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	<title>jeffrey dahmer</title>
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		<title>Mettre en scène la douleur : réflexions sur la spectacularisation du tragique dans nos sociétés contemporaines</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mise-scene-douleur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 16:13:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Le deuil est devenu viral. Les traumas font l&rsquo;objet de podcasts primés. Les catastrophes s&rsquo;archivent en stories. Nous vivons dans une époque qui consomme le malheur des autres avec une voracité inédite — non pas par sadisme, mais parce que le tragique est devenu, structurellement, le principal carburant de l&rsquo;attention collective. Ce glissement soulève une question qui excède les sphères morale et esthétique pour toucher à l’anthropologique. Que fait une société qui transforme la souffrance en contenu ? L&rsquo;honore-t-elle, ou la digère-t-elle simplement ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La spectacularisation du réel : quand le choc devient langage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;esthétique de l&rsquo;urgence traumatique s&rsquo;est imposée comme le registre dominant de l&rsquo;information contemporaine. Attentats, catastrophes naturelles, féminicides — la couverture médiatique de ces événements obéit désormais à une grammaire reconnaissable : musique stressante sur les plateaux, images répétées en boucle, bandeaux alarmistes, témoins filmés à chaud. Il ne s’agit plus d’informer ; l’objectif est de produire une expérience émotionnelle partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux ont radicalisé cette logique. Le direct permanent, la géolocalisation des drames, la viralité des images de détresse : chaque catastrophe devient un feuilleton avec ses épisodes, ses retournements, ses personnages récurrents. La médiation disparaît au profit d&rsquo;une illusion de présence immédiate. Or, comme le note le sociologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Le_Breton">David Le Breton</a> dans <em>La Sociologie du risque</em>, la surexposition à l&rsquo;image de la souffrance, si elle génère de l&#8217;empathie, peut tout autant alimenter un émoussement du regard, une désensibilisation progressive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paradoxe est au cœur de notre rapport contemporain au tragique : nous y sommes exposés comme jamais, et peut-être moins touchés qu&rsquo;on ne le croit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le trauma comme produit culturel : le vrai crime en question</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre 2022, Netflix mettait en ligne la série <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Dahmer : Monstre — L&rsquo;histoire de Jeffrey Dahmer</a>. </em>En quelques jours, le parcours criminel du Cannibale de Milwaukee raconté par Ryan Murphy s’impose comme la deuxième série en langue anglaise la plus regardée de l&rsquo;histoire de la plateforme. Le succès est massif, le scandale aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les familles des victimes découvrent l&rsquo;existence du programme en même temps que le reste du monde. <a href="https://www.tf1info.fr/culture/dahmer-monstre-histoire-de-jeffrey-dahmer-sur-netflix-les-familles-des-victimes-en-colere-contre-la-serie-de-ryan-murphy-2233847.html">Eric Perry</a>, cousin d&rsquo;Errol Lindsey — la onzième victime du tueur, assassinée en 1991 — publie sur Twitter une réaction qui résume la blessure infligée : « C&rsquo;est traumatisant encore et encore, et pour quoi faire ? De combien de films, de séries, de documentaires avons-nous besoin ? » Rita Isbell, sœur d&rsquo;Errol Lindsey, explique que Netflix a reconstitué sa crise de rage au procès sans jamais la consulter, ajoutant que la plateforme faisait « de l&rsquo;argent sur cette tragédie ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La série <em>Dahmer</em> n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple parmi d&rsquo;autres d&rsquo;un genre devenu dominant : le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> à haute valeur de production, où le soin apporté à la reconstitution esthétique de l&rsquo;horreur coexiste avec l&rsquo;absence quasi systématique de consentement des survivants et des proches. La question n&rsquo;est pas celle de la représentation en soi — l&rsquo;histoire du crime fascine depuis Dostoïevski. Elle est celle du protocole éthique : à qui appartient la douleur d&rsquo;autrui, et qui décide de la mettre en scène ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mémoriaux et musées : entre transmission et mise en scène</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La muséographie contemporaine des grandes tragédies historiques s&rsquo;est profondément transformée depuis les années 1990. L&rsquo;<a href="https://www.ushmm.org/fr">United States Holocaust Memorial Museum</a> de Washington (1993) fait figure de pionnier en inaugurant un parcours narratif immersif, où l&rsquo;architecture elle-même — plafonds abaissés, éclairages crus, matériaux industriels — participe de la transmission. Les musées-mémoriaux qui ont suivi, de <a href="https://www.yadvashem.org/fr.html">Yad Vashem</a> à Jérusalem jusqu&rsquo;au Mémorial de la Shoah à Paris, intègrent cette dimension sensorielle : objets ayant appartenu aux victimes, témoignages enregistrés, lumières tamisées, salles étroites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au <a href="https://www.theartchemists.com/memorial-shoah/">Mémorial de la Shoah</a>, rue Geoffroy-l&rsquo;Asnier, le Mur des Noms porte les noms de 76 000 déportés. La crypte abrite des cendres de victimes d&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Auschwitz">Auschwitz</a> et du ghetto de Varsovie. Le dispositif est sobre, silencieux, efficace. Il se distingue radicalement des expériences immersives à vocation commerciale qui se multiplient dans le même temps, expositions Van Gogh « vivantes », reconstitutions en réalité virtuelle et autres parcours sensoriels dans les musées d&rsquo;histoire naturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La frontière tient à l&rsquo;intention et à l&rsquo;éthique de la forme. Un mémorial qui fait ressentir pour mieux comprendre n&rsquo;opère pas sur le même registre qu&rsquo;un dispositif qui fait ressentir pour en mettre plein les yeux. Mais la ligne est poreuse, et chaque nouvelle technologie d&rsquo;immersion la repousse un peu plus.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/w7P9YMwIfxc?si=FctqyJrCYDxqhrs6" title="LÍNEA DE 160 CM TATUADA SOBRE 4 PERSONAS" width="1080" height="810" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/w7P9YMwIfxc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/w7P9YMwIfxc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;art contemporain face au tragique : dénonciation ou complicité ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains artistes travaillent la douleur comme une matière politique, avec une rigueur qui interdit la confusion avec le sensationnalisme. Sophie Calle, dans l&rsquo;installation <em>Rachel, Monique</em> présentée au Palais de Tokyo en 2010, fait du deuil de sa mère le matériau d&rsquo;une œuvre radicalement intime. Vidéos des derniers instants, objets déposés dans le cercueil, photographies de stèles — Calle reconstitue un mausolée vivant, traversé par une tension entre la perte personnelle et sa mise en visibilité. Ce n&rsquo;est pas la mort qui est donnée à voir, mais le travail du deuil lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.santiago-sierra.com/index_1024.php">Santiago Sierra</a> procède autrement, avec une froideur clinique qui est en elle-même le propos. L&rsquo;artiste espagnol paie des individus en situation de grande précarité — sans-papiers, toxicomanes, travailleurs sans emploi — pour accomplir des tâches dégradantes ou douloureuses. En 1999, à La Havane, il rémunère six jeunes hommes sans emploi 30 dollars pour se faire tatouer une ligne de 250 cm dans le dos. En 2000, il paye une femme travailleuse du sexe le prix d&rsquo;une dose d&rsquo;héroïne pour subir le même traitement devant un public de galerie. L&rsquo;œuvre, intitulée <em>160 cm Line Tattooed on 4 People</em>, est documentée et exposée. La question qu&rsquo;elle pose est insoluble : Sierra dénonce-t-il l&rsquo;exploitation capitaliste des corps précaires, ou en use-t-il à son bénéfice ? La polémique déclenchée est peut-être la réponse la plus honnête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, l&rsquo;art se pose comme miroir, un miroir qui n’a rien de neutre. Il choisit l&rsquo;angle, la distance, la lumière. La question éthique pour tout artiste travaillant sur le tragique n&rsquo;est pas « est-ce que je représente ? » mais « comment est-ce que je représente, et au bénéfice de qui ? »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une société saturée d&rsquo;émotions fortes : désensibilisation ou dépendance ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Notre époque présente un paradoxe que les spécialistes de la communication ont commencé à documenter : elle est à la fois saturée d&rsquo;images de souffrance et de moins en moins capable d&rsquo;en être durablement affectée. L&rsquo;image du petit Alan Kurdi, noyé et échoué sur une plage turque en 2015 avait provoqué une onde de choc mondiale, relançant brièvement le débat sur l&rsquo;accueil des réfugiés. Quelques semaines après, le flux d&rsquo;actualité avait perdu ce cliché terrible dans un flot d&rsquo;autres images. L&rsquo;émotion forte, sans ancrage narratif ni espace de médiation, ne dure pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;économiste de l&rsquo;attention <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tim_Wu">Tim Wu</a>, dans <em>The Attention Merchants</em> (2016), décrit comment l&rsquo;espace mental humain est devenu un terrain de compétition économique. L&rsquo;émotion — notamment la peur et la tristesse — s&rsquo;est révélée l&rsquo;une des ressources les plus efficaces pour capter et retenir l&rsquo;attention. Ce que Wu nomme la « marchandisation de l&rsquo;attention » implique une logique d&rsquo;escalade : si l&rsquo;ordinaire ne suffit plus à capter le regard, il faut l&rsquo;extraordinaire. Si l&rsquo;extraordinaire s&rsquo;est banalisé, il faut l&rsquo;insupportable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mécanique d&rsquo;escalade explique en partie pourquoi le true crime, les documentaires sur les génocides et les séries sur les tueurs en série constituent désormais un genre florissant sur toutes les plateformes. L&rsquo;horreur calibrée, rendue digeste par la fiction ou le documentaire, produit une émotion forte sans risque réel. Elle permet de « ressentir » sans s&rsquo;engager.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Éthique de la forme : une responsabilité collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Représenter le tragique n&rsquo;est pas un mal en soi. L&rsquo;art, la littérature, le cinéma ont toujours travaillé sur la mort, la douleur, la perte — et cette traversée peut produire de la connaissance, de l&#8217;empathie, voire de la catharsis. Ce qui pose désormais question, c&rsquo;est l&rsquo;éthique de la forme, les conditions dans lesquelles la représentation s&rsquo;effectue, ce qu&rsquo;elle donne à voir et à qui elle profite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs critères permettent de distinguer une représentation qui honore le tragique d&rsquo;une mise en spectacle qui l&rsquo;instrumentalise.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le consentement des personnes concernées — victimes, survivants, familles — est le premier d&rsquo;entre eux, comme l&rsquo;a illustré la polémique Dahmer.</li>



<li>La présence d&rsquo;une intention critique lisible, qui ne soit pas un simple alibi, en est un autre.</li>



<li>La conscience du contexte de réception — où est diffusée l&rsquo;œuvre, dans quel espace, avec quel public ? — en est un troisième.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes tous, en tant que spectateurs, parties prenantes de cette économie de l&rsquo;émotion. Regarder n&rsquo;est plus un acte neutre. Il engage une responsabilité — celle de savoir pourquoi on regarde, ce qu&rsquo;on cherche dans ce qui nous est montré, et si ce que nous regardons sert à comprendre ou simplement à consommer. La douleur des autres n&rsquo;est pas un contenu comme un autre. Elle mérite, au minimum, qu&rsquo;on lui pose la question de sa mise en scène.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>Monster : The Ed Gein story &#8230; ce que mérite l’Amérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-ed-gein-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions littéralement dévoré Monster 1 et 2, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de Jeffrey Dahmer et des frères Menendez. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025&#160;: lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Nous avions littéralement dévoré <em>Monster 1 </em>et<em> 2</em>, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Jeffrey Dahmer</a> et des <a href="https://www.theartchemists.com/serie-menendez/">frères Menendez</a>. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025&nbsp;: lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du <em>Silence des agneaux</em>. Ça vous l’a fait aussi&nbsp;? Normal. Le binôme Murphy/Brennan a, comme à son habitude et avec la maestria qu’on lui connaît, exploré comment une histoire sordide a engendré un mythe. Avec en toile de fond une réflexion sur ce mérite l’Amérique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a>. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/EDBmpfbnLGk?si=PWok2hN_V4RpH9IK" title="MONSTER: The Ed Gein Story | Official Trailer | Netflix" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Atrocités de proximité</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein">Ed Gein</a> donc&nbsp;: un discret fermier issu de l’Amérique profonde, coincé entre les interdits érigés par une mère castratrice avec laquelle il tisse une relation fusionnelle au-delà du concevable et des fantasmes de dépeçage et de nécrophilie. Maman meurt&nbsp;: Ed, dévasté, perd son seul garde-fou (dans tous les sens du terme) et passe à l’acte, depuis le viol de cadavres jusqu’au meurtre en passant par la fabrication de meubles en peau et os humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les flics qui vont finalement l’appréhender auront du mal à s’en remettre. Les médias se saisiront de cette affaire qui aura un écho international&nbsp;: dans les années 50 en voie de rémission après une seconde guerre mondiale horrifique, on n’imagine même pas qu’un Ed Gein puisse exister et commettre semblables atrocités dans sa cuisine à proximité du centre d’une petite ville du Wisconsin où tout le monde se connaît. Et pourtant…</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>A lire également </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/ed-kemper-film-2025/">Ed Kemper (2025)&nbsp;: anatomie d’un prédateur selon Chad Ferrin</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/extremely-wicked-shockingly-evil-vile-ted-bundy/">Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile&nbsp;: in bed with Ted Bundy&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES&nbsp;: pas une goutte de sang, mais c’est bien pire …</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Autopsier la psyché américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire va s’enraciner dans la culture américaine, influençant des générations de tueurs en série qui rendront hommage à Gein comme à la matrice originelle de leurs barbaries, ET une floppée de réalisateurs s’emparant de ce fait divers pour le raconter en sanglantes images qui vont transformer le cinéma (à moins que ça soit l’inverse&nbsp;?). <em>Psychose</em> d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/">Hitchcock</a>, <em>Massacre à la tronçonneuse</em> de Hopper, <em>Le Silence des agneaux</em> de Demme&nbsp;: trois monuments filmiques, trois séismes artistiques, trois grandes mutations dans le regard des spectateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas étonnant que Murphy/Brennan, qui, rappelons-le, ont accouché de la superbe minisérie<a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/"> <em>Hollywood</em></a>, se penchent sur le devenir de la fable Ed Gein, ajoutant au passage des clins d’œil à <em>Maniac</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter</a></em>. Désireux qu’ils sont d’autopsier la psyché américaine dans ce qu’elle a de plus tortueux, de plus vénéneux, ils ne pouvaient ignorer pareille source. Encore moins la raconter sans y mêler esthétique, humanité et poésie (la déclinaison à l’œuvre dans la saga <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story">American Horror Story</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pénétrer la réalité d’une démence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Teintes verdâtres et lumières tamisées, nuances de cadavre en putréfaction, gros plans sur les mains qui caressent les chairs mortes, les doigts qui cousent des peaux de femme, les pupilles qui se dilatent devant des images de sévices, Murphy/Brennan mettent en scène l’atroce du point de vue d’un Gein bercé/rongé par ses visions, ses angoisses, ses désirs. C’est aussi insupportable que superbe, poignant même, et particulièrement perturbant. Car, ce faisant, Murphy/Brennan nous rappellent que ce type martyrisé par une mère fanatique et elle-même dérangée, souffrait de schizophrénie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pas excuser, ne pas magnifier, pénétrer la réalité d’une démence. Facile à dire, plus compliqué à faire&nbsp;: Charlie Hunnam campe un Ed Gein contre toute attente charismatique, dont on n’arrive jamais à déterminer s’il est un peu benêt ou profondément manipulateur. Autour de lui une palette d’acteurs également impliqués, dont Tom Hollander en Hitchcock dévoré par le monstre filmique qu’il engendre, Will Brill, frénétique Tobe Hopper, ou Vickie Krieps, terrifiante Ilse Koch. Le casting est impressionnant, de même le travail de reconstitution des décors et des costumes, les effets spéciaux, les maquillages, la photographie, les cadrages, le montage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gein, miroir intemporel des peurs de l’Amérique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Effet d’harmonie pour conter le chaos d’un esprit médiocre rongé de démence et évoluant dans un monde parallèle et mortifère où la violence perturbe les genres. Avec <em>Monster&nbsp;: The Ed Gein story</em>, Murphy/Brennan ajoutent leur pierre à l’édifice qu’ils tentent de démonter. Ironie du sort&nbsp;: si, comme le dit si bien Hopper, Gein inspire les films que l’Amérique mérite, tendant ainsi un miroir à ses terreurs le plus profondes (menace nucléaire, guerre du Vietnam, crise économique…), alors quelles peurs modernes ce nouvel opus de la série <em>Monster</em> dénoncent-elles&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les USA de Trump, masculinistes, fondamentalistes et rétrogrades, s’acharnent sur les opposants, les migrants, les femmes, les homosexuels, les transsexuels. Schizophrénique, le pays de la démocratie tourne à la dictature à coup de censure et de discrimination. Combien de Ed Gein à la clé de cette plongée dans les eaux troubles du rigorisme religieux où il ne fait pas bon être une femme ou avoir changé de sexe&nbsp;? Gein, obsédé par le corps des femmes au point de leur arracher la peau pour s’en faire un costume, s’en masquer le visage, n’est pas le transsexuel frustré qu’on a imaginé mais un gynéphile tellement obsédé par la féminité qu’il la pénètre intégralement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homme parasite et fascination du true crime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La démembre, l’écorche, la recompose à sa façon pour s’y glisser et y vivre. Peau d’Âne version homme, Hercule recouvert d’une défroque féminine&nbsp;: un homme parasite, adulescent qui détruit les femmes jusqu’à s’emparer de leur être, de leur visage, de leurs formes. Plus qu’un boucher, un ogre mu par ses hallucinations, ses pulsions et qui pour jouir a besoin d’une femme froide, silencieuse, soumise. Morte. Aucun recul, pas de remord, le regard absorbé par les magazines illustrant la barbarie nazie sous toutes ses formes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile de ne pas faire le lien avec le règne des images modifiées par l’IA, images qui inondent nos fils d’actu et entretiennent notre FOMO. La référence à Weegee, photographe new-yorkais qui a dépeint la vie nocturne de Big Apple y compris ses côtés scabreux et sanglants n’est pas anodine. La fascination de Gein et de sa petite amie pour les scènes de meurtre non plus. Alors que le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> est plébiscité, Murphy/Brennan interrogent cette fascination malsaine et le business qu’elle génère, l’effet Ed Gein qu’elle alimente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains diront que la série, composée de huit épisodes, est trop longue, chronologiquement bordélique. C’est qu’il ne s’agit guère de raconter des faits qui tiennent sur un timbre-poste ou presque. D’ed gein en soi, il y a peu à dire sinon que c’était un tueur dément. Mais c’est l’impact durable qu’il a sur la mémoire américaine qu’il imposte ici d’ausculter. Et la love story sado-maso des USA pour le boucher de Planinfield a de quoi interpeler les consciences. Ce que Murphy/Brennan font avec beaucoup de pertinence et un plaisir non feint.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menéndez &#8211; Parricide, inceste et secrets de famille au programme</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-menendez/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 16:41:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37410</guid>

					<description><![CDATA[<p>En son temps, l&#8217;affaire Menendez a fait couler beaucoup, beaucoup d&#8217;encre. Deux fils de famille qui assassinent leurs parents à coup de fusil à pompe, un procès retentissant axé sur des soupçons de maltraitance et d&#8217;inceste, un verdict aujourd&#8217;hui encore contesté, deux coupables qui végètent toujours derrière les barreaux : le sujet ne pouvait qu&#8217;accrocher [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2.jpg" alt="" class="wp-image-37411" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-serie-monsters-2-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En son temps, l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lyle_et_Erik_Men%C3%A9ndez" target="_blank" rel="noreferrer noopener">affaire Menendez</a> a fait couler beaucoup, beaucoup d&rsquo;encre. Deux fils de famille qui assassinent leurs parents à coup de fusil à pompe, un procès retentissant axé sur des soupçons de maltraitance et d&rsquo;inceste, un verdict aujourd&rsquo;hui encore contesté, deux coupables qui végètent toujours derrière les barreaux : le sujet ne pouvait qu&rsquo;accrocher l&rsquo;attention d&rsquo;un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy">Ryan Murphy</a> avide d&rsquo;autopsier la société américaine pour le pire du meilleur et le meilleur du pire. C&rsquo;est ainsi que <em><a href="https://www.netflix.com/fr/title/81665094" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menéndez</a></em> a déboulé sur nos écrans. Magistral !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/by4Hz7FDAR8?si=64kOgNUhtSayv_EN" title="Monstres : L&amp;apos;histoire de Lyle et Erik Menendez | Bande-annonce officielle 1 VF | Netflix France" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/by4Hz7FDAR8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/by4Hz7FDAR8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un carnage pour un héritage ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir autopsié l&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=jeffrey+dahmer">affaire de Jeffrey Dahmer</a>, Murphy remet donc le couvert (si je puis dire) en passant le parricide des frangins Menendez sur le gril. Lyle et Erik ont en apparence tout pour être heureux. Les parents sont riches, la maison est belle, ils ne manquent de rien : deux magnifiques ados, des sportifs de haut niveau promis à de très belles carrières. Rien donc ne semble les prédisposer à buter leurs géniteurs au point de les rendre quasi méconnaissables, de couvrir d&rsquo;éclats de chair et de sang le plafond du salon bibliothèque où ces derniers regardaient paisiblement la télé un soir d&rsquo;aout 1989. Pourquoi alors ce carnage ? Pour récupérer un héritage qui allait leur passer sous le nez ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est que quand on creuse un peu, on réalise que les deux gamins ne sont pas si mignons/gentils que ça. Il semblerait même qu&rsquo;ils aient joué les cambrioleurs d&rsquo;opérette, se faisant chopper comme des bleus par la maison Poulaga. Grand prince et jaloux de sa réputation, Menendez Senior a tout remboursé et puni ses héritiers en les rayant de son testament. Fin du débat : pour les enquêteurs, les deux gosses ont tout mis en œuvre pour récupérer la fortune paternelle et en profiter grandement du reste, au vu de leurs dépenses somptuaires après l&rsquo;enterrement de papa/maman. Ils ont même confessé leur crime à leur psychologue qui a tout enregistré, tentant ainsi de les faire chanter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Périple judiciaire et maltraitances sexuelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement voilà, tout n&rsquo;est pas si simple. Il semblerait que les deux frères aient depuis l&rsquo;enfance été victimes de maltraitance psychique, verbale, physique de la part d&rsquo;un père qui les abusait sexuellement sous le regard indifférent au mieux, au pire complice d&rsquo;une mère totalement déconnectée des réalités. C&rsquo;est du moins ce que l&rsquo;avocate d&rsquo;Erik Leslie Abramson va avancer durant le procès, appuyant toute sa défense sur ce climat délétère pour expliquer le geste des deux tueurs. Grand amateur de l&rsquo;exploration des angles morts de la psyché américaine, Murphy nous embarque dans ce voyage en eaux boueusement troubles, où le monstre n&rsquo;est pas forcément celui qu&rsquo;on pense.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>E</em>n 9 épisodes taillés à la serpe et jouant sur la chrono et les flash back, nous suivons ce périple judiciaire décortiqué sous tous les angles. S&rsquo;il n&rsquo;apporte aucune lumière sur la vérité des faits, Murphy donne à voir toutes les approches, tous les points de vue : celui des parents interprétés de manière magistrale par Javier Bardem et Chloe Sevigny, celui des deux frères qu&rsquo;incarnent Nicholas Chavez et Cooper Koch, celui des avocats, Ari Graynor en tête, parfaite dans la peau d&rsquo;Abramson. Si certains points sont moins fouillés que d&rsquo;autres, tout est abordé pour donner à voir un immense gâchis, une mascarade judiciaire, une société prompte à la justice la plus brutale, sans se soucier d&rsquo;équité, de transparence, de tempérance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une équation insoluble</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux garçons échappent à la peine de mort par miracle, mais sont condamnés à vie pour leur geste impardonnable. Impardonnable, mais explicité par la violence parentale subie au quotidien. Les jurés du premier procès étant incapables de statuer, un second procès débute, complètement drivé par un juge à la botte du bureau du procureur qui a désespérément besoin de redorer son blason après la claque du procès <a href="https://www.theartchemists.com/?s=simpson">O.J. Simpson</a>. Les frères Menendez seront donc jugés sur les faits et rien que les faits, la défense complètement muselée. Déni de justice ? C&rsquo;est l&rsquo;idée… À moins que ? À moins qu&rsquo;ils ne soient des monstres de perversion froide, des acteurs nés, qui arrivent à feindre la douleur du trauma devant les jurés au point d&rsquo;en faire pleurer plusieurs ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Murphy s&rsquo;amuse à brouiller les pistes, pour donner à comprendre les différentes facettes d&rsquo;une équation par nature insoluble. Dès qu&rsquo;il évoque une interprétation de la situation, il balance un nouvel argument qui contredit la démonstration précédente. Le spectateur se paume complètement dans ce labyrinthe, au même titre que les jurés du premier procès et que l&rsquo;ensemble d&rsquo;une opinion publique qui s&rsquo;est passionnée pour l&rsquo;affaire avant de s&rsquo;en détourner, aspirée par d&rsquo;autres sujets. c&rsquo;est aussi cela que Murphy met en exergue : la versatilité d&rsquo;un public qui assiste à ce procès comme à un spectacle, alors que les séances sont pour la première fois retransmises en direct à la télévision par la toute jeune chaîne Court TV.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/Z1IOqpw_l30?si=ZF_cYo5dTWyXRhS7" title="The Menendez Murders: Erik Tells All | Limited Series Premieres Nov. 30 at 10/9c | A&amp;E" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Z1IOqpw_l30?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Z1IOqpw_l30?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Menendez Murders : Erik Tells All</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Société du spectacle qui se repaît de la douleur et de l&rsquo;horreur, sans s&rsquo;interroger sur l&rsquo;atrocité quotidienne subie par ces deux gosses. Une fois bouclé le visionnage des neuf épisodes (on gardera en tête la longue séquence d&rsquo;aveu d&rsquo;Erik, interprétée par un Cooper Koch qui gagne là ses galons de très grand acteur), il faut se tourner vers un documentaire plus précis des faits. En ce qui me concerne et après avoir consulté plusieurs true crimes, j&rsquo;ai décortiqué <em>The Menendez Murders : Erik Tells All</em>. Édite en 2017, la série documentaire consacre 5 épisodes à l&rsquo;analyse de l&rsquo;affaire dans un ordre chronologique, en s&rsquo;appuyant sur le témoignage d&rsquo;Erik ainsi que sur le récit d&rsquo;enquêteurs, d&rsquo;avocats, de membres de la famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui manque dans la série de Murphy apparaît dans le documentaire de manière frappante. Maltraitance il y eut, évidente pour beaucoup. Or à l&rsquo;époque, dans les années 80, envisager l&rsquo;inceste et l&rsquo;abus sexuel de la part d&rsquo;un père sur ces deux fils, qui plus est dans une famille huppée, parfaite illustration de la success story à la mode USA, c&rsquo;était impensable. <em>The Menendez Murders : Erik Tells All </em>introduit ce paramètre dans l&rsquo;équation, apportant un jour nouveau sur l&rsquo;affaire, un regard plus profond, ce qui permet de raccorder toutes les pièces du puzzle, d&rsquo;avoir une vision beaucoup plus nette du pourquoi du comment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N&rsquo;en faites pas l&rsquo;économie. Car avec son récit, Murphy comme toujours, s&rsquo;amuse avec les limites du true crime. Du reste, sa lecture a immédiatement été contestée par Erik Menendez du fin fond de sa prison. À tort ou à raison ?</p>



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		<item>
		<title>American Predator : gros plan sur  un profil de criminel aussi retors que dangereux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-american-predator/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2022 09:45:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35173</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nouveau virage sur l’aile du côté des éditions Sonatine pour parcourir ce petit prodige de précision narrative qu’est le livre American Predator. Ou comment on a appréhendé le serial killer Israel Keyes et ce qu’il advint avant et ensuite. Une course contre-la-montre Direction les USA donc, pour suivre pas à pas l’arrestation d’un des tueurs [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="382" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg" alt="couverture du livre American Predator" class="wp-image-35174" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1.jpg 382w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1-183x288.jpg 183w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/11/71bU1AmITPL1-315x494.jpg 315w" sizes="(max-width: 382px) 100vw, 382px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Nouveau virage sur l’aile du côté des éditions Sonatine pour parcourir ce petit prodige de précision narrative qu’est le livre <i>American Predator</i>. Ou comment on a appréhendé le serial killer Israel Keyes et ce qu’il advint avant et ensuite.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Une course contre-la-montre</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Direction les USA donc, pour suivre pas à pas l’arrestation d’un des tueurs en série les plus prolifiques du pays. Nous sommes en 2012 dans une petite ville de l’Alaska : une jeune vendeuse travaillant de nuit dans une station service est enlevée lors d’un braquage. Les enquêteurs, peu formés pour gérer une situation relativement rare dans ces contrées où tous se connaissent, doivent improviser. Et rapidement collaborer avec d’autres services de police dans d’autres états. Car le kidnappeur a visiblement embarqué sa victime loin de la zone de rapt. Une course contre-la-montre s’enclenche pour tenter de retrouver Samantha Koeing vivante.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Ce que les enquêteurs ne savent pas encore, mais ils vont très vite s’en douter, c’est qu’ils ont levé un lièvre bien plus gros que prévu. Un profil de criminel aussi retors que dangereux, qu’on arrêtera presque par hasard quelque temps plus tard… au Texas. Et là deuxième temps de cette équipée : faire avouer cet accusé aussi insaisissable qu’une anguille. «&nbsp;<i>J’ai beaucoup d’autres histoires à raconter&nbsp;</i>» avoue avec un brin d’humour Israel Keyes. Ce qui laisse présager que Samantha, dont on ne sait pas ce qu’elle est devenue, n’est pas la seule à figurer sur le tableau de chasse de ce prédateur. Les questions s’accumulent&nbsp;: où est Samantha&nbsp;? Est-elle encore vivante&nbsp;? Quelles sont les autres victimes de Keyes&nbsp;? Où se situent les corps&nbsp;? Pourquoi et comment Keyes opère-t-il&nbsp;?</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Confessions à décrypter</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Journaliste pour le New-York Post, Maureen Callahan choisit un style très direct, très concis pour restituer ce sanglant fait divers daté de 2012. Étape par étape, elle détaille le travail des enquêteurs, comment ils s’organisent, comment ils préparent leurs interrogatoires, la manière dont ils mènent les fouilles. Elle évoque les tensions humaines comme les moments de complicité, les techniques utilisées pour sonder la psyché de Keyes, qui s’amuse beaucoup à jouer au chat et à la souris avec ses interlocuteurs. La moindre faille, il l’exploite&nbsp;: ainsi quand un procureur désireux de se mettre en valeur pour sa prochaine élection décide de mener les interrogatoires, alors qu’il n’est absolument pas formé pour ça. Keyes prend immédiatement l’ascendant.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est aussi tout l’intérêt de ce récit que de découvrir la façon dont un tueur en série manipule en permanence son entourage. Tous les portraits évoquant les grands serial killers évoquent ce point, mais ici, on découvre comment cela se met en place, comment cela se traduit. Au fait de ce phénomène, les enquêteurs se méfient et apprennent à louvoyer pour repérer les moments où Keyes les trompe, quand il dit la vérité. Mais un néophyte se ferait avoir sans même s’en rendre compte. Informations qu’on marchande, discours en demi-teinte, il faut lire entre les lignes de ces confessions qui n’en sont pas. L’atmosphère très particulière de ces échanges, appuyée par des citations, la restitution des paroles prononcées, nous happe et nous déstabilise.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/serie-documentaire-henry-lee-lucas/" rel="bookmark">Henry Lee Lucas – Parole de tueur&nbsp;: trop de confessions tue la confession</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/" rel="bookmark">De Mindhunter&nbsp;à John Douglas&nbsp;: les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></strong></li>



<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" rel="bookmark">Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes&nbsp;?</a></strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est tout l’intérêt du livre <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/american-predator/9782355848377" target="_blank" rel="noopener"><i>American predator</i></a> que de proposer une plongée rare au cœur d’une investigation menée pas à pas, avec ses dysfonctionnements, ses révélations, ses temps forts, ses blocages. Et ses frustrations. Keyes se suicide dans sa cellule le 1<sup>er</sup> décembre 2012, au nez et à la barbe de geôliers pourtant avertis du danger qu’il représente. On ne saura jamais le nombre exact de ses victimes ni où elles reposent. Ultime affirmation de toute-puissance, contrôle absolu sur sa destinée et celle des autres. Comme l’explique l’auteure, «&nbsp;<i>N’importe lequel d’entre nous aurait pu être une victime d’Israel Keyes</i>&nbsp;».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>The Investigation : un true crime tout en pudeur et en intensité</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-the-investigation-true-crime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Oct 2022 10:49:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35087</guid>

					<description><![CDATA[<p>Question : peut-on évoquer une affaire criminelle sans tomber dans le sordide, le voyeurisme et le racoleur ? Tout en restituant l’intensité des différents temps de l’enquête, les problématiques multiples qui se posent, les émotions contradictoires et des policiers et des proches ? Sans placer l’assassin en position de héros ? Réponse : oui, si [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35089" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1.jpg" alt="série The Investigation" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Question : peut-on évoquer une affaire criminelle sans tomber dans le sordide, le voyeurisme et le racoleur ? Tout en restituant l’intensité des différents temps de l’enquête, les problématiques multiples qui se posent, les émotions contradictoires et des policiers et des proches ? Sans placer l’assassin en position de héros ? Réponse : oui, si l’on en croit la série <i>The Investigation</i>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/q7Sb0eMaSNs" title="The Investigation: Official Trailer | HBO" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/q7Sb0eMaSNs?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/q7Sb0eMaSNs?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Récit d&rsquo;une course contre-la-montre</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Réalisée en 2020 par Tobias Lindholm, cette série danoise relate <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mindhunter" target="_blank" rel="noopener">l’affaire Kim Wall</a>. La jeune journaliste suédoise a été assassinée en 2017 alors qu’elle faisait un reportage sur le créateur danois d’un sous-marin. Partie en mer à ses côtés pour l’interviewer et construire un portrait crédible et documenté, elle ne revint jamais. On retrouva son corps démembré, lardé de coups de couteau et probablement violé. Enchaînant les déclarations contradictoires, le propriétaire du submersible a été reconnu coupable du meurtre de la jeune femme.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">L’affaire, très médiatisée, a créé un véritable choc sur le public scandinave, peu confronté à ce type de criminalité. Entre autres faits d’armes, scénariste très remarqué de la série <i>Borgen</i> et du film <em>Drunk</em>, réalisateur de la série <em>R</em> et de certains épisodes de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mindhunter" target="_blank" rel="noopener"><em>Mindhunter</em></a>, Tobias Lindholm s’empare du sujet pour en restituer toute la gravité, l’intensité… sans jamais passer par la case “gore” ou “spectaculaire”. Pourtant, sa narration, poignante, s’impose par son traitement du suspense, la tension qui se dégage de cette course contre-la-montre.</span></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Pressions et remises en cause</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Car c’est bien de cela qu’il s’agit : très vite, les enquêteurs comprennent que le propriétaire du sous-marin est impliqué dans la disparition de la jeune fille. Mais de quelle manière ? Et comment le prouver ? Ils ont très peu de temps pour constituer un dossier complet et solide impliquant cet homme insaisissable et manipulateur dont jamais nous ne verrons le visage ni entendrons le nom. Jamais Lindholm ne le montre, tout comme il élude les séquences d’autopsie, les photographies dérangeantes, bref l’arsenal habituel du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime" target="_blank" rel="noopener">true crime</a> fondé sur les détails scabreux, les récits monstrueux.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il préfère traduire l’horreur de la situation en se concentrant sur cette pression du temps qui passe, tandis qu’on cherche à comprendre ce qui est arrivé, à démêler le vrai du faux dans les dires d’un suspect dont on devine les déviances sans pouvoir en évaluer la dangerosité très exactement. D’autant que l’équipe de police en charge des investigations n’est ni formée ni équipée pour ce genre de traque. Il va donc falloir remettre en cause les convictions, trouver des solutions sur le tas, revoir les points de vue, en un mot “se challenger”.</span></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">La force aveugle d’un destin funeste ?</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En suivant le déroulement chronologique de l’enquête avec une précision de métronome, en datant chaque étape, le réalisateur communique cette urgence de résultats au spectateur, ainsi que la détresse qui en résulte. Coincés entre un procureur très exigeant, des parents éperdus de chagrin, des médias en quête de scoop, nos limiers, submergés d’émotions intenses, s’épuisent à force de s’impliquer, de se démener pour trouver des solutions, de se remettre en cause. Symbole de leur désorientation, cette mer infinie où ils tentent, par tous les moyens, de retrouver le corps de Kim Wall.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autre originalité de la série, l’évocation de la victime, journaliste prometteuse, courageuse, morte d’avoir fait son métier. Lindholm, par petites touches, dresse le portrait de cette jeune femme talentueuse, qui, après avoir couvert conflits et crises au travers du monde, a le malheur de croiser la route d’un tueur sordide, misogyne, sadique, désireux de commettre un meurtre parfait par appétit de pouvoir, de domination. La force aveugle d’un destin funeste ? Cela s’est joué à un coup de fil, et la série donne à sentir ce basculement infime mais fatal, et la conscience qu’en ont et les enquêteurs et l’entourage.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Remarquablement servi par un casting talentueux où prédominent Soren Malling (<a href="https://www.theartchemists.com/serie-killing-tragedie-policiere-danoise/" target="_blank" rel="noopener"><em>The Killing</em></a>) et Pilou Absaek (Borgen, <a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/" target="_blank" rel="noopener">Game of thrones</a>), <i>The Investigation</i> s’inscrit à contre-courant de programmes comme <i><a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" target="_blank" rel="noopener">Monster : the Jeffrey Dahmer story</a>. </i>Plutôt que de mélangent les points de vue, les axes temporels dans une narration alambiquée tentant d’explorer la folie destructrice d’un assassin, Lindholm choisit la simplicité, l’intériorité, et c’est aussi terrifiant, sinon plus.</span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;">La série <em>The Investigation</em> est disponible sur <a href="https://www.hbo.com/the-investigation-efterforskningen" target="_blank" rel="noopener">la chaine HBO</a>.</span></p>
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		<title>Jeffrey Dahmer et plus si affinités : quoi lire sur le cannibale de Milwaukee ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 15:09:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Notre premier réflexe après avoir visionné la série Monster&#160;: The Jeffrey Dahmer Story&#160;? Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour : Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de American Horror Story. Pour info, Dahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg" alt="livres sur Jeffrey Dahmer" class="wp-image-35065" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel9-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Notre premier réflexe après avoir visionné la série <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/" target="_blank" rel="noopener"><i>Monster&nbsp;</i><span lang="fr-FR"><i>: The Jeffrey Dahmer Story</i></span></a><span lang="fr-FR"><b>&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">Foncer dans notre bibliothèque attitrée pour :</span></span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;">vérifier si ce qui est relaté par Murphy et Brennan est exact ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">mesurer ce qui, dans le scénario, est conservé, synthétisé, retouché ou omis ;</span></li>



<li><span style="color: #000000;">avoir une approche plus posée, avec du recul, un regard journalistique, une analyse d’enquêteur, de psychologue, de scientifique, dépourvue d’exagération, de sublimation ou d’affect.</span></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Et pouvoir écrire une chronique à peu près équilibrée, qui ne s’arrête pas seulement à la narration proposée par les papas de </span><span lang="fr-FR"><i>American Horror Story</i></span><span lang="fr-FR">. Pour info, </span><span lang="fr-FR">D</span><span lang="fr-FR">ahmer n’était pas un inconnu pour nous, vu que le sujet des tueurs en série nous passionne depuis pas mal d’années. Mais avec le temps, on oublie certains points, la mémoire fait défaut. Du coup, nous avons voulu nous rafraîchir la mémoire. </span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Pourquoi des livres et pas des documentaires&nbsp;</b></span><span lang="fr-FR"><b>ou des films </b></span><span lang="fr-FR"><b>?</b></span></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">O</span><span lang="fr-FR">n sait l’impact des images, la violence des plans, le côté mélodramatique de la musique, les effets de montage sur les interviews. Les documentaires relatant la carrière assassine de Dahmer sont nombreux </span><span lang="fr-FR">(Netflix s’apprête à en publier un nouveau dans le sillage de la série, histoire de rebondir sur le succès de cette dernière et de compléter les opus précédents consacrés à Ted Bundy et John Wayne Gacy)</span><span lang="fr-FR">, mais ils ont un caractère répétitif et racoleur, c’est du reste le fonds</span><span lang="fr-FR">&nbsp;de commerce de tout </span><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span><span lang="fr-FR"> qui se respecte. </span><span lang="fr-FR">Nous avons voulu nous distancer de cet effet spectaculaire, «&nbsp;était-il un tueur né&nbsp;?&nbsp;», ce genre d’approche faite pour faire frémir les foules.</span></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Précisions par ailleurs qu’i</span><span lang="fr-FR">l existe plusieurs films sur Dahmer&nbsp;: </span><span lang="fr-FR"><i>La vie secrète de Jeffrey Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR"><i>Damher le cannibale</i></span><span lang="fr-FR"> et </span><span lang="fr-FR"><i>Mon ami Dahmer</i></span><span lang="fr-FR">, inspiré d’une bande dessinée du même titre. Là aussi, nous avons voulu échapper au poid</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> des images, d’autant plus des images liées à des récits fictifs.</span></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer : choix bibliographiques</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Précisons que la bibliographie décrivant le parcours sanglant du Cannibale de Milwaukee est très dense. C’est un des tueurs en série les plus médiatisés au monde, même si son score de 17 victimes est moindre que celui d’autres assassins (j’ai honte d’écrire ça, c’est pourtant la triste réalité). Mais c’est l’atrocité de ses crimes qui a marqué, épouvanté et fasciné les esprits. Pour preuve, sa photo figure en bonne place sur les couvertures des ouvrages spécialisés, un peu comme une référence incontournable et un puissant argument de vente. Histoire de découvrir à chaque fois des détails un peu plus morbides et croustillants&nbsp;?</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">En ce qui nous concerne, nous voulions aborder la chose d’un point de vue chronologique, parce que la chronologie est toujours parlante. Elle permet d’identifier le début des violences, leur intensification, l’accélération de l’escalade vers la mise à mort, éventuellement ce qui a pu la déclencher. C’est essentiel pour adopter un regard objectif qui ne noircit ni n’absout. Un positionnement scientifique. C’est aussi l’opportunité de confronter les points de vue, les angles d’attaque du récit macabre. C’est de ce croisement des informations que jaillit une vision plus nette des choses.</span></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/livres-john-douglas-origines-profilage/">De Mindhunter à John Douglas : les origines du profilage en trois ouvrages clés</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-american-predator/">American Predator : gros plan sur un profil de criminel aussi retors que dangereux</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Quelques livres à parcourir</span><span lang="fr-FR">&nbsp;sur Dahmer</span></b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Voici donc nos sources, qui ne sont pas exhaustives, loin de là, mais c’est déjà un socle valable pour appréhender le dossier Dahmer, en dehors de toute approche fictionnelle.</span></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Premier ouvrage consulté,</span><span lang="fr-FR"> le livre</span><span lang="fr-FR"><i> Serial Killer – Le côté sombre de la nature humaine</i></span><span lang="fr-FR">&nbsp;; Brian Innes </span><span lang="fr-FR">y </span><span lang="fr-FR">aborde le dossier Dahmer en quelques pages synthétiques </span><span lang="fr-FR">et factuelles.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On peut aussi parcourir </span><span lang="fr-FR"><i>Le Livre noir des serial killers</i></span><span lang="fr-FR"> de Stéphane Bourgoin&nbsp;; un chapitre est consacré à Dahmer qui détaille par le menu l’affaire et ses retombées, </span><span lang="fr-FR">avec quelques paragraphes consacrés au rôle de la police et de l’agent de probation : c’est un point essentiel qui tempère les critiques, et apporte un regard un peu plus posé</span><span lang="fr-FR">.</span></span></li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">On ajoutera la bibliographie dédiée qui se trouve à la fin du livre </span><span lang="fr-FR"><i>Serial Killers – Enquête sur les tueurs en série</i></span><span lang="fr-FR"> du même Stéphane Bourgoin.</span></span>
<ul class="wp-block-list">
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Profitons-en pour faire un point sur Stéphane Bourgoin. Longtemps considéré comme un spécialiste des tueurs en série, on lui a rep</span><span lang="fr-FR">r</span><span lang="fr-FR">oché, et il l’a d’ailleurs reconnu, d’avoir menti sur ses rencontres avec des tueurs, ses interviews… Un imposteur, coupable de plagiats répétés… Il n’en demeure pas moins que ses ouvrages, largement inspirés de livres anglo-saxons de référence, constituent une porte d’entrée fiable dans l’univers des serial killers, d’où notre mention.</span></span></li>
</ul>
</li>



<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Contrairement aux ouvrages cités précédemment qui tiennent lieu d’encyclopédies ou d’études de cas </span><span lang="fr-FR">(c’est d’ailleurs l’occasion de replacer Dahmer parmi ses pairs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">et ils sont légion),</span><i> </i><span lang="fr-FR"><i>Le</i></span><i> Monstre de Milwaukee</i> relate toute l’histoire de Dahmer. Le journaliste Don Davis l’évoque étape par étape en la replaçant dans un contexte historique, géographique, social et politique détaillé. C’est tout l’intérêt de cette approche.</span></li>



<li><span style="color: #000000;">Ceux qui déchiffrent l’anglais pourront parcourir les chapitres consacrés à Dahmer dans <i>A new century of sex killers</i> de Brian Marriner et <i>The New encyclopedia of serial killers</i> de Brian lane et Wilfred Gregg.</span></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Voilà, vous avez une base à peu près solide sur le dossier Dahmer, de quoi prendre de la distance avec des images certes accrocheuses, mais qui manquent forcément d&rsquo;objectivité. Et si vous êtes allergique à la lecture, vous pouvez écouter <a href="https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/l-integrale-jeffrey-dahmer-le-cannibale-de-milwaukee-7772588300" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;épisode du podcast</a> qui lui est consacré dans l&rsquo;émission <em>L&rsquo;Heure du crime</em> sur RTL.</span></p>
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		<title>Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 14:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de Monster : The Jeffrey Dahmer Story, la nouvelle série griffée Ryan Murphy et Ian Brennan pour Netflix. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires enthousiastes ou outrés sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-35063 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg" alt="série Monster : The Jeffrey Dahmer Story de Ryan Murphy et Ian Brennan" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/10/Devenez-un-pro-du-design-en-quel7-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Impossible d’ignorer le parfum de scandale qui entoure la sortie de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">la nouvelle série griffée </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR">Ryan Murphy </span></a><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">Ian Brennan </span><span lang="fr-FR">pour <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>. Critiques dithyrambiques ou mitigées, familles de victimes en colère, commentaires </span><span lang="fr-FR">enthousiastes ou outrés</span><span lang="fr-FR"> sur les réseaux sociaux, ce nouveau programme, appuyé par une campagne de communication énergique, </span><span lang="fr-FR">affiches, teasers et interviews à l’appui</span><span lang="fr-FR">, ne laisse personne indifférent. Il aurait même tendance à réveiller de vieux démons. Et à </span><span lang="fr-FR">en tirer parti</span><span lang="fr-FR">, comme tout </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>true crime</i></span></a><span lang="fr-FR"> qui se respecte ? </span><span lang="fr-FR">Dans tous les cas, adapter la carrière criminelle de Dahmer à l’écran constitue un véritable</span><span lang="fr-FR"> challenge, </span><span lang="fr-FR">l’obligation pour un réalisateur de faire </span><span lang="fr-FR">des choix qui vont forcément fâcher. </span><span lang="fr-FR">Et tronquer une vérité insaisissable ? Explications.</span></span></p>
<p>https://youtu.be/xl2FRiW938o</p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Avant tout, considérer les faits bruts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">our évaluer la portée de </span><span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story,</i></span> <span lang="fr-FR">il convient </span><span lang="fr-FR">avant toute chose </span><span lang="fr-FR">de revenir aux faits </span><span lang="fr-FR">bruts, </span><span lang="fr-FR">afin de vérifier si le scénario </span><span lang="fr-FR">de la série </span><span lang="fr-FR">colle au réel</span><span lang="fr-FR">. Plongée donc dans <a href="https://www.theartchemists.com/livres-jeffrey-dahmer/" target="_blank" rel="noopener">plusieurs articles et ouvrages</a> qui évoquent le cas du Cannibale de Milwaukee. </span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Du 18 juin 1978, date à laquelle il commet son premier meurtre à l’âge de 18 ans, au lundi 22 juillet 1991, où il est arrêté après avoir laissé échapper Tracy Edwards, Jeffrey Dahmer va tuer 17 personnes (dont 16 entre 1987 et 1991)</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il s’agit de jeunes hommes en majorité issus des minorités raciales afro-américaine, latino-américaine et asiatique, homosexuels et pauvres.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les attire chez lui sous prétexte de prendre des photographies érotiques contre un peu d’argent.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il les drogue, les tue, les viole, les démembre, conserve au frigo, au congelateur ou dans ses placards certaines parties des corps, têtes, mains, sexes, morceaux de muscles et organes, des photos des tortures, mises à mort et dépeçages à leurs différents stades d’accomplissement. Il ira jusqu’à dissoudre la chair des troncs dans un baril d’acide acheté le 8 juillet 1991, à manger certains bouts de ses victimes.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Issu d’une famille dysfonctionnelle, profondément imacté par le divorce chaotique de ses parents, Dahmer sombre très jeune dans l’alcoolisme, pour compenser un sentiment d’abandon et de solitude.</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le lundi 27 mai 1991, Konerak Sinthasomphone, 14 ans, tente d’échapper à Dahmer. Drogué, il arrive à s’exfiltrer de l’appartement dont le tueur s’est absenté pour aller acheter de la bière. Deux jeunes femmes le remarquent, alertent les secours, restent avec lui, car il est visiblement très jeune, très mal et incapable de se défendre. Dahmer s’interpose et arrive à convaincre les policiers présents que c’est son compagnon, qu’il est majeur, ivre, que c’est juste une querelle de couple. Malgré les remarques des deux jeunes filles, les agents raccompagnent Dahmer et son prétendu amant dans l’appartement, ils y pénètrent, ne notent rien d’alarmant malgré l’odeur très désagréable, les photos de nus du jeune homme, et s’en vont. Juste après leur départ, Dahmer tue Konerak et le démembre.</span></li>
</ul>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Le cas Jeffrey Dahmer : l’effet « poupées russes »</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’es un résumé, mais cela donne une idée de la situation. Une situation à la fois très simple, atroce et complexe. Pas facile de s’attaquer au cas Jeffrey Dahmer, dont le récit devra prendre en compte :</span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des meurtres abominables, qui dépassent l’entendement, des actes de torture, de viol, de nécrophilie, de sadisme, de cannibalisme ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">un profil psychologique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=tueur+en+s%C3%A9rie" target="_blank" rel="noopener">tueur en série</a> tortueux, entre alcoolisme, frustration, colère, peur panique de l’abandon, quête de contrôle et de puissance, sens aigu de l’adaptation et de la manipulation ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">des victimes défavorisées, pauvres, sans éducation, homosexuelles et prostituées, parfois mineures, ce qu’on appelle dans le jargon des profileurs des victimes à haut risque, vulnérables, incapables de se défendre, des proies faciles ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’inaction des services de police, de justice, d’aide sociale, qui jamais n’arrêtèrent Dahmer dans sa course destructrice, alors qu’ils en eurent maintes fois l’occasion, et pas seulement lors de l’épisode tragique de ce garçon de 14 ans (dont le frère aîné fut aussi attaqué par Dahmer, mais qui réussit à lui échapper, ce qui valut à Dahmer une condamnation pour agression sexuelle), un moment clé de cette geste sanglante, repris en boucle par tous les récits, les articles, les livres dédiés (certains débutent même sur la narration de ce meurtre odieux) ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le climat social implosif de Milwaukee dans les années 90, où la misère et l</span><span lang="fr-FR">es</span><span lang="fr-FR"> discrimination</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> raciale</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> et sexuelle</span><span lang="fr-FR">s</span><span lang="fr-FR"> sont </span><span lang="fr-FR">quotidiennes</span><span lang="fr-FR">, malgré la douceur de vivre affichée par cette ville phare du Michigan ;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">l’ambiance de brutalité excessive propre aux USA, avec la progressive exploration du profil du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=serial+killer" target="_blank" rel="noopener">serial killer</a> et l’émergence de plusieurs cas devenus célèbres type Ed Gein, John Wayne Gacy (du reste évoqués très rapidement dans la série).</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">R</span><span lang="fr-FR">aconter l’histoire de Dahmer, c’est </span><span lang="fr-FR">envisager</span><span lang="fr-FR"> tous ces </span><span lang="fr-FR">facteurs</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">les mettre en perspective, prendre en compte </span><span lang="fr-FR">ce côté « poupées russes », </span><span lang="fr-FR">ces </span><span lang="fr-FR">éléments qui s’emboîtent les uns dans les autres :</span></span></p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en se disant que si un de ces facteurs avait varié, peut-être que rien ne serait arrivé </span><span lang="fr-FR">;</span></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">sans verser ni dans l’étalage de sang et de tripes, ni dans le racoleur ou le voyeurisme, ni dans la croisade vengeresse, ni dans le réquisitoire social ;</span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">en décortiquant au plus juste</span><span lang="fr-FR"> le psychisme </span><span lang="fr-FR">pervers </span><span lang="fr-FR">de Dahmer, </span><span lang="fr-FR">sans toutefois en faire ni un mutant, ni une victime, ni</span><span lang="fr-FR"> un héros.</span></span></li>
</ul>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/" class="wp-embedded-content" data-secret="s6GaMWFFbw"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/embed/#?secret=udVxgCptEn#?secret=s6GaMWFFbw" data-secret="s6GaMWFFbw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><span lang="fr-FR">Une </span><span lang="fr-FR">vision à 360° : mission impossible ?</span></b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Bref, il faudrait pouvoir adopter une vision à 360°, </span><span lang="fr-FR">une </span><span lang="fr-FR">vision objective, </span><span lang="fr-FR">juste, </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">tient</span><span lang="fr-FR"> compte à la fois des crimes et de la psyché du tueur, de la manière dont elle s’est développée </span><span lang="fr-FR">dans un contexte familial et social spécifique</span><span lang="fr-FR">, </span><span lang="fr-FR">d</span><span lang="fr-FR">es traumatismes </span><span lang="fr-FR">vécus par les familles. </span><span lang="fr-FR">Qui donne à voir l’intense émotion ressentie par les proches, la sidération, l’</span><span lang="fr-FR">horreur alimentée par</span><span lang="fr-FR"> l’avidité médiatique. Qui traduise aussi bien la manière dont un homme peut devenir un assassin, la fascination mentale d’un profil spécifique pour un certain type de paraphilies </span><span lang="fr-FR">transgressives</span><span lang="fr-FR">, l’impuissance des institutions face aux signaux d’alarme, l’injustice terrible ressentie par les proches. </span><span lang="fr-FR">Mission impossible ?</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">n tout cas, u</span><span lang="fr-FR">n exercice </span><span lang="fr-FR">particulièrement </span><span lang="fr-FR">délicat auquel Murphy et Brennan s’attaquent en frontal, riches de leurs expériences passées avec </span><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Crime+Story" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>American Crime Story</i></span></a><span lang="fr-FR"> (on se souvient encore de la saison magistrale évoquant le meurtre de </span><span lang="fr-FR">V</span><span lang="fr-FR">ersace et la traque de son assassin) et certains épisodes de </span><span lang="fr-FR"><i><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story" target="_blank" rel="noopener">American Horror Story</a>. </i></span><span lang="fr-FR">But de la manœuvre, comme à leur habitude, et c’est une thématique dans laquelle </span><span lang="fr-FR">les deux </span><span lang="fr-FR">complices</span><span lang="fr-FR"> excellent : explorer les dessous du rêve américain, comment il peut tourner au cauchemar et à la boucherie, avec moult dommages collatéraux et une question récurrente : où est-ce que ça commence à déraper ?</span> <span lang="fr-FR">Avec le cas de Dahmer, tous leurs sujets de prédilection sont rassemblés : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">un jeune Américain qui a tout pour réussir mais qui va tout rater ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la capacité typiquement moderne à transformer un monstre en idole ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">la place des communautés dans une société WASP raciste et homophobe ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">le manque de moyens alloués à la sécurité des plus pauvres ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">le désintérêt des forces policières </span><span lang="fr-FR">et des acteurs sociaux complètement débordés</span><span lang="fr-FR">. </span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Un terrain fertile pour la plume de </span><span lang="fr-FR">Murphy et Brennan</span><span lang="fr-FR"> qui accouchent de 10 épisodes particulièrement éprouvants </span><span lang="fr-FR">pour les nerfs et propices au binge wathcing à la mode Netflix</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Avec plusieurs points forts.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b><em>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</em> : les points forts</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Premier point </b></span><span lang="fr-FR"><b>à retenir </b></span><span lang="fr-FR"><b>:</b></span><span lang="fr-FR"> exit le gore et les séquences de boucherie. La frénésie de Dahmer n’apparaît que par petites touches, </span><span lang="fr-FR">ce qui ne la rend pas moins intolérable</span><span lang="fr-FR">. Place à l’imaginaire, régulièrement sollicité par des indices, une tache de sang sur le matelas, un pied qui dépasse d’un lit, le fameux baril bleu, un gros plan sur la grille d’aération d’où s’échappent des cris, des bruits de scie, des odeurs atroces. </span><span lang="fr-FR">Un sandwich offert à une voisine mécontente, dont on se demande avec quelle viande il a été fait. Bref une ambiance à la <a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/" target="_blank" rel="noopener">Hitchcock</a> en mode </span><span lang="fr-FR"><i>Psychose </i></span><span lang="fr-FR">(qui s’inspire en partie de la frénésie meurtrière d’Ed Gein, rappelons-le). </span><span lang="fr-FR">Et puis il y a la couleur, la lumière, ce jaune pisseux qui voile toutes les images, cette sorte de brume qui floute parfois les contours des visages, porte une moiteur désagréable, des relents de décomposition. </span><span lang="fr-FR">Esthétisation de la barb</span><span lang="fr-FR">arie </span><span lang="fr-FR">? </span><span lang="fr-FR">En tout refus de tomber dans le sanglant, ce qui ne rebute pourtant pas le tandem Murphy/Brennan, si on prend en compte les différentes saisons d’</span><span lang="fr-FR"><i>American Horror History</i></span><span lang="fr-FR">. Donc un choix délibéré.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Autre point notable :</b></span> <span lang="fr-FR">Murphy et Brennan </span><span lang="fr-FR">se penchent régulièrement sur la cellule familiale</span><span lang="fr-FR">. D’un côté, Dahme</span><span lang="fr-FR">r, aîné d’un couple</span><span lang="fr-FR"> dysfonctionnel, </span><span lang="fr-FR">un</span><span lang="fr-FR"> gamin </span><span lang="fr-FR">qui </span><span lang="fr-FR">encaisse les disputes toujours plus violentes de ses parents, le départ du père puis de la mère, </span><span lang="fr-FR">la solitude dans une maison vide, </span><span lang="fr-FR">l’accueil chez une grand-mère adorée mais qui va le mettre dehors, un ga</span><span lang="fr-FR">rçon</span><span lang="fr-FR"> toujours plus ingérable, qui boit, se fait renvoy</span><span lang="fr-FR">er</span><span lang="fr-FR"> de partout </span><span lang="fr-FR">y compris de l’armée</span><span lang="fr-FR">, peine à garder un emploi, à avoir des amis</span><span lang="fr-FR">. De l’autre, les familles des victimes, avec une focale sur le personnage de Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues, la 15</span><sup><span lang="fr-FR">e</span></sup><span lang="fr-FR"> victime, sourd et muet, plein de rêves et d’avenir, </span><span lang="fr-FR">auquel l’épisode </span><span lang="fr-FR">6 « Silenced » est consacré, </span><span lang="fr-FR">la tragédie de la famille </span><span lang="fr-FR">Sinthasomphone</span><span lang="fr-FR"> dont deux des fils seront agressés par Dahmer, le plus jeune assassiné, </span><span lang="fr-FR">en proie au racisme</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Glenda Cleveland, mère de famille impliquée qui fera tout ce qui est possible pour avertir les autorités.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR"><b>Élément essentiel :</b></span><span lang="fr-FR"> l</span><span lang="fr-FR">’interprétation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Evan+Peters" target="_blank" rel="noopener">Evan Peters </a></span><span lang="fr-FR">constitue certainement</span><span lang="fr-FR"> LE fer de lance de la série </span><span lang="fr-FR">(franchement, cela mérite un prix)</span><span lang="fr-FR">. Sans lui, sans son approche </span><span lang="fr-FR">(alimentée par une observation des interviews du tueur)</span><span lang="fr-FR">, ses regards, l’apathie de sa prononciation, </span><span lang="fr-FR">son côté impénétrable, lisse, gentil garçon, </span><span lang="fr-FR">ce visage qui soudain se tord de colère, </span><span lang="fr-FR">ce récit</span><span lang="fr-FR"> serait beaucoup moins puissant. Et puis il y a l’affolement, face aux premiers meurtres, quand il réalise qu’il a franchi un stade décisif, l’exaltation quand il savoure un morceau de chair humaine, la tendresse quand il se love contre un cadavre encore chaud. La dévotion quand il sème les os réduits en poudre de sa première victime : quelque chose de rituel, une connexion avec une puissance secrète ?</span></span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/" class="wp-embedded-content" data-secret="FiWjHhtmJA"><p><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel &#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mindhunter : on entre en profilage comme d’autres au carmel … » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/embed/#?secret=07ne0eFnem#?secret=FiWjHhtmJA" data-secret="FiWjHhtmJA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Dahmer, ange déchu : la confusion des points de vue</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">C’est là que la série devient dérangeante, </span><span lang="fr-FR">car elle met sur le même plan ce qui se passe dans la tête du tueur, ce que ressentent ses proches, ses victimes. Et on ne s’y retrouve plus dans tous ces points de vue. Avec un effet dommageable : </span><span lang="fr-FR">Dahmer version Murphy/Brennan a tout de l’ange déchu. Pas une victime, mais un être maudit, qui porte le poids d’une tare, qui accomplit les pire actes soit comme une expérimentation, soit comme une offrande. </span><span lang="fr-FR">Et qui gagnera la rédemption par le sacrifice ultime. </span> <span lang="fr-FR">De quoi susciter une sympathie proprement déplacée ? Interroger la nécessité du pardon ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">A ce stade, la série se perd dans un larmoiement problématique, et le message est brouillé. C’est tout le </span><span lang="fr-FR">problème </span><span lang="fr-FR">d’une</span><span lang="fr-FR"> narration </span><span lang="fr-FR">fragmentée par les</span><span lang="fr-FR"> flashbacks </span><span lang="fr-FR">et l</span><span lang="fr-FR">es changements de points de vue, </span><span lang="fr-FR">quand l’approche chronologique est beaucoup plus parlante : </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">Dahmer a tué alors qu’il était en liberté surveillée pour l’agression de l’aîné des Sinthasomphone, sous contrôle d’un agent de probation qu’il allait voir régulièrement (mais que la série occulte), et à qui il racontait ses malheurs, manque d’argent, solitude, alcoolisme.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a toujours esquivé les programmes de désintoxication, les suivis psychologiques qu’on lui proposait.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il a clairement expliqué aux enquêteurs vouloir créer un autel orné de crânes pour invoquer le diable et accroître sa puissance.</span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Si l’ensemble des événements relatés sont exacts </span><span lang="fr-FR">(l’achat des lentilles par exemple, </span><span lang="fr-FR">l’épisode des poissons</span><span lang="fr-FR">)</span><span lang="fr-FR">, certains ont été </span><span lang="fr-FR">tus (</span><span lang="fr-FR">l’achat du baril d’acide, </span><span lang="fr-FR">son interview télévisée réalisée en prison en 1993 pour l’émission Inside Edition) ou </span><span lang="fr-FR">adaptés : </span><span lang="fr-FR">ainsi </span><span lang="fr-FR">Brenda Cleveland ne vivait pas dans l’appartement voisin de Dahmer mais dans l’immeuble en face, elle n’a donc pu entendre ces bruits atroces, </span><span lang="fr-FR">sentir ces odeurs nauséabondes ; </span><span lang="fr-FR">c</span><span lang="fr-FR">e n’est pas Tony </span><span lang="fr-FR">Hugues</span><span lang="fr-FR"> mais </span><span lang="fr-FR">Jeremiah Weinberger qui semble avoir attiré </span><span lang="fr-FR">l</span><span lang="fr-FR">es suffrages </span><span lang="fr-FR">du tueur</span><span lang="fr-FR">, des clichés de son corps ont été retrouvés épinglés au dessus du lit de Dahmer. On trouve ainsi tout au long de la série une volonté de </span><span lang="fr-FR">cristaliser le pathos sur des profils synthétisant l’émotion, pour ne pas diluer le récit. </span><span lang="fr-FR">Eh oui, c’est tout l’enjeu : conserver l’attention du spectateur, le fasciner et jouer de sa corde sensible.</span></span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Alimenter le mythe : peut-on faire autrement ?</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">uivre l</span><span lang="fr-FR">a</span><span lang="fr-FR"> chronologie </span><span lang="fr-FR">et les faits</span><span lang="fr-FR">, c’est prendre le risque </span><span lang="fr-FR">de dégoûter</span><span lang="fr-FR"> l’</span><span lang="fr-FR">audience</span><span lang="fr-FR"> par la répétition du rituel du tueur, l</span><span lang="fr-FR">e noyer</span><span lang="fr-FR"> à la fois </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le bain de sang </span><span lang="fr-FR">réitéré à chaque meurtre </span><span lang="fr-FR">(</span><span lang="fr-FR">donc tomber dans le gore gratuit</span><span lang="fr-FR">) </span><span lang="fr-FR">et </span><span lang="fr-FR">dans</span><span lang="fr-FR"> le sentiment d’</span><span lang="fr-FR">usure</span><span lang="fr-FR"> lié à la répétition du modus operandi </span><span lang="fr-FR">de meurtre en meurtre</span><span lang="fr-FR">. </span><span lang="fr-FR">Mais c’est en suivant la chronologie et les faits qu’on met en évidence l’émergence de la déviance, la montée au crime, </span><span lang="fr-FR">la gradation de la violence et de l’horreur. </span></span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">En adoptant une narration décalée, la série tait l’intensification progressive des actes de torture, des violations des corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Elle tait également que chacune de ces intensifications a eu lieu après un abandon ou un contact avec la mère.</span></li>
<li><span lang="fr-FR" style="color: #000000;">Elle amoindrit la réalité propre à la mise à mort, tout le travail,la prise de risque que représente la destruction progressive d’un corps.</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">E</span><span lang="fr-FR">lle gomme ce côté expérimental propre à Dahmer, qui a testé différentes pratiques au fil de son parcours assassin.</span></span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">Éluder cela, c’est omettre le côté à la fois scientifique de l’investigation, </span> <span lang="fr-FR">et le fait que </span><span lang="fr-FR">les profils de tueurs en série n’ont rien d’attractif, ce ne sont pas des personnalités originales ni des séducteurs, encore moins des héros ; ce sont des médiocres, comme en témoignent toutes les expertises psychiatriques menées sur ce type de criminel. </span><span lang="fr-FR">Peut-on en faire l’économie quand on veut relater le parcours d’un tueur psychopathe et récidiviste ? </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">S</span><span lang="fr-FR">econd effet Netflix, dont on ne peut ignorer les diktats en matière de scénario ultracalibré pour ménager la chèvre et le chou, dixit entre autres </span><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/netflix-l-alienation-en-serie-romain-blondeau/9782021513202" target="_blank" rel="noopener"><span lang="fr-FR"><i>Netflix L’aliénation en série</i></span></a><span lang="fr-FR"> de Romain Blondeau ? </span><span lang="fr-FR">Raconter le parcours de Dahmer, qui plus est 30 ans après sa condamnation, un peu comme un anniversaire, c’est e</span><span lang="fr-FR">n tout cas </span><span lang="fr-FR">prendre le risque d’alimenter un mythe qui n</span><span lang="fr-FR">e doit pas en être</span><span lang="fr-FR"> un. </span><span lang="fr-FR">Surtout quand on confronte la souffrance atroce des victimes et l’esthétisation des tortures commises, la réalité sociale sordide des USA durant les 90’s et ce visage de tueur à la fois ignoble et si humain. Mais peut-on faire autrement ? Parce qu’ils sont fins et doués, Murphy et Brennan arrivent à déployer ces différentes facettes en un seul tableau, un peu comme Picasso le faisait avec ses modèles. Et c’est cela qui perturbe, qui dérange, qui offusque, qui crée le malaise. Car ces vérités mises en lien reflètent un monde de chaos absolument insupportable, où personne n’est à l’abri de personne, encore moins de soi-même. Une fatalité des temps modernes.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><span lang="fr-FR">P</span><span lang="fr-FR">S : alors que nous bouclons cet article, <a href="https://www.konbini.com/popculture/comment-les-lunettes-de-jeffrey-dahmer-ont-ete-mises-en-vente-pour-150-000-dollars/" target="_blank" rel="noopener">la nouvelle vient de tomber</a>, relayée par plusieurs médias. Les lunettes de Dahmer, achetée par un collectionneur il y a des années, sont à vendre aux enchères. Prix de départ : 150 000 dollars. De quoi interroger l’incapacité à effacer le souvenir et la marchandisation de l’horreur. La série l’évoque ; pensait-elle réveiller ce spectre ? </span></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="left"><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <span lang="fr-FR"><i>Monster : The Jeffrey Dahmer Story</i></span> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81287562" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Monster : The Jeffrey Dahmer Story… une fatalité des temps modernes ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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