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	<title>jean-luc lagarce</title>
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		<title>Le Molière imaginaire : les deux dernières heures de J.B. Poquelin, comme un cri d&#8217;amour</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-moliere-imaginaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jun 2024 17:10:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n&#8217;est pas la première fois que nous croisons Olivier Py dans nos colonnes, loin de là. Directeur avisé et visionnaire du festival d&#8217;Avignon 20 années durant, cet auteur/acteur/metteur en scène engagé ne compte plus les spectacles à succès ni les polémiques. Ardent défenseur du théâtre, c&#8217;est une véritable déclaration d&#8217;amour à l&#8217;art dramatique qu&#8217;il signe avec Le Molière imaginaire. Et un ovni filmique d&#8217;une puissance rare. Une course contre-la-montre...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire.jpg" alt="" class="wp-image-37136" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/06/the-artchemists-le-moliere-imaginaire-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Ce n&rsquo;est pas la première fois que nous croisons <a href="https://www.theartchemists.com/?s=olivier+py">Olivier Py</a> dans nos colonnes, loin de là. Directeur avisé et visionnaire du festival d&rsquo;Avignon 20 années durant, cet auteur/acteur/metteur en scène engagé ne compte plus les spectacles à succès ni les polémiques. Ardent défenseur du théâtre, c&rsquo;est une véritable déclaration d&rsquo;amour à l&rsquo;art dramatique qu&rsquo;il signe avec <em>Le Molière imaginaire</em>. Et un ovni filmique d&rsquo;une puissance rare.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="LE MOLIÈRE IMAGINAIRE un film de Olivier Py | BANDE-ANNONCE OFFICIELLE" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/KWvHOAi1fVk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une course contre-la-montre</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Théâtre du Palais Royal</p>



<p>17 février 1673</p>



<p>La Troupe du roi se prépare</p>



<p>pour le dernier acte du Malade Imaginaire.</p>



<p>Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière,</p>



<p>n&rsquo;a plus que deux heures à vivre.</p>
</blockquote>



<p>Inscrit en lettres blanches sur fond noir, le pitch du <em>Molière imaginaire</em>, d&rsquo;une rare simplicité, assomme le spectateur dès les premières secondes du film. C&rsquo;est à une course contre-la-montre que nous allons assister : les derniers moments de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=moli%C3%A8re">Molière</a>, vécus en direct live ou presque sur scène, en dessous, au-dessus, tout autour, tandis que J.B. Poquelin se perd dans ce labyrinthe où l&rsquo;attendent ses fantômes. Celui de Madeleine, la femme aimée puis abandonnée au profit de sa fille Armande ; celui d&rsquo;un père hargneux et critique ; celui d&rsquo;un enfant mort trop tôt&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Place au théâtre</h2>



<p>Et puis il y a l&rsquo;ombre des personnages de Molière, petits marquis aux allures de clowns, Précieuses au visage de sorcières ou de Parques. Fardés de blanc comme autant de cadavres animés, ils évoquent les poupées blafardes de Kantor. Molière, agonisant qui s&rsquo;ignore tandis qu&rsquo;il crache le sang, vole de l&rsquo;un à l&rsquo;autre, courant après la vie qui s&rsquo;enfuit. Regrets, remords, fierté, il se remémore ses amours, ses victoires, ses échecs, ce Roi qu&rsquo;il sert avec fidélité et qui l&rsquo;abandonne. Quant à sa troupe, face à l&rsquo;inéluctable, elle envisage déjà la suite, priant pour que son directeur tienne jusqu&rsquo;au rappel, quitte à le porter sous les acclamations d&rsquo;un public qui ignore tout de la tragédie à l&rsquo;œuvre.</p>



<p>Fiévreuse et impudique, la caméra colle aux basques de ce malade pas si imaginaire qui traverse de part en part un théâtre exigu comme une chapelle, éclairé de mille bougies tel un tombeau. Il n&rsquo;y a que sur scène que la vie demeure, à peine. La quitter, c&rsquo;est crever à coup sûr, et tant pis pour le salut de son âme : place au théâtre ! Un cri d&rsquo;amour lancé par Olivier Py et ses interprètes qui évoquent les mystères moliéresques comme un miroir concentrant toutes les beautés de l&rsquo;art dramatique. Les beautés, les exigences et les désillusions.</p>



<div class="wp-block-group" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/biographie-moliere-george-forestier/">Molière : George Forestier dépoussière la vie du « peintre »</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-moliere-pour-rire-et-pour-pleurer/">Série « Molière pour rire et pour pleurer » : la légende de J.B. Poquelin en 6 étapes cruciales</a></li>
</ul>
</div></div>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le théâtre triomphera toujours !</h2>



<p>La mise en scène, frénétique, accroît le sentiment d&rsquo;urgence d&rsquo;un démiurge acculé aux dernières minutes qui lui restent à vivre. Ionesco et Beckett ne sont pas loin, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=shakespeare">Shakespeare</a> non plus, Ariane Mnouchkine aussi, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean-luc+lagarce">Jean-Luc Lagarce</a> également qui, rongé par le SIDA, a dirigé un Olivier Py débutant dans son ultime spectacle : <em><a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">Le Malade imaginaire</a></em> déjà. Une expérience marquante dont le souvenir ressort à chaque plan de cette sarabande macabre, éblouissante de subtilité, de justesse, de profondeur. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=laurent+lafitte">Laurent Lafitte</a> campe un Molière démentiel, exultant jusqu&rsquo;au dernier souffle, s&rsquo;accrochant à son art comme à une bouée dans la tourmente du trépas qui s&rsquo;annonce. Autour de lui, Jeanne Balibar, Bertrand de Roffignac, Catherine Lachens, Stacy Martin, Dominique Frot, Judith Magre, Jean-Damien Barbin, d&rsquo;autres encore, talentueux, inspirés, recueillis.</p>



<p>Une troupe véritablement, un ensemble qui fait corps devant l&rsquo;imminence de la catastrophe. Une catastrophe devenue miracle : J.B.Poquelin meurt, Molière demeure, éternel. Le message est clair : le théâtre triomphera toujours, porté de génération d&rsquo;acteurs en génération d&rsquo;acteurs, un tribut, un héritage, une filiation. Une responsabilité. L&rsquo;homme de théâtre apparaît ici comme une vigie, ce chien noir aboyant au bord d&rsquo;une tombe perdue, veilleur de nuit, gardien des consciences, symbole de fidélité, de sagesse&#8230; et de philosophie. Molière cynique ? Bien sûr, et son esprit, toujours palpitant, demeure de même, mordant, et prompt à attaquer la bêtise et l&rsquo;obscur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>« Juste la fin du monde » : ultime confession pour Jean-Luc Lagarce ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-juste-fin-monde-lagarce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jun 2024 14:33:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oyez, oyez, passionnés de théâtre et étudiants en mal de révisions ! Aujourd&#8217;hui, The ARTchemists vous embarquent au cœur de Juste la fin du monde. Entre crise personnelle et familiale, cette tragédie moderne signée Jean-Luc Lagarce explore les recoins les plus sombres et les plus lumineux de l&#8217;âme humaine. Magistrale, cette pièce mérite 1000 fois d&#8217;être explorée par le menu tant elle secoue et le cerveau et les tripes. Louis...</p>
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<p>Oyez, oyez, passionnés de théâtre et étudiants en mal de révisions ! Aujourd&rsquo;hui, The ARTchemists vous embarquent au cœur de <em>Juste la fin du monde</em>. Entre crise personnelle et familiale, cette <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trag%C3%A9die">tragédie</a> moderne signée <a href="https://www.theartchemists.com/?s=jean-luc+lagarce">Jean-Luc Lagarce</a> explore les recoins les plus sombres et les plus lumineux de l&rsquo;âme humaine. Magistrale, cette pièce mérite 1000 fois d&rsquo;être explorée par le menu tant elle secoue et le cerveau et les tripes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Théâtre à la table : Juste la fin du monde, de Jean-Luc Lagarce (spectacle entier)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/EX4MzDYeBeQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Louis ou Jean-Luc ?</h2>



<p>Écrite en 1990, <em>Juste la fin du monde</em> raconte l&rsquo;histoire de Louis, un écrivain d&rsquo;une trentaine d&rsquo;années, qui revient dans sa famille après une longue absence. Un retour au bercail pour annoncer sa mort prochaine ; Louis est rongé par un mal aussi mystérieux que fatal. Sur une seule journée (la fameuse unité de temps chère aux dramaturges classiques), Louis retrouve sa mère, sa sœur Suzanne, son frère Antoine et la femme de ce dernier, Catherine. Un grand élan du cœur ? Non. Cette réunion familiale sera teintée de non-dits, de malentendus et de tensions. Louis repartira sans avoir révélé son secret.</p>



<p>Louis, qui pourrait être Jean-Luc. Lagarce, né en 1957, formé à l&rsquo;école de théâtre de Besançon, fondateur de la compagnie Théâtre de la Roulotte, adepte du théâtre de l&rsquo;absurde, l&rsquo;un des dramaturges les plus joués en France, découvre sa séropositivité dans les années 80. À cette époque, le SIDA fait des ravages, la maladie emporte ceux qu&rsquo;elle atteint en quelques mois. C&rsquo;est le point de départ de <em>Juste la fin du monde</em>. Marquée par une écriture poétique et incisive, la pièce traite des thèmes de l&rsquo;absence, du retour et des relations humaines, sous le prisme d&rsquo;un mal qui ronge l&rsquo;âme autant que le corps.</p>



<h2 class="wp-block-heading">État de crises multiples</h2>



<p>Le retour de Louis après des années de silence ou presque enclenche une série de règlements de compte qui a tout de l&rsquo;exploration de la crise familiale, écho de la crise interne de chaque protagoniste. Louis, en revenant au sein de sa famille, affronte l&rsquo;amour de ses proches autant que leurs rancœurs. Face à lui :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La Mère, sans prénom, caractérisée juste par son rôle de mère, et qui oscille entre l&rsquo;amour inconditionnel pour ce fils qui, en aîné, porte le nom de tous les aînés de la famille, y compris son propre père, et l&rsquo;amertume consécutive à son absence (sa fuite ?).</li>



<li>Suzanne, la sœur cadette, profondément marquée par le départ de cet aîné qu&rsquo;elle adule sans vraiment le connaître, et qui cherche à tout prix à renouer le dialogue malgré le fossé qui les sépare.</li>



<li>Antoine, le frère rongé par la colère et le ressentiment, figure de l&rsquo;homme aigri par les responsabilités qui lui incombent depuis le départ de Louis.</li>



<li>Catherine, la belle-sœur, la pièce rapportée, l&rsquo;épouse qui observe, tente de comprendre et tempérer les dynamiques conflictuelles de cette famille.</li>
</ul>



<p>Le père ? Il a disparu, on ne sait où, parti, mort. Rien ne le précise, mais lui aussi manque, et on sent que Louis aurait dû le remplacer, qu&rsquo;il aurait dû endosser son fardeau de chef de famille. Mais Louis a visiblement préféré l&rsquo;éloignement, l&rsquo;émancipation et la liberté, loin de ce cocon écrasant et castrateur. De la fratrie, il est le seul à s&rsquo;être accompli.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Juste la fin du monde - Xavier Dolan (Bande-Annonce Officielle) VF HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/wbwkPf0cHHw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un sentiment de non-accomplissement</h2>



<p>Le ressentiment est latent, qui se traduit par des dialogues entrecroisés, où chacun tente de s&rsquo;exprimer sans vraiment être entendu, créant une atmosphère de communication rompue et de solitude partagée. <em>Juste la fin du monde</em> explore la difficulté de dire, de se dire, la douleur de retrouvailles qui ravivent les blessures du passé plutôt que de les cautériser. Les personnages de la pièce, profondément humains, reflètent à leur manière la complexité de la communication entre individus, emprisonnés qu&rsquo;ils sont dans leurs monologues intérieurs et leurs incompréhensions.</p>



<p>On ne peut s&#8217;empêcher de s&rsquo;interroger sur leurs réactions à tous quand ils apprendront la mort de Louis. Le soulagement pour certains ? La culpabilité pour d&rsquo;autres ? l&rsquo;incompréhension pour tous ? Ou bien rien que le chagrin progressivement fondu dans la routine et l&rsquo;égocentrisme ? Tragédie moderne s&rsquo;il en est, la pièce de Lagarce ne propose aucun dénouement clair, aucune catharsis limpide. Sentiment de non-accomplissement, de vide, de passivité volontaire accentué par la récurrence de dialogues feints où les tirades résonnent comme des ruminations intérieures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">My own private catharsis</h2>



<p>La temporalité de la pièce contribue à cette tragédie de la passivité. Si l&rsquo;action se déroule en une seule journée, le temps semble s&rsquo;étirer à l&rsquo;infini, chaque instant étant chargé de conflits non résolus, de silences pesants. Adieu le climax inévitable des tragédies grecques ou raciniennes : ici, l&rsquo;absence de progression renforce le sentiment de stagnation. Les personnages sont comme paralysés par des émotions trop fortes pour être exprimables/acceptables. Incapables de changer ou de faire avancer les choses, ils demeurent figés.</p>



<p>Chaque spectateur, témoin impuissant de cet affrontement qui ne dit pas son nom, repartira avec son expérience, ses ressentis. Peut-être s&rsquo;est-il reconnu dans ce long silence ? My own private catharsis, pourrait-on dire, singeant le titre du film de Gus Van Sant. La pièce se termine sur un néant familial et personnel : Louis retrouvant sa solitude, avançant sur le chemin qu&rsquo;il a choisi de tracer, assumant seul, en des mots qui enfin cessent de se répéter pour disparaître dans la nuit. Un reflet lucide et pertinent, poétique et mélancolique de la complexité et de la douleur des relations humaines.</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>La Cantatrice Chauve : chef d’œuvre de l&#8217;absurdité et petit bolide dramaturgique !!!</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/la-cantatrice-chauve-chef-doeuvre-de-labsurdite-et-petit-bolide-dramaturgique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Oct 2021 07:21:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand elle est jouée pour la première fois en 1950, la première pièce de Ionesco &#8211; et la plus dingue &#8211; fait scandale au point d&#8217;être retirée de l&#8217;affiche. C&#8217;est que la très traditionnelle société française des années 50 n&#8217;aime guère le reflet peu glorieux que lui renvoient les répliques désynchronisées de La Cantatrice chauve. Le théâtre de l&#8217;absurde n&#8217;est pas tendre avec les rigidités codifiées qui régissent les rapports...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/la-cantatrice-chauve-chef-doeuvre-de-labsurdite-et-petit-bolide-dramaturgique/">La Cantatrice Chauve : chef d’œuvre de l&rsquo;absurdité et petit bolide dramaturgique !!!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/07/f-10d-4af2d8b65efab.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-22945" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2015/07/f-10d-4af2d8b65efab-494x330.jpg" alt="f-10d-4af2d8b65efab" width="494" height="330" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Quand elle est jouée pour la première fois en 1950, la première pièce de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=ionesco&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Ionesco</a> &#8211; et la plus dingue &#8211; fait scandale au point d&rsquo;être retirée de l&rsquo;affiche. C&rsquo;est que la très traditionnelle société française des années 50 n&rsquo;aime guère le reflet peu glorieux que lui renvoient les répliques désynchronisées de <em>La Cantatrice chauve</em>. Le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=th%C3%A9%C3%A2tre+de+l%27absurde&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">théâtre de l&rsquo;absurde</a> n&rsquo;est pas tendre avec les rigidités codifiées qui régissent les rapports humains ; il se fait même un devoir d&rsquo;en dynamiter les fondations avec une jouissance palpable.</span></p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span> <strong><a href="https://www.theartchemists.com/theatre-kadoc-entreprise/" rel="bookmark">Kadoc : bienvenue chez Krum, entreprise au bord de la crise de nerfs ?</a></strong></p>
<h2><span style="color: #000000;"><strong>Un dialogue sans queue ni tête ni nageoires</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Si <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Jean+gen%C3%AAt&amp;x=0&amp;y=0" target="_blank" rel="noopener">Genêt</a> s&rsquo;adonne à cet exercice avec un sens prononcé de la poésie, du sensuel et de la perversité, Ionesco préfère quant à lui provoquer par le burlesque le plus total. S&rsquo;inspirant des phrases utilisées dans les méthodes d&rsquo;enseignement de l&rsquo;anglais, il déroule un dialogue sans queue ni tête ni nageoires, ni tentacules, ni écailles, un serpent de mer verbal où les Smith et les Martin, bourgeois aussi ineptes que propres sur eux, se renvoient les mêmes réponses stéréotypées, sans jamais rien se dire au final, sinon qu&rsquo;ils sont vides, creux, sans intérêt et parfaitement grotesques.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Réjouissante à la base, la pièce devient sauvagement jouissive à la lecture d&rsquo;un Jean-Luc Lagarce rompu aux exercices de l&rsquo;écriture dramaturgique et de la mise en scène. En homme de théâtre accompli et un brin taquin, le regretté auteur de <i>Music-hall</i>, <i>Juste la fin du monde</i> ou <i>Hollywood</i> pour ne citer qu&rsquo;une infime partie de son palmarès, s&#8217;empare du chef-d’œuvre de Ionesco et en prolonge la démence dans une version particulièrement abracadabrante, dont il n&rsquo;hésite pas à perturber la fin en effaçant les limites entre plateau et public.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><iframe loading="lazy" src="https://www.youtube.com/embed/akFgGaGGXhw" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<h2><strong><span style="color: #000000;">Comme si la bande son des <i>Feux de l&rsquo;amour</i> déraillait soudain</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sur scène, une façade de maison de poupée, un gazon synthétique d&rsquo;un vert aveuglant, une Madame Smith et une Madame Martin de fuchsia vêtues, coiffées de bibis ridicules autant que leurs tailleurs simili Chanel, à leur bras leurs maris respectifs en costume gris, chemise jaune et cravate orange. Mal assortis, coincés, pompeux et caricaturaux, les personnages vont progressivement s&rsquo;affronter tandis que leur discours se décompose en un long cri inarticulé. En arrière-plan, Mary la bonne et le capitaine des pompiers observent d&rsquo;un œil affûté cette farce, et la dénoncent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Lagarce choisit de souligner l&rsquo;hypocrisie à l’œuvre, dans une ambiance de série télé à l&rsquo;eau de rose, comme si la bande son des <i>Feux de l&rsquo;amour</i> déraillait soudain pour devenir une partie de Cluedo sous acide. Le verbe se déconnecte du sens, tandis que les acteurs se désarticulent comme des automates fous. Asile psychiatrique ou garderie pour enfants hyperactifs ? Ce qui est sûr, c&rsquo;est que Lagarce prolonge la pièce, y ajoute une conclusion désopilante sur les possibles chutes à apporter à cette non intrigue, quitte à faire fusiller le public par des flics tandis qu&rsquo;auteur, commissaire de police et directeur du théâtre se féliciteraient de cette judicieuse modernité !</span></p>
<p><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span>  <strong><a href="https://www.theartchemists.com/spectacle-bouvard-et-pecuchet-flaubert/" rel="bookmark">Bouvard et Pécuchet : Sisyphes burlesques et campagne hostile</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dehors le public, indigne du vrai théâtre qui doit se jouer à vide ! La mise en scène, datée des années 90 a tellement marqué les esprits qu&rsquo;elle fut reprise quinze ans plus tard avec une brochette d&rsquo;acteurs tout simplement géniaux et une cascade de rires qui prouve combien Ionesco était en avance sur son temps. Alors « anti-pièce » comme l&rsquo;indiquait le sous-titre de l’œuvre, <i>La Cantatrice chauve</i> est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;archétype de ce que l&rsquo;absurde peut produire de meilleur et de plus juste. La mise en scène de Lagarce en exprime l&rsquo;essence pour la doper et faire de ce classique un petit bolide dramaturgique. À ne louper sous aucun prétexte.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez visionner la mise en scène de <em>La Cantatrice chauve</em> de Ionesco par Jean-Luc Lagarce en VoD sur <a href="https://videos.opsistv.com/content/d8990b7c-1544-4477-9dd2-770454448015/56bf448f-b187-4364-b5cb-bd1a40083124" target="_blank" rel="noopener">OpsisTV</a>.</span></p>
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