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	<title>shakespeare</title>
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		<title>L’Étoffe des rêves à la Halle Saint-Pierre ou le textile sauvage et insoumis</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/expo-etoffe-reves/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 11:04:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certains matériaux ne se laissent pas facilement domestiquer, le textile notamment. Longtemps relégué aux marges de l’histoire de l’art, enfermé dans les cases trop étroites de l’artisanat, du folklore ou des travaux dits « domestiques », le fil trouve pourtant son expression la plus souveraine là où on ne l’attendait pas : dans les territoires indomptés de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Certains matériaux ne se laissent pas facilement domestiquer, le textile notamment. Longtemps relégué aux marges de l’histoire de l’art, enfermé dans les cases trop étroites de l’artisanat, du folklore ou des travaux dits « domestiques », le fil trouve pourtant son expression la plus souveraine là où on ne l’attendait pas : dans les territoires indomptés de l’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=art+brut">Art Brut</a>. Jusqu’au 31 juillet 2026, la Halle Saint Pierre déploie une exposition magistrale intitulée <em>L’Étoffe des rêves</em>. Cette traversée poignante et subversive met en lumière trente-six artistes internationaux issus de l’art brut, de l’art singulier et des lisières du surréalisme. Chacun à sa façon y métamorphose la trame en un langage de résistance et d&rsquo;absolue liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le fil comme écriture de l&rsquo;urgence et de l&rsquo;intime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;Art Brut, le recours au textile naît presque toujours d’une urgence. Privés de canaux d’expression traditionnels, souvent confinés ou en rupture avec le corps social, les créateurs et créatrices se saisissent de ce qui leur tombe sous la main : des draps d’hôpitaux, des chiffons usés, des fils tirés de couvertures ou des vêtements délaissés. Le tissu devient alors le parchemin des analphabètes de l&rsquo;art officiel. Broder, tricoter ou tresser s’apparente à un rituel de réappropriation identitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où la peinture exige un outillage spécifique et un espace dédié, le textile s&rsquo;infiltre partout, se travaille dans le secret d&rsquo;un lit d&rsquo;asile ou d&rsquo;une solitude recluse. À travers les œuvres présentées, on mesure à quel point le fil agit comme un cordon ombilical reliant l&rsquo;artiste à son propre imaginaire. Chaque point de couture est une affirmation de soi, une manière de réparer un monde intérieur fragmenté. Le tissu recueille les stigmates du temps et les obsessions de l&rsquo;esprit, se muant en une matière organique vibrante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une subversion sauvage des savoir-faire traditionnels</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soulignons l’absence totale et fascinante de révérence envers les règles académiques du point de croix ou du tissage d’ornement. Les artistes invités à la Halle Saint Pierre – à l&rsquo;instar des visions de Stéphane Blanquet, de la ferveur de Barbara d&rsquo;Antuono, des architectures textiles de Nicole Bayle ou des fables populaires de Jacques Trovic – ne cherchent pas à faire « beau » selon les canons bourgeois. Ils retournent la technique contre elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La broderie se fait sauvage, les nœuds deviennent des excroissances sculpturales, le macramé ou la dentelle se distordent pour donner naissance à des paysages hallucinés ou des figures totémiques. On scrute des œuvres monumentales ou d&rsquo;une minutie extrême où la laine tuftée (comme chez Brankiça Žilovič) s&rsquo;approprie l&rsquo;espace pour dessiner des cartographies souterraines. En déviant les usages utilitaires ou décoratifs de l&rsquo;étoffe, ces créateurs abolissent la frontière obsolète entre l&rsquo;art et l&rsquo;artisanat. Le textile n&rsquo;habille plus le corps ; il devient le corps lui-même, un volume anthropomorphe, une excroissance de chair et de cris.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Matières modestes, récits grandioses : l&rsquo;esthétique du rebut</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ADN de l’Art Brut réside dans sa capacité à sublimer le rien. <em>L’Étoffe des rêves</em> en est la preuve éclatante par son recours massif aux matériaux recyclés et pauvres. Des débris de dentelles usagées, des loques suspendues, des fibres synthétiques ou naturelles s&rsquo;entrelacent pour échapper à leur condition première. Les artistes de l&rsquo;art singulier et de l&rsquo;art outsider redonnent une noblesse métaphysique à ce que la société de consommation a rejeté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque fragment de tissu exposé porte en lui une charge mémorielle, une histoire invisible que le créateur vient réactiver. En assemblant ces morceaux d&rsquo;étoffes disparates, les artistes tissent des récits collectifs autant qu&rsquo;intimes. Les fils ne servent plus à coudre un vêtement, mais à suturer des blessures historiques, politiques ou spirituelles. C&rsquo;est un médium de transmission pure, brut, qui s&rsquo;adresse directement aux sens et à l&rsquo;inconscient du visiteur, sans nécessiter de clé de lecture théorique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une déambulation au cœur du territoire onirique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La scénographie envoûtante de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=halle+saint+pierre">Halle Saint Pierre</a> invite à une véritable dérive mentale. Les œuvres textiles se déploient en suspensions narratives, en tentures imposantes ou en reliquaires secrets. Le titre même de l&rsquo;exposition, emprunté à Shakespeare, résume admirablement l&rsquo;expérience : l&rsquo;étoffe est la structure physique, le fil conducteur, tandis que le rêve est le souffle brut qui vient l&rsquo;habiter pour l&rsquo;arracher à sa pesanteur matérielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ressort de cette exposition avec la certitude que le textile possède une puissance d&rsquo;émotion et de subversion plastique inégalée. En se libérant des cadres de la toile traditionnelle, l&rsquo;Art Brut a trouvé dans le fil le plus parfait vecteur de sa liberté inconditionnelle. Une invitation à perdre le fil de vos propres certitudes pour mieux vous laisser capturer par la trame de ces songes sauvages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus consultez le <a href="https://www.hallesaintpierre.org/letoffe-des-reves/">site de la Halle Saint-Pierre</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Will : comment devenir Shakespeare en 10 épisodes</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/will-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 14:07:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ok, je ne vous cache pas qu’en visionnant le premier épisode de la série Will (2017), j’avais un brin d’anxiété. Parler de Shakespeare sans se planter est délicat pour ne pas dire impossible, sachant que la biographie du monsieur est lacunaire et que même les plus beaux films sur le sujet (ah Shakespeare in love, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ok, je ne vous cache pas qu’en visionnant le premier épisode de la série <em>Will</em> (2017), j’avais un brin d’anxiété. Parler de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare">Shakespeare</a> sans se planter est délicat pour ne pas dire impossible, sachant que la biographie du monsieur est lacunaire et que même les plus beaux films sur le sujet (ah <em>Shakespeare in love</em>, quelle merveille!) jouent avec la fiction et la fantaisie pour raconter le parcours du dramaturge le plus célèbre au monde. Donc divine surprise avec ce biopic signé entre autres talents par <a href="https://www.instagram.com/shekharkapur/">Shekhar Kapur</a> (par ailleurs papa du doublon cinématographique dédié à Elizabeth I). Un biopic résolument rock mais ça passe crème.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/iRBzBEm4HGU?si=tJf70gzQ0tqgjSvb" title="Will: Season 1 - OFFICIAL TRAILER | TNT" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/iRBzBEm4HGU?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/iRBzBEm4HGU?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Shakespeare sur un siège éjectable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Shakespeare donc en ses jeunes années (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurie_Davidson">Laurie Davidson</a>, beau à se damner), déjà marié cependant et papa, mais que la plume démange autant que les planches de ces théâtres londoniens où se font fortunes et carrières. Lâchant femme et enfants relégués dans sa Stratford natale, l’auteur en herbe rallie London City, sa brutalité, ses tentations et ses frasques. Coup du sort, il est engagé par le clan Burbage en manque de textes&nbsp;; les théâtres londoniens du XVIe siècle, c’est Netflix avant l’heure, il faut attirer un public capricieux qui ne sait où donner de la tête vu le nombre de spectacles proposés par la concurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour ça, il faut une PLUME, un tueur de l’écriture. Un Marlowe quoi&nbsp;! Sauf que Kit Marlowe, dramaturge torturé et autodestructeur a d’autres chats à fouetter (au propre et au figuré), Shakespeare a donc un bon gros boulevard devant lui pour placer ses histoires, ses répliques, son génie. Sauf que dans cette Londres en proie aux convulsions religieuses, la chasse aux catholiques est ouverte, menée par le cruel Topcliffe. Or Shakespeare est un brin catho&nbsp;; il se retrouve de fait sur un siège éjectable. Entre autres emmerdes qui jalonneront sa course à la gloire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Folie créatrice</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bon ça c’est dans les grandes lignes. Pour tout dire, on n’a jamais trop su de quel bord religieux Shakespeare était. Ce qui importe dans cette série, c’est l’atmosphère. La folie créatrice qui règne dans les troupes de théâtre, le coté chaotique de la grande ville avec ses bordels, ses voyous, sa pègre. Sa crasse, ses épidémies de peste … La violence au quotidien … La quête des grands mystères du monde … Et la naissance du théâtre comme art sur fond de question philosophique sur l’existence et ses mystères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nos chers auteurs et acteurs sont habillés plus comme des stars de rock que comme des individus lambda de l’époque, il n’en demeure pas moins qu’ils étaient les vedettes d’alors. Burbage fils (<a href="https://www.instagram.com/mattias_inwood/?hl=fr">Mattias Inwood</a> dont l’interprétation de Richard III demeurera dans les mémoires) est on ne peut plus crédible dans sa manière d’aborder la scène et les admirateurs/trices. Marlowe magnifiquement incarné par <a href="https://www.instagram.com/bowerjamie/">Jamie Campbell Bower</a> (ouiiii le terrible Vecna de <em>Stranger Things</em> !!!) a bien été cet espion complexe et torturé, fasciné par l’occulte au point d’y dédier sa plus grande pièce, son <em>Faust.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons clairs,<em> Will </em>flirte avec la fiction, ce n’est pas un biopic au cordeau&nbsp;; mais la série vaut pour la dinguerie, la liberté qu’elle véhicule, une vision assez juste de l’écosystème artistique de l’époque (la référence à l&rsquo;auteur <a href="https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-greene/#:~:text=Robert%20Greene%20fut%20un%20prosateur,anglais%20%C3%A0%20r%C3%A9diger%20son%20autobiographie.">Robert Greene</a> et aux Inns of Court est précieuse) et des joyaux dramaturgiques dont il va accoucher pour donner à l’Angleterre et au monde un théâtre d’une profondeur inégalée. Histoire de rappeler que nous n’avons rien inventé et que déjà à l’époque on faisait des séries.</p>
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		<title>Enhanced games 2026: jeux augmentés, sport sous dopage et rentabilité technofasciste</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/enhanced-games-2026-jeux-augmentes-sport-sous-dopage-et-rentabilite-technofasciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 11:41:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enhanced Games&#160;: ça vous dit quelque chose&#160;? Voici bien trois ans qu’on en parle … et ils viennent enfin d’avoir lieu ce 24 mai 2026. En grande pompe&#160;! Au coeur du Resorts World de Las Vegas avec une arène érigée spécialement pour l’occasion. L’event a accueilli les disciplines classiques présentes dans toute compétition internationale qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Enhanced_Games">Enhanced Games</a>&nbsp;: ça vous dit quelque chose&nbsp;? Voici bien trois ans qu’on en parle … et ils viennent enfin d’avoir lieu ce 24 mai 2026. En grande pompe&nbsp;! Au coeur du Resorts World de Las Vegas avec une arène érigée spécialement pour l’occasion. L’event a accueilli les disciplines classiques présentes dans toute compétition internationale qui se respecte, natation, athlétisme, haltérophilie, avec une petite nuance cependant&nbsp;: ces <em>Jeux augmentés </em>autorisent, encouragent, recommandent, encadrent, financent, médiatisent, chantent les louanges … du dopage. Vous avez bien lu&nbsp;!!!!</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Le dopage donc, vendu à grand renfort de paillettes (le choix de Las Vegas n’a rien d’anodin) comme une avancée historique, un progrès pour l’humanité, une manière de s’absoudre des règles du sport afin de miser sur l’humain augmenté, parfaite émanation de la philosophie transhumaniste. On hurle, de joie pour certains, d’horreur pour d’autres, de colère pour les gens encore sains d’esprit. Foutage de gueule d’ampleur pharaonique dans une Amérique biberonnée à la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a> attitude&nbsp;? Il y a de ça. Explications … et un brin de réflexion.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/1ugLc-99xYU?si=JW_m-x168BqA15Bh" title="The Enhanced Games | Memorial Day Weekend 2026 | Las Vegas" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/1ugLc-99xYU?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/1ugLc-99xYU?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Court-circuiter le modèle olympique</h2>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Réflexion qui débute par le décorticage de la genèse du projet. Juin 2023&nbsp;: annonce en fanfare de l’event par son initiateur l&rsquo;Australien <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/05/13/aron-d-souza-l-entrepreneur-de-la-tech-qui-reve-de-jeux-entre-sportifs-boostes-aux-substances-dopantes_6605653_3210.html">Aron D&rsquo;Souza</a>, tech entrepreneur quadra sorti tout droit de l’université d’Oxford pour agiter l’oriflamme de la philosophie libertarienne. Sa déclaration officielle sur fond de stroboscope et de house musique revendique le caractère disruptif de son projet, pour le monde sportif, pour l&rsquo;humanité (<a href="https://africa.espn.com/olympics/story/_/id/45257341/ped-use-allowed-new-enhanced-games-set-2026">Africa.espn.com</a>). Sa source d’inspiration&nbsp;? Un article de 2004 publié dans le <em>British Journal of Sports Medicine</em>, intitulé <em><a href="https://bjsm.bmj.com/content/38/6/666">Why we should allow performance enhancing drugs in sport</a></em>, signé par trois chercheurs, Julian Savulescu, Bennett Foddy et Megan Clayton (<a href="https://www.spe15.fr/les-enhanced-games-les-jeux-augmentes-ou-jeux-du-dopage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">spe15</a>).</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Un peu mince comme caution scientifique, pas des masses vérifié, bancal mais on sait tous que dans la tech «&nbsp;Fake it until you make it&nbsp;». Agitant cet article comme une vérité absolue, D’Souza se propose alors de court-circuiter (et faire imploser au passage) le modèle olympique, jugé « <em>hypocrite, corrompu et dysfonctionnel</em> », et de faire de l’augmentation de l’être humain &#8211; <em>human enhancement</em> – un atout pour les athlètes &#8230; avant d’élargir les bienfaits de l&rsquo;industrie médicale convoquée à l’humanité tout entière, enfin ceux qui pourront payer car on se doute bien que cela ne sera pas gratuit (<a href="https://www.spe15.fr/les-enhanced-games-les-jeux-augmentes-ou-jeux-du-dopage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">spe15</a>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Beaucoup de bruit pour rien</h2>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Traduction en langage padméen&nbsp;: on met en place un superbe event bien rutilant (+ tout l&rsquo;arsenal de communication nécessaire, site web magnifique, réseaux sociaux survitaminés, bref la totale) avec une blinde de sportifs dopés jusqu’à la moelle (42 en tout, c&rsquo;est pas énorme mais bon faut bien débuter dans la vie) &#8211; et sous contrôle d’une &nbsp;Commission médicale et scientifique indépendante (soi-disant) &#8211; avec les substances interdites par l&rsquo;Agence mondiale antidopage, à savoir testostérone EPO, anabolisants et stéroïdes. Héroïne et GHB sont interdits mais bon, vu qu’il n’y aura pas de contrôle anti-dopage, c’est open bar.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Secret médical oblige, on ne saura rien des produits pris par les concurrents ou des doses administrées. Opacité totale mais quand même on se couvre&nbsp;; <a href="https://www.lequipe.fr/Tous-sports/Actualites/Qu-est-ce-que-les-enhanced-games-ces-jeux-qui-encouragent-les-athletes-a-se-doper/1563753"><em>L’Équipe</em></a> rapporte&nbsp;: <em>«&nbsp;Dans un document récapitulatif distribué à la presse cette semaine, à la question&nbsp;«&nbsp;Que se passe-t-il si un athlète meurt pendant la compétition ou à l&rsquo;entraînement&nbsp;?&nbsp;», les créateurs des Jeux améliorés répondent&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Le progrès humain comporte des risques et le sport de haut niveau ne fait pas exception&nbsp;».</em> Et les participants de passer du rang de dieu des stades à celui de rat de labo&nbsp;? D’après vous&nbsp;? </p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">En tout cas, aucun n’a cassé la baraque en matière de record. Les résultats, en termes strictement athlétiques, ont déçu. Passons sur le coureur américain Fred Kerley qui n’a pu exploser le record d’Usain Bolt malgré ses promesses (il a bouclé son 100 mètres en 9 »97, contre les 9 »58 du sprinter jamaïcain ou son propre temps aux J.O. de Paris à savoir 9 »81 (<a href="https://fr.euronews.com/sante/2026/05/26/enhanced-games-recit-de-la-nuit-la-plus-controversee-du-sport" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Euronews</a>). Pas glorieux, glorieux donc sachant que certains participants non dopés ont gagné des épreuves face à des sportifs qui l’étaient, ainsi Tristan Evelyn, athlète de la Barbade, qui a remporté le 100 m … sans béquille chimique (<a href="https://www.ledevoir.com/sports/982967/disent-enhanced-games-notre-rapport-sport?utm_medium=Social&amp;utm_campaign=Autopost&amp;utm_source=Bluesky#Echobox=1779820710">Le Devoir</a>).</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">LA performance de la soirée est venue du nageur grec Kristian Gkolomeev, vainqueur du 50 mètres nage libre en 20 »81, soit seulement 0,07 seconde de mieux que le record du monde légal établi par l&rsquo;Australien Cameron McEvoy. Beaucoup de bruit pour rien, prophétisait Shakespeare. Le nageur a néanmoins reçu la prime d&rsquo;un million de dollars promise au vainqueur, c’est toujours ça de gagné. Mais le record ne sera pas homologué — Gkolomeev portait une combinaison en polyuréthane bannie par World Aquatics, en plus des substances interdites. Par ailleurs, des enquêteurs amateurs ont rapidement mis en doute la fiabilité du chronométrage. Les <a href="https://www.enhanced.com/">Enhanced Games</a> ont balayé ces accusations, les qualifiant de « <em>totalement infondées, de la bouillie de l&rsquo;internet</em> » dixit <a href="https://fr.euronews.com/sante/2026/05/26/enhanced-games-recit-de-la-nuit-la-plus-controversee-du-sport">EuroNews</a>. Commode.</p>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/05/The-ARtchemists-site-Enhanced.jpg" alt="page de vente du site enhanced" class="wp-image-38625"/></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">La tech libertarienne en embuscade</h2>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">En résumé, on tire un trait sur la pluie de records annoncés. Se bourrer de saloperies pour améliorer ses compétences physiques ? Un leurre. Un leurre soutenu, et c’est là le côté intéressant, par une grande partie de la tech. Direction les coulisses de l’événement. D’Souza n’est pas monté seul à l’assaut. Dans son sillage une flopée de personnalités issues du sport qui jouent les cautions morales, je cite&nbsp;: «<em>Rick Adams, passé par le Comité olympique américain, Dan Turner, ex-directeur de la performance chez Red Bull, ou Timothy Phelan, ancien dirigeant chez Nike. Dans la Commission des athlètes qu&rsquo;il est parvenu à monter, on retrouve notamment le nageur sud-africain Roland Schoeman, triple médaillé olympique à Athènes en 2004 (et contrôlé positif à un produit prohibé en 2019) et la bobeuse canadienne Christina Smith, qui a participé aux JO 2002</em>&nbsp;» (merci <a href="https://www.lequipe.fr/Tous-sports/Actualites/Qu-est-ce-que-les-enhanced-games-ces-jeux-qui-encouragent-les-athletes-a-se-doper/1563753">L’Equipe</a>). &nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Et puis il y a les financeurs. Et là ça devient trèèèèèèès intéressant. Les Enhanced Games sont privés, pas un sou d’argent public (manquerait plus que ça), une société baptisée Enhanced Group servant de support économique. Qui a payé&nbsp;? Parmi l’aréopage de business angels et pontes de la tech qui ont mis la main au porte-feuille, on trouve un certain Donald Trump Jr. par le truchement du fonds 1789 Capital, Junior qui apparaît du reste dans la vidéo de promo de l’event. Et puis comptons aussi sur Peter Thiel, l&rsquo;idéologue libertarien de la Silicon Valley, chantre du technofascisme et financier des campagnes de Trump senior. Le monde est petit, isn’t it&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un business d&rsquo;avenir ?</h2>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Et parfois très avantageux. <a href="https://www.numerama.com/sciences/2259609-les-jo-sous-steroides-ont-eu-lieu-voici-pourquoi-le-dopage-ne-fait-pas-de-miracles.html">Numerama</a> précise <em>«&nbsp;Enhanced Group, introduite en Bourse via un SPAC, dont la valorisation a dépassé le milliard de dollars avant même la première course&nbsp;» </em>et 200 millions de dollars de liquidités pour l&rsquo;avenir.<em> </em>La manœuvre a réussi, et D’Souza peut se frotter les mains, son affaire est en rail, avec des promesses non négligeables de rentabilité, dixit <a href="https://www.barchart.com/">Barchart</a>&nbsp;: «&nbsp;<em>Founded in 2023 by Executive Chairman Christian Angermayer, Co-Founder and CEO Maxmillian Martin and Dr. Aron D&rsquo;Souza, Enhanced challenges conventional sporting norms by embracing regulated medicine and science to push human potential while prioritizing safety, transparency and innovation&nbsp;</em>» que je traduirai par «&nbsp;<em>Fondée en 2023 par Christian Angermayer, président exécutif, Maxmillian Martin, cofondateur et PDG, et le Dr Aron D&rsquo;Souza, Enhanced remet en question les normes sportives traditionnelles en s&rsquo;appuyant sur la médecine et la science pour repousser les limites du potentiel humain, tout en accordant la priorité à la sécurité, à la transparence et à l&rsquo;innovation&nbsp;</em>».</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Petit plus mais ça fait la différence ; à l&rsquo;heure où je relis cet article, Maxmillian Martin vient de communiquer via son <a href="https://maximilianbmartin.substack.com/p/the-inaugural-enhanced-games">Substack</a> les retombées de cette première édition. Outre les nombreux records selon lui battus (il faut bien sauver la face), l&rsquo;event, qui a été diffusé dans 100 millions de foyers américains et devant 375 millions d&rsquo;internautes via le web et 180 créateurs de contenus partenaires, a également engrangé 32 millions de dollars de sponsoring (pas énorme au vu des sommes dépensées pour l&rsquo;event), et attiré l&rsquo;intérêt de nouveaux alliés commerciaux, suffisamment en tout cas pour envisager une édition 2027. Clairement, ce business a de l&rsquo;avenir &#8230; ou le croit fortement. Les dividendes à venir se trouvent peut-être ailleurs, dans la page de vente des <a href="https://www.enhanced.com/live-enhanced?categories=men">produits de la marque Enhanced</a> par exemple (100 $ en moyenne le flacon), page à laquelle on accède par le biais du site présentant la compétition. Comme c&rsquo;est pratique.</p>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/05/The-ARtchemists-produits-enhanced.jpg" alt="produits vendus sur le site enhanced" class="wp-image-38626"/></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">Biohacking et domination</h2>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Eh oui, l&rsquo;arrière-boutique du sport augmenté est en fait un marché de la performance pharmacologique juteux, avec en toile de fond un glissement sociétal inquiétant.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Depuis une décennie au moins, le complexe idéologique de la Silicon Valley — le transhumanisme déguisé en pragmatisme, l&rsquo;optimisation vendue comme liberté — s&rsquo;attaque méthodiquement à toutes les limites de l&rsquo;humain, cognitives avec le <em>biohacking</em>, émotionnelles avec les thérapies de microdosage de psychédéliques, physiques avec les Jeux augmentés. La logique est toujours la même : le corps tel qu&rsquo;il est constitue un problème à résoudre, un bug dans le code de l&rsquo;espèce.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Constat profondément révélateur, cette vision trouve un écho immédiat dans le discours politique actuellement porté par Trump et son entourage. Ce n&rsquo;est pas un hasard si l&rsquo;événement est programmé le week-end du Mémorial Day, férié et hautement symbolique de la grandeur américaine puisqu&rsquo;on y célèbre les soldats décédés au champ d&rsquo;honneur. Donald Trump Jr., en tant qu&rsquo;investisseur, a déclaré que les Enhanced Games représentaient « <em>l&rsquo;avenir — une vraie compétition, une vraie liberté et de vrais records battus</em> »&nbsp;; cela s&rsquo;inscrit dans ce que le mouvement MAGA a le plus à cœur : « <em>l&rsquo;excellence, l&rsquo;innovation et la domination américaine sur la scène mondiale</em> » (<a href="https://www.spe15.fr/les-enhanced-games-les-jeux-augmentes-ou-jeux-du-dopage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">spe15</a>). La domination. L&rsquo;athlète augmenté est un outil de puissance nationale et d&rsquo;hégémonie de marché. Cela ne vous rappelle rien&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des pratiques à risques</h2>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">De la <a href="https://www.franceinfo.fr/replay-magazine/franceinfo/l-heure-americaine/etats-unis-qu-est-ce-que-la-mar-a-lago-face_7048322.html">Mar-a-lago face</a> à l’homme augmenté, il n’y a qu’un pas&nbsp;? Il semblerait même que cela soit un tout, dont les Enhanced Games se font le porte-voix, zappant la dangerosité de la chose. La communauté médicale a d’ailleurs réagi au quart de tour, dixit <a href="https://fr.euronews.com/sante/2026/05/26/enhanced-games-recit-de-la-nuit-la-plus-controversee-du-sport" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Euronews</a>. Professeur Rob Aughey, responsable des sciences du sport à la Federation University Australia, Dre Catherine Norton, professeure associée en nutrition du sport à l&rsquo;université de Limerick, professeur associé Kagan Ducker, de l&rsquo;université Curtin, tous pointent du doigt&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li class="has-medium-font-size">les risques qu’implique la prise de substances, des risques physiques (hypertension, croissance cardiaque anormale, lésions rénales et hépatiques, ruptures musculaires) et psychologiques (addiction, psychose, agressivité) ;</li>



<li class="has-medium-font-size">le danger du cumul de plusieurs substances à fortes doses, souvent à des niveaux bien supérieurs aux recommandations thérapeutiques, dans des environnements où la pression pour repousser sans cesse les limites fait partie intégrante du modèle lui-même ;</li>



<li class="has-medium-font-size">l’impact mortifère chez les jeunes et les sportifs amateurs, aveuglés par les promesses mirifiques de ces produits.</li>
</ul>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Autre souci d’ordre éthique&nbsp;: les récompenses promises pour attirer des sportifs issus de milieux socio-économiques défavorisés et ne disposant que de peu de moyens, dans des recherches rémunérées qui ne disent pas leur nom.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Spectacle de clowns</h2>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Pour couronner le tout et à raison, l&rsquo;Agence mondiale antidopage est monté aux créneaux, qualifiant l’event de « dangereux et irresponsable », menaçant de soumettre les athlètes concernés à des contrôles afin de « protéger l&rsquo;intégrité du sport légitime » dixit <a href="https://theconversation.com/the-enhanced-games-dangerous-clown-show-or-a-wake-up-call-for-traditional-sport-283348">The Conversation</a> qui ajoute&nbsp;: «&nbsp;<em>The International Olympic Committee (IOC) also issued a formal statement&nbsp;<a href="https://www.insidethegames.biz/articles/1153775/wada-ioc-call-enhanced-games-immoral"><u>calling the games</u></a>&nbsp;“utterly irresponsible and immoral … a betrayal of everything we stand for”. Travis Tygart, CEO of the US Anti-Doping Agency dismissed the Enhanced Games as&nbsp;“a dangerous clown show</em>”, traduction «&nbsp;<em>Le Comité international olympique (CIO) a également publié une déclaration officielle qualifiant ces Jeux de « totalement irresponsables et immoraux […] une trahison de tout ce que nous défendons ». Travis Tygart, directeur général de l&rsquo;Agence antidopage des États-Unis, a qualifié les « Enhanced Games » de « spectacle de clowns dangereux </em>».</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Spectacle de clowns … D’Souza a rétorqué bien sûr, soulignant l’hypocrisie de ces entités. La newsletter de Maximilian Martin, citée plus haut, enfonce le clou. A leur suite les supporters de cette nouvelle approche qui se veut à la fois révolutionnaire, et, on s’en doute, lucrative. Que l&rsquo;on soit favorable ou non au principe de l&rsquo;augmentation pharmacologique — il y a là un débat éthique réel, ne nous voilons pas la face — il faut du moins nommer clairement ce qui est en jeu : l&rsquo;être humain conçu comme actif financier, un prototype perfectible côté en bourse. Des sportifs corvéables à merci, dont la santé n’est guère un souci pour ces investisseurs obsédés par le fric et la disruption d’un monde qui se passerait bien de pareilles mutations. Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous ? Certes, mais à force, ça commence à sérieusement peser de se faire ainsi prendre pour une truffe.</p>
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		<title>Le mystère Cléopâtre à l’IMA : décryptage d’une légende décriée</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/expo-mystere-cleopatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 10:16:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Belle, séduisante, Cléopâtre, son nez, ses amants, sa mort tragique et courageuse… la vérité ou le mythe&#160;? Depuis le 11 juin 2025, l’IMA avec l’exposition Le mystère Cléopâtre propose d’y voir plus clair au travers d’un parcours dense, labyrinthique, à la hauteur de celle qui sut défier Rome. Jusqu’au 11 janvier 2026, les visiteurs sont [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARtchemists-expo-Cleopatre.jpg" alt="affiche de l'expo Cléopâtre à l'IMA" class="wp-image-38347" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARtchemists-expo-Cleopatre.jpg 400w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARtchemists-expo-Cleopatre-192x288.jpg 192w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/10/The-ARtchemists-expo-Cleopatre-329x494.jpg 329w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Belle, séduisante, Cléopâtre, son nez, ses amants, sa mort tragique et courageuse… la vérité ou le mythe&nbsp;? Depuis le 11 juin 2025, l’IMA avec l’exposition <em>Le mystère Cléopâtre</em> propose d’y voir plus clair au travers d’un parcours dense, labyrinthique, à la hauteur de celle qui sut défier Rome. Jusqu’au 11 janvier 2026, les visiteurs sont conviés à une enquête sensible : que reste-t-il de la dernière reine d’Égypte, entre les ruines et les fantasmes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Penser le pouvoir des images</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les commissaires de l’exposition, Claude Mollard et Christian-Georges Schwentzel, sont partie de la problématique suivante : <em>comment une femme a-t-elle pu devenir à ce point une icône, au point d’éclipser sa réalité historique ? </em><em>En effet, d</em>ès le début du parcours, le ton est donné : ce n’est pas <em>une</em> Cléopâtre que le visiteur va rencontrer, mais toutes les Cléopâtre qui ont jalonné l’Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faits archéologiques, récits antiques, œuvres d’interprétation&nbsp;: entre monnaies à son effigie, bustes ptolémaïques, papyrus officiels, affiches de films, costumes de théâtre, extraits d’opéras, le visiteur se perd. Normal car la grande reine n’a survécu au fil des siècles dans les mémoires que par la parole des vainqueurs. Pour retrouver un fil directeur digne de confiance, il s’agit de faire dialoguer toutes ces émanations. Et de les démystifier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une campagne de dénigrement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Romains d’abord, évidemment. En 31 av. J.-C., Cléopâtre VII n’est plus la souveraine cultivée et politique redoutable que décrivent les sources égyptiennes : elle devient la « sorcière orientale », corruptrice d’Antoine, ennemie de Rome. Auguste orchestre sa déchéance symbolique : il efface son nom des temples, la transforme en figure du vice, en contre-modèle féminin. Cette campagne de dénigrement perdurera pendant des siècles — jusqu’à Shakespeare, jusqu’à Hollywood.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition montre comment cette image s’est infiltrée dans la culture occidentale : la Cléopâtre de Joseph Mankiewicz (Elizabeth Taylor, 1963) est une déesse de studio, plus glamour que politique ; celle de Pascal ou de Shaw incarne la femme fatale et la muse intellectuelle ; celle de la Renaissance symbolise la chute du monde antique. À chaque époque, la même question revient : Cléopâtre, génie stratégique ou femme manipulatrice ? Amoureuse tragique ou souveraine machiavélique ? Le parcours refuse de trancher, et c’est sa grande force.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre mythe et archéologie : un équilibre fragile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les pièces exposées rappellent pourtant une réalité moins romanesque mais bien plus éclatante : Cléopâtre parlait neuf langues, négociait avec César et Antoine, gérait une administration complexe, tentait de maintenir l’indépendance égyptienne dans un monde dominé par Rome.<br />Les monnaies frappées à son effigie révèlent une femme au visage fin, volontaire, sans les canons de beauté idéalisés — preuve qu’elle s’imposait davantage par son charisme que par son apparence.<br />Des papyrus administratifs, des fragments de rituels religieux, des bustes brisés : autant de traces ténues, mais tangibles, d’une souveraine ancrée dans le réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste entre la pauvreté des sources matérielles et la prolifération des images crée une tension fascinante. L’IMA la traite sans hiérarchie : les mythes ne sont pas relégués au rang de mensonges, mais replacés dans la longue histoire de la fascination pour cette femme de pouvoir.<br />Ainsi, un trône vide clôt symboliquement le parcours — comme pour dire : <em>l’histoire s’est effondrée, mais le mythe tient encore debout.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La Cléopâtre des autres : réinventions et résistances</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, c’est la richesse des réappropriations contemporaines. Des artistes arabes et africains en font une figure d’émancipation : symbole de puissance féminine, de souveraineté intellectuelle, de résistance culturelle. Des créatrices féministes la détournent pour dénoncer les stéréotypes : Cléopâtre n’est plus “celle qui séduit”, mais “celle qui décide”. L’exposition donne à voir ces métamorphoses sans jugement, dans une pluralité d’esthétiques : installations, photographies, vidéos, performances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le mythe de Cléopâtre devient miroir du XXIe siècle : comment raconter le féminin, le pouvoir, l’identité, la colonisation ? L’IMA prolonge le débat par des tables rondes et des ateliers qui croisent histoire antique et enjeux de représentation. Et c’est là que l’exposition devient politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une reine toujours vivante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Cléopâtre de 2025 n’est plus une héroïne antique. C’est une figure de projection collective, un champ de bataille entre mémoire et imagination. En s’attaquant à son « mystère », l’Institut du monde arabe ne cherche pas à résoudre une énigme, mais à questionner la fabrication du mythe.<br />Car le véritable sujet ici, ce n’est pas Cléopâtre — c’est la manière dont une société construit ses héroïnes, les détruit, puis les ressuscite à sa convenance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ressort de l’exposition avec la sensation d’avoir feuilleté un immense palimpseste : sous la poussière des siècles, des visages apparaissent, se superposent, se délitent. Et si, au fond, Cléopâtre était moins une femme qu’un langage ? Entre vestiges et fantasmes, <em>Le mystère Cléopâtre</em> fait bien plus que raconter une histoire antique : il raconte notre besoin de mythe, notre rapport au pouvoir, notre fascination pour les figures féminines qui échappent à toute définition. Dans les couloirs de l’IMA, la reine d’Égypte continue de régner — souveraine d’un empire fait d’images, de mots et de silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le site de l’<a href="https://www.imarabe.org/fr">IMA</a>.</p>
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		<title>Mobland : « power is a hungry thing »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-mobland/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Sep 2025 09:41:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mobland</em>&nbsp;: rien que le casting de la série est jubilatoire. Tom Hardy, Helen Mirren, Pierce Brosnan, Paddy Considine, Joanne Froggatt, Mandeep Dhillon, Lara Pulver, Geoff Bell, Janet McTeer, Toby Jones, Anson Boon, Alex Jennings et j’arrête là vu la longueur de liste qui n’affecte en rien la qualité d’acteurs de haut vol menés bielle en tête par Ronan Bennet avec à la prod un certain Guy Ritchie. Autant dire que <em>Mobland</em> rien que par son affiche met la barre haut. Et la série est au rendez-vous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/ykMMkvOJFoo?si=LMHdmtngTJILddG-" title="MobLand | Bande-annonce VOSTFR - Paramount+" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ykMMkvOJFoo?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/ykMMkvOJFoo?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quand le pouvoir se fissure</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un petit pitch&nbsp;: le clan Harrigan règne en maître sur la pègre londonienne depuis des années. Mais comme toute famille régnante, il arrive un moment où le pouvoir se fissure. <em>Mobland </em>évoque ce craquellement aux allures de bombardement atomique. Car le clan Harrigan a construit son empire sur la violence, le sang, la terreur et la folie. «&nbsp;Power is a hungry thing&nbsp;» est le moto du patriarche, et cela reflète la mentalité à l’oeuvre dans cette parentèle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le dire clairement, ils sont tous ou complètement dingues tendance psychopathe (les grands parents et le petit dernier) ou très abîmés psychiquement (tous les autres, pièces rapportées y compris). Forcément, quand le fils du clan rival, les Bell pour ne pas les nommer, est retrouvé en petits morceaux, la guerre éclate, féroce, le pouvoir est contesté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu de ce joyeux et très saignant bordel, Harry Da Souza, l’homme à tout faire des Harrigan, tente de tempérer les choses. Compliqué vu qu’en plus de gérer les coups de folie des membres de cette meute (et leurs très nombreuses trahisons), Harry doit essayer de sauver son couple, sa vie de famille. Pas évident évident&nbsp;: quand on bosse pour les Harrigan, on n’a pas de vie perso, elle est forcément bouffée par les errements de cette bande de fous sanguinaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là que se pose la question&nbsp;: pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;? Par loyauté viscérale&nbsp;? Par sens des responsabilités (il faut bien quelqu’un pour canaliser ces fauves et il est visiblement le seul à y parvenir)&nbsp;? Par goût du fric (le job est dangereux mais il paie)&nbsp;? Ou y a-t-il autre chose&nbsp;? Lien caché, stratégie de l’ombre, tout le monde s’interroge, les Harrigan en premier. Car Harry est courtisé par les autres gangs, ses talents, sont précieux, sa retenue et son efficacité appréciées, sa perspicacité et sa diplomatie respectée. Alors pourquoi&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragédie royale et thérapie familiale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question s’infiltre partout dans une intrigue à rebondissements multiples particulièrement violents, propres à l’univers tissé par Ritchie depuis son premier film <em>Crimes, arnaques et botanique</em>. Sauf qu’ici, l’humour cède le pas à la tragédie royale façon Shakespeare, à la thérapie familiale en mode Ari Aster. Imaginez le mélange pour le moins explosif qui en résulte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur fond de règlements de compte entre clans mafieux, Ronan Bennet autopsie les rouages grippés d’une famille rongée par les non-dits, les secrets. Imaginez <em>Secrets and lies</em> de Mike Leigh mais avec des lames de rasoir, des armes d’assaut et des tronçonneuses. Le tout pulsé par une bande-son de dingue, un générique d’anthologie scandé par le magnifique et très retors «&nbsp;Starbuster&nbsp;» de Fontaine D.C. (rarement une chanson n’a autant collé au sujet d’une fiction, lui intimant une signature mélodique propre).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà. Arrêtez de me lire, regardez <em>Mobland</em>, savourez la jouissance des acteurs qui s’éclatent dans ce jeu de massacre, c’est juste palpable. Profitez de cet OVNI qui bousille les genres, et priez très fort qu’on n’annule pas la seconde saison.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Séries et géopolitique : comprendre le monde par la fiction</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/geopolitique-series-livres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 08:21:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La géopolitique fait peur. Elle semble complexe, truffée de cartes, de conflits, de stratégies nébuleuses, réservée aux experts. Pourtant, elle s’infiltre partout : dans nos vies, dans nos débats, dans nos écrans. Et de plus en plus, dans nos séries. Deux ouvrages parus à quelques années d’écart en offrent la preuve éclatante : La géopolitique [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.theartchemists.com/?s=g%C3%A9opolitique">géopolitique</a> fait peur. Elle semble complexe, truffée de cartes, de conflits, de stratégies nébuleuses, réservée aux experts. Pourtant, elle s’infiltre partout : dans nos vies, dans nos débats, dans nos écrans. Et de plus en plus, dans nos séries. Deux ouvrages parus à quelques années d’écart en offrent la preuve éclatante : <em>La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Mo%C3%AFsi">Dominique Moïsi</a> (<a href="https://editions.flammarion.com/">Flammarion</a>, 2017) et <em>J’assure en géopolitique grâce aux séries</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginie_Martin">Virginie Martin</a> et <a href="https://x.com/pialougo?lang=es">Anne-Lise Melquiond</a> (<a href="https://www.deboecksuperieur.com/">De Boeck Supérieur</a>, 2023). Deux approches différentes, deux tonalités distinctes, mais un même constat : les séries ne racontent pas seulement des histoires, elles cartographient nos angoisses, nos tensions, nos fractures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la fiction capte l’air du temps</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dominique Moïsi</strong> ne s’embarrasse pas de définitions académiques. Il observe. Il analyse. Il décortique. Et ce qu’il voit dans les séries post-11 septembre, c’est une montée brutale de la peur. Peur du chaos (<em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=game+of+thrones">Game of Thrones</a></em>), peur du terrorisme (<em>Homeland</em>), peur de la fin de la démocratie (<em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-house-cards-thriller-politique-tatcher-shakespeare/">House of Cards</a></em>), peur de l’autre (<em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-occupied-norvege/">Occupied</a></em>). Peur d’un ordre ancien qui vacille (<em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-downtown-abbey/">Downton Abbey</a></em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Moïsi, les séries sont les sismographes émotionnels de notre temps. Le propos est limpide : les séries nous parlent du monde tel qu’il est… ou tel que nous le percevons. Elles ne se contentent pas de refléter l’actualité. Elles façonnent notre compréhension des événements, de l’histoire, des puissances. En cela, elles sont politiques. Et donc géopolitiques. Avec une bonne touche de <a href="https://www.theartchemists.com/soft-power/">soft power</a>&nbsp;?</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/livre-game-thrones-serie-histoire/">Game of Thrones – De l’Histoire à la série&nbsp;: la somme de notre patrimoine historique&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-casus-boloss-conflit/">Casus Boloss&nbsp;: tu l’as vu, mon gros conflit, hein, tu l’as vu ?</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Pédagogie pop : apprendre la géopolitique avec Netflix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Côté De Boeck, le ton est plus didactique, mais tout aussi percutant. Dans <em>J’assure en géopolitique grâce aux séries</em>, Martin et Melquiond partent des séries que tout le monde connaît (ou presque) pour enseigner les grandes notions géopolitiques contemporaines. Ici, <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=the+crown">The Crown</a></em> devient une leçon sur la décolonisation, <em>Fauda</em> un décryptage du conflit israélo-palestinien, <em>Borgen</em> un miroir des enjeux écologiques, <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=narcos">Narcos</a></em> une plongée dans la géoéconomie des cartels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tout est organisé en 15 chapitres clairs, assortis de définitions, cartes, dates clés. Ce n’est pas un gadget pédagogique, mais un outil sérieux, bien structuré, qui permettra aux étudiants comme aux curieux de s’approprier un savoir qui peut sembler aride. Grâce à la familiarité des séries, la géopolitique devient ainsi accessible. Et surtout, elle prend du sens, de la consistance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux visions, un même objectif : rendre le monde lisible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux livres se complètent admirablement. Moïsi livre une lecture émotionnelle du monde à travers le prisme des récits télévisés. Martin et Melquiond offrent une grille de lecture analytique, avec rigueur et méthode. Ensemble, ils montrent que :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les séries sont des instruments de compréhension du monde.</li>



<li>Elles reflètent les rapports de force, les fractures culturelles, les dynamiques géostratégiques.</li>



<li>Elles véhiculent aussi des idéologies, des peurs, des récits d&rsquo;identité ou de puissance.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi c’est crucial aujourd’hui</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde en mutation rapide, où les conflits se multiplient, où les alliances changent, où l’info se dilue dans les réseaux, maîtriser la géopolitique n’est plus une option. C’est une nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non pour devenir expert en stratégie militaire, mais pour :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>comprendre ce qui se joue entre les lignes des journaux (ou des tweets),</li>



<li>repérer les dynamiques de pouvoir derrière les discours,</li>



<li>décrypter les récits géopolitiques cachés dans nos divertissements.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Et si les séries peuvent nous y aider, pourquoi s’en priver ? À condition de garder un œil critique, de ne pas confondre fiction et réalité, et de croiser les regards. Ce que font, chacun à leur manière, Moïsi, Martin et Melquiond.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En conclusion : binge-watcher le monde&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, on peut apprendre en regardant des séries. À condition de savoir ce qu’on regarde, et pourquoi. Les séries ne sont pas neutres. Elles racontent le monde – ou du moins, une vision du monde. Les décrypter, c’est apprendre à penser, à questionner, à résister aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, que vous soyez fan de <em>Narcos</em>, de <em>The Handmaid’s Tale</em>, de <em>Fauda</em> ou de <em>Succession</em>, ces deux livres sont là pour vous tendre une boussole. Et vous rappeler que dans chaque épisode, il y a bien plus qu’un rebondissement : il y a un morceau du réel à déchiffrer.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Jane Austen a gâché ma vie : « passer consciencieusement à côté de son existence »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/jane-austen-a-gache-ma-vie-chronique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 11:33:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Attention titre trompeur&#160;: Jane Austen a gâché ma vie peut sembler un pamphlet grinçant et amer contre l’idéal romantique. Il n’en est rien. Au contraire, ce premier long-métrage signé Laura Piani est une comédie romantique, aussi délicate et intelligente que drôle, jouant habilement avec l’héritage austenien tout en racontant une quête personnelle plus universelle. Un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Attention titre trompeur&nbsp;: <em>Jane Austen a gâché ma vie</em> peut sembler un pamphlet grinçant et amer contre l’idéal romantique. Il n’en est rien. Au contraire, ce premier long-métrage signé <a href="https://www.imdb.com/fr/name/nm8279997/">Laura Piani</a> est une comédie romantique, aussi délicate et intelligente que drôle, jouant habilement avec l’héritage austenien tout en racontant une quête personnelle plus universelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/uoiW2NggkCw?si=clMdRGSwMnPwUfqT" title="JANE AUSTEN A GÂCHÉ MA VIE - bande-annonce officielle" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/uoiW2NggkCw?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/uoiW2NggkCw?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un voyage intérieur aussi farfelu que poétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Agathe (Camille Rutherford), trentenaire maladroite, passionnée de Jane Austen, est libraire chez Shakespeare &amp; Co. à Paris. Comme les héroïnes austeniennes qu’elle adore, elle s’embourbe dans une routine sans surprise — professionnelle, personnelle, affective, convaincue qu’elle est que la vie réelle ne peut être aussi riche que les récits de ses romans préférés. Elle s’essaye à l’écriture. Mais cela l’angoisse plus que cela ne l’inspire : aucun mot, ni amour, ne s’anime sous sa plume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Blocage dans le sillage d’un deuil douloureux dont elle ne s’est jamais remise, Agathe, comme elle l’explique elle-même «&nbsp;passe consciencieusement à côté de son existence&nbsp;». Jusqu’au jour où son mailleur ami, Félix (<a href="https://www.instagram.com/pablopauly/?hl=fr">Pablo Pauly</a>) envoie en secret son manuscrit à la Jane Austen Writers Residency en Angleterre. Contre toute attente, Agathe est acceptée. Ce départ marque le début d’un voyage intérieur aussi farfelu que poétique.</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-enfants-paradis-marcel-carne/">Les Enfants du Paradis : théâtre, amour et poésie</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-senso-visconti/">Senso&nbsp;: la saveur vraie du romantisme</a></li>
</ul>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Entre quiproquos et rapprochements</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’arrivée dans cette demeure austère perdue au milieu de la campagne britannique, ne s’opère pas dans le calme. Remarques malhabiles, panne de voiture, l’ambiance se fait vitre romantique avec un grand R. Accueillie par Oliver (<a href="https://www.instagram.com/mrcharlieanson/?hl=fr">Charlie Anson</a>), petit neveu de la célèbre romancière et lui-même en crise existentielle, Agathe se perd dans ce manoir aux salons feutrés, entre discussions avec d’autres auteurs et bal costumé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor, l’atmosphère, tout est rassemblé pour qu’une idylle se tisse, quand surgit le meilleur ami, transi lui-aussi d’amour pour la maladroite mais si attachante Agathe. Il va falloir choisir entre ces deux figures masculines, dans une tension romantique qui rappelle les meilleurs passages d’Austen, entre quiproquos et doux rapprochements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Blocage créatif</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue <em>Jane Austen a gâché ma vie</em>, c’est la véritable importance accordée au blocage créatif de l’héroïne. Le film donne à voir le courage de celle qui doit se battre contre elle-même avant de trouver les mots, surtout de les dire aux autres. Ne plus se cacher, ne plus se détester&nbsp;: le dilemme est là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit fait rimer la question de l’amour avec celle de la création : pour s’aimer et aimer, Agathe doit s’écrire. Comme Emma Woodhouse ou Elizabeth Bennet avant elle, elle découvre que le roman de sa vie peut exister, à condition de se départir des injonctions extérieures&nbsp;: Oliver ne lui suggère-t-il pas de « retourner à ses ruines » pour se reconstruire et enfin écrire&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une belle histoire simple</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Camaraderie littéraire d’une résidence d’artistes en pleine créativité, douce folie d’un papa à la dérive mentale, intensité des regards, du «&nbsp;langage des yeux&nbsp;» comme dirait <a href="https://www.theartchemists.com/?s=%C3%A9tienne+daho">Étienne Daho</a>&nbsp;: le film de Laura Piani nous rappelle que le cinéma peut aussi raconter des belles histoires simples mais profondément émouvantes. Car quelque part, nous sommes toutes et tous un peu Agathe, un peu Oliver, un peu Félix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Camille Rutherford est unanimement saluée pour sa prestation, et c’est mérité tant cette grande jeune femme au charme subtil touche par sa solitude, ses angoisses, Charlie Anson a cette retenue toute britannique à la Hugh Grant, une pointe d’humour parfois acerbe, une franchise désarmante, un regard éclatant qui dit tout. Pablo Pauly incarne un Félix protecteur et débonnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Passant du français à l’anglais, les répliques font mouche, l’écriture des dialogues est d’une grande finesse, l’humour subtil. La musique composée par <a href="https://www.instagram.com/petervonpoehl/?hl=fr">Peter von Poehl</a> accompagne cette fable amoureuse par sa tendresse. Bref, <em>Jane Austen a gâché ma vie </em>n’a rien d’un raté, bien au contraire.</p>



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		<title>À la plage avec Kant, Proust, Curie et cie : la collection estivale de Dunod</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/collection-plage-dunod/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jun 2025 16:56:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38089</guid>

					<description><![CDATA[<p>Température en hausse, soleil qui tape sa mère, ciel bleu partout&#160;: ça sent les vacances&#160;! Sable fin, vagues, coquillages et crustacés, nous voici tous bientôt en villégiature ou presque. Et là grosse question&#160;: quoi lire pour ressortir moins cruche de la période estivale&#160;? Et c’est là qu’il faut dégainer les ouvrages de la collection A [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Température en hausse, soleil qui tape sa mère, ciel bleu partout&nbsp;: ça sent les vacances&nbsp;! Sable fin, vagues, coquillages et crustacés, nous voici tous bientôt en villégiature ou presque. Et là grosse question&nbsp;: quoi lire pour ressortir moins cruche de la période estivale&nbsp;? Et c’est là qu’il faut dégainer les ouvrages de la collection A la plage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vulgarisation et rigueur intellectuelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parue aux éditions <a href="https://www.dunod.com/collection/plage">Dunod</a>, cette série de livres joliment illustrés a pour objectif de faire découvrir aux naophytes que nous sommes des sujets complexes de manière ludique et accessible. Lancée en 2019, la collection vise à rendre la lecture de grandes œuvres et idées intellectuelles agréable, en mode plage d’où son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe est simple : chaque livre aborde un sujet ou un personnage majeur de manière vulgarisée, tout en maintenant une rigueur intellectuelle. Les textes sont rédigés par des experts dans leur domaine, chaque titre est construit autour de l&rsquo;idée d&rsquo;apprendre en se relaxant, avec un ton léger et accessible. Le format est facile à transporter (traduction&nbsp;: ce n’est pas un pavé que vous aurez à transportez dans votre sac).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démocratiser le savoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En prime du choix&nbsp;: Marx, Kant, Voltaire, Shakespeare, Proust, Colette, Marie Curie, Armstrong… il y en a pour toutes les époques, tous les courants, toutes les tendances, toutes les disciplines. Un régal que de plonger tête la première dans la philosophie, la physique, l&rsquo;histoire ou la littérature sans risquer de boire la passe neuronale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Style simple, illustrations sympas, anecdotes&nbsp;: tout est fait pour démocratiser le savoir, qui je le rappelle, est à tout le monde. Parfait pour enrichir sa culture générale sans s&rsquo;engager dans des lectures trop ardues, des démonstrations intimidantes. L’initiative est belle et efficace. Difficile de décrocher une fois qu’on a mis le nez dedans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Étudiants, amateurs de lecteurs, curieux des mystères de la vie, la collection «&nbsp;A la plage&nbsp;» est faite pour vous avec la double promesse de vous détendre l’esprit tout en l’enrichissant. What else&nbsp;???</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Les Tudors : masculinisme made in Renaissance ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/les-tudors-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 15:09:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37994</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dernièrement, j’ai visionné Adolescence… et parcouru les centaines d’articles/posts/vidéos analysant la série brintannique du point de vue du masculinisme toxique et destructeur, comme si c’était un modèle du genre. Et puis je me suis rappelée la série Les Tudors. Que j’ai revisionnée dans la foulée, les quatre saisons en mode binge-watching comme j’adore le faire. [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/les-tudors-serie/">Les Tudors : masculinisme made in Renaissance ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph">Dernièrement, j’ai visionné <em>Adolescence…</em> et parcouru les centaines d’articles/posts/vidéos analysant la série brintannique du point de vue du masculinisme toxique et destructeur, comme si c’était un modèle du genre. Et puis je me suis rappelée la série <em>Les Tudors. </em>Que j’ai revisionnée dans la foulée, les quatre saisons en mode binge-watching comme j’adore le faire. Et pour être franche, en bouclant ce passionnant feuilleton, pour ce qui est du masculinisme toxique, on fait difficilement pire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/RaK6uzZFOTo?si=59eE5-vXLBRZvpGb" title="The Tudors: Season 2 Trailer | SHOWTIME" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/RaK6uzZFOTo?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/RaK6uzZFOTo?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une fresque monumentale et burnée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que le personnage central de cette saga, Henri VIII pour ne pas le nommer, a de l’abattage en la matière, éclusant cinq femmes durant son règne, qu’il répudie ou fait décapiter au choix, quand elles ne meurent pas en couche. La seule à lui survivre sera la dernière, Catherine Parr, mais il s’en sera fallu d’un cheveu qu’elle ne subisse le sort d’Ann Boleyn ou Catherine Howard, toutes deux livrées au bourreau et raccourcies de manière expéditive. Bref, Henri VIII est un ogre, Barbe-Bleue version souverain du XVIᵉ siècle, souverain éduqué, savant même, mais absolu, tyrannique, violent, changeant, colérique, manipulateur et la queue baladeuse par-dessus le marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en étais restée à une vision rock’n’roll, burnée et libertine/libertaire de ce récit signé <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Hirst">Michael Hirst</a>, scénariste et showrunner de renom dont on ne compte plus les trophées, notamment les deux volets du film <em>Elizabeth</em> avec Cate Blanchett. Mais revoir les 38 épisodes de cette monumentale fresque servie par un casting de compétition (Jonathan Rhys Meyers, Henry Cavill, Sam Neill, Natalie Dormer, Joely Richardson, Peter O’Toole, Jeremy Northam…) a été profitable, car j’y ai repéré des trucs que je n’avais pas captés initialement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Mais c’est une vraie girouette, ce mec&nbsp;!&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre autres, le côté prédateur du personnage, qui bouffe tout autour de lui, épouses et maîtresses bien sûr, mais aussi collaborateurs, ministres et amis, sans parler de sa progéniture qui y laissera sa stabilité mentale. Si ce récit pour le moins enlevé prend bien des libertés avec la vérité historique, il n’en demeure pas moins que cela donne du relief aux crises existentielles que traversent cette sarabande de protagonistes soumis aux desiderata d’un monarque pour le moins impulsif et retours, que mon compagnon, qui visionnait la chose pour la première fois à mes côtés a résumé en ces termes&nbsp;: «&nbsp;Mais c’est une vraie girouette, ce mec&nbsp;!&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Girouette certes, qui passe sa vie à s’allier avec l’Espagnol contre la France, puis à tourner casaque pour s’allier avec la France contre l’Espagne. Qui n’hésitera pas à plonger son royaume dans une crise religieuse meurtrière, embrassant le protestantisme pour pouvoir se démarier de l’encombrante Catherine d’Aragon, convoler avec la farouche Ann Boleyn et en profiter pour démanteler tous les couvents/monastères du pays et faire main basse sur leur richesse, omettant au passage que nombre de ces institutions étaient essentielles à la survie des plus pauvres de ses sujets qui y trouvaient asile et un peu d’aumône.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Shakespeare made in Marvel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre épidémie de suette, famine, guerres et complots, Henri VIII et sa smala de bonnes femmes, de courtisans et de moutards est, reconnaissons-le un peu obligé&nbsp;de naviguer avec le vent très changeant de la Renaissance. Humaniste certes mais un brin pervers narcissique et totalement obsédé par l’idée d’avoir un fils à qui léguer sa couronne. Tout ça ne pousse guère à la sérénité, convenons-en. Mais tout de même. Masculiniste donc, menaçant, capricieux… et confronté à des épouses qui ne s’en laissent pas compter, chacune à sa manière. Forcément, Monsieur n’aime guère et en arrive aux plus fâcheuses extrémités pour se débarrasser d’encombrantes compagnes qui lui renvoient une image peu amène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résumons. Tout ce petit monde passe son temps et les 38 épisodes à bouffer/baiser/comploter/trahir/s’entretuer. Ça, c’est pour le côté Shakespeare made in Marvel, saga historique dans des décors somptueux et en costumes éclatants (d’ailleurs, petite remarque en matière de réalisme stylistique, la série <em><a href="https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/">Wolf hall</a></em> est beaucoup plus proche des looks et du lifestyle de l’époque). Après, la déclinaison d’un patriarcat doublé d’un machisme viscéral est flagrante et donne à réfléchir sur l’ancrage de cette mentalité dans les racines de notre monde. Idem pour le côté génétiquement pervers et sadique de l’homme de pouvoir.</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/wolf-hall-ombre-tudors-thomas-cromwell/">Wolf Hall&nbsp;– Dans l’ombre des Tudors : Thomas Cromwell réhabilité&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/exposition-les-tudors-comme-une-passe-de-rugby/">Exposition Les Tudors&nbsp;: comme une passe de rugby …</a></li>
</ul>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Tudors </em>reste malgré tout incontournable. Parce que c’est franchement du grand spectacle, de la série tout terrain travaillée au corps, avec un scénar qui tient la route, des personnages solides et crédibles, des affrontements prenants. Pas un instant de répit, l’ensemble prend aux tripes et restitue le climat de grande brutalité qui régnait alors. Et puis ce récit haut en couleurs et en émotions, produit de 2007 à 2010 (il y a donc 15 ans) témoigne de l’émergence du business de la série-fleuve. Et rien que cela vaut le détour.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Becoming Elizabeth : mode d’emploi pour future souveraine ou comment apprendre à survivre avant de régner</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/becoming-elizabeth-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 10:44:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une fois qu’on a bouclé Les Tudors, on se sent un peu seuls, faut bien le reconnaître. Et on se dit surtout&#160;: et après&#160;? Et après&#160;????? On déboule rapido sur le premier épisode de l’excellent Becoming Elizabeth. Deux concurrentes potentielles Becoming Elizabeth débute sur le cercueil d’Henry VIII qu’on embarque sous une pluie nocturne et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Une fois qu’on a bouclé <em><a href="https://www.theartchemists.com/les-tudors-serie/">Les Tudors</a></em>, on se sent un peu seuls, faut bien le reconnaître. Et on se dit surtout&nbsp;: et après&nbsp;? Et après&nbsp;????? On déboule rapido sur le premier épisode de l’excellent <em>Becoming Elizabeth</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/TUypHjzmXBE?si=fntr17dfvR54rsP0" title="Becoming Elizabeth | Official Trailer | Coming to Lionsgate Play on 26th August" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/TUypHjzmXBE?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/TUypHjzmXBE?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Deux concurrentes potentielles</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Becoming Elizabeth</em> débute sur le cercueil d’Henry VIII qu’on embarque sous une pluie nocturne et grasse pour sa dernière demeure. Dans le même temps, course contre la montre pour récupérer son fils et héritier, le frêle et très jeune Edward VI (Oliver Zetterström) afin de le faire couronner fissa, avant qu’un potentiel complot ne vienne placer quelqu’un d’autre sur le trône (sport favori des nobles anglais depuis la guerre des Roses, lisez <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=Richard+III">Richard III</a> </em>de Shakespeare, c’est très bien expliqué et en plus c’est juste génial).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, pour éviter une éventuelle guerre de succession (et de perdre le pouvoir sur lequel il a la main en tant de Lord protecteur), Somerset (John Heffernan), oncle du gamin, met les bouchées doubles, s’assurant au passage des deux sœurs aînées du roi, Mary Tudor (Romola Garai), fille de Catherine d’Aragon, et Elizabeth, rejetonne d’Ann Boleyn. Deux concurrentes potentielles, qui sont passées du statut de princesse officielle à celui de bâtarde et vice versa au gré des lubies du défunt monarque dont les colères, la brutalité et les revirements étaient légendaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une jolie rouquine de 14 ans</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est justement sur Elizabeth (Alicia von Rittberg) que nos yeux se posent, jolie rouquine, intelligente et cultivée, une petiote de 14 ans mimi comme tout, qui se retrouve en garde chez sa belle-mère, Catherine Parr (Catherine Parr), veuve d’Henry VIII et nouvellement mariée à Thomas Seymour (Tom Cullen), frère de Somerset et son amoureux de longue date (qui a dû céder le champ au souverain, on ne l’ouvre pas quand Henry VIII décide d’épouser une nana, surtout la sienne, on dit oui et on s’écrase, sinon c’est l’échafaud). Bon à ce stade, vous êtes paumé.e, et vous n’êtes pas seul.e. Elizabeth la première est un brin perdue dans la frénésie de ce nouveau règne qui s’annonce incertain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là que le titre de la série showrunnée par Anya Reiss prend tout son sens. Ce que personne ne sait à ce moment, excepté nous spectateurs qui connaissons un peu l’Histoire/histoire, et avons lu le texte précédant le générique de fin des <em>Tudors</em>, c’est qu’Elizabeth est appelée à régner, à régner longtemps et avec brio, inaugurant ce qu’on appellera par la suite l’Age d’Or élizabethain. Sauf que ça ne va pas se faire sur un claquement de doigts, bien au contraire. Pour tout dire, la gosse va en chier pour parvenir au trône. Et risquer sa vie plusieurs fois avant, à son corps défendant du reste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Exploser le mythe de Gloriana</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui va forger à la fois son caractère, mais aussi son sens critique, son instinct politique, sa rigueur, son sens des priorités. Avec un Thomas Seymour beau gosse, séducteur, querelleur et ambitieux qui lui tourne autour, la pauvre petite va avoir du mal à se protéger. Clairement, la série fait exploser le mythe de Gloriana, la Reine Vierge mariée à l’Angleterre. Pour survivre, pour sortir de cette image de fille de la Grande Putain, pour échapper aux mariages forcés, aux séducteurs/violeurs, pour qu’on ne se serve plus d’elle comme d’un pion sur l’échiquier du pouvoir, Elizabeth va devoir ruser. Quitte à trahir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son amour. Son frère. Sa sœur. Sa belle-mère. La petite Jane Grey (Bella Ramsey) qui est sa camarade de jeu mais qu’elle va rudoyer verbalement et sans pitié. Mentir ou dire les choses. Cacher ses sentiments. Observer en retrait. Apprendre dans le silence. Parler au bon moment et avec les bons mots pour faire ployer l’interlocuteur. Psychologie, connaissance de l’âme et des perversions humaines&nbsp;: la leçon sera rude mais nécessaire pour cette future souveraine qui apprend sur le tas, en composant avec son statut de femme considérée comme inférieure dans un univers patriarcal sans aucune pitié.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une fratrie déchirée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abordé avec beaucoup de finesse, cette initiation politique se double d’une douloureuse prise de conscience&nbsp;: cette fratrie est déchirée entre amour fraternel intense et rivalité de pouvoir. Edward, trop jeune pour régner, écrasé par la figure paternelle de ce roi tout puissant, qui essaye de l’imiter, qui fait tout de travers, ado colérique et instable, fragile, complètement perdu&nbsp;; Mary l’aînée, enkystée dans sa foi catholique jusqu’au fanatisme pour porter le souvenir de sa mère défunte, soumise à la discrimination la plus abjecte, paranoïaque à juste titre quand on considère tout ce qu’elle a subi. Elizabeth est entre eux deux, tout aussi abîmée, considérée comme une traînée, portant la faute de sa mère suppliciée alors qu’elle aussi est une victime du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous trois sont touchants dans leurs échanges, cherchant à se protéger comme ils le peuvent les uns les autres, se mettant en péril malgré leur bonne volonté, leur désir de bien faire en fonction de leur foi. Car l’élément religieux est ici crucial. Mary, élevée dans la foi catholique, veut ramener l’Angleterre anglicane dans le giron de l’Église&nbsp;; Edward, protestant, veut qu’on aille plus loin dans la conversion de son pays. Et l’affrontement de surgir à tout moment, au détour d’une conversation. Même quand Edward tombe gravement malade, que ses sœurs s’épuisent à le soigner, à le veiller avec un amour sincère.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-10 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
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<p class="wp-block-paragraph">C’est là l’intérêt de la série que de mettre en avant le caractère humain de cette tragédie à l’oeuvre. Ces enfants vont pâtir des décisions d’adultes obsédés par la prise du pouvoir et prêts à tout pour y parvenir, y compris sacrifier des mômes innocents et qui n’ont rien demandé. L’idée affleurait dans <em>Les Tudors</em>, ici elle nous saute au visage et cela n’a rien d’agréable. D’autant que la série ne connaîtra pas de second volet, ce qui est franchement regrettable car elle était cohérente, originale et d’excellente qualité, explorant une période peu connue mais essentielle de l’Histoire.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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