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	<title>espion</title>
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		<title>The Apprentice : Trump mode d’emploi</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/the-apprentice-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 11:48:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ok, ok, Trump par-ci Trump par là, POTUS Trump colonise actuellement le devant de la scène médiatique avec ses projets d’invasion tout azimut, sa manière de gérer l’immigration et l’opposition en mode facho, sans compter sa mauvaise foi, son égo surdimensionné et sa manière clairement assumée de nous prendre tous.tes pour des cons. Si vous êtes comme moi, vous frisez l’overdose et la crise de panique. Raison de plus pour...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="450" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-the-Apprentice.jpg" alt="The apprentice" class="wp-image-38451" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-the-Apprentice.jpg 450w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-the-Apprentice-216x288.jpg 216w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-the-Apprentice-371x494.jpg 371w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Ok, ok, Trump par-ci Trump par là, POTUS Trump colonise actuellement le devant de la scène médiatique avec ses projets d’invasion tout azimut, sa manière de gérer l’immigration et l’opposition en mode facho, sans compter sa mauvaise foi, son égo surdimensionné et sa manière clairement assumée de nous prendre tous.tes pour des cons. Si vous êtes comme moi, vous frisez l’overdose et la crise de panique. Raison de plus pour visionner l’excellent si juste et un brin prophétique <em>The Apprentice</em>. Et prions tous pour que nos dirigeants aient aussi regardé le film d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ali_Abbasi">Ali Abbasi</a> qui peut faire figure de mode d’emploi de Mister Orange.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="THE APPRENTICE - Bande-annonce VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/qbJJW6JqVx8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Des règles simples</h2>



<p><em>The Apprentice</em> : l’apprenti, le novice. Titre aussi simple et dépouillé que juste puisque ces 122 minutes échevelées évoquent comment petit poussin <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a> est devenu le charognard qu’on connaît aujourd’hui. Issu d’une meute menée de main de fer par un patriarche peu amène, Trump jeune adulte n’a guère d’aura, encore moins de pratique et surtout pas de réseau. S’il a les dents longues, elles ne brillent encore pas et ne trouent pas le parquet.</p>



<p>Tout ça va changer quand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roy_Cohn">Roy Cohn</a> le prend sous son aile. Avocat à droite toute qui se targue d’avoir conduit Ethel Rosenberg à la chaise électrique, Cohn est connu pour être un vrai salopard sans principe qui n’hésite pas à défendre les pontes de la mafia et se conduit un peu comme un parrain. Ses règles sont simples :</p>



<p><strong>1. Attaquer, attaquer, attaquer&nbsp;: </strong>Ne jamais se défendre passivement. Toujours contre-attaquer, intimider, saturer l’espace médiatique. L’offensive permanente comme stratégie de domination.</p>



<p><strong>2. </strong><strong>Ne jamais admettre ses torts. </strong>Même face à l’évidence. Reconnaître une faute, c’est perdre. Le déni devient une arme politique et psychologique.</p>



<p><strong>3. </strong><strong>Toujours proclamer la victoire, </strong><strong>p</strong>eu importe la réalité des faits. Il faut affirmer qu’on a gagné, imposer son propre récit, jusqu’à ce qu’il devienne la vérité perçue.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-913432c5d0b7686569c91cba5c25ef20" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Un prédateur aux appétits d’ogre</h2>



<p>Voici donc le <strong>socle idéologique et comportemental</strong> que Cohn inculque à son protégé. La grille de lecture nécessaire pour comprendre un Trump qui va construire son personnage public selon cette triade. Deux heures durant, nous voyons le petit affairiste de l’immobilier muter en business prédateur aux appétits d’ogre et aux goûts pour le moins douteux. Au bureau ou chez soi, en public ou dans l’intimité, le portrait n’est guère flatteur, le monsieur imprévisible et égocentrique. Surtout lâche, déloyal et traître.</p>



<p>Cohn en fera les frais, de même sa première épouse Ivana, séduite puis progressivement abandonnée car lui faisant de l’ombre. Scène après scène, le portrait s’affine, les ressorts psychologiques apparaissent, les mécanismes se mettent en place. Au final c’est un Trump enfermé dans sa vision du monde qui s’impose, prêt à écraser tout ce qui ne lui convient pas. Tyrannique, infantile, incapable d’émotions pleutre, résolu à tout bouffer, y compris le fric de ses parents.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fauves politiques et profils retors</h2>



<p>Mais qui recule quand on lui dit non. Ce que Cohn aurait dû faire rapidement. Raté. Il se fera bouffer sans pitié … et sans combattre. Peut-être en visionnant ce parcours initiatique, vous vous direz que c’est un peu exagéré. Si seulement… mais non. Aux commandes du scénario, le journaliste <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Sherman">Gabriel Sherman</a> à qui l’on doit <em>The Loudest Voice in the Room: How the Brilliant, Bombastic Roger Ailes Built Fox News – and Divided a Country, </em>enquête qui servit de base à l’excellente série <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-loudest-voice-biopic-roger-ailes/">The Loudest voice</a></em>. Un portrait aussi juste qu’effrayant de Roger ailes qui façonna Fox news.</p>



<p>En d’autres termes Sherman s’y connaît en fauves politiques et en profils retors et sans vergogne. Son récit est servi par une mise en scène nerveuse, speedée, dans une new-York des années 80 entre lumières et déchéance, nouveaux riches et misère crasse. Le binôme Sebastian Stan (sidérant en Trump junior maladroit mais motivé) / Jeremy Strong (impeccable Roy Cohn) saisit aux tripes un spectateur subjugué, fasciné. Et flippé quand il comprend de quel monstre Cohn va accoucher sans même s’en rendre compte.</p>



<p>Preuve que le film voit juste, on a peiné à le diffuser aux USA où la team de campagne de Trump a tout fait pour bloquer la sortie en salles (on comprend pourquoi). Raison de plus pour le visionner maintenant et fissa, histoire de comprendre un peu plus la logique et la conception du monde trumpienne. Un mode d&#8217;emploi très utile par les temps qui courent.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Civil War : apocalypse now in USA</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/civil-war/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:19:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Civil War&#160;: au premier visionnage, ce film m’a laissée anéantie. Avec en bouche un goût de prémonition. Une sorte de miroir tendu où apparait la violence la plus crue. La plus inutile. Le brûlot d’Alex Garland est sorti sur les écrans en 2024. Nous terminons l’année 2025 et chaque image de ce road movie en enfer trouve écho dans la réalité. Ce qui n’a rien de rassurant. Guerre intestine Civil...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="416" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/the-artchemists-civil-war.jpg" alt="affiche du film Civil war" class="wp-image-38339" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/the-artchemists-civil-war.jpg 416w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/the-artchemists-civil-war-200x288.jpg 200w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/the-artchemists-civil-war-343x494.jpg 343w" sizes="(max-width: 416px) 100vw, 416px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Civil War&nbsp;</em>: au premier visionnage, ce film m’a laissée anéantie. Avec en bouche un goût de prémonition. Une sorte de miroir tendu où apparait la violence la plus crue. La plus inutile. Le brûlot d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_Garland">Alex Garland</a> est sorti sur les écrans en 2024. Nous terminons l’année 2025 et chaque image de ce road movie en enfer trouve écho dans la réalité. Ce qui n’a rien de rassurant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="CIVIL WAR - Bande-annonce VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/LB-VagkD6Zo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Guerre intestine</h2>



<p><em>Civil War&nbsp;</em>: alors que les États-Unis se déchirent, qu’une guerre intestine ravage le pays, met à mal les populations, quatre journalistes quittent New-York et ses émeutes pour rallier Washington et obtenir une interview du président retranché dans une maison Blanche fortifiée. Leur périple va tourner à l’odyssée macabre tandis qu’ils approchent de leur but. Scène après scène, l’hyperpuissance américaines se décompose ainsi que ses valeurs démocratiques. On torture, on exécute, on massacre. Les milices de la Mort opèrent un peu partout, dans une totale impunité et sans jamais qu’on en comprenne les motivations, les revendications.</p>



<p>Ces séquences pourraient avoir lieu au <a href="https://www.theartchemists.com/salvador-oliver-stone-chronique/">Salvador</a>, au Chili, en Sierra Leone, en Haïti, au Népal. Garland, qui n’évoque jamais les origines de ce conflit fratricide, scotche le spectateur en ancrant ces moments insupportables dans la riante campagne américaine, avec en toile de fond des paysages d’une beauté confondante. Grandeur imperturbable de la nature vs vide idéologique de l’affrontement humain. Personne ne brandit de manifeste, personne ne prononce de grands discours sur la liberté ou la justice. On se bousille allègrement, on fait parler les armes, pas de loi, plus de justice. Le Far West.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fracture permanente</h2>



<p>Prémonitoire et terriblement actuel : Garland pointe du doigt une Amérique où la fracture est instituée en état permanent, en mode de vie. La guerre n&rsquo;est plus un affrontement d&rsquo;idées, c&rsquo;est un système par défaut, une toile de fond pour survivre. Les milices tirent sur tout ce qui bouge. Les soldats exécutent sans se poser de questions. L’<a href="https://www.theartchemists.com/apocalypse-now-chef-doeuvre-a-lectures-multiples/">apocalypse (now)</a> surgit entre deux champs de maïs. La banalité de l&rsquo;horreur est terrifiante précisément parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas besoin de se justifier. Plus d&rsquo;idéologie = plus de limite. Juste la barbarie comme langage universel.</p>



<p>Au cœur de ce cauchemar, quatre reporters. Lee (Kirsten Dunst, magnétique), la légendaire photographe de guerre dont le prénom évoque Lee Miller, qui a tout vu, tout enduré, tout sacrifié et qui n’en peut plus de capturer autant de brutalité avec son objectif. Joel (Wagner Moura), l&rsquo;écrivain survitaminé qui carbure à l&rsquo;adrénaline (avec alcool et came en prime). Sammy (Stephen McKinley Henderson), le vétéran sage, journaliste expérimenté mais si vieux qu’on se demande comment il va tenir le choc. Et Jessie (Cailee Spaeny), 23 ans, des étoiles dans les yeux et un Nikon en bandoulière, qui va ici faire son initiation. Leur boussole morale ? On photographie pour que les autres posent les questions.<strong> </strong>Cette phrase, c&rsquo;est leur doctrine. Leur carapace. Leur condamnation aussi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;héritage Robert Capa</h2>



<p>Le film expose la réalité du journalisme de guerre et c’est clairement un sacerdoce doublé d’un chemin de croix. Le badge « PRESS » ne protège de rien. Dans une scène glaçante, un tireur d&rsquo;élite (joué par Jesse Plemons, terrifiant) leur demande froidement : <em>« Quel genre d&rsquo;Américains êtes-vous ? »</em> avant de décider s&rsquo;ils méritent de vivre ou non. La presse n&rsquo;est plus un contre-pouvoir, juste une cible supplémentaire. Lucide, cruellement. Presque documentaire jusque dans la restitution du caractère de ces reporters addicts au tumulte. Lee et ses camarades <em>ont besoin</em> d’être au cœur de l’action, pour capter la photo qui va « changer le monde », l’info qui va faire le scoop. Leur cynisme constitue l’armure nécessaire pour continuer à regarder l&rsquo;horreur en face. Ils sont les héritiers de Robert Capa, cherchant toujours à être « assez près » &#8211; quitte à y laisser leur humanité… et leur vie.</p>



<p>Et Garland de nous transmettre cette frénésie via l’astuce filmique des arrêts sur image. En pleine séquence d&rsquo;action, il interrompt le mouvement pour nous balancer une photo fixe de cette même action. Une fraction de seconde. Un corps qui s&rsquo;effondre. Un visage figé dans la terreur. Un soldat mort les yeux ouverts. Le sang poisseux qui se répand. Le feu, les explosions, l’angoisse, la colère. Ces images sont pensées comme des agressions visuelles. Le procédé force ainsi le spectateur à vivre l&rsquo;expérience du reporter : faire fi du danger pour capturer l&rsquo;instant, le figer, le transformer en document. En objet. En marchandise de l&rsquo;horreur&nbsp;? Dixit tous ces clichés atroces qu’on consomme à la pelle sur nos fils d’actu et qui nous insensibilisent&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragique passation</h2>



<p>C’est l’incohérente fatalité à l’œuvre dans cette fable qui a tout du réel. Lee, photographe émérite, talentueuse ô combien mais usée jusqu’à la corde émotionnellement et physiquement, passe le flambeau à la jeune Jessie qu’elle initie comme le ferait une grande prêtresse d’une néophyte. Jessie qui, au fil des fusillades et des escarmouches, va oublier sa peur pour s’abandonner tandis que Lee, elle, s’étiole. La passation trouvera son accomplissement tragique lors de l&rsquo;assaut final sur la Maison Blanche. Une scène magistrale qui invoque le pouvoir démiurgique de l’image, la vie, l’énergie qu’on vole lorsqu’on photographie quelqu’un.</p>



<p>Une sorte de portrait ovale en temps de guerre, un instant d’une beauté terrifiante. Et qui laisse le spectateur sans voix, honteux, recroquevillé dans son fauteuil comme un gosse terrifié par les le fracas des rafales de fusil d’assaut, les explosions, les cris. La conception sonore du film ici est essentielle, répartie entre fusillades, hurlements, silences et morceaux de pop et country qui habillent ces séquences de combat pour les rendre encore plus intolérables.Histoire de rappeler que la destruction fait partie de l’ADN culturelle des USA en particulier et de l’humanité en général&nbsp;?</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-2affc5e15f1d586c6b81015ebcbda0f2"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<p><em>Civil War</em> donc&nbsp;? Un électrochoc. Garland ne nous offre aucun réconfort, aucune catharsis. Pas de héros qui sauvent la situation. Pas de fin heureuse. Un constat glacial, visionnaire : quand une démocratie se fracture, quand la violence se banale, quand les reporters sont des cibles&#8230; il est déjà trop tard. Hommage déchirant au journalisme de guerre, à ces hommes et femmes qui risquent leur vie pour que nous sachions, le film souligne LA problématique par excellence : à quoi sert-il de témoigner si personne n&rsquo;écoute ? Or aujourd’hui, plus personne n’écoute, ne regarde, ne décrypte. Garland n’évoque pas un futur dystopique mais une sinistre réalité en train de se concrétiser sous nos yeux, dans l’indifférence générale. Et quand on observe ces images, on a le sentiment qu’il est déjà trop tard.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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			</item>
		<item>
		<title>Séries et géopolitique : comprendre le monde par la fiction</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/geopolitique-series-livres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 08:21:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38209</guid>

					<description><![CDATA[<p>La géopolitique fait peur. Elle semble complexe, truffée de cartes, de conflits, de stratégies nébuleuses, réservée aux experts. Pourtant, elle s’infiltre partout : dans nos vies, dans nos débats, dans nos écrans. Et de plus en plus, dans nos séries. Deux ouvrages parus à quelques années d’écart en offrent la preuve éclatante : La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur de Dominique Moïsi (Flammarion, 2017) et J’assure...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>La <a href="https://www.theartchemists.com/?s=g%C3%A9opolitique">géopolitique</a> fait peur. Elle semble complexe, truffée de cartes, de conflits, de stratégies nébuleuses, réservée aux experts. Pourtant, elle s’infiltre partout : dans nos vies, dans nos débats, dans nos écrans. Et de plus en plus, dans nos séries. Deux ouvrages parus à quelques années d’écart en offrent la preuve éclatante : <em>La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Mo%C3%AFsi">Dominique Moïsi</a> (<a href="https://editions.flammarion.com/">Flammarion</a>, 2017) et <em>J’assure en géopolitique grâce aux séries</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginie_Martin">Virginie Martin</a> et <a href="https://x.com/pialougo?lang=es">Anne-Lise Melquiond</a> (<a href="https://www.deboecksuperieur.com/">De Boeck Supérieur</a>, 2023). Deux approches différentes, deux tonalités distinctes, mais un même constat : les séries ne racontent pas seulement des histoires, elles cartographient nos angoisses, nos tensions, nos fractures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la fiction capte l’air du temps</h2>



<p><strong>Dominique Moïsi</strong> ne s’embarrasse pas de définitions académiques. Il observe. Il analyse. Il décortique. Et ce qu’il voit dans les séries post-11 septembre, c’est une montée brutale de la peur. Peur du chaos (<em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=game+of+thrones">Game of Thrones</a></em>), peur du terrorisme (<em>Homeland</em>), peur de la fin de la démocratie (<em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-house-cards-thriller-politique-tatcher-shakespeare/">House of Cards</a></em>), peur de l’autre (<em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-occupied-norvege/">Occupied</a></em>). Peur d’un ordre ancien qui vacille (<em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-downtown-abbey/">Downton Abbey</a></em>).</p>



<p>Pour Moïsi, les séries sont les sismographes émotionnels de notre temps. Le propos est limpide : les séries nous parlent du monde tel qu’il est… ou tel que nous le percevons. Elles ne se contentent pas de refléter l’actualité. Elles façonnent notre compréhension des événements, de l’histoire, des puissances. En cela, elles sont politiques. Et donc géopolitiques. Avec une bonne touche de <a href="https://www.theartchemists.com/soft-power/">soft power</a> ?</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-62d25b923dbdb6d6f420c741d383238e" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-game-thrones-serie-histoire/">Game of Thrones – De l’Histoire à la série : la somme de notre patrimoine historique ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-casus-boloss-conflit/">Casus Boloss : tu l’as vu, mon gros conflit, hein, tu l’as vu ?</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Pédagogie pop : apprendre la géopolitique avec Netflix</h2>



<p>Côté De Boeck, le ton est plus didactique, mais tout aussi percutant. Dans <em>J’assure en géopolitique grâce aux séries</em>, Martin et Melquiond partent des séries que tout le monde connaît (ou presque) pour enseigner les grandes notions géopolitiques contemporaines. Ici, <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=the+crown">The Crown</a></em> devient une leçon sur la décolonisation, <em>Fauda</em> un décryptage du conflit israélo-palestinien, <em>Borgen</em> un miroir des enjeux écologiques, <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=narcos">Narcos</a></em> une plongée dans la géoéconomie des cartels.</p>



<p>Le tout est organisé en 15 chapitres clairs, assortis de définitions, cartes, dates clés. Ce n’est pas un gadget pédagogique, mais un outil sérieux, bien structuré, qui permettra aux étudiants comme aux curieux de s’approprier un savoir qui peut sembler aride. Grâce à la familiarité des séries, la géopolitique devient ainsi accessible. Et surtout, elle prend du sens, de la consistance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux visions, un même objectif : rendre le monde lisible</h2>



<p>Ces deux livres se complètent admirablement. Moïsi livre une lecture émotionnelle du monde à travers le prisme des récits télévisés. Martin et Melquiond offrent une grille de lecture analytique, avec rigueur et méthode. Ensemble, ils montrent que :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les séries sont des instruments de compréhension du monde.</li>



<li>Elles reflètent les rapports de force, les fractures culturelles, les dynamiques géostratégiques.</li>



<li>Elles véhiculent aussi des idéologies, des peurs, des récits d&rsquo;identité ou de puissance.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi c’est crucial aujourd’hui</h2>



<p>Dans un monde en mutation rapide, où les conflits se multiplient, où les alliances changent, où l’info se dilue dans les réseaux, maîtriser la géopolitique n’est plus une option. C’est une nécessité.</p>



<p>Non pour devenir expert en stratégie militaire, mais pour :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>comprendre ce qui se joue entre les lignes des journaux (ou des tweets),</li>



<li>repérer les dynamiques de pouvoir derrière les discours,</li>



<li>décrypter les récits géopolitiques cachés dans nos divertissements.</li>
</ul>



<p>Et si les séries peuvent nous y aider, pourquoi s’en priver ? À condition de garder un œil critique, de ne pas confondre fiction et réalité, et de croiser les regards. Ce que font, chacun à leur manière, Moïsi, Martin et Melquiond.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En conclusion : binge-watcher le monde&nbsp;?</h2>



<p>Oui, on peut apprendre en regardant des séries. À condition de savoir ce qu’on regarde, et pourquoi. Les séries ne sont pas neutres. Elles racontent le monde – ou du moins, une vision du monde. Les décrypter, c’est apprendre à penser, à questionner, à résister aussi.</p>



<p>Alors, que vous soyez fan de <em>Narcos</em>, de <em>The Handmaid’s Tale</em>, de <em>Fauda</em> ou de <em>Succession</em>, ces deux livres sont là pour vous tendre une boussole. Et vous rappeler que dans chaque épisode, il y a bien plus qu’un rebondissement : il y a un morceau du réel à déchiffrer.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>SAS &#8211; Rogue Heroes : une putain de réussite !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/rogue-heroes-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 15:43:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38152</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cela faisait un certain que je voulais m’y mettre, je m’y suis enfin mise et franchement je regrette d’avoir autant attendu&#160;: car Rogue Heroes est un pur régal, un bonheur de série, un vrai plaisir&#160;!!! Et une putain de réussite&#160;! Un bataillon fantôme Rogue Heroes&#160;: héros et voyous. Tout est dit. C’est de bad boys pur jus dont nous allons entendre parler. Ceux qui créèrent le SAS, le très britannique...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Rogue-Heroes.jpg" alt="" class="wp-image-38153" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Rogue-Heroes.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Rogue-Heroes-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-Rogue-Heroes-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Cela faisait un certain que je voulais m’y mettre, je m’y suis enfin mise et franchement je regrette d’avoir autant attendu&nbsp;: car <em>Rogue Heroes</em> est un pur régal, un bonheur de série, un vrai plaisir&nbsp;!!! Et une putain de réussite&nbsp;!</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Rogue Heroes - Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/Oxr3HD5fFn8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un bataillon fantôme</h2>



<p>Rogue Heroes&nbsp;: héros et voyous. Tout est dit. C’est de bad boys pur jus dont nous allons entendre parler. Ceux qui créèrent le SAS, le très britannique Special Air Service, qui a collé le dawa dans le désert égyptien, empêchant ainsi Rommel et ses troupes de se ravitailler, donc de progresser, donc de conquérir l’Afrique du Nord. Il s’en est fallu d’un cheveu, car à la base, les troupes de Sa Majesté avaient du mal à s’en sortir face aux méthodes musclées de l’armée allemande.</p>



<p>C’était sans compter avec la combativité d’un trio de militaires anglais un brin rebelles qui composèrent un bataillon fantôme de franc-tireurs complètement barrés, des tueurs indomptables, des forts caractères incapables de se soumettre à la discipline militaire. En un mot, des protopunks, c’est du moins ainsi que les présente <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Steven_Knight">Steven Knights</a> à qui l’on doit par ailleurs … <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-peaky-blinders/">The Peaky Blinders</a></em>. Et <em>Rogue Heroes</em> de s’en inspirer au moins au niveau de la bande originale (où pullulent AC/DC, The Damned, The Clash et autres icônes punk rock) et du façonnage des personnages.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-293d195d0783dc127ecd38bea06bd475" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-heavy-water-war/">The Heavy Water War : et si Hitler avait eu la bombe A ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-transatlantique/">Transatlantique : the great artistic escape !</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Inventer la guerre de demain</h2>



<p>On ne va pas se le cacher&nbsp;: les rogue heroes pourraient être les fils de Thomas et Arthur Shelby. Ingérables, tacticiens, borderline, fonceurs également, poètes aussi. Ils ne reculent devant rien, inventant la guerre de demain à grand renfort d’actions commando, de massacre au couteau et de cuites monumentales. Envoyés par delà les lignes ennemies en mode <em>Inglorious Bastards</em>, ils font du dégât, beaucoup de dégâts. Ils y restent aussi, physiquement, mentalement.</p>



<p>Les deux saisons de la série suit leur progression, depuis le désert égyptien jusqu’en Sicile puis en Italie, tandis qu’ils ouvrent la voie aux troupes alliées dans la reconquête de l’Europe. L’occasion pour nous de plonger tête la première dans ces univers peu connus, avec un luxe de détails qui fait écho à <a href="https://www.theartchemists.com/serie-band-of-brothers/"><em>Band of Brothers</em> 1 et 2 et <em>Masters of the air</em></a>. C’est que la guerre en Afrique et le débarquement italien sont peu évoqués dans nos livres d’histoire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="SAS Rogue Heroes Series 2 | Official trailer - BBC" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/0Eg8U2Pl9Hk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De la graine de guerriers</h2>



<p>Si la série insiste sur le fait qu’elle n’est pas un cours magistral, il n’en demeure pas moins, qu’inspirée par le livre de Ben Macintyre, elle propose un récit pour le moins vraisemblable et c’est d’ailleurs le côté comique de l’histoire. Car les aventures rocambolesques de nos <em>rogue heroes</em> n’ont rien d’inventé. Ces types étaient donc de la graine de guerriers qui n’avaient pas froid aux yeux, aussi motivés et efficaces qu’indisciplinés et retors.</p>



<p>Une version britannico-militaire du désormais classique&nbsp;: «&nbsp;les gentilles filles vont au paradis, les garces là où elles veulent aller&nbsp;»&nbsp;? il y a de ça, sachant que nos rogue heroes ont tout à fait conscience qu’ils sont «&nbsp;expendables&nbsp;» et en profitent pour être encore plus ingérables. Il faut cela pour survivre dans ce conflit mondialisé où, face à la barbarie nazie, les Alliés se tirent la bourre. Espions en tout genre et de tous bords, résistants qui trahissent, mafia qui veille et se vend au plus offrant, l’éventail est large qui brouille les pistes.</p>



<p>Et nos loulous, remarquablement incarnés par une pléiade d’acteurs particulièrement énergiques (big up à Jack O’Connel, inégalable en Paddy Maine) de foncer au milieu de tout ça, bondissant d’une oasis à un port sicilien en scandant des vers de Yeats et en se bourrant la gueule au whisky. Jouissif&nbsp;!</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Exil combattant, Daniel Cordier, Auschwitz photographier : trois expositions pour trois approches du geste artistique à l’heure de la barbarie nazie</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/expositions-pproches-geste-artistique-barbarie-nazie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 07:24:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38060</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois expositions, trois lieux, un même fil rouge qui questionne la place du geste artistique par temps de conflit, plus spécifiquement dans la Seconde Guerre mondiale. Sujets, acteurs, témoins, victimes ou survivants&#160;: entre engagement, mémoire et devoir d’histoire, ces artistes, professionnels ou amateurs, ont fait le choix de créer dans des contextes antagonistes. Le Musée de l’Armée, le Mémorial de la Shoah et les musées de la Ville de Paris...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme.jpg" alt="" class="wp-image-38063" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Trois expositions, trois lieux, un même fil rouge qui questionne la place du geste artistique par temps de conflit, plus spécifiquement dans la Seconde Guerre mondiale. Sujets, acteurs, témoins, victimes ou survivants&nbsp;: entre engagement, mémoire et devoir d’histoire, ces artistes, professionnels ou amateurs, ont fait le choix de créer dans des contextes antagonistes. Le Musée de l’Armée, le Mémorial de la Shoah et les musées de la Ville de Paris conjuguent leurs regards sur cette époque noire dont l’art se fait le témoin.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Exposition &quot;Un exil combattant. Les artistes et la France 1939 -1945&quot; - Bande-annonce !" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/rX4hzGtB8VQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Musée de l’Armée &#8211; Invalides&nbsp;:<em> Un exil combattant – Les artistes et la France 1939-1945</em></h2>



<p>Ils s’appelaient Ossip Zadkine, Wifredo Lam, Julio González, Jean Gabin et ils ont fui les persécutions, les pogroms, la guerre. Mais pas question de rester silencieux : en exil, ces artistes, venus d’Europe ou d’ailleurs, ont rejoint la France libre, les réseaux de la Résistance ou les salons engagés. Leurs œuvres – sculptures, peintures, affiches – témoignent d’une lutte culturelle aussi bien que politique. Leurs créations disent la fracture du monde, l’exil intérieur et la foi en une liberté qu’il fallait défendre, pinceau ou burin à la main.</p>



<p>L’exposition du Musée de l’Armée propose un parcours saisissant à la croisée des arts plastiques, de l’histoire et de l’engagement. En révélant les trajectoires singulières de ces artistes contraints à l’exil, elle éclaire une mémoire souvent oubliée : celle de ceux qui, tout en perdant une patrie, ont trouvé dans l’acte de création un territoire de résistance. C’est aussi une réflexion sur l’accueil de la France aux talents venus d’ailleurs, sur l’exil comme moteur de création, et sur la capacité de l’art à dépasser les frontières, les dictatures et les douleurs. Une leçon d’humanité autant qu’un hommage à l&rsquo;art en temps de guerre.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site du <a href="https://www.musee-armee.fr/accueil.html">Musée de l’Armée</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Teaser de l’exposition « Daniel Cordier (1920-2020) » | Musée de la Libération de Paris" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/dPQq56lWsgM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Musée de la Libération de Paris&nbsp;: <em>Daniel Cordier (1920-2020) – L&rsquo;espion amateur d’art</em></strong></h2>



<p>Résistant de la première heure, secrétaire de Jean Moulin, <a href="https://www.theartchemists.com/serie-alias-caracalla-resistance/">Daniel Cordier</a> a incarné l’engagement total. Jeune homme issu d’une droite monarchiste, il bascule dans l’action clandestine dès 1940, puis devient une figure clé du réseau de la France libre. Après la guerre, il trouve dans l’art une autre forme de combat : celle de l’expression, de la liberté, de la rupture. Collectionneur audacieux, défenseur de la modernité, il s’entoure d’artistes comme Henri Michaux, Jean Dubuffet ou Dado, bien loin de l’académisme rassurant.</p>



<p>L’exposition présentée au Musée de la Libération de Paris retrace cette double vie, entre ombre et lumière, clandestinité et éclat esthétique. Plus qu’un portrait, elle interroge la manière dont l’expérience de la Résistance a façonné un regard — celui d’un homme qui, après avoir risqué sa vie pour la liberté, a défendu avec la même ferveur une liberté de création radicale. C’est aussi un voyage au cœur de l’avant-garde, une plongée dans une époque où collectionner relevait d’une vision, presque d’une mission. Un témoignage rare sur l’alliage subtil entre engagement politique et engagement artistique.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site du <a href="https://www.parismusees.paris.fr/fr/exposition/daniel-cordier-1920-2020">musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin.</a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Bande annonce de l&#039;exposition &quot;Comment les nazis ont photographié leurs crimes. Auschwitz 1944&quot;" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/u3q5NssRa8Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mémorial de la Shoah&nbsp;:<em> Comment les nazis ont photographié leurs crimes – Auschwitz 1944</em></strong></h2>



<p>À <a href="https://www.theartchemists.com/?s=auschwitz">Auschwitz</a>, en 1944, certains SS ont, malgré les interdictions de leur hiérarchie, documenté l’indicible. Des officiers ont photographié l’arrivée des convois, la sélection, les gestes répétés de l’extermination industrialisée. Ces images, glaçantes, administratives, ont été retrouvées après-guerre. En face, d’autres clichés : pris clandestinement par des déportés résistants, ces photos volées montrent les corps brûlés, les cendres, l’horreur à nu. Deux regards, deux usages de l’image, deux mémoires irréconciliables.</p>



<p>L’exposition du Mémorial de la Shoah confronte ces documents comme des preuves — mais aussi comme des objets de réflexion. Comment représenter l’immontrable ? Comment faire face à l’archive produite par les bourreaux ? En exposant sans voyeurisme ces photographies, l’exposition ouvre un espace de pensée vertigineux sur le rôle de l’image : arme de propagande, outil judiciaire, trace d’une mémoire fragile. Un parcours bouleversant, nécessaire, qui replace la photographie dans sa fonction la plus grave : témoigner pour ne pas oublier.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site du <a href="https://expo-photos-auschwitz.memorialdelashoah.org/exposition.html">Mémorial de la Shoah</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois expositions, une même urgence : ne pas laisser l’art au silence</strong></h2>



<p>Des ateliers d’exilés aux archives de l’horreur, des pinceaux engagés aux clichés du crime, ces trois expositions explorent une question fondamentale : que peut l’art face à la guerre, face à la barbarie, face à l’effacement ? À travers des formes diverses — peinture, photographie, engagement personnel ou collection militante —, c’est toujours une même nécessité qui s’exprime : celle de témoigner, de transmettre, de résister.</p>



<p>Dans une époque où la mémoire vacille, où les extrêmes séduisent à nouveau, où les réfugiés sont rejetés et les artistes censurés, ces parcours historiques résonnent comme des avertissements. Mais aussi comme des leçons de courage et de dignité. Car ces œuvres, ces gestes, ces images nous rappellent une chose essentielle : même au cœur de la nuit, l’art peut rester debout. Et faire front.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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		<title>Les Hommes du président (1976) : l’enquête qui a fait tomber Nixon du haut du Watergate</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/hommes-president-film-pakula/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 17:34:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le film Pentagon Papers (2017) se termine sur l’effraction du Watergate, reprenant presque plan par plan le début du film culte d’Alan J. Pakula. Réalisé en 1976 Les Hommes du président (All the President’s Men) poursuit la saga médiatique entamée par Spielberg quarante après, s’imposant ainsi comme une référence incontournable du press movie. Un classique du genre et un choc filmique qui n’a rien perdu de sa puissance ni de...</p>
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<p>Le film <em><a href="https://www.theartchemists.com/pentagon-papers-une-ode-a-la-liberte-de-la-presse-signee-spielberg/">Pentagon Papers</a></em> (2017) se termine sur l’effraction du Watergate, reprenant presque plan par plan le début du film culte d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_J._Pakula">Alan J. Pakula</a>. Réalisé en 1976 <em>Les Hommes du président</em> (<em>All the President’s Men</em>) poursuit la saga médiatique entamée par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=spielberg">Spielberg</a> quarante après, s’imposant ainsi comme une référence incontournable du <em>press movie</em>. Un classique du genre et un choc filmique qui n’a rien perdu de sa puissance ni de sa justesse : au coeur de ce récit, le scandale du Watergate tel qu’il fut dévoilé par le <em>Washington Post</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Les Hommes du Président - Bande Annonce Officielle (VOST) - Robert Redford / Dustin Hoffman" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/xiBrLx3kKfQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Deux journalistes face à l’État</h2>



<p>Washington, 1972. Une étrange effraction a eu lieu dans les locaux du Parti démocrate, au sein de l’élégant complexe du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=watergate">Watergate</a>. Une affaire mineure ? Pas pour Bob Woodward (Robert Redford) et Carl Bernstein (Dustin Hoffman), deux jeunes journalistes du désormais très couru <em>Washington Post</em>. Leur flair ne les trompe pas : ce banal fait divers cache en fait une véritable affaire d’État.</p>



<p>Manipulations, pressions politiques et menaces se multiplient. À force d’obstination, de recoupements et de nuits blanches, les deux reporters, cornaqués par un certain Ben Bradlee, rédacteur en chef du post et initiateur de la publication des Pentagon papers, remontent la piste jusqu’à la Maison-Blanche. Résultat : la démission, deux ans plus tard, du président républicain Richard Nixon, qui préfère jeter l’éponge que d’être reconnu coupable d’avoir orchestré cette opération d’espionnage et d’avoir tout fait pour l’escamoter, quitte à mentir et trahir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un thriller d’investigation</h2>



<p>Sous ses dehors de film “parlé”, <em>Les Hommes du président</em> démontre de manière éclatante le pouvoir de la presse et de sa nécessité démocratique, une pure émanation, fondatrice du reste, du journalisme drama, autrement appelé <em>press movie</em>. Mais c’est aussi un thriller frénétique, d’une redoutable efficacité.</p>



<p>Pas de courses-poursuites, pas de scènes de crime : tout se joue dans les silences, les appels téléphoniques, les classeurs poussiéreux, les cafés tièdes et les machines à écrire. Alan J. Pakula filme cette enquête comme une descente dans les sous-sols du pouvoir, avec une mise en scène au scalpel. La lumière aveuglante de la salle de presse où les deux reporters rédigent leurs articles dialogue avec les ombres des parkings où des sources anonymes dévoilent les dessous de cette sale histoire de barbouzes. Plans séquence prenants, gros plans scrutateurs, c’est le triomphe du réalisme, sans effets ni glamour.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Redford/Hoffman : le duo parfait</h2>



<p>Robert Redford et Dustin Hoffman, qui incarnent Woodward et Bernstein (le duo était surnommé Woodstein par leur rédacteur en chef), livrent des performances sobres et tendues. Ils campent deux journalistes ordinaires, déterminés, maladroits, humains. Leur alchimie repose sur leurs différences : l’un est méthodique, l’autre instinctif. Ensemble, ils incarnent la presse dans ce qu’elle a de plus précieux : le doute, la rigueur, l’obsession de la vérité.</p>



<p>Au-dessus d’eux plane la figure de Ben Bradlee (Jason Robards), rédacteur en chef droit dans ses bottes, qui leur donne les moyens d’agir… mais aussi la responsabilité qui va avec. Il fallait ce casting (et l’excellente B.O. de David Shire) pour donner de l’épaisseur au scénario et porter cette réflexion sur le rôle des institutions, le courage individuel, la place du citoyen face au pouvoir, cela sans tomber dans la leçon morale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre Oscars et un modèle</h2>



<p>Pas de grands discours : le film montre, il ne théorise pas. Il fait confiance au spectateur pour saisir l’ampleur du scandale, l’importance du travail de fond, et les menaces sourdes qui pèsent sur les libertés. En cela, il reste très actuel. À l’ère des infox, de la défiance envers les médias et des intimidations politiques, ce film des années 70 sonne comme un avertissement.</p>



<p>Sorti en 1976, à peine deux ans après la démission de Nixon, le film est un coup de poing démocratique. Il a reçu quatre Oscars, dont celui du meilleur scénario adapté, ce qui est plus que justifié. Car ce longt métrage constitue le modèle du film de journalisme, influençant toute une génération de cinéastes, d’enseignants… et de journalistes eux-mêmes.</p>



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<h2 class="wp-block-heading"><br /><br /></h2>
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		<title>Pentagon Papers : une ode à la liberté de la presse signée Spielberg</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/pentagon-papers-une-ode-a-la-liberte-de-la-presse-signee-spielberg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 17:05:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Steven Spielberg n’a jamais eu peur d’affronter l’Histoire. Avec Pentagon Papers (The Post, 2017), il signe un film d’une actualité brûlante, en explorant l’un des tournants les plus décisifs de la liberté de la presse américaine. Porté par Meryl Streep et Tom Hanks, ce thriller politique met en scène la course contre la montre du Washington Post pour publier les « Pentagon Papers », ces documents confidentiels révélant les mensonges de l’administration...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/pentagon-papers-une-ode-a-la-liberte-de-la-presse-signee-spielberg/">Pentagon Papers : une ode à la liberté de la presse signée Spielberg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers.jpg" alt="" class="wp-image-38015" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/05/The-ARTchemists-pentagon-papers-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Steven Spielberg n’a jamais eu peur d’affronter l’Histoire. Avec <em>Pentagon Papers</em> (<em>The Post</em>, 2017), il signe un film d’une actualité brûlante, en explorant l’un des tournants les plus décisifs de la liberté de la presse américaine. Porté par Meryl Streep et Tom Hanks, ce thriller politique met en scène la course contre la montre du <em>Washington Post</em> pour publier les « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentagon_Papers">Pentagon Pap</a>ers », ces documents confidentiels révélant les mensonges de l’administration américaine sur la <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-guerre-vietnam/">guerre du Vietnam</a>. Un film sur le passé ? Peut-être. Mais surtout, une alerte sur notre présent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Pentagon Papers / Bande-annonce officielle VOST [Au cinéma le 24 janvier]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/pV-KZSohqjU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Scandale d’État et journalisme d&rsquo;investigation</h2>



<p>Tout commence en 1971. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Ellsberg">Daniel Ellsberg</a>, analyste militaire et premier lanceur d’alerte de l’histoire moderne s’il en est, divulgue à la presse une étude secrète commandée par le Pentagone, qui montre que les gouvernements successifs, de Truman à Nixon, savaient que la guerre du Vietnam était une impasse, mais ont sciemment menti à l’opinion publique pour ne pas perdre la face, quitte à sacrifier les vies des jeunes soldats envoyés là-bas (58&nbsp;209&nbsp;morts sur les 2 millions de victimes du conflit). Le <em>New York Times</em> commence à publier les documents… avant d’être bloqué par une injonction de la Maison-Blanche.</p>



<p>Publier, c’est risquer une accusation de haute trahison, ce qui n’est pas rien. Le <em>Washington Post</em>, alors dirigé par <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/katharine-graham-la-femme-qui-revela-les-pentagon-papers-et-le-watergate_2575896.html">Katharine Graham</a> (Meryl Streep), hésite : publier à son tour ou se soumettre ? Risquer la prison, la faillite, la perte de crédibilité (au moment où le quotidien entre en bourse)… ou défendre le droit fondamental d’informer et de révéler la vérité ? Comme à son habitude et avec le talent qu’on lui connaît, Spielberg, en grand amateur d’Hitchcock qu’il est, transforme ce dilemme médiatico-politique en un suspense haletant, où les enjeux moraux, économiques et sociétaux se mêlent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ode aux femmes qui prennent le pouvoir</h2>



<p>Sous ses allures de thriller politique à l’ancienne, <em>Pentagon Papers</em> est aussi le portrait d’une femme qui s’affirme dans un monde d’hommes. Katharine Graham, veuve discrète devenue éditrice par nécessité, se retrouve propulsée en première ligne d’un combat médiatique, juridique et idéologique qui ne la dépasse pas tant que ça.</p>



<p>Son cheminement intérieur — de la peur et de l’effacement à la détermination — donne au film une dimension intime, vibrante, profondément féministe. Le personnage de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Bradlee">Ben Bradlee</a> (Tom Hanks), rédacteur en chef énergique et pur jus « old school » (qui sera au coeur de l’enquête sur le scandale du Watergate), vient contrebalancer cette évolution. Ce tandem incarne deux faces complémentaires de la presse libre : le feu de l’investigation et la prudence stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Spielberg, chef d’orchestre engagé</h2>



<p>Réalisé en quelques mois seulement, dans une urgence assumée, <em>Pentagon Papers</em> est un film au rythme tendu, au découpage d’une efficacité redoutable. Spielberg y déploie tout son savoir-faire : mouvements de caméra fluides, montage nerveux, ce sens du cadre qui donne du souffle à la parole.</p>



<p>Mais c’est surtout un film profondément politique. Spielberg, Streep et Hanks s’engagent ouvertement contre la montée des populismes, la remise en question de la presse, les attaques contre la vérité. Le film, tourné sous l’administration Trump, fait ainsi écho à des débats toujours d’actualité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Quelle est la place du journalisme face au pouvoir ?</li>



<li>Jusqu’où peut-on aller pour défendre le droit de savoir ?</li>



<li>La démocratie peut-elle survivre sans une presse libre ?</li>
</ul>



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<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-the-hour/">The Hour : journalisme, espionnage, révolution sociale… une série incontournable !</a></li>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-television-francaise/">Une télévision française : quand le théâtre évoque TF1 en marche vers la privatisation</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le dérangeant miroir de notre époque</h2>



<p>Dans un monde saturé d’informations, de désinformation et de manipulation, <em>Pentagon Papers</em> sonne comme un rappel essentiel : la vérité a un prix. Et ceux qui la défendent, journalistes, lanceurs d’alerte, éditeurs, prennent des risques — pour nous.</p>



<p>C’est aussi un hommage à la presse papier, aux rotatives, aux bouclages de nuit, aux doutes de dernière minute, aux discussions en salle de rédaction. Une autre époque, pas si lointaine, où on savait enquêter, où tenir tête au pouvoir n’était pas une stratégie marketing, mais un acte de courage, un engagement citoyen.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>« Le Dossier Odessa » : une chasse aux nazis signée Frederick Forsyth</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dossier-odessa-roman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:39:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37987</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Le ventre est encore fécond d&#8217;où a surgi la bête immonde » prophétisait un certain Bertold Brecht qui savait de quoi il parlait puisqu’il avait dû fuir le nazisme en 1933. Publié en 1972, Le Dossier Odessa (The Odessa File) confirme les dires du dramaturge berlinois dune manière magistrale. À la croisée du roman d’espionnage et de l’enquête journalistique, le livre de l’auteur Frederick Forsyth met en lumière les ramifications secrètes...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<p>« Le ventre est encore fécond d&rsquo;où a surgi la bête immonde » prophétisait un certain Bertold Brecht qui savait de quoi il parlait puisqu’il avait dû fuir le nazisme en 1933. Publié en 1972, <em>Le Dossier Odessa</em> (<em>The Odessa File</em>) confirme les dires du dramaturge berlinois dune manière magistrale. À la croisée du roman d’espionnage et de l’enquête journalistique, le livre de l’auteur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Frederick_Forsyth">Frederick Forsyth</a> met en lumière les ramifications secrètes du nazisme APRÈS la Seconde Guerre mondiale, alors que les sbires survivants d’Hitler entretiennent la flamme de leur idéologie mortifère dans une Allemagne de l’Ouest refusant obstinément d’affronter son passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand un journal intime fait basculer une vie</h2>



<p>Hambourg, 1963. Jeune journaliste ambitieux et solitaire, Peter Miller entre en possession du journal intime d’un vieillard solitaire qui vient de se suicider. Ce survivant juif des camps y a relaté, outre le calvaire subi durant sa déportation, l’existence de l’Organisation der ehemaligen SS-Angehörigen.<em> </em>Le réseau clandestin <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Odessa_(organisation)">ODESSA</a> a, selon lui, conçu afin de protéger les anciens SS de poursuites judiciaires en les exfiltrant vers des pays comme l’Argentine ou l’Égypte pour ensuite leur fournir de nouvelles identités et couvrir leurs crimes.</p>



<p>Désireux d’en savoir plus, Miller décide de mener l’enquête. Il s&rsquo;infiltre dans ce réseau obscur avec l’aide d’un agent israélien du Mossad et d’un ancien SS repenti. Son objectif : retrouver Eduard Roschmann, surnommé le « Boucher de Riga », et le confronter à ses crimes. Mais plus Miller avance, plus il découvre un monde où la justice, la politique, l’industrie et le silence s’entrelacent dangereusement. Ce qui va le pousser à bien des extrémités, sachant qu’il est aussi en quête de justice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fiction ancrée dans la réalité</h2>



<p>Si le roman est une œuvre de fiction particulièrement bien menée, il s’appuie aussi sur des faits historiques avérés. L&rsquo;organisation ODESSA a bien existé, même si son ampleur exacte fait encore l’objet d’investigations historiques De nombreux anciens nazis ont effectivement échappé aux procès de Nuremberg grâce à des complicités au sein même des institutions allemandes, du Vatican, et via des filières d’exfiltration comme la <strong><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ratlines_(World_War_II)">Ratline</a></strong>.</p>



<p>Le personnage de Roschmann est inspiré d’un véritable criminel de guerre, dont le passé a été révélé grâce à l’enquête de <strong><a href="https://www.theartchemists.com/chasseurs-nazis/">Simon Wiesenthal</a></strong>, célèbre chasseur de nazis. Forsyth, lui-même ancien journaliste et correspondant de guerre, a mené une investigation minutieuse, en consultant des archives, des dossiers confidentiels et en interrogeant des survivants de la Shoah. Ce travail documentaire confère au roman une puissance glaçante de réalisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un style nerveux et journalistique</h2>



<p><em>Le Dossier Odessa</em> ne se contente pas de divertir, il éclaire une zone d’ombre de l’histoire européenne d’après-guerre. Frederick Forsyth se distingue par son style précis, quasi journalistique. Son écriture se veut factuelle, rythmée, tendue, évitant le pathos pour laisser parler les faits. L’intrigue avance à un rythme soutenu, alternant scènes d’action, dialogues tendus et passages d’analyse historique. Chaque détail compte, chaque révélation relance le suspense.</p>



<p>Le roman est aussi traversé par une réflexion sur la mémoire, la justice et la vérité, dans une Allemagne encore marquée par l’ombre du Troisième Reich. Il interroge : que faire des bourreaux restés impunis ? Jusqu’où aller pour obtenir justice ? La vengeance peut-elle être un moteur légitime ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comprendre, dénoncer, réparer</h2>



<p>Dès sa sortie, le roman a été salué pour sa capacité à mêler thriller haletant et rigueur historique. Il s’inscrit dans une veine littéraire post-Seconde Guerre mondiale qui cherche à comprendre, dénoncer, parfois réparer. Dans la lignée d’auteurs comme John le Carré ou Robert Harris, Forsyth s’impose comme un conteur engagé, capable d’utiliser la fiction pour mettre au jour des vérités dérangeantes. En 1974, <em>Le Dossier Odessa</em> est adapté au cinéma par Ronald Neame, avec Jon Voight dans le rôle de Peter Miller et Maximilian Schell dans celui de Roschmann. </p>



<p>Le film a connu un succès relatif, n’égalant guère la profondeur et la complexité du roman. Plus qu’un roman d’espionnage, <em>Le Dossier Odessa</em> explore<strong> </strong>les zones grises de l’Histoire, dans un récit tendu et lucide sur la manière dont les démons du passé peuvent hanter le présent. Frederick Forsyth y déploie tout son talent de narrateur pour offrir une œuvre à la fois captivante et profondément engagée, qui continue de résonner aujourd’hui à l’heure où les questions de justice, de mémoire et de vérité restent plus que jamais d’actualité.</p>



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		<title>Sigmaringen : Assouline raconte le crépuscule doré de la collaboration</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/sigmaringen-assouline-raconte-le-crepuscule-dore-de-la-collaboration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 15:46:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Étrange et funèbre bal que celui qui se danse dans les salons empesés du château de Sigmaringen, en cette année 1944 où la France bascule. Pierre Assouline orchestre ici un roman historique d’une ironie feutrée mais implacable. Il faut imaginer la scène : le gotha de la collaboration française exfiltré, replié, entassé dans cette résidence prussienne, transformé en décor suranné de vaudeville, entre comédie de boulevard et tragédie antique. Le...</p>
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<p>Étrange et funèbre bal que celui qui se danse dans les salons empesés du château de <em>Sigmaringen</em>, en cette année 1944 où la France bascule. <a href="https://x.com/passouline">Pierre Assouline</a> orchestre ici un roman historique d’une ironie feutrée mais implacable. Il faut imaginer la scène : le gotha de la collaboration française exfiltré, replié, entassé dans cette résidence prussienne, transformé en décor suranné de vaudeville, entre comédie de boulevard et tragédie antique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le témoignage d’une déroute</h2>



<p>Il y a évidemment là le maréchal Pétain, spectre vieilli et quasi muet, son épouse et leur suite. Laval les rejoint. Et puis tous les autres : ministres fantoches, miliciens brutaux, vieilles baronnes en peau de renard et jeunes secrétaires aux jupes trop ajustées. L’auteur Céline également, avec son épouse et son chat. Tous ont fui la France en voie de libération, et n’ont qu’une envie : y retourner au gré d’un éventuel échec des Alliés, dont ils suivent, éplorés, les avancées via la radio.</p>



<p>Pour les recevoir et assurer leur bien-être au quotidien, le majordome Julius Stein,fidèle aux princes de Hohenzollern que son clan sert depuis des générations. Julius ainsi que toute la domesticité, ont assisté, impuissants, au déménagement forcé de toute la famille, vidée des lieux par les Nazis en moins de vingt-quatre heures. Désormais, Julius est le gardien du lieu et de son prestige. Et le témoin de cette déroute.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une</strong><strong> micro-société grotesque</strong></h2>



<p>Par ses yeux, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Assouline">Assouline</a> dépeint cette clique avec la distance mordante qui fait tout le charme de son style : une écriture ciselée, jamais clinquante, toujours précise. Le roman s’organise ainsi comme la chronique au jour le jour de cette micro-société pathétique et grotesque, réduite à elle-même dans un décor trop grand, où l’on s’ennuie, où l’on complote, où l’on rêve encore à un improbable retour en grâce.</p>



<p>La tragédie est là, tapie derrière une trompeuse atmosphère de farce. <em>Sigmaringen</em> est le récit d’une fin de règne, une décomposition morale, où les masques tombent, où les vanités se révèlent sous leur vrai jour. Sous les moulures séculaires, durant les soupers vains, Assouline déploie une réflexion subtile sur la mémoire, la responsabilité, la survie des apparences. Rien n’est innocent dans cette retraite aux allures de prison. Chacun joue son ultime partition devant l’Histoire, en espérant un faux miracle ou un véritable oubli.</p>



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<p>Roman d’ambiance, de détails, de sous-entendus glaçants, <em>Sigmaringen</em> est un bal des maudits mené avec une plume d’une élégance discrète, où la beauté du style n’empêche jamais la justesse du propos. Un Assouline au sommet de son art, à lire comme on ouvrirait un album de photos jaunies, où l’on reconnaît soudain les visages qu’on aurait préféré oublier.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Les Bienveillantes : « Vis ma vie de SS »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bienveillantes-roman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 10:27:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37878</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : Les Bienveillantes font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index. Un enfer à plusieurs visages Tout...</p>
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<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : <em>Les Bienveillantes</em> font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer à plusieurs visages</h2>



<p>Tout dans le roman fleuve de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Littell">Jonathan Littell</a> respire la désintégration mentale, la transgression des tabous, le cynisme le plus noir. Ce pavé de 900 pages à la louche raconte à la première personne le parcours de Maximilien Aue. Cet industriel allemand vieillissant prend un jour sa plume la plus acérée pour nous raconter sa jeunesse. Une jeunesse passée dans les rangs des SS.</p>



<p>Montée en puissance du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazisme+">nazisme</a>, recrutement parmi les séides d’Himmler, infiltration parmi les opposants au régime réfugiés en France, invasion de l’Ukraine, massacre de Babi Yar, siège de Stalingrad, gestion des camps de concentration et d’extermination, chute d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Hitler+">Hitler</a>… par les yeux de Max, nous traversons un véritable enfer à plusieurs visages, où des hommes infligent à d’autres hommes des tortures inimaginables. De fait,<em> Les Bienveillante</em>s s’avèrent presque une relecture de l’oeuvre de Dante avec à la clé deux qualificatifs : atroce, abject.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un condensé de la mémoire</h2>



<p>Jonathan Littell saisit là l’occasion de raconter une époque, une logique, une manière de faire, de voir les choses. Sans fard. Avec en sous-titre quelque chose comme « Vis ma vie de SS ». S’appuyant sur une documentation aussi complète que fouillée qu’il a mis des années à rassembler/décrypter, l’auteur relate l’indicible, tente de saisir la réalité de la banalité du mal selon Harendt. Pour ce faire, il pénètre les rouages mentaux, la psychologie d’un pur produit du régime nazi. Ce travail introspectif flirte avec les nerfs du lecteur, l’emmenant très loin dans une psyché perverse où l’inceste dialogue avec le matricide à la manière des grandes malédictions de l’Antiquité.</p>



<p>Sorti tout droit du livre <em>La mort est mon métier</em> de Merle et du film<a href="https://www.theartchemists.com/film-damnes-luchino-visconti-1969/"> <em>Les</em> <em>Damnés</em></a> de Visconti, Max Aue est un double du SS Rudolf Lang (lui-même version littéraire de Rudolf Hoess, commandant du camp d’Auschwitz) et du jeune dévoyé Martin (travesti, pédophile, incestueux, appelé à devenir un haut gradé de la SS). Des références de ce type, le livre en est saturé. Comme une sorte de condensé de la mémoire transmise via le cinéma, la littérature, la photographie. Et c’est là que se situe la valeur du récit de Littell : cette synthèse est un regard en arrière sur la manière dont on a transmis le passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire réagir un lecteur en léthargie</h2>



<p>Et ce regard interroge la manière dont à l’avenir on parlera de cette période. Travaillant au sein d’une ONG, Littell a traversé plusieurs conflits notamment celui des Balkans. L’horreur de la guerre, il l’a vécue en direct. Il a pu constater de ses yeux que la mémoire du génocide, le fameux « Plus jamais ça » n’ont rien stoppé. L’homme est un loup dévorateur et cruel pour l’homme, et le souvenir de la Shoah n’a visiblement pas porté. Comment alors perpétuer cette mémoire sinon par le traumatisme, la brutalité de l’écriture ? Incisive et provocatrice, la plume de Littell mêle pornographie sadico-régressive et violence la plus primaire pour faire réagir un lecteur en léthargie.</p>



<p>D’où des réactions contradictoires : certains ont adoré, d’autres détesté. Ce qui est certain, c’est que personne n’est indifférent, et c’est le but. Quitte à ébranler les consciences. A ce titre, une petite anecdote : ce livre m’est arrivé entre les mains grâce à une de mes étudiantes, qui devait le travailler en cours. Je ne la remercierai jamais assez du reste car ce fut pour moi une révélation, une secousse littéraire d’envergure. Pour elle aussi du reste. Elle me confia qu’elle aurait aimé être avertie de la teneur du livre avant de le commencer. Une sorte d’avertissement/consentement avant de plonger dans l’horreur.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un bourreau en dentelles</h2>



<p>C’est vous dire l’onde de choc que constitue la lecture de ce bouquin. Âmes sensibles, s’abstenir ? Ou au contraire faut-il foncer, quitte à ne jamais s’en remettre ? C’est peut-être cela, la prise de conscience. Se prendre en pleine tête un peu du traumatisme ressenti par ceux qu’on détruit sciemment et avec un sadisme quasi assumé, banalisé, étatisé. A nous alors de ne plus être ces bienveillantes, Euménides déesses du pardon, qu’on nous demande d’être par souci de bienséance et de tranquillité ; il convient surtout d’incarner leur autre visage, celui des Erinyes, furies persécutrices du Mal sous toutes ses formes.</p>



<p>La aussi, aussi Littell trace le chemin. Son protagoniste, cynique en diable, ne cesse de ses plaindre de son sort, geignard condensé de vices, insupportable d’impudeur, évoquant cette descente aux enfers comme on le ferait d’un périple touristique, avec en prime une petite musique intérieure révélée par les titres des différentes parties : toccata, allemande, courante, sarabande, menuet en rondeau, air de cour, gigue. Éduqué, diplômé, cultivé, Aue est un bourreau en dentelles. Un psychopathe de salon adoubé par un régime abominable pour accomplir une besogne sordide. Et la question de se poser : combien comme lui, en ce moment même, déchiquètent le monde à belles dents ?</p>



<p>Merci à D. grâce à qui j&rsquo;ai découvert cet ouvrage majeur.</p>



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