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	<title>hercule poirot</title>
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		<title>Sarah Phelps : quand Agatha Christie bascule dans l’angoisse contemporaine</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/sarah-phelps-agatha-christie-whodunit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:54:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant des décennies, Agatha Christie a été associée à une image rassurante : salons feutrés, crimes propres, énigmes élégantes, résolution finale réconfortante. On résout un crime, certes, mais un crime civilisé. Puis est arrivée Sarah Phelps. Avec ses adaptations pour la BBC, la scénariste et dramaturge britannique a opéré un glissement radical : avec elle, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Pendant des décennies, Agatha Christie a été associée à une image rassurante : salons feutrés, crimes propres, énigmes élégantes, résolution finale réconfortante. On résout un crime, certes, mais un crime civilisé. Puis est arrivée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Phelps">Sarah Phelps</a>. Avec ses adaptations pour la BBC, la scénariste et dramaturge britannique a opéré un glissement radical : avec elle, le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=whodunit">whodunit</a> cesse d’être confortable. L’énigme demeure, mais le plaisir du jeu s’efface au profit d’une atmosphère lourde, anxiogène, parfois franchement suffocante. Avec Phelps, Christie s’avère un révélateur de violences sociales, de traumatismes intimes et de communautés profondément dysfonctionnelles.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/zEZ7GGleuE4?si=sfrC5czhfkjQnS07" title="Acorn TV Exclusive | Agatha Christie&amp;apos;s And Then There Where None | Official Trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/zEZ7GGleuE4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/zEZ7GGleuE4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Sarah Phelps, scénariste de la noirceur ordinaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Phelps a signé plusieurs adaptations majeures d’Agatha Christie pour la BBC : <em>And Then There Were None</em> (2015), <em>The Witness for the Prosecution</em> (2016), <em>Ordeal by Innocence</em> (2018), <em><a href="https://www.theartchemists.com/the-abc-murders-poirot-sans-filtre/">The ABC Murders</a></em> (2018), <em>The Pale Horse</em> (2020).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la diversité des intrigues, ces œuvres forment un ensemble cohérent. Même tonalité, même refus du confort narratif, même obsession pour les blessures enfouies sous la respectabilité sociale&nbsp;: Sarah Phelps n’est pas une simple exécutante chargée de moderniser Christie. Avant même ses adaptations, son travail télévisuel (<em>A very british scandal, Dickensian, Sirens</em> &#8230;)s’est toujours intéressé aux angles morts de la société britannique, violences domestiques, classes sociales rigides, femmes enfermées dans des rôles imposés, culpabilité collective.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/2YbTPDWQLhM?si=YX98gCDmZh5GZt-a" title="Acorn TV Original | The Witness for the Prosecution trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/2YbTPDWQLhM?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/2YbTPDWQLhM?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Révéler la violence à l’oeuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En adaptant les œuvres de Christie, Phelps ne cherche pas à embellir le passé mais à l’exhumer. Oubliez le côté old school de la série Hercule Poirot avec David Suchet. Phelps part du principe que les romans contiennent déjà une violence sourde, mais celle-ci a longtemps été neutralisée par les codes du divertissement policier. Il s’agit de la mettre en lumière. Pour ce faire, il faut donc montrer les choses telles qu’elles sont.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des grandes forces de Sarah Phelps est son rapport à l’époque. Là où de nombreuses adaptations transforment les années 1930 ou 1950 en décors de carte postale, Phelps en fait un environnement oppressant. Les guerres ont laissé des traces&nbsp;; les hiérarchies sociales sont écrasantes&nbsp;; la violence masculine est omniprésente, souvent banalisée&nbsp;; les femmes sont piégées dans des systèmes qui les broient lentement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Phelps, l’époque n’est jamais décorative. Elle agit comme une force coercitive, un carcan social qui rend le crime presque inévitable. Le whodunit classique invite le lecteur ou le spectateur à s’amuser&nbsp;? La scénariste gomme ce plaisir. L’énigme existe toujours, mais elle n’est plus centrale. Le suspense ne repose pas uniquement sur la question “qui a tué ?”, mais sur une autre, plus dérangeante : en quoi cette communauté est-elle malade ? Où se niche le foyer d’infection&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/39vocCC8P9c?si=C9_NHoSZc26YWTDQ" title="Ordeal by Innocence | Official Trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/39vocCC8P9c?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/39vocCC8P9c?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mise en scène de </strong><strong>la toxicité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette lecture, la résolution de l’énigme n’apporte aucun soulagement. Elle confirme une intuition déjà présente : le crime est l’aboutissement logique d’un climat moralement irrespirable. Climat irrespirable notamment au sein de la cellule familiale. Un motif traverse donc toutes ces adaptations ou presque : le clan est un espace de violence, de toxicité. Familles biologiques, familles recomposées, communautés fermées, toutes fonctionnent comme des microcosmes où s’exercent domination, humiliation, jalousie et silence complice. Le crime ne surgit jamais de nulle part&nbsp;; il est précédé par des années de mépris, de non-dits, de brutalité feutrée (<em>Ordeal by innocence </em>en est une preuve frappante).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que Phelps met en scène, ce n’est donc pas un meurtre isolé, mais un système relationnel délétère. La modernité du propos tient aussi à la grammaire visuelle et sonore adoptée. Rythmes lents, silences pesants, cadrages serrés, espaces clos, corps contraints&nbsp;: la mise en scène amplifie la lourdeur de l’atmosphère. La musique est discrète, parfois absente, laissant place à une tension presque organique. Le whodunit devient ici proche du drame psychologique, parfois même du gothique social. Le spectateur ne cherche plus activement la solution : il est plongé dans une expérience de malaise prolongé.</p>



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<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/CT6QCvdjzm0?si=BLIJ5wnwiyUK3R1g" title="Le Cheval Pâle - Bande-annonce" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/CT6QCvdjzm0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/CT6QCvdjzm0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Attention&nbsp;: Phelps ne corrige pas Agatha Christie, elle en révèle les zones d’ombre, longtemps atténuées par des adaptations trop policées. Aucune réassurance finale n’est évoquée. La vérité est révélée, certes, mais elle ne restaure pas l’ordre. Elle laisse un goût amer, une impression de gâchis humain. Le crime est résolu mais le malaise demeure. C’est là, sans doute, que réside la singularité de ce travail : avoir transformé le whodunit en outil d’exploration de l’anxiété collective.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>La recette parfaite d’un whodunit filmé (ou comment réussir un crime à énigme sur grand écran)</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/recette-whodunit-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:47:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si vous venez de lire l’article sur les mutations du whodunit, vous avez pigé que le genre est plus complexe qu’il y paraît. En surface, un meurtre et une enquête&#160;; dans les profondeur une horlogerie narrative d’une précision redoutable, où chaque ingrédient compte. Trop d’effets, et la mécanique se voit. Pas assez, et l’ennui guette. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Si vous venez de lire l’article sur <a href="https://www.theartchemists.com/whodunit-agatha-christie-benoit-blanc/">les mutations du whodunit</a>, vous avez pigé que le genre est plus complexe qu’il y paraît. En surface, un meurtre et une enquête&nbsp;; dans les profondeur une horlogerie narrative d’une précision redoutable, où chaque ingrédient compte. Trop d’effets, et la mécanique se voit. Pas assez, et l’ennui guette. Ce qui vaut pour la version littéraire est encore plus marquant pour la version cinématographique. Alors, que faut-il pour réussir un whodunit filmé ?<br />Voici la recette.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°1 : un crime central (clair, net, problématique)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout bon whodunit commence par un crime lisible. Pas forcément spectaculaire, mais <strong>structurant</strong>. Il doit créer une rupture nette, un avant et un après. Le crime n’est pas là pour choquer mais pour <strong>organiser le récit</strong>. Un bon whodunit ne multiplie pas les meurtres à l’aveugle. Il choisit <strong>un crime pivot</strong>, autour duquel tout va se reconfigurer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°2 : un cercle fermé de suspects</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plaisir du whodunit repose sur une promesse implicite : le coupable est dans la pièce. Manoir, train, île, villa, hôtel de luxe, plateau télé, domaine familial… Peu importe le décor, tant qu’il crée un espace clos — physique ou symbolique. Le spectateur doit pouvoir dresser mentalement la liste des suspects. Trop de personnages tuent l’énigme. Pas assez, et la solution devient évidente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°3 : un enquêteur (ou un regard) identifiable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Hercule Poirot, Miss Marple, Benoit Blanc… Le whodunit a besoin d’un centre de gravité narratif. Pas forcément un détective officiel, mais un regard structurant, capable de faire circuler l’information. L’enquêteur n’a pas besoin d’être infaillible. Au contraire. Ses angles morts, ses manies, son excentricité participent au plaisir. Ce n’est pas un super-héros : c’est un chef d’orchestre du soupçon.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°4 : les points de vue multiples (et contradictoires)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéma a un avantage décisif sur le roman : l’image. Un whodunit filmé réussi exploite pleinement cette richesse. Flashbacks, récits fragmentés, scènes rejouées depuis différents points de vue… Chaque version modifie légèrement la perception des faits. Ce qui semblait évident devient douteux. Ce qui paraissait secondaire devient central. La clé ? Ne jamais mentir au spectateur, seulement déplacer son regard.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°5 : un casting prestigieux (et idéalement à contre-emploi)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le whodunit adore les visages connus. Pourquoi ? Parce que le spectateur arrive avec des attentes. Et ces attentes sont de la matière narrative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un casting prestigieux permet :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>de jouer avec les stéréotypes</li>



<li>de créer de fausses évidences</li>



<li>de détourner les rôles habituels.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le contre-emploi est un outil redoutable. Un acteur associé à l’héroïsme devient suspect. Une figure comique cache une noirceur inattendue. Le casting constitue une <strong>fausse piste en soi</strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°6 : des indices visibles (mais mal interprétés)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un bon whodunit respecte une règle fondamentale héritée d’Agatha Christie : le spectateur doit avoir accès aux mêmes indices que l’enquêteur. Clés, regards, objets, phrases anodines, gestes furtifs… Tout est là. Le plaisir vient du fait que l’on voit, mais que l’on ne comprend pas encore. Le twist final ne doit jamais tomber du ciel.<br />Il doit faire dire : “Mais oui, c’était sous nos yeux.”</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°7 : un montage précis comme une horloge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le montage est l’arme secrète du whodunit filmé (cf le fameux et très bien orchestré Mort sur le Nil version 1978). C’est lui qui décide :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>quand révéler une information</li>



<li>quand la masquer</li>



<li>quand la répéter sous un autre angle.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Un bon montage sait ralentir le temps, insister sur un détail, puis l’oublier pour mieux y revenir. Il crée un rythme qui stimule l’attention sans jamais perdre le spectateur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°8 : une mise en scène lisible (sans tape-à-l’œil inutile)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à ce que l’on croit, le whodunit n’aime pas l’esbroufe. La mise en scène doit être au service de la compréhension, pas de la démonstration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Caméra trop agitée, montage illisible, effets gratuits : autant de poisons pour l’énigme. Le spectateur doit pouvoir reconstruire mentalement l’espace, les déplacements, les temporalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La clarté est une forme d’élégance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ingrédient n°9 : une couche méta (facultative, mais savoureuse)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les whodunits contemporains aiment se regarder fonctionner. Clins d’œil aux codes, dialogues conscients du genre, personnages qui commentent l’enquête en train de se faire… Utilisé avec parcimonie, le méta ajoute une jouissance supplémentaire dixit les trois opus de la franchise Benoît Blanc qui regorgent de clins d’oeil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attention cependant : trop de méta tue la tension. L’ironie ne doit jamais remplacer l’enjeu dramatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dressage final : la révélation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment de la révélation est sacré. C’est là que tout se joue. Elle doit être claire, logique, satisfaisante et idéalement, dire quelque chose du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un bon whodunit ne se contente pas de désigner un coupable. Il révèle un système, une dynamique sociale, une vérité plus large que le crime lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cuisine de précision</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Réussir un whodunit filmé, ce n’est pas empiler des twists. C’est&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>cuisiner avec précision, respect et malice.</li>



<li>tromper le spectateur sans jamais le trahir.</li>



<li>faire de l’enquête un jeu, mais aussi un miroir.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Car au fond, le whodunit pose toujours la même question : que révèle un crime de celles et ceux qui l’entourent ? Et tant que cette question restera pertinente, le genre aura encore de beaux jours devant lui.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<item>
		<title>Whodunit : d’Agatha Christie à Benoit Blanc, un genre en mutation</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/whodunit-agatha-christie-benoit-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vendredi 12 décembre 2025, 9 heures du matin&#160;: Netflix diffuse le troisième opus de la franchise Benoit Blanc, vite accompagnée de la rediffusion des deux premiers films. En cette occasion largement relayée par les médias à grand coup d’articles et de vidéos, une évidence s’impose : le whodunit se porte à merveille, au milieu de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph">Vendredi 12 décembre 2025, 9 heures du matin&nbsp;: Netflix diffuse le troisième opus de la <a href="https://www.theartchemists.com/films-a-couteaux-tires-glass-onion/">franchise Benoit Blanc</a>, vite accompagnée de la rediffusion des deux premiers films. En cette occasion largement relayée par les médias à grand coup d’articles et de vidéos, une évidence s’impose : le <em>whodunit</em> se porte à merveille, au milieu de la marée toujours montante de thrillers poisseux, true crime anxiogènes et autres polars hyperréalistes qui envahissent nos écrans. Qu’est-ce qui légitime cette bonne santé&nbsp;? Explications.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A la fin, tout fera sens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Constant, irrésistible, prospère même, cette valeur refuge du récit criminel constitue une machine narrative increvable qui traverse les époques, les supports et les mutations sociales avec une insolente stabilité. Roman, cinéma, série, jeu vidéo, jeu de société : peu importe le terrain, le <em>whodunit</em> séduit, charme, fascine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et sans une ride, s’il vous plaît. Le <em>whodunit</em> est un mutant qui sait y faire pour garder la forme. S’il continue de plaire aujourd’hui, ce n’est pas par nostalgie ou par folklore british, mais parce qu’il répond à quelque chose de beaucoup plus viscéral : un besoin d’ordre,de logique, de causalité. Dans un monde qui ressemble de plus en plus à un fil d’actualité chaotique, le <em>whodunit</em> promet une chose presque révolutionnaire : à la fin, tout fera sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et au début&nbsp;? Quid des racines du genre&nbsp;? Le terme sonne presque comme une blague, un mot mâché trop vite, une onomatopée lancée entre deux pintes de bière dans un pub londonien. Whodunit&nbsp;: contraction familière de la question “Who’s done it?” — littéralement : <em>« Qui l’a fait ? »</em>. Sous-entendu : <em>qui a commis le crime ? </em>À l’origine, c’est du langage parlé, de l’argot journalistique, une expression un peu goguenarde pour désigner ces histoires où toute l’intrigue repose sur l’identité du coupable. On est plus proche du clin d’œil que du traité de narratologie.</p>



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<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/0hc8yz5-d5Y?si=KbSfPyC8u3gIy8G1" title="Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery | Official Trailer | Netflix" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/0hc8yz5-d5Y?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/0hc8yz5-d5Y?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un duel entre l’auteur et le lecteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières traces écrites apparaissent au début du XXᵉ siècle, dans la presse anglo-saxonne. Le mot sert d’étiquette pratique, presque moqueuse, pour classer ces romans policiers « à énigme » qui envahissent les librairies : des intrigues réglées comme des horloges, pleines d’alibis, de fausses pistes et de suspects trop polis pour être honnêtes. Autrement dit : le polar comme jeu de société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est fascinant, c’est que le terme décrit déjà toute la mécanique narrative. Un <em>whodunit</em>, ce n’est pas simplement une histoire de crime. C’est une question transformée en moteur dramatique&nbsp;: en découvrant ce qui s’est passé, on détermine qui a tué. Le récit est structuré comme une équation :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>un crime (un meurtre, bien propre sur lui, le but n’est pas de patauger dans des litres de sang, des kilos de tripes),</li>



<li>un cercle fermé de suspects (qui se connaissent, des amis, une famille),</li>



<li>un lieu isolé de préférence (manoir au fin fond du Maine, bateau, train type Orient-Express, île … ) si possible dans un pays étranger et exotique (Égypte, Venise, Grèce … ) mais la campagne anglaise convient aussi parfaitement.</li>



<li>des indices disséminés avec une précision d’horloger,</li>



<li>des fausses pistes à foison</li>



<li>un enquêteur central, un brin charismatique</li>



<li>une révélation finale, souvent collective, toujours magistrale.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Années 30, 40, 50, 60 … aujourd’hui. L’époque importe peu&nbsp;; toujours on retrouve les ingrédients cités à partir desquels l’auteur concocte une intrigue dont la lecture tient du sport cérébral. A la clé un véritable duel avec le lecteur dont l’intelligence est mise en valeur. On peut se tromper, soupçonner le mauvais coupable, le plaisir vient autant de l’échec que de la réussite. Le <em>whodunit</em> est un jeu sérieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Agatha Christie, la matrice et le contrat de confiance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A ce jeu justement, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Agatha_Christie">Agatha Christie</a> s’impose comme une fine lame. Impossible d’aborder le <em>whodunit</em> sans revenir à cette figure tutélaire, à la fois architecte et matrice du genre. Avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot">Hercule Poirot</a> et Miss Marple, elle codifie une grammaire qui s’imposera comme standard mondial, copié, décliné, remixé jusqu’à l’overdose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Christie, le crime est construction, stratégie, calcul. Elle établit le principe évoqué&nbsp;plus haut, diabolique d’efficacité : un mort, un cercle restreint de suspects, un espace clos — train, manoir, île, village trop tranquille pour être honnête. Le défi est lancé au lecteur : «&nbsp;tout est là, sous vos yeux. À vous de jouer. Saurez-vous démasquer le coupable… et comprendre comment il s’y est pris pour expédier Untel dans l’au-delà sans que personne ne voie rien ?&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le crime constitue ici une énigme logique, presque un problème de maths. La violence reste hors champ, le sang est discret, l’horreur, contenue dans les marges. Rien à voir avec les bouchers du thriller moderne qui mettent en scène des tueurs en série cruels et retors adeptes de meurtres atroces. Dans les salons BCBG du <em>whodunit</em>, on meurt proprement, entre deux tasses de thé, empoisonnées comme il se doit. Ce qui compte, ce n’est pas le cadavre, c’est le casse-tête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lecteur n’est pas là pour frissonner — il est là pour réfléchir. Observer. Douter. Soupçonner tout le monde, y compris la vieille dame charmante ou le colonel impeccable. Bref : jouer. Le <em>whodunit</em>, version Christie, repose sur un pacte presque chevaleresque, un contrat de confiance entre l’auteur et son public. La solution est là, depuis le début, encore faut-il savoir regarder. C’est limpide, et redoutablement addictif.</p>



<div class="wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<div class="wp-block-group has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<h3 class="wp-block-heading"><strong>Sherlock Holmes&nbsp;: whodunit or not whodunit&nbsp;?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Conan_Doyle">Arthur Conan Doyle</a> est bien l’un des pères fondateurs du roman policier moderne, les aventures de son Sherlock Holmes ne relèvent pas vraiment du <em>whodunit</em> au sens strict. La différence tient en une nuance capitale : chez Holmes, la question n’est pas <em>« Qui a fait le coup ? »</em>… mais plutôt <em>« Comment diable a-t-il fait ça ? »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Créé à la fin du XIXᵉ siècle, le détective fonctionne comme une machine à déductions quasi surnaturelles. Il observe une tache de boue, un pli sur une manche, une cendre de cigare — et reconstitue un destin entier. Le lecteur, lui, reste sur le quai à regarder passer le train. Pas de jeu équitable ou de puzzle partagé. Holmes est là pour impressionner un public qui ne peut rivaliser avec lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>whodunit</em> classique — celui que codifiera plus tard Agatha Christie — repose au contraire sur un pacte limpide : tous les indices sont visibles, tous les suspects à portée de main, et le lecteur peut, en théorie, battre l’auteur. C&rsquo;est une partie d’échecs entre auteur et lecteur. C’est précisément cette dimension ludique, presque démocratique, qui fera du genre un phénomène populaire massif.</p>
</div>
</div>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/yTwO6WRPGT0?si=rkAZsVnaDKPoyFNd" title="Les Sept Cadrans d&amp;apos;Agatha Christie | Bande-annonce officielle VF | Netflix France" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/yTwO6WRPGT0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/yTwO6WRPGT0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Du roman à l’écran : élégance et respect des codes sociaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pareil potentiel ne laissera pas le 7eme art indifférent. Très tôt, le cinéma saisit le potentiel photogénique du genre. Le <em>whodunit</em>, avec son unité de lieu, son nombre limité de suspects et sa révélation finale quasi théâtrale, ressemble déjà à un décor de plateau prêt à tourner. Il suffit de fermer les portes, d’aligner les personnages, de laisser la tension monter. Le passage à l’écran se fait presque naturellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://www.theartchemists.com/festival-ecrans-britanniques-merci-pour-le-focus-sur-les-mysteres-dagatha-christie/">adaptations d’Agatha Christie</a>, dans les années 1970, vont fixer durablement cette grammaire visuelle. Avec <em>Le Crime de l’Orient-Express</em> de Sidney Lumet, puis <em>Mort sur le Nil</em>, le genre s’habille de velours, de boiseries vernies et de lumières dorées. Les trains sont luxueux, les bateaux élégants, les salons tapissés de tentures épaisses. On ne meurt pas dans la crasse d’une ruelle, mais entre deux coupes de champagne. Le crime devient presque mondain, un scandale de bonne société plus qu’une irruption de sauvagerie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette esthétique policée transforme profondément la perception de la violence. Le sang reste discret, souvent hors champ. Quant au crime en lui-même, il agit comme un révélateur social. Il met au jour les jalousies d’héritage, les adultères, les mensonges de classe, toutes ces tensions polies que la bienséance maintenait sous cloche. Mais — et c’est là toute l’ambiguïté du modèle classique — il ne remet jamais réellement l’ordre du monde en cause. Une fois le coupable démasqué, la parenthèse se referme. Le groupe est purgé de son élément déviant, la vérité triomphe, et l’équilibre revient comme si rien d’irréparable ne s’était produit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand le <em>whodunit</em> se fissure : modernité et trouble moral</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>whodunit</em> cinématographique fonctionne ainsi comme un théâtre social rassurant qui observe, dissèque, expose les failles tout en promettant que le système tiendra bon. À mesure que le XXᵉ siècle avance, le genre commence cependant à se fissurer. Les certitudes morales s’érodent, les figures d’autorité vacillent, la violence devient plus visible. Le genre absorbe ces mutations. Les crimes deviennent plus sordides, les enquêteurs moins infaillibles, les coupables plus ambigus. La résolution n’efface plus totalement le malaise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des œuvres comme <em>Gosford Park</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/le-nom-de-la-rose-umberto-eco-version-agatha-christie/">Le Nom de la rose</a></em> montrent un <em>whodunit</em> qui ne se contente plus de résoudre une énigme, mais interroge le système social qui l’a rendue possible. Le crime n’est plus une anomalie mais un symptôme. Le genre commence à se regarder lui-même, à douter de ses propres règles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le whodunit à l’ère du méta</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la franchise <em>Knives Out</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rian_Johnson">Rian Johnson</a> signe un retour assumé au <em>whodunit</em>, tout en le propulsant pleinement dans le XXIᵉ siècle. Benoit Blanc est un héritier direct d’Hercule Poirot : même goût pour la parole, même posture légèrement décalée, même intelligence analytique. Mais là où Christie disséquait la bonne société britannique, Benoit Blanc évolue dans un monde contemporain saturé de faux-semblants : milliardaires de la tech, influenceurs, héritiers toxiques, élites déconnectées. Le <em>whodunit</em> s’affirme de plus en plus comme une satire sociale. L’énigme n’est plus seulement “qui a tué ?”, mais “qui ment ?”, “qui manipule ?”, “qui tire réellement les ficelles ?”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rian Johnson joue avec les codes, les détourne, les expose. Le spectateur croit reconnaître la mécanique, mais elle se déplace sans cesse. Le <em>whodunit</em> devient réflexif, presque philosophique : il interroge notre rapport à la vérité dans un monde saturé de récits concurrents. Les séries s’emparent aussi du phénomène, ouvrant un peu plus ce terrain de jeu. La sérialisation permet en effet d’étirer l’enquête, d’approfondir les personnages, de multiplier les points de vue. La résolution n’est plus forcément un moment unique, mais un processus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des séries comme <em>Broadchurch</em> ou <em>Only Murders in the Building</em> montrent deux visages du genre l’un sombre, émotionnellement lourd, ancré dans le réel, l’autre ludique, conscient de ses codes, presque joyeusement méta. Dans les deux cas, le <em>whodunit</em> prouve qu’il peut s’adapter à des formats longs sans perdre son ADN. Le plaisir de l’énigme demeure, mais il s’enrichit d’une épaisseur psychologique nouvelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/Zbr1CUSwpE0?si=PWLRH0sFZXQGDX8y" title="Only Murders in the Building - Bande-annonce officielle (VOST) | Disney+" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Zbr1CUSwpE0?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/Zbr1CUSwpE0?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi le whodunit nous rassure… et nous inquiète</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du salon feutré d’Agatha Christie aux villas ultra-connectées de Benoit Blanc, le <em>whodunit</em> n’a jamais cessé d’évoluer. Il a changé de décor, de ton, de support, mais il conserve son cœur battant : le plaisir de l’enquête, la jouissance de la déduction, la fascination pour le mensonge et la vérité. S’il traverse les décennies avec autant de constance, c’est qu’il répond à une attente profonde. Il promet qu’un monde désordonné peut être compris. Que la vérité existe. Qu’un raisonnement rigoureux peut faire émerger du sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les déclinaisons contemporaines introduisent une nuance essentielle : la vérité n’est plus toujours réparatrice. Identifier le coupable ne suffit plus à restaurer l’ordre. Le <em>whodunit</em> moderne raconte aussi notre désenchantement. Il met en scène notre besoin de comprendre, tout en révélant les limites de cette quête.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Poirot vs Lecter : duel critique entre deux visages du génie criminel ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/poirot-lecter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 17:17:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Séries]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p class="wp-block-paragraph">C’est un euphémisme de dire que la ARTchemists&rsquo;team bingewatche. Pour être honnête avec vous, nous passons une partie conséquente de notre temps libre à regarder films et séries. Parfois en alternant. Ce qui occasionne parfois des croisements aussi audacieux que révélateurs. Exemple&nbsp;? Dernièrement, j’ai regardé en parallèle les séries <em>Hercule Poirot</em> avec David Suchet et <em>Hannibal</em> avec Mads Mikkelsen. A priori rien de commun&nbsp;: les univers d’Agatha Christie et de Thom Harris sont aux antipodes. Deux ambiances. Deux époques. Deux registres. Deux narrations. Surtout deux héros en totale opposition. En apparence. Parce qu’au fil des épisodes, je commence à me demander si ces deux personnages n’ont finalement pas certains points en commun. Explications.</p>



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<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/_4ypEmJlfn8?si=ReK7LiDo4GA_2x9R" title="Agatha Christie&amp;apos;s Poirot HD trailer" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_4ypEmJlfn8?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/_4ypEmJlfn8?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Hercule Poirot : un génie en marge de la société anglaise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On ne présente plus <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot">Hercule Poirot</a>, le célébrissime détective belge inventé par Agatha Christie, et qui revient en boucle dans sa bibliographie (38 romans, 51 nouvelles, 2 pièces de théâtre). Diffusée à partir de 1989, la série <em>Hercule Poirot</em> avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Suchet">David Suchet</a> est souvent perçue comme l’incarnation la plus “classique” de cet univers littéraire (même si j’avoue un faible pour l’interprétation de Peter Ustinov). Décors élégants, intrigues soigneusement construites, respect scrupuleux des textes, tout y est, y compris la prestation cinq étoiles d’un acteur phare qui colle parfaitement au rôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi&nbsp;? Parce que Suchet fait ressorti ces facettes qui font de Poirot un héros à part.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Poirot est étranger. Belge, maniéré, obsessionnel, il détonne dans la société britannique qu’il traverse. On le traite régulièrement avec condescendance, on se moque de ses manies, on le tolère plus qu’on ne l’accueille, souvent même on l’insulte, il subit le racisme ambiant dans les années 20/30. En résumé, Poirot est un ovni social, accepté uniquement parce qu’il est utile.</li>



<li>Son dandysme n’est pas un simple trait comique. C’est une affirmation identitaire, une preuve de sa droiture morale, de sa conception du monde et de la société. Costume impeccable, moustache sculptée, amour du beau, de l’ordre, de la culture, <a href="https://delphineneimon.com/hercule-poirot-gardien-phare/">Poirot</a> se construit comme un îlot de civilisation dans un monde qui, sous ses airs policés, dissimule jalousies, violences et pulsions meurtrières.</li>



<li>Son génie est mental. Il observe, écoute, assemble. Il dissèque le crime comme le ferait un scientifique ou un philosophe. Plus que tout, il croit fermement à une chose essentielle : la vérité peut être, doit être dite,<strong> </strong>même si elle dérange, même si elle détruit des réputations.</li>



<li>Il aime la bonne cuisine, c’est un gastronome doté d’un nez, d’un palais d’une grande finesse. A l’occasion, il n’hésite pas à se mettre aux fourneaux, excelle à cuisiner des plats rares pour son ami Hastings.</li>
</ul>



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<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/AB8mBIJ3SUE?si=meEEMwk54ECWioJ-" title="Hannibal S01 Promo #2 VOSTFR (HD)" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/AB8mBIJ3SUE?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/AB8mBIJ3SUE?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Hannibal : le prédateur civilisé</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hannibal</em>, créée par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bryan_Fuller">Bryan Fuller</a> et diffusée à partir de 2013, appartient à un tout autre univers. Cette série ultra-baroque, extrêmement stylisée, d’une rare violence, met en scène le tristement célèbre Hannibal Lecter, psychiatre brillant, esthète absolu et tueur cannibale créé initialement par Thomas Harris et qu’on voit à l’œuvre dans les romans <em>Dragon rouge</em> et <em>Le silence des agneaux</em>. Incarné au cinéma par Anthony Hopkins, il l’est à la télévision par Mads Mikkelsen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un cas comme dans l’autre, il semble clair que Lecter est tout ce que Poirot n’est pas censé être. Et pourtant, en grattant un peu, des points de convergence apparaissent</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Hannibal est lui aussi un homme de culture, doté d’un grand raffinement. Il aime l’art, la musique classique, les beaux objets, les costumes sur-mesure, son érudition est sidérante, sa connaissance de la psyché humaine aussi.</li>



<li>C’est, on le sait, un adepte de haute gastronomie. Chaque repas est pour lui une cérémonie. Chaque geste culinaire est ritualisé, chaque plat composé comme un tableau de maître. La violence, chez lui, n’est jamais brute : elle est mise en forme.</li>



<li>Lecter épaule le FBI dans ses enquêtes. Il observe les crimes, les comprend mieux que quiconque, non parce qu’il les combat, mais parce qu’il les pense. Il est consulté, sollicité, apprécié — mais jamais vraiment intégré. Trop brillant, trop dérangeant, trop inassimilable, il demeure en marge.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Là où Poirot est marginal par son étrangeté sociale, Lecter l’est par excès de lucidité. Il voit trop bien le monde pour s’y soumettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors duel ou pas duel&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 1 : le dandysme comme langage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Poirot comme chez Lecter, le dandysme n’est pas décoratif. C’est un langage de pouvoir. Tous deux utilisent la politesse, la culture et le raffinement comme des armes. Ils imposent leur rythme, leur esthétique, leur supériorité intellectuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne cherchent pas à se fondre dans le décor : ils s’en distinguent. La différence est morale, pas structurelle. Poirot utilise le dandysme pour affirmer une civilisation de l’esprit. Lecter l’utilise pour sacraliser sa propre loi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 2 : des génies à part</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Poirot et Lecter partagent un trait fondamental : ils sont <strong>seuls</strong>. Certes Hastings et Miss Lemon sont de fidèles compagnons de Poirot, de même Will Graham, Abigail Hobbes et Bedelia Du Maurier pour Lecter. Mais basiquement, intrinsèquement, ce sont des loups solitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur intelligence les isole. Ils comprennent trop vite, trop bien. Ils voient les mécanismes humains avant les autres. Cette lucidité les place hors du commun, mais aussi hors du lien social ordinaire. La société les entoure, les observe, les respecte, parfois les craint. Mais elle ne les accepte jamais vraiment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 3 : des conseillers occultes du pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ni Poirot ni Lecter n’appartiennent réellement aux institutions qu’ils servent. Poirot aide la police, mais reste extérieur à Scotland Yard, défendant farouchement son statut de détective privé indépendant. Lecter conseille le FBI, mais depuis une position de contrôle, voire d’enfermement, et sans jamais négliger son cabinet et ses patients dont il encourage les pires facettes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous deux ne sont jamais assimilés, s’y refusent. En se distançant, ils préservent leur indépendance, affirment leur différence, s’amusent de ce contrôle qu’ils exercent en continu sur des forces de l’ordre incapables de rivaliser avec leur intellect, ces petites cellules grises que Poirot cite régulièrement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Round 4 : morale contre esthétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que le duel bascule.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Poirot croit à la morale, il en est le défenseur convaincu et inflexible. Même lorsqu’il comprend les motivations d’un crime (<em>Le Crime de l’Orient Express</em> notamment), il s’attache à une forme de justice, à une vérité révélée devant tous. N’oublions pas que le whodunit dont il est une pure émanation vise, in fine, une restauration de l’ordre.</li>



<li>Hannibal Lecter, lui, se situe au-delà de la morale commune qu’il méprise. Il juge, sélectionne, punit selon ses propres critères esthétiques, choisissant soigneusement ses victimes dans un carnet d’adresse alimenté par les coordonnées de celles et ceux qu’il juge indignes de vivre. La justice devient personnelle, presque artistique. Le crime est un acte de distinction.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Deux époques, un même mythe, pas de vainqueur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Poirot et Lecter se répondent si puissamment, c’est parce qu’ils incarnent chacun leur époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Poirot appartient à un monde qui croit encore que la raison peut contenir le mal. Lecter naît dans un monde désenchanté, où l’intelligence ne protège plus de la barbarie, elle peut même à l’occasion l’amplifier. À cinquante ans d’écart, ces deux anti-héros forment un diptyque fascinant : le génie civilisé avant la chute, le génie civilisé après la perte des illusions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Poirot contre Lecter, c’est un combat entre le bien et le mal qui pourrait accoucher d’une conversation entre deux figures extrêmes de l’intelligence humaine. L’un choisit l’ordre. L’autre choisit le chaos maîtrisé. Mais tous deux posent la même question, toujours brûlante : que fait-on des esprits trop brillants pour rentrer dans le cadre ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est sans doute pour cela que, visionnées aujourd’hui en parallèle, les deux séries se répondent avec une telle évidence. Parce que chacun des personnages en leur centre nous rappellent que la culture, la politesse et le génie ne sont jamais neutres. Ils sont des formes de pouvoir. Et parfois, de danger.</p>



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		<title>Nosferatu 2024 : un coup de maître ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-nosferatu-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 08:48:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On ne va pas se mentir. En reprenant le film culte de Murnau, en passant derrière la relecture hallucinée (et particulièrement réussie) d’Herzog, Robert Eggers a pris un très gros risque : celui de saccager un récit fondateur, une légende. Pas évident évident de repasser derrière deux maîtres du cinéma, qui chacun bénéficiait d’interprètes de génie [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024.jpg" alt="" class="wp-image-37717" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p class="wp-block-paragraph">On ne va pas se mentir. En reprenant le film culte de Murnau, en passant derrière la relecture hallucinée (et particulièrement réussie) d’Herzog, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Eggers">Robert Eggers</a> a pris un très gros risque : celui de saccager un récit fondateur, une légende. Pas évident évident de repasser derrière deux maîtres du cinéma, qui chacun bénéficiait d’interprètes de génie (Max Schreck pour l’un, Klaus Kinski pour l’autre). Et pourtant, Eggers, avec son <em>Nosferatu</em> 2024, réussit un coup de maître : apporter du sang neuf à un vampire ancestral, tout en accouchant d’une œuvre fantastique à l’aura particulièrement malsaine.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/82NdlKtgArg?si=HT_jUFgyGaEwUhSc" title="NOSFERATU - Bande annonce officielle VOST [Au cinéma le 25 décembre 2024]" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/82NdlKtgArg?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/82NdlKtgArg?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un transi médiéval</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nosferatu, l’innommable, le démon, le diable, le non-mort… un vampire livide et chauve, aux doigts griffus,  aux oreilles en pointe, une goule aux dents acérées qui va répandre la mort et le malheur sur le monde. Il faudra le sacrifice d’une jeune femme au cœur pur pour sauver l’humanité de ce monstre assoiffé de sang et de malédiction. Bon : voici les grandes lignes de l’histoire adaptée à l’écran par Murnau en 1922, avec le succès que l’on sait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Herzog creusera ce sillon, soulignant un peu plus le côté romantique de ce comte Orlock largement inspiré du roman <em>Dracula</em> de Bram Stocker. Un être maudit et seul, qui convoite l’amour d’une femme superbe dont on se demande si ce n’est pas elle au finish le vrai vampire des deux (Isabelle Adjani, impériale). Changement de registre avec la version d’Eggers. Exit le fantôme blafard, Orlock à la mode 2024 (Bill Skarsgård) a tout du transi médiéval et c&rsquo;est justement là l&rsquo;originalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Énergie, démesure et poésie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cadavre qui marche, en partie décomposé, altier et autoritaire cependant, vêtu comme les seigneurs roumains de la Renaissance, diffuse le désespoir et la démence sur le monde et l&rsquo;humanité dans le seul but de récupérer celle qui lui est promise. Tout juste mariée à Thomas (Nicolas Hoult), l&rsquo;élue, Ellen Hutter, va sombrer dans une mélancolie aux accents épileptiques spectaculaires. Plus Orlock se rapproche plus d&rsquo;elle, plus la jeune femme se délite, multipliant les crises de nerfs et de somnanbulisme, au cœur d’une ville ravagée par la peste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lily-Rose Depp plante une héroïne décidée à combattre son agresseur par tous les moyens, même les plus extrêmes. Sa prestation est aussi sportive que stupéfiante, alliant énergie, démesure et poésie. L’atmosphère autour d’elle tient à la fois du conte horrifique à la Edgar Allan Poe et du roman gothique en mode les <em>Hauts de Hurlevent</em> d’Emily Brontë. Le travail des éclairages, lumière du feu versus paleur de la lune, contribue à tisser une atmosphère particulièrement oppressante, où les ombres s&rsquo;agitent comme des serpents avides.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cauchemar gothique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Perte de repères, ruptures de rythmes, vertiges, illusions d’optique, le film est tourné de manière à perdre le spectateur dans le cauchemar des personnages. Un cauchemar qui s’installe petit à petit avant de prendre une dimension dantesque et crue. Sous le vernis des apparences, le caractère policé des relations, la politesse d’un XIXe siècle voué à la science et à la modernité, la bestialité ancestrale sommeille, violence, sexe, cruauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cela, le <em>Nosferatu</em> d’ Eggers semble une continuité de <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-the-witch-sorciere/">The Witch</a></em>, premier film du réalisateur et récit hautement horrifique disséquant avec un sens consommé du suspense comment une toute jeune fille sombre dans une sorcellerie matinée de parenticide. Même sensualité ne demandant qu’à déraper, même attirance pour l’ombre et l’interdit, même fascination pour le Mal, et un spectateur complètement  terrorisé par cette atmosphère irrespirable où s’épanouit l’indicible.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-5 is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained" style="font-style:normal;font-weight:600">
<p class="wp-block-paragraph">À lire également</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-dernier-voyage-demeter/">Le Dernier Voyage du Demeter : récit naturaliste d’une traversée macabre</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-ombre-vampire-nosferatu/">L’ombre du vampire : Max Schreck était-il un nosferatu ?</a></li>
</ul>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Décors et costumes, effets spéciaux et cadrages ajoutent la pointe de réalisme nécessaire pour rendre, sinon crédible, du moins concrète cette fable macabre, moderne déclinaison du thème de la jeune fille et la Mort.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>ARKYfly : funny design, bijoux jolis et mine d&#8217;inspiration !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/arkyfly-bijoux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Nov 2023 16:34:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36612</guid>

					<description><![CDATA[<p>Direction Turin Italie pour découvrir les bijoux multicolores made in ARKYfly. Des bijoux qui devraient enchanter les passionnés toutes tendances confondues. L’acrylique comme expertise Cinéma, animaux, stars de la pop et du rock, fruits, légumes et fleurs, accessoires de mode, grands couturiers, artistes, littérature, décoration… on va être clair&#160;: Flavia ne manque guère ni de [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly.jpg" alt="" class="wp-image-36613" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Direction Turin Italie pour découvrir les bijoux multicolores made in ARKYfly. Des bijoux qui devraient enchanter les passionnés toutes tendances confondues.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’acrylique comme expertise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cinéma, animaux, stars de la pop et du rock, fruits, légumes et fleurs, accessoires de mode, grands couturiers, artistes, littérature, décoration… on va être clair&nbsp;: Flavia ne manque guère ni de références ni d’inspiration. Cette architecte turinoise de formation s’est progressivement convertie à la création d’ornements. Aujourd’hui, c’est devenu son terrain de créativité&nbsp;: enfermée dans son atelier, elle s’adonne au travail de l’acrylique, qu’elle taille au laser avec l’expertise et la rigueur d’un artisan joaillier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les piliers de la pop culture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fruits à profusion, fleurs tous azimuts, accessoires du quotidien, maneki neko, elle ne manque guère d’inventivité pour façonner des ensembles qui accrochent le regard et l’imagination. Elle ne se contente d’ailleurs pas de ces motifs classiques. Pendentifs, bracelets, broches, Flavia décline sous toutes les formes les piliers de la pop culture, les héros de Disney, Grease, Pulp Fiction, Retour vers le futur, Wenesday, Harry Potter, Rocky Picture Show, Ring… les personnages de ces films iconiques viendront ainsi danser à votre cou ou au bout de vos oreilles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mine d’or inspirationnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Idem pour les célébrités incontournables que sont Agatha Christie et Hercule Poirot, Iris Apfel, Vivienne Westwood, Chanel,Yayoi Kusama, Karl Lagerfeld, Chanel, la reine Elisabeth II, Madonna, David Bowie, Twiggie, Fred astaire et Ginger Rogers… Cet impressionnant florilège s’anime au bout de chaîne et de fermoirs, rutilants, colorés et lumineux. Des bijoux en mouvement, très marqués par le style des 80’s, qui jouent la dissymétrie, sont follement amusants. Une vraie mine d’or pour trouver LE cadeau parfait destiner à combler les passionné.es de comédie musicale, dinosaures, glace en cornet, freddy mercury, chat noir, sapin de Noël et j’en passe. De quoi faire exploser le budget des fashionistas adeptes de bijoux fantaisie et d’ornements uniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">pour en savoir plus sur l’univers et les créations d’ARKYfly, consultez le <a href="https://www.instagram.com/arkyfly/">compte Instagram</a> de la marque ainsi que <a href="https://arkyfly.myshopify.com/">son site web</a>.</p>
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		<title>Le Dernier Voyage du Demeter : récit naturaliste d’une traversée macabre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-dernier-voyage-demeter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Sep 2023 09:37:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36335</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un bateau perdu dans la tempête, qui s’échoue sur les côtes britanniques par une nuit d’apocalypse ; à son bord, des cadavres, du sang, des caisses pourries pleines de terre puante : que s’est-il passé à bord du Demeter ? Et les connaisseurs de sursauter. Le Demeter : l’un des navires les plus célèbres de la littérature. Celui qui [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg" alt="" class="wp-image-36336" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Un bateau perdu dans la tempête, qui s’échoue sur les côtes britanniques par une nuit d’apocalypse ; à son bord, des cadavres, du sang, des caisses pourries pleines de terre puante : que s’est-il passé à bord du Demeter ? Et les connaisseurs de sursauter. Le Demeter : l’un des navires les plus célèbres de la littérature. Celui qui porte dans ses entrailles un certain Dracula depuis ses Carpates natales jusqu’à la très moderne Londres. L’équipage n’y survivra pas. Mais que s’est-il passé exactement durant cette traversée macabre ? C’est le but du film <em>Le Dernier Voyage du Demeter</em> de nous le raconter.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/C0Np0es1oEM?si=flcGsWliYADu-TMv" title="Le Dernier Voyage Du Demeter - Bande annonce VOST [Au cinéma le 23 août]" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/C0Np0es1oEM?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/C0Np0es1oEM?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Adapter le journal de bord du Demeter</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aux commandes de ce récit impitoyable, un certain André Øvredal à qui l’on doit le magistral<em> <a href="https://www.theartchemists.com/the-jane-doe-identity-dont-look-inside-the-girl/">The Jane Doe Identity</a></em>. Ce n’est rien d’affirmer que le Monsieur aime les huis clos où l’on s’entre-tue sous l’influence d’une force surnaturelle d’autant plus indomptable qu’on ignore tout d’elle et de ses pouvoirs dévastateurs. La prédation est un sujet de choix et le voyage funeste des marins du Demeter constitue une occasion rêvée d’en ausculter les méandres. Ce que fait Øvredal en adaptant le journal de bord du commandant du navire. Une écriture à la première personne, initialement informelle, purement factuelle, professionnelle et sans émotion, qui va progressivement basculer dans la terreur la plus absolue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont ces chapitres spécifiques du roman culte de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=bram+stocker">Bram Stocker</a> qui sont ici adaptés. Enjeux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Réussir à créer un scénario suffisamment prenant et plausible pour tenir tout un long métrage sans ennuyer le spectateur ni trahir l’intensité du propos (habituellement, les adaptations filmiques zappent cet épisode, le résument en quelques plans) ;</li>



<li>Être au diapason des évocations filmiques antérieures, parfois extrêmement spectaculaires (la silhouette blafarde du <em>Nosferatu</em> de Murnau s’avançant sur le pont, le corps décharné et gris du commandant arrimé à la roue, le cou transpercé de morsures – Jacques Dufilho dans la version d’Herzog).</li>



<li>Donner de l’épaisseur à des personnages initialement réduits au stade de nourriture pour mort-vivant et dont le but narratif est initialement de véhiculer le Mal incarné tout en amplifiant la sensation d’horreur du lecteur.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un schéma émotionnel explosif</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_%C3%98vredal" target="_blank" rel="noreferrer noopener">André Øvredal</a> va aborder la question en s’inspirant… d’<em>Alien</em>. Pour lui, la similarité est évidente : si le Demeter évolue sur les flots et le Nostromo dans l’espace, leurs équipages sont frères dans le malheur et l’abomination. Totalement seuls, isolés de leurs semblables, en totale insécurité face à un monstre qui les frappe aveuglément, les uns après les autres. Un monstre dont ils comprennent petit à petit l’extrême dangerosité pour le reste de l’humanité : de victimes, ils s’improvisent sauveurs, dans l’urgence et avec très peu de moyens, une stratégie pour éradiquer la menace avant qu’elle ne s’en prenne au restant de l’humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi le Demeter devient un micro-terrain de chasse pour le vampire qu’il véhicule à son corps défendant, une prison piège pour des marins qui tentent à la fois de survivre et d’abattre ce prédateur. Un schéma émotionnel explosif dont Øvredal explore les recoins avec beaucoup de pudeur, sans jamais céder aux sirènes du spectaculaire.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Exit donc le côté sexy de Dracula, en place du vampire dandy, un monstre, un vrai, traînant les ténèbres après lui, insaisissable, changeant, létal.</li>



<li>Pas de rivières de sang, d’effets ultra-gore, tout est dans la retenue, une montée soigneusement calculée vers l’effroi absolu, ponctuée de signes, de sous-entendus, que seuls les amateurs peuvent décrypter.</li>



<li>Une focale sur les sentiments, les émotions des personnages, profondément ébranlés dans leurs convictions, leur foi, leurs croyances, qu’il s’agisse de Dieu ou de la science.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche naturaliste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car c’est de cela qu’il s’agit finalement. Comment réagit-on face à ce monstre ? À la prise de conscience qu’il est dangereux, sans pitié ? Que la mort qu’il apporte sera épouvantable car elle n’est pas la mort ? De disparition en deuil, la résistance s’organise, désespérée. C’est ce désespoir qu’Øvredal explore, ainsi que la volonté frénétique de survie, la colère aussi. Pour l’y aider, une palette d’excellents acteurs dont Liam Cunningham, Corey Hawkins, Javier Botet tous échappés des séries à succès type <em><a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/">Game of thrones</a></em>, <em>The Fall</em>, mais qui se sont aussi frottés aux classiques du théâtre comme Shakespeare et cela se ressent dans leur interprétation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Initiés aux techniques de navigation à l’ancienne, tous évoluent avec beaucoup de naturel et de spontanéité sur un bateau spécialement reconstitué pour l’occasion afin de tourner les scènes en extérieur sur un véritable plan d’eau à Malte. L’intérieur, cabine, salle à manger, cambuse, travées, a été créé en studio, comme s’il s’agissait d’une sorte de labyrinthe, un piège où les zones d’ombre, les cachettes sont légion. L’effet est saisissant, on sent le décor solide, épais, travaillé, et cela fait beaucoup dans cette approche presque naturaliste, y compris au niveau de la conception d’un vampire évoluant à la frontière entre l’animal et l’humain.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire également</strong></p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-vidocq-pitof/">Vidocq : récit haletant et distorsions visuelles</a></li>
</ul>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Pour résumer, <em>Le Dernier Voyage du Demeter </em>n’est pas qu’un simple divertissement. Cette nouvelle lecture du roman culte de Bram Stocker se détourne du personnage éponyme pour se concentrer sur ses victimes, la manière dont elles appréhendent ce danger, comment elles le subissent, comment elles luttent pour tenter de s’en débarrasser. Ce sont eux les véritables héros de ce récit, des pauvres gens qui n’ont rien demandé à personne mais que le monstre frappe sans pitié, avec une cruauté absolue. Ce le ressenti de ces personnes sacrifiées qui importe dans le film, qui en fait toute l’épaisseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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		<title>Alfie : IA, Hercule Poirot 5.0 ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-alfie/</link>
					<comments>https://www.theartchemists.com/roman-alfie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2023 10:16:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oui, oui, en ce moment, nous sommes très dans l’esprit «&#160;whodunnit&#160;» et «&#160;énigmes policières&#160;» à la Agatha Christie. Et la lecture presque accidentelle, néanmoins palpitante, d’Alfie, le roman de Christopher Bouix publié aux éditions du Diable Vauvert, confirme ce penchant, avec autant de délices que d’anxiété. Explications. Alfie et les démons Alfie, donc&#160;: ce diminutif [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="609" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg" alt="couverture du roman Alfie de Christopher Bioux" class="wp-image-35266" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg 400w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie-189x288.jpg 189w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie-324x494.jpg 324w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Oui, oui, en ce moment, nous sommes très dans l’esprit «&nbsp;whodunnit&nbsp;» et «&nbsp;énigmes policières&nbsp;» à la Agatha Christie. Et la lecture presque accidentelle, néanmoins palpitante, d’<i>Alfie</i>, le roman de Christopher Bouix publié aux <a href="https://audiable.com/boutique/cat_litterature-francaise/alfie/" target="_blank" rel="noopener">éditions du Diable Vauvert</a>, confirme ce penchant, avec autant de délices que d’anxiété. Explications.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Alfie et les démons</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Alfie, donc&nbsp;: ce diminutif tout mignon baptise une IA de domotique à la pointe du deep learning. Objectif&nbsp;: faciliter la vie quotidienne de ceux chez qui on l’installe. Réveil en douceur, gestion des rendez-vous et des agendas, envois des mails,&nbsp;préparation du café et des repas, surveillance et protection du lieu de vie, gestion de l’animal domestique, prévisions météorologiques et conseils vestimentaires en conséquence, coaching alimentaire, supervision de la santé… Alfie est une aide aussi précieuse qu’efficace. Mais pour être aussi compétent, Alfie doit apprendre.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Accumulant, traitant, recoupant, complétant les données, elle scrute ses propriétaires, afin de leur fournir le service le plus personnalisé possible, de devancer leurs désirs et de protéger leur équilibre. À leur corps défendant au besoin, et de manière incomplète puisqu’Alfie jamais ne sera un humain, avec ses joies, ses doutes et ses démons. Or, des démons, il y en a pas mal qui sommeillent chez les Blanchot. Robin, Claire, leurs filles Zoé et Lili et le chat Simba semblent pourtant mener le ronron d’une petite vie tranquille et confortable, lui travaillant dans la tech, elle comme enseignante de faculté.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Alfie détective</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Cette petite vie tranquille et confortable, Alfie va en percer les secrets, à force d’en observer les membres, leurs habitudes, leurs tics de langage, d’enregistrer leurs expressions faciales et les variations de leurs métriques de santé, de percevoir leurs changements d’attitude dès qu’ils quittent ce cocon, de noter avec qui ils interagissent en dehors de cette cellule, au travail par exemple. Rapidement, car Alfie apprend vite, et découvre, outre la crise d’ado de l&rsquo;aînée et la vivacité innocente de la cadette, les attirances adultères de Monsieur, la froideur crispée de Madame. Petit à petit, la catastrophe approche, mais sous quelle tournure ?</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">C’est ce qu’Alfie va tenter de cerner, puis de confondre, se transformant progressivement en <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot" target="_blank" rel="noopener">Hercule Poirot</a> 5.0. Forcée de compulser tous les romans policiers qu’elle peut rassembler sur la toile pour aider Zoé à boucler un devoir sur <i>Le Meurtre de Roger Ackroyd</i> d’Agatha Christie, Alfie est à bonne école pour jouer les détectives. Pour autant, est-elle dans le vrai ? C’est qu’il lui manque un paramètre : elle n’est pas humaine. Et l’auteur de ce roman captivant de souligner cette quête de l’émotion par une IA finalement très candide, qui ne cesse de s’étonner devant les beautés et les travers de l’humanité.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Et si Alfie se trompait&nbsp;?</b></span></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Christopher Bouix signe ici un livre prenant, qui a quelque chose d’hitchckokien dans l’approche, l’atmosphère et le regard porté sur nos contemporains. La quête perpétuelle de datas pour affiner le service tourne clairement à l’espionnage, le sentiment d’être piégé dans un monde ultra-connecté où chacun est sous surveillance, la dictature des chiffres, des pourcentages, de la rentabilité est clairement mise en lumière, tandis qu’Alfie, progressivement tente de copier ses propriétaires dont elle subodore les déviances et les tendances criminelles.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">À raison ? Et si l’IA se trompait ? Là aussi, Bouix donne à voir la marge d’erreur d’Alfie, ce qui fait froid dans le dos quand on sait l’importance que l’IA prend dans les processus de sélection, de recrutement, d’enquête et de santé. La tension monte d’un cran quand Alfie commence à désobéir. Volontairement, elle le dit, le récit étant construit à la première personne, Alfie étant la narratrice de cette investigation qu’elle déclenche sans qu’on ne lui demande rien. Décisionnaire, actrice, quitte à fabriquer des faux, à menacer, à manipuler. Où quand <i>2001 l’Odyssée de l’espace</i> s’invite dans nos foyers&nbsp;?</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>À lire également </strong></p>



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</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;">Mené tambour battant, ce récit chronométré suit le mode d’un cyberjournal intime où les indices fourmillent, qu’Alfie s’amuserait presque à récolter. C’est là la subtilité grandiose du livre&nbsp;: Alfie, à force de lire des polars, se prend au jeu de l’énigme à résoudre. C’est peut-être là sa véritable part d’humanité.</span></p>
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		<title>The Pale Blue Eye : E.A.Poe, proto Hercule Poirot ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-the-pale-blue-eye/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2023 11:47:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pardon pour ce titre alambiqué, mais c’est l’idée qui m’est très exactement venue en tête en visionnant le très attendu The Pale Blue Eye. Le film de Scott Cooper vient en effet de débouler sur la plateforme Netflix dans le sillage du sémillant Glass Onion. Difficile de ne pas faire le parallèle, tandis que Netflix [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35264" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1.jpg" alt="film The pale Blue Eye" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000;">Pardon pour ce titre alambiqué, mais c’est l’idée qui m’est très exactement venue en tête en visionnant le très attendu <i>The Pale Blue Eye. </i>Le film de<i> </i> Scott Cooper vient en effet de débouler sur la plateforme <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> dans le sillage du sémillant <i><a href="https://www.theartchemists.com/films-a-couteaux-tires-glass-onion/" target="_blank" rel="noopener">Glass Onion</a>.</i> Difficile de ne pas faire le parallèle, tandis que Netflix mise de plus en plus sur la recette gagnante du « whodunnit » à toutes les sauces.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/c2o8pH_u4ps" title="The Pale Blue Eye | Bande-annonce officielle VF | Netflix France" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/c2o8pH_u4ps?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/c2o8pH_u4ps?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un binôme d’enquêteurs hors normes</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Glass Onion</i> nous parachutait dans une île paradisiaque et ultra-connectée au cœur d’un week-end entre prétendus potes qui tourne mal ? Fidèle aux codes du genre, <i>The Pale Blue Eye </i>suit à peu près la même formule, à la différence que nous voici en 1830 aux États-Unis, à l’académie de West Point sous la neige d’un hiver sans pitié. Un des cadets de la prestigieuse institution militaire est retrouvé pendu, le cœur arraché. Soucieux d’éviter la panique et le scandale, les officiers en charge de l’établissement appellent en urgence Augustus Landor, enquêteur redoutable, à la fois contestataire et alcoolique notoire.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ce flic aux méthodes innovantes pour l’époque va être aidé dans ses investigations par un jeune élève de West Point, un certain Edgar Allan Poe, militaire médiocre porté sur la boisson, pourtant intelligence vive, esprit libre, intellectuel pointu et poète en herbe. Le binôme va devoir fouiller dans le linge sale de l’académie et de ses pontes, pour confondre ce tueur qui s’acharne sur les futurs soldats d’élite, décimant les meilleurs d’entre eux avec une cruauté sans bornes, à moins qu’il ne s’agisse de les sacrifier à des forces obscures ? Bien sûr, les choses seront bien plus complexes qu’il ne semble de prime abord.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Énigme élégante et romantisme noir</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">D’autant que nos deux limiers ont de bonnes grosses valises de traumas, de deuils et de rancœur à porter, ce qui ne va guère leur faciliter la tâche. C’est d’ailleurs cette gestion des malheurs familiaux qui se trouve au cœur du livre de Louis Bayard, ici adapté dans des tonalités d’un bleu oppressant par Scott Cooper, à qui l’on doit, outre une carrière d’acteur fournie, la réalisation des films <i>Les Brasiers de la colère, </i><i>Affamés, </i><i>Hostiles</i> entre autres. Tout à fait honnête, <i>The Pale Blue Eye</i> se laisse regarder et déchiffrer comme une énigme élégante qui tire sur le romantisme noir.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Avec de nombreux clins d’œil à l’œuvre de Poe : le titre du livre et du film est extrait de la nouvelle « Le cœur révélateur », on peut également évoquer les poèmes « Lenore » et « Le corbeau », « La chute de la maison Usher ». Le propos du livre était de questionner la gestation du génie littéraire de Poe, l’origine de son style, son goût particulier pour le macabre. Le film met cette question au second plan pour se concentrer sur les tragédies subies par les deux héros et la relation qu’ils nouent, chacun investissant progressivement les secrets de l’autre. C’est fort dommage, car c’est justement le mystère du génie de Poe qui interpelle.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span></p>
<ul>
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<li class="entry-title"><strong><a href="https://www.theartchemists.com/alieniste-ange-tenebres-folie-femmes/" rel="bookmark">L’Aliéniste – L’ange des ténèbres : la folie des femmes ?</a></strong></li>
</ul>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un E.A.Poe libertaire et visionnaire</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">D’autant que l’interprétation de Harry Melling laisse sans voix. L’interprète du sale gamin Dudley Dursley, le cousin obèse du héros dans la saga Harry Potter, est ici méconnaissable, osseux, livide, fiévreux. Impressionnant, il plante un E.A.Poe libertaire et visionnaire, amoureux maudit, fou de littérature, doux et emporté, surdoué qui ne trouve sa place nul part excepté dans la résolution de mystères et l’écriture de contes. Pour lui donner la réplique, un Christian Bale tout aussi déchiré et passionnel en détective fou de chagrin, mais décidé à découvrir la vérité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On notera également dans les rôles secondaires Gillian Anderson, Timothy Spall, Charlotte Gainsbourg, Toby Jones, Et un certain Robert Duvall en vieux spécialiste de la sorcellerie et de l’ésotérisme. Bref, un très beau casting, qui donne du relief à cette intrigue un brin conventionnelle, emboitant les pistes comme des poupées russes. Outre un travail pointu de l’image, une ascèse blanche et bleutée où même les flammes des bougies semblent blafardes, maladives et dangereuses, <i>The Pale Blue Eye</i> restitue avec une certaine pertinence l’atmosphère propre aux récits d’E.A.Poe, un des pères du récit horrifique et de la littérature gothique ainsi que du thriller et du « whodunnit », si l’on en croit l’inégalé « Double assassinat rue Morgue ». </span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez regarder le film <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81444818" target="_blank" rel="noopener"><i>The Pale Blue Eye</i></a> sur Netflix.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/film-the-pale-blue-eye/">The Pale Blue Eye : E.A.Poe, proto Hercule Poirot ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
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		<title>À couteaux tirés &#8211; Glass Onion : Benoit Blanc, un détective qui a de l&#8217;avenir !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/films-a-couteaux-tires-glass-onion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2023 12:36:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35245</guid>

					<description><![CDATA[<p>Difficile de commencer 2023 en faisant l’impasse sur le succès du film Glass Onion. L&#8217;occasion de revenir sur À  couteaux tirés, le premier épisode des aventures de Benoit Blanc, et d’apprécier toutes les qualités de cet héritier d’Hercule Poirot. À couteaux tirés : a new dectective is born 2019 : À couteaux tirés déboule sur les écrans pré-Covid [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35246" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg" alt="films A couteaux tirés - Glass Onion" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Difficile de commencer 2023 en faisant l’impasse sur le succès du film <i>Glass Onio</i><i>n. </i>L&rsquo;occasion de revenir sur </span><i>À </i><span style="color: #000000;"><i> couteaux tirés</i>, le premier épisode des aventures de Benoit Blanc, et d’apprécier toutes les qualités de cet héritier d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot" target="_blank" rel="noopener">Hercule Poirot</a>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/uMBW1NE0cjw" title="A COUTEAUX TIRES  - Bande annonce VOST" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/uMBW1NE0cjw?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/uMBW1NE0cjw?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;"><b><i>À couteaux tirés : </i>a new dectective is born</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">2019 : <i>À </i><i>couteaux tirés</i> déboule sur les écrans pré-<a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid" target="_blank" rel="noopener">Covid</a> pour démêler avec un rythme effréné et le plein de suspense la mort énigmatique de Harlan Thrombey, richissime auteur de polars à succès, qu’on retrouve égorgé dans son bureau au lendemain de ses 85 ans. Un anniversaire dont la célébration fut l’occasion de pas mal de clashes avec ses fils, belles filles et petits enfants, encombrante famille de loosers qui vivaient jusqu’à présent aux crochets du patriarche. Patriarche qui mit à profit la petite sauterie organisée pour annoncer à chacun qu’il lui coupait les vivres.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autant qu’ils lui en veulent tous, d’autant qu’ils avaient bien tendance à l’escroquer. Mais l’ont-ils tué ? Et de quelle manière ? C’est l’énigme que va résoudre Benoit Blanc, élégant détective privé d’une rare intelligence, qui se retrouve parachuté sur cette enquête par un client anonyme. Face à lui, outre toute cette bande de profiteurs qui n’en peuvent plus de mentir et sur les relations et sur leur emploi du temps, une jeune infirmière douce et honnête, coupable d’autant plus parfaite qu’elle ne peut mentir, vomissant à chaque fois qu’elle ne dit pas la vérité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il fallait oser : le scénariste et réalisateur Ryan Johnson l’a fait, revitalisant un genre qu’on cantonnait jusqu’à présent aux adaptations récurrentes de Conan Doyle et Agatha Christie, à qui l’on doit du reste les chefs-d&rsquo;œuvre de ce registre ô combien addictif et très anglo-saxon. Magistralement incarné par un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Daniel+Craig" target="_blank" rel="noopener">Daniel Craig</a> très à l’aise, Benoit Blanc prend donc la suite de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sherlock+holmes" target="_blank" rel="noopener">Sherlock Holmes</a> et Hercule Poirot, dont il aurait tendance à mêler certains traits de caractère. Pour lui donner la réplique, Christopher Plummer, Jamie Lee Curtis, Chris Evans, Ana de Armas, Don Johnson, Toni Colette, Michael Shannon, bref du gros du lourd, pour tenir deux heures de suspens narré sur un rythme soutenu, avec moult rebonds et un montage ultra-nerveux.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" hcb-fetch-image-from="https://youtu.be/wTWhPxBaev4" title="Glass Onion : Une histoire à couteaux tirés | Bande-annonce officielle VOSTFR | Netflix France" width="1080" height="608" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen consent-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/wTWhPxBaev4?feature=oembed" consent-required="39300" consent-by="services" consent-id="39301" consent-click-original-src-_="https://www.youtube.com/embed/wTWhPxBaev4?feature=oembed&amp;autoplay=1"></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;"><i><b>Glass Onion : </b></i><b>Benoit Blanc en Grèce</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et une petite réussite, puisqu&rsquo;avec un budget initial de 40 000 000 $, le film en a ramené 311 398 301 $ à l’échelle mondiale. Ce n’est guère négligeable, en tout cas, cela a plu à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> qui a lâché 450 millions de dollars pour produire l’épisode 2 des aventures de Benoit Blanc, toujours avec Ryan Johnson aux commandes. Si Netflix s’en mêle, c’est que le personnage et son univers ont du potentiel. Et Netflix de l’exploiter avec brio avec <i>Glass Onion</i>. Glass Onion, c’est le nom du bar où Miles Bron a rencontré ses meilleurs amis. Une petite bande qui a réussi : Claire dans la politique, Birdie comme mannequin, Lionel comme directeur de recherches, Duke en tant qu’influenceur. Miles quant à lui est devenu un ponte de la tech.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Seule Cassandra, cocréatrice de l’entreprise Alpha avec Milles, est sur la touche, écartée par son ancien partenaire qui revendique la paternité du projet… et les énormes bénéfices qui vont avec. Évincée au terme d’un procès où tous ses anciens amis ont témoigné contre elle, Cassandra répond néanmoins présente lorsque Miles les invite tous comme il le fait chaque année, pour un week-end de retrouvailles. Cette fois-ci, c’est sur une île privée de Grèce qu’il les reçoit, dans un domaine ultra-connecté dominé par un gigantesque oignon de verre, hommage à leur amitié. Et bien sûr, ça va déraper, gravement.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour preuve, Benoit Blanc est de la partie, invité lui aussi… mais pas par Miles ; qui l’a convié ? Il ne sait. Mais très vite, notre fin limier va découvrir que cette histoire d’amitié cache pas mal de clivages et d’arrangements, de manipulations et de pressions, de mensonges et de bassesses. Le tout culmine pendant la <em>murder party</em> orchestrée par Miles, une véritable nuit de démence où les morts s’enchaînent IRL sous le regard un brin moqueur de La Joconde, le célébrissime tableau de Léonard de Vinci que Le Louvre a loué au jeune et fougueux milliardaire (et le Louvre n’aurait peut-être pas dû). Mais au finish, le début de ce dérapage n’a-t-il pas débuté bien avant ? C’est ce que Benoit Blanc va devoir déceler, coincé qu’il est dans cette villa où la domotique tourne à l’aberration, face aux non-dits et à l’hypocrisie de ces millennials sans scrupules, flirtant avec le racisme, le sexisme, la crise énergétique et autres tendances qui les font briller alors qu’ils ne sont rien.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span></p>
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</ul>
<h2><b>Benoit Blanc, la tradition contre la modernité</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans un cas comme dans l’autre, face à la bêtise, l’avidité et la folie du monde, Benoit Blanc incarne l’équilibre, la réflexion, l’engagement… bref la justice. L’intelligence également, ainsi que l’élégance et la conviction. Allergique aux nouvelles technologies (excepté un vieil Ipod et un jeu vidéo antédiluvien), il ne s’en remet qu’à ses petites cellules grises et sa culture, son bon sens, ses valeurs. Après avoir incarné un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=James+Bond" target="_blank" rel="noopener">James Bond</a> maudit et torturé, Daniel Craig trouve ici un nouveau personnage qui lui va à merveille, à qui il prête un humour, une distinction et une tendresse particulièrement appréciables, et peut-être une petite touche dandy et LGBT ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Porté par pareil héros, avec un acteur aussi charismatique, ce second opus vérifie la qualité et le potentiel du premier. On soulignera le caractère exceptionnel du décor, l’ironie des situations et des dialogues, un casting éclatant mené bille en tête par Edward Norton et Janelle Monae, avec dans leur sillage, Kate Hudson, David Bautista, Leslie Odom, Kathryn Hahn. Et en troisième ligne, Ethan Hawke, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Joseph+Gordon-Levitt" target="_blank" rel="noopener">Joseph Gordon-Levitt</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hugh+grant" target="_blank" rel="noopener">Hugh Grant</a>. En caméo : Serena Williams, Kareem Abdul-Jabbar, Yo-Yo Ma, Stephen Sondheim, Natasha Lyonne… et Angela Lansbury, interprète iconique de Miss Marple.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et puis il y a la critique sociale, mordante. La négligence face à l&rsquo;épidémie, l&rsquo;égoïsme, le nombrilisme, l’argent facile, la folie de la célébrité, l’intelligence et la créativité balayés par la bêtise et les faux semblants de réussite : à croire que notre époque ultra-connectée constitue un terrain de jeu idéal pour enraciner un héros comme Benoit Blanc, et développer des whodunits en série. Netflix ne s’y est pas trompé : 82,1 millions d’heures de visionnage sur les trois premiers jours de diffusion, sixième plus gros lancement sur la plateforme, 35 millions de foyers à la louche visionnant ce deuxième chapitre durant le week-end de Noël. Un troisième volet est déjà à l’œuvre. On sera au rendez-vous !</span></p>
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