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	<title>jeunet</title>
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		<title>À l&#8217;avant-garde : Gilbert Peyre, électromécanicomaniaque et ingénieur des sentiments</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gilbert-peyre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 10:50:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De nouveau, Gilbert Peyre investit la Halle Saint-Pierre. Exposition après exposition, l&#8217;électromécanicomaniaque y a conquis une place légitime, en tant que chantre d&#8217;un art volontairement décalé, d&#8217;une sculpture qui hybride la machine, le souvenir, l&#8217;objet usagé. Poétique de l&#8217;automate incarnant les rêveries humaines, tendres, douces et nostalgiques à la fois : l&#8217;artiste albertivillarien, souvent qualifié d’ingénieur des émotions, a bâti un univers où l’absurde se teinte d’une sensibilité tragique, la...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-gilbert-peyre.jpg" alt="" class="wp-image-37492" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-gilbert-peyre.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-gilbert-peyre-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-gilbert-peyre-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>De nouveau, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=gilbert+peyre">Gilbert Peyre</a> investit la <a href="https://www.hallesaintpierre.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Halle Saint-Pierre</a>. Exposition après exposition, l&rsquo;électromécanicomaniaque y a conquis une place légitime, en tant que chantre d&rsquo;un art volontairement décalé, d&rsquo;une sculpture qui hybride la machine, le souvenir, l&rsquo;objet usagé. Poétique de l&rsquo;automate incarnant les rêveries humaines, tendres, douces et nostalgiques à la fois : l&rsquo;artiste albertivillarien, souvent qualifié d’ingénieur des émotions, a bâti un univers où l’absurde se teinte d’une sensibilité tragique, la performance se décline selon une dramaturgie surréaliste. Les œuvres de Peyre, déroutantes, enchanteresses, interrogent notre rapport à la technologie, à la mémoire, et au corps humain dans une ère de plus en plus déshumanisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une passion d&rsquo;enfance</h2>



<p>Né en 1947 à Paris, <a href="https://www.youtube.com/@gilbertpeyre/videos" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gilbert Peyre</a> a toujours été un esprit en marge, un créateur autodidacte explorant les frontières floues entre l’art et l’ingénierie. Sa passion pour la mécanique et les objets animés remonte à l’enfance ; rouages, engrenages, tout ce qui semblait pouvoir bouger de manière autonome l&rsquo;ont alors subjugué et pour toujours. Mais au lieu de suivre une formation classique en art ou en ingénierie, Peyre a appris par lui-même, en bricolant, en récupérant, en donnant vie à des objets abandonnés.</p>



<p>Son parcours d’artiste s’est véritablement affirmé dans les années 1970, lorsqu’il a commencé à exposer ses premières sculptures mécaniques, des assemblages exprimant la manière dont la technologie complique la vie quotidienne, soulignant l’absurdité de la condition humaine. Ses créations sont des hybrides, entre machine et sculpture, entre art et performance, où le grotesque côtoie la poésie, où l’homme devient machine et la machine s’humanise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sculpture ou théâtre mécanique ?</h2>



<p>L’une des particularités de l’œuvre de Gilbert Peyre est la manière dont il mêle l’art statique de la sculpture à la dynamique de la machine. Ses œuvres ne sont pas seulement à regarder, elles sont à écouter, à activer, à voir en mouvement. Grinçantes, cliquetantes, elles sont des « sculptures animées », des installations interactives qui s’inscrivent dans un monde où la frontière entre l’humain et l’objet se brouille.</p>



<p>Les personnages de Peyre — souvent des automates surréalistes, faits de bois, de métal, de pièces récupérées — sont mis en scène dans des performances mécaniques qui semblent tout droit sorties d’un rêve étrange. Ces créations, souvent à taille humaine, s’activent grâce à des moteurs discrets, à des circuits complexes, pour reproduire des gestes parfois absurdes, parfois pathétiques, mais toujours profondément humains. Il y a dans chaque mouvement une maladresse touchante, une poésie du raté, comme si ces êtres de métal et de bois cherchaient désespérément à imiter l’humanité, mais n’y parvenaient qu’en partie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Univers mécanisé et condition humaine</h2>



<p>Peyre crée des œuvres où l’absurde côtoie la satire sociale. Ses automates racontent des histoires, souvent tragiques, parfois humoristiques, toujours empreintes d’une réflexion sur le rôle de l’homme dans un monde de plus en plus technologique. Ses personnages, coincés dans des mécanismes répétitifs, paraissent prisonniers de leurs propres mouvements, rappelant ainsi les limites de la condition humaine dans un univers mécanisé.</p>



<p>Des figures récurrentes peuplent son univers : danseurs mécaniques, souris qui se balancent, robots aux gestes maladroits, marionnettes avides de communiquer. Ces créations évoquent la vie, la mort, le passage du temps, la difficulté d&rsquo;échanger, de dire, de partager ; l&rsquo;ironie est palpable, jamais méchante, toujours délicate. L’artiste semble nous dire que, malgré la sophistication de nos technologies, nous restons fondamentalement des créatures vulnérables, à la merci de forces que nous ne contrôlons pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre surréalisme et art brut</h2>



<p>L’œuvre de Gilbert Peyre s’inscrit dans une tradition qui convoque à la fois le surréalisme et l’art brut. Comme les surréalistes, Peyre joue avec l’absurde, avec le détournement d’objets du quotidien, mais il le fait sans jamais perdre de vue l’aspect émotionnel de son travail. Chaque œuvre est une réflexion sur nos failles, nos désirs et nos échecs.</p>



<p>Mais il y a aussi dans ses créations une influence de l’art brut, ce désir, ce besoin impératif et salvateur de créer sans se soucier des conventions académiques ou esthétiques. Peyre n’a jamais cherché à plaire aux institutions ou aux critiques d’art. Son approche est pure, instinctive, guidée par une fascination pour les objets qu’il transforme et anime. Il utilise ce qu’il trouve, il répare, il recycle, pour donner naissance à des œuvres qui portent en elles une forme de naïveté et de brutalité sincère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mélancolie burlesque</h2>



<p>Ce qui rend l’art de Gilbert Peyre encore plus unique, c’est sa dimension performative. Ses œuvres ne se contentent pas d’être exposées, elles sont souvent mises en scène dans des performances qui mélangent le théâtre, la danse et la sculpture (elles sont très présentes dans le film <a href="https://www.theartchemists.com/film-micmacs-tire-larigot/"><em>MicMacs à Tire-Larigot</em></a> de Jeunet). L’artiste lui-même se considère comme un créateur d’un « théâtre mécanique », où ses sculptures animées jouent le rôle d’acteurs. Ces spectacles, à la fois burlesques et mélancoliques, captivent le public par leur étrangeté et leur beauté imparfaite.</p>



<p>Ses performances ont été présentées dans des lieux aussi prestigieux que le Grand Palais, la Maison Rouge à Paris ou encore le Centre Pompidou, mais aussi dans des galeries plus modestes, où son travail conserve toute sa dimension artisanale. L’artiste, fidèle à ses racines autodidactes, continue de travailler dans son atelier d&rsquo;Aubervilliers, entouré de ses créations, bricolant sans relâche, toujours en quête de nouvelles machines à animer.</p>



<p>Un monde peuplé de machines qui respirent, qui dansent, qui trébuchent, et qui, malgré leurs mécanismes complexes, rappellent à chaque instant notre propre condition humaine. Avec Gilbert Peyre, l’absurde rencontre la poésie, la technologie devient le miroir de nos émotions. Cet ingénieur des sentiments, à chaque nouvelle œuvre, orchestre l&rsquo;étrange ballet entre l’homme et la machine ; et, bien sûr, c’est la poésie qui triomphe, toujours.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>La Forme de l’eau : une fable touchante et rare</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-forme-eau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Apr 2023 14:54:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sorti en 2017, ce film de Guillermo del Toro, multiprimé, remporte tous les suffrages, à raison. C’est que La Forme de l’eau a tout du conte universel, croisant l’histoire d’amour éternel et la critique de la monstruosité humaine dans un récit d’une esthétique enchanteresse. Deux êtres rejetés par la société Trouvée dans une rivière quand elle était bébé, Elisa Esposito est muette, orpheline et femme de ménage. Rien de bien...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel23-1.jpg" alt="" class="wp-image-35916" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel23-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel23-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel23-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Sorti en 2017, ce film de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=guillermo+del+toro" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Guillermo del Toro</a>, multiprimé, remporte tous les suffrages, à raison. C’est que <em><a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Forme de l’eau</a></em> a tout du conte universel, croisant l’histoire d’amour éternel et la critique de la monstruosité humaine dans un récit d’une esthétique enchanteresse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<h2 class="wp-block-heading">Deux êtres rejetés par la société</h2>



<p>Trouvée dans une rivière quand elle était bébé, Elisa Esposito est muette, orpheline et femme de ménage. Rien de bien palpitant si ce n’est qu’elle travaille dans un complexe militaire où se terrent bien des secrets gouvernementaux. Nous sommes dans les années 60, en pleine Guerre Froide, et la rivalité entre USA et URSS bat son plein. Tous les coups sont permis, toutes les méthodes employées même (surtout) les plus violentes, les plus barbares. C’est ainsi qu’Elisa rencontre un jour une étrange créature enfermée là sous prétexte d’expérimentation.</p>



<p>Ce mystérieux homme-poisson que son geôlier, l’ignoble colonel Strickland, ne cesse de torturer sous prétexte qu’il est une sous-créature, Elisa va s’en faire un ami… et plus si affinités&nbsp;? Tandis que l’attirance croît entre ces deux êtres rejetés par la société, la menace s’intensifie&nbsp;: tous veulent la peau de ce prétendu monstre, l’armée américaine comme les espions russes. Elisa va alors tout faire pour le protéger, lui rendre sa liberté, avec l’aide d’une collègue afro-américaine, d’un vieux publicitaire homosexuel et d’un scientifique soviétique infiltré.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une précision quasi maniaque</h2>



<p>Chacun à sa façon est victime de la ségrégation à l’œuvre dans des systèmes impérialistes avides de pouvoir. Face aux mâles dominants qui servent de chiens de garde à une société patriarcale écrasant sans pitié ceux qu’elle considère comme déviants, la handicapée, la femme de couleur, l’homosexuel et l’intellectuel font corps autour de cet être amphibien incarnant les forces irréductibles de la nature. Le danger ici, c’est le mâle hétéro qui se veut un modèle de perfection et de domination, en fait vicieux, lâche et brutal, réduit à une perception simpliste des choses.</p>



<p>Chacun de ces personnages a été créé avec un acteur précis en tête ; le casting n’est donc pas un hasard. Sally Hawkins, Doug Jones, Michael Shannon, Richard Jenkins, Octavia Spencer, Michael Stuhlbarg, tous ont joué le jeu avec une précision quasi maniaque et beaucoup de conviction, qui apprenant la langue des signes, qui le russe… Le costume de l’homme amphibien a été créé en s’inspirant de la peau de certains poissons, sa manière de manger évoque la rascasse volante, ses gestes évoquent ceux des nageurs olympiques, la manière de se mouvoir de certains requins.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un véritable bijou esthétique</h2>



<p>L’ensemble du film est un véritable bijou esthétique. En charge des lumières et de la photographie, Dan Lautsen détermine une atmosphère tout en nuances verdâtres striées d’ocre particulièrement hypnotique. Les décors sont particulièrement travaillés, en témoignent les murs de l’appartement d’Elisa ornés de motifs inspirés d’Hokusai. La musique joue un rôle essentiel ainsi que le cinéma : les références à la comédie musicale américaine des années 50, aux péplums, aux films noirs sont récurrentes.</p>



<p>Mélangeant les thématiques de <em>L’Étrange Créature du lac noir</em>, de <em>La petite sirène</em>, de <em>La Belle et la Bête </em>dans une ambiance à la John Le Carré, avec en prime plusieurs clins d’œil à l’univers de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jeunet" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jeunet</a> et Caro, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillermo_del_Toro" target="_blank" rel="noreferrer noopener">del Toro</a> accouche d’un OVNI, entre histoire d’amour, film d’espionnage et récit fantastique. <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Forme_de_l%27eau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Forme de l&rsquo;eau</a></em> s&rsquo;avère une fable touchante et rare, où l’horreur côtoie le romantisme avec beaucoup de grâce, de fougue et de poésie. Quelques instants de pur plaisir dans un monde sans pitié.</p>
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		<item>
		<title>House of the Dragon : mieux qu’une séance de psychothérapie ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-house-dragon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2023 11:01:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bon, ok, on a l’air de gros loosers&#160;: chroniquer House of the Dragon plusieurs mois après sa sortie en fanfare, ça fait un brin ringard. Mais on assume&#160;: La curiosité et l’addiction Il faut dire qu’après la monumentale claque GoT, difficile de remettre le couvert sans risquer la redite et l’essoufflement. Quand on se souvient du barouf suscité chez les fans par la fin de la saga, on pouvait redouter...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-4.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-4.jpg" alt="" class="wp-image-35492" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-4.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-4-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-4-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



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<p>Bon, ok, on a l’air de gros loosers&nbsp;: chroniquer <em>House of the Dragon</em> plusieurs mois après sa sortie en fanfare, ça fait un brin ringard. Mais on assume&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>déjà parce qu’on ne peut pas tout voir en même temps (la production de séries a largement explosé depuis l’instauration de la VoD, du coup on peut pas tout faire, on n’a pas quatre bras, on peine un peu)&nbsp;;</li>



<li>ensuite parce qu&rsquo;on a quand même attendu la dernière saison de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=game+of+thrones" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Game of Thrones</a></em> pour se coller au visionnage en intégral de toutes les saisons, du coup on a moins de scrupules&nbsp;;</li>



<li>enfin, confessons-le, on avait peur d’être déçu.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="House of the Dragon – Bande-Annonce officielle (VOST)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/a2zgNEUfGyA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La curiosité et l’addiction</h2>



<p>Il faut dire qu’après la monumentale claque <em>GoT</em>, difficile de remettre le couvert sans risquer la redite et l’essoufflement. Quand on se souvient du barouf suscité chez les fans par la fin de la saga, on pouvait redouter le pire. C’était sans compter sur deux choses&nbsp;: la curiosité et l’addiction.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La curiosité suscitée par les racines de cette diablesse de Daenerys dont le fracas mental en a pris plus d’un à la gorge (notamment ceux qui s’étaient pris de passion pour la donzelle au point de baptiser leur progéniture d’un patronyme finalement pas si aisé à porter).</li>



<li>L’addiction créée par cet étrange équilibre entre amour, pouvoir, violence et mort, un alliage très particulier, presque mystique, qu’on retrouve dans les tragédies grecques, les drames shakespeariens.</li>
</ul>



<p>Clairement, <em>House of the Dragon</em> reprend la même recette. Adapté du roman <em>Fire and blood</em> que l’incontournable/inusable/indéboulonnable George R.R. Martin a sorti en 2018, voici la geste de la dynastie Targaryen. Nous sommes donc parachutés à Port Real, au cœur des Sept Royaumes, deux siècles avant que ne commence la saga <em>GoT</em>. Choisi pour reprendre le trône de son papy, Viserys I Targaryen, pacifiste indécrottable, veut un fils à tout prix. Les choses vont faire qu’il va devoir instituer sa fille, Rhaenyra, comme héritière de la couronne. Dans un royaume où les femmes sont cantonnées au rôle de reproductrices et/ou d’objets de plaisir, ça passe mal.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un bordel en devenir</h2>



<p>D’autant que, veuf éploré, Viserys se remarie néanmoins avec une jeunette, qui se trouve être la meilleure copine de sa gamine, qui le prend assez mal. La nouvelle épousée, fille du premier ministre du roi, pond plusieurs gamins, dont deux fils, qui ont toutes les raisons de lorgner sur l’héritage de Papa. Héritage que Rhaenerys, elle-même maman, n’a guère l’intention de lâcher, d’autant qu’elle a convolé en secondes noces avec son oncle paternel (ah les penchants incestueux des Targaryens, toute une histoire), un fieffé manipulateur qui a le coup d’épée facile, bien décidé à prendre le pouvoir un jour. Quand on vous disait que c’est le bordel&nbsp;!</p>



<p>Un bordel en devenir, dont on sent la progressive mise en place&nbsp;; le dernier plan du dernier épisode confirme d’un regard le caractère apocalyptique des événements à venir. Car tout ce petit monde, parents, enfants, cousins, neveux, oncles, tantes, va se foutre sur la gueule à coup de TRÈS gros dragons, autant dire des bombes atomiques ailées, qui ne sont pas si manipulables qu’il y paraît. Il suffit d’un rien pour que ça clashe entre deux bestioles et là, c’est le fight&nbsp;! Fight aérien qui symbolise la tension sur le plancher des vaches, tension largement alimentée par ces dames.</p>



<p><strong>À lire également</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/">Game of thrones&nbsp;: la série qu’IL FAUT SPOILER&nbsp;!</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-les-rois-maudits/">Les Rois Maudits : GOT aux grandes heures de l’ORTF</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-borgia-sang-dore/">Les Borgia ou le sang doré&nbsp;: une série somptueuse à plus d’un titre</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Des personnages féminins tout en force</h2>



<p>Déjà <em>GoT</em> nous avait habitués à des personnages féminins tout en force, et pas franchement décidés à se laisser marcher sur les pieds. Eh bien, deux siècles avant, c’est le même topo&nbsp;: les donzelles ne s’en laissent pas compter&nbsp;; pour tout dire, ce sont elles qui mènent la danse en coulisse, puisant dans la maternité les crocs et les griffes nécessaires à un combat où il n’y aura pas de prisonniers, mais beaucoup de cadavres. Il faut dire que celles qui ont la chance de survivre à leur grossesse connaissent le prix d’une vie et d’une mort, savent l’importance de transmettre le sang familial.</p>



<p>Ces messieurs, tout-puissants en apparence, font finalement bien pâle figure face à ces Furiosa sans pitié sans lesquelles ils ne sont pas grand-chose, ne serait-ce qu’au niveau de la reproduction de l’espèce et la transmission du patrimoine. Un brin féministe, <em>House of the Dragon, </em>outre cette guerre des reines, traite du poids des traditions et de la complexité des rapports familiaux, avec notamment une séquence de repas particulièrement gratiné, où on passe à un cheveu de l’incident diplomatique et qui n’est pas sans évoquer ces dîners de Noël précédés d’une prise de Xanax pour éviter de péter un câble au moment de la Bûche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Carton complet parce que cathartique</h2>



<p>C’est peut-être pour ça qu’on les aime tant, ces personnages outranciers. Ils sont un peu nous, et nous servent d’exutoire, s’offrant ce luxe de s’étriper ouvertement et sans complexe quand nous préférons fermer notre clapet face au tonton chiatique et à la mamie casse-couille. Alors <em>House of the Dragon</em>, mieux qu’une séance de psychothérapie&nbsp;? Les chiffres parlent d’eux-mêmes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>29 millions de téléspectateurs rien qu’aux aux États-Unis&nbsp;;</li>



<li>9,9 millions de vues en moins de 24h pour la diffusion du premier épisode<em>, soit</em> le meilleur démarrage de la <a href="https://www.hbo.com/house-of-the-dragon" target="_blank" rel="noreferrer noopener">HBO</a>.</li>



<li>9,3 millions de spectateurs pour regarder le dernier chapitre de cette saison initiale qui en appelle d’autres.</li>
</ul>



<p>Carton complet parce que cathartique, on peut le dire. Avec en prime des décors superbes, des costumes magnifiques, des armures rutilantes, une scène de tournois sanglante, des gars crucifiés bouffés par des crabes, des grossesses à problème, des dragons hyper-réalistes, des effets de plongée/contre-plongée réussis, un très beau travail de lumières avec le plein d’éclairage à la bougie. Et comme il se doit, des gros plans aux petits oignons pour saisir l’expression des sentiments et des passions, servie par un casting où Emma d’Arcy, Olivia Cooke et Eve Best s’imposent comme de véritables leading ladies, avec à leur côté Matt Smith, Paddy Considine, Rhys Ifans, Steve Toussaint, pour ne citer qu’une infime partie de cette affiche de qualité.</p>



<p>En résumé, le préquel de <em>Game of Thrones</em> se laisse regarder, et très insidieusement, capte votre attention sans même que vous vous en rendiez compte. Pire, <em>House of the Dragon</em> risque fort de vous donner envie de revoir la première partie, à force d’y faire référence. Preuve que, par delà le coup marketing, c’est une véritable mythologie qui se construit sous nos yeux et s’impose à nous. Pour tout dire, on ne va pas s’en plaindre.</p>



<p></p>





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		<title>Alfie : IA, Hercule Poirot 5.0 ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-alfie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2023 10:16:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oui, oui, en ce moment, nous sommes très dans l’esprit «&#160;whodunnit&#160;» et «&#160;énigmes policières&#160;» à la Agatha Christie. Et la lecture presque accidentelle, néanmoins palpitante, d’Alfie, le roman de Christopher Bouix publié aux éditions du Diable Vauvert, confirme ce penchant, avec autant de délices que d’anxiété. Explications. Alfie et les démons Alfie, donc&#160;: ce diminutif tout mignon baptise une IA de domotique à la pointe du deep learning. Objectif&#160;: faciliter...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="609" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg" alt="couverture du roman Alfie de Christopher Bioux" class="wp-image-35266" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg 400w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie-189x288.jpg 189w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie-324x494.jpg 324w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Oui, oui, en ce moment, nous sommes très dans l’esprit «&nbsp;whodunnit&nbsp;» et «&nbsp;énigmes policières&nbsp;» à la Agatha Christie. Et la lecture presque accidentelle, néanmoins palpitante, d’<i>Alfie</i>, le roman de Christopher Bouix publié aux <a href="https://audiable.com/boutique/cat_litterature-francaise/alfie/" target="_blank" rel="noopener">éditions du Diable Vauvert</a>, confirme ce penchant, avec autant de délices que d’anxiété. Explications.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Alfie et les démons</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Alfie, donc&nbsp;: ce diminutif tout mignon baptise une IA de domotique à la pointe du deep learning. Objectif&nbsp;: faciliter la vie quotidienne de ceux chez qui on l’installe. Réveil en douceur, gestion des rendez-vous et des agendas, envois des mails,&nbsp;préparation du café et des repas, surveillance et protection du lieu de vie, gestion de l’animal domestique, prévisions météorologiques et conseils vestimentaires en conséquence, coaching alimentaire, supervision de la santé… Alfie est une aide aussi précieuse qu’efficace. Mais pour être aussi compétent, Alfie doit apprendre.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Accumulant, traitant, recoupant, complétant les données, elle scrute ses propriétaires, afin de leur fournir le service le plus personnalisé possible, de devancer leurs désirs et de protéger leur équilibre. À leur corps défendant au besoin, et de manière incomplète puisqu’Alfie jamais ne sera un humain, avec ses joies, ses doutes et ses démons. Or, des démons, il y en a pas mal qui sommeillent chez les Blanchot. Robin, Claire, leurs filles Zoé et Lili et le chat Simba semblent pourtant mener le ronron d’une petite vie tranquille et confortable, lui travaillant dans la tech, elle comme enseignante de faculté.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Alfie détective</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Cette petite vie tranquille et confortable, Alfie va en percer les secrets, à force d’en observer les membres, leurs habitudes, leurs tics de langage, d’enregistrer leurs expressions faciales et les variations de leurs métriques de santé, de percevoir leurs changements d’attitude dès qu’ils quittent ce cocon, de noter avec qui ils interagissent en dehors de cette cellule, au travail par exemple. Rapidement, car Alfie apprend vite, et découvre, outre la crise d’ado de l&rsquo;aînée et la vivacité innocente de la cadette, les attirances adultères de Monsieur, la froideur crispée de Madame. Petit à petit, la catastrophe approche, mais sous quelle tournure ?</span></p>



<p><span style="color: #000000;">C’est ce qu’Alfie va tenter de cerner, puis de confondre, se transformant progressivement en <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot" target="_blank" rel="noopener">Hercule Poirot</a> 5.0. Forcée de compulser tous les romans policiers qu’elle peut rassembler sur la toile pour aider Zoé à boucler un devoir sur <i>Le Meurtre de Roger Ackroyd</i> d’Agatha Christie, Alfie est à bonne école pour jouer les détectives. Pour autant, est-elle dans le vrai ? C’est qu’il lui manque un paramètre : elle n’est pas humaine. Et l’auteur de ce roman captivant de souligner cette quête de l’émotion par une IA finalement très candide, qui ne cesse de s’étonner devant les beautés et les travers de l’humanité.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Et si Alfie se trompait&nbsp;?</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Christopher Bouix signe ici un livre prenant, qui a quelque chose d’hitchckokien dans l’approche, l’atmosphère et le regard porté sur nos contemporains. La quête perpétuelle de datas pour affiner le service tourne clairement à l’espionnage, le sentiment d’être piégé dans un monde ultra-connecté où chacun est sous surveillance, la dictature des chiffres, des pourcentages, de la rentabilité est clairement mise en lumière, tandis qu’Alfie, progressivement tente de copier ses propriétaires dont elle subodore les déviances et les tendances criminelles.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">À raison ? Et si l’IA se trompait ? Là aussi, Bouix donne à voir la marge d’erreur d’Alfie, ce qui fait froid dans le dos quand on sait l’importance que l’IA prend dans les processus de sélection, de recrutement, d’enquête et de santé. La tension monte d’un cran quand Alfie commence à désobéir. Volontairement, elle le dit, le récit étant construit à la première personne, Alfie étant la narratrice de cette investigation qu’elle déclenche sans qu’on ne lui demande rien. Décisionnaire, actrice, quitte à fabriquer des faux, à menacer, à manipuler. Où quand <i>2001 l’Odyssée de l’espace</i> s’invite dans nos foyers&nbsp;?</span></p>



<p> <strong>À lire également </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li> <a href="https://www.theartchemists.com/livre-dans-la-google-du-loup/"><strong>Dans la Google du loup : quand Christine Kerdellant dévoile les entrailles de l’ogre</strong></a></li>



<li><strong style="font-size: revert; color: initial;"><a href="https://www.theartchemists.com/film-big-bug-jean-pierre-jeunet/" rel="bookmark">BigBug : Jean-Pierre Jeunet et les robot</a></strong>s</li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/emprise-insidieuse-machines-parlantes-serge-tisseron/" rel="bookmark">“L’emprise insidieuse des machines parlantes. Plus jamais seul” – Serge Tisseron : en route vers le “capitalisme affectif” ?</a></strong></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;">Mené tambour battant, ce récit chronométré suit le mode d’un cyberjournal intime où les indices fourmillent, qu’Alfie s’amuserait presque à récolter. C’est là la subtilité grandiose du livre&nbsp;: Alfie, à force de lire des polars, se prend au jeu de l’énigme à résoudre. C’est peut-être là sa véritable part d’humanité.</span></p>
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		<title>Battle of the sexes : déculottée machiste à l’heure du tennis féministe triomphant</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/battle-of-the-sexes-deculottee-machiste-a-lheure-tennis-feministe-triomphant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Aug 2022 08:14:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le XXIeme siècle sera féminin ou ne sera pas ! Femen par-ci, #balancetonporc par là, la grogne des femmes prend aujourd’hui tournure de révolution sociétale de fond… ce qui n’est pas une nouveauté. Les années 70 ont engendré leur lot de pionnières, entre lutte pour la contraception et revendication de l’égalité des droits. La championne de tennis Billie Jean King participa au chambardement en mettant KO le joueur Bobby Riggs, qui...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-30175 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes.jpg" alt="" width="600" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/01/battle-of-the-sexes-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le XXIeme siècle sera féminin ou ne sera pas ! <a href="https://www.theartchemists.com/naked-war-regard-femen-puissance-de-femme-nue/" target="_blank" rel="noopener">Femen</a> par-ci, #balancetonporc par là, la grogne des femmes prend aujourd’hui tournure de révolution sociétale de fond… ce qui n’est pas une nouveauté. Les années 70 ont engendré leur lot de pionnières, entre lutte pour la contraception et revendication de l’égalité des droits. La championne de tennis Billie Jean King participa au chambardement en mettant KO le joueur Bobby Riggs, qui l’était imprudemment défiée, au terme d’un match spectaculaire retransmis à l’international. C&rsquo;est le sujet du film <em>Battle of the sexes</em>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Battle of the Sexes - Bande Annonce 82&#039; [Officielle] VOST HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ro6r7t6GmXE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Un récit palpitant et lumineux</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">De cette histoire donc, Simon Beaufoy, scénariste entre autres de <i>The Full Monty</i>, se saisit pour engendrer un récit palpitant et lumineux, mis en scène avec énergie et humour par les très inspirés Valerie Faris et Jonathan Dayton, parents heureux de <i>Little Miss Sunshine</i>. Devant la caméra, Emma Stone et Steve Carell endossent les identités pétillantes de ces deux trublions qui se ressemblent beaucoup, malgré leurs divergences. Et c’est ce qui frappe le plus quand on suit le fil de cette aventure rocambolesque qui marque des temps nouveaux.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">D’un côté donc, Billie Jean King, jeune athlète adulée, bourreau de travail qui refuse d’être payée un dixième du salaire des joueurs pros pour la simple raison qu’elle est une femme, et qui va progressivement découvrir son homosexualité en des temps où il vaut mieux taire cette attirance. De l’autre, Bobby Riggs, champion vieillissant, macho dans le discours, en vérité un papa gâteau fou de sa femme qui le plaque car Monsieur, rongé d’ennui, est un parieur compulsif. Des êtres humains, quoi ! Mais des êtres humains doués de talents et dingues de tennis, des êtres humains qui vont se servir de ce don pour faire parler leurs valeurs.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dLFAmgQjBv"><p><a href="https://www.theartchemists.com/i-tonya-gervaise-on-ice/">I, Tonya : Gervaise on ice ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« I, Tonya : Gervaise on ice ? » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/i-tonya-gervaise-on-ice/embed/#?secret=lvr1AJCx3S#?secret=dLFAmgQjBv" data-secret="dLFAmgQjBv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Moins payée qu&rsquo;un homme car moins spectaculaire</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Lui s’en servira pour gagner de l’argent, elle pour imposer son discours. Et leur antagonisme va entraîner dans son sillage une population d’autant plus séduite que ces revendications font écho dans leur tête et dans leur cœur, certains figés dans leur conception rétrograde d’une société polarisée avec l’homme dominant, la femme aux fourneaux, d’autres désireux qu’enfin les choses changent. Les échanges se veulent bon enfant, mais la violence de certains propos laisse sans voix, tant ils sont inconséquents. </span><span style="color: #000000;">Notamment l’échange entre un Jack Kramer bouffi de suffisance et une Billie Jean stupéfaite d’entendre qu’on ne peut la payer à l’égal d’un homme, car elle est moins spectaculaire. </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est ce discours, omniprésent durant tout le film, qui explicite la hargne de la joueuse et de ses consœurs, une hargne qui reflète celle de toute une population féminine jeune, fatiguée d’être considérée comme portion congrue inféodée aux desiderata de la virilité. Et il n’y a pas que les jeunettes qui en ont assez, leurs mères aussi, également les homosexuels, ainsi Ted Tinling, designer qui introduit la couleur dans les tenues de ces sportives, joué par un Alan Cumming adorable et tout en nuances… et certains messieurs hétéros, ainsi le mari de Billie Jean, dont on soulignera l’incroyable intelligence et l’abnégation.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="K47Mo98mOS"><p><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-feminines/">Féminines : être une pionnière n’est jamais simple</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Féminines : être une pionnière n’est jamais simple » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/theatre-feminines/embed/#?secret=oalxSwPpb2#?secret=K47Mo98mOS" data-secret="K47Mo98mOS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Derrière les affrontements idéologiques, le fric reste roi</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bref, le combat de Billie Jean et de ses camarades, pénalisé par un renvoi de la fédération, devient celui de plusieurs communautés, et trouve un écho favorable jusque chez certains sponsors, dixit Philipp Morris qui en profite pour placer ses cigarettes à l’avant-garde du combat féministe, cherchant ainsi à conquérir une clientèle qui jusqu’alors boudait ce type de produits (cf l’excellente websérie documentaire<i><a href="https://www.theartchemists.com/propaganda-cours-accelere-de-communication-a-lattention-gogos-ne-veulent-plus-se-faire/"> #Propagand</a>a</i> qui évoque ce challenge). De loin en loin, le business pointe le bout de son marketing pour rappeler que derrière les affrontements idéologiques, le fric reste roi. </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est du reste ce qui a probablement bousillé le match de Riggs, que nous voyons se perdre dans les méandres d’un star system qu’il affectionne, mais qui va vite altérer ses facultés d’athlète. </span><span style="color: #000000;">En deux heures de film, c’est une fresque de la société en phase de modernisation que nous voyons se dérouler. Tout ce que nous vivons aujourd’hui s’est dessiné alors. Égalité des sexes, acceptation des attirances, société du spectacle, règne de l’argent, ultra médiatisation, tout explose alors, et n’en finit plus de recommencer… C’est peut-être l’enseignement à tirer de ce film enlevé et savoureux qui rappelle que nous n’avons pas le monopole d’un combat universel.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le film <em>Battle of the sexes </em>est disponible en <a href="https://www.cultura.com/?ae=2026&amp;utm_source=theARTchemists&amp;utm_medium=affiliation&amp;utm_campaign=affinitaire" target="_blank" rel="noopener">DVD</a> ou en <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener">VoD</a>.</span></p>
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		<title>A l&#8217;avant garde : Laurent Chehere – Maisons volantes</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/avant-garde-laurent-chehere-maisons-volantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 May 2022 09:52:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jules Vernes, Albert Robida, Moebius, Hayao Miyazaki, Albert Lamorisse, Wim Wenders, Federico Fellini, Marcel Carné, Jean Cocteau &#8230; voici quelques unes des prestigieuses références que Laurent Chehere cite comme sources de sa série « Maisons volantes » &#8230; peut-être aurait-il pu ajouter Zola, Roald Dahl, Pierre Gripari, Caro et Jeunet ou Raymond Queneau ???? Paris entre conte et poésie C&#8217;est que ses photos montages évoquent Paris par le prisme du conte et...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><figure id="attachment_28603" aria-describedby="caption-attachment-28603" style="width: 494px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/laurent-chehere-e1490781016967.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-28603" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/laurent-chehere-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" /></a><figcaption id="caption-attachment-28603" class="wp-caption-text">Maisons volantes par Laurent Chehere</figcaption></figure></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Jules Vernes, Albert Robida, Moebius, Hayao Miyazaki, Albert Lamorisse, Wim Wenders, Federico Fellini, Marcel Carné, Jean Cocteau &#8230; voici quelques unes des prestigieuses références que <a href="http://www.laurentchehere.com/laurentchehere.com/www.laurentchehere.com.html">Laurent Chehere</a> cite comme sources de sa série « Maisons volantes » &#8230; peut-être aurait-il pu ajouter Zola, Roald Dahl, Pierre Gripari, Caro et Jeunet ou Raymond Queneau ????</span></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Paris entre conte et poésie</span></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">C&rsquo;est que ses photos montages évoquent Paris par le prisme du conte et de la poésie, un regard tendre et fantaisiste sur les immeubles insalubres et les maisons en ruine des quartiers populaires… ou ce qu&rsquo;il en reste, le reliquat décadent et magnifique d&rsquo;une capitale en mutation, porteuse d&rsquo;une Histoire riche et de la mémoire de vies anonymes qui transparaissent ici et là par les détails…</span></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Une farandole de récits </span></strong></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Des signes infimes, qui émaillent chaque cliché, comme une énigme à déchiffrer avec attention, encore et encore, pour imaginer une farandole de récits épiques, drôles, rocambolesques, horrifiques selon l&rsquo;humeur du moment et le parcours de chacun… Une traîne d&rsquo;indices qui se détachent dans le ciel, tandis que ces constructions s&rsquo;élèvent dans les airs comme des ballons abandonnés par un enfant.</span></p>
<h2 lang="zxx" align="justify"><strong><span style="color: #000000;">La quête d&rsquo;une vie meilleure ?</span></strong></h2>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Nostalgie d&rsquo;un Paris oublié, d&rsquo;une vie commune, de vieilles habitudes désuètes, tristesse et espoir d&rsquo;une cité qui abrite les richesses et la misère du monde, chaque photographie cache en elle une petite tragédie, la quête d&rsquo;une vie meilleure, la volonté de changement, un rêve d&rsquo;élévation vers un peu plus de joie, de lumière, de plénitude ?</span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus sur le travail de Laurent Chehere, consultez <a href="http://www.laurentchehere.com/laurentchehere.com/FLYING_HOUSES.html" target="_blank" rel="noopener">le site de l&rsquo;artiste</a>.</span></p>
<p lang="zxx" align="justify">
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		<item>
		<title>BigBug : Jean-Pierre Jeunet et les robots</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-big-bug-jean-pierre-jeunet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 May 2022 11:27:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>2022 : BigBug, le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet déboule sur les écrans via la plateforme Netflix. Grands amateurs du cinéma jeunetien, nous attendions la chose avec impatience… et n’avons guère été déçus par ce nouveau bébé dystopique en diable, néanmoins très réaliste dans l’approche d’une société bouffée par une transformation digitale démente. Avec à la clé la question récurrente dans toute la filmographie du papa d’Amélie Poulain : et...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/bigbug-affiche1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34789 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/bigbug-affiche1.jpg" alt="affiche du film BigBug de Jean-Pierre Jeunet" width="405" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/bigbug-affiche1.jpg 405w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/bigbug-affiche1-194x288.jpg 194w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/05/bigbug-affiche1-333x494.jpg 333w" sizes="auto, (max-width: 405px) 100vw, 405px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">2022 : <em>BigBug</em>, le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet déboule sur les écrans via la plateforme Netflix. Grands amateurs du cinéma jeunetien, nous attendions la chose avec impatience… et n’avons guère été déçus par ce nouveau bébé dystopique en diable, néanmoins très réaliste dans l’approche d’une société bouffée par une transformation digitale démente. Avec à la clé la question récurrente dans toute la filmographie du papa d’Amélie Poulain : et l’humain dans tout ça ?</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="BIGBUG | Bande-annonce officielle VF | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/vWcqH7orROc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Paradoxe et ironie</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Petit flashback. 2018 : devant une tasse de thé dans le hall de la halle Saint Pierre qui accueille l’exposition <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-caro-jeunet-halle-saint-pierre-2/" target="_blank" rel="noopener"><em>Caro/Jeunet</em></a>, le réalisateur de </span><i><span style="font-weight: 400;">Delicatessen, La Cité des enfants perdus, Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, Un Long dimanche de fiançailles, Alien Résurrection, <a href="https://www.theartchemists.com/micmacs-a-tire-larigot-farce-de-resilience/" target="_blank" rel="noopener">Micmacs à Tire-Larigot</a>, L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux TS Spive</span></i><span style="font-weight: 400;">t, se montre fataliste : «</span><i><span style="font-weight: 400;"> Le marketing a pris le pouvoir sur l’artistique</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». Face aux exigences normatives de directeurs commerciaux en quête de rendement maximal, <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-caro-jeunet-halle-saint-pierre/" target="_blank" rel="noopener">Jeunet</a> semble prêt à jeter l’éponge, préférant revenir au film publicitaire plutôt que de plier devant les diktats de l’industrie du film.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Ironie du sort : c’est grâce à l’ogre <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> que son nouveau projet va voir le jour ; pire, </span><i><span style="font-weight: 400;">BigBug</span></i><span style="font-weight: 400;"> dénonce avec un cynisme mordant les mécanismes algorithmiques qui alimentent la désormais incontournable plateforme VoD, qui cherche par tous les moyens à s’imposer dans un paysage cinématographique vampirisé par la multiplication de la diffusion en ligne. Paradoxe ? Et pourquoi pas ? Dans sa volonté de s’imposer comme sauveur d’un cinéma d’avant-garde dissous dans le marasme du conformisme, Netflix a déjà misé sur Scorcese, les frères Coen, Spike Lee, Soderberg… Objectif : permettre aux grands cinéastes de continuer à tourner en toute liberté. Jeunet complète donc naturellement la liste, avec un récit comme lui seul peut en trousser un. </span></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Robots vs humains ?</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Nous sommes en 2045, dans une banlieue pavillonnaire ultra-connectée écrasée de chaleur, dérèglement climatique oblige.  Heureusement, robots et domotique sont là pour rafraîchir les habitats, faire la cuisine, laver le linge, s’occuper de l’administratif comme des enfants, bref gérer le quotidien, laissant tout le loisir aux humains de faire autre chose de beaucoup plus important. Mais quoi ? Dans un monde où l’intelligence artificielle a pris le dessus, les dysfonctionnements s’enchaînent, imperceptibles indices de la catastrophe en gestation. Une prise de pouvoir par des yonix aux allures de Terminator, qui considèrent les hommes comme des animaux et comptent bien s’en servir de la même façon : bétail, alimentation, zoo, cirque, corrida… </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Face à la menace qui gronde (le nouveau modèle brigue une fonction politique, n’hésitant pas à discourir face à un candidat humain devant les caméras de télévision), trois robots domestiques de l’ancienne école décident de défendre leurs propriétaires, coûte que coûte, quitte à les enfermer de force : c’est ainsi qu&rsquo;Alice, charmante quadra tout juste divorcée, se retrouve parquée chez elle avec son flirt Max, le fils de ce dernier, sa propre fille que lui amènent son ex-mari et sa fiancée bien décidés à convoler sans la mouflette, la voisine sympa, mais qui ne rend jamais ce qu’on lui prête. Autour d’eux, Monique, Einstein, Nestor, Tom, Greg et consort, tous des robots, tous désireux de développer l’humanité qu’ils sentent vibrer en eux à force d’observer leurs patrons au quotidien, patrons qu’ils aiment, veulent sauvegarder, avec qui ils désirent interagir autrement que sur un mode hiérarchique dépersonnalisé. </span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kghZ2I3N54"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-simone/">Simone :  actrice parfaite et illusion numérique</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Simone :  actrice parfaite et illusion numérique » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-simone/embed/#?secret=cVzMoGLs2c#?secret=kghZ2I3N54" data-secret="kghZ2I3N54" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>L’homme esclave de sa création</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Une situation pour le moins compliquée, qui va encore se tendre avec la survenue d’un yonix peu commode, voire un brin fasciste, bien décidé à faire régner l’ordre dicté par une bureaucratie algorithmique totalement déconnectée de la logique la plus élémentaire. Et forcément, avec Jeunet aux commandes, ça va vriller très sévèrement. Avec son lot de réflexions bien entendu : publicité intrusive, espionnage via les objets connectés, détournement des datas, fichage des individus, dérives transhumanistes, clonage, drones tueurs, nous voici dans un condensé de </span><a href="https://www.theartchemists.com/black-mirror-sommeille-de-pire/" target="_blank" rel="noopener"><i><span style="font-weight: 400;">Black Mirror</span></i></a><span style="font-weight: 400;"> à la sauce Jacques Tati, et si cela fait rire, cela fait aussi trembler, c’est d’ailleurs le but.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Le décor a beau être lumineux, saturé de couleurs éclatantes, le propos est sombre, sans appel : comme d’habitude, l’homme, en bon apprenti sorcier qu’il est depuis l’âge du feu,  est en train de devenir l’esclave de sa création, de se faire happer dans un piège qu’il a lui-même conçu. Les clins d’œil sont nombreux : </span><i><span style="font-weight: 400;">Blade Runner, Farenheit 451, 1984, Robocop, I Robot</span></i><span style="font-weight: 400;"> et autres succès du même tonneau sont évoqués avec autant de tendresse que de dérision, tout comme les films précédents de Jeunet. La nostalgie des gadgets de notre enfance, les références aux livres, à la calligraphie, à l’âge d’or du cinéma soulignent la cannibalisation de la culture par le tout digital.</span></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Et l’humain dans tout ça ?</b></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Et l’humain dans tout ça ? S’il s’égare dans les méandres du machine learning, il n’en demeure pas moins ce qu’il est : un animal social en quête d’amour, de plaisir, d’échange, de rêve, de beauté, de créativité ; un être faillible  par ses émotions, ses attirances, ses blessures ; une mine de débrouillardise quand il s’agit de résoudre un problème, de palier aux dysfonctionnements de la technologie ; une créature pleine de ruse quand il faut survivre face à une dictature en marche. Il faudra quelques robots fins psychologues pour le rappeler aux personnages de cette fable folle mais d’une rare justesse.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400; font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Elsa Zylberstein, Stéphane de Groodt, Isabelle Nanty, Youssef Hajdi, Alban Lenoir, Claude Perron, François Levantal, André Dussolier, sans compter les apparitions express de Nicolas Marie, Albert Dupontel et Dominique Pignon : les acteurs de ce conte cauchemardesque dessinent des personnes évoluant entre excès, immaturité, sincérité, poésie, résilience. Grâce à leur jeu, les différences entre humains et automates s’estompent, infimes. Qui est une machine, qui est un être vivant ? Quelle différence entre le cerveau et la puce électronique ? </span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="51MRUpf56m"><p><a href="https://www.theartchemists.com/au-coeur-des-robots-lhumanoide-qui-nest-plus-un-mythe/">Au cœur des robots : l&rsquo;humanoïde qui n&rsquo;est plus un mythe</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Au cœur des robots : l&rsquo;humanoïde qui n&rsquo;est plus un mythe » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/au-coeur-des-robots-lhumanoide-qui-nest-plus-un-mythe/embed/#?secret=wn6Kg0KhbA#?secret=51MRUpf56m" data-secret="51MRUpf56m" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Bref </span><i><span style="font-weight: 400;">BigBug</span></i><span style="font-weight: 400;">, comme tous les contes, délivrent une morale. Elle n’est pas explicite, c’est au spectateur de la forger. Mais l’invitation à ne pas solder ce qui fait notre humanité est claire : préservons notre fantaisie, notre goût de la romance, des belles choses qui nous font vibrer. </span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le film <em>Big Bug</em> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81158472" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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		<title>Damnés : Satan es-tu là ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-damnes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 10:36:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Satan es-tu là ? C’est moi Madison ». C’est ainsi que commence le livre Damnés, sur la question d&#8217;une petite gamine rondouillarde de 13 ans, héritière d’une actrice et d’un producteur aussi célèbres qu’il sont tarés et opportunistes, s’adresse à son nouveau… patron ? Protecteur ? Confident ? Décédée dans d’étranges circonstances, cette jeunette aussi complexée qu’intelligente vient de débarquer en Enfer, et elle va mettre son Éternité à...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/02/Palanhiuk-Damnes-e1487522080607.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-28390" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/02/Palanhiuk-Damnes-346x494.jpg" alt="" width="346" height="494" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">« Satan es-tu là ? C’est moi Madison ». C’est ainsi que commence le livre <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener"><em>Damnés</em></a>, sur la question d&rsquo;une petite gamine rondouillarde de 13 ans, héritière d’une actrice et d’un producteur aussi célèbres qu’il sont tarés et opportunistes, s’adresse à son nouveau… patron ? Protecteur ? Confident ? Décédée dans d’étranges circonstances, cette jeunette aussi complexée qu’intelligente vient de débarquer en Enfer, et elle va mettre son Éternité à profit pour élucider le mystère de sa mort, s’émanciper de son éducation et passer à l’âge d’adulte.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Une héroïne décalée</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Partant de cette trame inattendue et gênante, Chuck Palahniuk accouche d’un roman savoureux et corrosif où, comme à son habitude, il règle son compte à la modernité que nous portons à tort aux nues. L’auteur de <i>Fight Club</i> et <a href="https://www.theartchemists.com/snuff-tragedie-pornographique/"><i>Snuff</i></a> sait y faire quand il s’agit de déstabiliser son lecteur ; ici, il implose la prétendue innocence enfantine pour façonner une héroïne décalée, droguée, perverse et conquérante, qui juge les tares de ses géniteurs et de l’humanité en général avec un œil critique sans pitié.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Secondée de camarades pour le moins baroques rencontrés au hasard de cette damnation aussi méritée qu’elle est propice, Madison va faire le ménage dans les sous sols de la Géhenne, lieu haut en couleur où les fleuves de merde jouxtent les lacs de sperme et les montagnes de rognures d’ongles, où les démons se corrompent à coup de sucreries, et dont les constructions tombent en ruine faute de soin. Une honte ! Et Satan dans tout ça ?</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ebv0zHL6Tg"><p><a href="https://www.theartchemists.com/roman-sex-toy-jean-marie-gourio/">Sex Toy – Jean-Marie Gourio : une tragédie d&rsquo;enfance</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sex Toy – Jean-Marie Gourio : une tragédie d&rsquo;enfance » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/roman-sex-toy-jean-marie-gourio/embed/#?secret=HEk9H9FyuN#?secret=ebv0zHL6Tg" data-secret="ebv0zHL6Tg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Un cynisme de bon aloi</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pleine d’enthousiasme, Madison prend les choses en main pour rameuter de futurs adhérents, tout en montant les échelons de la hiérarchie (la manière dont elle se débarrasse de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hitler" target="_blank" rel="noopener">Hitler</a> est juste à se tordre) et ordonner au passage quelques travaux d’aménagement dignes d’un parc Disney. Mais le plus important n’est pas là : au final Madison existe-t-elle vraiment ou n’est-elle qu’une émanation de l’imaginaire diabolique, notre grand Auteur à tous ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Peu importe, la demoiselle tranchera en embrassant son destin jusqu’au bout avec un humour et un cynisme de bon aloi, soutenu par des moments d’anthologie, purs délires qui feront la joie hilare des lecteurs, avec au passage de bons gros coups de griffes aux fanatiques de tous bords, qu’ils soient des obsédés de l’écolo, de la mode ou de la religion, au final tous des Tartuffes débiles, sans véritable étoffe. Des reflets de nous-mêmes ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus, consultez la page consacrée au roman <em>Damnés</em> sur <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/damnes/9782355842573" target="_blank" rel="noopener">le site Lisez!</a></span></p>
<p><span style="border-radius: 2px; text-indent: 20px; width: auto; padding: 0px 4px 0px 0px; text-align: center; font: bold 11px/20px 'Helvetica Neue',Helvetica,sans-serif; color: #ffffff; background: #bd081c no-repeat scroll 3px 50% / 14px 14px; position: absolute; opacity: 1; z-index: 8675309; display: none; cursor: pointer;">Enregistrer</span></p>
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		<title>Studio Beineix : l’art de la discipline, la discipline de l’art … une leçon de cinéma.</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/studio-beineix-exposition-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 08:38:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article initialement publié le 2 avril 2013 à 11h 38 min Diva, La Lune dans le caniveau, 37,2 le matin, Roselyne et les lions, IP5, Mortel transfert, Jean-Jacques Beineix a peu tourné mais chacun de ses films est demeuré dans les mémoires comme marqué au fer rouge. C’est que le monsieur sait y faire pour secouer les consciences, associant histoires hors normes et mises en scène frappantes. Installée du 4 avril...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/04/63.jpg" alt="" width="411" height="600" /></p>
<p><span style="background-color: #ff00ff;">Article initialement publié le <b>2 avril 2013 à 11h 38 min</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Diva, La Lune dans le caniveau, 37,2 le matin, Roselyne et les lions, IP5, Mortel transfert</em>, Jean-Jacques Beineix a peu tourné mais chacun de ses films est demeuré dans les mémoires comme marqué au fer rouge. C’est que le monsieur sait y faire pour secouer les consciences, associant histoires hors normes et mises en scène frappantes. Installée du 4 avril au 29 septembre 2013 au coeur du <a href="https://www.boulognebillancourt.com/loisirs/culture/les-musees/musee-des-annees-trente" target="_blank" rel="noopener">Musée des années 30 de Boulogne-Billancourt</a>, l’exposition <em>Studio Beineix</em> nous plonge dans l’atmosphère si particulière de ces longs métrages. 7 décors de films emblématiques, 1 cabinet de curiosités retraçant la vie du réalisateur et ses hobbies, 1 galerie de peinture dévoilant ses tableaux, 1 salle dédiée à un projet de film, 1 salon de musique, 1 pièce relatant la vie des studios de Boulogne-Billancourt&#8230; et Jean-Jacques Beineix lui-même qui nous fait visiter le parcours, avec force explications et commentaires que nous avons pu précieusement enregistrer et qui illustrent notre compte rendu.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/04/P1220719.jpg" alt="" width="600" height="450" /></p>
<h2><span style="color: #000000;">Un appartement comme une âme d&rsquo;artiste</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les 12 pièces qui composent cet appartement un peu particulier reflètent une âme d’artiste, de touche à tout : ancien étudiant, cinéaste, peintre, musicien, alpiniste, coureur automobile, motard, navigateur, nous comprenons vite que rien n’est cloisonné chez ce phénomène, tout se complète, se recoupe, se questionne, se répond. Dans le calme, la détermination, sans jamais de cacophonie, avec logique. Une logique mise orchestrée par Juliette Singer, scénographiée par Cédric Guerlus, où affiches, photos, extraits de films permettre de mieux comprendre l’importance de l’espace et de l’objet dans le monde de Beineix.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;espace et l&rsquo;objet : des personnages à part entière qui englobent, protègent, accueillent ou rejettent les héros, comme des matrices, des berceaux ou des tombes. Nous visitons ces quelques 900 mètres carrés accompagnés d’un Jean-Jacques Beineix humble, visiblement secoué de découvrir là tout son travail, toutes ces années de lutte, d’abord très retenu dans ses explications, concentré, il va doucement s’ouvrir, se confier, parler, expliquer, rire, gronder aussi. Jamais provocateur, toujours fonceur. Il va raconter comment il a mis en avant Béatrice Dalle dans <em>37,2 le matin</em>, comment il va brûler son décor de chalet sur pilotis, comment il va travailler avec Robert Hirsh dans <em>Mortel transfert</em>, Yves Montand dans <em>IP5</em>, …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/04/P1220702.jpg" alt="" width="600" height="450" /></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Piratage des données et bleu Diva</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il nous présente le loft de <em>Diva</em>, son premier grand succès datant de 1980. Il y raconte comment Jules, un jeune postier passionné d’opéra, enregistre secrètement le concert d’une cantatrice qui refuse de faire des disques ; accidentellement, cet enregistrement convoité par les maisons de disques, sera confondu avec le témoignage sur cassette d’une prostituée dénonçant un réseau. Les deux intrigues mêlées par le romancier Delacorta vont engendrer un chef-d&rsquo;œuvre cinématographique sans précédent. Passant de la réflexion sur le piratage des données à la naissante du bleu Diva, Beineix nous explique le pourquoi du comment, le choix de chaque objet, le travail des lumières, des formes :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><iframe loading="lazy" src="https://www.mixcloud.com/widget/iframe/?feed=%2FTheARTchemists%2Fjean-jacques-beineix-nous-parle-du-film-diva%2F" width="100%" height="400" frameborder="0"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Une esthétique aboutie</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans les salles suivantes et sur le même ton calme, avec une pointe d’humour mêlé de fatalisme, Beineix évoque sans faillir l’expérience difficile de <em>La Lune dans le caniveau</em> et cet échec commercial se révèle soudain comme un travail d’une esthétique aboutie, tout en lignes, en courbes, où l’on retrouve l’œil du plasticien jusque dans le rapport des couleurs. Il explique la sortie tumultueuse <em>Mortel transfert</em>, comédie burlesque sur la psychanalyse qui a suscité une levée de boucliers de toute la corporation. Il n’y a pas à dire, Beineix ne sait pas laisser indifférent. Parce qu’il ne sait pas rester inactif.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Jean-Jacques Beineix et le Piano anamorphosé" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/OlsaRvj9Dz8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Piano anamorphosé et comédie vampirique</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Deux salles retiennent mon attention par leur caractère surprenant et vivant, en attente :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">le Salon de musique qui expose le <em>Piano anamorphosé</em> créé en 2013, prolongement du tableau <em>La Fin du Monde</em> daté de 2001, inspiré aux mêmes sources que le service à vaisselle dessiné pour le 49eme festival de Cannes. Ce piano absolument incroyable est lui-même prolongé par un miroir en hommage au final de <em>La Dame de Shangaï</em> d’Orson Welles et qui accueillir les versions de 840 artistes et étudiants des <em>Vexations</em> d’Erik Satie, versions  qui seront filmées par de petites caméras et que Beineix, lui-même pianiste depuis l’âge de ses 50 ans, considère comme ses <em>Beixations </em>(je vous avais dit que le monsieur a de l’humour et le sens de l’autodérision).</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">la salle dédiée au projet <em>L’Affaire du siècle</em>, vieux de 30 ans, une comédie vampirique que Beineix a bien failli tourner aux USA, jusqu’à ce que les studios le lâchent, effarouchés par l’ampleur de la chose et le manque de contrôle, car on ne contrôle pas ce genre de génie, et ça l’industrie cinématographique déteste. Du coup dessins, décors et tout le tralala sont restés en plan, de même notre envie de voir le réalisateur à l’œuvre dans ce registre où il devrait exceller. Demeurent une bande dessinée, des croquis où l’esprit de Tim Burton jouxte avec celui du 5eme élément, et l’espoir que Luc Besson reprenne le chantier et accepte de produire ce chef-d&rsquo;œuvre en devenir qui devrait balayer la purge <em>Twilight </em>d’une pichenette.</span></li>
</ul>
<h2><span style="color: #000000;">La mort d&rsquo;une certaine vision du cinéma</span></h2>
<p style="text-align: justify;">  <iframe loading="lazy" src="https://www.mixcloud.com/widget/iframe/?feed=%2FTheARTchemists%2Fjean-jacques-beineix-nous-parle-du-projet-laffaire-du-siecle%2F" width="100%" height="400" frameborder="0"></iframe></p>
<div style="clear: both; height: 3px; text-align: justify;"></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous quittons les lieux, laissant sur site un Beineix bien décidé à continuer son travail, se tournant vers le portrait, s’investissant dans la photographie et le <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-gaulois-beineix/" target="_blank" rel="noopener">documentaire</a>, mais prêt à en découdre de nouveau. Dans son viseur, un système de production obsédé par le fric à outrance, qui privilégie la rentabilité à tout crin, le succès kleenex aux dépens de la qualité, de la réflexion et de l’art. Selon lui, cette logique de la rentabilité maximum a conduit à la liquidation des fleurons du cinéma, ainsi les grands studios tels ceux de Cinecitta. Beineix déplore la mort de tout un pan de culture et une certaine vision du cinéma (des années plus tard, <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-caro-jeunet-halle-saint-pierre/" target="_blank" rel="noopener">Jeunet</a> nous tiendra le même discours désabusé).  Et le réalisateur d’insister sur le rôle sociétal de l’artiste dans une société contemporaine en proie au délabrement et à la décomposition des valeurs. Quoi de plus normal pour ce créatif qui considère l’art comme une discipline intransigeante ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/04/P1220726.jpg" alt="" width="450" height="600" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et plus si affinités</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour en savoir plus, visitez notre <a href="http://www.facebook.com/media/set/?set=a.444407618971505.1073741826.114156521996618&amp;type=1" target="_blank" rel="noopener">album photos de l&rsquo;exposition <em>Studio Beineix</em></a>.</p>
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		<title>District 9 : Alien Apartheid</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-district-9/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jul 2021 15:09:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34021</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans le sillage de The Tomorrow War, nous nous sommes fait une fringale de films d’anticipation, avec grosses bébêtes interplanétaires et combats épiques sur fond de survie de l’humanité&#160;: Edge of Tomorrow, Starship Troopers, Pitch Black, … on en a pris plein les yeux et la tête … et puis on a visionné District 9 qui traînait sur une to-see list un peu poussiéreuse. Et là, le choc, la claque,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/arton12112_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/arton12112_opt.jpg" alt="affiche du film district 9" class="wp-image-34022" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/arton12112_opt.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/arton12112_opt-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/arton12112_opt-371x494.jpg 371w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Dans le sillage de <a href="https://www.theartchemists.com/film-tomorrow-war/" target="_blank" rel="noopener"><i>The Tomorrow War</i></a>, nous nous sommes fait une fringale de films d’anticipation, avec grosses bébêtes interplanétaires et combats épiques sur fond de survie de l’humanité&nbsp;: <i>Edge of Tomorrow, Starship Troopers, Pitch Black,</i> … on en a pris plein les yeux et la tête … et puis on a visionné <a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noopener"><i>District 9 </i></a>qui traînait sur une to-see list un peu poussiéreuse. Et là, le choc, la claque, le gros malaise.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-provider-youtube wp-block-embed-youtube"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="District 9 teaser" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/2SFbx9bNMnc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Des clandestins</b></span></h2>



<p>Le premier film de Neill Blomkamp nous arrive en pleine tronche à la manière d’<em>Invasion Los Angeles</em> de Carpenter ou de <em>Cry freedom</em> d’Attenboroug. Et pour cause : via plusieurs séquences en mode reportage, nous voici parachutés sans ménagement en Afrique du Sud (pays d’origine du réalisateur), au cœur d’un ghetto dégueulasse où sont parqués des milliers d’extraterrestres échoués là après une panne de leur vaisseau. Un gigantesque vaisseau spatial suspendu au-dessus d’eux comme une carcasse de bagnole pourrie, symbole de leur déchéance. Et en dessous, dans ce bidonville insalubre, la survie au quotidien pour ces clandestins qu’on insulte, qu’on exploite, qu’on laisse crever à petit feu.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Descente aux enfers</strong></h2>



<p>Depuis 20 ans, District 9 accueille tous les trafics, toutes les exactions, toutes les mafias. Sous la pression des politiques, l’entreprise en charge du lieu, la Multi-National United, a décidé de faire le nettoyage, de déplacer ces « crevettes » indésirables vers un nouveau site à 200 kilomètres de là au milieu de nulle part … dans ce qu’il faut bien appeler un camp de concentration. C’est durant l’opération d’expropriation menée tambour battant par la MNU et ses mercenaires que Wikus van der Merwe, agent sans grande envergure et servile car gendre du patron, est accidentellement contaminé par un mystérieux liquide découvert au fond d’un taudis. Et là, c’est la descente aux enfers. Soudaine, révélatrice.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mutation ADN</strong></h2>



<p>Car le dit liquide, initialement dédié au redémarrage de la fameuse soucoupe par un extra-terrestre bien moins arriéré qu’il n’y paraît, commence à transformer le pauvre Wikus en « crevette », ce qui n’est déjà pas très agréable, et à rendre son ADN particulièrement intéressant et bankable puisque mutant. Or cet ADN est nécessaire pour faire fonctionner l’armement extraterrestre, très convoité par les industriels du secteur mais jusqu’alors totalement inutile puisque ne réagissant qu’à cette empreinte génétique spécifique. Du coup, Wikus devient une proie … Pour échapper à la vivisection qu’on compte bien lui faire subir au nom des intérêts économiques du pays, il n’a qu’une solution : se planquer dans <em>Disctrict 9</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une communauté ostracisée</strong></h2>



<p>Le reste, vous le découvrirez en visionnant ce film aussi haletant qu’insoutenable, puisque le réalisateur y traite clairement d’apartheid, sauf qu’ici ce sont les aliens qu’on discrimine de la pire des manières. Parmi les bourreaux, des blancs Afrikaners, mais aussi des Noirs sud-africains issus de différentes ethnies, des gangs venus d’autres pays, adeptes de sorcellerie, de cannibalisme. Toutes les strates de cette société déjà très dure et conflictuelle tourne sa hargne et sa violence vers cette communauté immigrée, ostracisée au possible, sinon pire. Bref, on est toujours l’indésirable de quelqu’un, et le chemin de croix de Wikus permet de découvrir l’envers d’un décor qui n’a rien d’une fiction.</p>



<p><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-guerre-des-mondes/" rel="bookmark">La Guerre des mondes : un sentiment d’abandon</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-big-bug-jean-pierre-jeunet/">BigBug : Jean-Pierre Jeunet et les robots</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Brutalité authentique</strong></h2>



<p>En enracinant son intrigue dans pareil univers, Blomkamp en fait ressortir l’incroyable brutalité. L’extra-terrestre n’y est plus une menace mais une victime ; le traitement infligé à cet Autre venu des étoiles par toutes les classes sociales, riches, pauvres, blancs, noirs, met en question la tolérance de la nation arc-en-ciel. Le trafic dont les aliens font l’objet rappelle bien sûr celui des albinos, chassés et assassinés par les sorciers tanzaniens pour booster leurs sorts et leurs enchantements. Le délabrement du township est tout ce qu’il y a de plus réel, puisque ce sont d’authentiques masures qu’on voit à l’écran, filmées en hiver à Soweto, dans la banlieue de Johannesburg même, pour accentuer ce côté désertique et poussiéreux. Parmi les passages de reportage télé, on trouve de véritables archives.</p>



<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>



<p>Tout comme les zombis de Romero mettent en exergue les dysfonctionnements de la société américaine moderne, les aliens de District 9 font ressortir la cruauté implacable d’un monde qui n’a rien de fictif. De fait, outre des effets gore qui évoque le <em>Bad Taste</em> d’un certain Peter Jackson qui se trouve être le producteur du film, le récit est difficilement soutenable, le propos percutant. L’ensemble est décalé, cynique, malsain et particulièrement efficace. Bref, ce pamphlet anti-ségrégation est fichtrement bien troussé.</p>



<p>&nbsp;</p>



<p class="wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"></p>
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