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	<title>histoire</title>
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	<description>Bienvenue en zone culturelle libre</description>
	<lastBuildDate>Fri, 02 Oct 2026 07:10:56 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Exposition « Auguste Bartholdi – La liberté éclairant le monde » : l’incroyable genèse d’un mythe universel</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/expo-musee-orsay-statue-liberte-bartholdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2026 07:10:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dressée face à la baie de Manhattan, la Statue de la Liberté incarne depuis plus d’un siècle l’espoir, l’émancipation et la démocratie. Ce mythe universel revient en boucle dans livres, photographies, films, séries, œuvres d’art … C&#8217;est oublier un peu vite les doutes, les défis techniques vertigineux, les décennies de labeur nécessaires pour élever cette [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dressée face à la baie de Manhattan, la Statue de la Liberté incarne depuis plus d’un siècle l’espoir, l’émancipation et la démocratie. Ce mythe universel revient en boucle dans livres, photographies, films, séries, œuvres d’art … C&rsquo;est oublier un peu vite les doutes, les défis techniques vertigineux, les décennies de labeur nécessaires pour élever cette géante de cuivre dans le ciel new-yorkais. Organisée par le musée d’Orsay en partenariat avec le <a href="https://www.musee-bartholdi.fr/">musée Bartholdi</a> de Colmar, l’exposition <em>Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde</em> lève le voile sur les coulisses de cette aventure artistique et industrielle hors norme, expliquant ainsi comment un rêve d’artiste a accouché d’un symbole du monde moderne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/3PCO4Biszxo?si=np6_EMw5acaaQtPH" title="EXPOSITION AUGUSTE BARTHOLDI - Bande-annonce - FR/EN | Musée d&amp;apos;Orsay" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/3PCO4Biszxo?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/3PCO4Biszxo?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">De l’Égypte aux côtes américaines, la trajectoire d’une idée</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a>Le parcours s&rsquo;ouvre sur un constat saisissant : la <em>Statue de la Liberté</em> aurait pu ne jamais voir le jour sous cette forme. Au rythme d’une scénographie fluide, le visiteur découvre les premières intuitions du sculpteur alsacien Auguste Bartholdi (1834-1904). Marqué par un voyage en Orient à la fin des années 1850, l’artiste imagine d’abord un phare monumental à l’entrée du canal de Suez : <em>L’Égypte éclairant l’Orient</em>. Le projet ne verra jamais le jour, mais l’idée d’une figure allégorique drapée tenant un flambeau est posée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faudra l’enthousiasme de l&rsquo;homme politique Édouard René de Laboulaye pour que cette vision se réinvente. Au lendemain de la guerre de Sécession, ce dernier propose que la France offre un monument spectaculaire aux Américains pour célébrer le centenaire de leur indépendance et sceller la fraternité entre les deux nations. Bartholdi s’empare du projet avec une ferveur quasi obsessionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition met parfaitement en lumière la maturité visuelle de l’artiste, oscillant entre académisme et modernité. Modèles en plâtre, esquisses préparatoires et moulages permettent de suivre pas à pas la recherche de la posture idéale, de la couronne aux sept rayons jusqu’aux draperies inspirées de l’Antiquité classique. On saisit à quel point chaque détail a été pesé pour transmettre un message politique fort sans céder à la sévérité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un défi technologique et financier sans précédent</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a>Mais concevoir une figure de 46 mètres de hauteur (93 mètres avec son piédestal) dépassait de loin le cadre habituel de la sculpture du XIXᵉ siècle. L’exposition prend une tournure captivante lorsqu’elle aborde la dimension matérielle et technique de ce chantier monumental. Pour ériger pareil colosse sans qu’il ne s’effondre sous son propre poids ou la force des vents marins, Bartholdi fait appel aux esprits les plus brillants de son temps. Ainsi, c’est Gustave Eiffel qui conçoit le squelette métallique intérieur, un mât d’acier souple et novateur sur lequel viennent se fixer des plaques de cuivre battu d’à peine 2,4 millimètres d’épaisseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les photographies d’époque, les maquettes d&rsquo;ingénierie et les extraits de correspondance exposés dévoilent par ailleurs les ateliers Gaget-Gauthier, véritable ruche industrielle où les ouvriers martelaient le cuivre à la main sous le regard médusé des passants parisiens. Le parcours dévoile également les coulisses financières du projet. L’aventure repose sur une campagne de levée de fonds inédite. Pour financer le chantier, Bartholdi fait flèche de tout bois : la tête de la statue est exposée à l&rsquo;Exposition Universelle de Paris en 1878, tandis que le bras portant la torche est présenté à Philadelphie dès 1876 ; miniatures, gravures, photographies et tombolas populaires participent à la médiatisation massive de l’œuvre avant même son inauguration.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/c97TOI5N3Is?si=50mDI2VY_bSnilth" title="EXPÉRIENCE VR UNE STATUE POUR LA LIBERTÉ - Bande-annonce - FR/EN | Musée d&amp;apos;Orsay" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/c97TOI5N3Is?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/c97TOI5N3Is?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><a></a> Une expérience immersive au cœur du mythe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des points forts de la visite réside dans sa capacité à faire dialoguer le document historique et l&rsquo;innovation contemporaine. En marge de l’exposition classique, le musée d’Orsay propose l’expérience en réalité virtuelle « Une statue pour la liberté, le rêve de Bartholdi, de Paris à New York ». Équipé d&rsquo;un casque, le visiteur se retrouve propulsé dans le Paris des années 1880, au milieu du chantier de la rue de Chazelles, où la statue dominait les toits de la capitale avant d&rsquo;être démontée puis emballée dans 214 caisses à destination des États-Unis. On accompagne ensuite Bartholdi lors de la traversée de l’Atlantique et de l&rsquo;inauguration triomphale du 28 octobre 1886 à New York. Cette parenthèse numérique, d&rsquo;une grande rigueur historique, offre une sensation d&rsquo;échelle saisissante qu&rsquo;aucun livre d&rsquo;art ne saurait retransmettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde</em>, le musée d’Orsay retrace une aventure humaine, esthétique et technologique d&rsquo;exception &#8230; qui résonne puissamment avec nos enjeux contemporains d’engagement et de fraternité internationale. On sort de l’exposition avec un regard totalement renouvelé sur cette icône populaire. Pour sûr, cette exposition ravira tous les amoureux d&rsquo;histoire, d&rsquo;architecture et de culture visuelle et pourrait bien inspirer quelques vocations parmi ses jeunes visiteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le <a href="https://www.musee-orsay.fr/fr">site du musée d&rsquo;Orsay</a>.</p>
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		<title>Les Papillons noirs : un polar tricéphale au charme vénéneux</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/papillons-noirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 09:18:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Ouah, super titre, Padmé&#160;!!!&#160;» … Ouep j’ai un brin fait ma Dauphine sur ce coup-là. C’est surtout que je ne me voyais pas sortir un titre à la con pour parler de ce petit bijou d’intrigue doublé d’une audace narrative aussi prenante que surprenante. C’est que Les Papillons noirs ont tout de la poupée russe [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Ouah, super titre, Padmé&nbsp;!!!&nbsp;» … Ouep j’ai un brin fait ma Dauphine sur ce coup-là. C’est surtout que je ne me voyais pas sortir un titre à la con pour parler de ce petit bijou d’intrigue doublé d’une audace narrative aussi prenante que surprenante. C’est que <em>Les Papillons noirs</em> ont tout de la poupée russe sanglante pour accoucher d’un thriller à trois visages en tous points excellent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/PZtbtoVeeZ4?si=OT07FGvlM_1hssD8" title="Les papillons noirs | Bande Annonce | ARTE Séries" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/PZtbtoVeeZ4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/PZtbtoVeeZ4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Folie en duo</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bon par où je commence ? Parce que <em>Les</em> <em>Papillons noirs</em>, inspirés de la célèbre chanson de Gainsbourg, nomment aussi bien une série qu’un bouquin. Allez on attaque par la série vu que le projet a débuté par là. Adrien Winckler, nom de plume Mody, (à la fois une forme rare de diabète et une dérivation du terme « maudit », ça ne s’invente pas) est écrivain ; pour être honnête, c’est un auteur en panne d’inspiration, qui après un premier succès fulgurant où il évoquait sa vie d’alcoolique, de voyou et de taulard, a dû se rabattre sur des petits boulots de ghostwriter. Il faut bien bouffer, non ? Surtout quand on partage la vie de Norah, petit génie de l’épigénétique et nana au caractère bien trempé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adrien, un jour, est contacté par un certain Albert, qui veut rédiger ses mémoires. Le job a l’air peinard, est bien payé. Adrien accepte &#8230; mettant ainsi le doigt dans un engrenage maléfique. Car Albert sous ses airs de vieux pépère tranquille paumé dans sa cambrousse avec son diabète et ses reins pourris, révèle un passé pour le moins obscur … de tueur en série. Une marche au meurtre vécu à deux, avec sa compagne d’alors, son grand, son unique amour, la belle Solange qu’il a rencontrée à l’école après guerre, lui l’orphelin de l’Assistance publique. Face à cette jolie petite rouquine née des amours interdites d’une pute et d’un Boche, c’est le coup de foudre … et la folie en duo.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Histoire d’une obsession</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est que Solange attire les hommes comme la lumière les papillons. Et ça, Albert ne le supporte pas. Du coup, il bute les gars qui s’y frottent de trop près, protégeant ainsi sa Solange à coups de ciseaux de coiffeur, leur profession à tous deux. Et ce qui relève initialement de la légitime défense devant des violeurs, va devenir une course au meurtre à la Bonnie and Clyde, une chasse exaltante vécue en mode vacances, au fil de road trips à travers la France. Et Albert en déroulant ses souvenirs sanglants, de dépeindre une relation fusionnelle où personne n’a sa place, surtout pas les bébés dont Solange régulièrement avorte. Jusqu’au jour où elle disparaît …</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire, Adrien au début, n’y croit pas, puis il vérifie&nbsp;; les victimes évoquées par Albert existent, ont bien été massacrées selon le modus operandi décrit par le vieillard. Terrorisé, Adrien envisage de prendre le large … sauf que là il tient un sujet. Cette histoire le fascine, l’obsède &#8230; Solange, Albert, cette fuite en avant, ça lui parle tellement qu’il en fait un bouquin. Bouquin qui deviendra un grand succès littéraire, bouquin qui déclenchera la catastrophe, bousillera son existence au fur et à mesure qu’elle éclairera son trouble passé. Car Adrien est lié à cette histoire, beaucoup plus qu’il ne le pense. C’est même cette histoire qui le définit et il va le découvrir à ses dépends.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le livre en regard de la série</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ok je n’en dis pas plus long sur ce mystère familial interprété à la perfection, tourné de main de maître. Ce qui m’anime ici, c’est la volonté initiale des scénaristes/réalisateurs Bruno Merle et Olivier Abboux de donner vie à ce livre, livre dont la lecture éclaire l’intrigue d’une autre lumière, comme si Adrien, en se saisissant de cette mémoire, en prêtant voix au «&nbsp;je&nbsp;» d’Albert, à son style d’expression, à ses émotions, ses souvenirs, en imaginant les ressentis de Solange l’absente avec un point de vue interne à la troisième personne, commençait à lever le voile, à toucher du doigt l’atroce vérité d’un héritage génétique à laquelle on ne peut échapper.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où dans 89 % des cas, les scénarios adaptent des livres, ici c’est le scénario qui inspire le roman. Pour s’y coller,  Gabriel Katz, cornaqué par les éditions du Masque, endosse le pseudo de Mody et accouche des 270 pages d’un ouvrage à l’écriture incisive et captivante. Exploit rédactionnel s’il en est, ces chapitres racontent la meurtrière aventure de Solange et Albert sans faire redondance avec les épisodes de la série, tout en parsemant la narration d’indices supplémentaires qui soulignent la prescience de Mody/Adrien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche extrêmement intelligente et disruptive</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il fallait le faire, et sans se planter. Le résultat est au rendez-vous, que je qualifierai de chiadé. Haute voltige narrative que ce tandem où l’image et l’écrit dialoguent, se renvoient la balle ; quand le livre s’invite dans certaines séquences d&rsquo;une série surfant sur l&rsquo;esthétique flamboyante des seventies, les images sanglantes de cette dernière trouvent un approfondissement dans des pages vénéneuses. On vit ici une expérience artistique à deux visages, brillamment complétée par une version audio du récit lu par Niels Arelstrup qui interprète Albert. L’occasion de plonger tête la première dans les confessions recueillies par Adrien au fil de séances toujours plus éprouvantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une série, un livre, un enregistrement, le projet, ambitieux, sort des autoroutes balisées de la prod à une voie, pour proposer une approche extrêmement intelligente et disruptive, qui piège le spectateur/lecteur/auditeur dans les affres émotionnelles subies par les protagonistes de cette histoire de fous. Approche qui ne pourrait fonctionner sans les talents qui en tissent la toile, réals et auteur bien sûr, mais aussi les interprètes, notamment le tandem Albert/Adrien avec Niels Arelstrup bien sûr qu’on ne présente plus et qui compose un Albert tout en nuances, tout en douceur, d’une tendresse incroyable, et Nicolas Duvauchelle absolument parfait pour incarner l’errance d’un Adrien Mody rongé de violence et de peur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bref et pour faire court, bénis soient celles et ceux qui ont accouché de ce magnifique objet narratif dont on aimerait qu’il fasse des émules, car franchement l’expérience est intense, inoubliable, formatrice et et addictive.</p>
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		<title>SarkHollande : la République entre standup et clownerie</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/sarkhollande-huit-rois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 10:36:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Poursuivant sa fresque pour le moins vertigineuse consacrée aux monarques républicains de la Vᵉ République, Léo Cohen-Paperman et la compagnie Animaux en paradis signent avec SarkHollande l&#8217;un des chapitres les plus incisifs et poignants de cette saga politico-théâtrale. Après s&#8217;être confronté aux figures crépusculaires de Mitterrand, à la truculence tragique de Chirac ou au dandysme [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Poursuivant sa fresque pour le moins vertigineuse consacrée aux monarques républicains de la Vᵉ République, Léo Cohen-Paperman et la compagnie <em>Animaux en paradis</em> signent avec <em>SarkHollande</em> l&rsquo;un des chapitres les plus incisifs et poignants de cette saga politico-théâtrale. Après s&rsquo;être confronté aux figures crépusculaires de Mitterrand, à la truculence tragique de Chirac ou au dandysme technocratique de Giscard d&rsquo;Estaing, le projet <em><a href="https://www.theartchemists.com/huit-rois-theatre/">Huit Rois (nos présidents)</a></em> entre de plein fouet dans l&rsquo;histoire immédiate d&rsquo;une décennie 2007-2017 marquée au fer rouge par l&rsquo;hyper-incarnation du pouvoir, l&rsquo;illusion du changement et l&rsquo;émergence des fractures identitaires. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dyptique dramaturgique brillantissime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous-titré avec une ironie mordante « comédie identitaire », le spectacle s&rsquo;articule autour d&rsquo;un diptyque dramaturgique brillantissime où s’affrontent deux registres scéniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle s&rsquo;ouvre sur le <em>stand-up</em> hystérique de Nicolas <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sarkozy">Sarkozy</a>. Porté par la scansion nerveuse et la présence saisissante de Clovis Fouin, cette incarnation de l’ancien chef de l&rsquo;État investirait presque la scène d&rsquo;un <em>comedy club</em> moderne. L&rsquo;exercice théâtral met à nu le cœur même du sarkozysme : la sur-exposition de soi, le culte de la volonté pure, la transgression verbeuse, une quête frénétique d&rsquo;approbation. Mais lorsque le parterre d&rsquo;électeurs-spectateurs finit par le chasser des planches, le pouvoir glisse vers son double antinomique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre alors en scène la figure du clown <a href="https://www.theartchemists.com/?s=fran%C3%A7ois+hollande">François Hollande</a>, interprété par un Valentin Boraud au jeu remarquablement nuancé, qui s&rsquo;avance vers nous sous les traits d&rsquo;un auguste mélancolique pétri de bonnes intentions mais si peu sûr de lui. Tout y est : le bureau de travers, la maladresse touchante, l&rsquo;ambition sincère d&rsquo;apaiser un pays fracturé sous le slogan « Le changement, c&rsquo;est maintenant ». Mais face au poids démesuré des crises économiques, du chômage de masse et de la tempête terroriste, le geste clownesque s&rsquo;effondre sous la gravité du réel. La farce cède la place à un désenchantement amère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Leïla et Ludovic : l&rsquo;intime fracturé par l&rsquo;Histoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>SarkHollande</em> dépasse le simple pastiche politique en introduisant un troisième fil conducteur fondamental. En contrepoint de cette joute présidentielle, la pièce donne la parole à Leïla Merabet (incarnée par une Ada Harb magistrale). Au soir du 6 mai 2012, jour d&rsquo;ébullition démocratique, la jeune femme rencontre Ludovic Müller, artiste issu de cette France périphérique dont les discours politiques s&#8217;emparent sans jamais la comprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le récit de cet amour naissant puis déchiré, la pièce opère un basculement intime. Les velléités idéologiques de la décennie cessent d&rsquo;être des abstractions partisanes pour devenir des stigmates concrets dans la vie des citoyens. Confronté aux traumatismes collectifs des attentats de 2015, le couple se fracture au même rythme que le tissu social français. La « comédie identitaire » révèle alors sa face sombre : le drame d&rsquo;une société en quête de repères, fascinée par ses propres démons, incapable de préserver la possibilité d&rsquo;un destin commun.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le miroir de notre mémoire récente</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Coécrit par Julien Campani, Léo Cohen-Paperman et Clovis Fouin, le texte d&rsquo;une acuité remarquable accomplit une double prouesse : réveiller un passé si proche qu&rsquo;il nous brûle encore les doigts, tout en maintenant cette distance ludique indispensable au grand théâtre populaire. La mise en scène, vive et épurée, passe sans heurt du rire libérateur à l&rsquo;émotion retenue, rendant hommage à la fois aux figures de la commedia dell&rsquo;arte et au théâtre documentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En auscultant cette décennie charnière, Léo Cohen-Paperman n&rsquo;émet aucun jugement moralisateur. Il tend au spectateur le miroir d&rsquo;une époque qui a vu naître nos failles sociétales actuelles. <em>SarkHollande</em> prouve une fois de plus que la saga <em>Huit Rois</em> ne se contente pas de raconter l&rsquo;histoire de nos chefs d&rsquo;État : elle dresse, avec une finesse et une humanité rares, le portrait en creux du peuple qui les a élus.</p>
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		<title>Quand les monuments souffrent du climat : quel patrimoine transmettrons-nous aux générations futures ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/monuments-menaces-changement-climatique-patrimoine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 10:13:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Temples antiques, cathédrales, palais, cités historiques … pendant des siècles, les monuments ont défié le temps, semblant appartenir à l’éternité. Le changement climatique bouleverse aujourd’hui la donne : l’augmentation des températures, les événements météorologiques extrêmes, l’évolution des précipitations, la montée du niveau des mers fragilisent un patrimoine construit parfois il y a plusieurs millénaires. La [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Temples antiques, cathédrales, palais, cités historiques … pendant des siècles, les monuments ont défié le temps, semblant appartenir à l’éternité. Le changement climatique bouleverse aujourd’hui la donne : l’augmentation des températures, les événements météorologiques extrêmes, l’évolution des précipitations, la montée du niveau des mers fragilisent un patrimoine construit parfois il y a plusieurs millénaires. La question n’est plus seulement de savoir comment conserver les traces du passé, mais aussi de réfléchir à ce que nous laisserons aux générations futures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un patrimoine conçu pour traverser les siècles… mais pas pour un climat qui change si rapidement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les monuments anciens ont été construits en fonction de conditions climatiques relativement stables. Les matériaux utilisés par les bâtisseurs — pierre, bois, terre cuite, pigments naturels, mortiers traditionnels — ont été choisis et employés dans des environnements précis. Or, le changement climatique modifie ces équilibres. Les périodes de fortes chaleurs plus fréquentes, l’alternance entre sécheresses et épisodes de fortes pluies, l’augmentation de certains phénomènes extrêmes ou encore la modification des cycles de gel et de dégel peuvent accélérer la dégradation des matériaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pierre, que l’on imagine souvent indestructible, s’avère particulièrement vulnérable. Deux exemples parlants&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La cathédrale Notre-Dame de Paris</strong> <strong>en</strong> <strong>France :</strong> Les épisodes d’extrême sécheresse et les vagues de chaleur fragilisent les mortiers historiques et provoquent des phénomènes de contraction-dilatation au cœur du calcaire, fissurant les voûtes et les structures sculptées.</li>



<li><strong>Les cités en terre de Bagerhat</strong> <strong>au</strong> <strong>Bangladesh :</strong> Dans cette cité mosquée du XVᵉ siècle classée au <a href="https://www.theartchemists.com/patrimoine-mondial-unesco/">patrimoine mondial</a>, l&rsquo;augmentation des températures couplée à la remontée des sels marins fait littéralement s&rsquo;effriter les briques de terre cuite et ronge les maçonneries traditionnelles.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Bref et en résumé, selon le Centre du patrimoine mondial de l’<a href="https://whc.unesco.org/en/climatechange/">UNESCO</a>, le changement climatique constitue désormais l’une des principales menaces pesant sur de nombreux biens culturels et naturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les œuvres fragilisées face aux nouveaux défis climatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les monuments ne sont pas seulement des architectures : ils abritent aussi des œuvres parfois extrêmement sensibles. Les fresques, peintures murales, sculptures ou décors intérieurs peuvent être affectés par les variations de température et d’humidité. Or, ces éléments sont souvent irremplaçables : ils témoignent de techniques artistiques, de croyances et de modes de vie disparus. Là encore deux cas d’école&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les grottes de Mogao à Dunhuang e</strong><strong>n</strong> <strong>Chine :</strong> Écrin millénaire de la route de la Soie abritant des milliers de peintures murales bouddhiques, le site subit des pluies diluviennes de plus en plus fréquentes. L&rsquo;augmentation brutale de l&rsquo;humidité à l&rsquo;intérieur des cavités provoque le décollement et la décoloration irréversible des pigments anciens.</li>



<li><strong>Les églises peintes de la région du Troodos</strong> <strong>à</strong> <strong>Chypre :</strong> Les variations microclimatiques intérieures, accentuées par des étés méditerranéens toujours plus étouffants, provoquent des efflorescences salines qui détruisent les fresques byzantines d&rsquo;une valeur inestimable.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">La difficulté consiste désormais à maintenir des conditions suffisamment stables pour préserver ces œuvres, alors même que le climat extérieur devient plus difficile à contrôler. Conservateurs et restaurateurs doivent repenser leurs méthodes : surveillance accrue des bâtiments, adaptation des systèmes de protection, nouvelles recherches sur les matériaux ou encore documentation numérique des œuvres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des sites archéologiques exposés aux bouleversements du climat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les sites archéologiques en plein air subissent de plein fouet l&rsquo;érosion climatique. Les sols qui protégeaient autrefois les structures s&rsquo;assèchent ou s&rsquo;effondrent sous le coup de précipitations extrêmes. Illustration&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les terrasses de riz des cordillères des Philippines :</strong> Façonnées il y a plus de 2 000 ans, ces structures paysagères souffrent de glissements de terrain massifs causés par la recrudescence de typhons violents.</li>



<li><strong>Le village néolithique de Skara Brae e</strong><strong>n</strong> <strong>Écosse :</strong> Vieux de 5 000 ans et remarquablement conservé, ce site côtier est directement menacé par l&rsquo;érosion des falaises et l&rsquo;assaut de tempêtes d&rsquo;une violence inédite, contraignant les autorités à bâtir des digues de protection provisoires.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le patrimoine archéologique pose alors une interrogation vertigineuse : faut-il protéger tous les sites à tout prix, déplacer certains vestiges au risque de les décontextualiser, ou accepter qu’une partie de la mémoire humaine ne s&rsquo;efface ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la mer menace les lieux de mémoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La montée du niveau des océans et la submersion marine représentent l’un des défis les plus imminents. Des cités entières et des sanctuaires insulaires doivent adapter leurs stratégies de conservation.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Venise et sa lagune</strong> <strong>en</strong> <strong>Italie :</strong> Symbole mondial de cette vulnérabilité, la Cité des Doges subit la répétition des épisodes d’<em>acqua alta</em>. L&rsquo;eau salée s&rsquo;infiltre dans la pierre poreuse de la Basilique Saint-Marc, cristallise et fait éclater les marbres ainsi que les mosaïques du XIIIᵉ siècle.</li>



<li><strong>Les Moaï de Rapa Nui</strong> <strong>sur l’</strong><strong>Île de Pâques :</strong> Les mythiques statues géantes dressées en bord de mer subissent une érosion marine accélérée. La hausse du niveau marin gruge les socles rocheux (<em>ahu</em>), menaçant de faire basculer ces géants de pierre dans l&rsquo;océan.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Préserver le passé … sans figer le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces menaces, la tentation pourrait être de vouloir figer les monuments dans un état idéal. Pourtant, le patrimoine a toujours été mouvant. Les grandes restaurations de l’Histoire montrent que les sociétés ont sans cesse adapté leurs édifices à leurs contraintes techniques et environnementales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question actuelle réside donc dans une transmission intelligente. Comment protéger sans dénaturer ? À l&rsquo;image des digues amovibles du système MOSE à Venise ou des programmes de végétalisation thermique des édifices historiques, la conservation moderne cherche l&rsquo;équilibre entre respect de l&rsquo;authenticité et adaptation climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que transmettrons-nous aux générations futures ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, préserver un monument signifiait lutter contre le temps. Aujourd’hui, il s&rsquo;agit aussi de composer avec une accélération sans précédent des transformations environnementales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les monuments sont les témoins des civilisations qui nous ont précédés. Ils racontent leurs savoir-faire, leurs croyances et leur capacité à créer. Mais ils nous renvoient également à notre propre responsabilité. Dans quelques siècles, les générations futures ne jugeront pas seulement ce que nous avons édifié : elles observeront ce que nous avons su sauvegarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sauvegarde du patrimoine face au changement climatique pose une interrogation profondément culturelle et éthique : quelle mémoire voulons-nous transmettre ?</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Quelques références à consulter</h3>



<ol start="1" class="wp-block-list">
<li><strong>UNESCO – Centre du patrimoine mondial :</strong> <em>Changement climatique et patrimoine mondial</em> : <a href="https://whc.unesco.org/fr/changementclimatique/?utm_source=gemini" target="_blank" rel="noopener">https://whc.unesco.org/fr/changementclimatique/</a></li>



<li><strong>UNESCO / UNEP / UCS Report :</strong> <em>World Heritage and Tourism in a Changing Climate</em> (Étude de cas sur Venise, Rapa Nui, Skara Brae) : <a href="https://www.google.com/search?q=https://whc.unesco.org/en/news/1495/&amp;utm_source=gemini" target="_blank" rel="noopener">https://whc.unesco.org/en/news/1495/</a></li>



<li><strong>ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites) :</strong> <em>Future of Our Pasts: Engaging Cultural Heritage in Climate Action</em> : <a href="https://www.icomos.org/?utm_source=gemini" target="_blank" rel="noopener">https://www.icomos.org/</a></li>



<li><strong>IPCC / GIEC :</strong> <em>Rapports d&rsquo;évaluation sur les impacts du changement climatique sur les établissements humains et le patrimoine</em> : <a href="https://www.ipcc.ch/?utm_source=gemini" target="_blank" rel="noopener">https://www.ipcc.ch/</a></li>



<li><strong>Union Européenne (EPRS) :</strong> <em>The impact of climate change on cultural heritage</em> (Analyse des risques sur le patrimoine bâti européen) : <a href="https://www.europarl.europa.eu/?utm_source=gemini" target="_blank" rel="noopener">https://www.europarl.europa.eu/</a></li>
</ol>
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		<title>Au HasART des Jardins 2026 : quand la création contemporaine rencontre le patrimoine nogentais</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/hasart-jardins-nogent-rotrou-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 09:41:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Beaux-Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Éloignées des grands centres urbains où se concentrent avec profusion les institutions muséales et les galeries de renom, les cités de caractère doivent trop souvent batailler pour offrir à leurs habitants ainsi qu&#8217;aux visiteurs de passage une programmation artistique digne de ce nom. Entre budgets restreints et enclavement géographique, l&#8217;audace créative peine à y trouver [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Éloignées des grands centres urbains où se concentrent avec profusion les institutions muséales et les galeries de renom, les cités de caractère doivent trop souvent batailler pour offrir à leurs habitants ainsi qu&rsquo;aux visiteurs de passage une programmation artistique digne de ce nom. Entre budgets restreints et enclavement géographique, l&rsquo;audace créative peine à y trouver son terreau. Mais il arrive aussi que ces contraintes soient une source d’inspiration, avec à la clé l’émergence de formes inédites d&rsquo;expression, intimement liées à la géographie et à l&rsquo;histoire locale. À cet égard, la seconde édition d’Au HasART des Jardins, événement orchestré par l&rsquo;association <a href="https://www.labelfriche.com/">Label Friche</a> à Nogent-le-Rotrou lors des récentes Journées Européennes du Patrimoine, illustre brillamment cette créativité décentralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une déambulation à la croisée des arts et de la pierre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les 19 et 20 septembre, la capitale du Perche s’est donc métamorphosée en un théâtre à ciel ouvert où l&rsquo;art contemporain est venu converser sans artifices avec le végétal et les vieilles pierres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable prouesse de cette initiative réside dans sa capacité à offrir un parcours intimiste et itinérant. À travers 18 lieux investis, pour la plupart des parcelles privées d&rsquo;ordinaire soustraites aux regards des curieux, les promeneurs ont pu redécouvrir l&rsquo;urbanisme nogentais sous un jour profondément poétique. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de ruelles historiques, de cours intérieures ombragées ou de jardins clos nichés au pied du château Saint-Jean, chaque étape constituait un écrin sur mesure pour les œuvres présentées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En invitant 42 artistes et artisans d’art à dialoguer avec ces espaces d&rsquo;exception, Label Friche a tissé une trame esthétique où la sculpture, la peinture, la céramique et les installations contemporaines ne s&rsquo;imposent pas comme des objets d&rsquo;exposition froids, mais s&rsquo;intègrent naturellement à l&rsquo;esprit des lieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Célébrer la vitalité de la création locale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le visiteur, guidé par le simple plaisir de la flânerie, s’est laissé surprendre au détour d&rsquo;un bosquet par une figure sculptée, au fond d&rsquo;une cour pavée par une toile contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de toute posture élitiste ou de l&rsquo;importation artificielle de signatures parisiennes, l&rsquo;événement a délibérément fait le choix de célébrer le vivier créatif local. Donner à voir le talent des plasticiens et artisans d&rsquo;art du Perche et des territoires limitrophes relève d&rsquo;une démarche aussi exigeante qu&rsquo;indispensable : elle offre à ces créateurs une vitrine méritée tout en révélant aux résidents la richesse insoupçonnée de leur propre terroir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette alchimie entre art contemporain et patrimoine végétal réactive en outre une fonction essentielle des Journées du Patrimoine aui est d&rsquo;insuffler une vie nouvelle à ce qui pourrait n&rsquo;être perçu que comme un héritage figé. Les jardins ne sont plus de simples décors immobiles, ils deviennent des scènes vivantes ; la pierre ancienne ne témoigne plus seulement du passé, elle accueille les questionnements et les formes du présent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une stratégie culturelle exemplaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de saluer la perspicacité d&rsquo;un tel dispositif. En misant sur un format déambulatoire, gratuit et immersif, Label Friche et la municipalité de Nogent-le-Rotrou sont parvenues à surmonter les réticences traditionnelles qui éloignent parfois le grand public de l&rsquo;art contemporain. L&rsquo;art ne se réclame plus d&rsquo;un sanctuaire intimidant ; il vient à la rencontre du flâneur, au détour d&rsquo;une promenade dominicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conviant les habitants à ouvrir leurs jardins, l&rsquo;événement suscite également un sentiment d&rsquo;appartenance et de fierté partagée. Ce maillage solidaire entre acteurs culturels, municipalité, propriétaires privés et plasticiens démontre avec une belle élégance que la culture en milieu rural n&rsquo;est nullement vouée à la résignation ou à la frugalité. Elle exige simplement de la vision, de la complicité et un profond respect des lieux qui l&rsquo;accueillent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au HasART des Jardins s&rsquo;impose ainsi, dès sa seconde édition, comme un rendez-vous pérenne et exemplaire. Il prouve de façon magistrale qu&rsquo;il suffit parfois d&rsquo;accorder le bon ton à la bonne demeure pour que les petites villes de province deviennent, le temps d&rsquo;un week-end, le théâtre des plus belles effervescences artistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus, consultez le <a href="https://www.instagram.com/label.friche/">compte Instagram de Label Friche</a></p>
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		<title>Camarades : l’esprit de Vincennes n’est pas mort</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/camarades-serie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 15:45:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petite pensée émue pour celles/ceux qui galèrent avec leur inscription en fac&#160;: il fut un temps heureux où Parcoursup n’existait pas, où on pouvait intégrer l’université en quelques minutes et profiter d’une bourse d’étude en prime avec à la clé un enseignement de qualité, qui cultive l’esprit, détruit les préjugés, forge la pensée critique. Nous [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Petite pensée émue pour celles/ceux qui galèrent avec leur inscription en fac&nbsp;: il fut un temps heureux où Parcoursup n’existait pas, où on pouvait intégrer l’université en quelques minutes et profiter d’une bourse d’étude en prime avec à la clé un enseignement de qualité, qui cultive l’esprit, détruit les préjugés, forge la pensée critique. Nous étions dans les années 70, et les préfabriqués de Vincennes, nichés en plein bois, s’ouvraient à tous, intellectuels, étudiants, ouvriers, artisans, mères de famille, pour y apprendre à réfléchir. Ce projet, les droitards de tout poil s’efforcèrent de le torpiller et y arrivèrent. L’université fut démantelée en 1980, rasée intégralement. Aujourd’hui il n’en demeure qu’une mémoire défaillante que la série <em>Camarades</em> réveille avec autant d’humour et de talent que de pertinence.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/EP-y3P753Fw?si=FIH3R4JZuBAI77-u" title="CAMARADES Bande Annonce (2026) Vincent Elbaz" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EP-y3P753Fw?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/EP-y3P753Fw?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;On ressort de Vincennes beaucoup moins bête, et surtout très autonome&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons déjà évoqué cette histoire via notre article consacré au remarquable documentaire de Virginie Linhart <em><a href="https://www.theartchemists.com/vincennes-universite-perdue/">Vincennes, l’université perdue</a>,</em> avec à la clé ce constat&nbsp;: «&nbsp;on ressort de Vincennes beaucoup moins bête, et surtout très autonome&nbsp;». Ce constat, les réalisateurs Benjamin Charbit et Dominique Baumard vont le placer au cœur de la série <em>Camarades</em>, soit huit épisodes qui nous racontent les aventures de plusieurs personnages clés au sein de cette fac expérimentale aux allures d’utopie&nbsp;: Gérard le prof maoïste, Françoise l’étudiante révolutionnaire, Amadéo l’activiste homosexuel, Jimmy l’agent de surface en grève&nbsp;; ajoutons à ce quatuor, Merloux, philosophe bombardé président de cette université ingérable, Nino secrétaire administrative et militante PCF enragée et quelques autres figures de cet esprit libertaire en ébullition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Psychose autoritaire et années de plomb</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour observer tout ça, Jacques, flic gaulliste et nervis des Renseignements généraux bien décidé à foutre en l’air ce nid de <em>gauchiasses</em> (le terme n’est alors pas usité mais l’intention est déjà là) ; pour y parvenir, cet espion raté, ne trouve rien de mieux, que d’envoyer une taupe au cœur du vivier gauchiste, histoire de flairer un potentiel projet d’attentat (eh oui on est dans les années de plomb, avec leur lot de Brigades rouges, Action Directe, Fraction Armée Rouge et autre bande à Baader, autant d’organisations promptes à l’enlèvement et à l’assassinat de personnalités politiques et économiques jugées réactionnaires, du coup les autorités ont tendance à psychoter pas mal et à surveiller beaucoup).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ensemencer les consciences</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La taupe en question&nbsp;? Claudine, prostituée dont la caravane est située en plein bois à quelques encablures de la fac, et dont Jacques est l’amant. Claudine, un brin cruche, inéduquée, sans diplôme, la prolo parfaite. Seulement voilà&nbsp;: Claudine, en pénétrant les locaux de la Berkeley française, va se découvrir une vocation/passion pour les études, la lutte des classe et l’émancipation féministe et humaniste. Et le projet de torpillage de cette maudite université de prendre une tournure aussi inattendue que loufoque … et intellectuelle. Et les images de nos héros en quête de révolution de se mêler aux archives d’époque pour mettre en avant et illustrer les courants de pensée qui irriguent ce projet, s’y déploient et ensemencent les consciences fertiles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vincennes vs la grande casse sociale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un pur régal, doublé d’un festival d’idées, d’échanges, de débats, d’argumentations, de contre-argumentations … En toile de fond, des revendications d’égalité, de partage, de liberté d’expression … L’épisode évoquant comment les étudiantes, privées d’espace à elles, se barrent dans les clairières pour y monter un campement féministe, laissant en rade l’effectif masculin bien en peine de taper des tracts politiques sans faute d’orthographe est à se tordre. L’ensemble du récit est de cette facture, drôle, romantique, incisive et, il faut bien le reconnaître, d’une actualité troublante. Droits des femmes, des LGBT, des personnes racisées, accès à l’éducation, à la pensée peu importe l’origine, le sexe, le métier, la formation initiale, l’appartenance sociale … à l’heure de la grande casse sociale opérée par le centre et la droite, ce propos est plein d’espoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Je préfère une révolution de gauche ratée, à une révolution de droite réussie&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et la série de sensibiliser le spectateur avec subtilité à cette perspective d’ouverture. Car l’esprit de Vincennes n’est pas mort, loin s’en faut, les livres restent, les enregistrements, les films … <em>Camarades</em> en diffuse l’essence par bribes, chaque épisode proposant l’exploration d’une citation qui de Derrida, qui de Deleuze, quand il ne s’agit pas de dialoguer avec Lacan ou d’écouter Foucault … L’ensemble aboutit à un point de bascule d’une rare lucidité avec notre actualité quand Claudine, au bord des larmes, explique&nbsp;la folie du capitalisme à venir, la gauche, privée de laboratoire de réflexion, réduite à ses petits arrangements, l’émergence d’un fascisme d’autant plus dangereux qu’il se voudra «&nbsp;joyeux&nbsp;», propulsé par des capitalistes rendus fous par leur enrichissement, leur seul plaisir. Et de conclure «&nbsp;je préfère une révolution de gauche ratée, à une révolution de droite réussie&nbsp;».</p>
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		<title>Exposition « Paul McCartney photographe » : cyclone rock dans un œil de Beatles</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/expo-paul-mccartney-photographe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 16:31:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la première fois en France et jusqu&#8217;au 3 janvier 2027 (roulement de tambour!!!!), le musée Granet d&#8217;Aix-en-Provence présente l&#8217;exposition Paul McCartney photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm. Au programme plus de 250 clichés pris par le musicien lui-même, archives inestimables s’il en est car témoignage rare du tourbillon qui allait porter les Beatles [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Pour la première fois en France et jusqu&rsquo;au 3 janvier 2027 (roulement de tambour!!!!), le musée Granet d&rsquo;Aix-en-Provence présente l&rsquo;exposition <em>Paul McCartney photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm.</em> Au programme plus de 250 clichés pris par le musicien lui-même, archives inestimables s’il en est car témoignage rare du tourbillon qui allait porter les Beatles aux nues et les inscrire en lettres d’or au fronton du temple du rock.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/rG7hLb-Wp_8?si=-oyMISn0vrQnEv2j" title="&quot;Paul McCartney photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm&quot;" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/rG7hLb-Wp_8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/rG7hLb-Wp_8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un trésor redécouvert par hasard</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme c’est souvent le cas, tout commence par une redécouverte qui tiendrait presque du miracle. En 2020, surgies des archives du musicien, un millier de photographies remontent à la surface, prises par lui-même à l&rsquo;aide d&rsquo;un petit appareil 35 mm. L&rsquo;artiste avait été initié à la photographie dès son enfance grâce à un Kodak Brownie familial qu’il partageait avec son frère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc tout naturellement qu’il documente le quotidien de son groupe, et qu’il saisit, image après image, ce phénomène culturel en marche. Ces images, restées inédites pendant des décennies, le musée Granet les donne aujourd&rsquo;hui à voir au public, avec cette particularité que ces documents sont le fruit du regard d’un des protagonistes de l’aventure Beatles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De Liverpool à Miami, la tournée vue de l&rsquo;intérieur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’exposition se déploie en sept séquences&nbsp;chronologiques : <em>Derrière l&rsquo;objectif</em>, <em>Liverpool et Londres</em>, <em>Paris</em>, <em>Départs et arrivées</em>, <em>New York</em>, <em>De New York à Washington</em>, <em>Miami,</em> comme autant d&rsquo;étapes d&rsquo;un voyage aussi géographique qu&rsquo;intérieur. L&rsquo;exposition décortique donc la trajectoire qui a mené le groupe d’un succès local (Liverpool et Londres à la fin de l&rsquo;année 1963) à la célébrité internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paris en janvier 1964 puis la traversée de l&rsquo;Atlantique vers les États-Unis, où leur passage au Ed Sullivan Show sera suivi par environ 73 millions de téléspectateurs. Consécration donc, les USA des Sixties constituant une étape clé dans une carrière de rocker. On notera du reste la fascination qui anime McCartney devant cette terre de modernité sublimée, fascination que ses photographies reflètent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;intimité derrière le phénomène</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces clichés documentent par ailleurs l&rsquo;envers du décor : les longues journées de répétition, les chambres d&rsquo;hôtel, la route, le regard constant des médias sur quatre garçons de Liverpool à peine sortis de l&rsquo;adolescence et déjà happés par les feux de la renommée. Certaines images, saisies à la volée à travers une vitre de train ou une lunette arrière de voiture, restent volontairement floues ; d&rsquo;autres, plus posées, capturent avec précision l&rsquo;esthétique d&rsquo;une époque aujourd&rsquo;hui disparue, jusqu&rsquo;à ce trottoir devant l&rsquo;Olympia, à Paris, où les Beatles partageaient l&rsquo;affiche avec Sylvie Vartan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nostalgie d’une époque révolue&nbsp;? Interrogé sur tous ces souvenirs, Paul McCartney a confié avoir redécouvert ces clichés avec plus de joie que de regret, savourant au passage la mémoire précise de lieux traversés et d’instants vécus comme une chance, une émancipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une exposition sous haut patronage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Organisée par Paul McCartney lui-même avec Sarah Brown pour MPL Communications, en collaboration avec Rosie Broadley de la National Portrait Gallery de Londres, l&rsquo;exposition est labellisée Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s&rsquo;inscrit dans la programmation des Rencontres de la photographie d&rsquo;Arles. Autant dire que ce parcours a de bien prestigieuses marraines penché sur son berceau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’occasion de rappeler que l’histoire du rock se mêle intimement à celle de la photographie, qui fut placée aux premières loges des concerts et des enregistrements célèbres qui fleurirent durant les Trente Glorieuses, quand il ne s’agissait pas de pointer le bout de l’objectif dans les backstage même, dixit notre article « <a href="https://www.theartchemists.com/photographie-rock/">Des riffs &amp; des flashes : comment la photographie a façonné les légendes du rock</a> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le <a href="https://www.museegranet-aixenprovence.fr/expositions/paul-mccartney-photographe-1963-64-eyes-of-the-storm">site du Musée Granet</a>.</p>
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		<title>Lunettes connectées : un cheval de Troie sur le nez ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/lunettes-connectees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 10:31:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À première vue, elles ressemblent à des montures ordinaires. Pourtant, derrière leurs verres teintés ou correcteurs, les lunettes connectées embarquent toute une technologie de pointe, micro-caméras, microphones directionnels et intelligence artificielle. Alors que Meta et EssilorLuxottica forcent l&#8217;adoption de masse, l’inquiétude monte au sein de la société civile. Accessoire essentiel, gadget à la mode ou [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">À première vue, elles ressemblent à des montures ordinaires. Pourtant, derrière leurs verres teintés ou correcteurs, les lunettes connectées embarquent toute une technologie de pointe, micro-caméras, microphones directionnels et intelligence artificielle. Alors que Meta et <a href="https://www.essilorluxottica.com/fr/">EssilorLuxottica</a> forcent l&rsquo;adoption de masse, l’inquiétude monte au sein de la société civile. Accessoire essentiel, gadget à la mode ou cheval de Troie participant du voyeurisme généralisé, de l&rsquo;espionnage et de la marchandisation de notre vision du monde ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Méfiance sociétale vs déploiement industriel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec les lunettes connectées, le débat sur la présence des caméras dans notre espace public franchit clairement un cap irréversible. Si les smartphones imposent un geste visible pour filmer (lever le bras, pointer l&rsquo;écran), les lunettes intelligentes abolissent cette frontière, en rendant la prise de vue indécelable et parfaitement intégrée au regard. La chose ne laisse personne insensible. Une polarisation pour le moins musclée est en train de s’installer tandis que les offres se multiplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.cnil.fr/fr/lunettes-connectees-appel-a-la-vigilance">CNIL</a> veille au grain, car ce type d’appareil est propice aux captations illégales et non consenties de tout poil. L’inquiétude règne par ailleurs dans certains espaces culturels, établissements bancaires, écoles, casinos, boîtes de nuit, salles de spectacle et autres lieux où la captation illicite pourrait occasionner pas mal de dégâts en terme de piratage, d’atteinte à la vie privée, de vol de données ou de triche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Exagération&nbsp;? Comme un fait exprès, les géants de la Big Tech n’y vont pas de main morte pour imposer ce nouvel objet connecté/augmenté dans nos existences, déployant au passage une stratégie de normalisation à marche forcée pour le moins vicelarde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cas d’école&nbsp;: les lunettes connectées Ray-Ban Meta</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Exemple type&nbsp;: les lunettes connectées Ray-Ban Meta. En dissimulant sa technologie dans le design iconique du modèle <em>Wayfarer</em>, Meta tape fort pour différentes raisons.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le modèle Wayfarer est l&rsquo;une des paires de lunettes de soleil les plus vendues au monde depuis les années 1950 (cela se chiffre en centaines de millions de vente selon <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ray-Ban_Wayfarer">Wikipedia</a>). La monture <em>Ray-Ban Meta</em> reprend exactement ce design mythique ; il est impossible de la distinguer à l&rsquo;œil nu et à plus d&rsquo;un mètre d’une paire de Wayfarer classiques.</li>



<li>Interdire les lunettes connectées est un vœu pieux difficile à mettre en application. Cela supposerait de contraindre toutes les personnes portant des lunettes de ce style à retirer leur monture pour une inspection minutieuse (vérifier la présence de la micro-caméra dans la charnière, le bouton de capture ou la LED). On imagine les files d&rsquo;attente interminables générées à l’entrée desm usées ou des banques, la friction constante avec la clientèle et lecoût humain ingérable pour les établissements.</li>



<li>Si la monture est équipée de verres correcteurs, ce que permet Meta, demander à quelqu&rsquo;un de retirer ses lunettes revient à lui retirer la vue. Les responsables de lieux publics vont bien évidemment hésiter à imposer une mesure perçue comme discriminatoire ou intrusive envers un accessoire de santé ou de confort visuel banalisé.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je vous disais que Meta avait bien calculé le coup … En camouflant sa technologie dans un modèle iconique au point de la rendre indétectable, la firme de Zuckerberg joue sur plusieurs tableaux. Elle équipe un outil de santé qu’on ne peut pas facilement interdire dans l’espace public. Elle s’offre un partenariat avec une marque de luxe, histoire de légitimer son offre. Et ça marche&nbsp;: on a vendu 7 millions de Ray-Ban Meta en 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stratégies de séduction et effets de banalisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Meta n’est pas le seul à caracoler dans ce marché décidément séduisant. D’autres ont aussi développé des <strong>stratégie</strong><strong>s</strong> <strong>de séduction et de banalisation</strong> visant à présenter des dispositifs potentiellement intrusifs comme d’inoffensifs accessoires tendance.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Esthétique rassurante, précision médicale, architecture de luxe &#8230; en adoptant une monture ultra-fine en titane, en éliminant tout capteur visuel externe ou objectif grand angle au profit de guides d&rsquo;ondes invisibles gravés dans le verre, la marque Even Realities fait passer les modèles de sa collection Even Realities G1 pour de simples lunettes de vue de designer ; l’outil d&rsquo;affichage tête haute (téléprompteur invisible, IA d&rsquo;assistance discrète) ajoute une touche intellectuelle, chic à un objet qui facilité l’espionnage et la triche.</li>



<li> D&rsquo;autres acteurs neutralisent le contrôle à l&rsquo;entrée par la fragmentation de l&rsquo;appareil et son intégration dans la mode interchangeable. Avec le modèle <em>Solos AirGo 3</em> produit par Solos Technology, microphones multidirectionnels, capteurs d&rsquo;analyse et IA sont entièrement dissimulés dans les seules branches de la monture. Celles-ci s&rsquo;intègrent et se clipsent à volonté sur n&rsquo;importe quel devant de lunettes traditionnel, du modèle de vue classique aux montures de soleil tendance. En présentant ce produit comme une simple expérience de « personnalisation du style », l&rsquo;industrie dilue la perception du danger. La technologie n&rsquo;est plus un objet identifiable qu&rsquo;on peut filtrer, mais un composant modulaire totalement banalisé.</li>



<li>Enfin, la stratégie de séduction passe par l&rsquo;association avec l&rsquo;esthétique du bien-être, du sport extrême, de la culture festive. En intégrant des micro-haut-parleurs à conduction et des capteurs au cœur de marques emblématiques de l&rsquo;outdoor comme <em>Oakley</em> (en partenariat avec Meta) ou du son <em>lifestyle</em> type <em>Bose Frames</em>, les géants de la tech opèrent un véritable détournement de l&rsquo;image de marque. L&rsquo;appareil n&rsquo;est plus vendu comme un outil de captation de données ou d&rsquo;enregistrement clandestin, mais comme l&rsquo;équipement branché du sportif ou du festivalier. En rendant la monture désirable, tendance et intrinsèquement liée aux loisirs, l&rsquo;industrie désarme la vigilance collective : interdire la caméra ou le micro semble alors absurde pour des utilisateurs qui n&rsquo;y voient plus qu&rsquo;une simple paire de lunettes de soleil de marque.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Des war rooms aux laboratoires de la Silicon Valley&nbsp;: genèse express d&rsquo;une technologie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je vous disais que c’était vicelard … et surtout très bien pensé au niveau marketing … L’entourloupe est d’autant plus pointue qu’à la base, cette technologie n’a rien de glamour. L&rsquo;affichage tête haute ( le Head-Up Display ou HUD projette des informations visuelles directement dans le champ de vision de l&rsquo;utilisateur, lui permettant ainsi d&rsquo;accéder aux données sans avoir à baisser le regard) et la vision embarquée ( l&rsquo;intégration directe de capteurs optiques et de modules de traitement d&rsquo;images au sein d&rsquo;un appareil autonome type lunettes connectées ou drone afin de capturer, d&rsquo;analyser et de comprendre son environnement visuel en temps réel sans dépendre d&rsquo;un ordinateur externe) n&rsquo;ont pas été initialement conçus pour alimenter les réseaux sociaux en vidéos immersives. Leurs origines s&rsquo;enracinent dans des impératifs stratégiques et militaires. Un petit historique pour éclairer la chose ?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Années 1960 :</strong> Les premiers systèmes HUD apparaissent dans les avions de chasse pour projeter les informations de vol et de ciblage directement dans le champ de vision du pilote, lui évitant d&rsquo;abaisser le regard vers son tableau de bord.</li>



<li><strong>1968 :</strong> Ivan Sutherland développe au MIT le premier casque de réalité augmentée baptisé du doux nom <strong>« The Sword of Damocles »,</strong> un dispositif si lourd qu&rsquo;il devait être suspendu au plafond par une structure mécanique.</li>



<li><strong>Années 1990-2000 :</strong> La technologie s&rsquo;oriente vers la maintenance aéronautique (Boeing) et la chirurgie assistée pour afficher des données anatomiques et des schémas en temps réel durant des opérations complexes.</li>



<li><strong>2013 :</strong> Google tente une première démocratisation grand public avec le programme « Explorer ». L&rsquo;appareil suscite un rejet sociétal immédiat. Qualifiés de « Glassholes », leurs porteurs sont bannis des bars et des espaces publics, contraignant Google à retirer le produit du marché grand public dès 2015 pour se replier sur le secteur strictement industriel (comme quoi, le boycotte, ça marche, et cela vous explique pourquoi Meta et ses petits compétiteurs s’efforcent tant de rendre le produit trendy).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un marché en pleine expansion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut bien l’admettre&nbsp;: après une décennie de tâtonnements, le marché de la lunette connectée est sorti de sa phase d&rsquo;expérimentation pour basculer dans une production de masse (dixit les ventes de Ray-Ban Meta évoquées plus haut).</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ces ventes faramineuses interviennent dans le sillage d’un partenariat de prestige finement pensé entre Meta et le géant de l&rsquo;optique EssilorLuxottica. Cette alliance a enclenché la métamorphose du marché en boostant les ventes. Avec la vente de 7 millions d&rsquo;unités de lunettes intelligentes en 2025, EssilorLuxottica a triplé ses résultats par rapport aux années précédentes. Les deux groupes misent désormais sur des capacités de production de 20 millions d&rsquo;unités par an, ce qui est conséquent.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Parallèlement aux initiatives de Meta, on assiste à une réorganisation stratégique des grands acteurs de la Big Tech, bien décidés eux aussi à se tailler la part du lion. D&rsquo;un côté, Google orchestre un retour offensif en abandonnant sa démarche isolée au profit d&rsquo;un écosystème partenarial puissant (association avec <a href="https://www.koreaherald.com/article/10598954">Samsung</a> pour le matériel, collaboration avec <a href="https://www.pcmag.com/news/qualcomm-ceo-were-developing-mixed-reality-glasses-with-samsung-and-google#:~:text=Qualcomm%20CEO%3A%20We're%20Developing%20Mixed-Reality%20Glasses%20With,race%20with%20a%20pair%20of%20smart%20glasses.">Qualcomm</a> pour les puces informatiques dédiées, afin de créer un environnement Android spatial unifié). De l&rsquo;autre, <a href="https://www.pcmag.com/news/apple-reportedly-prioritizing-smart-glasses-over-lighter-vision-pro#:~:text=October%202%2C%202025.%20Meta's%20Ray-Ban%20Display%2C%20which,on%20a%20sequel%20to%20the%20Vision%20Pro.">Apple</a> adopte une trajectoire de miniaturisation progressive ; fort des avancées logicielles et optiques développées pour son casque Vision Pro, le géant de Cupertino adapte désormais ses technologies de calcul spatial à des formats de montures nettement plus légères, élégantes et adaptées au quotidien.</li>



<li>Cette convergence des géants industriels confirme que la lunette connectée s&rsquo;impose comme le nouveau terrain d&rsquo;affrontement prioritaire de l&rsquo;informatique personnelle. En d’autres termes, vous n’avez pas fini d’en bouffer de la lunette connectée. Il faut dire que les <a href="https://www.fortunebusinessinsights.com/smart-glass-market-102569">projections financières</a> sont alléchantes. Le marché mondial est estimé à plus de 13 milliards de dollars en 2026, avec des projections prévoyant un dépassement des 60 milliards de dollars à l&rsquo;horizon 2034.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Usages légitimes et promesses fonctionnelles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ok donc un marché juteux doublé d’un terrain d’affrontement pour les grands noms des Big Tech par l’odeur du fric alléchés. Mais encore&nbsp;? Quid de l’objet en lui-même, de ses avantages éventuels, hormis briller devant les potes en affichant ce nouveau symbole de la réussite sociale cool et branchée en mode «&nbsp;si t’as pas des Ray Ban connectées à 30 c’est que t’as raté ta vie&nbsp;»&nbsp;? Reconnaissons-le, si le dispositif suscite la polémique, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il apporte de réelles révolutions d&rsquo;usage dans plusieurs secteurs d&rsquo;activité (vous allez voir c’est assez étonnant).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le domaine de l&rsquo;accessibilité, ces montures représentent une avancée majeure pour les personnes déficientes visuelles grâce à la lecture vocale instantanée de panneaux, de menus ou de documents, couplée à une description synthétique de l&rsquo;environnement par l&rsquo;intelligence artificielle. L&rsquo;intégration d&rsquo;applications d&rsquo;assistance comme <a href="https://www.bemyeyes.com/news/be-my-eyes-and-meta-launch-new-accessibility-functions/"><em>Be My Eyes</em></a> sur les paires grand public ou le déploiement de dispositifs dédiés comme les <a href="https://fr.advancedlowvisiontechnology.com/envision-glasses"><em>Envision Glasses</em></a> permettent désormais aux usagers d&rsquo;obtenir une description vocale complète de leur environnement, la lecture d&rsquo;une étiquette de médicament ou d’une recette de cuisine en gardant les mains libres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le monde du travail, elles facilitent l&rsquo;assistance à distance pour les techniciens de maintenance sur les lignes de production, la téléchirurgie et la formation professionnelle. Dans le secteur logistique, le géant DHL a généralisé le <a href="https://dhl-freight-connections.com/en/trends/datenbrillen_vision_picking_ki/">« <em>Vision Picking</em> »</a> : les préparateurs de commandes reçoivent leurs instructions de prélèvement directement incrustées dans leur champ de vision, réduisant les erreurs de manipulation tout en optimisant les temps de parcours. Côté santé, des plateformes comme <a href="https://smarterway.ai/tools/augmedix"><em>Augmedix</em></a> utilisent ces montures pour retranscrire automatiquement les consultations médicales en temps réel, restituant ainsi du temps médical précieux aux praticiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la vie quotidienne,les usagers bénéficient de la traduction simultanée s&rsquo;affichant en incrustation ou diffusée à l&rsquo;oreille, ainsi que d&rsquo;une navigation GPS piétonne fluide sans qu&rsquo;il soit nécessaire de consulter un écran de smartphone. Dans le domaine culturel, elles offrent des fonctionnalités de sous-titrage en direct au théâtre (la <a href="https://www.comedie-francaise.fr/lunettes-de-surtitrage#:~:text=Les%20lunettes%20de%20surtitrage%20rendent%20accessibles%20l'ensemble,des%20difficult%C3%A9s%20d'audition%20ainsi%20qu'aux%20publics%20anglophones.">Comédie Française</a> en propose à ses spectateurs, idem pour le théâtre de l’Odéon avec le <a href="https://www.theatre-odeon.eu/fr/dispositif-panthea">dispositif Panthea</a>) ou de reconstitution archéologique enrichie. Quant à la pratique du sport, des marques spécialisées type <a href="https://fr.engoeyewear.com/fr/pages/technology#:~:text=You'll%20forget%20you're%20wearing%20it%20by%20mile,hours.%20En%20savoir%20plus.%20Adaptive%20Brightness%20Sensor.">Engo</a> intègrent l&rsquo;affichage de métriques de performance (vitesse, rythme cardiaque, tracé) en surimpression transparente sur le verre pour éviter toute perte de concentration sur la route.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Espionnage, voyeurisme, piratage et vol de données : la face sombre du dispositif</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, les usages bénéfiques sont au rendez-vous dans plusieurs secteurs. Mais ce n’est pas une nouveauté&nbsp;: toute médaille a son revers. C&rsquo;est dans ses dérivations intimes et sécuritaires que la lunette connectée révèle son potentiel le plus toxique. Et «&nbsp;toxique&nbsp;» tient ici de l’euphémisme.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Atteinte à l&rsquo;intimité corporelle et captations sauvages &#8211;</strong> Le port de lunettes caméras dans des lieux semi-privés ou intimes (soirées, bars, vestiaires, lieux nocturnes) permet la prise de vue à l&rsquo;insu des victimes. Le risque de captation de rapports sexuels ou de moments de nudité sans consentement s&rsquo;en trouve démultiplié, alimentant les réseaux de <em>revenge porn</em>, de chantage et la création de <em>deepfakes</em> intimes. Le voyeurisme devient ici techniquement invisible.</li>



<li><strong>Espionnage industriel et vol de données d&rsquo;accès &#8211;</strong> Portées dans un cadre professionnel ou institutionnel, ces montures transforment n&rsquo;importe quel individu en vecteur de fuite de données. Un simple regard posé sur un clavier permet d&rsquo;enregistrer la saisie d&rsquo;un mot de passe ou d&rsquo;un code PIN au distributeur. De même, la consultation de documents confidentiels sur un bureau, l&rsquo;inspection de prototypes dans un salon professionnel ou la captation de réunions à huis clos s&rsquo;effectuent sans laisser de trace.</li>



<li><strong>Pillage de la propriété intellectuelle et captation d&rsquo;œuvres d&rsquo;art &#8211;</strong> Dans le domaine culturel, la possibilité de filmer en continu sans lever les mains menace le droit d&rsquo;auteur. Des salles de cinéma aux théâtres, en passant par les galeries et les musées, les œuvres d&rsquo;art et les représentations peuvent être piratées et numérisées en haute définition à des fins de revente ou de diffusion illégale.</li>



<li><strong>Piratage et captations clandestines</strong> &#8211; En déplaçant l&rsquo;informatique directement sur le visage de l&rsquo;usager, les géants de la tech ont créé des capteurs ambulants braqués en permanence sur notre environnement. Là où le piratage d&rsquo;un objet connecté ordinaire menace la confidentialité de données statiques, la compromission d&rsquo;une paire de lunettes intelligentes (par faille micrologicielle, détournement d&rsquo;applications compagnons ou interférence avec les flux d&rsquo;IA embarqués) transforme l&rsquo;appareil en un outil d&rsquo;espionnage total à l&rsquo;insu même de son porteur. Captation clandestine d&rsquo;images et d&rsquo;échanges oraux, vol de mots de passe ou de données bancaires saisis à portée de vue, aspiration de flux biométriques constituent désormais la face sombre d&rsquo;un dispositif où la frontière entre assistant personnel et cheval de Troie n&rsquo;a jamais été aussi ténue.</li>



<li><strong>Le</strong> <em><strong>doxxing</strong></em> <strong>physique par la reconnaissance faciale &#8211;</strong> L&rsquo;association de ces lunettes à des outils de recherche faciale en temps réel constitue la dérive la plus critique pour les libertés publiques. Des expérimentations (comme le <a href="https://lil.law.harvard.edu/events/i-xray-lunch/">projet</a> <a href="https://lil.law.harvard.edu/events/i-xray-lunch/"><em>I-XRAY</em> mené à Harvard</a>) ont démontré qu&rsquo;il est techniquement possible de coupler des lunettes Ray-Ban Meta à des bases de données publiques et à des moteurs comme PimEyes. Résultat : en croisant un inconnu dans la rue, le porteur de lunettes peut voir s&rsquo;afficher instantanément le nom, l&rsquo;adresse, le numéro de téléphone et les profils familiaux de la personne filmée à son insu.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Écologie, santé et colonisation de l&rsquo;attention : l&rsquo;envers du décor matériel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ok je sens votre fascination pour les lunettes connectées faiblir d’un coup. J’enfonce le clou&nbsp;? Outre les risques sur la vie privée, le modèle industriel des lunettes intelligentes pose aussi un problème écologique et sanitaire aigu.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Pour conserver un design fin et élégant, les fabricants intègrent des micro-batteries lithium-ion scellées directement dans les branches en plastique ou en acétate. La durée de vie de ces batteries dépasse rarement deux à trois ans de cycles de charge quotidiens. Une fois la batterie dégradée, la monture entière devient inutilisable. <a href="https://www.mac4ever.com/arvr/192362-les-meta-ray-ban-se-font-demonter-un-bijou-de-technologie-totalement-irreparable#:~:text=Un%20bijou%20de%20technologie.%20Expert%20reconnu%20de,%3A%20ces%20lunettes%20sont%20pratiquement%20irr%C3%A9parables%20.">IFixit</a> <a href="https://www.mac4ever.com/arvr/192362-les-meta-ray-ban-se-font-demonter-un-bijou-de-technologie-totalement-irreparable#:~:text=Un%20bijou%20de%20technologie.%20Expert%20reconnu%20de,%3A%20ces%20lunettes%20sont%20pratiquement%20irr%C3%A9parables%20.">sur Mac4ever</a> et les organismes de réparabilité attribuent à ces objets des notes désastreuses : collées et moulées, ces lunettes ne se démontent pas. Le mélange indissociable de métaux rares, de circuits intégrés, de résines et de verre rend leur recyclage industriel extrêmement difficile et coûteux, générant une montagne de déchets électroniques complexes.</li>



<li>Une lunette connectée n&rsquo;est pas un système autonome : elle fonctionne en envoyant en continu des flux audio et des images haute définition vers des serveurs distants. L&rsquo;analyse de l&rsquo;environnement par des modèles d&rsquo;intelligence artificielle générative requiert une puissance de calcul massive dans des <em>data centers</em>, engendrant une consommation énergétique et hydrique accrue (pour le refroidissement) totalement disproportionnée par rapport au service rendu (dixit <a href="https://balkangreenenergynews.com/google-reveals-gemini-ais-energy-and-water-consumption/#:~:text=Google%20claims%20that%20its%20consumption%20of%20energy,while%20delivering%20higher-quality%20responses%2C%20the%20company%20claims.">Balkan Green Energy News</a>).</li>



<li>L&rsquo;exposition prolongée à des micro-écrans situés à quelques millimètres de la rétine soulève des inquiétudes chez les ophtalmologistes (cf l’<a href="https://www.anses.fr/fr/content/realite-virtuelle-realite-augmentee-quels-risques-quelles-bonnes-pratiques-adopter">ANSES</a>). La perturbation de l&rsquo;accommodation visuelle, la sécheresse oculaire sévère et le risque de sursollicitation cognitive sont documentés. De plus, l&rsquo;incrustation constante d&rsquo;informations dans le champ de vision produit une fragmentation de l&rsquo;attention, coupant l&rsquo;utilisateur de toute présence au monde réel.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Régulation et cadre juridique : l&rsquo;impasse française et européenne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ok le rapport bénéfiques/risques commence à largement pencher du côté dangers multiples. Là aussi j’enfonce le clou&nbsp;; en France comme à l&rsquo;échelle de l&rsquo;Union européenne, l&rsquo;arsenal réglementaire est faiblard, le cadre législatif manque pour endiguer la prolifération et les usagers problématiques de ces capteurs ambulants. Face à des dispositifs qui ancrent la captation dans le quotidien, le droit positif se heurte à d&rsquo;importantes limites d&rsquo;application.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le <a href="https://www.murielle-cahen.fr/droit-a-limage-et-atteintes-a-la-vie-privee-3/">Droit à l&rsquo;image</a> et l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419288">article 9 du Code civil</a> (France) :</strong> Fixer, enregistrer ou diffuser l&rsquo;image d&rsquo;une personne sans son consentement explicite dans un lieu privé ou public constitue une atteinte à la vie privée réprimée par l&rsquo;article 9 du Code civil et l&rsquo;article 226-1 du Code pénal. Dans les faits, le caractère indécelable de la prise de vue par lunettes connectées rend l&rsquo;infraction quasiment impossible à prouver et à poursuivre sur le plan individuel.</li>



<li><strong>Le <a href="https://www.edpb.europa.eu/documents/legislative-opinion/edpb-edps-joint-opinion-12026-on-the-proposal-for-a-regulation-as_en">RGPD et le traitement illicite de données biométriques</a> (UE) :</strong> La captation continue et passive du visage des passants par un porteur de lunettes constitue un traitement massif de données personnelles et biométriques sans base légale ni consentement préalable, en violation directe des articles 6 et 9 du RGPD. Le Comité européen de la protection des données (EDPB) et le Contrôleur européen de la protection des données (EDPS) soulignent que le porteur de la monture dépasse le cadre de « l&rsquo;exception pour activité purement personnelle ou domestique » dès lors que les données sont analysées ou stockées par les serveurs d&rsquo;un tiers industriel.</li>



<li><strong>L&rsquo;<a href="https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj?locale=fr">IA Act européen face à l&rsquo;analyse en temps réel</a> (UE) :</strong> Adopté par l&rsquo;Union européenne pour encadrer l&rsquo;intelligence artificielle, le Règlement sur l&rsquo;IA (<em>AI Act</em>) interdit l&rsquo;usage de systèmes d&rsquo;identification biométrique à distance en temps réel dans l&rsquo;espace public, sauf exceptions sécuritaires très strictes. Or, les fonctionnalités d&rsquo;analyse visuelle de scène embarquées dans ces lunettes (reconnaissance de visages, d&rsquo;objets ou de texte par IA générative) frôlent en permanence ces interdictions, créant une zone grise réglementaire quant à la responsabilité des fabricants.</li>



<li><strong>L&rsquo;inefficacité structurelle des témoins lumineux (<a href="https://www.cnil.fr/fr/lunettes-connectees-appel-a-la-vigilance">CNIL</a> et <a href="https://www.edpb.europa.eu/documents/guideline/guidelines-32019-on-processing-of-personal-data-through-video-devices_en">CEPD</a>) :</strong> Pour avertir l&rsquo;entourage qu&rsquo;un enregistrement est en cours, les constructeurs intègrent un voyant lumineux (LED) sur la face avant de la monture. La CNIL ainsi que le Comité européen de la protection des données ont alerté sur le fait que ce mécanisme de réassurance est notoirement inopérant : il reste trop discret dans un environnement lumineux, méconnu du grand public et très facile à neutraliser matériellement (à l&rsquo;aide d&rsquo;un morceau de ruban adhésif, d&rsquo;une pointe de peinture ou d&rsquo;une altération du circuit imprimé). <em>.</em></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Quel devenir pour les montures connectées ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Récapitulons&nbsp;: si elles possèdent nombre d’avantages indéniables notamment dans le domaine de l’inclusivité, les lunettes connectées engendrent moult dérives, difficiles à stopper.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La polémique qu’elles suscitent s’enracine dans un objectif sociétal plus vaste&nbsp;: quitte à passer en force et sans notre consentement, les pontes de la Big Tech&nbsp;veulent clore l’ère déjà très invasive du smartphone pour imposer celle de l&rsquo;intelligence artificielle comme filtre permanent entre l&rsquo;humain et son environnement. Cette dynamique unilatérale rejoint l&rsquo;analyse du « capitalisme de surveillance » développée par Shoshana Zuboff dans son ouvrage <em>L&rsquo;Âge du capitalisme de surveillance</em>. Les lunettes connectées s’inscrivent dans une volonté affirmée de développer des infrastructures incontournables de la perception humaine qui remplaceront la spontanéité sociale par des algorithmes d&rsquo;évaluation en temps réel (dixit Evgeny Morozov dans <em>Pour tout résoudre, cliquez ici : L&rsquo;aberration du solutionnisme technologique)</em><em><strong>.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Passons sur les recherches actuellement menées pour développer des verres d&rsquo;affichage reflétant l’information directement sur la rétine et autres micro-OLED transparents, transformant chaque monture en une interface spatiale invisible. Ces projets amplifient la portée de l’homme augmenté, déjà en marche. Un homme augmenté, colonisé, dépendant toujours plus d’une technologie qui l’exploite. L&rsquo;appropriation par les entreprises de notre champ de vision pose la question de la souveraineté : en cartographiant en temps réel l&rsquo;intérieur de nos logements, nos espaces de travail et nos rues, des multinationales privées se constituent un jumeau numérique 3D exhaustif du monde réel aux dépens de notre vie privée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La viabilité de cette technologie ne résidera donc pas dans ses seules prouesses techniques, mais dans sa capacité à respecter un pacte social qu’elle est en train de dynamiter phase par phase et dans l’aveuglement général (un comble quand il s’agit de lunettes). A moins que faute d&rsquo;un cadre éthique strict, d&rsquo;une réparabilité réelle, d&rsquo;un respect absolu du droit à l&rsquo;intimité, les lunettes connectées alimentent un rejet populaire massif et fassent l&rsquo;objet d&rsquo;interdictions systématiques dans l&rsquo;espace public avec le cortège de problème que cela déclenchera pour 75&nbsp;% de la population française obligée de porter des verres correcteurs.</p>
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		<title>Tisser, broder, sublimer : au Palais Galliera, l&#8217;éloge du geste créatif</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/tisser-broder-sublimer-expo-palais-galliera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 10:57:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On ne compte plus les expositions qui exhibent des tenues, des robes. Quid du geste qui crée ces vêtements ? Présentée au Palais Galliera jusqu&#8217;au 18 octobre 2026, Tisser, broder, sublimer, les savoir-faire de la mode, se détourne des catwalks et des séances photo pour explorer l’avant, le travail des petites mains de la mode, entre [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On ne compte plus les expositions qui exhibent des tenues, des robes. Quid du geste qui crée ces vêtements ? Présentée au <a href="https://www.palaisgalliera.paris.fr/">Palais Galliera</a> jusqu&rsquo;au 18 octobre 2026, <em>Tisser, broder, sublimer, les savoir-faire de la mode</em>, se détourne des catwalks et des séances photo pour explorer l’avant, le travail des petites mains de la mode, entre ateliers et travail d’excellence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;intelligence de la main plutôt que l&rsquo;éclat du podium</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premier volet d&rsquo;une trilogie que le musée consacrera aux métiers d&rsquo;art de la mode tout au long de l&rsquo;année 2026, cette rétrospective déploie un panorama qui traverse les siècles, du XVIIIe à nos jours. Plus de 350 pièces y dialoguent : vêtements de haute couture, accessoires, échantillons de tissus, outils d&rsquo;atelier et photographies rares composent un parcours aussi didactique que sensoriel, où l&rsquo;on apprend à lire un vêtement comme on lirait une partition, fil par fil, geste par geste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tissage y est décortiqué depuis la sélection des fibres jusqu&rsquo;aux motifs les plus complexes, révélant la part d&rsquo;ingénierie silencieuse que recèle toute étoffe. La broderie, elle, occupe une place de choix : perles, paillettes et fils d&rsquo;or y sont cousus avec une minutie qui confine à l&rsquo;orfèvrerie, jusqu&rsquo;à faire d&rsquo;un simple tissu une sculpture à même le corps.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des maisons légendaires aux talents de demain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exposition convoque les grands noms qui ont façonné l&rsquo;histoire de la broderie et du tissage (la maison Lesage, la maison Hurel) sans jamais négliger les artisans restés dans l&rsquo;ombre des défilés, ni les jeunes générations, à l&rsquo;image de la maison Baqué Molinié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Brodeurs, plumassiers, pariniers floraux : tous ont travaillé, un jour, pour les plus grands noms de la couture, de Chanel à Balenciaga en passant par Comme des Garçons. Le parcours leur rend enfin ce qui leur revient : la signature. Car c&rsquo;est bien là le geste le plus politique de cette exposition&nbsp;: redonner un nom, un visage, une histoire à ceux que l&rsquo;étiquette « Fait main » a trop longtemps laissés dans l&rsquo;anonymat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rendre hommage, questionner l&rsquo;avenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la rétrospective, <em>Tisser, broder, sublimer</em> interroge frontalement la place de ces savoir-faire face aux logiques de l&rsquo;industrialisation : comment préserver un geste qui se transmet de main à main, à l&rsquo;heure où tout s&rsquo;accélère ? Le Palais Galliera ne tranche pas — il donne à voir, à comprendre, à respecter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers verrières et vitrines, l&rsquo;exposition invite à prendre le temps, à ressentir la patience nécessaire à la création de l’exception. On découvre un fil d&rsquo;or comme on contemplerait une relique. On réalise que derrière chacune de ces tenues extraordinaires, il y a eu des heures de travail, des gestes d’une précision d’horloge, une vie d&rsquo;atelier exigeante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus et préparer voter visite, consultez le <a href="https://www.palaisgalliera.paris.fr/expositions/tisser-broder-sublimer-les-savoir-faire-de-la-mode">site du Palais Galliera</a>.</p>
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		<title>Un été de trahison : une semaine pour liquider la Gueuse …</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ete-trahison-romain-slocombe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 10:35:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour celles/ceux qui nous suivent, Romain Slocombe n’est pas un inconnu. Nous lui avons déjà consacré plusieurs articles, sur ce monument de la littérature contemporaine qu’est la série Sadorski (dont je ne me suis d’ailleurs pas encore remise du dernier volume Les revenants de l’inspecteur Sadorski qu’il va peut être falloir que je chronique quand [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour celles/ceux qui nous suivent, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Romain_Slocombe">Romain Slocombe</a> n’est pas un inconnu. Nous lui avons déjà consacré plusieurs articles, sur ce monument de la littérature contemporaine qu’est la <a href="https://www.theartchemists.com/sadorski-romain-slocombe/">série Sadorski</a> (dont je ne me suis d’ailleurs pas encore remise du dernier volume <em>Les revenants de l’inspecteur Sadorski</em> qu’il va peut être falloir que je chronique quand même), <a href="https://www.theartchemists.com/sale-francaise-roman/">Une sale Française</a> ou cette claque monstrueuse qu’est <a href="https://www.theartchemists.com/roman-la-debacle-romain-slocombe/">La débâcle</a>. Un univers conçu comme une toile d’araignée qui happe le lecteur dans les miasmes de l’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=occupation">Occupation</a> : s’y croisent flics collabos, agitateurs pro-nazis, résistants communistes ou non, Juifs persécutés, bourgeoises bon teint, profiteurs, pauvres gens … bref la vie française à l’heure allemande, déployée d’un ouvrage à l’autre comme une mécanique sulfureuse. Irrespirable. Et le nouvel opus slocombien <em>Un été de trahison</em> n’arrange pas les choses puisqu’on y assiste, impuissant, à la mise à mort de la République.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dépecer la bête républicaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prenant la suite quasi immédiate de <em>La débâcle</em>, <em>Un été de trahison</em> se déroule sur une semaine, du 3 au 10 juillet 1940, date à laquelle le gouvernement de Pétain et Laval liquide officiellement la IIIe République. Le vote tristement célèbre d’une Assemblée nationale réunie en urgence dans la salle de l’Opéra de Vichy accouchera de la Révolution Nationale, régime autoritaire et collaborationniste sans fard. Le récit, jour après jour, scrute la mise à mort de la Gueuse, surnom péjoratif de cette République que vomissait le journaliste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_de_Cassagnac">Paul de Cassagnac</a>, plume bonapartise qui forgera l’insulte au XIXe siècle, insulte reprise en écho par les plus farouches opposants de la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nous vivons une journée qui restera dans l’Histoire et je tenais à ce que vous y assistiez. Voilà comment, ma chère amie, on liquide opportunément une république … Ce n’est pas moi, soyez-en certaine, qui marcherait derrière le corbillard en pleurant&nbsp;!&nbsp;</em>» C’est un futur cadre du gouvernement Laval qui exprime ici sa joie à la perspective de la curée politique annoncée, ravi par ailleurs de voir des technocrates reprendre la France occupée en main. Jour après jour, Slocombe détaille comment les charognards de la droite extrême, pro nazis pour la plupart, vont dépecer la bête républicaine affaiblie par la victoire allemande et la présence des troupes d’Occupation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre points de vue de femmes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pas de grand discours, ni de cours d’Histoire&nbsp;; nous observons la mécanique mortifère via le point de vue de quatre femmes&nbsp;: «&nbsp;ma chère amie&nbsp;» Marie-Louise Guirlange, jeune et élégante veuve (son mari a été déchiqueté par une explosion pendant l’Exode, cf <em>La débâcle</em>) est en quête d’un nouvel époux qu’elle chasse à Vichy parmi les caciques du nouveau pouvoir pétainiste&nbsp;; Gabrielle Charnay, célèbre aviatrice et profasciste assumée, mariée à un journaliste admirateur des nazis, opiomane et séducteur, souffre le martyre au fin fond de son lit d’hôpital tandis qu’un cancer lui ronge les os&nbsp;; Gisèle Rollin, infirmière et militante communiste, observe avec méfiance et incompréhension les directives pour le moins contradictoires du parti et de l’URSS&nbsp;; Jacqueline Perret, lycéenne issue de la haute-bourgeoisie parisienne (et nièce de Marie-Louise) rêve de rejoindre la résistance gaulliste et de combattre les Boches par tous les moyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre femmes (dont deux réapparaîtront dans la série Sadorski), quatre points de vue, quatre profils en quête d’émancipation dans un monde d’hommes qui ne leur laissent guère de place, sinon pour jouer les faire-valoir, les potiches, les petites mains … Chacune nous entraîne à sa manière dans la psyché d’une population sous le choc de la défaite, confrontée aux premiers temps d’une occupation dont elle pressent et redoute la barbarie. A quoi se raccrocher&nbsp;? Comment survivre&nbsp;? Comment lutter&nbsp;? C’est sur ce terreau de profonde incertitude que les séides de l’extrême droite française fomentent la mise à mort du régime républicain, avortant ainsi toute possibilité de combattre l’envahisseur avec lequel industriels et banquiers vont travailler pour se débarrasser des gauchistes toutes tendances confondues et des avancées sociales de 36 et du Front Populaire, avancées qu’ils exècrent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, qu’aurions-nous fait&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là la trahison évoquée dans le titre du livre, et elle fait écho de pertinente façon avec notre temps. Slocombe explique que l’idée du livre lui est venue après la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée par Macron le 9 juin 2024. La peur était alors grande (elle l’est toujours du reste) que le RN rafle suffisamment de sièges pour constituer une majorité. Fin connaisseur de la période 39-45, Slocombe a voulu rafraîchir les mémoires en rappelant comment fut liquidée la IIIeme République, liquidation qui accouchera d’un régime d’extrême droite d’une violence absolue. Une manière de bien faire comprendre à celles et ceux qui prônent le fameux « On n’a jamais essayé » que si, on a déjà essayé durant l’Occupation, que cela s’appelait le régime de Vichy, régime répressif qui, entre la <a href="https://www.theartchemists.com/page/2/?s=d%C3%A9portation+des+juifs">déportation des Juifs</a>, la chasse aux résistants et l’<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/mav/203/BREVILLE/68765">extermination des malades mentaux</a> a laissé sur le carreau <a href="https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/chronologie-ra-pression-et-persa-cution-en-france-occupa-e-1940-1944.html">116 000 morts</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour enfoncer le clou, Slocombe d’encadrer ce récit dans un calendrier strict&nbsp;: une semaine, jour après jour, où les actualités, les décisions politiques, administratives, viennent percuter le destin social et amoureux de quatre femmes perdues dans une tempête qui va secouer leurs vision du monde. La stratégie adoptée par l’auteur est redoutable qui nous piège, nous contraint à nous identifier, nous questionner&nbsp;: et nous, qu’aurions-nous fait&nbsp;? Que pourrions-nous faire face à ce tsunami, cette déflagration&nbsp;? C’est la grande force de Slocombe que de réaliser ce tour de mentaliste, à l’image d’un James Ellroy aux grandes heures de la trilogie <a href="https://www.theartchemists.com/underworld-usa-ellroy/"><em>Underworld USA</em></a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons tous, à un moment ou à un autre, interroger nos grands-parents sur la période de l’Occupation. Très souvent, les souvenirs restaient coincés dans les gosiers, les regards se voilaient, se détournaient, le secret pesait comme une chape de plomb. On comprend mieux pourquoi en parcourant les ouvrages de Romain Slocombe. Ces pages donnent à ressentir la sidération, la terreur, la perdition, la précarité qui régnèrent durant cette période pour le moins complexe et dangereuse. Difficile de ne pas y voir le reflet de notre époque. Cela suffira-t-il à empêcher la catastrophe&nbsp;? Rien n’est moins sûr comme le démontre <em>Un été de trahison</em>. Car les charognards ont toujours veillé au grain, prêts à toutes les compromissions même les pires, pour mettre à bas les règles démocratiques. Ce livre constitue un avertissement de plus, dans un monde en voie de fascisation et à l’orée d’une élection présidentielle cruciale.</p>
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