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	<title>hiroshima</title>
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		<title>Dark tourisme : pour ne plus être des touristes de la mort mais des voyageurs du sens</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dark-tourisme-analyse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 10:39:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Visiter des camps de concentration, des sites de catastrophes ou les maisons de tueurs en série : pratique morbide pour certains, nécessité mémorielle pour d’autres. Le dark tourism, ou tourisme noir, interroge notre rapport à la mort, à la mémoire… et au spectacle. Derrière l’étrangeté de ces parcours se dessinent des enjeux profonds : que [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Visiter des camps de concentration, des sites de catastrophes ou les maisons de tueurs en série : pratique morbide pour certains, nécessité mémorielle pour d’autres. Le dark tourism, ou tourisme noir, interroge notre rapport à la mort, à la mémoire… et au spectacle. Derrière l’étrangeté de ces parcours se dessinent des enjeux profonds : que venons-nous vraiment voir ? Et surtout, pourquoi ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une définition trouble, un succès mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Apparu dans les travaux des chercheurs John Lennon et Malcolm Foley à la fin des années 1990, le terme “dark tourism” (ou tourisme noir) désigne la fréquentation de lieux associés à la mort, au désastre, à la souffrance ou à des tragédies collectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce champ inclut :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les lieux de mémoire (camps de concentration, champs de bataille),</li>



<li>les sites de catastrophes (nucléaires, naturelles),</li>



<li>les scènes de crimes célèbres,</li>



<li>les musées du crime, de la torture, ou de la médecine morbide,</li>



<li>les circuits plus sensationnalistes liés à des tueurs en série ou des événements médiatiques.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Une pratique peu répandue&nbsp;? Que nenni. Un article de <a href="https://bluedocker.com/top-10-destinations-tourisme-noir/">BlueDocker</a> révèle le top 10 des lieux macabres les plus visités au monde&nbsp;: Pripyat en Ukraine, forêt d’Aokigahara au Japon, catacombes parisiennes, camps de concentration… La fréquentation de ces différents sites a explosé avec l’avèenemtn du tourisme de masse. Le magazine <a href="https://www.geo.fr/voyage/tchernobyl-auschwitz-les-bidonvilles-de-bombay-le-dark-tourism-ou-lattrait-pour-la-desolation-204890">Géo</a> souligne&nbsp;: «&nbsp;<em>À l’ère du&nbsp;tourisme de masse&nbsp;–&nbsp; nous sommes passés à 1,4&nbsp;milliard de voyageurs en&nbsp;2018 contre 435 000 dans les années 1990&nbsp; –, la fréquentation de ces lieux « sombres » atteint des records&nbsp;: Pompéi a accueilli 3,6&nbsp;millions de visiteurs en&nbsp;2018 ; la même année, ils étaient plus de 2&nbsp;millions à se rendre à Auschwitz ; et le mémorial du 11 Septembre passait le cap des 33&nbsp;millions de visiteurs depuis son ouverture en&nbsp;2004.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc une activité particulièrement rentable et qui n’a pas fini de l’être si l’on en croit une <a href="https://cardiffjournalism.co.uk/life360/from-tragedy-to-tourism-examining-the-rise-of-dark-tourists/#:~:text=Most%20dark%20tourists%20are%20drawn,Z%2C%20those%20born%20after%202000.">étude publiée dans le Digital Journal</a> qui pronostique que ce marché atteindra 43,5 $ billion d’ici 2031. Il s&rsquo;agit donc d’un phénomène mondial à succès, qui ne date pas d’hier du reste. La mort et l’horreur ont toujours captivé les foules, en témoignent les jeux du cirque de la Rome antique, le show des exécutions publiques de l’Ancien Régime. Initialement marché den iche, le dark tourisme est en passe de se démocratiser, interrogeant ainsi la question de la mémoire collective, le deuil, la curiosité humaine… mais aussi les pratiques touristiques elles-mêmes.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-1 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/a-real-pain-authentique-intense-et-touchant/">A Real pain&nbsp;: authentique, intense et touchant</a></li>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/roman-de-bonnes-raisons-de-mourir-polar/">De Bonnes raisons de mourir : attention, polar radioactif !</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>D</strong><strong>u </strong><strong>pèlerinage mémoriel</strong><strong> à la </strong><strong>curiosité morbide</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je l’expliquais plus haut, le dark tourism n’est pas marginal : il mobilise des millions de visiteurs chaque année … et se décline de différentes manières. Il regroupe plusieurs formes, aux motivations et intensités variées. On peut les répartir selon un spectre allant du pèlerinage mémoriel à la curiosité morbide :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le tourisme de mémoire : centré sur les lieux de guerre, de génocide ou de catastrophe (Auschwitz, Hiroshima, Verdun, Kigali, Srebrenica-Potočari…), il a une forte dimension pédagogique et commémorative.</li>



<li>Le tourisme catastrophe : il consiste à visiter les sites de désastres récents (Fukushima, Tchernobyl, la Nouvelle-Orléans post-Katrina…), souvent dans un cadre semi-encadré.</li>



<li>Le tourisme carcéral ou judiciaire : anciennes prisons (Alcatraz, Robben Island), salles de torture ou tribunaux historiques sont au cœur de ces parcours.</li>



<li>Le tourisme macabre ou sensationnaliste : plus voyeuriste, il attire sur les scènes de crimes, les maisons de tueurs en série ou les parcours “true crime”.</li>



<li>Le tourisme religieux mortuaire : pèlerinages vers les reliques, tombes célèbres ou ossuaires artistiques (Sedlec, les catacombes de Paris…).</li>



<li>Le thanatourisme pop-culturel : formes récentes liées aux films, séries ou jeux vidéo traitant de la mort ou de la violence (lieux de tournage de <em>Game of Thrones</em>, circuits <em>Dexter</em>, etc.).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les motivations du dark tourism : entre mémoire, quête existentielle et attraction morbide</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces pratiques ne relèvent pas toutes du même rapport à la mort. Elles recouvrent une pluralité de motivations, allant de la démarche pédagogique au pur besoin de sensations. Trois grandes tendances se dessinent :</p>



<h3 class="wp-block-heading">1. Comprendre et se souvenir</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Certains chercheurs comme Philip Stone ou A.V. Seaton parlent de <em>thanatourisme réflexif</em> pour désigner une approche sincère, tournée vers la mémoire et la transmission. Il s’agit ici de visiter des lieux de souffrance ou de mort avec un objectif éducatif, culturel ou cathartique. Les visiteurs sont souvent des descendants de victimes, des familles en quête de sens, des enseignants ou des étudiants. L’expérience se veut respectueuse, ancrée dans une volonté de ne pas oublier. Auschwitz, Oradour-sur-Glane, le Mémorial de la Shoah s’inscrivent dans cette logique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Se confronter à la mort</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du souvenir, le dark tourism peut répondre à un besoin existentiel plus profond : celui de se confronter symboliquement à la finitude humaine. Voir un lieu de massacre, une scène de catastrophe ou une prison désaffectée, c’est parfois chercher à rendre la mort concrète, visible, pensable. Dans une société occidentale qui tend à médicaliser, invisibiliser et retarder la mort, ces lieux deviennent des points de friction. Le touriste cherche à <em>éprouver</em> quelque chose de réel, à restaurer un lien avec une part occultée de la condition humaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading">3. Le frisson et l’émotion</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À l’autre extrémité du spectre, certaines formes de tourisme noir relèvent davantage de la recherche d’émotions fortes : peur, malaise, fascination. On visite la maison d’un tueur en série, on participe à une “ghost tour” nocturne, on explore une morgue abandonnée. Ici, la mort devient <em>mise en scène</em>, et l’expérience tend vers le spectacle. Si ces pratiques peuvent satisfaire une curiosité légitime, elles flirtent parfois avec le voyeurisme, voire la banalisation de la souffrance. Le risque : transformer des lieux de mémoire en parcs d’attractions de l’horreur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une frontière floue entre mémoire, éthique et spectacle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que le tourisme noir gagne en popularité, une zone de tension se dessine entre mémoire, respect et logique de consommation. Que penser des selfies pris à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Auschwitz">Auschwitz</a>, des boutiques de souvenirs à Ground Zero, ou des circuits macabres sur les pas de Jack l’Éventreur, parfois sponsorisés par des marques ou des offices du tourisme ? Ces pratiques soulèvent des questions éthiques majeures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, où commence le respect des morts ? Où s’arrête la décence ? Quand la mémoire devient-elle spectacle, voire marchandise ? Le <em>devoir de mémoire</em> est-il soluble dans les logiques de rentabilité culturelle et d’attractivité touristique ? Ces interrogations ne sont pas abstraites : elles se posent concrètement dans la gestion des lieux de souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre question cruciale : qui détient le droit d’interpréter ces lieux ? Les survivants ? Les familles de victimes ? Les États ? Ou les agences touristiques qui scénarisent le parcours ? À force de médiatiser et de packager la mort, on risque de la dévitaliser. Ce que certains nomment “Disneylandisation de l’horreur” transforme des espaces tragiques en décors consommables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses critiques émergent, pointant notamment :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le risque de banalisation de l’atroce, par la répétition d’images ou de parcours standardisés ;</li>



<li>la commercialisation de la souffrance, quand les mémoriaux deviennent des “produits” touristiques avec goodies et billetterie premium ;</li>



<li>l’absence de médiation pédagogique, qui laisse parfois les visiteurs seuls face à des réalités complexes ou traumatiques, sans cadre explicatif.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, le dark tourism est traversé par un dilemme constant : comment montrer l’irreprésentable sans trahir ? Comment transmettre sans trahir l’émotion, ni céder au sensationnalisme ? Entre commémoration, fascination et marketing, la frontière reste fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une éthique renouvelée du tourisme noir&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux dérives médiatiques ou commerciales du dark tourism, des voix s’élèvent pour repenser les pratiques. Certains sites, conscients de leur portée symbolique, prennent désormais des mesures pour encadrer l’expérience des visiteurs. À Kigali (Rwanda), à Oradour-sur-Glane (France) ou encore à Yad Vashem (Israël), des chartes éthiques ont été mises en place : interdiction de photographier dans certains espaces, présence de guides spécialement formés à la médiation historique, création de parcours contextualisés et non sensationnalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le champ universitaire, plusieurs chercheurs plaident pour une typologie plus rigoureuse du dark tourism, afin de mieux en distinguer les intentions et les effets. Ils proposent notamment une distinction entre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un dark tourism éducatif et mémoriel, ancré dans la transmission, la réflexion historique et la construction du savoir ;</li>



<li>un dark tourism sensationnaliste ou commercial, centré sur l’émotion brute, le choc visuel ou la curiosité morbide.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, le visiteur lui-même est appelé à une prise de conscience. Une éthique du voyageur se dessine, fondée sur trois principes simples mais essentiels :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Prendre conscience de l’histoire des lieux visités, de leur portée symbolique et de leur charge émotionnelle.</li>



<li>Respecter les lieux, les vivants et les morts, en adoptant une posture digne, sans recherche de performance ou de mise en scène de soi.</li>



<li>Chercher le sens plutôt que la sensation, en refusant la consommation immédiate au profit d’une expérience réflexive.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est donc pas la visite elle-même qui est problématique, mais l’intention qui l’anime. Un même lieu peut être abordé comme un lieu de mémoire ou de divertissement, selon la posture adoptée par le touriste. C’est à ce niveau — individuel et collectif — que peut se jouer une réconciliation entre souvenir et regard.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>E</strong><strong>ntre lucidité, mémoire et responsabilité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dark tourism est à la croisée des chemins : il peut être un puissant outil de transmission et de réflexion… ou devenir un simple produit de consommation parmi d’autres. Il révèle les tensions de nos sociétés modernes : fascination pour la mort, besoin de sens, mais aussi dérives spectaculaires et marketing du trauma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En visitant ces lieux, nous ne sommes pas neutres. Nous entrons dans une mémoire collective, parfois douloureuse, souvent fragile. Le dark tourism nous tend un miroir : que venons-nous chercher ? Du savoir ? De l’émotion ? Du frisson ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas de juger, mais de choisir. Refuser le voyeurisme sans renoncer à comprendre. Refuser le choc vide sans renoncer à ressentir. Être non pas des touristes de la mort, mais des voyageurs du sens.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Onoda, 10 000 nuits dans la jungle : quand Harari raconte la volonté de survivre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-onoda-harari/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Aug 2023 10:08:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vivre sur une île au milieu des cocotiers, barboter dans le Pacifique, profiter du soleil tropical&#160;: certains en rêvent. Mais pour d’autres, cela tient plus du cauchemar, comme le démontre le film d’Arthur Harari, Onoda, 10 000 nuits dans la jungle. Règle absolue&#160;: survivre Onoda donc, Hirō Onoda, jeune soldat japonais repéré par sa hiérarchie [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42.jpg" alt="" class="wp-image-36305" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Vivre sur une île au milieu des cocotiers, barboter dans le Pacifique, profiter du soleil tropical&nbsp;: certains en rêvent. Mais pour d’autres, cela tient plus du cauchemar, comme le démontre le film d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Harari">Arthur Harari</a>, <em>Onoda, 10 000 nuits dans la jungle</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Règle absolue&nbsp;: survivre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Onoda donc, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hir%C5%8D_Onoda">Hirō Onoda</a>, jeune soldat japonais repéré par sa hiérarchie pour son sens de la survie. Une exception dans une culture vouée au bushido, code d’honneur du samouraï qui implique de se sacrifier pour sauver la mère patrie, quitte à balancer son avion dans les navires cuirassés de ces démons américains en passe de gagner la Seconde Guerre Mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes en 1944 et le Japon, un genou en terre, organise la résistance. En secret, on sélectionne les profils les plus endurants afin d’en faire des experts de la guérilla. Objectif&nbsp;: ralentir coûte que coûte l’avancée des troupes ennemies. Méthode&nbsp;: investir les îles qui parsèment le territoire impérial et s’y retrancher en mode commando pour préparer la riposte. Règle absolue&nbsp;: survivre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un film très intimiste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’Onoda, jeune sous-officier d’une vingtaine d’années à peine sorti de cette formation d’élite, se retrouve sur Lunbang dans les Phillipines. Accompagné d’une poignée de soldats triés sur le volet, il se perd dans la jungle, attendant l’ennemi. Il attendra 29 ans. Ce sont ces 29 années que raconte Harari dans <em>Onoda, 10 000 nuits dans la jungle</em>. Une fiction&nbsp;? Non, Onoda a vraiment existé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a fait l’objet de nombreux livres, de documentaires. Pour ses concitoyens, c’est encore aujourd’hui une véritable légende. Harari se saisit de ce mythe moderne pour en faire un film très intimiste. Pas un récit de guerre épique saturé d’effets spectaculaires (les rares scènes de combat se singularisent par une épure qui en soulignent du reste l’incroyable violence), pas un biopic lyrico-larmoyant. Non, c’est une approche tout en nuance qu’il propose.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Autopsie d’une conviction</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit d’explorer la psyché d’un homme qui se soumet volontairement à une solitude grandissante. Pas vraiment un Robinson Crusoé, puisque Onoda a accepté cette mission qu’il va accomplir jusqu’à la dernière seconde, même s’il y laisse sa jeunesse. Focalisé sur les ordres qu’on lui a donnés, il refuse de se rendre, même quand son père vient dans la jungle pour lui parler de loin, mégaphone à la bouche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fermement campé sur ses positions, Onoda s’obstine, interprète, convaincu qu’on lui tend un piège, que l’ennemi ruse pour lui faire rendre les armes. C’est cette volonté, ce besoin d’analyser les faits en les rapportant à sa propre logique, cet aveuglement soigneusement entretenu qu’Harari donne à ressentir. Tandis que son héros vieillit, tandis que ses compagnons petit à petit s’éteignent, sa seule planche de salut psychique, c’est sa foi, sa conviction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dignité et pudeur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi alors, un jour de 1974, va-t-il accepter d’entrer en contact avec un jeune étudiant japonais venu le relancer au fin donc de sa forêt&nbsp;? Quel est le déclic&nbsp;qui doucement le fait basculer vers ce retour à la vie&nbsp;? L’isolement&nbsp;? La fatigue&nbsp;? L’instinct&nbsp;? Pas de réponse, juste l’objectif de Harari captant les émotions affleurant à peine sur le visage de ses interprètes, Yūya Endō et Kanji Tsuda, qui incarnent Onoda à 20 et à 50 ans. Tout se joue dans le regard, c’est là que réside l’intensité de ce héros absolu, le dernier des «&nbsp;soldats restants&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un soldat dont le combat se situe en dehors des champs de bataille, au cœur d’un environnement particulièrement hostile, entre pluies diluviennes, chaleur étouffante, manque de nourriture, obligation de se cacher. Ce quotidien sordide, Onoda et ses compagnons l’assument malgré tout avec dignité et pudeur.&nbsp;Des cheveux que l’on tond avec attention, du linge rapiécé qu’on continue de laver, le journal de bord scrupuleusement documenté…</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/kamikazes-le-vent-des-dieux-entre-effet-de-propagande-et-gachis-de-masse/">Kamikazes&nbsp;: le vent des dieux entre effet de propagande et gâchis de masse</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/">Hiroshima, la véritable histoire&nbsp;: un documentaire pour comprendre</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/speedlines-mangas-je-ne-suis-pas-mort-1-2-robinson-crusoe-a-la-japonaise/">Speedlines mangas – Je ne suis pas mort 1 &amp; 2&nbsp;: Robinson Crusoé à la japonaise&nbsp;?</a></li>
</ul>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Rien du désespoir de Robinson Crusoe donc, ou de la démence d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-aguirre-werner-herzog-1972/">Aguirre</a>. La démesure ici relatée est bien plus discrète que la folie d’Herzog. Ici, pas ou peu de cris, même lors des périodes de tension, inévitables durant ce long huis clos, ces interminables années à attendre un ennemi qui n’existe plus. La sobriété des comportement se heurte à la nature, superbe et dangereuse. C’est tout l’attrait de ce film introspectif remarquable de justesse et de vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Black Rain : le Japon des 90’s entre polar et dissonances culturelles</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-black-rain-ridley-scott/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Sep 2022 11:55:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35024</guid>

					<description><![CDATA[<p>Black Rain : pluie noire. Derrière ces deux mots énigmatiques, Ridley Scott développe un film d’action prenant, dont le suspense de surface interroge les dissonances culturelles d’un Japon coincé entre globalisation et coutumes. Explications. Flic rebelle vs yakuza pervers Un petit pitch ? Nick Conklin (Michael Douglas) est un flic new-yorkais aux méthodes expéditives et au [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel14.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-35025" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel14.jpg" alt="film Black Rain de Ridley Scott" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel14.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel14-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel14-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><em>Black Rain</em> : pluie noire. Derrière ces deux mots énigmatiques, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ridley+scott" target="_blank" rel="noopener">Ridley Scott</a> développe un film d’action prenant, dont le suspense de surface interroge les dissonances culturelles d’un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Japon" target="_blank" rel="noopener">Japon</a> coincé entre globalisation et coutumes. Explications.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://dai.ly/x8a1byc" title="Black Rain Bande-annonce VO" frameborder="0" width="1080" height="611" src="https://geo.dailymotion.com/player.html?video=x8a1byc&#038;" allowfullscreen allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;"><b>Flic rebelle vs yakuza pervers</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Un petit pitch ? Nick Conklin (Michael Douglas) est un flic new-yorkais aux méthodes expéditives et au caractère rebelle, ce qui lui vaut un taux record d’arrestations et de félicitations de sa hiérarchie, et les engueulades de cette même hiérarchie, épuisée par ses incartades. Dernier succès en date, la capture tout en muscles et presque en flag d’un tueur japonais qui a eu la mauvaise idée de flinguer deux rivaux sous les yeux de Conklin et son partenaire Charlie Vincent (Andy Garcia). Résultat de l’opération : nos deux compères doivent rapatrier Sato au pays, qui leur échappe à leur arrivée.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">À partir de là, il va falloir remettre la main dessus, et ça ne va pas être facile, car la police japonaise voit d’un fort mauvais œil les méthodes de Conklin et son acolyte. Cornaqué par Masahiro Matsumoto (Ken Takakura), un inspecteur du cru avec qui il va sympathiser, Conklin va se montrer d’autant plus motivé que Sato (Yusaku Matsuda) flingue son coéquipier lors d’une scène mémorable. Un crime parmi tant d’autres pour ce psychopathe avide de bouffer la concurrence des vieux yakuzas, qui réprouvent et sa violence et son manque d’honneur. Et mesurent tout l’intérêt d’utiliser Conklin pour se débarrasser de ce jeune concurrent.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/societe-yakuzas-livre-podcast-documentaire/" class="wp-embedded-content" data-secret="ljyHaiusgW"><p><a href="https://www.theartchemists.com/societe-yakuzas-livre-podcast-documentaire/">La mafia japonaise et plus si affinités : les yakuzas en cinq références</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La mafia japonaise et plus si affinités : les yakuzas en cinq références » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/societe-yakuzas-livre-podcast-documentaire/embed/#?secret=8CbcYpkzyv#?secret=ljyHaiusgW" data-secret="ljyHaiusgW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Japon urbain </b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">A priori, rien dans l’intrigue de <i>Black Rain</i> ne laisse transparaître une quelconque réflexion philosophique. Mais résumer cette traque à un simple polar, c’est mal connaître Scott, qui est quand même à l’origine de <i>Les Duellistes, Alien, Blade Runner</i>, entre autres chefs-d&rsquo;œuvre du 7ᵉ art : consultez la page Wikipédia qui lui est consacrée, elle est plus qu’éloquente, le cinéaste n’est pas du genre à se contenter d’une intrigue de vengeance ponctuée de scènes d’action. Si <i>Black </i><i>R</i><i>ain</i> n’en manque pas, c’est ailleurs qu’il faut chercher sa valeur.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Sorti en 1989, le film multiplie les plans montrant un Japon entre urbanisation, motos, camions, néons, barres d’immeubles, au sommet de sa réussite industrielle. Exit les scènes de temples et de pagodes, les combats au sabre. Les rizières et les toriis apparaissent dans la dernière partie du film uniquement ; tout le reste se déroule dans la fumée des usines sidérurgiques, la moiteur des discothèques. Seule la puanteur des abattoirs, l’odeur des marchés rappelle qu’il s’agit de survie dans un monde de prédation.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-tokyo-vice/" class="wp-embedded-content" data-secret="KCiBh4uMB0"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-tokyo-vice/">Tokyo Vice : une ambiance à couper au katana !</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tokyo Vice : une ambiance à couper au katana ! » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-tokyo-vice/embed/#?secret=8Qw4fCDmDo#?secret=KCiBh4uMB0" data-secret="KCiBh4uMB0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;"><b>Maudite globalisation</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ce qu’explique avec mépris un vieil Oyabun à Coklin : Sato n’est rien d’autre qu’un gangster à l’américaine, obsédé par le fric, un pur produit de la globalisation enclenchée par les USA avec <a style="color: #000000;" href="https://www.theartchemists.com/?s=hiroshima" target="_blank" rel="noopener">Hiroshima</a> et la pluie noire qui a contaminé le pays après l’explosion de la bombe. Pour s’en débarrasser, il faut un flic à l’américaine, un cowboy sans foi ni loi, qui va venir nettoyer la merde créée par sa propre non-culture. Un clash des civilisations à l’œuvre, feutré en apparence, particulièrement abrupt dans le message véhiculé, la critique de l’hégémonie américaine et de ses ravages dans les cerveaux.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour souligner cette violence, la récurrence des tonalités rouges dans les paysages embrumés de pollution, la silhouette des cheminées qui s’y dessine à peine, la nuit striée de néons agressifs. Les clichés sont caricaturés volontairement, soulignés par le travail de photographie signé Jan de Bont, directeur de la photographie attitré sur <i>La Chair et le Sang</i> et <i>Basic </i><i>I</i><i>nstinct </i>de Verhoeven, <i>Piège de cristal </i>et <i>A la poursuite d’Octobre rouge</i> de John Mc Tiernan. À noter également, la bande originale créée par un certain Hans Zimmer, qui deviendra le compositeur attitré de Scott et l’un des plus influents de Hollywood.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>A l’avant-garde : Tetsumi Kudo, Portrait d’artiste dans la crise, 1978</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/avant-garde-tetsumi-kudo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2022 08:46:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des têtes dans des cages,  : une vision obsessionnelle chez Tetsumi Kudo. L&#8217;artiste japonais passera sa vie de créateur à décliner ce motif, pour mettre en évidence à sa façon l&#8217;enfermement de l&#8217;homme moderne dans une société vouée à la surconsommation de biens et d&#8217;informations. Tetsumi Kudo dérangeant au possible Gutaï, les Nouveaux Réalistes, Fluxus [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel12.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35020 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel12.jpg" alt="sculptures de Tetsumi Kudo" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel12.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel12-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel12-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Des têtes dans des cages,  : une vision obsessionnelle chez <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tetsumi_Kudo" target="_blank" rel="noopener">Tetsumi Kudo</a>. L&rsquo;artiste japonais passera sa vie de créateur à décliner ce motif, pour mettre en évidence à sa façon l&rsquo;enfermement de l&rsquo;homme moderne dans une société vouée à la surconsommation de biens et d&rsquo;informations.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>Tetsumi Kudo dérangeant au possible</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Gutaï, les Nouveaux Réalistes, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=fluxus" target="_blank" rel="noopener">Fluxus</a> : s’il s’en approche, Tetsumi Kudo n’est cependant pas assimilable à ces courants. Trop solitaire, trop spécifique, inclassable… dérangeant au possible aussi. Ainsi son autoportrait tridimensionnel qui l’enferme dans une cage de rongeur, symbole de ses névroses avidement entrelacées de fantasmes inavouables. Une version parmi tant d&rsquo;autres…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Marqué à la fois par le traumatisme de Hiroshima, les stigmates psychiques de l&rsquo;holocauste nucléaire et par le développement des nouvelles technologies, l&rsquo;artiste veut traduire leur véritable impact sur nos évolutions intérieures. I20l façonne l’individu dans son isolement, ses questionnements, ses addictions et ses illusions.</span></p>
<h2><strong><span style="color: #000000;">L&rsquo;absurdité de la condition humaine</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Vampirisé par lui-même, l’homme moderne tricote ainsi l&rsquo;absurdité de la condition humaine. Il s&rsquo;y emmêle, s&rsquo;y englue, avec une jouissance malsaine, dans un mélange de couleurs faussement acidulées, de fleurs en plastiques et d&rsquo;animaux en peluche moisie ; dans cette atmosphère rance, cette prison sale, son visage bouffi de fatigue vire au gris des mourants. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;amour, la sexualité, la créativité, le rêve ? La foi ? Des mensonges ? Qui sait ? Quid de l&rsquo;avenir de l&rsquo;individu ? Un morcellement progressif, la fonte de chaque bout d&rsquo;humain dans un magma biomécanique ? L&rsquo;avènement de ce que <a href="https://galeriegaillard.com/artists/100-tetsumi-kudo/overview/" target="_blank" rel="noopener">Kudo</a> appelle « La nouvelle écologie », bien bien avant que la menace de l&rsquo;extinction de notre espèce ne se profile. Visionnaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>The Heavy Water War : et si Hitler avait eu la bombe A ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-heavy-water-war/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Sep 2022 05:35:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les manuels d&#8217;Histoire bouclent le chapitre sur la Seconde Guerre Mondiale avec les explosions atomiques d&#8217;Hiroshima et de Nagasaki. Ils oublient de dire que ces explosions auraient pu avoir lieu sur Londres ou Paris, et qu&#8217;il a fallu bien des combats larvés pour stopper les projets nucléaires des Nazis. C&#8217;est le propos de la série [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-34995" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg" alt="série the Heavy Water War" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Les manuels d&rsquo;Histoire bouclent le chapitre sur la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=seconde+guerre+mondiale" target="_blank" rel="noopener">Seconde Guerre Mondiale</a> avec les explosions atomiques d&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=hiroshima" target="_blank" rel="noopener">Hiroshima</a> et de Nagasaki. Ils oublient de dire que ces explosions auraient pu avoir lieu sur Londres ou Paris, et qu&rsquo;il a fallu bien des combats larvés pour stopper les projets nucléaires des Nazis. C&rsquo;est le propos de la série <i>The Heavy Water War</i> que d&rsquo;évoquer ce fait d&rsquo;armes palpitant.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/M_64eRXTqYs" title="HEAVY WATER WAR - extrait &quot;Opération commando&quot;" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/M_64eRXTqYs?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/M_64eRXTqYs?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2><strong><span style="color: #000000;">Objectif : eau lourde !</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Le nom choisi peut sembler pompeux de prime abord, il est pourtant d&rsquo;une rare justesse puisque l&rsquo;intrigue tourne autour de l&rsquo;eau lourde, nom usité de l&rsquo;oxyde de deutérium, indispensable pour réaliser une bombe A. Avant même le début de la guerre, Hitler investit dans ce domaine, recrutant des scientifiques spécialisés dans ce domaine, en concurrence avec les Français et les anglo-saxons.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">L&rsquo;eau lourde devient une denrée d&rsquo;autant plus convoitée qu&rsquo;elle est produite principalement par une usine norvégienne, Norsk Hydro, annexée par la SS dès l&rsquo;invasion du pays consommée. L&rsquo;objectif des Alliés, soutenus par le contingent de résistants norvégiens venus se réfugier à Londres, va être de détruire cette filière de production. Par tous les moyens.</span></p>
<p>https://www.theartchemists.com/film-armee-crime-hommes-affiche-rouge/</p>
<h2><span style="font-size: 18pt;"><strong><span style="color: #000000;">Une logique de guerre implacable</span></strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">En 6 épisodes rigoureux et accrocheurs, la série créée par Petter S. Rosenlund et réalisée par Per-Olav Sørensen retrace ce long combat. On y oppose l&rsquo;avancée des chercheurs allemands et les efforts renouvelés des Anglais et des Norvégiens pour neutraliser ce danger latent. Une course poursuite donc qui n&rsquo;est pas sans rappeler le trépident <i>L&rsquo;Etoffe des héros</i> dans son principe, <i><a href="https://www.theartchemists.com/les-contes-des-1001-series-band-of-brothers-lenfer-du-pacific/">Band of Brothers</a></i> dans sa narration, <a href="https://www.theartchemists.com/les-contes-des-1001-series-un-village-francais/"><i>Un Village français</i> </a>dans son approche éthique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Simplicité, efficacité, réalisme, chronologie, faits, actions, on reste sur l&rsquo;essentiel, jusque dans les langues qui sont respectées. Les digressions affectives, les intrigues secondaires sont resserrées au maximum pour revenir toujours à cette logique de guerre implacable, l&rsquo;urgence d&rsquo;anéantir un danger planétaire. Quitte à effectuer des choix moralement contestables, pour ne pas dire coupables.</span></p>
<p>https://www.theartchemists.com/anthropoid-de-difficile-obligation-de-resister/</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-size: 12pt;">Diffusée par la chaîne norvégienne <a href="http://www.nrk.no/">NRK</a>, cette saga a connu un véritable succès, mobilisant jusqu&rsquo;à 64 % d&rsquo;audience. Elle est désormais éditée en DVD par <a href="http://www.wildside.fr/">Wild Side</a> et WHV France, l&rsquo;occasion de voir de quoi sont capables les scénaristes, réalisateurs et acteurs norvégiens tout en découvrant un pan dramatiques de leur Histoire, qui s&rsquo;avère être notre Histoire à tous.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Manhattan : histoire chaotique d’un gadget nucléaire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-manhattan-bombe-atomique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jun 2022 10:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=27812</guid>

					<description><![CDATA[<p>The Heavy Water War nous avait entraînés dans la lutte des Alliés contre le programme nucléaire nazi. Avec la série télévisée Manhattan, ce sont les dessous de la bombe atomique que nous explorons, dans le sillage de l’impressionnante équipe scientifique rassemblée en secret par l’armée américaine au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Nous sommes en [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/manhattan-e1477936780966.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-27814" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/manhattan-494x494.jpg" alt="manhattan" width="494" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="https://www.theartchemists.com/the-heavy-water-war-hitler-avait-bombe-a/"><i>The Heavy Water War</i></a> nous avait entraînés dans la lutte des Alliés contre le programme nucléaire nazi. Avec la série télévisée <i>Manhattan</i>, ce sont les dessous de la bombe atomique que nous explorons, dans le sillage de l’impressionnante équipe scientifique rassemblée en secret par l’armée américaine au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Nous sommes en 1943 et l’intrigue forgée par Sam Shaw va suivre pas à pas le travail de ces physiciens hors pairs… et les déboires qu’ils ont à surmonter.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/VotpgP-Pyjs" title="MANHATTAN: Teaser Trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/VotpgP-Pyjs?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/VotpgP-Pyjs?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Liberté de penser vs secret militaire</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ils sont nombreux : omerta absolue sur les travaux à accomplir, fouilles constantes, censure en tous genres, surveillance accrue des communications, l’état-major fait tout et plus encore pour maintenir le mystère. Au sein des familles mêmes, les épouses et les enfants ignorent tout de ce que font ces messieurs, répartis en plusieurs équipes qui se jalousent férocement. C’est qu’à ce stade du projet, on ignore tout ou presque du nucléaire, et il faut se montrer à la fois précis, inventif, débrouillard et visionnaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pas évident, d’autant plus que la bureaucratie s’accommode mal de la liberté de penser de ces créatifs débridés, partagés entre la passion du challenge et la prise de conscience que leur œuvre pourrait signer la fin du monde. Chercheurs avançant à l’aveugle, surveillance de l’armée, familles livrées à elles-mêmes, moyens réduits, les coups de pression ne manquent pas dans cet univers larvé où tout le monde espionne tout le monde. Et pas que les nazis.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/" class="wp-embedded-content" data-secret="v5Ns0zMF1n"><p><a href="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/">Hiroshima, la véritable histoire : un documentaire pour comprendre</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hiroshima, la véritable histoire : un documentaire pour comprendre » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/embed/#?secret=c2PKv0SOPA#?secret=v5Ns0zMF1n" data-secret="v5Ns0zMF1n" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Une course frénétique</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le géant russe de même que les Anglais sont très intéressés par ce « gadget » qu’il conviendra de détenir si l’on veut peser lourd dans le monde à venir. C’est la logique de Guerre Froide qui se dessine lentement, mais sûrement dans les laboratoires de La Colline, entre amourettes sans lendemain, passions homosexuelles, rumeurs et jeux de pouvoir. La délation va bon train et les Américains n’hésitent pas à questionner rudement ceux qui désobéissent, quand ils ne les internent pas carrément dans des camps. Ou s’en débarrassent définitivement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si les personnages façonnés par Shaw sont pour la plupart fictifs (excepté Oppenheimer, leader du projet Manhattan qu’on voit apparaître tout au long des deux saisons), ils n’en demeurent pas moins crédibles et attachants, par leurs doutes, leurs convictions, leur engagement, leurs faiblesses comme leurs forces. Et leur passion devient communicative tandis qu’ils cravachent pour résoudre cette énigme physique de l’atome, qui focalise leurs envies, leurs espoirs. Leur errance aussi tandis qu’ils se font dévorer petit à petit par cette démesure. C’est une course poursuite frénétique que nous suivons donc, où l’espionnage et l’ambition s’invitent régulièrement pour redistribuer les cartes de destins bien fragiles.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/" class="wp-embedded-content" data-secret="Kmxqty6Wse"><p><a href="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/">Chernobyl : massive murder nucléaire</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chernobyl : massive murder nucléaire » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/embed/#?secret=03QyLcp7Bh#?secret=Kmxqty6Wse" data-secret="Kmxqty6Wse" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Beaucoup de questions émergent en lien avec la problématique éthique : comment rester juste et droit quand on affronte un ennemi pareil, sans foi ni loi ? Le peut-on ? Le doit-on ? Comment résister ? Comment agir sans détruire ? Que faire quand on pressent que cette arme épouvantable risque d’entraîner la domination absolue de celui qui la possède sur le reste de l’univers ? La responsabilité des scientifiques est bien sûr engagée, mais comment se montrer juste à l’égal d’un Dieu quand on n’est qu’un homme, aussi génial soit-on ? C’est l’apanage de Manhattan que de souligner ce débat cornélien, en le situant dans son contexte d’origine mais sans l’y enfermer. De quoi donner à réfléchir aux éventuels initiateurs de la bombe de demain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <em>Manhattan</em> en <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener">VoD</a>.</span></p>
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		<title>Les Sorcières de l’Orient : ouvrières le jour, volleyeuses la nuit</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/documentaire-sorcieres-de-lorient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jul 2021 15:49:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui, ce sont de discrètes septuagénaires dégustant des sushi au restaurant, mais en 1960 elles furent le symbole de la résurrection nippone à l’international : Les Sorcières de l’Orient revient sur l’histoire de ces sportives exemplaires, ouvrières le jour, volleyeuses la nuit, qui incarnèrent l’espoir d’un pays renaissant littéralement de ses cendres. Une revanche flagrante [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/1126431_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34043 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/1126431_opt.jpg" alt="affiche du documentaire les sorcières de l'orient" width="450" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/1126431_opt.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/1126431_opt-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/07/1126431_opt-371x494.jpg 371w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, ce sont de discrètes septuagénaires dégustant des sushi au restaurant, mais en 1960 elles furent le symbole de la résurrection nippone à l’international : <i>Les Sorcières de l’Orient</i> revient sur l’histoire de ces sportives exemplaires, ouvrières le jour, volleyeuses la nuit, qui incarnèrent l’espoir d’un pays renaissant littéralement de ses cendres.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Une revanche flagrante</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Superprosant témoignages, films d’archives et extraits de mangas animés, Julien Faraut revient sur la légende des Sorcières de l’Orient. Issues du monde agricole ou ouvrier, ces jeunes filles, sous la conduite d’un entraîneur particulièrement exigeant, enchaînèrent les victoires, mettant à genoux jusqu’à la redoutable équipe soviétique durant la finale des Jeux Olympiques de 1964.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une revanche flagrante pour le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=japon&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Japon</a> qui aurait dû recevoir l’édition 1940 des JO. Grand perdant de la guerre, atomisé à <a href="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/" target="_blank" rel="noopener">Hiroshima</a> et Nagasaki, le pays comptait sur l’occasion pour signifier les changements politiques et économiques à l’œuvre dans cette société très traditionaliste. Ce furent les Sorcières qui imposèrent cette nouvelle image au monde entier.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/np232nnEmvQ" title="LES SORCIÈRES DE L&amp;apos;ORIENT - Bande annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/np232nnEmvQ?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/np232nnEmvQ?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un mythe national</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Leur recette : un travail acharné, des heures et des heures d’entraînement, l’oubli de la douleur et de la fatigue, une discipline quasi-militaire, un mental d’acier, une complicité, une complémentarité de de tous les instants. Et la progressive prise de conscience de leur pouvoir sur le terrain, au fur et à mesure des victoires.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Peut-être aussi leur humilité, leur effacement, leur sens du groupe, l’équilibre entre individualités et mise en commun des potentiels : pas d’égo ingérable dans cette équipe, mais de la constance, de la jugeote. Autant d’atouts que le réalisateur met en évidence pour comprendre comment cette aventure a engendré un mythe national.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-optimistes-volleyball/" rel="bookmark">Les Optimistes : le volleyball fontaine de Jouvence …</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>L’ahurissement de la victoire</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La confrontation entre la réalité de ce parcours et la légende qu’elle a engendrée, alimentée par les reportages, les fictions, est particulièrement pertinente. On s’attache très vite à ces joueuses d’une rare simplicité, encore étonnées de ce qu’elles ont vécu, de ce qu’elles ont représenté pour toute une génération.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La restitution des ultimes minutes du match contre les Russes donne à ressentir une vibration toute particulière, la concentration intense, le désir non de vaincre mais de marquer LE but décisif, l’ahurissement de la victoire dans l’enthousiasme général. Et comprendre soudain qu’ensemble, on a accompli un exploit, un geste unique. C’est peut-être ce qui singularise le plus ce documentaire sensible et juste.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus, consultez le site de UFO-Distribution.</span></p>
<p>https://www.ufo-distribution.com/movie/les-sorcieres-de-lorient-prod/</p>
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		<title>Hiroshima, la véritable histoire : un documentaire pour comprendre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2020 15:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>6 août 1945 : Truman ordonne le largage de la bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima. Little Boy. En quelques secondes, la ville est rayée de la carte, 80 000 de ses habitants réduits à néant. Nous avons tous contemplé les clichés de ces ruines, les photos des survivants irradiés. Ils ornaient nos livres d’Histoire [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/09/Capture-du-2020-09-02-17-38-10.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-32797" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/09/Capture-du-2020-09-02-17-38-10-494x393.png" alt="" width="494" height="393" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/09/Capture-du-2020-09-02-17-38-10-494x393.png 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/09/Capture-du-2020-09-02-17-38-10-288x229.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/09/Capture-du-2020-09-02-17-38-10.png 736w" sizes="(max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">6 août 1945 : Truman ordonne le largage de la bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima. Little Boy. En quelques secondes, la ville est rayée de la carte, 80 000 de ses habitants réduits à néant. Nous avons tous contemplé les clichés de ces ruines, les photos des survivants irradiés. Ils ornaient nos livres d’Histoire à la fin du chapitre Seconde Guerre Mondiale, juste avant la partie « bilan ». Avec comme justification ultime, la volonté de stopper un conflit qui aurait coûté des milliers de vies américaines gâchées à conquérir un territoire farouchement défendu par des soldats kamikazes.</span></p>
<h2 align="justify">Un coup de poker stratégique</h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">75 ans plus tard, on sait combien cet argument est fallacieux. L’avancée des recherches, l’accès aux archives ont permis aux spécialistes de mettre en évidence la propagande actionnée autour de la bombe atomique par l’armée américaine, comment cette dernière va investir les restes d’Hiroshima et Nagasaki pour en faire des zones d’observation scientifiques visant à mesurer l’impact réel de cette arme fabriquée sans véritable recul, un peu comme un coup de poker stratégique. Ce que l’excellent documentaire <i>Hiroshima, la véritable histoire</i> s’ingénie à démontrer, à grand renfort de documents, de témoignages, d’interviews.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/manhattan-histoire-chaotique-dun-gadget-nucleaire/" rel="bookmark">Manhattan : histoire chaotique d’un gadget nucléaire</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Une omerta savamment orchestrée</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Avec son lot de prises de consciences peu amènes : une armée japonaise toute puissante, qui va sciemment sacrifier la population à ses délires guerriers, ses appétits de conquête insensés ; des scientifiques désireux de poursuivre leurs travaux coûte que coûte, un général américain qui va marketer sa bombe atomique comme on le ferait d’un shampoing, une super puissance qui s’installe en force dans ce qui va devenir la guerre froide, avec cet atout effrayant dans la manche comme outil de dissuasion. Le tout sous la chape de plomb d’une omerta savamment orchestrée pour que personne ne mesure les retombées épouvantables de ce bombardement hors du commun.</span></p>
<h2 align="justify">Un test militaire</h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Avec beaucoup de rigueur, la réalisatrice <span style="font-family: Liberation Serif, serif;"><span style="font-size: medium;">Lucy Van beek</span></span> donne à voir les différentes étapes d’une catastrophe d’envergure … et d’un mensonge absolument inacceptable qui vient greffer 140 000 victimes aux millions déjà entassés dans les charniers et les camps d’extermination. Cela aurait pu être évité, les japonais étant en train de négocier leur capitulation quand l’ordre fut donné de raser Hiroshima. Hiroshima qui devient dés lors un véritable test militaire à ciel ouvert, visant à observer en direct live les effets d’une explosion épouvantable, et de la donner à voir médiatiquement au monde. Les USA ne sortent guère grandies de cette enquête qui remet les choses à plat, sans parti pris aucun.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://boutique.arte.tv/detail/hiroshima_veritable_histoire">https://boutique.arte.tv/detail/hiroshima_veritable_histoire</a></p>
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		<title>Game of thrones : la série qu’IL FAUT SPOILER !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2019 12:56:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je me marre déjà en imaginant les milliers de protestations s’élevant à la lecture de ce titre certes provo mais finalement assez approprié … et qui reflète mon vécu de fan sur le tard. Car fan de Game of thrones, je suis devenue et dans des circonstances très particulières, que je m’en vais vous narrer. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/07/56553734_10156491583302734_4975415524436475904_n.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-31898 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/07/56553734_10156491583302734_4975415524436475904_n.jpg" alt="" width="664" height="960" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/07/56553734_10156491583302734_4975415524436475904_n.jpg 664w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/07/56553734_10156491583302734_4975415524436475904_n-199x288.jpg 199w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/07/56553734_10156491583302734_4975415524436475904_n-342x494.jpg 342w" sizes="(max-width: 664px) 100vw, 664px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Je me marre déjà en imaginant les milliers de protestations s’élevant à la lecture de ce titre certes provo mais finalement assez approprié … et qui reflète mon vécu de fan sur le tard. Car fan de <i>Game of thrones</i>, je suis devenue et dans des circonstances très particulières, que je m’en vais vous narrer. GoT n’était pas une nouveauté sur The ARTchemists ; dés 2012, Chris avait flairé le filon, consacrant une <a href="https://www.theartchemists.com/les-contes-des-1001-series-game-of-thrones/">chronique tout à fait juste</a> à la première saison de ce qui allait devenir le succès planétaire que l’on sait. Succès que j’avais laissé de côté pour me concentrer sur d’autres découvertes (c’est un peu notre créneau sur The ARTchemists, quand même) … jusqu’à ce que le phénomène me rattrape dans mon quotidien de prof.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Une lame de fond</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est que la saison 8 en a fait du bruit, notamment parmi mes étudiants chéris qui vibraient à l’annonce particulièrement médiatisée du dernier opus, hurlant au spoil à la moindre remarque. Et c’est là que la perversité intrinsèque du professeur a joué : j’ai donc spoilé TOUS les épisodes de la saison 8 et tant qu’à faire des chapitres précédents (merci Wikipédia), compilant les infos en tout genre pour définir une nouvelle approche pédagogique de gestion du groupe. A chaque tentative de bordelisation de mes classes, je menaçais mon cheptel d’apprenants de révéler la suite de GoT : effet garanti, calme plat immédiat … un bonheur ! Et une source d’inspiration puisque mes loulous commencèrent à disséquer le sujet sous tous les angles, GoT étant un parfait exemple de stratégie marketing particulièrement couillue (pour ceux qui ne le sauraient pas, j’enseigne la comm’ et les techniques rédactionnelles, ceci explique cela).</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et c’est au travers des <a href="http://cominside.fr/game-of-thrones-saison-8-let-the-end-of-communication-begin/">écrits de mes élèves adorés</a> que j’ai saisi l’ampleur du phénomène, qui, de série <em>medieval fantasy</em> qu’elle était à la base, s’est hissée au rang de lame de fond de la culture pop, bouleversant à long terme les codes de production de la série TV et du cinéma, mobilisant des budgets pharaoniques – 80 millions d’euros à la louche pour financer le chapitre ultime – dont chaque seconde dévoile l’usage pertinent, qui dans les effets spéciaux, qui dans les costumes, les décors, les acteurs, la musique … bref du fric très bien placé, dixit un ROI juteux, soit environ un milliard de CA par an lié aux abonnements générés sur HBO et à la vente de licences, à la fabrication de produits dérivés, à la multiplication d’events et d’expos … Pour la faire courte, GoT = beaucoup de sous, beaucoup, beaucoup.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;">Binge watching oblige</span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et une stratégie de communication parfaitement rodée, qui jongle intelligemment avec tous les outils à disposition, teasers, interviews d’acteurs, making of, compte Facebook, site dédié, réseaux sociaux à gogo, affichage, concours, implication des fandoms jusqu’à la nausée, dixit le débat particulièrement hargneux sur la fin de la saison 8, dénoncée par des milliers d’adeptes qui exigèrent qu’on réécrive l’issue des aventures de Jon Snow et compagnie, ce qui a du reste interpellé la profession concernant l’impact inquiétant que peut avoir ce lobby d’un nouveau genre sur la liberté de création des auteurs comme des artistes cf. un <a href="https://www.lesinrocks.com/2019/06/07/cinemas/cinemas/jusquou-tolerer-linfluence-des-fandoms-sur-hollywood/">excellent article des Inrocks</a> qui soulève le problème avec acuité. Bref, tout ça pour dire, qu’à force de lire du GoT, de voir des teasers, des vidéos, d’entendre les gamins en parler … bah j’ai décidé de m’y mettre.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et de binge-watcher. Alors que je connaissais tout de ce qui allait advenir. Et j’ai kiffé, gravement, trop ! 8 saisons boulottées à la régalade sur trois semaines : j’ai respiré, senti, vécu GoT en apnée, deux épisodes par soir, dix le week-end, une bonne moyenne qui s’est transformée en addiction, doublée d’un enthousiasme total, d’une gigantesque claque dans la tronche, et de la prise de conscience de l’universalité du propos. Oui, GoT constitue un véritable mouvement culture pop … et il faut le spoiler et le binge-watcher pour en mesurer toute l’ampleur, tant au niveau narratif qu’au niveau symbolique. Car la saga romanesque de George R. R. Martin adaptée à l’écran par David Benioff et D. B. Weiss fait converger des incontournables de notre civilisation pour accoucher d’une synthèse digne de légende, d’une mythologie universelle que tous peuvent partager pour s’y reconnaître … et aborder notre monde avec une grille de lecture captivante.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;"><b>Mixologie historico-politique </b><b>et tuerie de masse</b></span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Shakespeare, Sénèque, Racine, <i>L</i><i>es </i><i>R</i><i>ois maudits, </i><i>L</i><i>e </i><i>Se</i><i>igneur des anneaux, </i><i>De Nuremberg à Nuremberg, </i>les contes de Grimm, Andersen ou Perrault, l’histoire des Médicis et des Borgia … les sources prestigieuses ne manquent pas qui alimentent ce thème éternel de la prise du pouvoir. Absolu, total, farouchement accaparé, âprement disputé par toutes les familles à l’œuvre dans GoT, dont les animaux totémiques s’affrontent jusque dans le générique à géométrie variable comme un reflet symbolique de ce combat sans merci, la mécanique du destin, la Roue de la Fortune aveugle et despotique. Et une question persistante, obsessionnelle : le pouvoir se transmet-il par les liens du sang ou doit-il faire l’objet d’une élection au mérite ? Que faut-il faire pour le conquérir ? Hegel alors pointe le bout de son nez, qui affirme que rien de grand ne se fait sans passion … mais comment ? Et avec quelles alliances ? Jusqu’à quel point peut-on vendre son âme ? Jouer avec ses principes ? Et tolérer l’intolérable, pire, s’y adonner par la conviction de la vérité, le désir de liberté ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est au cœur de cette <a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-de-lhistoire-a-la-serie-la-somme-de-notre-patrimoine-historique/">mixologie historico-politique</a> de haut vol que s’infiltre la question du fanatisme religieux, auquel Stannis Baratheon ou Cersei Lannister ouvrent la porte, à leurs dépends, ils ne le comprendront que trop tard, et comme pour creuser une dimension supplémentaire dans la démence collective … puis mettre en évidence les mécanismes en place pour générer les tueries de masse. De fait, l’univers particulièrement violent de la série brasse la barbarie de tous les conflits des siècles passés et des temps présents ; les ruines de King’s Landing pourraient très bien être celles de Hambourg bombardée, d’Hiroshima rasée, des villes syriennes démolies … En évoquant les convulsions de notre histoire commune, en confrontant la logique des alliances et de la gestion des pays avec celle de la notion de conquête, GoT interroge le processus de renouvellement d’une société moribonde et corrompue, revisitant la célèbre réplique d’Hamlet : « Il y a quelque chose de pourri dans les 7 royaumes ».</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;"><b>Une </b><b>structure prophétique</b></span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et on le capte très vite, dés les premiers épisodes de la saga. Les signaux faibles sont là, s’intensifiant au fil des 8 saisons pour finir sur le climax des derniers rebondissements, tandis que les prétendants au trône de fer et leurs proches souvent innocents sont balayés, à grand coup de prophéties. J’évoquais précédemment la Roue de la Fortune : cher à Shakespeare et aux auteurs élisabéthains, le thème est ici très puissant, revient en boucle jusque dans les rouages évolutifs du générique, et on ne peut en saisir la portée, la perversité et la cruauté que si on connaît par avance ce qui va se passer. Spoil intensif et binge watching prennent ici leur sens car ils permettent de contempler dans son intensité et sa précision la construction très élaborée de ce jeu des chaises musicales où les perdants sont broyés impitoyablement et de manière spectaculaire.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Du reste, on ne compte plus les articles, les vidéos, les livres décortiquant la série sous tous les angles, historique, esthétique, philosophique même, avec en amorce le désormais rituel «Spoiler alert » … A consulter bien évidemment pour découvrir des détails insoupçonnés, multiplier les points de vue et les analyses, apprécier le nombre de débats engendrés, les questions, l’esprit critique à l’œuvre … et multiplier les possibles développements de l’intrigue … bref réfléchir, faire marcher ses petites cellules grises et décrypter tous ces indices accumulés, pour prendre en considération l’incroyable degré de subtilité d’une écriture scénaristique qui inscrit le terme de la saga dés ses premiers instants, à la manière d’un Shakespeare annonçant l’issue funeste des amants de Vérone dés l’introduction de <i>Romeo </i><i>et </i><i>Juliet</i><i>te</i>.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;"><b>Résilience à gogo</b><b> </b><b>et cannibale </b><b>catharsis</b></span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Binge-watcher la série permet donc de suivre les différents fils d’une intrigue particulièrement tortueuse et de plonger en continu dans une atmosphère kaléïdoscopique. Signaux, indices, révélations sont d’autant plus sensibles qu’ils encadrent le devenir de personnages captivants malgré leurs très nombreux défauts, et vraiment attachants, pour ne pas dire attachiants. Ni blancs ni noirs … des humains bouffés par des problèmes d’humains, avec des ambitions débordantes mais trop peu de compétences pour les assumer, une violence latente qui s’exprime en n’importe quelle occasion (et pour surprendre le pauvre spectateur à la hussarde), et des traumas en pagaille. Capables des pires monstruosités, victimes des plus horribles maltraitances. De véritables générateurs de tragédies dans cette ambiance de guerre mondiale.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autant de réclames pour Boris Cyrulnik et son concept de résilience … sauf que dans GoT, la thérapie de groupe n’est pas de mise : le seul thérapeute de la série finira au bout d’une corde, dans ce contexte de purgation des émotions particulièrement brutal. De fait, la catharsis devient l’un des moteurs des protagonistes, partant de la série … et les acteurs, totalement investis, cannibalisés par leurs personnages, l’ont pour certains payé cher, dixit la rehab de Kit Harrington, les AVC de Emilia Clarke, Sophie Turner en larmes pendant le tournage de la crémation des soldats tués par l’armée des morts durant le siège de Winterfell … comment en sont-ils sortis psychiquement après avoir subi des années de pression affective ? Le visionnage du making of final donne à voir des réactions viscérales à la lecture du dernier scénario, tandis que les décès s’accumulent.</span></p>
<h1 class="western"><span style="color: #000000;"><b>G</b><b>rand huit </b><b>esthético</b><b>-émotionnel</b></span></h1>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On comprend quand on s’est soi-même soumis au visionnage intensif de cette alternance de dialogues, de récits, de rencontres, de séquences de tortures, de meurtres, de sexe, de combats sidérants … en un mot une stratégie du choc à répétition, puisant dans l’esthétique guerrière d’incontournables tels le <i>Macbeth</i> de Polanski, <i>Excalibur </i>de Boorman, <i>Il faut sauver le soldat Ryan</i> de Spielberg ou <i>La Chair et le sang</i> de Verhoeven. Le tout boosté par l’alternance de lieux, de décors, de climats : « winter is coming » sur les terres des Stark peut-être, mais à Dorne ou à High Garden, il fait beau toute l’année … jusqu’à ce qu’une horde de reîtres vienne tout flinguer. Cette contre-danse météorologique à la Tennessee Williams est accentuée par le traitement des couleurs, de la lumière, de la photographie, des cadrages et là-aussi, le spoil permet d’en savourer toutes les nuances.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et de balancer du film d’horreur à la fresque historique en passant par le western ou la romance pour nous raconter cette épopée à la fois héroïque, romantique et politique aux allures de jeu vidéo chiadé. Et les valeurs des Stark comme repère cardinal, humaines par excellence, désastreuses dans le cadre diplomatique. Bref du très très grand art, et un très grand vide existentiel quand arrive le mot « fin » sur votre écran. Car, et c’est la cerise sur le gâteau, toute cette Comédie humaine une fois bouclée, les personnages, les univers, les intrigues vont vous manquer. Cruellement. Comme si vous veniez de quitter votre famille, vos amis. Reste alors à rouvrir le chapitre 1 de la saga, pour replonger. Détailler, apprécier, trembler, vivre chaque seconde de ce grand huit esthético-émotionnel, s’en plaindre, le refaçonner, le réinventer … en attendant une suite éventuelle qui prendra le visage d’un préquel phénoménal. Mais ça, c’est une autre histoire.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Merci à mes étudiants, notamment Morgane Vacher et Léa Mondoloni, qui m&rsquo;ont mise sur la voie &#8230;<span lang="fr-FR">« </span><span lang="fr-FR">Valar morghulis !»</span></span></p>
<p align="justify"><b><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span> </b></p>
<p align="justify"><a href="https://www.hbo.com/game-of-thrones">https://www.hbo.com/game-of-thrones</a></p>
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		<title>Art brut japonais II : un catalogue après les cendres …</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/art-brut-japonais-ii-un-catalogue-apres-les-cendres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Mar 2019 12:14:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A la Halle Saint Pierre, les expositions passent, les catalogues demeurent. Seuls témoignages de 10 mois de manifestation, réceptacles synthétisant la puissance des œuvres présentées, des artistes convoqués, sommes de ce qui fait l’essence d’un art par définition indéfinissable car connecté aux forces psychiques d’individus en quête d’expression. Avec Art brut japonais II, un nouveau [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/03/couverture-catalogue-art-brut-japonais.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-31561" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/03/couverture-catalogue-art-brut-japonais-417x494.png" alt="" width="417" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/03/couverture-catalogue-art-brut-japonais-417x494.png 417w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/03/couverture-catalogue-art-brut-japonais-243x288.png 243w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/03/couverture-catalogue-art-brut-japonais.png 748w" sizes="(max-width: 417px) 100vw, 417px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">A la Halle Saint Pierre, les expositions passent, les catalogues demeurent. Seuls témoignages de 10 mois de manifestation, réceptacles synthétisant la puissance des œuvres présentées, des artistes convoqués, sommes de ce qui fait l’essence d’un art par définition indéfinissable car connecté aux forces psychiques d’individus en quête d’expression.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Avec <i>Art brut japonais II</i>, un nouveau défi de publication donc, qui complète celui de 2010, première exposition consacré aux artistes bruts nippons. Huit ans plus tard, une nouvelle focale s’imposait, sur un univers d’autant plus prolixe qu’il opère dans des conditions particulières. Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre, précise en effet en introduction de l’ouvrage : « <i>Il était donc nécessaire pour les Japonais que la reconnaissance et la diffusion de l’art brut soit accompagnée d’une réflexion et de pratiques visant à protéger le plus longtemps possible les créateurs et leur famille ainsi que les ateliers et les institutions les accueillant. Cette spécificité de l’art brut japonais a renouvelé le questionnement de l’art brut sur ses sources, ses frontières et ses créateurs</i> ».</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ainsi la fièvre du marché de l’art brut n’a pas encore frappé de plein fouet l’archipel, qui tant bien que mal, cherche à protéger ces créateurs à part, une cinquantaine environ pour cette seconde manifestation visant à saisir la manière dont chacun, à sa manière et à son rythme, invente « sa mythologie » et se réconcilie avec le monde en étayant le sien. Tissant leurs œuvres avec leurs souffrances de chair et d’âme, ces individualités ont besoin d’être préservées. Surtout dans un univers aussi foisonnant. Le Japon connecte traditions et modernité avec un brio sans égal, superpose les audaces technologiques et les croyances ancestrales, tâche de composer avec un passé omniprésent, vit les contraintes de l’urbanisation via l’ombre des morts … les sources d’inspiration et de déséquilibre y sont nombreuses.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bûto, mangas, vampyrisme, idols, kabuki, love dolls, le pays où le yami kawaii règne en maître sur les décombres du mal-être sociétal pour distancer burn-out et suicides en série ne peut que vénérer d’un œil à la fois respectueux et craintif les artistes qui dépeignent leur folie en reflétant celle de leurs contemporains pourtant sains d’esprit … Et le catalogue de l’exposition, en confrontant les créations de chacun avec son parcours donne à voir ce phénomène, à le sentir sans l’enfermer dans la pauvreté d’une analyse scientifique dénuée de lap lus élémentaire empathie. Le chapeau au poisson rouge d’Eijiro Miyama, les paravents somptueux de Marie Suzuki, les céramiques multi-animalières de Hiroshi Fukao, les villes connectées de Shogo Harazuka …</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Rêve, cauchemar … On demeure confondu par l’inventivité, la variété de ces regards si pertinents dans leur démesure. Et la restitution des illustrations permet de capter les détails qui contribuent à cet effet de sidération, le travail de miniaturisation absolument incroyable qui revient en boucle chez plusieurs créateurs, le sens des couleurs ou du noir et blanc, l’effet de mouvement … et la mémoire. Ainsi Yukio Karaki a vécu Hiroshima, et ces images d’horreur ne l’ont jamais quitté. Il était enfant, mais c’est à l’âge adulte qu’il a commencé à dessiner ces souvenirs, pour que personne n’oublie jamais. Ses peintures à l’huile, faussement naïves, trahissent la brutalité de l’explosion, la crudité des corps brûlés, amoncelés, dans des tonalités particulièrement saisissantes … </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"> Nous ne passerons pas en revue l’ensemble de ce catalogue particulièrement précis. Nous vous en laissons la primeur … et le plaisir. Vous apprécierez très probablement la sobriété des textes (le fruit du travail commun de Martine Lusardy et Mizué Kobayashi), aussi minutieux que synthétiques, allant à l’essentiel en des termes aussi pointus que forts. Une parfaite synthèse de la technique employée, du vécu qui a légitimé ces œuvres et des émotions qu’elles véhiculent. Les photographies présentent les œuvres dans leur ensemble avant d’en sublimer les détails, un effet essentiel pour décrypter le défi que représente l’art brut. En cela cette publication comme les précédentes restitue une approche intelligente car appropriée à cet univers pourtant délicat à cerner.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous comprendrez ainsi le caractère essentiel du catalogue d’exposition, qui creuse, met à plat, offre le recul nécessaire après le premier impact de la rencontre directe avec des œuvres souvent traumatiques. L’occasion également pour ceux qui n’ont pu visiter l’exposition d’en conserver un compte rendu fourni qui peut s’ajouter à une collection déjà très complète. </span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><strong><b>Et plus si affinités</b></strong></span></p>
<p align="justify"><strong><a href="http://www.hallesaintpierre.org/librairie/catalogues-dexpositions/">http://www.hallesaintpierre.org/librairie/catalogues-dexpositions/</a></strong></p>
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