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	<title>camps de concentration</title>
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		<title>Amen. de Costa-Gavras : le silence est complice</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/amen-costa-gavras/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:47:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’était il y 75 ans, mais la question demeure&#160;: pourquoi autant d’indifférence face la Shoah&#160;? Comment a-t-elle pu se produire et se poursuivre sans que personne ne réagisse officiellement&#160;? Avec Amen sorti en 2002, Costa-Gavras aborde la problématique sous un angle qui dérange&#160;: c’est le silence crispé du Vatican et du Pape qu’il autopsie image [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’était il y 75 ans, mais la question demeure&nbsp;: pourquoi autant d’indifférence face la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shoah">Shoah</a>&nbsp;? Comment a-t-elle pu se produire et se poursuivre sans que personne ne réagisse officiellement&nbsp;? Avec <em>Amen </em>sorti en 2002, <a href="https://www.theartchemists.com/autobiographie-costa-gavras/">Costa-Gavras</a> aborde la problématique sous un angle qui dérange&nbsp;: c’est le silence crispé du Vatican et du Pape qu’il autopsie image après image. Sans concession, comme son habitude.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/bb65DUB2FyQ?si=sQLLG2regnnRhEX8" title="AMEN - Trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bb65DUB2FyQ?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/bb65DUB2FyQ?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Effroi total</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Adapté de la pièce <em>Le Vicaire</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rolf_Hochhuth">Rolf Hochhuth</a> (1963), <em>Amen</em> évoque le parcours pour le moins tragique de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurt_Gerstein">Kurt Gerstein</a>. Joué avec une intensité émouvante par Ulrich Tukur, cet ingénieur protestant, promu membre de l&rsquo;Institut d&rsquo;hygiène de la Waffen-SS, découvre lors d’une inspection, les expérimentations sur le gazage des Juifs. Son effroi est total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Immédiatement, il alerte son pasteur… qui ne l’écoute pas. Il va alors tenter d’avertir les autorités catholiques d’Allemagne… qui font la sourde oreille. Il se tourne aussi vers des diplomates qui ne bougent pas. Le seul qui l’entend, qui l’écoute, qui saisit l’ampleur du massacre en train de s’orchestrer est Ricardo Fontana (Mathieu Kassovitz), un jeune jésuite issu de la noblesse romaine et dont la famille est proche du Pape.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En travers de la gorge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A eux deux, ils font tout pour avertir Pie XII, collectant les preuves, tentant de freiner l’extermination en marche par tous les moyens administratifs dont ils disposent. Rien n’y fera. Quand les Nazis pénètrent dans Rome en 1943, ils raflent les Juifs dans la panique générale. Impuissantes, les autorités vaticanes n’ont comme solution que de cacher ceux qu’ils peuvent. Il est alors trop tard pour intervenir officiellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fontana sera broyé par le système concentrationnaire, Gerstein arrêté par les Alliés se pendra quand il apprendra qu’on le soupçonne de crime contre l’humanité. Leur sort est d’autant plus atroce que d’autres nazis eux fuiront grâce aux réseaux catholiques mis en place pour les exfiltrer. La dernière séquence du film, qui illustre ce phénomène, reste de fait en travers de la gorge.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mécanique du silence</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une fiction&nbsp;? Le Gerstein historique est une figure réelle, dont le destin restera profondément ambigu. À la fin de la guerre, il se livre aux autorités françaises à Reutlingen, rédige ce qui restera connu sous le nom de « rapport Gerstein » — l&rsquo;un des premiers témoignages directs sur les chambres à gaz. Il est néanmoins incarcéré à la prison militaire du Cherche-Midi à Paris, inculpé d&rsquo;assassinat et complicité. Il y est retrouvé pendu le 25 juillet 1945, dans des circonstances qui n&rsquo;ont jamais été entièrement élucidées. La justice n&rsquo;avait pas voulu croire à sa bonne foi. L&rsquo;histoire lui accordera, bien plus tard, une réhabilitation posthume — en 1965 seulement, vingt ans après sa mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le film fait également en disséquant la mécanique du silence institutionnel du Vatican sous Pie XII. Costa-Gavras ne verse pas dans la caricature : il montre comment ce silence s&rsquo;est construit, étape par étape, à travers des mécanismes parfaitement rationnels — calcul diplomatique, anticommunisme viscéral, peur de représailles contre les catholiques en zone occupée, préservation des intérêts de l&rsquo;Église dans l&rsquo;Allemagne d&rsquo;après-guerre.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/R77c1pelpj4?si=aSWQsLvmUi4p8Y_F" title="Amen - La chambre à gaz" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/R77c1pelpj4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/R77c1pelpj4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">L’horreur bureaucratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lecture est historiquement fondée, même si elle reste débattue. La question de l&rsquo;attitude de Pie XII pendant la Shoah a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une historiographie abondante, ravivée en 2020 lorsque le Vatican a ouvert ses archives secrètes de la période. Les travaux de l&rsquo;historien David Kertzer (<em>Le Pape et Mussolini</em>, 2014, prix Pulitzer) ont montré la profondeur des accommodements de l&rsquo;Église avec les régimes fascistes européens des années 1930 et 1940. Le film de Costa-Gavras, réalisé sans accès à ces archives, n&rsquo;en pose pas moins les bonnes questions, sans tomber dans le spectaculaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur opère un choix formel décisif, qui distingue <em>Amen.</em> de la majorité des films sur la Shoah : il ne montre pas les camps. Pas de reconstitution des chambres à gaz, pas d&rsquo;images de corps, pas de violence directe à l&rsquo;écran. Du génocide, on ne distingue, outre la réaction épouvantée de Gerstein, que des indices&nbsp;: bidons de Zyklon B soigneusement répertoriés, colonnes de chiffres dans des rapports administratifs, et ces trains qui partent pleins et reviennent vides, inlassablement, rythmant le récit, accentuant l’urgence, le sentiment d’impuissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question des complicités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est l&rsquo;horreur bureaucratique que Costa-Gavras met en images&nbsp;; sa stratégie est d&rsquo;une efficacité redoutable. La mise en scène joue sur la répétition et l&rsquo;accélération : les mêmes scènes d&rsquo;explication reviennent avec des interlocuteurs différents, les mêmes réponses évasives, les mêmes portes qui se referment. L&rsquo;effet est celui d&rsquo;un cauchemar éveillé, d&rsquo;un engrenage kafkaïen dont on ne peut sortir. La photographie de Patrick Blossier — froide, contrastée, avec de longs plans fixes — renforce l&rsquo;impression d&rsquo;une machinerie administrative qui écrase les individus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affiche du film, conçue par le photographe Oliviero Toscani (connu pour ses campagnes Benetton), représente la croix catholique dont le bras horizontal est remplacé par une croix gammée. Elle fera scandale en France avant même la sortie du film, et sera retirée de certains espaces publicitaires. Elle résume pourtant avec une brutalité iconographique pertinente ce que le film développe en deux heures douze : la question des complicités.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>A</strong><strong>mbiguïté dramatique et moral</strong><strong>e</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La grande force d&rsquo;Amen. est de ne pas distribuer les rôles de manière trop nette. Gerstein est à la fois le témoin courageux qui risque sa vie pour alerter le monde, et l&rsquo;homme qui a livré du Zyklon B aux camps d&rsquo;extermination. Il savait à quoi ce gaz serait employé. Il l&rsquo;a quand même fourni, en espérant que son témoignage intérieur pèserait plus lourd que sa participation matérielle au crime. Cette zone grise morale est au cœur du film — et l&rsquo;une des raisons pour lesquelles le personnage historique reste, encore aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;objet de débats entre historiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ricardo Fontana, lui, finira par accompagner les Juifs de Rome dans les wagons de déportation, en signe de révolte contre la passivité de l&rsquo;Église — un geste de désespoir qui est aussi une forme de suicide symbolique. Rien d’héroïque mais la conséquence logique et tragique d&rsquo;une situation sans issue : quand toutes les paroles ont échoué, quand tous les canaux institutionnels se sont refermés, il ne reste plus que le geste — inutile, irréversible, mais seul à ne pas être une trahison de soi-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le crime institutionnel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce registre, celui de la conscience individuelle écrasée par la logique institutionnelle, qu&rsquo;<em>Amen.</em> rejoint <em><a href="https://www.theartchemists.com/filiere-philippe-sands/">La Filière</a></em> de Philippe Sands. Gerstein et Wächter sont des miroirs inversés : l&rsquo;un a tenté d&rsquo;exposer le crime depuis l&rsquo;intérieur du système, l&rsquo;autre a fui pour ne pas en répondre. Les deux ont utilisé les mêmes réseaux, les mêmes silences, les mêmes institutions. Et les deux ont fini par être rattrapés — l&rsquo;un par la mort en prison, l&rsquo;autre par l&rsquo;enquête d&rsquo;un avocat international un demi-siècle plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cela, Amen. s&rsquo;inscrit dans la continuité d&rsquo;une œuvre entièrement dédiée à la question du crime institutionnel et de la complicité des appareils d&rsquo;État. De <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-z-costa-gavras-1969/">Z</a></em> à <em>L&rsquo;Aveu</em> en passant par <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-missing-costa-gavras/">Missing</a></em>, Costa-Gavras a fait de la dénonciation du mensonge d&rsquo;État sa matière première cinématographique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Amen.</em> reçoit le César du meilleur scénario en 2003 — une reconnaissance qui ne surprend pas, tant la construction dramaturgique du film, coécrite par Costa-Gavras et Jean-Claude Grumberg, est rigoureuse. Le film est présenté en compétition officielle à la Berlinale 2002, où Rolf Hochhuth, auteur de la pièce originale, déclare en voyant le film : « Je n&rsquo;avais que des mots, le cinéaste possède l&rsquo;image. » Tout est dit.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Dark tourisme : pour ne plus être des touristes de la mort mais des voyageurs du sens</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dark-tourisme-analyse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 10:39:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Visiter des camps de concentration, des sites de catastrophes ou les maisons de tueurs en série : pratique morbide pour certains, nécessité mémorielle pour d’autres. Le dark tourism, ou tourisme noir, interroge notre rapport à la mort, à la mémoire… et au spectacle. Derrière l’étrangeté de ces parcours se dessinent des enjeux profonds : que [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Visiter des camps de concentration, des sites de catastrophes ou les maisons de tueurs en série : pratique morbide pour certains, nécessité mémorielle pour d’autres. Le dark tourism, ou tourisme noir, interroge notre rapport à la mort, à la mémoire… et au spectacle. Derrière l’étrangeté de ces parcours se dessinent des enjeux profonds : que venons-nous vraiment voir ? Et surtout, pourquoi ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une définition trouble, un succès mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Apparu dans les travaux des chercheurs John Lennon et Malcolm Foley à la fin des années 1990, le terme “dark tourism” (ou tourisme noir) désigne la fréquentation de lieux associés à la mort, au désastre, à la souffrance ou à des tragédies collectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce champ inclut :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les lieux de mémoire (camps de concentration, champs de bataille),</li>



<li>les sites de catastrophes (nucléaires, naturelles),</li>



<li>les scènes de crimes célèbres,</li>



<li>les musées du crime, de la torture, ou de la médecine morbide,</li>



<li>les circuits plus sensationnalistes liés à des tueurs en série ou des événements médiatiques.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Une pratique peu répandue&nbsp;? Que nenni. Un article de <a href="https://bluedocker.com/top-10-destinations-tourisme-noir/">BlueDocker</a> révèle le top 10 des lieux macabres les plus visités au monde&nbsp;: Pripyat en Ukraine, forêt d’Aokigahara au Japon, catacombes parisiennes, camps de concentration… La fréquentation de ces différents sites a explosé avec l’avèenemtn du tourisme de masse. Le magazine <a href="https://www.geo.fr/voyage/tchernobyl-auschwitz-les-bidonvilles-de-bombay-le-dark-tourism-ou-lattrait-pour-la-desolation-204890">Géo</a> souligne&nbsp;: «&nbsp;<em>À l’ère du&nbsp;tourisme de masse&nbsp;–&nbsp; nous sommes passés à 1,4&nbsp;milliard de voyageurs en&nbsp;2018 contre 435 000 dans les années 1990&nbsp; –, la fréquentation de ces lieux « sombres » atteint des records&nbsp;: Pompéi a accueilli 3,6&nbsp;millions de visiteurs en&nbsp;2018 ; la même année, ils étaient plus de 2&nbsp;millions à se rendre à Auschwitz ; et le mémorial du 11 Septembre passait le cap des 33&nbsp;millions de visiteurs depuis son ouverture en&nbsp;2004.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc une activité particulièrement rentable et qui n’a pas fini de l’être si l’on en croit une <a href="https://cardiffjournalism.co.uk/life360/from-tragedy-to-tourism-examining-the-rise-of-dark-tourists/#:~:text=Most%20dark%20tourists%20are%20drawn,Z%2C%20those%20born%20after%202000.">étude publiée dans le Digital Journal</a> qui pronostique que ce marché atteindra 43,5 $ billion d’ici 2031. Il s&rsquo;agit donc d’un phénomène mondial à succès, qui ne date pas d’hier du reste. La mort et l’horreur ont toujours captivé les foules, en témoignent les jeux du cirque de la Rome antique, le show des exécutions publiques de l’Ancien Régime. Initialement marché den iche, le dark tourisme est en passe de se démocratiser, interrogeant ainsi la question de la mémoire collective, le deuil, la curiosité humaine… mais aussi les pratiques touristiques elles-mêmes.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-2 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph">A lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/roman-de-bonnes-raisons-de-mourir-polar/">De Bonnes raisons de mourir : attention, polar radioactif !</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>D</strong><strong>u </strong><strong>pèlerinage mémoriel</strong><strong> à la </strong><strong>curiosité morbide</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je l’expliquais plus haut, le dark tourism n’est pas marginal : il mobilise des millions de visiteurs chaque année … et se décline de différentes manières. Il regroupe plusieurs formes, aux motivations et intensités variées. On peut les répartir selon un spectre allant du pèlerinage mémoriel à la curiosité morbide :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le tourisme de mémoire : centré sur les lieux de guerre, de génocide ou de catastrophe (Auschwitz, Hiroshima, Verdun, Kigali, Srebrenica-Potočari…), il a une forte dimension pédagogique et commémorative.</li>



<li>Le tourisme catastrophe : il consiste à visiter les sites de désastres récents (Fukushima, Tchernobyl, la Nouvelle-Orléans post-Katrina…), souvent dans un cadre semi-encadré.</li>



<li>Le tourisme carcéral ou judiciaire : anciennes prisons (Alcatraz, Robben Island), salles de torture ou tribunaux historiques sont au cœur de ces parcours.</li>



<li>Le tourisme macabre ou sensationnaliste : plus voyeuriste, il attire sur les scènes de crimes, les maisons de tueurs en série ou les parcours “true crime”.</li>



<li>Le tourisme religieux mortuaire : pèlerinages vers les reliques, tombes célèbres ou ossuaires artistiques (Sedlec, les catacombes de Paris…).</li>



<li>Le thanatourisme pop-culturel : formes récentes liées aux films, séries ou jeux vidéo traitant de la mort ou de la violence (lieux de tournage de <em>Game of Thrones</em>, circuits <em>Dexter</em>, etc.).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les motivations du dark tourism : entre mémoire, quête existentielle et attraction morbide</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces pratiques ne relèvent pas toutes du même rapport à la mort. Elles recouvrent une pluralité de motivations, allant de la démarche pédagogique au pur besoin de sensations. Trois grandes tendances se dessinent :</p>



<h3 class="wp-block-heading">1. Comprendre et se souvenir</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Certains chercheurs comme Philip Stone ou A.V. Seaton parlent de <em>thanatourisme réflexif</em> pour désigner une approche sincère, tournée vers la mémoire et la transmission. Il s’agit ici de visiter des lieux de souffrance ou de mort avec un objectif éducatif, culturel ou cathartique. Les visiteurs sont souvent des descendants de victimes, des familles en quête de sens, des enseignants ou des étudiants. L’expérience se veut respectueuse, ancrée dans une volonté de ne pas oublier. Auschwitz, Oradour-sur-Glane, le Mémorial de la Shoah s’inscrivent dans cette logique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Se confronter à la mort</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du souvenir, le dark tourism peut répondre à un besoin existentiel plus profond : celui de se confronter symboliquement à la finitude humaine. Voir un lieu de massacre, une scène de catastrophe ou une prison désaffectée, c’est parfois chercher à rendre la mort concrète, visible, pensable. Dans une société occidentale qui tend à médicaliser, invisibiliser et retarder la mort, ces lieux deviennent des points de friction. Le touriste cherche à <em>éprouver</em> quelque chose de réel, à restaurer un lien avec une part occultée de la condition humaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading">3. Le frisson et l’émotion</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À l’autre extrémité du spectre, certaines formes de tourisme noir relèvent davantage de la recherche d’émotions fortes : peur, malaise, fascination. On visite la maison d’un tueur en série, on participe à une “ghost tour” nocturne, on explore une morgue abandonnée. Ici, la mort devient <em>mise en scène</em>, et l’expérience tend vers le spectacle. Si ces pratiques peuvent satisfaire une curiosité légitime, elles flirtent parfois avec le voyeurisme, voire la banalisation de la souffrance. Le risque : transformer des lieux de mémoire en parcs d’attractions de l’horreur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une frontière floue entre mémoire, éthique et spectacle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que le tourisme noir gagne en popularité, une zone de tension se dessine entre mémoire, respect et logique de consommation. Que penser des selfies pris à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Auschwitz">Auschwitz</a>, des boutiques de souvenirs à Ground Zero, ou des circuits macabres sur les pas de Jack l’Éventreur, parfois sponsorisés par des marques ou des offices du tourisme ? Ces pratiques soulèvent des questions éthiques majeures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, où commence le respect des morts ? Où s’arrête la décence ? Quand la mémoire devient-elle spectacle, voire marchandise ? Le <em>devoir de mémoire</em> est-il soluble dans les logiques de rentabilité culturelle et d’attractivité touristique ? Ces interrogations ne sont pas abstraites : elles se posent concrètement dans la gestion des lieux de souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre question cruciale : qui détient le droit d’interpréter ces lieux ? Les survivants ? Les familles de victimes ? Les États ? Ou les agences touristiques qui scénarisent le parcours ? À force de médiatiser et de packager la mort, on risque de la dévitaliser. Ce que certains nomment “Disneylandisation de l’horreur” transforme des espaces tragiques en décors consommables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses critiques émergent, pointant notamment :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le risque de banalisation de l’atroce, par la répétition d’images ou de parcours standardisés ;</li>



<li>la commercialisation de la souffrance, quand les mémoriaux deviennent des “produits” touristiques avec goodies et billetterie premium ;</li>



<li>l’absence de médiation pédagogique, qui laisse parfois les visiteurs seuls face à des réalités complexes ou traumatiques, sans cadre explicatif.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, le dark tourism est traversé par un dilemme constant : comment montrer l’irreprésentable sans trahir ? Comment transmettre sans trahir l’émotion, ni céder au sensationnalisme ? Entre commémoration, fascination et marketing, la frontière reste fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une éthique renouvelée du tourisme noir&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux dérives médiatiques ou commerciales du dark tourism, des voix s’élèvent pour repenser les pratiques. Certains sites, conscients de leur portée symbolique, prennent désormais des mesures pour encadrer l’expérience des visiteurs. À Kigali (Rwanda), à Oradour-sur-Glane (France) ou encore à Yad Vashem (Israël), des chartes éthiques ont été mises en place : interdiction de photographier dans certains espaces, présence de guides spécialement formés à la médiation historique, création de parcours contextualisés et non sensationnalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le champ universitaire, plusieurs chercheurs plaident pour une typologie plus rigoureuse du dark tourism, afin de mieux en distinguer les intentions et les effets. Ils proposent notamment une distinction entre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un dark tourism éducatif et mémoriel, ancré dans la transmission, la réflexion historique et la construction du savoir ;</li>



<li>un dark tourism sensationnaliste ou commercial, centré sur l’émotion brute, le choc visuel ou la curiosité morbide.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, le visiteur lui-même est appelé à une prise de conscience. Une éthique du voyageur se dessine, fondée sur trois principes simples mais essentiels :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Prendre conscience de l’histoire des lieux visités, de leur portée symbolique et de leur charge émotionnelle.</li>



<li>Respecter les lieux, les vivants et les morts, en adoptant une posture digne, sans recherche de performance ou de mise en scène de soi.</li>



<li>Chercher le sens plutôt que la sensation, en refusant la consommation immédiate au profit d’une expérience réflexive.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est donc pas la visite elle-même qui est problématique, mais l’intention qui l’anime. Un même lieu peut être abordé comme un lieu de mémoire ou de divertissement, selon la posture adoptée par le touriste. C’est à ce niveau — individuel et collectif — que peut se jouer une réconciliation entre souvenir et regard.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>E</strong><strong>ntre lucidité, mémoire et responsabilité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dark tourism est à la croisée des chemins : il peut être un puissant outil de transmission et de réflexion… ou devenir un simple produit de consommation parmi d’autres. Il révèle les tensions de nos sociétés modernes : fascination pour la mort, besoin de sens, mais aussi dérives spectaculaires et marketing du trauma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En visitant ces lieux, nous ne sommes pas neutres. Nous entrons dans une mémoire collective, parfois douloureuse, souvent fragile. Le dark tourism nous tend un miroir : que venons-nous chercher ? Du savoir ? De l’émotion ? Du frisson ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas de juger, mais de choisir. Refuser le voyeurisme sans renoncer à comprendre. Refuser le choc vide sans renoncer à ressentir. Être non pas des touristes de la mort, mais des voyageurs du sens.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Les Bienveillantes : « Vis ma vie de SS »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bienveillantes-roman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 10:27:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité&#160;: Les Bienveillantes font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité&nbsp;: <em>Les Bienveillantes</em> font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer à plusieurs visages</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout dans le roman fleuve de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Littell">Jonathan Littell</a> respire la désintégration mentale, la transgression des tabous, le cynisme le plus noir. Ce pavé de 900 pages à la louche raconte à la première personne le parcours de Maximilien Aue. Cet industriel allemand vieillissant prend un jour sa plume la plus acérée pour nous raconter sa jeunesse. Une jeunesse passée dans les rangs des SS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Montée en puissance du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazisme+">nazisme</a>, recrutement parmi les séides d’Himmler, infiltration parmi les opposants au régime réfugiés en France, invasion de l’Ukraine, massacre de Babi Yar, siège de Stalingrad, gestion des camps de concentration et d’extermination, chute d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Hitler+">Hitler</a>… par les yeux de Max, nous traversons un véritable enfer à plusieurs visages, où des hommes infligent à d’autres hommes des tortures inimaginables. De fait,<em> Les Bienveillante</em>s s’avèrent presque une relecture de l’oeuvre de Dante avec à la clé deux qualificatifs&nbsp;: atroce, abject.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un condensé de la mémoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jonathan Littell saisit là l’occasion de raconter une époque, une logique, une manière de faire, de voir les choses. Sans fard. Avec en sous-titre quelque chose comme «&nbsp;Vis ma vie de SS&nbsp;». S’appuyant sur une documentation aussi complète que fouillée qu’il a mis des années à rassembler/décrypter, l’auteur relate l’indicible, tente de saisir la réalité de la banalité du mal selon Harendt. Pour ce faire, il pénètre les rouages mentaux, la psychologie d’un pur produit du régime nazi. Ce travail introspectif flirte avec les nerfs du lecteur, l’emmenant très loin dans une psyché perverse où l’inceste dialogue avec le matricide à la manière des grandes malédictions de l’Antiquité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sorti tout droit du livre <em>La mort est mon métier</em> de Merle et du film<a href="https://www.theartchemists.com/film-damnes-luchino-visconti-1969/"> <em>Les</em> <em>Damnés</em></a> de Visconti, Max Aue est un double du SS Rudolf Lang (lui-même version littéraire de Rudolf Hoess, commandant du camp d’Auschwitz) et du jeune dévoyé Martin (travesti, pédophile, incestueux, appelé à devenir un haut gradé de la SS). Des références de ce type, le livre en est saturé. Comme une sorte de condensé de la mémoire transmise via le cinéma, la littérature, la photographie. Et c’est là que se situe la valeur du récit de Littell&nbsp;: cette synthèse est un regard en arrière sur la manière dont on a transmis le passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire réagir un lecteur en léthargie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce regard interroge la manière dont à l’avenir on parlera de cette période. Travaillant au sein d’une ONG, Littell a traversé plusieurs conflits notamment celui des Balkans. L’horreur de la guerre, il l’a vécue en direct. Il a pu constater de ses yeux que la mémoire du génocide, le fameux «&nbsp;Plus jamais ça&nbsp;» n’ont rien stoppé. L’homme est un loup dévorateur et cruel pour l’homme, et le souvenir de la Shoah n’a visiblement pas porté. Comment alors perpétuer cette mémoire sinon par le traumatisme, la brutalité de l’écriture&nbsp;? Incisive et provocatrice, la plume de Littell mêle pornographie sadico-régressive et violence la plus primaire pour faire réagir un lecteur en léthargie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’où des réactions contradictoires&nbsp;: certains ont adoré, d’autres détesté. Ce qui est certain, c’est que personne n’est indifférent, et c’est le but. Quitte à ébranler les consciences. A ce titre, une petite anecdote&nbsp;: ce livre m’est arrivé entre les mains grâce à une de mes étudiantes, qui devait le travailler en cours. Je ne la remercierai jamais assez du reste car ce fut pour moi une révélation, une secousse littéraire d’envergure. Pour elle aussi du reste. Elle me confia qu’elle aurait aimé être avertie de la teneur du livre avant de le commencer. Une sorte d’avertissement/consentement avant de plonger dans l’horreur.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">A lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/ordre-our-eric-vuillard-nazisme-coup-bluff/">L’Ordre du jour – Éric Vuillard&nbsp;: le nazisme sur un coup de bluff</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-zone-interet/">La Zone d’intérêt&nbsp;: «&nbsp;Big Brother chez les nazis&nbsp;»</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/sale-francaise-roman/">Une sale Française : confessions d’une espionne… ou d’une victime ?</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Un bourreau en dentelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est vous dire l’onde de choc que constitue la lecture de ce bouquin. Âmes sensibles, s’abstenir&nbsp;? Ou au contraire faut-il foncer, quitte à ne jamais s’en remettre&nbsp;? C’est peut-être cela, la prise de conscience. Se prendre en pleine tête un peu du traumatisme ressenti par ceux qu’on détruit sciemment et avec un sadisme quasi assumé, banalisé, étatisé. A nous alors de ne plus être ces bienveillantes, Euménides déesses du pardon, qu’on nous demande d’être par souci de bienséance et de tranquillité&nbsp;; il convient surtout d’incarner leur autre visage, celui des Erinyes, furies persécutrices du Mal sous toutes ses formes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La aussi, aussi Littell trace le chemin. Son protagoniste, cynique en diable, ne cesse de ses plaindre de son sort, geignard condensé de vices, insupportable d’impudeur, évoquant cette descente aux enfers comme on le ferait d’un périple touristique, avec en prime une petite musique intérieure révélée par les titres des différentes parties&nbsp;: toccata, allemande, courante, sarabande, menuet en rondeau, air de cour, gigue. Éduqué, diplômé, cultivé, Aue est un bourreau en dentelles. Un psychopathe de salon adoubé par un régime abominable pour accomplir une besogne sordide. Et la question de se poser&nbsp;: combien comme lui, en ce moment même, déchiquètent le monde à belles dents&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Merci à D. grâce à qui j&rsquo;ai découvert cet ouvrage majeur.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>A Real pain : authentique, intense et touchant</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/a-real-pain-authentique-intense-et-touchant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Mar 2025 17:04:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En règle générale, quand on aborde la question de la Shoah, c’est pour en retracer l’atroce déroulement. Ce n’est jamais aisé. Mais il est encore plus complexe d’aborder la question de l’héritage, de la mémoire, de la manière dont elle pèse sur les jeunes générations. Dans A Real pain, Jesse Eisenberg évoque ce sujet glissant [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En règle générale, quand on aborde la question de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shoah">Shoah</a>, c’est pour en retracer l’atroce déroulement. Ce n’est jamais aisé. Mais il est encore plus complexe d’aborder la question de l’héritage, de la mémoire, de la manière dont elle pèse sur les jeunes générations. Dans <em>A Real pain</em>, Jesse Eisenberg évoque ce sujet glissant avec beaucoup de pudeur, de justesse, presque avec poésie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/dLVWFPpupcg?si=NlDNTH4EEPaK29wM" title="A Real Pain - Bande-annonce officielle (VOST) | Searchlight Pictures" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/dLVWFPpupcg?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/dLVWFPpupcg?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue route</h2>



<p class="wp-block-paragraph">David et Benji sont cousins, trentenaires et juifs américains. Désireux de rendre hommage à leur grand-mère tout juste disparue, ils partent en Pologne sur les traces de cette rescapée de l’Holocauste. Grands hôtels, quartiers juifs, camps de concentration… la route sera longue jusqu’à la petite maison natale de cette aïeule respectée et redoutée dont la mort les a profondément touchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car chacun à sa façon a vécu la chose comme un petit séisme. Et l’arrivée en Pologne où la mémoire du génocide alimente un tourisme florissant va précipiter la crise. Une crise salvatrice, une sorte de catharsis où affleurent les contradictions, la douleur réelle et profonde d’être issu de ce cataclysme, d’en porter la trace sans en saisir la véritable portée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le tourment et la paix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">David l’introverti, Benji le dépressif, leurs compagnons de route, leur guide, tous sont en quête du passé pour mieux se comprendre, définir leur trajectoire, se positionner par rapport à l’énorme culpabilité doublée d’incompréhension qui les ronge. Le film est qualifié de comédie dramatique. Il n’a en fait rien de drôle. Il est surtout extrêmement touchant, sincère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La colère face à l’horreur est là, incontournable, logique. Mais cette rage doit-elle nous empêcher de vivre&nbsp;? Le personnage de Benji, incarné par le charismatique et si fragile Kieran Culkin (quelle prestation!) résume ce tourment que la disparition de la grand-mère a intensifié. A l’inverse, le discret et anxieux David (Jesse Eisenberg, exceptionnel) dessine une volonté de pacifier la relation au passé.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/la-duchesse-de-varsovie-transmettre-rassurer-mais-ne-pas-oublier/">La Duchesse de Varsovie&nbsp;: transmettre, rassurer … mais ne pas oublier</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/a-lavant-garde-philippe-gronon-versos/">A l’avant-garde&nbsp;: Philippe Gronon – Versos</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-nein-nein-nein/">Nein, Nein, Nein ! Jerry Stahl entre crise de fou rire et barbarie en gestation</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Une intensité rare</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réalisation d’Eisenberg se distingue par sa simplicité, sa fluidité. Tout est fait pour saisir les réactions des personnages confrontés aux étapes de ce parcours, aux émotions contradictoires mais puissantes qu’elles suscitent. Ce petit groupe va mettre en commun les détresses, les attentes, les frustrations, tentant de donner un peu d’humanité à ce pèlerinage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Véritable fil directeur sonore du film, la musique de Chopin souligne l’émergence de ces impressions contrastées, les différents temps de ce voyage initiatique, les retrouvailles de ces deux cousins qui s’adorent, se complètent, se protègent mutuellement, même si la vie les a éloignés. Eisenberg accouche ainsi d’un film surprenant et décalé, d’une très grande fraîcheur, d’une authenticité, d’une intensité rare.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Grands hôtels parisiens sous l&#8217;Occupation : regards croisés à travers « Le Barman du Ritz » et « Lutetia »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/grands-hotels-parisiens-occupation-romans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:45:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37609</guid>

					<description><![CDATA[<p>Paris, ville lumière tombée dans les ténèbres durant l&#8217;Occupation. Symbole de cette chute dans l&#8217;obscur : le devenir des grands hôtels de la capitale, annexés par les troupes allemandes qui vont en faire leurs QG. Deux romans évoquent ce détournement de grande et tragique ampleur : Le Barman du Ritz de Philippe Collin et Lutetia [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-Lutetia-le-barman-du-ritz.jpg" alt="" class="wp-image-37610" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-Lutetia-le-barman-du-ritz.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-Lutetia-le-barman-du-ritz-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-Lutetia-le-barman-du-ritz-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Paris, ville lumière tombée dans les ténèbres durant l&rsquo;<a href="https://www.theartchemists.com/?s=occupation">Occupation</a>. Symbole de cette chute dans l&rsquo;obscur : le devenir des grands hôtels de la capitale, annexés par les troupes allemandes qui vont en faire leurs QG. Deux romans évoquent ce détournement de grande et tragique ampleur : <em>Le Barman du Ritz</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Collin_(auteur)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Philippe Collin</a> et <em>Lutetia</em> de Pierre Assouline. Deux immersions prenantes au cœur de ces palaces emblématiques, révélant les intrigues, les dilemmes moraux et les destins croisés qui s&rsquo;y sont joués.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Le Barman du Ritz</em> &#8211; Philippe Collin &#8211; 2024</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Haut lieu de l’hôtellerie de luxe, le Ritz est un symbole de la culture parisienne, de son attractivité internationale. Le célèbre Frank Meier y officie, tenant le bar d&rsquo;une main de fer. D&rsquo;origine autrichienne et juive, le barman a acquis sont savoir-faire légendaire aux USA avant de revenir en Europe. Son art du cocktail, il en a fait un livre, on vient de partout pour savourer ses mélanges. Connu des stars, apprécié de tous, il a su cacher sa judéité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;arrivée en masse des pontes de la Wehrmacht change la donne. Piégé derrière son comptoir, Meier va devoir tromper son monde pour demeurer en vie. Naviguant entre mondanités et menaces, le barman du Ritz croise les grandes figures de l&rsquo;époque, depuis Göring jusqu&rsquo;à Laffont en passant par Arletty, Guitry, Blanche Auzello&#8230; Certains collaborent franchement, d&rsquo;autres résistent dans l&rsquo;ombre, tous essayent de survivre comme ils peuvent dans cet enfer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers une reconstitution historique minutieuse, Collin dépeint la biographie romancée d&rsquo;un homme incarnant les contradictions de cette période funeste. Le Ritz, théâtre d&rsquo;un double jeu, devient le miroir d&rsquo;une société en plein effondrement, où tout le monde se méfie de tout le monde, où chaque sourire cache un péril, une trahison en puissance. La barbarie nazie, le caractère impitoyable de la Collaboration, les difficultés du quotidien, le tableau est saisissant de vérité, jusque dans l&rsquo;évocation des peurs incessantes, du traumatisme profond accumulé quatre années durant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Lutetia</em> &#8211; Pierre Assouline &#8211; 2005</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Lutetia</em> évoque quant à lui les coulisses d&rsquo;un palace concurrent, unique grand hôtel de la rive gauche, à travers les yeux d&rsquo;Édouard Kiefer, Alsacien de souche, ancien policier devenu chef de la sécurité. De 1940 à 1945, le Lutetia accueille les services de renseignement de l&rsquo;armée allemande, qui mettent l&rsquo;établissement en coupe réglée. Le lieu du glamour devient celui des secrets, des interrogatoires, des rafles de résistants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Confrontant les années de gloire de l&rsquo;entre-deux guerres et les années sombres de l&rsquo;Occupation, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Assouline" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Assouline</a> par les yeux de son héros, donne à voir une tension constante, la fine frontière séparant survie, collaboration et résistance. La survie au quotidien, la peur au ventre, la colère impuissante, l&rsquo;éventail des émotions ressenties est d&rsquo;une justesse redoutable, pour ne pas dire perfide. Difficile de ne pas s&rsquo;identifier à ceux qui ont vécu cette parenthèse empoisonnée, de ne pas faire écho avec leur détresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Détaillé, sourcé, ce roman passionnant met également en avant la « rédemption » du palace qui, à la Libération, sert de point de triage des rescapés de camps de concentration. Le récit d&rsquo;Assouline prend alors une dimension terrible, chaque page constituant un déchirement, la confrontation avec l&rsquo;horreur, la prise de conscience des atrocités infligées et subies, le traumatisme profondément ancré pour les survivants et ceux qui les recueillent.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-8 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph">À lire également</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-ritz-occupation/">15, place Vendôme – Le Ritz sous l’Occupation : un palace dans la tourmente</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-mode-sous-loccupation/">La mode sous l’Occupation : une approche particulièrement éclairante</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/vie-mondaine-nazisme/">La vie mondaine sous le nazisme : analyse d’une hypocrisie de caste</a></li>
</ul>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Remarquables et saisissantes, ces deux œuvres offrent des perspectives complémentaires sur le rôle des grands hôtels parisiens durant la Seconde Guerre mondiale. Refuges et pièges, le faste y côtoie la trahison et le courage, la grandeur et l&rsquo;atroce. En abordant l&rsquo;histoire de Paris sous l&rsquo;Occupation à travers ce prisme, ces récits particulièrement bien écrits nous tendent deux miroirs privilégiés où se reflètent les pertes de repères, l&rsquo;errance, les drames, les espoirs, les chocs d&rsquo;une époque profondément troublée.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>De « Band of Brothers » à « Masters of the air » : reconstitution fidèle et passation de la mémoire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-band-of-brothers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Aug 2024 15:33:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On se souvient tous du magistral Il faut sauver le soldat Ryan (1998) : en une séquence d&#8217;ouverture sidérante, Spielberg accouche d&#8217;un chef-d&#8217;œuvre de véracité, narrant l&#8217;horreur du débarquement de juin 44 avec une justesse prenante, un sentiment de quête absurde. Un chambardement majeur dans l&#8217;esthétique du film de guerre ! Le succès aidant, une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/08/the-artchemists-band-of-brothers.jpg" alt="" class="wp-image-37255" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/08/the-artchemists-band-of-brothers.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/08/the-artchemists-band-of-brothers-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2013/08/the-artchemists-band-of-brothers-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="MsoNormal wp-block-paragraph">On se souvient tous du magistral <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> (1998) : en une séquence d&rsquo;ouverture sidérante, Spielberg accouche d&rsquo;un chef-d&rsquo;œuvre de véracité, narrant l&rsquo;horreur du débarquement de juin 44 avec une justesse prenante, un sentiment de quête absurde. Un chambardement majeur dans l&rsquo;esthétique du film de guerre ! Le succès aidant, une série, <em>Band of brothers</em>, voit le jour en 2001, suivie d&rsquo;un<em> Band of brothers &#8211; L&rsquo;enfer du pacifique</em> en 2010, puis du récent<em> Masters of the air </em>(2024). Un triptyque incontournable pour une reconstitution fidèle doublée d&rsquo;un travail de passation de la mémoire et d&rsquo;un hommage à ceux qui ont combattu.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/KKRBAFlN5ww?si=ddMRwz1yXPWafKvI" title="Band of Brothers | Trailer | Warner Bros. Entertainment" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/KKRBAFlN5ww?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/KKRBAFlN5ww?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une restitution étonnante de précision</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois séries conçues donc comme les chapitres d&rsquo;un récit palpitant et terrifiant à la fois, relatant des événements historiques majeurs, explorant l&rsquo;état d&rsquo;esprit de ces guerriers inconnus dont l&rsquo;Histoire aurait avalé le nom si Steven Spielberg et Tom Hanks ne s&rsquo;étaient mis en tête d&rsquo;en réveiller le souvenir. </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Pour <em>Band of brothers</em>, on suit le périple de la Easy company, régiment d&rsquo;infanterie parachutée en Normandie avant de rouler sa bosse jusqu&rsquo;en Autriche après un passage particulièrement pénible à Bastogne pendant la bataille des Ardennes et la libération du camp de concentration de Landsberg am Lech.</li>



<li>Avec <em>Band of Brothers – L&rsquo;enfer du Pacifique</em>, on découvre l&rsquo;atrocité des combats opposant le corps des marines des États-Unis et les troupes japonaises ; Guadalcanal, Peleliu, Okinawa, Iwo Jima, les batailles les plus meurtrières sont racontées, cruelles et sans pitié (probablement le plus incoutenable des trois chapitres).</li>



<li>Avec <em>Masters of the air</em>, on aborde la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=seconde+guerre+mondiale">Seconde Guerre mondiale</a> du point de vue de l&rsquo;aviation, en suivant les aventures de la 8th Air Force, entre stratégie de bombardement et équipement précaire, avec en prime un passage par les camps de prisonniers pour les aviateurs abattus en vol et arrêtés sur le sol allemand.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, la matière est dense, la restitution étonnante de précision, inspirée par des ouvrages historiques, les travaux de Stephen Ambrose pour le premier opus, les mémoires d&rsquo;Eugene Sledge ( <em>With the Old Breed At Peleliu And Okinawa</em> ) et Robert Leckie (<em>Helmet for my pillow</em>) pour le second, <em>Master of the Air: America&rsquo;s Bomber Boys Who Fought the Air War Against Nazi Germany</em> de Donald L. Miller pour le troisième.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/Q1fXW-dU1Cc?si=nbrCr27AHaAumxZn" title="The Pacific | Trailer | Warner Bros. Entertainment" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Q1fXW-dU1Cc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Q1fXW-dU1Cc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Expérience de mort</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept est le même, particulièrement efficace : suivre quelques personnages emblématiques propulsés dans un véritable enfer de violence et de mort où très vite, ils vont comprendre la différence entre les grands principes qui les ont poussés à s’engager et la mise en pratique sur le terrain, mise en pratique féroce, sanglante et mortelle, où il convient de survivre avant tout. Europe ou Pacifique, sur terre ou dans les airs, la brutalité des affrontements prend à la gorge, à chaque plan d&rsquo;une rigueur documentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Histoire racontée dans les livres est une chose, la réalité vécue dans les tripes et la boue fut autre, bien sûr. C&rsquo;est aussi l&rsquo;objectif de ces miniséries que de fouiller les dessous de cette expérience de la mort : mort vécue, subie, infligée par des soldats souvent très jeunes et qui ressortirent de cet épisode marqués à jamais. Ainsi les trois volets priment par le caractère humain de leur propos. Ce sont des individus que nous suivons dans les bocages normands, sous les palmiers ou au-dessus des nuées, pas des anonymes, mais des êtres avec des familles, des sentiments.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/2RWohylGm3c?si=Yk4oRtHRd3L3-yG3" title="Masters of the Air — Official Teaser | Apple TV" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/2RWohylGm3c?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/2RWohylGm3c?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une fraternité immuable</h2>



<p class="MsoNormal wp-block-paragraph">Les voir se transformer en tueurs a quelque chose d&rsquo;effrayant. De profondément dérangeant aussi. Car initialement, ce sont des mômes, des gens comme vous et moi. Les voir se métamorphoser en bêtes de combat a de quoi secouer les méninges et susciter les questions : et nous, qu&rsquo;aurions-nous fait dans pareille situation ? Aurions-nous eu les tripes et les épaules pour assumer ? La problématique est d&rsquo;autant plus actuelle que ces vétérans ont aujourd&rsquo;hui pour la plupart disparu. La mémoire s&rsquo;efface tandis que l&rsquo;âge les emporte. Demeure le souvenir ténu d&rsquo;une fraternité immuable, résumée par l&rsquo;expression « band of brothers » tirée d&rsquo;<em>Henry V</em> de Shakespeare.  </p>



<p class="MsoNormal wp-block-paragraph"> Ce souvenir est incarné par une kyrielle d&rsquo;acteurs touchants dont certains feront ensuite un chemin notable : Damian Lewis, David Schwimmer, Tom Hardy, Michael Fassbender, Rami Malek, Brendan Fletcher, James Badge Dale, Barry Keoghan, Austin Butler, Callum Robilliard Turner, Anthony Boyle et j&rsquo;en passe, la saga a servi de berceau à un nombre non négligeable de jeunes talents tout en accueillant des valeurs sûres dans un esprit choral digne des grands films comme <em>Un pont trop loin</em> ou <em>La grande évasion</em>. Il fallait au moins cela pour restituer les émotions ressenties par ces héros si humbles à qui l&rsquo;on doit tant. </p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Nein, Nein, Nein ! Jerry Stahl entre crise de fou rire et barbarie en gestation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-nein-nein-nein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 17:43:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36946</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a des gens qui soignent leur dépression en allant chez le psy. Jerry Stahl, lui, choisit d&#8217;aller retrouver un peu de sens à son existence au fin fond de la Pologne, en visitant les camps de concentration. Ce périple, il nous le raconte en 352 pages d&#8217;une prose à la fois hilarante et [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="410" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/The-artchemists-Nein-Nein-Nein.jpg" alt="" class="wp-image-36947" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/The-artchemists-Nein-Nein-Nein.jpg 410w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/The-artchemists-Nein-Nein-Nein-197x288.jpg 197w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/02/The-artchemists-Nein-Nein-Nein-338x494.jpg 338w" sizes="(max-width: 410px) 100vw, 410px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph">Il y a des gens qui soignent leur dépression en allant chez le psy. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jerry_Stahl" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jerry Stahl</a>, lui, choisit d&rsquo;aller retrouver un peu de sens à son existence au fin fond de la Pologne, en visitant les camps de concentration. Ce périple, il nous le raconte en 352 pages d&rsquo;une prose à la fois hilarante et désespérée, avec à la clé une réflexion poignante sur le devenir d&rsquo;une humanité infoutue de se souvenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Grand écart culturel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce qui ressort de cette odyssée évoquée avec l&rsquo;énergie d&rsquo;un gars qui se noie dans un océan d&rsquo;absurdités. Parti sur un coup de tête pour renouer avec ses racines, Stahl, ancien toxico revenu de tout y compris de la came et de plusieurs divorces, se retrouve à parcourir l&rsquo;Europe au sein d&rsquo;un groupe de touristes dont chaque membre incarne à sa manière la société de surconsommation dans laquelle nous nous vautrons, d&rsquo;où le sous-titre « la dépression, les tourments de l&rsquo;âme et la Shoah en autocar ». Humour gras, plaisanteries douteuses, Stahl va effectivement devoir improviser pour tenir le choc psychiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas évident quand, armé d&rsquo;une valise connectée qui le fait tourner dingo, il pénètre dans des camps de concentration transformés en parcs d&rsquo;attraction pour visiteurs plus empressés de multiplier les selfies que de se recueillir et de prendre la mesure de l&rsquo;horreur. Un véritable grand écart culturel où le négationnisme s&rsquo;invite volontiers. Au milieu du self service d&rsquo;Auschwitz, jadis salle où étaient tondus et tatoués les déportés qui avaient survécu à la sélection, Stahl contemple ses compagnons de villégiature s&#8217;empiffrer de pizzas. Et dans sa petite tête d&rsquo;anxieux chronique, la question fuse : « <em>pourquoi les gens ne vomissent-ils pas tous sur leurs godasses, par principe</em> ? »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hitler en embuscade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Observateur, cynique, il se réfugie dans l&rsquo;humour comme d&rsquo;autres se gavent de tranquillisants. Ce qui nous vaut quelques crises de rire mémorables dont augurent des titres de chapitre particulièrement bien troussés comme « Gueuleton post traumatique » ou « La seringue de Staline, les juifs porte-bonheur et le cow-boy de Varsovie ». Impossible du reste pour le lecteur d&rsquo;imaginer d&rsquo;où vient le titre du livre lui-même (non, non, il ne s&rsquo;agit pas des éructations d&rsquo;un Hitler hystérique ameutant une horde de teutons nazifiés, loin s&rsquo;en faut). Pourtant, Hitler n&rsquo;est pas loin dans ces pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&#8217;embusque derrière chaque lâcheté, chaque oubli, chaque concession faite au règne du fric et de la facilité, ce confort moderne des réseaux sociaux, d&rsquo;internet, de l&rsquo;hyperconnexion qui nous appauvrit intellectuellement, nous amène à pratiquer le culte des loisirs les plus abêtissants quand il faudrait se souvenir encore et toujours, de l&rsquo;innommable, de l&rsquo;intolérable. Comme le rappelle Stahl entre deux rigolades crispées, « <em>à Buchenwald où nous nous rendons en ce moment même, le nombre de signalements d&rsquo;incidents à caractère antisémite a doublé depuis 2015</em>« .</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tourisme morbide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui devait être une source de recueillement, une sorte de réconciliation avec le passé, la mémoire des disparus tourne au constat amer d&rsquo;une mémoire qui se délite dans les affres d&rsquo;un tourisme morbide perçu comme l&rsquo;impasse d&rsquo;un capitalisme devenu fou à force de tout commercialiser, même l&rsquo;atroce. Le discours d&rsquo;un auteur aigri, d&rsquo;un vieux punk sans horizon ? Quand Stahl écrit ces lignes, Trump est au pouvoir, entraînant les USA dans une spirale de bêtise, de racisme et de violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette perspective donne aux remarques de l&rsquo;auteur une saveur beaucoup plus désagréable parce que lucide. Oui, cela pourrait recommencer&#8230; parce qu&rsquo;au finish, qui a envie de se souvenir d&rsquo;un indicible que même les victimes survivantes n&rsquo;ont pu formuler tant c&rsquo;était abject ? Stahl en partageant ses ressentis donne à voir un grand vide, une béance dans laquelle tous les spectres de la barbarie se glissent immanquablement. Cela fait rire et peur.</p>


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			</item>
		<item>
		<title>La Zone d’intérêt : « Big Brother chez les nazis »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-zone-interet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 16:42:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36944</guid>

					<description><![CDATA[<p>«&#160;Big Brother chez les nazis&#160;»&#160;: c’était l’effet voulu par Jonathan Glazer lorsqu’il s’attaque à l’adaptation cinématographique du roman La zone d’intérêt (The Zone of interest) de l’auteur britannique Martin Amis. Un projet de longue haleine qui a demandé un très gros travail de reconstitution pour nous permettre de plonger dans le quotidien du commandant SS [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Big Brother chez les nazis&nbsp;»&nbsp;: c’était l’effet voulu par Jonathan Glazer lorsqu’il s’attaque à l’adaptation cinématographique du roman <em>La zone d’intérêt</em> (<em>The Zone of interest</em>) de l’auteur britannique Martin Amis. Un projet de longue haleine qui a demandé un très gros travail de reconstitution pour nous permettre de plonger dans le quotidien du commandant SS Rudolph Höss et de sa famille à l’ombre des murailles d’Auschwitz.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/m6cz6xTgkIY?si=oXP7HvoGJQnk_6nI" title="LA ZONE D&amp;apos;INTÉRÊT - Bande-annonce officielle" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/m6cz6xTgkIY?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/m6cz6xTgkIY?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le son de l&rsquo;horreur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du camp de concentration, nous ne verrons jamais l’intérieur. Le réalisateur préfère aborder la réalité de la Shoah de manière détournée, en évoquant le pourtour d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=auschwitz">Auschwitz</a>, la spacieuse villa des Höss, le jardin, la piscine, la campagne, la rivière, la forêt, ces paysages qui composent la zone d’intérêt, terme désignant pour les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazi">nazis</a> les 40 km² cernant les différentes structures de cet univers d’extermination au quotidien. Une extermination dont on devine le déroulement par petites touches, les barbelés, les toits des bâtiments, les soldats, la fumée d’une locomotive, le rougeoiement aveuglant des cheminées des fours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a le bruit, constant, lancinant&nbsp;: le fracas éloigné de machines dont on ne sait trop à quoi elles servent, un tumulte perpétuel entrecoupé d’ordres hurlés, de cris d’effroi et de douleur, d’aboiement de chiens, de claquements de fouet, de coups de feu. On se demande d’ailleurs comment les habitants de cette zone d’intérêt peuvent tenir dans ce vacarme persistant, qui vrille les tympans, le cerveau. C’est par le son surtout que l’horreur s’invite dans ce petit paradis pour parvenus, la preuve d’une réussite sociale fièrement affichée par le couple Höss qui savoure ainsi les fruits du travail de Monsieur tandis que Madame s’occupe de faire des enfants, les élever en bons nazis, soigner son intérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Derrière la banalité, des failles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La famille parfaite selon les codes hitlériens, qui pas un instant ne remet en question son mode de vie, ses valeurs. La réalité sordide et atroce de ce qui se passe derrière les murailles et les barbelés est pourtant connue&nbsp;: on y fait référence dans les conversations, le «&nbsp;Canada&nbsp;», la sélection, la rentabilisation des incinérations, la vente aux enchères des biens juifs, l&rsquo;utilisation des prisonniers dans les usines attenantes&nbsp;; on en profite au quotidien, quand par exemple Hedwig reçoit un somptueux manteau de fourrure dérobé à une déportée. Parfois, une mise à mort est clairement énoncée, un prisonnier qu’on noie pour une pomme volée, une domestique qu&rsquo;on menace de tuer. Il faut éviter les cendres déversées dans les rivières attenantes quand on va s&rsquo;y baigner. Mais dans l&rsquo;ensemble, tout est lisse, sans aspérité, comme dans un film de vacances aux accents bucoliques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous savent, tous acceptent, c’est pour eux tout à fait normal, une banalité. Pour ne pas dire un dû. Mais cela n&rsquo;occupe pas le centre de l&rsquo;attention. Les seules préoccupations du moment : conserver ce confort à l&rsquo;heure où Höss, dont l&rsquo;efficacité est appréciée de ses chefs, est bombardé inspecteur général de tous les camps de concentration. Sa femme devrait le suivre ; elle s&rsquo;y refuse, avec une certaine froideur, révélant une faille dans ce couple soi-disant modèle. Des failles, il y en a d&rsquo;autres, le bébé qui pleure sans fin, les enfants qui ne dorment pas, la nurse qui boit la nuit, le prisonnier qui répand de la chaux sur les plantes, la mère d&rsquo;Hedwig qui déguerpit sans rien dire après avoir vu la cheminée des fours brûler dans les ténèbres…</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mort est mon métier</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rudolph qui profite d&rsquo;une prostituée dans son bureau avant d&rsquo;aller se désinfecter le sexe dans une pièce reculée de la maison, qui en pleine soirée mondaine se prend à imaginer combien il faudrait de gaz pour exterminer tous les invités&#8230; <em>La mort est mon métier</em> : Robert Merle dans son roman évoquait le travail d&rsquo;exterminateur de ce personnage falot et sans stature. À raison et on saisit la putrescence à l’œuvre dans toutes ces psychés, scrutée, dévoilée par des caméras de surveillance qui traquent leurs moindres faits et gestes. Un choix voulu par le réalisateur pour accentuer l&rsquo;effet Big Brother sans tomber dans une esthétisation coupable. De fait, il n&rsquo;y a rien de beau dans cette réussite, bien au contraire. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sandra_H%C3%BCller" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sandra Hüller</a> (<em><a href="https://www.theartchemists.com/film-sibyl/">Sibyl</a></em>, <em>Anatomie d&rsquo;une chute</em>, <em>Sissi et moi</em>&#8230;) et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Friedel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Christian Friedel</a> (aperçu entre autres dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=babylon+berlin">Babylon Berlin</a></em>) incarnent ce couple maléfique qui s&rsquo;ignore jusque dans leur intimité malsaine, avec une justesse particulièrement dérangeante, égaux dans l&rsquo;amour qu&rsquo;ils semblent se porter comme dans l&rsquo;atrocité de ce qu&rsquo;ils accomplissent pour construire leur vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La banalité du mal : le film de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Glazer" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jonathan Glazer</a> explore le concept d&rsquo;Hannah Arendt, s&rsquo;appuyant par ailleurs sur un travail de reconstitution d&rsquo;une minutie naturaliste, en témoigne le défi relevé avec brio par le chef décorateur Chriss Oddy. À la source, un très gros travail de documentation, la vie des Höss passée au crible, une recherche fouillée d’archives et de témoignages au cœur du Mémorial et Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau. Ses couloirs sont d&rsquo;ailleurs évoqués durant plusieurs séquences, accentuant le malaise du spectateur qui passe des fastes de la vie des SS au souvenir de leurs exactions, milliers de valises et de chaussures entassées derrière des vitrines qu&rsquo;on nettoie avec soin. Une manière d&rsquo;interroger la problématique du souvenir et de sa transmission à l&rsquo;heure où les derniers déportés encore en vie disparaissent, laissant les mémoires à la merci des révisionnistes en embuscade ?</p>



<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également</strong></p>



<ul style="font-style:normal;font-weight:600" class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/memorial-shoah/">Mémorial de la Shoah&nbsp;: le miroir d’une humanité faite de victimes et de bourreaux</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/auschwitz-massacre-manufacture/">Auschwitz&nbsp;: le massacre manufacturé</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-nuremberg-nuremberg/">De Nuremberg à Nuremberg&nbsp;: «&nbsp;A Chacun ce qu’il mérite&nbsp;»</a></li>
</ul>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Récompensé par le Grand Prix du Festival de Cannes 2023, <em>La zone d&rsquo;intérêt </em>n&rsquo;est pas un ovni cinématographique par hasard. Le film pose clairement la question de la préservation et de la transmission de la réalité atroce et sordide qu&rsquo;est la Shoah. En un temps où le fascisme remonte à la surface, séduisant de nouveaux adeptes, il se trouve de plus en plus de gens qui, comme les Höss, y trouvent leur compte, prêts à s&rsquo;adonner à l’innommable pour satisfaire leurs appétits de luxe, leur avidité de réussite sociale. Tous, nous pourrions nous retrouver à cette place finalement bien peu enviable : Höss finira pendu au sein du camp d&rsquo;Auschwitz, après avoir été trahi par sa propre épouse.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Anne Frank : deux livres pour comprendre et ne jamais oublier</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/anne-frank-livres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Feb 2024 16:38:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’histoire d’une petite fille par temps de guerre. Obligée de se cacher avec les siens, elle trompe la solitude et la peur en se confiant à son journal intime, jusqu’à ce qu’elle et les siens soient arrêtés, début août 1944. La petite fille s’appelle Anne Frank, et son journal va devenir l’un des livres [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’histoire d’une petite fille par temps de guerre. Obligée de se cacher avec les siens, elle trompe la solitude et la peur en se confiant à son journal intime, jusqu’à ce qu’elle et les siens soient arrêtés, début août 1944. La petite fille s’appelle Anne Frank, et son journal va devenir l’un des livres les plus lus au monde. Mais ça, la petite fille ne le saura jamais, happée, détruite qu’elle sera dans les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=camps+de+concentration">camps de concentration</a> du régime nazi. Si nous avons pratiquement tous parcouru ses confidences, que savons-nous exactement de son entrée en clandestinité, de sa vie de recluse, de la réalité de son arrestation, de son parcours après avoir été raflée ? Bien peu de choses au final. Deux ouvrages tentent pourtant d’éclairer ces mystères :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Qui a trahi Anne Frank&nbsp;?</em> de Rosemary Sullivan</li>



<li><em>Là où s’arrête le journal d’Anne Frank – Le destin des occupants de l’Annexe après leur arrestation </em>de Bas von Benda-Beckmann.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux enquêtes se complètent parfaitement&nbsp;d’un point de vue chronologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Qui a trahi Anne Frank&nbsp;?</em> de Rosemary Sullivan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce livre rapporte avec précision et émotion les investigations menées par un groupe de chercheurs pour tenter de découvrir comment et pourquoi a eu lieu l’arrestation d’Anne et de sa famille. Au cœur de leurs démarches, l’énigme suivante : Anne ainsi que ses proches ont-ils été dénoncés et si oui par qui ? La question semble presque accessoire. Pourtant, elle rouvre des plaies à peine cicatrisées. En Hollande, la période de l’Occupation allemande demeure tabou pour beaucoup, et si Anne Frank est devenue de fait une héroïne nationale, on hésite cependant à creuser sur les circonstances de sa capture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En abordant cette quête historique comme le ferait une équipe du FBI lancée aux trousses d’un tueur, un collectif de scientifiques et d’historiens entreprend de passer au crible les différentes hypothèses posées au fil des années. C’est l’occasion pour eux de revenir sur les différentes étapes de l’arrestation, la manière dont le clan Frank et leurs compagnons entrèrent en clandestinité, les modalités de l’arrestation, le devenir du journal, le travail acharné de Mr Frank, seul rescapé des camps pour faire publier les écrits de sa fille défunte, la contestation constante de la véracité du récit… De page en page, on découvre avec effarement les clivages, les confrontations, les querelles idéologiques autour de ce journal intime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a les éventuels délateurs. En remontant leur trace, les enquêteurs mettent en évidence le système de dénonciation mis en place par les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazi">nazis</a> avec l’aide des sympathisants néerlandais. Réseau de mouchards rémunérés, organisation des services policiers expert dans la traque des personnes entrées en clandestinité, Juifs, résistants, opposants : avec bien des difficultés, l’équipe d’investigation va retrouver témoins et documents, dressant ainsi une cartographie effrayante d’une mécanique de destruction parfaitement huilée. Le résultat de leurs explorations, tout à fait plausible, laisse sans voix ; ces conclusions sont d’autant plus pénibles à envisager qu’à un petit mois près, Anne et les siens auraient pu échapper aux camps et à l’extermination.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Là où s’arrête le journal d’Anne Frank – Le destin des occupants de l’Annexe après leur arrestation </em>de Bas von Benda-Beckmann.</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme son titre l’indique, cet ouvrage extrêmement complet traite du devenir d’Anne Frank et de ses compagnons d’infortune après leur arrestation. Ils sont huit&nbsp;: Anne, sa sœur, Margot, leurs parents Edith et Otto&nbsp;; il y a aussi Hermann et Auguste van Peels ainsi que leur fils Peter, également le dentiste Fritz Pfeffer. Tous sont raflés en même temps, emmenés, interrogés, placés en maison d’arrêt avant de partir dans un premier camp de transit, Westerborck. C’est le début de l’horreur… et du mystère. Car les éléments manquent en nombre pour reconstituer le martyre d’Anne et de ses proches. Recoupant les informations, les témoignages, s’appuyant par ailleurs sur les recherches d’historiens spécialisés, les archives récupérées dans les camps, Bas von Benda-Beckmann recompose le cheminement de chacun vers un destin ô combien funeste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne n’en réchappera, excepté le père d’Anne, Otto. L’auteur suit pas à pas l’arrivée du groupe à Auschwitz, les séparations opérées, le quotidien atroce à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Auschwitz">Auschwitz</a>-Birkenau, les transferts à Bergen-Belsen, à Raguhn, à Mathausen, Melk ou Neuengamme. Tandis que le groupe se dissout au fil des départs et des décès, on découvre l’atroce logique de l’univers concentrationnaire nazi qu’Anne va vivre dans sa chair jusqu’à en mourir, quelques jours après sa sœur. Gazage, typhus, malnutrition, épuisement au cours des marches de la mort… chacun des membres de l’Annexe subit de plein fouet la barbarie fasciste. Et nous, lecteurs, de la ressentir à chaque station de ce long calvaire subi par une petite fille dont nous connaissons les paroles, les rêves, les peurs par le biais d’un journal intime, mais dont nous ignorions pour beaucoup la fin épouvantable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’effet n’en est que plus dévastateur. De page en page, nous mesurons le traumatisme profond vécu par cette enfant et son entourage, la lente descente aux enfers, la longue agonie tandis que l’espoir s’évanouit, que la force de survivre s’éteint. Bas von Benda-Beckmann est d’une précision chirurgicale, ne nous épargnant aucun détail d’un quotidien absurde de violence et de cruauté. Les livres sur les camps de concentration ne manquent pas, les témoignages également. Mais ce cas-ci est particulier : tout le monde connaît Anne Frank, ce petit visage souriant, la chevelure noire sagement peignée, le col en dentelle et toutes les espérances du monde dans ces yeux pétillants. La contempler au seuil de la mort, seulement vêtue d’une couverture miteuse, tondue, sale, rongée de poux, souillée par le typhus qui la détruit irrémédiablement, est insoutenable. Mais nécessaire. Pour ne jamais oublier.</p>


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		<title>La Collaboration (1940 – 1945)  : Les Archives Nationales documentent les rouages de l&#8217;Occupation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/exposition-collaboration-1940-1945-archives-nationales/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jul 2022 07:51:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=21973</guid>

					<description><![CDATA[<p>1945 : l&#8217;Europe triomphe du cauchemar nazi. Depuis, publications, documentaires et événements rappellent l&#8217;horreur des camps de concentration, les étapes de la Libération, le rôle de la Résistance. L&#8217;exposition La Collaboration 1940-1945 proposée par les Archives Nationales se concentre quant à elle sur la manière dont le pouvoir français a épaulé les occupants et leur [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000;" href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/affiche-collaboration1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21985 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/affiche-collaboration1-329x494.jpg" alt="affiche collaboration" width="329" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/affiche-collaboration1-329x494.jpg 329w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/affiche-collaboration1-192x288.jpg 192w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/affiche-collaboration1.jpg 500w" sizes="(max-width: 329px) 100vw, 329px" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">1945 : l&rsquo;Europe triomphe du cauchemar nazi. Depuis, publications, documentaires et événements rappellent l&rsquo;horreur des camps de concentration, les étapes de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=lib%C3%A9ration" target="_blank" rel="noopener">Libération</a>, le rôle de la Résistance. L&rsquo;exposition <em>La Collaboration 1940-1945 proposée</em> par les Archives Nationales se concentre quant à elle sur la manière dont le pouvoir français a épaulé les occupants et leur a permis d&rsquo;œuvrer pour mettre notre pays en coupe réglée.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>Quatre « années noires »</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Ce sont les quatre « années noires » de la Collaboration qui sont ainsi disséquées avec au centre de cette démarche trois acteurs ainsi présentés :</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;">les autorités allemandes, qui réglementent la vie des Français tout en orientant la politique de l&rsquo;État;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">le gouvernement de Vichy qui choisit la collaboration pour actionner une Révolution nationale réactionnaire ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">les partis collaborationnistes très proches des nazis dont ils partagent les idées.</span></li>
</ul>
<p>
<a href='https://www.theartchemists.com/exposition-collaboration-1940-1945-archives-nationales/1517826_855909841139042_7009147407512596571_n/'><img loading="lazy" decoding="async" width="188" height="188" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/1517826_855909841139042_7009147407512596571_n-188x188.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" /></a>
<a href='https://www.theartchemists.com/10801647_855909761139050_7070577050569045906_n/'><img loading="lazy" decoding="async" width="188" height="188" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10801647_855909761139050_7070577050569045906_n-188x188.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" /></a>
</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Politique, administrative, économique, militaire, idéologique, culturelle, la Collaboration prit de multiples visages ; aborder son fonctionnement met en question le positionnement des Français, acceptation passive pour la plupart, soutien actif pour certains. Sujet délicat et complexe car chargé d&rsquo;une mémoire sombre et peu glorieuse que le mythe de la Résistance n&rsquo;a pu effacer et qu&rsquo;il convient désormais d&rsquo;aborder objectivement pour en percevoir la logique.</span></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>Un dédale sombre</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Cette mémoire ressort du parcours adopté, concentré sur les point suivants :</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000;">Acteurs et objectifs de la Collaboration  : qui fait quoi ? Qui dirige quoi ?</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Définition des ennemis à abattre : anticommunisme, antisémitisme, chasse aux francs-maçons</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Le rôle de la police dans la traque aux Juifs et aux résistants</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Le contrôle de la culture et des médias</span></li>
<li><span style="color: #000000;">La gestion des exigences du Reich</span></li>
<li><span style="color: #000000;">La collaboration militaire : Légion étrangère, Milice et Gestapo française</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Le démantèlement de la Collaboration et son procès.</span></li>
</ul>
<p>
<a href='https://www.theartchemists.com/10931246_855909997805693_4467964453091197069_n/'><img loading="lazy" decoding="async" width="188" height="188" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10931246_855909997805693_4467964453091197069_n-188x188.jpg" class="attachment-thumbnail size-thumbnail" alt="" /></a>
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</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Superposant approche thématique et vision chronologique, l&rsquo;exposition se présente comme un dédale sombre et oppressant qui traduit bien la menace latente, la peur, l&rsquo;anxiété vécues pendant quatre ans par une population soumise à pareil régime. Délations constantes, surveillance continue, mise en place des rafles, manipulation des foules, les documents orchestrant l&rsquo;administration de ce système odieux s&rsquo;accumulent au fil des vitrines, preuves irréfutables de la responsabilité des institutions et du gouvernement en place.</span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10896917_855909524472407_4409645859047286665_n1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21982 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10896917_855909524472407_4409645859047286665_n1-494x272.jpg" alt="10896917_855909524472407_4409645859047286665_n" width="494" height="272" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10896917_855909524472407_4409645859047286665_n1-494x272.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10896917_855909524472407_4409645859047286665_n1-288x158.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10896917_855909524472407_4409645859047286665_n1.jpg 600w" sizes="(max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>L&rsquo;heure des comptes</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Fallait-il résister ? Comment ? Avec quels risques pour la population ? Ces questions, les collaborateurs les posèrent comme défense, pour se disculper au terme de ce cauchemar et quand l&rsquo;heure des comptes fut venue. L&rsquo;exposition des Archives Nationales les évacue définitivement, en démontrant la condescendance, le soutien évident, l&rsquo;adhésion convaincue des dirigeants d&rsquo;alors. Les émotions sont multiples, la honte, la colère, le mépris, … très vite les doutes s&rsquo;accumulent : « Et nous, qu&rsquo;aurions-nous fait ?  » « Comment des gens ont-ils pu participer à cela ? L&rsquo;autoriser ? L&rsquo;aider ?  Volontairement ? Par conviction et non par peur ou désir de survie ? » « Et si les alliés avaient raté leur coup, que se serait-il passé ?» … <b>« Et si cela recommençait ? »</b></span></p>
<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10246624_855908111139215_5649861823595527437_n.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-21987 size-large" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10246624_855908111139215_5649861823595527437_n-494x352.jpg" alt="10246624_855908111139215_5649861823595527437_n" width="494" height="352" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10246624_855908111139215_5649861823595527437_n-494x352.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10246624_855908111139215_5649861823595527437_n-288x205.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/03/10246624_855908111139215_5649861823595527437_n.jpg 600w" sizes="(max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&rsquo;exposition des Archives Nationales devient prise de conscience, mise en doute, réflexion… et vigilance absolue. On y comprend le caractère impératif de la conservation des documents officiels comme traces de décisions politiques, l&rsquo;obligation de préserver le passé pour protéger l&rsquo;avenir, de transmettre et d&rsquo;enseigner pour œuvrer à la responsabilisation des populations qui, hier comme demain, peuvent en quelques mois se retrouver otages impuissantes et soumises de pareilles dérives.</span></p>
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<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>
<p>Pour apprécier la visite virtuelle de l&rsquo;exposition <span style="color: #000000;"><em>La Collaboration 1940-1945 </em></span>:</p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://dai.ly/x2b1q7v" title="Visite virtuelle : La collaboration 1940-1945 aux Archives Nationales à Paris" frameborder="0" width="1080" height="611" src="https://geo.dailymotion.com/player.html?video=x2b1q7v&#038;" allowfullscreen allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share"></iframe></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour visiter les coulisses de l&rsquo;exposition :</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://dai.ly/x2ahsqf" title="Dans les coulisses de l&#039;exposition &quot;La Collaboration (1940-1945)&quot; : le montage et la préparation des documents par l&#039;atelier du musée des Archives nationales" frameborder="0" width="1080" height="607" src="https://geo.dailymotion.com/player.html?video=x2ahsqf&#038;" allowfullscreen allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share"></iframe></p>
<p>Photographie : Archives nationales, pôle images © Archives nationales, Pôle images</p>
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<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-collaboration-1940-1945-archives-nationales/">La Collaboration (1940 – 1945)  : Les Archives Nationales documentent les rouages de l&rsquo;Occupation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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