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	<title>sexualité</title>
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		<title>Frankenstein, make it glam, queer et rock : 50 ans après l’héritage du Rocky Horror Picture Show</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/rocky-horror-picture-show/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 10:33:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle truffe. Décidément, je finis 2025 sur les rotules. Je viens de relire mon article sur Frankenstein dans la pop culture et je réalise, atterrée, que j’ai zappé un monument absolu en la matière. Un film qui, à lui seul, a dynamité le mythe de Frankenstein, l’a maquillé à outrance, l’a sexualisé sans vergogne, l’a queerisé à fond les ballons, l’a transformé en rituel collectif et en messe païenne sous...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="422" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Rocky-horror-picture-show.jpg" alt="affiche du film rocky horror picture show" class="wp-image-38419" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Rocky-horror-picture-show.jpg 422w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Rocky-horror-picture-show-203x288.jpg 203w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/12/The-ARTchemists-Rocky-horror-picture-show-347x494.jpg 347w" sizes="(max-width: 422px) 100vw, 422px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Quelle truffe.</p>



<p>Décidément, je finis 2025 sur les rotules. Je viens de relire mon article sur <a href="https://www.theartchemists.com/frankenstein-culture-pop-analyse/">Frankenstein dans la pop culture</a> et je réalise, atterrée, que j’ai zappé un monument absolu en la matière. Un film qui, à lui seul, a dynamité <a href="https://www.theartchemists.com/?s=frankenstein">le mythe de Frankenstein</a>, l’a maquillé à outrance, l’a sexualisé sans vergogne, l’a queerisé à fond les ballons, l’a transformé en rituel collectif et en messe païenne sous acide. <em>The Rocky Horror Picture Show</em>.</p>



<p>« Time Warp », « Sweet Transvestite », <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tim_Curry">Tim Curry</a> en corset et plateformes vertigineuse, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Susan_Sarandon">Susan Sarandon</a> toute jeune et mimi jolie, la crinière incendiaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Patricia_Quinn_(actrice_nord-irlandaise)">Patricia Quinn</a>, les claquettes frénétiques de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nell_Campbell">Nell Campbell</a>, l’allure nonchalante et bossuée de Richard O’Brien, le saxo furibard de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Meat_Loaf">Meat Loaf</a>… Et tout le décorum qui va avec, les grains de riz qui volent dans la salle de projo, les spectateurs habillés comme les personnages… Le film CULTE par excellence. Cinquante ans au compteur, et toujours aussi subversif, transgressif, cynique et délicieusement dansant.<br />Toujours aussi bon. Toujours aussi dingue.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="The Rocky Horror Picture Show - Bande annonce [Officielle] VOST HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/67W7ZVlqF10?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une comédie musicale en marge &#8211; et fière de l’être</h2>



<p>Petite remise à niveau nécessaire. <em><a href="https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=313.html">The Rocky Horror Picture Show</a></em> n’est pas tombé du ciel en porte-jarretelles. Avant de devenir ce grand cirque cinématographique projeté à minuit, <em>The Rocky Horror Picture Show</em> fut une comédie musicale montée à la débrouille (non, sans blague ?!) jouée pour la première fois en 1973 à Londres. On doit la chose à l’imagination pour le moins débridée (et au talent incontestable) d’un certain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_O%27Brien_(acteur)">Richard O’Brien</a>, acteur et auteur alors aussi inconnu que fauché. La scène de crime ? Le Royal Court Theatre Upstairs, une petite salle alternative, loin, très loin, des dorures respectables du West End. Autrement dit : le bon endroit pour faire n’importe quoi, donc pour faire quelque chose d’important. Le contexte aide fortement. </p>



<p>Pour mémoire, nous sommes au début des années 1970. Le rock est en train d’exploser les carcans, le glam s’installe, Bowie brouille les genres, Lou Reed chante la marge, le cinéma d’horreur se politise, la sexualité sort péniblement de ses placards. <em>Rocky Horror</em> naît dans ce joyeux chaos. Il digère la science-fiction de série B, le cabaret, le burlesque, le music-hall, le théâtre expérimental, et recrache un objet non identifié, fièrement excessif, joyeusement indiscipliné. Le succès est immédiat… mais confidentiel, presque clandestin. Le public est bigarré, curieux, queer, arty, déjà prêt à rire du mauvais goût et à en faire une arme. Deux ans plus tard, Jim <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Sharman">Sharman</a> adapte la pièce au cinéma. Sortie américaine en 1975. Accueil tiède. Distribution bancale. Incompréhension générale. Retrait rapide des salles. Rideau ? Même pas en rêve. Plutôt le début d’un mythe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Frankenstein version cabaret intergalactique</h2>



<p>Le mythe de <em>Frankenstein</em> est partout dans <em>Rocky Horror</em>. Mais il y est retourné, comme un gant, gainé de bas résilles et de porte-jaretelles, saupoudré de strass.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Frank-N-Furter n’a plus rien du savant maudit rongé par la culpabilité. C’est un showman, un démiurge en talons, un aristocrate décadent, hédoniste, venu de la planète Transsexual (oui, le terme est daté, oui, il faut le lire avec les lunettes de l’époque).</li>



<li>Rocky, la créature, n’est pas rejetée par son créateur. Elle est désirée, exhibée, sexualisée.<br />Elle est belle, musclée, presque vide — un corps fantasmé plus qu’un être pensant. Une inversion radicale du monstre de Mary Shelley, devenu ici objet de désir et de projection.</li>



<li>Le laboratoire n’est plus un lieu de faute morale : c’est une scène. Un espace de spectacle, de métamorphose, de jeu avec les identités.</li>
</ul>



<p><em>Rocky Horror</em> ne trahit pas Frankenstein : il en propose une relecture camp et sexuelle, parfaitement consciente de ses origines gothiques.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="The Rocky Horror Picture Show &quot;Sweet Transvestite&quot; (1975) - (4K)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/JWoYy4Ah81s?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Frank-N-Furter : icône queer avant l’heure</h2>



<p>Difficile d’imaginer aujourd’hui le choc que représente Frank-N-Furter en 1975. Tim Curry y est incandescent, sexy, troublant, indécent juste ce qu’il faut. Le personnage est tout à la fois androgyne, travesti, dominateur, vulnérable, grotesque et sublime. Frank-N-Furter ne coche aucune case ; il les désintègre. A la sulfateuse.</p>



<p>Il ne représente pas une identité : il les traverse, les mélange, les malmène. Il trouble, séduit, provoque. Il ne cherche ni l’excuse ni l’acceptation. Il impose sa présence, point final. Dans un cinéma encore verrouillé par la norme hétérosexuelle, <em>Rocky Horror</em> propose un désir fluide, joyeusement amoral, sans le moindre souci pédagogique. Pas de discours, pas de leçon. Juste un geste artistique radical. Et c’est précisément pour cela que ça fonctionne encore.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Brad et Janet : l’Amérique proprette face au grand foutoir</h2>



<p>Face à Frank-N-Furter, Brad et Janet ont l’air niais de figurants échappés d’une publicité pour dentifrice. Jeunes, propres, fiancés, bien élevés, ils incarnent l’Amérique WASP des années 1950, projetée de force dans un univers qui pulvérise ses certitudes.</p>



<p>Leur passage dans l’univers de Frank-N-Furter a tout de la déflagration&nbsp;: celle du couple normé, de la morale rigide, du désir sous cloche. Si <em>Rocky Horror</em> ne juge pas, il dévoile, révèle, met en évidence. Il rappelle en fanfare que la normalité est une construction fragile, prête à s’effondrer au premier lancer de paillettes.</p>



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<iframe loading="lazy" title="The Rocky Horror Picture Show &quot;Time Warp&quot; (1975) - (4K)" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/u1O2-oFmWXM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi le film est devenu culte&nbsp;?</h2>



<p>Le vrai miracle de <em>The Rocky Horror Picture Show</em> ne tient pas seulement à son contenu, mais à son mode de réception. À partir de la fin des années 1970, le film est projeté lors de séances de minuit. Le public revient. Puis revient encore. Il commence à répondre aux dialogues, à lancer des objets, à se déguiser, à rejouer les scènes.</p>



<p>C’est un rituel collectif. Contrairement à d’autres œuvres cultes figées dans la nostalgie, <em>Rocky Horror</em> est appropriable. Chaque génération se l’accapare à sa manière. Il n’appartient plus à ses créateurs, mais à ceux qui le vivent. C’est rare. Et précieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi c’est rock (et pas juste kitsch)</h2>



<p>On a trop souvent réduit <em>Rocky Horror</em> à son kitsch. Erreur. Le film est profondément <strong>rock</strong> dans son ADN, héritier du glam rock, nourri de provocation, méprisant le bon goût, célébrant l’excès et l’artifice.</p>



<p>Il crache sur la respectabilité, se fiche des normes, préfère l’énergie à la perfection. Le rock, le vrai, n’a jamais été une question de pureté : c’est une affaire de rupture en continu.<strong> </strong>En 2025, <em>The Rocky Horror Picture Show</em> fête ses 50 ans. Et il demeure, quel paradoxe, plus dérangeant que bien des œuvres contemporaines pourtant estampillées “queer-friendly”.</p>



<p>Pourquoi ? Parce qu’il ne cherche pas à rassurer ou édulcorer. Parce qu’il ne moralise pas.<br />Parce qu’il accepte, intègre, revendique le trouble, l’ambiguïté, le malaise. Rien à f….e d’être compris. <em>Rocky Horror</em> veut être vécu. Et c’est peut-être pour cela qu’il traverse le temps sans perdre sa charge subversive.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The Rocky Horror Picture Show 1975   Hot Patootie" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/uCUBYE3kcGg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Frankenstein, enfin libéré</h2>



<p>En revisitant Frankenstein sous l’angle du cabaret, du désir et du travestissement, <em>The Rocky Horror Picture Show</em> a réalisé l’exploit de libérer le mythe en l’exfiltrant du pathos, de la morale.<strong> </strong>Il l’a rendu joyeusement monstrueux.</p>



<p>Histoire de nous rappeler que les monstres les plus intéressants ne sont pas ceux qu’on enferme.<br />Ce sont ceux qui montent sur scène, maquillés, en talons, et qui chantent à pleins poumons que la normalité est une imposture. Et ça, cinquante ans plus tard, ça reste furieusement rock et ô combien contemporain.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<item>
		<title>Trump vs la culture, l’art et l’éducation : tableau critique d’un torpillage artistique intensif</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/trump-culture/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Mar 2025 10:24:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les articles sur l’actu à chaud, c’est pas forcément notre truc. Mais quelquefois ça a du bon. Je profite donc de la chronique sur le documentaire Opération Trump pour revenir un instant sur le travail de sape culturelle que la figure de proue des MAGA a accompli depuis son retour à la tête des USA. Un travail de sape déjà bien bien entamé via une série de décisions et d’actions...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/trump-culture/">Trump vs la culture, l’art et l’éducation : tableau critique d’un torpillage artistique intensif</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture.jpg" alt="" class="wp-image-37900" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/The-ARtchemists-trump-vs-la-culture-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Les articles sur l’actu à chaud, c’est pas forcément notre truc. Mais quelquefois ça a du bon. Je profite donc de la chronique sur le documentaire <em>Opération Trump</em> pour revenir un instant sur le travail de sape culturelle que la figure de proue des MAGA a accompli depuis son retour à la tête des USA. Un travail de sape déjà bien bien entamé via une série de décisions et d’actions coup de poing qui remodèlent («&nbsp;bousillent», faut appeler un chat un chat) le paysage culturel et artistique des États-Unis. Avec des effets délétères qui dégagent une odeur de souffre fasciste et pas mal de questions de survie artistique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Haro sur le monde de la culture et de l’art made in USA</h2>



<p>Les mesures adoptées manu militari et tout en muscle par Trump et ses séides pour démanteler le tissu créatif américain suivent un process méthodique. Objectif&nbsp;: on tire à vue sur tout ce qui ressemble à de la diversité. Concrètement ça donne quoi&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>L</em></strong><strong><em>a r</em></strong><strong><em>éduction du soutien fédéral aux arts </em></strong><strong><em>(je traduis&nbsp;: on coupe les vivres)</em></strong></h3>



<p>Trump a réduit les financements pour les arts en modifiant les priorités budgétaires des agences fédérales, notamment le National Endowment for the Arts (NEA). Dans son nouveau plan budgétaire, il a redirigé les fonds vers des projets conservateurs qui reflètent sa vision politique. Un exemple selon le site <a href="https://www.axios.com/2025/02/06/trump-national-endowment-arts-grants?utm_source=chatgpt.com">Axios.com</a>&nbsp;? «&nbsp;<em>The National Endowment for the Arts (NEA) is prioritizing grants to arts organizations that « celebrate and honor the 250th anniversary of the signing of the Declaration of Independence, » per an agency email obtained by Axios.&nbsp;</em>» (Le National Endowment for the Arts (NEA) donne la priorité aux subventions accordées aux organisations artistiques qui « célèbrent et honorent le 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d&rsquo;indépendance », selon un courriel de l&rsquo;agence obtenu par Axios.) Cette réallocation des ressources met en péril de nombreuses initiatives culturelles qui favorisent la diversité, l&rsquo;inclusion et l&rsquo;art non conventionnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La dissolution du comité pour les arts et les sciences humaines (je traduis&nbsp;: les musées sont mis en coupe réglée, des expos annulées par dizaines)</em></strong></h3>



<p>Le Comité présidentiel pour les arts et les sciences humaines (PCAH) a été dissous en janvier 2025, annulant ainsi une initiative clé qui conseillait le président sur les politiques culturelles. Ce comité soutenait les projets artistiques fédéraux, mais Trump a opté pour la suppression de cet organisme, réduisant l&rsquo;impact des conseils sur la direction artistique nationale. Le site <a href="https://www.beauxarts.com/grand-format/expos-annulees-programmes-supprimes-les-purges-de-trump-dans-le-milieu-de-lart-americain/">beauxarts.com</a> précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Dès le 23&nbsp;janvier dernier, la National Gallery of Art de Washington a été contrainte de mettre fin à tous ses programmes de diversité (présentés comme sa priorité en 2021) et de fermer son bureau d’appartenance et d’inclusion. Même chose, dès le 28&nbsp;janvier, pour la Smithsonian Institution à Washington, qui regroupe 21&nbsp;centres de recherche et musées de la ville, dont le National Museum of African American History and Culture.&nbsp;</em>»</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La prise en main du</em></strong><strong><em> Kennedy Center </em></strong><strong><em>(je traduis&nbsp;: on noyaute les grandes institutions culturelles et on les met au pas)</em></strong></h3>



<p>Comme l’explique <a href="https://www.liberation.fr/culture/scenes/la-comedie-musicale-hamilton-annule-ses-representations-au-kennedy-center-dont-donald-trump-a-pris-le-controle-20250306_3JWBJ7GY5JFAJBBEEUVAF7AXEI/">Libératio</a>n, «&nbsp;<em>Donald Trump a pris par surprise la tête du conseil d’administration&nbsp;du Kennedy Center le mois dernier, une décision qui a </em><em>profondément </em><em>choqué le monde de la culture </em><em>(et ça se comprend)</em><em>. Fondée en&nbsp;1971, cette institution accueille deux millions de visiteurs par an ainsi que plus de 2&nbsp;200 performances et expositions. Mais </em><em>Trump</em><em> a </em><em>décidé de changer les choses à sa manière car </em><em>en&nbsp;2023,&nbsp;«le Kennedy Center a présenté un spectacle de drag-queens visant spécifiquement notre jeunesse». Il a ainsi promis une nouvelle programmation qui&nbsp;«ne sera pas woke</em>».Ce geste a été interprété comme un signe de contrôle sur les formes d&rsquo;expression culturelle jugées non conformes à son idéologie. Exit donc les spectacles de drag queens au Kennedy Center… et dans d’autres institutions qui ont suivi le mouvement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Le d</em></strong><strong><em>émantèlement de</em></strong><strong><em>s équipes dirigeantes des institutions </em></strong><strong><em>(je traduis&nbsp;: on place à la tête des infrastructures des personnes qui nous sont dévouées et qui feront ce qu’on ordonnera sans rechigner)</em></strong></h3>



<p>Ces mesures s’accompagne bien évidemment d’une refonte brutale des équipes directrices. Trump modifie les gouvernances de lieux culturels à qui mieux mieux, virant les membres jugés progressistes, imposant une programmation plus conservatrice, dixit <a href="https://apnews.com/article/trump-kennedy-center-board-chairman-firings-21cd0018c6e9f591d59becea8573d8c0">Apnews</a> à propos du Kennedy Center déjà cité : « <em>President Donald Trump says he is firing members of the board of trustees for the John F. Kennedy Center for the Performing Arts and naming himself chairman</em>» (Le président Donald Trump a annoncé qu&rsquo;il renvoyait les membres du conseil d&rsquo;administration du John F. Kennedy Center for the Performing Arts et qu&rsquo;il se nommait lui-même président).<br />.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La c</em></strong><strong><em>ensure et </em></strong><strong><em>l’intimidation dans le domaine du livre (je traduis&nbsp;: on fait en sorte que les livres qui ne vont pas dans le sens de notre idéologie ne voient JAMAIS le jour)</em></strong></h3>



<p>Les politiques de Trump incluent aussi des formes de censure implicite, en particulier en matière de politique sociale et de représentation de certains groupes. Le monde de l’édition est frappé de plein fouet comme en témoigne cet article du journal <a href="https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/03/09/aux-etats-unis-le-monde-du-livre-sous-les-assauts-de-la-censure-trumpienne_6577400_4500055.html">Le Monde</a> : « <em>Encouragées par la Maison Blanche, les campagnes d’intimidation visant les librairies et les bibliothèques ont pris une nouvelle ampleur. Leur objectif, bannir des rayonnages les ouvrages sur la sexualité, l’identité de genre ou traitant de la lutte contre les discriminations. La crainte est forte que les éditeurs renoncent à publier certains auteurs.</em> »</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Les pleins pouvoirs sur l’architecture officielle (je traduis : maintenant nos villes vont ressembler à ce que nous pensons être le mieux, le plus convenable, le plus approprié, le plus représentatif de la grandeur américaine)</strong></em></h3>



<p>La volonté de torpiller la culture et l’art touche également l’architecture. Comme le souligne un article de <a href="https://www.beauxarts.com/grand-format/aux-etats-unis-donald-trump-impose-par-decret-une-architecture-traditionnelle-et-classique/">beauxarts.com</a>&nbsp;: «&nbsp;le nouveau président des États-Unis Donald Trump a inauguré son mandat par la signature de nombreux décrets, dont un visant à imposer un certain style d’architecture aux bâtiments publics américains. Baptisé «&nbsp;Promouvoir une belle architecture civique et fédérale&nbsp;», ce dernier ordonne que les futurs bâtiments publics recourent à une architecture «&nbsp;traditionnelle, régionale et classique&nbsp;» afin de redonner sa «&nbsp;noblesse&nbsp;» à la nation américaine&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un démantèlement méthodique et expéditif</h2>



<p>Investiture le 20 janvier 2025. A peine deux mois plus tard, l’ensemble des structures culturelles américaines est touché en profondeur. En parallèle, les mesures visant à protéger l’environnement, les politiques sociale et d’intégration subissent le même sort. Le démantèlement de la fresque « Black lives matter » symbolise cette politique d’effacement menée de manière expéditive pour revenir au modèle d’une Amérique WASP où il ne fait pas bon être de couleur, femme, queer, athée ou autre que protestant et pauvre.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Culture et patriotisme</strong></em></h3>



<p>Au cœur du non-programme culturel de Trump, la tradition et l’histoire de l’Amérique blanche. Dans ses discours comme dans ses actions, Trump fait le lien entre culture et patriotisme. Sa vision de l&rsquo;art valorise clairement l’identité nationale, au détriment des tendances artistiques contemporaines ou progressistes. Sa politique culturelle s’inscrit donc dans une logique de défense des « valeurs traditionnelles » de l&rsquo;Amérique, excluant souvent les expressions artistiques qui, selon lui, remettent en question ces valeurs. Expressions artistiques actuellement mises à mal par les récentes décisions.<strong> </strong>Nous avons évoqué les secteurs impactés, l’architecture étant un exemple particulièrement frappant de cette politique rétrograde. Une autre facette est révélatrice : la conception pour le moins rétrograde de l&rsquo;éducation artistique et des subventions fédérales pour les arts.</p>



<p>Sous sa première administration déjà, Trump avait tenté à plusieurs reprises de réduire ou d’éliminer le financement de certaines initiatives éducatives en lien avec l’art et la culture, notamment celles qui soutiennent les programmes d&rsquo;arts dans les écoles publiques.Dans le cadre de son budget proposé pour 2018, il avait proposé de couper les financements de l’Art and Humanities Program et du <strong><a href="https://www.arts.gov/">National Endowment for the Arts</a></strong> (NEA) cité précédemment du reste. Or ces institutions sont au coeur de la promotion de l&rsquo;éducation artistique et de la création culturelle. Mais leurs programmes ont été jugés par l’administration Trump comme des dépenses inutiles dans un contexte de réduction drastique des budgets publics, notamment pour des activités considérées comme « non essentielles ».</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Éducation rentable et non marxiste</strong></em></h3>



<p>Dans ses propositions budgétaires, Trump met l&rsquo;accent sur un soutien accru pour les initiatives éducatives liées aux sciences, à la technologie, à l&rsquo;ingénierie et aux mathématiques. Cette vision est en grande partie motivée par le désir de moderniser l’économie américaine et de répondre aux besoins d&rsquo;une économie de plus en plus tournée vers la technologie. En d’autres termes, on arrête d’investir dans des <a href="https://www.slate.fr/monde/donald-trump-ministere-education-etats-unis-ecoles-universites-depenses-publiques-elon-musk-doge">programmes perçus comme « non rentables »</a>, ignorant au passage l&rsquo;impact des arts sur l&rsquo;esprit critique, la créativité et la culture civique, des valeurs essentielles à une société démocratique. Avec en prime le dégraissage violent entrepris par Elon Musk au sein des administrations américaines, le département de l’éducation se retrouve à la peine, le ministère menacé d’une dissolution complète, cf <a href="https://www.slate.fr/monde/donald-trump-ministere-education-etats-unis-ecoles-universites-depenses-publiques-elon-musk-doge">Slate</a>.</p>



<p>Petite précision qui date de là tout de suite via les médias et plus spécifiquement <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/21/donald-trump-entame-le-demantelement-du-ministere-de-l-education_6584050_3210.html">Le Monde</a>&nbsp;: Trump vient de signer le décret sabordant le ministère de l’éducation. L’ensemble de ses prérogatives, si jamais le Sénat valide cette décision au terme d’un vote exigeant 60 voix sur 100 passerait aux Etats, qui feraient alors ce qu’ils veulent avec l’éducation. Exit donc ce chantier initié par un Jimmy Carter désireux de promouvoir l’égalité des chances face à la transmission des savoirs. Et l’occasion pour le clan trumpiste de dénoncer un projet mené par une bureaucratie marxiste et à forte tendance raciste (comprenez «&nbsp;anti-blanc&nbsp;»).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>La fac visée en profondeur</strong></em></h3>



<p>Rien de surprenant au finish. Le démantèlement du ministère de l’éducation va de pair avec le dynamitage en règle des universités. En mars 2025, l&rsquo;administration Trump a annoncé l&rsquo;annulation de 400 millions de dollars de subventions fédérales à l&rsquo;Université de Columbia (l’une des plus prestigieuse du pays quand même dixit Fundit.fr qui précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Classée 1re aux États-Unis pour la recherche, elle figure au 6e rang mondial (4e aux États-Unis) du&nbsp;classement&nbsp;CUWR des 1000 meilleurs&nbsp;universités&nbsp;mondiales et au 8e rang mondial du&nbsp;Classement&nbsp;Shanghai des&nbsp;universités. L&rsquo;université&nbsp;administre chaque année le Prix Pulitzer.&nbsp;» </em>). Cette décision était motivée par ce que l&rsquo;administration considérait comme une inaction face au harcèlement présumé d‘e ’étudiants juifs sur le campus, en violation des lois fédérales antidiscriminatoires.</p>



<p>Un prétexte. D’autres sont concernées. Selon <a href="https://www.newslooks.com/fr/u-s-universities-freeze-hiring-amid-trumps-federal-funding-cuts/">Newslooks.com</a>, l&rsquo;administration Trump a ainsi suspendu 175 millions de dollars de financement fédéral à l&rsquo;Université de Pennsylvanie en raison de ses politiques concernant les athlètes transgenres, qualifiées de « dégradantes, injustes et dangereuses pour les femmes et les filles ». Les exemples de ce type pullulent. Toutes les facultés américaines se retrouvent donc confrontées à un dilemme : se conformer aux directives de l&rsquo;administration pour éviter des pertes de financement fédéral et des enquêtes, ou résister et risquer des sanctions financières. On imagine l’ambiance dans les campus : suppressions de postes, refus de bourses, sujets de thèse rejetés car non conformes à la nouvelle idéologie, programmes de recherches scientifiques impactés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des retombées catastrophiques</h2>



<p>On imagine bien qu’avec pareil traitement de choc, les USA vont tanguer à plus d’un titre. Pas besoin d’être voyante pour se faire une idée assez sombre de l’avenir scientifico-artistico-culturel du pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>U</em></strong><strong><em>ne </em></strong><strong><em>v</em></strong><strong><em>ision </em></strong><strong><em>culturelle </em></strong><strong><em>vitrifiée</em></strong></h3>



<p>Selon ce modèle culturel reposant sur un nationalisme culturel étroit, seules les voix et les perspectives jugées conformes à une certaine version « patriotique » de l’Amérique vont être valorisées. La culture va s’uniformiser (c’est déjà bien parti avec l’hégémonie du modèle de récit netflixien et la main mise des réseaux sociaux), les formes d&rsquo;art alternatives marginalisées. Exit l&rsquo;expérimentation et l’innovation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La r</em></strong><strong><em>égression des </em></strong><strong><em>l</em></strong><strong><em>ibertés </em></strong><strong><em>a</em></strong><strong><em>rtistiques</em></strong></h3>



<p>Censure à tous les niveaux = contrôle des contenus culturels = réduction de la liberté d&rsquo;expression et de création. Exit l’accès à des œuvres critiques abordant le racisme, les inégalités sociales ou la diversité des orientations sexuelles, virées des collections de musées, des classes, des sujets de recherche ; exit également l’émergence de jeunes artistes visionnaires du moins par le biais des circuits éducatifs publics (traduction : il faudra avoir de l’argent pour accéder à une formation culturelle digne de ce nom).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em><strong>Déclin intellectuel en vue</strong></em></h3>



<p>Petit rappel : les arts et l’éducation créative sont essentiels pour développer la pensée critique, l’innovation et l’empathie. En éradiquant ces disciplines, on prive les générations futures de l&rsquo;outillage intellectuel nécessaire pour comprendre et naviguer dans des sociétés complexes et mondialisées. Et cerise sur le gâteau, on enclenche la raréfaction des talents créatifs nécessaires pour renouveler la scène artistique mais aussi l’industrie cinématographique, musicale et littéraire des États-Unis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion en forme de résistance</h2>



<p>C’est le soft power à l’américaine qui va en prendre un sacré coup. Quelle marge d’action pour les acteurs du secteur ? La démission outragée ? L’annulation des spectacles ? Les manifs ? Les pétitions ? La mobilisation collective devient une urgence pour renforcer les réseaux de soutien et les coalitions afin de défendre les droits artistiques et promouvoir la diversité culturelle.​ Cela passe par :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’e</strong><strong>ngagement juridique</strong> aka contester les décisions gouvernementales perçues comme anticonstitutionnelles ou portant atteinte à la liberté d&rsquo;expression devant les tribunaux.​</li>



<li><strong>Le plaidoyer public, la sensibilisation </strong>via les médias aux enjeux actuels de la liberté artistique, afin de générer un soutien large et informé.​</li>



<li><strong>La diversification des financements. </strong>L’argent, c’est le nerf de la guerre il va falloir trouver des sources de financement alternatives, mécénats privés, campagnes de financement participatif, subventions internationales.</li>
</ul>



<p>Dans un contexte de crise internationale, pas évident que ça marche. Reste la rébellion. Le travail en clandestinité. Le retour au DIY. Le partage des moyens, des connaissances. L’art confronté à la connerie humaine de masse type fascisme a toujours trouvé des manières de s’organiser pour survivre. A suivre donc avec attention et le doigt sur le clavier pour repérer/partager/soutenir ce que feront les artistes américains pour ne pas se laisser égorger comme des moutons.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Mamari Munezero : rire solaire et sketches thérapeutiques</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mamari-humoriste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 08:29:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a du talent. Un talent fou ! Il en faut pour évoquer pêle-mêle le génocide du Rwanda, l’homosexualité, la dépression et l’internement psychiatrique sans voir le public fuir à tire-d’aile. Seulement voilà : Mamari Munezero a un don : elle sait rire et faire rire. Avec intelligence et bon sens. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. Sur scène comme un poisson dans l’eau...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste.jpg" alt="" class="wp-image-37831" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/The-ARTchemists-Mamari-humoriste-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a du talent. Un talent fou ! Il en faut pour évoquer pêle-mêle le génocide du Rwanda, l’homosexualité, la dépression et l’internement psychiatrique sans voir le public fuir à tire-d’aile. Seulement voilà : <a href="https://www.instagram.com/mamari.munezero/">Mamari Munezero</a> a un don : elle sait rire et faire rire. Avec intelligence et bon sens. Ce qui n’est pas donné à tout le monde.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Mamari et la santé mentale dans le tremplin Jeune - Le tremplin jeune" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/pkn5QeD3yU0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Sur scène comme un poisson dans l’eau</h2>



<p>Un rire éclatant, solaire, une voix de gamine, des yeux qui pétillent de malice : Mamari Munezero évolue sur scène comme un poisson dans l’eau. Aucun doute : c’est son élément. Et son champ d’action. Objectif de sa mission : nous rendre un peu moins cons. Et plus tolérants.</p>



<p>En nous parlant d’homosexualité, de maladie mentale. Sans fard ni chichi, avec un humour décapant. Il faut dire qu’elle connaît le sujet, elle qui a vécu le génocide au Rwanda dont elle est originaire, l’inceste, la dépression, l’internement en hôpital psychiatrique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="La véranda d’Overton - La chronique de Mamari dans &quot;La dernière&quot;" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_kNzHBaz37Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La question de la souffrance mentale</h2>



<p>D’aucuns se seraient fichus en l’air. Mamari, quant à elle, a opté pour le rire. Maniant la plume depuis son enfance, elle découvre au fil de ses expériences de vie qu’elle a des choses à dire et à partager. Et du talent. Donc, elle plaque ses études de pharmacie pour devenir humoriste. À la veille de la pandémide de COVID.</p>



<p>Pandémie à laquelle elle va survivre pour imposer son approche et son style, avec notamment le spectacle <em>Trop drôle pour mourir</em>. Réseaux sociaux, podcasts, émissions de radio, participation à des festivals, des tables rondes, des conférences, Mamari utilise tous les canaux pour communiquer sur la question de la souffrance mentale, entre autres.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Mamari, traumatisée et ringardos" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/6uB6mAnmgzc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Humilité et autodérision</h2>



<p>Et en démystifier la nature. Avec autant d’humilité et d&rsquo;authenticité que de brio. Avec beaucoup d’autodérision également, une ironie gentiment mordante mais mordante quand même. Phrasé mélodieux, sens du rythme, elle module ses blagues, joue sur les sonorités, les images également. Et nous fait rire. Aux éclats. Résiliente. Brisant les tabous. Nous invitant à utiliser les termes directement plutôt que les figures de style qui édulcorent.</p>



<p>Écornant au passage nos certitudes d’être bien normaux, équilibrés. Riant gentiment de tout son corps, gestuelle, visage, regard, mais sans tomber dans la guimauve ou le grotesque. Exercice périlleux mais la demoiselle est virtuose, dotée de l’élégance discrète et détachée des survivants. Avec cela un sens de la tournure, de l’a-propos, de la réplique qui fait mouche, du dialogue avec autrui.</p>



<p>Bref un très gros coup de coeur pour cette jeune femme surdouée, qui apporte autant de fraîcheur que d’espoir avec ses sketches hautement thérapeutiques. </p>



<p>Pour en savoir plus sur Mamari Munezero, son univers et son actualité, consultez <a href="https://linktr.ee/tropdrolepourmourir?fbclid=PAZXh0bgNhZW0CMTEAAabEnbAbn9kLLr9iTaUHcC2HdFqperrrKm1pb54o4f5lEbAIApiLc-XncFA_aem_v7RUMJ8Nna6wT4CzcPr_Tg">son linktr.ee</a>.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>A l’avant-garde : « My Bed » ou quand Tracey Emin érige l’intimité de la rupture en œuvre d’art</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bed-tracy-emin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jan 2025 12:22:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37678</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 1998, Tracey Emin secoue le monde de l’art avec une œuvre dont le caractère de prime abord banal s’avère au final profondément dérangeant. My Bed. Un lit défait, entouré de détritus, exposé dans toute sa crudité. Cette installation autobiographique est inspirée d’un épisode de dépression de l’artiste. Cette dernière y exprime toute sa vulnérabilité, questionnant ainsi le rôle de l’intimité dans l’art contemporain. Provocatrice, déconcertante, surtout terriblement sincère&#160;: My...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-my-bed-tracey-emin.jpg" alt="" class="wp-image-37680" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-my-bed-tracey-emin.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-my-bed-tracey-emin-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-my-bed-tracey-emin-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>En 1998, Tracey Emin secoue le monde de l’art avec une œuvre dont le caractère de prime abord banal s’avère au final profondément dérangeant. <em>My Bed.</em> Un lit défait, entouré de détritus, exposé dans toute sa crudité. Cette installation autobiographique est inspirée d’un épisode de dépression de l’artiste. Cette dernière y exprime toute sa vulnérabilité, questionnant ainsi le rôle de l’intimité dans l’art contemporain. Provocatrice, déconcertante, surtout terriblement sincère&nbsp;: <em>My Bed</em> marque un tournant dans l’histoire de l’art, faisant du quotidien le vecteur d’une émotion brute et authentique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chaos émotionnel</h2>



<p>Née en 1963 à Londres, Tracey Emin est une figure incontournable du <em>Young British Art</em> (YBA). Ce mouvement d’artistes britanniques émerge dans les années 1990, s’impose par son audace, sa capacité à provoquer. Emin, avec des œuvres autobiographiques où la fragilité voisine avec la confession (et un brin d’exhibitionnisme), se démarque rapidement.</p>



<p>Sa démarche artistique vise à métamorphoser ses expériences personnelles – souvent douloureuses – en œuvres dévoilant les méandres de l’âme humaine. Son style, à la fois brut et poétique, mêle intimité et défi. Amour, trouble mental, sexualité, abandon, l’artiste exprime le chaos émotionnel qui la secoue une sincérité désarmante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le lit, réceptacle de la douleur</h2>



<p>En témoigne l’œuvre <em>My Bed, </em>née d’un moment de crise personnelle profonde. Après une rupture amoureuse, Tracey Emin s’enferme dans son lit pendant plusieurs jours, sombrant dans une profonde dépression. Le lit devient à la fois le réceptacle, le compagnon et le témoin de son désarroi : draps froissés, bouteilles d’alcool vides, mégots de cigarettes, sous-vêtements souillés, emballages de préservatifs… Chaque objet autour de cette couche raconte une histoire, celle de la désolation, du laisser-aller, de l’abandon de soi.</p>



<p>L’artiste décide alors de transporter cet espace privé, cet instant de vie chaotique, directement dans la galerie, tel quel, sans rien changer. Férocement réaliste, <em>My Bed</em> transcende ainsi le quotidien pour toucher à l’universel. En exposant un moment aussi intime, aussi douloureux que désordonné, Emin force le spectateur à faire face à la réalité de l’existence humaine : la fragilité, la souffrance, la perte de contrôle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Tracey Emin’s My Bed at Tate Britain" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/OD8yjJZdEOw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Choc et fascination</h2>



<p>En 1999, <em>My Bed</em> est présentée à la Tate Gallery à l’occasion du Turner Prize, une des distinctions les plus prestigieuses du monde de l’art. L’œuvre suscite immédiatement un débat passionné. Certains crient au génie, voyant dans cette installation une audace artistique sans précédent. D’autres dénoncent une imposture, arguant que ce « simple lit en désordre » n’a rien d’une œuvre d’art.</p>



<p>Pourtant, ce n’est pas seulement le lit qui fait œuvre, mais ce qu’il symbolise. <em>My Bed</em> renverse les attentes en révélant l’intimité la plus crue, la plus dérangeante, en la portant dans l’espace public de l’exposition. Emin ouvre une porte vers l’expérience personnelle, invite le spectateur à entrer dans son monde, aussi inconfortable soit-il. Ce n’est plus simplement une observation extérieure ; le spectateur devient témoin du chaos psychique de l’artiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Brouiller les frontières entre l’art et la vie</h2>



<p><em>Dérangeante, </em><em>My Bed</em> brouille intentionnellement les frontières entre la vie privée et l’art. En exposant sa couche, Emin redéfinit ce qui peut être considéré comme de l’art. Loin de l’idéalisation classique, elle préfère l’imperfection, la vérité brute. Cet acte de transposition – amener son lit tel quel dans une galerie – est une rupture avec la tradition artistique qui cherche la beauté ou l’élévation. Ici, il n’y a pas de filtre, pas de transformation artistique.</p>



<p>L’œuvre est ce qu’elle est : un lit, des objets personnels, une histoire de désespoir. Ce geste radical pose des questions fondamentales sur le rôle de l’art contemporain. Peut-il simplement consister à présenter la réalité, même la plus triviale, sans ajout esthétique ? Emin montre que oui. Son art, tout comme sa vie, se joue sans compromis, et c’est précisément cette sincérité qui fait de <em>My Bed</em> une œuvre aussi puissante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’intimité comme geste politique et féministe</h2>



<p><em>My Bed</em> est une œuvre profondément féministe. En exposant son corps à travers l’espace qu’il a occupé, Emin conteste les représentations traditionnelles de la féminité. Ici, la femme n’est pas idéalisée, elle n’est pas soumise aux codes esthétiques qui la rendent acceptable ou désirable. Au contraire, l’artiste s’approprie sa propre vulnérabilité et la transforme en force créatrice.</p>



<p>Ce n’est pas un hasard si <em>My Bed</em> a suscité des réactions aussi virulentes. L’idée qu’une femme puisse exposer sa vie privée, ses faiblesses, ses moments de désordre, a choqué de nombreux critiques, habitués à des représentations féminines plus contrôlées, plus esthétiques. Mais c’est justement là que réside la puissance de l’œuvre : en refusant de se conformer aux attentes, Emin redéfinit ce que signifie être une femme artiste dans le monde contemporain.</p>



<p>Si <em>My Bed</em> a marqué l’histoire de l’art contemporain, c’est parce qu’elle incarne une forme de vérité rare dans le monde de l’art. Tracey Emin n’embellit pas, ne théâtralise pas sa vie : elle la montre telle qu’elle est, avec ses failles, ses échecs, ses souffrances. Cette œuvre est une invitation à reconnaître la complexité de l’existence humaine, à accepter que l’intimité puisse être à la fois source de gêne et de fascination.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>À l&#8217;avant-garde : Vincent Couderc &#8211; Backroom</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/vincent-couderc-backroom-photo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Nov 2024 17:02:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Backrooms : comme nous l&#8217;avons expliqué dans un autre article, ces arrière-salles ont joué un rôle essentiel dans la constitution de la communauté gay. Ces espaces discrets installés en annexe des bars et des saunas ont favori les rencontres, l&#8217;exploration d&#8217;une sexualité longtemps réprimée et criminalisée. Un temps frappée par l&#8217;épidémie de SIDA, la backroom n&#8217;a jamais complètement disparu. Elle n&#8217;en demeure pas moins confidentielle. Le photographe Vincent Couderc a...</p>
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<p>Backrooms : comme nous l&rsquo;avons expliqué dans <a href="https://www.theartchemists.com/backrooms/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un autre article</a>, ces arrière-salles ont joué un rôle essentiel dans la constitution de la communauté gay. Ces espaces discrets installés en annexe des bars et des saunas ont favori les rencontres, l&rsquo;exploration d&rsquo;une sexualité longtemps réprimée et criminalisée. Un temps frappée par l&rsquo;épidémie de SIDA, la backroom n&rsquo;a jamais complètement disparu. Elle n&rsquo;en demeure pas moins confidentielle. Le photographe Vincent Couderc a cependant réussi à y glisser son objectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Esthétisme et documentaire</h2>



<p>Photographe français désireux de documenter la modernité sous toutes ses formes, Vincent Couderc a conçu la série intitulée « <strong>Backroom »</strong>, réalisée entre 2010 et 2012, comme une immersion visuelle dans l&rsquo;intimité des arrière-salles de bars gays à Paris et Toulouse. Au sein de ces espaces discrets et nocturnes attenant à des bars, les clients peuvent se rencontrer dans l&rsquo;obscurité pour des interactions intimes, encourageant en cela la liberté de mœurs et l&rsquo;expression sexuelle. Il s&rsquo;agissait donc de capturer l&rsquo;essence de ces espaces à travers des photographies qui mêlent esthétisme et documentaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mystère et intensité</h2>



<p>Longs couloirs, portes sombres, carrelage blanc, lumière rouge, néons bleus, les compositions, soignées saisissent des salles, un lit, un sling, des chaînes pendant du plafond&#8230; tous les accessoires d&rsquo;une sexualité parfois extrême, où le mystère, l&rsquo;intensité sont de mise. Désireux de dépasser le caractère souvent stigmatisant de ces lieux, Couderc met en exergue la complexité des relations qui s&rsquo;y nouent, la richesse symbolique des décors, la quête intérieure des usagers. Les visages, les silhouettes se perdent dans l&rsquo;ombre, ténus, fragmentés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cet obscur objet du désir</h2>



<p>Comme en quête de soi ? Fantasmagorie, questionnement, de cliché en cliché, le spectateur scrute cet univers énigmatique, parfaite illustration de « cet obscur objet du désir » selon les termes de Buñuel. Pas voyeur directement ni volontairement, curieux cependant, imaginant ces espaces s&rsquo;animer au gré des envies, des rencontres. Quelque chose de l&rsquo;ambiance du film <em>Cruising</em> de Friedkin ? Il y a de ça, tandis que les décors passent devant nos yeux, depuis la piscine luxueuse jusqu&rsquo;au donjon le plus dépouillé.</p>



<p>Pour découvrir l&rsquo;intégralité de la série « Backroom » et en savoir plus sur le travail de Vincent Couderc, vous pouvez consulter <a href="https://vincentcouderc.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">son site officiel</a>.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Backrooms : la liberté dans l&#8217;ombre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/backrooms/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Nov 2024 16:30:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voici donc que nos petits camarades du Bragi Pufferfish inaugurent la Discoslut, soirée dédiée au disco assortie d&#8217;une love station, douce appellation pour désigner la backroom de l&#8217;événement. Et j&#8217;entends déjà certain.es hurler à l&#8217;infamie pornographique, plissant leur petit nez d&#8217;horreur en imaginant la dépravation à l’œuvre, le sturp, tout ce sexe, c&#8217;est saaaaaaaaaaaaaaaaaaale ! Pas bien !!!!!! Bon, on arrête tout de suite. Car les backrooms font partie de...</p>
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<p>Voici donc que nos petits camarades du <a href="https://www.instagram.com/bragipufferfish/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bragi Pufferfish</a> inaugurent la <a href="https://www.theartchemists.com/discoslut-party/">Discoslut</a>, soirée dédiée au disco assortie d&rsquo;une love station, douce appellation pour désigner la backroom de l&rsquo;événement. Et j&rsquo;entends déjà certain.es hurler à l&rsquo;infamie pornographique, plissant leur petit nez d&rsquo;horreur en imaginant la dépravation à l’œuvre, le sturp, tout ce sexe, c&rsquo;est saaaaaaaaaaaaaaaaaaale ! Pas bien !!!!!!</p>



<p>Bon, on arrête tout de suite. Car les backrooms font partie de la culture LGBT depuis belle lurette, c&rsquo;est même un pan conséquent de l&rsquo;histoire de la libération sexuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Interactions intimes</h2>



<p>Petite présentation du contexte pour celles/ceux qui ignorent tout de la chose : les backrooms, « arrière-salles » dans la langue de Shakespeare, sont des espaces discrets installés au sein de certains bars ou clubs de la communauté gay, où les usagers du dit lieu peuvent se rencontrer pour des interactions intimes. Donc rien à voir avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Backrooms" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la légende urbaine dite creepypasta</a>.</p>



<p>Là, je vous parle d&rsquo;un autre truc. Oui, oui, dans le fond, ne chuchotez pas, c&rsquo;est tout à fait ça : les backrooms, on y va pour avoir des relations sexuelles, c&rsquo;est l&rsquo;idée, ou pour regarder éventuellement. Le principe est toujours le consentement mutuel, entre adultes avertis et responsables. Or ces lieux, tout comme les latrines du reste (dixit <a href="https://www.theartchemists.com/avant-garde-marc-martin-tasses-toilettes-publiques-photographie/"><em>Les Tasses</em></a>, superbe série de photos réalisée par Marc Martin) ont joué un rôle significatif dans l&rsquo;histoire des cultures LGBTQ+.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Explorer sa sexualité</h2>



<p>Le concept a émergé dans les années 1960 et 1970, principalement dans les grandes métropoles occidentales comme New York, San Francisco, Paris et Berlin. À une époque où l&rsquo;homosexualité était largement stigmatisée et criminalisée, les backrooms constituaient des lieux sécurisés pour explorer sa sexualité, rencontrer des partenaires en toute quiétude loin des regards réprobateurs et des rafles de flics. Souvent situés dans les bars, ces lieux étaient dissimulés derrière des portes ou des rideaux, permettant une certaine discrétion.</p>



<p>Véritables refuges, les backrooms ont ainsi participé de l&rsquo;émergence de sous-cultures et de réseaux sociaux puissants au sein de la communauté LGBTQ+. Avec l&rsquo;épidémie de sida dans les années 1980, les backrooms deviennent des foyers potentiels de transmission du VIH. Face à la crise sanitaire, de nombreux établissements décident de fermer ces espaces ; d&rsquo;autres mettent en place des mesures de prévention, telles que la distribution de préservatifs et l&rsquo;affichage d&rsquo;informations sur le VIH.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Symboliques backrooms</h2>



<p>Relaté par Philippe Poisson dans un <a href="https://www.qweek.fr/2019/12/24/backrooms-plongee-dans-ces-salles-obscures-parisiennes/?utm_source=chatgpt.com">article publié sur Qwerk</a>, le procès des backrooms marque un tournant dans la perception de ces lieux les érigeant en symboles du combat pour les droits des homosexuels. Ils restent d&rsquo;ailleurs encore et toujours populaires au sein de la communauté LGBT+, offrant une alternative aux applications de rencontre et perpétuant une tradition de rencontres physiques et spontanées.</p>



<p>Au XXIe siècle, les backrooms connaissent donc une résurgence, notamment dans les grandes villes européennes. Cette renaissance s&rsquo;accompagne d&rsquo;une prise de conscience accrue des enjeux de santé sexuelle. De nombreux établissements collaborent désormais avec des associations de prévention pour offrir des services tels que la distribution de préservatifs, l&rsquo;accès à la PrEP (prophylaxie pré-exposition) et des informations sur le dépistage. L&rsquo;association AIDES, par exemple, propose divers <a href="https://www.aides.org/les-outils-de-prevention?utm_source=chatgpt.com">outils de prévention</a> du VIH et des IST, adaptés aux lieux de rencontre, y compris les backrooms.</p>



<p>Cette évolution transforme les backrooms en espaces non seulement de rencontre, mais aussi de sensibilisation et de promotion de la santé sexuelle, intégrant des pratiques de réduction des risques et de prévention combinée. Ils ont ainsi traversé des décennies de transformation, passant de refuges clandestins à des espaces intégrés dans des stratégies de santé publique. Leur histoire reflète les luttes, les défis et les résiliences de la communauté gay face aux évolutions sociales et sanitaires.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>FEUD 2 Capote vs The Swans : auteur maudit et cygnes en bouillie !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/feud-2-capote-swans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2024 08:59:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On va le dire carrément : la première saison de FEUD nous a laissés sur le cul. En s&#8217;attaquant brillamment au fight légendaire entre Joan Crawford et Bette Davis sur fond de tournage (cauchemardesque) du film culte Qu&#8217;est-il arrivé à Baby Jane ?, Ryan Murphy avait mis la barre très très haut. Difficile de remettre le couvert avec autant de maestria. Il faudra donc sept ans au showrunner de American...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2.jpg" alt="" class="wp-image-37342" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/09/the-artchemists-feud-2-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>On va le dire carrément : la <a href="https://www.theartchemists.com/feud-saison-1-bette-vs-joan/">première saison de FEUD</a> nous a laissés sur le cul. En s&rsquo;attaquant brillamment au fight légendaire entre Joan Crawford et Bette Davis sur fond de tournage (cauchemardesque) du film culte <em>Qu&rsquo;est-il arrivé à Baby Jane ?, </em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy">Ryan Murphy</a> avait mis la barre très très haut. Difficile de remettre le couvert avec autant de maestria. Il faudra donc sept ans au showrunner de <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=american+horror+story">American Horror Story</a></em>, <em>Glee</em> et autres <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=pose">Pose</a></em> pour accoucher d&rsquo;une seconde querelle digne de ce nom. Et quelle querelle : avec <em>Capote vs The Swans, </em>Murphy<em> </em>narre les différents épisodes du clash entre l&rsquo;auteur du mythique <em><a href="https://www.theartchemists.com/livre-sang-froid-capote/">De sang froid</a></em> et ses amies de la jet set new-yorkaise qu&rsquo;il avait surnommées « Les cygnes ». Bouillie de palmipèdes en perspective !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="FEUD: Capote Vs. The Swans Trailer (2024) Naomi Watts, Demi Moore" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/WeE1pRfIt8k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des cadavres dans de beaux placards</h2>



<p>Car il n&rsquo;y aura pas de pitié, soyez-en sûrs ! Tant qu&rsquo;il divertit ses richissimes amies, tant qu&rsquo;il anime leurs somptueux dîners où se croisent nababs, artistes et fashionistas, pas de soucis : <a href="https://www.theartchemists.com/?s=truman+capote" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Truman Capote</a> est le bienvenu, invité partout, même et surtout en vacances dans les villas élégantes des Hamptons. On apprécie son humour, sa culture, son ironie aussi. Une ironie féroce quand il déchire à belles dents celles et ceux qui ont démérité, fait un écart, se sont compromis. Verre en pogne, cet auteur incontournable de la littérature américaine se cuite allègrement en critiquant tout ce qui lui passe à portée de regard. Cela fait beaucoup rire &#8230; jusqu&rsquo;au jour où ses chers cygnes se retrouvent dans le viseur.</p>



<p>Objet de leur colère : « La Côte Basque », nom du restaurant huppé où elles se retrouvent régulièrement avec Capote, et titre d&rsquo;un chapitre de <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Answered_Prayers?oldid=956310128" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Prières exaucées</a></em> paru dans <em>Esquire</em> en 1965, chapitre dans lequel le romancier se lâche dangereusement, révélant à mots à peine couverts les déconvenues de ces dames, entre bassesses, tromperies, maris volages et autres vacheries qu&rsquo;elles se font entre elles. Il faut dire que Capote en a entendu, vu, vécu des vertes et des pas mûres, dans cet univers feutré où le paraître est tout, où on s&rsquo;égorge le sourire aux lèvres. Confident parfait, on lui a confessé bien des secrets, les cadavres que ces damesles cygnes cachent dans leurs beaux placards, il les connaît tous ou presque, puisqu&rsquo;il a aidé à les planquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Détailler la déchéance</h2>



<p>Aussi, quand il édite ces lignes issues d&rsquo;une oeuvre qu&rsquo;il ne finira jamais, la crise est immédiate, brutale. Toutes vont faire front pour le démolir socialement, psychiquement, intellectuellement. Justice ou mesquinerie ? Pour tout dire, quand commence la série, Capote va déjà mal, il boit de plus en plus, n&rsquo;arrive plus à écrire. La rédaction de <em>De Sang froid</em> l&rsquo;a complètement vampirisé. Rongé par le souvenir d&rsquo;une mère pour le moins castratrice, paniqué à l&rsquo;idée de vieillir, de voir sa beauté se flétrir, son inspiration se tarir, il s&rsquo;oublie dans l&rsquo;alcool, s&rsquo;abîme dans une sexualité toxique à la limite du masochisme le plus destructeur. C&rsquo;est à cette fin de règne qu&rsquo;on assiste, impuissant et navré. Car tandis qu&rsquo;il bataille vainement pour écrire encore un peu, pour gagner son combat contre les Cygnes, Capote sombre doucement, isolé, insupportable, enchaînant les erreurs volontairement pour tomber toujours plus bas. </p>



<p>Un reflet de la déliquescence à venir pour les USA des années 70 ? Cette déchéance, Murphy, comme à son habitude, la détaille méticuleusement, sans juger personne, objectif, pénétrant, mettant en regard le destin de Capote et celui d&rsquo;autres artistes comme James Baldwin. Nostalgique également d&rsquo;une période glorieuse, ces années 60 où l&rsquo;aristocratie new-yorkaise héritée du Gilded Age brillait encore, mais si faiblement. La querelle entre Capote et ses Cygnes, filmée par un Gus Van Sant au mieux de sa forme, précipite la chute d&rsquo;une époque, une certaine vision de l&rsquo;Amérique. Costumes, maquillages, coiffures, décors, accessoires, attitudes, la série est une reconstitution fidèle d&rsquo;un mode de vie en apparence policée, qui en réalité encourage le vice, l&rsquo;hypocrisie, la méchanceté, fleurissant à qui mieux mieux sur le terreau du fric facile, de l&rsquo;ennui et de la vacuité.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un casting de choc</h2>



<p>Pour camper cette atmosphère sinistre, le showrunner convoque un casting de choc. Outre Gus Van Sant cité plus haut qui assure la réalisation de cette lente descente aux enfers, Murphy fait entrer en lice des comédiennes de talent, dont il va sublimer le jeu : Naomi Watts, diaphane Babe Paley, Diane Lane, intransigeante Slim Keith, Chloë Sevigny, C.Z. Guest la diplomate, Calista Flockhart la névrosée, Demi Moore, fatale Ann « Bang Bang » Woddward &#8230; un beau parterre d&rsquo;actrices pour autant de rôles complexes, sur le fil du rasoir. Face à elles, <a href="https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=26079.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tom Hollander</a> crève littéralement l&rsquo;écran : sa prestation d&rsquo;un Capote plus vrai que nature, rongé par ses démons (notamment sa mère, la redoutable Lillie Mae Faulk, interprétée par une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jessica_Lange" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jessica Lange</a> terrifiante), restera dans les mémoires comme un tour de force.</p>



<p>L&rsquo;ensemble, inspiré par l&rsquo;ouvrage <em>Capote&rsquo;s women: A true story of love, betrayal, and a swan song for an era</em> de Laurence Leamer, introduit par un générique à l&rsquo;esthétique mémorable, marqué par des séquences puissantes (le bal en noir et blanc, la mort de Capote à mettre en parallèle avec celle de Babe) se regarde à la fois comme un panorama biographique sur un parcours littéraire torturé, une plongée documentaire dans un milieu social très spécifique, l&rsquo;évocation d&rsquo;un temps révolu pour le pire et peut-être le meilleur ? Ce qui est certain, c&rsquo;est que ce second volet de FEUD tient ses promesses, appelant un troisième chapitre qui, là aussi, devra être à la hauteur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Mais pourquoi donc l&#8217;art et la culture font-ils trembler l&#8217;extrême droite ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/art-culture-extreme-droite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Jun 2024 09:11:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La culture et l&#8217;art sont des terrains de jeu particulièrement fascinants. Capable de provoquer des émotions intenses, de questionner les normes et de pousser à la réflexion, la créativité sous toutes ses formes et à toutes les époques, sert de baromètre à des mutations sociales dont souvent elle accouche. Est-ce pour cette raison que les mouvements d&#8217;extrême droite ont toujours détesté la culture et l&#8217;art au point d&#8217;en écraser l&#8217;expression...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite.jpg" alt="" class="wp-image-37147" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-art-et-culture-vs-extreme-droite-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>La culture et l&rsquo;art sont des terrains de jeu particulièrement fascinants. Capable de provoquer des émotions intenses, de questionner les normes et de pousser à la réflexion, la créativité sous toutes ses formes et à toutes les époques, sert de baromètre à des mutations sociales dont souvent elle accouche. Est-ce pour cette raison que les mouvements d&rsquo;extrême droite ont toujours détesté la culture et l&rsquo;art au point d&rsquo;en écraser l&rsquo;expression par tous les moyens possibles ? La question mérite d&rsquo;être posée à l&rsquo;heure où cette idéologie mortifère reprend la main un peu partout dans le monde, et plus particulièrement en Europe.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Mikis Theodorakis - Main Title (O Andonis) - Z - Original Soundtrack" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/jbaS5o_yBME?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Extrême droite : l&rsquo;art d&rsquo;écraser les artistes</h2>



<p>« Quand j&rsquo;entends le mot « culture », je sors mon revolver ! » : tout le monde connaît ce trait d&rsquo;humour nazi dont on ne sait s&rsquo;il fut émis par Goering, Goebbels ou von Schirach. Peu importe du reste la paternité d&rsquo;une plaisanterie lourde de signification : ceux qui connaissent un peu l&rsquo;Histoire du monde en général et celle du XXe siècle en particulier savent le sort réservé aux artistes par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hitler">Hitler</a> et ses sbires : absorbés par l&rsquo;idéologie au point d&rsquo;en devenir les serviles ambassadeurs&#8230; ou éradiqués comme des nuisibles au fin fond des camps d&rsquo;extermination. <a href="https://www.theartchemists.com/arrestation-mort-max-jacob/">Max Jacob</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Salomon" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charlotte Salomon</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurt_Gerron" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kurt Gerron</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Schulz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Schulz</a>, on ne va pas faire ici la liste complète des auteurs, peintres, acteurs, poètes et consort mis à mort par le nazisme : il suffit de retenir que, pour juguler les voix discordantes, les fascistes n&rsquo;hésitaient pas à tuer.</p>



<p>Ils ne furent pas les seuls. En témoigne le sort réservé à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Federico_Garc%C3%ADa_Lorca" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Federico Garcia Lorca</a>, l&rsquo;une des victimes les plus emblématiques de la répression franquiste. Petit rappel pour ceux qui n&rsquo;auraient pas pris espagnol LV2 au lycée : en 1936, au début de la guerre civile espagnole, Lorca a été arrêté et exécuté par les forces nationalistes en raison de ses idées républicaines et de son homosexualité. Son corps, jeté dans une fosse commune du côté de Viznar, n&rsquo;a jamais été retrouvé.</p>



<p>Autre exemple marquant : après le coup d&rsquo;État militaire de 1967 en Grèce, le grand compositeur et musicien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%ADkis_Theodor%C3%A1kis" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mikis Theodorakis</a>, en tant que membre du Parti communiste et figure de la résistance démocratique, est arrêté, emprisonné, torturé. Sa musique est interdite par le régime des colonels, qui cherche ainsi à étouffer toute forme d&rsquo;expression culturelle et artistique opposée à leur idéologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rejet toujours d&rsquo;actualité</h2>



<p>J&rsquo;entends déjà certains lecteurs hurler à l&rsquo;exagération : « Mais l&rsquo;extrême droite aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a plus rien à voir ! Ils se sont assagis, ils sont devenus modernes. Ce ne sont plus des barbares ». Je ne reviendrai pas sur la célébrissime prophétie assénée par Brecht en conclusion de <em>La Résistible ascension d&rsquo;Arturo Ui</em> : « le ventre est encore fécond d&rsquo;où est surgi la bête immonde » ; les termes en sont choisis et formulés avec tellement de juste violence qu&rsquo;on s&rsquo;étonne que plus personne n&rsquo;en parle, malgré la résurrection de cette même bestiole infâme qui s&rsquo;obstine à renaître de ses cendres (à moins qu&rsquo;elle n&rsquo;ait jamais été anéantie ?). Ces mêmes termes illustrent pourquoi les partis de cette mouvance idéologique continuent de craindre le monde de la culture et de l&rsquo;art.</p>



<p>Fort heureusement, l&rsquo;auteur et dramaturge allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertolt_Brecht" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bertolt Brecht</a> a réussi à fuir l&rsquo;Allemagne nazie en 1933 (sans quoi il aurait à coup sûr été exterminé). Connu pour ses œuvres théâtrales critiques du fascisme et du capitalisme, il s&rsquo;est exilé aux États-Unis, continuant de tirer à boulets rouges sur Hitler et sa clique&#8230; ce qui ne l&#8217;empêchera pas du reste d&rsquo;être ensuite victime du maccarthysme. Preuve que les grands esprits, les fins analystes et les plumes d&rsquo;élite terrorisent les extrêmes. Et ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;ils en parlent peu dans leurs programmes politiques (on reste frappé de la vacuité des propositions de ces formations, en amont des élections, il ne faut pas en effet effrayer les indécis et les naïfs dont on cherche à capter les votes), qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas l&rsquo;intention de tordre le cou à un secteur qui leur fiche la trouille par son incroyable force de frappe intellectuelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Charlie Chaplin - Complete Globe Scene - The Great Dictator" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/-jj-PaqFrBc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Florilège de bonnes raisons de flipper</h2>



<p>Mais encore ? Qu&rsquo;est-ce qui peut bien faire autant flipper les fachos qu&rsquo;ils se méfient ainsi de la culture ? Une petite liste s&rsquo;impose !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Défendre les Droits de l&rsquo;Homme</h3>



<p>De nombreux artistes se sont engagés au fil du temps pour défendre les droits de l&rsquo;homme et la justice sociale. Picasso avec <em>Guernica</em>, James Baldwin avec <em>Go Tell It on the Mountain</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ai_Weiwei" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ai Weiwei</a> avec <em>Sunflower Seeds</em>, Costa Gavras avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-z-costa-gavras-1969/">Z</a> </em>ou<em> <a href="https://www.theartchemists.com/film-missing-costa-gavras/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Missing</a></em>, les exemples sont légion qui critiquent directement les régimes oppressifs. Ces engagements vont à l&rsquo;encontre des valeurs de l&rsquo;extrême droite et menacent directement des agendas politiques et sociaux qui reposent justement sur la violation constante de la notion d&rsquo;égalité et de fraternité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le souci de la tolérance</h3>



<p>La culture célèbre la tolérance et l&rsquo;innovation. En témoigne le succès mondial de la série télévisée <em><a href="https://www.theartchemists.com/pose-une-lecon-de-voguing-et-damour/">Pose</a></em>,chroniquée en nos colonnes. Mettant en<strong> </strong>lumière la culture ballroom et les luttes des personnes LGBTQ+ afro-américaines et latino-américaines dans les années 80 et 90, les trois saisons showrunnées de main de maître par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ryan+murphy">Ryan Murphy</a> promeuvent l&rsquo;acceptation et la diversité, des valeurs qui vont à l&rsquo;encontre des idéologies xénophobes et nationalistes des mouvements d&rsquo;extrême droite, on s&rsquo;en doute bien.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Impacter l&rsquo;opinion publique</h3>



<p>De par leur notoriété, certains artistes ont une influence immense sur l&rsquo;opinion publique, les mouvements d&rsquo;extrême droite le savent bien et le redoutent. Cas d&rsquo;école : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taylor_Swift" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Taylor Swift</a>, avec des millions d&rsquo;adeptes dans le monde entier, a la visibilité suffisante pour encourager avec succès de nombreux fans à s&rsquo;engager davantage dans les processus démocratiques et à prendre position contre les injustices. Son soutien à des causes progressistes et sa critique de l&rsquo;extrême droite ont d&rsquo;ailleurs suscité des réactions violentes de la part de certains groupes conservateurs, ce qui souligne l&rsquo;importance et l&rsquo;influence de ses prises de position.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Critique et satire</h3>



<p>La satire est une arme puissante contre l&rsquo;autoritarisme. <em>Le Dictateur</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_Chaplin" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Chaplin</a> reste l&rsquo;une des caricatures politiques les plus incisives et courageuses de l&rsquo;histoire du cinéma ; réalisé, écrit, produit et interprété par Chaplin lui-même, le film sorti en 1940 est une critique virulente du régime nazi et de ses leaders, particulièrement Adolf Hitler. À sa manière et 80 ans plus tard, le film <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-jojo-rabbit/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jojo Rabbit</a></em> de Taika Waititi, se moque aussi ouvertement du nazisme, montrant comment l&rsquo;humour peut être utilisé pour discréditer des idéologies extrémistes. Là aussi, les mouvements d&rsquo;extrême droite craignent comme la peste cette capacité de l&rsquo;art à ridiculiser et à affaiblir leur image publique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;art, ce pouvoir subversif</h3>



<p>L&rsquo;art et la culture ont un pouvoir unique de subversion. Prenons l&rsquo;exemple de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=banksy">Banksy</a><strong> :</strong> le streetartiste n&rsquo;en finit plus de défier les systèmes politiques et économiques en place. Son célèbre tableau <em>Girl with Balloon</em> (qui s&rsquo;est partiellement autodétruit après avoir été vendu aux enchères) dénonce de façon magistrale la commercialisation de l&rsquo;art. Une manière marquante d&rsquo;exposer les contradictions et les injustices, et de perturber l&rsquo;ordre des choses : or ça, l&rsquo;extrême droite n&rsquo;aime pas du tout.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La rébellion dans l&rsquo;âme</h3>



<p>De même qu&rsquo;elle n&rsquo;aime pas l&rsquo;esprit de rébellion contre l&rsquo;oppression, esprit que les milieux de l&rsquo;art et de la culture se plaisent à faire fructifier, parfois avec un certain sens de l&rsquo;exultation, si l&rsquo;on en croit la fulgurante trajectoire du mouvement <a href="https://www.theartchemists.com/?s=punk">punk</a>, qui a choisi l&rsquo;année 1977 pour infliger une grande et durable tarte dans la tronche boursouflée d&rsquo;un gouvernement britannique ultraconservateur ne jurant que par une austérité économique criminelle. Des groupes comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Clash" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Clash</a> ont utilisé leur musique pour défier l&rsquo;autorité et inspirer le changement social, une dynamique que l&rsquo;extrême droite trouve profondément urticante.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="&quot;La résistible ascension d&#039;Arturo Ui&quot; à la Comédie-Française" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/AmqIQcCGWS8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Les stratégies de l&rsquo;extrême droite pour faire taire la culture et l&rsquo;art ?</h2>



<p>En somme et après ce rapide et très incomplet aperçu, on peut résumer la situation comme suit : le monde de l&rsquo;art et de la culture encourage tout ce que l&rsquo;extrême droite cherche à contrôler, à uniformiser et à museler. En d&rsquo;autres termes, artiste = casse-bonbon d&rsquo;envergure = empêcheur de tyranniser en rond. Face à cette menace à plusieurs facettes, les mouvements extrémistes ne restent pas les bras croisés, on s&rsquo;en doute bien. Tous orchestrent des stratégies variées pour tenter de faire taire cette bande d&rsquo;artistes ingérables, espèce de saltimbanques, on vous pendra par les c&#8230;.. Dans leur boite à outils anti-culture, plusieurs process.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La censure et la répression</h4>



<p>C&rsquo;est l&rsquo;une des tactiques les plus directes. On interdit, on punit. Dans les régimes d&rsquo;extrême-droite, les œuvres d&rsquo;artistes dissidents sont souvent interdites ou dénaturées. On se souvient encore de la fameuse exposition sur l&rsquo;art dégénéré inaugurée en grande pompe par les nazis pour dénoncer les auteurs d&rsquo;un art jugé déviant et régressif. Un parfait exemple de diffamation à l&rsquo;échelle d&rsquo;un gouvernement. Beaucoup plus récemment, en Russie, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pussy_Riot">Pussy Riot</a> ont été emprisonnées pour leurs performances provocantes et critiques du régime de Poutine.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La culture alternative</h4>



<p>Autre option : promouvoir sa propre culture. Aux États-Unis, des plateformes type Breitbart News, dirigées par des figures de l&rsquo;alt-right comme Steve Bannon, ont distillé avec une redoutable efficacité une contre-culture alignée avec leurs idées. Films, musiques, contenus médiatiques, tout est bon pour véhiculer leurs valeurs et mettre la culture mainstream en porte à faux.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L&rsquo;intimidation et les menaces</h4>



<p>Là aussi, ce n&rsquo;est pas une nouveauté, encore moins depuis l&rsquo;avènement des réseaux sociaux et du cyberharcèlement qui va avec. Des artistes et des intellectuels reçoivent régulièrement des menaces de mort et des attaques en ligne. <a href="https://www.paris-normandie.fr/id423744/article/2023-06-16/menace-par-lextreme-droite-medine-en-concert-au-pays-la-maison-larmada-de-rouen">Médine</a> menacé à chaque fois qu&rsquo;il envisage de faire un concert, Lady Gaga et Taylor Swift conspuées par l&rsquo;alt-right&#8230; on ne manque pas d&rsquo;illustrations en l&rsquo;état.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The Clash - London Calling (Official HD Video)" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/a3XqMtam1I0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les politiques culturelles des partis d&rsquo;extrême droite au pouvoir ?</h2>



<p>Cet arsenal s&rsquo;accompagne d&rsquo;une certaine conception de la politique culturelle à mettre en place une fois le pouvoir conquis. Il y a bien sûr la censure et la répression évoquées précédemment. Mais il existe des méthodes plus subtiles qu&rsquo;on peut résumer en une triade d&rsquo;une rare efficacité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La centralisation et le contrôle des institutions culturelles</h3>



<p>Première étape absolument cruciale : centraliser le contrôle des institutions culturelles, ce qui implique de reprendre en main l&rsquo;organisation des structures, le recrutement des intervenants, la répartition des budgets. On va le dire clairement pour ceux qui ne comprendraient pas : plus de fric pour les assos et artistes jugés subversifs, on vire celles et ceux qui ne marchent pas droit, on engage des intervenants qui ne feront pas de vague, voire des convaincus. Et on cadre les sujets à traiter et ceux qu&rsquo;il ne faut surtout pas aborder. Exemple : en Pologne, <a href="https://www.lequotidiendelart.com/articles/17794-en-pologne-la-culture-sous-emprise.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le parti Droit et Justice (PiS) a pris le contrôle des musées</a>, des théâtres et des centres culturels, en y nommant des directeurs loyaux à leur cause. Cette centralisation permet de s&rsquo;assurer que la production culturelle est alignée avec l&rsquo;idéologie du parti et réduit l&rsquo;espace pour les voix dissidentes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réécriture de l&rsquo;Histoire</h3>



<p>En parallèle, on s&rsquo;occupe de retravailler le passé à sa sauce et dans son sens. En réécrivant l&rsquo;histoire, on renforce l&rsquo;esprit nationaliste de la mémoire du pays et on gomme les épisodes gênants. Des projets éducatifs et culturels sont orientés pour réécrire l&rsquo;histoire de manière à exalter les héros nationaux et les victoires militaires, tout en occultant les périodes sombres et les contributions des minorités. En Italie, sous le gouvernement de la Ligue du Nord, il y a ainsi eu des <a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/giorgia-meloni-alliance-nationale-freres-d-italie-reference-mussolini" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tentatives pour glorifier l&rsquo;ère fasciste</a> de Mussolini et minimiser ses crimes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La promotion de l&rsquo;art nationaliste</h3>



<p>C&rsquo;est la troisième pointe du triangle. On fait l&rsquo;éloge de la nation grâce à une forme d&rsquo;art qu&rsquo;on porte au pinacle. Ainsi, le gouvernement russe finance et soutient activement la production de films patriotiques qui célèbrent les succès militaires et historiques du pays. Par exemple, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/sous-les-radars/la-propagande-cartonne-au-cinema-russe-2638692" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le film <em>T-34</em> (2019)</a>, qui raconte l&rsquo;histoire héroïque d&rsquo;un équipage de char russe pendant la Seconde Guerre mondiale, a reçu un soutien financier substantiel de l&rsquo;État et a été largement promu comme un symbole de la bravoure russe.</p>



<p>On va être clair : tout cela s&rsquo;appelle de la propagande.</p>



<p>Une petite conclusion ? Bien sûr, cet article est loin d&rsquo;être exhaustif et n&rsquo;a pas la vocation d&rsquo;une thèse. On aurait pu citer les artistes poursuivis par l&rsquo;ire du gouvernement chinois, Salman Rushdie cible de la haine des intégristes musulmans et ainsi de suite. Les exemples ne manquent malheureusement pas. Ce qu&rsquo;il faut retenir, ce sont les raisons de cette haine, cette volonté absolue de contrôler ou d&rsquo;éradiquer la voix dissidente de la culture, une force dynamique et puissante qui défie les extrémismes de toutes sortes. Ces derniers voient dans cette capacité à influencer et à mobiliser un danger pour leurs idéologies rigides et exclusivistes. À chaque coup de pinceau, à chaque note de musique, à chaque mot écrit, la culture et l&rsquo;art se dressent comme des bastions de résistance contre l&rsquo;oppression. Et malgré la répression, la censure, les tentatives de délégitimation et d&rsquo;intimidation, ces voix courageuses et indomptables perdurent, résistent. À nous de les écouter, de nous en inspirer et d&rsquo;y faire écho.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



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		<title>Beautiful Skin : parce que nous avons tous besoin d’un safe space !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/beautiful-skin-safe-space/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jul 2023 08:10:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36165</guid>

					<description><![CDATA[<p>Et une édition de plus en vue pour la Beautiful Skin qui remet le couvert ce vendredi ! Comme le revendique l’event facebook, « Beautiful Skin is here for you ! » Et cela dépasse le cadre de la prog festive et d’un choix musical qualitatif et pointu pour embrasser le champ plus vaste de la liberté des corps et de leur préservation au cœur d’un safe space sacralisé pour le bien de tous.tes....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel48.jpg" alt="" class="wp-image-36166" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel48.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel48-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/07/Devenez-un-pro-du-design-en-quel48-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Et une édition de plus en vue pour la Beautiful Skin qui remet le couvert ce vendredi ! Comme le revendique l’event facebook, « <em>Beautiful Skin is here for you !</em> » Et cela dépasse le cadre de la prog festive et d’un choix musical qualitatif et pointu pour embrasser le champ plus vaste de la liberté des corps et de leur préservation au cœur d’un safe space sacralisé pour le bien de tous.tes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le plein de naked good vibes</h2>



<p>As usual, cette nouvelle session de la Beautiful Skin propose le plein de good sound et de naked good vibes. Au programme :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les habituels DJ sets avec aux platines la team <a href="https://www.theartchemists.com/?s=bragi+pufferfish" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bragi Pufferfish</a> représentée par <a href="https://www.theartchemists.com/interview-lucifer-dj/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lucifer des Enfers</a>, <a href="https://www.instagram.com/Fenouil2000/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fenouil2000</a>, <a href="https://www.instagram.com/fabisounours/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fabisounours</a> et <a href="https://www.instagram.com/lokistarfish/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Loki Starfish</a>, ainsi que les guests <a href="https://www.instagram.com/lounadriol/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Louna</a> et <a href="https://www.instagram.com/mildly_rudeboy/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mildly Rudeboy</a> ;</li>



<li><a href="https://www.instagram.com/roxane_poledance/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Roxane</a>, poledancer de son état, qui viendra performer.</li>
</ul>



<p>Pour vous ambiancer, voici le type de son que vous devriez entendre durant la soirée&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-soundcloud wp-block-embed-soundcloud"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://soundcloud.com/lounadriol/electro-mix-032023?si=02b106ac6bd8422a980ee0fe5af34c01&#038;utm_source=clipboard&#038;utm_medium=text&#038;utm_campaign=social_sharing
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-soundcloud wp-block-embed-soundcloud"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="[Bragi Pufferfish] Fenouil2000 by Tsugi" width="640" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F1473551824&#038;show_artwork=true&#038;maxheight=960&#038;maxwidth=640"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-soundcloud wp-block-embed-soundcloud"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://soundcloud.com/ju_paris/ardeur-final?si=d24ef15b891648fa82a4f20a2c1fe938&#038;utm_source=clipboard&#038;utm_medium=text&#038;utm_campaign=social_sharing
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Consentement et tolérance : la Beautiful Skin comme safe space</h2>



<p>S’ambiancer, c’est bien, s’ambiancer en toute quiétude, c’est mieux, surtout quand on est nu.e. Naturistes, les soirées Beautiful Skin ont mis en place un protocole pointu, que certains pourraient trouver exigeant, mais qui s’avère nécessaire pour assurer le bien-être de chacun.e.&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Pas d’accessoires ni de bananes ni de culotte (excepté pour les personnes ayant leurs règles)</li>



<li>Téléphone, fringues et autres (hormis les shoes) remis à l’entrée pour éviter les photos prises en douce&nbsp;; en échange, un petit sac numéroté pour y placer sa carte de crédit, ses clopes et son briquet… et revenir reprendre le tout au vestiaire une fois la soirée bouclée.</li>
</ul>



<p>C’est calé, organisé, rodé… et incontournable. Car la règle d’or dans cette fiesta reste LE CONSENTEMENT. Beaucoup ont encore tendance à confondre nudité et sexualité. Stalkers, voyeurs, prédateurs sexuels, dehors, passez votre chemin. On vient aux Beautiful Skin Parties pour vivre le naturisme en toute tranquillité, sans risquer de se faire agresser ou harceler. Faire des rencontres, why not et plus si affinités, tant qu’on est OK pour ça. En cas de doute, de problème, on peut demander assistance aux membres de l’équipe munis de bracelets ou au stand de prévention ;  à l&rsquo;entrée une physio et un staff de sécurité. Bref, on n’est pas seul.e et surtout on est accepté.e pour ce qu’on est, dans un esprit de tolérance et d’amour de l’Autre avec un grand A.</p>



<p>No racism &#8211; No mysoginy &#8211; No homopobia &#8211; No transphobia &#8211; No ableism &#8211; No ageism &#8211; No fatphobia &#8211; No hate… Just Kindness and party ! Le message est clair. J’irai plus loin : il est vital et censé en ces heures sombres où la gangrène de l’intolérance crasse, de la folie destructrice, gagne. D’où l’importance de ces soirées pensées comme des bulles d’oxygène psychique et émotionnel où on peut se retrouver, échanger, s’amuser, se détendre, alléger la charge mentale titanesque qui nous écrasent tous, cette peur du lendemain qui nous étreint, et retrouver un peu la fierté, la joie d’être soi, l’espoir, la créativité, la combattivité. En un mot comme en cent, on a un besoin urgent, crucial de ce type de safe space pour conserver un brin de cohésion entre humains, et le goût des lendemains qui chantent. Beautiful Skin Party forever et pour le meilleur !</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>Pour en savoir plus et préparer votre prochaine visite à la Beautiful Skin, consultez <a href="https://www.instagram.com/beautifulskin_parties/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le compte instagram</a> de la soirée.</p>
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		<title>Helmut Berger – Autoportrait : les mémoires du « plus bel homme du monde »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/autobiographie-helmut-berger/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jun 2023 13:12:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=29988</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peut-on réduire Helmut Berger à cette caricature ? Difficile. On peut être un Apollon, si l’on n’a pas d’âme, on n’est rien qu’une coquille vide. De l’âme, Helmut Berger n’en a pas manqué, du caractère non plus, surtout. Et c’est probablement ce qui a conquis Visconti qui va en faire son amant, son compagnon et son acteur fétiche. S’il n’y avait pas eu Visconti, Berger aurait-il perduré, se serait-il imposé...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/9782840496915-e1512294856538.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="429" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/12/9782840496915-e1512294856538.jpg" alt="" class="wp-image-29989"/></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Peut-on réduire Helmut Berger à cette caricature ? Difficile. On peut être un Apollon, si l’on n’a pas d’âme, on n’est rien qu’une coquille vide. De l’âme, Helmut Berger n’en a pas manqué, du caractère non plus, surtout. Et c’est probablement ce qui a conquis Visconti qui va en faire son amant, son compagnon et son acteur fétiche. S’il n’y avait pas eu <a href="https://www.theartchemists.com/film-les-damnes-luchino-visconti-1969/">Visconti</a>, Berger aurait-il perduré, se serait-il imposé sur les écrans ? Certainement, mais d’une manière plus futile. Et c’est justement cette histoire de révélation et d’interaction que Holde Heuer met en lumière en restituant les propos de l’acteur dans <em>Helmut Berger &#8211; Autoportrait</em>.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art sans concession</h2>



<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;acteur s</span>&lsquo;y<span style="color: #000000;"> livre sans fard, brut de décoffrage, avec verve et énergie, direct et droit dans ses bottes. Il assume tout, la bisexualité, les dépenses inconsidérées, les drogues, les parties fines, les rigolades, les insultes, les colères, les conneries… Il assume aussi l’amour fou, total qu’il a vécu avec son Luchino, même s’ils étaient oxymoriques, à l’opposé, pourtant si complémentaires. La mort du maître laisse Berger dévasté, non pas orphelin, mais veuve, il n’hésite pas à user du terme sans gêne.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Il est également le dépositaire de son travail, de son œuvre à laquelle il a prêté ses traits si fins, si durs. Ses anecdotes dévoilent une conception de l’art sans aucune concession. Sur le plateau, devant comme derrière la caméra, la discipline et l’exigence sont reines, on ne négocie pas sur ces points. Et en bon prussien qu’il est, Berger s’y plie, revendique même cette sévérité absolue… qui l’amène à être exigeant avec les autres comme avec lui-même.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des mémoires entre ombres et lumières</h2>



<p><span style="color: #000000;">De l’ego certes il en a à revendre, que d’aucuns prendront pour de la vanité. En marge du mépris, il y a l’amitié, la solitude, la conscience des proches trop vite disparus, une vision très moderne du couple, des relations amoureuses. Et doucement le temps qui passe, qui altère la beauté mais jamais la passion, l’envie de créer, de jouir de la vie … Les mémoires d’Helmut Berger évoluent entre ombres et lumières, pour refléter les temps insouciants de la fête comme ceux plus nostalgiques de la vieillesse où l’on n’est plus que souvenirs.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Par bien des côtés, ses confidences évoquent l’atmosphère que dégagent les œuvres du plasticien <a href="https://www.theartchemists.com/retrospective-jean-luc-verna-fee-insolante-grandiose-salope-magnifique-paramour/">Jean-Luc Verna</a> dont le propos d’artiste recoupe les constats fatalistes du «&nbsp;plus bel homme du monde&nbsp;». Grand amateur d’art moderne, Berger serait-il sensible aux travaux de ce caméléon transgenre que Verna cultive assidûment en lui&nbsp;? Au final, ce dernier serait peut-être le plus à même de saisir les nuances de cette personnalité à la fois solaire et autodestructrice, qui a marqué les esprits en interprétant les rôles les plus complexes, les plus extrêmes.</span></p>



<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>


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