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	<title>mexique</title>
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		<title>A l’avant garde : Romero Pasin, collagiste, nomade et conteuse de l&#8217;invisible</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/romero-pasin-art/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 15:12:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des artistes dont on comprend immédiatement, dès les premières images, qu&#8217;elles n&#8217;appartiennent à aucune école, aucun mouvement, aucune géographie fixe. Romero Pasin est de celles-là. Hispano-argentine, formée au théâtre, rodée au cirque, installée au Canada, elle pratique le collage comme d&#8217;autres écrivent des journaux intimes : pour assembler ce qui n&#8217;aurait jamais [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a des artistes dont on comprend immédiatement, dès les premières images, qu&rsquo;elles n&rsquo;appartiennent à aucune école, aucun mouvement, aucune géographie fixe. Romero Pasin est de celles-là. Hispano-argentine, formée au théâtre, rodée au cirque, installée au Canada, elle pratique le collage comme d&rsquo;autres écrivent des journaux intimes : pour assembler ce qui n&rsquo;aurait jamais dû se retrouver ensemble, et laisser la rencontre faire sens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un itinéraire en forme de carte du monde</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Née en Argentine, Romero Pasin grandit au Mexique, en Colombie et en Suisse — une enfance déjà nomade qui façonne un regard naturellement pluriel. À quinze ans, c&rsquo;est le théâtre qui la saisit. Elle y consacre ses vingt ans en Espagne, où elle produit, dirige et écrit plusieurs pièces avec sa propre compagnie. Puis vient le cirque itinérant — des années à confectionner et réparer costumes, accessoires et décors de scène, à naviguer entre les rôles de conteuse, de clown-habilleuse, de médecin des marionnettes, toujours les mains dans la peinture et les poches pleines d&rsquo;outils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce parcours en zigzag, elle en fait la matière première de son art. Car c&rsquo;est dans cette longue fréquentation des constructeurs de décors, des peintres, des costumiers, que se constitue une pratique artistique qui refuse catégoriquement les frontières entre disciplines. Pasin se définit elle-même comme une artiste en médiums mixtes qui n&rsquo;est pas entièrement autodidacte — la nuance est précieuse, et rare.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La magie du quotidien comme programme esthétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cherche Romero Pasin dans son atelier canadien, c&rsquo;est quelque chose d&rsquo;aussi simple et d&rsquo;aussi insaisissable que la magie dans l&rsquo;ordinaire. Ses matériaux de prédilection : des objets anciens, des images vintage, des souvenirs, des photographies trouvées, des pellicules périmées. Tout ce que le temps a rendu légèrement irréel, tout ce qui porte en soi une histoire à moitié effacée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son processus créatif a quelque chose de méditatif. Elle commence avec une idée, puis se perd volontairement, se détache du mental pour laisser l&rsquo;intuition prendre la main. Ce qu&rsquo;elle décrit ressemble au jeu du Cadavre Exquis cher aux surréalistes : des fragments déconnectés qu&rsquo;on assemble jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;ils trouvent un nouveau sens et racontent une nouvelle histoire. Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;improvisation, c&rsquo;est de la confiance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Collages, poupées, numérique : un vocabulaire à trois voix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Son œuvre se déploie en trois registres distincts, chacun habité par la même sensibilité. Les collages d&rsquo;abord : des assemblages d&rsquo;images anciennes aux compositions délicatement surréalistes, où une silhouette victorienne côtoie un élément botanique ou une texture de papier vieilli. Les titres — <em>The Games We Used to Play</em>, <em>The One Who Followed His Heart</em>, <em>Little Healers</em> — donnent le ton : narratif, poétique, légèrement énigmatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les art dolls ensuite : des poupées d&rsquo;artiste confectionnées à la main, qui prolongent directement son expérience de costumière et de créatrice de scène. Chaque pièce est unique, habitée, avec ce quelque chose d&rsquo;inquiétant et de tendre propre aux objets qui semblent avoir une vie intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le numérique enfin : une série de compositions — <em>The Bath</em>, <em>Fauna</em>, <em>Don&rsquo;t Forget to Look Behind</em>, <em>Together</em>, <em>Sailing into the Wind</em> — qui transportent l&rsquo;esthétique du collage physique dans un espace dématérialisé sans rien perdre de la poésie de l&rsquo;analogique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une présence internationale croissante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2020, Romero Pasin expose régulièrement dans des cadres collectifs qui confirment l&rsquo;ancrage de sa pratique au coeur de réseaux d&rsquo;art indépendants et alternatifs. <em>Outsider Art Magazine</em> lui consacre une place en 2020. Elle participe à des expositions collectives organisées par Québec Collage, par la galerie Start à Varsovie, par Vayo Collage Gallery à Rochester (New York). En 2024, son travail est projeté dans le cadre d&rsquo;une exposition virtuelle et physique à la Holy Art Gallery de Londres. En avril 2025, elle expose au sein du collectif <em>Éveil d&rsquo;avril</em> à la Galerie Ambigu de Montréal. La même année, <em>Assembla Magazine</em> — publication dédiée à l&rsquo;art du collage — lui consacre une place dans son numéro inaugural.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a également signé la pochette d&rsquo;album pour Carmine Ioanna Music Company en 2021, et participé à l&rsquo;exposition <em>El privilegio de vivir</em>, organisée par le collectif <em>Mujeres que cortan y pegan</em> dans le cadre du festival de poésie <em>NUDO</em> à Barcelone — une belle métaphore pour une artiste qui découpe, assemble et noue des récits depuis des continents et des matières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son travail est à découvrir sur <a href="https://www.romeropasin.com/">romeropasin.com</a> et sur Instagram <a href="https://www.instagram.com/romero_pasin/">@romero_pasin</a>.</p>
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		<title>Mariages de mineures : le scandale légal qui persiste aux États-Unis</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mariage-enfants-etats-unis-scandale-legal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 11:31:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décidément l’affaire Epstein n’en finit plus de déchaîner, à raison, les passions et la colère. Dévoilant un sordide système de prédation soit disant légitimé par l’argent, le pouvoir et l’entregent, elle gagnerait cependant à être replacée dans un contexte plus large et tout aussi choquant, une réalité plus diffuse, moins spectaculaire certes, mais tout aussi [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Décidément l’<a href="https://www.theartchemists.com/jeffrey-epstein-filthy-rich/">affaire Epstein</a> n’en finit plus de déchaîner, à raison, les passions et la colère. Dévoilant un sordide système de prédation soit disant légitimé par l’argent, le pouvoir et l’entregent, elle gagnerait cependant à être replacée dans un contexte plus large et tout aussi choquant, une réalité plus diffuse, moins spectaculaire certes, mais tout aussi écœurante : le mariage d’enfants aux USA. Un phénomène massif, institutionnalisé, qui a concerné plus de 300 000 mineurs en vingt ans, et qui continue aujourd’hui encore d’être autorisé au pays de l’oncle Sam.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un tabou américain, une échappatoire judiciaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 2023, le podcast <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/interception">Interception</a>, diffusé sur France Inter, consacre un épisode glaçant à cette réalité. Le reportage <em><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/interception/interception-du-dimanche-05-mars-2023-8505277">Les mariages des mineures aux États-Unis</a></em>, signé <a href="https://www.radiofrance.fr/personnes/valerie-cantie?p=12">Valérie Cantié</a>, donne la parole à celles que l’on n’entend presque jamais : les survivantes. Ces femmes aujourd’hui adultes, ont été mariées à 13, 14 ou 15 ans, souvent à des hommes bien plus âgés, … très souvent leur agresseur. C’est là du reste l’un des points les plus troublants révélés par l’enquête. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour parler clairement, le mariage des filles mineures constitue un outil d’évitement pénal. Dans de nombreux états américains, jusqu’à une période récente — et parfois encore aujourd’hui — c’est un recours qui permet d’annuler ou d’éviter des poursuites pour viol sur mineur, de contourner les lois sur l’âge du consentement, de rendre légal un rapport sexuel autrement criminel. Le mariage agit en l’état comme une « carte de sortie de prison » pour les agresseurs sexuels (souvent des proches des victimes), transférant cette dernière de la sphère judiciaire à la sphère conjugale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il s&rsquo;en étonner quand on sait que les États-Unis sont le seul pays membre de l’ONU à n’avoir jamais ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée en 1989 par l&rsquo;Organisation des Nations unies. En refusant de se lier juridiquement à ce texte fondamental — qui fixe notamment à 18 ans l’âge minimum du mariage et reconnaît l’incapacité d’un enfant à consentir à une union — les États-Unis se soustraient aux obligations internationales de protection des mineurs. Cette exception, régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains, contribue à maintenir un cadre légal permissif dans lequel des lois archaïques peuvent perdurer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une violence systémique : « Ce n’était pas un choix »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec des statistiques effarantes à la clé. Selon les données compilées par l&rsquo;organisation <a href="https://www.unchainedatlast.org/">Unchained At Last</a> et le Congrès américain :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Près de 315 000 mineurs ont été mariés sur le sol américain entre 2000 et 2021.</li>



<li>87 % sont des filles, majoritairement mariées à des hommes adultes</li>



<li>On recense 70 à 80 % de taux de divorce pour les mariages contractés avant 18 ans</li>



<li>4 États n’ont pas imposé d’âge minimum légal en 2025 : la Californie, le Mississippi, le Nouveau-Mexique, l’Oklahoma</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres dessinent une réalité claire : nous sommes bien dans un système toléré, parfois encouragé, par le droit. Le profil des victimes est parlant : le podcast <em>Interception</em> comme l’enquête d’ARTE <em><a href="https://youtu.be/YsR0SGChN2Q?si=CVz6JoIqOvHIlnto">États-Unis : ce pays qui marie ses enfants</a></em> donnent à entendre des récits similaires, des points de convergence : grossesse adolescente, pression familiale ou religieuse, absence totale de consentement réel, sortie immédiate du système scolaire,dépendance économique et psychologique totale (autant de traits spécifiques qu’on retrouve chez les victimes d’Epstein).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de ces jeunes filles mariées de force racontent ne pas avoir compris, sur le moment, qu’elles avaient été victimes. Leur entourage proche justifie ce choix en invoquant les notions de protection, de respectabilité, une solution honorable pour éviter à l’agresseur comme à la victime la honte et la mise au ban de communautés très fermées. En réalité, le mariage scelle leur enfermement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une culture de l’impunité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En écoutant ces témoignages, on réalise avec effroi et dégoût que l’affaire Jeffrey Epstein n’est pas une anomalie mais une version extrême de cette logique. Croiser ces réalités fait apparaître un système social où les corps des mineures sont négociables, la parole des jeunes filles disqualifiée, les violeurs protégés par un pouvoir juridique ô combien condescendant. Dans le cas des mariages d’enfants, c’est l’État lui-même qui valide le mécanisme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où Epstein agit dans la pénombre, le mariage d’enfants opère à la lumière du droit, avec des conséquences effrayantes. En effet, les études (enquêtes de l’<a href="https://www.icrw.org/publications/child-marriage-in-the-united-states-a-synthesis-of-evidence-on-the-prevalence-impact/">International Center For Research on Women</a>, rapports annuels de l’ONG <em>Unchained At Last</em>&#8230; ) montrent que les personnes mariées avant 18 ans sont plus exposées aux violences conjugales, davantage victimes de troubles anxieux et dépressifs, plus pauvres à l’âge adulte, moins diplômées, plus isolées socialement. Le mariage d’enfants n’est en aucun cas anodin : c’est un facteur majeur de reproduction des violences.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un combat encore inachevé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce au travail de terrain et de plaidoyer d’associations comme <em>Unchained At Last</em>, plusieurs États ont relevé ou supprimé les dérogations permettant le mariage des mineurs. Mais en 2025, le combat est loin d’être terminé. L’idée même que le mariage puisse « protéger » une enfant continue d’être défendue dans certains discours politiques ou religieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mariages d’enfants aux États-Unis dérangent parce qu’ils fissurent le mythe d’une puissance s’érigeant en protecteur des droits de l’enfant et champion des valeurs occidentales Occident unanimement. En mettant des mots, des chiffres et des visages sur cette intolérable réalité, journalistes, militants et survivants rappellent qu’un enfant ne peut pas consentir à un mariage.<br />Aucune loi ne devrait jamais faire semblant du contraire.</p>



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		<title>Déprime saisonnière &#038; créativité : comment l’hiver inspire les artistes</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/deprime-saisonniere-creativite-hiver-artistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 10:41:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’imaginaire collectif, l’hiver est souvent associé au repli : jours courts, nuits longues, rues désertées, fatigue diffuse. Une saison où l’on se sent en retrait, presque mis en suspens. Pourtant, dans l’histoire de la création, cet état de latence a souvent fonctionné comme une matrice : la mélancolie hivernale agit comme un déclencheur, un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans l’imaginaire collectif, l’hiver est souvent associé au repli : jours courts, nuits longues, rues désertées, fatigue diffuse. Une saison où l’on se sent en retrait, presque mis en suspens. Pourtant, dans l’histoire de la création, cet état de latence a souvent fonctionné comme une matrice : la mélancolie hivernale agit comme un déclencheur, un espace mental creusé où les artistes trouvent une profondeur particulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’être un simple abattement, cette humeur dite “saisonnière” — dont la psychologie moderne reconnaît les effets sur le rythme circadien, la lumière perçue et l’énergie mentale — devient parfois un<strong> </strong>allié paradoxal de l’intuition et de la sensibilité. L’hiver ralentit, mais ce ralentissement ouvre un champ intérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retrait hivernal : un cadre propice à l’introspection créatrice</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La déprime hivernale n’a rien d’une invention romantique. Les psychiatres parlent depuis les années 1980 de trouble affectif saisonnier, marqué par une baisse d’énergie, de motivation, de concentration. Si ce trouble est pathologique dans ses formes sévères, il existe des manifestations plus légères — fatigue, mélancolie, hypersensibilité — qui, chez beaucoup d’artistes, se transforment en matière psychique féconde.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Le ralentissement comme technique involontaire</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En hiver, les journées raccourcies réduisent la dispersion. Le monde extérieur se fait plus silencieux. Les sollicitations se raréfient. Ce cocon forcé devient presque une résidence intérieure. L’écriture, la composition ou la peinture profitent de ce calme imposé pour émerger sans contrainte sociale.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La lumière déclinante : un studio naturel</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La lumière hivernale, plus basse, plus froide, plus rasante, crée un environnement plastique singulier : ombres longues, contrastes atténués, palette naturelle désaturée. Les peintres nordiques ont su en faire un levier d’expression, transformant la grisaille en un langage émotionnel. L’hiver n’est pas l’absence de lumière : c’est une autre qualité de lumière, presque méditative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Friedrich, Munch, O’Keefe&nbsp;: capturer l’âme de l’hiver</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois artistes ont particulièrement su saisir l&rsquo;esprit hivernal.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Friedrich ou la solitude constructive</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses paysages hivernaux — sapins noirs, neige immobile, horizons brumeux — <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Caspar_David_Friedrich">Caspar David Friedrich</a> crée une mélancolie qui n’est jamais morbide. Ses personnages, de dos, semblent méditer, contempler, se recentrer. L’hiver est un appel à l’universalité intérieure.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Munch et la sensibilité exacerbée</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avant <em>Le Cri</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edvard_Munch">Edvard Munch</a> peint de nombreuses scènes hivernales où la lumière bleue, la neige ou les arbres nus deviennent des figures mentales. Le paysage absorbe l’émotion, la restitue sous une forme picturale. Son hiver amplifie les sensations, devenant ainsi une chambre d’écho psychique.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>O’Keeffe, la sécheresse hivernale comme abstraction</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses œuvres du Nouveau-Mexique, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Georgia_O%27Keeffe">Georgia O’Keeffe</a> peint des solitudes minérales, dénudées, qui rappellent l’hiver sans neige : ossatures, falaises blanchies, végétation dépouillée.<br />L’hiver n’y est pas saison, mais épure essentielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La déprime saisonnière n’est pas un romantisme naïf ni un simple trouble physiologique : c’est un terrain ambivalent, qui agit comme un révélateur des nuances intérieures, d’une esthétique du silence, d’une relation intime à la lumière et au temps. L’hivernité créatrice amène à puiser dans la pénombre une forme de vérité que l’été, trop lumineux, trop rapide, ne laisse pas toujours entrevoir.</p>



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		<title>Frankenstein selon Guillermo del Toro : un monstre d’hybridation cinématographique, littéraire et visuelle</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/frankenstein-guillermo-del-toro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 16:12:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38385</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois jours, 29 millions de spectateurs. Ce n’est rien de dire que le Frankenstein de Guillermo del Toro a fait un carton. Déboulant sur Netflix après une sortie en salle au compte goutte dans plusieurs pays, ce récit gotique en diable a su conquérir un public chauffé à blanc par une campagne de communication particulièrement [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Trois jours, 29 millions de spectateurs. Ce n’est rien de dire que le <em>Frankenstein</em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillermo_del_Toro">Guillermo del Toro</a> a fait un carton. Déboulant sur Netflix après une sortie en salle au compte goutte dans plusieurs pays, ce récit gotique en diable a su conquérir un public chauffé à blanc par une campagne de communication particulièrement bien troussée. Restait à savoir si la qualité serait au rendez-vous&nbsp;: c’est le cas et haut la main. Il faut dire que del Toro a pris son temps. Déjà en 2007, le réalisateur évoquait la chose&#8230; avec passion. 20 ans plus tard, il accouche d’un petit bijou de long-métrage de prime abord horrifique, au final aussi poétique que baroque, et qui ne demande qu’à être décortiqué. Car l’auteur de <em>Crimpson Peak</em>, <em>Le Labyrinthe de Pan</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-forme-eau/">La Forme de l’eau</a></em> ne pouvait s’emparer de la création littéraire magistrale de Mary Shelley sans en faire un hybride foisonnant, hypnotique et riche d’enseignement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/x--N03NO130?si=HUIeLOgoGZMeaAfm" title="Frankenstein | Guillermo del Toro | Official Teaser | Netflix" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/x--N03NO130?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/x--N03NO130?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De Shelley à del Toro</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons un instant au socle mythique posée par Mary Shelley en 1818. Le roman <em>Frankenstein; or, The Modern Prometheus</em> repose sur un double pari : reprendre la légende de Prométhée (l’homme qui vole le feu divin) et la transposer dans une ère de conquêtes scientifiques, médicales et technologiques qui questionne la responsabilité du créateur. Mary Shelley dans ce récit dément interroge l’humanité du monstre, l’irresponsabilité du savant, la solitude existentielle, la frontière floue entre l’humain et le non-humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Del Toro s’empare de l’oeuvre, contourne le piège d’une transposition au pied de la lettre, métamorphose l’ensemble, élabore son propre cocktail gotico-horrifico-poétique. Mythe en mutation&nbsp;: ce qu’il emprunte à Shelley, il le croise avec les éléments clés de son univers artistique, ces thématiques qui le hantent depuis le début de sa carrière, le temps qui passe sans qu’on puisse le maîtriser, la volonté de contrôle de ce qui ne peut l’être, l’amour absolu et impossible magnifié, le trop lourd sentiment du rejet, la question de l’intégration, de la normalisation. Son <em>Frankenstein</em> lui ressemble — qui efface la confuse limite entre créateur et monstruosité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Éléments de métamorphose</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques points saillants d’appropriation/transformation&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le film, bien que restituant l’époque victorienne ou proche, affiche une esthétique baroque, gothique, steampunk, qui tranche avec le contexte du roman. Les décors, les costumes, la lumière, grandioses, ne visent pas à une « vraie reconstitution », mais à planter un monde « à la del Toro ».</li>



<li>Là où Shelley montre un savant outré par sa créature, del Toro fait de Victor Frankenstein LE monstre de ce conte, un monstre par ses actes, ses obsessions, sa puissance destructrice… et son égo infini. Clairement, la créature est bien plus humaine que son « père » qui restitue sans même s’en rendre les sévices subis dans son enfance par un géniteur plus que maltraitant.</li>



<li>La fiancée (Elizabeth Lavenza, parfaite réplique d’une mère adorée morte prématurément) est placée au cœur non seulement du triangle romantique/tragique, mais aussi de l’empathie et de la métamorphose. Par son biais, le film aborde les thèmes de la paternité/maternité, de la transmission, de la violence, de l’industrialisation, de l’armement.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un témoin, une conscience, un miroir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La fiancée justement. Dans cette adaptation, Elizabeth (Mia Goth, d’une justesse touchante) ne se contente pas d’être l’ombre passive du créateur ou de la créature, la pauvre jeune fille convoitée par l’un et l’autre, une victime en puissance. Non, ici, elle est empathie, reconnaissance, humanité. Un trait d’union, un témoin, une conscience, un miroir. Quelqu’un qui répare ou tente de le faire par tous les moyens à sa disposition. Ses tenues, pensées comme des carapaces d’insecte (les scarabées, le malachite… références récurrentes dans le cinéma de del Toro, dixit <em>Mimic</em>), expriment à la fois sa fragilité et sa force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa rencontre avec la créature est un moment d’une grande poésie, un «&nbsp;love at first sight&nbsp;» particulièrement romantique et poignant qui s’accompagne d’un geste de charité, d’un désir de protection. Quelque chose de <em>La forme de l’eau</em> transparaît ici , qui va à contre-courant des récits fantastico-horrifiques. Le monstre n’est pas celui qu’on croit, et c’est une femme qui le révèle aux yeux de tous, quitte à y laisser la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Incarner l’Autre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Victor Frankenstein (joué par un Oscar Isaac frénétique) est représenté non comme un savant fou typique, mais comme un artiste-entrepreneur, un visionnaire obsédé, une rockstar. Costume, attitude, discours, tout le montre, par exemple ces gants rouges qui ne le quittent jamais, et qui symbolisent le sang qui tâchent ses mains, la tâche originelle déposée sur lui par sa mère à l’agonie. Sa passion également, son manque de recul, de pondération. La violence aussi qui l’anime, dans sa relation aux autres, et à ce «&nbsp;fils&nbsp;» qu’il ne va pas assumer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce «&nbsp;père&nbsp;» va tenter de dresser cet «&nbsp;enfant&nbsp;» comme un animal de foire, démontrant ainsi son manque d’empathie. Puis quand il jugera qu’il ne peut progresser, il voudra s’en débarrasser comme on le fait d’un cobaye gênant. Face ce sommet d’égoïsme et de vanité, la créature (jouée par un Jacob Elordi tout en fragilité et colère) s’avère un être vulnérable en quête de sens. Exit l’allure d’un cadavre composite verdâtre et couturé de partout&nbsp;; diaphane et naturellement élégant dans son allure, sa maladresse, cet être aux allures d’ange ou d’extraterrestre questionne, souffre, apprend. Doté d’une beauté étrange que peu perçoivent, il est rejeté non plus pour sa laideur mais parce qu’il incarne l’Autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un film-frankenstein</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Del Toro met ainsi en scène de manière magistrale la quête de reconnaissance de ceux que le monde dit «&nbsp;normal&nbsp;» écarte avec cruauté. Un sujet qui revient en boucle dans ses films&nbsp;: la notion de différence y est questionnée sans cesse, idem pour l’impossible intégration de ceux qui ne correspondent pas aux normes et en souffrent (Hellboy se limant les cornes «&nbsp;pour s’intégrer&nbsp;»). Sujet d’actualité dans une Amérique trumpienne qui traque la différence (personnes trans, intellectuels opposants ou immigrés) avec une assiduité effrayante. Originaire du Mexique, del Toro connaît la sujet. Il sait qu’on est toujours le monstre de quelqu’un. Et cette monstruosité naît uniquement dans le mental, la perception erronée qu’on a du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son film se veut donc une créature-synthèse, un grand métissage de références, de connaissances, d’émotions. La somme, la fusion de toutes ses obsessions de cinéaste, de ses références culturelles. Son enfance traumatique, son goût des monstres comme métaphores de l’exclu, sa passion pour la mort, le sacrifice, la métamorphose&nbsp;, ses références à l’art pictural, à la peinture baroque, au surréalisme. Le film devient un tableau en mouvement, un film-frankenstein : un corps composé, un monstre d’hybridation cinématographique, littéraire et visuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, le<em> Frankenstein</em> de del Toro est un acte d’amour autant que de réinvention : un hommage à Shelley, mais aussi un manifeste esthétique et émotionnel. Il inverse le regard, métamorphose les rôles, transcende les genres. Il fait de la créature plus humaine que son créateur — et de son film, une œuvre-créature à part entière.</p>



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		<title>Playlist #370 – Cœurs bancals et horizons flous</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/playlist-musique-370/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 08:02:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Playlists]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Août se traîne. L’atmosphère se fendille, les corps fatiguent, les âmes vacillent. L’ombre de septembre approche à pas feutrés. Cette semaine, on écoute des chansons comme on prend une pause clope en regardant le ciel : sans but précis, mais le cœur ouvert. Des morceaux qui oscillent entre tendresse rugueuse, mélancolie douce, éclats de lumière [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Août se traîne. L’atmosphère se fendille, les corps fatiguent, les âmes vacillent. L’ombre de septembre approche à pas feutrés. Cette semaine, on écoute des chansons comme on prend une pause clope en regardant le ciel : sans but précis, mais le cœur ouvert. Des morceaux qui oscillent entre tendresse rugueuse, mélancolie douce, éclats de lumière et repli solitaire. Une bande-son de fin de saison, qui parle de boucles, de chutes, d’illusions, de résilience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">les 10 artistes à l&rsquo;honneur :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtube.com/playlist?list=PL-6XgaEM0vRJ5sGR7aOYuHdLRAVdwWAy2&amp;si=LWVBPh7gMrckspVn" title="Playlist The ARTchemists #370" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PL-6XgaEM0vRJ5sGR7aOYuHdLRAVdwWAy2" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PL-6XgaEM0vRJ5sGR7aOYuHdLRAVdwWAy2&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Youth Play – « A Fair Life »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un morceau pop rock élégant et retenu, presque trop propre pour être vrai. Mais dans les entrelacs mélodiques, une fêlure. Une chanson sur l’équilibre impossible entre idéal et réalité. <a href="https://www.instagram.com/theyouthplay/">The Youth Play</a> marque un début de playlist tout en illusion maîtrisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nick Drake – « River Man »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Classique éternel, fantôme sublime. <a href="https://www.instagram.com/nickdrakeofficial/">Nick Drake</a> ne vieillit pas, il plane. Sa voix est une rivière noire, le piano s’écoule lentement, les cordes vous attrapent à la gorge. À écouter les yeux fermés. Respect.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jehnny Beth – « Broken Rib »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une décharge. Punk électronique et tension sexuelle, rage contenue et vulnérabilité assumée. La voix de <a href="https://www.instagram.com/jehnnybeth">Jenny Bleth</a> est blessée, enragée les machines hurlent en écho. Un cri de résistance charnelle. Incontournable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Xavier Polycarpe – « She Cut a Rug »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un groove rétro-pop un peu cabossé, au charme immédiat. <a href="https://www.instagram.com/xavier.polycarpe/">Xavier Polycarpe</a> est dansant sans être vide, mélodique sans être mièvre. Un clin d’œil vintage qui balance avec retenue. Étrangement addictif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nation of Language – « I’m Not Ready for the Change »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Post-punk 80’s revisité avec une classe folle. Basse envoûtante, synthé suspendu, chant à fleur de peau. Le titre de <a href="https://www.nationoflanguage.com/">Nation of Language</a> dit tout : la peur du changement, chantée avec grâce et panique élégante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tchotchke – « Poor Girl »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mélodie girly et acidulée. Une voix de poupée pour des paroles désabusées. <a href="https://www.instagram.com/tchotchkemusic/">Tchotchke</a>, c’est simple, direct, amer, délicieux. Et ça tient en 3 minutes. Brillant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">The Beths – « No Joy »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Indie rock vitaminé au fond triste. <a href="https://www.thebeths.com/">The Beths</a>, c&rsquo;est une rythmique efficace, des guitares qui éclatent, une voix qui sourit en pleurant. Une chanson parfaite pour courir dans la nuit sans destination.</p>



<h2 class="wp-block-heading">The Fynches – « Heavy »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Midtempo lourd et atmosphérique. Une mélancolie douce comme une chambre en désordre. On est là, à moitié dedans, à moitié ailleurs. Le titre de <a href="https://www.thefynches.com/">The Fynches</a> est bien choisi : ça pèse, mais doucement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Camilo Séptimo – « Laberinto »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pop synthétique venue du Mexique, envoûtante, planante, sensuelle. Une voix qui susurre, des claviers qui flottent. On se perd avec plaisir dans le labyrinthe sonore de <a href="https://www.instagram.com/camiloseptimomx/">Camilo Septimo</a>. Sensation étrange et chaude.</p>



<h2 class="wp-block-heading">R3DN1K – « Sunfall »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Final instrumental ou presque, électro-ambient teinté de tension dramatique. <a href="https://www.instagram.com/R3DN1KOFF">R3DN1K</a> : une descente douce vers l’obscurité, comme si le soleil s’éteignait lentement derrière un écran de fumée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">&#x26a1; En bref :</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Pour errer avec style</strong> : Nation of Language, The Beths, The Fynches</li>



<li><strong>Pour craquer sans honte</strong> : Jehnny Beth, Tchotchke, Nick Drake</li>



<li><strong>Pour danser au bord du vide</strong> : Xavier Polycarpe, Camilo Séptimo</li>



<li><strong>Pour finir allongé.e dans le silence</strong> : R3DN1K, The Youth Play</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour plus de bon son, c&rsquo;est par ICI :</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Le Bon Marché, laboratoire du retailtainment : expérience artistique ou machine à vendre ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bon-marche-retailtainment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2025 17:57:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je profite de l’article consacré par Dauphine à l’expo La saga des grands magasins pour me pencher un instant sur Le Bon Marché Rive Gauche. On ne présente plus le très parisien très prestigieux grand magasin qui servit de modèle à Zola pour son Bonheur des dames. Son architecture fait désormais partie du paysage de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Je profite de l’article consacré par Dauphine à l’expo <em><a href="https://www.theartchemists.com/expo-saga-des-grands-magasins/">La saga des grands magasins</a></em> pour me pencher un instant sur <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/index">Le Bon Marché Rive Gauche</a>. On ne présente plus le très parisien très prestigieux grand magasin qui servit de modèle à Zola pour son Bonheur des dames. Son architecture fait désormais partie du paysage de la capitale, l’endroit a su s’imposer comme une étape touristique incontournable, a fidélisé une clientèle huppée qui y fait régulièrement son shopping de luxe. Ce qui n’empêche pas l’enseigne de développer son offre. Parmi ses nombreuses prestations, une stratégie événementielle pour le moins dynamique&nbsp;: expositions immersives, spectacles, visites guidées thématiques. Objectifs&nbsp;: enrichir l&rsquo;expérience client&nbsp;; renforcer l’image de marque. Quitte à marcher sur les brisées du monde culturel&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du site de vente au parcours culturel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A l’origine de cette politique, l&rsquo;équipe de création du Bon Marché, cornaquée par <a href="https://www.instagram.com/fredkerlou/?hl=fr">Frédéric Bodenes</a>. Le directeur artistique du Bon Marché Rive Gauche joue un rôle clé dans la conception et la réalisation de ces événements. La logique est simple&nbsp;: métamorphoser le site de vente en parcours culturel immersif. Quitte à jouer sur plusieurs tableaux. Ainsi l&rsquo;exposition <em>Je t&rsquo;aime comme un chien</em>, prévue du 8 février à fin avril 2025 pour célébrer la place des chiens dans la société contemporaine (et qui va transformer le magasin en gigantesque parc canin) chevauche l’expo de l’artiste brésilien Ernesto Neto <em>Le La Serpent</em> qui se termine le 23 février.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas une nouveauté du reste, cela fait un bail que le BM capte l’attention avec ses expos, intégrant des œuvres souvent gigantesques dans l’enceinte du bâtiment, sous les verrières. Ai Weiwei, Joana Vasconcelos, Daniel Burren, on ne compte plus les grands noms de l’art contemporain qui ont y accroché leurs titanesques installations. Même Philippe Katerine y a eu carte rose avec son Mignonisme. «&nbsp;<em>L’art fait partie de notre ADN, depuis la fondation du Bon Marché par les époux Boucicaut. C’est une évidence que le culturel et l’art prennent place dans notre Grand Magasin. Nous souhaitons qu’il devienne le prétexte «&nbsp;d’une agréable balade&nbsp;</em>»<em>. Un espace d’inspiration et d’échange, comme il l’a toujours été&nbsp;</em>» explique Bodenes dans la G<a href="https://www.lebonmarche.com/fr/lbm_gazette-interview-bonheur-des-dames.html?srsltid=AfmBOoowgAZOW-0r8_Jlm8ul5akgu83ZU56LklHFDkeUkJ4sePTAz0M8">azette</a> du site web du BM.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/fEwcb-rSd_k?si=qP9BxBxcaFRVCtKK" title="Une expérience théâtrale immersive au cœur du Bon Marché Rive Gauche I EVENEMENT" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/fEwcb-rSd_k?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/fEwcb-rSd_k?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Du retail expérentiel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus prosaïquement et parce qu’il ne faut pas oublier qu’un grand magasin à la base, c’est fait pour vendre et engranger des bénéfices (surtout quand le magasin en question appartient depuis 1984 à l’écurie <a href="https://www.lvmh.com/fr">LVMH</a>, leader mondial du luxe), rappelons que cette politique événementielle poursuit plusieurs objectifs.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Renforcer l&rsquo;attractivité du magasin&nbsp;</strong><strong>:</strong> En proposant des événements culturels et artistiques, le Bon Marché attire une clientèle diversifiée et curieuse.</li>



<li><strong>Créer une expérience client unique :</strong> Les expositions immersives et les spectacles offrent aux visiteurs un moment mémorable, ce qui travaille à leur fidélisation.</li>



<li><strong>Affirmer l&rsquo;identité culturelle du magasin :</strong> En collaborant avec des artistes et en abordant des thématiques variées, le Bon Marché se positionne comme un acteur culturel majeur de la rive gauche parisienne.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pas un hasard&nbsp;? Le Bon Marché constitue un pilier stratégique pour LVMH en matière de retail expérientiel. Retail expérientiel&nbsp;? Une approche du commerce qui va au-delà de la simple vente de produits&nbsp;puisqu’il s’agit d’offrir aux clients une expérience immersive et engageante. Le magasin est transformé en un lieu où l&rsquo;on découvre, interagit et vit une expérience unique à travers des animations innovantes. L’objectif est de créer une connexion émotionnelle avec les clients, un lien quasi affectif, fort et durable qui permet de se différencier de la concurrence des autres magasins et du e-commerce.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Spectacles immersifs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà, voilà. Cette connexion émotionnelle passe justement par un choix de thématiques et d’artistes surprenants… mais dans le bon sens. Ce n’est pas franchement là qu’on ira mettre en avant des créateurs contestataires dans l’esprit d’un Stéphane Blanquet. Le Bon Marché mise plutôt sur des sujets sociétaux actuels, des hommages culturels, tout en collaborant avec des artistes reconnus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il affirme ainsi son positionnement comme point de convergence entre commerce, art et culture. Et depuis quelques temps, il ajoute à son tableau de chasse artistique des spectacles. C’est d’ailleurs ce qui m’a inspiré cet article parce que le BM ne possède ni salle de théâtre ni équipements dédiés.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>J’ai plus spécifiquement tilté sur l’annonce du spectacle immersif <em>Au Bonheur des Dames</em> proposé en 2022 dans le cadre des nouveaux rendez-vous événementiels&nbsp;<a href="https://www.lebonmarche.com/fr/la_programmation_des_on_et_des_off">«Les ON et les OFF du Bon Marché »</a> pour célébrer les 170 ans du magasin. Adapté du roman d&rsquo;Émile Zola, ce parcours signé <a href="https://www.instagram.com/juliettecolin/">Juliette Colin</a> invitait les spectateurs à déambuler de nuit dans les étages du Bon Marché afin de rédecouvrir l&rsquo;œuvre littéraire à travers une mise en scène interactive. Certains ont adoré, d’autres moins, si l’on en croit les commentaires laissés sur <a href="https://www.billetreduc.com/288995/evtcrit.htm">Billet reduc</a> et un peu partout sur la toile.</li>



<li>Il faut cependant croire que l’expérience a convaincu la direction de remettre ça puisque deux ans plus tard, c’est le cirque qui pénètre l’enceinte du temple de la consommation made in Boucicaut. Mené bille en tête par le <a href="https://www.cirqueleroux.com/fr/">Cirque Le Roux</a>, <em>Entre Chiens et Louves</em> met en scène neuf artistes circassiens mêlant acrobaties, danse et théâtre pour raconter à la verticale l&rsquo;histoire de trois femmes à différentes époques. Cette exploration de la mémoire collective féminine fut là aussi un plein succès, le spectacle ayant joué les prolongations.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Une vraie scène parisienne&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;La pièce «&nbsp;Au Bonheur des Dames&nbsp;» renforce notre démarche créative et appuie notre volonté de devenir une vraie scène parisienne&nbsp;</em>» revendiquait Bodenes dans l’article cité plus haut. Il est sûr qu’en intégrant des spectacles vivants à sa programmation, le BM mise sur une expérience client enrichie, profitant par ailleurs de ces moments privilégiés pour mettre en lumière son patrimoine architectural et culturel de façon originale. Intégrer du théâtre dans un espace de vente, c’est effectuer en douceur et avec subtilité la fusion mentale achat/expression artistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prix des places est à ce titre parlant&nbsp;: 75 euros pour <em>Au bonheur des dames</em>, 75 euros pour les places de catégorie 1, 50 euros pour les places de catégorie 2 (au deuxième étage) pour <em>Entre Chiens et Louves. </em>Spectacle dont les places au sein d’un théâtre classique sont chiffrées à 23 euros. «&nbsp;<em>Devenir une vraie scène parisienne&nbsp;</em>» quand on n’en a pas l’équipement adéquat, c’est un pari. Surtout pour le spectateur qui va devoir débourser bonbon, largement au dessus du prix moyen de la place de spectacle partout en France. La rupture est notable, les expositions de BM étant gratuites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même chose en ce qui concerne <a href="https://www.lebonmarche.com/fr/lesoff-visites-nocturnes-bon-marche/223240.html">les visites nocturnes du Bon Marché</a> : 45 euros la place, bien au dessus du marché des places dexpo. S’érigeant en hub culturel, le BM ne serait-il pas en train d’ajouter une nouvelle et juteuse corde à son arc&nbsp;? Car à ce stade et avec pareils tarifs, on n’est plus dans le «&nbsp;slow shopping&nbsp;» et la fidélisation émotionnelle. On est dans la mise en place d’une activité culturelle payante, dont les tarifs élevés sont justifiés par le caractère exceptionnel d’un lieu indissociable du luxe et de l’art de vivre à la française.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/PtPdTZOso-8?si=bmhlwFkEpJ3kDpeW" title="Le Cirque Le Roux joue les prolongations !" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/PtPdTZOso-8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/PtPdTZOso-8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le prestige de l’exclusivité&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je traduis&nbsp;: «&nbsp;tu veux voir un spectacle au Bon Marché&nbsp;? Tu payes, et tu payes cher&nbsp;» pour faire partie des <em>happy few</em> qui auront accès à cette expérience rare. Créer du prestige et de l’aura : en attirant des artistes renommés, en proposant des performances de haut niveau, le Bon Marché affirme sa singularité … et son exclusivité. Il s’élève au rang de destination culturelle incontournable. Il n’est pas le seul du reste à suivre cette politique. Le très londonien Selfridge n’est pas en reste, El Palacio de Hierro au Mexique non plus, pour ne citer que ces exemples. Tous sont en train de tracer une nouvelle voie, une nouvelle race de grands magasins pensés comme des passeurs de culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec pour but d’initier un public non habitué&nbsp;? Une exposition au Bon Marché peut effectivement inciter un visiteur à approfondir son intérêt en visitant ensuite un musée dédié. Certains musées et théâtres pourraient du reste profiter de cette dynamique en développant des partenariats avec ces enseignes&nbsp;: des musées pourraient prêter des œuvres pour des expositions temporaires dans des grands magasins (à condition qu’elles soient sécurisées, bien entendu)&nbsp;; des compagnies théâtrales pourraient mettre en scène des performances dans ces espaces afin de capter une nouvelle audience, histoire de<strong> </strong>moderniser leur approche et d’attirer un public plus jeune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Superbes opportunités&nbsp;? A moins que cette montée en puissance dessine doucement mais sûrement les contours d’une dangereuse rivalité pour les institutions classiques, à l’heure où ces dernières souffrent de restrictions budgétaires plus que conséquentes. Je m’explique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Privatisation et standardisation de la culture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les grands magasins type BM disposent d’une liberté financière qui autorise cette liberté d’expérimentation que les institutions classiques n’ont plus forcément, loin s’en faut. Les groupes privés qui possèdent ces enseignes investissent massivement dans l’art et le spectacle vivant, ils ont l’argent pour&nbsp;; là où musées, théâtres et festivals n’ont que peu de budget pour leur programmation et leur communication, Le Bon Marché et ses alter ego disposent de moyens considérables, en sus de leur prestige initial, pour promouvoir des événements, avec à la clé une médiatisation bien plus forte. Rien de mieux pour séduire un public jeune et urbain (en jouant par exemple sur les codes de la mode, du design et des tendances) … et tisser progressivement un nouveau rapport à la culture, une vision positionnant sans trop de scrupules le « retailtainment » dans une expérience globale qui superpose et confond acte d’achat et démarche culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malin, non&nbsp;? Mais il y a un hic. Cette privatisation de la culture en marche ne peut que s’accompagner d’une standardisation dictée par la logique marchande. On ne va certainement pas programmé les performances sanglantes d’un Ron Athey en pleine semaine du Blanc, cela ferait tache (sans jeu de mots quoique…). Contrairement aux établissements culturels qui ont une mission éducative et patrimoniale ou aux structures parallèles et underground qui expérimentent, les grands magasins sélectionnent leurs événements selon leur potentiel d’attractivité et de rentabilité. Le risque est donc d’avoir une offre culturelle plus légère, plus « instagrammable », moins exigeante intellectuellement. Les artistes et compagnies qui désireraient être programmés se verraient<strong> </strong>alors contraints d’adapter leurs œuvres aux attentes du marché, limitant la diversité et la radicalité des créations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les événements proposés par les grands magasins, même qualitatifs, restent intrinsèquement liés à une logique commerciale. Peut-on vraiment remplacer une exposition de musée, conçue dans une démarche de transmission, par une expo immersive qui vise avant tout à vendre des produits et une image ? C’est toute la question, que Zola du reste avait posé en d’autres termes, bien plus crus et directs, dans son roman&nbsp;: «On vend ce qu&rsquo;on veut,&nbsp;lorsqu&rsquo;on sait&nbsp;vendre&nbsp;!&nbsp;Notre&nbsp;triomphe&nbsp;est là&nbsp;».</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Emilia Pérez : Audiard signe une oeuvre de lumière et de rédemption</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/emilia-perez-audiard-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 11:55:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Est-il possible de concocter un film qui croise carrière de narcotrafiquant, transition de genre, rédemption quasi mystique et comédie musicale ? Sans se casser la gueule ni sombrer dans le grotesque ? La réponse est oui, et c&#8217;est Jacques Audiard qui signe ce cocktail baptisé du doux nom d&#8217;Emilia Pérez. Un projet risqué sur le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez.jpg" alt="" class="wp-image-37608" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-emilia-perez-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Est-il possible de concocter un film qui croise carrière de narcotrafiquant, transition de genre, rédemption quasi mystique et comédie musicale ? Sans se casser la gueule ni sombrer dans le grotesque ? La réponse est oui, et c&rsquo;est Jacques Audiard qui signe ce cocktail baptisé du doux nom d&rsquo;<em>Emilia Pérez</em>. Un projet risqué sur le papier, mais une franche et heureuse réussite à l&rsquo;écran. Pour tout dire, on touche au sublime.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/lwH9f1jmkBc?si=mzBl5-pvaQer-tPv" title="Emilia Pérez - Bande-annonce officielle HD" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/lwH9f1jmkBc?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/lwH9f1jmkBc?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un maître du drame psychologique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pas un hasard. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Audiard" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jacques Audiard</a> est une valeur sûre. Un grand nom du cinéma français qui rime avec intensité et profondeur. En digne héritier de son père, le célèbre dialoguiste Michel Audiard, le réalisateur possède un sens aigu des mots et des récits percutants. D&rsquo;abord scénariste comme son papa, il bascule dans la réalisation en 1994 avec <em>Regarde les hommes tomber</em>, un polar qui pose les bases de son style : noirceur, humanité et tension palpable. La consécration internationale suit avec <em>Un Prophète</em> (2009), chef-d’œuvre primé à Cannes et nommé aux Oscars, qui l&rsquo;impose comme un maître du drame psychologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Audiard, c’est surtout un aventurier de l’image et du récit. Des blessures intimes de <em>De rouille et d’os</em> (2012) à l&rsquo;Ouest sauvage de <em>Les Frères Sisters</em> (2018), il explore des thèmes universels : rédemption, transformation et quête de soi. Avec <em>Emilia Pérez</em>, il prend un virage audacieux en s’attaquant à la comédie musicale, prouvant qu’il n’a jamais peur de réinventer son art. Toujours là où on ne l’attend pas, avec la ferme intention de transformer ses récits en autant d&rsquo;expériences à la fois viscérales et profondément humaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Changer de vie. Radicalement.</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Emilia Perez</em> donc : multiprimé à Cannes et Toronto, sélectionné pour les Oscars 2025. Ces distinctions témoignent de l&rsquo;impact significatif du film sur la scène cinématographique internationale. Il faut dire que le propos positionne l’œuvre en haut de l&rsquo;affiche en matière de singularité. Imaginez un narcotrafiquant mexicain plus sanguinaire que <a href="https://www.theartchemists.com/?s=escobar">Pablo Escobar</a>. Il fait enlever Rita, une jeune avocate talentueuse qui peine à percer dans ce pays d&rsquo;une misogynie crasse. Pourquoi ? Pour lui confier une mission des plus délicates : il veut changer de sexe. Devenir une femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour vivre sa transition de genre, il doit disparaître. Changer de vie. Radicalement. Laisser derrière lui son cartel, son épouse, ses enfants. Les meurtres, la violence, la survie, l&rsquo;obligation d&#8217;embrasser le crime pour échapper à la misère. Rita va l&rsquo;aider à organiser cette métamorphose de bout en bout : assurer la protection et l&rsquo;avenir économique des siens, orchestrer sa mort, mettre en place sa nouvelle identité, sécuriser sa propre fortune pour l&rsquo;après. Parfait&#8230; sauf qu&rsquo;on ne bazarde pas une vie comme ça, encore moins celle d&rsquo;un baron de la drogue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La lumière autour de soi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Emilia Pérez, un jour, va revenir dans la vie de Rita, devenue une avocate riche et reconnue. Avec une requête spécifique. Amitié, complicité, désir de changer le monde, de faire le bien et la lumière autour de soi : Emilia s&rsquo;impose comme une femme d&rsquo;exception, éperdue d&rsquo;amour et de bonté, mais jusqu&rsquo;où ? Dans une société de mâles où corruption et barbarie dominent, Emilia, Rita et leurs compagnes de lutte réussiront-elles à s&rsquo;imposer ? Le scénario se distingue par sa profondeur, les problématiques qu&rsquo;il soulève : identité de genre, quête de soi, rédemption. Audiard dynamite les clichés, traitant ce sujet pour le moins complexe avec autant de sensibilité que de poésie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mise en scène, audacieuse, intègre des numéros musicaux qui enrichissent la narration sans la détourner. Mieux : chaque chanson pénètre la psyché des protagonistes, apportant un surcroît d&rsquo;émotion, une profondeur dans les sentiments, les ressentis. Le passage où Emilia berce son fils qui identifie son odeur et chante le souvenir de ce père adoré, disparu corps et âme, est proprement bouleversant. La musique, composée par la chanteuse <a href="https://www.instagram.com/camilleofficiel/?hl=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Camille</a> et son compagnon multi-instrumentiste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_Ducol" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Clément Ducol</a>, fait ressortir la rage, la douceur, le chagrin, le bonheur, la frustration des personnages, de même les chorégraphies signées <a href="https://damienjalet.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damien Jalet</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Actrices d&rsquo;exception</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ensemble est servi par un quatuor d&rsquo;actrices d&rsquo;exception. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karla_Sof%C3%ADa_Gasc%C3%B3n" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karla Sofía Gascón</a>, elle-même transgenre, prête ses traits à Manitas puis à Emilia. Son authenticité est touchante, son implication totale, sa vibration palpable. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoe_Salda%C3%B1a" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Zoe Saldaña</a>, dans le rôle de Rita, offre une performance énergique et nuancée. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Selena_Gomez" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Selena Gomez</a> joue Jessi, l&rsquo;épouse d&rsquo;Emilia, avec une intensité dramatique qui complexifie encore ce rôle peu évident. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Adriana_Paz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Adriana Paz</a> est Epifania, l&rsquo;amoureuse d&rsquo;Emilia, simple, sincère, désarmante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attendrissantes toutes, pathétiques jamais. C&rsquo;est la particularité de ce récit de ne jamais tomber dans la condescendance ni la caricature. Ces quatre portraits de femmes marquent les esprits par leur flamboyance, leur naturel, leur dignité. Dans un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mexique">Mexique</a> ensanglanté par les féminicides, les guerres de pouvoir, la mainmise des cartels, ces héroïnes s&rsquo;imposent par la puissance qui émane d&rsquo;elles, leur assurance, leur manière d&#8217;embrasser le destin, de l&rsquo;accaparer, de tracer leur route à leur manière et côte à côte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec beaucoup de grandeur. Des Madones, à n&rsquo;en pas douter. <em>Emilia Perez</em> de bout en bout est un film de femmes, réalisé avec beaucoup de douceur par un metteur en scène habité. La confrontation avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-substance/">The Substance</a></em> de Coralie Fargeat est intéressante : cette dernière, signe aussi un film de femmes qu&rsquo;elle réalise avec une froideur, une hargne toute masculine. Cette lecture croisée démontre que les lignes bougent dans la représentation du genre. Et cela fait beaucoup, beaucoup de bien, de rappeler qu&rsquo;au-delà du sexué, il y a des êtres humains.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color wp-block-paragraph" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Memento mori nouvelle génération : ode à la dark déco !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/memento-mori-deco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Oct 2023 10:48:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le saviez-vous ? Le gothic est à la mode et pas seulement au niveau du dressing. La décoration d’intérieur s’est aussi mise au dark mood, avec comme élément central le crâne et le squelette. On imagine déjà une atmosphère létale dans l’esprit (assez crade et atroce, il faut bien le reconnaître) de Massacre à la tronçonneuse. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori.jpg" alt="différents memento mori nouvelle génération" class="wp-image-36556" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-memento-mori-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le saviez-vous ? Le gothic est à la mode et pas seulement au niveau du dressing. La décoration d’intérieur s’est aussi mise au dark mood, avec comme élément central le crâne et le squelette. On imagine déjà une atmosphère létale dans l’esprit (assez crade et atroce, il faut bien le reconnaître) de <em>Massacre à la tronçonneuse</em>. C’est oublier que Saint-Jérôme et Marie-Madeleine s’extasiaient crâne à la main, Hamlet philosophait en tripotant les restes de Ioric, le bouffon de son père. Quant aux alchimistes et autres rosicruciens, pas de cérémonie sans ossements. Bref, le crâne peut s’avérer un élément de déco sacrément classe, voire un ornement de luxe. La preuve avec ces créateurs devenus experts en memento mori nouvelle génération.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth.jpg" alt="" class="wp-image-36559" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-blackened-teeth-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Blackened teeth</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« Emebellishing the macabre » : <a href="https://www.instagram.com/theblackenedteeth/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Blackened Teeth</a> Ltd® annonce la couleur dès sa présentation Insta. Il s’agit de déco macabre et fière de l’être, avec à la clé une certaine conception du luminaire d’intérieur, version lampe squelette. Dorées ou ébènes, des cages thoraciques, des colonnes vertébrales servent d’appoint à des abat-jour en velours sombre ornés de pompons. Les memento mori recèlent des cache-pot aux allures de nature morte, les fémurs servent de bougeoirs, encadrent des gravures, des miroirs, des phalanges accueillent bagues et bijoux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeux d’ombres et de lumières, reflets de la matière moirée, blancheur marmoréenne de la matière osseuse, l’esthétique de The Blackened Death est racée sans ostentation. Il y a quelque chose du dandysme à la Baudelaire, à la E.A. Poe dans ces objets épurés qui se suffisent à eux-mêmes. Une invitation à la méditation, une relecture du carpe diem cher aux Anciens, une petite touche de raffinement macabre pour transformer votre salon en cabinet de curiosités.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls.jpg" alt="" class="wp-image-36560" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-queen-of-skulls-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">The Queen of skulls</h2>



<p class="wp-block-paragraph">« Embrassing beauty in darkness » : tout un programme esthétique que <a href="https://www.instagram.com/queenofskulls/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Queen of skulls</a> (la reine des crânes, Skye All dans le civil) déroule avec une maestria évidente. Cette sorcière autoproclamée donne à la fois dans le cabinet de curiosités et le monstre de foire. Sous d’élégantes bulles de verre serties de cadres majestueux, elle enferme les restes momifiés de créatures fantastiques, méduses, sirènes et autres démoniaques entités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cornes, crocs, queues de serpent, ailes de chauve-souris, Skye All façonne les squelettes de ces êtres fabuleux tout droit sortis des légendes et des contes. Comme si d’un seul coup, nos pires angoisses prenaient forme, piégées tels des papillons sous l’épingle d’un entomologiste. Et nous de rêver en contemplant ces ossements sagement disposés sur le velours noir : comment la belle a-t-elle attrapé ces chimères ? Comment les a-t-elle domptées, asservies, disséqués ? S’agit-il de trophées ou de mémoriaux ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem.jpg" alt="" class="wp-image-36561" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-mayhem-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Mayhem Made</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.instagram.com/mayhem_made/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mayhem Made</a> prolonge l’univers de The Queen of skulls en l’interprétant de manière plus synthétique… et plus jardinier ? Ici, les crânes de démons et de vampires servent clairement à suspendre plantes grasses et végétaux. Noir, or, cuivre, feu, turquoise, fushia, turquoise, monochrome ou bichrome, chaque création a un effet moiré particulièrement hypnotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À accrocher sur un mur, à positionner sur une étagère, la chose ravira les aficionados de surnaturel, de fantastique, de films d’horreur. On peut miser sur une seule œuvre ou abattre la carte du groupe, on appréciera toujours l’effet chromé, très moderne, très soigné. Ou quand le memento mori devient design ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca.jpg" alt="" class="wp-image-36562" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/10/the-artchemists-muerta-loca-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Muerte Loca</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Passons de l’anglais à l’espagnol pour embrasser une autre tradition&nbsp;: la représentation de la mort au Mexique. «&nbsp;Crâneur et globe-trotter&nbsp;», Muerte Loca s’inspire du Dia de los muertos cher aux cultures sud-américaines pour créer un univers coloré où le squelette reprend les traits de la Catrina, la célèbre Cavalera garbancera, et des cavaleras en sucre dont se régalent les enfants le 2 novembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cadres ouvragés, cloches de verre, les crânes multicolores de Muerta Loca vont aussi se placer sur des canettes de bières vides à moins qu’ils ne se retrouvent accrochés sur un sapin de Noël ou posés sur un meuble comme bougies d’intérieur. Il y en a pour tous les goûts, toutes les fantaisies. Chromothérapie assurée, avec en prime un parfum d’ailleurs, une poésie funèbre qui chante la vie.</p>
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		<title>Missing de Costa-Gavras : une leçon dure mais nécessaire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-missing-costa-gavras/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Apr 2023 16:19:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au cœur de la très conséquente, qualitative et engagée filmographie de Costa-Gavras, on trouve l&#8217;éprouvant Missing daté de 1982. Impossible d&#8217;aborder le régime de Pinochet ni plus généralement l&#8217;horreur de la dictature militaire dans son ensemble sans visionner ce chef-d&#8217;œuvre, et cela pour différentes raisons. Coup d&#8217;État et piège kafkaïen Très engagé dans la défense [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/missing-e1490958638884.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/03/missing-e1490958638884.jpg" alt="" class="wp-image-28611"/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de la très conséquente, qualitative et engagée<span style="color: #000000;"> filmographie de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=costa+gavras" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Costa-Gavras</a>, on trouve l&rsquo;éprouvant <i>Missing </i>daté de 1982. Impossible d&rsquo;aborder le régime de Pinochet ni plus généralement l&rsquo;horreur de la dictature militaire dans son ensemble sans visionner ce chef-d&rsquo;œuvre, et cela pour différentes raisons.</span></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/c793rRE-flI" title="[Bande-annonce HD] MISSING de Costa-Gavras • Ressortie cinéma le 26.10.16" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/c793rRE-flI?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/c793rRE-flI?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Coup d&rsquo;État et <span style="color: #000000;">piège kafkaïen</span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Très engagé dans la défense des droits de l&rsquo;homme et la lutte contre le fascisme et l&rsquo;intolérance, Costa-Gavras possède un don certain pour sélectionner des sujets borderline qu&rsquo;il traite avec une rigueur et une énergie sans pareil. S&rsquo;appuyant sur le livre de Thomas Hauser <i>The execution of Charles Horman – An american sacrifice,</i> le réalisateur raconte comment, au lendemain du putch qui renverse Allende, un jeune Américain, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Horman" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charles Horman</a></span>,<span style="color: #000000;"> installé à Santiago du Chili, disparaît mystérieusement. Son épouse et son père vont le chercher partout, au sein d&rsquo;une capitale devenue folle, livrée aux rafles des militaires.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Couvre-feu, dénonciations, arrestations arbitraires, tortures, exécutions sommaires, Costa-Gavras ne nous épargne rien de ce chaos, banalisant la présence obsédante des coups de feu, des crissements de pneu, des convois, des ordres des policiers, des hurlements des personnes pourchassées, abattues dans le caniveau… l&rsquo;horreur, absolue, le stress permanent, la brutalité du coup d&rsquo;État, sa facilité…, l&rsquo;impression d&rsquo;être dans un piège kafkaïen dont personne ne peut échapper pas même ceux qui ont momentanément trouvé refuge dans les ambassades qui ont bien voulu les protéger, les hôtels et les consulats où ils possèdent des attaches.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Empêcher l&rsquo;émergence d&rsquo;un nouveau Cuba</span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Au cœur de ce néant de violence ultime, Beth incarnée par une Sissy Spacek beaucoup plus dure et véhémente que sa fragile silhouette ne le laisse paraître, et son beau-père Ed, Jack Lemmon parfait dans ce stéréotype de l&rsquo;Américain aisé, sûr de ses droits et de Dieu, fouillent les recoins de la ville, harcèlent les représentants américains, politiques et associations, pour demander qu&rsquo;on cherche le disparu. Sans effet. On les rassure, on les promène, on leur ment… Petit à petit, Beth et Ed comprennent ce qui se joue en secret dans les couloirs et les bureaux : une prise de pouvoir fasciste épaulée par la CIA pour préserver les intérêts économiques des USA et empêcher l&rsquo;émergence d&rsquo;un nouveau Cuba.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Une fiction ? Non, la triste réalité, simplement. Nous sommes en 1973, le coup d’État a bien eu lieu, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=pinochet" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pinochet</a> tiendra le pays d&rsquo;une main de fer pendant des années, couvrant le massacre effroyable des opposants et plus généralement de tous ceux qui constituent une forme d&rsquo;émancipation, l&rsquo;usage de la barbarie la plus totale, les escadrons de la mort. Stades envahis de cadavres, morgues saturées de corps, Costa-Gavras, par les yeux de ses personnages, par les flashbacks opérés sur le parcours de Charles, accumule les signes, les preuves, laissant à penser que le jeune auteur a été éliminé car il en savait trop sur les complicités des Américains.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;">Quand la bestialité humaine est déchaînée</span>…</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Cela lui vaudra des poursuites de la part de certains pontes, la censure totale au Chili…, et une Palme d&rsquo;Or. Tourné secrètement au Mexique, le film est un exemple scénaristique quant à la rigueur, à la création d&rsquo;une tension, à la construction de la réflexion. L&rsquo;image est extrêmement efficace, nous sommes à la fois dans un thriller et un documentaire, la musique, signée Vangelis, accroît ce sentiment d&rsquo;étouffement, de tragédie en marche. L&rsquo;ensemble opère une restitution particulièrement poignante de la folie à l’œuvre, quand la bestialité humaine est déchaînée. Exemple parfait, cette séquence où Beth, coincée par le couvre-feu, se cache dans une entrée d&rsquo;immeuble et assiste effarée à la poursuite par une jeep de militaires d&rsquo;un cheval blanc incarnant la liberté.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Âmes sensibles s&rsquo;abstenir ? Il ne vaudrait mieux pas. Le récit de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=costa+gavras" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Costa-Gavras</a> participe à la fois de la transmission de l&rsquo;Histoire moderne, telle qu&rsquo;on ne la traite pas dans les manuels scolaires où elle ferait tache, d&rsquo;un regard sans pitié ni concession sur la politique internationale américaine dans ce qu&rsquo;elle a de plus hypocrite et malsain, et d&rsquo;une réflexion plus générale sur ce que l&rsquo;homme est capable de faire subir à son prochain au nom de l&rsquo;intolérance et du profit. La leçon est dure, presque insoutenable, mais elle est nécessaire.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">PS : Précisons qu&rsquo;à ce jour, Mme Horman continue inlassablement d&rsquo;enquêter pour savoir ce qui est arrivé à son époux. Les tests effectués sur le corps qui lui a été envoyé par les autorités chiliennes ne correspondent finalement pas à l&rsquo;ADN de Charles.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Manhattan : histoire chaotique d’un gadget nucléaire</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-manhattan-bombe-atomique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jun 2022 10:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>The Heavy Water War nous avait entraînés dans la lutte des Alliés contre le programme nucléaire nazi. Avec la série télévisée Manhattan, ce sont les dessous de la bombe atomique que nous explorons, dans le sillage de l’impressionnante équipe scientifique rassemblée en secret par l’armée américaine au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Nous sommes en [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/manhattan-e1477936780966.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-27814" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2016/10/manhattan-494x494.jpg" alt="manhattan" width="494" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="https://www.theartchemists.com/the-heavy-water-war-hitler-avait-bombe-a/"><i>The Heavy Water War</i></a> nous avait entraînés dans la lutte des Alliés contre le programme nucléaire nazi. Avec la série télévisée <i>Manhattan</i>, ce sont les dessous de la bombe atomique que nous explorons, dans le sillage de l’impressionnante équipe scientifique rassemblée en secret par l’armée américaine au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Nous sommes en 1943 et l’intrigue forgée par Sam Shaw va suivre pas à pas le travail de ces physiciens hors pairs… et les déboires qu’ils ont à surmonter.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/VotpgP-Pyjs" title="MANHATTAN: Teaser Trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/VotpgP-Pyjs?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/VotpgP-Pyjs?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Liberté de penser vs secret militaire</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ils sont nombreux : omerta absolue sur les travaux à accomplir, fouilles constantes, censure en tous genres, surveillance accrue des communications, l’état-major fait tout et plus encore pour maintenir le mystère. Au sein des familles mêmes, les épouses et les enfants ignorent tout de ce que font ces messieurs, répartis en plusieurs équipes qui se jalousent férocement. C’est qu’à ce stade du projet, on ignore tout ou presque du nucléaire, et il faut se montrer à la fois précis, inventif, débrouillard et visionnaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pas évident, d’autant plus que la bureaucratie s’accommode mal de la liberté de penser de ces créatifs débridés, partagés entre la passion du challenge et la prise de conscience que leur œuvre pourrait signer la fin du monde. Chercheurs avançant à l’aveugle, surveillance de l’armée, familles livrées à elles-mêmes, moyens réduits, les coups de pression ne manquent pas dans cet univers larvé où tout le monde espionne tout le monde. Et pas que les nazis.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/" class="wp-embedded-content" data-secret="v5Ns0zMF1n"><p><a href="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/">Hiroshima, la véritable histoire : un documentaire pour comprendre</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hiroshima, la véritable histoire : un documentaire pour comprendre » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/hiroshima-veritable-histoire-documentaire/embed/#?secret=c2PKv0SOPA#?secret=v5Ns0zMF1n" data-secret="v5Ns0zMF1n" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;">Une course frénétique</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le géant russe de même que les Anglais sont très intéressés par ce « gadget » qu’il conviendra de détenir si l’on veut peser lourd dans le monde à venir. C’est la logique de Guerre Froide qui se dessine lentement, mais sûrement dans les laboratoires de La Colline, entre amourettes sans lendemain, passions homosexuelles, rumeurs et jeux de pouvoir. La délation va bon train et les Américains n’hésitent pas à questionner rudement ceux qui désobéissent, quand ils ne les internent pas carrément dans des camps. Ou s’en débarrassent définitivement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si les personnages façonnés par Shaw sont pour la plupart fictifs (excepté Oppenheimer, leader du projet Manhattan qu’on voit apparaître tout au long des deux saisons), ils n’en demeurent pas moins crédibles et attachants, par leurs doutes, leurs convictions, leur engagement, leurs faiblesses comme leurs forces. Et leur passion devient communicative tandis qu’ils cravachent pour résoudre cette énigme physique de l’atome, qui focalise leurs envies, leurs espoirs. Leur errance aussi tandis qu’ils se font dévorer petit à petit par cette démesure. C’est une course poursuite frénétique que nous suivons donc, où l’espionnage et l’ambition s’invitent régulièrement pour redistribuer les cartes de destins bien fragiles.</span></p>
<blockquote hcb-fetch-image-from="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/" class="wp-embedded-content" data-secret="Kmxqty6Wse"><p><a href="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/">Chernobyl : massive murder nucléaire</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chernobyl : massive murder nucléaire » — The ARTchemists" src="https://www.theartchemists.com/chernobyl-massive-murder-nucleaire/embed/#?secret=03QyLcp7Bh#?secret=Kmxqty6Wse" data-secret="Kmxqty6Wse" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Beaucoup de questions émergent en lien avec la problématique éthique : comment rester juste et droit quand on affronte un ennemi pareil, sans foi ni loi ? Le peut-on ? Le doit-on ? Comment résister ? Comment agir sans détruire ? Que faire quand on pressent que cette arme épouvantable risque d’entraîner la domination absolue de celui qui la possède sur le reste de l’univers ? La responsabilité des scientifiques est bien sûr engagée, mais comment se montrer juste à l’égal d’un Dieu quand on n’est qu’un homme, aussi génial soit-on ? C’est l’apanage de Manhattan que de souligner ce débat cornélien, en le situant dans son contexte d’origine mais sans l’y enfermer. De quoi donner à réfléchir aux éventuels initiateurs de la bombe de demain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la série <em>Manhattan</em> en <a href="https://action.metaffiliation.com/trk.php?mclic=P4F53153F9D1155" target="_blank" rel="noopener">VoD</a>.</span></p>
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