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	<title>shoah</title>
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		<title>Refusons l’atrophie cognitive : la culture est transversale ou n’est pas !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/transversalite-culturelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 08:50:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Mais pourquoi vous touchez à tout ? » La question revient sans cesse, de la part d’amis, de connaissances, parfois de lecteurs. Certains voudraient que nous nous cantonnions au cinéma, d’autres à la musique, d’autres encore à la littérature. Comme si la culture se découpait en parts de pizza bien nettes, avec un couteau marketing en guise de trancheuse. Désolé, mais non : la culture ne fonctionne pas ainsi....</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle.jpg" alt="transversalité culturelle" class="wp-image-38332" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle.jpg 2000w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-494x395.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-768x614.jpg 768w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-transversalite-culturelle-1536x1229.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /></figure>



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<p>« Mais pourquoi vous touchez à tout ? » La question revient sans cesse, de la part d’amis, de connaissances, parfois de lecteurs. Certains voudraient que nous nous cantonnions au cinéma, d’autres à la musique, d’autres encore à la littérature. Comme si la culture se découpait en parts de pizza bien nettes, avec un couteau marketing en guise de trancheuse. Désolé, mais non : la culture ne fonctionne pas ainsi. Et qu’on se le dise une fois pour toutes : la culture est transversale, ou n’est pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tout est lié, bordel !</h2>



<p>On ne regarde pas une série comme <em>The Wire</em> sans penser aux polars américains de Chandler ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ellroy">Ellroy</a>. On ne comprend pas <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=akira">Akira</a></em> si l’on n’a jamais entendu parler de la bombe atomique, ni de Kurosawa. On n’écoute pas <a href="https://www.theartchemists.com/?s=joy+division">Joy Division</a> sans croiser la philosophie de Bataille, l’architecture brutaliste et l’aliénation industrielle de Manchester.<br />C’est ça la culture : des échos, des résonances, des dialogues. De la transversalité.</p>



<p>Transversalité culturelle : pas un mot savant pour briller en société, mais une manière de considérer les œuvres et les idées en réseau, pas en silo. Concrètement, ça veut dire qu’un tableau n’est jamais seulement un tableau, mais qu’il dialogue avec la musique de son époque, avec les débats philosophiques, avec les bouleversements politiques. C’est comprendre que la BD <em>Maus</em> de Spiegelman n’existe pas sans l’histoire de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shoah">Shoah</a>, que <em><a href="https://www.theartchemists.com/black-mirror-sommeille-de-pire/">Black Mirror</a></em> n’est pas seulement une série mais une réflexion sur la technologie, héritière directe d’Orwell et d’Huxley.</p>



<p>La transversalité, c’est cette capacité à relier des formes différentes, des disciplines éloignées, des époques distinctes pour en faire jaillir du sens. C’est l’art du contrechamp, du détour, du télescopage : là où d’autres se contentent de consommer une œuvre, le regard transversal l’inscrit dans une constellation plus large.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’hyperspécialisation, poison pour l’esprit</h2>



<p>Or c’est essentiel, pour ne pas dire vital. Rester bloqué dans une case, c’est se condamner à la myopie intellectuelle.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le spectateur Netflix qui enchaîne des séries sans jamais ouvrir un livre finit par bouffer du scénario prémâché : il s’habitue à des structures narratives répétitives, il perd le goût de l’effort, il avale des intrigues calibrées comme des plats surgelés. À force, sa capacité à comparer, à nuancer, à se décentrer se réduit comme peau de chagrin.</li>



<li>Le lecteur qui se gargarise de “grande littérature” sans jamais aller voir un concert ou une expo, c’est du snobisme sec : il finit enfermé dans une bulle élitiste, incapable de comprendre que la création vit aussi dans la rue, dans la pop culture, dans l’expérimental. Il lit mais il ne vibre pas, il devient un esthète stérile.</li>



<li>L’amateur d’art contemporain qui ne se coltine jamais un roman graphique ou un film d’horreur rate la moitié du paysage : il oublie que l’imaginaire se nourrit aussi des marges, des formes populaires, des monstres. À force de mépriser certains médiums, il réduit son champ de vision et se prive des clés pour comprendre les obsessions collectives.</li>
</ul>



<p>Bref : l’hyperspécialisation, c’est une atrophie cognitive. Elle coupe les synapses entre disciplines, elle éteint la curiosité, elle sclérose le jugement. Au lieu d’entraîner l’esprit critique, elle le met sous perfusion. Et qu’est-ce qu’on obtient ? Des consommateurs dociles, faciles à manipuler, incapables de voir les fils qui relient les images aux idées, les œuvres aux idéologies. C’est exactement ce que cherchent les industries culturelles de masse : un public captif, qui ne sort jamais de l’enclos.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Atrophie cognitive&nbsp;: à qui le crime profite-t-il&nbsp;?</h2>



<p>Bonne question. Parce qu’on ne réduit pas les esprits par hasard : cette myopie culturelle, elle profite à certains.</p>



<p>D’abord aux industries culturelles de masse. Plus ton horizon est limité, plus tu consommes en boucle la même soupe réchauffée. Séries formatées, blockbusters interchangeables, hits calibrés par algorithmes : en te maintenant dans un couloir étroit, on t’évite la tentation d’aller voir ailleurs. Résultat : tu restes captif, accroché à une plateforme, gavé comme une oie.</p>



<p>Ensuite, aux pouvoirs politiques et économiques. Un citoyen qui ne lit pas, qui ne croise pas les points de vue, qui ne confronte pas un film à un essai ou une pièce de théâtre à un fait d’actu, c’est un citoyen plus facile à manipuler. L’histoire le montre : les régimes autoritaires adorent les publics simplifiés, privés de recul, abreuvés d’un seul discours. La transversalité, elle, fait surgir les contradictions, les comparaisons, les analogies – bref, tout ce qui gêne la propagande.</p>



<p>Enfin, ça profite à notre paresse collective. On nous a dressés à aimer la facilité, le prêt-à-penser, l’immédiateté. Les plateformes encouragent le binge-watching, les réseaux sociaux favorisent le scroll sans fin, l’école parfois elle-même cloisonne au lieu de relier. Résultat : moins on croise, moins on confronte, plus on se repose. Et ce confort est une prison dorée.</p>



<p>En clair : l’atrophie cognitive, ce n’est pas un bug, c’est un système. Un système qui produit des spectateurs dociles, des électeurs dociles, des consommateurs dociles. Et si nous refusons l’hyperspécialisation, c’est précisément pour saboter cette machine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le passé n’est pas mort, il nous regarde</h2>



<p>Chez The ARTchemists, nous sabotons la machine de l’atrophie cognitive au quotidien :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En chroniquant <em><a href="https://www.theartchemists.com/mythomane-bataclan-livre/">La Mythomane du Bataclan</a></em>, nous parlons autant de littérature que de mémoire collective, de trauma et de manipulation médiatique.</li>



<li>Quand on évoque <em><a href="https://www.theartchemists.com/the-mist-film-2007/">The Mist</a></em> de Frank Darabont, on ne fait pas juste du ciné : on convoque Stephen King, Lovecraft, la sociologie des foules et l’effondrement du lien social.</li>



<li>Notre plongée dans l’univers de <em><a href="https://www.theartchemists.com/minuit-machine-groupe-darkwave/">Minuit Machine</a></em> ? C’est de la musique certes, mais aussi de l’histoire des contre-cultures, du goth, de la techno industrielle, du désespoir urbain des années 80 à nos jours.</li>



<li>Même un sujet a priori léger comme les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=festivals">festivals d’été</a> devient un carrefour quand on le place dans la perspective du réchauffement climatique : écologie, politique, économie, sociologie, musique, tout va dans le même sens.</li>
</ul>



<p>Bref, impossible d’analyser une œuvre ou un phénomène sans ouvrir grand les portes du contexte, du passé, de la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser l’amnésie</h2>



<p>La transversalité, c’est aussi refuser l’amnésie. Nous allons fouiller dans les archives de l’INA, exhumer des vieux films, relire des bouquins oubliés. Pourquoi ? Parce que ce passé éclaire le présent et prépare l’avenir.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les opéras perdus de Rameau qu’on reconstitue au XXIe siècle disent quelque chose de notre rapport à la mémoire et à la recréation.</li>



<li>Les body horror japonais de Junji Ito dialoguent avec les films de Cronenberg et avec nos angoisses post-Covid.</li>



<li>Un reportage des années 70 sur les luttes ouvrières résonne avec les Gilets jaunes et les débats actuels sur le travail.</li>
</ul>



<p>Ne regarder que les sorties du mois, c’est se condamner au zapping. Nous, on préfère les grands fils rouges de la culture, les sédiments, les strates.</p>



<p>Notre credo : relier, pas enfermer. Oui, notre webmag parle de cinéma, de danse, de BD, de philosophie, de patrimoine. Oui, on peut enchaîner une chronique sur un shark movie et une autre sur Takato Yamamoto, puis une playlist électro goth et une réflexion sur la psychologie du travail. Et alors ? C’est précisément ça, la richesse culturelle : la mise en tension des disciplines, l’ouverture, le frottement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion ? Ouvrir sa gueule et ses horizons</h2>



<p>Se spécialiser, c’est facile. Ça rassure. Mais ça limite.<br />Nous, on préfère la complexité, l’inconfort, les chemins de traverse. Parce que c’est là que ça pense, que ça vit, que ça brûle.</p>



<p>Nous ne sommes pas des influenceurs lifestyle. Nous sommes des passeurs, des agitateurs, des décloisonneurs. Et si ça dérange les esprits qui aiment les cases toutes faites, tant mieux.</p>



<p>Alors, la prochaine fois qu’on nous demandera pourquoi on touche à tout, on répondra simplement :<br />Parce que tout est lié. Parce que c’est ça, la culture.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>Dark tourisme : pour ne plus être des touristes de la mort mais des voyageurs du sens</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dark-tourisme-analyse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 10:39:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Visiter des camps de concentration, des sites de catastrophes ou les maisons de tueurs en série : pratique morbide pour certains, nécessité mémorielle pour d’autres. Le dark tourism, ou tourisme noir, interroge notre rapport à la mort, à la mémoire… et au spectacle. Derrière l’étrangeté de ces parcours se dessinent des enjeux profonds : que venons-nous vraiment voir ? Et surtout, pourquoi ? Une définition trouble, un succès mondial Apparu...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-dark-tourisme.jpg" alt="" class="wp-image-38231" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-dark-tourisme.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-dark-tourisme-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-dark-tourisme-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Visiter des camps de concentration, des sites de catastrophes ou les maisons de tueurs en série : pratique morbide pour certains, nécessité mémorielle pour d’autres. Le dark tourism, ou tourisme noir, interroge notre rapport à la mort, à la mémoire… et au spectacle. Derrière l’étrangeté de ces parcours se dessinent des enjeux profonds : que venons-nous vraiment voir ? Et surtout, pourquoi ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une définition trouble, un succès mondial</strong></h2>



<p>Apparu dans les travaux des chercheurs John Lennon et Malcolm Foley à la fin des années 1990, le terme “dark tourism” (ou tourisme noir) désigne la fréquentation de lieux associés à la mort, au désastre, à la souffrance ou à des tragédies collectives.</p>



<p>Ce champ inclut :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les lieux de mémoire (camps de concentration, champs de bataille),</li>



<li>les sites de catastrophes (nucléaires, naturelles),</li>



<li>les scènes de crimes célèbres,</li>



<li>les musées du crime, de la torture, ou de la médecine morbide,</li>



<li>les circuits plus sensationnalistes liés à des tueurs en série ou des événements médiatiques.</li>
</ul>



<p>Une pratique peu répandue&nbsp;? Que nenni. Un article de <a href="https://bluedocker.com/top-10-destinations-tourisme-noir/">BlueDocker</a> révèle le top 10 des lieux macabres les plus visités au monde&nbsp;: Pripyat en Ukraine, forêt d’Aokigahara au Japon, catacombes parisiennes, camps de concentration… La fréquentation de ces différents sites a explosé avec l’avèenemtn du tourisme de masse. Le magazine <a href="https://www.geo.fr/voyage/tchernobyl-auschwitz-les-bidonvilles-de-bombay-le-dark-tourism-ou-lattrait-pour-la-desolation-204890">Géo</a> souligne&nbsp;: «&nbsp;<em>À l’ère du&nbsp;tourisme de masse&nbsp;–&nbsp; nous sommes passés à 1,4&nbsp;milliard de voyageurs en&nbsp;2018 contre 435 000 dans les années 1990&nbsp; –, la fréquentation de ces lieux « sombres » atteint des records&nbsp;: Pompéi a accueilli 3,6&nbsp;millions de visiteurs en&nbsp;2018 ; la même année, ils étaient plus de 2&nbsp;millions à se rendre à Auschwitz ; et le mémorial du 11 Septembre passait le cap des 33&nbsp;millions de visiteurs depuis son ouverture en&nbsp;2004.&nbsp;</em>»</p>



<p>C’est donc une activité particulièrement rentable et qui n’a pas fini de l’être si l’on en croit une <a href="https://cardiffjournalism.co.uk/life360/from-tragedy-to-tourism-examining-the-rise-of-dark-tourists/#:~:text=Most%20dark%20tourists%20are%20drawn,Z%2C%20those%20born%20after%202000.">étude publiée dans le Digital Journal</a> qui pronostique que ce marché atteindra 43,5 $ billion d’ici 2031. Il s&rsquo;agit donc d’un phénomène mondial à succès, qui ne date pas d’hier du reste. La mort et l’horreur ont toujours captivé les foules, en témoignent les jeux du cirque de la Rome antique, le show des exécutions publiques de l’Ancien Régime. Initialement marché den iche, le dark tourisme est en passe de se démocratiser, interrogeant ainsi la question de la mémoire collective, le deuil, la curiosité humaine… mais aussi les pratiques touristiques elles-mêmes.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-454229f38deb366936b25ef47eda2ed8" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<ul class="wp-block-list">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/roman-de-bonnes-raisons-de-mourir-polar/">De Bonnes raisons de mourir : attention, polar radioactif !</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>D</strong><strong>u </strong><strong>pèlerinage mémoriel</strong><strong> à la </strong><strong>curiosité morbide</strong></h2>



<p>Comme je l’expliquais plus haut, le dark tourism n’est pas marginal : il mobilise des millions de visiteurs chaque année … et se décline de différentes manières. Il regroupe plusieurs formes, aux motivations et intensités variées. On peut les répartir selon un spectre allant du pèlerinage mémoriel à la curiosité morbide :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le tourisme de mémoire : centré sur les lieux de guerre, de génocide ou de catastrophe (Auschwitz, Hiroshima, Verdun, Kigali, Srebrenica-Potočari…), il a une forte dimension pédagogique et commémorative.</li>



<li>Le tourisme catastrophe : il consiste à visiter les sites de désastres récents (Fukushima, Tchernobyl, la Nouvelle-Orléans post-Katrina…), souvent dans un cadre semi-encadré.</li>



<li>Le tourisme carcéral ou judiciaire : anciennes prisons (Alcatraz, Robben Island), salles de torture ou tribunaux historiques sont au cœur de ces parcours.</li>



<li>Le tourisme macabre ou sensationnaliste : plus voyeuriste, il attire sur les scènes de crimes, les maisons de tueurs en série ou les parcours “true crime”.</li>



<li>Le tourisme religieux mortuaire : pèlerinages vers les reliques, tombes célèbres ou ossuaires artistiques (Sedlec, les catacombes de Paris…).</li>



<li>Le thanatourisme pop-culturel : formes récentes liées aux films, séries ou jeux vidéo traitant de la mort ou de la violence (lieux de tournage de <em>Game of Thrones</em>, circuits <em>Dexter</em>, etc.).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les motivations du dark tourism : entre mémoire, quête existentielle et attraction morbide</strong></h2>



<p>Ces pratiques ne relèvent pas toutes du même rapport à la mort. Elles recouvrent une pluralité de motivations, allant de la démarche pédagogique au pur besoin de sensations. Trois grandes tendances se dessinent :</p>



<h3 class="wp-block-heading">1. Comprendre et se souvenir</h3>



<p>Certains chercheurs comme Philip Stone ou A.V. Seaton parlent de <em>thanatourisme réflexif</em> pour désigner une approche sincère, tournée vers la mémoire et la transmission. Il s’agit ici de visiter des lieux de souffrance ou de mort avec un objectif éducatif, culturel ou cathartique. Les visiteurs sont souvent des descendants de victimes, des familles en quête de sens, des enseignants ou des étudiants. L’expérience se veut respectueuse, ancrée dans une volonté de ne pas oublier. Auschwitz, Oradour-sur-Glane, le Mémorial de la Shoah s’inscrivent dans cette logique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Se confronter à la mort</h3>



<p>Au-delà du souvenir, le dark tourism peut répondre à un besoin existentiel plus profond : celui de se confronter symboliquement à la finitude humaine. Voir un lieu de massacre, une scène de catastrophe ou une prison désaffectée, c’est parfois chercher à rendre la mort concrète, visible, pensable. Dans une société occidentale qui tend à médicaliser, invisibiliser et retarder la mort, ces lieux deviennent des points de friction. Le touriste cherche à <em>éprouver</em> quelque chose de réel, à restaurer un lien avec une part occultée de la condition humaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading">3. Le frisson et l’émotion</h3>



<p>À l’autre extrémité du spectre, certaines formes de tourisme noir relèvent davantage de la recherche d’émotions fortes : peur, malaise, fascination. On visite la maison d’un tueur en série, on participe à une “ghost tour” nocturne, on explore une morgue abandonnée. Ici, la mort devient <em>mise en scène</em>, et l’expérience tend vers le spectacle. Si ces pratiques peuvent satisfaire une curiosité légitime, elles flirtent parfois avec le voyeurisme, voire la banalisation de la souffrance. Le risque : transformer des lieux de mémoire en parcs d’attractions de l’horreur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une frontière floue entre mémoire, éthique et spectacle</strong></h2>



<p>À mesure que le tourisme noir gagne en popularité, une zone de tension se dessine entre mémoire, respect et logique de consommation. Que penser des selfies pris à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Auschwitz">Auschwitz</a>, des boutiques de souvenirs à Ground Zero, ou des circuits macabres sur les pas de Jack l’Éventreur, parfois sponsorisés par des marques ou des offices du tourisme ? Ces pratiques soulèvent des questions éthiques majeures.</p>



<p>D’abord, où commence le respect des morts ? Où s’arrête la décence ? Quand la mémoire devient-elle spectacle, voire marchandise ? Le <em>devoir de mémoire</em> est-il soluble dans les logiques de rentabilité culturelle et d’attractivité touristique ? Ces interrogations ne sont pas abstraites : elles se posent concrètement dans la gestion des lieux de souffrance.</p>



<p>Autre question cruciale : qui détient le droit d’interpréter ces lieux ? Les survivants ? Les familles de victimes ? Les États ? Ou les agences touristiques qui scénarisent le parcours ? À force de médiatiser et de packager la mort, on risque de la dévitaliser. Ce que certains nomment “Disneylandisation de l’horreur” transforme des espaces tragiques en décors consommables.</p>



<p>De nombreuses critiques émergent, pointant notamment :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le risque de banalisation de l’atroce, par la répétition d’images ou de parcours standardisés ;</li>



<li>la commercialisation de la souffrance, quand les mémoriaux deviennent des “produits” touristiques avec goodies et billetterie premium ;</li>



<li>l’absence de médiation pédagogique, qui laisse parfois les visiteurs seuls face à des réalités complexes ou traumatiques, sans cadre explicatif.</li>
</ul>



<p>En somme, le dark tourism est traversé par un dilemme constant : comment montrer l’irreprésentable sans trahir ? Comment transmettre sans trahir l’émotion, ni céder au sensationnalisme ? Entre commémoration, fascination et marketing, la frontière reste fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une éthique renouvelée du tourisme noir&nbsp;?</h2>



<p>Face aux dérives médiatiques ou commerciales du dark tourism, des voix s’élèvent pour repenser les pratiques. Certains sites, conscients de leur portée symbolique, prennent désormais des mesures pour encadrer l’expérience des visiteurs. À Kigali (Rwanda), à Oradour-sur-Glane (France) ou encore à Yad Vashem (Israël), des chartes éthiques ont été mises en place : interdiction de photographier dans certains espaces, présence de guides spécialement formés à la médiation historique, création de parcours contextualisés et non sensationnalistes.</p>



<p>Dans le champ universitaire, plusieurs chercheurs plaident pour une typologie plus rigoureuse du dark tourism, afin de mieux en distinguer les intentions et les effets. Ils proposent notamment une distinction entre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un dark tourism éducatif et mémoriel, ancré dans la transmission, la réflexion historique et la construction du savoir ;</li>



<li>un dark tourism sensationnaliste ou commercial, centré sur l’émotion brute, le choc visuel ou la curiosité morbide.</li>
</ul>



<p>Dans cette perspective, le visiteur lui-même est appelé à une prise de conscience. Une éthique du voyageur se dessine, fondée sur trois principes simples mais essentiels :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Prendre conscience de l’histoire des lieux visités, de leur portée symbolique et de leur charge émotionnelle.</li>



<li>Respecter les lieux, les vivants et les morts, en adoptant une posture digne, sans recherche de performance ou de mise en scène de soi.</li>



<li>Chercher le sens plutôt que la sensation, en refusant la consommation immédiate au profit d’une expérience réflexive.</li>
</ol>



<p>Ce n’est donc pas la visite elle-même qui est problématique, mais l’intention qui l’anime. Un même lieu peut être abordé comme un lieu de mémoire ou de divertissement, selon la posture adoptée par le touriste. C’est à ce niveau — individuel et collectif — que peut se jouer une réconciliation entre souvenir et regard.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>E</strong><strong>ntre lucidité, mémoire et responsabilité</strong></h2>



<p>Le dark tourism est à la croisée des chemins : il peut être un puissant outil de transmission et de réflexion… ou devenir un simple produit de consommation parmi d’autres. Il révèle les tensions de nos sociétés modernes : fascination pour la mort, besoin de sens, mais aussi dérives spectaculaires et marketing du trauma.</p>



<p>En visitant ces lieux, nous ne sommes pas neutres. Nous entrons dans une mémoire collective, parfois douloureuse, souvent fragile. Le dark tourism nous tend un miroir : que venons-nous chercher ? Du savoir ? De l’émotion ? Du frisson ?</p>



<p>Il ne s’agit pas de juger, mais de choisir. Refuser le voyeurisme sans renoncer à comprendre. Refuser le choc vide sans renoncer à ressentir. Être non pas des touristes de la mort, mais des voyageurs du sens.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Exil combattant, Daniel Cordier, Auschwitz photographier : trois expositions pour trois approches du geste artistique à l’heure de la barbarie nazie</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/expositions-pproches-geste-artistique-barbarie-nazie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 07:24:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38060</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois expositions, trois lieux, un même fil rouge qui questionne la place du geste artistique par temps de conflit, plus spécifiquement dans la Seconde Guerre mondiale. Sujets, acteurs, témoins, victimes ou survivants&#160;: entre engagement, mémoire et devoir d’histoire, ces artistes, professionnels ou amateurs, ont fait le choix de créer dans des contextes antagonistes. Le Musée de l’Armée, le Mémorial de la Shoah et les musées de la Ville de Paris...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme.jpg" alt="" class="wp-image-38063" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/The-ARTchemosts-3-exposition-geste-artistique-vs-nazisme-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Trois expositions, trois lieux, un même fil rouge qui questionne la place du geste artistique par temps de conflit, plus spécifiquement dans la Seconde Guerre mondiale. Sujets, acteurs, témoins, victimes ou survivants&nbsp;: entre engagement, mémoire et devoir d’histoire, ces artistes, professionnels ou amateurs, ont fait le choix de créer dans des contextes antagonistes. Le Musée de l’Armée, le Mémorial de la Shoah et les musées de la Ville de Paris conjuguent leurs regards sur cette époque noire dont l’art se fait le témoin.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Exposition &quot;Un exil combattant. Les artistes et la France 1939 -1945&quot; - Bande-annonce !" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/rX4hzGtB8VQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Musée de l’Armée &#8211; Invalides&nbsp;:<em> Un exil combattant – Les artistes et la France 1939-1945</em></h2>



<p>Ils s’appelaient Ossip Zadkine, Wifredo Lam, Julio González, Jean Gabin et ils ont fui les persécutions, les pogroms, la guerre. Mais pas question de rester silencieux : en exil, ces artistes, venus d’Europe ou d’ailleurs, ont rejoint la France libre, les réseaux de la Résistance ou les salons engagés. Leurs œuvres – sculptures, peintures, affiches – témoignent d’une lutte culturelle aussi bien que politique. Leurs créations disent la fracture du monde, l’exil intérieur et la foi en une liberté qu’il fallait défendre, pinceau ou burin à la main.</p>



<p>L’exposition du Musée de l’Armée propose un parcours saisissant à la croisée des arts plastiques, de l’histoire et de l’engagement. En révélant les trajectoires singulières de ces artistes contraints à l’exil, elle éclaire une mémoire souvent oubliée : celle de ceux qui, tout en perdant une patrie, ont trouvé dans l’acte de création un territoire de résistance. C’est aussi une réflexion sur l’accueil de la France aux talents venus d’ailleurs, sur l’exil comme moteur de création, et sur la capacité de l’art à dépasser les frontières, les dictatures et les douleurs. Une leçon d’humanité autant qu’un hommage à l&rsquo;art en temps de guerre.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site du <a href="https://www.musee-armee.fr/accueil.html">Musée de l’Armée</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Teaser de l’exposition « Daniel Cordier (1920-2020) » | Musée de la Libération de Paris" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/dPQq56lWsgM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Musée de la Libération de Paris&nbsp;: <em>Daniel Cordier (1920-2020) – L&rsquo;espion amateur d’art</em></strong></h2>



<p>Résistant de la première heure, secrétaire de Jean Moulin, <a href="https://www.theartchemists.com/serie-alias-caracalla-resistance/">Daniel Cordier</a> a incarné l’engagement total. Jeune homme issu d’une droite monarchiste, il bascule dans l’action clandestine dès 1940, puis devient une figure clé du réseau de la France libre. Après la guerre, il trouve dans l’art une autre forme de combat : celle de l’expression, de la liberté, de la rupture. Collectionneur audacieux, défenseur de la modernité, il s’entoure d’artistes comme Henri Michaux, Jean Dubuffet ou Dado, bien loin de l’académisme rassurant.</p>



<p>L’exposition présentée au Musée de la Libération de Paris retrace cette double vie, entre ombre et lumière, clandestinité et éclat esthétique. Plus qu’un portrait, elle interroge la manière dont l’expérience de la Résistance a façonné un regard — celui d’un homme qui, après avoir risqué sa vie pour la liberté, a défendu avec la même ferveur une liberté de création radicale. C’est aussi un voyage au cœur de l’avant-garde, une plongée dans une époque où collectionner relevait d’une vision, presque d’une mission. Un témoignage rare sur l’alliage subtil entre engagement politique et engagement artistique.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site du <a href="https://www.parismusees.paris.fr/fr/exposition/daniel-cordier-1920-2020">musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin.</a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Bande annonce de l&#039;exposition &quot;Comment les nazis ont photographié leurs crimes. Auschwitz 1944&quot;" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/u3q5NssRa8Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mémorial de la Shoah&nbsp;:<em> Comment les nazis ont photographié leurs crimes – Auschwitz 1944</em></strong></h2>



<p>À <a href="https://www.theartchemists.com/?s=auschwitz">Auschwitz</a>, en 1944, certains SS ont, malgré les interdictions de leur hiérarchie, documenté l’indicible. Des officiers ont photographié l’arrivée des convois, la sélection, les gestes répétés de l’extermination industrialisée. Ces images, glaçantes, administratives, ont été retrouvées après-guerre. En face, d’autres clichés : pris clandestinement par des déportés résistants, ces photos volées montrent les corps brûlés, les cendres, l’horreur à nu. Deux regards, deux usages de l’image, deux mémoires irréconciliables.</p>



<p>L’exposition du Mémorial de la Shoah confronte ces documents comme des preuves — mais aussi comme des objets de réflexion. Comment représenter l’immontrable ? Comment faire face à l’archive produite par les bourreaux ? En exposant sans voyeurisme ces photographies, l’exposition ouvre un espace de pensée vertigineux sur le rôle de l’image : arme de propagande, outil judiciaire, trace d’une mémoire fragile. Un parcours bouleversant, nécessaire, qui replace la photographie dans sa fonction la plus grave : témoigner pour ne pas oublier.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le site du <a href="https://expo-photos-auschwitz.memorialdelashoah.org/exposition.html">Mémorial de la Shoah</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois expositions, une même urgence : ne pas laisser l’art au silence</strong></h2>



<p>Des ateliers d’exilés aux archives de l’horreur, des pinceaux engagés aux clichés du crime, ces trois expositions explorent une question fondamentale : que peut l’art face à la guerre, face à la barbarie, face à l’effacement ? À travers des formes diverses — peinture, photographie, engagement personnel ou collection militante —, c’est toujours une même nécessité qui s’exprime : celle de témoigner, de transmettre, de résister.</p>



<p>Dans une époque où la mémoire vacille, où les extrêmes séduisent à nouveau, où les réfugiés sont rejetés et les artistes censurés, ces parcours historiques résonnent comme des avertissements. Mais aussi comme des leçons de courage et de dignité. Car ces œuvres, ces gestes, ces images nous rappellent une chose essentielle : même au cœur de la nuit, l’art peut rester debout. Et faire front.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>« Le Dossier Odessa » : une chasse aux nazis signée Frederick Forsyth</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dossier-odessa-roman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:39:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37987</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Le ventre est encore fécond d&#8217;où a surgi la bête immonde » prophétisait un certain Bertold Brecht qui savait de quoi il parlait puisqu’il avait dû fuir le nazisme en 1933. Publié en 1972, Le Dossier Odessa (The Odessa File) confirme les dires du dramaturge berlinois dune manière magistrale. À la croisée du roman d’espionnage et de l’enquête journalistique, le livre de l’auteur Frederick Forsyth met en lumière les ramifications secrètes...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="364" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Le-dossier-Odessa.jpg" alt="" class="wp-image-37988" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Le-dossier-Odessa.jpg 364w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Le-dossier-Odessa-175x288.jpg 175w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/04/The-ARTchemists-Le-dossier-Odessa-300x494.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>« Le ventre est encore fécond d&rsquo;où a surgi la bête immonde » prophétisait un certain Bertold Brecht qui savait de quoi il parlait puisqu’il avait dû fuir le nazisme en 1933. Publié en 1972, <em>Le Dossier Odessa</em> (<em>The Odessa File</em>) confirme les dires du dramaturge berlinois dune manière magistrale. À la croisée du roman d’espionnage et de l’enquête journalistique, le livre de l’auteur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Frederick_Forsyth">Frederick Forsyth</a> met en lumière les ramifications secrètes du nazisme APRÈS la Seconde Guerre mondiale, alors que les sbires survivants d’Hitler entretiennent la flamme de leur idéologie mortifère dans une Allemagne de l’Ouest refusant obstinément d’affronter son passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand un journal intime fait basculer une vie</h2>



<p>Hambourg, 1963. Jeune journaliste ambitieux et solitaire, Peter Miller entre en possession du journal intime d’un vieillard solitaire qui vient de se suicider. Ce survivant juif des camps y a relaté, outre le calvaire subi durant sa déportation, l’existence de l’Organisation der ehemaligen SS-Angehörigen.<em> </em>Le réseau clandestin <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Odessa_(organisation)">ODESSA</a> a, selon lui, conçu afin de protéger les anciens SS de poursuites judiciaires en les exfiltrant vers des pays comme l’Argentine ou l’Égypte pour ensuite leur fournir de nouvelles identités et couvrir leurs crimes.</p>



<p>Désireux d’en savoir plus, Miller décide de mener l’enquête. Il s&rsquo;infiltre dans ce réseau obscur avec l’aide d’un agent israélien du Mossad et d’un ancien SS repenti. Son objectif : retrouver Eduard Roschmann, surnommé le « Boucher de Riga », et le confronter à ses crimes. Mais plus Miller avance, plus il découvre un monde où la justice, la politique, l’industrie et le silence s’entrelacent dangereusement. Ce qui va le pousser à bien des extrémités, sachant qu’il est aussi en quête de justice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fiction ancrée dans la réalité</h2>



<p>Si le roman est une œuvre de fiction particulièrement bien menée, il s’appuie aussi sur des faits historiques avérés. L&rsquo;organisation ODESSA a bien existé, même si son ampleur exacte fait encore l’objet d’investigations historiques De nombreux anciens nazis ont effectivement échappé aux procès de Nuremberg grâce à des complicités au sein même des institutions allemandes, du Vatican, et via des filières d’exfiltration comme la <strong><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ratlines_(World_War_II)">Ratline</a></strong>.</p>



<p>Le personnage de Roschmann est inspiré d’un véritable criminel de guerre, dont le passé a été révélé grâce à l’enquête de <strong><a href="https://www.theartchemists.com/chasseurs-nazis/">Simon Wiesenthal</a></strong>, célèbre chasseur de nazis. Forsyth, lui-même ancien journaliste et correspondant de guerre, a mené une investigation minutieuse, en consultant des archives, des dossiers confidentiels et en interrogeant des survivants de la Shoah. Ce travail documentaire confère au roman une puissance glaçante de réalisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un style nerveux et journalistique</h2>



<p><em>Le Dossier Odessa</em> ne se contente pas de divertir, il éclaire une zone d’ombre de l’histoire européenne d’après-guerre. Frederick Forsyth se distingue par son style précis, quasi journalistique. Son écriture se veut factuelle, rythmée, tendue, évitant le pathos pour laisser parler les faits. L’intrigue avance à un rythme soutenu, alternant scènes d’action, dialogues tendus et passages d’analyse historique. Chaque détail compte, chaque révélation relance le suspense.</p>



<p>Le roman est aussi traversé par une réflexion sur la mémoire, la justice et la vérité, dans une Allemagne encore marquée par l’ombre du Troisième Reich. Il interroge : que faire des bourreaux restés impunis ? Jusqu’où aller pour obtenir justice ? La vengeance peut-elle être un moteur légitime ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comprendre, dénoncer, réparer</h2>



<p>Dès sa sortie, le roman a été salué pour sa capacité à mêler thriller haletant et rigueur historique. Il s’inscrit dans une veine littéraire post-Seconde Guerre mondiale qui cherche à comprendre, dénoncer, parfois réparer. Dans la lignée d’auteurs comme John le Carré ou Robert Harris, Forsyth s’impose comme un conteur engagé, capable d’utiliser la fiction pour mettre au jour des vérités dérangeantes. En 1974, <em>Le Dossier Odessa</em> est adapté au cinéma par Ronald Neame, avec Jon Voight dans le rôle de Peter Miller et Maximilian Schell dans celui de Roschmann. </p>



<p>Le film a connu un succès relatif, n’égalant guère la profondeur et la complexité du roman. Plus qu’un roman d’espionnage, <em>Le Dossier Odessa</em> explore<strong> </strong>les zones grises de l’Histoire, dans un récit tendu et lucide sur la manière dont les démons du passé peuvent hanter le présent. Frederick Forsyth y déploie tout son talent de narrateur pour offrir une œuvre à la fois captivante et profondément engagée, qui continue de résonner aujourd’hui à l’heure où les questions de justice, de mémoire et de vérité restent plus que jamais d’actualité.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Les Bienveillantes : « Vis ma vie de SS »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bienveillantes-roman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 10:27:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37878</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : Les Bienveillantes font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index. Un enfer à plusieurs visages Tout...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : <em>Les Bienveillantes</em> font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer à plusieurs visages</h2>



<p>Tout dans le roman fleuve de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Littell">Jonathan Littell</a> respire la désintégration mentale, la transgression des tabous, le cynisme le plus noir. Ce pavé de 900 pages à la louche raconte à la première personne le parcours de Maximilien Aue. Cet industriel allemand vieillissant prend un jour sa plume la plus acérée pour nous raconter sa jeunesse. Une jeunesse passée dans les rangs des SS.</p>



<p>Montée en puissance du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazisme+">nazisme</a>, recrutement parmi les séides d’Himmler, infiltration parmi les opposants au régime réfugiés en France, invasion de l’Ukraine, massacre de Babi Yar, siège de Stalingrad, gestion des camps de concentration et d’extermination, chute d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Hitler+">Hitler</a>… par les yeux de Max, nous traversons un véritable enfer à plusieurs visages, où des hommes infligent à d’autres hommes des tortures inimaginables. De fait,<em> Les Bienveillante</em>s s’avèrent presque une relecture de l’oeuvre de Dante avec à la clé deux qualificatifs : atroce, abject.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un condensé de la mémoire</h2>



<p>Jonathan Littell saisit là l’occasion de raconter une époque, une logique, une manière de faire, de voir les choses. Sans fard. Avec en sous-titre quelque chose comme « Vis ma vie de SS ». S’appuyant sur une documentation aussi complète que fouillée qu’il a mis des années à rassembler/décrypter, l’auteur relate l’indicible, tente de saisir la réalité de la banalité du mal selon Harendt. Pour ce faire, il pénètre les rouages mentaux, la psychologie d’un pur produit du régime nazi. Ce travail introspectif flirte avec les nerfs du lecteur, l’emmenant très loin dans une psyché perverse où l’inceste dialogue avec le matricide à la manière des grandes malédictions de l’Antiquité.</p>



<p>Sorti tout droit du livre <em>La mort est mon métier</em> de Merle et du film<a href="https://www.theartchemists.com/film-damnes-luchino-visconti-1969/"> <em>Les</em> <em>Damnés</em></a> de Visconti, Max Aue est un double du SS Rudolf Lang (lui-même version littéraire de Rudolf Hoess, commandant du camp d’Auschwitz) et du jeune dévoyé Martin (travesti, pédophile, incestueux, appelé à devenir un haut gradé de la SS). Des références de ce type, le livre en est saturé. Comme une sorte de condensé de la mémoire transmise via le cinéma, la littérature, la photographie. Et c’est là que se situe la valeur du récit de Littell : cette synthèse est un regard en arrière sur la manière dont on a transmis le passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire réagir un lecteur en léthargie</h2>



<p>Et ce regard interroge la manière dont à l’avenir on parlera de cette période. Travaillant au sein d’une ONG, Littell a traversé plusieurs conflits notamment celui des Balkans. L’horreur de la guerre, il l’a vécue en direct. Il a pu constater de ses yeux que la mémoire du génocide, le fameux « Plus jamais ça » n’ont rien stoppé. L’homme est un loup dévorateur et cruel pour l’homme, et le souvenir de la Shoah n’a visiblement pas porté. Comment alors perpétuer cette mémoire sinon par le traumatisme, la brutalité de l’écriture ? Incisive et provocatrice, la plume de Littell mêle pornographie sadico-régressive et violence la plus primaire pour faire réagir un lecteur en léthargie.</p>



<p>D’où des réactions contradictoires : certains ont adoré, d’autres détesté. Ce qui est certain, c’est que personne n’est indifférent, et c’est le but. Quitte à ébranler les consciences. A ce titre, une petite anecdote : ce livre m’est arrivé entre les mains grâce à une de mes étudiantes, qui devait le travailler en cours. Je ne la remercierai jamais assez du reste car ce fut pour moi une révélation, une secousse littéraire d’envergure. Pour elle aussi du reste. Elle me confia qu’elle aurait aimé être avertie de la teneur du livre avant de le commencer. Une sorte d’avertissement/consentement avant de plonger dans l’horreur.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-167e1c5bfcd195ac3bd0c2d59115849b" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Un bourreau en dentelles</h2>



<p>C’est vous dire l’onde de choc que constitue la lecture de ce bouquin. Âmes sensibles, s’abstenir ? Ou au contraire faut-il foncer, quitte à ne jamais s’en remettre ? C’est peut-être cela, la prise de conscience. Se prendre en pleine tête un peu du traumatisme ressenti par ceux qu’on détruit sciemment et avec un sadisme quasi assumé, banalisé, étatisé. A nous alors de ne plus être ces bienveillantes, Euménides déesses du pardon, qu’on nous demande d’être par souci de bienséance et de tranquillité ; il convient surtout d’incarner leur autre visage, celui des Erinyes, furies persécutrices du Mal sous toutes ses formes.</p>



<p>La aussi, aussi Littell trace le chemin. Son protagoniste, cynique en diable, ne cesse de ses plaindre de son sort, geignard condensé de vices, insupportable d’impudeur, évoquant cette descente aux enfers comme on le ferait d’un périple touristique, avec en prime une petite musique intérieure révélée par les titres des différentes parties : toccata, allemande, courante, sarabande, menuet en rondeau, air de cour, gigue. Éduqué, diplômé, cultivé, Aue est un bourreau en dentelles. Un psychopathe de salon adoubé par un régime abominable pour accomplir une besogne sordide. Et la question de se poser : combien comme lui, en ce moment même, déchiquètent le monde à belles dents ?</p>



<p>Merci à D. grâce à qui j&rsquo;ai découvert cet ouvrage majeur.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>A Real pain : authentique, intense et touchant</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/a-real-pain-authentique-intense-et-touchant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Mar 2025 17:04:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37869</guid>

					<description><![CDATA[<p>En règle générale, quand on aborde la question de la Shoah, c’est pour en retracer l’atroce déroulement. Ce n’est jamais aisé. Mais il est encore plus complexe d’aborder la question de l’héritage, de la mémoire, de la manière dont elle pèse sur les jeunes générations. Dans A Real pain, Jesse Eisenberg évoque ce sujet glissant avec beaucoup de pudeur, de justesse, presque avec poésie. Une longue route David et Benji...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>En règle générale, quand on aborde la question de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shoah">Shoah</a>, c’est pour en retracer l’atroce déroulement. Ce n’est jamais aisé. Mais il est encore plus complexe d’aborder la question de l’héritage, de la mémoire, de la manière dont elle pèse sur les jeunes générations. Dans <em>A Real pain</em>, Jesse Eisenberg évoque ce sujet glissant avec beaucoup de pudeur, de justesse, presque avec poésie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="A Real Pain - Bande-annonce officielle (VOST) | Searchlight Pictures" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/dLVWFPpupcg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue route</h2>



<p>David et Benji sont cousins, trentenaires et juifs américains. Désireux de rendre hommage à leur grand-mère tout juste disparue, ils partent en Pologne sur les traces de cette rescapée de l’Holocauste. Grands hôtels, quartiers juifs, camps de concentration… la route sera longue jusqu’à la petite maison natale de cette aïeule respectée et redoutée dont la mort les a profondément touchés.</p>



<p>Car chacun à sa façon a vécu la chose comme un petit séisme. Et l’arrivée en Pologne où la mémoire du génocide alimente un tourisme florissant va précipiter la crise. Une crise salvatrice, une sorte de catharsis où affleurent les contradictions, la douleur réelle et profonde d’être issu de ce cataclysme, d’en porter la trace sans en saisir la véritable portée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le tourment et la paix</h2>



<p>David l’introverti, Benji le dépressif, leurs compagnons de route, leur guide, tous sont en quête du passé pour mieux se comprendre, définir leur trajectoire, se positionner par rapport à l’énorme culpabilité doublée d’incompréhension qui les ronge. Le film est qualifié de comédie dramatique. Il n’a en fait rien de drôle. Il est surtout extrêmement touchant, sincère.</p>



<p>La colère face à l’horreur est là, incontournable, logique. Mais cette rage doit-elle nous empêcher de vivre&nbsp;? Le personnage de Benji, incarné par le charismatique et si fragile Kieran Culkin (quelle prestation!) résume ce tourment que la disparition de la grand-mère a intensifié. A l’inverse, le discret et anxieux David (Jesse Eisenberg, exceptionnel) dessine une volonté de pacifier la relation au passé.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Une intensité rare</h2>



<p>La réalisation d’Eisenberg se distingue par sa simplicité, sa fluidité. Tout est fait pour saisir les réactions des personnages confrontés aux étapes de ce parcours, aux émotions contradictoires mais puissantes qu’elles suscitent. Ce petit groupe va mettre en commun les détresses, les attentes, les frustrations, tentant de donner un peu d’humanité à ce pèlerinage.</p>



<p>Véritable fil directeur sonore du film, la musique de Chopin souligne l’émergence de ces impressions contrastées, les différents temps de ce voyage initiatique, les retrouvailles de ces deux cousins qui s’adorent, se complètent, se protègent mutuellement, même si la vie les a éloignés. Eisenberg accouche ainsi d’un film surprenant et décalé, d’une très grande fraîcheur, d’une authenticité, d’une intensité rare.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>CHoPin de Christine Hassid : l’ardente et mélancolique variation chorégraphique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/chopin-christine-hassid-interview/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dieter Loquen]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 09:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37482</guid>

					<description><![CDATA[<p>Christine Hassid revisite avec intensité et sensibilité une pièce chorégraphique inspirée de l&#8217;œuvre de Frédéric Chopin, dont la résonance trouve un écho profond dans son histoire familiale. En associant la puissance du piano à la liberté des corps en mouvement, la chorégraphe bordelaise signe avec CHoPin &#8211; actuellement en tournée &#8211; une œuvre émouvante et lumineuse. Rencontre avec une artiste aussi déterminée que passionnée. Quelle a été votre source d&#8217;inspiration...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-christine-hassid.jpg" alt="" class="wp-image-37486" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-christine-hassid.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-christine-hassid-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-christine-hassid-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Christine Hassid revisite avec intensité et sensibilité une pièce chorégraphique inspirée de l&rsquo;œuvre de Frédéric Chopin, dont la résonance trouve un écho profond dans son histoire familiale. En associant la puissance du piano à la liberté des corps en mouvement, la chorégraphe bordelaise signe avec <em>CHoPin</em> &#8211; actuellement en tournée &#8211; une œuvre émouvante et lumineuse. Rencontre avec une artiste aussi déterminée que passionnée.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="CHoPin _ Christine Hassid Project 2024" src="https://player.vimeo.com/video/1012160972?dnt=1&amp;app_id=122963" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle a été votre source d&rsquo;inspiration pour créer le projet initial <em>Chopin. Carte blanche </em>?</h2>



<p>Chopin est un compositeur romantique dont les œuvres pour piano sont célèbres pour leur expressivité et leur complexité émotionnelle. La musique de Chopin, avec ses nuances et sa richesse harmonique, se prête bien à la danse contemporaine, offrant une toile de fond émotionnelle intense pour l&rsquo;exploration du mouvement. Le rapport à la musique est essentiel dans mon travail. Ce sont des itinéraires de corps humains qui dictent la musique, qui la jouent, et non la musique qui est à l’origine de leur apparition. Je suis musicienne, j’ai fait 15 ans de piano et je jouais les <em>Nocturnes</em> de Chopin à 10 ans. Je connais la complexité de cette musique et sa structure. Tout mon travail réside à construire un dialogue entre la musique de Chopin et la musicalité des corps.  </p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Chopin. Carte blanche</em> fut recréé pour devenir <em>CHoPin.</em> Qu&rsquo;est-ce qui vous a poussé à ramener ce projet en Europe, et pourquoi souhaitez-vous le retravailler maintenant ?</h2>



<p><em>Chopin. Carte blanche</em> m&rsquo;a permis d&rsquo;avoir une double nomination. Deux nominations aux Golden Mask Awards ; fait exceptionnel puisque je suis la première chorégraphe française à avoir été nommée à ce prestigieux festival depuis sa création. La première nomination étant dans la catégorie « meilleur spectacle de danse contemporaine de la saison » et la seconde, dans la catégorie « Meilleure chorégraphe de la saison ». Je me suis ainsi retrouvée sur la liste des nominations aux côtés d’Angelin Preljocaj et de William Forsythe.</p>



<p>La terrible actualité de la guerre en Ukraine fait que ce projet ne joue plus pour des raisons politiques. Avec la compagnie CHP en France, nous avons dû travailler hors des murs des théâtres pour contrer la crise Covid. Cela faisait quatre ans que la compagnie n’avait pas pu jouer dans les murs des théâtres. J’ai donc échangé avec nos partenaires sur la volonté ardente de réamorcer cette création, de développer la dramaturgie, de peaufiner l’écriture et d&rsquo;avoir une réelle création lumière. Pour toutes ces raisons, <em>CHoPin</em> a été créé en 2024.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles émotions ou thèmes cherchez-vous à transmettre à travers l&rsquo;œuvre de Chopin, sa nostalgie notamment ?</h2>



<p>J’ai utilisé Chopin pour créer une pièce qui résonne à un niveau émotionnel profond, en utilisant la musique comme point de départ pour des explorations chorégraphiques qui vont au-delà du simple accompagnement musical. Je m’inspire par exemple de la mélancolie ou de la passion présentes dans les œuvres de Chopin pour créer une pièce qui interroge les relations humaines, les états d’âme, les luttes intérieures.</p>



<p>Ainsi, mon travail avec la musique de Chopin montre comment la danse contemporaine peut dialoguer avec des œuvres classiques en réinterprétant leur signification ou en offrant aux spectateurs une nouvelle manière de ressentir et de comprendre à la fois la musique et la danse. </p>



<h2 class="wp-block-heading">En tant que petite-fille d’un rescapé de la Shoah, comment votre histoire familiale a-t-elle façonné votre travail artistique et vos engagements ? Comment l&rsquo;exil de votre famille a-t-il influencé la création de <em>CHoPin</em> ?</h2>



<p>Les histoires de souffrance, de perte et de courage ont été transmises de génération en génération, et je ressens profondément la responsabilité de rappeler leur mémoire. Les génocides et les atrocités sont souvent minimisés ou ignorés, laissant les victimes et leurs descendants sans voix. C&rsquo;est pourquoi il est si important de rappeler l’Histoire. Après quatre générations, il était temps de faire le voyage à l’envers&#8230; avec une troublante résonance à notre époque.</p>



<p>Comme le disait Jean d’Ormesson :<strong> «</strong> Il <em>y a quelque chose de plus fort que la mort, c&rsquo;est la présence des absents, dans la mémoire des vivants »</em><strong>. </strong>L’histoire de ma famille est dans mon ADN. Dans toutes mes créations, il y a son empreinte. Mon écriture chorégraphique est physique, énergique, sensible, fluide, dense et demande beaucoup de précision. Je suis une personne qui a une certaine étanchéité à la survie. Cette force, j’en ai besoin au quotidien, car être une femme dans ce milieu de la danse demande des sacrifices et une détermination sans faille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment la situation actuelle en Ukraine et en Russie a-t-elle affecté la diffusion de votre œuvre et votre vision du projet ?</h2>



<p><em>Chopin, carte blanche</em> s’est arrêté de jouer dès le début de la guerre. Les images en Ukraine ont d’autant plus appuyé le besoin de lutter contre l’antisémitisme, le racisme, la haine, la dictature, la propagande. En tant qu’artiste, il me semble qu’il est de mon devoir de témoigner à ma façon, de lutter à mon niveau contre la montée actuelle des extrêmes et des discours de haine. La musique, la poésie et l’ironie ont toujours été mes remèdes pour donner du corps à l’immatériel et pour essayer de fédérer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vous avez mentionné l&rsquo;importance de la musique dans votre travail. Comment voyez-vous le rapport entre la musique de Chopin et la chorégraphie ?</h2>



<p>Associant dans mon corps la danse classique et contemporaine, je conserve cette union dans mes œuvres. Montrer au spectateur, non l’opposition du classique et du contemporain, mais le dialogue étonnant qui se noue entre eux. Il existerait une tension permanente entre le classique et le contemporain, tension par moments dépassée dans le ballet néoclassique.  Pour moi, cette contradiction est tout sauf insoluble. Je l’abolis dans mes spectacles. Je réduis la distance entre ces deux mondes. </p>



<p>La musique de Chopin peut avoir une incarnation physique dans le corps des danseurs, non seulement elle sonne, mais devient aussi visible. On peut l&rsquo;appeler un opéra du corps, où la voix est remplacée par une danse. Ce sentiment de la « chair » de la musique surgit inconsciemment et se manifeste même chez un spectateur inexpérimenté, car celui-ci n&rsquo;a besoin de connaitre ni la théorie de la musique ni l&rsquo;histoire du compositeur.  Non seulement pour l&rsquo;entendre, mais aussi pour le ressentir à l&rsquo;intérieur de vous-même<strong>. </strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Vous parlez de la musique qui amène au « repos des choses ». Pouvez-vous expliquer ce concept dans le cadre de votre travail chorégraphique ?</h2>



<p>Tchaïkovski, Bach, Chopin&#8230; Qu&rsquo;est-ce qui les unit ? Probablement, une série de pertes vécues, qui ont donné lieu à une perception aiguë de chaque instant, à un sentiment de la fugacité de la vie, au désir de la remplir au maximum à chaque instant &#8211; si vous ne pouvez pas le faire dans votre vie, alors du moins en musique.</p>



<p>C’est dans cette philosophie de vie que j’avance, que je me réalise, que je donne un sens à ma vie. La danse et la musique sont mes remèdes à la vie. Et je pense sincèrement,&nbsp;avec mon expérience, que la musique classique et la musique baroque fédèrent et parlent à tous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vous l’avez dit, <em>Chopin. Carte blanche</em> a remporté notamment vos deux nominations aux Golden Mask Awards suivies d’une vaste tournée en Russie et en Ukraine ? Comment avez-vous vécu ce succès ?</h2>



<p>Je n’ai pas vécu les tournées, car, après la première, je suis rentrée en France avec mon assistant. Les Golden Mask Awards ont été pour moi une renaissance. J’étais dans une période où je songeais à fermer la compagnie (c’était au moment de la COVID)… Le Ministère des Affaires étrangères français m’a contactée pour m’annoncer la très bonne nouvelle et pour organiser ma venue à la cérémonie. Je devais partir en « mission » pour représenter la France à Moscou. </p>



<p>Malheureusement, la COVID a fait que je n’ai pas pu me rendre à la cérémonie (comme tous mes collègues) car nous n’avions pas encore le droit de quitter nos pays respectifs vu l’évolution de la crise sanitaire. Ce qui a été compliqué, c’est de me rendre compte, lors de mes nombreux rendez-vous en France, que mes interlocuteurs (pour la plupart) ne connaissaient pas les Golden Mask Awards …  </p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles sont vos attentes en réamorçant, en France, ce projet aujourd&rsquo;hui, en particulier dans le contexte actuel de tensions géopolitiques ?</h2>



<p>Je dirai qu&rsquo;ensemble, nous pouvons bâtir un avenir où la paix et la justice prévalent ; où les rêves des générations passées sont enfin réalisés. N&rsquo;oublions jamais les vies perdues, les rêves brisés. C&rsquo;est notre devoir de rappeler leur mémoire, de lutter contre l’oubli et de travailler inlassablement pour un monde où chaque être humain est respecté et protégé. Et j’ai toujours pensé à toutes les minorités opprimées en écrivant <em>CHoPin</em>. Ensemble, nous pouvons faire la différence. </p>



<p>Pour en savoir plus sur le projet et la tournée, consultez le site <a href="https://christinehassidproject.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Christine Hassid Project</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Les Assassins sont parmi nous &#8211; Mémoires de Beate et Serge Klarsfeld : ou comment traquer le nazi en milieu souvent politiquement hostile et dans l&#8217;indifférence quasi générale</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/chasseurs-nazis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 May 2024 14:24:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avons tous en mémoire les images du procès de Nuremberg, où furent jugés les nazis responsables de la Shoah. Ce qu&#8217;on connaît moins, c&#8217;est le dessous des cartes de cette traque. Une traque qui n&#8217;eut rien d&#8217;évident, qui prit des décennies, qui continue encore. Pour se souvenir et en comprendre les enjeux et le cheminement, il faut parcourir deux ouvrages clés : Les assassins sont parmi nous de Simon...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Nous avons tous en mémoire les images du procès de Nuremberg, où furent jugés les nazis responsables de la Shoah. Ce qu&rsquo;on connaît moins, c&rsquo;est le dessous des cartes de cette traque. Une traque qui n&rsquo;eut rien d&rsquo;évident, qui prit des décennies, qui continue encore. Pour se souvenir et en comprendre les enjeux et le cheminement, il faut parcourir deux ouvrages clés : <em>Les assassins sont parmi nous</em> de Simon Wiesenthal (1967) et les <em>Mémoires de Beate et Serge Klarsfeld </em>(2015).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Simon Wiesenthal : le chasseur de nazis</h2>



<p>Autrichien d&rsquo;origine, Simon Wiesenthal est déporté en 1941, ainsi que son épouse. Quand les Alliés libèrent le camp de Mauthausen en mai 1945, Wiesenthal est presque mourant. Il va progressivement se remettre et témoigner auprès des services de renseignement américains des atrocités qu&rsquo;il a subies. Encore très affaibli, il sert d&rsquo;interprète aux soldats chargés d&rsquo;arrêter les Allemands incriminés.</p>



<p>C&rsquo;est à partir de là que Wiesenthal commence sa carrière de chasseur de nazis, en rassemblant les témoignages des victimes survivantes, en remontant la trace des criminels. Il mènera cette traque d&rsquo;envergure toute sa vie, dans le sillage de fugitifs comme Adolf Eichmann, Josef Mengele ou Franz Stangl. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il raconte avec force détails et anecdotes dans <em>Les assassins sont parmi nous</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Beate et Serge Klarsfeld : lutter contre l&rsquo;oubli pour obtenir justice</h2>



<p>Serge Klarsfeld n&rsquo;a pas connu les camps, mais la clandestinité. Enfant durant l&rsquo;Occupation, son père est arrêté en protégeant femmes et enfants ; déporté, il a été tué. Dans les années 60, Serge épouse Beate, une jeune Allemande venue travailler en France. Depuis, le couple n&rsquo;a eu de cesse de dénoncer et traquer les nazis en fuite, au travers de coup d&rsquo;éclat retentissants.</p>



<p>On se souvient notamment de la gifle assénée par Beate au chancelier Kiesinger pour dénoncer devant la presse internationale son passé fasciste et son implication dans le processus d&rsquo;extermination. Objectif de cette action militante : éviter l&rsquo;oubli derrière lequel les monstres nazis se réfugient si commodément, préserver le souvenir et le réactiver afin d&rsquo;obtenir justice, collecter archives et documents pour constituer une mémoire à transmettre aux générations futures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fuir ou se fondre dans la masse</h2>



<p>L&rsquo;odyssée activiste des Klarsfeld recoupe celle de Wiesenthal, plusieurs fois au cours des années d&rsquo;après-guerre, ils se rencontrent, se consultent, échangent des informations, pistent les mêmes criminels. Avec plus ou moins de succès, car, les deux récits en témoignent, les nazis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale bénéficient de réseaux de protection puissants, mis en place dans les derniers temps du conflit pour exfiltrer les dignitaires et hauts responsables, en grande partie vers l&rsquo;Amérique du Sud.</p>



<p>Certains n&rsquo;ont même pas besoin de fuir, ils se fondent dans la masse, aidés par le chaos qui suit la victoire alliée. Et c&rsquo;est en toute quiétude et sans le moindre remord qu&rsquo;ils reviennent à leur petite vie d&rsquo;avant, reintégrant le giron familial, reprenant leur travail, parfois des responsabilités au sein de leur communauté, endossant même des fonctions politiques au sein d&rsquo;une droite qui prend des teintes extrêmes. À leur passif : des meurtres de masse commis de leurs mains ou ordonnés sciemment, quand ils n&rsquo;ont pas participé à l&rsquo;élaboration du processus d&rsquo;extermination des Juifs, des indésirables et des opposants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Enquêteurs, juristes et diplomates</h2>



<p>En d&rsquo;autres termes, et les deux ouvrages le mettent en évidence de manière confondante, le nazisme perdure après 1945 et en dépit de la dénazification, quitte à prendre un autre nom, d&rsquo;autres formes. Mais il perdure, entretenu par ceux qui ont survécu et qui, fidèles à Hitler, continuent d&rsquo;en diffuser les idéaux nauséabonds, dans une indifférence quasi-générale : après 1945, la population veut oublier. Quant aux survivants des camps, ils sont tellement affaiblis et traumatisés qu&rsquo;ils peinent à témoigner d&rsquo;un indicible que les bourreaux ont soigneusement effacé les traces, misant par ailleurs sur le caractère incroyable des atrocités commises pour alimenter l&rsquo;incrédulité des masses.</p>



<p>La traque débute donc par la recherche de survivants qui seraient prêts à raconter ce qu&rsquo;ils ont vécu. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi rassembler des preuves irréfutables : des ordres signés, des circulaires, des notes de services, des lettres… bref des documents bien souvent perdus au milieu de monceaux d&rsquo;archives, dans des administrations de pays étrangers, parfois hostiles à la démarche, dans une Europe déchirée par la Guerre Froide et le Rideau de fer. Véritables enquêteurs de l&rsquo;impossible, nos chasseurs de nazis doivent également se montrer fins diplomates, connaître les rouages du système juridique et du droit international, savoir constituer des dossiers inattaquables en vue de déposer des plaintes qui soient recevables et qui conduisent à des enquêtes officielles puis à des procès.</p>



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</ul>
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</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Ne jamais lâcher</h2>



<p>Ils doivent aussi maîtriser l&rsquo;art de la communication, qu&rsquo;ils vont apprendre sur le tas. Pour obtenir justice, il faut rendre le sujet audible, si besoin, et c&rsquo;est souvent le cas, de manière fracassante. Beate Klarsfeld est à ce titre une spécialiste de l&rsquo;agit prop, usant de méthodes quasi révolutionnaires pour dénoncer le nazi de manière flagrante et tonitruante, devant les journalistes et les caméras du monde entier, quitte à mettre sa propre vie en danger. Souvent menacés de mort, victimes même d&rsquo;attentats fort heureusement ratés, les Klarsfeld comme Wiesenthal auront maintes fois besoin du secours de la presse pour révéler le passé hitlérien ou collaborateur d&rsquo;hommes politiques en vue, d&rsquo;anciens tortionnaires.</p>



<p>Redoutables d&rsquo;efficacité, tenaces et obstinés, ils ne lâchent jamais. Pour preuve le dossier Klaus Barbie ou l&rsquo;affaire Touvier. Leur patience, leur constance, leur persévérance s&rsquo;ancrent dans la conviction que le nazisme est un des visages du Mal absolu, et qu&rsquo;il trouve au fil des siècles de nouveaux visages pour poursuivre son oeuvre destructrice. Il convient d&rsquo;y faire face à tout moment, de se positionner à la fois en vigie et en pisteur, d&rsquo;être toujours prêt à agir pour faire front et barrage, avec autant de dignité que de conviction, d&rsquo;assurance&#8230; et d&rsquo;indignation. C&rsquo;est indispensable car, comme l&rsquo;a si bien signifié Stéphane Hessel, « quand quelque chose vous indigne, comme j&rsquo;ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. On rejoint le courant de l&rsquo;histoire et le grand courant de l&rsquo;histoire doit se poursuivre grâce à chacun.”</p>



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		<title>Nein, Nein, Nein ! Jerry Stahl entre crise de fou rire et barbarie en gestation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-nein-nein-nein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 17:43:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des gens qui soignent leur dépression en allant chez le psy. Jerry Stahl, lui, choisit d&#8217;aller retrouver un peu de sens à son existence au fin fond de la Pologne, en visitant les camps de concentration. Ce périple, il nous le raconte en 352 pages d&#8217;une prose à la fois hilarante et désespérée, avec à la clé une réflexion poignante sur le devenir d&#8217;une humanité infoutue de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Il y a des gens qui soignent leur dépression en allant chez le psy. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jerry_Stahl" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jerry Stahl</a>, lui, choisit d&rsquo;aller retrouver un peu de sens à son existence au fin fond de la Pologne, en visitant les camps de concentration. Ce périple, il nous le raconte en 352 pages d&rsquo;une prose à la fois hilarante et désespérée, avec à la clé une réflexion poignante sur le devenir d&rsquo;une humanité infoutue de se souvenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Grand écart culturel</h2>



<p>C&rsquo;est ce qui ressort de cette odyssée évoquée avec l&rsquo;énergie d&rsquo;un gars qui se noie dans un océan d&rsquo;absurdités. Parti sur un coup de tête pour renouer avec ses racines, Stahl, ancien toxico revenu de tout y compris de la came et de plusieurs divorces, se retrouve à parcourir l&rsquo;Europe au sein d&rsquo;un groupe de touristes dont chaque membre incarne à sa manière la société de surconsommation dans laquelle nous nous vautrons, d&rsquo;où le sous-titre « la dépression, les tourments de l&rsquo;âme et la Shoah en autocar ». Humour gras, plaisanteries douteuses, Stahl va effectivement devoir improviser pour tenir le choc psychiquement.</p>



<p>Pas évident quand, armé d&rsquo;une valise connectée qui le fait tourner dingo, il pénètre dans des camps de concentration transformés en parcs d&rsquo;attraction pour visiteurs plus empressés de multiplier les selfies que de se recueillir et de prendre la mesure de l&rsquo;horreur. Un véritable grand écart culturel où le négationnisme s&rsquo;invite volontiers. Au milieu du self service d&rsquo;Auschwitz, jadis salle où étaient tondus et tatoués les déportés qui avaient survécu à la sélection, Stahl contemple ses compagnons de villégiature s&#8217;empiffrer de pizzas. Et dans sa petite tête d&rsquo;anxieux chronique, la question fuse : « <em>pourquoi les gens ne vomissent-ils pas tous sur leurs godasses, par principe</em> ? »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hitler en embuscade</h2>



<p>Observateur, cynique, il se réfugie dans l&rsquo;humour comme d&rsquo;autres se gavent de tranquillisants. Ce qui nous vaut quelques crises de rire mémorables dont augurent des titres de chapitre particulièrement bien troussés comme « Gueuleton post traumatique » ou « La seringue de Staline, les juifs porte-bonheur et le cow-boy de Varsovie ». Impossible du reste pour le lecteur d&rsquo;imaginer d&rsquo;où vient le titre du livre lui-même (non, non, il ne s&rsquo;agit pas des éructations d&rsquo;un Hitler hystérique ameutant une horde de teutons nazifiés, loin s&rsquo;en faut). Pourtant, Hitler n&rsquo;est pas loin dans ces pages.</p>



<p>Il s&#8217;embusque derrière chaque lâcheté, chaque oubli, chaque concession faite au règne du fric et de la facilité, ce confort moderne des réseaux sociaux, d&rsquo;internet, de l&rsquo;hyperconnexion qui nous appauvrit intellectuellement, nous amène à pratiquer le culte des loisirs les plus abêtissants quand il faudrait se souvenir encore et toujours, de l&rsquo;innommable, de l&rsquo;intolérable. Comme le rappelle Stahl entre deux rigolades crispées, « <em>à Buchenwald où nous nous rendons en ce moment même, le nombre de signalements d&rsquo;incidents à caractère antisémite a doublé depuis 2015</em>« .</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tourisme morbide</h2>



<p>Ce qui devait être une source de recueillement, une sorte de réconciliation avec le passé, la mémoire des disparus tourne au constat amer d&rsquo;une mémoire qui se délite dans les affres d&rsquo;un tourisme morbide perçu comme l&rsquo;impasse d&rsquo;un capitalisme devenu fou à force de tout commercialiser, même l&rsquo;atroce. Le discours d&rsquo;un auteur aigri, d&rsquo;un vieux punk sans horizon ? Quand Stahl écrit ces lignes, Trump est au pouvoir, entraînant les USA dans une spirale de bêtise, de racisme et de violence.</p>



<p>Cette perspective donne aux remarques de l&rsquo;auteur une saveur beaucoup plus désagréable parce que lucide. Oui, cela pourrait recommencer&#8230; parce qu&rsquo;au finish, qui a envie de se souvenir d&rsquo;un indicible que même les victimes survivantes n&rsquo;ont pu formuler tant c&rsquo;était abject ? Stahl en partageant ses ressentis donne à voir un grand vide, une béance dans laquelle tous les spectres de la barbarie se glissent immanquablement. Cela fait rire et peur.</p>


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		<item>
		<title>La Zone d’intérêt : « Big Brother chez les nazis »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-zone-interet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 16:42:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36944</guid>

					<description><![CDATA[<p>«&#160;Big Brother chez les nazis&#160;»&#160;: c’était l’effet voulu par Jonathan Glazer lorsqu’il s’attaque à l’adaptation cinématographique du roman La zone d’intérêt (The Zone of interest) de l’auteur britannique Martin Amis. Un projet de longue haleine qui a demandé un très gros travail de reconstitution pour nous permettre de plonger dans le quotidien du commandant SS Rudolph Höss et de sa famille à l’ombre des murailles d’Auschwitz. Le son de l&#8217;horreur...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="603" height="482" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-la-zone-dinteret.jpg" alt="" class="wp-image-36945" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-la-zone-dinteret.jpg 603w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-la-zone-dinteret-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/the-artchemists-la-zone-dinteret-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 603px) 100vw, 603px" /></figure>



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<p>«&nbsp;Big Brother chez les nazis&nbsp;»&nbsp;: c’était l’effet voulu par Jonathan Glazer lorsqu’il s’attaque à l’adaptation cinématographique du roman <em>La zone d’intérêt</em> (<em>The Zone of interest</em>) de l’auteur britannique Martin Amis. Un projet de longue haleine qui a demandé un très gros travail de reconstitution pour nous permettre de plonger dans le quotidien du commandant SS Rudolph Höss et de sa famille à l’ombre des murailles d’Auschwitz.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="LA ZONE D&#039;INTÉRÊT - Bande-annonce officielle" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/m6cz6xTgkIY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Le son de l&rsquo;horreur</h2>



<p>Du camp de concentration, nous ne verrons jamais l’intérieur. Le réalisateur préfère aborder la réalité de la Shoah de manière détournée, en évoquant le pourtour d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=auschwitz">Auschwitz</a>, la spacieuse villa des Höss, le jardin, la piscine, la campagne, la rivière, la forêt, ces paysages qui composent la zone d’intérêt, terme désignant pour les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazi">nazis</a> les 40 km² cernant les différentes structures de cet univers d’extermination au quotidien. Une extermination dont on devine le déroulement par petites touches, les barbelés, les toits des bâtiments, les soldats, la fumée d’une locomotive, le rougeoiement aveuglant des cheminées des fours.</p>



<p>Et puis il y a le bruit, constant, lancinant&nbsp;: le fracas éloigné de machines dont on ne sait trop à quoi elles servent, un tumulte perpétuel entrecoupé d’ordres hurlés, de cris d’effroi et de douleur, d’aboiement de chiens, de claquements de fouet, de coups de feu. On se demande d’ailleurs comment les habitants de cette zone d’intérêt peuvent tenir dans ce vacarme persistant, qui vrille les tympans, le cerveau. C’est par le son surtout que l’horreur s’invite dans ce petit paradis pour parvenus, la preuve d’une réussite sociale fièrement affichée par le couple Höss qui savoure ainsi les fruits du travail de Monsieur tandis que Madame s’occupe de faire des enfants, les élever en bons nazis, soigner son intérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Derrière la banalité, des failles</h2>



<p>La famille parfaite selon les codes hitlériens, qui pas un instant ne remet en question son mode de vie, ses valeurs. La réalité sordide et atroce de ce qui se passe derrière les murailles et les barbelés est pourtant connue&nbsp;: on y fait référence dans les conversations, le «&nbsp;Canada&nbsp;», la sélection, la rentabilisation des incinérations, la vente aux enchères des biens juifs, l&rsquo;utilisation des prisonniers dans les usines attenantes&nbsp;; on en profite au quotidien, quand par exemple Hedwig reçoit un somptueux manteau de fourrure dérobé à une déportée. Parfois, une mise à mort est clairement énoncée, un prisonnier qu’on noie pour une pomme volée, une domestique qu&rsquo;on menace de tuer. Il faut éviter les cendres déversées dans les rivières attenantes quand on va s&rsquo;y baigner. Mais dans l&rsquo;ensemble, tout est lisse, sans aspérité, comme dans un film de vacances aux accents bucoliques.</p>



<p>Tous savent, tous acceptent, c’est pour eux tout à fait normal, une banalité. Pour ne pas dire un dû. Mais cela n&rsquo;occupe pas le centre de l&rsquo;attention. Les seules préoccupations du moment : conserver ce confort à l&rsquo;heure où Höss, dont l&rsquo;efficacité est appréciée de ses chefs, est bombardé inspecteur général de tous les camps de concentration. Sa femme devrait le suivre ; elle s&rsquo;y refuse, avec une certaine froideur, révélant une faille dans ce couple soi-disant modèle. Des failles, il y en a d&rsquo;autres, le bébé qui pleure sans fin, les enfants qui ne dorment pas, la nurse qui boit la nuit, le prisonnier qui répand de la chaux sur les plantes, la mère d&rsquo;Hedwig qui déguerpit sans rien dire après avoir vu la cheminée des fours brûler dans les ténèbres…</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mort est mon métier</h2>



<p>Rudolph qui profite d&rsquo;une prostituée dans son bureau avant d&rsquo;aller se désinfecter le sexe dans une pièce reculée de la maison, qui en pleine soirée mondaine se prend à imaginer combien il faudrait de gaz pour exterminer tous les invités&#8230; <em>La mort est mon métier</em> : Robert Merle dans son roman évoquait le travail d&rsquo;exterminateur de ce personnage falot et sans stature. À raison et on saisit la putrescence à l’œuvre dans toutes ces psychés, scrutée, dévoilée par des caméras de surveillance qui traquent leurs moindres faits et gestes. Un choix voulu par le réalisateur pour accentuer l&rsquo;effet Big Brother sans tomber dans une esthétisation coupable. De fait, il n&rsquo;y a rien de beau dans cette réussite, bien au contraire. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sandra_H%C3%BCller" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sandra Hüller</a> (<em><a href="https://www.theartchemists.com/film-sibyl/">Sibyl</a></em>, <em>Anatomie d&rsquo;une chute</em>, <em>Sissi et moi</em>&#8230;) et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Friedel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Christian Friedel</a> (aperçu entre autres dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=babylon+berlin">Babylon Berlin</a></em>) incarnent ce couple maléfique qui s&rsquo;ignore jusque dans leur intimité malsaine, avec une justesse particulièrement dérangeante, égaux dans l&rsquo;amour qu&rsquo;ils semblent se porter comme dans l&rsquo;atrocité de ce qu&rsquo;ils accomplissent pour construire leur vie.</p>



<p>La banalité du mal : le film de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Glazer" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jonathan Glazer</a> explore le concept d&rsquo;Hannah Arendt, s&rsquo;appuyant par ailleurs sur un travail de reconstitution d&rsquo;une minutie naturaliste, en témoigne le défi relevé avec brio par le chef décorateur Chriss Oddy. À la source, un très gros travail de documentation, la vie des Höss passée au crible, une recherche fouillée d’archives et de témoignages au cœur du Mémorial et Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau. Ses couloirs sont d&rsquo;ailleurs évoqués durant plusieurs séquences, accentuant le malaise du spectateur qui passe des fastes de la vie des SS au souvenir de leurs exactions, milliers de valises et de chaussures entassées derrière des vitrines qu&rsquo;on nettoie avec soin. Une manière d&rsquo;interroger la problématique du souvenir et de sa transmission à l&rsquo;heure où les derniers déportés encore en vie disparaissent, laissant les mémoires à la merci des révisionnistes en embuscade ?</p>



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<p>Récompensé par le Grand Prix du Festival de Cannes 2023, <em>La zone d&rsquo;intérêt </em>n&rsquo;est pas un ovni cinématographique par hasard. Le film pose clairement la question de la préservation et de la transmission de la réalité atroce et sordide qu&rsquo;est la Shoah. En un temps où le fascisme remonte à la surface, séduisant de nouveaux adeptes, il se trouve de plus en plus de gens qui, comme les Höss, y trouvent leur compte, prêts à s&rsquo;adonner à l’innommable pour satisfaire leurs appétits de luxe, leur avidité de réussite sociale. Tous, nous pourrions nous retrouver à cette place finalement bien peu enviable : Höss finira pendu au sein du camp d&rsquo;Auschwitz, après avoir été trahi par sa propre épouse.</p>



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