﻿<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Molière</title>
	<atom:link href="https://www.theartchemists.com/search/Moli%C3%A8re/feed/rss2/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.theartchemists.com/</link>
	<description>Bienvenue en zone culturelle libre</description>
	<lastBuildDate>Tue, 08 Sep 2026 10:18:54 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>
	<item>
		<title>La Vie parisienne selon Valérie Lesort : « Feu partout ! Lâchez-tout ! »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-comedie-francaise-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 10:18:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=39351</guid>

					<description><![CDATA[<p>La dernière fois que La Comédie Française s’était frottée à La Vie parisienne, c’était en 1997. Une entrée au répertoire menée de main de maître par un Daniel Mesguisch au mieux de sa forme, avec à l’affiche Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Bérengère Dautun, Véronique Vella en j’en passe. Au programme voiture de course miniature et [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-comedie-francaise-2026/">La Vie parisienne selon Valérie Lesort : « Feu partout ! Lâchez-tout ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La dernière fois que La Comédie Française s’était frottée à <em><a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-offenbach/">La Vie parisienne</a></em>, c’était en 1997. Une entrée au répertoire menée de main de maître par un Daniel Mesguisch au mieux de sa forme, avec à l’affiche Thierry Hancisse, Catherine Salviat, Bérengère Dautun, Véronique Vella en j’en passe. Au programme voiture de course miniature et atelier de Brecht en chaussettes. Hilarant déjà mais encore très sage. Changement d’atmosphère garantie avec cette version 2026 signée Valérie Lesort qui conjugue l’opérette d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=offenbach">Offenbach</a> en mode « gros porcs » et « poules de luxe ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mélodies frénétiques et tourisme sexuel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La metteuse en scène, à qui l’on doit par ailleurs des lectures particulièrement réussies de <em><a href="https://www.theartchemists.com/20-000-lieues-mers-comedie-francaise/">20 000 lieux sous les mers</a></em> et de la comédie <em><a href="https://www.theartchemists.com/bourgeois-gentilhomme-hecq/">Le Bourgeois gentilhomme</a></em>, n’a pas tort. Vitrine du Second Empire, la capitale dans laquelle prospère le compositeur de <em>La Belle Hélène</em> est clairement un phare assumé du tourisme sexuel. Dames de petite vertu et grandes horizontales y pullulent qui permettent à ces nobles messieurs, aristocrates ou richissimes banquiers, de « s’en fourrer jusque là ». Tandis que les expositions universelles servent de show room aux avancées technologiques d’une révolution industrielle au top de sa forme, restaurants à la mode et bordels de luxe accueillent les visiteurs venus s’encanailler au bras de magnifiques courtisanes avant de les trousser dans d’improbables alcôves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-nana-1981-suicide-collectif-par-jouissance-interposee/">Nana</a></em> de Zola confirme la chose de manière certes moins cocasse que le livret de Meilhac et Halévy, livret électrisé par les mélodies frénétiques d’un Offenbach survolté vantant les douceurs parisiennes avec bien plus d’efficacité que toutes les réclames d’alors. Passons sur le nombre de hits, cancan final inclus, qui parsèment les mésaventures du baron de Gondremarck, débarqué de sa Suède natale avec la ferme intention de trousser petites danseuses et actrices tandis que le beau Gardefeu tente de lui souffler son épouse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-9-16 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtube.com/shorts/EOwroGolJW4?si=aJl3NWGTWmnTIR2l" title="La Vie parisienne : « Je veux m&amp;apos;en fourrer jusque-là ! » - Extrait" width="563" height="1000" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EOwroGolJW4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EOwroGolJW4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un esprit basse-cour</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cet aspect que souligne Valérie Lesort &#8230; qui décide d’aborder la chose pour ce qu’elle est&nbsp;: une gigantesque partie de jambes en l’air en devenir. De jambons, devrais-je dire … Gros porcs, petites cocottes&nbsp;&#8230; les acteurs déboulent sur scène avec groin, oreilles retroussées, queue en tir-bouchon, les actrices, serties de plumes, arborent crânement crête et bec et en jouent à merveille. Et tout ce petit monde de grogner, caqueter, se renifler, se dandiner, se courir après dans un esprit basse-cour dont on se demande quand il tournera à la bacchanale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Redoutable équation&nbsp;burlesque qui démolit d’une pichenette la vision paillarde/égrillarde qu’on avait jusqu’alors de la chose pour dire clairement les choses&nbsp;: Paris made in 1860 est une basse cour où l’orgie bat son plein, ramenant les dignes représentants du patriarcat occidental à ce qu’ils sont en vérité, un ramassis de bouffeurs/buveurs/baiseurs impénitents qui envoient balader leurs grands principes pour se vautrer dans le sturpe avec une volupté bestiale. Et ces dames d’en profiter également, quitte à s’abandonner aux joies du triolisme (dixit la courtisane Metella qui réglera le conflit Bobinet/Gardefeu en instituant un plan à trois des plus pratico-jouissifs).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des plumes, des groins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des plumes, des groins, des croupions, de la fange … on a compris le propos, qui rejoint la célèbre phrase de Zola décrivant les clients de <a href="https://www.theartchemists.com/nana-1955-cocotte-technicolor/">Nana</a> tels une « <em>meute derrière une chienne, qui n&rsquo;est pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent</em> » ; quant à la célèbre demi-mondaine, elle incarne cette « <em>mouche d’or</em> » lâchée sur la société du Second empire pour en saper les fondations tout en dévoilant la corruption à l’œuvre. Quand je vous disais que l’approche zolienne était moins marrante que la lecture d’Offenbach revisité par dame Lesort …</p>



<p class="wp-block-paragraph">Impossible de porter cette version #balancetonporc de <em>La Vie parisienne</em> sans un casting de haut vol capable de pousser la chansonnette sur la scène du théâtre du Châtelet, historiquement temple de l’opérette française et partenaire de la maison de Molière dans le cadre d’un programme « hors les murs » décidément prometteur. Je cite Christian Hecq, Benjamin Lavernhe, Elsa Lepoivre, Véronique Vella, Nicolas Lormeau, Jéméry Lopez, Yoann Gasiorowski (baronne de Gondremarck, il fallait y penser, le rôle étant habituellement endossée par d’accortes actrices dont une certaine Madeleine Renaud dans la version historique de 1958 drivée par la Compagnie Renaud-Barreau), Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Melissa Polonie … et Marie Oppert, délicieuse Gabrielle, gantière le jour, veuve de colonel la nuit, voix superbe en toutes occasions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une production ambitieuse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les décors, Eric Ruff, pour les costumes Vanessa Sannino, sur les planches le choeur Ensemble la Marquise et une ribambelle de danseurs/danseuses menés par le chorégraphe Rémi Boissy, dans la fosse Alexandra Cravero dirigeant avec autant d’humour que de virtuosité Les Frivolités Parisiennes. Petit plus pour Cyril Casmèze de la Compagnie Singe Debout qui a initié tout le casting aux joie du mouvement animal. Bref une belle production, originale, ambitieuse et surtout très juste par delà le côté burlesque de la chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Preuve une fois de plus des talents conjugués d’une troupe qui retrouve là les racines moliéresques de la farce, puise dans sa maîtrise du vaudeville à la Feydeau et dévoile ses compétences dans le domaine du chant. Le cocktail est explosif, les crises de fou rire au rendez-vous, la surprise marque la conclusion de ce morceau de bravoure, avec une approche pour le moins inattendue du cancan final et une traduction bien en chair du célébrissime « Feu partout ! Lâchez-tout ! ». Cerise sur le gâteau : la mise en scène est visionnable <a href="https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/8667573-la-vie-parisienne.html">en replay ICI</a> … et gratuitement ! N’en faits donc pas l’économie. Offenbach aurait tellement aimé &#8230;</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/vie-parisienne-comedie-francaise-2026/">La Vie parisienne selon Valérie Lesort : « Feu partout ! Lâchez-tout ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Exposition Madame de Sévigné — Lettres parisiennes : parcours d’une Précieuse épistolière</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/exposition-madame-sevigne-carnavalet-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 14:39:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38620</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le saviez-vous&#160;? L&#8217;hôtel Carnavalet fut la demeure de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, de 1677 jusqu&#8217;à sa mort en 1696. C&#8217;est donc dans l&#8217;exacte matière de son existence — ces murs, ces escaliers, ces dorures, cette lumière oblique du Marais — que l’exposition Lettres parisiennes, prend corps. 2026 marque le quatre centième anniversaire de [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-madame-sevigne-carnavalet-2026/">Exposition Madame de Sévigné — Lettres parisiennes : parcours d’une Précieuse épistolière</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le saviez-vous&nbsp;? L&rsquo;hôtel Carnavalet fut la demeure de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, de 1677 jusqu&rsquo;à sa mort en 1696. C&rsquo;est donc dans l&rsquo;exacte matière de son existence — ces murs, ces escaliers, ces dorures, cette lumière oblique du Marais — que l’exposition <em>Lettres parisiennes</em>, prend corps. 2026 marque le quatre centième anniversaire de la naissance de la marquise, le 5 février 1626, place Royale — l&rsquo;actuelle place des Vosges, à deux pas du musée qui accueille aujourd&rsquo;hui sa mémoire. Le symbole a l&rsquo;élégance d&rsquo;un cercle parfait.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/GxAEQJR_LO4?si=y6anNiP5gTUXLldH" title="Exposition Madame de Sévigné. Lettres parisiennes - Teaser | Musée Carnavalet - Histoire de Paris" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/GxAEQJR_LO4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/GxAEQJR_LO4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux cents œuvres pour une seule voix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exposition déploie plus de deux cents pièces — peintures, dessins, objets — issues des collections du musée, de grandes collections publiques françaises, et de collections particulières, avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France et du musée du Louvre. Le commissariat scientifique, confié à Anne-Laure Sol, conservatrice en chef du patrimoine, s&rsquo;appuie sur un comité de spécialistes interdisciplinaires réunissant historiens, professeurs de lettres, chorégraphes et historiennes du théâtre. Objectif : ne pas enfermer Sévigné dans le seul cabinet de la correspondance, mais la rendre à la pleine complexité d&rsquo;une vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une vie d&rsquo;une troublante densité. Orpheline très tôt, élevée à Paris par ses grands-parents maternels les Coulanges qui lui offrirent une éducation exceptionnelle pour une jeune fille de son siècle, mariée en 1644 au gentilhomme breton Henri de Sévigné, veuve à vingt-cinq ans après la mort de son époux en duel, Madame de Sévigné traverse l&rsquo;existence avec une grâce souveraine mais les yeux grands ouverts sur la réalité. Elle fréquente les cercles les plus raffinés de la capitale : l&rsquo;hôtel de Rambouillet, le salon de Mademoiselle de Scudéry. Elle participe à l&rsquo;élaboration de cette culture galante qui redéfinit alors, en France, l&rsquo;art de vivre, d&rsquo;écrire et de paraître.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-1 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph">A lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/allee-roi-precieuse-soleil/">L’Allée du Roi&nbsp;: la Précieuse et le Soleil</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-mademoiselle-moliere/">Molière&nbsp;: quand Jean-Baptiste n’aime plus Madeleine…</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-moliere-ariane-mnouchkine/">Film : Molière ou la vie d’un honnête homme – Ariane Mnouchkine</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;amour maternel comme œuvre littéraire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l&rsquo;on retient de Sévigné, ce sont les lettres. Pas toutes — la correspondance est vaste — mais celles qu&rsquo;elle adresse à sa fille, Françoise-Marguerite, comtesse de Grignan après son mariage en 1669, partie vivre en Provence loin de Paris et de sa mère. C&rsquo;est dans cet espace de séparation, dans cette béance géographique et affective, que naît l&rsquo;une des œuvres les plus singulières de la littérature française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des milliers de feuillets traversant la France à cheval, portant des nouvelles de la Cour, des potins du Marais, des réflexions sur la mort, la foi, la politique, la nature — et toujours, en filigrane, l&rsquo;amour pour cette fille que l&rsquo;on ne voit plus assez. Cette <em>Correspondance</em> figure aujourd&rsquo;hui parmi les classiques de la littérature française. Elle est aussi, et l&rsquo;exposition s&rsquo;y attarde avec justesse, un document historique d&rsquo;une précision redoutable sur les idées, les mœurs et les événements du règne de Louis XIV.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Paris en transformation : la ville comme personnage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des partis pris les plus séduisants de l&rsquo;exposition est de replacer Madame de Sévigné dans son Paris — cette ville en pleine métamorphose que Louis XIV est en train de réinventer, de monumentaliser, d&rsquo;ordonner. Le Marais qu&rsquo;elle parcourt n&rsquo;est pas encore le quartier figé que nous connaissons : c&rsquo;est un espace vivant, disputé, élégant et fiévreux. Les œuvres rassemblées ici restituent ce contexte urbain avec une richesse documentaire rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le musée n&rsquo;a pas lésiné sur les événements satellites. Le 7 juin, Dominique Blanc, sociétaire de la Comédie-Française, lit des lettres choisies de la marquise — une rencontre entre deux formes de souveraineté du langage. Le 25 juin, Jennifer Tamas, professeure à l&rsquo;Université de Stanford et spécialiste du XVIIe siècle, donne une master class en dialogue avec l&rsquo;historienne et comédienne Mélanie Traversier. Le 2 juillet, une conférence dansée signée Hubert Hazebroucq interroge les corps éloquents du Grand Siècle. Des journées d&rsquo;études les 3 et 4 juin, organisées avec le Comité d&rsquo;Histoire de la Ville de Paris, portent sur la présence des femmes dans l&rsquo;espace public parisien au XVIIe siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela forme un ensemble cohérent — et rare — où la rigueur scientifique n&rsquo;étouffe jamais le désir de faire vivre une figure.Visiter cette exposition, c&rsquo;est accepter d&rsquo;être traversé par la voix d&rsquo;une femme d’exception pour qui l&rsquo;écriture fut une forme d&rsquo;amour. Carnavalet lui offre un écrin à la hauteur&nbsp;; on sort de là avec l&rsquo;irrésistible envie de relire ces lettres, et, qui sait, de tremper une plume dans l&rsquo;encre noire, d&rsquo;adresser à quelqu&rsquo;un, quelque part, des mots qui méritent d&rsquo;être gardés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le <a href="https://www.carnavalet.paris.fr/">site du musée Carnavalet</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-2 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-madame-sevigne-carnavalet-2026/">Exposition Madame de Sévigné — Lettres parisiennes : parcours d’une Précieuse épistolière</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le roman picaresque, rock&#8217;n&#8217;roll avant la lettre ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-picaresque-histoire-caracteristiques-genre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 09:21:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38562</guid>

					<description><![CDATA[<p>Né dans les ruelles crasseuses de l&#8217;Espagne du XVIe siècle, le roman picaresque porte en son sein une énergie de rupture, de transgression et d&#8217;ironie qui irrigue cinq siècles de littérature — de Sinbad le marin à Vernon Subutex, de Lazarillo de Tormes à Saul Goodman. Portrait d&#8217;un genre indestructible aux accents rock’n’roll. Une énergie [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/roman-picaresque-histoire-caracteristiques-genre/">Le roman picaresque, rock&rsquo;n&rsquo;roll avant la lettre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Né dans les ruelles crasseuses de l&rsquo;Espagne du XVIe siècle, le roman picaresque porte en son sein une énergie de rupture, de transgression et d&rsquo;ironie qui irrigue cinq siècles de littérature — de Sinbad le marin à Vernon Subutex, de Lazarillo de Tormes à Saul Goodman. Portrait d&rsquo;un genre indestructible aux accents rock’n’roll.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une énergie punk qui ne dit pas son nom</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Picaresque mais encore&nbsp;? Posons le cadre, définissons la chose. Avant le blues, avant le rock, avant le punk, il y a le picaresque. Même énergie de base : un type en bas de l&rsquo;échelle qui regarde le monde tel qu&rsquo;il est — corrompu, hypocrite, brutal — et qui décide de jouer quand même. Avec sa gueule, sa ruse, un sens du timing qui compense l&rsquo;absence de capital. Le roman picaresque, c&rsquo;est la littérature qui ne se fait aucune illusion. Pas de chevalier en armure, pas d&rsquo;amour courtois, pas de destin glorieux. Juste un type — rarement une femme à l&rsquo;origine, on y reviendra — qui se lève chaque matin avec une question simple : comment ne pas crever de faim aujourd&rsquo;hui ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend le picaresque révolutionnaire dans son contexte, c&rsquo;est qu&rsquo;il surgit à un moment où le roman n&rsquo;existe pas encore vraiment. Au XVIe siècle où il apparait, la prose narrative en est à ses balbutiements. Les formes dominantes sont la poésie épique, le roman courtois, la chronique historique — des genres nobles, qui racontent des vies de nobles. Le picaresque déboule là-dedans comme un chien dans un jeu de quilles : il invente une nouvelle façon de raconter le monde, à hauteur d&rsquo;homme ordinaire, à la première personne, dans la langue de la rue.Il est l&rsquo;une des matrices fondatrices du roman moderne. Sans lui, pas de Flaubert, pas de Dickens, pas de Céline.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sinbad et les <em>Mille et Une Nuits</em> : survivre par la parole</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je m’égare et vous avec. Soyons logiques, commençons par le commencement. Les racines. Le berceau. Avant même que l&rsquo;Espagne du Siècle d&rsquo;Or ne formule le genre, on trouve un ancêtre lointain et puissant, un proto picaro nommé <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-sindbad-le-marin">Sinbad le marin</a>, dans <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mille_et_Une_Nuits">Les Mille et Une Nuits</a></em>. Sinbad est un voyageur compulsif qui revient toujours de ses périples pour les raconter — et c&rsquo;est précisément cette parole qui le fait vivre, socialement et littérairement. Il survit à ses aventures, certes, mais il survit surtout parce qu&rsquo;il les raconte bien. Le récit comme outil de survie : c&rsquo;est déjà la logique picaresque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Mille et Une Nuits</em> posent aussi le principe de l&rsquo;enchâssement narratif à l&rsquo;état pur — Shéhérazade raconte une histoire dans laquelle un personnage raconte une histoire dans laquelle un autre personnage raconte une histoire. Cette structure en abyme, le picaresque en fera l&rsquo;un de ses traits distinctifs. Et Sinbad lui-même, malgré sa richesse épisodique, reste fondamentalement un homme seul face à un monde hostile, qui s&rsquo;en sort par l&rsquo;ingéniosité et l&rsquo;adaptabilité. Picaro avant le terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Lazarillo, Guzmán, Quevedo : l&rsquo;Espagne invente un genre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Picaro, justement. Le terme, espagnol, désigne le vaurien, le fripon, le roublard de bas étage. Et il est le cœur même du premier roman picaresque,<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_de_Lazarillo_de_Tormes"><em>La Vida de Lazarillo de Tormes</em></a> (1554). Le texte est anonyme&nbsp;; l&rsquo;auteur a eu le nez creux de taire son patronyme, le livre sera mis à l&rsquo;Index par l&rsquo;Inquisition, c’est vous dire la virulence du genre. Le héros, Lazarillo, est le fils d&rsquo;un voleur&nbsp;; il passe de maître en maître — un aveugle, un curé, un écuyer ruiné, un vendeur d&rsquo;indulgences — et survit en jonglant avec les normes morales. Jamais vraiment héros, jamais vraiment bandit. Mais débrouillard en diable, une sorte de mix entre le Arlequin de la commedia dell’arte, le Scapin de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Moli%C3%A8re">Molière</a> et le Figaro de Beaumarchais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mateo_Alem%C3%A1n">Mateo Alemán</a> pousse le genre à maturité avec <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guzm%C3%A1n_de_Alfarache">Guzmán de Alfarache</a></em> (1599), qui introduit une innovation formelle décisive : le récit principal est constamment interrompu par des digressions, des paraboles, des novelas intercalées. Un récit dans un récit dans un récit. Ce principe d&rsquo;enchâssement n&rsquo;a rien du caprice formel&nbsp;; il reflète une vision du monde où personne n&rsquo;est ce qu&rsquo;il prétend être, où les identités sont des masques, où la réalité se dérobe toujours sous une autre réalité. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_de_Quevedo">Francisco de Quevedo</a> radicalise encore le genre avec <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/El_Busc%C3%B3n">El Buscón</a></em> (vers 1604, publié 1626) : plus noir, plus cruel, plus désespéré. Le picaro n&rsquo;y est même plus vraiment sympathique. C&rsquo;est le genre qui se retourne contre lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Cervantès et Sancho Pança : le picaresque en miroir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le grand contemporain espagnol du picaresque, c&rsquo;est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_de_Cervantes">Cervantès</a> — et la relation entre <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Quichotte">Don Quichotte</a></em> (1605-1615) et le genre est complexe, presque dialectique. Don Quichotte n&rsquo;est pas un picaro : c’est hidalgo, un gentilhomme pétri d’illusions chevaleresques là où le picaro n&rsquo;en a aucune, il rêve d&rsquo;un monde qui n&rsquo;existe pas tandis que le picaro compose avec le monde tel qu&rsquo;il est. Mais Sancho Pança, son serviteur, est une figure picaresque évidente — paysan rusé, pragmatique, toujours à court d&rsquo;argent, il suit son maître moins par loyauté que par intérêt bien calculé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est fascinant, c&rsquo;est que Cervantès dialogue explicitement avec le picaresque tout en le retournant. Là où le picaro regarde le monde avec un cynisme lucide, Don Quichotte le regarde avec une foi aveugle. Les deux postures produisent le même résultat : une critique féroce d&rsquo;une société qui écrase ses marges. Et la structure du roman — épisodique, faite de rencontres et de mésaventures, traversée de récits enchâssés — est elle-même picaresque dans sa mécanique. <em>Don Quichotte</em> est peut-être le roman qui contient à la fois le picaresque et sa négation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rabelais, Panurge et l&rsquo;explosion de la prose au XVIe siècle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène va essaimer ailleurs. En France, au moment même où l&rsquo;Espagne accouche de la chose, <a href="https://classes.bnf.fr/dossitsm/b-rabela.htm">Rabelais</a> publie <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pantagruel">Pantagruel</a></em> (1532) puis <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gargantua">Gargantua</a></em> (1534). La contemporanéité n&rsquo;est pas un hasard : les deux phénomènes surgissent du même terreau humaniste, du même appétit pour une littérature qui regarde la réalité en face, qui rit du pouvoir et de l&rsquo;Église, qui prend la chair et la matière au sérieux contre l&rsquo;idéalisme médiéval.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rabelais n&rsquo;est pas picaresque à proprement parler — ses héros sont des géants et des princes. Mais Panurge, lui, est un picaro de première génération. Fripon, polyglotte, roublard, perpétuellement fauché, il survit par le bagout et la ruse. Il est introduit comme un gueux que Pantagruel recueille dans la misère. La structure épisodique, la satire sociale et religieuse sans concession, les récits enchâssés à l&rsquo;infini — tout cela fait de Rabelais un foyer parallèle et contemporain du picaresque espagnol, un laboratoire de la même énergie narrative, sur un autre registre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Scarron, Lesage&nbsp;: le roman picaresque à la française</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le genre s&rsquo;acclimate avec une aisance déconcertante. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Scarron">Paul Scarron</a>, avec <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Roman_comique">Le Roman comique</a></em> (1651-1657), transpose le modèle dans une troupe de comédiens ambulants qui sillonnent la province française, survivant d&rsquo;expédients, de ruse et de hasard. La satire est mordante — noblesse et clergé en prennent pour leur grade —, la structure reste épisodique, et les personnages oscillent entre la farce et quelque chose de plus trouble, de plus humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain-Ren%C3%A9_Lesage">Alain-René Lesage</a>, avec l&rsquo;<em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Gil_Blas_de_Santillane">Histoire de Gil Blas de Santillane</a></em> (1715-1735), pousse la synthèse plus loin encore. Son Gil Blas est un picaro de plein exercice : basse extraction, succession de maîtres, ascension sociale fragile, rechutes humiliantes. Mais Lesage ajoute une nuance que l&rsquo;original espagnol n&rsquo;avait pas toujours : une forme d&rsquo;ambiguïté morale plus subtile, une critique sociale qui ne se contente pas de rire mais qui dissèque. Gil Blas finit par s&rsquo;en sortir — ce qui, dans la logique picaresque pure, est presque une trahison du genre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Angleterre s&rsquo;y met : Defoe, Fielding et le picaro insulaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le XVIIIe siècle anglais produit deux monuments picaresques que l&rsquo;histoire littéraire range trop vite dans d&rsquo;autres catégories. <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Heurs_et_malheurs_de_la_fameuse_Moll_Flanders">Moll Flanders</a></em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Defoe">Daniel Defoe</a> (1722) est l&rsquo;un des exemples les plus purs du genre — et l&rsquo;un des rares avec une picara au féminin dès l&rsquo;origine. Voleuse, prostituée, déportée en Amérique, survivante : l’héroïne coche toutes les cases. La narration à la première personne, la structure épisodique, la critique sociale implacable, l&rsquo;enchâssement (ses mémoires sont censément rapportées par un éditeur qui les a épurées). Et Defoe joue le même double jeu que les picaresques espagnols : en apparence un récit moral et édifiant, en réalité une glorification subreptice de la roublardise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Tom_Jones,_enfant_trouv%C3%A9">Tom Jones</a></em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Fielding">Henry Fielding</a> (1749) est plus ambigu — le héros est de nature généreuse, pas vraiment un fripon, il finit par retrouver son identité noble, ce qui trahit la logique picaresque. Mais la structure du voyage, la succession de rencontres et de mésaventures à travers l&rsquo;Angleterre, la satire sociale mordante, et surtout le narrateur omniprésent qui commente et ironise à voix haute — c&rsquo;est du picaresque anglais, version plus sentimentale et moins cynique. Fielding humanise le genre sans le trahir complètement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Manon Lescaut, Candide, Jacques le Fataliste : le XVIIIe siècle français dévore le genre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le XVIIIe siècle français va phagocyter le picaresque. Le genre se fond dans d&rsquo;autres formes, qu&rsquo;il irrigue en profondeur sans jamais revendiquer l&rsquo;étiquette. <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manon_Lescaut">Manon Lescaut</a></em> de l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Fran%C3%A7ois_Pr%C3%A9vost">abbé Prévost</a> (1731) en est l&rsquo;exemple le plus troublant. Techniquement, c&rsquo;est un roman sentimental, l&rsquo;histoire d&rsquo;une passion dévorante et funeste. Mais la structure est picaresque dans sa chair : un récit enchâssé dans un autre récit — le chevalier des Grieux raconte sa vie à un homme de qualité qui lui-même consigne cette confession —, un héros arraché à sa condition par une série de coups du sort, obligé de devenir un voyou pour subvenir aux besoins de sa coûteuse et inconstante Dulcinée, une errance géographique de Paris à l&rsquo;Amérique, une critique féroce des hypocrisies sociales. <em><a href="https://www.theartchemists.com/manon-lescaut/">Manon Lescaut</a></em>, c&rsquo;est du picaresque traversé par l&rsquo;amour fou, une mutation du genre vers le roman d&rsquo;analyse qui annonce le siècle suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Fran%C3%A7ois_Marie_Arouet_dit_Voltaire/149270">Voltaire</a> joue quant à lui franc jeu — ou presque. <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Candide#:~:text=Le%20mot%20%C2%AB%20candide%20%C2%BB%20vient%20du,%2C%20avec%20candeur%2C%20simplement%20%C2%BB.">Candide</a></em> (1759) est officiellement un conte philosophique. Mais c&rsquo;est aussi, dans sa chair narrative, un roman picaresque pur : héros de naissance obscure chassé de son paradis artificiel, errance à travers un monde cruel et absurde, succession de maîtres et de mentors douteux (Pangloss en tête, ce Pangloss qui incarne toutes les idéologies confortables que le réel se charge de ridiculiser), critique sociale et religieuse sans concession, structure épisodique de la Westphalie à Constantinople via Lisbonne, Buenos Aires et El Dorado &#8230; Voltaire a compris une chose que les théoriciens du genre mettront des siècles à formuler : le picaresque est avant tout un dispositif critique, une machine à démonter le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.denis-diderot.com/">Diderot</a> va encore plus loin avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_le_Fataliste_et_son_ma%C3%AEtre"><em>Jacques le Fataliste</em> <em>et son maître</em></a> (écrit vers 1765-1780, publié 1796). Le voyage de Jacques et de son maître, la succession d&rsquo;étapes et de rencontres, les récits enchâssés à l&rsquo;infini — notamment l&rsquo;histoire de Mme de la Pommeraye, récit dans un récit dans un récit — tout cela est du picaresque assumé. Mais Diderot dynamite le dispositif de l&rsquo;intérieur : le narrateur intervient constamment pour rappeler au lecteur qu&rsquo;il lit un roman, qu&rsquo;il pourrait raconter les choses autrement, qu&rsquo;il choisit de ne pas décrire telle scène. C&rsquo;est du picaresque méta, qui se regarde dans un miroir et se moque de lui-même. Le fatalisme de Jacques — son « il était écrit là-haut » — rejoue l&rsquo;impuissance du picaro face au destin, mais en en faisant un problème philosophique plutôt qu&rsquo;une simple donnée narrative.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La bifurcation du XIXe : aventure, apprentissage, et le picaro qui disparaît</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le XIXe siècle hérite du picaresque mais le transforme profondément, au point de le rendre presque méconnaissable. La bifurcation est nette. D&rsquo;un côté, le roman d&rsquo;aventure — Stevenson, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=dumas">Dumas</a>, Verne, Conrad — qui récupère la structure épisodique, le voyage comme moteur narratif, la succession de rencontres et de mondes traversés. Mais le glissement est radical : le héros n&rsquo;est plus en bas de l&rsquo;échelle sociale, il est au centre du monde. L&rsquo;aventure devient glorieuse, le voyage est une conquête, pas une survie. C&rsquo;est le XIXe bourgeois et colonial qui réécrit le picaresque à sa sauce — l&rsquo;errance du gueux devient l&rsquo;exploration du gentleman.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre côté, le roman d&rsquo;apprentissage — le Bildungsroman allemand, mais aussi Stendhal, Balzac, Dickens — intériorise le voyage. Le picaro errait dans l&rsquo;espace social ; le héros du Bildungsroman erre dans sa propre psychologie. Julien Sorel dans <em>Le Rouge et le Noir</em> est presque un picaro qui se prend au sérieux — basse extraction, succession de maîtres et de milieux, ruse permanente, ambition sociale. Rastignac aussi. Et chez Dickens, Oliver Twist ou David Copperfield reprennent explicitement la mécanique picaresque — l&rsquo;enfant seul contre le monde, la succession de protecteurs et d&rsquo;exploiteurs, la critique sociale acérée — en l&rsquo;enrobant d&rsquo;une sentimentalité victorienne que le picaro espagnol aurait probablement méprisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mark Twain renoue avec l&rsquo;esprit originel dans <em>Les Aventures de Huckleberry Finn</em> (1884). Huck est un picaro américain de plein exercice : enfant pauvre, fugitif, il dérive sur le Mississippi avec Jim l&rsquo;esclave en fuite, traversant une Amérique dont il démonte les hypocrisies avec une naïveté qui est la forme la plus redoutable du cynisme. Le voyage sur le fleuve, c&rsquo;est le voyage picaresque transplanté dans le nouveau monde — même structure épisodique, même regard d&rsquo;en bas, même critique sociale qui fait mal parce qu&rsquo;elle vient d&rsquo;un enfant qui ne comprend pas encore qu&rsquo;il n&rsquo;est pas censé voir ce qu&rsquo;il voit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le picaro aujourd&rsquo;hui : parole facile et casier chargé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le XXe siècle ressuscite le picaresque dans toute sa brutalité originelle. Günter Grass, avec <em>Le Tambour</em> (1959), crée l&rsquo;un des picaros les plus déconcertants de la littérature mondiale : Oskar Matzerath, qui décide à trois ans de ne plus grandir et traverse l&rsquo;histoire allemande — nazisme, guerre, reconstruction — en observateur narquois, armé de son tambour et d&rsquo;un cri de verre. Structure épisodique, narration à la première personne délibérément peu fiable, critique sociale et politique sans indulgence : c&rsquo;est du picaresque du XXe siècle, porté à incandescence par le contexte historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.theartchemists.com/better-call-saul-un-heros-en-marge-de-breaking-bad/">Better Call Saul</a></em> (2015-2022) est peut-être la démonstration la plus aboutie de ce que le genre peut donner à la télévision. Saul Goodman alias Jimmy McGill est un picaro de manuel : naissance modeste, intelligence dévorante, succession de maîtres et d&#8217;employeurs — dont son propre frère, qui l&rsquo;écrase avec une condescendance de classe particulièrement bien rendue —, ruse permanente, ascension et chute. La série joue sur les niveaux temporels — le présent en noir et blanc de Gene Takavic, le passé en couleurs de Jimmy McGill — comme une version moderne de l&rsquo;enchâssement picaresque. Le récit se dédouble, se contredit, refuse la ligne droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Fleabag</em> (2016-2019) de Phoebe Waller-Bridge opère une autre révolution déjà entamée avec Moll Flanders : elle fait du picaro une femme. Et pas une femme héroïque ou rédemptrice — une femme qui sabote, qui ment, qui survit à sa propre catastrophe intérieure avec un humour qui est à la fois son bouclier et son aveu. La narration directe caméra — le personnage qui se confie au spectateur par-dessus la tête des autres personnages — reproduit exactement la confession à la première personne du roman picaresque, ce regard qui dit : je vous raconte tout, sauf ce que je ne peux pas encore me dire à moi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cinéma, Emir Kusturica est peut-être le cinéaste le plus picaresque qui soit. <em>Arizona Dream</em> (1993), <em>Underground </em>(1995) : même chaos organisé, même errance à travers un monde en train de s&rsquo;effondrer, même galerie de personnages hauts en couleur qui survivent par la ruse et l&rsquo;improvisation, même satire féroce du pouvoir et de l&rsquo;histoire. L&rsquo;enchâssement narratif y est visuel autant que scénaristique — des films qui contiennent d&rsquo;autres films, des récits qui avalent d&rsquo;autres récits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En littérature contemporaine, Virginie Despentes s&rsquo;impose comme l&rsquo;héritière la plus directe et la plus assumée. La trilogie <em>Vernon Subutex</em> (2015-2017) est un roman picaresque de plein exercice : un héros déchu qui dérive à travers Paris et ses marges, hébergé par une succession de personnages qui sont autant de tableaux sociaux, chaque rencontre ouvrant un nouveau récit, une nouvelle voix. La structure épisodique, la critique sociale sans indulgence, la narration chorale qui multiplie les points de vue — tout est là, transplanté dans le Paris contemporain avec une brutalité et une tendresse qui font de Despentes la Mateo Alemán du XXIe siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Picaro forever&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Récapitulons. Le roman picaresque survit parce qu&rsquo;il dit une vérité que les autres genres préfèrent emballer dans du papier cadeau : le monde est injuste, les institutions sont corrompues, les gens qui s&rsquo;en sortent le font souvent grâce à une intelligence que la société n&rsquo;avait pas prévue de rémunérer (on aurait aussi pu citer le Figaro de Beaumarchais au passage). Cinq siècles après Lazarillo de Tormes, la recette n&rsquo;a pas changé. Un type en bas de l&rsquo;échelle. Un monde hostile. Une ruse. Une voix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;heure où les dystopies saturent nos écrans et où le super-héros règne en maître sur le box-office mondial, le picaro offre une alternative salutaire : pas de super pouvoirs, pas de destin pré-écrit, pas de rédemption garantie. Juste un type — ou une femme — qui regarde le monde tel qu&rsquo;il est, et décide de jouer quand même. Sait-on jamais&nbsp;? Sur un malentendu, ça peut marcher.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-3 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/roman-picaresque-histoire-caracteristiques-genre/">Le roman picaresque, rock&rsquo;n&rsquo;roll avant la lettre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>The Gilded Age : remplacer une domination par une autre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/gilded-age-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 11:26:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38470</guid>

					<description><![CDATA[<p>Costumes somptueux, demeures splendides, salons feutrés, intrigues mondaines réglées comme des complots politiques : à première vue, The Gilded Age a tout de la fresque historique grandiose et majestueuse. Mais sous le clinquant du rêve américain, Julian Fellowes (à qui l&#8217;on doit Downtown Abbey) et Sonja Warfield (scénariste entre autres de The Game) dévoilent une [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/gilded-age-serie/">The Gilded Age : remplacer une domination par une autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Costumes somptueux, demeures splendides, salons feutrés, intrigues mondaines réglées comme des complots politiques : à première vue, <em>The Gilded Age</em> a tout de la fresque historique grandiose et majestueuse. Mais sous le clinquant du rêve américain, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Julian_Fellowes">Julian Fellowes</a> (à qui l&rsquo;on doit <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-downtown-abbey/">Downtown Abbey</a></em>) et <a href="https://www.sonjawarfield.com/">Sonja Warfield</a> (scénariste entre autres de <em>The Game</em>) dévoilent une réalité bien plus complexe et dure : en cette seconde moitié du XIXeme siècle où l’électricité et la vapeur sont en passe de révolutionner la vie quotidienne et l’économie, le combat pour définir (et diriger) le monde à venir a commencé. C’est l’heure des barons voleurs dont les fortunes considérables balaient l’obsolète aristocratie new-yorkaise. Progrès technologique détourné et exploité par un capitalisme impitoyable, explosion des inégalités sociales, discrimination raciale, condition féminine précarisée&nbsp;: le tableau n’a finalement rien de doré.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/IE0f2PB7VwI?si=K9UD8thrv3gffLFs" title="The Gilded Age (OCS) - Bande-annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/IE0f2PB7VwI?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/IE0f2PB7VwI?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Barrages et couleuvres</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Gilded Age</em> retrace trois saisons durant (et plus si affinités, la quatrième étant déjà en production) l’ascension de la famille Russell au sein de la haute société de New-York. Contrairement aux Astor et autres van Rhijn qui dominent depuis un siècle (forts de leurs ancêtres qui signèrent la Déclaration d’Indépendance), George Russell (<a href="https://www.instagram.com/epluribusyourmom/">Morgan Spector</a>) et son épouse Bertha (<a href="https://www.instagram.com/carriecoon/">Carrie Coon</a>) sont partis de rien pour bâtir une fortune gigantesque. Et ils comptent bien s’appuyer sur cette colossale richesse pour dicter leur loi et prendre le dessus. Sauf que l’ancienne garde n’a pas du tout l’intention de céder la place à ces nouveaux seigneurs. «&nbsp;Old money&nbsp;» vs «&nbsp;new money&nbsp;»&nbsp;: voici de quoi il s’agit vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">25 épisodes durant, nous allons donc observer ces clans se déchirer par grandes soirées, événements mondains et bals interposés. Car la présence sociale orchestrée par ces dames (c’est l’apanage des épouses que de briller dans les salons) est aussi importante à ce jeu que les OPA et fusions/acquisitions opérées par les maris dans l’ombre des bureaux des banques. L’argent accumulé par Monsieur permet à Madame d’entrer dans les soirées les plus courues. Sauf quand les représentantes de l’Ancien Ordre font barrage. Et des barrages, Bertha va en rencontrer plus d’un sur sa route. Entre le premier bal qu’elle organise dans sa somptueuse demeure décorée comme un petit Versailles et son ultime victoire lors d’une soirée où brillent ducs anglais et grands artistes, Bertha va avaler pas mal de couleuvres. Mais en faire ingurgiter beaucoup plus, et bien plus grosses et indigestes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/AVroO38fl4k?si=nLi3cAaFa4xEkumZ" title="The Gilded Age Season 2 | Official Trailer | HBO" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/AVroO38fl4k?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/AVroO38fl4k?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Chasse à l’héritière</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tout dire, cette surenchère n’a rien d’amusant, d’agréable ni de très valorisant. Filles négociées et mariages arrangés, femmes seules, veuves ou divorcées ostracisées, codes moraux d’une rigidité confinant à l’absurde, il ne fait guère bon vivre dans cet univers où l’interdit est la règle, notamment pour le sexe féminin. A raison peut-être vu le nombre de coureurs de dote qui chassent les jeunes héritières inexpérimentées et un brin candides pour mieux les trahir, une fois la bague au doigt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les oiselles ont beau être surveillées et cornaquées par les anciennes, mères, tantes, cousines, on frôle souvent l’irréparable, la séduction et l’enlèvement par de jeunes mâles dont le discours charmeur cache souvent des appétits financiers et sociaux peu glorieux. Rien de nouveau sous le soleil, c’était déjà le cas chez Molière, me direz-vous. Cela n’en est pas moins gênant et insupportable, dans cette Amérique en train de s’ériger comme un modèle de démocratie et d’avant-garde technologique et sociale.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://www.youtube.com/watch?v=W9pKuN79_YU" title="The Gilded Age | Saison 3 Bande-annonce officielle (VOST)" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/W9pKuN79_YU?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/W9pKuN79_YU?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">En quête d’émancipation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à l’émancipation, elle peine à se mettre en place. Tout est fait pour que les mécanismes se répètent de génération en génération, peu importe la couleur de peau ou le statut social.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Gladys (<a href="https://www.instagram.com/taissafarmiga/">Taissa Farmiga</a>), héritière de la fortune des Russell se retrouve piégée dans un mariage arrangé avec un duc britannique qui n’est pas l’élu de son cœur. Sa mère a tout fait pour l’orienter dans cette voie, écartant sans ménageant les autres prétendants, faisant fi des sentiments de sa fille. L’anecdote s’inspire de l’union malheureuse de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Consuelo_Vanderbilt">Consuelo Vanderbilt</a>, contrainte d’épouser un aristocrate pour assurer l’ascension sociale de sa famille et qui monta à l’autel en pleurant.</li>



<li>Marian Brook (<a href="https://www.instagram.com/louisa_jacobson/">Louisa Jacobson</a>), tombée en disgrâce matérielle après le décès de son père qui a dilapidé la fortune familiale sans rien lui dire, doit se réfugier chez ses tantes dont elle dépend complètement. Elle leur doit obéissance, se conforme un temps à leurs règles (elle n’a pas le droit d’aller travailler car ce n’est pas digne du rang de la famille), peine à trouver un préntendant qui colle à sa vision du monde et du statut de la femme.</li>



<li>Peggy Scott (<a href="https://www.instagram.com/deneebenton/?hl=fr">Denée Benton</a>), écrivaine afro-américaine ambitieuse, subit quant à une autre forme d’effacement, moins visible mais tout aussi implacable, celle d’une société qui, même en période de « grande prospérité », ne laisse que peu de place aux voix autres que blanches, riches et patriarcales.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Histoire de l&rsquo;humanité ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois exemples parmi tant d’autres, qui alimentent l’amertume. Les <em>dei ex machina</em> qui parsèment le scénario pour forcer le destin dans le bon sens &#8211; le mariage inattendu de tante Ada (<a href="https://www.instagram.com/cynthiaenixon/">Cynthia Nixon</a>), son héritage encore plus surprenant, qui les sauvera, elle et sa soeur Agnes (<a href="https://www.instagram.com/christinebaranskii_/">Christine Baranski</a>) n’effacent guère ce sentiment persistant de malaise, surtout quand vous mettez en parallèle <em>The Gilded Age</em> avec des séries comme <em>Succession</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/feud-2-capote-swans/">Feud 2 capote vs The Swans</a></em>. Le temps passe, la main mise de la jet set demeure, avec sa grammaire, ses objectifs, sa vacuité. Sa méchanceté. Sa bêtise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De temps à autre, un outsider réussit à briser le carcan. Avec bien des difficultés. Et c’est rare. Précaire. Impression de paralysie dans un monde en pleine mutation. Enfermement dans des interdits qu’on respecte aveuglément, qu’on soit de couleur, domestique, femme, homosexuel. Parce qu’on a peur du regard des autres. Qu’on est en dépendance financière d’autrui. Sous les ors et les tentures, derrières les parures et les bijoux, c’est de cela qu’il s’agit. Monter les échelons sans perturber la mécanique. Composer entre sa volonté de réussite et ses valeurs. Démolir les anciens privilèges pour imposer les siens. Remplacer une domination par une autre. L’histoire de l’humanité en somme&nbsp;?</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-4 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/gilded-age-serie/">The Gilded Age : remplacer une domination par une autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« La culture, c’est quoi aujourd’hui ? » : état des lieux d’une notion en mutation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/culture-aujourdhui-definitions-enjeux-debats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 09:19:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38058</guid>

					<description><![CDATA[<p>The ARTchemists média culturel&#160;? Mais encore&#160;? On en discutait l’autre jour, tous ensemble. Est-ce que ça veut dire encore quelque chose aujourd’hui&#160;? Le mot culture est partout, décliné à toutes les sauces. Dans les médias, les discours politiques, les campagnes de pub, les salles de classe, sur les réseaux sociaux bien évidemment. On parle de [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/culture-aujourdhui-definitions-enjeux-debats/">« La culture, c’est quoi aujourd’hui ? » : état des lieux d’une notion en mutation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">The ARTchemists média culturel&nbsp;? Mais encore&nbsp;? On en discutait l’autre jour, tous ensemble. Est-ce que ça veut dire encore quelque chose aujourd’hui&nbsp;? Le mot <em>culture</em> est partout, décliné à toutes les sauces. Dans les médias, les discours politiques, les campagnes de pub, les salles de classe, sur les réseaux sociaux bien évidemment. On parle de culture artistique, populaire, d’entreprise, urbaine, scientifique, numérique… Mais que recouvre réellement ce terme&nbsp;? Ici maintenant, en 2025 ? D’où vient-il ? À quoi sert-il ? Qu’englobe-t-il&nbsp;? Pourquoi fait-il débat ? Pourquoi DOIT-IL faire débat&nbsp;? Définir la culture, c’est entrer dans un champ vaste, mouvant, confus. Un tour d’horizon s’impose.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un produit de la Renaissance pour trois grandes acceptions contemporaines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on veut faire le point sur la signification d’un mot, il faut commencer par ses racines, sa source, son étymologie. Le mot <em>culture</em> dérive du latin <em>colere</em> aka «&nbsp;cultiver&nbsp;». À l’origine, il désigne donc l’entretien de la terre (<em>cultura agri</em>). Ce n’est qu’au XVe siècle qu<em>’il</em> commence à s’appliquer à l’esprit : on parle alors de <em>cultiver son savoir</em>, <em>son langage</em>, <em>ses goûts</em>. Ce glissement sémantique reflète un changement profond dans la manière dont on conçoit l’être humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin du Moyen Âge, puis avec la Renaissance, l’homme commence à se penser comme perfectible, capable de progresser, de s’élever par l’éducation et la connaissance. C’est le moment où l’on redécouvre les textes de l’Antiquité, où l’on valorise les <em>humanités</em> — grammaire, rhétorique, philosophie, histoire, arts — considérées comme des outils de développement personnel et social. <em>Cultiver l’esprit</em> s’impose comme une image puissante : comme on soigne un champ pour qu’il porte des fruits, on travaille son intelligence, sa sensibilité, sa langue, pour s’épanouir et contribuer à la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et aujourd’hui&nbsp;? Qu’en est-il&nbsp;? La culture est perçue de trois manières&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La culture comme perfection individuelle<strong>&nbsp;</strong>; inspirée des Lumières, elle valorise le raffinement, la connaissance des arts, la lecture, la musique.</li>



<li>La culture comme patrimoine collectif&nbsp;; elle désigne ici les productions d’une société dignes d’être conservées et transmises (musées, monuments, arts « nobles »).</li>



<li>La culture comme mode de vie&nbsp;; c’est une vision anthropologique développée par Edward Tylor ou Claude Lévi-Strauss) selon laquelle tout groupe humain a une culture (langue, rites, cuisine, organisation sociale…).</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Bien évidemment, ces trois définitions se chevauchent, s’enchevêtrent… et entrent parfois en tension. D’où la grande question&nbsp;: culture pour qui&nbsp;? Culture pour quoi&nbsp;? Et là on entre dans la valse des contradictions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture légitime vs culture populaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les travaux du sociologue Pierre Bourdieu — notamment dans <em>La Distinction</em> (1979) — on sait que la culture n’est pas qu’une affaire de goûts ou de curiosité : c’est aussi un marqueur social. Autrement dit, ce que l’on consomme comme œuvre ou spectacle, ce que l’on considère comme “bon” ou “légitime”, révèle souvent notre origine sociale, notre niveau d’études, notre capital culturel.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La culture dite savante — musique classique, opéra, théâtre d’auteur, peinture ancienne, philosophie — a historiquement été valorisée par l’école, l’université, l’État, les institutions républicaines. Elle est souvent associée à une élite intellectuelle ou bourgeoise, et transmise dans les cercles favorisés dès l’enfance.</li>



<li>En parallèle, la culture populaire — chansons de variété, bandes dessinées, rap, séries télévisées, mangas, jeux vidéo — a longtemps été regardée de haut, considérée comme “inférieure”, “superficielle”, voire “dangereuse”. Pourtant, ce sont ces formes qui touchent aujourd’hui le plus large public, qui forgent des imaginaires puissants, et qui génèrent une créativité foisonnante.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Deux univers irréconciliables, voire antagonistes&nbsp;? Les lignes, heureusement, bougent petit à petit.Depuis une vingtaine d’années, on observe une ouverture du monde culturel institutionnel à la culture populaire. Quelques exemples&nbsp;? Le <a href="https://www.centrepompidou.fr/fr/">Centre Pompidou</a> a consacré des expositions à la bande dessinée, à l’art brut, au design industriel, ou encore à la culture punk. En 2014, l’exposition <em><a href="https://www.theartchemists.com/tatoueurs-tatoues-au-quai-branly-une-etape-denvergure-dans-les-mutations-dun-genre-en-majeste/">Tatoueurs, tatoués</a></em> au <a href="https://www.quaibranly.fr/fr/">musée du quai Branly</a> a marqué un tournant en reconnaissant le tatouage comme une forme artistique, issue à la fois de rites ancestraux et de mouvements subversifs (prisons, marins, bikers, scènes underground). Des festivals comme <a href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/hip-hop-symphonique-10e-edition">Hip Hop Symphonique</a> réunissent des rappeurs et des orchestres classiques, créant des ponts inédits entre les mondes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture mondialisée ou culture fragmentée ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre paramètre de l’équation : Internet a bouleversé la culture en profondeur. Aujourd’hui, on y accède facilement, gratuitement, partout, en un clic ou presque. On peut aussi produire, partager, commenter des contenus culturels sans passer par les circuits traditionnels : un smartphone suffit pour publier une chanson, un poème, une BD ou un court-métrage. Mais cette ouverture massive produit aussi des effets paradoxaux :</p>



<p class="wp-block-paragraph">• Les algorithmes, en privilégiant les contenus populaires et rentables, relèguent dans l’ombre les formes d’expression minoritaires, expérimentales, ou simplement moins virales.<br />• Ces mêmes algorithmes construisent des bulles culturelles : chacun se voit proposer des contenus similaires à ce qu’il consomme déjà, sans confrontation avec d’autres styles, d’autres références, d’autres horizons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traduction en vrai, dans la vraie vie : des ados peuvent connaître <em><a href="https://www.theartchemists.com/speedlines-manga-one-piece/">One Piece</a></em>, <em>Jujutsu Kaisen</em> ou <em>Demon Slayer</em> sur le bout des doigts, maîtriser les codes du manga et de l’animation japonaise… sans jamais avoir entendu parler de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re">Molière</a>, Balzac ou même de la BD franco-belge. Un jeune peut suivre un influenceur mexicain spécialisé dans le low tech, une streameuse finlandaise fan de cosplay, ou une philosophe brésilienne qui vulgarise Spinoza… sans jamais tomber sur <em><a href="https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/">La Grande Librairie</a></em>, <em><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014036/le-dessous-des-cartes/">Le Dessous des Cartes</a></em>, ou une pièce de théâtre contemporaine française. À l’inverse, une autre personne, dans une autre bulle, ne jurera que par le classique occidental, sans jamais croiser un créateur coréen, une série nigériane ou un vidéaste queer non-européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : la culture circule plus que jamais, mais chacun la vit dans son couloir, sa niche, son algorithme personnel. Une mondialisation en apparence… mais cloisonnée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture vivante vs culture institutionnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Également alimenté par l’explosion d’internet, un autre clivage traverse aujourd’hui le monde de la culture, et non des moindres.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>D’un côté, on trouve les institutions traditionnelles — musées nationaux, opéras, conservatoires, grandes écoles artistiques, lieux prestigieux souvent situés dans les centres urbains.</li>



<li>De l’autre, évoluent les créateurs indépendants, collectifs autogérés, artistes issus des cultures urbaines ou numériques, qui se produisent dans des lieux alternatifs ou en ligne, loin des circuits officiels.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opposition ne date pas d’hier, mais elle s’est accentuée avec la montée en puissance des réseaux sociaux, des plateformes de diffusion libre, et de nouvelles formes de création plus inclusives, plus connectées, souvent auto-produites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les seconds reprochent aux premiers :<br />• leur lenteur d’adaptation aux nouvelles pratiques culturelles et aux formats numériques,<br />• leur centralisme, la majorité des budgets de la visibilité restant concentrée à Paris ou dans quelques grandes villes (et la réduction drastique des subventions n’a rien arrangé),<br />• leur manque de représentativité, un entre-soi social, une faible diversité en termes d’origines, de genres, de parcours ou de disciplines artistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension se traduit très concrètement dans les débats sur les politiques culturelles :<br />Faut-il continuer à financer massivement les grandes institutions « à la française », ou plutôt soutenir les pratiques locales, les petits lieux de diffusion, les festivals indépendants, les ateliers associatifs, les créateurs de rue, de banlieue ou de web ? Ce débat renvoie à une question plus large : qu’est-ce qu’on considère comme “légitime” dans la culture aujourd’hui ? Et qui décide ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement ça donne quoi&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Tandis que la Philharmonie de Paris propose une programmation prestigieuse et très subventionnée, beaucoup de salles de quartier, de cafés-concerts ou de MJC musicales (ex : le <a href="https://www.lemoloco.com/">Moloco</a> à Audincourt, ou le <a href="https://fgo-barbara.fr/">FGO-Barbara</a> à Paris) luttent pour survivre et offrir une scène aux jeunes groupes émergents. Et pourtant, ce sont souvent ces lieux qui font éclore les nouveaux talents.</li>



<li>L’Opéra de Paris concentre des millions d’euros de subventions publiques chaque année. Pendant ce temps, des collectifs comme <a href="https://paradoxsal.com/">Paradox-sal</a> dansent dans la rue, les friches ou les MJC, et peinent à obtenir des financements durables, alors même qu’ils attirent un public jeune, populaire et diversifié. Leur style, souvent hybride (hip-hop, contemporain, théâtre), est encore peu reconnu dans les circuits officiels.</li>



<li>Le <a href="https://pass.culture.fr/">pass Culture</a>, qui offre un budget de 300 € aux jeunes pour découvrir des œuvres ou lieux culturels, a suscité une polémique : beaucoup de fonds ont profité aux grandes enseignes (Fnac, Pathé…) ou aux grosses institutions, alors que les petits lieux de proximité, les bibliothèques municipales ou les artistes indépendants ont parfois du mal à intégrer le dispositif. Une belle idée, mais qui pose la question : à qui profite réellement ce soutien ?</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nouvelles formes culturelles : mutation … ou explosion ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vivons donc un moment charnière. Jamais la culture n’a été aussi diverse, instantanée, participative. La révolution numérique ne s’est pas contentée de modifier les supports, elle a transformé la nature même des œuvres, des formats, et des rôles. Culture numérique, culture remixée… quid de ce melting pot&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>La culture numérique</strong></em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, TikTok, Twitch, YouTube, Instagram, et même Discord ou Reddit, sont de véritables lieux de production culturelle. Ces plateformes ne se contentent pas de diffuser : elles créent des tendances, des esthétiques, des mouvements. Chacune a ses codes, ses langages, ses stars et son imaginaire collectif. On y voit émerger de nouveaux formats, hybrides, souvent collaboratifs et éphémères, où l’authenticité, la créativité brute et l&rsquo;interaction comptent autant que la technicité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Exemples parlants&nbsp;?<br />• Les battles de rap en ligne (type <em><a href="https://www.eowfrance.fr/v2/">End of the Weak</a></em>, <em><a href="https://www.instagram.com/rapcontendersoff/?hl=fr">Rap Contenders</a></em>) où l’impro, la punchline et la performance sont à l’honneur, accessibles à tous sans passer par une maison de disque.<br />• Les chorégraphies virales sur TikTok, comme langage corporel mondial, reprises en boucle, adaptées, remixées à l’infini.<br />• Les speedruns de jeux vidéo, devenus de véritables performances artistiques où précision, créativité et narration se mêlent.<br />• Les booktubers et booktokers, qui font revivre la critique littéraire auprès d’un jeune public, en utilisant humour, storytelling et mise en scène émotionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat&nbsp;: les frontières entre créateur et spectateur se brouillent&nbsp;; on <em>commente</em>, on <em>like</em>, on <em>duplique</em>, on <em>répond</em>. Chaque internaute peut devenir acteur culturel, parfois sans le vouloir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La culture remixée</em></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avec les outils numériques accessibles à tous (montage, retouche, IA, filtres), les publics deviennent eux-mêmes créateurs. Ils s’emparent des contenus existants pour en faire autre chose : on découpe, on détourne, on réinterprète, on joue. C’est la logique du remix, du mashup, des memes, des fanfictions :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un film devient un gif.</li>



<li>Une interview devient une parodie.</li>



<li>Un discours politique devient un son auto-tuné.</li>



<li>Un roman donne lieu à des suites écrites par les fans.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le remix, loin d’être une copie paresseuse, devient une forme d&rsquo;expression critique, créative et ludique. C’est une manière de s’approprier la culture, de la commenter, de la transformer pour mieux la faire parler à son époque. Mais cette culture participative, décrite par Henry Jenkins dans <em>Convergence Culture</em> (2006), questionne les notions traditionnelles d’auteur, d’œuvre, et de public :<br />• Qui est vraiment le créateur ?<br />• À partir de quand une œuvre est-elle « originale » ?<br />• Peut-on créer sans « créer » au sens classique du terme ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assiste-t-on à une “crise” de la culture ou à une explosion de ses formats, de ses usages, de ses voix&nbsp;? Cette mutation profonde, souvent joyeuse, parfois chaotique, redéfinit les règles du jeu culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La culture n’est pas neutre, elle est politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait croire que la culture est un espace de liberté pure, de création désintéressée, de divertissement ou de contemplation. En réalité, la culture s’avère un terrain de pouvoir, de choix, de conflits. Elle structure notre vision du monde et reflète les rapports de force qui le traversent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assiste-t-on à une crise ou à une métamorphose ?<em> </em>La question n’est pas seulement esthétique. Car cette mutation culturelle, souvent joyeuse, parfois chaotique, redéfinit les règles du jeu, et révèle ce qui se joue en coulisses :<br />• Ce qu’on choisit de montrer ou de cacher,<br />• Ce qu’on décide de financer, de médiatiser, ou au contraire de marginaliser,<br />• Ce qui façonne notre rapport à l’histoire, à l’autre, à soi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La culture n’échappe ainsi à aucun des grands débats contemporains. Elle est traversée par :</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des enjeux identitaires&nbsp;</em></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Qui a le droit de prendre la parole ? De représenter ? De raconter ?<br />Les œuvres issues des cultures minoritaires, autochtones, LGBTQIA+, ou diasporiques se heurtent souvent à l’invisibilisation ou à l’exotisation. La question de la représentation devient centrale : on attend de la culture qu’elle reflète enfin la pluralité des identités.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des conflits de mémoire</em></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment raconter l’histoire ? Quelle place accorder à la colonisation, aux génocides, aux exils, à l&rsquo;esclavage ? Les musées, les manuels scolaires, les films historiques sont autant de champs de bataille où se rejouent les mémoires blessées, les silences, les amnésies officielles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Des luttes économiques</em></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Qui peut vivre de la culture ? Qui décide de ce qui est “rentable” ? La précarité des artistes, la concentration des moyens dans quelques grandes structures, la logique de rentabilité imposée par certains financeurs posent la question de la marchandisation de la culture — au détriment de la création libre, indépendante, ou expérimentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exemples ne manquent guère, ne serait-ce que dans notre article sur le travail de sape culturelle entrepris par Trump. Mais on en remet une p&rsquo;tite couche quand même&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">• Le débat sur les œuvres dites “décoloniales” dans les musées occidentaux (ex. : restitution des œuvres d’art africain spoliées, ou relecture des collections ethnographiques) révèle la remise en cause des récits dominants, et la tension entre mémoire coloniale et justice culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">• La censure d’artistes féministes sur Instagram (notamment dès qu’un corps nu, une menstruation, une dénonciation du sexisme est représentée) montre comment les plateformes régulent la visibilité selon des normes sexistes, puritaines ou commerciales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">• Le refus de certaines œuvres engagées dans des festivals sponsorisés (ex. : œuvres écologistes censurées dans des événements soutenus par Total, ou performances pro-LGBT écartées de scènes institutionnelles) souligne que le mécénat privé conditionne la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La culture constitue donc un miroir des tensions de notre société, avec à la clé des problématiques cruciales :<br />• Qui a accès à la parole publique ?<br />• Qui décide de ce qu’est une “grande œuvre” ?<br />• Quelle mémoire collective transmet-on ?<br />• Peut-on créer librement dans un système financé par des intérêts économiques ou politiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse n’est jamais simple. Mais une chose est sûre : défendre une culture vivante, critique, inclusive, c’est aussi faire un acte politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Récapitulons&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La culture aujourd’hui n’est plus univoque. Elle est :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Fragmentée mais connectée,</li>



<li>Populaire et expérimentale,</li>



<li>Ancrée localement, diffusée mondialement.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Elle évolue hors des sentiers classiques, dans :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les collectifs queer et DIY,</li>



<li>Les friches artistiques,</li>



<li>Les pratiques amateurs,</li>



<li>Les webzines, les podcasts, les stories Insta.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’on appelait jadis « haute culture » ou « culture populaire » est désormais fluide, transversale, contaminée. Et c’est tant mieux. Mais cela ne nous dit pas ce qu’est la culture aujourd’hui peut-être parce que la bonne question est&nbsp;: qu’est-ce que la culture devrait être&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui fait lien&nbsp;? Ce qui nous permet de raconter, comprendre, ressentir&nbsp;?<br />Ce qui divise, hiérarchise, ou libère&nbsp;?<br />C’est peut-être, c’est surtout ce qu’on choisit d’en faire : chacun, chaque jour, en écoutant, en créant, en partageant.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-5 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/culture-aujourdhui-definitions-enjeux-debats/">« La culture, c’est quoi aujourd’hui ? » : état des lieux d’une notion en mutation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Bourgeois Gentilhomme selon Hecq et Lesort : Molière et Kusturica, même combat ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bourgeois-gentilhomme-hecq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Feb 2025 11:09:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37775</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est un must du répertoire, LA pièce de Molière par excellence&#160;: depuis sa création en 1670, Le Bourgeois Gentilhomme a inspiré un nombre incalculable de mises en scène. En costumes d’époque ou anachroniques, collant au texte ou fantaisistes, c’est selon, mais toujours avec un enjeu&#160;: ne pas sombrer dans le ridicule ni le lourd. Et [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bourgeois-gentilhomme-hecq/">Le Bourgeois Gentilhomme selon Hecq et Lesort : Molière et Kusturica, même combat ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un must du répertoire, LA pièce de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Moli%C3%A8re">Molière</a> par excellence&nbsp;: depuis sa création en 1670, <em>Le Bourgeois Gentilhomme</em> a inspiré un nombre incalculable de mises en scène. En costumes d’époque ou anachroniques, collant au texte ou fantaisistes, c’est selon, mais toujours avec un enjeu&nbsp;: ne pas sombrer dans le ridicule ni le lourd. Et ce n’est pas évident du tout, surtout quand on décide de jouer la carte du burlesque. Il faut un maître pour rester en équilibre sur le fil ténu séparant la comédie de mœurs de la blague maladroite. À ce jeu, Christian Hecq et Valérie Lesort se révèlent virtuoses, accouchant d’un Bourgeois Gentilhomme d’exception.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/5cRhjskxBUw" title="Le Bourgeois gentilhomme — Bande-annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/5cRhjskxBUw?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/5cRhjskxBUw?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Clownesque</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tourbillon burlesque&nbsp;: cela résume assez bien cette lecture complètement dingue, où l’or dialogue avec le sombre, où les tables se transforment en podium, où les plats se mettent à chanter, où les costumes mêlent la démesure de Jean-Paul Gaultier et la majesté du cirque. Objectif&nbsp;: la farce moliéresque doit sauter à la face du spectateur et le faire hurler de rire. Mission accomplie au terme d’une heure trente de spectacle complètement clownesque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On connaît l’histoire, désormais enracinée dans le patrimoine littéraire français&nbsp;: Monsieur Jourdain, bourgeois richissime, rêve de grandeur aristocratique. Cela implique les cours de danse, musique, escrime, philosophie, l’habit de cour et la conquête de la jolie Dorimène. Cela implique de marier sa fille à un noble, même si elle est amoureuse de Cléonte qui le lui rend bien. Cela implique surtout d’attirer à soi nombre d’escrocs qui exploitent cette passion dévorante et plument ce marchand naïf à qui mieux mieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Molière <em>Underground</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de là, le tandem Hecq/Lesort s’offre un pur délire, une version jouissive, ludique, emportée cadencée par les accents tziganes d’un orchestre qui n’a rien à envier aux rythmes de Goran Bregovic. Il y a d’ailleurs un peu de la dinguerie du cultissime <em>Underground</em> de Kusturica dans la dérive grandiloquente d’un Jourdain ingérable, empêtré dans sa folie et que personne n’arrive à raisonner. Un Jourdain remarquablement interprété par Hecq lui-même, au mieux de sa forme pour mener ce véritable marathon scénique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son sillage, Alain Lenglet, Sylvia Bergé, Françoise Gillard, Véronique Vella, Laurent Stocker, Gaël Kamilindi, Yoann Gasiorowski, Jean Chevalier, Marie Oppert, Clément Hervieu-Léger, Nicolas Lormeau. Avec un petit plus pour de grands effets, j’ai nommé Mister Guillaume Gallienne, sidérant dans le rôle du maître de philosophie… et d’un palmier qui danse. Bref, si vous avez besoin de vous vider la tête intelligemment, si vous êtes en manque de fantaisie, de délire, regardez Le Bourgeois Gentilhomme made in Hecq/Lesort. Vous allez adorer&nbsp;!!!!</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-6 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bourgeois-gentilhomme-hecq/">Le Bourgeois Gentilhomme selon Hecq et Lesort : Molière et Kusturica, même combat ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 10:02:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37718</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&#8217;œuvre de Molière par feu Claude Stratz dépoussière largement Le Malade imaginaire, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/">Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020.jpg" alt="" class="wp-image-37719" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&rsquo;œuvre de Molière par feu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Stratz">Claude Stratz</a> dépoussière largement <em>Le Malade imaginaire</em>, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire menée bille en tête par la troupe de la <a href="https://www.comedie-francaise.fr/">Comédie-Française</a>, qui, comme à son habitude, réalise ici un sans-faute.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/gkejez5U2JM?si=3IAbcD0Wdeqb3wPN" title="Le Malade imaginaire — Bande-annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/gkejez5U2JM?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/gkejez5U2JM?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De la peur à l’anxiété</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Malade imaginaire, nous avons déjà eu l’occasion d’en parler précédemment&nbsp;: <em>«&nbsp;Satire décapante et un brin scatologique des pratiques médicales de l’époque, la pièce est aussi une exploration des peurs et des obsessions humaines, comme seul Molière est capable d’en écrire une&nbsp;» </em>expliquions-nous dans l’article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">«&nbsp;Le Malade imaginaire de Molière : autopsie d’un mythe dramaturgique&nbsp;»</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont justement ces peurs qui prennent possession du plateau dans la mise en scène emblématique de Stratz, datée de 2001, depuis jouée plus de 500 fois, inscrite dans les tablettes de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=com%C3%A9die-fran%C3%A7aise">Comédie-Française</a>. Ces peurs tournent à l’anxiété latente pour un Argan persuadé qu’il porte la mort en lui, au point de se détourner de son entourage, de le violenter constamment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pure émanation de Beckett ou Ionesco</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un décor rongé qui laisse entrevoir des splendeurs passées, ce anti-héros absolu de l’hypocondrie portée au rang d’art de vivre, se complaît dans un laisser-aller qu’entrecoupent ses crises de colère. Colère qui l’amène à porter la main sur sa petite Louison et d’être persuadé de l’avoir gravement blessée alors que la petite feint un évanouissement, d’où un désespoir notable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seul dans sa chaise de malade vermoulue, Argan semble ici échappé d’une comédie sociale de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=goldoni">Goldoni</a> à moins qu’il ne se soit évadé du théâtre de l’absurde. Une pure émanation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=samuel+beckett">Beckett</a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=eug%C3%A8ne+ionesco">Ionesco</a>, Hamm de <em>Fin de partie</em>, Bérenger Ier dans <em>Le Roi se meurt</em>. Terriblement fragile, perdu, riche certes, mais faible et manipulable&nbsp;: par ses médecins, par sa femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une biche au milieu des fauves&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une biche au milieu des fauves&nbsp;? Il faudra le traitement de choc de Toinette, la servante fidèle et ingénieuse qui veille au grain sur les intérêts de cette petite famille qu’elle considère sienne, pour remettre un peu d’ordre dans la cervelle de notre malade imaginaire. Les enjeux sont énormes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit de l’empêcher de ruiner l’avenir sentimental de sa fille aînée Angélique par un mariage inapproprié avec Diafoirus junior, d’éviter la dilapidation de sa fortune par don à une épouse ingrate, des médecins avides et un brin escrocs. Et cela, la mise en scène de Stratz le met particulièrement en évidence au point d’en gêner le spectateur qui rit jaune aux facéties de toute cette smala.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le spectre de la Covid</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car plane au-dessus de la version 2020 le spectre de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid">Covid</a> qui s’invite bien évidemment à la fête. Et donne une coloration encore plus morbide à la pièce. Masqués, les acteurs jonglent avec le virus, l’atmosphère de panique et d’incrédulité qui règne alors. Qui des politiques, des médecins, des influenceurs a raison&nbsp;? Qui faut-il croire&nbsp;? Que faire&nbsp;? Comment se protéger&nbsp;? Comment se soigner&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la lumière de la pandémie, le discours moliéresque se tente d’autres nuances&nbsp;: les tentatives de Béralde, l’honnête homme équilibré par excellence, pour raisonner son frère, résonnent par moment comme une sorte de théorie complotiste, un discours antivax déplacé. Le régime prescrit initialement à Argan par Purgon s’avère somme toute équilibré et sage (viandes blanches, moins de vin), alors que Toinette lui propose bœuf, gras et alcool.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-7 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph">À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-moliere-imaginaire/">Le Molière imaginaire : les deux dernières heures de J.B. Poquelin, comme un cri d’amour</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/pieces-incontournables-moliere-comedie-francaise/">Les incontournables de Molière&nbsp;par la Comédie Française&nbsp;: le clivage des êtres&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/biographie-moliere-george-forestier/">Molière&nbsp;: George Forestier dépoussière la vie du «&nbsp;peintre&nbsp;»</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir médecin soi-même&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Argan n’en est que plus perdu et nous avec. Manipulé, trompé, Argan, magistralement interprété par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Guillaume+Gallienne">Guillaume Gallienne</a> qui lui prête sa douceur, sa vibration intérieure, son émotivité, fait écho à notre propre perplexité. Qui croire, vers qui se tourner, quand on est noyé dans les injonctions contradictoires, les informations douteuses, les contre-vérités, diffusées en continu par les médias, les réseaux sociaux&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devenir médecin soi-même&nbsp;? Même l’intronisation burlesque d’Argan au terme de la pièce perd ici son caractère grotesque, soulignant l’atrocité de la situation. Dépourvus que nous sommes d’interlocuteurs fiables, c’est à nous d’aller chercher le savoir comme nous le pouvons, avec les moyens du bord. Faire acte d’esprit critique sera-t-il possible&nbsp;? Cela reste à voir.&nbsp;Mais pour sûr, après avoir vu ce spectacle, vous l’aurez compris&nbsp;: nous sommes aujourd’hui tous susceptibles d’être des malades imaginaires.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-8 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/">Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Un Triomphe » d&#8217;Emmanuel Courcol : quand Beckett s’invite en zonzon</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-triomphe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jan 2025 12:08:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37688</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le théâtre comme rédemption&#160;: un vieux sujet qui marche toujours et encore. Pour preuve, Un Triomphe d’Emmanuel Courcol. Un récit feel good comme on les aime, qui redonne foi en l’humain, sans tomber dans le pathos ou le cucul la praline. Et au passage, un uppercut bien dosé, entre rire et larmes, qui fait la [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-triomphe/">« Un Triomphe » d&rsquo;Emmanuel Courcol : quand Beckett s’invite en zonzon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="/?s=theatre">théâtre</a> comme rédemption&nbsp;: un vieux sujet qui marche toujours et encore. Pour preuve, <em>Un Triomphe </em>d<em>’</em><a href="https://www.instagram.com/emmanuelcourcol/?hl=fr">Emmanuel Courcol</a>. Un récit feel good comme on les aime, qui redonne foi en l’humain, sans tomber dans le pathos ou le cucul la praline. Et au passage, un uppercut bien dosé, entre rire et larmes, qui fait la nique à tous ceux qui prétendent que l’art ne sert à rien.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/QbzPC5gFyy0?si=Iam0Pv8E-UMlIMGm" title="UN TRIOMPHE d&amp;apos;Emmanuel Courcol / BANDE-ANNONCE OFFICIELLE" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/QbzPC5gFyy0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/QbzPC5gFyy0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’étincelle rare du talent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un acteur doué certes, mais qui n’a pas su percer, une team de taulards soi-disant irrécupérables, un porgramme de réhabilitation qui manque d’envergure&nbsp;: à la base, tout est réuni pour que l’atelier d’Etienne Carboni (<a href="https://www.instagram.com/merad.kad/">Kad Merad</a>, exceptionnellement bon as usual) soit un ratage monumental. Sauf qu’Étienne n’a pas du tout l’intention de laisser passer cette opportunité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car les détenus qu’on lui demande de prendre en charge ont quelque chose, une étincelle rare&nbsp;: le talent. Et Étienne, quand il reconnaît le talent, il ne le laisse pas passer. Du coup, son petit atelier va devenir un projet artistique d’envergure&nbsp;: monter <em>En attendant Godot</em> de Samuel Beckett avec son groupe de stagiaires qu’il va ériger en véritable troupe de comédiens, disciplinés, rigoureux, précis. Une troupe qui va finalement jouer cette mise en scène hors les murs dans un vrai théâtre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire vraie et pleine d’espoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois, deux fois, trois fois… une vraie tournée. Et à la clé des lendemains meilleurs&nbsp;? Cette histoire fascinante et pleine d’espoir n’est pas une fiction. Elle s’inspire de l’expérience d’un metteur en scène suédois, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_J%C3%B6nson">Jan Jönson</a>, qui, en 1985, va effectivement faire jouer le chef-d&rsquo;œuvre de Beckett par des prisonniers qu’il a dirigés. Ces derniers s’évaderont, Jönson improvisera alors un long discours devant le public pour raconter son expérience, discours qui deviendra un spectacle à succès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Le monde est un théâtre&nbsp;» disait Shakespeare qui savait un peu de quoi il parlait. Le prisonnier y rêve de liberté, mais être libre dans son corps ne veut pas dire forcément être libre dans sa tête. Le personnage d’Étienne va justement ouvrir la cage mentale dans laquelle ses stagiaires détenus sont enfermés. Parce que justement, <em>En attendant Godot</em> raconte cet enfermement psychique et intellectuel dans un univers prison.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-blush-light-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-9 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<div class="wp-block-group has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph">À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-folies-fermieres/">Les Folies Fermières : le cabaret au secours du monde rural</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/french-cancan-renoir/">French Cancan : quand Renoir raconte la naissance du Moulin Rouge</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-moliere-imaginaire/">Le Molière imaginaire : les deux dernières heures de J.B. Poquelin, comme un cri d’amour</a></li>
</ul>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Le créateur qui sommeille en nous</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le film propose une lecture totalement inattendue et d’une très grande originalité du texte et de l’univers de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=beckett">Beckett</a>, maître de l’absurde noir teinté d’un cynisme mordant. L’intrigue s’en ressent&nbsp;; abrupte, en tension&nbsp;: Étienne a face à lui des criminels, violents et imprévisibles. Il va devoir dompter ces fauves, s’imposer par le dialogue, mais aussi par le charisme, la volonté. Et ce ne sera pas évident du tout. Choc des cultures, des éducations, des milieux… mais le dialogue, la confiance, le respect, le partage seront au rendez-vous, tandis que ces laissés pour compte de la vie découvrent une nouvelle facette d’eux-même&nbsp;: le créateur qui sommeille en chacun d’eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une quête complexe, magnifiquement restituée par David Ayala, Wabinlé Nabié, Alexandre Medvedev, Saïd Benchnafa, Lamine Cissokho, et qui crèvent littéralement l’écran, <a href="https://www.instagram.com/lottinpierre/?hl=fr">Pierre Lottin</a> et <a href="https://www.instagram.com/sofiankhammes/?hl=fr">Sofian Khammes</a>. Interprétation chorale, mise en écho et complémentarité des personnalités, des égos : si <em>Un Triomphe </em>vous prend aux tripes, c’est grâce à eux, qui par cette réflexion profonde sur la liberté, la dignité, la capacité de résilience, posent avec nuance et beaucoup de pudeur les grandes questions philosophiques chères à Beckett : qu’est-ce qui nous définit en tant qu’être humain ? Nos erreurs passées ou notre volonté de les surmonter ?</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-10 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-triomphe/">« Un Triomphe » d&rsquo;Emmanuel Courcol : quand Beckett s’invite en zonzon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Franglaises : standards de la pop music, traductions approximatives et crises de fou rire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/franglaises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Getenet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 14:51:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37475</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Franglaises : spectacle unique en son genre qui ne manque jamais de faire sourire, rire, et danser. Une troupe d&#8217;artistes talentueux qui s&#8217;attaquent aux plus grands tubes anglophones, mais avec un twist désopilant : ils les traduisent littéralement en français ! Ce concept fou est né en 2009, avec l&#8217;idée simple mais géniale de [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/franglaises/">Les Franglaises : standards de la pop music, traductions approximatives et crises de fou rire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-les-franglaises.jpg" alt="" class="wp-image-37476" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-les-franglaises.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-les-franglaises-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-les-franglaises-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Franglaises</em> : spectacle unique en son genre qui ne manque jamais de faire sourire, rire, et danser. Une troupe d&rsquo;artistes talentueux qui s&rsquo;attaquent aux plus grands tubes anglophones, mais avec un twist désopilant : ils les traduisent littéralement en français ! Ce concept fou est né en 2009, avec l&rsquo;idée simple mais géniale de rendre hommage aux hits internationaux tout en jouant avec la langue et la culture. Ce qui a commencé comme une petite performance entre amis est devenu un succès retentissant dans toute la France.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/CpHyMy-1Cx0?si=Cwkzax1777Pq5SRy" title="LES FRANGLAISES - ATTISANT* CASINO DE PARIS 2022/2023 (* Teaser)" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/CpHyMy-1Cx0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/CpHyMy-1Cx0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art du contre-pied et de la performance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend <em>Les Franglaises</em> vraiment spécial, c’est leur capacité à transformer des chansons célèbres en sketchs humoristiques tout en maintenant une qualité musicale impressionnante. La troupe jongle avec les instruments, les chorégraphies et les jeux de mots improbables. Imaginez « Hotel California » transformé en « Auberge Californie » ou « Staying Alive » devenir « Rester Vivant » avec toute la saveur absurde et décalée que cela implique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;humour du spectacle repose sur l&rsquo;effet de surprise : reconnaissance instantanée des chansons vs traduction dans la langue de Molière. Hilarant ! La mise en scène est inventive, chaque membre de la troupe joue plusieurs rôles, passe d&rsquo;un instrument à l&rsquo;autre avec une facilité déconcertante ; leur complicité sur scène est palpable. Cela crée une atmosphère conviviale où le public se sent inclus, presque partie prenante de cette grande folie musicale. Vous pourriez bien vous retrouver à chanter avec eux, sans vraiment comprendre comment vous en êtes arrivé là.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/Hwz8q2YpgwY?si=2ScPnMYGB0SDb1Ph" title="LES FRANGLAISES REVIENNENT À BOBINO À partir du 16 octobre 2020!" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Hwz8q2YpgwY?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Hwz8q2YpgwY?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un triomphe critique et populaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son lancement, <em>Les Franglaises</em> a su charmer les foules et les critiques. Couronné par un Molière du meilleur spectacle musical, le show a su trouver son public grâce à son concept original et à la qualité de ses interprétations. Les spectateurs ressortent des représentations le sourire aux lèvres, souvent en fredonnant des tubes qu’ils pensaient connaître, mais qu&rsquo;ils ont redécouverts sous un angle complètement inattendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques s&rsquo;accordent à le dire : <em>Les Franglaises</em> a réussi le tour de force d&rsquo;allier intelligence, comique, virtuosité musicale et originalité du propos : une combinaison rare qui en fait une expérience à ne pas manquer. Le spectacle touche à sa fin, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de leur dernière tournée. Si vous n&rsquo;avez jamais eu l&rsquo;occasion de les voir en live, c&rsquo;est donc définitivement le moment de vous laisser tenter. Car une fois la dernière note jouée, cette page unique du spectacle français se refermera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus et voir les Franglaises, consultez <a href="https://www.lesfranglaises.fr/">le site de la troupe</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-11 wp-block-paragraph">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-fe48e5de wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/franglaises/">Les Franglaises : standards de la pop music, traductions approximatives et crises de fou rire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trouvaille musique : Akaikurage</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/musique-akaikurage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Aug 2024 15:39:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37279</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bon on va la faire courte : au détour d&#8217;une petite virée sur Inta, je suis tombée sur une petite perle punko-nippone, j&#8217;ai nommé AKaikurage ! Power trio à la japonaise Une gratte ravageuse, une basse millimétrée, une batterie animée par l&#8217;esprit du taiko, et la voix égrillarde de la chanteuse (antithèse du chant guttural [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/musique-akaikurage/">Trouvaille musique : Akaikurage</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-akaikurage.jpg" alt="" class="wp-image-37282" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-akaikurage.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-akaikurage-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/08/the-artchemists-akaikurage-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Bon on va la faire courte : au détour d&rsquo;une petite virée sur Inta, je suis tombée sur une petite perle punko-nippone, j&rsquo;ai nommé AKaikurage !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/yj45bB4wAqo?si=GyyW6XNW2CIqF_ij" title="【MV】アイデア/赤いくらげ" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/yj45bB4wAqo?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/yj45bB4wAqo?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Power trio à la japonaise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une gratte ravageuse, une basse millimétrée, une batterie animée par l&rsquo;esprit du taiko, et la voix égrillarde de la chanteuse (antithèse du chant guttural métal, mais tout aussi secouant en termes de sensation auditive), petite poupée insupportable qui allie la mignonnitude de Candy et le côté ravageur du fantôme de Ring : le power trio Akaikurage fonctionne du tonnerre de Zeus, pour secouer les méninges d&rsquo;un public qui en redemande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les compères ont pris le temps de rôder la formule spécifique à leur rock garage mâtiné de punk. La rencontre a lieu en 2014 ; à l&rsquo;origine, Natsuo (la chanteuse guitariste) et Matsuna (le bassiste) voulaient faire du théâtre ou de la danse ; mais le démon du rock est fort heureusement passé par là, ainsi que le batteur Gerushi. Les conditions de décollage sont optimales, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;à. Le premier album sort en 2018, suivi de deux autres galettes, de tournées nationales et d&rsquo;une incursion au Canada.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/A1cdqRP4WHI?si=-UE4aBuQ1pXBO8Cw" title="【MV】YES NO YES/赤いくらげ" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/A1cdqRP4WHI?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/A1cdqRP4WHI?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Lolita cannibale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">10 ans plus tard, honnêtement, ça crache, et ça crashe et ça clashe ! Plutôt calme et réservée en coulisses, la donzelle se lâche sur scène que c&rsquo;en est un vrai bonheur. Un véritable petit pois sauteur, un côté Lolita cannibale qui en fera fondre plus d&rsquo;un, et derrière les deux acolytes, posés comme des bonzes. Un régal de foutage de gueule libérateur et jubilatoire avec des textes à l&rsquo;encan. Je cite :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« 目が覚めるあの飲み物頂戴、残さず全部こぼすから。<br />甘ったるい言葉探して苦々しい記憶溶かします、どれだけ甘くしたっけ？忘れた、美味しけりゃいいの。 »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traduction dans la langue de Shakespeare (chopée sur le compte insta du groupe, merci d&rsquo;y avoir pensé) :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Give me a bitter drink to wake me up. But I&rsquo;ll spill it all on the floor. I&rsquo;ll search for sweet words to melt my bitter memories. How sweet did I make it? I forgot, as long as it tastes good, that&rsquo;s fine ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui dans l&rsquo;idiome de Molière donnerait :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Donnez-moi une boisson amère pour me réveiller. Mais je la renverserai sur le sol. Je chercherai des mots doux pour faire fondre mes souvenirs amers. À quel point l&rsquo;ai-je rendu sucré ? J&rsquo;ai oublié, tant que ça a du goût, c&rsquo;est bien ».</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/6tGKdzF3EBI?si=pP73LakMNoI2Keqv" title="【MV】VS/赤いくらげ" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/6tGKdzF3EBI?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/6tGKdzF3EBI?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Compos urticantes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà, voilà. Byebye les gentilles idoles fringuées comme des petites filles modèles. Ici, on donne dans le trash assumé, l&rsquo;éventration mentale, sourire aux lèvres et doigt d&rsquo;honneur levé bien haut dans le ciel, sur fond de sakura en fleur. Méduse rouge ou ortie royale au gré des traductions automatiques (désolée, votre humble servante ne maîtrisant guère la langue de Kurosawa et Hokusaï, elle doit s&rsquo;en remettre aux ténébreuses forces de Deepl, ça aide quand même), Akaikurage ne manque guère de piquant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut même dire que les compos sont volontairement urticantes, un peu comme si on gobait un morceau de Fugu préparé par un cuisinier sous amphets. Certains iront direct vomir dans les toilettes, d&rsquo;autres (dont je me revendique haut et fort) se laisseront joyeusement intoxiquer par ce poison sonore 100% made in Pays du soleil levant, option kamikaze mélodique. Et ils risquent fort de tomber accro, conquis par ce vent de fraîcheur venu d&rsquo;Orient extrême pour sauver nos pauvres oreilles affamées de bon son.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus, consultez le <a href="https://www.akaikurage.com/">site d&rsquo;Akaikurage</a> ainsi que son <a href="https://www.instagram.com/akaikurageeeeee">compte Instagram</a>.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/musique-akaikurage/">Trouvaille musique : Akaikurage</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
