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	<title>théâtre de boulevard</title>
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		<title>La Vie parisienne : quand Offenbach fait péter le champagne, le cancan &#8230; et la satire !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2024 10:51:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg" alt="" class="wp-image-37311" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-la-vie-parisienne-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Alors que Dauphine vient de boucler son article sur <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-restaurant-paris-1867/">24 heures dans la vie d&rsquo;un restaurant</a></em> dans le sillage de celui consacré à l&rsquo;expo<em> <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-naissance-grands-magasins/">La Naissance des Grands Magasins</a></em> (ouais, on aime bien les enchaînements d&rsquo;articles en mode « Ma vie de rédacteur est une incroyable aventure intellectuelle »), je ne résiste pas à la tentation de rebondir sur le sujet en évoquant une œuvre que je considère comme un des ancêtres du rock spirit. J&rsquo;ai nommé <em>La vie parisienne</em> d&rsquo;Offenbach. Ouais, je sais, l&rsquo;opérette, c&rsquo;est pas exactement le pogo dans une salle pleine à craquer, mais t’inquiète, lecteur, même si il n&rsquo;y a pas de gratte électrique dans la partition d&rsquo;Offenbach, ça bouge quand même bien. Et surtout, ça grince des dents tout en nous faisant hurler de rire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="LA VIE PARISIENNE, OFFENBACH, LAURENT PELLY" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/x-NgajNxtiw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>S</strong>atire, clin d’œil, foutage de gueule</h2>



<p>Posons le cadre, pour celles/ceux qui sont un peu à la ramasse question opérette. 1866, Paris, Second Empire : c’est là qu’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a>, maestro frénétiquement créatif et adepte de l&rsquo;humour musical, balance <em>La Vie parisienne</em> sur scène. Dressons le tableau : robes du soir à crinoline, lustres en cristal, beaux messieurs en haut de forme qui sirotent du champagne en matant les petites femmes de Paris jouer de l’éventail et danser le cancan. Derrière tout ça, c’est du pur Offenbach : satire, clin d’œil, foutage de gueule.</p>



<p>Le compositeur de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=la+belle+h%C3%A9l%C3%A8ne">La Belle Hélène</a></em> s&rsquo;amuse de la haute société parisienne et de ses travers. Et ça marche, parce que sous Napoléon III, Paris, c’est la capitale des plaisirs, des fêtes non-stop, des touristes qui en veulent toujours plus : « je vais m&rsquo;en fourrer jusque, jusque jusque là » comme l&rsquo;affirme très justement un baron suédois en goguette dans les rues huppées de la capitale. Chic en apparence, mais au bout du compte il s&rsquo;agit de s&rsquo;envoyer en l&rsquo;air par tous les moyens possibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Amour et fun</h2>



<p>Offenbach n’est pas du genre à faire dans la dentelle. Déjà, il avait cartonné avec <em>Orphée aux Enfers</em> – où il tourne la mythologie en ridicule. Avec <em>La Vie parisienne</em>, il immerge le spectateur en apnée dans la Ville Lumière, où bourgeois, aristos et riches touristes étrangers se font rouler dans la farine avec jubilation (dixit l&rsquo;air du Brésilien, voleur venu se faire voler). Et pour pondre ce petit bijou, Jacques le Bondissant s&rsquo;entoure de Meilhac et Halévy, ses complices en écriture, qui maîtrisent l&rsquo;art du livret comme Noel Gallagher la guitare saturée.</p>



<p>Premier show en 1866, devant un public du Théâtre du Palais-Royal qui en redemande, charmé par ce vaudeville aux allures de course-poursuite amoureuse : Raoul de Gardefeu, jeune noble désœuvré bien décidé à se remettre de sa séparation avec la demi-mondaine Métella, passe toute la pièce à tenter de séduire une belle Suédoise, la baronne de Gondremark. Un fil directeur qui permet de découvrir les fastes et les coulisses d&rsquo;une vie parisienne trépidante. Quiproquos, déguisements, embrouilles, grands seigneurs et domestiques s&rsquo;y mêlent : Gabrielle, la gantière, Bobinet, le pote de Raoul, tout ce petit monde est en quête d&rsquo;amour facile et de fun.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="La Vie parisienne, Offenbach - Christian Lacroix - Teaser 2" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/1I8QsyYBvPA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une partition qui décolle !</h2>



<p>Musicalement, Offenbach ne fait pas les choses à moitié. L&rsquo;opéra bouffe, c&rsquo;est son rayon. Léger, vif, il nous hameçonne l&rsquo;oreille dès les premières notes, multipliant les morceaux de bravoure construits avec finesse et qui exigent une technicité de chant rare, un sens inné du rythme, une diction sans faille : rondo du Brésilien, «&nbsp;Vous souvient-il, ma belle&nbsp;», « je suis veuve d&rsquo;un colonel », «&nbsp;Tout tourne, tout danse&nbsp;», galop final «&nbsp;Feu partout, lâchez tout&nbsp;». Solos, duos, trios, chœurs et ensembles constituent une vraie fête qui explose en tête, enchantent le tympan, ravit le métabolisme.</p>



<p>Cadence, dynamique, Offenbach tisse un flow identifiable entre tous, une frénésie mélodique qui évoque le délire des grandes messes rock mémorables type Wembley et autres concerts mythiques. La structure de la partition mêle esprit de l&rsquo;opéra bouffe, où tout est prétexte à la dérision, chants d&rsquo;amour romantiques et passages dignes d&rsquo;une revue de cabaret. En résumé, cette opérette est une véritable carte postale vivante, une synthèse musicale pétillante où se croisent des émotions multiples sur fond de plaquette publicitaire vantant les plaisirs de la capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du pur punk avant l&rsquo;heure</h2>



<p>Haussmann vient alors de redessiner la ville, les boulevards sont bondés de promeneurs, les cafés, restaurants, théâtres bourrés de monde. Hôtels de luxe et grands magasins regorgent de riches étrangers venus claquer leur thune, savourer à 1000 % les joies déversées par cette corne d&rsquo;abondance. Les touristes affluent, les bourgeois paradent, chacun essaie de jouer son rôle dans cette grande comédie urbaine. Offenbach capte cet esprit et l’injecte dans son œuvre : les soirées interminables, les flirts légers, les arnaques cocasses.</p>



<p>C’est une pub géante pour la ville que tisse le compositeur, mais avec ce petit côté grinçant, ce clin d’œil qui te dit « Paris, c’est beau, mais fais gaffe, tout ici n&rsquo;est que façade et leurre, on peut vite s&rsquo;y perdre, y laisser sa fortune, sa réputation, son âme ». Exactement ce qu&rsquo;on retrouve dans le célèbre <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-nana-1981-suicide-collectif-par-jouissance-interposee/">Nana</a></em> de Zola, le tragique en moins. C&rsquo;est le côté un brin anar d&rsquo;Offenbach qui ressort ici, son esprit provo, sa parfaite connaissance de la psyché de ses contemporains. <em>La Vie parisienne</em>, c’est du pur punk avant l’heure, un formidable coup de pied dans les conventions avec un éclat de rire de gamin malicieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Offenbach : &quot;La Vie parisienne&quot;" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/Ub3pJftUZaE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Le trublion du répertoire</h2>



<p>Côté scène, c’est du lourd depuis le début. La première version en 1866 a mis tout le monde d’accord ; depuis, <em>La Vie parisienne</em> n’a jamais quitté le répertoire, s&rsquo;érigeant en trublion qui s&rsquo;infiltre dans toutes les salles, inspire pour tout metteur en scène en quête de challenge. Parmi les lectures à retenir, notons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Renaud Barrault</strong> en 1967 avec un casting devenu légendaire, j&rsquo;ai nommé : Suzy Delair (peut-être une des meilleures Mettela de l&rsquo;histoire de l&rsquo;opéra), Denise Benoit, Simone Valère, Madeleine Renaud, Pierre Bertin, Jean Desailly, Jean Parédès (qui interprète plusieurs petits rôles), Jean-Pierre Granval, Jean-Louis Barrault, Georges Cusin, Régis Outin. Jean-Louis Barrault parle alors de « Rock and Roll Napoléon III », c&rsquo;est dire !</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version télévisée signée Christian-Jaque</strong> en 1977, particulièrement attachante et pleine de peps, avec Jean-Pierre Darras, evelyne Buylle, Bernard alane, Jacques Legras, Dany Saval et consort.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Daniel Mesguich</strong> à la Comédie française 1997 avec Bérengère Dautun, Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Christian Blanc entre autres (et un passage absolument hilarant sur les ateliers Brecht en chaussettes).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Jérôme Savary</strong> à l&rsquo;Opéra comique en 2002, pétillante et complètement déjantée comme seul Savary est capable.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Laurent Pelly</strong> qui joue la carte du décalage historique en propulsant l&rsquo;intrigue dans le Paris d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>la <strong>version Christian Lacroix</strong>, pas forcément ma préférée mais notable pour ses costumes, son côté foutraque.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Jacques Offenbach – La Vie parisienne (Christian Lacroix / Bru Zane France)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/MLOABu2JDQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Approches traditionnelles en costumes et décours d&rsquo;époque ou visions plus modernes et dans le vent, la mise en scène de <em>La Vie parisienne</em> jongle sur la décomplexion, le clownesque, l&rsquo;ironie&#8230; sans oublier la danse, l&rsquo;incontournable cancan, le galop final qui demande une chorégraphie étudiée. Enjeu : ne jamais tomber ni dans le vulgaire ni dans le grotesque, tout en conservant l’énergie toute particulière de cette oeuvre sans précédent, qui un siècle et demi après sa création, demeure d&rsquo;une actualité impressionnante. Bref, un vrai classique à (re)découvrir avec l’oreille et les yeux bien ouverts.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Les Enfants du Paradis : théâtre, amour et poésie</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-enfants-paradis-marcel-carne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2024 15:39:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour » : à elle seul, cette réplique culte signée Jacques Prévert vaut le visionnage du film Les Enfants du Paradis. Le chef-d&#8217;œuvre de Marcel Carné est un incontournable à conserver dans sa vidéothèque certes (on ne peut se prétendre cinéphile sans l&#8217;avoir vu), mais c&#8217;est aussi et surtout un sommet de poésie, une histoire romantique et cruelle à...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-les-enfants-du-paradis.jpg" alt="" class="wp-image-37235" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-les-enfants-du-paradis.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-les-enfants-du-paradis-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-les-enfants-du-paradis-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>« <em>Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour </em>» : à elle seul, cette réplique culte signée Jacques Prévert vaut le visionnage du film<em> Les Enfants du Paradis</em>. Le chef-d&rsquo;œuvre de Marcel Carné est un incontournable à conserver dans sa vidéothèque certes (on ne peut se prétendre cinéphile sans l&rsquo;avoir vu), mais c&rsquo;est aussi et surtout un sommet de poésie, une histoire romantique et cruelle à la fois, un scénario comme on n&rsquo;en fait plus.  </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Les Enfants du Paradis - Bande annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/G1Nz-U9znnY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une valse amoureuse et tragique</h2>



<p>Les enfants du paradis, c&rsquo;est à la fois le public populaire du XIXe siècle, chahuteur, si prompt à la révolte, certes cantonné sous le plafond des  théâtres du Boulevard du Crime mais fin connaisseur du théâtre, et les personnages qui vivent ici cette valse amoureuse tragique. Au cœur de toutes les convoitises, la belle, insaisissable Garance incarnée par une Arletty diaphane.</p>



<p>Courtisée par le fringant comédien Frédéric Lemaître (Pierre Brasseur), le brigand cynique Lacenaire (Marcel Herrand), l&rsquo;élégant comte de Montray (Louis Salou), c&rsquo;est pourtant au célèbre mime Debureau (Jean-Louis Barreau) qu&rsquo;elle a donné son cœur. Mais leur amour, s&rsquo;il est absolu, s&rsquo;avère  impossible. Toujours, il leur échappe. Parce que trop fort, trop inconditionnel ? Parce que Debureau a épousé Nathalie (Maria Casarès) ? Parce que Garance n&rsquo;est pas faite pour rester ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">Écorchés vifs</h2>



<p>Prévert et Carné, complices depuis le tournage du magnifique<em> Les Visiteurs du soir</em> en 1942, se gardent bien d&rsquo;apporter une réponse et c&rsquo;est ce qui fait la beauté de ce chassé-croisé amoureux voué à la tragédie des affects et des consciences. Car chaque personnage de ce triste et merveilleux vaudeville est un écorché vif, en quête qui de perfection, qui de domination, qui de vengeance, qui de reconnaissance. </p>



<p>Des caractères tout droit échappés d&rsquo;une pièce de Musset ou de Cocteau peut-être ? Visages, regards, attitudes, filmés dans un N/B neigé et ombré à la délicatesse irisée, les acteurs font ressortir les nuances de ces consciences abîmées jusque dans leurs silences : leur demande de rédemption, de perfection, d&rsquo;un peu de bonheur au paradis des hommes n&rsquo;en est que plus puissante, plus universelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Les Enfants du Paradis (1946) - Sur le boulevard du Crime - Extrait" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ZqAl5fERJgA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde des planches</h2>



<p>Et puis il y a le théâtre. <em>Les Enfants du paradis</em> est une déclaration d&rsquo;amour au monde des planches, à l&rsquo;art dramatique tel qu&rsquo;il régnait durant la Restauration. Pantomime, mélodrame, bateleurs, carnaval, l&rsquo;évocation du boulevard du Temple et de son quotidien, est d&rsquo;un grand réalisme, dynamisé par une foule de figurants, une recherche dans les costumes, les décors signés Mayo. </p>



<p>On y voit l&rsquo;émergence de deux monstres sacrés des planches, Debureau l&rsquo;introverti et Lemaître l&rsquo;expansif, qui vont à eux seuls repenser la manière de jouer, le travail de l&rsquo;acteur. La restitution est fidèle, jusque dans les références aux rivalités entre familles d&rsquo;acteurs, aux différents modes de censure, à l&rsquo;atmosphère des coulisses et de la salle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un exploit cinématographique</h2>



<p>Le film en lui-même tient de l&rsquo;exploit. Tourné à partir de 1943 en pleine Occupation, il connaîtra plusieurs péripéties, entre bombardements, manque de pellicule et de tissus (Jeanne Lanvin fournira les étoffes nécessaires à la confection des costumes), l&rsquo;avortement d&rsquo;Arletty, la fuite de Le Vigan à Sigmaringen au moment de la Libération. </p>



<p>Avec un budget de 55 millions de francs, 205 minutes de film réparties en deux épisodes, une nomination aux Oscars dans la catégorie « Scénario original », c&rsquo;est un véritable  blockbuster avant la lettre (4.7 millions de spectateurs en France, 54 semaines en salle en exclusivité, 41 millions de francs de recettes) que ce film unique en son genre.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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</ul>
</div></div>



<p>Ce film, tourné dans les années 40, demeure pertinent aujourd&rsquo;hui parce qu&rsquo;il aborde des thèmes universels : l&rsquo;amour, la jalousie, le destin, la quête d&rsquo;identité… Des sujets qui touchent toutes les générations, au-delà des époques et des frontières. De plus, la beauté visuelle des séquences continue de fasciner des spectateurs encore et toujours éblouis. C&rsquo;est une œuvre qui, à chaque visionnage, offre de nouvelles découvertes, de nouvelles émotions, un véritable trésor culturel, un morceau d&rsquo;histoire, une invitation à rêver, à ressentir, à réfléchir.</p>



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		<title>Bel Ami : du pirate au vampire, deux adaptations révélatrices</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bel-ami-adaptations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2024 18:38:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bel-Ami : depuis sa publication en 1885, le roman de Maupassant n&#8217;a cessé d&#8217;être adapté au théâtre comme au cinéma. L&#8217;ascension sociale de Georges « Bel-Ami » Duroy a durablement marqué les esprits par son audace et son côté crapuleux. Critiquant avec mordant cette société parisienne prompte à privilégier la réussite financière et politique d&#8217;un séducteur, Maupassant accouche d&#8217;un héros moderne qui frappe par son actualité : malgré le temps qui passe,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami.jpg" alt="" class="wp-image-37091" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p><em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bel-Ami" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bel-Ami</a> </em>: depuis sa publication en 1885, le roman de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_de_Maupassant" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Maupassant</a> n&rsquo;a cessé d&rsquo;être adapté au théâtre comme au cinéma. L&rsquo;ascension sociale de Georges « Bel-Ami » Duroy a durablement marqué les esprits par son audace et son côté crapuleux. Critiquant avec mordant cette société parisienne prompte à privilégier la réussite financière et politique d&rsquo;un séducteur, Maupassant accouche d&rsquo;un héros moderne qui frappe par son actualité : malgré le temps qui passe, la figure de Bel-Ami ne prend pas une ride. Pire, il est d&rsquo;une actualité troublante à l&rsquo;heure de « Balance ton porc » et « Me too ». Car c&rsquo;est par l&rsquo;exploitation des femmes que Bel-Ami conquiert la célébrité, et il le fait sans honte, abusant des unes, trompant les autres. Deux adaptations le mettent particulièrement en évidence : la mise en scène de Didier Long en 1998 et le film de Declan Donnellan et Nick Ormerod en 2012.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami-theatre.jpg" alt="" class="wp-image-37092" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami-theatre.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami-theatre-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-bel-ami-theatre-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Bel-Ami</em> selon Didier Long</h2>



<p>1998 : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Long" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Didier Long</a> s&#8217;empare du chef-d&rsquo;œuvre de Maupassant pour camper Bel-Ami sur scène. Le personnage s&rsquo;avère ici un aventurier bien décidé à se tailler la part du lion dans cette jungle parisienne si rude à conquérir. Forestier, ami perdu de vue retrouvé sur les boulevards un soir de misère, lui ouvre les portes du journal où il travaille. Duroy gravit ainsi la première marche d&rsquo;un succès qui s&rsquo;avèrera foudroyant pour certains, fatal pour d&rsquo;autres. L&rsquo;adaptation de Pierre Laville souligne cette impétuosité par l&rsquo;enchaînement endiablé des scènes qui jalonnent cette ascension.</p>



<p>Plateau nu ou presque, jeu ingénieux de tentures qui nous font passer en un claquement de doigts d&rsquo;un restaurant au salon des Forestier à l&rsquo;appartement où Clotilde de Mareuil retrouve son amant : cette cadence infernale souligne l&rsquo;avidité d&rsquo;un George Leroy sans scrupules. On le voit saisir les opportunités qui s&rsquo;offrent à lui avec une voracité de jeune ogre. Face à ce monstre d&rsquo;égoïsme incarné par un Pierre Cassignard au visage de charmant pirate, une galerie de femmes qui vont se laisser emporter dans une tourmente sensuelle aux saveurs amères de passion tragique : Macha Méril, posée et perspicace, Carole Richert, drôle et coquette, Geneviève Casile, si fragile&#8230;</p>



<p>L&rsquo;ensemble est impeccable d&rsquo;efficacité et de justesse, une traduction fidèle du roman de Maupassant jusque dans l&rsquo;omniprésence de la mort qui hante le héros, soudain pressé de réussir pour enfin croquer la vie à belles dents et sans entraves aucune, grâce à l&rsquo;argent amoncelé, à la fortune accumulée de mariage en mariage, de femme séduite et amante abandonnée. Difficile de ne pas voir Duroy pour ce qu&rsquo;il est : un gigolo sans vergogne doublé d&rsquo;un exploiteur de la faiblesse féminine dnas une société où ces dames n&rsquo;ont d&rsquo;autres possibilités que de tirer les ficelles du pouvoir qu&rsquo;on leur refuse dans les coulisses et les alcôves.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="BEL AMI (Robert Pattinson) - Bande annonce (VOST)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gxETB4xAZ7A?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Bel-Ami selon Declan Donnellan et Nick Ormerod</h2>



<p>Après l&rsquo;ascèse de la mise en scène signée Long, l&rsquo;adaptation cinématographique de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Declan_Donnellan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Donnellan</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nick_Ormerod" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ormerod</a> s&rsquo;impose par un délire de décors et de costumes qui parachutent Bel-Ami dans un Paris fin de siècle criant de vérité. Un Bel-Ami interprété avec maestria, il faut le reconnaître, par un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Pattinson" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Robert Pattinson</a> d&rsquo;autant plus convaincant qu&rsquo;il prête à son rôle un côté calculateur qui a tout du pervers narcissique, du vampire psychique. Rongé par la misère qui le guette, ce Bel-Ami là va tout faire pour échapper à sa condition de petit fonctionnaire sans le sou.</p>



<p>Cela passe d&rsquo;abord par une période d&rsquo;initiation dont chaque étape s&rsquo;avère un véritable combat. Le héros peine à s&rsquo;imposer, il va devoir apprendre sur le tas, se confronter à bien des difficultés dans cet univers journalistique dont il ignore tout. On le méprise, on s&rsquo;en moque, on l&rsquo;exploite. Seules ces dames portent sur lui un regard bienveillant pour ne pas dire plus, regard qu&rsquo;il sait rapidement détourner à son profit, syphonnant l&rsquo;argent de l&rsquo;une, les connaissances de l&rsquo;autre, les relations d&rsquo;une troisième. Prompt à la colère comme au calcul, le personnage se révèle un fin stratège doublé d&rsquo;un psychologue acéré, jouant des manques de ses victimes pour les rendre dépendantes et en obtenir ce qu&rsquo;il veut.</p>



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</ul>
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</div></div>



<p>Pâle, nerveux, incisif, Pattinson campe là un Dom Juan moderne, dangereux par bien des aspects, obsédé par la peur de l&rsquo;âge et du manque autant que de la mort. Pour lui donner la réplique, Uma Thurman, Kristin Scott-Thomas, Christina Ricci, Colm Meany, Philip Glenister : un casting parfait qui aurait probablement ravi Maupassant et qui fait ressorti le caractère sulfureux de son sujet, son style corrosif, la pertinence de sa critique. Fidèle à l&rsquo;esprit du roman, Bel-Ami 2012 s&rsquo;impose comme une lecture acérée d&rsquo;un héros ancré dans une époque mais ô combien intemporel.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Théâtres et Producteurs Associés : éloge de l&#8217;indépendance et de l&#8217;adaptabilité ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/10738/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 09:56:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=10738</guid>

					<description><![CDATA[<p>D’habitude, ce sont les dessous de la filière musique ou des galeries d’art que nous aimons dévoiler. Aujourd’hui, nous vous proposons d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses du théâtre. Là aussi, le jeu des subventions fait rage, appuyant scènes nationales et troupes reconnues. Et comme dans tout circuit qui se respecte, vous trouvez des indépendants, qui s’expriment en dehors du circuit. Il s’agit du théâtre dit «&#160;privé&#160;»...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/TPA.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="407" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/TPA.jpg" alt="" class="wp-image-35638" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/TPA.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/TPA-288x195.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/TPA-494x335.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>D’habitude, ce sont les dessous de la filière musique ou des galeries d’art que nous aimons dévoiler. Aujourd’hui, nous vous proposons d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses du théâtre. Là aussi, le jeu des subventions fait rage, appuyant scènes nationales et troupes reconnues. Et comme dans tout circuit qui se respecte, vous trouvez des indépendants, qui s’expriment en dehors du circuit. Il s’agit du théâtre dit «&nbsp;privé&nbsp;» dont les&nbsp;<a href="https://tpa.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Théâtres et Producteurs Associés</a>&nbsp;constituent à la fois une émanation et un organe de référence.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="#Retrouvons Nous | Les professionnels du spectacle vivant se mobilisent" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/t3Q567vcBVo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’indépendance et la passion</h2>



<p><a title="Collaboration" href="https://www.theartchemists.com/2013/02/12/theatre-collaboration-ronald-harwood-deux-genies-face-a-la-bete/" target="_blank" rel="noopener">Collaboration</a>,&nbsp;<a title="Ita L. née Goldfeld" href="https://www.theartchemists.com/2013/02/17/theatre-ita-l-nee-goldfeld-une-heure-pour-une-vie/" target="_blank" rel="noopener">Ita L. née Goldfeld</a>,&nbsp;<a title="Les Bulles" href="https://www.theartchemists.com/2013/02/24/theatre-les-bulles-ce-spectacle-sadresse-a-un-public-averti-et-sans-complexe/" target="_blank" rel="noopener">Les Bulles</a>… Nous avons souvent chroniqué les productions de ce type de théâtre&nbsp;: elles sont originales, bien mises en scène, superbement jouées… la qualité est au rendez-vous, mais pas que. En effet, les théâtres privés héritent d’un type<span style="mso-spacerun: yes;"> </span>d’exploitation qui se caractérise par l’indépendance et la passion des professionnels qui l’animent, et une règle incontournable&nbsp;: en plus d’exploiter une salle ou un lieu, un directeur de théâtre privé est aussi son propre producteur ; ainsi, il choisit, accompagne et défend chacun de ses spectacles.</p>



<p>Une prise de risque, un engagement, une foi vrillée au corps. On ne peut prendre cette responsabilité en charge sans avoir des convictions profondes et un amour inconditionnel de cette forme artistique ô combien exigeante. Cette spécificité amène à façonner un creuset de créativité essentiel, de découverte, de promotion et diffusion d’œuvres originales et de nouveaux talents. D’où le désir de s’organiser, de se lier&nbsp;: l’enseigne « Théâtres et Porducteurs Associés » (anciennement « Théâtres Parisiens Associés », le nom a été modifié en 2021) découle de ce besoin d’affirmer une singularité, des valeurs communes actuellement portées par les théâtres indépendants partout en France et qui ont adhéré à l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé (ASTP), rejoignant ainsi un réseau déjà très actif. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le modèle du « théâtre producteur »</h2>



<p>Cela passe par la revendication du modèle du « théâtre producteur »&nbsp;;<span style="mso-spacerun: yes;"> </span>ces entrepreneurs non subventionnés défendent leur indépendance artistique et affichent la diversité de leurs programmations avec fierté, partageant une éthique professionnelle stricte : </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>respect des droits des auteurs et des artistes interprètes</li>



<li>respect des conditions générales d’accueil du public</li>



<li>préservation d’un patrimoine architectural et culturel de premier plan. </li>
</ul>



<p>On n’y pense pas forcément, mais ces entrepreneurs du spectacle assurent en parallèle l’entretien de salles historiques, qui ont joué un rôle important dans l’histoire du théâtre français, on peut notamment citer les théâtres qui jalonnaient en son temps le fameux Boulevard du Crime, aka du Temple, et qui ont porté sur les fonts baptismaux le drame romantique, le vaudeville, tandis que d’autres, plus tard et ailleurs dans la capitale, ont enfanté les mises en scènes d’avant-garde du Cartel, le théâtre de l’Absurde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Agitateurs culturels, activateurs artistiques</h2>



<p>Des agitateurs culturels en somme qui impactent la vie dramatique hexagonale, à leurs risques et périls, car s’ils se trompent sur une production, ils n’ont guère de gilets de sauvetage financiers (les assurances peut-être&nbsp;?). Cela est encore plus vrai en période post-covid. Une problématique que Molière, Racine et consort vivaient déjà en leur temps et qui explique en partie le prix élevé des billets, qui du reste n’excède pas celui de certaines salles subventionnées, elles aussi menacées par les coupes larges opérées dans les budgets accordés au secteur culture. Dans ce climat de crise sanitaire et sociale, l&rsquo;union fait la force pour continuer de produire des spectacles de qualité tout en respectant une identité et des valeurs. </p>



<p>C’est là qu’Internet joue un rôle&nbsp;précieux : le site de l’association assure le relais des infos, valorise la programmation de chaque théâtre membre, avec présentation des spectacles, photos et vidéos à l&rsquo;appui,  billetterie en ligne, sans compter les réseaux sociaux bien entendu et une application. Preuve que malgré les coups du sort, le théâtre privé n&rsquo;a rien perdu de son énergie&nbsp;ni de son adaptabilité ; c’est du reste ainsi qu’il va depuis des siècles, tenant bon face aux crises, aux assauts de la télé et du web (qui en deviennent à l’occasion les adjuvants). Il a ses fidèles, il attire les curieux, il assure la relève des talents, tenant haut son rôle d’activateur artistique. </p>



<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le traité d’Auteuil : une comédie faite pour se marier, divorcer, s’aimer…</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/comedie-traite-dauteuil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 May 2022 10:55:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34767</guid>

					<description><![CDATA[<p>D’ordinaire, en grands amateurs de vaudevilles que nous sommes, nous vous bassinons avec Feydeau, un peu moins avec Labiche, rarement avec Courteline (il conviendrait d’y remédier). Sacha Guitry ? Il va sérieusement falloir qu’on s’y attelle. En attendant, c’est sur Louis Verneuil que nous attirons aujourd’hui votre attention, plus spécifiquement sur une délicieuse petite comédie intitulée Le traité d’Auteuil. Se marier pour divorcer L’intrigue ? Amoureuse bien sûr. D’un côté, André,...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-34768" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1.jpg" alt="pièce de théâtre Le traité d'Auteuil de Louis Verneuil" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/Devenez-un-pro-du-design-en-quel1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">D’ordinaire, en grands amateurs de vaudevilles que nous sommes, nous vous bassinons avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=feydeau" target="_blank" rel="noopener">Feydeau</a>, un peu moins avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=labiche" target="_blank" rel="noopener">Labiche</a>, rarement avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=courteline" target="_blank" rel="noopener">Courteline</a> (il conviendrait d’y remédier). Sacha Guitry ? Il va sérieusement falloir qu’on s’y attelle. En attendant, c’est sur Louis Verneuil que nous attirons aujourd’hui votre attention, plus spécifiquement sur une délicieuse petite comédie intitulée <i>Le traité d’Auteuil</i>.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Se marier pour divorcer</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’intrigue ? Amoureuse bien sûr. D’un côté, André, jeune débauché issu de la haute bourgeoisie et que ses parents désespèrent d’assagir un jour, de l’autre, Jeanne, jeune fille délurée, qu’un grand-père bien trop laxiste n’a pas réussi à éduquer en future épouse discrète et obéissante. Pourquoi ne pas les marier afin que ces deux tempéraments se neutralisent réciproquement ? On arrange une rencontre, on laisse Jeanne et André seuls, afin qu’ils fassent plus ample connaissance.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et les deux gamins en profitent pour conclure le traité d’Auteuil : un pacte où ils s’engagent à s’unir pour obtenir l’indépendance financière pour l’un, l’émancipation pour l’autre ; la chose faite mais non consommée, ils divorcent pour épouser les personnes de leur choix, en occurrence Gabrielle, la maîtresse d’André, et Edmond, l’amoureux de Jeanne. Mais Cupidon le coquin, s’en mêle et le voyage de noces à Monte-Carlo, organisé pour faire illusion, prend une tournure aussi orageuse qu’inattendue. Et si finalement, Jeanne et André étaient faits l’un pour l’autre ?</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ohH4MU5FoD"><p><a href="https://www.theartchemists.com/main-passe-vaudeville-feydeau/">La Main passe : d’un mari à l’autre, un vaudeville endiablé !</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Main passe : d’un mari à l’autre, un vaudeville endiablé ! » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/main-passe-vaudeville-feydeau/embed/#?secret=3ItsWDy0jr#?secret=ohH4MU5FoD" data-secret="ohH4MU5FoD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une intrigue dynamique et joyeuse</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Disciple de Feydeau, Verneuil accouche ici d’une comédie sentimentale dont les rebondissements évoquent aussi bien les codes du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=vaudeville" target="_blank" rel="noopener">vaudeville</a> que le théâtre de boulevard à la Guitry. Mis en scène par Robert Manuel en 1977 au théâtre Marigny avec les incontournables décors de Roger Hart et les costumes de Donald Cardwell, capté par Pierre Sabbagh dans le cadre de la mythique émission <i>Au théâtre ce soir</i>, ce spectacle démontre le dynamisme d’un texte pourtant écrit en 1918, mais que le tout jeune Pierre Arditi et la candide Marie Leonetti revivifient avec bonheur.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autour d&rsquo;eux, Robert Manuel en grand-père gâteux, Alain Feydeau en amoureux transi, Annick Roux en amante idiote, Alain Faivre en ami un peu trop serviable… L’ensemble se laisse regarder avec joie et inconscience. L’occasion d’apprécier la verve à la fois légère et pertinente d’un auteur à la prose florissante, à qui l’on doit par ailleurs <i><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-ecole-contribuables/" target="_blank" rel="noopener">L’école des contribuable</a>s</i>, époux d’une petite fille de Sarah Bernhardt, futur amant d’Elvire Popesco, adulé au même titre de Guitry, dont le répertoire sera adapté maintes fois à l’écran tout comme celui de Pagnol.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez regarder la pièce <em>Le traité d’Auteuil</em> sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=U-jv0hqh1JE" target="_blank" rel="noopener">la chaîne Youtube de l’INA</a>.</span></p>
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		<title>Les Grands Ducs :  la revanche des loosers de la scène</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-les-grands-ducs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 17:22:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les feel good movies dont le visionnage devrait être prescrit par les médecins et remboursé par la Sécurité Sociale, Les Grands Ducs occupe une place de choix. C’est que, tournée en 1996, la comédie de Patrice Leconte n’en finit pas de faire rire aux éclats par son intelligence, sa légèreté, sa vivacité. Et son regard très juste sur la réalité du métier d’acteur. Bien plus qu’un come-back Au cœur...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-34455" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt-364x494.jpg" alt="affiche du film les grands ducs" width="364" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt-364x494.jpg 364w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt-212x288.jpg 212w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/Les_Grands_Ducs_opt.jpg 442w" sizes="auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Parmi les feel good movies dont le visionnage devrait être prescrit par les médecins et remboursé par la Sécurité Sociale, <i>Les Grands Ducs</i> occupe une place de choix. C’est que, tournée en 1996, la comédie de Patrice Leconte n’en finit pas de faire rire aux éclats par son intelligence, sa légèreté, sa vivacité. Et son regard très juste sur la réalité du métier d’acteur.</span></p>
<h2><iframe style="width: 480px; height: 270px;" src="https://player.allocine.fr/19456228.html"><br />
</iframe></h2>
<p><span style="color: #000000;"><b>Bien plus qu’un come-back</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Au cœur de ce périple mémorable et déjanté, Eddie Carpentier, Victor Vialat et Georges Cox, trois acteurs vieillissants qui n’ont jamais percé malgré leur grand amour du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=th%C3%A9%C3%A2tre&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">théâtre</a> : des « compléments » comme on dit dans le métier, autant dire des loosers de la scène. L’un court le cachet, le second vit mal sa retraite, le troisième a une réputation telle que plus personne ne veut l’engager. Le hasard faisant bien les choses, nos trois compères remontent sur les planches pour jouer les troisièmes rôles dans une <a href="https://www.theartchemists.com/?s=th%C3%A9%C3%A2tre+de+boulevard&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">pièce de boulevard</a> de piètre qualité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Direction la province pour roder le spectacle. De ville en ville, de théâtre en théâtre, nos trois loulous vont devoir affronter bien plus qu’un come-back, car le sort s’acharne sur chaque représentation, frappant Clara Milo, vedette sur le retour qui s’obstine à jouer malgré les trappes qui s’ouvrent sous ses pieds, les lustres qui lui tombent dessus. La fatalité&#8230; ou une main coupable ? En tout cas, le plein de fous rires devant des situations ubuesques portées par le trio Jean Rochefort/Philippe Noiret/Jean-Pierre Marielle, complétés par Catherine Jacob et Michel Blanc.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cGM9w1Pkcr"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-diable-par-la-queue-comedie/">Le diable par la queue : un petit bijou de comédie</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le diable par la queue : un petit bijou de comédie » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-diable-par-la-queue-comedie/embed/#?secret=ws0hj7MmQz#?secret=cGM9w1Pkcr" data-secret="cGM9w1Pkcr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>L’ambiance d’une tournée</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">À la sortie du film, les critiques ne furent pas forcément amènes. Dommage, car ce film au scénario inattendu se distingue par l’interprétation de ses acteurs, dont le plaisir est palpable (même si Noiret émit pas mal de doutes quant à son personnage, et que Blanc eut des difficultés à vivre l’agressivité presque psychopathe de son rôle). Il y aurait presque un petit côté Ionesco dans cette histoire : voir Marielle bondir du plateau pour secouer le metteur en scène afin de savoir pourquoi il doit rire est juste d’anthologie.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autre intérêt du film : la focale sur l’ambiance d’une tournée, les contrats à décrocher à la force du poignet, la petitesse des cachets, la concurrence qui règne entre les acteurs de seconde zone, les tourneurs ruinés, l’ennui derrière d’improbables paillettes, le trac, le filage du texte, les amourettes de passage ou non, la peur de perdre l’attention du public, de vieillir, d’être « has been ». Et puis l’exultation, éphémère, d’être sous les projecteurs, d’entendre les rires fuser, de comprendre qu’on a conquis la salle.</span></p>
<p align="justify">
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		<title>Folle Amanda : portrait d’un femme rayonnante… et d’une victime consentante ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-folle-amanda/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Nov 2021 13:18:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 1971 au Théâtre des Bouffes-Parisiens, la comédie de Barillet et Grédy fait partie des grands succès de Jacqueline Maillan et de l’émission « Au Théâtre ce soir ». Initialement mis en scène par un Jacques Charon au mieux de sa forme, Folle Amanda s’inscrit dans les classiques du théâtre de boulevard en donnant à voir un personnage féminin extravagant au quotidien, mais éperdu d’amour au-delà du raisonnable. Et c’est ce...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34359 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt.jpg" alt="photo extraite de la pièce Folle Amanda avec Jacqueline Maillan et Daniel Ceccaldi" width="600" height="394" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt-288x189.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/11/Folle-Amanda-du-Boulevard-avec-Daniel-Ceccaldi-et-Jacqueline-Maillan-1_opt-494x324.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Créée en 1971 au Théâtre des Bouffes-Parisiens, la comédie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=barillet+et+gr%C3%A9dy&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Barillet et Grédy</a> fait partie des grands succès de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jacqueline+maillan&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Jacqueline Maillan</a> et de l’émission « Au Théâtre ce soir ». Initialement mis en scène par un Jacques Charon au mieux de sa forme, <i>Folle Amanda</i> s’inscrit dans les classiques du théâtre de boulevard en donnant à voir un personnage féminin extravagant au quotidien, mais éperdu d’amour au-delà du raisonnable. Et c’est ce qui fait l’actualité incroyable de cette histoire, sa dureté également.</span></p>
<p>https://www.youtube.com/watch?v=vpJJjeP_ZBY</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>De femme à maîtresse</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Folle Amanda donc : une ancienne gloire du music-hall français, ruinée, oubliée de tous, néanmoins toujours pleine de vie et d’humour, dans son studio parisien perdu sous les toits. Comment expliquer cette éclipse, quand d’autres vedettes ont su se maintenir sur le devant de la scène et dans le cœur du public ? Amanda a toujours été dépensière, elle a collectionné les coups de tête, les excentricités et les amants. Un notamment, Philippe Morange, qu’elle a aimé, épousé… et qui l’a quittée pour un parti plus riche et plus en vue afin d’entamer une brillante carrière politique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le fringant Morange, qui oublie de payer les pensions de son ex-femme, qui l’ignore jusqu’au jour où Amanda décide de faire publier ses mémoires, où ce monsieur occupe une place privilégiée assez gênante pour ce ministre en vue, si proche de la fonction présidentielle. Alors Morange revient dans la vie d’Amanda, la séduit de nouveau, pour qu’elle ne publie plus cette autobiographie si gênante, pour récupérer des photos compromettantes prouvant ses liens initiaux avec la pègre… De femme, elle devient maîtresse, sans pour autant qu’il l’entretienne financièrement.</span></p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span> <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-canard-orange/" rel="bookmark">Le Canard à l’orange : marivaudage à l’anglaise … et l’acide !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Illusoires instants de bonheur</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et c’est là que le propos devient dérangeant : si la pièce est absolument savoureuse dans l’enchaînement des événements, les rebondissements, les gags, elle donne à voir une héroïne qui va tout accepter de cet homme qu’elle aime toujours profondément, alors qu’il la manipule sans vergogne. Nous la voyons tout démolir pour lui, y compris son come-back sur scène, afin de vivre quelques rares et illusoires instants de bonheur avec ce type imprévisible, capricieux, égocentrique, pingre, indélicat, infidèle, un médiocre qui vampirise Amanda la rayonnante.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quitte à la conduire au bord du suicide ? Heureusement, Amanda rebondira, mais pour combien de temps, avec un Morange accroché à ses jupes ? « Cet homme vous tyrannise », déclare un de ses proches. Certes, elle le sait, elle accepte, même quand ses plus fidèles amis la quittent, excédés de la voir céder. Bref, si vous voulez comprendre fonctionne un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pervers+narcissique&amp;x=9&amp;y=10" target="_blank" rel="noopener">pervers narcissique</a>, vous regardez cette pièce, et vous allez tout comprendre. Barillet et Grédy, avec la finesse qu’on leur connaît, sentent déjà les mécaniques de ce type de profil, à une époque où on en ignorait l’existence même.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span> <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/theatre-potiche/" rel="bookmark">Potiche : il faut toujours se méfier des cruches !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>D’Amanda à Potiche</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Amanda, qualifiée de folle dans le titre, reflète une autre vision, critique, des victimes de ce genre d’individu. Proie considérée comme consentante, servile, presque masochiste. C’est donc bien fait si elle en est là et sa sœur ne manque guère de le lui rappeler, faisant écho à la petite voix acide qui résonne dans l’esprit de chaque spectateur. En d’autres termes, Amanda n’a que ce qu’elle mérite. Mais a-t-elle vraiment le choix, empêtrée qu’elle est dans cette relation toxique comme dans sa misère, sa dépendance financière ? On aimerait savoir si un jour, elle va enfin dire non.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Elle en a le potentiel, mais quelle étincelle lui fera inverser le processus ? Cela aurait mérité un « Folle Amanda 2 », qui porte d’ailleurs le nom de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ytePwi8qG_E" target="_blank" rel="noopener"><i>Potiche</i></a>, écrit toujours par Barillet et Gredy au début des années 80, soit une décennie plus tard. Là aussi, une femme rayonnante, mariée à un industriel odieux, cantonnée à son rôle de mère et de maîtresse de maison, et qui va profiter de la maladie de son époux pour prendre en main avec un succès éclatant la destinée de la famille, de l’usine, de la santé économique de la région… avec à la clé une carrière politique prometteuse. Bref la revanche d’Amanda.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">N&rsquo;hésitez pas à visionner la captation de la mise en scène de la pièce <em>Folle Amanda</em> par Jacques Charon avec Jacqueline Maillan en <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vpJJjeP_ZBY" target="_blank" rel="noopener">vidéo</a> ou en DVD.</span></p>
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		<title>Opsis TV : le théâtre dans votre fauteuil</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/opsis-tv-theatre-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 May 2021 12:57:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un an et demi de pandémie, un troisième confinement qui s’éternise, d’autres potentiels épisodes d’enfermement au gré d’une remontada des contagions … le secteur du spectacle vivant n’en finit plus de souffrir, et plus spécifiquement celui du théâtre. Quelle marge d’action quand les salles sont bouclées, les festivals annulés, les rassemblements interdits ? Reste la rue, la clandestinité ou le live stream. Autant de solutions que nous scrutons avec intérêt...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/opsis-tv-theatre-streaming/">Opsis TV : le théâtre dans votre fauteuil</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/185087903_4023996760976495_3086882656082266328_n_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="228" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/185087903_4023996760976495_3086882656082266328_n_opt.jpg" alt="opsis tv" class="wp-image-33889" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/185087903_4023996760976495_3086882656082266328_n_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/185087903_4023996760976495_3086882656082266328_n_opt-288x109.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/185087903_4023996760976495_3086882656082266328_n_opt-494x188.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Un an et demi de pandémie, un troisième confinement qui s’éternise, d’autres potentiels épisodes d’enfermement au gré d’une remontada des contagions … le secteur du spectacle vivant n’en finit plus de souffrir, et plus spécifiquement celui du théâtre. Quelle marge d’action quand les salles sont bouclées, les festivals annulés, les rassemblements interdits ? Reste la rue, la clandestinité ou le live stream. Autant de solutions que nous scrutons avec intérêt depuis l’arrivée du COVID sur la scène internationale. Et de loin en loin, un nom : Opsis TV.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Le “Netflix du théâtre”</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Un nom que nous avons cité une fois déjà dans notre longue réflexion sur la <a href="https://www.theartchemists.com/covid19-artiste-digitalisation-agile-culture/" target="_blank" rel="noopener">digitalisation express du monde de la culture</a>, avec comme point d’interrogation sa possible monétisation. De simple exemple évoqué au détour d’une démonstration, Opsis TV est devenu un sujet en soi. La start-up voit le jour en 2016 avec un objectif pour le moins ambitieux : devenir le “Netflix du théâtre”.&nbsp; Pas évident quand on sait l’attachement viscéral qu’ont les théâtreux au rapport direct avec le public, élément essentiel de la magie dramaturgique. La captation vidéo n’est qu’un outil pour améliorer la prestation, alimenter une restitution télévisée occasionnelle, être éventuellement gravée sur DVD dans les cas les plus prestigieux (<a href="https://www.theartchemists.com/?s=com%C3%A9die+fran%C3%A7aise&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Comédie-Française</a>, Théâtre du Rond-Point, Au théâtre ce soir …).</span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Le Covid est passé par là qui a fichu un coup de pied dans ces certitudes. Du jour au lendemain, il a fallu survivre avec les moyens du bord : exploiter les réseaux sociaux pour conserver l’attention des fidèles, diffuser du spectacle sur le web pour maintenir le moral des troupes ; à ce titre, nous ne soulignerons jamais assez le travail magnifique d’Eric Ruf et les comédiens de la maison de Molière qui ont su investir ces outils avec un talent, une inventivité incroyables, sans jamais trahir la mission de préservation et de transmission du patrimoine dramatique qui est la leur. D’autant que cette aventure a séduit un nouveau public très impliqué, et surtout ravi d’avoir accès à ces pépites, depuis leur écran d’ordinateur.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Tous les répertoires</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">De grande peur, l’effet canapé est devenu une opportunité dont la team d’Opsis TV avait su mesurer l’importance en amont. Le streaming est devenu un réflexe, il vaut aussi pour la captation du <a href="https://www.theartchemists.com/cat/spectacle/" target="_blank" rel="noopener">spectacle vivant</a>, concert, pièce, ballet, opéra, cirque … ARTE en est la preuve vivante, principalement en matière de live et de festivals. Pour ce qui est du théâtre proprement dit, c’est sur Opsis qu’il faut se reporter, dont le catalogue a de quoi faire rêver les férus de bons spectacles. Tous les répertoires sont représentés du classique avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Molière</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Shakespeare</a>, Victor Hugo, Corneille, Cocteau, Beaumarchais, Marivaux, au contemporain qui met en exergue de jeunes auteurs, des écritures innovantes, des acteurs et des metteurs en scène en émergence … Musique, danse, opéra sont également de la partie.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Cinq cent spectacles se partagent l’affiche d’OpsisTV, un chiffre qui augmente avec le temps et les nouvelles captations. Ajoutons un partenariat avec l’INA pour diffuser les mises en scènes historiques (</span><i><span style="font-weight: 400;">Les Chaises</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Ionesco avec Tsilla Chelton et Jacques Mauclair, Cyrano de Bergerac interprété par Daniel Sorano, Cocteau lu par Jean Marais …), des masterclasses où de grands comédiens, entre autres Francis Huster, Lionnel Astier, Michel Fau,&nbsp; Anne Richard, expliquent leur rapport à l’art, leur manière de jouer, des documentaires explorant l’univers du spectacle sous toutes ses formes, des cours d’art dramatique, des visites guidées, des analyses et des lectures de textes … un zoom sur le festival off d’Avignon, des thématiques comme l’Histoire sur les planches ou la préparation du baccalauréat. Et des représentations en direct.</span></span></p>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://youtu.be/sglrqpkuwlY
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Partager un patrimoine d’une richesse infinie</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Le tout pour 5,99 euros par mois, ce qui équivaut grosso modo au tiers du prix d’un billet de théâtre. La fin du spectacle vivant en direct avec de vrais acteurs et de vrais spectateurs dans la même salle au même moment ? Non, bien au contraire. Une formidable opportunité de partager un patrimoine d’une richesse infinie.</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><b>Avec ces publics empêchés qu’on oublie trop souvent</b><span style="font-weight: 400;"> : malades, handicapés, personnes âgées, détenus … qui sont dans l’incapacité physique de se rendre dans un théâtre.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><b>Avec ceux qui sont trop loin géographiquement ;</b><span style="font-weight: 400;"> eh oui, tout le monde n’a pas la chance de vivre à Paris où l’offre est carrément pléthorique, ou dans le cœur d’une grande ville comme Lyon ou Marseille. Allez vous installer dans une ville moins importante, voire au cœur de la campagne et vous allez comprendre ce qu’est un désert culturel. Trois heures aller et retour dans des RER bondés et rares pour aller voir une pièce à la Comédie française, quand on sort d’une journée de boulot et qu’on doit remettre ça le lendemain matin à 8 heures pétantes, franchement faut être TRES motivé.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><b>Avec ceux qui n’osent pas :</b><span style="font-weight: 400;"> il y en a, beaucoup, qui ont abandonné l’idée même d’apprécier une pièce. Parce que les cours du lycée les ont dégoûtés, parce qu’ils n’ont pas grandi avec un accès à la culture, parce que la simple idée de rester deux heures le cul sur un fauteuil les fait frémir. Parce qu’ils ont une vision faussée de l’art dramatique qu’ils considèrent comme intellectuel et inaccessible.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><b>Avec ceux qui n’en ont pas les moyens :</b><span style="font-weight: 400;"> nous l’évoquions plus haut, une place de théâtre, c’est en moyenne 20 euros. Un budget vite présidentiel pour une famille qui voudrait aller au théâtre une fois par semaine.</span></span></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>L’avenir du théâtre</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">D’aucuns objecteront que le streaming théâtral va porter un coup aux rentrées financières des troupes et des théâtres. Pas forcément. La crise du COVID a mis en évidence la dépendance des salles face à une épidémie, ce que Shakespeare connaissait bien, du reste : à chaque cas de peste détecté dans Londres (et il y en avait régulièrement), les autorités bouclaient tous les théâtres de la capitale qui en abritait beaucoup, laissant les acteurs sur le carreau. Ces derniers ont dû s’organiser, en partant en tournée, en imprimant et vendant les textes, en jouant chez les nobles. S’ils avaient eu l’outil internet, ils en auraient fait grand usage, sans aucun doute. Et auraient saisi la balle au bond, pour exploser leur audience, toucher de nouveaux fidèles, créer autrement. Se singulariser dans un climat ultra-concurrentiel.</span></p>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">C’est toujours le cas. OpsisTV donne à voir des jeunes talents, des textes récents ; c’est une formidable ouverture sur l’avenir du théâtre. Et la possibilité de voir bien plus de spectacles depuis son fauteuil. En effet, l’offre en matière de spectacles est telle qu’on ne peut tous les voir. Opsis ouvre le champ des possibles, permet de “bingewatcher” des pièces relativement courtes comme on le ferait avec une série. C’est aussi l’occasion de repenser un rituel dramaturgique un peu guindé : entrer dans la salle, s’installer, ne plus bouger, écouter dans l’ombre, applaudir … ne pas parler, ne pas commenter, ne pas manger … C’est oublier qu’il y a encore deux siècles, le théâtre était un lieu de vie, où on ovationnait les acteurs au milieu des scènes, où on trinquait dans les loges, où on contait fleurette aux spectatrices … On arrivait au milieu du spectacle, on repartait avant la fin …</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Revivifier le rapport au théâtre</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Et que dire de la fameuse bataille d’<em>Hernani</em> qui a fini en véritable pugilat ? Le visionnage en mode Opsis revivifie ce rapport au théâtre, on peut regarder un spectacle, l’interrompre, le commenter, se lever pour aller chercher des gâteaux et du thé, le reprendre ultérieurement … et voir. Autre argument de taille si j’ose dire : la visibilité. Qui n’a pas eu le malheur d’être assis derrière un géant ? Ou au fin fond du poulailler au dernier étage avec un pilier devant soi ? Pour le coup, l’accroche “Soyez toujours au premier rang” devient bien plus qu’une promesse client ; c’est un véritable confort, une sérénité. On voit, on entend, on capte les changements d’attitude et d’expression sur le visage des acteurs, les détails des costumes, des décors …&nbsp;</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Et on a la chance de comparer. L’avant, l’après. Comment le jeu a évolué, comment la mise en scène s’est modifiée. Pas d’avenir sans mémoire. or la mémoire du théâtre est parcellaire. Combien de mises en scène prestigieuses sont perdues. L’exemple type : </span><i><span style="font-weight: 400;">La Cage aux folles</span></i><span style="font-weight: 400;"> avec Serreau et Poiret dont il ne reste que quelques extraits. La perte est là, importante. Nombre des spectacles que nous avons chroniqués sur The ARTchemists n’existent pas en DVD, ils sont inscrits dans le catalogue des troupes qui les proposent aux programmateurs … mais si la troupe est dissoute, il n’en reste rien. Ainsi le magnifique </span><a href="https://www.theartchemists.com/bettencourt-boulevard-spectacle/" target="_blank" rel="noopener"><i><span style="font-weight: 400;">Bettencourt Boulevard</span></i></a><span style="font-weight: 400;"> de Vinaver mis en scène par Schiaretti, vu via Mediapart et dont la captation est désormais inaccessible.</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Education populaire</b></span></h2>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Bref cinq ans et une pandémie après sa création, OpsisTV démontre toute sa force de frappe. La plateforme s’inscrit dans un véritable mouvement d’éducation populaire que les institutions semblent avoir perdu de vue depuis longtemps.&nbsp;</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Elle participe d’une ouverture sur la culture, un véritable décloisonnement social qui donne accès à une élévation, une réflexion.</span></li>



<li><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Elle donne à apprécier des spectacles qu’on n’irait pas forcément voir en direct, offrant une chance supplémentaire de percer pour des acteurs, des metteurs en scène, des auteurs, des troupes émergentes.</span></li>



<li><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Elle transmet un patrimoine d’une rare qualité littéraire et dramaturgique auprès de jeunes publics qui y puisent une nouvelle source d’inspiration.</span></li>



<li><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Ce faisant, elle préserve ce patrimoine, encourage sa captation, sa diffusion.</span></li>
</ul>



<p><span style="font-weight: 400; color: #000000;">En son temps, Musset a initié le concept du théâtre dans un fauteuil, fait pour être lu. Aujourd’hui, OpsisTV, comme d’autres du reste, implante cette idée dans le terreau fertile de la VoD. Si cette dernière engendre des grosses machines comme Netflix ou Amazon Prime Video, elle inspire aussi des initiatives culturelles qui s’avèrent bien plus porteuses qu’elles ne le semblent au premier abord. Si l’outil internet influence de nouvelles formes d’écriture (Jeanne DARK opère régulièrement sur Instagram avant de rallier la scène du théâtre Olympia de Tours), il devient par ailleurs un réceptacle pour la mémoire du théâtre ainsi qu’un espace d’expression. Opsis TV participe activement de cette pouponnière où fleurissent déjà de magnifiques pousses dramatiques.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>



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		<title>Madame Sans Gêne : un rôle pour la Maillan !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/madame-sans-gene-jacqueline-maillan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 May 2021 10:05:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un véritable bijou, monument du théâtre de boulevard et pur bonheur à regarder, à plus d’un titre. Écrite en 1893 par un Victorien Sardou particulièrement inspiré, la comédie Madame sans Gêne relate les mésaventures d’une grande dame du peuple de la période napoléonienne, ici interprétée par une autre grande dame du peuple, Jacqueline Maillan. Et la rencontre de ces deux caractères est pour le moins explosive. Se faire entendre...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="494" height="494" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne-494x494.jpg" alt="" class="wp-image-30525" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne-100x100.jpg 100w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/madame-sans-gêne.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">C’est un véritable bijou, monument du théâtre de boulevard et pur bonheur à regarder, à plus d’un titre. Écrite en 1893 par un Victorien Sardou particulièrement inspiré, la comédie <i><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Madame sans Gêne</strong></a></i> relate les mésaventures d’une grande dame du peuple de la période napoléonienne, ici interprétée par une autre grande dame du peuple, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jacqueline+maillan&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Jacqueline Maillan</a>. Et la rencontre de ces deux caractères est pour le moins explosive.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Se faire entendre sans faire de chichi</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Il faut dire que Catherine Hubscher, blanchisseuse de son état, mariée à un grognard, ne manquait guère de tempérament ni de coffre, et savait se faire entendre sans faire de chichi. Consciente de ses origines, elle ne les renia jamais, même devenue maréchale d’empire. Et cela lui valut quelques ennemis, rebutés par ses manières populaires et son franc parler, dont elle faisait montre devant <a href="https://www.theartchemists.com/?s=napoleon&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Napoléon</a> lui-même, qui l’appréciait fort, dit-on. Un personnage haut en couleurs donc que Jacqueline Maillan endosse avec l’abattage et la faconde qui lui sont propres.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Pleine de vie, de bon sens, le cœur sur la main</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Deux heures durant, sous la direction d’un Michel Roux extrêmement efficace, elle traverse la Révolution, devient amie avec le comte de Neipperg qu’elle sauve du massacre des Tuileries, épouse son sergent, se retrouve parachutée à la Cour de Napoléon après avoir reprisé ses chemises pendant qu’il était encore caporal, apprend à marcher avec une robe à traîne, remet en place les grandes dames de la famille impériale, s’amuse avec les généraux dont elle fut la camarade de combat, sauve de nouveau Neipperg qui s’est fourré dans une sale histoire … bref la dame est indispensable. Pleine de vie, de bon sens, le cœur sur la main. Mais il ne faut pas la chicaner, sinon gare&nbsp;!</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Exercice de voltige</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">La Maillan bien sûr excelle dans cet exercice de voltige, alternant farce, tendresse, mélancolie, dans une véritable leçon de jeu qu’elle seule était capable de dérouler. Et sans recouper l’interprétation qu’en avait fait Arletty dans la version filmée de 1941. Autour d’elle, une farandole d’acteurs qui s’amusent comme des petits fous dans le sillage de cette fée marraine survoltée, parmi eux l’excellent William Sabatier et Alain Mottet. La mise en scène datée de 1973 est toujours aussi énergique et farfelue, les costumes de Roger Hart en mettent plein la vue, bref c’est exactement le genre de pièce dont on a besoin pour se rebooster le moral !</span></p>
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		<item>
		<title>L’École des contribuables : optimisation fiscale et thérapie de couple</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-ecole-contribuables/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Mar 2021 16:57:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=33532</guid>

					<description><![CDATA[<p>Gaston Vagnier affiche la trentaine débonnaire du rentier assurés de ses lendemain.s Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles s’il n’avait épousé une donzelle dépensière et volage, qui capte les deniers de potentiels amants pour assouvir ses folies et cacher ses dettes. Dettes dont il apprend la désagréable existence par hasard, et qu’il va bien lui falloir combler . Comment ? Mais en inaugurant L’École des contribuables, bien...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/Capture-du-2021-03-03-17-44-49_opt.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33533 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/Capture-du-2021-03-03-17-44-49_opt.png" alt="L'école des contribuables" width="600" height="389" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/Capture-du-2021-03-03-17-44-49_opt.png 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/Capture-du-2021-03-03-17-44-49_opt-288x187.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/03/Capture-du-2021-03-03-17-44-49_opt-494x320.png 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Gaston Vagnier affiche la trentaine débonnaire du rentier assurés de ses lendemain.s Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles s’il n’avait épousé une donzelle dépensière et volage, qui capte les deniers de potentiels amants pour assouvir ses folies et cacher ses dettes. Dettes dont il apprend la désagréable existence par hasard, et qu’il va bien lui falloir combler . Comment ? Mais en inaugurant L’École<i> des </i><i>contribuables</i>, bien sûr !</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Optimisation fiscale </b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>L’École des contribuables </i>: le patronyme haut en couleurs de cette agence de consultants spécialisés dans l’optimisation fiscale titre la comédie signée Louis Verneuil et Georges Berr … en 1934 ! Une pièce de boulevard virtuose, où les répliques fusent pour nous conter le succès éclatant de cette entreprise plébiscitée jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat, qui fait le malheur du beau-père de Vagnier, directeur des Impôts particulièrement efficace quand il s’agit de tondre les citoyens.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong> A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/peau-de-vache/" rel="bookmark">Peau de vache : la mégère absolument pas apprivoisée !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Thérapie de couple</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autant dire que l’esprit d’initiative de son gendre, décuplé par les infidélités de son panier percé d’épouse, ne convient guère à Monsieur Fromentel … mais occasionne son lot de gags désopilants, surtout quand c’est Robert Manuel qui dirige le navire avec parmi son équipage Michel Roux, Marc Dudicourt, Danielle Volle, Jean Marsan, Alain Feydeau … tous en très grande forme et particulièrement inspirés par le rocambolesque de cette thérapie de couple assez inattendue.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Délicieux divertissement </b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Rocambolesques mais toujours d’actualité. On notera qu’en presqu’un siècle, les préoccupations des Français fortunés face à l’impôt demeurent les mêmes, comme leur volonté de tromper l’État par toutes les ruses possibles. Pour sûr, après avoir savouré ce délicieux divertissement immortalisé par Pierre Sabbagh pour l’émission « Au théâtre ce soir », vous ne regarderez plus jamais votre déclaration de la même manière.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://youtu.be/b6sxv4_SMQ4">https://youtu.be/b6sxv4_SMQ4</a></p>
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