﻿<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>mexique</title>
	<atom:link href="https://www.theartchemists.com/search/mexique/feed/rss2/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.theartchemists.com/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Tue, 20 Jan 2026 16:18:37 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.1</generator>
	<item>
		<title>Déprime saisonnière &#038; créativité : comment l’hiver inspire les artistes</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/deprime-saisonniere-creativite-hiver-artistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 10:41:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38436</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans l’imaginaire collectif, l’hiver est souvent associé au repli : jours courts, nuits longues, rues désertées, fatigue diffuse. Une saison où l’on se sent en retrait, presque mis en suspens. Pourtant, dans l’histoire de la création, cet état de latence a souvent fonctionné comme une matrice : la mélancolie hivernale agit comme un déclencheur, un espace mental creusé où les artistes trouvent une profondeur particulière. Loin d’être un simple abattement,...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/deprime-saisonniere-creativite-hiver-artistes/">Déprime saisonnière &amp; créativité : comment l’hiver inspire les artistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-art-et-deprime-hivernale.jpg" alt="art et déprime hivernale" class="wp-image-38440" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-art-et-deprime-hivernale.jpg 2000w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-art-et-deprime-hivernale-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-art-et-deprime-hivernale-494x395.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-art-et-deprime-hivernale-768x614.jpg 768w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2026/01/The-ARTchemists-art-et-deprime-hivernale-1536x1229.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Dans l’imaginaire collectif, l’hiver est souvent associé au repli : jours courts, nuits longues, rues désertées, fatigue diffuse. Une saison où l’on se sent en retrait, presque mis en suspens. Pourtant, dans l’histoire de la création, cet état de latence a souvent fonctionné comme une matrice : la mélancolie hivernale agit comme un déclencheur, un espace mental creusé où les artistes trouvent une profondeur particulière.</p>



<p>Loin d’être un simple abattement, cette humeur dite “saisonnière” — dont la psychologie moderne reconnaît les effets sur le rythme circadien, la lumière perçue et l’énergie mentale — devient parfois un<strong> </strong>allié paradoxal de l’intuition et de la sensibilité. L’hiver ralentit, mais ce ralentissement ouvre un champ intérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retrait hivernal : un cadre propice à l’introspection créatrice</h2>



<p>La déprime hivernale n’a rien d’une invention romantique. Les psychiatres parlent depuis les années 1980 de trouble affectif saisonnier, marqué par une baisse d’énergie, de motivation, de concentration. Si ce trouble est pathologique dans ses formes sévères, il existe des manifestations plus légères — fatigue, mélancolie, hypersensibilité — qui, chez beaucoup d’artistes, se transforment en matière psychique féconde.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Le ralentissement comme technique involontaire</em></h3>



<p>En hiver, les journées raccourcies réduisent la dispersion. Le monde extérieur se fait plus silencieux. Les sollicitations se raréfient. Ce cocon forcé devient presque une résidence intérieure. L’écriture, la composition ou la peinture profitent de ce calme imposé pour émerger sans contrainte sociale.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La lumière déclinante : un studio naturel</em></h3>



<p>La lumière hivernale, plus basse, plus froide, plus rasante, crée un environnement plastique singulier : ombres longues, contrastes atténués, palette naturelle désaturée. Les peintres nordiques ont su en faire un levier d’expression, transformant la grisaille en un langage émotionnel. L’hiver n’est pas l’absence de lumière : c’est une autre qualité de lumière, presque méditative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Friedrich, Munch, O’Keefe&nbsp;: capturer l’âme de l’hiver</h2>



<p>Trois artistes ont particulièrement su saisir l&rsquo;esprit hivernal.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Friedrich ou la solitude constructive</em></h3>



<p>Dans ses paysages hivernaux — sapins noirs, neige immobile, horizons brumeux — <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Caspar_David_Friedrich">Caspar David Friedrich</a> crée une mélancolie qui n’est jamais morbide. Ses personnages, de dos, semblent méditer, contempler, se recentrer. L’hiver est un appel à l’universalité intérieure.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Munch et la sensibilité exacerbée</em></h3>



<p>Avant <em>Le Cri</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edvard_Munch">Edvard Munch</a> peint de nombreuses scènes hivernales où la lumière bleue, la neige ou les arbres nus deviennent des figures mentales. Le paysage absorbe l’émotion, la restitue sous une forme picturale. Son hiver amplifie les sensations, devenant ainsi une chambre d’écho psychique.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>O’Keeffe, la sécheresse hivernale comme abstraction</em></h3>



<p>Dans ses œuvres du Nouveau-Mexique, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Georgia_O%27Keeffe">Georgia O’Keeffe</a> peint des solitudes minérales, dénudées, qui rappellent l’hiver sans neige : ossatures, falaises blanchies, végétation dépouillée.<br />L’hiver n’y est pas saison, mais épure essentielle.</p>



<p>La déprime saisonnière n’est pas un romantisme naïf ni un simple trouble physiologique : c’est un terrain ambivalent, qui agit comme un révélateur des nuances intérieures, d’une esthétique du silence, d’une relation intime à la lumière et au temps. L’hivernité créatrice amène à puiser dans la pénombre une forme de vérité que l’été, trop lumineux, trop rapide, ne laisse pas toujours entrevoir.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/deprime-saisonniere-creativite-hiver-artistes/">Déprime saisonnière &amp; créativité : comment l’hiver inspire les artistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Frankenstein selon Guillermo del Toro : un monstre d’hybridation cinématographique, littéraire et visuelle</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/frankenstein-guillermo-del-toro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 16:12:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38385</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois jours, 29 millions de spectateurs. Ce n’est rien de dire que le Frankenstein de Guillermo del Toro a fait un carton. Déboulant sur Netflix après une sortie en salle au compte goutte dans plusieurs pays, ce récit gotique en diable a su conquérir un public chauffé à blanc par une campagne de communication particulièrement bien troussée. Restait à savoir si la qualité serait au rendez-vous : c’est le cas et...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/frankenstein-guillermo-del-toro/">Frankenstein selon Guillermo del Toro : un monstre d’hybridation cinématographique, littéraire et visuelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="480" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-frankenstein-del-toro.jpg" alt="affiche du film Frankenstein de Guillermo del Toro" class="wp-image-38386" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-frankenstein-del-toro.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-frankenstein-del-toro-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-frankenstein-del-toro-395x494.jpg 395w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Trois jours, 29 millions de spectateurs. Ce n’est rien de dire que le <em>Frankenstein</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillermo_del_Toro">Guillermo del Toro</a> a fait un carton. Déboulant sur Netflix après une sortie en salle au compte goutte dans plusieurs pays, ce récit gotique en diable a su conquérir un public chauffé à blanc par une campagne de communication particulièrement bien troussée. Restait à savoir si la qualité serait au rendez-vous : c’est le cas et haut la main. Il faut dire que del Toro a pris son temps. Déjà en 2007, le réalisateur évoquait la chose&#8230; avec passion. 20 ans plus tard, il accouche d’un petit bijou de long-métrage de prime abord horrifique, au final aussi poétique que baroque, et qui ne demande qu’à être décortiqué. Car l’auteur de <em>Crimpson Peak</em>, <em>Le Labyrinthe de Pan</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-forme-eau/">La Forme de l’eau</a></em> ne pouvait s’emparer de la création littéraire magistrale de Mary Shelley sans en faire un hybride foisonnant, hypnotique et riche d’enseignement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Frankenstein | Guillermo del Toro | Official Teaser | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/x--N03NO130?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De Shelley à del Toro</h2>



<p>Revenons un instant au socle mythique posée par Mary Shelley en 1818. Le roman <em>Frankenstein; or, The Modern Prometheus</em> repose sur un double pari : reprendre la légende de Prométhée (l’homme qui vole le feu divin) et la transposer dans une ère de conquêtes scientifiques, médicales et technologiques qui questionne la responsabilité du créateur. Mary Shelley dans ce récit dément interroge l’humanité du monstre, l’irresponsabilité du savant, la solitude existentielle, la frontière floue entre l’humain et le non-humain.</p>



<p>Del Toro s’empare de l’oeuvre, contourne le piège d’une transposition au pied de la lettre, métamorphose l’ensemble, élabore son propre cocktail gotico-horrifico-poétique. Mythe en mutation&nbsp;: ce qu’il emprunte à Shelley, il le croise avec les éléments clés de son univers artistique, ces thématiques qui le hantent depuis le début de sa carrière, le temps qui passe sans qu’on puisse le maîtriser, la volonté de contrôle de ce qui ne peut l’être, l’amour absolu et impossible magnifié, le trop lourd sentiment du rejet, la question de l’intégration, de la normalisation. Son <em>Frankenstein</em> lui ressemble — qui efface la confuse limite entre créateur et monstruosité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Éléments de métamorphose</h2>



<p>Quelques points saillants d’appropriation/transformation&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le film, bien que restituant l’époque victorienne ou proche, affiche une esthétique baroque, gothique, steampunk, qui tranche avec le contexte du roman. Les décors, les costumes, la lumière, grandioses, ne visent pas à une « vraie reconstitution », mais à planter un monde « à la del Toro ».</li>



<li>Là où Shelley montre un savant outré par sa créature, del Toro fait de Victor Frankenstein LE monstre de ce conte, un monstre par ses actes, ses obsessions, sa puissance destructrice… et son égo infini. Clairement, la créature est bien plus humaine que son « père » qui restitue sans même s’en rendre les sévices subis dans son enfance par un géniteur plus que maltraitant.</li>



<li>La fiancée (Elizabeth Lavenza, parfaite réplique d’une mère adorée morte prématurément) est placée au cœur non seulement du triangle romantique/tragique, mais aussi de l’empathie et de la métamorphose. Par son biais, le film aborde les thèmes de la paternité/maternité, de la transmission, de la violence, de l’industrialisation, de l’armement.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un témoin, une conscience, un miroir</h2>



<p>La fiancée justement. Dans cette adaptation, Elizabeth (Mia Goth, d’une justesse touchante) ne se contente pas d’être l’ombre passive du créateur ou de la créature, la pauvre jeune fille convoitée par l’un et l’autre, une victime en puissance. Non, ici, elle est empathie, reconnaissance, humanité. Un trait d’union, un témoin, une conscience, un miroir. Quelqu’un qui répare ou tente de le faire par tous les moyens à sa disposition. Ses tenues, pensées comme des carapaces d’insecte (les scarabées, le malachite… références récurrentes dans le cinéma de del Toro, dixit <em>Mimic</em>), expriment à la fois sa fragilité et sa force.</p>



<p>Sa rencontre avec la créature est un moment d’une grande poésie, un «&nbsp;love at first sight&nbsp;» particulièrement romantique et poignant qui s’accompagne d’un geste de charité, d’un désir de protection. Quelque chose de <em>La forme de l’eau</em> transparaît ici , qui va à contre-courant des récits fantastico-horrifiques. Le monstre n’est pas celui qu’on croit, et c’est une femme qui le révèle aux yeux de tous, quitte à y laisser la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Incarner l’Autre</h2>



<p>Victor Frankenstein (joué par un Oscar Isaac frénétique) est représenté non comme un savant fou typique, mais comme un artiste-entrepreneur, un visionnaire obsédé, une rockstar. Costume, attitude, discours, tout le montre, par exemple ces gants rouges qui ne le quittent jamais, et qui symbolisent le sang qui tâchent ses mains, la tâche originelle déposée sur lui par sa mère à l’agonie. Sa passion également, son manque de recul, de pondération. La violence aussi qui l’anime, dans sa relation aux autres, et à ce «&nbsp;fils&nbsp;» qu’il ne va pas assumer.</p>



<p>Ce «&nbsp;père&nbsp;» va tenter de dresser cet «&nbsp;enfant&nbsp;» comme un animal de foire, démontrant ainsi son manque d’empathie. Puis quand il jugera qu’il ne peut progresser, il voudra s’en débarrasser comme on le fait d’un cobaye gênant. Face ce sommet d’égoïsme et de vanité, la créature (jouée par un Jacob Elordi tout en fragilité et colère) s’avère un être vulnérable en quête de sens. Exit l’allure d’un cadavre composite verdâtre et couturé de partout&nbsp;; diaphane et naturellement élégant dans son allure, sa maladresse, cet être aux allures d’ange ou d’extraterrestre questionne, souffre, apprend. Doté d’une beauté étrange que peu perçoivent, il est rejeté non plus pour sa laideur mais parce qu’il incarne l’Autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un film-frankenstein</h2>



<p>Del Toro met ainsi en scène de manière magistrale la quête de reconnaissance de ceux que le monde dit «&nbsp;normal&nbsp;» écarte avec cruauté. Un sujet qui revient en boucle dans ses films&nbsp;: la notion de différence y est questionnée sans cesse, idem pour l’impossible intégration de ceux qui ne correspondent pas aux normes et en souffrent (Hellboy se limant les cornes «&nbsp;pour s’intégrer&nbsp;»). Sujet d’actualité dans une Amérique trumpienne qui traque la différence (personnes trans, intellectuels opposants ou immigrés) avec une assiduité effrayante. Originaire du Mexique, del Toro connaît la sujet. Il sait qu’on est toujours le monstre de quelqu’un. Et cette monstruosité naît uniquement dans le mental, la perception erronée qu’on a du monde.</p>



<p>Son film se veut donc une créature-synthèse, un grand métissage de références, de connaissances, d’émotions. La somme, la fusion de toutes ses obsessions de cinéaste, de ses références culturelles. Son enfance traumatique, son goût des monstres comme métaphores de l’exclu, sa passion pour la mort, le sacrifice, la métamorphose&nbsp;, ses références à l’art pictural, à la peinture baroque, au surréalisme. Le film devient un tableau en mouvement, un film-frankenstein : un corps composé, un monstre d’hybridation cinématographique, littéraire et visuelle.</p>



<p>En somme, le<em> Frankenstein</em> de del Toro est un acte d’amour autant que de réinvention : un hommage à Shelley, mais aussi un manifeste esthétique et émotionnel. Il inverse le regard, métamorphose les rôles, transcende les genres. Il fait de la créature plus humaine que son créateur — et de son film, une œuvre-créature à part entière.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/frankenstein-guillermo-del-toro/">Frankenstein selon Guillermo del Toro : un monstre d’hybridation cinématographique, littéraire et visuelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Playlist #370 – Cœurs bancals et horizons flous</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/playlist-musique-370/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 08:02:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38244</guid>

					<description><![CDATA[<p>Août se traîne. L’atmosphère se fendille, les corps fatiguent, les âmes vacillent. L’ombre de septembre approche à pas feutrés. Cette semaine, on écoute des chansons comme on prend une pause clope en regardant le ciel : sans but précis, mais le cœur ouvert. Des morceaux qui oscillent entre tendresse rugueuse, mélancolie douce, éclats de lumière et repli solitaire. Une bande-son de fin de saison, qui parle de boucles, de chutes,...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/playlist-musique-370/">Playlist #370 – Cœurs bancals et horizons flous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemosts-playlist-370.jpg" alt="" class="wp-image-38258" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemosts-playlist-370.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemosts-playlist-370-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemosts-playlist-370-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Août se traîne. L’atmosphère se fendille, les corps fatiguent, les âmes vacillent. L’ombre de septembre approche à pas feutrés. Cette semaine, on écoute des chansons comme on prend une pause clope en regardant le ciel : sans but précis, mais le cœur ouvert. Des morceaux qui oscillent entre tendresse rugueuse, mélancolie douce, éclats de lumière et repli solitaire. Une bande-son de fin de saison, qui parle de boucles, de chutes, d’illusions, de résilience.</p>



<p>les 10 artistes à l&rsquo;honneur :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Playlist The ARTchemists #370" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PL-6XgaEM0vRJ5sGR7aOYuHdLRAVdwWAy2" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Youth Play – « A Fair Life »</h2>



<p>Un morceau pop rock élégant et retenu, presque trop propre pour être vrai. Mais dans les entrelacs mélodiques, une fêlure. Une chanson sur l’équilibre impossible entre idéal et réalité. <a href="https://www.instagram.com/theyouthplay/">The Youth Play</a> marque un début de playlist tout en illusion maîtrisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nick Drake – « River Man »</h2>



<p>Classique éternel, fantôme sublime. <a href="https://www.instagram.com/nickdrakeofficial/">Nick Drake</a> ne vieillit pas, il plane. Sa voix est une rivière noire, le piano s’écoule lentement, les cordes vous attrapent à la gorge. À écouter les yeux fermés. Respect.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jehnny Beth – « Broken Rib »</h2>



<p>Une décharge. Punk électronique et tension sexuelle, rage contenue et vulnérabilité assumée. La voix de <a href="https://www.instagram.com/jehnnybeth">Jenny Bleth</a> est blessée, enragée les machines hurlent en écho. Un cri de résistance charnelle. Incontournable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Xavier Polycarpe – « She Cut a Rug »</h2>



<p>Un groove rétro-pop un peu cabossé, au charme immédiat. <a href="https://www.instagram.com/xavier.polycarpe/">Xavier Polycarpe</a> est dansant sans être vide, mélodique sans être mièvre. Un clin d’œil vintage qui balance avec retenue. Étrangement addictif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nation of Language – « I’m Not Ready for the Change »</h2>



<p>Post-punk 80’s revisité avec une classe folle. Basse envoûtante, synthé suspendu, chant à fleur de peau. Le titre de <a href="https://www.nationoflanguage.com/">Nation of Language</a> dit tout : la peur du changement, chantée avec grâce et panique élégante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tchotchke – « Poor Girl »</h2>



<p>Mélodie girly et acidulée. Une voix de poupée pour des paroles désabusées. <a href="https://www.instagram.com/tchotchkemusic/">Tchotchke</a>, c’est simple, direct, amer, délicieux. Et ça tient en 3 minutes. Brillant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">The Beths – « No Joy »</h2>



<p>Indie rock vitaminé au fond triste. <a href="https://www.thebeths.com/">The Beths</a>, c&rsquo;est une rythmique efficace, des guitares qui éclatent, une voix qui sourit en pleurant. Une chanson parfaite pour courir dans la nuit sans destination.</p>



<h2 class="wp-block-heading">The Fynches – « Heavy »</h2>



<p>Midtempo lourd et atmosphérique. Une mélancolie douce comme une chambre en désordre. On est là, à moitié dedans, à moitié ailleurs. Le titre de <a href="https://www.thefynches.com/">The Fynches</a> est bien choisi : ça pèse, mais doucement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Camilo Séptimo – « Laberinto »</h2>



<p>Pop synthétique venue du Mexique, envoûtante, planante, sensuelle. Une voix qui susurre, des claviers qui flottent. On se perd avec plaisir dans le labyrinthe sonore de <a href="https://www.instagram.com/camiloseptimomx/">Camilo Septimo</a>. Sensation étrange et chaude.</p>



<h2 class="wp-block-heading">R3DN1K – « Sunfall »</h2>



<p>Final instrumental ou presque, électro-ambient teinté de tension dramatique. <a href="https://www.instagram.com/R3DN1KOFF">R3DN1K</a> : une descente douce vers l’obscurité, comme si le soleil s’éteignait lentement derrière un écran de fumée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">&#x26a1; En bref :</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Pour errer avec style</strong> : Nation of Language, The Beths, The Fynches</li>



<li><strong>Pour craquer sans honte</strong> : Jehnny Beth, Tchotchke, Nick Drake</li>



<li><strong>Pour danser au bord du vide</strong> : Xavier Polycarpe, Camilo Séptimo</li>



<li><strong>Pour finir allongé.e dans le silence</strong> : R3DN1K, The Youth Play</li>
</ul>



<p>Et pour plus de bon son, c&rsquo;est par ICI :</p>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-luminous-dusk-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.youtube.com/@TheARTchemists/playlists" style="font-style:normal;font-weight:600">Playlists The ARTchemists à savourer</a></div>
</div>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/playlist-musique-370/">Playlist #370 – Cœurs bancals et horizons flous</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Bon Marché, laboratoire du retailtainment : expérience artistique ou machine à vendre ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bon-marche-retailtainment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2025 17:57:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37780</guid>

					<description><![CDATA[<p>Je profite de l’article consacré par Dauphine à l’expo La saga des grands magasins pour me pencher un instant sur Le Bon Marché Rive Gauche. On ne présente plus le très parisien très prestigieux grand magasin qui servit de modèle à Zola pour son Bonheur des dames. Son architecture fait désormais partie du paysage de la capitale, l’endroit a su s’imposer comme une étape touristique incontournable, a fidélisé une clientèle...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bon-marche-retailtainment/">Le Bon Marché, laboratoire du retailtainment : expérience artistique ou machine à vendre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche.jpg" alt="" class="wp-image-37783" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/affiches-des-spectacles-proposes-par-le-Bon-Marche-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Je profite de l’article consacré par Dauphine à l’expo <em><a href="https://www.theartchemists.com/expo-saga-des-grands-magasins/">La saga des grands magasins</a></em> pour me pencher un instant sur <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/index">Le Bon Marché Rive Gauche</a>. On ne présente plus le très parisien très prestigieux grand magasin qui servit de modèle à Zola pour son Bonheur des dames. Son architecture fait désormais partie du paysage de la capitale, l’endroit a su s’imposer comme une étape touristique incontournable, a fidélisé une clientèle huppée qui y fait régulièrement son shopping de luxe. Ce qui n’empêche pas l’enseigne de développer son offre. Parmi ses nombreuses prestations, une stratégie événementielle pour le moins dynamique : expositions immersives, spectacles, visites guidées thématiques. Objectifs : enrichir l&rsquo;expérience client ; renforcer l’image de marque. Quitte à marcher sur les brisées du monde culturel ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du site de vente au parcours culturel</h2>



<p>A l’origine de cette politique, l&rsquo;équipe de création du Bon Marché, cornaquée par <a href="https://www.instagram.com/fredkerlou/?hl=fr">Frédéric Bodenes</a>. Le directeur artistique du Bon Marché Rive Gauche joue un rôle clé dans la conception et la réalisation de ces événements. La logique est simple : métamorphoser le site de vente en parcours culturel immersif. Quitte à jouer sur plusieurs tableaux. Ainsi l&rsquo;exposition <em>Je t&rsquo;aime comme un chien</em>, prévue du 8 février à fin avril 2025 pour célébrer la place des chiens dans la société contemporaine (et qui va transformer le magasin en gigantesque parc canin) chevauche l’expo de l’artiste brésilien Ernesto Neto <em>Le La Serpent</em> qui se termine le 23 février.</p>



<p>Pas une nouveauté du reste, cela fait un bail que le BM capte l’attention avec ses expos, intégrant des œuvres souvent gigantesques dans l’enceinte du bâtiment, sous les verrières. Ai Weiwei, Joana Vasconcelos, Daniel Burren, on ne compte plus les grands noms de l’art contemporain qui ont y accroché leurs titanesques installations. Même Philippe Katerine y a eu carte rose avec son Mignonisme. «&nbsp;<em>L’art fait partie de notre ADN, depuis la fondation du Bon Marché par les époux Boucicaut. C’est une évidence que le culturel et l’art prennent place dans notre Grand Magasin. Nous souhaitons qu’il devienne le prétexte «&nbsp;d’une agréable balade&nbsp;</em>»<em>. Un espace d’inspiration et d’échange, comme il l’a toujours été&nbsp;</em>» explique Bodenes dans la G<a href="https://www.lebonmarche.com/fr/lbm_gazette-interview-bonheur-des-dames.html?srsltid=AfmBOoowgAZOW-0r8_Jlm8ul5akgu83ZU56LklHFDkeUkJ4sePTAz0M8">azette</a> du site web du BM.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Une expérience théâtrale immersive au cœur du Bon Marché Rive Gauche I EVENEMENT" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/fEwcb-rSd_k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Du retail expérentiel</h2>



<p>Plus prosaïquement et parce qu’il ne faut pas oublier qu’un grand magasin à la base, c’est fait pour vendre et engranger des bénéfices (surtout quand le magasin en question appartient depuis 1984 à l’écurie <a href="https://www.lvmh.com/fr">LVMH</a>, leader mondial du luxe), rappelons que cette politique événementielle poursuit plusieurs objectifs.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Renforcer l&rsquo;attractivité du magasin </strong><strong>:</strong> En proposant des événements culturels et artistiques, le Bon Marché attire une clientèle diversifiée et curieuse.</li>



<li><strong>Créer une expérience client unique :</strong> Les expositions immersives et les spectacles offrent aux visiteurs un moment mémorable, ce qui travaille à leur fidélisation.</li>



<li><strong>Affirmer l&rsquo;identité culturelle du magasin :</strong> En collaborant avec des artistes et en abordant des thématiques variées, le Bon Marché se positionne comme un acteur culturel majeur de la rive gauche parisienne.</li>
</ul>



<p>Pas un hasard ? Le Bon Marché constitue un pilier stratégique pour LVMH en matière de retail expérientiel. Retail expérientiel ? Une approche du commerce qui va au-delà de la simple vente de produits puisqu’il s’agit d’offrir aux clients une expérience immersive et engageante. Le magasin est transformé en un lieu où l&rsquo;on découvre, interagit et vit une expérience unique à travers des animations innovantes. L’objectif est de créer une connexion émotionnelle avec les clients, un lien quasi affectif, fort et durable qui permet de se différencier de la concurrence des autres magasins et du e-commerce.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Spectacles immersifs</h2>



<p>Voilà, voilà. Cette connexion émotionnelle passe justement par un choix de thématiques et d’artistes surprenants… mais dans le bon sens. Ce n’est pas franchement là qu’on ira mettre en avant des créateurs contestataires dans l’esprit d’un Stéphane Blanquet. Le Bon Marché mise plutôt sur des sujets sociétaux actuels, des hommages culturels, tout en collaborant avec des artistes reconnus.</p>



<p>Il affirme ainsi son positionnement comme point de convergence entre commerce, art et culture. Et depuis quelques temps, il ajoute à son tableau de chasse artistique des spectacles. C’est d’ailleurs ce qui m’a inspiré cet article parce que le BM ne possède ni salle de théâtre ni équipements dédiés.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>J’ai plus spécifiquement tilté sur l’annonce du spectacle immersif <em>Au Bonheur des Dames</em> proposé en 2022 dans le cadre des nouveaux rendez-vous événementiels <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/la_programmation_des_on_et_des_off">«Les ON et les OFF du Bon Marché »</a> pour célébrer les 170 ans du magasin. Adapté du roman d&rsquo;Émile Zola, ce parcours signé <a href="https://www.instagram.com/juliettecolin/">Juliette Colin</a> invitait les spectateurs à déambuler de nuit dans les étages du Bon Marché afin de rédecouvrir l&rsquo;œuvre littéraire à travers une mise en scène interactive. Certains ont adoré, d’autres moins, si l’on en croit les commentaires laissés sur <a href="https://www.billetreduc.com/288995/evtcrit.htm">Billet reduc</a> et un peu partout sur la toile.</li>



<li>Il faut cependant croire que l’expérience a convaincu la direction de remettre ça puisque deux ans plus tard, c’est le cirque qui pénètre l’enceinte du temple de la consommation made in Boucicaut. Mené bille en tête par le <a href="https://www.cirqueleroux.com/fr/">Cirque Le Roux</a>, <em>Entre Chiens et Louves</em> met en scène neuf artistes circassiens mêlant acrobaties, danse et théâtre pour raconter à la verticale l&rsquo;histoire de trois femmes à différentes époques. Cette exploration de la mémoire collective féminine fut là aussi un plein succès, le spectacle ayant joué les prolongations.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Une vraie scène parisienne&nbsp;»</h2>



<p><em>«&nbsp;La pièce «&nbsp;Au Bonheur des Dames&nbsp;» renforce notre démarche créative et appuie notre volonté de devenir une vraie scène parisienne&nbsp;</em>» revendiquait Bodenes dans l’article cité plus haut. Il est sûr qu’en intégrant des spectacles vivants à sa programmation, le BM mise sur une expérience client enrichie, profitant par ailleurs de ces moments privilégiés pour mettre en lumière son patrimoine architectural et culturel de façon originale. Intégrer du théâtre dans un espace de vente, c’est effectuer en douceur et avec subtilité la fusion mentale achat/expression artistique.</p>



<p>Le prix des places est à ce titre parlant : 75 euros pour <em>Au bonheur des dames</em>, 75 euros pour les places de catégorie 1, 50 euros pour les places de catégorie 2 (au deuxième étage) pour <em>Entre Chiens et Louves. </em>Spectacle dont les places au sein d’un théâtre classique sont chiffrées à 23 euros. « <em>Devenir une vraie scène parisienne </em>» quand on n’en a pas l’équipement adéquat, c’est un pari. Surtout pour le spectateur qui va devoir débourser bonbon, largement au dessus du prix moyen de la place de spectacle partout en France. La rupture est notable, les expositions de BM étant gratuites.</p>



<p>Même chose en ce qui concerne <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/lesoff-visites-nocturnes-bon-marche/223240.html">les visites nocturnes du Bon Marché</a> : 45 euros la place, bien au dessus du marché des places dexpo. S’érigeant en hub culturel, le BM ne serait-il pas en train d’ajouter une nouvelle et juteuse corde à son arc ? Car à ce stade et avec pareils tarifs, on n’est plus dans le « slow shopping » et la fidélisation émotionnelle. On est dans la mise en place d’une activité culturelle payante, dont les tarifs élevés sont justifiés par le caractère exceptionnel d’un lieu indissociable du luxe et de l’art de vivre à la française.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Cirque Le Roux joue les prolongations !" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PtPdTZOso-8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le prestige de l’exclusivité ?</h2>



<p>Je traduis : « tu veux voir un spectacle au Bon Marché ? Tu payes, et tu payes cher » pour faire partie des <em>happy few</em> qui auront accès à cette expérience rare. Créer du prestige et de l’aura : en attirant des artistes renommés, en proposant des performances de haut niveau, le Bon Marché affirme sa singularité … et son exclusivité. Il s’élève au rang de destination culturelle incontournable. Il n’est pas le seul du reste à suivre cette politique. Le très londonien Selfridge n’est pas en reste, El Palacio de Hierro au Mexique non plus, pour ne citer que ces exemples. Tous sont en train de tracer une nouvelle voie, une nouvelle race de grands magasins pensés comme des passeurs de culture.</p>



<p>Avec pour but d’initier un public non habitué ? Une exposition au Bon Marché peut effectivement inciter un visiteur à approfondir son intérêt en visitant ensuite un musée dédié. Certains musées et théâtres pourraient du reste profiter de cette dynamique en développant des partenariats avec ces enseignes : des musées pourraient prêter des œuvres pour des expositions temporaires dans des grands magasins (à condition qu’elles soient sécurisées, bien entendu) ; des compagnies théâtrales pourraient mettre en scène des performances dans ces espaces afin de capter une nouvelle audience, histoire de<strong> </strong>moderniser leur approche et d’attirer un public plus jeune.</p>



<p>Superbes opportunités ? A moins que cette montée en puissance dessine doucement mais sûrement les contours d’une dangereuse rivalité pour les institutions classiques, à l’heure où ces dernières souffrent de restrictions budgétaires plus que conséquentes. Je m’explique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Privatisation et standardisation de la culture</h2>



<p>Les grands magasins type BM disposent d’une liberté financière qui autorise cette liberté d’expérimentation que les institutions classiques n’ont plus forcément, loin s’en faut. Les groupes privés qui possèdent ces enseignes investissent massivement dans l’art et le spectacle vivant, ils ont l’argent pour ; là où musées, théâtres et festivals n’ont que peu de budget pour leur programmation et leur communication, Le Bon Marché et ses alter ego disposent de moyens considérables, en sus de leur prestige initial, pour promouvoir des événements, avec à la clé une médiatisation bien plus forte. Rien de mieux pour séduire un public jeune et urbain (en jouant par exemple sur les codes de la mode, du design et des tendances) … et tisser progressivement un nouveau rapport à la culture, une vision positionnant sans trop de scrupules le « retailtainment » dans une expérience globale qui superpose et confond acte d’achat et démarche culturelle.</p>



<p>Malin, non ? Mais il y a un hic. Cette privatisation de la culture en marche ne peut que s’accompagner d’une standardisation dictée par la logique marchande. On ne va certainement pas programmé les performances sanglantes d’un Ron Athey en pleine semaine du Blanc, cela ferait tache (sans jeu de mots quoique…). Contrairement aux établissements culturels qui ont une mission éducative et patrimoniale ou aux structures parallèles et underground qui expérimentent, les grands magasins sélectionnent leurs événements selon leur potentiel d’attractivité et de rentabilité. Le risque est donc d’avoir une offre culturelle plus légère, plus « instagrammable », moins exigeante intellectuellement. Les artistes et compagnies qui désireraient être programmés se verraient<strong> </strong>alors contraints d’adapter leurs œuvres aux attentes du marché, limitant la diversité et la radicalité des créations.</p>



<p>Les événements proposés par les grands magasins, même qualitatifs, restent intrinsèquement liés à une logique commerciale. Peut-on vraiment remplacer une exposition de musée, conçue dans une démarche de transmission, par une expo immersive qui vise avant tout à vendre des produits et une image ? C’est toute la question, que Zola du reste avait posé en d’autres termes, bien plus crus et directs, dans son roman : «On vend ce qu&rsquo;on veut, lorsqu&rsquo;on sait vendre ! Notre triomphe est là ».</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/bon-marche-retailtainment/">Le Bon Marché, laboratoire du retailtainment : expérience artistique ou machine à vendre ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Emilia Pérez : Audiard signe une oeuvre de lumière et de rédemption</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/emilia-perez-audiard-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 11:55:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37607</guid>

					<description><![CDATA[<p>Est-il possible de concocter un film qui croise carrière de narcotrafiquant, transition de genre, rédemption quasi mystique et comédie musicale ? Sans se casser la gueule ni sombrer dans le grotesque ? La réponse est oui, et c&#8217;est Jacques Audiard qui signe ce cocktail baptisé du doux nom d&#8217;Emilia Pérez. Un projet risqué sur le papier, mais une franche et heureuse réussite à l&#8217;écran. Pour tout dire, on touche au...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/emilia-perez-audiard-film/">Emilia Pérez : Audiard signe une oeuvre de lumière et de rédemption</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez.jpg" alt="" class="wp-image-37608" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Est-il possible de concocter un film qui croise carrière de narcotrafiquant, transition de genre, rédemption quasi mystique et comédie musicale ? Sans se casser la gueule ni sombrer dans le grotesque ? La réponse est oui, et c&rsquo;est Jacques Audiard qui signe ce cocktail baptisé du doux nom d&rsquo;<em>Emilia Pérez</em>. Un projet risqué sur le papier, mais une franche et heureuse réussite à l&rsquo;écran. Pour tout dire, on touche au sublime.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Emilia Pérez - Bande-annonce officielle HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/lwH9f1jmkBc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un maître du drame psychologique</h2>



<p>Pas un hasard. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Audiard" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jacques Audiard</a> est une valeur sûre. Un grand nom du cinéma français qui rime avec intensité et profondeur. En digne héritier de son père, le célèbre dialoguiste Michel Audiard, le réalisateur possède un sens aigu des mots et des récits percutants. D&rsquo;abord scénariste comme son papa, il bascule dans la réalisation en 1994 avec <em>Regarde les hommes tomber</em>, un polar qui pose les bases de son style : noirceur, humanité et tension palpable. La consécration internationale suit avec <em>Un Prophète</em> (2009), chef-d’œuvre primé à Cannes et nommé aux Oscars, qui l&rsquo;impose comme un maître du drame psychologique.</p>



<p>Mais Audiard, c’est surtout un aventurier de l’image et du récit. Des blessures intimes de <em>De rouille et d’os</em> (2012) à l&rsquo;Ouest sauvage de <em>Les Frères Sisters</em> (2018), il explore des thèmes universels : rédemption, transformation et quête de soi. Avec <em>Emilia Pérez</em>, il prend un virage audacieux en s’attaquant à la comédie musicale, prouvant qu’il n’a jamais peur de réinventer son art. Toujours là où on ne l’attend pas, avec la ferme intention de transformer ses récits en autant d&rsquo;expériences à la fois viscérales et profondément humaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Changer de vie. Radicalement.</h2>



<p><em>Emilia Perez</em> donc : multiprimé à Cannes et Toronto, sélectionné pour les Oscars 2025. Ces distinctions témoignent de l&rsquo;impact significatif du film sur la scène cinématographique internationale. Il faut dire que le propos positionne l’œuvre en haut de l&rsquo;affiche en matière de singularité. Imaginez un narcotrafiquant mexicain plus sanguinaire que <a href="https://www.theartchemists.com/?s=escobar">Pablo Escobar</a>. Il fait enlever Rita, une jeune avocate talentueuse qui peine à percer dans ce pays d&rsquo;une misogynie crasse. Pourquoi ? Pour lui confier une mission des plus délicates : il veut changer de sexe. Devenir une femme.</p>



<p>Mais pour vivre sa transition de genre, il doit disparaître. Changer de vie. Radicalement. Laisser derrière lui son cartel, son épouse, ses enfants. Les meurtres, la violence, la survie, l&rsquo;obligation d&#8217;embrasser le crime pour échapper à la misère. Rita va l&rsquo;aider à organiser cette métamorphose de bout en bout : assurer la protection et l&rsquo;avenir économique des siens, orchestrer sa mort, mettre en place sa nouvelle identité, sécuriser sa propre fortune pour l&rsquo;après. Parfait&#8230; sauf qu&rsquo;on ne bazarde pas une vie comme ça, encore moins celle d&rsquo;un baron de la drogue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La lumière autour de soi</h2>



<p>Emilia Pérez, un jour, va revenir dans la vie de Rita, devenue une avocate riche et reconnue. Avec une requête spécifique. Amitié, complicité, désir de changer le monde, de faire le bien et la lumière autour de soi : Emilia s&rsquo;impose comme une femme d&rsquo;exception, éperdue d&rsquo;amour et de bonté, mais jusqu&rsquo;où ? Dans une société de mâles où corruption et barbarie dominent, Emilia, Rita et leurs compagnes de lutte réussiront-elles à s&rsquo;imposer ? Le scénario se distingue par sa profondeur, les problématiques qu&rsquo;il soulève : identité de genre, quête de soi, rédemption. Audiard dynamite les clichés, traitant ce sujet pour le moins complexe avec autant de sensibilité que de poésie.</p>



<p>Sa mise en scène, audacieuse, intègre des numéros musicaux qui enrichissent la narration sans la détourner. Mieux : chaque chanson pénètre la psyché des protagonistes, apportant un surcroît d&rsquo;émotion, une profondeur dans les sentiments, les ressentis. Le passage où Emilia berce son fils qui identifie son odeur et chante le souvenir de ce père adoré, disparu corps et âme, est proprement bouleversant. La musique, composée par la chanteuse <a href="https://www.instagram.com/camilleofficiel/?hl=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Camille</a> et son compagnon multi-instrumentiste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_Ducol" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Clément Ducol</a>, fait ressortir la rage, la douceur, le chagrin, le bonheur, la frustration des personnages, de même les chorégraphies signées <a href="https://damienjalet.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damien Jalet</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Actrices d&rsquo;exception</h2>



<p>L&rsquo;ensemble est servi par un quatuor d&rsquo;actrices d&rsquo;exception. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karla_Sof%C3%ADa_Gasc%C3%B3n" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karla Sofía Gascón</a>, elle-même transgenre, prête ses traits à Manitas puis à Emilia. Son authenticité est touchante, son implication totale, sa vibration palpable. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoe_Salda%C3%B1a" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Zoe Saldaña</a>, dans le rôle de Rita, offre une performance énergique et nuancée. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Selena_Gomez" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Selena Gomez</a> joue Jessi, l&rsquo;épouse d&rsquo;Emilia, avec une intensité dramatique qui complexifie encore ce rôle peu évident. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Adriana_Paz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Adriana Paz</a> est Epifania, l&rsquo;amoureuse d&rsquo;Emilia, simple, sincère, désarmante.</p>



<p>Attendrissantes toutes, pathétiques jamais. C&rsquo;est la particularité de ce récit de ne jamais tomber dans la condescendance ni la caricature. Ces quatre portraits de femmes marquent les esprits par leur flamboyance, leur naturel, leur dignité. Dans un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mexique">Mexique</a> ensanglanté par les féminicides, les guerres de pouvoir, la mainmise des cartels, ces héroïnes s&rsquo;imposent par la puissance qui émane d&rsquo;elles, leur assurance, leur manière d&#8217;embrasser le destin, de l&rsquo;accaparer, de tracer leur route à leur manière et côte à côte.</p>



<p>Avec beaucoup de grandeur. Des Madones, à n&rsquo;en pas douter. <em>Emilia Perez</em> de bout en bout est un film de femmes, réalisé avec beaucoup de douceur par un metteur en scène habité. La confrontation avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-substance/">The Substance</a></em> de Coralie Fargeat est intéressante : cette dernière, signe aussi un film de femmes qu&rsquo;elle réalise avec une froideur, une hargne toute masculine. Cette lecture croisée démontre que les lignes bougent dans la représentation du genre. Et cela fait beaucoup, beaucoup de bien, de rappeler qu&rsquo;au-delà du sexué, il y a des êtres humains.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



<p class="has-text-align-center has-white-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f8d65ae5010caf357370e52851cb13c">Vous désirez soutenir l&rsquo;action de The ARTchemists ?</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-primary" style="font-style:normal;font-weight:700"><a class="wp-block-button__link has-white-color has-vivid-cyan-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button" href="https://www.theartchemists.com/boutique/">RDV sur notre e-shop !</a></div>
</div>
</div>
</div></div>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/emilia-perez-audiard-film/">Emilia Pérez : Audiard signe une oeuvre de lumière et de rédemption</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Memento mori nouvelle génération : ode à la dark déco !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/memento-mori-deco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Oct 2023 10:48:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36558</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le saviez-vous ? Le gothic est à la mode et pas seulement au niveau du dressing. La décoration d’intérieur s’est aussi mise au dark mood, avec comme élément central le crâne et le squelette. On imagine déjà une atmosphère létale dans l’esprit (assez crade et atroce, il faut bien le reconnaître) de Massacre à la tronçonneuse. C’est oublier que Saint-Jérôme et Marie-Madeleine s’extasiaient crâne à la main, Hamlet philosophait en tripotant...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/memento-mori-deco/">Memento mori nouvelle génération : ode à la dark déco !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori.jpg" alt="différents memento mori nouvelle génération" class="wp-image-36556" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Le saviez-vous ? Le gothic est à la mode et pas seulement au niveau du dressing. La décoration d’intérieur s’est aussi mise au dark mood, avec comme élément central le crâne et le squelette. On imagine déjà une atmosphère létale dans l’esprit (assez crade et atroce, il faut bien le reconnaître) de <em>Massacre à la tronçonneuse</em>. C’est oublier que Saint-Jérôme et Marie-Madeleine s’extasiaient crâne à la main, Hamlet philosophait en tripotant les restes de Ioric, le bouffon de son père. Quant aux alchimistes et autres rosicruciens, pas de cérémonie sans ossements. Bref, le crâne peut s’avérer un élément de déco sacrément classe, voire un ornement de luxe. La preuve avec ces créateurs devenus experts en memento mori nouvelle génération.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth.jpg" alt="" class="wp-image-36559" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Blackened teeth</h2>



<p>« Emebellishing the macabre » : <a href="https://www.instagram.com/theblackenedteeth/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Blackened Teeth</a> Ltd® annonce la couleur dès sa présentation Insta. Il s’agit de déco macabre et fière de l’être, avec à la clé une certaine conception du luminaire d’intérieur, version lampe squelette. Dorées ou ébènes, des cages thoraciques, des colonnes vertébrales servent d’appoint à des abat-jour en velours sombre ornés de pompons. Les memento mori recèlent des cache-pot aux allures de nature morte, les fémurs servent de bougeoirs, encadrent des gravures, des miroirs, des phalanges accueillent bagues et bijoux.</p>



<p>Jeux d’ombres et de lumières, reflets de la matière moirée, blancheur marmoréenne de la matière osseuse, l’esthétique de The Blackened Death est racée sans ostentation. Il y a quelque chose du dandysme à la Baudelaire, à la E.A. Poe dans ces objets épurés qui se suffisent à eux-mêmes. Une invitation à la méditation, une relecture du carpe diem cher aux Anciens, une petite touche de raffinement macabre pour transformer votre salon en cabinet de curiosités.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls.jpg" alt="" class="wp-image-36560" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Queen of skulls</h2>



<p>« Embrassing beauty in darkness » : tout un programme esthétique que <a href="https://www.instagram.com/queenofskulls/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Queen of skulls</a> (la reine des crânes, Skye All dans le civil) déroule avec une maestria évidente. Cette sorcière autoproclamée donne à la fois dans le cabinet de curiosités et le monstre de foire. Sous d’élégantes bulles de verre serties de cadres majestueux, elle enferme les restes momifiés de créatures fantastiques, méduses, sirènes et autres démoniaques entités.</p>



<p>Cornes, crocs, queues de serpent, ailes de chauve-souris, Skye All façonne les squelettes de ces êtres fabuleux tout droit sortis des légendes et des contes. Comme si d’un seul coup, nos pires angoisses prenaient forme, piégées tels des papillons sous l’épingle d’un entomologiste. Et nous de rêver en contemplant ces ossements sagement disposés sur le velours noir : comment la belle a-t-elle attrapé ces chimères ? Comment les a-t-elle domptées, asservies, disséqués ? S’agit-il de trophées ou de mémoriaux ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem.jpg" alt="" class="wp-image-36561" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Mayhem Made</h2>



<p><a href="https://www.instagram.com/mayhem_made/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mayhem Made</a> prolonge l’univers de The Queen of skulls en l’interprétant de manière plus synthétique… et plus jardinier ? Ici, les crânes de démons et de vampires servent clairement à suspendre plantes grasses et végétaux. Noir, or, cuivre, feu, turquoise, fushia, turquoise, monochrome ou bichrome, chaque création a un effet moiré particulièrement hypnotique.</p>



<p>À accrocher sur un mur, à positionner sur une étagère, la chose ravira les aficionados de surnaturel, de fantastique, de films d’horreur. On peut miser sur une seule œuvre ou abattre la carte du groupe, on appréciera toujours l’effet chromé, très moderne, très soigné. Ou quand le memento mori devient design ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca.jpg" alt="" class="wp-image-36562" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Muerte Loca</h2>



<p>Passons de l’anglais à l’espagnol pour embrasser une autre tradition&nbsp;: la représentation de la mort au Mexique. «&nbsp;Crâneur et globe-trotter&nbsp;», Muerte Loca s’inspire du Dia de los muertos cher aux cultures sud-américaines pour créer un univers coloré où le squelette reprend les traits de la Catrina, la célèbre Cavalera garbancera, et des cavaleras en sucre dont se régalent les enfants le 2 novembre.</p>



<p>Cadres ouvragés, cloches de verre, les crânes multicolores de Muerta Loca vont aussi se placer sur des canettes de bières vides à moins qu’ils ne se retrouvent accrochés sur un sapin de Noël ou posés sur un meuble comme bougies d’intérieur. Il y en a pour tous les goûts, toutes les fantaisies. Chromothérapie assurée, avec en prime un parfum d’ailleurs, une poésie funèbre qui chante la vie.</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/memento-mori-deco/">Memento mori nouvelle génération : ode à la dark déco !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Missing de Costa-Gavras : une leçon dure mais nécessaire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-missing-costa-gavras/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2023 16:19:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=28608</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au cœur de la très conséquente, qualitative et engagée filmographie de Costa-Gavras, on trouve l&#8217;éprouvant Missing daté de 1982. Impossible d&#8217;aborder le régime de Pinochet ni plus généralement l&#8217;horreur de la dictature militaire dans son ensemble sans visionner ce chef-d&#8217;œuvre, et cela pour différentes raisons. Coup d&#8217;État et piège kafkaïen Très engagé dans la défense des droits de l&#8217;homme et la lutte contre le fascisme et l&#8217;intolérance, Costa-Gavras possède un...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-missing-costa-gavras/">Missing de Costa-Gavras : une leçon dure mais nécessaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/missing-e1490958638884.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/missing-e1490958638884.jpg" alt="" class="wp-image-28611"/></a></figure>



<p>Au cœur de la très conséquente, qualitative et engagée<span style="color: #000000;"> filmographie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=costa+gavras" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Costa-Gavras</a>, on trouve l&rsquo;éprouvant <i>Missing </i>daté de 1982. Impossible d&rsquo;aborder le régime de Pinochet ni plus généralement l&rsquo;horreur de la dictature militaire dans son ensemble sans visionner ce chef-d&rsquo;œuvre, et cela pour différentes raisons.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="[Bande-annonce HD] MISSING de Costa-Gavras • Ressortie cinéma le 26.10.16" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/c793rRE-flI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Coup d&rsquo;État et <span style="color: #000000;">piège kafkaïen</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Très engagé dans la défense des droits de l&rsquo;homme et la lutte contre le fascisme et l&rsquo;intolérance, Costa-Gavras possède un don certain pour sélectionner des sujets borderline qu&rsquo;il traite avec une rigueur et une énergie sans pareil. S&rsquo;appuyant sur le livre de Thomas Hauser <i>The execution of Charles Horman – An american sacrifice,</i> le réalisateur raconte comment, au lendemain du putch qui renverse Allende, un jeune Américain, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Horman" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charles Horman</a></span>,<span style="color: #000000;"> installé à Santiago du Chili, disparaît mystérieusement. Son épouse et son père vont le chercher partout, au sein d&rsquo;une capitale devenue folle, livrée aux rafles des militaires.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Couvre-feu, dénonciations, arrestations arbitraires, tortures, exécutions sommaires, Costa-Gavras ne nous épargne rien de ce chaos, banalisant la présence obsédante des coups de feu, des crissements de pneu, des convois, des ordres des policiers, des hurlements des personnes pourchassées, abattues dans le caniveau… l&rsquo;horreur, absolue, le stress permanent, la brutalité du coup d&rsquo;État, sa facilité…, l&rsquo;impression d&rsquo;être dans un piège kafkaïen dont personne ne peut échapper pas même ceux qui ont momentanément trouvé refuge dans les ambassades qui ont bien voulu les protéger, les hôtels et les consulats où ils possèdent des attaches.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Empêcher l&rsquo;émergence d&rsquo;un nouveau Cuba</span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Au cœur de ce néant de violence ultime, Beth incarnée par une Sissy Spacek beaucoup plus dure et véhémente que sa fragile silhouette ne le laisse paraître, et son beau-père Ed, Jack Lemmon parfait dans ce stéréotype de l&rsquo;Américain aisé, sûr de ses droits et de Dieu, fouillent les recoins de la ville, harcèlent les représentants américains, politiques et associations, pour demander qu&rsquo;on cherche le disparu. Sans effet. On les rassure, on les promène, on leur ment… Petit à petit, Beth et Ed comprennent ce qui se joue en secret dans les couloirs et les bureaux : une prise de pouvoir fasciste épaulée par la CIA pour préserver les intérêts économiques des USA et empêcher l&rsquo;émergence d&rsquo;un nouveau Cuba.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Une fiction ? Non, la triste réalité, simplement. Nous sommes en 1973, le coup d’État a bien eu lieu, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pinochet" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pinochet</a> tiendra le pays d&rsquo;une main de fer pendant des années, couvrant le massacre effroyable des opposants et plus généralement de tous ceux qui constituent une forme d&rsquo;émancipation, l&rsquo;usage de la barbarie la plus totale, les escadrons de la mort. Stades envahis de cadavres, morgues saturées de corps, Costa-Gavras, par les yeux de ses personnages, par les flashbacks opérés sur le parcours de Charles, accumule les signes, les preuves, laissant à penser que le jeune auteur a été éliminé car il en savait trop sur les complicités des Américains.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Quand la bestialité humaine est déchaînée</span>…</h2>



<p><span style="color: #000000;">Cela lui vaudra des poursuites de la part de certains pontes, la censure totale au Chili…, et une Palme d&rsquo;Or. Tourné secrètement au Mexique, le film est un exemple scénaristique quant à la rigueur, à la création d&rsquo;une tension, à la construction de la réflexion. L&rsquo;image est extrêmement efficace, nous sommes à la fois dans un thriller et un documentaire, la musique, signée Vangelis, accroît ce sentiment d&rsquo;étouffement, de tragédie en marche. L&rsquo;ensemble opère une restitution particulièrement poignante de la folie à l’œuvre, quand la bestialité humaine est déchaînée. Exemple parfait, cette séquence où Beth, coincée par le couvre-feu, se cache dans une entrée d&rsquo;immeuble et assiste effarée à la poursuite par une jeep de militaires d&rsquo;un cheval blanc incarnant la liberté.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Âmes sensibles s&rsquo;abstenir ? Il ne vaudrait mieux pas. Le récit de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=costa+gavras" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Costa-Gavras</a> participe à la fois de la transmission de l&rsquo;Histoire moderne, telle qu&rsquo;on ne la traite pas dans les manuels scolaires où elle ferait tache, d&rsquo;un regard sans pitié ni concession sur la politique internationale américaine dans ce qu&rsquo;elle a de plus hypocrite et malsain, et d&rsquo;une réflexion plus générale sur ce que l&rsquo;homme est capable de faire subir à son prochain au nom de l&rsquo;intolérance et du profit. La leçon est dure, presque insoutenable, mais elle est nécessaire.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">PS : Précisons qu&rsquo;à ce jour, Mme Horman continue inlassablement d&rsquo;enquêter pour savoir ce qui est arrivé à son époux. Les tests effectués sur le corps qui lui a été envoyé par les autorités chiliennes ne correspondent finalement pas à l&rsquo;ADN de Charles.</span></p>



<p></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-missing-costa-gavras/">Missing de Costa-Gavras : une leçon dure mais nécessaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Manhattan : histoire chaotique d’un gadget nucléaire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-manhattan-bombe-atomique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jun 2022 10:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=27812</guid>

					<description><![CDATA[<p>The Heavy Water War nous avait entraînés dans la lutte des Alliés contre le programme nucléaire nazi. Avec la série télévisée Manhattan, ce sont les dessous de la bombe atomique que nous explorons, dans le sillage de l’impressionnante équipe scientifique rassemblée en secret par l’armée américaine au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Nous sommes en 1943 et l’intrigue forgée par Sam Shaw va suivre pas à pas le travail de...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/serie-manhattan-bombe-atomique/">Manhattan : histoire chaotique d’un gadget nucléaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/manhattan-e1477936780966.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-27814" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/manhattan-494x494.jpg" alt="manhattan" width="494" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="https://www.theartchemists.com/the-heavy-water-war-hitler-avait-bombe-a/"><i>The Heavy Water War</i></a> nous avait entraînés dans la lutte des Alliés contre le programme nucléaire nazi. Avec la série télévisée <i>Manhattan</i>, ce sont les dessous de la bombe atomique que nous explorons, dans le sillage de l’impressionnante équipe scientifique rassemblée en secret par l’armée américaine au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Nous sommes en 1943 et l’intrigue forgée par Sam Shaw va suivre pas à pas le travail de ces physiciens hors pairs… et les déboires qu’ils ont à surmonter.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="MANHATTAN: Teaser Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/VotpgP-Pyjs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Liberté de penser vs secret militaire</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ils sont nombreux : omerta absolue sur les travaux à accomplir, fouilles constantes, censure en tous genres, surveillance accrue des communications, l’état-major fait tout et plus encore pour maintenir le mystère. Au sein des familles mêmes, les épouses et les enfants ignorent tout de ce que font ces messieurs, répartis en plusieurs équipes qui se jalousent férocement. C’est qu’à ce stade du projet, on ignore tout ou presque du nucléaire, et il faut se montrer à la fois précis, inventif, débrouillard et visionnaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pas évident, d’autant plus que la bureaucratie s’accommode mal de la liberté de penser de ces créatifs débridés, partagés entre la passion du challenge et la prise de conscience que leur œuvre pourrait signer la fin du monde. Chercheurs avançant à l’aveugle, surveillance de l’armée, familles livrées à elles-mêmes, moyens réduits, les coups de pression ne manquent pas dans cet univers larvé où tout le monde espionne tout le monde. Et pas que les nazis.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qcaSQKSfbd"><p><a href="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/">Hiroshima, la véritable histoire : un documentaire pour comprendre</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hiroshima, la véritable histoire : un documentaire pour comprendre » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/embed/#?secret=1ngA9rAL5s#?secret=qcaSQKSfbd" data-secret="qcaSQKSfbd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Une course frénétique</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le géant russe de même que les Anglais sont très intéressés par ce « gadget » qu’il conviendra de détenir si l’on veut peser lourd dans le monde à venir. C’est la logique de Guerre Froide qui se dessine lentement, mais sûrement dans les laboratoires de La Colline, entre amourettes sans lendemain, passions homosexuelles, rumeurs et jeux de pouvoir. La délation va bon train et les Américains n’hésitent pas à questionner rudement ceux qui désobéissent, quand ils ne les internent pas carrément dans des camps. Ou s’en débarrassent définitivement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si les personnages façonnés par Shaw sont pour la plupart fictifs (excepté Oppenheimer, leader du projet Manhattan qu’on voit apparaître tout au long des deux saisons), ils n’en demeurent pas moins crédibles et attachants, par leurs doutes, leurs convictions, leur engagement, leurs faiblesses comme leurs forces. Et leur passion devient communicative tandis qu’ils cravachent pour résoudre cette énigme physique de l’atome, qui focalise leurs envies, leurs espoirs. Leur errance aussi tandis qu’ils se font dévorer petit à petit par cette démesure. C’est une course poursuite frénétique que nous suivons donc, où l’espionnage et l’ambition s’invitent régulièrement pour redistribuer les cartes de destins bien fragiles.</span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BhMWN2ru1N"><p><a href="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/">Chernobyl : massive murder nucléaire</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chernobyl : massive murder nucléaire » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/embed/#?secret=pfOboCj3gb#?secret=BhMWN2ru1N" data-secret="BhMWN2ru1N" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Beaucoup de questions émergent en lien avec la problématique éthique : comment rester juste et droit quand on affronte un ennemi pareil, sans foi ni loi ? Le peut-on ? Le doit-on ? Comment résister ? Comment agir sans détruire ? Que faire quand on pressent que cette arme épouvantable risque d’entraîner la domination absolue de celui qui la possède sur le reste de l’univers ? La responsabilité des scientifiques est bien sûr engagée, mais comment se montrer juste à l’égal d’un Dieu quand on n’est qu’un homme, aussi génial soit-on ? C’est l’apanage de Manhattan que de souligner ce débat cornélien, en le situant dans son contexte d’origine mais sans l’y enfermer. De quoi donner à réfléchir aux éventuels initiateurs de la bombe de demain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <em>Manhattan</em> en <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener">VoD</a>.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/serie-manhattan-bombe-atomique/">Manhattan : histoire chaotique d’un gadget nucléaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>The Last Narc : qu’est-il vraiment arrivé à « Kiki » Camarena ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/documentaire-the-last-narc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Sep 2021 15:32:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=34257</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rappelez-vous : le scénario particulièrement haletant de la série Narcos Mexico 1 et 2 était axé sur la disparition d’un agent de la DEA, enlevé, torturé et assassiné par les narcotrafiquants mexicains. Une fiction ? Malheureusement non. Il suffit de visionner le documentaire The Last Narc pour découvrir le destin funeste de ce policier trop zélé pour survivre dans un système de corruption d’une ampleur inédite. Calvaire et corruption “Kiki” Camarena a bien...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-the-last-narc/">The Last Narc : qu’est-il vraiment arrivé à « Kiki » Camarena ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/The_Last_Narc_opt.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-34258 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/The_Last_Narc_opt.jpg" alt="Affiche de la série documentaire The Last Narc" width="600" height="338" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/The_Last_Narc_opt.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/The_Last_Narc_opt-288x162.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2021/09/The_Last_Narc_opt-494x278.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;">Rappelez-vous : le scénario particulièrement haletant de la série <a href="https://www.theartchemists.com/narcos-mexico-un-dealer-mexicain-basaneeeeeeeeeeeeeeeeeee/" target="_blank" rel="noopener"><i>Narcos Mexico</i> 1</a> et <a href="https://www.theartchemists.com/serie-narcos-mexico-2/" target="_blank" rel="noopener">2</a> était axé sur la disparition d’un agent de la DEA, enlevé, torturé et assassiné par les narcotrafiquants mexicains. Une fiction ? Malheureusement non. Il suffit de visionner le documentaire <i>The Last Narc</i> pour découvrir le destin funeste de ce policier trop zélé pour survivre dans un système de corruption d’une ampleur inédite.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="The Last Narc - Bande-Annonce VOST | Prime Video" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gWdLTZNUYrs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif;"><strong><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">Calvaire et corruption</span></span></strong></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;">“<span style="font-size: medium;">Kiki” Camarena a bien existé, a subi le sort évoqué dans le feuilleton porté par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> ; or ce feuilleton, passionnant du reste, ne soulève qu’une partie du voile très épais cachant la réalité du trafic de drogue au <a href="https://www.theartchemists.com/?s=mexique&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Mexique </a>dans les années 80. Pour en savoir plus, il faut regarder <i>The Last Narc</i>, réalisé par Tiller Russell. Ce dernier a travaillé 14 années durant sur cet épineux dossier qui a largement envenimé les relations diplomatiques en les USA et le Mexique ; il en connaît toutes les étapes, toutes les nuances, et a voulu explorer ses nombreuses zones d’ombre.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;">Car à ce jour et très officiellement, “Kiki” Camarena a été tué par les hommes de main des cartels. Or cette version pause plusieurs questions, qu’évoquent les quatre épisodes de la série documentaire. Objectif initial : reconstituer le calvaire subi par l’agent de la DEA depuis son enlèvement jusqu’à son assassinat. Mais <i>The Last Narc</i> a une autre finalité : mettre en évidence les affinités entre narcotrafiquants et dirigeants politiques, au sein d’un système de corruption profondément enraciné dans les institutions du pays.</span></span></p>
<p>https://www.theartchemists.com/documentaire-histoire-trafic-drogue-deux-siecles-drug-deal/</p>
<h2 align="justify"><span style="font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="color: #000000;">Des <span style="color: #000000;">indices plus que troublants </span></span></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;">L’analyse de Tiller Russell va plus loin encore, qui replace cette affaire au centre de la politique américaine de lutte contre les guérillas communistes jalonnant l’Amérique du Sud. Cette lecture poussée confronte les témoignages de la femme de Kiki Camarena, d’enquêteurs de la DEA, de juges et d’avocats en charge de l’affaire et d’anciens trafiquants désormais protégés comme témoins assistés. Le tout est assorti d’une multitude d’archives filmées, de documents officiels, de photographies … et d’un retour sur les lieux mêmes des événements. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;">Bien sûr la version de Russell a été contestée ; Kiki Macarena a-t-il vraiment été sacrifié pour préserver l’hégémonie des USA sur le continent ? Aura-t-on jamais une réponse claire ? Restent les certitudes exprimées devant la caméra de Russell, un faisceau d’indices plus que troublants … et le contexte géopolitique des années 60-70-80, quand, pour contrer la montée de régimes de gauche semblables à celui de Cuba, la CIA épaulait des dictatures militaires d’une rare cruauté : la prise en main du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Chili&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Chili</a> par un Pinochet soutenu par les USA en est un exemple criant, idem au Salvador.</span></span></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FPTku4iKN6"><p><a href="https://www.theartchemists.com/film-sicario/">Sicario : la guerre des principes</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Sicario : la guerre des principes » &#8212; The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/film-sicario/embed/#?secret=LkMFDgOyLu#?secret=FPTku4iKN6" data-secret="FPTku4iKN6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>The Last Narc,</i> en affinant l’approche de <i>Narcos Mexico, </i>en replaçant cette affaire dans un contexte culturel, historique, politique, instaure le doute et alimente la peur face à pareilles ramifications. Il déclenche bien sûr la curiosité, l’envie d’en savoir plus, et trouve un écho dans le présent : aujourd’hui encore, le Mexique subit le joug des cartels.</span></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;"><strong><span style="font-size: medium;">Et plus si affinités</span></strong></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; font-family: georgia, palatino, serif;">Vous pouvez visionner <em><a href="https://www.primevideo.com/detail/0L00GTXBSZNADT3415XN141DX3/ref=dvm_src_ret_fr_xx_s?&amp;_encoding=UTF8&amp;tag=tatadedel-21&amp;linkCode=ur2&amp;linkId=b8eab7ce319192ff601f675b69b5e603&amp;camp=1642&amp;creative=6746" target="_blank" rel="noopener">The Last narc</a></em> en VoD.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/documentaire-the-last-narc/">The Last Narc : qu’est-il vraiment arrivé à « Kiki » Camarena ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>It stains the sands red : le zombie, homme idéal ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-it-stains-the-sand-red-zombie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 08:03:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=29434</guid>

					<description><![CDATA[<p>Et hop ! Un enième film exploitant la veine zombie inaugurée par le très regretté Romero en son temps. Comme tous ses confrères en zombittude, It stains the sands red (aka Bloody sand en version frenchie) y va de sa petite originalité dans le traitement d’un thème rebattu jusqu’à la nausée. Et admettons-le, l’approche de Colin Minihan a tout pour surprendre et plaire. Antagonisme &#8230; ou attirance ? Climat post...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-it-stains-the-sand-red-zombie/">It stains the sands red : le zombie, homme idéal ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-29436 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains.jpg" alt="" width="600" height="600" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/08/it-stains-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et hop ! Un enième film exploitant la veine zombie inaugurée par le très regretté Romero en son temps. Comme tous ses confrères en zombittude, <i>It stains the sands red</i> (aka Bloody sand en version frenchie) y va de sa petite originalité dans le traitement d’un thème rebattu jusqu’à la nausée. Et admettons-le, l’approche de Colin Minihan a tout pour surprendre et plaire.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="It Stains the Sands Red - Official Movie Trailer - (2017)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/QxCHyWjXasU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Antagonisme &#8230; ou attirance ?</span></strong></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Climat post apocalyptique : les <a href="https://www.theartchemists.com/?s=zombi&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">zombies</a> sont déjà dans la place, dévastant Las Vegas et sa proche banlieue. Molly, gogo danseuse et fêtarde invétérée, tente la fuite au Mexique, visiblement épargné par le fléau, dans le sillage de la petite frappe qui lui sert de mec. Pour se faire il faut rallier un improbable aérodrome paumé dans le désert afin de décoller vers la terre promise. Manque de bol, la voiture s’ensable lors d’un arrêt pipi/dégueulis, et Monsieur se fait bouffer par un mort vivant qui trace la route en solitaire.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Réflexe de survie oblige, Molly profite que son chéri se fasse dévorer les intestins pour ramasser bouteilles d’eau et de vodka, iphone à moitié vide et sachet de coke, et se barrer en courant dans les vastes étendues solitaires. Pas de chance, l’agressive goule la suit à la trace, avec l’insistance d’un séducteur éconduit et bien marri de l’être. S’ensuit une course poursuite mémorable, où l’antagonisme va progressivement se muer … en complicité , pour ne pas dire en attirance réciproque.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/dead-set-zombies-on-prime-time/" rel="bookmark">Dead Set : zombies on prime time !</a></strong></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Une femme, une mère, une battante</strong></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et c’est là toute l’originalité du script, qui tisse un lien affectif finalement très fort entre Molly et Smalls (surnom donné par la belle à son nouveau compagnon de route), chacun réveillant en l’autre des émois tout ce qu’il y a d’humain. Une fois de plus donc, le zombi joue les facteurs déclencheurs d’une prise de conscience : kilomètre après kilomètre, sous un soleil de plomb et une chaleur de four, Molly se rappelle qu’elle est une femme, une mère, une battante.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Elle en profite pour régler ses comptes avec les mecs, visiblement elle n’a côtoyé que des pourris dans sa vie, mais sa rencontre avec Mr Z va finalement métamorphoser son approche de la gente masculine pour lui révéler ce qu’est l’amour. Sans jamais tomber dans le mièvre, conservant un rythme effréné, le sens du coup de théâtre et de l’humour, Minihan construit son récit avec finesse, dans des paysages à couper le souffle.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>A lire également :</strong></span> <strong> <a href="https://www.theartchemists.com/zombies-visage-de-nos-pulsions-primales/" rel="bookmark">Tous zombies : le visage de nos pulsions primales …</a></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il est servi en cela par l’interprétation particulièrement intense de Brittany Allen et Juan Riedinger, dont le duo prend corps au premier regard échangé, un dialogue gestuel qui s’impose immédiatement, alimentant le suspens tout en proposant une alternative rafraîchissante aux sempiternelles séquences de dévoration gloutonne et brutale dont regorge généralement ce type de films.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour en savoir plus sur le film <em>It Stains the sands red</em>, consultez la <a href="https://www.facebook.com/itstainsthesandsred/" target="_blank" rel="noopener">page Facebook</a> du long métrage ou le <a href="https://darkskyfilms.com/film/stains-sands-red/" target="_blank" rel="noopener">site de la maison de production</a> Darksy Films.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez également visionner le film en DVD ou en VoD.</span></p>
<p><script type="text/javascript" src="https://img.metaffiliation.com/na/na/res/trk/script.js"></script><br />
<!-- BEGIN CODE IMAGE 300x250 --><br />
<script type="text/javascript">
	try {
		new KwankoSDKLoader.getSlot("S4F53153F9D1193");
	} catch(e) {}
</script><br />
<noscript><br />
<iframe loading="lazy" src="https://action.metaffiliation.com/trk.php?maff=N4F53153F9D1193" width="300" height="250" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
</noscript><br />
<!-- END CODE --></p>
<p><iframe loading="lazy" style="border: none;" src="https://rcm-eu.amazon-adsystem.com/e/cm?o=8&amp;p=12&amp;l=ur1&amp;category=prime_video&amp;banner=1AMG5VP0PM1EHJKZG002&amp;f=ifr&amp;linkID=77ee98ec5c2c3532b1bc839f71df76c6&amp;t=tatadedel-21&amp;tracking_id=tatadedel-21" width="300" height="250" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-it-stains-the-sand-red-zombie/">It stains the sands red : le zombie, homme idéal ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
