en deux temps, dans un lieu culturellement prestigieux, devant la jet set des cinq continents réunie. La première partie du spectacle mettra en valeur les collections de cinq grands couturiers français, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=yves+saint+laurent" target="_blank" rel="noopener">Yves Saint Laurent</a>, Givenchy, <a href="https://www.theartchemists.com/livres-madame-cardin-karl-et-moi/" target="_blank" rel="noopener">Cardin</a>, Marc Bohan pour <a href="https://www.theartchemists.com/?s=dior" target="_blank" rel="noopener">Dior</a>, Ungaro ; le second acte portera sur les créations de leurs homologues américains, Bill Blass, Oscar de la Renta, Halston, Anne Klein, Stephen Burrows.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Homologues ? C’est bien là le problème. La France se revendique comme la patrie de la haute couture, les stylistes venus de l’autre côté de l’océan ne peuvent prétendre appartenir à ce panthéon. Il va donc leur falloir conquérir ce droit, au travers d’un affrontement sans pitié, où tous les coups sont permis ou presque. Et Robin Givhan de nous raconter avec énergie et précision le pourquoi du comment de cet événement d’anthologie, où s’affrontent deux conceptions de la mode et du style. Deux marchés également, haute couture et prêt à porter, mais aussi industrie à la française, respectueuse des traditions et du décorum versus production à l’américaine, moderne et pleine de fantaisie.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Faire exploser les codes du défilé</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Boosté par Eleanor Lambert, première grande marketeuse de la mode USA et fervente supportrice des couturiers américains, la soirée s’organise pas à pas, obstacle après obstacle, sous nos yeux ébahis et amusés. Petite leçon de communication et de réseautage, tandis que les femmes les plus élégantes de la planète deviennent les ambassadrices de cette manifestation présentée comme unique, et qu’il va falloir penser comme un véritable show. Un show que les Américains vont devoir improviser, alors que les imprévus viennent impacter leurs plans, déjà très simples faute de moyens. Pourtant, ce sont eux qui vont marquer les esprits ce soir-là. Eux, leur manière de concevoir les vêtements et l’allure féminine. Et puis, il y a leurs mannequins.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">C’est une armada de belles filles dont beaucoup sont issues des minorités ethniques qui déboulent sur la scène du théâtre Gabriel pour faire exploser les codes du défilé bien sage dans les salons des maisons de haute couture. Ces jolies filles ont une véritable présence, du charisme à revendre ; qu’elles marchent ou qu’elles dansent, elles font vibrer les tenues qu’elles portent avec grâce. C’est le cœur même de l’événement, ce qui en fera un tournant majeur : cette manière inédite et révolutionnaire de montrer le vêtement en action. L’auteur en profite par ailleurs pour détailler les attraits sociologiques de la mode dans une Amérique alors déchirée par la guerre du Vietnam et les conflits raciaux.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><strong>À lire également :</strong></span></p>



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<p><span style="color: #000000;">De toute évidence, <i>La Bataille de Versailles</i> est un véritable plaisir à lire et une mine d’enseignements et de références. Seule frustration : l’absence d’illustrations. Il reste cependant la précision de descriptions qui aident l’imagination et forcent la curiosité. Par ailleurs, ces pages constituent une véritable initiation à la stratégie marketing propre aux codes du luxe.</span></p>
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