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	<title>famille royale</title>
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	<description>Bienvenue en zone culturelle libre</description>
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		<title>Jardins &#038; contre-culture : de Versailles symbole de pouvoir aux jardins sauvages comme acte politique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/jardins-contre-culture-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2026 16:57:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est pas de territoire plus chargé politiquement que le jardin. Ce que l&rsquo;on plante, où l&rsquo;on plante, comment on laisse pousser ou l&rsquo;on taille : chacun de ces gestes porte une vision du monde, un rapport à l&rsquo;autorité, une conception de ce que la nature doit être et de ce que l&rsquo;homme est en droit de lui imposer. De Le Nôtre dessinant les broderies végétales de Versailles à la gloire de Louis XIV à Derek Jarman semant des galets et des herbes folles sur les plages du Kent quelques années avant sa mort, le jardin a toujours été un espace où se joue, sous couvert de botanique, une lutte fondamentale : qui décide de ce qui doit pousser, et pour qui ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Versailles ou la nature soumise : le jardin comme manifeste absolutiste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce que le jardin peut signifier comme acte de résistance, il faut d&rsquo;abord comprendre ce qu&rsquo;il peut signifier comme acte de domination. Versailles est, à cet égard, un cas d&rsquo;école d&rsquo;une limpidité absolue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Le_N%C3%B4tre">André Le Nôtre</a> commence les grands travaux des jardins de Versailles en 1661, à la demande de Louis XIV qui souhaite transformer le modeste pavillon de chasse de son père en la résidence royale la plus fastueuse d&rsquo;Europe. Ce que Le Nôtre conçoit n&rsquo;est pas un jardin au sens ordinaire du terme : c&rsquo;est une démonstration géométrique. Les allées rayonnent depuis le château selon une perspective centrale qui écrase la nature sous la logique du regard royal. Les ifs sont taillés en cônes, les buis en figures, les arbres en murs végétaux. Rien ne dépasse, rien ne déborde, rien n&rsquo;ose la digression. La nature, ici, obéit, constituant des salons à ciel ouvert qui complètent ceux du château.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;historien de l&rsquo;art <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Conan">Michel Conan</a>, dans ses travaux sur l&rsquo;histoire des jardins européens, a montré comment le jardin à la française du XVIIe siècle fonctionnait comme une projection spatiale de la théorie politique absolutiste : la raison souveraine ordonne le monde naturel comme le roi ordonne ses sujets. Les visiteurs qui déambulaient dans les allées de Versailles ne se promenaient pas : ils étaient mis en scène dans un décor qui leur enseignait, à chaque pas, la supériorité de l&rsquo;ordre sur le désordre, de la volonté humaine sur la croissance spontanée, du centre sur la périphérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision va se diffuser dans toute l&rsquo;Europe aristocratique du XVIIe siècle finissant pour devenir, très littéralement, un modèle d&rsquo;exportation du pouvoir français. Planter un jardin à la française dans un palais étranger, c&rsquo;est se placer dans la filiation symbolique de Louis XIV. La nature taillée est une langue diplomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin anglais ou la première dissidence végétale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction ne tarde pas. Dès le début du XVIIIe siècle, en Angleterre, une contre-esthétique émerge qui va constituer la première grande dissidence dans l&rsquo;histoire politique du jardin. Le jardin dit à l&rsquo;anglaise — ou jardin paysager — refuse explicitement la symétrie française. Les allées se courbent, les plans d&rsquo;eau imitent les lacs naturels, les arbres sont laissés à leur forme propre, les vues sont ménagées pour simuler la découverte spontanée plutôt que la perspective calculée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Kent">William Kent</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Capability_Brown">Capability Brown</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Humphry_Repton">Humphry Repton</a> sont les grands architectes de cette révolution végétale. Ils ne construisent pas seulement une préférence esthétique mais une argumentation politique. Le philosophe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Ashley-Cooper_(3e_comte_de_Shaftesbury)">Anthony Ashley Cooper</a>, troisième comte de Shaftesbury, avait théorisé dès 1709 dans ses <em>Characteristicks of Men, Manners, Opinions, Times</em>, que la nature non contrainte était moralement supérieure à la nature domestiquée — un argument qui, transposé en termes politiques, revenait à dire que la liberté naturelle valait mieux que l&rsquo;absolutisme ordonné.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexander_Pope">Alexander Pope</a>, dans son <em>Épître à Burlington</em> (1731), formule le premier manifeste du jardin comme acte politique : il raille les jardins à la française, leurs axes interminables, leur prétention à corriger la nature, et plaide pour un art du jardin qui « consulte le génie du lieu ». L&rsquo;expression <em>genius loci</em> va faire fortune. Elle signifie que chaque espace a une vocation propre que l&rsquo;architecte doit révéler plutôt qu&rsquo;écraser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les jardins ouvriers : nourrir sa famille, résister à l&rsquo;ordre industriel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au XIXe siècle, la question du jardin glisse des demeures aristocratiques vers les faubourgs industriels, et sa dimension politique s&rsquo;en trouve radicalement transformée. Les jardins ouvriers — que l&rsquo;on appelle aussi jardins familiaux, et que les Britanniques nomment allotments — naissent dans le contexte de la révolution industrielle et de l&rsquo;exode rural massif qui jette des populations paysannes dans des villes qui n&rsquo;ont ni espace ni verdure à leur offrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules-Auguste_Lemire">abbé Lemire</a>, curé d&rsquo;Hazebrouck dans le Nord, fonde en 1896 la Ligue française du coin de terre et du foyer, qui va essaimer des centaines de jardins ouvriers dans les banlieues industrielles. L&rsquo;intention de l&rsquo;abbé Lemire est explicitement sociale et politique : il s&rsquo;agit de donner aux familles ouvrières un espace de dignité, d&rsquo;autonomie alimentaire partielle, et — argument qu&rsquo;il répète inlassablement — d&rsquo;éloignement des cabarets. Le jardin, chez Lemire, est un instrument de moralisation autant que de subsistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les jardiniers ouvriers eux-mêmes vont rapidement subvertir cette rhétorique paternaliste. Dans les jardins des corons du Nord, des banlieues lyonnaises ou des faubourgs parisiens, se développe une culture populaire de l&rsquo;autosuffisance qui contient, en germe, une critique du salariat et de la dépendance économique. Cultiver ses propres légumes, c&rsquo;est ne pas avoir entièrement besoin de l&#8217;employeur pour se nourrir. C&rsquo;est un geste d&rsquo;indépendance minuscule et concret, répété des millions de fois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension est aujourd&rsquo;hui bien documentée par les historiens. L&rsquo;ouvrage collectif <em>Les Jardins ouvriers en France, des origines à nos jours</em>, coordonné par Jean-Paul Thibault, montre comment ces espaces ont constitué, tout au long du XXe siècle, des lieux de sociabilité ouvrière soustraits au contrôle de l&#8217;employeur et de l&rsquo;État : on s&rsquo;y retrouvait, on y discutait politique, on y organisait parfois des solidarités informelles que les structures syndicales officielles ne couvraient pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Derek Jarman à Dungeness : le jardin comme testament</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de penser à un acte de jardinage plus radicalement politique que celui de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Derek_Jarman">Derek Jarman</a> à Dungeness, sur la côte du Kent, dans les années 1986 à 1994. Jarman, cinéaste britannique d&rsquo;avant-garde — à qui l&rsquo;on doit <em>Sebastiane</em> (1976), <em>Jubilee</em> (1978) et <em>Caravaggio</em> (1986) —, apprend en 1986 qu&rsquo;il est séropositif. Il achète Prospect Cottage, une ancienne cabane de pêcheur peinte en noir, construite face à la centrale nucléaire de Dungeness, sur un paysage de galets et de vent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu&rsquo;il va créer autour de cette cabane dans les huit années qui lui restent à vivre est un jardin d&rsquo;une nature absolument inédite. Pas de terre : les galets de la plage, le sable, les fragments de métal et de verre polis par la mer. Pas de clôture : le jardin se confond avec le paysage environnant. Des plantes choisies pour leur capacité à survivre sans irrigation dans un sol quasiment inexistant — coquelicots, fenouil, valérianes, chardons maritimes. Des sculptures bricolées avec des galets percés, des crochets de pêche, des bois flottants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jarman documente ce travail dans son journal <em>Modern Nature</em>, publié en 1992 par Century Press. Ce livre — à la fois journal intime, méditation sur la maladie et le corps, traité de botanique amateur et manifeste esthétique — est l&rsquo;un des documents les plus bouleversants de la culture britannique des années sida. Le jardin de Dungeness y apparaît explicitement comme un acte de résistance : à la mort qui approche, certes, mais aussi aux politiques de Margaret Thatcher (que Jarman abhorre), à la criminalisation de l&rsquo;homosexualité que la Section 28 de 1988 réactualise, à l&rsquo;idée même qu&rsquo;un homme mourant n&rsquo;aurait rien à créer, rien à planter, rien à laisser pousser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prospect Cottage et son jardin existent toujours. En 2020, une campagne de financement participatif menée par l&rsquo;Art Fund a permis de réunir trois millions et demi de livres sterling pour racheter la propriété et en assurer la préservation. Des milliers de personnes ont contribué : la dimension politique du geste de Jarman n&rsquo;a pas vieilli d&rsquo;une saison.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les squats verts urbains : jardiner comme occupation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début des années 2000, une nouvelle forme de jardin politique est apparue dans les villes européennes et nord-américaines : le jardin partagé sur terrain occupé, ou squat vert. Ces espaces, qui occupent des friches industrielles, des parkings abandonnés, des terrains vagues en attente de promotion immobilière, constituent l&rsquo;une des formes les plus directes de résistance à la spéculation foncière urbaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas le plus célèbre et le plus documenté est celui du community garden de <a href="https://planlibre.eu/la-green-guerilla-un-jardin-contestataire/">Liz Christy</a>, créé en 1973 dans le quartier de Houston Street à Manhattan, sur un terrain vague appartenant à la ville de New York. Christy et son collectif, les Green Guerrillas, commencent par lancer des seed bombs — des boules d&rsquo;argile contenant des graines de fleurs — par-dessus les grillages des terrains abandonnés, avant d&rsquo;occuper physiquement le terrain de Houston Street pour y planter des légumes et des arbres fruitiers. Sous la pression du mouvement, la ville de New York finit par concéder des baux à des dizaines de community gardens dans les années 1970 et 1980. Le mouvement des guerrilla gardeners était né.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le mouvement des incroyables comestibles — traduction de l&rsquo;initiative britannique Incredible Edible lancée à Todmorden dans le Yorkshire en 2008 par Pamela Warhurst et Mary Clear — propose de planter des légumes et des herbes aromatiques dans tous les espaces publics disponibles : bords de trottoirs, pieds d&rsquo;arbres, jardinières de mairie, rebords de fenêtres. L&rsquo;idée centrale est aussi simple que subversive : rendre la nourriture gratuite et accessible à tous, désobéir au partage dominant entre espace public (décoratif) et espace privé (productif).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives rejoignent, sur un autre plan, les réflexions de l&rsquo;écrivain et militant américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Pollan">Michael Pollan</a>, dont le livre <em>The Botany of Desire</em> (2001, traduit en français sous le titre <em>La Botanique du désir</em>) explore les relations de pouvoir et de co-évolution entre les plantes et les humains. Pollan y soutient que jardiner n&rsquo;est jamais un acte neutre : c&rsquo;est toujours choisir quelles formes de vie on favorise, quelles autres on combat, quelle conception du monde on inscrit dans la terre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin aujourd&rsquo;hui : entre injonction au bien-être et radicalité retrouvée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait naïf de ne pas noter la tension qui traverse le jardin contemporain. D&rsquo;un côté, une esthétisation généralisée du végétal urbain — les murs végétaux des façades de bureaux, les toits-terrasses aménagés des immeubles de bureaux, les jardins partagés labellisés par les mairies comme outils de cohésion sociale — qui récupère le lexique de la résistance pour en faire un argument marketing. Le jardin sauvage est devenu une tendance de décoration intérieure. Derek Jarman est exposé dans les musées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre, des pratiques qui maintiennent, envers et contre tout, la charge politique originelle du geste. Les ZAD — Zones à Défendre, comme celle de Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, dont l&rsquo;occupation durait depuis 2009 avant l&rsquo;abandon du projet d&rsquo;aéroport en 2018 — ont produit des formes de jardinage collectif et expérimental qui constituent un chapitre à part entière dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;agriculture politique. On y a cultivé des légumes anciens, expérimenté des techniques de permaculture, organisé des semenceries collectives : autant de gestes qui affirmaient la possibilité d&rsquo;un autre rapport à la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, des artistes comme l&rsquo;Américain <a href="https://www.instagram.com/theastergates/">Theaster Gates</a>, avec ses interventions dans les quartiers abandonnés de Chicago, ou le collectif britannique <a href="https://assemblestudio.co.uk/">Assemble</a> — Prix Turner 2015 — travaillent à la jonction du jardinage, de l&rsquo;architecture participative et de la politique du quotidien. Ce qu&rsquo;ils ont en commun avec l&rsquo;abbé Lemire, avec les Green Guerrillas et avec Derek Jarman plantant ses chardons sur les galets de Dungeness, c&rsquo;est la conviction que l&rsquo;espace où quelque chose pousse est un espace où quelque chose se décide. Que le jardin, depuis toujours, est une façon de dire : ici, c&rsquo;est nous qui choisissons.</p>
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		<title>Mobland : « power is a hungry thing »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-mobland/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Sep 2025 09:41:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Mobland</em>&nbsp;: rien que le casting de la série est jubilatoire. Tom Hardy, Helen Mirren, Pierce Brosnan, Paddy Considine, Joanne Froggatt, Mandeep Dhillon, Lara Pulver, Geoff Bell, Janet McTeer, Toby Jones, Anson Boon, Alex Jennings et j’arrête là vu la longueur de liste qui n’affecte en rien la qualité d’acteurs de haut vol menés bielle en tête par Ronan Bennet avec à la prod un certain Guy Ritchie. Autant dire que <em>Mobland</em> rien que par son affiche met la barre haut. Et la série est au rendez-vous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/ykMMkvOJFoo?si=LMHdmtngTJILddG-" title="MobLand | Bande-annonce VOSTFR - Paramount+" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ykMMkvOJFoo?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ykMMkvOJFoo?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Quand le pouvoir se fissure</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un petit pitch&nbsp;: le clan Harrigan règne en maître sur la pègre londonienne depuis des années. Mais comme toute famille régnante, il arrive un moment où le pouvoir se fissure. <em>Mobland </em>évoque ce craquellement aux allures de bombardement atomique. Car le clan Harrigan a construit son empire sur la violence, le sang, la terreur et la folie. «&nbsp;Power is a hungry thing&nbsp;» est le moto du patriarche, et cela reflète la mentalité à l’oeuvre dans cette parentèle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le dire clairement, ils sont tous ou complètement dingues tendance psychopathe (les grands parents et le petit dernier) ou très abîmés psychiquement (tous les autres, pièces rapportées y compris). Forcément, quand le fils du clan rival, les Bell pour ne pas les nommer, est retrouvé en petits morceaux, la guerre éclate, féroce, le pouvoir est contesté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu de ce joyeux et très saignant bordel, Harry Da Souza, l’homme à tout faire des Harrigan, tente de tempérer les choses. Compliqué vu qu’en plus de gérer les coups de folie des membres de cette meute (et leurs très nombreuses trahisons), Harry doit essayer de sauver son couple, sa vie de famille. Pas évident évident&nbsp;: quand on bosse pour les Harrigan, on n’a pas de vie perso, elle est forcément bouffée par les errements de cette bande de fous sanguinaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là que se pose la question&nbsp;: pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;? Par loyauté viscérale&nbsp;? Par sens des responsabilités (il faut bien quelqu’un pour canaliser ces fauves et il est visiblement le seul à y parvenir)&nbsp;? Par goût du fric (le job est dangereux mais il paie)&nbsp;? Ou y a-t-il autre chose&nbsp;? Lien caché, stratégie de l’ombre, tout le monde s’interroge, les Harrigan en premier. Car Harry est courtisé par les autres gangs, ses talents, sont précieux, sa retenue et son efficacité appréciées, sa perspicacité et sa diplomatie respectée. Alors pourquoi&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragédie royale et thérapie familiale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question s’infiltre partout dans une intrigue à rebondissements multiples particulièrement violents, propres à l’univers tissé par Ritchie depuis son premier film <em>Crimes, arnaques et botanique</em>. Sauf qu’ici, l’humour cède le pas à la tragédie royale façon Shakespeare, à la thérapie familiale en mode Ari Aster. Imaginez le mélange pour le moins explosif qui en résulte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur fond de règlements de compte entre clans mafieux, Ronan Bennet autopsie les rouages grippés d’une famille rongée par les non-dits, les secrets. Imaginez <em>Secrets and lies</em> de Mike Leigh mais avec des lames de rasoir, des armes d’assaut et des tronçonneuses. Le tout pulsé par une bande-son de dingue, un générique d’anthologie scandé par le magnifique et très retors «&nbsp;Starbuster&nbsp;» de Fontaine D.C. (rarement une chanson n’a autant collé au sujet d’une fiction, lui intimant une signature mélodique propre).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà. Arrêtez de me lire, regardez <em>Mobland</em>, savourez la jouissance des acteurs qui s’éclatent dans ce jeu de massacre, c’est juste palpable. Profitez de cet OVNI qui bousille les genres, et priez très fort qu’on n’annule pas la seconde saison.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>La Scandaleuse Duchesse de Windsor : Bonnie and Clyde à la royale ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-scandaleuse-duchesse-windsor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Aug 2022 03:05:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ah ! Édouard et sa Wallis !!! Voici une histoire d’amour qui en a fait couler, de l’encre ! Et passionné les foules, fasciné les journaux ! Profondément emmerdé la monarchie britannique, également, qui aurait pu y rester. C’est que derrière l’image glamour d’une relation interdite, vécue malgré tout au prix de la couronne, se dessine un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/05/9782709625487-T.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30695" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/05/9782709625487-T.jpg" alt="" width="313" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/05/9782709625487-T.jpg 313w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/05/9782709625487-T-188x288.jpg 188w" sizes="(max-width: 313px) 100vw, 313px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ah ! Édouard et sa Wallis !!! Voici une histoire d’amour qui en a fait couler, de l’encre ! Et passionné les foules, fasciné les journaux ! Profondément emmerdé la monarchie britannique, également, qui aurait pu y rester. C’est que derrière l’image glamour d’une relation interdite, vécue malgré tout au prix de la couronne, se dessine un paysage beaucoup plus sombre où transparaissent l’alliance avec le nazisme, le sens de la perversion et le goût de l’argent. Conscient de cette ambivalence pour le moins problématique, Charles Higham a construit <a href="https://www.cultura.com/?ae=2026&amp;utm_source=theARTchemists&amp;utm_medium=affiliation&amp;utm_campaign=affinitaire" target="_blank" rel="noopener"><em>La Scandaleuse Duchesse de Windsor</em></a> dans l’objectif de confronter le glamour et le sordide.</span></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Entre romance, perversion et espionnage</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Avec succès et une plume résolument accrocheuse, qui dresse au travers de cette biographie une atmosphère entre romance, perversion et espionnage. Car Wallis Simpson n’avait rien d’une sainte. Bâtarde issue d’une riche famille bourgeoise de Baltimore, elle naquit dans une période où la seule solution d’émancipation offerte aux femmes était le mariage. Ambitieuse, doté d’un caractère impérieux, avide de bijoux, elle éclusera deux maris avant de faire succomber le futur roi d’Angleterre qui très vite ne pourra plus se passer de l’américaine.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Manque de chance, la dame est roturière, a multiplié les liaisons, un divorce et des amitiés contestables à l’heure où le fascisme étend sa toile sur l’Europe. On parle même d’un stage de formation dans les bordels chinois où son premier mari l’aurait placée pour qu’elle apprenne certaines techniques sexuelles relevant de la domination, et d’un penchant très vif pour l’espionnage, les informations importantes passant à portée de ses oreilles se retrouvant divulguées comme par magie dans le camp adverse. Bref, ce n&rsquo;est guère un parti envisageable pour un roi.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/livre-extravagantes-soeurs-mitford/" class="wp-embedded-content" data-secret="RXTnT6WfUX"><p><a href="https://www.theartchemists.com/livre-extravagantes-soeurs-mitford/">Ces Extravagantes soeurs Mitford : six femmes face à l’Histoire</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ces Extravagantes soeurs Mitford : six femmes face à l’Histoire » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/livre-extravagantes-soeurs-mitford/embed/#?secret=YckqHvqiaW#?secret=RXTnT6WfUX" data-secret="RXTnT6WfUX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Une futilité dépravée, irresponsable, parfois criminelle</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autant dire que quand elle commence à nager à proximité du prince héritier de la couronne, les services secrets britanniques mettent ce beau squale sous haute surveillance, et les dossiers à charge de se remplir de preuves que l’auteur cite avec précision et jubilation. Étudier la vie de Wallis Simpson est une aubaine, pour qui veut pénétrer les arcanes de l’aristocratie anglaise à l’aube de la deuxième guerre mondiale, saisir son engouement pour le fascisme comme dernier rempart au communisme, quitte à trahir son pays, une stratégie appuyée de la négociation et de la paix, peu importe le prix à payer. Wallis et son prince charmant n’étaient pas les seuls à flirter avec Mussolini et Hitler, une bonne partie de la jet set européenne leur emboîtait le pas, sans vergogne.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On découvre l’ampleur de la contagion au fil des pages de ce récit prenant, où par ailleurs la futilité dépravée, parfois criminelle, de cet univers saute aux yeux. Son irresponsabilité également. On sait comment Édouard abdiquera, préférant sa maîtresse à son trône, ce qui lui vaudra l’admiration d’un public transi par cette passion romantique. On sait moins qu’il a fallu ensuite encadrer le duc de Windsor et son épouse, que les nazis auraient bien vu à la tête d’Albion, une fois la terre de Shakespeare annexée. Les trois quarts de la biographie retracent donc les complots et les extravagances de ces Bonnie et Clyde à la royale, agitateurs de salon, qui perdent toute trace d’intérêt une fois le conflit terminé.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les derniers chapitres évoquent une chute progressive, la semi-réconciliation avec le clan royal qui jamais ne qualifiera Wallis d&rsquo; « altesse royale », l’ennui des soirées parisiennes, la déchéance physique, la mort… reste la postérité, mi-figue mi-raisin, le sentiment amer qu’Édouard et sa Wallis ont gâché pas mal de choses, se sont conduits comme des fantoches, les derniers représentants d’une classe sociale moribonde, … et cette fresque haletante où les flonflons d’une fête perpétuelle voisinent avec le chaos.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Marie-Antoinette par Sofia Coppola : un biopic onirique entre dentelles, macarons et frustrations</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-marie-antoinette-sofia-coppola/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jul 2022 11:40:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les chroniques consacrées à la Révolution française en général et à Marie-Antoinette en particulier ne manquent guère sur The ARTchemists. C’est qu’on ne manque ni de livres ni de films sur ces deux sujets entremêlés. Mais nous n’avions pas inscrit le Marie-Antoinette de Sofia Coppola au palmarès. Profitons de cet été pour y remédier, car, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/uli383zvk1dgh3ypdnsglzqaerp-0361.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-34881" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/uli383zvk1dgh3ypdnsglzqaerp-0361.jpg" alt="affiche du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola" width="400" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/uli383zvk1dgh3ypdnsglzqaerp-0361.jpg 400w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/uli383zvk1dgh3ypdnsglzqaerp-0361-192x288.jpg 192w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/07/uli383zvk1dgh3ypdnsglzqaerp-0361-329x494.jpg 329w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les chroniques consacrées à la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=r%C3%A9volution+fran%C3%A7aise" target="_blank" rel="noopener">Révolution française</a> en général et à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=marie-antoinette" target="_blank" rel="noopener">Marie-Antoinette</a> en particulier ne manquent guère sur The ARTchemists. C’est qu’on ne manque ni de livres ni de films sur ces deux sujets entremêlés. Mais nous n’avions pas inscrit le <i>Marie-Antoinette</i> de Sofia Coppola au palmarès. Profitons de cet été pour y remédier, car, qu’on l’apprécie ou pas, cette lecture un brin fantaisiste est en passe de devenir culte.</span></p>
<div id="blogvision"><iframe style="width: 640px; height: 360px;" src="https://player.allocine.fr/18603777.html">    </iframe></div>
<h2><span style="color: #000000;"><b>Une héroïne immature et frustrée</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le biopic ici déroulé se concentre sur les vingt ans que vécut Marie-Antoinette à la Cour de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Versailles" target="_blank" rel="noopener">Versailles</a>, depuis son arrivée en 1770 afin d’épouser le Dauphin Louis, futur Louis XVI, jusqu’à son départ forcé, quand toute la famille royale fut emmenée à Paris par la foule en colère au terme des journées d’émeute d’octobre 1789. Entre ces dates, deux décennies où l’adolescente, isolée dans un milieu hostile et décadent, tente de prendre ses marques comme épouse, mère et reine. Cela n’ira pas sans peine, et la jeune souveraine devra endurer bien des frustrations et des humiliations, sans jamais trouver le respect ni la quiétude.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On a souvent dit que cette version était très/trop librement inspirée de la vérité historique. Certes, la réalisatrice met en exergue la légèreté d’une héroïne immature qui s’enferme dans une bulle dorée de fêtes somptueuses et de folles dépenses pour compenser le désastre de son couple et les contraintes de l’étiquette. Costumes superbes, décors d’époque (le tournage a investi le château de Versailles, ainsi que d’autres sites représentatifs de la splendeur architecturale de l’époque dont, Vaux le Victomte, Dampierre ou l’hôtel de Soubise), accessoires typiques de l’<a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-invention-luxe-a-la-francaise/" target="_blank" rel="noopener">art de vivre à la française</a> au temps des Lumières, l’esthétique du film en a conquis plus d’un.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-marie-antoinette/" class="wp-embedded-content" data-secret="8wQt2dd7gQ"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-marie-antoinette/">Marie-Antoinette : un conte de fées à rebours</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Marie-Antoinette : un conte de fées à rebours » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-marie-antoinette/embed/#?secret=IsNB966eVc#?secret=8wQt2dd7gQ" data-secret="8wQt2dd7gQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Fashion victime assumée</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On n’oubliera pas de sitôt les montagnes de pâtisseries aux couleurs éclatantes que Marie-Antoinette et ses favorites dévorent à belles dents en admirant bijoux précieux, éventails fins, étoffes de prix, broderies extraordinaires, chapeaux extravagants, chaussures excentriques… au milieu desquelles se glisse la paire de baskets de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sofia+coppola" target="_blank" rel="noopener">Sofia Coppola</a>. Une manière de faire le trait d’union entre ces jetsetteurs richissimes et frivoles du XVIIIeme siècle et les jeunes fashion victimes ultra connectées, qui ne jurent que par les grands couturiers et les marques de luxe. On a d’ailleurs reproché au film d’être une sorte de catwalk digne d’un <i>Vogue</i> de jadis, un défilé scandé par Haendel, The Cure et Bow Wow Wow.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est oublier un peu vite que Marie-Antoinette fut une fashionista assumée avant l’heure, avec <a href="https://www.theartchemists.com/livre-rose-bertin-couturiere-marie-antoinette/" target="_blank" rel="noopener">Rose Bertin</a> comme styliste attitrée, Léonard comme coiffeur, et qu’elle a apporté un vent de fraîcheur dans un univers ô combien sclérosé… les allusions à son goût pour le théâtre et l’opéra, son besoin de rompre avec les lourdeurs de sa charge, sa grossesse tardive, tout cela est exact, ainsi que cet enfermement mental dans un Versailles onirique où l’aristocratie se décompose, coupée de la réalité d’un royaume en faillite. Si les séquences d’amour avec Fersen sont totalement inventées, le penchant de la reine pour le beau Suédois est effectivement avéré, de même les pamphlets qui l’accusaient des pires orgies.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/adieux-reine-roman-film/" class="wp-embedded-content" data-secret="MVJiGbqJD3"><p><a href="https://www.theartchemists.com/adieux-reine-roman-film/">Les Adieux à la reine : du roman au film, l&rsquo;effondrement d&rsquo;un monde</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Adieux à la reine : du roman au film, l’effondrement d’un monde » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/adieux-reine-roman-film/embed/#?secret=v3HqMxuNVo#?secret=MVJiGbqJD3" data-secret="MVJiGbqJD3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Nuances acidulées et indigestes</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On passe sous silence l’affaire du collier, et c’est bien dommage, car ce scandale a très profondément affecté et la reine et la monarchie : l’occasion manquée pour Kirsten Dunst de donner à voir un peu plus les failles d’un caractère qu’elle incarne avec beaucoup de conviction ? Mais l’atmosphère décrite par Coppola est assez fidèle à celle qui régnait alors à Versailles ; et on sent de loin en loin le poids de l’Histoire, comme un écho étouffée du monde qu’on saisit à peine dans cette ambiance feutrée de conte de fées. Les consultations de l’historienne spécialiste du XVIIIeme siècle Evelyne Lever, la lecture de la biographie signée Antonia Fraser transparaissent par petites touches, comme toile de fond à l’histoire de cette gamine exilée loin d’une mère manipulatrice, qui s’en sert comme un pion sur un échiquier politique instable.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bref, derrière les dorures et les dentelles, la souveraine la plus fashion de notre histoire camoufle pas mal de traumatismes. Et la nonchalance déconnectée de ceux qui l’entourent (on appréciera le casting plus que prestigieux du film où Jason Schwartzman, Judy Davis, Steve Coogan, Asia Argento, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Guillaume+Gallienne" target="_blank" rel="noopener">Guillaume Gallienne</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=marianne+faithfull" target="_blank" rel="noopener">Marianne Faithfull</a>, Mathieu Amalric croisent <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Tom+hardy" target="_blank" rel="noopener">Tom Hardy</a>, les membres des groupes Air et Phoenix, le metteur en scène Jean-Paul Scarpitta ou la créatrice Victoire de Castellane) ne la soulage en rien. C’est d’ennui et d’isolement qu’il s’agit finalement, dans cette fresque aux nuances acidulées qui deviennent rapidement indigestes.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/livre-dernieres-noces-de-la-monarchie-histoire/" class="wp-embedded-content" data-secret="7XKrjXBHKw"><p><a href="https://www.theartchemists.com/livre-dernieres-noces-de-la-monarchie-histoire/">Les Dernières noces de la monarchie : vues croisées sur une fin de règne</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Dernières noces de la monarchie : vues croisées sur une fin de règne » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/livre-dernieres-noces-de-la-monarchie-histoire/embed/#?secret=3fPsxS8oiy#?secret=7XKrjXBHKw" data-secret="7XKrjXBHKw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et Sofia Coppola aborde cette déprime qui ne dit pas son nom avec beaucoup de finesse sans creuser dans une psyché condamnée à paraître à tout prix. Cela nous vaut un portrait assez vraisemblable à défaut d’être véridique. Un film à voir donc&#8230; sans faire l’économie d’autres biopics plus fidèles, de biographies plus complètes.</span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner le film <em>Marie-Antoinette</em> en <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener">VoD</a> et <a href="https://www.cultura.com/?ae=2026&amp;utm_source=theARTchemists&amp;utm_medium=affiliation&amp;utm_campaign=affinitaire" target="_blank" rel="noopener">DVD</a>.</span></p>
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		<title>Spencer vs The Queen : Diana ou Elisabeth, deux films, deux portraits de femmes en crise</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/films-spencer-the-queen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 14:43:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>17 janvier 2022 : le film Spencer débarque en fanfare sur Amazon Prime Video, assorti d’une couverture médiatique à la hauteur du sujet choisi par le réalisateur Pablo Larrain : la princesse Diana, égérie légendaire qui n’en finit plus de fasciner les foules. Nous avions déjà visionné Diana sorti en 2013 pour raconter l’histoire d’amour de Lady [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/spencer-the-queen_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34572 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/spencer-the-queen_opt.jpg" alt="affiches des films Spencer et The Queen" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/spencer-the-queen_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/spencer-the-queen_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/01/spencer-the-queen_opt-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">17 janvier 2022 : le film<i> Spencer</i> débarque en fanfare sur Amazon Prime Video, assorti d’une couverture médiatique à la hauteur du sujet choisi par le réalisateur <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pablo+larrain" target="_blank" rel="noopener">Pablo Larrain</a> : la princesse Diana, égérie légendaire qui n’en finit plus de fasciner les foules. Nous avions déjà visionné <a href="https://www.theartchemists.com/diana-princesse-chirurgien/" target="_blank" rel="noopener"><i>Diana</i></a> sorti en 2013 pour raconter l’histoire d’amour de Lady Di avec un chirurgien pakistanais. Aussi, l’approche de Larrain nous interpellait. Force est de constater que cette lecture du destin princier n’a que peu à voir avec le biopic signé <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Oliver+Hirschbiegel" target="_blank" rel="noopener">Oliver Hirschbiegel</a>. En revanche, il fait écho à un autre film tourné en 2006 : <i>The Queen</i> de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=stephen+frears" target="_blank" rel="noopener">Stephen Frears</a>. Regarder les deux longs métrages à la suite est particulièrement intéressant, car ils offrent deux portraits saisissants de femmes en crise. Explications.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/sTWl3GSC894" title="Spencer - Bande-annonce officielle VF | Prime Video" width="1080" height="810" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/sTWl3GSC894?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/sTWl3GSC894?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><i>Spencer</i> : portrait d’une femme en souffrance profonde</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Spencer</i> donc : en titrant ainsi son film, Pablo Larrain éclaire son propos. Durant deux heures presque insoutenables, il évoque les trois jours passés par Diana avec la famille royale à Sandrigham House pour les fêtes de Noël. Trois jours cruciaux fin 1991, où la princesse frôle la folie et le suicide, entre crises d’anorexie, hallucinations, paranoïa galopante… Trois jours qu’elle vit comme un supplice, et qui aboutiront à la rupture définitive de son couple, vécue comme une fuite libératrice, la reconquête d’une autonomie symbolisée par ce nom, «Spencer », nom de jeune fille de Diana qui le brandit comme un retour aux sources de l’enfance, de l’innocence, de ce qu’elle était avant d’être broyée par la machine monarchique, avec ses règles absurdes, son ancrage dans le passé, son obsession des apparences, sa rigidité émotionnelle, ses mensonges en série.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Un moment clé donc dans la vie de « la princesse des cœurs », que Larrain raconte non comme un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=biopic" target="_blank" rel="noopener">biopic</a>, mais comme une fable qui a tout du cauchemar pour cette héroïne littéralement enfermée dans un palais où le froid règne, où tous se plient à des traditions ineptes, où même l’ordre des vêtements est déterminé à l’avance. Dans cette mécanique datant du XIXᵉ siècle, Diana joue les trublions. Tous, depuis son mari Charles jusqu’au chef cuisinier en passant par ses fils, ses femmes de chambre, la surveillent comme du lait sur le feu, avec bien des difficultés, car elle est totalement imprévisible et prête à exploser comme une grenade dégoupillée. S’agit-il de la protéger d’elle-même avec ses tendances à l’automutilation et ses penchants suicidaires ? Ou l’enjeu est-il de préserver l’institution royale des excès de cette indomptable pouliche ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Larrain n’apportera aucune réponse et c’est la force de ce film remarquable que de refuser une lecture manichéenne pour plonger dans la psyché d’une femme en souffrance profonde, qui ne sait plus comment échapper à ce système qui la détruit. On soulignera l’interprétation saisissante d’une Kristen Stewart littéralement emportée par son rôle, errant seule dans ces couloirs glacés, irradiant de beauté, de terreur et de rage impuissante face à un époux qui la trompe, une famille qui la réifie et l’infantilise, ce système qui l’enferme dans une fonction qu’elle ne peut ni ne veut plus tenir. Pour sûr, le portrait dressé par le réalisateur chilien va en décontenancer plus d’un parmi les fans de Diana : rien de glamour dans des séquences d’une crudité terrible, quand l’héroïne se fait vomir, qu’elle se lacère les bras ou se précipite dans un escalier…</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Mais cette vérité-là mérite d’être dite, montrée, revendiquée par delà tous les biopics mielleux évoquant la princesse. C’est un profil de femme particulièrement touchant que dresse Larrain, qui avait déjà abordé ce sujet avec <a href="https://www.theartchemists.com/jackie-de-pablo-larrain-premiere-dame-autrement/" target="_blank" rel="noopener"><i>Jackie</i></a>. Solitude extrême, poids des conventions, charge mentale liée à un titre qui n’est que pacotille face aux tourments qu’il suscite. Comment être en phase avec ses valeurs quand on est piégé dans pareil labyrinthe ? Quid par ailleurs de l’éducation d’enfants qui ont été conçus pour assurer une dynastie plus que par amour véritable ? La question est également posée, et elle prend une dimension terrible dans ce décor féerique, ces paysages de toute beauté, que Larrain filme dans des éclairages magnifiques qui évoquent par moment le film <a href="https://www.theartchemists.com/film-barry-lyndon-by-stanley-kubrick/" target="_blank" rel="noopener"><i>Barry Lyndon</i></a>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/5Cee0OBlYL8" title="The Queen (2006) - Trailer VF" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/5Cee0OBlYL8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/5Cee0OBlYL8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>The Queen : portrait d’une souveraine redevenue femme</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Étonnamment, le film <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener"><i>The Queen</i></a> propose une réflexion similaire, bien que beaucoup plus ancrée dans les faits historiques. Stephen Frears et son équipe ont en effet opéré un travail de reconstitution presque naturaliste avec ce scénario qui évoque la manière dont la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=famille+royale" target="_blank" rel="noopener">famille royale</a>, la reine Elisabeth plus spécifiquement, ont abordé et vécu la mort de Diana et ses obsèques. Le décès accidentel de Lady Di eut un retentissement mondial, il a déclenché un tsunami émotionnel planétaire largement alimenté par les médias… et déclencha une crise politique d’envergure que le premier ministre de l’époque, Tony Blair eut bien du mal à endiguer. En cause, l’apparente froideur de la reine et de son entourage face à la mort violente de « la princesse des cœurs ».</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La chose fit alors grand bruit, tandis que la population se déplaçait en masse pour entasser fleurs, ex-voto et témoignages d’affection aux grilles du palais de Buckingham. Tous se mirent à analyser et interpréter les faits et gestes du clan royal alors en vacances à Balmoral, y voyant signes et non-signes d’indifférence, de mépris, de soulagement après le décès d’une Diana qui leur avait quand même donné bien du souci avec ses éclats. Frears redresse la barre en faisant la focale sur le comportement d’une Elisabeth II tellement empêtrée dans son éducation, ses principes et sa fonction qu’elle en a oublié ses propres émotions, émotions qui la rattrapent, mais qu’elle refuse d’étaler à la Une des tabloïds.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il faudra la patience et la ténacité d’un Tony Blair plein de bon sens (Martin Sheen, parfait, humain, juste, diplomate) pour convaincre cette souveraine inflexible dont il devine le chagrin et la détresse face à la colère d’une population dont elle ne comprend plus ni la logique ni les élans. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=helen+mirren" target="_blank" rel="noopener">Helen Mirren</a> interprète avec infiniment de nuances et de précision cette monarque saisie par le doute, qui se remet en question malgré ses principes, hésite à s’ouvrir, à laisser transparaître sa peine, le fera avec une très grande dignité, beaucoup de raison. Le propos de Frears est du reste passionnant, car il interroge la survivance de la hauteur royale dans un univers ultra-médiatisé où tout repose sur l’immédiateté de l’émotionnel, sur le spectaculaire le plus cru.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ponctué de vidéos d’actualité, d’extraits de journaux télévisés, de couvertures de presse écrite, tabloïds et quotidiens nationaux confondus, ce récit confronte le visage d’une Diana littéralement déifiée au niveau international et celui d’une Elisabeth vieillissante, qui comprend progressivement que ses valeurs ne sont plus celles de ses sujets, qu’une rupture est en train de s’établir avec eux, et que si elle incarne l’État, ses obligations, sa distanciation, elle n’est plus en écho avec ceux qu’elle gouverne et qui lui reprochent ce qu’elle représente, son rang, ses privilèges, sa richesse. Moins spectaculaire que la crise affichée par une Diana s’écorchant les bras à coup de sécateur, la détresse captée par Frears sur le visage décomposée d’une Élisabeth lisant sur un mot posé devant son palais en hommage à Lady Di : «  ils ont ton sang sur les mains », est tout aussi touchante.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/the-crown-must-always-win/" class="wp-embedded-content" data-secret="OdHpEQiNkf"><p><a href="https://www.theartchemists.com/the-crown-must-always-win/">The Crown &#8230; must always win</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« The Crown … must always win » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/the-crown-must-always-win/embed/#?secret=30ktd0aLIu#?secret=OdHpEQiNkf" data-secret="OdHpEQiNkf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><a href="https://www.primevideo.com/dp/0O7EXVBC4D7HY6V4Q3RJ4OSS18?%7cc_575513180148_m_h19QrzlME3-dc_s_&amp;gclid=Cj0KCQiAubmPBhCyARIsAJWNpiPSpYxfyfcFqog56NbAG090rXYiR7pqvHXwouuYa7GcrsPzqAIrTwMaAvyMEALw_wcB&amp;gclsrc=aw.ds" target="_blank" rel="noopener"><i>Spencer</i></a> vs <a href="https://www.cultura.com/?ae=2026&amp;utm_source=theARTchemists&amp;utm_medium=affiliation&amp;utm_campaign=affinitaire" target="_blank" rel="noopener"><i>The Queen</i></a> ? Peut-être faudrait-il utiliser « et » plutôt que « versus ». C’est l’enseignement qui ressort du dialogue entre ces deux films que de montrer deux femmes confrontées au pouvoir et ce qu’il implique :</span></p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La plus âgée endossera sa charge sans rechigner, parce que c’est sa responsabilité, et peu importe si cela annule sa vie intime, réduite à rien par la lourdeur de la charge, l’obligation de représenter les valeurs d’un pays au quotidien (la série <a href="https://www.theartchemists.com/?s=the+crown" target="_blank" rel="noopener"><em>The Crown</em></a> le met particulièrement en évidence).</span></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La seconde, plus jeune, rejettera ce théâtre des apparences qui la détruit, pour développer un autre mode de puissance, beaucoup plus médiatique et spectaculaire, plus moderne, tout aussi efficace.</span></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Les deux passeront à la postérité, mais à quel prix ? C’est là aussi la morale à méditer de ces deux films qu’il convient d’aborder comme des apologues plus que des biopics.</span></p>
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		<title>Les Derniers jours de Louis XIV : savoir mourir en roi</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-derniers-jours-louis-xiv/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Aug 2021 10:44:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec « L&#8217;art d&#8217;enterrer les rois de France » nous avions eu un aperçu de la manière dont les obsèques royales étaient jadis orchestrées. Avec Les Derniers jours de Louis XIV, ce sont les ultimes journées du roi Soleil qui sont passées au crible, depuis le 1er janvier 1715, son dernier jour de l&#8217;An jusqu&#8217;au matin du [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 lang="zxx"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/05/9782262043353.jpg" rel="attachment wp-att-26146"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-26146 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/05/9782262043353-e1470909553433.jpg" alt="9782262043353" width="398" height="600" /></a></h2>
<p lang="zxx" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #000000;">Avec <a href="http://Les Derniers jours de Louis XIV, Louis XIV, France, Histoire, roi soleil, versailles, marly, chateau, pouvoir, monarchie, alexandremaral, mort, roi, biographie, étude, récit, livre, éditions Perrin">« L&rsquo;art d&rsquo;enterrer les rois de France »</a> nous avions eu un aperçu de la manière dont les obsèques royales étaient jadis orchestrées. Avec <i>Les Derniers jours de Louis XIV</i>, ce sont les ultimes journées du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=louis+XIV&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">roi Soleil</a> qui sont passées au crible, depuis le 1<sup>er</sup> janvier 1715, son dernier jour de l&rsquo;An jusqu&rsquo;au matin du 1er septembre, où il s&rsquo;éteint après une lente agonie. Qu&rsquo;il a maîtrisée de bout en bout. Car avant d&rsquo;être homme, il est roi. Et un symbole bien plus qu&rsquo;un être.</span></span></p>
<h2 lang="zxx"><strong><span style="font-size: 18pt; color: #000000;">Prendre sa mort en main</span></strong></h2>
<p lang="zxx" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">C&rsquo;est principalement ce qui ressort de la chronique établie par Alexandre Maral, éditée en 2015 chez Perrin pour célébrer le tricentenaire de cette disparition pour le moins glorieuse. Car tout comme il a contrôlé sa vie, sa cour, son pays et l&rsquo;Europe, Louis XIV va mettre un point d&rsquo;honneur à prendre sa mort en main. Du moment où il se sait condamné, il planifie chaque détail, organise les adieux à sa famille, remercie ses courtisans et ses serviteurs, se confesse, communie, avec ferveur, avec constance et même avec humour parfois. Mais c&rsquo;est surtout son testament politique qu&rsquo;il prend soin de préparer, posant les fondations du règne suivant en paramétrant la Régence.</span></p>
<p lang="zxx"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/mort-de-louis-xiv-fin-de-vie-majeste/" rel="bookmark">La mort de Louis XIV : fin de vie en majesté</a></strong></p>
<h2 lang="zxx"><strong><span style="color: #000000;">Les obligations d&rsquo;un souverain</span></strong></h2>
<p lang="zxx" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Extrêmement précis, le récit de cette dernière année passée en partie à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=versailles&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Versailles</a>, en partie à Marly, dresse un tableau passionnant des obligations du souverain, véritable bourreau de travail qui recevra ses ministres encore quelques jours avant de décéder. L&rsquo;importance diplomatique du royaume, les enjeux sociaux, les conflits d&rsquo;intérêt, la gestion des finances mises à mal par les guerres répétées apparaissent très clairement dans cette fin de règne. Le compte à rebours opéré est fascinant, plonge le lecteur dans la réalité d&rsquo;un monde à part, d&rsquo;un cocon de luxe conçu comme le cœur et le cerveau du pouvoir.</span></p>
<h2 lang="zxx"><strong><span style="color: #000000;">L&rsquo;équilibre des passions</span></strong></h2>
<p lang="zxx" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;">Derrière les oripeaux de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=monarchie&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">monarchie</a>, par delà l&rsquo;image publique d&rsquo;un monarque qui veut mourir de manière exemplaire, l&rsquo;intimité de Louis XIV transparaît régulièrement, dans ses conversations avec son épouse Mme de Maintenon, dans ses échanges avec ses deux fils bâtards, dans son amour pour le petit dauphin, futur Louis XV. De témoignage en témoignage, l&rsquo;homme privé apparaît sous le masque lisse de l&rsquo;homme d&rsquo;état. En ce XVIIeme siècle classique, voué aux discours de Pascal et Descartes, où la raison se mêle à la foi, la <a href="https://www.theartchemists.com/livre-homme-devant-mort-philippe-aries/" target="_blank" rel="noopener">mort</a> de Louis XIV est un exemple parfait de l&rsquo;équilibre des passions atteint par l&rsquo;honnête homme.</span></p>
<p lang="zxx" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p lang="zxx" style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><span style="color: #000000;">N’hésitez</span> pas à parcourir le livre<i style="color: #000000; font-size: 12pt;"><a href="https://amzn.to/3zcZQe7" target="_blank" rel="noopener"> Les Derniers jours de Louis XIV</a>.</i></span></p>
<p lang="zxx" style="text-align: justify;">
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		<title>Joséphine Baker au Panthéon : la panthéonisation, hommage républicain &#8230; et stratégie de communication ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/josephine-baker-pantheon-strategie-communication/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Aug 2021 10:00:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dit, annoncé, relayé, encensé : le 30 novembre 2021, Joséphine Baker entrera au Panthéon … et par la grande porte. Hommage plus que mérité pour cette femme combative et investie, qui s’impliquera dans la résistance avec courage et abnégation, luttera contre le racisme, la tyrannie, l’intolérance sa vie durant. Un honneur amplement mérité, une [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt.jpg" alt="le panthéon de paris" class="wp-image-34147" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/08/pantheonisation_opt-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">C’est dit, annoncé, relayé, encensé : le 30 novembre 2021, Joséphine Baker entrera au Panthéon … et par la grande porte. Hommage plus que mérité pour cette femme combative et investie, qui s’impliquera dans la résistance avec courage et abnégation, luttera contre le racisme, la tyrannie, l’intolérance sa vie durant. Un honneur amplement mérité, une reconnaissance nationale riche de significations à différents points de vue. Et de questionnements multiples. Explications.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/josephine-baker-bande-dessinee/" rel="bookmark">Joséphine Baker&nbsp;: la Néfertiti du temps présent</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>La première femme de couleur à entrer au Panthéon</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">La décision a été prise durant l’été par le président Macron : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jos%C3%A9phine+baker&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Joséphine Baker</a> sera la première femme noire à rejoindre la crypte des Grands Hommes (il était temps), histoire de grossir le groupe des 5 dames qui y reposent déjà, j’ai nommé Sophie Berthelot, Marie Curie, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle – Anthonioz, <a href="https://www.theartchemists.com/loi-lavortement-droit-politique-arme/" target="_blank" rel="noopener">Simone Veil</a>. Et de compléter&nbsp; parmi les 75 membres masculins de cette prestigieuse assemblée, la maigre délégation des personnes de couleur, <a href="https://www.theartchemists.com/livre-simone-bertiere-dumas-mousquetaires/" target="_blank" rel="noopener">Alexandre Dumas</a>, Félix Eboué, et les mannes de Toussaint Louverture, général franco-haïtien qui combattit l’esclavage, ou Aimé Césaire, poète de la négritude (dont les restes sont demeurés à sa demande aux Antilles), honorés par des plaques commémoratives (eh oui, on peut intégrer le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9on_(Paris)" target="_blank" rel="noopener">Panthéon</a> par inscription interposée, en témoignent les quelque mille noms gravés sur les murs, auteurs morts au combat, Justes, généraux prestigieux &#8230;).</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Cela faisait déjà un certain temps que l’idée courait, défendue par des fans inconditionnels : une première pétition drivée par Régis Debray en 2013 avait rassemblé 38 000 signatures, reprise en 2019 par celle de </span><span style="font-weight: 400;">Laurent Kupferman. Le “conseiller mémoire” du président <a href="https://www.theartchemists.com/?s=macron&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Macron</a>, </span><span style="font-weight: 400;">&nbsp;</span><span style="font-weight: 400;">Bruno Roger-Petit, a remis le sujet sur le tapis par la grâce du collectif “Osez Joséphine Baker !” avec à l’appui des voix célèbres comme celle du fils adoptif de l’artiste, Brian Bouillon-Baker,</span><span style="font-weight: 400;"> ou </span><span style="font-weight: 400;">du chanteur Laurent Voulzy. Un forcing productif qui tient du lobbying : l’assentiment du chef d’état a été assorti d’un gracieux “ </span><i><span style="font-weight: 400;">ça a de la gueule » (</span></i><span style="font-weight: 400;">cf </span><a style="color: #000000;" href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/08/23/l-entree-au-pantheon-de-josephine-baker-un-symbole-pour-emmanuel-macron_6092098_823448.html"><i><span style="font-weight: 400;">Libération</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">)</span></i><span style="font-weight: 400;"> qui n’aurait pas forcément déplu à la meneuse de revue dont le côté direct était proverbial. Panthéonisation validée donc, avec son lot de significations fortes, inscrites dans une tradition républicaine bien spécifique.</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Le Panthéon : un symbole patriotique fort</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Pour bien comprendre la chose, il faut une grille de lecture … qui s’enracine dans l’histoire du monument. Commanditée par Louis XV, l’église construite par Germain Soufflot dans un style néo-classique très prisé à l’époque (et un brin inspiré par le Panthéon de Rome) était initialement vouée à accueillir les restes de Sainte Geneviève, protectrice attitrée de la capitale, et éventuellement les dépouilles de la famille des Bourbons, d’où la superficie de la crypte, dont les trois quarts sont toujours inoccupés (ce qui laisse de la place pour accueillir bien d’autres héros, on pense par exemple aux membres du <a href="https://www.theartchemists.com/film-armee-crime-hommes-affiche-rouge/" target="_blank" rel="noopener">groupe Manouchian</a> assassinés par les nazis). Nous sommes en 1764 ; arrivent 1789, la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=r%C3%A9volution+fran%C3%A7aise&amp;x=8&amp;y=8" target="_blank" rel="noopener">Révolution française</a>, la chute progressive de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=monarchie&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">monarchie</a>, l’An I de la République qui se profile.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Un régime politique en pleine mutation, qui a besoin de symboles patriotiques forts pour fédérer la population et marquer sa légitimité. Il faut bien proposer une alternative au profil du monarque absolu, décrété de droit divin. 1791 : l’Assemblée décrète en fanfare le changement de statut de l’église Sainte Geneviève, dorénavant destinée à accueillir la dépouille des grands chantres et héros de l’esprit révolutionnaire dans un véritable processus de déification républicaine : Mirabeau, Voltaire, Rousseau, Marat &#8230;. Finalité : créer un pendant à la <a href="https://www.theartchemists.com/expositions-virtuelles-basilique-rois-ligne-4-metro/" target="_blank" rel="noopener">grande nécropole royale de Saint Denis</a>, qui sera du reste saccagée en 1792, pour récupérer le métal des cercueils et en faire des canons (les restes seront vidés dans une fosse commune). Le pli est pris, le Panthéon continuera d’accueillir les Grands Hommes sous <a href="https://www.theartchemists.com/?s=napol%C3%A9on+I&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Napoléon Ier</a> qui récompense ainsi feu ses serviteurs les plus dévoués.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;<strong><a href="https://www.theartchemists.com/histoire-enterrer-rois-funerailles-francois-ier/" rel="bookmark">Histoire : L’art d’enterrer les rois – Retour sur les funérailles de François Ier</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Panthéoniser n’est jamais neutre</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">La Restauration monarchique conserve le principe tout en l’atténuant, restituant au monument sa fonction religieuse initiale. Idem sous Napoléon III. La IIIeme République relance le processus en 1885 avec l’intronisation magistrale de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=victor+hugo&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Victor Hugo</a> (grand opposant du Second Empire, dixit <em>Les Châtiments</em> et le vers célèbre « <em>Et s&rsquo;il n&rsquo;en reste qu&rsquo;un, je serai celui-là</em>« ) et un décret officiel des plus clairs, stipulant noir sur blanc que “</span><i><span style="font-weight: 400;">les restes des grands hommes qui ont mérité la reconnaissance nationale</span></i><span style="font-weight: 400;"><span style="color: #000000;">” reposeront de facto dans les souterrains du Panthéon. Les grands hommes : politiciens, militaires, auteurs, scientifiques, résistants, des figures exemplaires qui incarnent les valeurs inscrites dans la Constitution, qui ont servi la France par leurs actions, leurs combats, parfois jusqu’à la mort (dixit</span> <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean+jaur%C3%A8s&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Jean Jaurès</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean+moulin&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Jean Moulin</a> ou Pierre Brossolette). </span><span style="font-weight: 400;">Panthéoniser n’est donc jamais futile, encore moins neutre.&nbsp;</span></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Fait du prince, qu’il soit roi, empereur ou président, la décision est porteuse de sens, puisqu’il s’agit de mettre en lumière ce qui fait l’exception des valeurs françaises … et l’orientation du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pouvoir&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">pouvoir</a> en place. A ce titre, il est intéressant de considérer ceux qui ont été exclus du Temple de la Nation après y avoir été installés en grandes pompes : Mirabeau, viré du saint des saints quand on découvrit combien il était corrompu … ou Marat, dépanthéonisé le 8 février 1795 après avoir été installé six mois auparavant dans un des blancs sépulcres le 21 septembre 1794. Prétexte officiellement invoqué : un citoyen ne peut rallier le club sélect du Panthéon que dix ans après son décès. Officieusement, la violence extrême du révolutionnaire, ses incessants appels au massacre, son influence sur le peuple … autant de facteurs devenus embarrassants.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Panthéon médiatique : y entrer &#8230; ou pas ?</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">C’est que se sont enchaînées coup sur coup la chute de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=robespierre&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Robespierre</a>, la fin de la Terreur, la Convention thermidorienne. Marat n’est plus en odeur de sainteté patriotique dans un pays en quête de réconciliation, sinon d’oubli. Traduction : on panthéonise ou pas pour le service de l’Etat, afin de porter une ligne politique définie. Car la cérémonie est ultra-codifiée. Validé par un décret, organisé par le ministre de la culture, le rituel implique la remontée de la rue Soufflot, le discours du président, l’entrée du corps dans le bâtiment, la mise au tombeau … sans compter des préparatifs étalés sur deux mois ou plus, avec la paperasse nécessaire à l’exhumation du corps, son transport, le marquage et la sécurisation du parcours, la gestion des invitations, la couverture presse … bref un instant hautement protocolaire dont la portée médiatique est incontournable.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Événementiel, relations publiques, stratégie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=communication&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">communication</a> : aucun cynisme dans ces mots. Le <a href="https://www.theartchemists.com/de-gaulle-passion-france-heritage/" target="_blank" rel="noopener">général De Gaulle</a> a toujours fermement refusé d’être panthéonisé (il l’a même stipulé dans son testament), le fils d’Albert Camus a également écarté les offres concernant son illustre père ; en question : la peur d’une récupération politique, qui plane forcément sur ce type de décision officielle que seul le président peut entériner. Et en filigrane, une certaine conception de la société, du bien commun. En témoignent également les nombreux dossiers en souffrance, dont la presse se fait régulièrement le relais : La Fayette par exemple ou Descartes … Et puis il y a les suggestions défendues avec rage par des personnalités et/ou des associations promptes aux techniques d’influence les plus pointues pour privilégier leur poulain.&nbsp;</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>&nbsp;<strong>&nbsp;<a href="https://www.theartchemists.com/serie-alias-caracalla-resistance/" rel="bookmark">Alias Caracalla : la Résistance comme logistique</a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Panthéonisation et tendances sociales</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Olympe de Gouges, Louise Michel, Denis Diderot … les options ont chacune leurs adeptes, convaincus du bien-fondé de leur choix. Problème : il faut que la sélection corresponde aux tendances de l’opinion publique. Ce n’est pas pour rien qu’en 2013, une consultation participative a été lancée sous la houlette du président Hollande afin de recueillir les avis des Français sur les personnalités à panthéoniser. Ceux qui franchissent le seuil de la nécropole doivent rallier les suffrages, et ne surtout pas froisser les consciences. Ainsi, le président Macron a retoqué la potentielle panthéonisation de <a href="https://www.theartchemists.com/proces-viol-gisele-halimi/" target="_blank" rel="noopener">Gisèle Halimi</a>, pourtant réclamée par les associations féministes (34 000 signatures, ce n’est pas rien) ; en cause l’engagement de l’avocate contre la guerre d’Algérie, un facteur de clivage selon le chef de l’Etat, comme l’évoque </span><a style="color: #000000;" href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/avec-l-entree-de-josephine-baker-au-pantheon-le-retour-du-debat-sur-gisele-halimi_2157031.html"><i><span style="font-weight: 400;">L’Express</span></i></a><span style="font-weight: 400;">.&nbsp;</span></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: 400;">Quant à Rimbaud, la proposition fut rejetée en début d’année comme l’évoque </span><a style="color: #000000;" href="https://www.7sur7.be/lire/pourquoi-macron-refuse-l-entree-de-rimbaud-au-pantheon~af57ca6c/?referrer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F"><span style="font-weight: 400;">7sur7</span></a><span style="font-weight: 400;"> au grand soulagement de la famille qui voulait éviter le rapprochement avec la dépouille de Verlaine (qui a quand même tenté de flinguer Rimbaud) et le risque de réduire le parcours du jeune poète à cette seule relation homosexuelle. Une féministe et anti-colonialiste convaincue, un homosexuel libertaire devenu marchand d&rsquo;armes … deux potentielles pommes de discorde, qui pourraient fâcher les prudes et les réactionnaires, dont les votes sont pourtant bien précieux en période de réélection ? Tant qu’à rassembler, autant le faire avec une personnalité moins “clivante” pour reprendre le terme à la mode, plus fédératrice et représentative d’une intégration réussie à l’heure où les gosses de banlieue sont en quête de reconnaissance. Médisante, je suis ? Ou lectrice intriguée du très marquant </span><i><span style="font-weight: 400;">Propaganda</span></i><span style="font-weight: 400;"> d’Edward Bernays ? Tout simplement au fait de l’importance des rituels dans une société en manque de repères, surmédiatisée et oublieuse de son Histoire ?</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>L’hypocrite caution des puissants</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Revenons-en à Joséphine Baker, son sourire éclatant en toutes circonstances, qu’elle porte une ceinture de bananes ou son uniforme et ses décorations, quelle pose pour les cubistes ou Harcourt, qu’elle s’échappe des ghettos américains ou qu’elle s’occupe de ses gosses adoptés aux quatre coins du monde, sa tribu arc-en-ciel, dans un château dont elle peine à payer l’entretien (peut-être aurait-on pu alors l’aider financièrement pour la dédommager de ce qu’elle a fait pour la liberté et la justice, et on ne remerciera jamais assez <a href="https://www.theartchemists.com/biographie-grace-kelly-star-princesse-femme/" target="_blank" rel="noopener">Grace de Monaco</a>, son amie, de l’avoir recueillie pour lui éviter la misère). La dame avait du cran, des valeurs, du courage en plus du talent. Modeste, humble. Avec du cœur, beaucoup, sans compter, jamais. La voir rejoindre <a href="https://www.theartchemists.com/?s=zola&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Zola</a> et Jaurès n’est que fierté et justice, car Joséphine Baker possède ces principes inscrits au fronton de nos institutions : liberté, égalité et surtout fraternité. Un symbole fort, qu’on aimerait tant être celui de la réconciliation &#8230;</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Ce qui est plus gênant, c’est le contexte (toujours regarder le contexte dans ces histoires-là) : si panthéoniser Joséphine devenait urgent pour des raisons évidentes de reconnaissance, pour ses engagements et ses luttes, le faire à l’orée d’une bataille électorale clé, au cœur d’une pandémie interminable, après une gestion pour le moins nébuleuse de la crise sanitaire du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">covid</a>, alors que les hôpitaux sont en déshérence (elle qui servit la Croix-rouge avec tant de dévouement, pas dit qu’elle apprécierait), que les DOM-TOM sont ravagées, que notre territoire, historiquement terre d’asile, a été brutalement fermé aux afghans fuyant le régime taliban (n&rsquo;oublions pas qu&rsquo;elle a milité auprès d&rsquo;un certain Martin Luther King, participant en 1963 à la célèbre marche pour l&rsquo;émancipation des Afro-Américains où elle prit la parole aux côtés du pasteur) … Cette femme en quête de justice et d&rsquo;équité aimerait-elle incarner les valeurs de pareille société ? Etre “l’allégorie” de cette nation-là, pour reprendre les termes de Jennifer Guesdon, membre du collectif “Osez Joséphine Baker !” sus-nommé ?&nbsp; </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">La question mérite d’être posée. Et méditée. Les morts, jamais, ne doivent être l’hypocrite caution des puissants.&nbsp;</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités :&nbsp;</b></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400; color: #000000;">Voici les articles que nous avons consultés pour rédiger ce texte ; n’hésitez pas à les parcourir pour compléter votre approche et affiner votre jugement.</span></p>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.cnews.fr/france/2013-03-09/les-hommes-illustres-se-bousculent-aux-portillons-pour-entrer-au-pantheon-415689
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.letelegramme.fr/soir/personnages-illustres-qui-peut-entrer-au-pantheon-06-11-2018-12126134.php
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.lci.fr/culture/arthur-rimbaud-n-entrera-pas-au-pantheon-decide-emmanuel-macron-2175524.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.bfmtv.com/societe/josephine-baker-au-pantheon-la-membre-du-collectif-osez-josephine-baker-jennifer-guesdon-estime-qu-elle-est-une-allegorie-de-la-nation_VN-202108220105.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/avec-l-entree-de-josephine-baker-au-pantheon-le-retour-du-debat-sur-gisele-halimi_2157031.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/dordogne/dordogne-une-petition-pour-faire-entrer-josephine-baker-au-pantheon-2085043.html
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.madmoizelle.com/qui-doit-entrer-pantheon-donnez-votre-avis-196902
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.franceinter.fr/politique/pourquoi-l-entree-de-gisele-halimi-au-pantheon-est-compromise
</div></figure>
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		<title>Les Adieux à la reine : du roman au film, l&#8217;effondrement d&#8217;un monde</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/adieux-reine-roman-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Dec 2020 11:36:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Adieux à la reine : un roman, une version cinématographique &#8230; et l&#8217;éternel questionnement sur les risques d’appauvrissement que comporte l&#8217;adaptation à l&#8217;écran d&#8217;une écriture sidérante de justesse sur le papier. Explications. Un pouvoir qui refuse les compromis 14 juillet 1789 : alors que les parisiens prennent la Bastille, massacrent la garnison, et sonnent [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/12/adieux-a-la-reine-final-e1607601444754.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33102 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/12/adieux-a-la-reine-final-e1607601444754.jpg" alt="" width="800" height="591" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Les Adieux à la reine</em> : un roman, une version cinématographique &#8230; et l&rsquo;éternel questionnement sur les risques d’appauvrissement que comporte l&rsquo;adaptation à l&rsquo;écran d&rsquo;une écriture sidérante de justesse sur le papier. Explications.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/cA160eFnX8o" title="LES ADIEUX A LA REINE - Benoit Jacquot" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/cA160eFnX8o?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/cA160eFnX8o?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Un pouvoir qui refuse les compromis</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">14 juillet 1789 : alors que les parisiens prennent la Bastille, massacrent la garnison, et sonnent le glas d&rsquo;une monarchie absolue déjà vacillante, Louis XVI revenu bredouille de la chasse, note dans son journal : « Rien ». Aveugle, coupé du monde et de ses réalités, enfermé dans la bulle versaillaise avec toute sa Cour. Tous vont violemment recouvrer la vue pour voir leur monde s’effondrer.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce sont les premiers coups de cet effondrement que Chantal Thomas a consigné dans son roman de 2002 <em>Les Adieux à la Reine</em>. Les journées qui suivent le 14 juillet y sont racontées par les yeux de la lectrice de la souveraine. Une jeune femme issue de petite noblesse miséreuse, totalement dévouée à une Marie Antoinette qu’elle adule, jusqu&rsquo;à la passion. Et qui va brutalement perdre ses œillères.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tout se joue en ces instants dramatiques, où la plupart des aristocrates fuient la famille royale pour sauver leurs têtes qu’ils savent soudainement compromises et mises à prix. Seul le couple régnant restera, entouré de rares fidèles, pour vivre le séisme politique qu’on connaît. Le roman est de fait très poignant, sans concession, humain en même temps. Il pose les bonnes questions sur la dérive d’un pouvoir qui refuse les compromis.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/lautrichienne-quand-pierre-granier-deferre-raconte-les-dernieres-heures-de-marie-antoinette/" rel="bookmark">L’Autrichienne : quand Pierre Granier-Deferre raconte les dernières heures de Marie-Antoinette</a></strong></p>
<h2><span style="color: #000000;">Timing plausible vs Marie-Antoinette mania</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Quant à son adaptation cinématographique opérée en 2011, presque dix ans après l’écriture de l’ouvrage, elle aussi pose questions :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Décors superbes, costumes de toute beauté : le film respecte en partie la cohésion narrative du roman. On retrouve ce désir de montrer l’envers du décor, le contraste entre le luxe incroyable des appartements princiers et les chambres misérables des nobles entassés là pour plaire au roi, l’insalubrité du lieu construit sur des marais mal asséchés qui attirent moustiques et maladies.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Obligé de tenir un timing narratif plausible, le réalisateur Benoît Jacquot rend compte de la panique qui saisit la Cour quand elle comprend l’ampleur des dégâts : fuites, infarctus, suicides, … Citons la séquence où la lectrice (fiévreuse Léa Seydoux) est appelée aux côtés d’une Marie Antoinette désorientée (Diane Kruger sait parfaitement prêter à son personnage ce mélange de légèreté, de dépression et de combativité désespérée), désossant ses bijoux pour les emmener plus aisément dans une fuite que Louis XVI refusera de prendre au final. Un passage fort, particulièrement significatif de la terreur qui s’empara de tous.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A l’inverse, les allusions récurrentes aux penchants homosexuels de la reine et sa passion amoureuse pour Mme de Polignac incarnée par une Virginie Ledoyen fort dénudée sont assez fantaisistes et loin de la réalité, pour ne pas dire très réducteurs. En ressort l’impression que le film sorti début 2012, exploite le filon de la Marie Antoinette mania générée dans le sillage du film de Sophia Coppola. Dommage car les moyens mis en œuvre, la hauteur du roman adapté, l’angle choisi étaient extrêmement prometteurs.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  </span><strong><a href="https://www.theartchemists.com/les-dernieres-noces-de-la-monarchie-vues-croisees-sur-une-fin-de-regne/" rel="bookmark">Les Dernières noces de la monarchie : vues croisées sur une fin de règne</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Disponible en DVD et en <a style="color: #000000;" href="https://www.universcine.com/films/les-adieux-a-la-reine">VoD</a>, <em>Les Adieux à la reine</em> mérite cependant d’être visionné car il présente un regard inattendu &#8230; qu&rsquo;on complétera avec la lecture du roman, dont le style demeure incomparable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p><a href="https://www.editionspoints.com/ouvrage/les-adieux-a-la-reine-chantal-thomas/9782020868624">https://www.editionspoints.com/ouvrage/les-adieux-a-la-reine-chantal-thomas/9782020868624</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.advitamdistribution.com/les-adieux-a-la-reine/">http://www.advitamdistribution.com/les-adieux-a-la-reine/</a></p>
<p><a href="https://www.universcine.com/films/les-adieux-a-la-reine">https://www.universcine.com/films/les-adieux-a-la-reine</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La Nuit de Varennes : l’inconvenance d’une fin de règne</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-nuit-varennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jan 2020 15:34:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=32259</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tout dernièrement, on a reproché à un certain président de s’être esquivé devant les manifestants qui envahissaient le théâtre où il profitait d’un spectacle en mode incognito. Opposants et éditorialistes y virent une véritable « fuite de Varennes », faisant ainsi allusion à la tentative avortée de Louis XVI et de la famille royale de passer à [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/01/nuit-de-varennes-e1580225602397.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-32261 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/01/nuit-de-varennes-e1580225602397.jpg" alt="" width="800" height="752" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Tout dernièrement, on a reproché à un certain président de s’être esquivé devant les manifestants qui envahissaient le théâtre où il profitait d’un spectacle en mode incognito. Opposants et éditorialistes y virent une véritable « fuite de Varennes », faisant ainsi allusion à la tentative avortée de Louis XVI et de la famille royale de passer à l’étranger pour ensuite reconquérir le trône de France et réinstaurer la monarchie absolue mise à mal par la Révolution. Spectaculaire analogie un tantinet exagérée mais lourde de signification … encore faut-il mesurer ce que l’escapade de Capet et compagnie a véritablement représenté pour ses contemporains. Ce que le film <i>La Nuit de Varennes</i> d’Ettore Scola s’emploie à faire avec une sagacité rare.</span></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Un voyage en berline</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Daté de 1982, ce récit emprunte les codes du conte picaresque pour narrer les rebondissements d’un voyage en berline. Dans l’habitacle, incommodés par la poussière des routes, secoués par les cahots du chemin, une belle comtesse, son coiffeur et sa bonne ainsi que leurs mystérieux paquets, une riche veuve, vigneronne de son état, une cantatrice sur le retour, un magistrat, un financier, un étudiant … bref un parfait échantillonnage de la société française prise dans la tourmente, qui va échanger, en huis-clos ou presque, sous l’œil attentif du pamphlétaire Thomas Paine, de l’auteur sulfureux Rétif de la Bretonne et d’un Giacomo Casanova vieillissant.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Tout ce petit monde se dirige vers Metz ; nous sommes en juin 1791, et cet équipage est précédé d’une autre voiture qui tente de rallier Montmédy et le marquis de Bouillé. A son bord le roi, la reine, le dauphin, sa sœur, la sœur du roi … qui ont quitté les Tuileries à la cloche de bois, où ils résidaient plus ou moins de force depuis leur départ de Versailles sous la pression d’une foule hostile. Cela, les voyageurs qui se rendent à Metz ne le savent pas, excepté Rétif qui, en fin connaisseur des mystères parisiens, a senti le coup tordu ; tous vont l’apprendre au fur et à mesure des étapes en relais de poste, des rencontres fortuites, des explications de messagers et d’aubergistes paniqués par la nouvelle …</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/_2u0LJdSqRM" title="La nuit de varennes" width="1080" height="810" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_2u0LJdSqRM?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_2u0LJdSqRM?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Une nouvelle explosive</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car cette dernière est explosive : le roi a-t-il été enlevé par les ennemis de la Révolution ? A-t-il fui volontairement ? Pour quelle raison ? Est-il encore fiable ? Respectable ? Est-ce encore un monarque … ou juste un traître ? Et les visages de la populace de se fermer toujours un peu plus d’arrêt en arrêt &#8230; jusqu’à celui de Varennes, où tous enfin se retrouvent … et comprennent que c’est la fin. D’un régime politique, d’un mode de vie, d’un monde. Or c’est le propos d’Ettore Scola que de mettre en lumière ce basculement, doublé d’une prise de conscience brutale et sans pitié. En prenant la route, nos personnages croisent une France populaire dont ils ignorent tout ou presque, paysans, artisans, ouvriers … ils en découvrent la colère, une haine entretenue par des siècles d’exploitation, de mépris et de frustrations.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La fuite à Varennes constitue l’affront de trop, une indignité intolérable qui met fin à un XVIIIeme siècle aux Lumières déjà bien ternies, qui s’apprête à enfanter son successeur, la révolution industrielle qu’il portera avec son nouveau lot d’injustices et de révolutions. Car tandis que l’aristocratie, incarnée par cette magnifique comtesse complètement déconnectée des réalités, comprend qu’elle n’en a plus pour très longtemps, la bourgeoisie , par la figure du magistrat et du financier, s’impose comme la classe dirigeante à venir qui régnera par la possession et le contrôle des outils de production, avec l’enrichissement comme seule finalité.</span></p>
<h2 class="western"><span style="color: #000000;">Un nouvel ordre ?</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour assister à la naissance de ce nouvel ordre qui va tout changer … et finalement fonctionner de la même façon que le précédent, Casanova et Rétif, libertins de mœurs et d’esprit, purs produits d’un art de vivre et de penser, qui n’ont soudainement plus de place dans ce chaos. C’est sur eux, la subtilité intellectuelle qu’ils incarnent que Scola se focalise, ne montrant le roi et ses proches qu’au travers d’illustrations, par un costume d’apparat, un gros plan sur des jambes, le bas d’une robe … u démembrement de l’être qui annonce leur fin, tandis qu’ils se sont eux-mêmes exclus du devant de la scène pour devenir … des anecdotes ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ironie du sort, ce film remarquable par son approche du fait, d’une actualité notable dans sa narration, audacieux par sa logique, poétique et inconvenant, est lui même représentatif d’une manière de filmer révolue. Aujourd’hui, qui oserait financer cette histoire haute en couleurs, grivoise et grave à la fois, qui donne à voir la révolution française d’une façon inédite et intelligente ainsi que l’esprit d’une époque défaillante ? Avec à la clé un casting international proprement anthologique où Marcello Mastroianni, Jean-Louis Barrault, Jean-Claude Brialy donnent la réplique à Harvey Keitel, Hanna Schygulla, Andréa Ferreol, Daniel Gélin, jean-Louis Trintignant, Dora Doll, Pierre Malet ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autant d’excellentes raison de voir ce chef d’œuvre, de prendre une leçon de mise en scène et d’apprécier la profonde humanité d’un propos qui jamais ne juge mais tente de restituer les ressentis de chacun.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://www.gaumont.fr/fr/film/La-nuit-de-Varennes.html">https://www.gaumont.fr/fr/film/La-nuit-de-Varennes.html</a></p>
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		<title>The Crown 3 : la force de l’âge ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-crown-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Dec 2019 12:03:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/12/the-crown-3-e1576756928732.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-32219 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/12/the-crown-3-e1576756928732.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Nouvelle saison donc pour suivre encore et toujours les aventures de la famille royale britannique à l’heure où le monde amorce le grand virage des seventies. Étalés de 1964 à 1972, les dix épisodes qui composent <i>The Crown 3</i> débutent avec le décès de Winston Churchill pour terminer sur le jubilé de la Reine. Entre les deux, on voit Elisabeth II et ses proches encaisser les crises, sociales et personnelles, avec autant de stoïcisme que possible … et ce n’est pas toujours évident.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">A l’heure des grands bilans existentiels, chacun mesure ce qu’il a accompli, ce qu’il a loupé, ce qui lui reste à vivre ou pas, tout en continuant de faire bonne figure aux yeux du monde. La reine et son époux, leurs enfants, leur cercle familial, doivent demeurer stoïques, contraints à la stabilité la plus statique qui soit, car ils sont des symboles vivants. Et cela leur pose problème tandis qu’ils se sentent vieillir, qu’ils voient leur univers se transformer, se moderniser, repousser les limites humaines et technologiques jusque sur la Lune.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On l’aura compris, cette saison 3 se tourne vers l’intériorité pour le moins perturbée de personnages contraints, encore et toujours, de s’adapter aux changements de la modernité tout en incarnant des valeurs immuables et en niant leurs besoins, leurs attirances primaires. Le grand écart est d’autant plus complexe qu’ils doivent gérer les questionnements de la maturité, tout en gardant un œil sur la cohésion d’un royaume ballotté par des vents contraires. D’où le côté très posé, presque morose de ce nouveau volet.</span></p>
<p>https://youtu.be/xQ2rn68hhSY</p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">S’il est moins spectaculaire, ce chapitre va plus loin dans la psyché des personnages, ce qui explicite le changement de casting opéré, ouvrant la porte à des pointures comme Olivia Colman et Tobias Menzies qui reprennent les rôles de la reine et de son époux en train de doucement glisser dans la middle-age crisis. Le côté glamour des deux premiers volets s’atténue ainsi considérablement pour laisser place à un réalisme déroutant, une détresse palpable.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et néanmoins suffisamment de fermeté pour éviter qu’Albion ne finisse dans le fossé, alors qu’on a une marge d’action institutionnelle minimale. Bref, si le rythme de la narration ralentit alors que nos héros prennent de la bouteille, la tension, les désillusions qu’ils subissent leur donnent une véritable épaisseur. Et c’est ce qui fait l’intérêt de cette troisième saison … que d’aucuns ont trouvée trop lente à leur goût.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Certes mais s’ils sont en recherche de vitesse, qu’ils visionnent <i>Fast and furious</i>, et nous laissent apprécier la lente consternation qui saisit les Windsor, nous rappelant au passage qu’il faut parfois ralentir le rythme si l’on veut demeurer dans la force de l’âge.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://www.netflix.com/fr/title/80025678">https://www.netflix.com/fr/title/80025678</a></p>
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