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	<title>hercule poirot</title>
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		<title>Nosferatu 2024 : un coup de maître ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-nosferatu-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 08:48:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On ne va pas se mentir. En reprenant le film culte de Murnau, en passant derrière la relecture hallucinée (et particulièrement réussie) d’Herzog, Robert Eggers a pris un très gros risque : celui de saccager un récit fondateur, une légende. Pas évident évident de repasser derrière deux maîtres du cinéma, qui chacun bénéficiait d’interprètes de génie (Max Schreck pour l’un, Klaus Kinski pour l’autre). Et pourtant, Eggers, avec son Nosferatu 2024,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024.jpg" alt="" class="wp-image-37717" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemists-nosferatu-2024-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>On ne va pas se mentir. En reprenant le film culte de Murnau, en passant derrière la relecture hallucinée (et particulièrement réussie) d’Herzog, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Eggers">Robert Eggers</a> a pris un très gros risque : celui de saccager un récit fondateur, une légende. Pas évident évident de repasser derrière deux maîtres du cinéma, qui chacun bénéficiait d’interprètes de génie (Max Schreck pour l’un, Klaus Kinski pour l’autre). Et pourtant, Eggers, avec son <em>Nosferatu</em> 2024, réussit un coup de maître : apporter du sang neuf à un vampire ancestral, tout en accouchant d’une œuvre fantastique à l’aura particulièrement malsaine.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="NOSFERATU - Bande annonce officielle VOST [Au cinéma le 25 décembre 2024]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/82NdlKtgArg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un transi médiéval</h2>



<p>Nosferatu, l’innommable, le démon, le diable, le non-mort… un vampire livide et chauve, aux doigts griffus,  aux oreilles en pointe, une goule aux dents acérées qui va répandre la mort et le malheur sur le monde. Il faudra le sacrifice d’une jeune femme au cœur pur pour sauver l’humanité de ce monstre assoiffé de sang et de malédiction. Bon : voici les grandes lignes de l’histoire adaptée à l’écran par Murnau en 1922, avec le succès que l’on sait.</p>



<p>Herzog creusera ce sillon, soulignant un peu plus le côté romantique de ce comte Orlock largement inspiré du roman <em>Dracula</em> de Bram Stocker. Un être maudit et seul, qui convoite l’amour d’une femme superbe dont on se demande si ce n’est pas elle au finish le vrai vampire des deux (Isabelle Adjani, impériale). Changement de registre avec la version d’Eggers. Exit le fantôme blafard, Orlock à la mode 2024 (Bill Skarsgård) a tout du transi médiéval et c&rsquo;est justement là l&rsquo;originalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Énergie, démesure et poésie</h2>



<p>Ce cadavre qui marche, en partie décomposé, altier et autoritaire cependant, vêtu comme les seigneurs roumains de la Renaissance, diffuse le désespoir et la démence sur le monde et l&rsquo;humanité dans le seul but de récupérer celle qui lui est promise. Tout juste mariée à Thomas (Nicolas Hoult), l&rsquo;élue, Ellen Hutter, va sombrer dans une mélancolie aux accents épileptiques spectaculaires. Plus Orlock se rapproche plus d&rsquo;elle, plus la jeune femme se délite, multipliant les crises de nerfs et de somnanbulisme, au cœur d’une ville ravagée par la peste.</p>



<p>Lily-Rose Depp plante une héroïne décidée à combattre son agresseur par tous les moyens, même les plus extrêmes. Sa prestation est aussi sportive que stupéfiante, alliant énergie, démesure et poésie. L’atmosphère autour d’elle tient à la fois du conte horrifique à la Edgar Allan Poe et du roman gothique en mode les <em>Hauts de Hurlevent</em> d’Emily Brontë. Le travail des éclairages, lumière du feu versus paleur de la lune, contribue à tisser une atmosphère particulièrement oppressante, où les ombres s&rsquo;agitent comme des serpents avides.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cauchemar gothique</h2>



<p>Perte de repères, ruptures de rythmes, vertiges, illusions d’optique, le film est tourné de manière à perdre le spectateur dans le cauchemar des personnages. Un cauchemar qui s’installe petit à petit avant de prendre une dimension dantesque et crue. Sous le vernis des apparences, le caractère policé des relations, la politesse d’un XIXe siècle voué à la science et à la modernité, la bestialité ancestrale sommeille, violence, sexe, cruauté.</p>



<p>En cela, le <em>Nosferatu</em> d’ Eggers semble une continuité de <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-the-witch-sorciere/">The Witch</a></em>, premier film du réalisateur et récit hautement horrifique disséquant avec un sens consommé du suspense comment une toute jeune fille sombre dans une sorcellerie matinée de parenticide. Même sensualité ne demandant qu’à déraper, même attirance pour l’ombre et l’interdit, même fascination pour le Mal, et un spectateur complètement  terrorisé par cette atmosphère irrespirable où s’épanouit l’indicible.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-40aa4429349d0581d41c4da4da169e75" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-dernier-voyage-demeter/">Le Dernier Voyage du Demeter : récit naturaliste d’une traversée macabre</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-ombre-vampire-nosferatu/">L’ombre du vampire : Max Schreck était-il un nosferatu ?</a></li>
</ul>
</div></div>



<p>Décors et costumes, effets spéciaux et cadrages ajoutent la pointe de réalisme nécessaire pour rendre, sinon crédible, du moins concrète cette fable macabre, moderne déclinaison du thème de la jeune fille et la Mort.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>ARKYfly : funny design, bijoux jolis et mine d&#8217;inspiration !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/arkyfly-bijoux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Nov 2023 16:34:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lifestyle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Direction Turin Italie pour découvrir les bijoux multicolores made in ARKYfly. Des bijoux qui devraient enchanter les passionnés toutes tendances confondues. L’acrylique comme expertise Cinéma, animaux, stars de la pop et du rock, fruits, légumes et fleurs, accessoires de mode, grands couturiers, artistes, littérature, décoration… on va être clair&#160;: Flavia ne manque guère ni de références ni d’inspiration. Cette architecte turinoise de formation s’est progressivement convertie à la création d’ornements....</p>
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly.jpg" alt="" class="wp-image-36613" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/11/the-artchemists-bijoux-arkyfly-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Direction Turin Italie pour découvrir les bijoux multicolores made in ARKYfly. Des bijoux qui devraient enchanter les passionnés toutes tendances confondues.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’acrylique comme expertise</h2>



<p>Cinéma, animaux, stars de la pop et du rock, fruits, légumes et fleurs, accessoires de mode, grands couturiers, artistes, littérature, décoration… on va être clair&nbsp;: Flavia ne manque guère ni de références ni d’inspiration. Cette architecte turinoise de formation s’est progressivement convertie à la création d’ornements. Aujourd’hui, c’est devenu son terrain de créativité&nbsp;: enfermée dans son atelier, elle s’adonne au travail de l’acrylique, qu’elle taille au laser avec l’expertise et la rigueur d’un artisan joaillier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les piliers de la pop culture</h2>



<p>Fruits à profusion, fleurs tous azimuts, accessoires du quotidien, maneki neko, elle ne manque guère d’inventivité pour façonner des ensembles qui accrochent le regard et l’imagination. Elle ne se contente d’ailleurs pas de ces motifs classiques. Pendentifs, bracelets, broches, Flavia décline sous toutes les formes les piliers de la pop culture, les héros de Disney, Grease, Pulp Fiction, Retour vers le futur, Wenesday, Harry Potter, Rocky Picture Show, Ring… les personnages de ces films iconiques viendront ainsi danser à votre cou ou au bout de vos oreilles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mine d’or inspirationnelle</h2>



<p>Idem pour les célébrités incontournables que sont Agatha Christie et Hercule Poirot, Iris Apfel, Vivienne Westwood, Chanel,Yayoi Kusama, Karl Lagerfeld, Chanel, la reine Elisabeth II, Madonna, David Bowie, Twiggie, Fred astaire et Ginger Rogers… Cet impressionnant florilège s’anime au bout de chaîne et de fermoirs, rutilants, colorés et lumineux. Des bijoux en mouvement, très marqués par le style des 80’s, qui jouent la dissymétrie, sont follement amusants. Une vraie mine d’or pour trouver LE cadeau parfait destiner à combler les passionné.es de comédie musicale, dinosaures, glace en cornet, freddy mercury, chat noir, sapin de Noël et j’en passe. De quoi faire exploser le budget des fashionistas adeptes de bijoux fantaisie et d’ornements uniques.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>pour en savoir plus sur l’univers et les créations d’ARKYfly, consultez le <a href="https://www.instagram.com/arkyfly/">compte Instagram</a> de la marque ainsi que <a href="https://arkyfly.myshopify.com/">son site web</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Dernier Voyage du Demeter : récit naturaliste d’une traversée macabre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-dernier-voyage-demeter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Sep 2023 09:37:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un bateau perdu dans la tempête, qui s’échoue sur les côtes britanniques par une nuit d’apocalypse ; à son bord, des cadavres, du sang, des caisses pourries pleines de terre puante : que s’est-il passé à bord du Demeter ? Et les connaisseurs de sursauter. Le Demeter : l’un des navires les plus célèbres de la littérature. Celui qui porte dans ses entrailles un certain Dracula depuis ses Carpates natales jusqu’à la très moderne...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg" alt="" class="wp-image-36336" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/Devenez-un-pro-du-design-en-quel44-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Un bateau perdu dans la tempête, qui s’échoue sur les côtes britanniques par une nuit d’apocalypse ; à son bord, des cadavres, du sang, des caisses pourries pleines de terre puante : que s’est-il passé à bord du Demeter ? Et les connaisseurs de sursauter. Le Demeter : l’un des navires les plus célèbres de la littérature. Celui qui porte dans ses entrailles un certain Dracula depuis ses Carpates natales jusqu’à la très moderne Londres. L’équipage n’y survivra pas. Mais que s’est-il passé exactement durant cette traversée macabre ? C’est le but du film <em>Le Dernier Voyage du Demeter</em> de nous le raconter.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Dernier Voyage Du Demeter - Bande annonce VOST [Au cinéma le 23 août]" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/C0Np0es1oEM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Adapter le journal de bord du Demeter</h2>



<p>Aux commandes de ce récit impitoyable, un certain André Øvredal à qui l’on doit le magistral<em> <a href="https://www.theartchemists.com/the-jane-doe-identity-dont-look-inside-the-girl/">The Jane Doe Identity</a></em>. Ce n’est rien d’affirmer que le Monsieur aime les huis clos où l’on s’entre-tue sous l’influence d’une force surnaturelle d’autant plus indomptable qu’on ignore tout d’elle et de ses pouvoirs dévastateurs. La prédation est un sujet de choix et le voyage funeste des marins du Demeter constitue une occasion rêvée d’en ausculter les méandres. Ce que fait Øvredal en adaptant le journal de bord du commandant du navire. Une écriture à la première personne, initialement informelle, purement factuelle, professionnelle et sans émotion, qui va progressivement basculer dans la terreur la plus absolue.</p>



<p>Ce sont ces chapitres spécifiques du roman culte de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=bram+stocker">Bram Stocker</a> qui sont ici adaptés. Enjeux :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Réussir à créer un scénario suffisamment prenant et plausible pour tenir tout un long métrage sans ennuyer le spectateur ni trahir l’intensité du propos (habituellement, les adaptations filmiques zappent cet épisode, le résument en quelques plans) ;</li>



<li>Être au diapason des évocations filmiques antérieures, parfois extrêmement spectaculaires (la silhouette blafarde du <em>Nosferatu</em> de Murnau s’avançant sur le pont, le corps décharné et gris du commandant arrimé à la roue, le cou transpercé de morsures – Jacques Dufilho dans la version d’Herzog).</li>



<li>Donner de l’épaisseur à des personnages initialement réduits au stade de nourriture pour mort-vivant et dont le but narratif est initialement de véhiculer le Mal incarné tout en amplifiant la sensation d’horreur du lecteur.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un schéma émotionnel explosif</h2>



<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_%C3%98vredal" target="_blank" rel="noreferrer noopener">André Øvredal</a> va aborder la question en s’inspirant… d’<em>Alien</em>. Pour lui, la similarité est évidente : si le Demeter évolue sur les flots et le Nostromo dans l’espace, leurs équipages sont frères dans le malheur et l’abomination. Totalement seuls, isolés de leurs semblables, en totale insécurité face à un monstre qui les frappe aveuglément, les uns après les autres. Un monstre dont ils comprennent petit à petit l’extrême dangerosité pour le reste de l’humanité : de victimes, ils s’improvisent sauveurs, dans l’urgence et avec très peu de moyens, une stratégie pour éradiquer la menace avant qu’elle ne s’en prenne au restant de l’humanité.</p>



<p>Ainsi le Demeter devient un micro-terrain de chasse pour le vampire qu’il véhicule à son corps défendant, une prison piège pour des marins qui tentent à la fois de survivre et d’abattre ce prédateur. Un schéma émotionnel explosif dont Øvredal explore les recoins avec beaucoup de pudeur, sans jamais céder aux sirènes du spectaculaire.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Exit donc le côté sexy de Dracula, en place du vampire dandy, un monstre, un vrai, traînant les ténèbres après lui, insaisissable, changeant, létal.</li>



<li>Pas de rivières de sang, d’effets ultra-gore, tout est dans la retenue, une montée soigneusement calculée vers l’effroi absolu, ponctuée de signes, de sous-entendus, que seuls les amateurs peuvent décrypter.</li>



<li>Une focale sur les sentiments, les émotions des personnages, profondément ébranlés dans leurs convictions, leur foi, leurs croyances, qu’il s’agisse de Dieu ou de la science.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche naturaliste</h2>



<p>Car c’est de cela qu’il s’agit finalement. Comment réagit-on face à ce monstre ? À la prise de conscience qu’il est dangereux, sans pitié ? Que la mort qu’il apporte sera épouvantable car elle n’est pas la mort ? De disparition en deuil, la résistance s’organise, désespérée. C’est ce désespoir qu’Øvredal explore, ainsi que la volonté frénétique de survie, la colère aussi. Pour l’y aider, une palette d’excellents acteurs dont Liam Cunningham, Corey Hawkins, Javier Botet tous échappés des séries à succès type <em><a href="https://www.theartchemists.com/game-of-thrones-la-serie-quil-faut-spoiler/">Game of thrones</a></em>, <em>The Fall</em>, mais qui se sont aussi frottés aux classiques du théâtre comme Shakespeare et cela se ressent dans leur interprétation.</p>



<p>Initiés aux techniques de navigation à l’ancienne, tous évoluent avec beaucoup de naturel et de spontanéité sur un bateau spécialement reconstitué pour l’occasion afin de tourner les scènes en extérieur sur un véritable plan d’eau à Malte. L’intérieur, cabine, salle à manger, cambuse, travées, a été créé en studio, comme s’il s’agissait d’une sorte de labyrinthe, un piège où les zones d’ombre, les cachettes sont légion. L’effet est saisissant, on sent le décor solide, épais, travaillé, et cela fait beaucoup dans cette approche presque naturaliste, y compris au niveau de la conception d’un vampire évoluant à la frontière entre l’animal et l’humain.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<p><strong>À lire également</strong></p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-the-pale-blue-eye/">The Pale Blue Eye : E.A.Poe, proto Hercule Poirot ?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-golem-tueur-londres/">Golem, le tueur de Londres : tueur en série mythique, intrigue alambiquée et élégance britannique</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-vidocq-pitof/">Vidocq : récit haletant et distorsions visuelles</a></li>
</ul>
</div></div>
</div></div>



<p>Pour résumer, <em>Le Dernier Voyage du Demeter </em>n’est pas qu’un simple divertissement. Cette nouvelle lecture du roman culte de Bram Stocker se détourne du personnage éponyme pour se concentrer sur ses victimes, la manière dont elles appréhendent ce danger, comment elles le subissent, comment elles luttent pour tenter de s’en débarrasser. Ce sont eux les véritables héros de ce récit, des pauvres gens qui n’ont rien demandé à personne mais que le monstre frappe sans pitié, avec une cruauté absolue. Ce le ressenti de ces personnes sacrifiées qui importe dans le film, qui en fait toute l’épaisseur.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Alfie : IA, Hercule Poirot 5.0 ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-alfie/</link>
					<comments>https://www.theartchemists.com/roman-alfie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2023 10:16:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oui, oui, en ce moment, nous sommes très dans l’esprit «&#160;whodunnit&#160;» et «&#160;énigmes policières&#160;» à la Agatha Christie. Et la lecture presque accidentelle, néanmoins palpitante, d’Alfie, le roman de Christopher Bouix publié aux éditions du Diable Vauvert, confirme ce penchant, avec autant de délices que d’anxiété. Explications. Alfie et les démons Alfie, donc&#160;: ce diminutif tout mignon baptise une IA de domotique à la pointe du deep learning. Objectif&#160;: faciliter...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="609" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg" alt="couverture du roman Alfie de Christopher Bioux" class="wp-image-35266" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie.jpg 400w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie-189x288.jpg 189w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Alfie-324x494.jpg 324w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p></p>



<p><span style="color: #000000;">Oui, oui, en ce moment, nous sommes très dans l’esprit «&nbsp;whodunnit&nbsp;» et «&nbsp;énigmes policières&nbsp;» à la Agatha Christie. Et la lecture presque accidentelle, néanmoins palpitante, d’<i>Alfie</i>, le roman de Christopher Bouix publié aux <a href="https://audiable.com/boutique/cat_litterature-francaise/alfie/" target="_blank" rel="noopener">éditions du Diable Vauvert</a>, confirme ce penchant, avec autant de délices que d’anxiété. Explications.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Alfie et les démons</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Alfie, donc&nbsp;: ce diminutif tout mignon baptise une IA de domotique à la pointe du deep learning. Objectif&nbsp;: faciliter la vie quotidienne de ceux chez qui on l’installe. Réveil en douceur, gestion des rendez-vous et des agendas, envois des mails,&nbsp;préparation du café et des repas, surveillance et protection du lieu de vie, gestion de l’animal domestique, prévisions météorologiques et conseils vestimentaires en conséquence, coaching alimentaire, supervision de la santé… Alfie est une aide aussi précieuse qu’efficace. Mais pour être aussi compétent, Alfie doit apprendre.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">Accumulant, traitant, recoupant, complétant les données, elle scrute ses propriétaires, afin de leur fournir le service le plus personnalisé possible, de devancer leurs désirs et de protéger leur équilibre. À leur corps défendant au besoin, et de manière incomplète puisqu’Alfie jamais ne sera un humain, avec ses joies, ses doutes et ses démons. Or, des démons, il y en a pas mal qui sommeillent chez les Blanchot. Robin, Claire, leurs filles Zoé et Lili et le chat Simba semblent pourtant mener le ronron d’une petite vie tranquille et confortable, lui travaillant dans la tech, elle comme enseignante de faculté.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Alfie détective</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Cette petite vie tranquille et confortable, Alfie va en percer les secrets, à force d’en observer les membres, leurs habitudes, leurs tics de langage, d’enregistrer leurs expressions faciales et les variations de leurs métriques de santé, de percevoir leurs changements d’attitude dès qu’ils quittent ce cocon, de noter avec qui ils interagissent en dehors de cette cellule, au travail par exemple. Rapidement, car Alfie apprend vite, et découvre, outre la crise d’ado de l&rsquo;aînée et la vivacité innocente de la cadette, les attirances adultères de Monsieur, la froideur crispée de Madame. Petit à petit, la catastrophe approche, mais sous quelle tournure ?</span></p>



<p><span style="color: #000000;">C’est ce qu’Alfie va tenter de cerner, puis de confondre, se transformant progressivement en <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot" target="_blank" rel="noopener">Hercule Poirot</a> 5.0. Forcée de compulser tous les romans policiers qu’elle peut rassembler sur la toile pour aider Zoé à boucler un devoir sur <i>Le Meurtre de Roger Ackroyd</i> d’Agatha Christie, Alfie est à bonne école pour jouer les détectives. Pour autant, est-elle dans le vrai ? C’est qu’il lui manque un paramètre : elle n’est pas humaine. Et l’auteur de ce roman captivant de souligner cette quête de l’émotion par une IA finalement très candide, qui ne cesse de s’étonner devant les beautés et les travers de l’humanité.</span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><span style="color: #000000;"><b>Et si Alfie se trompait&nbsp;?</b></span></h2>



<p><span style="color: #000000;">Christopher Bouix signe ici un livre prenant, qui a quelque chose d’hitchckokien dans l’approche, l’atmosphère et le regard porté sur nos contemporains. La quête perpétuelle de datas pour affiner le service tourne clairement à l’espionnage, le sentiment d’être piégé dans un monde ultra-connecté où chacun est sous surveillance, la dictature des chiffres, des pourcentages, de la rentabilité est clairement mise en lumière, tandis qu’Alfie, progressivement tente de copier ses propriétaires dont elle subodore les déviances et les tendances criminelles.</span></p>



<p><span style="color: #000000;">À raison ? Et si l’IA se trompait ? Là aussi, Bouix donne à voir la marge d’erreur d’Alfie, ce qui fait froid dans le dos quand on sait l’importance que l’IA prend dans les processus de sélection, de recrutement, d’enquête et de santé. La tension monte d’un cran quand Alfie commence à désobéir. Volontairement, elle le dit, le récit étant construit à la première personne, Alfie étant la narratrice de cette investigation qu’elle déclenche sans qu’on ne lui demande rien. Décisionnaire, actrice, quitte à fabriquer des faux, à menacer, à manipuler. Où quand <i>2001 l’Odyssée de l’espace</i> s’invite dans nos foyers&nbsp;?</span></p>



<p> <strong>À lire également </strong></p>



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<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/emprise-insidieuse-machines-parlantes-serge-tisseron/" rel="bookmark">“L’emprise insidieuse des machines parlantes. Plus jamais seul” – Serge Tisseron : en route vers le “capitalisme affectif” ?</a></strong></li>
</ul>



<p><span style="color: #000000;">Mené tambour battant, ce récit chronométré suit le mode d’un cyberjournal intime où les indices fourmillent, qu’Alfie s’amuserait presque à récolter. C’est là la subtilité grandiose du livre&nbsp;: Alfie, à force de lire des polars, se prend au jeu de l’énigme à résoudre. C’est peut-être là sa véritable part d’humanité.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>The Pale Blue Eye : E.A.Poe, proto Hercule Poirot ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-the-pale-blue-eye/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2023 11:47:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pardon pour ce titre alambiqué, mais c’est l’idée qui m’est très exactement venue en tête en visionnant le très attendu The Pale Blue Eye. Le film de Scott Cooper vient en effet de débouler sur la plateforme Netflix dans le sillage du sémillant Glass Onion. Difficile de ne pas faire le parallèle, tandis que Netflix mise de plus en plus sur la recette gagnante du « whodunnit » à toutes les sauces....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35264" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1.jpg" alt="film The pale Blue Eye" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel18-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="justify"><span style="color: #000000;">Pardon pour ce titre alambiqué, mais c’est l’idée qui m’est très exactement venue en tête en visionnant le très attendu <i>The Pale Blue Eye. </i>Le film de<i> </i> Scott Cooper vient en effet de débouler sur la plateforme <a href="https://www.theartchemists.com/?s=netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> dans le sillage du sémillant <i><a href="https://www.theartchemists.com/films-a-couteaux-tires-glass-onion/" target="_blank" rel="noopener">Glass Onion</a>.</i> Difficile de ne pas faire le parallèle, tandis que Netflix mise de plus en plus sur la recette gagnante du « whodunnit » à toutes les sauces.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="The Pale Blue Eye | Bande-annonce officielle VF | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/c2o8pH_u4ps?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un binôme d’enquêteurs hors normes</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>Glass Onion</i> nous parachutait dans une île paradisiaque et ultra-connectée au cœur d’un week-end entre prétendus potes qui tourne mal ? Fidèle aux codes du genre, <i>The Pale Blue Eye </i>suit à peu près la même formule, à la différence que nous voici en 1830 aux États-Unis, à l’académie de West Point sous la neige d’un hiver sans pitié. Un des cadets de la prestigieuse institution militaire est retrouvé pendu, le cœur arraché. Soucieux d’éviter la panique et le scandale, les officiers en charge de l’établissement appellent en urgence Augustus Landor, enquêteur redoutable, à la fois contestataire et alcoolique notoire.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ce flic aux méthodes innovantes pour l’époque va être aidé dans ses investigations par un jeune élève de West Point, un certain Edgar Allan Poe, militaire médiocre porté sur la boisson, pourtant intelligence vive, esprit libre, intellectuel pointu et poète en herbe. Le binôme va devoir fouiller dans le linge sale de l’académie et de ses pontes, pour confondre ce tueur qui s’acharne sur les futurs soldats d’élite, décimant les meilleurs d’entre eux avec une cruauté sans bornes, à moins qu’il ne s’agisse de les sacrifier à des forces obscures ? Bien sûr, les choses seront bien plus complexes qu’il ne semble de prime abord.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Énigme élégante et romantisme noir</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">D’autant que nos deux limiers ont de bonnes grosses valises de traumas, de deuils et de rancœur à porter, ce qui ne va guère leur faciliter la tâche. C’est d’ailleurs cette gestion des malheurs familiaux qui se trouve au cœur du livre de Louis Bayard, ici adapté dans des tonalités d’un bleu oppressant par Scott Cooper, à qui l’on doit, outre une carrière d’acteur fournie, la réalisation des films <i>Les Brasiers de la colère, </i><i>Affamés, </i><i>Hostiles</i> entre autres. Tout à fait honnête, <i>The Pale Blue Eye</i> se laisse regarder et déchiffrer comme une énigme élégante qui tire sur le romantisme noir.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Avec de nombreux clins d’œil à l’œuvre de Poe : le titre du livre et du film est extrait de la nouvelle « Le cœur révélateur », on peut également évoquer les poèmes « Lenore » et « Le corbeau », « La chute de la maison Usher ». Le propos du livre était de questionner la gestation du génie littéraire de Poe, l’origine de son style, son goût particulier pour le macabre. Le film met cette question au second plan pour se concentrer sur les tragédies subies par les deux héros et la relation qu’ils nouent, chacun investissant progressivement les secrets de l’autre. C’est fort dommage, car c’est justement le mystère du génie de Poe qui interpelle.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span></p>
<ul>
<li class="entry-title"><strong><a href="https://www.theartchemists.com/film-golem-tueur-londres/" rel="bookmark">Golem, le tueur de Londres : tueur en série mythique, intrigue alambiquée et élégance britannique</a></strong></li>
<li class="entry-title"><strong><a href="https://www.theartchemists.com/film-vidocq-pitof/" rel="bookmark">Vidocq : récit haletant et distorsions visuelles</a></strong></li>
<li class="entry-title"><strong><a href="https://www.theartchemists.com/alieniste-ange-tenebres-folie-femmes/" rel="bookmark">L’Aliéniste – L’ange des ténèbres : la folie des femmes ?</a></strong></li>
</ul>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Un E.A.Poe libertaire et visionnaire</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">D’autant que l’interprétation de Harry Melling laisse sans voix. L’interprète du sale gamin Dudley Dursley, le cousin obèse du héros dans la saga Harry Potter, est ici méconnaissable, osseux, livide, fiévreux. Impressionnant, il plante un E.A.Poe libertaire et visionnaire, amoureux maudit, fou de littérature, doux et emporté, surdoué qui ne trouve sa place nul part excepté dans la résolution de mystères et l’écriture de contes. Pour lui donner la réplique, un Christian Bale tout aussi déchiré et passionnel en détective fou de chagrin, mais décidé à découvrir la vérité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On notera également dans les rôles secondaires Gillian Anderson, Timothy Spall, Charlotte Gainsbourg, Toby Jones, Et un certain Robert Duvall en vieux spécialiste de la sorcellerie et de l’ésotérisme. Bref, un très beau casting, qui donne du relief à cette intrigue un brin conventionnelle, emboitant les pistes comme des poupées russes. Outre un travail pointu de l’image, une ascèse blanche et bleutée où même les flammes des bougies semblent blafardes, maladives et dangereuses, <i>The Pale Blue Eye</i> restitue avec une certaine pertinence l’atmosphère propre aux récits d’E.A.Poe, un des pères du récit horrifique et de la littérature gothique ainsi que du thriller et du « whodunnit », si l’on en croit l’inégalé « Double assassinat rue Morgue ». </span></p>
<p align="justify"><strong><span style="color: #000000;">Et plus si affinités</span></strong></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Vous pouvez regarder le film <a href="https://www.netflix.com/fr/title/81444818" target="_blank" rel="noopener"><i>The Pale Blue Eye</i></a> sur Netflix.</span></p>
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		<title>À couteaux tirés &#8211; Glass Onion : Benoit Blanc, un détective qui a de l&#8217;avenir !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/films-a-couteaux-tires-glass-onion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jan 2023 12:36:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=35245</guid>

					<description><![CDATA[<p>Difficile de commencer 2023 en faisant l’impasse sur le succès du film Glass Onion. L&#8217;occasion de revenir sur À  couteaux tirés, le premier épisode des aventures de Benoit Blanc, et d’apprécier toutes les qualités de cet héritier d’Hercule Poirot. À couteaux tirés : a new dectective is born 2019 : À couteaux tirés déboule sur les écrans pré-Covid pour démêler avec un rythme effréné et le plein de suspense la mort énigmatique de...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.theartchemists.com/films-a-couteaux-tires-glass-onion/">À couteaux tirés &#8211; Glass Onion : Benoit Blanc, un détective qui a de l&rsquo;avenir !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.theartchemists.com">The ARTchemists</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-35246" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg" alt="films A couteaux tirés - Glass Onion" width="600" height="480" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/01/Devenez-un-pro-du-design-en-quel19-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Difficile de commencer 2023 en faisant l’impasse sur le succès du film <i>Glass Onio</i><i>n. </i>L&rsquo;occasion de revenir sur </span><i>À </i><span style="color: #000000;"><i> couteaux tirés</i>, le premier épisode des aventures de Benoit Blanc, et d’apprécier toutes les qualités de cet héritier d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=hercule+poirot" target="_blank" rel="noopener">Hercule Poirot</a>.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="A COUTEAUX TIRES  - Bande annonce VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/uMBW1NE0cjw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;"><b><i>À couteaux tirés : </i>a new dectective is born</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">2019 : <i>À </i><i>couteaux tirés</i> déboule sur les écrans pré-<a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid" target="_blank" rel="noopener">Covid</a> pour démêler avec un rythme effréné et le plein de suspense la mort énigmatique de Harlan Thrombey, richissime auteur de polars à succès, qu’on retrouve égorgé dans son bureau au lendemain de ses 85 ans. Un anniversaire dont la célébration fut l’occasion de pas mal de clashes avec ses fils, belles filles et petits enfants, encombrante famille de loosers qui vivaient jusqu’à présent aux crochets du patriarche. Patriarche qui mit à profit la petite sauterie organisée pour annoncer à chacun qu’il lui coupait les vivres.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Autant qu’ils lui en veulent tous, d’autant qu’ils avaient bien tendance à l’escroquer. Mais l’ont-ils tué ? Et de quelle manière ? C’est l’énigme que va résoudre Benoit Blanc, élégant détective privé d’une rare intelligence, qui se retrouve parachuté sur cette enquête par un client anonyme. Face à lui, outre toute cette bande de profiteurs qui n’en peuvent plus de mentir et sur les relations et sur leur emploi du temps, une jeune infirmière douce et honnête, coupable d’autant plus parfaite qu’elle ne peut mentir, vomissant à chaque fois qu’elle ne dit pas la vérité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il fallait oser : le scénariste et réalisateur Ryan Johnson l’a fait, revitalisant un genre qu’on cantonnait jusqu’à présent aux adaptations récurrentes de Conan Doyle et Agatha Christie, à qui l’on doit du reste les chefs-d&rsquo;œuvre de ce registre ô combien addictif et très anglo-saxon. Magistralement incarné par un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Daniel+Craig" target="_blank" rel="noopener">Daniel Craig</a> très à l’aise, Benoit Blanc prend donc la suite de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=sherlock+holmes" target="_blank" rel="noopener">Sherlock Holmes</a> et Hercule Poirot, dont il aurait tendance à mêler certains traits de caractère. Pour lui donner la réplique, Christopher Plummer, Jamie Lee Curtis, Chris Evans, Ana de Armas, Don Johnson, Toni Colette, Michael Shannon, bref du gros du lourd, pour tenir deux heures de suspens narré sur un rythme soutenu, avec moult rebonds et un montage ultra-nerveux.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Glass Onion : Une histoire à couteaux tirés | Bande-annonce officielle VOSTFR | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/wTWhPxBaev4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2><span style="color: #000000;"><i><b>Glass Onion : </b></i><b>Benoit Blanc en Grèce</b></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et une petite réussite, puisqu&rsquo;avec un budget initial de 40 000 000 $, le film en a ramené 311 398 301 $ à l’échelle mondiale. Ce n’est guère négligeable, en tout cas, cela a plu à <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Netflix" target="_blank" rel="noopener">Netflix</a> qui a lâché 450 millions de dollars pour produire l’épisode 2 des aventures de Benoit Blanc, toujours avec Ryan Johnson aux commandes. Si Netflix s’en mêle, c’est que le personnage et son univers ont du potentiel. Et Netflix de l’exploiter avec brio avec <i>Glass Onion</i>. Glass Onion, c’est le nom du bar où Miles Bron a rencontré ses meilleurs amis. Une petite bande qui a réussi : Claire dans la politique, Birdie comme mannequin, Lionel comme directeur de recherches, Duke en tant qu’influenceur. Miles quant à lui est devenu un ponte de la tech.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Seule Cassandra, cocréatrice de l’entreprise Alpha avec Milles, est sur la touche, écartée par son ancien partenaire qui revendique la paternité du projet… et les énormes bénéfices qui vont avec. Évincée au terme d’un procès où tous ses anciens amis ont témoigné contre elle, Cassandra répond néanmoins présente lorsque Miles les invite tous comme il le fait chaque année, pour un week-end de retrouvailles. Cette fois-ci, c’est sur une île privée de Grèce qu’il les reçoit, dans un domaine ultra-connecté dominé par un gigantesque oignon de verre, hommage à leur amitié. Et bien sûr, ça va déraper, gravement.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Pour preuve, Benoit Blanc est de la partie, invité lui aussi… mais pas par Miles ; qui l’a convié ? Il ne sait. Mais très vite, notre fin limier va découvrir que cette histoire d’amitié cache pas mal de clivages et d’arrangements, de manipulations et de pressions, de mensonges et de bassesses. Le tout culmine pendant la <em>murder party</em> orchestrée par Miles, une véritable nuit de démence où les morts s’enchaînent IRL sous le regard un brin moqueur de La Joconde, le célébrissime tableau de Léonard de Vinci que Le Louvre a loué au jeune et fougueux milliardaire (et le Louvre n’aurait peut-être pas dû). Mais au finish, le début de ce dérapage n’a-t-il pas débuté bien avant ? C’est ce que Benoit Blanc va devoir déceler, coincé qu’il est dans cette villa où la domotique tourne à l’aberration, face aux non-dits et à l’hypocrisie de ces millennials sans scrupules, flirtant avec le racisme, le sexisme, la crise énergétique et autres tendances qui les font briller alors qu’ils ne sont rien.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000; background-color: #ff00ff;"><strong>À lire également :</strong></span></p>
<ul>
<li><strong><a href="https://www.theartchemists.com/festival-ecrans-britanniques-merci-pour-le-focus-sur-les-mysteres-dagatha-christie/" rel="bookmark">Festival Ecrans Britanniques : merci pour le focus sur les Mystères d’Agatha Christie</a></strong></li>
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<li class="entry-title"><strong><a href="https://www.theartchemists.com/le-nom-de-la-rose-umberto-eco-version-agatha-christie/" rel="bookmark">Le Nom de la rose : Umberto Eco version Agatha Christie ?</a></strong></li>
</ul>
<h2><b>Benoit Blanc, la tradition contre la modernité</b></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans un cas comme dans l’autre, face à la bêtise, l’avidité et la folie du monde, Benoit Blanc incarne l’équilibre, la réflexion, l’engagement… bref la justice. L’intelligence également, ainsi que l’élégance et la conviction. Allergique aux nouvelles technologies (excepté un vieil Ipod et un jeu vidéo antédiluvien), il ne s’en remet qu’à ses petites cellules grises et sa culture, son bon sens, ses valeurs. Après avoir incarné un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=James+Bond" target="_blank" rel="noopener">James Bond</a> maudit et torturé, Daniel Craig trouve ici un nouveau personnage qui lui va à merveille, à qui il prête un humour, une distinction et une tendresse particulièrement appréciables, et peut-être une petite touche dandy et LGBT ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Porté par pareil héros, avec un acteur aussi charismatique, ce second opus vérifie la qualité et le potentiel du premier. On soulignera le caractère exceptionnel du décor, l’ironie des situations et des dialogues, un casting éclatant mené bille en tête par Edward Norton et Janelle Monae, avec dans leur sillage, Kate Hudson, David Bautista, Leslie Odom, Kathryn Hahn. Et en troisième ligne, Ethan Hawke, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Joseph+Gordon-Levitt" target="_blank" rel="noopener">Joseph Gordon-Levitt</a>, <a href="https://www.theartchemists.com/?s=hugh+grant" target="_blank" rel="noopener">Hugh Grant</a>. En caméo : Serena Williams, Kareem Abdul-Jabbar, Yo-Yo Ma, Stephen Sondheim, Natasha Lyonne… et Angela Lansbury, interprète iconique de Miss Marple.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et puis il y a la critique sociale, mordante. La négligence face à l&rsquo;épidémie, l&rsquo;égoïsme, le nombrilisme, l’argent facile, la folie de la célébrité, l’intelligence et la créativité balayés par la bêtise et les faux semblants de réussite : à croire que notre époque ultra-connectée constitue un terrain de jeu idéal pour enraciner un héros comme Benoit Blanc, et développer des whodunits en série. Netflix ne s’y est pas trompé : 82,1 millions d’heures de visionnage sur les trois premiers jours de diffusion, sixième plus gros lancement sur la plateforme, 35 millions de foyers à la louche visionnant ce deuxième chapitre durant le week-end de Noël. Un troisième volet est déjà à l’œuvre. On sera au rendez-vous !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le Nom de la rose : Umberto Eco version Agatha Christie ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/le-nom-de-la-rose-umberto-eco-version-agatha-christie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Oct 2022 09:39:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le roman à succès d’Umberto Eco et son adaptation cinématographique signée J.J.Annaud, voici Le Nom de la rose version série TV. Soit huit épisodes couvrant huit heures de programme pour nous narrer les aventures de William de Baskerville et de son jeune acolyte Adso de Melk au pays des livres et du fanatisme. Une lecture augmentée donc, qui se veut plus fidèle au roman initial… et dont le scénario...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/04/nom-de-la-rose-série-e1554913949568.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-31626 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/04/nom-de-la-rose-série-e1554913949568.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Après le roman à succès d’Umberto Eco et <a href="https://www.theartchemists.com/film-le-nom-de-la-rose/" target="_blank" rel="noopener">son adaptation cinématographique signée J.J.Annaud</a>, voici <i>Le Nom de la rose</i> version série TV. Soit huit épisodes couvrant huit heures de programme pour nous narrer les aventures de William de Baskerville et de son jeune acolyte Adso de Melk au pays des livres et du fanatisme. Une lecture augmentée donc, qui se veut plus fidèle au roman initial… et dont le scénario a été supervisé par Eco lui-même.</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="LE NOM DE LA ROSE Bande Annonce (2019) Thriller, Série OCS" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/hBmlA3oiYzA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;"><strong>Une intrigue entre Agatha Christie et Conan Doyle</strong></span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ce dernier a pu en approuver le traitement et les ajouts avant de décéder, validant ainsi une nouvelle approche qui tient plus d’Agatha Christie que de Conan Doyle. Nous sommes toujours plongés dans les ténèbres médiévales où la lumière intellectuelle peine à percer, et nos deux héros s’échinent pour découvrir ce qui tue les moines d’une abbaye bénédictine perdue au fin fond de l’Italie. Mais l’intrigue s’étoffe avec des constantes références à une papauté avignonnaise en mal de pouvoir tandis que les hérésies pullulent, notamment celle des Dolciniens dont on évoque le destin avec force détails.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Quant à l’atmosphère qui règne dans l’abbaye elle-même, elle est carrément délétère, allemands et italiens se disputant la direction de la plus belle bibliothèque de la chrétienté, et donc le pouvoir sur le savoir et sa diffusion. Car cette bibliothèque est close, interdite pour les étrangers, farouchement gardée par une faction germanique ultra-rétrograde, et que la présence des franciscains gêne particulièrement. Autant dire que Baskerville et son sens de la logique ne sont guère les bienvenus en ces lieux et qu’il va falloir lutter pour mettre à jour les secrets de ce lieu et de ces hommes.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">La question intellectuelle au cœur du récit</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Ce qui nous vaut une intrigue bien plus alambiquée que celle du film, avec un perpétuel jeu du chat et de la souris entre ces moines aux profils retors et un Baskerville aussi vigilant et perspicace qu’un Hercule Poirot. <a href="https://www.theartchemists.com/?s=john+turturro" target="_blank" rel="noopener">John Turturro</a> endosse le rôle avec une douceur, une élégance et une intelligence qui lui font honneur, lui qui connaît le roman sur le bout des doigts et a du reste participé à l’écriture du scénario comme à la production. Au finish, les dialogues très travaillés demeurent, accentuant la perversité des protagonistes, leur psychologie tourmentée.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et le casting est à la hauteur pour donner vie à ces répliques presque théâtrales dont un Rupert Everett absolument effrayant dans le rôle de Bernard Gui, entre fanatisme et obsession. Bref, l’ensemble se tient, se déroule dans des décors somptueux, et rappelle par certains côtés le jeu de massacre du roman <i>Les 10 petits Nègres</i> à la sauce inquisitoriale. La série a également le mérite de placer la question intellectuelle au cœur du récit, faisant ainsi le lien avec l’ouvrage initial. En résumé, ça se laisse voir pour apporter une approche nouvelle et somme toute pertinente.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>The ABC Murders : Poirot sans filtre !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/the-abc-murders-poirot-sans-filtre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jan 2019 08:56:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voici donc un nouvel opus dans la saga des adaptations filmées de l’œuvre d’Agatha Christie. Trois ans après le magistral mais académique And Then there were none aka 10 Petits nègres pour les fans hexagonaux de la Reine du Crime, la scénariste Sarah Phelps s’attaque à ABC contre Hercule Poirot qu’elle retaille avec a propos et énergie pour en faire un véritable diamant noir. Diffusé le 26 décembre 2018 par...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/01/abc-murders-final-e1547715373461.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-31396 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2019/01/abc-murders-final-e1547715373461.jpg" alt="" width="600" height="600" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Voici donc un nouvel opus dans la saga des adaptations filmées de l’œuvre d’<a href="https://www.theartchemists.com/festival-ecrans-britanniques-merci-pour-le-focus-sur-les-mysteres-dagatha-christie/">Agatha Christie</a>. Trois ans après le magistral mais académique <i>And Then there were non</i>e aka <i>10 Petits nègres </i>pour les fans hexagonaux de la Reine du Crime, la scénariste Sarah Phelps s’attaque à <i>ABC contre Hercule Poirot </i>qu’elle retaille avec a propos et énergie pour en faire un véritable diamant noir.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Diffusé le 26 décembre 2018 par BBC One, le feuilleton composé de trois épisode et réalisé par un Alex Gabassi particulièrement inspiré tranche résolument avec l’ambiance habituelle des romans de Christie. Exit le pittoresque du old school, l’humour british, les petites cellules grises et la moustache en crocs : c’est un Poirot dévoré par ses démons que nous découvrons dans la solitude terrible de la vieillesse et de l’oubli. Hastings, le complice fidèle de ses enquêtes, a disparu du paysage, Japp a pris sa retraite … isolé, ignoré, Poirot dépérit dans un appartement ascétique où il alterne gestes du quotidien, teinture de barbe et prières.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Et puis arrivent des lettres tapées par un admirateur au style étrange, à la fois attentif et menaçant … et puis des meurtres, déroulés par ordre alphabétique de ville et de nom d’individus massacrés méthodiquement. Et Poirot de réveiller le limier qui sommeille en lui, pour traquer ce tueur qui le nargue et retrouver un semblant de vie, l’étincelle qui anime l’enquêteur, celui qui sait avoir raison. Cela ne va pas être simple : nous sommes en 1933 dans une Angleterre qui flirte avec le nationalisme et le racisme. Avec son accent belge (non pas français, voyons), le vieux détective gêne, insupporte …</span></p>
<p><iframe loading="lazy" title="The ABC Murders - Official Trailer | Prime Video" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/zwh09s7xLVg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Il lui faut de nouveau s’imposer face à la jeune garde de Scotland Yard, le rude et fonceur Crome, inspecteur aux méthodes grossières et qu’il faudra amadouer pour solutionner cette énigme. Quitte à se dévoiler ? Car qui est Poirot au fond ? Ce réfugié belge qui a fui la guerre de 14 et la destruction de son pays, soi disant ancien gendarme mais dont on ne trouve nulle part trace ? Lui qui obsède l’assassin, un assassin qui semble en savoir beaucoup sur lui … beaucoup trop. En recentrant le propos sur le célèbre détective, Sarah Phelps ouvre de nouveaux horizons dans la perception de ce personnage mythique, trop souvent caricaturé. Kenneth Branagh s’y était essayé via son remake du fameux <i>Crime de l’Orient Express</i> avec peu de succès avouons-le ; ici par contre, la stratégie porte avec une intensité incroyable et pour cause : c’est un John Malkovich proprement ahurissant qui incarne le héros.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">On le savait caméléon ; le comédien le confirme avec une élégance et une puissance incroyable en révisant complètement la configuration de cette figure emblématique sans la trahir. On oublie la bonhommie de Peter Ustinov, la malice d’Albert Finney, la préciosité de David Suchet : le Poirot de Malkovich est d’une autre étoffe, introverti, habité, presque mystique et profondément convaincu d’être maudit et prédestiné à sa mission. Crane rasé, bouc blanc, voix très lente, regard acéré, presque fiévreux, Malkovich réalise ici un véritable tour de force d’acteur, soutenu par l’interprétation de ses partenaires, Rupert Grint en tête, absolument méconnaissable dans le rôle de Crome. Le tout se déroule dans une atmosphère sombre, délétère, de souffrance, de hargne, de frustration et de perversité.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><i>The ABC Murders</i> sent la suie, le charbon, la poussière, le rance, le sang et les matières fécales … la lumière n’y est jamais éclatante, les paysages n’y sont pas sereins … l’ensemble rappelle l’atmosphère du remarquable <a href="https://www.theartchemists.com/rillington-place-reg-christie-lintimite-dun-etrangleur/"><i>Rillington Place</i></a> et confirme le talent particulièrement affirmé des britanniques pour créer des séries cohérentes, rythmées et prenantes qui possèdent leur caractère propre et croisent les genres avec une aisance et une subtilité déroutantes. La preuve que ce genre peut allier culture populaire et expression artistique pour le meilleur et le meilleur.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p><a href="https://www.bbc.co.uk/programmes/b0bxbvtl">https://www.bbc.co.uk/programmes/b0bxbvtl</a></p>
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		<item>
		<title>Festival Ecrans Britanniques : merci pour le focus sur les Mystères d’Agatha Christie</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/festival-ecrans-britanniques-merci-pour-le-focus-sur-les-mysteres-dagatha-christie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Mar 2018 10:35:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rappelez-vous : en 2012, The ARTchemists crèchent encore à Nîmes, se faisant les dents sur une vie culturelle provinciale certes mais riche. Parmi les fleurons de la ville le festival Écrans Britanniques, British Screen pour les intimes et les puristes, qui accueille depuis des lustres grands noms et émergents du 7eme Art anglais. Une institution qui révèle, rend hommage, transmet. Déjà, pour cette 15eme édition, j’en avais pris plein les mirettes....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-30446" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie-494x494.jpg 494w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie-188x188.jpg 188w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie-288x288.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie-70x70.jpg 70w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie-100x100.jpg 100w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2018/03/agatha-christie.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Rappelez-vous : en 2012, The ARTchemists crèchent encore à Nîmes, se faisant les dents sur une vie culturelle provinciale certes mais riche. Parmi les fleurons de la ville <a href="https://www.theartchemists.com/?s=%C3%A9crans+britanniques&amp;x=7&amp;y=5">le festival Écrans Britanniques</a>, British Screen pour les intimes et les puristes, qui accueille depuis des lustres grands noms et émergents du 7eme Art anglais. Une institution qui révèle, rend hommage, transmet. Déjà, pour cette 15eme édition, j’en avais pris plein les mirettes. Aujourd’hui je suis francilienne certes mais l’ardeur, l’investissement, la conviction de ces passionnés me sont restés en mémoire, et il ne se passe pas une année sans que je compulse leur programmation, la larme à l’œil de ne pouvoir être sur place pour en profiter.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La session 2018 vient de se terminer, qui avait débuté sur son lot d’avant première ( <em>Beast</em> ou <em>The Death of Staline</em>) pour s’offrir le très magnifique <a href="https://www.theartchemists.com/darkest-hour-churchill-fil/"><i>Darkest Hour</i></a>, chroniqué dans ces colonnes il y a peu. Et comme pour rappeler que Gary Oldman est un des acteurs les plus doués de sa génération, <i>Sid and Nancy </i>offrent le pendant punk nécessaire au portrait rock’n roll de Churchill dans un effet de miroir des plus savoureux. Pourtant ce sont les Mystères d’Agatha qui retiennent mon attention et me réchauffent le cœur. Agatha pour Agatha Christie bien sûr, fameuse auteur de livres policiers, créatrice ô combien inspirée de Miss Marple et Hercule Poirot, le très impressionnant détective français, pardon belge.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">La « Reine du Crime » a laissé derrière elle une soixantaine de romans, dont certains ont retenu l’attention des réalisateurs qui se sont empressés d’adapter ces intrigues à l’écran. Dernier en date <i>Le Crime de l’Orient Express </i>adapté en 2017 par le shakespearien Kenneth Brannagh avec à l’affiche Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Derek Jacobi, Penelope Cruz, Willem Dafoe, Judy Dench … bref un beau parterre d’acteurs pour un résultat assez terne et poussif, grandiloquent et maladroit. Quelle déception ma foi, surtout quand on a grandi en visionnant en boucle la très remarquable version de Sidney Lumet.</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;"><i>The Murder of the Orient Express</i> date peut-être de 1974, il n’a pas pris une ride, rien perdu de son rythme, de son caractère angoissant, prenant, de son élégance aussi. Cadrages, lumières, cadence, musique, interprétation (Albert Finney – méconnaissable en Poirot un brin machiavélique, Lauren Bacall, Jean-Pierre Cassel, Ingrid Bergmann, Sean Connery, Vanessa Redgrave, Jacqueline Bisset, Michael York, John Gieguld, Anthony Perkins, la distribution donne le vertige), tout contribue à restituer le mélange de glamour, de complexité et de brutalité qui singularisent les romans de Chritie.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Suit en 1978 <i>Death on the Nile</i> où John Guillermin dirige Peter Ustinov qui endosse le rôle du détective pour lui apporter une certaine bonhomie, avec pour lui donner la réplique rien de moins que Mia Farrow, David Niven, Maggie Smith, Bette Davis, Jane Birkin, Jack Warden, Angela Lansbury, Jon Finch, Olivia Hussey, Simon MacCorkindale …</span></li>
<li><span style="color: #000000;">En 1980, c’est Guy Hamilton qui prend en main <i>The Mirror crack’d </i>; ici pas de Hercule Poirot mais une Miss Marple jouée par la pétillante Angela Lansbury citée précédemment, qui va démêler un mystère cruel et émouvant ; ajoutons Elizabeth Taylor, Rock Huston, Tony Curtis, Kim Novak, Geraldine Chaplin.</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><i>Evil under the sun</i> sort en 1982, pris en main par le même Guy Hamilton qui filme Poirot en vacances sur une île albanaise où son séjour est vite perturbé par un meurtre sordide et incompréhensible qu’il va s’ingénier à élucider. On retrouve une partie du casting exceptionnel de <i>Death on the Nile</i> auquel s’ajoute James Mason, Roddy McDowall, Diana Rigg.</span></li>
</ul>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">En revoyant ces quatre œuvres, on ne peut que s’émerveiller de la facilité avec laquelle chacune nous emporte, nous fascine, nous amuse. Passons sur le rythme, la qualité de l’image, l’interprétation, les dialogues … ces films s’imposent aussi par leur éclat, décors somptueux, paysages magnifiques, dépaysement garanti, humour, costumes élégants, génériques impressionnants, bande originale enlevée, l’ensemble est cohérent jusque dans la gestion des épisodes du passé, ces retours en arrière qui font le prix des analyses de chaque détective. La prouesse intellectuelle est restituée, sans casser l’énergie du récit, respectueuse par ailleurs du style de l’époque, raffinement des mœurs et originalité de personnages haut en couleurs. Un vrai régal à voir ou revoir, un véritable divertissement et une leçon de cinéma.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;"><b>Et plus si affinités</b></span></p>
<p align="justify"><a href="http://www.ecransbritanniques.org/festival-2018/">http://www.ecransbritanniques.org/festival-2018/</a></p>
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		<item>
		<title>The Grand Budapest Hotel : un pur bonheur !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/the-grand-budapest-hotel-un-pur-bonheur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2014 17:43:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enfin ! Enfin un film qu’il fait bon voir ! Bye bye comédies graveleuses pour ados boutonneux ou love stories sirupo-amoureuses, vampiriques sagas sans saveurs et toute la litanie des thèmes actuellement en vogue sur nos écrans. Avec The Grand Budapest Hotel, c’est un cinéma en majesté qui revient sur le devant de la scène : car les aventures de Mr Gustave H., gardien de ce palace, et de son...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/02/Grand-Budapest-Hotel-131017.jpg" alt="" width="378" height="560" /></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin ! Enfin un film qu’il fait bon voir ! Bye bye comédies graveleuses pour ados boutonneux ou love stories sirupo-amoureuses, vampiriques sagas sans saveurs et toute la litanie des thèmes actuellement en vogue sur nos écrans.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec <i>The Grand Budapest Hotel</i>, c’est un cinéma en majesté qui revient sur le devant de la scène : car les aventures de Mr Gustave H., gardien de ce palace, et de son groom Zero, ont la fragrance distinguée et cocasse des comédies anglaises, <i>Noblesse oblige</i>, <i>The Party</i>, du Blake Edwards, un petit soupçon d’Agatha Christie, la préciosité d’un Hercule Poirot, la folie latente des Monty Pythons, un tourbillon vaudevillesque que Feydeau aurait goûté de même que Roald Dalh.</p>
<p style="text-align: justify;"><object width="560" height="315"><param name="movie" value="//www.youtube.com/v/1Fg5iWmQjwk?version=3&amp;hl=fr_FR"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="//www.youtube.com/v/1Fg5iWmQjwk?version=3&amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="315" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">A l’origine du scénario de ce petit bijou, des nouvelles de Stefan Zweig qui ont inspiré Wes Anderson pour le meilleur, le meilleur et encore le meilleur, Wes Anderson qui construit l’histoire de cet établissement et de son illustre concierge comme un conte philosophique à la Voltaire, un roman picaresque signé Scarron, et emboite les narrations comme d’élégantes poupées russes autour de cette intrigue mêlant vol de tableau et meurtres dans une Europe au bord de l’implosion fasciste.</p>
<p style="text-align: justify;">Même maîtrise dans la direction d’une brochette d’acteurs prestigieux qui place ce film dans la forte tradition de l’œuvre chorale à la Altman, avec comme front man absolument incroyable de détachement, de flegme britannique et d’ironie, un Ralph Fiennes brillantissime, flanqué d’un tout jeune Tony Revolori qui lui donne la réplique sans faiblir dans un duo de clowns burlesques d’une virtuosité sans pareil.</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/02/the-grand-budapest-hotel-jason-schwartzman-321033549.jpg" alt="" width="518" height="324" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ajoutez-y Tilda Swinton en veuve traquée, Adrian Brody en héritier manipulateur, Willem Dafoe en psychopathe à chaussettes, Edward Norton, Owen Wilson, Bill Murray, F. Murray Abraham, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Jude Law, … je ne peux tous les citer tant le casting est complet et riche … consultez l’affiche, c’est juste un bonheur ! Et pas une querelle d’ego parmi toutes ces stars qui se délectent et s’amusent comme des gamins dans cet univers fabuleux.</p>
<p style="text-align: justify;">Car au finish le grand héros de cette fresque d’un autre temps, c’est ce bâtiment magnifique, perché sur son python rocheux au milieu des cieux, comme un paradis inaccessible, un écho heureux et inversé du sanglant Overlook Hotel de <i>Shining</i>. Un décor de théâtre aux couleurs éclatantes, où les êtres se découpent dans la géométrie des couloirs et des escaliers, comme des marionnettes, un espace mythique qui va se mourir au fil du temps, dans la décrépitude de ses stucs et de ses peintures, envahi de milliardaires, puis de nazis, finalement abandonné à l’ère communiste.</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2014/02/Grand-Budapest-Hotel.jpg" alt="" width="612" height="380" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un prisme des âges qui passent, des soubresauts de l’Histoire et d’un art de vivre qui se délite. Poétique, drôle, attachant et sensible, un peu dingue et bondissant, <em>The Grand Budapest Hotel</em> fait rire, rêver, frémir, en nous racontant simplement l’humanité dans ses lumières et ses noirceurs.</p>
<p style="text-align: justify;">A voir. De toute urgence et pour notre plus complet plaisir.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Et plus si affinités</b></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.facebook.com/TheGrandBudapestHotelFR">https://www.facebook.com/TheGrandBudapestHotelFR</a></p>
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