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	<title>Dieter Loquen</title>
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		<title>Interview de William Cardoso : Deadline,  traverser pour se trouver</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/william-cardoso-deadline/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2025 15:53:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir ausculté la douleur et les zones d’ombre dans ses précédents projets, William Cardoso s’avance aujourd’hui vers la lumière. Avec DEADLINE, présenté les 11 et 12 novembre au Grand Théâtre de Luxembourg, le chorégraphe transforme la blessure en rituel, la contrainte en passage, le corps en lieu de guérison et de résistance douce aux normes. « Aujourd’hui, je suis en quête de lumière. » « La blessure est l’endroit par lequel...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="400" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Deadline-william-cardoso.jpg" alt="Deadline william Cardoso" class="wp-image-38360" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Deadline-william-cardoso.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Deadline-william-cardoso-288x192.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARTchemists-Deadline-william-cardoso-494x329.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Après avoir ausculté la douleur et les zones d’ombre dans ses précédents projets, <a href="https://www.instagram.com/cardosowil_/?hl=fr">William Cardoso</a> s’avance aujourd’hui vers la lumière. Avec <em>DEADLINE</em>, présenté les 11 et 12 novembre au <a href="https://theatres.lu/fr">Grand Théâtre de Luxembourg</a>, le chorégraphe transforme la blessure en rituel, la contrainte en passage, le corps en lieu de guérison et de résistance douce aux normes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Aujourd’hui, je suis en quête de lumière. »</h2>



<p><strong>« La blessure est l’endroit par lequel la lumière entre en vous. » (Rumi) Comment interprètes-tu cette idée dans ta propre vie ? Peux-tu identifier une rupture ou une blessure qui t’a finalement ouvert à une nouvelle lumière ou compréhension ?</strong></p>



<p>Chaque création est pour moi une réponse à la question « Qui suis-je aujourd’hui ? »  Aujourd’hui, je suis en quête de lumière. J’ai longtemps eu tendance à me concentrer sur ce qui n’allait pas, sur les blessures. Mais même dans la douleur, il y a un tremplin : quelque chose qui pousse à rebondir. Ce que j’ai vécu, je préfère le nommer traumatismes, et l’art a été salvateur — il m’a permis de vomir ce qui se passait en moi.</p>



<p>Aujourd’hui, j’ai envie d’aller bien, d’être mon meilleur pote. Une lumière s’est allumée, et avec elle, la conscience que l’ombre fait partie de la lumière. J’essaie de choisir ce qui me fait du bien, là où il y avait tant de nœuds, et je sens un apaisement. J’ai compris que mon corps a traversé des choses qu’il n’a pas demandées, que je ne suis pas fautif. L’humain porte beaucoup — croyances, hontes, haine — mais aussi l’envie d’aimer et de vivre.  J’ai retrouvé en moi ce petit gamin qui veut juste sourire, sentir la pelouse sous ses pieds et prendre le soleil en pleine gueule.</p>



<p><em>Deadline</em> est une pièce de danse, mais avant tout, une traversée personnelle : une manière de mettre de la lumière sur mes ombres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Pour moi, une rupture, c’est à la fois un deuil et une vague. »</h2>



<p><strong>La rupture comme seuil : as-tu déjà vécu une rupture (amicale, amoureuse, professionnelle, spirituelle) qui, avec le recul, t’a semblé être un passage vers une version plus authentique de toi-même ? Comment as-tu traversé cette période ?</strong></p>



<p>Qui n’a pas vécu de rupture ? Je l’ai vue arriver, je l’ai traversée, je l’ai ressentie — et je me suis laissé emporter par elle. Pour moi, une rupture, c’est à la fois un deuil et une vague. J’ai choisi d’y plonger, de laisser chaque émotion me traverser plutôt que de lutter. C’est dans cette immersion que j’ai commencé à me retrouver, à toucher quelque chose de plus vrai, de plus authentique en moi.</p>



<p><strong>« Se briser sans être détruit, c’est ainsi que nous grandissons. » (Marina Abramović) Qu’est-ce que cela t’inspire ? Penses-tu que la société actuelle permet vraiment de vivre ces ruptures comme des opportunités de croissance, ou les craint-on trop ?</strong></p>



<p>« Se briser sans être détruit », pour moi, c’est accepter de traverser les épreuves sans s’y perdre. C’est toucher à ses limites, sentir la fissure, mais comprendre que ce n’est pas une fin — c’est un passage.  Se briser, c’est douloureux, mais c’est aussi là que quelque chose s’ouvre, que la lumière entre. C’est dans ces moments que l’on grandit, que l’on découvre une version plus vraie de soi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« C’est dans le contact, parfois dans la friction, que l’on apprend à se connaître vraiment. »</h2>



<p><strong>Rituels contemporains : DEADLINE évoque des rituels modernes (méditation, pratiques respiratoires, cérémonies inventées) comme moyens de transformer la douleur en énergie vitale. Quels rituels, personnels ou collectifs, pratiques-tu ou aimerais-tu créer pour accompagner tes propres métamorphoses ?</strong></p>



<p>Deadline est un mélange de rituels que je me suis créés pour aller mieux, pour apaiser et faire sourire l’enfant intérieur en moi. Ce sont des gestes du quotidien, des respirations, des moments pour me recentrer.</p>



<p>Je pratique beaucoup le yoga, la marche — cette marche qui fait circuler les pensées et remet le corps en mouvement —, et le breathwork, que j’utilise comme un voyage intérieur pour libérer ou soigner des traumas passés.</p>



<p>Tout cela me permet d’être dans le présent, ici et maintenant, et cela m’enracine.   Nous avons besoin de l’autre. Rumi disait que la blessure est l’endroit par lequel la lumière entre en nous — mais parfois, cette lumière a besoin d’un regard extérieur pour vraiment exister. C’est à travers l’autre qu’on se découvre, qu’on guérit.</p>



<p>Krishnamurti rappelait que la relation est un miroir : c’est dans le contact, parfois dans la friction, que l’on apprend à se connaître vraiment. Le collectif devient alors un espace d’épreuve partagée, un lieu où nos ruptures individuelles se rencontrent, s’éclairent et se transforment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Si je devais imaginer une cérémonie sans dieu, elle commencerait par un geste d’expulsion. »</h2>



<p><strong>Le collectif comme lieu d’épreuve partagée : comment imagines-tu un espace collectif (artistique, social, politique) où la rupture individuelle pourrait être vécue et transformée grâce au soutien du groupe ?</strong></p>



<p>Je rêve d’un espace collectif où l’on puisse traverser ensemble ces cassures, non pas pour les réparer, mais pour en faire des forces de création. Un lieu où l’écoute, la présence et la bienveillance deviennent des rituels en soi.</p>



<p><strong>Deadline comme cérémonie sans dieu : si tu devais concevoir une « cérémonie sans dieu » pour marquer une rupture ou un nouveau départ, à quoi ressemblerait-elle ? Quels symboles, gestes ou objets y intégrerais-tu ?</strong></p>



<p>Répondre à cette question, c’est presque créer toute une œuvre. Si je devais imaginer une cérémonie sans dieu, elle commencerait par un geste d’expulsion comme si j’essayais d’enlever quelque chose de ma peau, de mes organes, de me libérer de ce qui me dérange ou dont je ne veux plus être habité.  Ce serait un passage, une manière d’ouvrir des portes par l’arrière, de laisser sortir avant de pouvoir accueillir à nouveau.</p>



<p>Puis viendrait le retour : ramener vers moi, avec envie, force et soulagement, de nouvelles énergies, de nouvelles informations pour remplir ce corps différemment . J’y vois des seaux d’eau, des tables, des peignoirs, des armures, de la peau. Des corps à genoux, des corps qui marchent, des corps immobiles et méditatifs. Des dessins dans l’espace, des traces du vivant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La contrainte est devenue passage, le mur est devenu tremplin. »</h2>



<p><strong>Costumes et effacement de l’identité : les costumes de Deadline jouent sur l’anonymat et la transformation. Comment perçois-tu le lien entre l’effacement de l’identité (par le costume, le masque, le silence) et la possibilité de renaissance ?</strong></p>



<p>En effaçant l’identité du visage, en le cachant ou en le couvrant, l’interprète peut plonger plus profondément dans son corps, dans la chair, dans le muscle et rejoindre ainsi son esprit. Cela crée un espace de lâcher-prise qu’on n’atteint pas toujours quand on est exposé, quand on montre son identité.</p>



<p>Il y a quelque chose de fascinant chez l’être humain : il se révèle souvent davantage lorsqu’il est caché. Le masque, le silence, l’anonymat deviennent alors des portes vers l’intérieur.  Et cette connexion à l’intérieur, à ce qui est nu sans être visible, c’est déjà une forme de renaissance.</p>



<p><strong>Scénographie et contrainte : Le podium est à la fois obstacle et passage. Dans ta propre vie ou dans un projet artistique, quel « podium » (contrainte, limite, défi) as-tu transformé en tremplin pour un saut vers l’inconnu ?</strong></p>



<p>J’ai changé de regard sur la même situation. La contrainte est devenue passage, le mur est devenu tremplin.</p>



<p><strong>Musique comme entité vivante : la musique de <em>Deadline</em> est décrite comme une symbiose entre corps, voix et technologie. Si tu devais associer une musique ou un son à une rupture que tu as vécue, lequel choisirais-tu et pourquoi ?</strong></p>



<p>Devagarinho de Gilons et Mariana Volker. Ce morceau me ramène à la personne en question à ce lien, à cette rupture, à tout ce qui reste suspendu entre douceur et nostalgie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« <em>Deadline</em> ne dénonce pas, il ouvre. »</h2>



<p><strong>En quoi le projet <em>Deadline</em> s’inscrit-il dans la continuité (ou la rupture) avec tes œuvres précédentes, aussi bien en solo qu’en duo notamment au regard de ton approche contradictoire, imprévisible et engagée, qui mêle intimité personnelle et critique des normes hétéronormatives et patriarcales.</strong></p>



<p><em>Deadline </em>pointe le doigt vers la lumière, et il a envie d’y aller. Les projets précédents pointaient davantage le mal-être, la douleur, les zones d’ombre. Celui-ci marque un tournant : c’est un projet plus spirituel, plus tourné vers la guérison.</p>



<p>La gestuelle reste ancrée dans le réel, connectée au monde dans lequel on vit, mais l’énergie est différente, plus douce, plus apaisée. <em>Deadline</em> ne dénonce pas, il ouvre. Il cherche moins à questionner les normes qu’à respirer au-delà d’elles.</p>



<p><strong>Tu as remporté le prix «&nbsp;Op der Bün&nbsp;», qui récompense le texte, le concept, la chorégraphie et la mise en scène au cours de ces deux dernières années, pour les chorégraphies de «&nbsp;Baby&nbsp;» et «Angriff&nbsp;». Ce n’est pas ton premier prix. Quel regard portes-tu sur ces «&nbsp;trophées&nbsp;»&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>C’est bizarre, oui. J’ai encore du mal à voir mon travail et sa valeur de l’extérieur. Moi, je vois surtout les questionnements, les doutes, les moments où je me tape la tête contre les murs à la recherche de réponses… ou peut-être de nouvelles questions.</p>



<p>Recevoir ce prix, c’est une belle surprise. Je ne pensais pas que cela m’arriverait un jour. Ça m’a permis de sortir un instant de ma chambre, de prendre du recul et de voir que mon travail touche réellement le monde autour de moi. C’est touchant. Et je suis fier de mon enfant intérieur — celui qui avance, malgré la peur et les doutes, et qui, quelque part, par son chemin, parvient à toucher les autres.</p>



<p>Merci à William Cardoso pour son temps et ses réponses.</p>



<p>Pour en savoir plus sur son travail et ses créations, consultez le site <a href="https://www.williamcardoso.com/">Williamcardoso.com</a>.</p>



<p>Crédit photo : William Cardoso</p>



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		<title>Confession Publique : la nudité comme dernier fracas</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/confession-publique-spectacle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 08:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a, dans Confession Publique, quelque chose d’un chant primal qui, sous ses dehors de confidence, résonne comme un coup de tonnerre. Dès le premier fracas de batterie — Angélique Willkie, assise sur son trône de tambours, baguettes brandies comme un étendard de guerre — on pressent que l’aveu sera moins une reddition qu’une offensive. L’artiste se livre, certes, mais à la manière d’un corps assiégé qui prend d’assaut...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-confession-publique.jpg" alt="différentes vues du spectacle Confession publique" class="wp-image-38180" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-confession-publique.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-confession-publique-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-confession-publique-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photos par Cloé PLUQUET</figcaption></figure>



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<p>Il y a, dans <em>Confession Publique</em>, quelque chose d’un chant primal qui, sous ses dehors de confidence, résonne comme un coup de tonnerre. Dès le premier fracas de batterie — Angélique Willkie, assise sur son trône de tambours, baguettes brandies comme un étendard de guerre — on pressent que l’aveu sera moins une reddition qu’une offensive. L’artiste se livre, certes, mais à la manière d’un corps assiégé qui prend d’assaut ses propres fortifications.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Confession Publique - Teaser officiel" src="https://player.vimeo.com/video/640441093?dnt=1&amp;app_id=122963" width="640" height="338" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le tumulte naît de la collision</h2>



<p>Sur ce plateau minuscule, le tumulte naît de la collision : celui du rythme qui vrille l’air, des mots crachés dans un anglais haché, d’un souffle d’exorcisme où la transe bat en brèche les silences et les non-dits. La scène s’amenuise, la batterie disparaît comme un vieux démon qu’on a purgé.</p>



<p>À sa place, un simple micro, qui se transforme en pale d’hélicoptère — métaphore splendide d’une voix qui refuse la cage de l’amplification. Car Willkie n’a pas besoin de micro pour se faire entendre : sa voix, ample et profonde, porte la rumeur de toutes ses cicatrices.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une biographie âpre</h2>



<p>Une mère disparue sans mots, des amis chers décédés trop jeunes, une agression sexuelle en auto-stop — autant de brisures qu’elle évoque avec une économie de gestes et une sincérité qui désarment. Mais plus encore que les mots, c’est le corps qui confesse. Un corps de femme de soixante ans, offert sans fard, presque sans pudeur, mais jamais sans dignité.</p>



<p>Le nu, chez Willkie, n’est pas un choc gratuit. Il est le prolongement d’une mue nécessaire, une mue que la chorégraphe canadienne Mélanie Demers, actuellement sensation de la danse québécoise et muse jumelle de ce solo, orchestre avec une précision dramaturgique exemplaire. Les vêtements disparaissent dans des vases qu’on dirait funéraires — comme si l’on enterrait, pièce après pièce, la version domestiquée de soi. Reste la chair, vivante, ondulante, parfois violente dans ses propres caresses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une partition de paradoxes</h2>



<p>« Suis-je en jouissance ou en décrépitude ? » semble t-elle s’interroger, non sans une pointe d’humour cruel. <em>Confession Publique</em> oscille entre cette brutalité et une tendresse presque maternelle qu’elle s’offre à elle-même, chantant Purcell comme on se berce d’un blues de survivante.<br />On croit au théâtre, mais on est happé par la danse ; on croit entendre un récit, mais c’est la chair qui parle le plus fort.</p>



<p>Willkie module la violence et la grâce avec une versatilité rare. Chaque anfractuosité de son corps devient un territoire de poésie et de résistance. Sa présence scénique — magnétique sans jamais être narcissique — évoque son passé d’interprètes passée chez Platel ou Cherkaoui, capable de déployer l’intime jusqu’à l’universel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dévoration et vulnérabilité</h2>



<p>Cette confession, pourtant, ne réclame aucun pardon. Elle nous met face à la dévoration et à la vulnérabilité comme à des gouffres fascinants. La mise en scène de Demers, tout en strates musicales (l’univers électro de Frannie Holder, la pureté de Purcell), entretient cet état flottant où les époques, les blessures et les renaissances se superposent sans jamais se résoudre.</p>



<p>Et lorsqu’Angélique Willkie, nue, trempée, murmure son dernier refrain — « <em>If love is a sweet passion, why does it torment ?</em> » — c’est tout un continent de douleurs indicibles qui trouve soudain une langue. Mais ce n’est pas seulement le drame qui se joue là. C’est l’affirmation, sans concession, d’un corps féminin qui n’a plus à s’excuser de vieillir, de jouir, de souffrir, ni même de déranger.</p>



<p>Dans ce solo, la danse est tout sauf décorative : elle est une expiation, une archéologie vivante. <em>Confession Publique</em> ne se regarde pas, elle se reçoit, dans un frisson d’effraction et de gratitude mêlées. Difficile, en sortant, de ne pas penser à ces mots de Platel : « L’essentiel, ce n’est pas ce que l’on montre, mais ce que l’on laisse apparaître. »</p>



<p>Willkie laisse tout apparaître. Et il faut un certain courage pour rester là, spectateur, sans détourner les yeux.<br /><strong>Vu aux Hivernales le 11 juillet dans le cadre de On (y) danse aussi l’été – <a href="https://www.festivaloffavignon.com/">Avignon OFF 2025</a></strong></p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site de la <a href="https://maydaydanse.ca/oeuvres/confession-publique/">compagnie MAYDAY</a>.</p>



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		<title>Furieux.ses ? de Frédéric Cellé : esquisser les contours d’un monde à réinventer</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/furieux-ses-frederic-celle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jan 2025 11:11:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37675</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au plateau, Furieux.ses ?, création 2025 du clunysois Frédéric Cellé, réunit quatre acro-danseurs et un dj-musicien live dans un décor urbex, ou comment la jeunesse contemporaine fait face à ses desseins paradoxaux, entre lutte et soumission. Le chorégraphe pose ici une question : jusqu’à quel point la transe est-elle libératrice et salvatrice pour la génération Z&#160;? The ARTchemists, en retour, le questionne sur le processus de création de Furieux.ses ? « Une...</p>
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<p>Au plateau, <em>Furieux.ses ?</em>, création 2025 du clunysois Frédéric Cellé, réunit quatre acro-danseurs et un dj-musicien live dans un décor urbex, ou comment la jeunesse contemporaine fait face à ses desseins paradoxaux, entre lutte et soumission. Le chorégraphe pose ici une question : jusqu’à quel point la transe est-elle libératrice et salvatrice pour la génération Z&nbsp;? The ARTchemists, en retour, le questionne sur le processus de création de Furieux.ses ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Une sensibilité accrue à l’éthique et à la justice sociale »</h2>



<p><strong>Quelle a été la genèse de </strong><em><strong>Furieux.ses ?</strong></em><strong> ?</strong></p>



<p>Le spectacle est né suite aux rencontres et dialogues avec des danseurs amateurs, de collège, de lycée, des étudiants, des personnes à mobilité réduite.Ces rencontres sont variées, issues de milieux diversifiés, c’est important pour moi de prendre le pouls de jeunes aux profils différents, pour ouvrir le dialogue. C’est la génération Z, ils ont entre 20 et 30 ans.</p>



<p>Je me suis intéressé à ce qui les travaille, les motive, les révolte, leur donne envie de vibrer et aussi de se bouger, de se mobiliser pour la société. En parlant de leur avenir, ils ont évoqué le besoin de se trouver d’abord eux-mêmes dans ce monde, car ils se sentent désabusés, soumis ou au contraire très énervés, révoltés&nbsp;; cette dualité, on peut d’ailleurs la ressentir chez une même personne, il n’y a pas de profil type…</p>



<p>On a parlé de leur avenir, donc de leur métier, de leurs aspirations professionnelles, on a parlé de la société, des problématiques climatiques, environnementales, économiques, on a parlé de leurs relations interpersonnelles, de l’isolement, de la solitude, notamment pendant le confinement, de la peur de s’engager, du besoin d’amour, de respect. Et sur tous ces sujets là, ce qui ressort à chaque fois c’est une sensibilité accrue à l’éthique et à la justice sociale. Mon envie est donc de leur faire de la place car ce sont eux qui vont réussir à faire changer les choses donc il faut leur donner la parole.&nbsp;</p>



<p>Pendant le confinement j’ai été marqué par les rave-party clandestines comme à Nantes où pendant plusieurs jours des jeunes se sont réunis dans un hangar. J’ai été frappé par ce besoin de vibrer ensemble, de se retrouver, de se révolter, de se toucher, de célébrer le vivant de façon collective. Cela m’a évoqué la fameuse épidémie «&nbsp;la danse de St Guy&nbsp;» à Strasbourg en 1518 (en quelques mots, le peuple s’est révolté, par la danse, pour faire valoir ses revendications face aux autorités.). D’où le désir de travailler sur la transe, sur la vibration, qu’elle soit intime, hyper sensible, intérieure ou au contraire qu’elle pulse, qu’elle soit puissante, qu’elle explose, en solo, duo, trio ou à l’unisson…</p>



<p>Et donc, pour cela il fallait imaginer le plateau comme un lieu singulier, porteur de sens, ouvert sur l’imaginaire, où nature et constructions humaines cohabitent, un lieu où nature et culture fusionnent. J’ai pensé à un lieu urbex, qui va unir le passé et le présent, avec des objets abandonnés ou oubliés, qui seront disséminés au plateau, un lieu aussi où la nature reprend ses droits. Peut-être un lieu où la nature humaine reprend ses droits, finalement, le plateau comme un lieu où notre propre nature retrouve un état primitif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Révéler l’individu, sa personnalité au sein d’un groupe »</h2>



<p><strong>Comment </strong><em><strong>Furieux.ses ? </strong></em><strong>dialogue-t-il avec votre précédente création </strong><em><strong>In extremis</strong></em><strong> ?</strong></p>



<p>Pour moi la fin d’<em>In extremis</em> ouvre la voie à <em>Furieux.ses ? </em>Avec <em>In extremis</em> j’ai joué de l’équilibre «&nbsp;fragile&nbsp;» d’un groupe, ses unions, ses désunions, ses alliances, ses exclusions…. Comment faire groupe lorsqu’on est différents ? Avec <em>Furieux.ses ?</em> je cherche l’inverse ! Comment révéler l’individu, sa personnalité au sein d’un groupe. La transindividuation propose à chaque interprète d’être lui-même au sein du groupe, et c’est cette différence qui permet de faire groupe. Ainsi, <em>Furieux.ses ?</em> trouve son jeu dans la complémentarité, la singularité des interprètes pour «&nbsp;faire monde&nbsp;».</p>



<p><strong>Pourquoi avoir choisi l</strong>’<strong>univers urbex comme toile de fond ?</strong></p>



<p>Parce que c’est un sacré terrain de jeu !</p>



<p><em>Furieux.ses ?</em> explore les frictions entre le temps présent et celui de l’histoire dont nous sommes héritier.es. J’ai choisi l’univers de l’urbex et de la friche industrielle comme inspiration en vertu de sa singularité et de sa capacité à conjuguer de multiples temporalités. Cet univers matérialise les ruines sur lesquelles nous construisons notre société contemporaine, et au sein de laquelle le temps permettra à la nature de reprendre ses droits. L’urbex est le lieu de la réconciliation, entre la nature, le vivant, et les constructions humaines passées. C’est aussi le lieu idéal pour faire la fête, se lâcher, se rencontrer, s’oublier…</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Prendre appui sur le vécu de chacun »</h2>



<p><strong>La transe est au cœur de </strong><em><strong>Furieux.ses ? </strong></em><strong>Quelle place occupe cet état dans la pièce, et pourquoi est-elle essentielle pour interroger les aspirations et les contradictions de la jeunesse contemporaine ?</strong></p>



<p>C’est à partir de l’expérience de vie des interprètes et de leur capacité d’exaltation que cette nouvelle création met en avant une jeunesse contemporaine aux desseins paradoxaux, entre lutte et résignation.</p>



<p>Ils et elles ont entre 20 et 30 ans et malgré certains champs d’opposition, on perçoit dans leurs discours le désir d’intégrité et de liberté. Constatant la difficulté à faire société au sein d’un monde individualisé, <em>Furieux.ses ?</em> ouvre la porte à cette jeunesse par la transe, la pulse, le désir, la rencontre, … Ces aspirations permettent de nouvelles mutations. Cet état d’exaltation ou d’extase, qu’il soit intérieur ou explosif, permet de se sentir vivant, de toucher à une forme de liberté, de joie, et aussi d’abandon, de lâcher prise.</p>



<p>C’est terriblement difficile aujourd’hui d’être joyeux dans ce monde. C’est pourquoi cet état de transe est essentiel pour soulever nos cœurs.</p>



<p><strong>Les interprètes sont aussi des narrateurs de leur propre expérience. Comment les vécus individuels des danseur·euse·s et leurs capacités d</strong><strong>’</strong><strong>exaltation se sont-ils intégrés à la création de l’œuvre ?</strong></p>



<p>A partir d’improvisations, nous avons testé plein de pistes différentes, d’états de corps, de mouvements, de regards… Que ce soit pour des moments de joie ou de révolte, j’ai cherché à révéler l’humanité en chacun des interprètes. L’improvisation a permis de prendre appui sur le vécu de chacun pour mieux les révéler. Je me suis inspiré de leurs personnalités, de leurs fragilités et de leurs forces, pour composer des paysages chorégraphiques qui les révèlent. Ils ont tous des parcours différents, et leurs corps racontent déjà beaucoup de choses par leurs singularités. J’ai donc pris le temps de les découvrir pour leur permettre de s’affirmer et d’assumer leurs «&nbsp;furiosités&nbsp;» !</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Aller vers un collectif, un unisson »</h2>



<p><strong>Quels objets ou agrès occupent l</strong>’<strong>espace scénique ?</strong></p>



<p>Nous avons au plateau une baignoire, un bureau, un fauteuil, des arbres, des murs, de la végétation, de la terre, … Dans ce décor on trouve des traces de la présence humaine, comme une mémoire de la vie passée.</p>



<p>Ces objets sont à la fois symboliques et très concrets puisqu’ils s’intègrent à la danse. Chaque objet peut devenir un refuge, un piédestal, une cabane, un complice, … La façon de toucher l’objet, de faire corps «&nbsp;avec&nbsp;» transforme complètement notre regard sur celui-ci. On ne voit plus un objet mais un partenaire. Ou alors l’objet nous permet de suggérer une autre relation au temps et à l’espace, on se projette dans un ailleurs grâce à lui.</p>



<p><strong>Vous interrogez la notion de collectif et de « transindividuation ».</strong></p>



<p>J’ai de plus en plus la sensation qu’il est difficile de vivre ensemble. Ces derniers mois, ces dernières années nous montrent que la peur prend souvent le dessus sur nos comportements, que la curiosité et la différence deviennent des obstacles. Nous avons tendance à nous isoler, à nous diviser, le «&nbsp;nous&nbsp;» est finalement synonyme de solitudes. C’est pourquoi j’ai voulu que ce spectacle explore tout d’abord cette solitude pour aller vers un collectif, un unisson. Démarrer par des soli, avec nos peurs, nos doutes, nos envies, nos désirs, et permettre ensuite une ouverture du regard, un contact rassurant, et enfin la possibilité de se soutenir, de s’entraider. Nous passons par différentes étapes dans le spectacle, avec notamment celle qui me marque le plus qui est celle où on est juste à côté de quelqu’un, dans le même mouvement, mais on est malgré tout pas (encore&nbsp;?) avec l’autre. On vibre côte à côte sans réussir à s’accorder. Le poids de la solitude ou de l’individuation nous empêche de faire société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Faire vibrer les moments de tensions et de plaisirs »</h2>



<p><strong>La ronde est un motif récurrent dans la pièce. Quelle symbolique vouliez-vous transmettre à travers ce geste collectif, qui semble à la fois archaïque et contemporain ?</strong></p>



<p>Parce qu’elle nous rappelle l’enfance, les rituels, les sorcières guérisseuses, l’humain primitif, la figure de la ronde est convoquée à différents moments du spectacle.</p>



<p>Elle est un motif d’inquiétude et de joie. Elle emporte les danseur.euse.s et le public dans un élan et une énergie collective. Elle donne aussi l’occasion de s’enraciner, d’empêcher toute inclusion, de faire bloc face à ceux qui seront extérieurs… La ronde, comme une farandole mélancolique ou comme une trace du temps qui passe, permet de devenir un repère collectif.</p>



<p><strong>La musique joue un rôle central dans « Furieux.ses ? ». Comment le musicien live interagit-il avec les danseur·euse·s et amplifie-t-il cette exploration de la transe et du vivant ?</strong></p>



<p>Théo, le musicien, est avant tout un interprète au même titre que les danseurs. J’imagine sa présence comme le maître du lieu et le maître du temps. Son regard et sa musique nous donnent le pouls du spectacle.</p>



<p>Il est par moments extérieur à ce qui se joue et par moments il en est l’acteur principal. Son rôle renforce une dramaturgie des différents espaces de jeu au plateau et conforte la danse au plateau. Le live permet de faire vibrer les moments de tensions et de plaisirs pour mieux les ressentir. Théo nous donne de la force, de l’énergie et participe pleinement musicalement et physiquement à cette expérience chorégraphique collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Sortir de la désillusion sociale »</h2>



<p><strong>Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cette œuvre ? Que voulez-vous que les spectateurs retiennent ou ressentent après avoir vu « Furieux.ses ? » ?</strong></p>



<p>J’ai souhaité construire le spectacle en dialogue avec cette jeunesse. Si je propose des pistes de travail, c’est grâce aux interprètes et à toute l’équipe technique et de créateurs que le spectacle prend forme.</p>



<p>J’imagine le plateau comme un grand rassemblement, une fête, une ode à l&rsquo;amour et à l’espoir. Il est essentiel qu’on trouve le moyen de se réparer et de retrouver ce qui vibre en nous. J’espère que ce spectacle nous permettra de travailler collectivement à sortir de la désillusion sociale. Que ces retrouvailles en territoire urbex permettent par la transe et la rencontre des corps une consolation, une reconnaissance collective de l’état du monde et une prise de conscience d’y appartenir pleinement.</p>



<p><strong>En parall</strong><strong>èle de votre création se profile la 13ème édition de votre festival Cluny Danse en mai prochain. Pouvez-vous nous en dévoiler sa programmation&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, comme à notre habitude avec la co-directrice du Festival Annick Boisset, nous aimons proposer des spectacles de compagnies émergentes comme de compagnies reconnues. Le festival est dédié aux arts du mouvement, cirque et danse contemporaine, pour les espaces extérieurs de la ville de Cluny.</p>



<p>Nous fêterons donc notre 13ème édition avec la compagnie d’Amala Dianor, la compagnie Daruma, Bart, Nakama, Sauf le dimanche, le CCN Viadanse à Belfort, la compagnie En lacets, Advance Cie, Hors surface, … et aussi des compagnies amateurs ou écoles de danse du département de Saône-et-Loire et d’ailleurs car le festival accueille tous ceux qui veulent danser !</p>



<p>Nous organisons une mégabarre dans la rue principale de Cluny, un flashmob, des ateliers, des soirées DJ pour se défouler jusqu’au bout de la nuit… Le festival Cluny Danse a lieu tous les ans au troisième week-end du mois de mai, et est le seul à promouvoir les arts du mouvement dans le Sud Bourgogne.</p>



<p>Merci à Frédéric Cellé pour ses réponses.</p>



<p>Pour en savoir plus sur le travail de Frédéric Cellé et assister aux prochaines dates de son spectacle, consultez le site de la compagnie de danse contemporaine <a href="http://legrandjete.com/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Grand Jeté</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>CHoPin de Christine Hassid : l’ardente et mélancolique variation chorégraphique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/chopin-christine-hassid-interview/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 09:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37482</guid>

					<description><![CDATA[<p>Christine Hassid revisite avec intensité et sensibilité une pièce chorégraphique inspirée de l&#8217;œuvre de Frédéric Chopin, dont la résonance trouve un écho profond dans son histoire familiale. En associant la puissance du piano à la liberté des corps en mouvement, la chorégraphe bordelaise signe avec CHoPin &#8211; actuellement en tournée &#8211; une œuvre émouvante et lumineuse. Rencontre avec une artiste aussi déterminée que passionnée. Quelle a été votre source d&#8217;inspiration...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Christine Hassid revisite avec intensité et sensibilité une pièce chorégraphique inspirée de l&rsquo;œuvre de Frédéric Chopin, dont la résonance trouve un écho profond dans son histoire familiale. En associant la puissance du piano à la liberté des corps en mouvement, la chorégraphe bordelaise signe avec <em>CHoPin</em> &#8211; actuellement en tournée &#8211; une œuvre émouvante et lumineuse. Rencontre avec une artiste aussi déterminée que passionnée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="CHoPin _ Christine Hassid Project 2024" src="https://player.vimeo.com/video/1012160972?dnt=1&amp;app_id=122963" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle a été votre source d&rsquo;inspiration pour créer le projet initial <em>Chopin. Carte blanche </em>?</h2>



<p>Chopin est un compositeur romantique dont les œuvres pour piano sont célèbres pour leur expressivité et leur complexité émotionnelle. La musique de Chopin, avec ses nuances et sa richesse harmonique, se prête bien à la danse contemporaine, offrant une toile de fond émotionnelle intense pour l&rsquo;exploration du mouvement. Le rapport à la musique est essentiel dans mon travail. Ce sont des itinéraires de corps humains qui dictent la musique, qui la jouent, et non la musique qui est à l’origine de leur apparition. Je suis musicienne, j’ai fait 15 ans de piano et je jouais les <em>Nocturnes</em> de Chopin à 10 ans. Je connais la complexité de cette musique et sa structure. Tout mon travail réside à construire un dialogue entre la musique de Chopin et la musicalité des corps.  </p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Chopin. Carte blanche</em> fut recréé pour devenir <em>CHoPin.</em> Qu&rsquo;est-ce qui vous a poussé à ramener ce projet en Europe, et pourquoi souhaitez-vous le retravailler maintenant ?</h2>



<p><em>Chopin. Carte blanche</em> m&rsquo;a permis d&rsquo;avoir une double nomination. Deux nominations aux Golden Mask Awards ; fait exceptionnel puisque je suis la première chorégraphe française à avoir été nommée à ce prestigieux festival depuis sa création. La première nomination étant dans la catégorie « meilleur spectacle de danse contemporaine de la saison » et la seconde, dans la catégorie « Meilleure chorégraphe de la saison ». Je me suis ainsi retrouvée sur la liste des nominations aux côtés d’Angelin Preljocaj et de William Forsythe.</p>



<p>La terrible actualité de la guerre en Ukraine fait que ce projet ne joue plus pour des raisons politiques. Avec la compagnie CHP en France, nous avons dû travailler hors des murs des théâtres pour contrer la crise Covid. Cela faisait quatre ans que la compagnie n’avait pas pu jouer dans les murs des théâtres. J’ai donc échangé avec nos partenaires sur la volonté ardente de réamorcer cette création, de développer la dramaturgie, de peaufiner l’écriture et d&rsquo;avoir une réelle création lumière. Pour toutes ces raisons, <em>CHoPin</em> a été créé en 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles émotions ou thèmes cherchez-vous à transmettre à travers l&rsquo;œuvre de Chopin, sa nostalgie notamment ?</h2>



<p>J’ai utilisé Chopin pour créer une pièce qui résonne à un niveau émotionnel profond, en utilisant la musique comme point de départ pour des explorations chorégraphiques qui vont au-delà du simple accompagnement musical. Je m’inspire par exemple de la mélancolie ou de la passion présentes dans les œuvres de Chopin pour créer une pièce qui interroge les relations humaines, les états d’âme, les luttes intérieures.</p>



<p>Ainsi, mon travail avec la musique de Chopin montre comment la danse contemporaine peut dialoguer avec des œuvres classiques en réinterprétant leur signification ou en offrant aux spectateurs une nouvelle manière de ressentir et de comprendre à la fois la musique et la danse. </p>



<h2 class="wp-block-heading">En tant que petite-fille d’un rescapé de la Shoah, comment votre histoire familiale a-t-elle façonné votre travail artistique et vos engagements ? Comment l&rsquo;exil de votre famille a-t-il influencé la création de <em>CHoPin</em> ?</h2>



<p>Les histoires de souffrance, de perte et de courage ont été transmises de génération en génération, et je ressens profondément la responsabilité de rappeler leur mémoire. Les génocides et les atrocités sont souvent minimisés ou ignorés, laissant les victimes et leurs descendants sans voix. C&rsquo;est pourquoi il est si important de rappeler l’Histoire. Après quatre générations, il était temps de faire le voyage à l’envers&#8230; avec une troublante résonance à notre époque.</p>



<p>Comme le disait Jean d’Ormesson :<strong> «</strong> Il <em>y a quelque chose de plus fort que la mort, c&rsquo;est la présence des absents, dans la mémoire des vivants »</em><strong>. </strong>L’histoire de ma famille est dans mon ADN. Dans toutes mes créations, il y a son empreinte. Mon écriture chorégraphique est physique, énergique, sensible, fluide, dense et demande beaucoup de précision. Je suis une personne qui a une certaine étanchéité à la survie. Cette force, j’en ai besoin au quotidien, car être une femme dans ce milieu de la danse demande des sacrifices et une détermination sans faille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment la situation actuelle en Ukraine et en Russie a-t-elle affecté la diffusion de votre œuvre et votre vision du projet ?</h2>



<p><em>Chopin, carte blanche</em> s’est arrêté de jouer dès le début de la guerre. Les images en Ukraine ont d’autant plus appuyé le besoin de lutter contre l’antisémitisme, le racisme, la haine, la dictature, la propagande. En tant qu’artiste, il me semble qu’il est de mon devoir de témoigner à ma façon, de lutter à mon niveau contre la montée actuelle des extrêmes et des discours de haine. La musique, la poésie et l’ironie ont toujours été mes remèdes pour donner du corps à l’immatériel et pour essayer de fédérer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vous avez mentionné l&rsquo;importance de la musique dans votre travail. Comment voyez-vous le rapport entre la musique de Chopin et la chorégraphie ?</h2>



<p>Associant dans mon corps la danse classique et contemporaine, je conserve cette union dans mes œuvres. Montrer au spectateur, non l’opposition du classique et du contemporain, mais le dialogue étonnant qui se noue entre eux. Il existerait une tension permanente entre le classique et le contemporain, tension par moments dépassée dans le ballet néoclassique.  Pour moi, cette contradiction est tout sauf insoluble. Je l’abolis dans mes spectacles. Je réduis la distance entre ces deux mondes. </p>



<p>La musique de Chopin peut avoir une incarnation physique dans le corps des danseurs, non seulement elle sonne, mais devient aussi visible. On peut l&rsquo;appeler un opéra du corps, où la voix est remplacée par une danse. Ce sentiment de la « chair » de la musique surgit inconsciemment et se manifeste même chez un spectateur inexpérimenté, car celui-ci n&rsquo;a besoin de connaitre ni la théorie de la musique ni l&rsquo;histoire du compositeur.  Non seulement pour l&rsquo;entendre, mais aussi pour le ressentir à l&rsquo;intérieur de vous-même<strong>. </strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Vous parlez de la musique qui amène au « repos des choses ». Pouvez-vous expliquer ce concept dans le cadre de votre travail chorégraphique ?</h2>



<p>Tchaïkovski, Bach, Chopin&#8230; Qu&rsquo;est-ce qui les unit ? Probablement, une série de pertes vécues, qui ont donné lieu à une perception aiguë de chaque instant, à un sentiment de la fugacité de la vie, au désir de la remplir au maximum à chaque instant &#8211; si vous ne pouvez pas le faire dans votre vie, alors du moins en musique.</p>



<p>C’est dans cette philosophie de vie que j’avance, que je me réalise, que je donne un sens à ma vie. La danse et la musique sont mes remèdes à la vie. Et je pense sincèrement,&nbsp;avec mon expérience, que la musique classique et la musique baroque fédèrent et parlent à tous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vous l’avez dit, <em>Chopin. Carte blanche</em> a remporté notamment vos deux nominations aux Golden Mask Awards suivies d’une vaste tournée en Russie et en Ukraine ? Comment avez-vous vécu ce succès ?</h2>



<p>Je n’ai pas vécu les tournées, car, après la première, je suis rentrée en France avec mon assistant. Les Golden Mask Awards ont été pour moi une renaissance. J’étais dans une période où je songeais à fermer la compagnie (c’était au moment de la COVID)… Le Ministère des Affaires étrangères français m’a contactée pour m’annoncer la très bonne nouvelle et pour organiser ma venue à la cérémonie. Je devais partir en « mission » pour représenter la France à Moscou. </p>



<p>Malheureusement, la COVID a fait que je n’ai pas pu me rendre à la cérémonie (comme tous mes collègues) car nous n’avions pas encore le droit de quitter nos pays respectifs vu l’évolution de la crise sanitaire. Ce qui a été compliqué, c’est de me rendre compte, lors de mes nombreux rendez-vous en France, que mes interlocuteurs (pour la plupart) ne connaissaient pas les Golden Mask Awards …  </p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles sont vos attentes en réamorçant, en France, ce projet aujourd&rsquo;hui, en particulier dans le contexte actuel de tensions géopolitiques ?</h2>



<p>Je dirai qu&rsquo;ensemble, nous pouvons bâtir un avenir où la paix et la justice prévalent ; où les rêves des générations passées sont enfin réalisés. N&rsquo;oublions jamais les vies perdues, les rêves brisés. C&rsquo;est notre devoir de rappeler leur mémoire, de lutter contre l’oubli et de travailler inlassablement pour un monde où chaque être humain est respecté et protégé. Et j’ai toujours pensé à toutes les minorités opprimées en écrivant <em>CHoPin</em>. Ensemble, nous pouvons faire la différence. </p>



<p>Pour en savoir plus sur le projet et la tournée, consultez le site <a href="https://christinehassidproject.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Christine Hassid Project</a>.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Soraya Thomas : danse intense sinon rien</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/soraya-thomas-danse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 17:57:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Elle avait secoué le Off d’Avignon en 2022 : la chorégraphe Soraya Thomas espère imposer encore un peu plus son univers en métropole par l’entremise d’une brève tournée en Nouvelle-Aquitaine (Limoges, Bordeaux, Périgueux, La Rochelle …). Présentation d’une artiste d’outre-mer qui tisse de belles passerelles chorégraphiques entre l’océan Indien et l’Hexagone. Un vrai choc C’était en juillet 22. La campagne environnante d’Avignon essuyait un de ces incendies qui, à chaque...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/03/the-artchemists-soraya-thomas.jpg" alt="" class="wp-image-36963" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/03/the-artchemists-soraya-thomas.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/03/the-artchemists-soraya-thomas-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/03/the-artchemists-soraya-thomas-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Elle avait secoué le Off d’Avignon en 2022 : la chorégraphe Soraya Thomas espère imposer encore un peu plus son univers en métropole par l’entremise d’une brève tournée en Nouvelle-Aquitaine (Limoges, Bordeaux, Périgueux, La Rochelle …). Présentation d’une artiste d’outre-mer qui tisse de belles passerelles chorégraphiques entre l’océan Indien et l’Hexagone.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="SOUFFLE | Cie Morphose - Teaser" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/r2AX-sZczb8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un vrai choc</h2>



<p>C’était en juillet 22. La campagne environnante d’Avignon essuyait un de ces incendies qui, à chaque canicule estivale, ravage un peu plus sa garrigue. Alors que battait fort le plus grand festival d’art vivant du monde dans les rues de la cité papale, on avait décidé de prendre une navette pour se rendre au Château Saint-Amand. Ce jour-là jouait Soraya Thomas, artiste présente dans le collectif <em>La Réunion à Avignon</em> et seule chorégraphe du groupe alors soutenu par les institutions culturelles réunionnaises pour représenter la diversité de l’art vivant péi. De Soraya, on ne connaissait rien, du milieu chorégraphique réunionnais très peu également, mis à part les noms <strong>d’Eric Languet, Florence Boyer, </strong>ou encore<strong> Jérôme Brabant</strong>. Ce fut donc un vrai choc que de découvrir <em>Et mon cœur dans tout cela ?</em> œuvre créée en 2020.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soraya, femme Noire puissante</h2>



<p>Performance-électrochoc qui s’attaque aux fondations des stéréotypes du corps féminin noir, le solo <em>Et mon cœur dans tout cela </em> dévoile dans une relative obscurité un corps de femme nu, à la fois musclé et vulnérable, baignant dans un liquide blanc. Dans un geste libérateur et révoltant, Soraya s&rsquo;élève de cette mare laiteuse, s&rsquo;affirmant contre les normes oppressives. La danse, terrienne en diable, mute au cours de la performance : aux gestes brusques et entravés du début succède une danse de légèreté, sensuelle, jouant de l’alternance des lumières vertes et rouges. Ces lumières – signées <strong>Valéry Foury</strong> &#8211; donnent à voir un corps d’une inquiétante étrangeté, parfaite antithèse du corps sensuel – pour ne pas dire outrageusement exotique et hypersexualisé – qu’aime à imposer un monde dirigé par des hommes, blancs, puissants. Colonialistes. Ici, c&rsquo;est un corps révolté sans doute, résistant, fier et libre assurément qui poétise avec rage.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Et mon cœur dans tout cela ? - Teaser - Cie Morphose" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/oJlbtRlYV3w?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Engagement physique et politique</h2>



<p>Au sortir de la représentation, impossible désormais d’oublier ce joli prénom qu’est Soraya. On se renseigne sur la frondeuse et apprend qu’elle a fréquenté le Conservatoire d’Annecy, obtenu son Diplôme d’État à l’enseignement de la danse en 2000, avant de rejoindre la <strong>Compagnie Coline</strong>, cellule d’insertion professionnelle pour jeunes danseurs contemporains. Puis les compagnies de <strong>Jean-Claude Gallotta, Michel Kéléménis</strong> ou encore <strong>Myriam Burns</strong> pour lesquels elle reprend des rôles. Arrivée à La Réunion en 2002, elle entame une collaboration en tant qu’artiste-interprète aux projets de la <strong>Cie Danses en L’R &#8211; Éric Languet</strong>, chorégraphe qui produira sa première pièce chorégraphique en 2007 : <em>J’ai pas cherché &#8230;?</em>. S’ensuivront en 2011 – sous l’égide de sa propre compagnie Morphose &#8211; <em>Barry n’est pas complètement blanc </em>(2015) et <em>Head Rush</em> (2017), œuvres qui ancrent son univers dans le territoire réunionnais tout en affirmant l’engagement physique et politique de son travail chorégraphique, qui déjà interpelle le landerneau chorégraphique métropolitain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vent qui se lève …</h2>



<p>Ce printemps, Soraya embarque sa compagnie dans une brève tournée en Nouvelle-Aquitaine – région qui la soutient activement, notamment La Manufacture- CDCN Bordeaux. Aussi, il sera possible de découvrir les deuxième et troisième volets d&rsquo;un triptyque commencé en 2019 avec <em>La Révolte des papillons</em>, explorant le mariage entre révolte et intimité : <em>Et mon cœur dans tout cela ?</em> (L’Odyssée, Scène conventionnée Périgueux) et <em>Souffle</em> (à la Maison des Arts et de la danse en partenariat avec l’Opéra de Limoges et à La Manufacture Bordelaise). À propos de <em>Souffle</em>, pièce de groupe qui s&rsquo;intéresse à la reconstruction d&rsquo;un collectif de personnes en période de crise, la chorégraphe se rappelle l’avoir imaginé à la suite des élections présidentielles de 2017 alors que les extrêmes menaçaient dangereusement. Elle explique :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Souffle tente de comprendre ce qui se passe dans un collectif de danseurs quand tout n’est que chaos autour d’eux, en prenant comme prétexte l’élément climatique de référence dans cette région du monde qu’est le cyclone, sachant qu’autour de l’œil du phénomène, les vents unissent leurs forces pour tourner  entre 30 minutes et deux heures avant de se disloquer. Un temps qui correspond à celui d’une pièce et que les danseurs, pris dans la tourmente, puis confrontés bientôt à un grand champ de ruines vont mettre à profit pour se reconstruire, renouer avec le vivant, se protéger, se souvenir et tenter d’ériger parfois quelqu’un au sommet au risque de tout voir s’effondrer. Bref la métaphore dansée de la vie ou de la survie qui s’impose quand elle est menacée. »</em></p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Bousculer les codes de la masculinité</h2>



<p>On retrouve les marques de fabrique de Morphose que sont la&nbsp;marche, la course, l’énergie du mouvement, et beaucoup de duo, le tout mâtiné d’une gestuelle empruntée au club de handball réunionnais AS Château-Morange avec qui Soraya a frayé pour, notamment, saisir au plus près la notion d’esprit d’équipe. Sa trilogie étant bouclée, la chorégraphe travaille déjà à sa prochaine pièce profitant notamment de ses venues en métropole pour des résidences dans des lieux de choix&nbsp;(La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne ou encore La Manufacture – CDCN La Rochelle où une sortie de résidence – Premier regard est programmé pour le 11 avril). <em>Les Jupes</em> succèdera donc à sa trilogie «&nbsp;La révolte et l’intime&nbsp;».</p>



<p>« <em>Ballet ironique</em> » teinté d’humour et d’ironie, <em>Les Jupes</em> s&rsquo;intéresse au processus de construction des modèles et symboles liés à la masculinité, au corps et à l&rsquo;autorité à travers l’exploration de différentes marches (militaires, processionnelles…) comme terreau de recherches chorégraphiques. Défilé de mode et ballet partagent un ensemble de codes attachés aux corps qui traversent l’espace scénographique, Soraya entend les déconstruire et d’interroger la place du public dans le dispositif. Le quatuor masculin sera dévoilé courant 2024. Et plus si affinités !</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour suivre le travail de Soraya Thomas et assister à l&rsquo;un de ses spectacles, consultez <a href="https://www.ciemorphose.com/">le site de la compagnie Morphose</a>.</p>


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		<title>Mytho (Olympus Circus) : le carnaval pop et anachronique de Lionel Hoche</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mytho-lionel-hoche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jan 2024 18:34:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du festival Trajectoires 2024 organisé par le centre chorégraphique nationale de Nantes, Lionel Hoche dévoile sa nouvelle création. Mytho (Olympus Circus) plongera petits et grands dans le monde déjanté d’une mythologie passée et celle plus pop d’aujourd’hui. Plus de détails sur ce projet par le chorégraphe himself. Pirater la mythologie grecque On vous avait quitté avec&#160;Dimanche éperdument,&#160;issu de votre triptyque autobiographique. Vous nous revenez avec MYTHO (Olympus...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho.jpg" alt="" class="wp-image-36838" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/01/the-artchemists-mytho-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Dans le cadre du <a href="https://festival-trajectoires.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">festival <em>Trajectoires</em></a> <em>2024</em> organisé par le centre chorégraphique nationale de Nantes, Lionel Hoche dévoile sa nouvelle création. <em>Mytho (Olympus Circus)</em> plongera petits et grands dans le monde déjanté d’une mythologie passée et celle plus pop d’aujourd’hui. Plus de détails sur ce projet par le chorégraphe himself.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pirater la mythologie grecque</h2>



<p><strong>On vous avait quitté avec&nbsp;</strong><em><strong>Dimanche éperdument,&nbsp;</strong></em><strong>issu de votre triptyque autobiographique. Vous nous revenez avec MYTHO (Olympus Circus). Une création qui entend «&nbsp;</strong><em><strong>pirater la mythologie grecque sur le mode explosif (et pop) du grand Olympus Circus</strong></em><strong>&nbsp;». Pourquoi un tel sujet&nbsp;: la mythologie grecque&nbsp;?</strong></p>



<p>Un préambule est nécessaire, car il y a un parallèle entre ces deux pièces : <em>Dimanche Éperdument</em>, qui avait été initié avant la crise sanitaire comme une pièce dystopique, pour évoquer un monde au bord de sa fin rattrapé par la réalité, est devenu une pièce sur le monde d’après, monde espéré (qui n’est pas encore advenu)… C’est un endroit qui voulait percuter la lueur d’une sortie de tunnel (à partir du noir), pour retrouver la lumière et l’espace et invoquer la Joie !</p>



<p><em>Mytho</em>, parti d’un court moment serein, ou expressément engagé dans une quête de sérénité, c’est un peu le même topo. Depuis, on voit la terre s’effriter sous nos pieds, le monde se catapulter dans une fuite en avant guerrière, une spirale toujours plus nourrie de violence… Comment encore parler d’autre chose, d’espoir, comment activer (encore) une autre force, notre amour, et comment ne pas se prendre les pieds dans le tapis en œuvrant politiquement (loin de ses croyances, préceptes, voire simplement de ses capacités artistiques…)&nbsp;?</p>



<p>Pour revenir à la question sur <em>Mytho</em> et le sujet de la mythologie grecque&nbsp;: c’est un sujet vaste et présent chez tout un chacun, un sujet universel et familier à la fois, fascinant et toujours fertile. Il transcende autant les époques que les générations. Il est venu faire un tour plus ou moins érudit dans l’enfance et l’imaginaire de chacun. Il a généralement fait son trou et creusé un sillon inépuisable dans notre espace intime. Il est source commune. Il ouvre des mondes singuliers et exotiques tout en nous confrontant à nous-mêmes…. De plus (et très heureusement), il est en quelque sorte magique et demeure humain&nbsp;: sacrée alchimie&nbsp;!</p>



<p><strong>Quel serait votre héros/héroïne, votre mythe préféré&nbsp;?</strong></p>



<p>Impossible de choisir : ce que j’aime c’est leur multitude, leur nombre, la ramification infinie, l’arborescence vertigineuse de cette multiplicité… Ils sont uniques et ils sont « foule ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">La tribu Hoche</h2>



<p><em><strong>Mytho</strong></em><strong> s’annonce comme un (presque) projet jeune public. Ce n’est pas le premier de vos projets dédiés à ce public spécifique.&nbsp;</strong><em><strong>L’histoire du Soldat</strong></em><strong>&nbsp;a connu un joli succès. Qu’est-ce qui vous meut tant dans le jeune public&nbsp;?</strong></p>



<p>Une forme de liberté de ton ouverte, la place du jeu, du ludique… Un vent de légèreté possible… C’est une mission réjouissante que d’accompagner un futur public, mais plus simplement de participer aux expériences tant éducatives que sensorielles, esthétiques, de ces jeunes… Je pense que si ces projets sont « instructifs » ils affirment aussi pour moi une ténacité à ne pas perdre le contact avec cet espace et cette liberté folle que peut générer notre imaginaire. C’est une force certaine, absolue, qu’il faut entretenir, nourrir encore et garder vivante, partager. Les adultes doivent garder un œil sur cette partie d’eux-mêmes et veiller à ce qu’elle ne s’éteigne pas… Finalement de nous vers eux et inversement converser.</p>



<p><strong>Carlotta Sagna, Simon Frezel, Vincent Delétang, Emilio Urbina … au fil de vos créations nous retrouvons la même équipe. Peut-on parler de la constitution au fil des ans d’une tribu Hoche&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est une tribu ouverte et accueillante, plurielle et changeante. S’il y a un noyau, il y a aussi du sang neuf. Avec le temps on apprécie la fidélité, mais on a toujours besoin de renouveau. Je prends plaisir à travailler avec un panel générationnel étendu&nbsp;: de la vingtaine à la soixantaine… Quel délice&nbsp;! J’apprécie que s’approfondissent les relations dans la compagnie autant qu’elles puissent être stimulées par de nouvelles dynamiques et personnalités. C’est enthousiasmant et vivant.</p>



<p><strong>Carlotta est rejointe cette fois-ci par deux autres illustres chorégraphes&nbsp;: Elisabeth Schwartz et Germana Civera. Quels rôles ont ces femmes dans </strong><em><strong>Mytho</strong></em><strong>&nbsp;?</strong></p>



<p>Elles sont porteuses de temps, de leur histoire (dans la danse aussi). Elles font figure (déjà) de quelque chose d’ancestral, en tout cas de fondamental. Elles ont chacune choisi un axe de présence mythologique en lien avec leurs préoccupations. Germana incarne une sorte de titan &#8211; Gaia pour ne pas la nommer &#8211; à la dimension originelle et écologique ; Elisabeth, sur les traces de Duncan réactive les figures « chorégraphiques » mythologiques qui ont nourri ces pionnières de la danse, ici avec les furies et autres bacchantes. Quant à Carlotta, elle vient avec humour jouer les Cassandre et perturber le déroulement du spectacle. Tout cela sous la forme d’apparitions dans la vidéo/scénographie. Elles sont divines et absolument humaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Scénographie et playlist</h2>



<p><strong>La scénographie emprunte à la vidéo, au détournement de tableaux de maîtres… comment l’avez-vous imaginée ? Vous parlez de rhapsodie…</strong></p>



<p>La rhapsodie comme forme poétique épique, le rhapsode est un poète Grec allant chantant et récitant des poèmes épiques. De plus, cela donne un axe de recherche musicale, un thème commun, mais aussi une forme qui lie ou inclue des folklores. La mythologie ayant toujours été source d’inspiration au cours du temps, la peinture (et la sculpture tout autant que le cinéma ou la littérature) de toute époque y font référence, y trouve matière. Je pensais mettre hors du temps cette mythologie source en brouillant à l’intérieur même des toiles, les époques, les esthétiques et les situations pour créer des frottements, des ricochets, des (dis)torsions : réinventer à partir de là, créer notre lecture de la mythologie (celle de notre tribu sur scène).</p>



<p><strong>Vous êtes également aux costumes. Là encore, c&rsquo;est une constante. D’où vous vient ce goût pour la création de costumes ?</strong></p>



<p>C’est une histoire d’enfance. Ma mère cousait beaucoup quand j’étais enfant. J’ai appris par hasard en l’observant et, petit à petit, c’est devenu un savoir, mais aussi une échappée à portée de main. C’est un artisanat pratique capable de délires, permettant la métamorphose.</p>



<p><strong>Quid de la diversité et singularité de la bande sonore&nbsp;: Bartok, Jean-Michel Jarre, Rachmaninov … Comment s’articule (ou pas) cette playlist&nbsp;?</strong></p>



<p>Très simplement autour de la rhapsodie pour les Bartok, Ravel, Debussy et Rachmaninov… Ensuite Jarre nous ramène à une sorte de «&nbsp;cosmique ancestral&nbsp;», une nuit des temps que le New Age titillait, plus pertinent à l’écoute maintenant qu’à l’époque&nbsp;: cela vient encadrer l’ensemble de la composition. Pour provoquer des glissements, j’introduis deux ruptures plus pops ou rocks avec pour sujet des figures ou événements mythologiques. Le tout s’articule lestement et nous accompagne dans le voyage proposé, épopée mouvementée et onirique. Il s’agit d’une composition en chapitres ou épisodes, s’articulant et nous faisant basculer d‘un univers à l’autre. Une sorte d’Odyssée.</p>



<p><strong>In fine, </strong><em><strong>Mytho</strong></em><strong>, tout pop et baroque s’annonce-t-il, entend décrire l’infini chaos du monde et de l’être. 2023 se termine avec son cortège d’horreurs… Êtes-vous optimiste pour la suite ? L’art nous sauvera-t-il ? Ou alors les héros mythologiques ?</strong></p>



<p>J’étais loin d’imaginer un tel fracas global quand j’ai commencé à penser à <em>Mytho</em>. Je ne suis pas sûr d’avoir les outils pour réparer l’humanité, mais panser quelques plaies existentielles, ça je pense pouvoir y participer : je ne veux pas être l’écho d’un monde mourant, mais œuvrer à un émerveillement qui nous éclaire un instant. Donc il faut danser et rêver tant que possible en conservant notre humour. Avec <em>Mytho</em>, je pense en premier lieu au bazar humaniste de nos activités et passions, nos vies. Pour contrer cette actualité toujours plus violente, j’ai besoin d’ouvrir d’autres espaces, fous, pour me (nous) maintenir debout et jouant, des endroits peu crédibles, mais salutaires, thérapeutiques peut-être… Prenons soin de notre moral, alimentons notre destin de chimères et d’espoirs.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus sur le travail de Lionel hoche et cette nouvelle création, n&rsquo;hésitez pas à consulter le <a href="https://www.lionelhoche.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site du chorégraphe</a>.</p>
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		<title>Focus le théâtre contemporain réunionnais : Alexis Campos évoque « La terre sous les ongles »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/interview-alexis-campos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 17:33:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36505</guid>

					<description><![CDATA[<p>Juillet 2022&#160;: présente au OFF d’Avignon avec d’autres troupes réunionnaises dont celle de Daniel Léocadie, le Collectif Alpaca Rose est actuellement présent en métropole pour jouer une création jeune public La terre sous les ongles mis en scène par Alexis Campos. Ce dernier évoque pour nous la gestation de ce spectacle ainsi que les réalités du théâtre à La Réunion. Votre nouvelle création, jeune public, aborde les thématiques de la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1.jpg" alt="" class="wp-image-36506" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Juillet 2022&nbsp;: présente au <a href="https://www.festivaloffavignon.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">OFF d’Avignon</a> avec d’autres troupes réunionnaises dont celle de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Daniel+L%C3%A9ocadie">Daniel Léocadie</a>, le Collectif Alpaca Rose est actuellement présent en métropole pour jouer une création jeune public <em>La terre sous les ongles </em>mis en scène par Alexis Campos. Ce dernier évoque pour nous la gestation de ce spectacle ainsi que les réalités du théâtre à La Réunion.</p>



<p><iframe loading="lazy" src="https://www.facebook.com/plugins/video.php?height=314&#038;href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F747033193%2Fvideos%2F199295706516206%2F&#038;show_text=false&#038;width=560&#038;t=0" width="560" height="314" style="border:none;overflow:hidden" scrolling="no" frameborder="0" allowfullscreen="true" allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; picture-in-picture; web-share" allowFullScreen="true"></iframe></p>



<p><strong>Votre nouvelle création, jeune public, aborde les thématiques de la mort et du deuil. Comment amener au plateau des sujets aussi graves pour un public aussi spécifique&nbsp;? À travers des lectures, des témoignages d’enfant&nbsp;?</strong></p>



<p>Je voulais absolument aborder le thème du deuil chez les enfants en étant le plus sincère possible, en ne cachant rien de ce sujet un peu tabou à cet âge. À travers le deuil d’un animal de compagnie, je pensais mettre de la distance tout en gardant le sujet au centre de ce spectacle. Il est vrai qu’ensuite pendant les résidences de recherche, nous avons beaucoup lu de livres et de documentaires sur le sujet comme <em>La croûte</em> de Charlotte Moundic et Olivier Tollec , <em>Et si on parlait de la mort</em>, un documentaire d’Anne Jochum … Grâce à ces supports, cela nous a rassurés sur comment en parler simplement aux enfants.</p>



<p><strong>On se souvient que précédemment, dans<em> Terminus</em> ou <em>La Mastication des morts, </em>vous vous empariez de ce sujet&nbsp;: la mort. C’est quoi cette obsession&nbsp;?</strong></p>



<p>Ce triptyque est né malgré moi avec, pour finalité, ce projet à destination des enfants <em>La Terre sous les ongles</em>. J’ai abordé ce thème avec l’envie de mettre nos morts en avant, d’en parler sans tabou. En parler, c’est les rendre un peu vivant dans la mémoire collective. Je voulais que les lieux mortuaires deviennent des lieux d’échanges, de questionnement, des villages paisibles, mais pleins de vie. Qu’il n’y ait pas de gêne, par exemple, à rire dans un cimetière et de s’y sentir bien…</p>



<p>C’était le but lors de la performance&nbsp;<em>La mastication des morts</em> de Patrick Kermann avec les élèves du conservatoire de La Réunion&nbsp;: comme un grand cimetière ouvert sur le monde et sur les vivants. D’écouter le murmure tout simplement. C’est, pour moi, le signe d’une société saine que de savoir accueillir ce sujet sans peur.</p>



<p><em><strong>Terminus </strong></em><strong>était plus un hymne à la vie… le public ressortait avec l’envie d’être deux fois plus vivant, car chanceux d’être là, d’être en vie et de respirer intensément.</strong></p>



<p>Finir pour le jeune public permet de créer un lien entre les parents et les enfants sur la manière d’échanger sur ce thème et amène l’enfant dans le cercle des questionnements. Avec ce triptyque, je voulais aborder et parler du deuil à tous les âges</p>



<p><strong>La pièce a été jouée à La Réunion cet été. Comment a-t-elle été reçue par le jeune public&nbsp;? Des échanges, des bords plateaux pour recueillir les paroles et réactions des enfants ont-ils eu lieu&nbsp;?</strong></p>



<p>Nous avons joué 14 fois au mois de juillet lors du <a href="http://iletaitunefoislesvacances.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">festival Il était une fois &#8230;les vacances&nbsp;!</a>. Ce fut une tournée intense et riche en émotions. Des yeux qui brillent et des échanges enthousiastes. Ce projet permet d’ouvrir des espaces de discussions parents/enfants et c’est ce que je trouve beau dans cet acte artistique.</p>



<p>Le bord de scène a été très important durant cette tournée. Voici quelques retours recueillis lors de ces échanges&nbsp;: « moi j’ai été comme la petite&nbsp;», «&nbsp; le chien était trop drôle, mais pourquoi il est mort&nbsp;», « et toi, tu es encore triste&nbsp;?&nbsp;», «&nbsp;Merci de m’avoir fait revivre la perte de mon animal quand j’étais enfant » , « Émouvant&nbsp;», «&nbsp; C’est donc ça le deuil&nbsp;!&nbsp;», etc.</p>



<p><strong>Vous avez un pied à La Réunion et un pied à Voiron. Comment s’est opéré ce grand écart géographique&nbsp;?</strong></p>



<p>Natif de Voiron avec mon cœur sur l’île de la Réunion, faire une passerelle me semble évident. J’ai connu La Réunion en 2008 quand j’ai été compagnon comédien au Centre dramatique de l’océan Indien sous la direction de Pascal Papini et Lolita Monga. À partir de ce moment-là, je suis tombé amoureux de cette île et j’avais besoin de garder un lien. La meilleure chose à faire était donc de créer des échanges artistiques entre ces 2 territoires.</p>



<p><strong>«&nbsp;La terre sous les ongles&nbsp;» est co-crée avec la Compagnie voironnaise CAO. Pouvez-vous nous la présenter et nous en dire plus sur votre façon de créer à plusieurs&nbsp;?</strong></p>



<p>J’aime les collaborations entre plusieurs artistes, plusieurs compagnies… et là avec cette compagnie naissante sur le pays Voironnais, il me semblait indispensable de faire ce pont avec le collectif ALPACA ROSE et la compagnie CAO. Cette création porte en elle toutes ces collaborations autour de ce thème&nbsp;: la perte d’un chien. Thibaut Garçon (metteur en scène) a posé les bases dramaturgiques avec moi. Ensuite est venu Thomas Billaudelle (Regard Extérieur) pour finir avec Mariyya Evrard pour les chorégraphies et le rythme. Le socle de laboratoire de recherche s’est fait avec eux en 2022 et début 2023 sur la métropole.</p>



<p><strong>Agnès Bertille qui joue le rôle de la petite fille à la Réunion a, également, apporté des idées pour enrichir le spectacle.</strong></p>



<p>La première force de ce jeune public vient des échanges permanents qu’il y a eus, de loin ou de près, sur la construction de cette pièce. La deuxième force est que nous avons construit ce projet autour de deux équipes d’artiste afin de pouvoir diffuser sur La Réunion et sur la métropole en même temps. Eddy Grondin et Agnès Bertille pour les dates réunionnaises et Mariyya Evrard et moi-même lors des dates en métropole.</p>



<p><strong><em>«&nbsp;Une pelote de laine en guise de fil rouge, la musique comme un grand paysage intérieur&nbsp;»</em> peut-on lire dans votre dossier. Racontez-nous un peu la scénographie, la dramaturgie de La terre sous les ongles&nbsp;?</strong></p>



<p>On voulait une scénographie simple et efficace que nous pouvions lire assez rapidement. Avec ce bout de gazon et ce tas de terre, la compréhension est directe&nbsp;: la petite a enterré son chien. L’idée des pelotes de laine et de la balle rouge pour le chien sert aussi de lien entre la petite et son animal… Ces fils tendus doivent être coupés pour avancer et tourner la page. C’est Valerie Fourry qui a proposé ce décor que nous avons trouvé pertinent au fur à mesure des répétitions. La musique créée par Lise Belperron est aussi très importante. Elle donne l’ambiance et la couleur du spectacle. C’est aussi un élément majeur dans le parcours des personnages.</p>



<p>Merci à Alexis Campos pour son temps et ses réponses.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus et découvrir les prochaines représentations de La terre sous les ongles, suivez le <a href="https://www.facebook.com/collectifalpacarose/?locale=fr_FR" target="_blank" rel="noreferrer noopener">compte Facebook du Collectif Alpaca Rose</a>.</p>


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		<title>Focus le théâtre contemporain réunionnais : Daniel Léocadie revient sur « Kisa Mi Lé »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/daniel-leocadie-interview/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Oct 2023 09:09:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Juillet 2022 : un collectif de compagnies réunionnaises pose ses valises au OFF d’Avignon, bien décidé à montrer aux métros de quel art les artistes péi se chauffent. Parmi eux, Daniel Léocadie. En cette rentrée 2023, ce dernier présente sa pièce Kisa Mi Lé à Paris, Lyon et Grenoble. Il nous en dit plus sur ce seul en scène. « Fonnkèr théâtral » Kisa Mi Lé veut dire en créole « qui suis-je ». Titre...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/kisa-mi-le-chateau-morange-21.jpg" alt="" class="wp-image-36504" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/kisa-mi-le-chateau-morange-21.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/kisa-mi-le-chateau-morange-21-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/kisa-mi-le-chateau-morange-21-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Juillet 2022 : un collectif de compagnies réunionnaises pose ses valises au <a href="https://www.festivaloffavignon.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">OFF d’Avignon</a>, bien décidé à montrer aux métros de quel art les artistes <em>péi</em> se chauffent. Parmi eux, Daniel Léocadie. En cette rentrée 2023, ce dernier présente sa pièce <em>Kisa Mi Lé</em> à Paris, Lyon et Grenoble. Il nous en dit plus sur ce seul en scène.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://youtu.be/6plAeusMG24?si=V0gdzgqTK3tc_Djz
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<h2 class="wp-block-heading">« Fonnkèr théâtral »</h2>



<p><em><strong>Kisa Mi Lé</strong></em><strong> veut dire en créole « qui suis-je ». Titre adéquat pour introduire cette interview et vous présenter ?</strong></p>



<p>Je suis Daniel Léocadie, j’ai 37 ans ce 30 octobre, je suis réunionnais. Je suis comédien et j’ai écrit et mis en scène Kisa Mi Lé.</p>



<p><strong>« Fonnkèr théâtral » : voilà comment vous décrivez votre pièce où la langue se met en mouvement pour dire le nécessaire et l’urgent. La pièce a été créée en 2017, le nécessaire et l’urgence sont-ils toujours intacts ?</strong></p>



<p>Oui et je suis tenté de rajouter&nbsp;: malheureusement. J’ai pu penser à un moment que ce texte n’était plus nécessaire, que la question était réglée, que le public, la population était passée à autre chose. Mais non. Force est de constater que la question identitaire par le prisme des langues reste encore très présente dans le paysage réunionnais.</p>



<p><em><strong>Kisa Mi Lé</strong></em><strong> questionne la double culture et le fait de parler (ou pas) créole en son </strong><em><strong>péi</strong></em><strong>. Aujourd’hui, comment se porte la langue créole à La Réunion ?</strong></p>



<p>La langue créole se porte bien puisqu’on estime que 80 % de la population la parle. C’est plutôt l’image qu’on en a qui est dégradée. Elle est limitée, presque séquestrée dans la case intimité, émotionnelle et triviale. Elle est rarement liée au domaine philosophique, analytique, scientifique, ou simplement professionnel. En revanche, dans le domaine poétique, elle prend de l’ampleur, et si au commencement était le verbe, alors peut-être que le changement viendra de la poésie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une façon de voir le monde</h2>



<p><strong>C’est un défi de proposer un seul-en-scène déclamé à la fois en créole réunionnais et en français, notamment sur l’Hexagone. Quel est le retour du public ?</strong></p>



<p>Le véritable défi est d’obtenir la confiance de programmateurs sans forcément passer par un focus créole. Mais ce chemin-là est aussi nécessaire et je ne peux être que reconnaissant envers les festivals tels <a href="https://lemoiskreyol.fr/">Le Mois Kreyol</a> et <a href="https://www.sensinterdits.org/">Sens interdits</a> qui nous donnent tribune. Le retour du public est bon, puisque le spectacle a été créé dans l’Hexagone. Ses premières représentations ont eu lieu à Lyon, puis Paris. Le public a toujours tout compris, puisque c’est fait pour lui. Je leur donne des clés durant le spectacle pour qu’il rencontre du mieux possible la langue créole. Pour l’instant ça fonctionne.</p>



<p><strong>Et vous, en tant que comédien, que ressentez-vous lorsque vous jouez en créole ? Y a-t-il un déplacement qui s’opère dans votre jeu ?</strong></p>



<p>Oui forcément. Une langue, c&rsquo;est un paradigme. Ce n’est pas que des mots, c’est une façon de voir le monde, c’est une histoire, qui influence inconsciemment votre respiration, votre démarche, votre pensée, vos silences. Tout ça fait que je joue différemment. Et puis jouer dans sa langue maternelle donne à la parole une « viscéralité » unique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Proposer des dramaturgies différentes</h2>



<p><strong>Vous avez récemment créé un </strong><em><strong>Antigone</strong></em><strong> en langue créole. Qu’est-ce qui vous a donné envie de monter cette pièce et en quoi cette tragédie trouve-t-elle un écho dans la culture réunionnaise ?</strong></p>



<p>J’ai eu envie de monter <em><a href="https://www.theartchemists.com/spectacle-antigone-version-creole/">Antigone</a>, c</em>ar elle posait une question citoyenne très importante pour moi quelque temps après l’attentat du Bataclan. Les parents d’un des terroristes voulaient enterrer leur fils, mais la région en question n’a pas voulu donner sépulture à un terroriste. Alors, il y a eu procès. C’est ce qui m’a intéressé : que fait-on du corps de celui qui porte atteinte à la nation ? Et lorsque que l’on déshumanise quelqu’un, à quel point ne perd-on pas nous-même une partie de notre humanité ? À quel point nous ne risquons pas de ressembler à ceux que nous dénonçons ? Ce questionnement m’obsédait et il a trouvé un écho à La Réunion par la forme. Je voulais raconter cette histoire avec nos codes, culturels, cultuels, architecturaux&#8230; Thèbes était devenue bilingue, on y parlait en français et en créole, le fratricide se rejouait grâce au moringue (danse combat), les chœurs se faisaient entendre par le Maloya… Nous avons rapproché la tragédie grecque de notre culture réunionnaise (non pas seulement créole) pour y trouver énormément de points communs.</p>



<p><strong>On se souvient qu’un collectif de compagnies est venue de nombreuses pièces lors du festival Avignon OFF en 2022. Comment se portent aujourd’hui les compagnies de théâtre réunionnaises ? Trouvent-elles un écho auprès des programmateurs hexagonaux ?</strong></p>



<p>Les compagnies de théâtre à La Réunion se portent bien. Elles sont dynamiques et parviennent, tout en se nourrissant avec appétit de ce qui se fait dans l’Hexagone et ailleurs, à garder une certaine spécificité, une certaine organicité liée à l’île. Pour ce qui est de l’écho national, on part de loin, mais ça va de mieux en mieux, notamment grâce à l’<a href="https://www.onda.fr/">ONDA</a> qui vient sur l’île tous les trois ans afin de repérer, d’accompagner, voire de programmer des dramaturgies réunionnaises. Mais cela reste encore anecdotique si on compare à la réciproque. Il suffit d’imaginer les programmateurs réunionnais allant tous les trois ans dans l’Hexagone, bien sûr ce n’est pas le cas et tant mieux. Nous sommes un peu plus soucieux de proposer des dramaturgies différentes au-x public-s. Nous espérons parfois qu’une certaine égalité devienne réalité, que les dramaturgies créoles ne soient plus des freins ni des défis, mais des moments de rencontres possibles et nécessaires entre citoyen.nes d’une même nation.</p>



<p>Merci à Daniel Léocadie pour son temps et ses réponses.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus sur le travail de Daniel Léocadie et assister aux prochaines représentations de ses spectacles, consultez <a href="https://www.compagniekisamile.re/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le site de la compagnie Kisa Mi Le</a>.</p>


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		<title>Compagnie Carré Blanc : Dans la boucle, trop la zone (de confort) !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/danse-dans-la-boucle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Apr 2023 15:01:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zoé, Bryan et Yane sont trois jeunes chorégraphes qui signent leur première création – Dans la Boucle – sous le regard bienveillant de Michèle Dhallu, directrice de la compagnie Carré Blanc pour laquelle ils dansent au quotidien. Rencontre avec un trio qui s’apprête à jouer ce spectacle pour la première fois sur Paris avant de s’atteler au OFF d’Avignon. Chacun sa façon de contourner sa routine Dans la Boucle&#160;porte un...</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-3.jpg" alt="" class="wp-image-35900" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-3.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-3-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/04/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-3-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Zoé, Bryan et Yane sont trois jeunes chorégraphes qui signent leur première création – <em><a href="https://carreblanccie.com/spectacles/dans-la-boucle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dans la Boucle</a></em> – sous le regard bienveillant de Michèle Dhallu, directrice de la <a href="https://carreblanccie.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">compagnie Carré Blanc</a> pour laquelle ils dansent au quotidien. Rencontre avec un trio qui s’apprête à jouer ce spectacle pour la première fois sur Paris avant de s’atteler au OFF d’Avignon.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Dans la boucle, Carré Blanc Cie - Teaser" src="https://player.vimeo.com/video/796577687?dnt=1&amp;app_id=122963" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Chacun sa façon de contourner sa routine</h2>



<p><em><strong>Dans la Boucle</strong></em><strong>&nbsp;porte un regard poétique sur notre ordinaire. Cette création interroge nos routines et notamment le fait qu’elles peuvent être source de créativité, d’invention et de jeu. Qu’est-ce qui a motivé le choix d’un tel sujet ?</strong></p>



<p>Nous avons commencé la création dans les mois qui ont suivi le confinement. Nous venions de vivre une période unique, où le temps a été propice à l’observation et à l&rsquo;introspection.&nbsp;Limités dans nos espaces de vie,&nbsp;nous avons rapidement senti la routine s&rsquo;installer dans nos existences. L&rsquo;idée de&nbsp;<em>Dans la Boucle</em>&nbsp;a donc pris racine à cet instant. Nous avons puisé dans&nbsp;ces habitudes gestuelles&nbsp;pour les mettre sur scène, et ainsi proposer une création qui serait le témoin d&rsquo;un vécu commun. Nos recherches nous ont menés à Stefano Boni, auteur de&nbsp;<em>Homo confort</em>, qui nous a donné l&rsquo;idée du grain de sable, cet imprévu qui allait chambouler nos routines.&nbsp;<em>Dans la Boucle</em>&nbsp;est une pièce chorégraphique qui souhaite offrir différents niveaux de lecture et qui se veut donc accessible à tous&nbsp;!&nbsp;<em>Dans la Boucle</em>, c&rsquo;est l&rsquo;envie de se retrouver pour partager sourires, souvenirs ou anecdotes dans un moment dansé et poétique.</p>



<p><strong>Comment vous-même combattez-</strong><strong>vous</strong><strong> la routine ronronnante de votre quotidien ?</strong></p>



<p>Bryan évoque l&rsquo;instant présent, avec comme objectif de le savourer. Zoé chine l&rsquo;imprévu et Yane scrute l&rsquo;énergie créatrice nichée dans son quotidien. Finalement, chacun a sa façon de contourner sa routine ! Nous sommes tous différents et c’est ce qui fait la beauté de notre planète. Si certains aiment ce quotidien «&nbsp;rassurant&nbsp;», d&rsquo;autres sont friands d’inconnu et d&rsquo;imprévus, l&rsquo;important pour nous est de savoir goûter la vie.</p>



<p>“<em><strong>En nous privant de toute expérience considérée comme désagréable ou négative, le confort nous enferme dans un cocon protecteur qui nous coupe du monde extérieur et de nous-mêmes, de tout ce qui fait le « sel de la vie » “&nbsp;</strong></em><strong>écrit l’anthropologue Stefano Boni qui vous a inspiré</strong><strong>s</strong><strong>. Quel serait pour vous le sel de la vie ?</strong></p>



<p>Le sel de la vie, ce sont les frissons, la peur, l’inconnu et les doutes, mais aussi l&rsquo;émerveillement, la joie immense et le réconfort. Le sel de la vie est l’épice qui permet de pimenter notre quotidien ! Un ingrédient indispensable à avoir, mais qui peut être difficile à doser. Et comme le dit Françoise Héritier, « <em>ce sont tous les petits plaisirs, mais source de grand bonheur qui jalonnent l&rsquo;existence.</em> »</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Une création collective implique d&rsquo;avoir une certaine confiance »</h2>



<p><em><strong>Dans la Boucle</strong></em><strong>&nbsp;est votre première création. Vous créez à trois. Quid de votre processus créatif, de votre mode opératoire&nbsp;?</strong></p>



<p>Nous avons tour à tour été chorégraphes pendant la création de <em>Dans la Boucle</em>. Ce fonctionnement nous a permis de changer de point de vue. C’était l’opportunité d’affirmer nos choix artistiques tout en nous sachant entourés de la bienveillance des deux autres. Une création collective implique d&rsquo;avoir une certaine confiance, une ouverture d&rsquo;esprit, une grande disponibilité ainsi qu&rsquo;une franchise dans nos rapports. Nous avons passé six semaines à créer du matériel chorégraphique, à partir de consignes d’écriture et d&rsquo;improvisation. Lorsque nous avons trouvé le point de rendez-vous entre nos trois personnalités, les éléments se sont imbriqués dans une belle fluidité. Michèle Dhallu a suivi l&rsquo;avancée de l&rsquo;écriture, nous a poussés dans nos idées, nous a rassurés sur nos doutes. Les trois dernières semaines ont été consacrées à la construction de la pièce telle que vous pouvez la découvrir aujourd’hui. La période de création n&rsquo;a cessé d’être ponctuée de moments d’échanges avec Michèle, mais aussi Coline, notre scénographe et l’équipe technique.</p>



<p><strong>Hip hop, danse jazz, danse contemporaine… la création est fortement métissée à l’image des créations de la compagnie Carré Blanc. Là encore, comment doser au plus juste ces différents univers ?</strong></p>



<p>La danse contemporaine est le pilier de cette création comme la plupart des spectacles de la compagnie. Nous nous sommes rencontrés sur la dernière création de Michèle, <em>Borders and walls</em>. À l’époque, elle cherchait des interprètes de techniques différentes avides d&rsquo;aller vers d&rsquo;autres horizons. Tout en étant différents, nous sommes complémentaires. Yane a pratiqué le cirque et la danse contemporaine, elle nous a apporté le travail au sol. Zoé a été le point fort en termes de dynamique et de musicalité. Bryan, lui, a apporté sa précision hip-hop et le travail de portés. Nous ne voulions pas passer d&rsquo;un style à l&rsquo;autre, mais bien les métisser. Un même mouvement de bras peut être dansé hip-hop ou contemporain : juxtaposés, « <em>ils ne sont ni tout à fait le même ni tout à fait un autre</em> » comme dit Verlaine. Une touche d&rsquo;humour et de comédie s&rsquo;est ajoutée à cela pour faire naître un univers atypique<em>.</em></p>



<p><strong>Michèle Dhallu, directrice de la compagnie Carré Blanc, vous accompagne sur ce projet. En quoi son regard extérieur vous a aidé</strong><strong>s</strong><strong> pour ce premier opus ?</strong></p>



<p>Être chorégraphe et danseur en même temps n’est pas chose facile selon nous ! Nous l’avons expliqué précédemment, mais Michèle a été très présente pendant la création, en réunion ou en studio. Son expérience et son recul lui permettent d&rsquo;identifier rapidement ce qui se joue sur scène. Elle vient soulever des questions, souligner des dysfonctionnements ou mettre en avant ce que l&rsquo;on croyait être un détail. Nous n&rsquo;avons pas le même ordre des priorités et c&rsquo;est bien sa synthèse et son œil affûté qui nous ont permis de faire un bond en avant dans notre artistique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La danse, art non verbal, est accessible à tous »</h2>



<p><strong>Suite à cette première expérience, imaginez-vous poursuivre vos efforts ? Si oui toujours à </strong><strong>trois</strong><strong> ?</strong></p>



<p>Vous ne croyez pas si bien dire ! L&rsquo;aventure se poursuit effectivement, puisque nous entamons une nouvelle création, mais cette fois-ci à quatre (avec Michèle).&nbsp;<em>Qui&nbsp;? Que&nbsp;? Quoi&nbsp;?</em>&nbsp;est un projet dans lequel chacun sera chorégraphe d&rsquo;une grande question de la société actuelle. Cette production verra le jour à l’automne 2024 !&nbsp;Michèle Dhallu nous a également proposé une direction collégiale de la compagnie, ce à quoi nous avons dit oui !</p>



<p><em><strong>Dans la Boucle&nbsp;</strong></em><strong>est une pièce à destination du jeune public. Pour une première création, c’est assez courageux. Qu’est-ce qui vous a motivé</strong><strong>s</strong><strong> dans le choix d’un tel public ?</strong></p>



<p>Michèle chorégraphie depuis longtemps pour l’enfance, persuadée de l’adéquation du public avec la danse. Cet art non verbal est accessible à tous. Écrire pour le jeune public demande une grande exigence, il faut parler à tous les âges de la vie ; en fait écrire jeune public, c&rsquo;est écrire tout public, au sens premier du terme. Adresser <em>Dans la Boucle</em> au jeune public a donc été une évidence pour nous. Nous aimons les réactions des enfants en spectacle, les échanges après les représentations, les retours des parents/accompagnateurs. Alors pourquoi ne pas continuer à écrire pour le jeune public ?</p>



<p><strong>Après votre passage au Lavoir Moderne Parisien, vous tiendrez la scène un mois durant pendant le <a href="https://www.festivaloffavignon.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">OFF d’Avignon</a>. On sait ce moment aussi excitant qu’épuisant. Comment s’y prépare-t-on (et là, on peut parler de routine santé !) ?</strong></p>



<p>Oui, vous avez raison, c&rsquo;est épuisant ! Avignon, ce n&rsquo;est pas seulement une heure sur scène par jour, mais aussi et surtout tenter de remplir les salles et aller chercher le public ! Nous nous mettons en condition pour ce mois bien chargé : une bonne alimentation, un respect de son corps, une préparation physique et on est partis ! Pour avoir présenté <em>Borders and walls</em> à Avignon l’année dernière, c’est en effet une période très intense physiquement, mais nous sommes très vite rattrapés par le plaisir d’être sur scène !</p>



<p>Merci à Zoé, Bryan et Yane pour leur temps et leurs réponses.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus les prochaines dates de <em>Dans la Boucle</em>, consultez le site de la <a href="https://carreblanccie.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">compagnie Carré Blanc</a>.</p>
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		<item>
		<title>Antigone, version péi : Sophocle sous les tropiques</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/spectacle-antigone-version-creole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2022 09:55:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après sa tournée réunionnaise, Antigone version créole, spectacle mis en scène par Daniel Léocadie et Jérôme Cochet, traverse plusieurs théâtres de métropole. Y résonne le chant de Danyèl Waro, s’y affrontent les moringueurs et frappent fort les tambours. Une mise en scène et en mots dépaysée du blockbuster de Sophocle, à la recherche de l’élan populaire de la tragédie et de son antique sagesse pour éclairer notre brutale époque. Rencontre...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35203 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-1.jpg" alt="Antigone en créole" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/12/Devenez-un-pro-du-design-en-quel11-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Après sa tournée réunionnaise, <i>Antigone</i> version créole, spectacle mis en scène par Daniel Léocadie et Jérôme Cochet, traverse plusieurs théâtres de métropole. Y résonne le chant de Danyèl Waro, s’y affrontent les moringueurs et frappent fort les tambours. Une mise en scène et en mots dépaysée du blockbuster de Sophocle, à la recherche de l’élan populaire de la tragédie et de son antique sagesse pour éclairer notre brutale époque. Rencontre avec les metteurs en scène.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Teaser / &quot;Antigone&quot; - Sophocle / Cie Kisa Mi Lé" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/O5DWopyowIk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Pouvez-vous nous présenter votre compagnie KISA MI LE ?</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">La Cie Kisa Mi Lé a été créée en 2017 à La Réunion. Kisa mi lé, qui signifie « Qui suis-je » en réunionnais, évoque ici non pas la part identitaire mais plutôt la part citoyenne. Quel-le citoyen-ne suis-je ? Et comment les textes de théâtre peuvent m’éclairer sur le monde dans lequel j’interagis. Et à une époque où les réseaux sociaux sont devenus des lieux privilégiés de débat où chacun partage librement ses opinions, la compagnie considère le théâtre comme le premier réseau social de l’humanité, un lieu de collision de visions multiples du monde autour de la représentation d’un média central : la pièce.<br />
Le travail artistique de la compagnie est ainsi guidé par l’intuition que le répertoire théâtral, classique comme contemporain, recèle des textes dont les enjeux et la force dramatique les rend suffisamment universels pour toucher, émouvoir, faire réagir la plus grande diversité de spectateurs. Dès lors, la compagnie met au centre de son travail la recherche de tels textes, pour en proposer une lecture théâtrale à même de nourrir le débat public. Et enfin, étant à la Réunion, la Compagnie Kisa Mi Lé part du principe que la création proposée se doit d’être, par certains aspects, un miroir de l’humanité qui viendra y assister. L’un des aspects principaux étant la langue de la création, la Compagnie se confronte donc avec envie et détermination à la question du bilinguisme Français – Kréol à chacune de ses créations.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Vaste question : comment se porte le secteur du théâtre vivant à La Réunion ? Quels sont ses réussites, ses aspirations, ses points de frictions ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">C’est un secteur qui se porte bien je crois. Une créativité débordante. Il n’y a pas si longtemps nous étions 9 compagnies au festival d’Avignon 2022. Il y a toujours un spectacle à voir presque tous les jours-soirs à La Réunion et on peut y trouver des esthétiques très différentes. Il y a également une volonté non dissimulée de croisements, des arts, des artistes. Tenter des rencontres, d’aller vers l’autre. Et l’accompagnement par les salles et institutions témoigne également de cette volonté de porter haut et fort les créations locales.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Vous adaptez </b><i><b>Antigone</b></i><b> dans une étonnante version créole. Pourquoi adapter Sophocle aujourd’hui ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Au départ, la question n’était pas d’adapter mais de porter à la scène ce texte qui avait un écho particulier pour moi. Quelques temps après l’attentat du Bataclan, je lisais dans la presse que les parents, français, d’un des terroristes voulaient enterrer leur fils dans la région où ils habitaient. La Région et la municipalité ont refusé. S’en est suivi un procès à la fin duquel les parents ont eu gain de cause, mais il fallait que l’enterrement se fasse dans une région voisine, puisque que dans celle-ci une victime du Bataclan y reposait aussi. Mais la question était posée : « que fait-on du corps de celui qui porte atteinte à la nation ? ». Cela m’a fait penser à Antigone que j’ai relu dans la traduction, très contemporaine de Florence Dupont. L’adaptation réunionnaise est arrivée dans un second temps. Je voulais que cette pièce raisonne particulièrement à La Réunion et pour les Réunionnais dans leur diversité. Ce n’est pas toujours une chose que l’on voit sur les plateaux de théâtre à La Réunion et c’est ce qui fait qu’une partie de la population ne vient pas au théâtre car elle ne se reconnaît pas dans les formes proposées. L’objectif était donc de raconter cette histoire, ces enjeux, avec les codes de La Réunion, inspirés de l’architecture, des traditions, des langues, des cultes, des cultures, des danses etc.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>L’adaptation de la pièce revient effectivement à Florence Dupont au ton et style résolument moderne, mais également à l’auteur-compositeur interprète réunionnais Danyèl Waro qui la mâtine de créole. Quelle est l’idée de ce pari ? Déconstruire le mythe classique ? De leur rendre abordable à tous les publics de La Réunion ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">C’est tout d’abord une intuition. La question était de savoir comment raconter ce choeur à La Réunion. Ce choeur qui chante, ce choeur omniscient, ce choeur qui interroge l’humain et va pointer ce qui ne va pas chez lui. Il y avait besoin pour moi d’une voix qui soit capable d’aller séduire les dieux du ciel et et ceux qui sont sous la terre, d’aller titiller Dionysos, une voix qui n’avait pas peur de mettre les pieds dans la boue et les mains dans le sang. Et pour moi c’était Danyèl Waro qui était capable de faire ça. Au contraire de la destruction, on est dans le mythe qui se fait chair avec notre culture à notre époque avec notre poésie. C’est une rencontre entre l’inaltérable tragédie grecque et la puissante poésie réunionnaise. </span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Votre </b><i><b>Antigone</b></i><b> prend place dans un espace qu’on imaginerait dédié à un </b><i><b>batay coq</b></i><b>. Comment synthétiser en un décor, un espace-temps à la fois intemporel ET réunionnais ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">La place publique devant le palais de Créon est le lieu du débat, le lieu où tout se passe et pour nous le lieu du fratricide également. Il y a dans cette place une symbolique forte, comme celle des Ronn Batay Coq. Deux coqs combattent et les humains autour regardent qui va gagner. À la fin l’un gagne, mais les deux sortent blessés. En ce qui concerne notre pièce, ce sont les dieux qui regardent les humains se battre et se déchirer mais à la fin c’est le même résultat, l’une meurt et l’autre perd tout. C’est pour moi l’essence de la tragédie, si chacun reste campé sur ses positions pensant avoir le bon sens et la vérité de son côté et ne cherche pas à trouver un compromis avec l’autre, alors le fatum ne peut qu’advenir. Terre, ferraille, sol usé, caisses de boissons et rideaux patinés étaient pour nous les éléments pouvant rendre ce décor à la fois réunionnais et intemporel.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Teaser Kisa Mi Lé // Daniel Léocadie" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/RywplzWPIKc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Daniel Léocadie, vous allez également jouer à Paris, le 16 décembre jour de la </b><i><b>Fet Kaf</b></i><b>, votre seul en scène </b><i><b>KISA MI LE</b></i><b>. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette pièce ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><i>Kisa Mi lé</i>, est un seul en scène avec cette fois-ci un « Qui suis-je » exprimant une quête identitaire. C’est une pièce que j’ai écrite après avoir entendu un grand-père créole s’exprimer dans une radio locale, lors d’une émission dont le thème était la place de la langue créole dans la société réunionnaise. Il disait, en créole, que lorsque son petit fils venait chez lui, il n’hésitait pas à lui donner une gifle si le petit parlait en créole. Il justifiait cela par sa propre expérience d’homme qui n’est pas allé à l’école, qui a dû travailler dans les champs de canne très tôt et n’a pas eu l’opportunité d’apprendre la langue française, synonyme de réussite. Il était alors condamné à une vie de misère, vie qu’il ne voulait absolument pas pour ces enfants et encore moins pour ces petits enfants. Je pouvais le comprendre. Ce grand-père ne voulait que le bien de son petit-fils. Mais si tous les grand-pères faisaient cela, je ne suis pas sûr que tous les petits-enfants trouveraient du travail mais ce qui est sûr c’est qu’une langue, voire une culture disparaîtrait sans doute au fil des générations. Alors je me suis mis à écrire l’histoire de ce petit fils qui part à la recherche d’une partie de son identité qu’il ne connaît pas et est déterminé à savoir pourquoi ces deux parties ont été séparées. C’est un règlement de compte entre la langue française et la langue créole à l’intérieur d’un même corps pour tenter une réconciliation pas si simple encore de nos jours.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Cette pièce fut jouée cet été au OFF d’Avignon où vous faisiez partie d’un collectif d’artistes réunionnais présentant ses créations. Quelle fut la réception de votre pièce, les retombées de votre participation à ce festival ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Ma participation au festival d’Avignon avec cette pièce fût très minime. Je l’ai joué 5 fois, à la Chapelle du Verbe incarné du 17 au 23 juillet. Et bien même si ce n’était que sur 5 jours et en fin de festival, le public était au rendez-vous avec une réception à la fois émue, surprise. Le public est surpris de se dire que même si une partie est en créole, même si les questions pourraient s’apparenter à un problème exclusivement créolo- réunionnais, ils sont touchés par l’universalité du propos et de la langue. Cela attise leur curiosité et veulent en savoir plus sur La Réunion et la langue réunionnaise. C’est là l’essentiel pour moi. Le spectacle sera sans doute programmé lors d’un festival à Lyon mais on en dira plus bientôt.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Vous ancrez votre travail dans la culture réunionnaise. Au-delà de votre propre identité créole, qu’est-ce qui vous interpelle là-dedans ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Je l’ancre dans la culture réunionnaise parce que c’est le territoire où ces pièces sont créées. Si je les faisais à Paris, je n’aurais certainement la même façon de procéder. Mais je ne suis pas non plus sur de l’exclusivement réunionnais. Le théâtre est plus grand que ça. Et la population réunionnaise est tellement diversifiée que c’est un challenge de faire en sorte que tous ou presque se reconnaissent dans les formes, les histoires et les enjeux proposés. On entend encore trop de réunionnais, mais c’est pareil pour certaines régions de France, c’en devient même presqu’un lieu commun, que le théâtre n’est pas fait peur eux, que c’est trop intelligent pour eux, qu’ils sont donc trop bêtes pour aller au théâtre et surtout que ce qui s’y raconte ne les intéresse pas. Je veux leur prouver le contraire et faire en sorte que dans les travées tous se côtoient, se respectent et partagent un même moment. Ce fut le cas pour <i>Antigone</i> à La Réunion. Cette dernière est ma première grosse création avec une aussi grosse équipe. Je suis conscient que je ne suis pas encore un metteur en scène aguerri, mais j’ai l’expérience du plateau en tant que comédien et une folle envie de partager des questionnements avec le public que je souhaite le plus large et représentatif possible. Ce sera à mon niveau ma petite pierre pour que certains retrouvent une part de leur estime de soi.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>N’est-il pas compliqué de tourner en métropole avec des pièces proposant la langue créole, quand bien même elle est traduite sur écran ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">En ce qui me concerne, ce n’est pas un objectif en soi, il y a déjà tant à faire à La Réunion. Mais au moment où on pense que cela est impossible surtout avec une pièce comme <i>Antigone</i>, cela se fait. Ce n’est pas la langue le problème je pense. L’opéra n’a aucun souci avec ça. Certaines pièces se jouent bien en langue étrangère sans soucis. Le souci est l’image qu’on en a. Parfois même, si en métropole on peut se dire qu’une pièce en langue créole, à priori, ne nous intéressera pas, une partie de la population réunionnaise se dit la même chose d’une pièce en français. Ici, Thèbes est une ville bilingue et ses personnages parlent français et créole réunionnais, tout le monde s’y retrouve. Parfois il y a un petit effort à faire, mais c’est un effort de même nature que de vouloir connaître un peu plus une personne que l’on rencontre pour la première fois mais qui ne parle pas notre langue. On accepte de ne pas tout comprendre, puis on trouve un langage commun et parfois même une amitié inattendue naît de cette rencontre et de cet effort on ne peut plus humain.</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;"><b>Quels vont être vos projets futurs de création ? De la compagnie Les Non Alignés, de la compagnie Kisa Mi Lé ?</b></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: georgia, palatino, serif; color: #000000;">Actuellement, avec la compagnie, nous travaillons à mettre en place une série d’écritures contemporaines théâtrales sur le thème de l’actualité. Cela s’appelle <i>En Acte(s).</i> C’est un concept qui existe déjà, initié par Maxime Mansion à Lyon et sur lequel j’ai eu le plaisir d’être à maintes fois comédiens. Cette fois-ci je l’adapte à La Réunion, le principe est celui-là : on passe commande à un.e auteur.ice d’un texte théâtral écrit en trois mois, pour 4 acteur.ices, en français et/ou en créole, d’une durée de 45 min- 1h. Puis le.la metteur.se en scène et les acteur.ices ont 5 jours pour créer la pièce au plateau et la présenter au public le sixième jour. Cela pour plusieurs raisons : j’ai envie d’entendre ce que les auteurs et autrices de La Réunion ont à dire sur l’actualité tout en faisant le pari que l’actualité peut être un thème rassembleur de publics. J’ai également envie qu’une grande partie de la filière du théâtre à La Réunion travaille ensemble à ce grand challenge d’écriture et de jeu. Avec <i>En Acte(s)</i> on reste dans cette ambition de montrer que le théâtre, notamment par le talent des auteur.ices, dont la majorité de la population ignore l’existence, peut également être empreint du ici et maintenant. Il ne s’agit pas de devenir des énièmes commentateurs de l’actualité, mais plutôt de montrer à quel point l’art peut nous donner des outils pour ne pas subir l’actualité, prendre de la distance par rapport à elle pour mieux la comprendre et l’appréhender, voire la questionner.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Merci à<span style="font-family: georgia, palatino, serif;"> Daniel Léocadie et Jérôme Cochet pour leur temps et leurs réponses.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><strong><span style="font-family: georgia, palatino, serif;">Et plus si affinités</span></strong></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus et connaîter les prochaines dates de spectacle, consultez <a href="https://lesnonalignes.com/" target="_blank" rel="noopener">le site de la compagnie Les Non Alignés</a>.</span></p>
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