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	<title>ryan murphy</title>
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		<title>De « The Beauty » à « Love Story: JFK Jr. &#038; Carolyn Bessette » : l’empire du paraître selon Ryan Murphy</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ryan-murphy-the-beauty-love-story-comparatif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 11:06:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En ce premier semestre 2026, Ryan Murphy le Prolifique s’empare de nouveaux des écrans pour livrer un diptyque troublant sur notre addiction au sublime pathologique. Il accouche ainsi de <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Beauty">The Beauty</a></em> et <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Love_Story_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e,_2026)">Love Story: JFK Jr. &amp; Carolyn Bessette</a>. </em>Les deux séries semblent aux antipodes&nbsp;; elles se rejoignent pourtant pourinterroger la mécanique du regard et la violence intrinsèque de la perfection. Quand la première s&rsquo;aventure dans les territoires du « <a href="https://www.theartchemists.com/?s=body+horror">body horror</a> » et de la satire sociale, la seconde s&rsquo;attache à la tragédie historique de deux icônes broyées par leur propre image. Derrière l&rsquo;éclat des épidermes parfaits et des robes de soie minimalistes, Murphy murmure une vérité séculaire : l&rsquo;obsession de la beauté est le plus sûr chemin vers la désintégration de l&rsquo;âme.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/zor5nXKwf4Q?si=wmIXjViYSTiAFeqz" title="FX The Beauty - Bande-annonce officielle (VOST) | Disney+" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/zor5nXKwf4Q?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/zor5nXKwf4Q?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>The Beauty</em> : le virus de la perfection</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>The Beauty</em>, adaptée du roman graphique de Jeremy Haun, Ryan Murphy explore une approche radicale : et si la beauté était un virus ? La série évoque comment une infection sexuellement transmissible transforme les porteurs en versions idéalisées d&rsquo;eux-mêmes. Le gras fond, les traits s&rsquo;affinent, la peau s&rsquo;illumine. Mais ce cadeau d&rsquo;Aphrodite a un prix : une combustion interne qui guette chaque infecté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, la beauté tourne à la consommation de masse. Murphy utilise le genre du polar de science-fiction pour dénoncer la manière dont les marques et les industries exploitent notre besoin viscéral de validation. Comme le souligne le magazine <a href="https://time.com/7355116/the-beauty-review-fx/"><em>TIME</em></a> dans sa critique de janvier 2026, la série déplace le curseur de l&rsquo;horreur : le monstre n&rsquo;est plus l&rsquo;être déformé, mais l&rsquo;être trop parfait. Le danger vient de cette uniformité imposée par un virus qui agit comme un filtre Instagram permanent et biologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La série dénonce l’avidité cynique des fabricants de beauté, l’aveuglement des institutions. La beauté apparaît pour ce qu’elle est dans notre société, une monnaie d&rsquo;échange à forte volatilité. Des anonymes au physique jugé ingrat sont prêts à n’importe quoi pour devenir beaux comme des dieux, envahir les catwalks, séduire et séduire encore, devenir des stars et tant pis si ils en meurent de la pire des façon. Mutations sanglantes, explosions des organismes, le gore généreusement déversé par Murphy de scène en scène participe d’une critique acerbe de l&rsquo;immédiateté numérique et de la dictature de l&rsquo;apparence, où le corps n&rsquo;est plus qu&rsquo;un support publicitaire que l&rsquo;on finit par brûler après usage.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/GXkhKYwEFyM?si=okJUQUhVp3UQdxtO" title="FX Love Story : John F. Kennedy Jr. &amp; Carolyn Bessette - Bande-annonce officielle (VOST) | Disney+" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/GXkhKYwEFyM?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/GXkhKYwEFyM?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Love Story</em> : Carolyn Bessette sacrifiée sur l&rsquo;autel du glamour</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;opposé de cette fiction spéculative, le premier volet de l&rsquo;anthologie <em>Love Story</em> nous ramène au minimalisme des années 90. En se focalisant sur le couple star formé par <a href="https://www.theartchemists.com/carolyn-john-livre/">John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette</a>, Murphy change de focale mais conserve le même sujet : la traque du beau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Carolyn Bessette, interprétée avec une fragilité saisissante par Sarah Pidgeon, incarne la beauté comme prison. Publicitaire pour Calvin Klein, elle maîtrisait les codes de l&rsquo;image&nbsp;; mariée à JFK Junior, elle en devient la victime. La série documente comment les médias transforment brutalement cette jeune femme farouchement indépendante en une page blanche sur laquelle le public projette ses fantasmes d&rsquo;élégance aristocratique et de vendetta sociale. Harcelée par les paparazzi, la jeune épouse découvre la dureté des médias people à une époque où les tabloïds s’imposent dans un mélange schizophrénique d’adulation et d’insultes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour JFK Jr., la prestance face aux objectifs est naturelle, il a été éduqué ainsi, cela fait partie des devoirs inhérents au clan politique des Kennedy en général et à l’héritier de JFK en particulier. Carolyn, elle, sort violemment de l’anonymat, n’a jamais été formée pour gérer son image. La série met en évidence comment l&rsquo;obsession du public pour leur perfection physique va ronger leur intimité jusqu&rsquo;au drame final de Martha&rsquo;s Vineyard. La société considère la beauté comme une performance continue qui ne souffre aucun relâchement. Le couple constitue un juteux produit marketing pour une presse people en pleine mutation, annonçant l&rsquo;ère de la surveillance généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux approches, une même mise en garde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’un côté la chair qui se consume, de l’autre l’âme qui se noie. Les deux séries se rejoignent sur le rôle moteur et coupable des médias dans la fabrication de cette obsession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De part et d’autre, le système est le véritable antagoniste. Dans <em>The Beauty</em>, ce sont les laboratoires pharmaceutiques et les réseaux sociaux qui encouragent la propagation du virus pour des raisons de profit et de contrôle social. Dans <em>Love Story</em>, ce sont les éditeurs de presse et les maisons de couture qui enferment Carolyn dans un rôle d&rsquo;idole de glace. Dans les deux cas, et avec deux registres différents, Murphy dénonce ce qu&rsquo;il appelle la « beauté manufacturée », celle qui ne sert plus l&rsquo;art ou l&rsquo;humain mais la consommation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message à travers ce doublé télévisuel est limpide : se méfier des apparences n&rsquo;est plus prudence mais survie. Que la beauté vienne d&rsquo;un virus ou d&rsquo;un héritage génétique sublimé par la mode, elle finit toujours par exiger un tribut. Fin analyste de la psyché américaine, Ryan Murphy livre une leçon magistrale de sociologie visuelle. En opposant le « body horror » technologique de <em>The Beauty</em> au mélodrame funèbre de <em>Love Story</em>, il boucle la boucle de son obsession pour le paraître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes invités, nous spectateurs, à interroger notre propre voyeurisme : pourquoi cherchons-nous tant la perfection chez les autres alors que nous savons, au fond, qu&rsquo;elle n&rsquo;est qu&rsquo;un linceul magnifiquement tissé ? Il semblerait que pour Murphy, la seule beauté digne d&rsquo;intérêt soit celle qui accepte sa propre finitude, loin des flashs et des mutations génétiques.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Mettre en scène la douleur : réflexions sur la spectacularisation du tragique dans nos sociétés contemporaines</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mise-scene-douleur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 16:13:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le deuil est devenu viral. Les traumas font l&#8217;objet de podcasts primés. Les catastrophes s&#8217;archivent en stories. Nous vivons dans une époque qui consomme le malheur des autres avec une voracité inédite — non pas par sadisme, mais parce que le tragique est devenu, structurellement, le principal carburant de l&#8217;attention collective. Ce glissement soulève une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le deuil est devenu viral. Les traumas font l&rsquo;objet de podcasts primés. Les catastrophes s&rsquo;archivent en stories. Nous vivons dans une époque qui consomme le malheur des autres avec une voracité inédite — non pas par sadisme, mais parce que le tragique est devenu, structurellement, le principal carburant de l&rsquo;attention collective. Ce glissement soulève une question qui excède les sphères morale et esthétique pour toucher à l’anthropologique. Que fait une société qui transforme la souffrance en contenu ? L&rsquo;honore-t-elle, ou la digère-t-elle simplement ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La spectacularisation du réel : quand le choc devient langage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;esthétique de l&rsquo;urgence traumatique s&rsquo;est imposée comme le registre dominant de l&rsquo;information contemporaine. Attentats, catastrophes naturelles, féminicides — la couverture médiatique de ces événements obéit désormais à une grammaire reconnaissable : musique stressante sur les plateaux, images répétées en boucle, bandeaux alarmistes, témoins filmés à chaud. Il ne s’agit plus d’informer ; l’objectif est de produire une expérience émotionnelle partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux ont radicalisé cette logique. Le direct permanent, la géolocalisation des drames, la viralité des images de détresse : chaque catastrophe devient un feuilleton avec ses épisodes, ses retournements, ses personnages récurrents. La médiation disparaît au profit d&rsquo;une illusion de présence immédiate. Or, comme le note le sociologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Le_Breton">David Le Breton</a> dans <em>La Sociologie du risque</em>, la surexposition à l&rsquo;image de la souffrance, si elle génère de l&#8217;empathie, peut tout autant alimenter un émoussement du regard, une désensibilisation progressive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paradoxe est au cœur de notre rapport contemporain au tragique : nous y sommes exposés comme jamais, et peut-être moins touchés qu&rsquo;on ne le croit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le trauma comme produit culturel : le vrai crime en question</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre 2022, Netflix mettait en ligne la série <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Dahmer : Monstre — L&rsquo;histoire de Jeffrey Dahmer</a>. </em>En quelques jours, le parcours criminel du Cannibale de Milwaukee raconté par Ryan Murphy s’impose comme la deuxième série en langue anglaise la plus regardée de l&rsquo;histoire de la plateforme. Le succès est massif, le scandale aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les familles des victimes découvrent l&rsquo;existence du programme en même temps que le reste du monde. <a href="https://www.tf1info.fr/culture/dahmer-monstre-histoire-de-jeffrey-dahmer-sur-netflix-les-familles-des-victimes-en-colere-contre-la-serie-de-ryan-murphy-2233847.html">Eric Perry</a>, cousin d&rsquo;Errol Lindsey — la onzième victime du tueur, assassinée en 1991 — publie sur Twitter une réaction qui résume la blessure infligée : « C&rsquo;est traumatisant encore et encore, et pour quoi faire ? De combien de films, de séries, de documentaires avons-nous besoin ? » Rita Isbell, sœur d&rsquo;Errol Lindsey, explique que Netflix a reconstitué sa crise de rage au procès sans jamais la consulter, ajoutant que la plateforme faisait « de l&rsquo;argent sur cette tragédie ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La série <em>Dahmer</em> n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple parmi d&rsquo;autres d&rsquo;un genre devenu dominant : le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> à haute valeur de production, où le soin apporté à la reconstitution esthétique de l&rsquo;horreur coexiste avec l&rsquo;absence quasi systématique de consentement des survivants et des proches. La question n&rsquo;est pas celle de la représentation en soi — l&rsquo;histoire du crime fascine depuis Dostoïevski. Elle est celle du protocole éthique : à qui appartient la douleur d&rsquo;autrui, et qui décide de la mettre en scène ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mémoriaux et musées : entre transmission et mise en scène</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La muséographie contemporaine des grandes tragédies historiques s&rsquo;est profondément transformée depuis les années 1990. L&rsquo;<a href="https://www.ushmm.org/fr">United States Holocaust Memorial Museum</a> de Washington (1993) fait figure de pionnier en inaugurant un parcours narratif immersif, où l&rsquo;architecture elle-même — plafonds abaissés, éclairages crus, matériaux industriels — participe de la transmission. Les musées-mémoriaux qui ont suivi, de <a href="https://www.yadvashem.org/fr.html">Yad Vashem</a> à Jérusalem jusqu&rsquo;au Mémorial de la Shoah à Paris, intègrent cette dimension sensorielle : objets ayant appartenu aux victimes, témoignages enregistrés, lumières tamisées, salles étroites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au <a href="https://www.theartchemists.com/memorial-shoah/">Mémorial de la Shoah</a>, rue Geoffroy-l&rsquo;Asnier, le Mur des Noms porte les noms de 76 000 déportés. La crypte abrite des cendres de victimes d&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Auschwitz">Auschwitz</a> et du ghetto de Varsovie. Le dispositif est sobre, silencieux, efficace. Il se distingue radicalement des expériences immersives à vocation commerciale qui se multiplient dans le même temps, expositions Van Gogh « vivantes », reconstitutions en réalité virtuelle et autres parcours sensoriels dans les musées d&rsquo;histoire naturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La frontière tient à l&rsquo;intention et à l&rsquo;éthique de la forme. Un mémorial qui fait ressentir pour mieux comprendre n&rsquo;opère pas sur le même registre qu&rsquo;un dispositif qui fait ressentir pour en mettre plein les yeux. Mais la ligne est poreuse, et chaque nouvelle technologie d&rsquo;immersion la repousse un peu plus.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/w7P9YMwIfxc?si=FctqyJrCYDxqhrs6" title="LÍNEA DE 160 CM TATUADA SOBRE 4 PERSONAS" width="1080" height="810" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/w7P9YMwIfxc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/w7P9YMwIfxc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;art contemporain face au tragique : dénonciation ou complicité ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains artistes travaillent la douleur comme une matière politique, avec une rigueur qui interdit la confusion avec le sensationnalisme. Sophie Calle, dans l&rsquo;installation <em>Rachel, Monique</em> présentée au Palais de Tokyo en 2010, fait du deuil de sa mère le matériau d&rsquo;une œuvre radicalement intime. Vidéos des derniers instants, objets déposés dans le cercueil, photographies de stèles — Calle reconstitue un mausolée vivant, traversé par une tension entre la perte personnelle et sa mise en visibilité. Ce n&rsquo;est pas la mort qui est donnée à voir, mais le travail du deuil lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.santiago-sierra.com/index_1024.php">Santiago Sierra</a> procède autrement, avec une froideur clinique qui est en elle-même le propos. L&rsquo;artiste espagnol paie des individus en situation de grande précarité — sans-papiers, toxicomanes, travailleurs sans emploi — pour accomplir des tâches dégradantes ou douloureuses. En 1999, à La Havane, il rémunère six jeunes hommes sans emploi 30 dollars pour se faire tatouer une ligne de 250 cm dans le dos. En 2000, il paye une femme travailleuse du sexe le prix d&rsquo;une dose d&rsquo;héroïne pour subir le même traitement devant un public de galerie. L&rsquo;œuvre, intitulée <em>160 cm Line Tattooed on 4 People</em>, est documentée et exposée. La question qu&rsquo;elle pose est insoluble : Sierra dénonce-t-il l&rsquo;exploitation capitaliste des corps précaires, ou en use-t-il à son bénéfice ? La polémique déclenchée est peut-être la réponse la plus honnête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, l&rsquo;art se pose comme miroir, un miroir qui n’a rien de neutre. Il choisit l&rsquo;angle, la distance, la lumière. La question éthique pour tout artiste travaillant sur le tragique n&rsquo;est pas « est-ce que je représente ? » mais « comment est-ce que je représente, et au bénéfice de qui ? »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une société saturée d&rsquo;émotions fortes : désensibilisation ou dépendance ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notre époque présente un paradoxe que les spécialistes de la communication ont commencé à documenter : elle est à la fois saturée d&rsquo;images de souffrance et de moins en moins capable d&rsquo;en être durablement affectée. L&rsquo;image du petit Alan Kurdi, noyé et échoué sur une plage turque en 2015 avait provoqué une onde de choc mondiale, relançant brièvement le débat sur l&rsquo;accueil des réfugiés. Quelques semaines après, le flux d&rsquo;actualité avait perdu ce cliché terrible dans un flot d&rsquo;autres images. L&rsquo;émotion forte, sans ancrage narratif ni espace de médiation, ne dure pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;économiste de l&rsquo;attention <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tim_Wu">Tim Wu</a>, dans <em>The Attention Merchants</em> (2016), décrit comment l&rsquo;espace mental humain est devenu un terrain de compétition économique. L&rsquo;émotion — notamment la peur et la tristesse — s&rsquo;est révélée l&rsquo;une des ressources les plus efficaces pour capter et retenir l&rsquo;attention. Ce que Wu nomme la « marchandisation de l&rsquo;attention » implique une logique d&rsquo;escalade : si l&rsquo;ordinaire ne suffit plus à capter le regard, il faut l&rsquo;extraordinaire. Si l&rsquo;extraordinaire s&rsquo;est banalisé, il faut l&rsquo;insupportable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mécanique d&rsquo;escalade explique en partie pourquoi le true crime, les documentaires sur les génocides et les séries sur les tueurs en série constituent désormais un genre florissant sur toutes les plateformes. L&rsquo;horreur calibrée, rendue digeste par la fiction ou le documentaire, produit une émotion forte sans risque réel. Elle permet de « ressentir » sans s&rsquo;engager.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Éthique de la forme : une responsabilité collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Représenter le tragique n&rsquo;est pas un mal en soi. L&rsquo;art, la littérature, le cinéma ont toujours travaillé sur la mort, la douleur, la perte — et cette traversée peut produire de la connaissance, de l&#8217;empathie, voire de la catharsis. Ce qui pose désormais question, c&rsquo;est l&rsquo;éthique de la forme, les conditions dans lesquelles la représentation s&rsquo;effectue, ce qu&rsquo;elle donne à voir et à qui elle profite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs critères permettent de distinguer une représentation qui honore le tragique d&rsquo;une mise en spectacle qui l&rsquo;instrumentalise.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le consentement des personnes concernées — victimes, survivants, familles — est le premier d&rsquo;entre eux, comme l&rsquo;a illustré la polémique Dahmer.</li>



<li>La présence d&rsquo;une intention critique lisible, qui ne soit pas un simple alibi, en est un autre.</li>



<li>La conscience du contexte de réception — où est diffusée l&rsquo;œuvre, dans quel espace, avec quel public ? — en est un troisième.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes tous, en tant que spectateurs, parties prenantes de cette économie de l&rsquo;émotion. Regarder n&rsquo;est plus un acte neutre. Il engage une responsabilité — celle de savoir pourquoi on regarde, ce qu&rsquo;on cherche dans ce qui nous est montré, et si ce que nous regardons sert à comprendre ou simplement à consommer. La douleur des autres n&rsquo;est pas un contenu comme un autre. Elle mérite, au minimum, qu&rsquo;on lui pose la question de sa mise en scène.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Carolyn et John : chronique stylée d’un naufrage amoureux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/carolyn-john-livre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 16:10:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37946</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a des gens faits pour se rencontrer et d’autres non&#160;: en parcourant Carolyn et John, on se demande à chaque page dans quelle catégorie classer Carolyn Bessette et John F. Kennedy Jr. Origines familiales, coup de foudre, mariage, Stéphanie des Horts dissèque cette tragédie moderne avec une plume prenante, évoluant entre le style [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a des gens faits pour se rencontrer et d’autres non&nbsp;: en parcourant <em>Carolyn et John</em>, on se demande à chaque page dans quelle catégorie classer <a href="https://www.theartchemists.com/ryan-murphy-the-beauty-love-story-comparatif/">Carolyn Bessette et John F. Kennedy Jr</a>. Origines familiales, coup de foudre, mariage, Stéphanie des Horts dissèque cette tragédie moderne avec une plume prenante, évoluant entre le style de <em>Vogue</em> et celui de Brontë. En toile de fond, la malédiction des <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Kennedy">Kennedy</a> et l’Amérique de Reagan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au top du top de la jet set américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’un côté, le fils de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=JFK">JFK</a>, de l’autre une gamine ambitieuse issue de la middle class. D’un côté, un playboy richissime, éduqué dans la mémoire d’un père martyre, porteur des ambitions politiques de son clan, couvé par une mère possessive et traumatisée&nbsp;; de l’autre une beauté aussi froide que blonde, consciente de son aura et de son charme, bien décidée à grimper les échelons depuis les salons de Calvin Klein où elle officie jusqu’au top du top de la jet set américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque le séducteur croise le chemin de la dévoreuse d’hommes, c’est le coup de foudre… à sens unique. Il faudra un certain temps pour que Carolyn s’investisse dans une relation qu’elle veut faire durer par opportunisme. Or n’épouse par JFK Junior qui veut et qui peut. Nombreuses furent les candidates délaissées assez rapidement&nbsp;: le jeune homme s’ennuie vite, et ces demoiselles ne sont jamais assez bien pour une Jackie Onassis obsédée par le rang à tenir au sein du gotha new-yorkais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un personal branding démentiel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Carolyn aura bien du mal à s’imposer, à perdurer, sombrant dans la dépression et les conduites addictives tandis que son bel époux enchaîne les business désastreux. Jusqu’au soir du 16 juillet 1999 où tous deux montent dans un petit avion qui sera leur cercueil. La malédiction des Kennedy va de nouveau frapper, malgré toutes les tentatives pour déjouer ce sort funeste. Ou à cause d’elles&nbsp;? Dès les premières lignes, <a href="https://www.stephaniedeshorts.com/">Stéphanie des Horts</a> entretient le doute, soulignant combien l’éducation de ce gamin en fit un enfant gâté, têtu, orgueilleux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant d’éléments qui pesèrent dans la balance des Parques, conduisant à l’instant fatal. La colère des dieux est un prétexte, un élément de narration pour faire pleurer les foules. Dans ce livre ô combien fascinant, on voit une autre facette transparaître&nbsp;: celle d’égos disproportionnés, façonnés dès le berceau comme une marque de fabrique, un <a href="https://delphineneimon.com/personal-branding/">personal branding</a> démentiel qui ne peut déboucher que sur des catastrophes. En d’autres termes, JFK Jr a forgé sa chute, entraînant avec lui une épouse malheureuse et détruite par le poids d’une célébrité que cette névrosée ne sut pas gérer.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-3 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph"> À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/mythe-kennedy-patrick-jeudy/">50 ans de malédiction ? Le mythe Kennedy disséqué par Patrick Jeudy</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/marilyn-et-jfk-american-tabloid-a-la-francaise/">Marilyn et JFK&nbsp;: american tabloïd à la française&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/kennedy-roman-derniers-jours/">Kennedy, le roman des derniers jours&nbsp;: dans la tête d’un condamné&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livres-assassinat-kennedy/">22 novembre 1963&nbsp;– Assassinat de Kennedy&nbsp;: quels livres consulter pour faire le point&nbsp;?</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Une intrigue à la Bret Easton Ellis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je le disais en introduction, l’Amérique de Reagan sert de toile de fond à cette légende moderne qui a tout d’une intrigue à la Bret Easton Ellis. Les deux amants seraient à leur aise dans les pages de <em>Glamorama</em>. Trop beaux, trop riches, trop suffisants de vanité, trop avides de reconnaissance et de succès… trop de comptes à régler avec la fatalité peut-être. Un Icare, une Électre, forcément le mélange est explosif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet univers dont les excès évoquent <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-loup-wall-street-decadence-absurdologie/">Le Loup de Wall Street</a></em>, c’est le portrait des 90’s version USA qui s’impose, entre respect presque ridicule des traditions et quête effrénée de modernité et de réussite. Seulement voilà&nbsp;: toutes les success stories ne sont pas bonnes à prendre, et le rêve américain possède une face cachée, sombre, dévoratrice. C’est cette face cachée que Stéphanie des Horts explore avec un certain cynisme, un regard à la fois critique et fasciné.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menéndez &#8211; Parricide, inceste et secrets de famille au programme</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-menendez/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 16:41:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37410</guid>

					<description><![CDATA[<p>En son temps, l&#8217;affaire Menendez a fait couler beaucoup, beaucoup d&#8217;encre. Deux fils de famille qui assassinent leurs parents à coup de fusil à pompe, un procès retentissant axé sur des soupçons de maltraitance et d&#8217;inceste, un verdict aujourd&#8217;hui encore contesté, deux coupables qui végètent toujours derrière les barreaux : le sujet ne pouvait qu&#8217;accrocher [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2.jpg" alt="" class="wp-image-37411" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En son temps, l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyle_et_Erik_Men%C3%A9ndez" target="_blank" rel="noreferrer noopener">affaire Menendez</a> a fait couler beaucoup, beaucoup d&rsquo;encre. Deux fils de famille qui assassinent leurs parents à coup de fusil à pompe, un procès retentissant axé sur des soupçons de maltraitance et d&rsquo;inceste, un verdict aujourd&rsquo;hui encore contesté, deux coupables qui végètent toujours derrière les barreaux : le sujet ne pouvait qu&rsquo;accrocher l&rsquo;attention d&rsquo;un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy">Ryan Murphy</a> avide d&rsquo;autopsier la société américaine pour le pire du meilleur et le meilleur du pire. C&rsquo;est ainsi que <em><a href="https://www.netflix.com/fr/title/81665094" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menéndez</a></em> a déboulé sur nos écrans. Magistral !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/by4Hz7FDAR8?si=64kOgNUhtSayv_EN" title="Monstres : L&amp;apos;histoire de Lyle et Erik Menendez | Bande-annonce officielle 1 VF | Netflix France" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/by4Hz7FDAR8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/by4Hz7FDAR8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un carnage pour un héritage ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir autopsié l&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=jeffrey+dahmer">affaire de Jeffrey Dahmer</a>, Murphy remet donc le couvert (si je puis dire) en passant le parricide des frangins Menendez sur le gril. Lyle et Erik ont en apparence tout pour être heureux. Les parents sont riches, la maison est belle, ils ne manquent de rien : deux magnifiques ados, des sportifs de haut niveau promis à de très belles carrières. Rien donc ne semble les prédisposer à buter leurs géniteurs au point de les rendre quasi méconnaissables, de couvrir d&rsquo;éclats de chair et de sang le plafond du salon bibliothèque où ces derniers regardaient paisiblement la télé un soir d&rsquo;aout 1989. Pourquoi alors ce carnage ? Pour récupérer un héritage qui allait leur passer sous le nez ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est que quand on creuse un peu, on réalise que les deux gamins ne sont pas si mignons/gentils que ça. Il semblerait même qu&rsquo;ils aient joué les cambrioleurs d&rsquo;opérette, se faisant chopper comme des bleus par la maison Poulaga. Grand prince et jaloux de sa réputation, Menendez Senior a tout remboursé et puni ses héritiers en les rayant de son testament. Fin du débat : pour les enquêteurs, les deux gosses ont tout mis en œuvre pour récupérer la fortune paternelle et en profiter grandement du reste, au vu de leurs dépenses somptuaires après l&rsquo;enterrement de papa/maman. Ils ont même confessé leur crime à leur psychologue qui a tout enregistré, tentant ainsi de les faire chanter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Périple judiciaire et maltraitances sexuelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement voilà, tout n&rsquo;est pas si simple. Il semblerait que les deux frères aient depuis l&rsquo;enfance été victimes de maltraitance psychique, verbale, physique de la part d&rsquo;un père qui les abusait sexuellement sous le regard indifférent au mieux, au pire complice d&rsquo;une mère totalement déconnectée des réalités. C&rsquo;est du moins ce que l&rsquo;avocate d&rsquo;Erik Leslie Abramson va avancer durant le procès, appuyant toute sa défense sur ce climat délétère pour expliquer le geste des deux tueurs. Grand amateur de l&rsquo;exploration des angles morts de la psyché américaine, Murphy nous embarque dans ce voyage en eaux boueusement troubles, où le monstre n&rsquo;est pas forcément celui qu&rsquo;on pense.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>E</em>n 9 épisodes taillés à la serpe et jouant sur la chrono et les flash back, nous suivons ce périple judiciaire décortiqué sous tous les angles. S&rsquo;il n&rsquo;apporte aucune lumière sur la vérité des faits, Murphy donne à voir toutes les approches, tous les points de vue : celui des parents interprétés de manière magistrale par Javier Bardem et Chloe Sevigny, celui des deux frères qu&rsquo;incarnent Nicholas Chavez et Cooper Koch, celui des avocats, Ari Graynor en tête, parfaite dans la peau d&rsquo;Abramson. Si certains points sont moins fouillés que d&rsquo;autres, tout est abordé pour donner à voir un immense gâchis, une mascarade judiciaire, une société prompte à la justice la plus brutale, sans se soucier d&rsquo;équité, de transparence, de tempérance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une équation insoluble</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux garçons échappent à la peine de mort par miracle, mais sont condamnés à vie pour leur geste impardonnable. Impardonnable, mais explicité par la violence parentale subie au quotidien. Les jurés du premier procès étant incapables de statuer, un second procès débute, complètement drivé par un juge à la botte du bureau du procureur qui a désespérément besoin de redorer son blason après la claque du procès <a href="https://www.theartchemists.com/?s=simpson">O.J. Simpson</a>. Les frères Menendez seront donc jugés sur les faits et rien que les faits, la défense complètement muselée. Déni de justice ? C&rsquo;est l&rsquo;idée… À moins que ? À moins qu&rsquo;ils ne soient des monstres de perversion froide, des acteurs nés, qui arrivent à feindre la douleur du trauma devant les jurés au point d&rsquo;en faire pleurer plusieurs ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Murphy s&rsquo;amuse à brouiller les pistes, pour donner à comprendre les différentes facettes d&rsquo;une équation par nature insoluble. Dès qu&rsquo;il évoque une interprétation de la situation, il balance un nouvel argument qui contredit la démonstration précédente. Le spectateur se paume complètement dans ce labyrinthe, au même titre que les jurés du premier procès et que l&rsquo;ensemble d&rsquo;une opinion publique qui s&rsquo;est passionnée pour l&rsquo;affaire avant de s&rsquo;en détourner, aspirée par d&rsquo;autres sujets. c&rsquo;est aussi cela que Murphy met en exergue : la versatilité d&rsquo;un public qui assiste à ce procès comme à un spectacle, alors que les séances sont pour la première fois retransmises en direct à la télévision par la toute jeune chaîne Court TV.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/Z1IOqpw_l30?si=ZF_cYo5dTWyXRhS7" title="The Menendez Murders: Erik Tells All | Limited Series Premieres Nov. 30 at 10/9c | A&amp;E" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Z1IOqpw_l30?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Z1IOqpw_l30?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Menendez Murders : Erik Tells All</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Société du spectacle qui se repaît de la douleur et de l&rsquo;horreur, sans s&rsquo;interroger sur l&rsquo;atrocité quotidienne subie par ces deux gosses. Une fois bouclé le visionnage des neuf épisodes (on gardera en tête la longue séquence d&rsquo;aveu d&rsquo;Erik, interprétée par un Cooper Koch qui gagne là ses galons de très grand acteur), il faut se tourner vers un documentaire plus précis des faits. En ce qui me concerne et après avoir consulté plusieurs true crimes, j&rsquo;ai décortiqué <em>The Menendez Murders : Erik Tells All</em>. Édite en 2017, la série documentaire consacre 5 épisodes à l&rsquo;analyse de l&rsquo;affaire dans un ordre chronologique, en s&rsquo;appuyant sur le témoignage d&rsquo;Erik ainsi que sur le récit d&rsquo;enquêteurs, d&rsquo;avocats, de membres de la famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui manque dans la série de Murphy apparaît dans le documentaire de manière frappante. Maltraitance il y eut, évidente pour beaucoup. Or à l&rsquo;époque, dans les années 80, envisager l&rsquo;inceste et l&rsquo;abus sexuel de la part d&rsquo;un père sur ces deux fils, qui plus est dans une famille huppée, parfaite illustration de la success story à la mode USA, c&rsquo;était impensable. <em>The Menendez Murders : Erik Tells All </em>introduit ce paramètre dans l&rsquo;équation, apportant un jour nouveau sur l&rsquo;affaire, un regard plus profond, ce qui permet de raccorder toutes les pièces du puzzle, d&rsquo;avoir une vision beaucoup plus nette du pourquoi du comment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N&rsquo;en faites pas l&rsquo;économie. Car avec son récit, Murphy comme toujours, s&rsquo;amuse avec les limites du true crime. Du reste, sa lecture a immédiatement été contestée par Erik Menendez du fin fond de sa prison. À tort ou à raison ?</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>FEUD 2 Capote vs The Swans : auteur maudit et cygnes en bouillie !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/feud-2-capote-swans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2024 08:59:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On va le dire carrément : la première saison de FEUD nous a laissés sur le cul. En s&#8217;attaquant brillamment au fight légendaire entre Joan Crawford et Bette Davis sur fond de tournage (cauchemardesque) du film culte Qu&#8217;est-il arrivé à Baby Jane ?, Ryan Murphy avait mis la barre très très haut. Difficile de remettre [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2.jpg" alt="" class="wp-image-37342" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">On va le dire carrément : la <a href="https://www.theartchemists.com/feud-saison-1-bette-vs-joan/">première saison de FEUD</a> nous a laissés sur le cul. En s&rsquo;attaquant brillamment au fight légendaire entre Joan Crawford et Bette Davis sur fond de tournage (cauchemardesque) du film culte <em>Qu&rsquo;est-il arrivé à Baby Jane ?, </em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy">Ryan Murphy</a> avait mis la barre très très haut. Difficile de remettre le couvert avec autant de maestria. Il faudra donc sept ans au showrunner de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=american+horror+story">American Horror Story</a></em>, <em>Glee</em> et autres <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=pose">Pose</a></em> pour accoucher d&rsquo;une seconde querelle digne de ce nom. Et quelle querelle : avec <em>Capote vs The Swans, </em>Murphy<em> </em>narre les différents épisodes du clash entre l&rsquo;auteur du mythique <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-sang-froid-capote/">De sang froid</a></em> et ses amies de la jet set new-yorkaise qu&rsquo;il avait surnommées « Les cygnes ». Bouillie de palmipèdes en perspective !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/WeE1pRfIt8k?si=hAovBGF2xb8ZjtnE" title="FEUD: Capote Vs. The Swans Trailer (2024) Naomi Watts, Demi Moore" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/WeE1pRfIt8k?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/WeE1pRfIt8k?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des cadavres dans de beaux placards</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car il n&rsquo;y aura pas de pitié, soyez-en sûrs ! Tant qu&rsquo;il divertit ses richissimes amies, tant qu&rsquo;il anime leurs somptueux dîners où se croisent nababs, artistes et fashionistas, pas de soucis : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=truman+capote" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Truman Capote</a> est le bienvenu, invité partout, même et surtout en vacances dans les villas élégantes des Hamptons. On apprécie son humour, sa culture, son ironie aussi. Une ironie féroce quand il déchire à belles dents celles et ceux qui ont démérité, fait un écart, se sont compromis. Verre en pogne, cet auteur incontournable de la littérature américaine se cuite allègrement en critiquant tout ce qui lui passe à portée de regard. Cela fait beaucoup rire &#8230; jusqu&rsquo;au jour où ses chers cygnes se retrouvent dans le viseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Objet de leur colère : « La Côte Basque », nom du restaurant huppé où elles se retrouvent régulièrement avec Capote, et titre d&rsquo;un chapitre de <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Answered_Prayers?oldid=956310128" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Prières exaucées</a></em> paru dans <em>Esquire</em> en 1965, chapitre dans lequel le romancier se lâche dangereusement, révélant à mots à peine couverts les déconvenues de ces dames, entre bassesses, tromperies, maris volages et autres vacheries qu&rsquo;elles se font entre elles. Il faut dire que Capote en a entendu, vu, vécu des vertes et des pas mûres, dans cet univers feutré où le paraître est tout, où on s&rsquo;égorge le sourire aux lèvres. Confident parfait, on lui a confessé bien des secrets, les cadavres que ces damesles cygnes cachent dans leurs beaux placards, il les connaît tous ou presque, puisqu&rsquo;il a aidé à les planquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Détailler la déchéance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, quand il édite ces lignes issues d&rsquo;une oeuvre qu&rsquo;il ne finira jamais, la crise est immédiate, brutale. Toutes vont faire front pour le démolir socialement, psychiquement, intellectuellement. Justice ou mesquinerie ? Pour tout dire, quand commence la série, Capote va déjà mal, il boit de plus en plus, n&rsquo;arrive plus à écrire. La rédaction de <em>De Sang froid</em> l&rsquo;a complètement vampirisé. Rongé par le souvenir d&rsquo;une mère pour le moins castratrice, paniqué à l&rsquo;idée de vieillir, de voir sa beauté se flétrir, son inspiration se tarir, il s&rsquo;oublie dans l&rsquo;alcool, s&rsquo;abîme dans une sexualité toxique à la limite du masochisme le plus destructeur. C&rsquo;est à cette fin de règne qu&rsquo;on assiste, impuissant et navré. Car tandis qu&rsquo;il bataille vainement pour écrire encore un peu, pour gagner son combat contre les Cygnes, Capote sombre doucement, isolé, insupportable, enchaînant les erreurs volontairement pour tomber toujours plus bas. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un reflet de la déliquescence à venir pour les USA des années 70 ? Cette déchéance, Murphy, comme à son habitude, la détaille méticuleusement, sans juger personne, objectif, pénétrant, mettant en regard le destin de Capote et celui d&rsquo;autres artistes comme James Baldwin. Nostalgique également d&rsquo;une période glorieuse, ces années 60 où l&rsquo;aristocratie new-yorkaise héritée du Gilded Age brillait encore, mais si faiblement. La querelle entre Capote et ses Cygnes, filmée par un Gus Van Sant au mieux de sa forme, précipite la chute d&rsquo;une époque, une certaine vision de l&rsquo;Amérique. Costumes, maquillages, coiffures, décors, accessoires, attitudes, la série est une reconstitution fidèle d&rsquo;un mode de vie en apparence policée, qui en réalité encourage le vice, l&rsquo;hypocrisie, la méchanceté, fleurissant à qui mieux mieux sur le terreau du fric facile, de l&rsquo;ennui et de la vacuité.</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph">À lire également</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-truman-capote/">Truman Capote : une autopsie sans concession de la création littéraire</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-sang-froid-capote/">De sang-froid : une œuvre glaçante et universelle</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-halston/">Halston : Icare de la mode ?</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Un casting de choc</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour camper cette atmosphère sinistre, le showrunner convoque un casting de choc. Outre Gus Van Sant cité plus haut qui assure la réalisation de cette lente descente aux enfers, Murphy fait entrer en lice des comédiennes de talent, dont il va sublimer le jeu : Naomi Watts, diaphane Babe Paley, Diane Lane, intransigeante Slim Keith, Chloë Sevigny, C.Z. Guest la diplomate, Calista Flockhart la névrosée, Demi Moore, fatale Ann « Bang Bang » Woddward &#8230; un beau parterre d&rsquo;actrices pour autant de rôles complexes, sur le fil du rasoir. Face à elles, <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=26079.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tom Hollander</a> crève littéralement l&rsquo;écran : sa prestation d&rsquo;un Capote plus vrai que nature, rongé par ses démons (notamment sa mère, la redoutable Lillie Mae Faulk, interprétée par une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jessica_Lange" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jessica Lange</a> terrifiante), restera dans les mémoires comme un tour de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ensemble, inspiré par l&rsquo;ouvrage <em>Capote&rsquo;s women: A true story of love, betrayal, and a swan song for an era</em> de Laurence Leamer, introduit par un générique à l&rsquo;esthétique mémorable, marqué par des séquences puissantes (le bal en noir et blanc, la mort de Capote à mettre en parallèle avec celle de Babe) se regarde à la fois comme un panorama biographique sur un parcours littéraire torturé, une plongée documentaire dans un milieu social très spécifique, l&rsquo;évocation d&rsquo;un temps révolu pour le pire et peut-être le meilleur ? Ce qui est certain, c&rsquo;est que ce second volet de FEUD tient ses promesses, appelant un troisième chapitre qui, là aussi, devra être à la hauteur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Mais pourquoi donc l&#8217;art et la culture font-ils trembler l&#8217;extrême droite ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/art-culture-extreme-droite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Jun 2024 09:11:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La culture et l&#8217;art sont des terrains de jeu particulièrement fascinants. Capable de provoquer des émotions intenses, de questionner les normes et de pousser à la réflexion, la créativité sous toutes ses formes et à toutes les époques, sert de baromètre à des mutations sociales dont souvent elle accouche. Est-ce pour cette raison que les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite.jpg" alt="" class="wp-image-37147" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">La culture et l&rsquo;art sont des terrains de jeu particulièrement fascinants. Capable de provoquer des émotions intenses, de questionner les normes et de pousser à la réflexion, la créativité sous toutes ses formes et à toutes les époques, sert de baromètre à des mutations sociales dont souvent elle accouche. Est-ce pour cette raison que les mouvements d&rsquo;extrême droite ont toujours détesté la culture et l&rsquo;art au point d&rsquo;en écraser l&rsquo;expression par tous les moyens possibles ? La question mérite d&rsquo;être posée à l&rsquo;heure où cette idéologie mortifère reprend la main un peu partout dans le monde, et plus particulièrement en Europe.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/jbaS5o_yBME?si=yRsQ5nWi3dpR9VTv" title="Mikis Theodorakis - Main Title (O Andonis) - Z - Original Soundtrack" width="1080" height="810" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/jbaS5o_yBME?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/jbaS5o_yBME?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Extrême droite : l&rsquo;art d&rsquo;écraser les artistes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« Quand j&rsquo;entends le mot « culture », je sors mon revolver ! » : tout le monde connaît ce trait d&rsquo;humour nazi dont on ne sait s&rsquo;il fut émis par Goering, Goebbels ou von Schirach. Peu importe du reste la paternité d&rsquo;une plaisanterie lourde de signification : ceux qui connaissent un peu l&rsquo;Histoire du monde en général et celle du XXe siècle en particulier savent le sort réservé aux artistes par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hitler">Hitler</a> et ses sbires : absorbés par l&rsquo;idéologie au point d&rsquo;en devenir les serviles ambassadeurs&#8230; ou éradiqués comme des nuisibles au fin fond des camps d&rsquo;extermination. <a href="https://www.theartchemists.com/arrestation-mort-max-jacob/">Max Jacob</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Salomon" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charlotte Salomon</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurt_Gerron" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kurt Gerron</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Schulz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Schulz</a>, on ne va pas faire ici la liste complète des auteurs, peintres, acteurs, poètes et consort mis à mort par le nazisme : il suffit de retenir que, pour juguler les voix discordantes, les fascistes n&rsquo;hésitaient pas à tuer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne furent pas les seuls. En témoigne le sort réservé à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Federico_Garc%C3%ADa_Lorca" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Federico Garcia Lorca</a>, l&rsquo;une des victimes les plus emblématiques de la répression franquiste. Petit rappel pour ceux qui n&rsquo;auraient pas pris espagnol LV2 au lycée : en 1936, au début de la guerre civile espagnole, Lorca a été arrêté et exécuté par les forces nationalistes en raison de ses idées républicaines et de son homosexualité. Son corps, jeté dans une fosse commune du côté de Viznar, n&rsquo;a jamais été retrouvé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre exemple marquant : après le coup d&rsquo;État militaire de 1967 en Grèce, le grand compositeur et musicien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%ADkis_Theodor%C3%A1kis" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mikis Theodorakis</a>, en tant que membre du Parti communiste et figure de la résistance démocratique, est arrêté, emprisonné, torturé. Sa musique est interdite par le régime des colonels, qui cherche ainsi à étouffer toute forme d&rsquo;expression culturelle et artistique opposée à leur idéologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rejet toujours d&rsquo;actualité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;entends déjà certains lecteurs hurler à l&rsquo;exagération : « Mais l&rsquo;extrême droite aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a plus rien à voir ! Ils se sont assagis, ils sont devenus modernes. Ce ne sont plus des barbares ». Je ne reviendrai pas sur la célébrissime prophétie assénée par Brecht en conclusion de <em>La Résistible ascension d&rsquo;Arturo Ui</em> : « le ventre est encore fécond d&rsquo;où est surgi la bête immonde » ; les termes en sont choisis et formulés avec tellement de juste violence qu&rsquo;on s&rsquo;étonne que plus personne n&rsquo;en parle, malgré la résurrection de cette même bestiole infâme qui s&rsquo;obstine à renaître de ses cendres (à moins qu&rsquo;elle n&rsquo;ait jamais été anéantie ?). Ces mêmes termes illustrent pourquoi les partis de cette mouvance idéologique continuent de craindre le monde de la culture et de l&rsquo;art.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fort heureusement, l&rsquo;auteur et dramaturge allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertolt_Brecht" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bertolt Brecht</a> a réussi à fuir l&rsquo;Allemagne nazie en 1933 (sans quoi il aurait à coup sûr été exterminé). Connu pour ses œuvres théâtrales critiques du fascisme et du capitalisme, il s&rsquo;est exilé aux États-Unis, continuant de tirer à boulets rouges sur Hitler et sa clique&#8230; ce qui ne l&#8217;empêchera pas du reste d&rsquo;être ensuite victime du maccarthysme. Preuve que les grands esprits, les fins analystes et les plumes d&rsquo;élite terrorisent les extrêmes. Et ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;ils en parlent peu dans leurs programmes politiques (on reste frappé de la vacuité des propositions de ces formations, en amont des élections, il ne faut pas en effet effrayer les indécis et les naïfs dont on cherche à capter les votes), qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas l&rsquo;intention de tordre le cou à un secteur qui leur fiche la trouille par son incroyable force de frappe intellectuelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/-jj-PaqFrBc?si=REUn7c38JtZysFgq" title="Charlie Chaplin - Complete Globe Scene - The Great Dictator" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/-jj-PaqFrBc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/-jj-PaqFrBc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Florilège de bonnes raisons de flipper</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais encore ? Qu&rsquo;est-ce qui peut bien faire autant flipper les fachos qu&rsquo;ils se méfient ainsi de la culture ? Une petite liste s&rsquo;impose !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Défendre les Droits de l&rsquo;Homme</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux artistes se sont engagés au fil du temps pour défendre les droits de l&rsquo;homme et la justice sociale. Picasso avec <em>Guernica</em>, James Baldwin avec <em>Go Tell It on the Mountain</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ai_Weiwei" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ai Weiwei</a> avec <em>Sunflower Seeds</em>, Costa Gavras avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-z-costa-gavras-1969/">Z</a> </em>ou<em> <a href="https://www.theartchemists.com/film-missing-costa-gavras/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Missing</a></em>, les exemples sont légion qui critiquent directement les régimes oppressifs. Ces engagements vont à l&rsquo;encontre des valeurs de l&rsquo;extrême droite et menacent directement des agendas politiques et sociaux qui reposent justement sur la violation constante de la notion d&rsquo;égalité et de fraternité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le souci de la tolérance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La culture célèbre la tolérance et l&rsquo;innovation. En témoigne le succès mondial de la série télévisée <em><a href="https://www.theartchemists.com/pose-une-lecon-de-voguing-et-damour/">Pose</a></em>,chroniquée en nos colonnes. Mettant en<strong> </strong>lumière la culture ballroom et les luttes des personnes LGBTQ+ afro-américaines et latino-américaines dans les années 80 et 90, les trois saisons showrunnées de main de maître par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy">Ryan Murphy</a> promeuvent l&rsquo;acceptation et la diversité, des valeurs qui vont à l&rsquo;encontre des idéologies xénophobes et nationalistes des mouvements d&rsquo;extrême droite, on s&rsquo;en doute bien.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Impacter l&rsquo;opinion publique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De par leur notoriété, certains artistes ont une influence immense sur l&rsquo;opinion publique, les mouvements d&rsquo;extrême droite le savent bien et le redoutent. Cas d&rsquo;école : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taylor_Swift" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Taylor Swift</a>, avec des millions d&rsquo;adeptes dans le monde entier, a la visibilité suffisante pour encourager avec succès de nombreux fans à s&rsquo;engager davantage dans les processus démocratiques et à prendre position contre les injustices. Son soutien à des causes progressistes et sa critique de l&rsquo;extrême droite ont d&rsquo;ailleurs suscité des réactions violentes de la part de certains groupes conservateurs, ce qui souligne l&rsquo;importance et l&rsquo;influence de ses prises de position.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Critique et satire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La satire est une arme puissante contre l&rsquo;autoritarisme. <em>Le Dictateur</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_Chaplin" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Chaplin</a> reste l&rsquo;une des caricatures politiques les plus incisives et courageuses de l&rsquo;histoire du cinéma ; réalisé, écrit, produit et interprété par Chaplin lui-même, le film sorti en 1940 est une critique virulente du régime nazi et de ses leaders, particulièrement Adolf Hitler. À sa manière et 80 ans plus tard, le film <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-jojo-rabbit/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jojo Rabbit</a></em> de Taika Waititi, se moque aussi ouvertement du nazisme, montrant comment l&rsquo;humour peut être utilisé pour discréditer des idéologies extrémistes. Là aussi, les mouvements d&rsquo;extrême droite craignent comme la peste cette capacité de l&rsquo;art à ridiculiser et à affaiblir leur image publique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;art, ce pouvoir subversif</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;art et la culture ont un pouvoir unique de subversion. Prenons l&rsquo;exemple de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=banksy">Banksy</a><strong> :</strong> le streetartiste n&rsquo;en finit plus de défier les systèmes politiques et économiques en place. Son célèbre tableau <em>Girl with Balloon</em> (qui s&rsquo;est partiellement autodétruit après avoir été vendu aux enchères) dénonce de façon magistrale la commercialisation de l&rsquo;art. Une manière marquante d&rsquo;exposer les contradictions et les injustices, et de perturber l&rsquo;ordre des choses : or ça, l&rsquo;extrême droite n&rsquo;aime pas du tout.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La rébellion dans l&rsquo;âme</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De même qu&rsquo;elle n&rsquo;aime pas l&rsquo;esprit de rébellion contre l&rsquo;oppression, esprit que les milieux de l&rsquo;art et de la culture se plaisent à faire fructifier, parfois avec un certain sens de l&rsquo;exultation, si l&rsquo;on en croit la fulgurante trajectoire du mouvement <a href="https://www.theartchemists.com/?s=punk">punk</a>, qui a choisi l&rsquo;année 1977 pour infliger une grande et durable tarte dans la tronche boursouflée d&rsquo;un gouvernement britannique ultraconservateur ne jurant que par une austérité économique criminelle. Des groupes comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Clash" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Clash</a> ont utilisé leur musique pour défier l&rsquo;autorité et inspirer le changement social, une dynamique que l&rsquo;extrême droite trouve profondément urticante.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/AmqIQcCGWS8?si=PXksM4FiVmjkWUvK" title="&quot;La résistible ascension d&amp;apos;Arturo Ui&quot; à la Comédie-Française" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/AmqIQcCGWS8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/AmqIQcCGWS8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les stratégies de l&rsquo;extrême droite pour faire taire la culture et l&rsquo;art ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En somme et après ce rapide et très incomplet aperçu, on peut résumer la situation comme suit : le monde de l&rsquo;art et de la culture encourage tout ce que l&rsquo;extrême droite cherche à contrôler, à uniformiser et à museler. En d&rsquo;autres termes, artiste = casse-bonbon d&rsquo;envergure = empêcheur de tyranniser en rond. Face à cette menace à plusieurs facettes, les mouvements extrémistes ne restent pas les bras croisés, on s&rsquo;en doute bien. Tous orchestrent des stratégies variées pour tenter de faire taire cette bande d&rsquo;artistes ingérables, espèce de saltimbanques, on vous pendra par les c&#8230;.. Dans leur boite à outils anti-culture, plusieurs process.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La censure et la répression</h4>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;une des tactiques les plus directes. On interdit, on punit. Dans les régimes d&rsquo;extrême-droite, les œuvres d&rsquo;artistes dissidents sont souvent interdites ou dénaturées. On se souvient encore de la fameuse exposition sur l&rsquo;art dégénéré inaugurée en grande pompe par les nazis pour dénoncer les auteurs d&rsquo;un art jugé déviant et régressif. Un parfait exemple de diffamation à l&rsquo;échelle d&rsquo;un gouvernement. Beaucoup plus récemment, en Russie, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pussy_Riot">Pussy Riot</a> ont été emprisonnées pour leurs performances provocantes et critiques du régime de Poutine.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La culture alternative</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Autre option : promouvoir sa propre culture. Aux États-Unis, des plateformes type Breitbart News, dirigées par des figures de l&rsquo;alt-right comme Steve Bannon, ont distillé avec une redoutable efficacité une contre-culture alignée avec leurs idées. Films, musiques, contenus médiatiques, tout est bon pour véhiculer leurs valeurs et mettre la culture mainstream en porte à faux.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;intimidation et les menaces</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Là aussi, ce n&rsquo;est pas une nouveauté, encore moins depuis l&rsquo;avènement des réseaux sociaux et du cyberharcèlement qui va avec. Des artistes et des intellectuels reçoivent régulièrement des menaces de mort et des attaques en ligne. <a href="https://www.paris-normandie.fr/id423744/article/2023-06-16/menace-par-lextreme-droite-medine-en-concert-au-pays-la-maison-larmada-de-rouen">Médine</a> menacé à chaque fois qu&rsquo;il envisage de faire un concert, Lady Gaga et Taylor Swift conspuées par l&rsquo;alt-right&#8230; on ne manque pas d&rsquo;illustrations en l&rsquo;état.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/a3XqMtam1I0?si=2EDr3eda99QrJl-p" title="The Clash - London Calling (Official HD Video)" width="1080" height="810" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/a3XqMtam1I0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/a3XqMtam1I0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les politiques culturelles des partis d&rsquo;extrême droite au pouvoir ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet arsenal s&rsquo;accompagne d&rsquo;une certaine conception de la politique culturelle à mettre en place une fois le pouvoir conquis. Il y a bien sûr la censure et la répression évoquées précédemment. Mais il existe des méthodes plus subtiles qu&rsquo;on peut résumer en une triade d&rsquo;une rare efficacité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La centralisation et le contrôle des institutions culturelles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Première étape absolument cruciale : centraliser le contrôle des institutions culturelles, ce qui implique de reprendre en main l&rsquo;organisation des structures, le recrutement des intervenants, la répartition des budgets. On va le dire clairement pour ceux qui ne comprendraient pas : plus de fric pour les assos et artistes jugés subversifs, on vire celles et ceux qui ne marchent pas droit, on engage des intervenants qui ne feront pas de vague, voire des convaincus. Et on cadre les sujets à traiter et ceux qu&rsquo;il ne faut surtout pas aborder. Exemple : en Pologne, <a href="https://www.lequotidiendelart.com/articles/17794-en-pologne-la-culture-sous-emprise.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le parti Droit et Justice (PiS) a pris le contrôle des musées</a>, des théâtres et des centres culturels, en y nommant des directeurs loyaux à leur cause. Cette centralisation permet de s&rsquo;assurer que la production culturelle est alignée avec l&rsquo;idéologie du parti et réduit l&rsquo;espace pour les voix dissidentes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réécriture de l&rsquo;Histoire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, on s&rsquo;occupe de retravailler le passé à sa sauce et dans son sens. En réécrivant l&rsquo;histoire, on renforce l&rsquo;esprit nationaliste de la mémoire du pays et on gomme les épisodes gênants. Des projets éducatifs et culturels sont orientés pour réécrire l&rsquo;histoire de manière à exalter les héros nationaux et les victoires militaires, tout en occultant les périodes sombres et les contributions des minorités. En Italie, sous le gouvernement de la Ligue du Nord, il y a ainsi eu des <a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/giorgia-meloni-alliance-nationale-freres-d-italie-reference-mussolini" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tentatives pour glorifier l&rsquo;ère fasciste</a> de Mussolini et minimiser ses crimes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La promotion de l&rsquo;art nationaliste</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la troisième pointe du triangle. On fait l&rsquo;éloge de la nation grâce à une forme d&rsquo;art qu&rsquo;on porte au pinacle. Ainsi, le gouvernement russe finance et soutient activement la production de films patriotiques qui célèbrent les succès militaires et historiques du pays. Par exemple, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/sous-les-radars/la-propagande-cartonne-au-cinema-russe-2638692" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le film <em>T-34</em> (2019)</a>, qui raconte l&rsquo;histoire héroïque d&rsquo;un équipage de char russe pendant la Seconde Guerre mondiale, a reçu un soutien financier substantiel de l&rsquo;État et a été largement promu comme un symbole de la bravoure russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On va être clair : tout cela s&rsquo;appelle de la propagande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une petite conclusion ? Bien sûr, cet article est loin d&rsquo;être exhaustif et n&rsquo;a pas la vocation d&rsquo;une thèse. On aurait pu citer les artistes poursuivis par l&rsquo;ire du gouvernement chinois, Salman Rushdie cible de la haine des intégristes musulmans et ainsi de suite. Les exemples ne manquent malheureusement pas. Ce qu&rsquo;il faut retenir, ce sont les raisons de cette haine, cette volonté absolue de contrôler ou d&rsquo;éradiquer la voix dissidente de la culture, une force dynamique et puissante qui défie les extrémismes de toutes sortes. Ces derniers voient dans cette capacité à influencer et à mobiliser un danger pour leurs idéologies rigides et exclusivistes. À chaque coup de pinceau, à chaque note de musique, à chaque mot écrit, la culture et l&rsquo;art se dressent comme des bastions de résistance contre l&rsquo;oppression. Et malgré la répression, la censure, les tentatives de délégitimation et d&rsquo;intimidation, ces voix courageuses et indomptables perdurent, résistent. À nous de les écouter, de nous en inspirer et d&rsquo;y faire écho.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-7 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



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		<title>Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 14:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35062</guid>

					<description><![CDATA[<p>Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de Monster : The Jeffrey Dahmer Story, la nouvelle série griffée Ryan Murphy et Ian Brennan pour Netflix. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires enthousiastes ou outrés sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35063 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg" alt="série Monster : The Jeffrey Dahmer Story de Ryan Murphy et Ian Brennan" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">la nouvelle série griffée </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR">Ryan Murphy </span></a><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">Ian Brennan </span><span lang="fr-FR">pour <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires </span><span lang="fr-FR">enthousiastes ou outrés</span><span lang="fr-FR"> sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, </span><span lang="fr-FR">affiches, teasers et interviews à l’appui</span><span lang="fr-FR">, ne laisse personne indifférent. Il aurait même tendance à réveiller de vieux démons. Et à </span><span lang="fr-FR">en tirer parti</span><span lang="fr-FR">, comme tout </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span></a><span lang="fr-FR"> qui se respecte ? </span><span lang="fr-FR">Dans tous les cas, adapter la carrière criminelle de Dahmer à l’écran constitue un véritable</span><span lang="fr-FR"> challenge, </span><span lang="fr-FR">l’obligation pour un réalisateur de faire </span><span lang="fr-FR">des choix qui vont forcément fâcher. </span><span lang="fr-FR">Et tronquer une vérité insaisissable ? Explications.</span></span></p>
<p>https://youtu.be/xl2FRiW938o</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Avant tout, considérer les faits bruts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">our évaluer la portée de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story,</i></span> <span lang="fr-FR">il convient </span><span lang="fr-FR">avant toute chose </span><span lang="fr-FR">de revenir aux faits </span><span lang="fr-FR">bruts, </span><span lang="fr-FR">afin de vérifier si le scénario </span><span lang="fr-FR">de la série </span><span lang="fr-FR">colle au réel</span><span lang="fr-FR">. Plongée donc dans <a href="https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/" target="_blank" rel="noopener">plusieurs articles et ouvrages</a> qui évoquent le cas du Cannibale de Milwaukee. </span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Du 18 juin 1978, date à laquelle il commet son premier meurtre à l’âge de 18 ans, au lundi 22 juillet 1991, où il est arrêté après avoir laissé échapper Tracy Edwards, Jeffrey Dahmer va tuer 17 personnes (dont 16 entre 1987 et 1991)</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il s’agit de jeunes hommes en majorité issus des minorités raciales afro-américaine, latino-américaine et asiatique, homosexuels et pauvres.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les attire chez lui sous prétexte de prendre des photographies érotiques contre un peu d’argent.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les drogue, les tue, les viole, les démembre, conserve au frigo, au congelateur ou dans ses placards certaines parties des corps, têtes, mains, sexes, morceaux de muscles et organes, des photos des tortures, mises à mort et dépeçages à leurs différents stades d’accomplissement. Il ira jusqu’à dissoudre la chair des troncs dans un baril d’acide acheté le 8 juillet 1991, à manger certains bouts de ses victimes.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Issu d’une famille dysfonctionnelle, profondément imacté par le divorce chaotique de ses parents, Dahmer sombre très jeune dans l’alcoolisme, pour compenser un sentiment d’abandon et de solitude.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le lundi 27 mai 1991, Konerak Sinthasomphone, 14 ans, tente d’échapper à Dahmer. Drogué, il arrive à s’exfiltrer de l’appartement dont le tueur s’est absenté pour aller acheter de la bière. Deux jeunes femmes le remarquent, alertent les secours, restent avec lui, car il est visiblement très jeune, très mal et incapable de se défendre. Dahmer s’interpose et arrive à convaincre les policiers présents que c’est son compagnon, qu’il est majeur, ivre, que c’est juste une querelle de couple. Malgré les remarques des deux jeunes filles, les agents raccompagnent Dahmer et son prétendu amant dans l’appartement, ils y pénètrent, ne notent rien d’alarmant malgré l’odeur très désagréable, les photos de nus du jeune homme, et s’en vont. Juste après leur départ, Dahmer tue Konerak et le démembre.</span></li>
</ul>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le cas Jeffrey Dahmer : l’effet « poupées russes »</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’es un résumé, mais cela donne une idée de la situation. Une situation à la fois très simple, atroce et complexe. Pas facile de s’attaquer au cas Jeffrey Dahmer, dont le récit devra prendre en compte :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des meurtres abominables, qui dépassent l’entendement, des actes de torture, de viol, de nécrophilie, de sadisme, de cannibalisme ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">un profil psychologique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie" target="_blank" rel="noopener">tueur en série</a> tortueux, entre alcoolisme, frustration, colère, peur panique de l’abandon, quête de contrôle et de puissance, sens aigu de l’adaptation et de la manipulation ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des victimes défavorisées, pauvres, sans éducation, homosexuelles et prostituées, parfois mineures, ce qu’on appelle dans le jargon des profileurs des victimes à haut risque, vulnérables, incapables de se défendre, des proies faciles ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’inaction des services de police, de justice, d’aide sociale, qui jamais n’arrêtèrent Dahmer dans sa course destructrice, alors qu’ils en eurent maintes fois l’occasion, et pas seulement lors de l’épisode tragique de ce garçon de 14 ans (dont le frère aîné fut aussi attaqué par Dahmer, mais qui réussit à lui échapper, ce qui valut à Dahmer une condamnation pour agression sexuelle), un moment clé de cette geste sanglante, repris en boucle par tous les récits, les articles, les livres dédiés (certains débutent même sur la narration de ce meurtre odieux) ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le climat social implosif de Milwaukee dans les années 90, où la misère et l</span><span lang="fr-FR">es</span><span lang="fr-FR"> discrimination</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> raciale</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> et sexuelle</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> sont </span><span lang="fr-FR">quotidiennes</span><span lang="fr-FR">, malgré la douceur de vivre affichée par cette ville phare du Michigan ;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’ambiance de brutalité excessive propre aux USA, avec la progressive exploration du profil du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> et l’émergence de plusieurs cas devenus célèbres type Ed Gein, John Wayne Gacy (du reste évoqués très rapidement dans la série).</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">R</span><span lang="fr-FR">aconter l’histoire de Dahmer, c’est </span><span lang="fr-FR">envisager</span><span lang="fr-FR"> tous ces </span><span lang="fr-FR">facteurs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">les mettre en perspective, prendre en compte </span><span lang="fr-FR">ce côté « poupées russes », </span><span lang="fr-FR">ces </span><span lang="fr-FR">éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres :</span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en se disant que si un de ces facteurs avait varié, peut-être que rien ne serait arrivé </span><span lang="fr-FR">;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">sans verser ni dans l’étalage de sang et de tripes, ni dans le racoleur ou le voyeurisme, ni dans la croisade vengeresse, ni dans le réquisitoire social ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en décortiquant au plus juste</span><span lang="fr-FR"> le psychisme </span><span lang="fr-FR">pervers </span><span lang="fr-FR">de Dahmer, </span><span lang="fr-FR">sans toutefois en faire ni un mutant, ni une victime, ni</span><span lang="fr-FR"> un héros.</span></span></li>
</ul>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/" class="wp-embedded-content" data-secret="s6GaMWFFbw"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/embed/#?secret=udVxgCptEn#?secret=s6GaMWFFbw" data-secret="s6GaMWFFbw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Une </span><span lang="fr-FR">vision à 360° : mission impossible ?</span></b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Bref, il faudrait pouvoir adopter une vision à 360°, </span><span lang="fr-FR">une </span><span lang="fr-FR">vision objective, </span><span lang="fr-FR">juste, </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">tient</span><span lang="fr-FR"> compte à la fois des crimes et de la psyché du tueur, de la manière dont elle s’est développée </span><span lang="fr-FR">dans un contexte familial et social spécifique</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">d</span><span lang="fr-FR">es traumatismes </span><span lang="fr-FR">vécus par les familles. </span><span lang="fr-FR">Qui donne à voir l’intense émotion ressentie par les proches, la sidération, l’</span><span lang="fr-FR">horreur alimentée par</span><span lang="fr-FR"> l’avidité médiatique. Qui traduise aussi bien la manière dont un homme peut devenir un assassin, la fascination mentale d’un profil spécifique pour un certain type de paraphilies </span><span lang="fr-FR">transgressives</span><span lang="fr-FR">, l’impuissance des institutions face aux signaux d’alarme, l’injustice terrible ressentie par les proches. </span><span lang="fr-FR">Mission impossible ?</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">n tout cas, u</span><span lang="fr-FR">n exercice </span><span lang="fr-FR">particulièrement </span><span lang="fr-FR">délicat auquel Murphy et Brennan s’attaquent en frontal, riches de leurs expériences passées avec </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Crime+Story" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>American Crime Story</i></span></a><span lang="fr-FR"> (on se souvient encore de la saison magistrale évoquant le meurtre de </span><span lang="fr-FR">V</span><span lang="fr-FR">ersace et la traque de son assassin) et certains épisodes de </span><span lang="fr-FR"><i><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story" target="_blank" rel="noopener">American Horror Story</a>. </i></span><span lang="fr-FR">But de la manœuvre, comme à leur habitude, et c’est une thématique dans laquelle </span><span lang="fr-FR">les deux </span><span lang="fr-FR">complices</span><span lang="fr-FR"> excellent : explorer les dessous du rêve américain, comment il peut tourner au cauchemar et à la boucherie, avec moult dommages collatéraux et une question récurrente : où est-ce que ça commence à déraper ?</span> <span lang="fr-FR">Avec le cas de Dahmer, tous leurs sujets de prédilection sont rassemblés : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">un jeune Américain qui a tout pour réussir mais qui va tout rater ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la capacité typiquement moderne à transformer un monstre en idole ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la place des communautés dans une société WASP raciste et homophobe ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">le manque de moyens alloués à la sécurité des plus pauvres ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le désintérêt des forces policières </span><span lang="fr-FR">et des acteurs sociaux complètement débordés</span><span lang="fr-FR">. </span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Un terrain fertile pour la plume de </span><span lang="fr-FR">Murphy et Brennan</span><span lang="fr-FR"> qui accouchent de 10 épisodes particulièrement éprouvants </span><span lang="fr-FR">pour les nerfs et propices au binge wathcing à la mode Netflix</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Avec plusieurs points forts.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><em>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</em> : les points forts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Premier point </b></span><span lang="fr-FR"><b>à retenir </b></span><span lang="fr-FR"><b>:</b></span><span lang="fr-FR"> exit le gore et les séquences de boucherie. La frénésie de Dahmer n’apparaît que par petites touches, </span><span lang="fr-FR">ce qui ne la rend pas moins intolérable</span><span lang="fr-FR">. Place à l’imaginaire, régulièrement sollicité par des indices, une tache de sang sur le matelas, un pied qui dépasse d’un lit, le fameux baril bleu, un gros plan sur la grille d’aération d’où s’échappent des cris, des bruits de scie, des odeurs atroces. </span><span lang="fr-FR">Un sandwich offert à une voisine mécontente, dont on se demande avec quelle viande il a été fait. Bref une ambiance à la <a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/" target="_blank" rel="noopener">Hitchcock</a> en mode </span><span lang="fr-FR"><i>Psychose </i></span><span lang="fr-FR">(qui s’inspire en partie de la frénésie meurtrière d’Ed Gein, rappelons-le). </span><span lang="fr-FR">Et puis il y a la couleur, la lumière, ce jaune pisseux qui voile toutes les images, cette sorte de brume qui floute parfois les contours des visages, porte une moiteur désagréable, des relents de décomposition. </span><span lang="fr-FR">Esthétisation de la barb</span><span lang="fr-FR">arie </span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">En tout refus de tomber dans le sanglant, ce qui ne rebute pourtant pas le tandem Murphy/Brennan, si on prend en compte les différentes saisons d’</span><span lang="fr-FR"><i>American Horror History</i></span><span lang="fr-FR">. Donc un choix délibéré.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Autre point notable :</b></span> <span lang="fr-FR">Murphy et Brennan </span><span lang="fr-FR">se penchent régulièrement sur la cellule familiale</span><span lang="fr-FR">. D’un côté, Dahme</span><span lang="fr-FR">r, aîné d’un couple</span><span lang="fr-FR"> dysfonctionnel, </span><span lang="fr-FR">un</span><span lang="fr-FR"> gamin </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">encaisse les disputes toujours plus violentes de ses parents, le départ du père puis de la mère, </span><span lang="fr-FR">la solitude dans une maison vide, </span><span lang="fr-FR">l’accueil chez une grand-mère adorée mais qui va le mettre dehors, un ga</span><span lang="fr-FR">rçon</span><span lang="fr-FR"> toujours plus ingérable, qui boit, se fait renvoy</span><span lang="fr-FR">er</span><span lang="fr-FR"> de partout </span><span lang="fr-FR">y compris de l’armée</span><span lang="fr-FR">, peine à garder un emploi, à avoir des amis</span><span lang="fr-FR">. De l’autre, les familles des victimes, avec une focale sur le personnage de Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues, la 15</span><sup><span lang="fr-FR">e</span></sup><span lang="fr-FR"> victime, sourd et muet, plein de rêves et d’avenir, </span><span lang="fr-FR">auquel l’épisode </span><span lang="fr-FR">6 « Silenced » est consacré, </span><span lang="fr-FR">la tragédie de la famille </span><span lang="fr-FR">Sinthasomphone</span><span lang="fr-FR"> dont deux des fils seront agressés par Dahmer, le plus jeune assassiné, </span><span lang="fr-FR">en proie au racisme</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Glenda Cleveland, mère de famille impliquée qui fera tout ce qui est possible pour avertir les autorités.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Élément essentiel :</b></span><span lang="fr-FR"> l</span><span lang="fr-FR">’interprétation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Evan+Peters" target="_blank" rel="noopener">Evan Peters </a></span><span lang="fr-FR">constitue certainement</span><span lang="fr-FR"> LE fer de lance de la série </span><span lang="fr-FR">(franchement, cela mérite un prix)</span><span lang="fr-FR">. Sans lui, sans son approche </span><span lang="fr-FR">(alimentée par une observation des interviews du tueur)</span><span lang="fr-FR">, ses regards, l’apathie de sa prononciation, </span><span lang="fr-FR">son côté impénétrable, lisse, gentil garçon, </span><span lang="fr-FR">ce visage qui soudain se tord de colère, </span><span lang="fr-FR">ce récit</span><span lang="fr-FR"> serait beaucoup moins puissant. Et puis il y a l’affolement, face aux premiers meurtres, quand il réalise qu’il a franchi un stade décisif, l’exaltation quand il savoure un morceau de chair humaine, la tendresse quand il se love contre un cadavre encore chaud. La dévotion quand il sème les os réduits en poudre de sa première victime : quelque chose de rituel, une connexion avec une puissance secrète ?</span></span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/" class="wp-embedded-content" data-secret="FiWjHhtmJA"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/embed/#?secret=07ne0eFnem#?secret=FiWjHhtmJA" data-secret="FiWjHhtmJA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer, ange déchu : la confusion des points de vue</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">C’est là que la série devient dérangeante, </span><span lang="fr-FR">car elle met sur le même plan ce qui se passe dans la tête du tueur, ce que ressentent ses proches, ses victimes. Et on ne s’y retrouve plus dans tous ces points de vue. Avec un effet dommageable : </span><span lang="fr-FR">Dahmer version Murphy/Brennan a tout de l’ange déchu. Pas une victime, mais un être maudit, qui porte le poids d’une tare, qui accomplit les pire actes soit comme une expérimentation, soit comme une offrande. </span><span lang="fr-FR">Et qui gagnera la rédemption par le sacrifice ultime. </span> <span lang="fr-FR">De quoi susciter une sympathie proprement déplacée ? Interroger la nécessité du pardon ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">A ce stade, la série se perd dans un larmoiement problématique, et le message est brouillé. C’est tout le </span><span lang="fr-FR">problème </span><span lang="fr-FR">d’une</span><span lang="fr-FR"> narration </span><span lang="fr-FR">fragmentée par les</span><span lang="fr-FR"> flashbacks </span><span lang="fr-FR">et l</span><span lang="fr-FR">es changements de points de vue, </span><span lang="fr-FR">quand l’approche chronologique est beaucoup plus parlante : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">Dahmer a tué alors qu’il était en liberté surveillée pour l’agression de l’aîné des Sinthasomphone, sous contrôle d’un agent de probation qu’il allait voir régulièrement (mais que la série occulte), et à qui il racontait ses malheurs, manque d’argent, solitude, alcoolisme.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a toujours esquivé les programmes de désintoxication, les suivis psychologiques qu’on lui proposait.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a clairement expliqué aux enquêteurs vouloir créer un autel orné de crânes pour invoquer le diable et accroître sa puissance.</span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Si l’ensemble des événements relatés sont exacts </span><span lang="fr-FR">(l’achat des lentilles par exemple, </span><span lang="fr-FR">l’épisode des poissons</span><span lang="fr-FR">)</span><span lang="fr-FR">, certains ont été </span><span lang="fr-FR">tus (</span><span lang="fr-FR">l’achat du baril d’acide, </span><span lang="fr-FR">son interview télévisée réalisée en prison en 1993 pour l’émission Inside Edition) ou </span><span lang="fr-FR">adaptés : </span><span lang="fr-FR">ainsi </span><span lang="fr-FR">Brenda Cleveland ne vivait pas dans l’appartement voisin de Dahmer mais dans l’immeuble en face, elle n’a donc pu entendre ces bruits atroces, </span><span lang="fr-FR">sentir ces odeurs nauséabondes ; </span><span lang="fr-FR">c</span><span lang="fr-FR">e n’est pas Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues</span><span lang="fr-FR"> mais </span><span lang="fr-FR">Jeremiah Weinberger qui semble avoir attiré </span><span lang="fr-FR">l</span><span lang="fr-FR">es suffrages </span><span lang="fr-FR">du tueur</span><span lang="fr-FR">, des clichés de son corps ont été retrouvés épinglés au dessus du lit de Dahmer. On trouve ainsi tout au long de la série une volonté de </span><span lang="fr-FR">cristaliser le pathos sur des profils synthétisant l’émotion, pour ne pas diluer le récit. </span><span lang="fr-FR">Eh oui, c’est tout l’enjeu : conserver l’attention du spectateur, le fasciner et jouer de sa corde sensible.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Alimenter le mythe : peut-on faire autrement ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">uivre l</span><span lang="fr-FR">a</span><span lang="fr-FR"> chronologie </span><span lang="fr-FR">et les faits</span><span lang="fr-FR">, c’est prendre le risque </span><span lang="fr-FR">de dégoûter</span><span lang="fr-FR"> l’</span><span lang="fr-FR">audience</span><span lang="fr-FR"> par la répétition du rituel du tueur, l</span><span lang="fr-FR">e noyer</span><span lang="fr-FR"> à la fois </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le bain de sang </span><span lang="fr-FR">réitéré à chaque meurtre </span><span lang="fr-FR">(</span><span lang="fr-FR">donc tomber dans le gore gratuit</span><span lang="fr-FR">) </span><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le sentiment d’</span><span lang="fr-FR">usure</span><span lang="fr-FR"> lié à la répétition du modus operandi </span><span lang="fr-FR">de meurtre en meurtre</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Mais c’est en suivant la chronologie et les faits qu’on met en évidence l’émergence de la déviance, la montée au crime, </span><span lang="fr-FR">la gradation de la violence et de l’horreur. </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">En adoptant une narration décalée, la série tait l’intensification progressive des actes de torture, des violations des corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Elle tait également que chacune de ces intensifications a eu lieu après un abandon ou un contact avec la mère.</span></li>
<li><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Elle amoindrit la réalité propre à la mise à mort, tout le travail,la prise de risque que représente la destruction progressive d’un corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">lle gomme ce côté expérimental propre à Dahmer, qui a testé différentes pratiques au fil de son parcours assassin.</span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Éluder cela, c’est omettre le côté à la fois scientifique de l’investigation, </span> <span lang="fr-FR">et le fait que </span><span lang="fr-FR">les profils de tueurs en série n’ont rien d’attractif, ce ne sont pas des personnalités originales ni des séducteurs, encore moins des héros ; ce sont des médiocres, comme en témoignent toutes les expertises psychiatriques menées sur ce type de criminel. </span><span lang="fr-FR">Peut-on en faire l’économie quand on veut relater le parcours d’un tueur psychopathe et récidiviste ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">econd effet Netflix, dont on ne peut ignorer les diktats en matière de scénario ultracalibré pour ménager la chèvre et le chou, dixit entre autres </span><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/netflix-l-alienation-en-serie-romain-blondeau/9782021513202" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>Netflix L’aliénation en série</i></span></a><span lang="fr-FR"> de Romain Blondeau ? </span><span lang="fr-FR">Raconter le parcours de Dahmer, qui plus est 30 ans après sa condamnation, un peu comme un anniversaire, c’est e</span><span lang="fr-FR">n tout cas </span><span lang="fr-FR">prendre le risque d’alimenter un mythe qui n</span><span lang="fr-FR">e doit pas en être</span><span lang="fr-FR"> un. </span><span lang="fr-FR">Surtout quand on confronte la souffrance atroce des victimes et l’esthétisation des tortures commises, la réalité sociale sordide des USA durant les 90’s et ce visage de tueur à la fois ignoble et si humain. Mais peut-on faire autrement ? Parce qu’ils sont fins et doués, Murphy et Brennan arrivent à déployer ces différentes facettes en un seul tableau, un peu comme Picasso le faisait avec ses modèles. Et c’est cela qui perturbe, qui dérange, qui offusque, qui crée le malaise. Car ces vérités mises en lien reflètent un monde de chaos absolument insupportable, où personne n’est à l’abri de personne, encore moins de soi-même. Une fatalité des temps modernes.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">S : alors que nous bouclons cet article, <a href="https://www.konbini.com/popculture/comment-les-lunettes-de-jeffrey-dahmer-ont-ete-mises-en-vente-pour-150-000-dollars/" target="_blank" rel="noopener">la nouvelle vient de tomber</a>, relayée par plusieurs médias. Les lunettes de Dahmer, achetée par un collectionneur il y a des années, sont à vendre aux enchères. Prix de départ : 150 000 dollars. De quoi interroger l’incapacité à effacer le souvenir et la marchandisation de l’horreur. La série l’évoque ; pensait-elle réveiller ce spectre ? </span></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81287562" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>American Crime Story 3 – Impeachement : scandale politique, lecture féministe, approche humaine ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-american-crime-story-3-impeachement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 14:15:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux premières saisons nous avaient laissé un goût de cendre. Avec ce troisième chapitre d’American Crime Story, Ryan Murphy continue de dynamiter le rêve américain en abordant l’affaire Monica Lewinsky. En 10 épisodes, Impeachment déroule les méandres d’un scandale retentissant que le célèbre showrunner traite sous un angle résolument féministe. Comme si cette histoire [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/American-Crime-Story-Impeachment-affiche_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34466 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/American-Crime-Story-Impeachment-affiche_opt.jpg" alt="affiche de la série Impeachment, 3eme saison d'American Crime Story" width="480" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/American-Crime-Story-Impeachment-affiche_opt.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/American-Crime-Story-Impeachment-affiche_opt-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/12/American-Crime-Story-Impeachment-affiche_opt-395x494.jpg 395w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les deux premières saisons nous avaient laissé un goût de cendre. Avec ce troisième chapitre d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=american+crime+history&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener"><i>American Crime Story</i></a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Ryan Murphy</a> continue de dynamiter le rêve américain en abordant l’affaire Monica Lewinsky. En 10 épisodes, <a href="https://www.canalplus.com/series/impeachment-american-crime-story/h/17184110_50001" target="_blank" rel="noopener"><i>Impeachment</i></a> déroule les méandres d’un scandale retentissant que le célèbre showrunner traite sous un angle résolument féministe. Comme si cette histoire sordide ancrée dans les années 90 résumait à elle seule la piètre façon dont les hommes, de pouvoir ou non, considèrent ces dames, les instrumentalisent pour leur plaisir, leur avancement, avec à l’horizon le couperet #metoo, juste retour de bâton après des siècles d’asservissement.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/v5ehDYFAe8U" title="Impeachment : American Crime Story - Bande-annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/v5ehDYFAe8U?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/v5ehDYFAe8U?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="font-size: 18pt; color: #000000;"><b>Liaison, mensonge, manipulation, complot</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="font-size: medium; color: #000000;">Pour ceux qui l’ignoreraient encore, <i>Impeachment</i> retrace par le menu les différentes étapes de l’affaire Monica Lewinsky, une jeune femme d’une vingtaine d’années que Clinton séduisit pendant qu’elle était stagiaire à la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=maison+blanche&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Maison Blanche</a>, avant qu’elle ne soit mutée au Pentagone. Mal lui en prit, puisque cette liaison fera de lui le troisième président frappé d’impeachment, ou procédure de destitution, après Andrew Johnson et <a href="https://www.theartchemists.com/?s=richard+nixon&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Richard Nixon</a> (ce dernier choisira de démissionner, suite au scandale du Watergate). On lui reproche de s’être parjuré devant le grand jury en niant la réalité de cette aventure et d’avoir fait obstruction à la justice en influençant certains témoins.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium; color: #000000;">Mensonge, manipulation… derrière ces plaintes, c’est surtout un comportement qui est pointé du doigt dans une ambiance de délation généralisée, où la sexualité de Clinton est dénoncée par celles qui ont subi ses avances, et y ont éventuellement cédé ou non. Harcèlement, viol, emprise : en narrant les péripéties de l’affaire Lewinsky, Murphy questionne les potentielles déviances d’un homme politique et les contrebalance avec les complots orchestrés par une droite ultraconservatrice avide de reprendre le pouvoir à n’importe quel prix, quitte à instrumentaliser les victimes de ce Don Juan pour ensuite les abandonner sans scrupule à la vindicte populaire.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/american-crime-story-o-j-simpson-versace-et-les-autres/" class="wp-embedded-content" data-secret="RzQPsj743T"><p><a href="https://www.theartchemists.com/american-crime-story-o-j-simpson-versace-et-les-autres/">American Crime Story : O.J.Simpson, Versace et les autres &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« American Crime Story : O.J.Simpson, Versace et les autres … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/american-crime-story-o-j-simpson-versace-et-les-autres/embed/#?secret=A3e7dTBCw7#?secret=RzQPsj743T" data-secret="RzQPsj743T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p align="justify"><span style="font-size: 18pt; color: #000000;"><b>La très puritaine Amérique n’aime pas les femmes faciles</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-size: medium; color: #000000;">Rappelons-nous <i>La lettre écarlate</i> de Nathaniel Hawthorne : la très puritaine Amérique n’aime pas les femmes faciles, les femmes tout court. Elle ne leur pardonne pas d’avoir suscité le désir, même à leur corps défendant. Et Murphy nous le rappelle, à chaque seconde de son long récit. S’il pointe du doigt le comportement inqualifiable d’un Clinton incapable de résister à ses pulsions, et qui se réfugie dans les jupes d’une épouse qu’il dit aimer plus que tout mais qu’il fracasse avec son mensonge, il dénonce aussi les agissements abjects de Kenneth Starr et son équipe, qui terrorisent sans vergogne une gamine paumée, visiblement désaxée parce qu’ils ont décidé de faire tomber ce président qu’ils abhorrent.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Ces dames ne valent pas mieux : Linda Tripp, prototype parfait de la narcissique aigrie, qui espionne et trahit de la pire des manières celle qui se <span style="font-family: Liberation Serif, serif;">confie à elle ; </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">Lucianne Goldberg, éditrice à scandale, qui conseille à Linda Tripp d’enregistrer ses conversations avec Lewinsky, en sachant parfaitement que c’est illégal ; </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">Susan Carpenter-McMillan, </span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;">activiste féministe conservatrice, qui, sous couvert de conseiller Paula Jones, la réduit à la misère en lui enjoignant de refuser l’arrangement financier proposé par les avocats des Clinton, la médiatise ensuite pour les torpiller, avant de l’abandonner sans un sou.</span></span></span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/film-loudest-voice-biopic-roger-ailes/" class="wp-embedded-content" data-secret="EF86QYYbqA"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-loudest-voice-biopic-roger-ailes/">The Loudest voice : derrière le biopic de Roger Ailes, le décorticage de la machine Fox News</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« The Loudest voice : derrière le biopic de Roger Ailes, le décorticage de la machine Fox News » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-loudest-voice-biopic-roger-ailes/embed/#?secret=ZG4MIMNIdm#?secret=EF86QYYbqA" data-secret="EF86QYYbqA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-size: 18pt;"><b>Vision subjective ou lecture humaine ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Quid par ailleurs de Juanita Broaddrick, qui accuse Clinton de viol, mais dont le témoignage est négligé ? Même Monica Lewinsky interpelle, personnalité histrionique en quête d’amour impossible, obsédée par cette passion qui la ronge. Au final, c’est l’ensemble de ce imbroglio qui pose question. S’appuyant sur l’ouvrage <i>A vast conspirac</i>y de Jeffrey Toobin, Ryan Murphy, ainsi que sa scénariste Sarah Burgess et son réalisateur Michael Uppendahl, mettent en lumière les complexités de cette affaire, ses retombées, politiques, humaines. Pour affiner leur perception, ils ont intégré la principale intéressée, Monica Lewinsky, dans le processus de création.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Cette dernière, bombardée productrice, a fourni des indications, eu un droit de regard sur l’évolution de son personnage. Une vision subjective ? Il est évident que l’actrice Beanie Feldstein interprète une Monica complètement aveuglée d’amour, blessée par l’abandon de son idole, frappée d’anathème, déchiquetée par les médias et l’opinion publique, contrainte de dévoiler son intimité (la scène est insoutenable). Mais le reste du casting, exceptionnel, déploie une mosaïque très complexe d’émotions, de réflexions, de convictions contradictoires : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sarah+paulson&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Sarah Paulson</a>, Linda Tripp effrayante et autocentrée, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=clive+owen&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Clive Owen</a>, Bill Clinton très ambigu, Edie Falco, Hillary Clinton à poigne néanmoins affreusement blessée par la trahison de son époux&#8230;</span></span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/jeffrey-epstein-filthy-rich/" class="wp-embedded-content" data-secret="MsvbBTvnzY"><p><a href="https://www.theartchemists.com/jeffrey-epstein-filthy-rich/">Jeffrey Epstein &#8211; Filthy Rich : se croire tout permis &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Jeffrey Epstein – Filthy Rich : se croire tout permis … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/jeffrey-epstein-filthy-rich/embed/#?secret=rc5hu1Jej8#?secret=MsvbBTvnzY" data-secret="MsvbBTvnzY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est cette lecture humaine qui importe. Elle interroge les motivations, les actions, les pulsions, les aspirations, les doutes, les peurs également, la honte bien sûr, la souffrance, l’incompréhension. Les passages difficiles sont légion dans ce récit sans pitié, parsemé de pourquoi. Sentiment de gâchis, manque de panache, zones d’ombre innombrables, la saison 3 d’<i>American Crime Story</i> s’impose comme un grand cru, qui donne à voir une fracture sociétale, un tournant majeur et prophétique dans l’histoire des USA, prophétique d’une explosion de la parole féministe, de la quête d’un respect, d’une véritable égalité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La série <em>Impeachment</em> est visible sur Canal +.</span></p>
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		<title>Studio 54 : histoire d’un club devenu culte</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/documentaire-studio-54/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 10:57:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À peine sortis du flamboyant Halston, nous avons voulu en savoir plus sur cette période spécifiquement fascinante des early Eighties. Le disco, les paillettes, la libération des femmes, les fiertés homosexuelles, le business de l’entertainement … comme un écho à la série de Ryan Murphy, le documentaire Studio 54 de Matt Tyrnauer raconte l’histoire d’un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/Studio_54_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/Studio_54_opt.jpg" alt="affiche du documentaire Studio 54" class="wp-image-33899" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/Studio_54_opt.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/Studio_54_opt-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/Studio_54_opt-371x494.jpg 371w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">À peine sortis du flamboyant <a href="https://www.theartchemists.com/serie-halston/" target="_blank" rel="noopener"><i>Halston</i></a>, nous avons voulu en savoir plus sur cette période spécifiquement fascinante des early Eighties. Le disco, les paillettes, la libération des femmes, les fiertés homosexuelles, le business de l’entertainement … comme un écho à la série de Ryan Murphy, le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=documentaire&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">documentaire</a> <i>Studio 54</i> de Matt Tyrnauer raconte l’histoire d’un succès planétaire … et d’une chute mémorable.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/rW-eehvrJnI" title="Studio 54 The Documentary - Official Trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/rW-eehvrJnI?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/rW-eehvrJnI?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Un cheval sur le danfloor</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Bianca Jagger en robe de soirée juchée sur un cheval blanc au milieu d’un dancefloor aveuglé de spots, avec autour d’elle des centaines de danseurs surexcités dont une grande partie de la jet set new-yorkaise, Halston bien sûr, Liza Minelli, Elizabeth Taylor, Basquiat&nbsp;… : une soirée parmi d’autres qui ont fait la célébrité du Studio 54. Fondé en 1977 dans un quartier pourri de Big Apple par deux copains d’enfance, Steve Rubell et Ian Schrager, la boite de nuit va surfer sur la vague disco pour s’imposer comme un monument de la pop culture.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Paradis terrestre</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Tous les soirs depuis son ouverture jusqu’à son terme, une foule se presse à l’entrée de ce club devenu culte, priant les cieux et le videur Marc Benecke de les laisser pénétrer un paradis terrestre que d’aucuns qualifieront de «&nbsp;parc d’attraction pour adultes&nbsp;». A l’intérieur de cette ancienne salle de spectacles, des décors et des costumes délirants, une ambiance fabuleuse, des fêtes d’anthologie … de la musique à pleins décibels, des danseurs échevelés, des personnalités exacerbées … le tout saupoudré de beaucoup de drogue, de sexe et de fric.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Le prix de la fête</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Beaucoup, beaucoup trop. Le paradis va devenir un enfer. Fiscal, judiciaire. Emportés, aveuglés par un succès foudroyant, Rubell et Schrager vont prendre de grandes libertés avec les autorités en général et le fisc en particulier. Ils y laisseront leur entreprise, leur fortune, avec à la clé un passage derrière les barreaux. Le prix de la fête&nbsp;? La période, malgré une crise économique violente, est à l’insouciance. Pour fuir les soucis du quotidien, on s’échappe par tous les moyens, sans limite. Trente-trois mois durant, le Studio 54 va incarner cette extravagance.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Enthousiasme créatif</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Témoignages et documents d’époque à l’appui, Matt Tyrnauer évoque les différentes phases de cette aventure. L’enthousiasme créatif occupe une grande part de son récit&nbsp;: le côté inédit du projet, la création de la boite en elle-même, comment elle fut pensée, agencée, l’équipe mobilisée pour donner corps au concept. Et puis il y a le business model, la gestion de l’événementiel, la stratégie de communication forgée par Rubell pour attirer du public, séduire les médias … et finalement accoucher d’un phénomène de société.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Un havre de paix</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Libération sexuelle, émancipation de la femme, reconnaissance des homosexuels, le Studio 54 constitue un havre de paix et d’entente pour des communautés mises à mal dans une ville particulièrement violente. Monsieur Tout le Monde peut y côtoyer des stars sans que cela pose problème, on s’y sent en sécurité, protégé au point d’en oublier les réalités de la vie. Le sida va bientôt percuter cette frivolité nonchalante tout comme les overdoses et les faillites. Là aussi, le documentaire est particulièrement édifiant sur l’ampleur du séisme.</span></p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-8 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
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<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Et la persistance du mythe. Cette période fut initiatrice à plus d’un titre&nbsp;; les fondateurs du Studio 54 ont su capter l’air du temps, proposer un concept totalement nouveau qui répondaient aux attentes du public. Leur logique, leur démarche ont fait école depuis et restent incontournables.</span></p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Halston : Icare de la mode ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-halston/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 May 2021 13:02:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décidément, Ryan Murphy n’en finit plus de s’imposer comme LA référence de ce début de XXIeme siècle en matière de séries à la fois qualitatives, divertissantes et engagées. Nouveau joyau à inscrire à son palmarès : le superbe Halston. Succès, chute et rédemption Cinq épisodes de 45 minutes chacun pour narrer le destin du couturier américain [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/Halston_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33893 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/Halston_opt.jpg" alt="affiche de la mini serie Halston" width="405" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/Halston_opt.jpg 405w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/Halston_opt-194x288.jpg 194w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/05/Halston_opt-333x494.jpg 333w" sizes="(max-width: 405px) 100vw, 405px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Décidément, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Ryan Murphy</a> n’en finit plus de s’imposer comme LA référence de ce début de XXIeme siècle en matière de séries à la fois qualitatives, divertissantes et engagées. Nouveau joyau à inscrire à son palmarès : le superbe <i>Halston</i>.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Succès, chute et rédemption</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cinq épisodes de 45 minutes chacun pour narrer le destin du couturier américain depuis ses débuts de modiste préféré de Jackie Kennedy jusqu’à sa chute et sa rédemption en passant par un succès planétaire éclatant sur les catwalks du monde entier. Dans le sillage de cet Icare de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mode&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">mode</a>, des personnalités flamboyantes comme Liza Minelli, Elsa Peretti, Victor Hugo … Pour illuminer son apogée, la folie du Studio 54, la drogue et les orgies à gogo … pour annoncer sa décadence, l’épidémie de SIDA qui l’emportera. Et pour valider sa légende, les magnifiques costumes dessinés pour la chorégraphe Martha Graham.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>La grandeur d’un nom</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le tout emballé dans une adaptation du livre de Steven Gaines <i>Simply Halston : The untold story, </i>adaptation flamboyante, ultra dynamique et sans concession comme seuls Murphy et son comparse Ian Brennan savent en faire. L’occasion de rendre à Halston la grandeur de son nom, nom qui lui fut littéralement volé par des investisseurs peu scrupuleux. La série donne à voir, outre cette folie créatrice à l’œuvre durant les 70’s, la manière dont le secteur de la mode est alors devenue un juteux business où s’engouffrèrent des hommes d’affaire plus désireux de s’enrichir à tout va que de protéger les arts.</span></p>
<p>https://youtu.be/yCgdWHwEnrg</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Les démons de la finance</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Styliste génial mais toujours en quête d’argent pour réaliser ses rêves, Halston paiera bien trop cher ce pacte avec les démons de la finance. Outre sa santé rongée par l’épuisement créatif, la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=drogue&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">drogue</a> et le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sida&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">sida</a>, il y laissera son entreprise, sa célébrité, son nom. Et son inspiration. Pour interpréter ce géant aux pieds d’argile, égocentrique, insécure et attachant, Ewan McGregor, proprement stratosphérique, qu’il s’agisse de draper une robe, de se rouler dans la fange ou de pleurer de chagrin devant sa vie gâchée. Et pour l’accompagner un casting percutant où Krysta Rodriguez se distingue, époustouflante Liza Minelli.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une revanche</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On ressort de cette série à la fois ébloui, ému, le cœur serré par semblable parcours. Mais comptez sur Murphy pour savoir réveiller les mémoires endormies. Halston tient ici sa revanche : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> est devenu LE prescripteur international par excellence. Cette nouvelle production, qualitative et osée à la hauteur du <a href="https://www.theartchemists.com/saint-laurent-yves-seul/" target="_blank" rel="noopener"><i>Saint Laurent</i></a><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> de </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;"> </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Bertrand Bonello </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">auquel </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">elle </span></span><span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">pourrait faire écho, devrait déclencher de véritables passions pour ce génie fasciné par <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-balenciaga-oeuvre-noir-sculpture-detoffes/" target="_blank" rel="noopener">Balenciaga</a>, inscrit dans la culture américaine, mais dont le nom s’était doucement effacé après avoir fait trembler la concurrence européenne.</span></span></span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez regarder la série <a href="https://www.netflix.com/fr/title/80245103" target="_blank" rel="noopener"><em>Halston</em></a> sur Netflix.</span></p>
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