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	<title>visconti</title>
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		<title>Jane Austen a gâché ma vie : « passer consciencieusement à côté de son existence »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/jane-austen-a-gache-ma-vie-chronique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 11:33:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Attention titre trompeur : Jane Austen a gâché ma vie peut sembler un pamphlet grinçant et amer contre l’idéal romantique. Il n’en est rien. Au contraire, ce premier long-métrage signé Laura Piani est une comédie romantique, aussi délicate et intelligente que drôle, jouant habilement avec l’héritage austenien tout en racontant une quête personnelle plus universelle. Un voyage intérieur aussi farfelu que poétique Agathe (Camille Rutherford), trentenaire maladroite, passionnée de Jane Austen,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-jane-Austen-a-gache-ma-vie.jpg" alt="" class="wp-image-38178" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-jane-Austen-a-gache-ma-vie.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-jane-Austen-a-gache-ma-vie-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-jane-Austen-a-gache-ma-vie-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Attention titre trompeur : <em>Jane Austen a gâché ma vie</em> peut sembler un pamphlet grinçant et amer contre l’idéal romantique. Il n’en est rien. Au contraire, ce premier long-métrage signé <a href="https://www.imdb.com/fr/name/nm8279997/">Laura Piani</a> est une comédie romantique, aussi délicate et intelligente que drôle, jouant habilement avec l’héritage austenien tout en racontant une quête personnelle plus universelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="JANE AUSTEN A GÂCHÉ MA VIE - bande-annonce officielle" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/uoiW2NggkCw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un voyage intérieur aussi farfelu que poétique</h2>



<p>Agathe (Camille Rutherford), trentenaire maladroite, passionnée de Jane Austen, est libraire chez Shakespeare &amp; Co. à Paris. Comme les héroïnes austeniennes qu’elle adore, elle s’embourbe dans une routine sans surprise — professionnelle, personnelle, affective, convaincue qu’elle est que la vie réelle ne peut être aussi riche que les récits de ses romans préférés. Elle s’essaye à l’écriture. Mais cela l’angoisse plus que cela ne l’inspire : aucun mot, ni amour, ne s’anime sous sa plume.</p>



<p>Blocage dans le sillage d’un deuil douloureux dont elle ne s’est jamais remise, Agathe, comme elle l’explique elle-même « passe consciencieusement à côté de son existence ». Jusqu’au jour où son mailleur ami, Félix (<a href="https://www.instagram.com/pablopauly/?hl=fr">Pablo Pauly</a>) envoie en secret son manuscrit à la Jane Austen Writers Residency en Angleterre. Contre toute attente, Agathe est acceptée. Ce départ marque le début d’un voyage intérieur aussi farfelu que poétique.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6a4ea2fbf6d614370079d1bbe4d7f2f2" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Entre quiproquos et rapprochements</h2>



<p>L’arrivée dans cette demeure austère perdue au milieu de la campagne britannique, ne s’opère pas dans le calme. Remarques malhabiles, panne de voiture, l’ambiance se fait vitre romantique avec un grand R. Accueillie par Oliver (<a href="https://www.instagram.com/mrcharlieanson/?hl=fr">Charlie Anson</a>), petit neveu de la célèbre romancière et lui-même en crise existentielle, Agathe se perd dans ce manoir aux salons feutrés, entre discussions avec d’autres auteurs et bal costumé.</p>



<p>Le décor, l’atmosphère, tout est rassemblé pour qu’une idylle se tisse, quand surgit le meilleur ami, transi lui-aussi d’amour pour la maladroite mais si attachante Agathe. Il va falloir choisir entre ces deux figures masculines, dans une tension romantique qui rappelle les meilleurs passages d’Austen, entre quiproquos et doux rapprochements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Blocage créatif</h2>



<p>Ce qui distingue <em>Jane Austen a gâché ma vie</em>, c’est la véritable importance accordée au blocage créatif de l’héroïne. Le film donne à voir le courage de celle qui doit se battre contre elle-même avant de trouver les mots, surtout de les dire aux autres. Ne plus se cacher, ne plus se détester&nbsp;: le dilemme est là.</p>



<p>Le récit fait rimer la question de l’amour avec celle de la création : pour s’aimer et aimer, Agathe doit s’écrire. Comme Emma Woodhouse ou Elizabeth Bennet avant elle, elle découvre que le roman de sa vie peut exister, à condition de se départir des injonctions extérieures&nbsp;: Oliver ne lui suggère-t-il pas de « retourner à ses ruines » pour se reconstruire et enfin écrire&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une belle histoire simple</h2>



<p>Camaraderie littéraire d’une résidence d’artistes en pleine créativité, douce folie d’un papa à la dérive mentale, intensité des regards, du « langage des yeux » comme dirait <a href="https://www.theartchemists.com/?s=%C3%A9tienne+daho">Étienne Daho</a> : le film de Laura Piani nous rappelle que le cinéma peut aussi raconter des belles histoires simples mais profondément émouvantes. Car quelque part, nous sommes toutes et tous un peu Agathe, un peu Oliver, un peu Félix.</p>



<p>Camille Rutherford est unanimement saluée pour sa prestation, et c’est mérité tant cette grande jeune femme au charme subtil touche par sa solitude, ses angoisses, Charlie Anson a cette retenue toute britannique à la Hugh Grant, une pointe d’humour parfois acerbe, une franchise désarmante, un regard éclatant qui dit tout. Pablo Pauly incarne un Félix protecteur et débonnaire.</p>



<p>Passant du français à l’anglais, les répliques font mouche, l’écriture des dialogues est d’une grande finesse, l’humour subtil. La musique composée par <a href="https://www.instagram.com/petervonpoehl/?hl=fr">Peter von Poehl</a> accompagne cette fable amoureuse par sa tendresse. Bref, <em>Jane Austen a gâché ma vie </em>n’a rien d’un raté, bien au contraire.</p>



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		<title>Les Bienveillantes : « Vis ma vie de SS »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bienveillantes-roman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 10:27:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : Les Bienveillantes font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index. Un enfer à plusieurs visages Tout...</p>
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<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : <em>Les Bienveillantes</em> font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer à plusieurs visages</h2>



<p>Tout dans le roman fleuve de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Littell">Jonathan Littell</a> respire la désintégration mentale, la transgression des tabous, le cynisme le plus noir. Ce pavé de 900 pages à la louche raconte à la première personne le parcours de Maximilien Aue. Cet industriel allemand vieillissant prend un jour sa plume la plus acérée pour nous raconter sa jeunesse. Une jeunesse passée dans les rangs des SS.</p>



<p>Montée en puissance du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazisme+">nazisme</a>, recrutement parmi les séides d’Himmler, infiltration parmi les opposants au régime réfugiés en France, invasion de l’Ukraine, massacre de Babi Yar, siège de Stalingrad, gestion des camps de concentration et d’extermination, chute d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Hitler+">Hitler</a>… par les yeux de Max, nous traversons un véritable enfer à plusieurs visages, où des hommes infligent à d’autres hommes des tortures inimaginables. De fait,<em> Les Bienveillante</em>s s’avèrent presque une relecture de l’oeuvre de Dante avec à la clé deux qualificatifs : atroce, abject.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un condensé de la mémoire</h2>



<p>Jonathan Littell saisit là l’occasion de raconter une époque, une logique, une manière de faire, de voir les choses. Sans fard. Avec en sous-titre quelque chose comme « Vis ma vie de SS ». S’appuyant sur une documentation aussi complète que fouillée qu’il a mis des années à rassembler/décrypter, l’auteur relate l’indicible, tente de saisir la réalité de la banalité du mal selon Harendt. Pour ce faire, il pénètre les rouages mentaux, la psychologie d’un pur produit du régime nazi. Ce travail introspectif flirte avec les nerfs du lecteur, l’emmenant très loin dans une psyché perverse où l’inceste dialogue avec le matricide à la manière des grandes malédictions de l’Antiquité.</p>



<p>Sorti tout droit du livre <em>La mort est mon métier</em> de Merle et du film<a href="https://www.theartchemists.com/film-damnes-luchino-visconti-1969/"> <em>Les</em> <em>Damnés</em></a> de Visconti, Max Aue est un double du SS Rudolf Lang (lui-même version littéraire de Rudolf Hoess, commandant du camp d’Auschwitz) et du jeune dévoyé Martin (travesti, pédophile, incestueux, appelé à devenir un haut gradé de la SS). Des références de ce type, le livre en est saturé. Comme une sorte de condensé de la mémoire transmise via le cinéma, la littérature, la photographie. Et c’est là que se situe la valeur du récit de Littell : cette synthèse est un regard en arrière sur la manière dont on a transmis le passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire réagir un lecteur en léthargie</h2>



<p>Et ce regard interroge la manière dont à l’avenir on parlera de cette période. Travaillant au sein d’une ONG, Littell a traversé plusieurs conflits notamment celui des Balkans. L’horreur de la guerre, il l’a vécue en direct. Il a pu constater de ses yeux que la mémoire du génocide, le fameux « Plus jamais ça » n’ont rien stoppé. L’homme est un loup dévorateur et cruel pour l’homme, et le souvenir de la Shoah n’a visiblement pas porté. Comment alors perpétuer cette mémoire sinon par le traumatisme, la brutalité de l’écriture ? Incisive et provocatrice, la plume de Littell mêle pornographie sadico-régressive et violence la plus primaire pour faire réagir un lecteur en léthargie.</p>



<p>D’où des réactions contradictoires : certains ont adoré, d’autres détesté. Ce qui est certain, c’est que personne n’est indifférent, et c’est le but. Quitte à ébranler les consciences. A ce titre, une petite anecdote : ce livre m’est arrivé entre les mains grâce à une de mes étudiantes, qui devait le travailler en cours. Je ne la remercierai jamais assez du reste car ce fut pour moi une révélation, une secousse littéraire d’envergure. Pour elle aussi du reste. Elle me confia qu’elle aurait aimé être avertie de la teneur du livre avant de le commencer. Une sorte d’avertissement/consentement avant de plonger dans l’horreur.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-167e1c5bfcd195ac3bd0c2d59115849b" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<h2 class="wp-block-heading">Un bourreau en dentelles</h2>



<p>C’est vous dire l’onde de choc que constitue la lecture de ce bouquin. Âmes sensibles, s’abstenir ? Ou au contraire faut-il foncer, quitte à ne jamais s’en remettre ? C’est peut-être cela, la prise de conscience. Se prendre en pleine tête un peu du traumatisme ressenti par ceux qu’on détruit sciemment et avec un sadisme quasi assumé, banalisé, étatisé. A nous alors de ne plus être ces bienveillantes, Euménides déesses du pardon, qu’on nous demande d’être par souci de bienséance et de tranquillité ; il convient surtout d’incarner leur autre visage, celui des Erinyes, furies persécutrices du Mal sous toutes ses formes.</p>



<p>La aussi, aussi Littell trace le chemin. Son protagoniste, cynique en diable, ne cesse de ses plaindre de son sort, geignard condensé de vices, insupportable d’impudeur, évoquant cette descente aux enfers comme on le ferait d’un périple touristique, avec en prime une petite musique intérieure révélée par les titres des différentes parties : toccata, allemande, courante, sarabande, menuet en rondeau, air de cour, gigue. Éduqué, diplômé, cultivé, Aue est un bourreau en dentelles. Un psychopathe de salon adoubé par un régime abominable pour accomplir une besogne sordide. Et la question de se poser : combien comme lui, en ce moment même, déchiquètent le monde à belles dents ?</p>



<p>Merci à D. grâce à qui j&rsquo;ai découvert cet ouvrage majeur.</p>



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		<title>Couturiers de demain : Dario Princiotta, conjugaison d&#8217;une préciosité esthétique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/couturiers-de-demain-dario-princiotta-conjugaison-dune-preciosite-esthetique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Oct 2024 10:58:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils échappent aux circuits des fashion weeks pour faire bande à part. Instagram et autres réseaux sociaux sont devenus leur catwalk, l&#8217;écran universel sur lequel déployer leur univers. Chacun.e à sa manière, selon ses codes, son esthétique, ses influences. Les jeunes couturiers se cachent dans les méandres du Net. Et nous avons décidé de les dénicher. Premier d&#8217;une liste que nous devinons longue et prolixe : Dario Princiotta. Une esthétique...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-dario-princiotta.jpg" alt="" class="wp-image-37448" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-dario-princiotta.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-dario-princiotta-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/10/the-artchemists-dario-princiotta-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Ils échappent aux circuits des fashion weeks pour faire bande à part. Instagram et autres réseaux sociaux sont devenus leur catwalk, l&rsquo;écran universel sur lequel déployer leur univers. Chacun.e à sa manière, selon ses codes, son esthétique, ses influences. Les jeunes couturiers se cachent dans les méandres du Net. Et nous avons décidé de les dénicher. Premier d&rsquo;une liste que nous devinons longue et prolixe : Dario Princiotta.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une esthétique baroque</h2>



<p>Longue chevelure noire et ondulée, yeux d&rsquo;ombre étoilés d&rsquo;étincelles espiègles, silhouette élancée, gestes racés, Dario Princiotta a tout d&rsquo;un aristocrate du temps jadis, un personnage échappé d&rsquo;une fresque de Tiepolo, un sujet du Titien. Et cela se ressent dans ses créations. Des corsets superbement orchestrés, lacés de savante et mystérieuse façon, sanglés à demi comme des robes de danseuse, des robes à panier ou à queue, des tuniques transparentes, des justaucorps ajustés&#8230;</p>



<p>Volants, plissés, nœuds, mousseline, soie, velours, noir, or, rouge, bleu, violet&#8230; Rien n&rsquo;arrête ce natif de la petite île de Salina, devenu depuis palermitain d&rsquo;adoption. Un choix qui le relie à l&rsquo;esthétique baroque de la Sicile, esthétique dont il s&rsquo;abreuve avec autant de volupté que de succès. Les tenues qu&rsquo;il façonne de main de maître sont autant d&rsquo;hommage à Tiepolo, Longui, Guardi, Canaletto, Fragonard, Watteau et autres grands peintres du XVIIIeme siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sensualité, séduction, sentiment</h2>



<p>Mais la Sicile, c&rsquo;est aussi <em>Le Guépard</em> mis en scène par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=visconti">Visconti</a>. Et Visconti est très présent dans l&rsquo;imaginaire de Dario Princiotta, dans son rapport au détail, sa recherche d&rsquo;exactitude historique, son audace novatrice. Sensualité, séduction, sentiment : le jeune styliste veut intriguer, émouvoir, fasciner. Quitte à porter lui-même ces robes majestueuses auxquelles il prête vie et grâce. Ajoutant au passage une touche de malice adorable à l&rsquo;ensemble.</p>



<p>D&rsquo;autres références sont à l&rsquo;oeuvre dans son travail : les Impressionnistes, Lautrec, <a href="https://www.theartchemists.com/technicien-inventeur-esthete-fortuny-espagnol-a-venise/">Fortuny</a> (ah cet art du plissé, patient, exigeant, recueilli), Poiret, <a href="https://www.theartchemists.com/biographie-jeanne-lanvin/">Lanvin</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=schiaparelli">Schiaparelli</a>&#8230; Ne se cloisonnant pas dans un exercice de style ou un genre, Princiotta passe d&rsquo;une tendance à l&rsquo;autre avec autant aisance que d&rsquo;élégance. Peut-être parce qu&rsquo;il vit sa couture, qu&rsquo;il la savoure, qu&rsquo;elle lui est vitale, oxygène cérébral, raison d&rsquo;exister, moyen d&rsquo;exprimer. D&rsquo;être soi enfin, de vivre ses rêves, d&rsquo;affirmer son identité de démiurge, sa perception du Beau.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Toilettes révélatrices</h2>



<p>Il y aurait un peu de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pierre+molinier">Pierre Molinier</a> ou d&rsquo;Henri III dans cette silhouette corsetée à l&rsquo;extrême, aux attitudes de courtisane érudite, de diva tragique, un peu de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Sarah+Bernhardt">Sarah Bernhardt</a>, un peu de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Maria+Callas">Maria Callas</a>, un peu des geishas du temps jadis, le sourire subtil des héroïnes de Proust un soir de bal costumé, l&rsquo;air nostalgique des comtesses du Grand Siècle, des patriciennes vénitiennes envoûtées par Vivaldi, séduites par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=casanova">Casanova</a>.</p>



<p>L&rsquo;esthétique de Dario Princiotta appelle la synesthésie, chaque tenue évoquant une musique, celle de Mozart, celle de Verdi, celle de Debussy ou de Satie. Une note mélodique pour un état d&rsquo;esprit, une humeur. Car toutes ces parures parlent un langage spécifique, qui n&rsquo;en souffre aucun autre. Et seuls celles et ceux capables de le comprendre pourront s&rsquo;y reconnaître, endosser ces toilettes révélatrices de l&rsquo;intériorité de l&rsquo;être.</p>



<p>Magicien ? Fée ? Sorcier ? Alchimiste ? Dario Princiotta, au nom si musical, si poétique, si théatral, est un peu de tout cela, en plus d&rsquo;être un artiste talentueux. Son tempérament rejaillit sur ses costume, résumé en un mot de grande beauté : précieux.</p>



<p>Pour en savoir plus, consultez le <a href="https://darioprinciotta.wixsite.com/darioprinciotta" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site de Dario Princiotta</a> ainsi que son <a href="https://www.instagram.com/dario_princiotta/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">compte Intagram</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Maria Callas : livres, documentaires et podcast pour explorer sa vie et son art</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/maria-callas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 16:03:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>2 décembre 1923 : dans une chambre du Flower Hospital de New-York, un cri retentit. Une petite fille vient de naître, elle s’appelle Sophie Cecilia Kalos. De cette première vocalise, on ne sait rien ou presque, sinon qu’il était le prélude à une carrière d’anthologie, le parcours d’une cantatrice unique en son genre, parfaite quintessence de la diva. Maria Callas s’imposera à la planète entière comme une chanteuse d’opéra hors pair...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-maria-callas.jpg" alt="" class="wp-image-36771" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-maria-callas.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-maria-callas-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-maria-callas-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>2 décembre 1923 : dans une chambre du Flower Hospital de New-York, un cri retentit. Une petite fille vient de naître, elle s’appelle Sophie Cecilia Kalos. De cette première vocalise, on ne sait rien ou presque, sinon qu’il était le prélude à une carrière d’anthologie, le parcours d’une cantatrice unique en son genre, parfaite quintessence de la diva. Maria Callas s’imposera à la planète entière comme une chanteuse d’opéra hors pair doublée d’une tragédienne d’envergure. Aujourd’hui, encore, c’est un véritable mythe qui mérite d’être exploré sous plusieurs angles.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="CALLAS : PARIS, 1958 - BANDE-ANNONCE" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/7IXFnTgp3Uo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Divin Assoluta&nbsp;: une légende</h2>



<p>Cantatrice donc, à succès, adorée, conspuée ; mais aussi femme, aimée, bafouée. Une très belle femme du reste, que les hommes courtiseront, mais dont un seul volera le cœur. Onassis l’amant fougueux, Onassis qui la trahira de la plus sordide des manières, Onassis à qui elle ne survivra pas. Quand elle s’éteint le 16 septembre 1976, terrassée par une crise cardiaque, la Callas est seule et a tout perdu : sa voix s’est tarie, sa carrière est en ruines, son grand amour est mort. Mais sa légende est là. Que s’est-il passé durant ces 53 années de vie qui a permis d’enraciner si profondément ce mythe moderne ? En quoi aujourd’hui encore, Callas demeure LA Divina Assoluta ?</p>



<p>Pour tenter de répondre à cette épineuse question, peut-on se contenter de visionner un documentaire, de parcourir une biographie&nbsp;? Non. Le phénomène est tellement complexe qu’il continue d’enflammer les esprits, d’alimenter les rumeurs. Capricieuse et indomptable tigresse, bourreau de travail, élégante et mondaine, femme amoureuse, l’incontournable interprète de la Tosca, un de ses rôles fétiches avec Norma et Traviata, continue de susciter les passions. Son parcours mérite d’être abordé de diverses manières qui se superposent, s’entrelacent&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la gamine malheureuse, tyrannisée par une mère exigeante, qui y voyait une poule aux œufs d’or ;</li>



<li>l’artiste surexploitée par un star system cannibale, qui ne lui laissa guère de temps pour souffler, la pressa comme un citron au risque d’y laisser sa voix, sa santé physique et mentale&nbsp;;</li>



<li>l’amante éprise et abandonnée, sacrifiée sur l’autel de la réussite sociale d’un amant particulièrement mufle&nbsp;;</li>



<li>l’amie et la collaboratrice des plus grands, Visconti, Cocteau, Pasolini&nbsp;;</li>



<li>l’icône de mode, mince, élancée, couverte de bijoux, de fourrures, de robes de haute couture</li>



<li>la femme anonyme, désireuse d’évoluer en toute discrétion dans Paris, sa ville de cœur, où elle se retira au soir de sa fulgurante carrière.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-biographies-maria-callas.jpg" alt="" class="wp-image-36772" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-biographies-maria-callas.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-biographies-maria-callas-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-biographies-maria-callas-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Maria Callas en biographies</h2>



<p>Ces différentes trajectoires, il faut les rechercher dans ses biographies (dont nous ne citons ici que quelques-uns des exemples les plus parlants, l’ensemble étant vraiment trop conséquent pour tenir dans ce paragraphe) :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La Callas de l’Enfer à l’Olympe</em> est une approche très complète de 50 pages, illustrée et très finement détaillée par un Martin Monestier qui cherche à explorer le contexte dans lequel évolue la diva, les convoitises qu’elle a suscitées ainsi que les répulsions, dans son univers professionnel comme dans sa vie personnelle.</li>



<li><em>La véritable Maria Callas </em>(2007) de Bertrand Meyer-Stabley évoque ce parcours d’exception en insistant sur le côté artistique, l’apport de Callas à l’art du bel canto, la manière dont elle a su remettre au goût du jour un répertoire oublié.</li>



<li><em>Maria Callas</em> de René de Ceccatty (2009) échappe aux nombreuses rumeurs entourant la vie de Callas pour se fonder sur les faits, les documents historiques, apportant ainsi une vision chronologique très resserrée et fiable, concrète.</li>



<li>Dans <em>Maria Callas, l’ultime tournée </em>(2017), Robert Sutherland, le pianiste qui accompagne la diva lors de son grand retour sur scène en 1973, raconte ses souvenirs, donnant à voir les deux visages de Callas, la femme et la chanteuse, au travers d’une relation professionnelle qui va devenir une histoire d’amitié.</li>



<li><em>Dans la peau de Maria Callas</em> se présente comme un journal intime imaginaire où l’auteur Alain Druault laisse la diva raconter, se souvenir, évoquer ses succès, ses chagrins, le tout sur les deux dernières semaines de sa vie. Des paroles émouvantes, une sorte de testament artistique qui laisse entrevoir la Callas vulnérable, humaine derrière le monstre sacré.</li>



<li>Paru en 2023, <em>Maria Callas et la voix du cœur</em> de Michelle Marly revient sur l’histoire d’amour avec Onassis, comment ces deux titans se sont rencontrés, aimés, comment il l’a quittée, la douleur qu’elle a ressentie, le devenir de cette relation qui jamais ne cessa malgré la colère, la honte, le chagrin.</li>
</ul>



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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Maria by Callas - Bande annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/E-WGJbHfw9Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Maria Callas en documentaires</h2>



<p>Les livres, c’est bien, surtout pour fouiller les dessous, les tenants et les aboutissants de cette carrière unique en son genre. Mais c’est se priver de voir et d’entendre la Callas, or comment comprendre cette artiste de légende sans saisir son incroyable voix, sa manière de chanter, sa prestance sur scène ? C’est là qu’interviennent les documentaires, et là aussi, on n’en manque guère.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Réalisé par Tom Wolf en 2017, <em>Maria by Callas</em> retrace le parcours de la cantatrice au travers d’images d’archives particulièrement précieuses, interviews, concerts, spectacles ou films amateurs. La voix de Fanny Ardant se superpose à ce récit prenant, pour lire des extraits de la correspondance de la chanteuse. Le tout insiste sur le destin d’une femme adulée et fracassée.</li>



<li><em>Maria Callas chante Tosca</em> : 1964, Londres, opéra de Covent Garden ; devant un parterre de célébrités, la Callas interprète Tosca de Puccini mis en scène par Zeffirelli. Elle y est grandiose. C’est un des moments phares de sa carrière ainsi qu’une date historique dans l’histoire de l’art lyrique. Car en ces instants uniques, Callas EST Tosca. À croire que le rôle a été créé pour elle. Seul le second acte de cette représentation d’anthologie a été filmé, ce sont ces instants rares que le documentaire donne à savourer, avec un ensemble de gros plans qui dévoile l’incroyable talent de cette tragédienne.</li>



<li><em>Maria Callas chante Tosca – Le documentaire</em>&nbsp;: en quarante minutes, le réalisateur Holger Preusse donne à voir l’importance cruciale de la représentation citée plus haut&nbsp;; d’interviews en témoignages, les plus grands critiques, les historiens de l’art lyrique exposent le contexte, les enjeux, la particularité de ce spectacle qui consacrera Callas comme un monstre sacré moderne.</li>



<li>Avec <em>Les grands rivaux en musique – Callas vs Tebaldi, </em>on change de registre. Exit le côté glamour et tragique ; on se concentre sur une concurrence qui a tout de la joute. En leur temps, les deux cantatrices occupèrent le devant de la scène, se disputant l’attention des médias, du public et des professionnels de l’art lyrique. Charismatiques, adulées, interprétant le même type de répertoire, elles n’eurent pas le même parcours, gérèrent leur carrière différemment. Comparer leur évolution est parlant à plus d’un titre, et sur leurs personnalités et sur leurs visions de leur métier, c’est aussi l’occasion de mesurer à quel point ces chanteuses étaient célèbres à l’international, à l’égal des plus grandes stars du cinéma et du rock.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Callas : le scandale de &quot;Norma&quot; - Quel scandale ! - Culture prime" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/P0E7ePF-G4Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Maria Callas&nbsp;en podcast</h2>



<p>Et les podcast me direz-vous&nbsp;? On n’en manque guère non plus qui détaillent par le menu et sous différents angles la carrière de la Callas.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Il suffit de consulter <a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/selection-callas-le-podcast?p=4">la page consacrée par Radio France</a> aux différents programmes pour rester sans voix devant l’abondance d’approches et de problématiques. Décorticage de son évolution, analyse de ses plus grands rôle, zoom sur les compositeurs qu’elle a joués, témoignages sur sa façon d’envisager le chant, c’est presque comme si elle était encore là, avec nous, partageant son savoir, ses ressentis, sa conception de l’opéra et du chant. Une véritable masterclass à l’image de celle accomplie en octobre 1971 à Juilliard, dont Terrence McNally a du reste fait une pièce.</li>



<li>Vous pouvez aussi miser sur une approche plus succinte, <em><a href="https://www.rtbf.be/article/maria-callas-la-force-du-destin-un-podcast-inedit-qui-celebre-le-centenaire-de-la-divina-11291653">Maria Callas, la force d’un destin</a></em> par Hélène Van Loo qui évoque en cinq chapitres les facettes essentielles de cette carrière artistique voué au sublime.</li>
</ul>


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			</item>
		<item>
		<title>Senso : la saveur vraie du romantisme</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-senso-visconti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jun 2023 08:36:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36087</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nostalgie ? Alors que les plateformes de VoD nous abreuvent soit d’une bouillie bridgtonienne massacrant l’héritage de Jane Austen, Charles Dickens et William Thackeray, soit de period dramas jouant avec la vérité historique pour miser sur la violence et le sexe, soit d’amourettes ados navrantes de niaiseries, je me demande où retrouver la saveur vraie du romantisme. Quand j’en arrive là, je me réfugie dans les méandres de Senso. Un chef-d&#8217;œuvre...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42.jpg" alt="" class="wp-image-36088" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel42-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Nostalgie ? Alors que les plateformes de VoD nous abreuvent soit d’une bouillie bridgtonienne massacrant l’héritage de Jane Austen, Charles Dickens et William Thackeray, soit de period dramas jouant avec la vérité historique pour miser sur la violence et le sexe, soit d’amourettes ados navrantes de niaiseries, je me demande où retrouver la saveur vraie du romantisme. Quand j’en arrive là, je me réfugie dans les méandres de <em>Senso</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Senso - Bande annonce 2018 (Version restaurée) HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/tJ-26YtYY7Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un chef-d&rsquo;œuvre sombre et flamboyant</h2>



<p>Luchino Visconti tourne <em>Senso</em> en 1954. S’inspirant d’une nouvelle datée de 1883, <em>Senso, carnet de la comtesse Livia</em> de Camillo Boito, le réalisateur s’en saisit pour accoucher d’un chef d’œuvre aussi sombre que flamboyant. «&nbsp;Senso&nbsp;», en italien veut dire à la fois «&nbsp;sens&nbsp;», «&nbsp;sensation&nbsp;», mais aussi «&nbsp;répugnance&nbsp;». Jouant sur cette contradiction, Visconti évoque l’histoire d’amour tragique entre la comtesse Livia et le lieutenant Franz Malher. Nous sommes en 1866, en Italie, à Venise, occupée par les Autrichiens. Livia est une patriote très proche des milieux nationalistes&nbsp;; Franz est un officier de l’armée ennemie, en poste dans la cité des Doges.</p>



<p>Ils se rencontrent un soir à l’opéra, après une représentation particulièrement houleuse du <em>Trouvère</em> de Verdi. Le cousin de la comtesse défie Malher en duel. Duel qui n’aura pas lieu, Ussoni étant dénoncé et condamné à l’exil. Livia et Franz n’ont rien à voir, rien à faire ensemble&nbsp;; pourtant ils se revoient, passent une nuit à déambuler dans Venise endormie. Une relation s’amorce&nbsp;: ils se retrouvent en cachette dans une chambre, s’aiment. Livia tombe passionnément amoureuse de cet homme plus jeune, grand séducteur, manipulateur également. Conscient de l’ascendant qu’il a sur cette ardente maîtresse, Franz Malher va se servir d’elle pour échapper aux affrontements qui se profilent entre Italiens et Autrichiens. Puis il va l’abandonner. La quitter de la pire des manières. Et elle va se venger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’esthétique de Visconti</h2>



<p>Initialement le film aurait dû s’appeler «&nbsp;Custoza&nbsp;», nom d’une bataille doublée d’une cuisante défaite italienne face aux troupes austro-hongroises, défaite mise en scène par Visconti dans la seconde partie du film. La déchéance de la comtesse aurait alors pris ancrage dans une déchéance plus profonde, celle d’une classe sociale dirigeante condamnée par la modernité à venir (un thème également abordé dans <em>Le Guépard</em>). Frileux, les studios de production ont préféré misé sur l’historie d’amour plutôt que sur le message politique. La fin du film est ainsi bâclée. Il n’en demeure pas moins que <em>Senso</em> demeure un joyau, une référence en matière de narration et d’esthétique.</p>



<p>Costumes, décors, le réalisme cher à Visconti est partout, son souci du moindre détail, des formes, des couleurs, des objets, dans la splendeur des décors et des costumes d’apparat, dans l’effritement des parois séculaires de la Venise populaire, dans les gestes simples de Livia repeignant sa magnifique chevelure après avoir fait l’amour avec son perfide amant. Il y a les attitudes, les regards, la confusion, les visages qui se crispent… Des émotions fortes qu’on réprime comme on peut en ce temps où il faut sauver les apparences. Alida Valli, avec une grâce, un talent incroyables, joue la lente marche aux enfers d’une héroïne qui évoque une Anna Karenine vénitienne. Farley Granger est parfait dans le rôle de Franz, Don Juan sans courage ni éthique.</p>



<p>Scènes intimes ou séquences épiques, amours secrètes ou batailles historiques, Visconti, dans ce quatrième film, s’évade du cadre du mouvement néo-réaliste pour embrasser le genre de la fresque historique, dont il deviendra un spécialiste. Jamais mièvre, profond, juste, émouvant, son récit est chargé d’un romantisme bouleversant, qui redonne ses lettres de noblesse à un genre trop souvent galvaudé. Personne, après avoir vu ce film magistral, n’oubliera la silhouette de Livia, folle à lier, errant dans les ombres en hurlant le nom de son amant infidèle. Pas de bluette ni de roman de gare&nbsp;: ici on touche au tragique. C’est triste, c’est beau. C’est.</p>
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		<item>
		<title>Helmut Berger – Autoportrait : les mémoires du « plus bel homme du monde »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/autobiographie-helmut-berger/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jun 2023 13:12:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on réduire Helmut Berger à cette caricature ? Difficile. On peut être un Apollon, si l’on n’a pas d’âme, on n’est rien qu’une coquille vide. De l’âme, Helmut Berger n’en a pas manqué, du caractère non plus, surtout. Et c’est probablement ce qui a conquis Visconti qui va en faire son amant, son compagnon et son acteur fétiche. S’il n’y avait pas eu Visconti, Berger aurait-il perduré, se serait-il imposé...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/9782840496915-e1512294856538.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="429" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/9782840496915-e1512294856538.jpg" alt="" class="wp-image-29989"/></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Peut-on réduire Helmut Berger à cette caricature ? Difficile. On peut être un Apollon, si l’on n’a pas d’âme, on n’est rien qu’une coquille vide. De l’âme, Helmut Berger n’en a pas manqué, du caractère non plus, surtout. Et c’est probablement ce qui a conquis Visconti qui va en faire son amant, son compagnon et son acteur fétiche. S’il n’y avait pas eu <a href="https://www.theartchemists.com/film-les-damnes-luchino-visconti-1969/">Visconti</a>, Berger aurait-il perduré, se serait-il imposé sur les écrans ? Certainement, mais d’une manière plus futile. Et c’est justement cette histoire de révélation et d’interaction que Holde Heuer met en lumière en restituant les propos de l’acteur dans <em>Helmut Berger &#8211; Autoportrait</em>.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art sans concession</h2>



<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;acteur s</span>&lsquo;y<span style="color: #000000;"> livre sans fard, brut de décoffrage, avec verve et énergie, direct et droit dans ses bottes. Il assume tout, la bisexualité, les dépenses inconsidérées, les drogues, les parties fines, les rigolades, les insultes, les colères, les conneries… Il assume aussi l’amour fou, total qu’il a vécu avec son Luchino, même s’ils étaient oxymoriques, à l’opposé, pourtant si complémentaires. La mort du maître laisse Berger dévasté, non pas orphelin, mais veuve, il n’hésite pas à user du terme sans gêne.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Il est également le dépositaire de son travail, de son œuvre à laquelle il a prêté ses traits si fins, si durs. Ses anecdotes dévoilent une conception de l’art sans aucune concession. Sur le plateau, devant comme derrière la caméra, la discipline et l’exigence sont reines, on ne négocie pas sur ces points. Et en bon prussien qu’il est, Berger s’y plie, revendique même cette sévérité absolue… qui l’amène à être exigeant avec les autres comme avec lui-même.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des mémoires entre ombres et lumières</h2>



<p><span style="color: #000000;">De l’ego certes il en a à revendre, que d’aucuns prendront pour de la vanité. En marge du mépris, il y a l’amitié, la solitude, la conscience des proches trop vite disparus, une vision très moderne du couple, des relations amoureuses. Et doucement le temps qui passe, qui altère la beauté mais jamais la passion, l’envie de créer, de jouir de la vie … Les mémoires d’Helmut Berger évoluent entre ombres et lumières, pour refléter les temps insouciants de la fête comme ceux plus nostalgiques de la vieillesse où l’on n’est plus que souvenirs.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Par bien des côtés, ses confidences évoquent l’atmosphère que dégagent les œuvres du plasticien <a href="https://www.theartchemists.com/retrospective-jean-luc-verna-fee-insolante-grandiose-salope-magnifique-paramour/">Jean-Luc Verna</a> dont le propos d’artiste recoupe les constats fatalistes du «&nbsp;plus bel homme du monde&nbsp;». Grand amateur d’art moderne, Berger serait-il sensible aux travaux de ce caméléon transgenre que Verna cultive assidûment en lui&nbsp;? Au final, ce dernier serait peut-être le plus à même de saisir les nuances de cette personnalité à la fois solaire et autodestructrice, qui a marqué les esprits en interprétant les rôles les plus complexes, les plus extrêmes.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>


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		<title>Le Parrain : saga cinématographique d’anthologie et tournant majeur dans l’histoire du 7e art</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-le-parrain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Feb 2023 10:29:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous vous l’expliquions en conclusion de notre article sur la série The Offer : on n’a pas encore terminé l’histoire rocambolesque de la création de The Godfather qu’on a une envie irrésistible de revoir ce film monumental et ses deux suites. De fait, à peine le dernier épisode du récit de Michael Tolkin bouclé, nous avons embrayé sur Le Parrain, avec un œil scrutateur, acéré par les révélations du feuilleton. Et...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel22-2.jpg" alt="" class="wp-image-35741" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel22-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel22-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/02/Devenez-un-pro-du-design-en-quel22-2-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p>Nous vous l’expliquions en conclusion de notre article sur la série <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-the-offer/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Offer</a></em> : on n’a pas encore terminé l’histoire rocambolesque de la création de <em>The Godfather</em> qu’on a une envie irrésistible de revoir ce film monumental et ses deux suites. De fait, à peine le dernier épisode du récit de Michael Tolkin bouclé, nous avons embrayé sur <em>Le Parrain</em>, avec un œil scrutateur, acéré par les révélations du feuilleton. Et nous avons savouré cette saga à sa juste valeur : celle d’un tournant majeur dans l’histoire du cinéma.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Parrain – Bande annonce de la Trilogie – VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KCv73jPlKzY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La famille Corleone</h2>



<p>Pour ceux (rares) qui ignoreraient tout de ce chef d’oeuvre, <em>Le Parrain</em> est initialement un roman signé Mario Puzo. Un véritable best seller dont la Paramount a acheté les droits en vue d’une adaptation cinématographique menée tambour battant par un certain Francis Ford Coppola, avec dans son sillage l’auteur du bouquin bombardé scénariste, Marlon Brando dans le rôle titre, et une kyrielle de jeunes talents dont Al Pacino, James Caan, Robert Duvall, Diane keaton, Dick Smith au effets spéciaux, sans compter une jeune garde de producteurs et techniciens qui illustrent à eux seuls l’émergence du Nouvel Hollywood.</p>



<p>Le parrain, c’est Vito Corleone (impérial Marlon Brando), chef d’une des cinq familles mafieuses opérant sur New York. Respecté, craint, il protège les uns, punit les autres, fait régner l’ordre sur sa zone d’action. Objectif premier : assurer l&rsquo;expansion de son clan, sa bonne santé financière, sa sécurité. Son épouse bien sûr, ses enfants, trois fils, une fille, leurs compagnons respectifs, les petits-enfants. Et puis il y a les proches, amis, lieutenants, soldats. Tous fidèles, loyaux, prêts à en découdre si un autre clan cherche la bagarre. Ou à trahir, au besoin, au profit d’un de ces gangs rivaux. Le genre de trahison qui déclenche une guerre toutes les cinq à dix ans, « pour purger le sang » comme l’explique Clemenza (Richard S. Castellano), le fidèle bras droit de Vito.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Michael Corleone : une vie de solitude</h2>



<p>Une guerre qui se précipite alors qu’on tente d’assassiner Vito en pleine rue, sous les yeux de son puiné Fredo (John Cazale). A partir de là, tout dérape pour le cadet Michael (Al Pacino), qui jusqu’à présent se tenait à l’écart des affaires familiales, entrant dans l’armée après des études réussies pour par la suite entamer une carrière politique. Mais bon sang ne saurait mentir, des trois frères il est le seul à avoir les épaules, le mental, l’intelligence, la personnalité pour reprendre l’activité du père. Et il va faire ce qu’il faut pour, quitte à devenir un fugitif, quitte à devenir ce qu’il ne voulait pas être. Quitte à se condamner à une vie de solitude et de tourments.</p>



<p>Michael est le véritable héros de cette saga, les trois tomes de cette odyssée évoque trois temps de sa vie de parrain mafieux, sa prise de pouvoir, sa lutte quotidienne pour maintenir cette puissance, son désir de rendre cette puissance enfin officielle et légitime. Il y laissera beaucoup, beaucoup trop. Les sacrifices seront constants, de plus en plus lourds, de plus en plus douloureux, jusqu’au dernier, insupportable. C’est cet homme sous tension, dépassé par un destin dont on n’arrive jamais à déterminer s’il le subit ou s’il l’a choisi, que nous observons se transformer de chapitre en chapitre, dans l’ombre d’un père qu’il révère, dont il veut protéger l’héritage. Quitte à embrasser des valeurs qui ne sont pas forcément les siennes initialement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragédie documentaliste</h2>



<p>Froid, calculateur, rusé et manipulateur, Michael Corleone est plus qu’un chef mafieux, c’est véritablement un condottiere de la Renaissance, une émanation moderne du Prince selon Machiavel. Al Pacino, par son interprétation halluciné, ses changements de ton, sa nervosité contenue, son regard fixe, glacial et fiévreux à la fois, en fait même un héros de tragédie. Car c’est d’une tragédie qu’il s’agit au final, Puzo et Coppola modelant leur scénario commun en s’inspirant des Atrides, du Roi Lear de Shakespeare. Pour tout dire, Michael Corleone est «&nbsp;<em>une force qui va&nbsp;</em>» comme le dit Hernani, héros emblématique du drame romantique made in Victor Hugo. Rien ne peut, rien ne doit entraver sa course.</p>



<p>Cette tragédie est d’autant plus crédible qu’elle s’enracine dans une approche presque documentaliste. Coppola soigne les moindres détails de son récit, de ses décors, de ses costumes. Le choix de Dick Smith, pape des effets spéciaux, n’est pas un hasard, les scènes de violence et de meurtres, sans tomber dans le gore, sont crédibles, vraisemblables. Idem pour les séquences de repas, le choix de faire jouer les acteurs dans une vraie cuisine, de les faire préparer les aliments. Et puis il y a l’ancrage historique, notamment dans le second épisode, avec en toile de fond, la révolution castriste et la crise de Cuba. Qu’ils le veuillent ou non, les membres de la famille Corleone ne peuvent s’absoudre de la réalité politique. Michael, en bon entrepreneur, se doit même d’intégrer ce paramètre à sa stratégie de développement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le premier film moderne sur la mafia</h2>



<p>Ce souci naturaliste, porté par une équipe en majorité italo-américaine, dont les racines baignent dans ces références, n’empêche guère la volonté de façonner une esthétique très particulière, tissée d’ombres et de lumières, à la manière de Caravage. Adepte d’un maniérisme photographique, Coppola joue sur les contrastes entre intérieur et extérieur, nature et ville, Amérique et Europe. Chaque plan est ciselé, orchestré, chorégraphié avec un souci maniaque, une exigence naturaliste qui n’est pas sans évoquer le travail du réalisateur Visconti. Le montage de  William Reynolds et Peter Zinner parachève cette approche très particulière, de même le travail des répliques (le cultissime « <em>je vais lui faire une offre qu&rsquo;il ne pourra pas refuser</em>« ), la musique charismatique de Nino Rota, et cet enjeu incroyable de ne jamais prononcer le mot « mafia » dans un film qui en parle avec tant de brio.</p>



<p>Au point d’incarner le vent de folie créatif qui a secoué les studios américains dans les années 70, engendrant ce Nouvel Hollywood si prolixe en chefs-d&rsquo;œuvre et en talents, et de devenir une référence en la matière, d’accoucher du premier film moderne sur la mafia, avec à la clé un <em>pattern</em> récurrent désormais inscrit dans les films et séries traitant du sujet, qu’il s’agisse de <em>The Good Fellas</em> de Scorcese ou de la magistrale série <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=peaky+blinders" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Peaky Blinders</a></em>. Et de s’inscrire parmi les meilleurs films au monde si l’on en croit un certain Stanley Kubrick (le second après <em>Citizen Kane</em>, selon l’American Film Institute en 2007), multiprimé, conservé à la bibliothèque du congrès pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». Comme quoi, il n&rsquo;y a pas de hasard.</p>
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		<title>La Nuit des Longs Couteaux selon Max Gallo: “Les morts ne racontent pas l’Histoire.”</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-la-nuit-des-longs-couteaux-max-gallo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Sep 2022 11:48:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>29-30 juin 1934 : la tristement célèbre Nuit des Longs Couteaux s’étale sur ces deux jours fatidiques. Durant ces quarante-huit heures décisives, les SS d’Himmler massacrent les cadres de la trop turbulente SA, les Sections d’Assaut, pourtant leurs frères d’armes et ceux qui ont aidé Hitler à saisir le pouvoir. De vrais fidèles, des camarades de combat, certains fondateurs du parti nazi. Cependant, Hitler va les écraser sans pitié. Hitler...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel10.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-35009" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel10.jpg" alt="couvertures du livre La Nuit des longs couteaux de Max Gallo" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel10.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel10-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2022/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel10-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">29-30 juin 1934 : la tristement célèbre Nuit des Longs Couteaux s’étale sur ces deux jours fatidiques. Durant ces quarante-huit heures décisives, les SS d’Himmler massacrent les cadres de la trop turbulente SA, les Sections d’Assaut, pourtant leurs frères d’armes et ceux qui ont aidé <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Hitler" target="_blank" rel="noopener">Hitler</a> à saisir le pouvoir. De vrais fidèles, des camarades de combat, certains fondateurs du parti <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazisme" target="_blank" rel="noopener">nazi</a>. Cependant, Hitler va les écraser sans pitié. Hitler seulement ? Comment ? Pourquoi ? C’est le sujet du livre de Max Gallo. Un récit trépidant construit comme un véritable thriller.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Les SA ? Une menace</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il faut dire que le sujet s’y prête. Car ce déchaînement de violence n’a rien d’improvisé. Quand arrive cette fin juin 1934, cela fait déjà des mois que la tempête couve. Les prétentions de Röhm, chef des SA, gênent, tout comme son pouvoir ; le vieux combattant veut poursuivre la révolution nationale portée par le nazisme, s’attaquer un peu plus aux privilèges des grands capitaines d’industrie, des gradés de la sacro-sainte armée <span lang="fr-FR">allemande</span>. Or ces derniers, issus de la vieille aristocratie prussienne, n’entendent pas être dominés par ce capitaine aux mœurs plus que douteuses avec sa bande de voyous. Idem pour les richissimes familles qui possèdent les aciéries de la Ruhr, les grands diplomates qui craignent la force que représentent ces millions de SA dont on connaît la barbarie.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Cette armée qui ne dit pas son nom constitue également une menace pour les ténors du nazisme eux-mêmes, à l’heure cruciale où Hitler brigue la place de président d’un Hindenburg mourant. Il lui faut conquérir ce statut pour que l’Allemagne devienne pleinement une dictature ; il lui faut également l’appui de la Reichswehr, des industriels et des politiques pour pouvoir activer ses projets guerriers et son programme d’épuration ethnique. Hitler le sait, son entourage pareillement : Goering, Goebbels, Himmler aussi qui voit l’opportunité d’imposer ses SS et d’accroître ainsi son influence. Tous vont donc œuvrer afin de pousser le Führer à agir ; car ce dernier est réticent à se débarrasser d’amis fidèles qui l’accompagnent depuis le putsch raté de 1923.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5E9mgIJwLQ"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-damnes-luchino-visconti-1969/">Les Damnés &#8211; Visconti : récit d&rsquo;une désintégration familiale sous le IIIe Reich</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Damnés &#8211; Visconti : récit d&rsquo;une désintégration familiale sous le IIIe Reich » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-damnes-luchino-visconti-1969/embed/#?secret=HN0phR56ix#?secret=5E9mgIJwLQ" data-secret="5E9mgIJwLQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Genèse d’une purge</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Chacun y va lors de son petit complot dont l’auteur détaille l’orchestration pas à pas, en la superposant avec le déroulé du massacre même, décrit dans toute son horreur. Gallo dissèque la genèse de cette purge de manière à en faire ressortir la profonde perversité ; il met en lumière de manière remarquable les relations conflictuelles de ces individus aux méthodes de mafieux et la manière dont ils étaient capables d’agir, à la fois avec rigueur, secret et brutalité, pour confisquer le pouvoir. Aucune pitié pour leurs anciens compagnons d’arme, foudroyés pour la plupart sans comprendre ce qui leur arrive ; idem pour les opposants politiques dont on se débarrasse par la même occasion, y compris dans les milieux de la chancellerie.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Le nombre exact de morts ? On ne sait pas exactement, 400 diront certains. On est saisi par la rapidité avec laquelle les personnes inscrites sur les listes patiemment établies par Himmler et son second Heydrich, sont appréhendées, tuées sur place ou embarquées pour être liquidées au fond d’un bois, dans la campagne ou dans un camp de concentration. Les disparus dont on ne retrouve pas le corps, dont on ignore la destinée, sont légion. La sidération est totale, l’effet terrible : en écrasant les Sections d’Assaut, Hitler et ses proches démontrent que personne n’est à l’abri. Au lendemain de ces journées funestes, certains s’étonnent d’être encore vivants, se demandent quand viendra leur tour, hésitent à ouvrir leur porte à des inconnus.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="q3krq7mFHe"><p><a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-nuremberg-nuremberg/">De Nuremberg à Nuremberg : « A Chacun ce qu&rsquo;il mérite »</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« De Nuremberg à Nuremberg : « A Chacun ce qu&rsquo;il mérite » » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/documentaire-nuremberg-nuremberg/embed/#?secret=PCBCkdEMBX#?secret=q3krq7mFHe" data-secret="q3krq7mFHe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Un drame historique comme un polar</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est que “<i>l</i><i>es morts ne racontent pas l’Histoire</i>”, ils valent “<i>toujours mieux qu’un adversaire oublié</i>”, dixit l’auteur. Goebbels évoquera un “<i>orage pacificateur</i>” pour expliquer ces deux journées particulières. Hitler en sortira grandi, sauveur de la patrie qui n’a pas hésité à frapper ses compagnons devenus rebelles et dangereux. Mais finalement, en éradiquant Röhm et ses séides, ne s’est-il pas fragilisé, mis à la merci de ceux qui l’ont finalement manipulé ? L’image du dictateur tout-puissant en prend un sacré coup, et le nazisme apparaît soudain pour ce qu’il est : une imposture, hypocrite, prédatrice, auto-dévoratrice ; un ramassis de malfrats prêts à s’entre-dévorer sans pitié, et tant pis pour les dommages collatéraux. Max Gallo le met en évidence avec une plume dynamique et accrocheuse.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Des années après la parution du livre en 1970, n’a absolument rien perdu de sa verve ni de son impact. Sa modernité a même de quoi étonner : cette perception si juste du drame prend aux tripes comme un polar qui n’est malheureusement pas une fiction. On s’étonne que ce pan d’Histoire n’ait pas encore inspiré une série, qu’il ne soit que peu évoqué sur les écrans. Peut-être parce que sa démesure ne peut être restituée que par un Visconti, un grand réalisateur visionnaire, capable de saisir les enjeux à l’œuvre dans cet épisode tragique lourd de conséquences et de significations ? Car La Nuit des Longs Couteaux, qui va porter Hitler au pinacle, annonce les atrocités à venir. Si elle n’avait pas eu lieu, que serait-il advenu ?</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir sur le livre <i>La Nuit des Longs Couteaux</i> de Max Gallo, consultez <a href="https://www.tallandier.com/livre/la-nuit-des-longs-couteaux/" target="_blank" rel="noopener">le site des éditions Tallandier.</a></span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lupin 2 : la vengeance de Mister Diop</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-lupin-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jun 2021 15:01:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=33932</guid>

					<description><![CDATA[<p>N’en déplaise aux critiques grognonnes, nous avons vu Lupin 2 … et nous avons survécu. Nous avons même assez apprécié la chose, qui prolonge une saison 1 bouclée sur un cliffhanger bien troussé sur les galets d’Étretat. Et c’est peut-être là le souci. Gentleman cambrioleur 2.0 En cinq épisodes tout à faits acceptables, Lupin 2 continue Lupin 1 et consomme la vengeance de Mister Diop de la plus éclatante des...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/lupin-dans-lombre-darsene-photo-1381683_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-33933 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/lupin-dans-lombre-darsene-photo-1381683_opt.jpg" alt="affiche de la saison 2 de la série Lupin" width="414" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/lupin-dans-lombre-darsene-photo-1381683_opt.jpg 414w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/lupin-dans-lombre-darsene-photo-1381683_opt-199x288.jpg 199w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/06/lupin-dans-lombre-darsene-photo-1381683_opt-341x494.jpg 341w" sizes="auto, (max-width: 414px) 100vw, 414px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">N’en déplaise aux critiques grognonnes, nous avons vu <em>Lupin 2</em> … et nous avons survécu. Nous avons même assez apprécié la chose, qui prolonge une <a href="https://www.theartchemists.com/lupin-ombre-arsene-netflix/" target="_blank" rel="noopener">saison 1</a> bouclée sur un cliffhanger bien troussé sur les galets d’Étretat. Et c’est peut-être là le souci.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Gentleman cambrioleur 2.0</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En cinq épisodes tout à faits acceptables, <i>Lupin 2</i> continue <i>Lupin 1</i> et consomme la vengeance de Mister Diop de la plus éclatante des façons. On continue sur les flashbacks, histoire d’éclairer à la fois la genèse des amours entre Claire et Assane, tout en détaillant le génie manipulateur du gentleman cambrioleur version .0.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ok, ce n’est pas du grand art, Visconti, Scorcese et Soderberg n’ont aucun souci à se faire en matière de concurrence. Hugo Gélin a pris la suite de Louis Leterrier à la réalisation, ce qui explique peut-être une approche un brin plus conventionnelle, mais dans l’ensemble, ça se tient. Sauf que ça dure cinq épisodes seulement et qu’au finish, on aurait bien pu tout rassembler sur une seule édition.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Lupin Partie 2 | Bande-annonce officielle I Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/P5RCDq9XYjA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Se changer les idées</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Histoire de rester dans le mood et de ne pas créer une climat d’attente insupportable pour les fans de la <a href="https://www.theartchemists.com/cat/serie/" target="_blank" rel="noopener">série</a> ? Anyway, nous avons personnellement apprécier le visionnage comme un divertissement tout à fait honnête, avec un petit plus pour la descente en catacombes, et la prestation de Stefan Crepon, échappé du <a href="https://www.theartchemists.com/le-bureau-des-legendes-4-bienvenue-dans-la-maison-russie/" target="_blank" rel="noopener"><i>Bureau des légendes</i></a> pour venir jouer les émos transfuges, adeptes de Maurice Leblanc.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Franchement, ça se laisse regarder, c’est sans prétention, Omar Sy reste sur le même registre, ainsi que ses petits camarades. Si la chose ne restera probablement pas dans les mémoires à la hauteur de la mythique version avec Georges Descrières, c’est néanmoins tout à fait regardable, et cela devrait même vous changer les idées, ce qui n’est pas un luxe.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Et plus si affinités</strong></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez regarder la saison 2 de la série <em>Lupin</em> sur <a href="https://www.netflix.com/fr/title/80994082" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a>.</span></p>
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		<title>La Traviata by Sofia Coppola : Violetta lost in translation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/opera-traviata-sofia-coppola/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2020 17:43:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est quand même fou : si l’on minute l’opéra La Traviata de Verdi, on réalise qu’il faut environ deux heures à l’héroïne Violetta Valery pour tomber amoureuse du bel Alfredo Germont, plaquer sa carrière de demi-mondaine afin de vivre sa passion comme une rédemption, y renoncer pour sauver la réputation de son jeune amant, reprendre sa carrière de courtisane sur un rythme effréné, se faire insulter par le même Alfredo qu’elle...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-08-19-36-35.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-32395 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-08-19-36-35.png" alt="" width="736" height="587" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-08-19-36-35.png 736w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-08-19-36-35-288x230.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-08-19-36-35-494x394.png 494w" sizes="auto, (max-width: 736px) 100vw, 736px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">C’est quand même fou : si l’on minute l’opéra <i>La Traviata</i> de Verdi, on réalise qu’il faut environ deux heures à l’héroïne Violetta Valery pour tomber amoureuse du bel Alfredo Germont, plaquer sa carrière de demi-mondaine afin de vivre sa passion comme une rédemption, y renoncer pour sauver la réputation de son jeune amant, reprendre sa carrière de courtisane sur un rythme effréné, se faire insulter par le même Alfredo qu’elle a plaqué pour le préserver, se laisser dévorer par la tuberculose et finalement mourir dans les bras de son bel amour venu implorer son pardon.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Un sacrifice express donc, mené tambour battant dans une société où une pute, même de haut vol, doit rester à sa place et ne pas s’acoquiner avec un bourgeois. Pas de mélange, pas de mélange ! S’explosant le crâne sur le plafond de verre de son amour, Violetta part en vrille dans un grand huit de feu qu’elle arrose avec l’essence du désespoir. Un sujet de choix pour un Verdi habitué aux grandes prouesses mélodiques … et pour une Sofia Coppola prompte à se saisir des errances féminines post-modernes pour en faire le sujet de ses films.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="La traviata" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ojaEBIrjxY0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ici c’est pourtant sur la scène du Teatro dell’Opera di Roma qu’elle explore la douleur suicidaire d’une héroïne renonçant un peu trop vite à son bonheur pour faire le jeu d’une société qui lui crache à la gueule mais dont elle veut respecter les codes envers et contre tout. Contradiction qui ressort dans un flot de mousseline noire et blanche, en accord avec les nuances mentales du personnage inspiré par Alexandre Dumas fils. La réalisatrice vient ainsi renouer avec cette tradition qui précipitent les classiques de l’art lyrique dans les bras des grands metteurs en scène.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Luchino Visconti et Franco Zeffirelli, entre autres, avaient fait une chasse gardée du succès de Verdi, au travers de lectures absolument sidérantes de luxe et de beauté. Sofia Coppola reprend le flambeau en s’associant au couturier Valentino qui réalise les costumes du personnage principal. A l’affiche notons l’excellente Francesca Dotto, le talentueux Antonio Poli, à la baguette Jader Bignamini. On appréciera par ailleurs le côté festif de cette première représentation filmée par Francesca Nesler qui capture l’arrivée des guest stars sur un tapis rouge qui évoque celui du festival de Cannes.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ou quand l’opéra devient people ? Une manière d’attirer un nouveau public plus adepte des tabloïds et des comptes instagram de ces célébrités que mélomanes avertis ? Cette entrée en matière s’avère en tout cas bien ironique en regard du destin d’une call girl qui fait justement tout pour échapper à ce milieu avant d’aller s’y noyer sans retour possible. Violetta lost in translation &#8230;</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/068537-000-A/la-traviata-par-sofia-coppola-valentino/">https://www.arte.tv/fr/videos/068537-000-A/la-traviata-par-sofia-coppola-valentino/</a></p>
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