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	<title>guerre froide</title>
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		<title>Frankenstein version Factory : chair froide, nihilisme chic, un cauchemar signé Paul Morrissey</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 11:17:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On enchaîne sur les boulettes. Padmé Purple coupable d’avoir traité « Frankenstein selon la pop culture » sans évoquer le Rocky Horror Picture Show … ni De la chair pour Frankenstein. Un blasphème culturel !!! Véritable pendant du film culte du tandem O’Brien/Sharman, Flesh for Frankenstein balaie glam, paillettes et joie transgressive, pour se positionner résolument et sans complexe sur l’autre versant des années 1970. Le côté obscur. Celui où Frankenstein ne danse...</p>
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<p>On enchaîne sur les boulettes. Padmé Purple coupable d’avoir traité « <a href="https://www.theartchemists.com/frankenstein-culture-pop-analyse/">Frankenstein selon la pop culture</a> » sans évoquer le <em><a href="https://www.theartchemists.com/rocky-horror-picture-show/">Rocky Horror Picture Show</a></em> … ni <em>De la chair pour Frankenstein</em>. Un blasphème culturel !!! Véritable pendant du film culte du tandem O’Brien/Sharman, <em>Flesh for Frankenstein</em> balaie glam, paillettes et joie transgressive, pour se positionner résolument et sans complexe sur l’autre versant des années 1970. Le côté obscur. Celui où <a href="https://www.theartchemists.com/?s=frankenstein">Frankenstei</a>n ne danse pas, ne libère personne, ne célèbre rien. Celui où le mythe devient un théâtre de la chair, un miroir brutal et cynique d’un monde sans illusions.</p>



<p>Bienvenue dans le Frankenstein version Factory.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Frankenstein (1973) | Coming Soon Trailer (Flesh for Frankenstein)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/-E9d8Z-N3AM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Paul Morrissey, la Factory et la fin des illusions</h2>



<p>Petite précision, histoire de dissiper un malentendu. Le film qu’on a surnommé <em>Andy Warhol’s Frankenstein</em> n’est pas réalisé par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andy_Warhol">Andy Warhol</a>. Le nom est là comme un label, une signature marketing, une caution <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Factory">Factory</a>. Le véritable maître d’œuvre, c’est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Morrissey">Paul Morrissey</a>, cinéaste underground, collaborateur régulier de Warhol, esprit acide et profondément désenchanté à qui l’on doit entre autres la trilogie <em>Flesh – Trash – Heat</em> (1968) ou <em>Du sang pour Dracula</em> (1974). En 1973, deux ans avant que Frank-N-Furter ne débarque en corset sur les écrans, Paul Morrissey livre <em>donc sa version du mythe érigé par Mary Shelley</em> (également connu sous le titre <em>Andy Warhol’s Frankenstein</em>). </p>



<p>Même décennie, même volonté de dynamiter le mythe, mais radicalement autre chose. Ici, pas de rituel collectif joyeux. Pas de glamour. Pas de libération. Juste une grimace glaciale, une humanité réduite à l’état de matière première. A l’aube des 70’s, la contre-culture a déjà commencé à se fissurer. Les utopies des années 1960 se sont fracassées contre la guerre, la violence, le cynisme politique. La Factory n’est plus seulement un terrain de jeu pop : c’est un observatoire cruel des dérives du pouvoir, du désir et de la marchandisation. Morrissey filme un monde où plus rien ne croit à la transcendance. Ni l’art, ni la science, ni la morale ne sauvent qui que ce soit. Tout est sale, tout est intéressé, tout est voué à la décomposition. Son Frankenstein naît de ce climat. Et il en porte toutes les cicatrices.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Udo Kier : Frankenstein comme prédateur aristocratique</h2>



<p>Oubliez immédiatement la figure romantique du savant tragique. Ici, le baron Frankenstein, incarné par le sombre, halluciné et regretté <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Udo_Kier">Udo Kie</a>r, est un prédateur froid, un aristocrate décadent et incestueux obsédé par la pureté, la reproduction et le contrôle absolu. Son objectif ? Créer une race parfaite. Masculine, docile, fonctionnelle. Pour ce savant, la science constitue un instrument de domination. Point barre.</p>



<p>Udo Kier compose un personnage glaçant. Distant, méprisant, sexuellement mécanique. Il n’y a chez lui ni passion véritable, ni culpabilité. Seulement une obsession : assembler, corriger, améliorer. Les corps (notamment féminins) deviennent des stocks de pièces détachées ; les êtres humains, des matériaux interchangeables. Contrairement à Frank-N-Furter, qui déborde de désir et de théâtralité, ce Frankenstein-là est vide de joie. Le pouvoir sans le plaisir. La maîtrise sans l’ivresse. Une figure monstrueuse non pas par excès, mais par absence d’empathie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La chair comme matériau : un Frankenstein sans métaphysique</h2>



<p>Ce qui frappe immédiatement dans <em>Flesh for Frankenstein</em>, c’est sa relation au corps. Ici, le corps n’est ni sacré ni symbolique. Il est littéralement de la viande (d’où le titre). La chair est filmée comme quelque chose qu’on découpe, qu’on assemble, qu’on jette. Les corps féminins sont fragmentés, désindividualisés, réduits à leur fonction reproductive. Le grotesque est omniprésent, souvent jusqu’à l’insoutenable, mais toujours teinté d’un humour noir féroce.</p>



<p>Morrissey ne cherche pas à choquer gratuitement. Il met à nu une logique : celle d’un monde où le corps devient marchandise, où la science sert les fantasmes autoritaires, où la domination masculine s’exerce sans même se cacher. Ici, Frankenstein ne se demande jamais s’il a le droit de créer la vie.<br />La question morale n’existe plus. C’est précisément ce silence éthique qui rend le film si perturbant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un Frankenstein politique, sans discours explicite</h2>



<p><em>Flesh for Frankenstein</em> est profondément politique, mais à la manière la plus inconfortable qui soit. Morrissey ne délivre aucun message clair, aucune morale rassurante. Il expose la pourriture, point. Derrière l’obsession de la pureté et de la reproduction se dessinent des échos évidents : eugénisme, autoritarisme, fantasmes de contrôle total, peur de la contamination.</p>



<p>Le film respire la fin des illusions occidentales. L’Europe qu’il met en scène est décadente, figée dans une aristocratie grotesque, incapable de produire autre chose que des monstres. La science, loin d’être salvatrice, devient l’outil d’une violence froide et systémique. C’est un Frankenstein sans rédemption. Sans catharsis. Sans espoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un film culte… mais profondément mal aimé</h2>



<p>Contrairement à <em>The Rocky Horror Picture Show</em>, <em>Flesh for Frankenstein</em> n’a alimenté aucun rituel collectif. Il n’appelle pas le déguisement ni la fête. Il repousse, volontairement. Le film a longtemps été censuré, tronqué, projeté dans des versions dégradées. Sa réputation sulfureuse, sa violence graphique, son humour malsain l’ont cantonné à un public restreint, souvent composé de cinéphiles avertis et d’amateurs de cinéma underground. Et pourtant, il est devenu culte. Un culte d’initiés, discret, inconfortable, sans nostalgie joyeuse. Un film qu’on admire plus qu’on ne l’aime, qu’on respecte plus qu’on ne chérit.</p>



<p>Impossible de ne pas mettre en regard <em>Rocky Horror</em> et le Frankenstein de Morrissey. Ils appartiennent à la même époque, mais proposent deux réponses radicalement opposées au mythe. Là où <em>Rocky Horror</em> célèbre la transgression joyeuse, Morrissey montre la domination nue. Là où Frank-N-Furter déborde de désir, le baron Frankenstein le neutralise. Là où l’un invite à la participation collective, l’autre enferme le spectateur dans un malaise solitaire. Pourtant, les deux films partagent un point commun essentiel : ils refusent la version morale et édifiante de Frankenstein. Ils brisent le mythe pour mieux révéler les tensions de leur époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Frankenstein, version désenchantée</h2>



<p>Avec <em>Flesh for Frankenstein</em>, Paul Morrissey ne modernise pas le mythe : il le désenchante radicalement. Brutalement. Il retire toute illusion de grandeur, toute possibilité de rachat. Il montre un monde où le monstre n’est pas une erreur tragique, mais le produit logique d’un système malade.</p>



<p>Ce Frankenstein-là ne vous demande pas de l’aimer. Il vous demande de le confronter sans ciller.<strong> </strong>Et c’est précisément pour cela qu’il reste, plus de cinquante ans plus tard, aussi inconfortable, aussi dérangeant, aussi nécessaire.</p>



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		<title>A House of dynamite : 19 minutes avant la fin du monde</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/film-house-dynamite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 12:30:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand il s’agit de dire les choses clairement, Kathryn Bigelow n’a que peu de concurrents. On se souvient encore du magistral Zero Dark Thirty qui abordait sans concession la traque de Ben Laden, entre course à l’information quitte à user de la torture et attentats en série. Très musclée et incisive dans ses approches, Bigelow remet le couvert avec A House of dynamite. Et cela n’est pas fait pour nous...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="480" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-house-of-dynamite.jpg" alt="affiche du film A house of dynamite" class="wp-image-38376" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-house-of-dynamite.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-house-of-dynamite-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/11/The-ARTchemists-house-of-dynamite-395x494.jpg 395w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



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<p>Quand il s’agit de dire les choses clairement, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kathryn_Bigelow">Kathryn Bigelow</a> n’a que peu de concurrents. On se souvient encore du magistral <em>Zero Dark Thirty</em> qui abordait sans concession la traque de Ben Laden, entre course à l’information quitte à user de la torture et attentats en série. Très musclée et incisive dans ses approches, Bigelow remet le couvert avec <em>A House of dynamite</em>. Et cela n’est pas fait pour nous rassurer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="A HOUSE OF DYNAMITE | Teaser officiel VOSTFR | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ljGG1tyCxqg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Le cul sur un caisson de TNT</h2>



<p>Car la dame déterre une menace oubliée : la peur d’une guerre nucléaire. Née en 1951, elle a grandi en pleine guerre froide quand les bombes A, H et consort proliféraient à la surface du globe. Avec la Détente, le péril atomique a doucement été écarté (pour preuve il déserte progressivement les épisodes de la saga <a href="https://www.theartchemists.com/livre-bons-baisers-du-monde/">James Bond</a> qui lui préfèrent la question de l’eau, du pétrole, des médias ou d’internet et de la surveillance numérique). Mais pour Bigelow, c’est se mettre la tête dans le sable que d’ignorer un danger omniprésent dans un univers où, paradoxe des paradoxes, on communique de plus en plus mal.</p>



<p>D’où <em>A House of dynamite</em> qui revient à dire que nous avons tous le cul sur un caisson de TNT prêt à péter. Et si cela arrivait, nous serions loin de pouvoir gérer la crise. Tout commence en mode « banalité du quotidien » pour ces femmes et ses hommes impliqués à différents niveaux dans la sécurité des USA. Sauf qu’en une micro-seconde, un missile nucléaire sorti d’on ne sait où vu qu’un radar a merdé fait basculer cette quiétude qui a tout de la torpeur. Et là c’est le bordel débouchant sur le chaos. En 19 minutes, c’est plié. Le bazar n’a pu être neutralisé, il tombera à l’aveugle sur le sol américain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Neutraliser … à l’aveuglette</h2>



<p>A partir de là, que fait-on&nbsp;? Évacuer les populations&nbsp;? Pas le temps, on exfiltre les plus importants, les autres y resteront, tant pis (sympa pour Mr Tout-Le-Monde, vous et moi donc, qui seront incinérés en une micro-seconde s’ils ont la chance d’être au point d’impact). Répliquer&nbsp;? Il faudrait, histoire de neutraliser d’autres lancements. Sauf qu’on ne sait pas qui a paramétré le missile et qu’en neutralisant à l’aveuglette, on encourage vivement les autres (Russes, Chinois, Coréens du Nord, Iraniens et autres) à répliquer voire même à anticiper en balançant leurs ogives sur le pays de l’oncle Sam. Se concentrant sur ces 19 minutes cruciales, Bigelow évoque trois strates décisionnelles&nbsp;: postes techniques (Alaska/Missile Defence), commandement central (STRATCOM), Maison-Blanche et Président. Et chaque strate, c’est juste la confusion.</p>



<p>Des protocoles qu’il faudrait appliquer à la lettre mais qui ont des angles morts à foison&nbsp;(big up au cahier de lancement des ogives nucléaires qui ressemble à un menu de restau) ; des décideurs qui perdent de précieuses minutes à douter puis à discutailler&nbsp;quand ils ne perdent carrément pas les pédales ; des outils qui dysfonctionnent qu’on de semande si ce n’est pas le destin qui fait exprès (écrans qui merdent, portables qui lâchent, réseaux en rideau…). Franchement pas glorieux mais si réaliste à l’heure de coupes budgétaires qui restreignent moyens technologiques et humains). Et c’est bien là que ça vous fiche un upercut. Le récit de Bigelow est réaliste. Pas du délire, mais la réalité comme se plaît à le rappeler un général au POTUS incarné par un Idriss Elba saisissant de vérité dans son angoisse et ses doutes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démolir le MAGA spirit</h2>



<p>Là où il faudrait communiquer le plus fluidement possible pour éviter l’escalade et le point de non retour, c’est juste inaudible d’un bout à l’autre de la planète. L’expérience de la crise Cuba débouchant sur l’installation du téléphone rouge n’aura finalement pas servi longtemps de leçon. Retour au point 0, aberration sans nom à l’heure du tout numérique. Tout numérique qui ne sert plus à grand-chose quand il ne reste que deux minutes avant l’impact fatal et que vous n’avez d’autres options que d’appeler vos proches pour leur dire combien vous les aimez alors que vous savez qu’ils vont mourir et que vous n’y pouvez plus rien.</p>



<p>Clairement le film va vous secouer et pas forcément vous plaire. Pour tout dire, le Missile Defense Agency (MDA) et le Pentagone ont sorti les crocs, prétextant que leur système d’interception était infaillible (dixit <a href="https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/films/news/pentagon-house-of-dynamite-netflix-trump-b2852657.html?utm_source=chatgpt.com"><em>The Independant</em></a>), ce que le film contredit. Idem avec <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a> qui n’est pas ravi ravi de l’image de vulnérabilité renvoyé par un récit qui démolit le MAGA spirit sans pitié… et à raison ? Difficile d’observer ces images, ces situations ô combien délicates sans penser à ce que ferait Trump en semblable posture. Pas dit qu’il jouerait sur la diplomatie. Or c’est de cela qu’il s’agit. Savoir stopper ses élans de soit-disant male alpha pour essayer de préserver ce qui peut encore l’être. Et cela, nous savons tous que le monsieur en est incapable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un scénario réaliste</h2>



<p>On pourrait se dire que Bigelow exagère. Problème&nbsp;: le scénario signé Noah Oppenheim a été façonné avec des spécialistes, des experts, militaires, anciens responsables, personnes ayant travaillé dans les « rooms » de crise du Pentagone et du STRATCOM (cf <a href="https://www.netflix.com/tudum/articles/could-a-house-of-dynamite-really-happen?utm_source=chatgpt.com">l’article de Netflix</a> expliquant le pourquoi du comment)&nbsp;; il regorge de références, d’acronymes, de termes techniques), est d’une rare précision sur les protocoles, les organigrammes. Il restitue avec pertinence la montée en tension, la manière dont chacun.e va gérer ce basculement. Servi par un casting de haut vol (Elba pré-cité, Rebecca ferguson, Jared Harris, Jason Clarke, Tracy Letts, Gabriel Basso, Moses Ingram et consort), le récit fait le lien entre événement, gestion de la crise et des émotions générées.</p>



<p>Doute, aveuglement, anxiété, terreur, chagrin, frustration… toute la palette des sentiments les plus intenses saisit ces personnages confrontés à un impensable qu’ils sont sensés pour gérer (ils sont formés pour, comme ils aiment à le répéter). Mais peut-être le croient-ils un peu trop. Ce n’est pas la première fois, que les USA, convaincus de leur toute puissance, se plantent. Forte d’un regard journalistique sans concession, Bigelow tire ici la sonnette d’alarme à raison&nbsp;; à l’heure où les tensions géopolitiques se multiplient (Russie/Ukraine, Chine/Taiwan), ce film entre docu-fiction et thriller tombe à point pour sensibiliser, sinon les puissants, du moins les populations. Et il y parvient magistralement.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Monster : The Ed Gein story &#8230; ce que mérite l’Amérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-monster-ed-gein-story/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:35:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avions littéralement dévoré Monster 1 et 2, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de Jeffrey Dahmer et des frères Menendez. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du Silence des agneaux. Ça vous l’a...</p>
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<p>Nous avions littéralement dévoré <em>Monster 1 </em>et<em> 2</em>, respectivement consacrés aux parcours meurtriers de <a href="https://www.theartchemists.com/serie-monster-jeffrey-dahmer-story/">Jeffrey Dahmer</a> et des <a href="https://www.theartchemists.com/serie-menendez/">frères Menendez</a>. Autant vous dire que l’annonce du troisième volet de la série dédié à Ed Gein nous a mis sur les dents. 2 octobre 2025 : lancement des épisodes ; 3 octobre début du visionnage ; 5 octobre, bouclage du visionnage ; 6 octobre revisionnage du <em>Silence des agneaux</em>. Ça vous l’a fait aussi ? Normal. Le binôme Murphy/Brennan a, comme à son habitude et avec la maestria qu’on lui connaît, exploré comment une histoire sordide a engendré un mythe. Avec en toile de fond une réflexion sur ce mérite l’Amérique de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=trump">Trump</a>. Et cela n’a rien de glorieux.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="MONSTER: The Ed Gein Story | Official Trailer | Netflix" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/EDBmpfbnLGk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Atrocités de proximité</h2>



<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Gein">Ed Gein</a> donc : un discret fermier issu de l’Amérique profonde, coincé entre les interdits érigés par une mère castratrice avec laquelle il tisse une relation fusionnelle au-delà du concevable et des fantasmes de dépeçage et de nécrophilie. Maman meurt : Ed, dévasté, perd son seul garde-fou (dans tous les sens du terme) et passe à l’acte, depuis le viol de cadavres jusqu’au meurtre en passant par la fabrication de meubles en peau et os humains.</p>



<p>Les flics qui vont finalement l’appréhender auront du mal à s’en remettre. Les médias se saisiront de cette affaire qui aura un écho international&nbsp;: dans les années 50 en voie de rémission après une seconde guerre mondiale horrifique, on n’imagine même pas qu’un Ed Gein puisse exister et commettre semblables atrocités dans sa cuisine à proximité du centre d’une petite ville du Wisconsin où tout le monde se connaît. Et pourtant…</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-52e16958271510901ae7bfffe1f746a7"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-des-goutte-sang-pire/">DES : pas une goutte de sang, mais c’est bien pire …</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Autopsier la psyché américaine</h2>



<p>Cette histoire va s’enraciner dans la culture américaine, influençant des générations de tueurs en série qui rendront hommage à Gein comme à la matrice originelle de leurs barbaries, ET une floppée de réalisateurs s’emparant de ce fait divers pour le raconter en sanglantes images qui vont transformer le cinéma (à moins que ça soit l’inverse ?). <em>Psychose</em> d’<a href="https://www.theartchemists.com/film-hitchcock-mythe-cinematographique/">Hitchcock</a>, <em>Massacre à la tronçonneuse</em> de Hopper, <em>Le Silence des agneaux</em> de Demme : trois monuments filmiques, trois séismes artistiques, trois grandes mutations dans le regard des spectateurs.</p>



<p>Pas étonnant que Murphy/Brennan, qui, rappelons-le, ont accouché de la superbe minisérie<a href="https://www.theartchemists.com/hollywood-coup-pied-fourmiliere-cinema/"> <em>Hollywood</em></a>, se penchent sur le devenir de la fable Ed Gein, ajoutant au passage des clins d’œil à <em>Maniac</em> ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-mindhunter/">Mindhunter</a></em>. Désireux qu’ils sont d’autopsier la psyché américaine dans ce qu’elle a de plus tortueux, de plus vénéneux, ils ne pouvaient ignorer pareille source. Encore moins la raconter sans y mêler esthétique, humanité et poésie (la déclinaison à l’œuvre dans la saga <em><a href="https://www.theartchemists.com/?s=American+Horror+Story">American Horror Story</a></em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pénétrer la réalité d’une démence</h2>



<p>Teintes verdâtres et lumières tamisées, nuances de cadavre en putréfaction, gros plans sur les mains qui caressent les chairs mortes, les doigts qui cousent des peaux de femme, les pupilles qui se dilatent devant des images de sévices, Murphy/Brennan mettent en scène l’atroce du point de vue d’un Gein bercé/rongé par ses visions, ses angoisses, ses désirs. C’est aussi insupportable que superbe, poignant même, et particulièrement perturbant. Car, ce faisant, Murphy/Brennan nous rappellent que ce type martyrisé par une mère fanatique et elle-même dérangée, souffrait de schizophrénie.</p>



<p>Ne pas excuser, ne pas magnifier, pénétrer la réalité d’une démence. Facile à dire, plus compliqué à faire&nbsp;: Charlie Hunnam campe un Ed Gein contre toute attente charismatique, dont on n’arrive jamais à déterminer s’il est un peu benêt ou profondément manipulateur. Autour de lui une palette d’acteurs également impliqués, dont Tom Hollander en Hitchcock dévoré par le monstre filmique qu’il engendre, Will Brill, frénétique Tobe Hopper, ou Vickie Krieps, terrifiante Ilse Koch. Le casting est impressionnant, de même le travail de reconstitution des décors et des costumes, les effets spéciaux, les maquillages, la photographie, les cadrages, le montage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gein, miroir intemporel des peurs de l’Amérique</h2>



<p>Effet d’harmonie pour conter le chaos d’un esprit médiocre rongé de démence et évoluant dans un monde parallèle et mortifère où la violence perturbe les genres. Avec <em>Monster : The Ed Gein story</em>, Murphy/Brennan ajoutent leur pierre à l’édifice qu’ils tentent de démonter. Ironie du sort : si, comme le dit si bien Hopper, Gein inspire les films que l’Amérique mérite, tendant ainsi un miroir à ses terreurs le plus profondes (menace nucléaire, guerre du Vietnam, crise économique…), alors quelles peurs modernes ce nouvel opus de la série <em>Monster</em> dénoncent-elles ?</p>



<p>Les USA de Trump, masculinistes, fondamentalistes et rétrogrades, s’acharnent sur les opposants, les migrants, les femmes, les homosexuels, les transsexuels. Schizophrénique, le pays de la démocratie tourne à la dictature à coup de censure et de discrimination. Combien de Ed Gein à la clé de cette plongée dans les eaux troubles du rigorisme religieux où il ne fait pas bon être une femme ou avoir changé de sexe ? Gein, obsédé par le corps des femmes au point de leur arracher la peau pour s’en faire un costume, s’en masquer le visage, n’est pas le transsexuel frustré qu’on a imaginé mais un gynéphile tellement obsédé par la féminité qu’il la pénètre intégralement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Homme parasite et fascination du true crime</h2>



<p>La démembre, l’écorche, la recompose à sa façon pour s’y glisser et y vivre. Peau d’Âne version homme, Hercule recouvert d’une défroque féminine : un homme parasite, adulescent qui détruit les femmes jusqu’à s’emparer de leur être, de leur visage, de leurs formes. Plus qu’un boucher, un ogre mu par ses hallucinations, ses pulsions et qui pour jouir a besoin d’une femme froide, silencieuse, soumise. Morte. Aucun recul, pas de remord, le regard absorbé par les magazines illustrant la barbarie nazie sous toutes ses formes.</p>



<p>Difficile de ne pas faire le lien avec le règne des images modifiées par l’IA, images qui inondent nos fils d’actu et entretiennent notre FOMO. La référence à Weegee, photographe new-yorkais qui a dépeint la vie nocturne de Big Apple y compris ses côtés scabreux et sanglants n’est pas anodine. La fascination de Gein et de sa petite amie pour les scènes de meurtre non plus. Alors que le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=true+crime">true crime</a> est plébiscité, Murphy/Brennan interrogent cette fascination malsaine et le business qu’elle génère, l’effet Ed Gein qu’elle alimente.</p>



<p>Certains diront que la série, composée de huit épisodes, est trop longue, chronologiquement bordélique. C’est qu’il ne s’agit guère de raconter des faits qui tiennent sur un timbre-poste ou presque. D’ed gein en soi, il y a peu à dire sinon que c’était un tueur dément. Mais c’est l’impact durable qu’il a sur la mémoire américaine qu’il imposte ici d’ausculter. Et la love story sado-maso des USA pour le boucher de Planinfield a de quoi interpeler les consciences. Ce que Murphy/Brennan font avec beaucoup de pertinence et un plaisir non feint.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Civil War : apocalypse now in USA</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/civil-war/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 11:19:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Civil War&#160;: au premier visionnage, ce film m’a laissée anéantie. Avec en bouche un goût de prémonition. Une sorte de miroir tendu où apparait la violence la plus crue. La plus inutile. Le brûlot d’Alex Garland est sorti sur les écrans en 2024. Nous terminons l’année 2025 et chaque image de ce road movie en enfer trouve écho dans la réalité. Ce qui n’a rien de rassurant. Guerre intestine Civil...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p><em>Civil War&nbsp;</em>: au premier visionnage, ce film m’a laissée anéantie. Avec en bouche un goût de prémonition. Une sorte de miroir tendu où apparait la violence la plus crue. La plus inutile. Le brûlot d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_Garland">Alex Garland</a> est sorti sur les écrans en 2024. Nous terminons l’année 2025 et chaque image de ce road movie en enfer trouve écho dans la réalité. Ce qui n’a rien de rassurant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="CIVIL WAR - Bande-annonce VOST" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/LB-VagkD6Zo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Guerre intestine</h2>



<p><em>Civil War&nbsp;</em>: alors que les États-Unis se déchirent, qu’une guerre intestine ravage le pays, met à mal les populations, quatre journalistes quittent New-York et ses émeutes pour rallier Washington et obtenir une interview du président retranché dans une maison Blanche fortifiée. Leur périple va tourner à l’odyssée macabre tandis qu’ils approchent de leur but. Scène après scène, l’hyperpuissance américaines se décompose ainsi que ses valeurs démocratiques. On torture, on exécute, on massacre. Les milices de la Mort opèrent un peu partout, dans une totale impunité et sans jamais qu’on en comprenne les motivations, les revendications.</p>



<p>Ces séquences pourraient avoir lieu au <a href="https://www.theartchemists.com/salvador-oliver-stone-chronique/">Salvador</a>, au Chili, en Sierra Leone, en Haïti, au Népal. Garland, qui n’évoque jamais les origines de ce conflit fratricide, scotche le spectateur en ancrant ces moments insupportables dans la riante campagne américaine, avec en toile de fond des paysages d’une beauté confondante. Grandeur imperturbable de la nature vs vide idéologique de l’affrontement humain. Personne ne brandit de manifeste, personne ne prononce de grands discours sur la liberté ou la justice. On se bousille allègrement, on fait parler les armes, pas de loi, plus de justice. Le Far West.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fracture permanente</h2>



<p>Prémonitoire et terriblement actuel : Garland pointe du doigt une Amérique où la fracture est instituée en état permanent, en mode de vie. La guerre n&rsquo;est plus un affrontement d&rsquo;idées, c&rsquo;est un système par défaut, une toile de fond pour survivre. Les milices tirent sur tout ce qui bouge. Les soldats exécutent sans se poser de questions. L’<a href="https://www.theartchemists.com/apocalypse-now-chef-doeuvre-a-lectures-multiples/">apocalypse (now)</a> surgit entre deux champs de maïs. La banalité de l&rsquo;horreur est terrifiante précisément parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas besoin de se justifier. Plus d&rsquo;idéologie = plus de limite. Juste la barbarie comme langage universel.</p>



<p>Au cœur de ce cauchemar, quatre reporters. Lee (Kirsten Dunst, magnétique), la légendaire photographe de guerre dont le prénom évoque Lee Miller, qui a tout vu, tout enduré, tout sacrifié et qui n’en peut plus de capturer autant de brutalité avec son objectif. Joel (Wagner Moura), l&rsquo;écrivain survitaminé qui carbure à l&rsquo;adrénaline (avec alcool et came en prime). Sammy (Stephen McKinley Henderson), le vétéran sage, journaliste expérimenté mais si vieux qu’on se demande comment il va tenir le choc. Et Jessie (Cailee Spaeny), 23 ans, des étoiles dans les yeux et un Nikon en bandoulière, qui va ici faire son initiation. Leur boussole morale ? On photographie pour que les autres posent les questions.<strong> </strong>Cette phrase, c&rsquo;est leur doctrine. Leur carapace. Leur condamnation aussi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;héritage Robert Capa</h2>



<p>Le film expose la réalité du journalisme de guerre et c’est clairement un sacerdoce doublé d’un chemin de croix. Le badge « PRESS » ne protège de rien. Dans une scène glaçante, un tireur d&rsquo;élite (joué par Jesse Plemons, terrifiant) leur demande froidement : <em>« Quel genre d&rsquo;Américains êtes-vous ? »</em> avant de décider s&rsquo;ils méritent de vivre ou non. La presse n&rsquo;est plus un contre-pouvoir, juste une cible supplémentaire. Lucide, cruellement. Presque documentaire jusque dans la restitution du caractère de ces reporters addicts au tumulte. Lee et ses camarades <em>ont besoin</em> d’être au cœur de l’action, pour capter la photo qui va « changer le monde », l’info qui va faire le scoop. Leur cynisme constitue l’armure nécessaire pour continuer à regarder l&rsquo;horreur en face. Ils sont les héritiers de Robert Capa, cherchant toujours à être « assez près » &#8211; quitte à y laisser leur humanité… et leur vie.</p>



<p>Et Garland de nous transmettre cette frénésie via l’astuce filmique des arrêts sur image. En pleine séquence d&rsquo;action, il interrompt le mouvement pour nous balancer une photo fixe de cette même action. Une fraction de seconde. Un corps qui s&rsquo;effondre. Un visage figé dans la terreur. Un soldat mort les yeux ouverts. Le sang poisseux qui se répand. Le feu, les explosions, l’angoisse, la colère. Ces images sont pensées comme des agressions visuelles. Le procédé force ainsi le spectateur à vivre l&rsquo;expérience du reporter : faire fi du danger pour capturer l&rsquo;instant, le figer, le transformer en document. En objet. En marchandise de l&rsquo;horreur&nbsp;? Dixit tous ces clichés atroces qu’on consomme à la pelle sur nos fils d’actu et qui nous insensibilisent&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragique passation</h2>



<p>C’est l’incohérente fatalité à l’œuvre dans cette fable qui a tout du réel. Lee, photographe émérite, talentueuse ô combien mais usée jusqu’à la corde émotionnellement et physiquement, passe le flambeau à la jeune Jessie qu’elle initie comme le ferait une grande prêtresse d’une néophyte. Jessie qui, au fil des fusillades et des escarmouches, va oublier sa peur pour s’abandonner tandis que Lee, elle, s’étiole. La passation trouvera son accomplissement tragique lors de l&rsquo;assaut final sur la Maison Blanche. Une scène magistrale qui invoque le pouvoir démiurgique de l’image, la vie, l’énergie qu’on vole lorsqu’on photographie quelqu’un.</p>



<p>Une sorte de portrait ovale en temps de guerre, un instant d’une beauté terrifiante. Et qui laisse le spectateur sans voix, honteux, recroquevillé dans son fauteuil comme un gosse terrifié par les le fracas des rafales de fusil d’assaut, les explosions, les cris. La conception sonore du film ici est essentielle, répartie entre fusillades, hurlements, silences et morceaux de pop et country qui habillent ces séquences de combat pour les rendre encore plus intolérables.Histoire de rappeler que la destruction fait partie de l’ADN culturelle des USA en particulier et de l’humanité en général&nbsp;?</p>



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<p><em>Civil War</em> donc&nbsp;? Un électrochoc. Garland ne nous offre aucun réconfort, aucune catharsis. Pas de héros qui sauvent la situation. Pas de fin heureuse. Un constat glacial, visionnaire : quand une démocratie se fracture, quand la violence se banale, quand les reporters sont des cibles&#8230; il est déjà trop tard. Hommage déchirant au journalisme de guerre, à ces hommes et femmes qui risquent leur vie pour que nous sachions, le film souligne LA problématique par excellence : à quoi sert-il de témoigner si personne n&rsquo;écoute ? Or aujourd’hui, plus personne n’écoute, ne regarde, ne décrypte. Garland n’évoque pas un futur dystopique mais une sinistre réalité en train de se concrétiser sous nos yeux, dans l’indifférence générale. Et quand on observe ces images, on a le sentiment qu’il est déjà trop tard.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>L’architecture dans les animés : Akira, Evangelion, Blame! entre modernisme et ruines</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/architecture-animes-modernisme-ruines-akira-evangelion-blame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Aug 2025 07:48:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38309</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans les animés japonais, la ville est décor ET personnage. Elle respire, s’effondre, repousse, se blinde, se déploie en couches comme une géologie d’acier. Trois œuvres phares cartographient ce ballet entre modernisme (ordre, méga-infrastructures, planification) et ruines (effondrement, débordement, mémoire) : Neo-Tokyo dans Akira, Tokyo-3 dans Evangelion et la Cité infinie de Blame!. Akira : la mégalopole post-métaboliste (ordre, vitesse… et fissures) Neo-Tokyo n’est pas une fantaisie cyberpunk hasardeuse :...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-ville-dans-les-animes.jpg" alt="trois animes interrogeant le devenir de l'architecture" class="wp-image-38310" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-ville-dans-les-animes.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-ville-dans-les-animes-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-ville-dans-les-animes-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Dans les animés japonais, la ville est décor ET personnage. Elle respire, s’effondre, repousse, se blinde, se déploie en couches comme une géologie d’acier. Trois œuvres phares cartographient ce ballet entre modernisme (ordre, méga-infrastructures, planification) et ruines (effondrement, débordement, mémoire) : Neo-Tokyo dans <em>Akira</em>, Tokyo-3 dans <em>Evangelion</em> et la Cité infinie de <em>Blame!</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Akira (1988) - Bande annonce HD - Reprise 2020" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/XzfL4o4Qwfc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Akira</em> : la mégalopole post-métaboliste (ordre, vitesse… et fissures)</h2>



<p>Neo-Tokyo n’est pas une fantaisie cyberpunk hasardeuse : sa grammaire urbaine digère le métabolisme japonais (Tange, Kurokawa, Maki), ce rêve 1960s d’une ville organique, extensible, portuaire, arrimée aux mégastructures. La littérature critique et les commissaires d’Anime Architecture relient explicitement <em>Akira</em> aux visions de Kenzō Tange (<em>A Plan for Tokyo, 1960</em>).</p>



<p>Résultat à l’écran : échangeurs tentaculaires, trames autoroutières, front d’eau, clusters de tours. Une modernité flamboyante… rongée par les émeutes, la corruption, la militarisation et l’angoisse post-nucléaire avec come symbole le stade olympique (JO de 2020 dans le film) — promesse de renaissance, tombeau d’Akira, théâtre de la catastrophe. La coïncidence avec Tokyo 2020 a relancé la lecture “ville-spectacle vs. ville-trauma” : la façade moderniste recouvre une chambre froide.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Neon Genesis Evangelion | Bande-annonce | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/dalyUU-mGe0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Evangelion</em> : Tokyo-3, la <strong>machine qui se fait passer pour une ville</strong></h2>



<p>À Tokyo-3, la ville se rétracte : tours qui disparaissent sous terre, façades qui coulissent, GeoFront souterrain comme cathédrale d’ingénierie. Les historiens de l’animation et les architectes y voient une cité défensive, urbs-mécanisme pilotée par NERV : en surface, une skyline docile pour les civils ; en profondeur, la ville-arme (ascenseurs, lance-missiles, dômes). C’est un modernisme cinétique : l’urbanisme comme exosquelette.</p>



<p>Stefan Riekeles résume la chose dans <a href="https://www.archdaily.com/1007021/textures-skyscrapers-and-urban-landscapes-when-anime-meets-architecture?utm_source=chatgpt.com">ArchDaily</a> : une “machine qui prétend être une ville”. Ce retournement critique du modernisme (lisibilité, rationalité, standardisation) devient chorégraphie de combat : rues vidées, immeubles “avalés”, plan au carré. L’architecture performative prend le pas sur l’architecture habitée — le choc émotionnel vient de là.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Blame! | Bande-annonce VOSTFR | Netflix France" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/YVRfvSd7W64?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Blame!</em> : quand la ville devient espèce (croissance sans architecte)</h2>



<p>Chez <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tsutomu_Nihei">Tsutomu Nihei</a>, ex-étudiant à Parsons passé par le bâtiment, la ville n’est plus un projet : c’est un organisme. Dans <em>Blame!</em>, la Cité s’auto-réplique à l’infini : niveaux, gaines, vides catatoniques, passerelles et pylônes que plus personne ne contrôle. L’architecture n’est plus un langage humain : c’est une biologie minérale guidée par des protocoles automatiques. Le spectateur dérive dans un espace post-fonctionnel où l’échelle humaine est dissoute.</p>



<p>La carrière de Nihei explique cette obsession : construction, dessin, New York comme bain d’infrastructures, puis manga. D’où ces perspectives abyssales, ces poutres démesurées, ces mégastructures “vivantes”. L’influence sur le jeu vidéo et l’imaginaire SF (de <em>Dark Souls</em> à des indés architecturaux) a été abondamment commentée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Modernisme vs ruines : ce que ces villes racontent du Japon (et de nous)</h2>



<p>Trois axes ressortent de cette approche synthétique.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Modernisme actif dans <em>Evangelion</em>: l’architecture bouge, protège, s’optimise ; mais à force d’être machine, la ville <em>perd</em> ses habitants.</li>



<li>Modernisme fissuré dans <em>Akira </em>: mégastructure et croissance apportent vitesse et contrôle, mais la violence sociale remonte par les interstices (stade, échangeurs, friches).</li>



<li>Post-modernisme entropique dans <em>Blame !</em> : la planification est morte ; l’algorithme bâtit à notre place accouchant d’une esthétique sublime et d’une politique glaçante.</li>
</ul>



<p>Ces imaginaires viennent d’une histoire précise : reconstruction d’après-guerre, métabolisme des années 60 (utopie d’une ville réparable/extensible), crises et bulles, puis ère numérique. Les animés rejouent ce fil : ordre → débordement → ruines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment “lire” ces architectures à l’écran</h2>



<p>Plusieurs clés peuvent aider le spectateur à déchiffrer cette grammaire architecturale.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>L’échelle : où est l’humain dans le plan ? Écrasé (<em>Blame !</em>), excentré (<em>Akira</em>), absent (<em>Evangelion</em> pendant la “bataille”).</li>



<li>La cinétique : quels éléments bougent (bâtiments, routes, docks) et pourquoi ? (Fonction vs défense vs automatisme.)</li>



<li>Les sections : plein/creux, surface/profondeur (GeoFront, sous-sols de Neo-Tokyo). La ville s’explique en coupe, pas seulement en façade.</li>



<li>Les symboles : stades, ports, dômes, échangeurs, toutes ces promesses nationales sont devenues sites de crise.</li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi ça reste si puissant en 2025&nbsp;?</h2>



<p>Parce que nos villes réelles oscillent entre smart-city (capteurs, rétractables, “résilience”) et ruin porn (climat, crises). <em>Akira</em> avait déjà tendu un miroir en juxtaposant olympisme et gouffres ; <em>Evangelion</em> a matérialisé le fantasme d’une ville-mecha ; <em>Blame!</em> anticipe nos débats sur l’automatisation et la perte de contrôle. Ces trois récits montrent la ville non comme réponse, mais comme question.</p>



<p>En cela, les animés japonais ont fait de la ville un opéra de matière : modernisme qui protège, modernisme qui craque, modernisme qui mute sans nous. Entre <em>Akira</em>, <em>Evangelion</em> et <em>Blame !</em>, on lit la même question : que devient l’humain quand l’architecture dépasse l’architecture — et que la ville devient machine, théâtre ou espèce ?</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Le Mur de Berlin. Un Monde Divisé : anatomie d’une cicatrice mondiale à la Cité de l’Architecture</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/mur-berlin-exposition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dauphine De Cambre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2025 15:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38142</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette semaine, direction la Cité de l’Architecture et du Patrimoine qui évoque les réalités du tristement célèbre Mur de Berlin. Ce serpent de ciment long de 43,1 kilomètres balafra l’Europe pendant près de trois décennies. L’exposition Le Mur de Berlin. Un Monde Divisé dépasse la simple reconstitution historique pour proposer une analyse fouillée de cette construction emblématique et monstrueuse. Le symbole le plus brutal de la guerre froide Un petit...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Cette semaine, direction la Cité de l’Architecture et du Patrimoine qui évoque les réalités du tristement célèbre Mur de Berlin. Ce serpent de ciment long de 43,1 kilomètres balafra l’Europe pendant près de trois décennies. L’exposition <em>Le Mur de Berlin. Un Monde Divisé</em> dépasse la simple reconstitution historique pour proposer une analyse fouillée de cette construction emblématique et monstrueuse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Le Mur de Berlin. Un Monde Divisé | Exposition à Paris (Trailer)" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/opbZl-CLJBg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le symbole le plus brutal de la guerre froide</h2>



<p>Un petit rappel s’impose pour situer la chose.</p>



<p>Érigé dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par les autorités de la RDA (Allemagne de l’Est), le Mur de Berlin avait pour objectif de stopper l’exode massif des Berlinois de l’Est vers l’Ouest. Long de 155 km, hérissé de barbelés, de miradors et de systèmes de surveillance, il est vite devenu le symbole le plus brutal de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=guerre+froide">guerre froide</a>, matérialisant la fracture idéologique entre bloc soviétique et monde occidental.</p>



<p>Pendant 28 ans, il a séparé familles, amis, voisins, et a coûté la vie à des centaines de personnes tentant de le franchir. Le 9 novembre 1989, porté par les mouvements citoyens et l’effondrement du bloc communiste, le Mur tombe. Un choc mondial, un espoir immense, un moment d’histoire gravé dans les mémoires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un récit mondial dans un Mur</h2>



<p>Cette exposition itinérante a pour ambition d’offrir un regard transversal, sensible et documenté sur ce qui fut bien plus qu’un mur : cette haute barrière de béton fut une matérialisation de la guerre froide, de ses terreurs et de ses fractures. Fruit de quatre ans de travail entre <a href="https://www.musealia.net/">Musealia</a> et la <a href="https://www.stiftung-berliner-mauer.de/">Fondation du Mur de Berlin</a>, ce parcours est segmenté en quatre sections thématiques qui reflètent l’histoire complexe de la seconde partie du XXe siècle :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>L’après-guerre et les débuts de la division du monde,</li>



<li>La tension croissante dans Berlin et la construction du Mur,</li>



<li>La vie quotidienne dans une ville coupée en deux,</li>



<li>La chute du Mur et la transformation globale des sociétés qui s’ensuivit.</li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading">Objets, archives, symboles</h2>



<p>La force de cette exposition réside dans sa collection inédite et bouleversante. On y découvre 200 objets originaux, issus d’une quarantaine de prêteurs à travers le monde. Des objets du quotidien transformés en témoignages de survie : des fragments de tunnels, des faux papiers d’identité, des jouets d’enfants contraints à fuir, des bannières de manifestations pacifistes, un paquet CARE symbolisant l’aide humanitaire américaine, un ours en peluche, relique déchirante d’un déracinement imposé&#8230;</p>



<p>Chaque artefact raconte une micro-histoire, un geste de résistance, une stratégie d’adaptation, une tentative de fuite, ou tout simplement un souvenir d’un quotidien encagé. Et puis il y a ce moment, ce 9 novembre 1989 resté dans les mémoires européennes, marteau et burin en main, quand les Berlinois attaquent la paroi de leur prison à ciel ouvert. Ces outils sont là, eux aussi. Objets sacrés. Reliques de libération.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une expérience politique et humaine</h2>



<p>L’exposition ne se contente pas d’illustrer un événement passé. Elle interroge nos démocraties actuelles, leurs fragilités, les nouvelles lignes de fracture. Elle convoque la mémoire pour penser le présent, dans un monde où les murs n’ont pas disparu, mais ont changé de forme : murs numériques, murs idéologiques, murs migratoires.</p>



<p>En creux, on comprend mieux pourquoi des milliers de citoyens ont risqué leur vie pour franchir la frontière, ce que cela signifie de choisir sa liberté, de la conquérir, de la défendre. Et pourquoi ces récits doivent être partagés aujourd’hui, plus que jamais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une exposition nécessaire</h2>



<p>Unique date française de ce parcours international, la Cité de l’Architecture devient le théâtre d’un dialogue essentiel entre architecture, histoire et mémoire. Car le Mur, c’était aussi un acte architectural total : un dispositif d’oppression, mais aussi un lieu d’expression, de graffiti, de contestation visuelle. Il était béton, mais aussi écran, support à projections politiques et poétiques.</p>



<p>En exposant cette matière grise devenue symbole, <em>Le Mur de Berlin. Un Monde Divisé</em> réussit à faire ce que toute grande exposition doit viser : émouvoir, instruire, éveiller. Et nous rappeler que l’Histoire n’est jamais un fardeau du passé, mais un outil pour construire l’avenir.</p>



<p>Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le site de la <a href="https://www.citedelarchitecture.fr/fr">Cité de l&rsquo;Architecture et du Patrimoine</a>.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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			</item>
		<item>
		<title>Soft power : outil de rayonnement ou piège culturel ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/soft-power/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jun 2025 16:53:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=38086</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cela va peut-être étonner les plus candides d’enter vous, mais le monde de la géopolitique n&#8217;est pas uniquement peuplé de tanks, de missiles, de discours onusiens et de négociations barbouziennes. Non, non, non, dans cette histoire il faut aussi compter avec le soft power. Vous avez peut-être déjà entendu le mot, sans trop capter de quoi il s’agit vu que la notion est assez retorse. Dommage car la logique est...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1.jpg" alt="" class="wp-image-38088" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/06/Illustrations-articles-The-ART-1-1-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Cela va peut-être étonner les plus candides d’enter vous, mais le monde de la géopolitique n&rsquo;est pas uniquement peuplé de tanks, de missiles, de discours onusiens et de négociations barbouziennes. Non, non, non, dans cette histoire il faut aussi compter avec le soft power. Vous avez peut-être déjà entendu le mot, sans trop capter de quoi il s’agit vu que la notion est assez retorse. Dommage car la logique est vraiment efficace, et que nous sommes tous.tes touché.es. Attachez vos ceintures, on plonge dans le monde fascinant du pouvoir doux !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="PARASITE - Bande-Annonce Officielle" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/e_sUpjVgqU4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce que le Soft Power ?</h2>



<p>Déjà une petite définition la plus claire possible&nbsp;: le soft power, c&rsquo;est l&rsquo;art de séduire et d&rsquo;influencer sans recourir à la force brute. Concrètement ça donne quoi&nbsp;? Imaginez une soirée où vous devez convaincre quelqu&rsquo;un de choisir votre série préférée. Plutôt que de crier et de menacer, vous sortez vos arguments les plus subtils : les critiques élogieuses, les scènes marquantes, le charisme des acteurs. Eh bien, c’&rsquo;est exactement ce que font les pays sur la scène internationale avec le soft power : ils utilisent la culture, les valeurs et les politiques attractives pour gagner des alliés, diffuser leur point de vue et influencer l&rsquo;opinion mondiale pour aller dans leur sens.</p>



<p>Le terme a été forgé à la fin des années 1980 par le politologue américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Nye">Joseph Nye</a>, professeur à Harvard, dans son ouvrage <em>Bound to Lead: The Changing Nature of American Power</em> (1990). Nye y conteste le déclin annoncé de la puissance américaine après la Guerre froide, en proposant une nouvelle grille de lecture du pouvoir : selon lui, la capacité d’un pays à influencer les autres sans contrainte, par l’attraction plutôt que par la coercition, constitue une forme de puissance à part entière. Nye oppose ainsi le <em>hard power</em>, fondé sur la force militaire et les pressions économiques, au <em>soft power</em>, qui repose sur la culture, les valeurs politiques (liberté, démocratie, droits humains) et la légitimité de la politique étrangère. C’est une puissance plus diffuse, souvent moins visible, mais redoutablement efficace dans un monde interconnecté où l’image et la narration jouent un rôle crucial.</p>



<p>Dans ses ouvrages ultérieurs, notamment <em>Soft Power: The Means to Success in World Politics</em> (2004) et <em>The Future of Power</em> (2011), Nye affine sa pensée et introduit l’idée de <em>smart power </em>: une combinaison stratégique du hard et du soft power. D’autres chercheurs, politistes et spécialistes des relations internationales ont enrichi le concept :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourdieu">Pierre Bourdieu</a>, sans utiliser le terme « soft power », a largement exploré la notion de violence symbolique et de domination culturelle, qui préfigure certaines réflexions sur l’influence douce dans un cadre global.</li>



<li>Le sociologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_Castells">Manuel Castells</a> a travaillé sur le pouvoir des réseaux et l’économie de l’image dans la société de l’information, en lien avec l’idée d’une influence par la communication.</li>



<li>Dans une perspective critique, des auteurs comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Sa%C3%AFd">Edward Saïd</a> (avec le concept d’orientalisme) ont souligné que le soft power peut aussi masquer des dynamiques néocoloniales, lorsque la séduction culturelle sert des objectifs de domination.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="BTS (방탄소년단) &#039;Dynamite&#039; Official MV" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gdZLi9oWNZg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power in real life</h2>



<p>Ok mais sur le terrain, in real life, ça donne quoi&nbsp;? Comment se décline le soft power&nbsp;? Quelle tournure&nbsp;? Quelle logique&nbsp;? Voici quelques exemples géographiques pour mieux cerner la chose (vous allez voir, en fait vous connaissez bien le concept sauf que vous ne le saviez pas mais heureusement The ARTchemists sont là).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les États-Unis : Hollywood et McDonald&rsquo;s</em></h3>



<p>Ah, les États-Unis ! Pas pour rien que l’idée vient de là. Les Américains ont compris depuis longtemps l&rsquo;importance du soft power. Hollywood, c&rsquo;est un peu la machine à rêves mondiale. Les blockbusters américains envahissent les écrans de la planète, façonnant les imaginaires et les aspirations de millions de personnes. Ajoutez à cela des marques comme McDonald&rsquo;s et Coca-Cola, des réseaux sociaux comme Facebook ou X et vous avez un cocktail explosif de soft power. Ces éléments véhiculent une image de liberté, de succès et de prospérité, mais au finish il s’agit d’implanter les valeurs made in USA un peu partout dans nos petits crânes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La Corée du Sud : K-pop et K-dramas</em></h3>



<p>Qui aurait cru il y a vingt ans que la Corée du Sud deviendrait une superpuissance culturelle ? Avec la montée en puissance de la K-pop (merci BTS !) et des dramas coréens, le pays a su s&rsquo;imposer comme une référence mondiale en matière de divertissement. En 2020, par exemple, le film <em>Parasite </em>a remporté l&rsquo;Oscar du meilleur film, une première pour un film non anglophone, illustrant parfaitement cette ascension fulgurante.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La Chine : les routes de la soie culturelles</em></h3>



<p>La Chine n’est pas en reste, au contraire. Elle utilise le soft power pour améliorer son image sur la scène internationale, notamment à travers des initiatives comme les <a href="https://www.institutconfucius.fr/">Instituts Confucius</a>, présents dans le monde entier afin de promouvoir la langue et la culture chinoises. De plus, elle investit massivement dans des productions cinématographiques internationales,organise des événements culturels de grande envergure, comme les Jeux olympiques de Pékin en 2008, et prête des pandas en leasing aux zoos les plus célèbres de la planète.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Concert de Raghunath Manet dans le cadre du festival Namasté France, 24 novembre 2016" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/kcSwS9aexn8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power&nbsp;: facettes stratégiques</h2>



<p>Les avantages du soft power&nbsp;? Innombrables et bien pratiques. Tout principalement, cette méthode d&rsquo;influence&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>évite les coûts humains et financiers des conflits armés,</li>



<li>crée des alliances durables fondées sur l&rsquo;admiration et le respect mutuel plutôt que sur la peur ou la coercition.</li>
</ul>



<p>Bref c’est juste génial, ça évite de s’égorger. Et ça donne une excellente image du pays qui soft powerise. Ainsi, la France s’est imposée au fil des années comme un modèle de culture et de sophistication grâce à son cinéma, sa cuisine, son art de vivre, ce qui renforce son influence mondiale sans un seul coup de fusil.</p>



<p>Allons un peu plus loin dans cette analyse. Quelles sont les composantes d’un soft power abouti&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>La diplomatie culturelle</em></h3>



<p>Les musées, les expositions et les festivals internationaux sont autant d&rsquo;outils de diplomatie culturelle. Les pays organisent et sponsorisent ces événements pour partager leur culture et renforcer leurs liens avec d&rsquo;autres nations. Par exemple, l’Inde organise à Paris depuis 2010 le festival <a href="https://in.ambafrance.org/Namaste-France-Festival-de-l-Inde-en-France">Namasté France</a> — une initiative de diplomatie culturelle portée par l’<a href="https://www.amb-inde.fr/">Ambassade</a> d&rsquo;Inde et l’<a href="https://www.a2ascholarships.iccr.gov.in/">ICCR</a>, en partenariat avec l’Institut français. Ce festival pluridisciplinaire (musique, danse, artisanat, ateliers, gastronomie) a rassemblé plus de 20 000 visiteurs en 2023, illustrant un engagement durable dans le dialogue interculturel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>L’éducation et les échanges académiques</em></h3>



<p>Les bourses d&rsquo;études et les programmes d&rsquo;échange académique sont des moyens puissants de soft power. Les étudiants étrangers sont exposés à la culture du pays d&rsquo;accueil où ils partent faire leur cursus ; ils peuvent ainsi devenir des ambassadeurs culturels lorsqu&rsquo;ils rentrent chez eux. Exemple type et particulièrement abouti, le <a href="https://www.daad-france.fr/fr/etudier-et-faire-de-la-recherche-en-allemagne/etudier-en-allemagne/">DAAD</a>, service allemand d’échanges universitaires, est l’un des plus puissants programmes de soft power éducatif au monde. Il finance des milliers de mobilités d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs chaque année, dans une logique de coopération scientifique et culturelle. L’Allemagne s’affiche ainsi comme un pays ouvert, rigoureux, moderne, cultivant une image de partenaire fiable, particulièrement dans le monde universitaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Médias et divertissement</em></h3>



<p>Les films, les séries télévisées, la musique, les jeux vidéo, mais aussi les formats courts ou les webtoons, sont aujourd’hui parmi les vecteurs les plus puissants du soft power culturel. Ils façonnent les représentations, véhiculent des styles de vie, font rayonner des langues, des esthétiques, des récits nationaux. Grâce aux plateformes de streaming comme Netflix, YouTube, Spotify ou TikTok, les contenus culturels circulent à une vitesse inédite et touchent des publics mondiaux — souvent bien au-delà des intentions initiales. La cinématographie indienne, avec ses codes visuels, ses récits mélodramatiques et son ancrage dans les mythologies locales, s’est imposée comme un pôle culturel majeur en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. <a href="https://www.theartchemists.com/exposition-bollywood-quai-branly/">Bollywood</a> ne vend pas seulement des films, mais aussi une certaine image de l’Inde : festive, colorée, spirituelle, moderne et profondément enracinée dans ses traditions.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Fela Kuti - Teacher Don&#039;t Teach Me Nonsense (Live at Glastonbury, 1984)" width="640" height="480" src="https://www.youtube.com/embed/Ts9y5-nfoQ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Soft power : un atout pour l’art et la culture… ou une menace ?</h2>



<p>L’art et la culture ont toujours circulé, inspiré, ému au-delà des frontières. Mais dans un monde où l’image d’un pays constitue un levier stratégique, ils sont de plus en plus perçus comme des outils d’influence. Le soft power s’infiltre désormais dans les logiques de production culturelle. Est-ce une chance pour les artistes et les institutions ? Ou un risque d’instrumentalisation, voire de formatage ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Un levier de rayonnement… et de soutien</em></h3>



<p>Le soft power a indéniablement ouvert des portes à la création artistique. Dans certains pays, les politiques culturelles intègrent cette dimension stratégique pour mieux soutenir leurs artistes à l’international. La Turquie, par exemple, a misé massivement sur l’exportation de ses séries télévisées (« dizi »), devenues des succès populaires dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Afrique et jusqu’en Amérique latine.<br />Des productions comme <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dirili%C5%9F:_Ertu%C4%9Frul">Diriliş: Ertuğrul</a></em>, épopée néo-ottomane portée par des valeurs traditionnelles et une imagerie nationale forte, participent à façonner une image valorisante et influente de la Turquie contemporaine. Ce succès, aussi sincère soit-il sur le plan artistique, incarne une forme de soft power parfaitement orchestrée, mêlant récit national, nostalgie impériale et stratégie culturelle régionale.</p>



<p>En France, l’action culturelle extérieure repose sur un écosystème d’aides, de festivals, d’instituts et de subventions, qui favorise le rayonnement international d’une culture diverse et plurielle. Ce soutien permet à des cinéastes, des auteurs, des musiciens de faire entendre leur voix bien au-delà de l’espace francophone.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Quel est le prix culturel du soft power ?</em></h3>



<p>Lorsque la culture devient un vecteur stratégique, elle risque de s’aligner sur des critères de visibilité, de désirabilité ou de conformité à une image souhaitée. Certains projets sont favorisés parce qu’ils « représentent bien » une esthétique ou un récit national, tandis que d’autres sont relégués car jugés trop critiques, trop dérangeants.</p>



<p>C’est le cas du cinéaste iranien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jafar_Panahi">Jafar Panahi</a>, plusieurs fois emprisonné, censuré, puis interdit de tourner dans son propre pays. À l’international, ses films sont célébrés, primés à Berlin, Cannes ou Venise. Ils participent à l’image d’un Iran culturellement raffiné et intellectuel, tout en étant condamnés par les autorités qu’ils dérangent. Cette récupération paradoxale témoigne de la manière dont une œuvre dissidente peut renforcer le prestige culturel d’un pays malgré lui.</p>



<p>De façon inverse, certains artistes critiques sont progressivement neutralisés par la reconnaissance institutionnelle. C’est ce qu’a connu le musicien nigérian <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fela_Kuti">Fela Kuti</a>, dont la musique radicale et militante a longtemps été rejetée par le pouvoir, avant d’être célébrée comme symbole de fierté nationale, une fois sa figure iconique stabilisée.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les artistes, des ambassadeurs malgré eux ?</em></h3>



<p>Beaucoup de créateurs ne se pensent pas comme des instruments diplomatiques. Leur œuvre naît d’une démarche intime, esthétique, politique. Mais dès qu’ils rencontrent le succès à l’international, ils deviennent, volontairement ou non, des symboles de leur culture d’origine.<br />C’est le cas de <a href="https://www.studioghibli.fr/">Studio Ghibli</a>, au Japon, dont les films porteurs d’univers oniriques, d’écologie douce et de spiritualité subtile ont projeté dans le monde une vision apaisée, poétique et positive de la culture japonaise. À l’opposé, des figures comme <a href="https://www.theartchemists.com/sunflower-seeds-ai-weiwei/">Ai Weiwei</a> (Chine), dont l’art est frontalement politique, sont érigées comme icônes de la liberté d’expression à l’étranger, alors qu’elles sont effacées de l’espace public national.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="HIDDEN by Jafar Panahi - Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/V6IQ2QIPvnE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une tension féconde ?</h2>



<p>La relation entre soft power et création artistique est donc profondément ambivalente. Elle peut être fertile, lorsqu’elle offre aux artistes des moyens, une visibilité, une reconnaissance. Mais elle peut aussi être limitante, lorsqu’elle oriente les productions vers ce qui est « exportable », « positif », « non dérangeant ».</p>



<p>Pour préserver la vitalité artistique, il est essentiel de maintenir des espaces de création autonomes, à l’abri des impératifs diplomatiques ou des logiques d’image. Car le rôle profond de l’art n’est pas seulement de séduire ou de représenter : c’est aussi de troubler, de questionner, de résister — et c’est en cela qu’il reste, paradoxalement, l’un des vecteurs les plus puissants du soft power véritable.</p>



<p>Le soft power n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est un outil, une stratégie, une énergie culturelle en mouvement. Reste à savoir qui l’emploie, dans quel but, et avec quelles limites. Car derrière la séduction douce se joue parfois une partie d’échecs bien plus rude.<br />Alors la prochaine fois que vous chantez un tube de BTS, regardez une série turque ou écoutez un auteur exilé à la radio, demandez-vous : suis-je juste un public ? Ou déjà un pion sur l’échiquier du pouvoir ?</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>« Opération Trump, les espions russes à la conquête de l’Amérique » : histoire d’une trahison qui ne dit pas son nom ?</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/operation-trump-documentaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 09:14:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37875</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour comprendre le présent, il faut se tourner vers le passé. C’est très exactement ce que fait Antoine Vitkine avec le documentaire Opération Trump, les espions russes à la conquête de l’Amérique. Réalisé en 2024, ce documentaire d’une exceptionnelle qualité passe au crible les relations entre l’ancien promoteur immobilier américain et la Russie. Et cette love story pose à la fois question et problème. Quand l’extrême droite américaine chante les...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="446" height="588" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/the-artchemists-operation-trump.jpg" alt="" class="wp-image-37877" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/the-artchemists-operation-trump.jpg 446w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/the-artchemists-operation-trump-218x288.jpg 218w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/03/the-artchemists-operation-trump-375x494.jpg 375w" sizes="auto, (max-width: 446px) 100vw, 446px" /></figure>



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<p>Pour comprendre le présent, il faut se tourner vers le passé. C’est très exactement ce que fait <a href="https://x.com/antoinevit?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor">Antoine Vitkine</a> avec le documentaire <em>Opération Trump, les espions russes à la conquête de l’Amérique</em>. Réalisé en 2024, ce documentaire d’une exceptionnelle qualité passe au crible les relations entre l’ancien promoteur immobilier américain et la Russie. Et cette love story pose à la fois question et problème.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="[Bande-annonce] Le Monde en face : Opération Trump – Les espions russes à la conquête de l’Amérique" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/dNppiN5Mtvg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quand l’extrême droite américaine chante les louanges de Poutine</h2>



<p>Les problèmes, on les découvre au quotidien, depuis que Trump a repris la main sur le pouvoir américain. Abandon de l’Ukraine laissée sans armes ni moyens, négociation de paix menée à la manière d’un mafieux avec des méthodes de voyou, Russie brossée dans le sens du poil de toutes les façons possibles&nbsp;: c’en est gênant tellement c’est grossier et brutal. Derrière Trump, c’est tout un pan de la droite américaine, la plus extrême, la plus dure, qui chante les louanges du régime de Poutine. Et ce n’est pas une nouveauté.</p>



<p>Le documentaire a le mérite de replacer cet engouement contraire au positionnement traditionnel des USA dans le cadre plus large d’un conflit géopolitique vieux de près d’un siècle. À peine la Seconde Guerre mondiale terminée, les Soviétiques veulent noyauter l’empire capitaliste américain et ils vont tout faire pour y arriver. C’est le KGB qui se charge de l’opération dans l’atmosphère hypertendue de la Guerre Froide. Les agents infiltrés se multiplient, qui espionnent… et qui influencent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Éloge de la patience et de la ténacité&nbsp;?</h2>



<p>Objectif&nbsp;: approcher des pontes de l’économie américaine pour en faire des ambassadeurs de l’URSS. Cela prendra le temps qu’il faudra. L’URSS un jour s’effondre mais la logique reste. Les graines semées dans les années 60 vont faire souche&nbsp;avec la Russie d’après la chute du mur de Berlin : aujourd’hui, nous en récoltons les fruits plus qu’amers. S’appuyant sur des archives, explications et témoignages, qui de politiques, qui d’enquêteurs, qui d’anciens du KGB, Vitkine met à plat une mécanique qui a pris des décennies à se mettre en place.</p>



<p>Éloge de la patience et de la ténacité&nbsp;? Il est sûr qu’on reste un brin ébahi par l’obstination de Poutine… et la malléabilité de Trump. La narration du documentaire permet de faire le lien entre le calendrier russe et les déclarations du clan Trump. Et il faut bien dire que les coïncidences sont plus que nombreuses, pour ne pas dire méthodiques. Le mot est rarement prononcé et jamais de manière intelligible, mais on flirte ici avec la haute trahison dont je rappelle au passage la définition selon <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute_trahison#:~:text=L'acte%20ou%20l'action,'intelligence%20avec%20l'ennemi.">Wikipédia</a>&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;<em>un&nbsp;crime&nbsp;qui consiste en une extrême déloyauté à l&rsquo;égard de son&nbsp;pays, de son&nbsp;chef d&rsquo;État, de son&nbsp;gouvernement&nbsp;ou de ses institutions. Ce crime est souvent associé avec celui d&rsquo;intelligence avec l&rsquo;ennemi&nbsp;</em>».</p>



<p>Quid de l’avenir&nbsp;? En évoquant le passé, Vitkine interroge des lendemains dont les contours sont on ne peut plus flous. Poutine a placé un pantin à la tête de la Maison Blanche en s’invitant discrètement mais très efficacement dans les deux campagnes présidentielles de Trump. Maintenant que la chose est actée, que va-t-il se passer&nbsp;? Jusqu’où Trump va-t-il aller avant que ses pairs ne le stoppent&nbsp;? Est-ce seulement possible&nbsp;? La situation est non seulement inédite mais contraire à la vision du monde dictée par un siècle d’impérialisme à l’américaine. Les cartes à coup sûr sont redistribuées, mais de quelle manière, cela reste à voir. Ce qui est spur, c’est que l’ingérence russe, telle qu’elle est mise à jour par <em>Opération Trump, les espions russes à la conquête de l’Amérique, </em>risque fort de faire régresser le statut dominant des USA. Quitte à déliter cette superpuissance&nbsp;?</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Les espions du Vatican : zoom sur les barbouzes du Pontife</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-espions-vatican/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Feb 2025 11:59:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37750</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ça sonne pas mal, non ? Les espions du Vatican, genre James Bond en soutane, John Le Carré et goupillon. Un titre parfait pour un page turner à dévorer avec son lot d’intrigues, de coups tordus. Une fiction ? Que nenni. En 600 pages à la louche, Yvonnick Denoël plonge dans le ventre de l’État pontifical, au cœur d’un système qui a fait pâlir d’envie et de convoitise tous les services de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="373" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/the-artchemists-les-espions-du-vatican.jpg" alt="" class="wp-image-37751" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/the-artchemists-les-espions-du-vatican.jpg 373w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/the-artchemists-les-espions-du-vatican-179x288.jpg 179w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/02/the-artchemists-les-espions-du-vatican-307x494.jpg 307w" sizes="auto, (max-width: 373px) 100vw, 373px" /></figure>



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<p>Ça sonne pas mal, non ? <em><a href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/les-espions-du-vatican-4/">Les espions du Vatican</a></em>, genre James Bond en soutane, John Le Carré et goupillon. Un titre parfait pour un page turner à dévorer avec son lot d’intrigues, de coups tordus. Une fiction ? Que nenni. En 600 pages à la louche, <a href="https://www.nouveau-monde.net/auteur/yvonnick-denoel/">Yvonnick Denoël</a> plonge dans le ventre de l’État pontifical, au cœur d’un système qui a fait pâlir d’envie et de convoitise tous les services de renseignement du monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une plaque tournante de l’information</h2>



<p>Le Monsieur ne raconte pas des cracks vu que c’est un historien spécialiste du sujet. Si j’osais, je dirais que les services secrets n’ont rien de secret pour lui. Et ceux du Vatican encore moins, vu qu’ils sont inscrits au centre du monde, avec à la clé des millions de fidèles et une sphère d’influence planétaire à protéger. Services secrets&nbsp;? Officiellement, le Vatican n’en dispose guère. Mais il doit s’en protéger. Et pas qu’un peu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les mains dans le cambouis</h2>



<p>C’est que Rome a toujours été une plaque tournante de l’information, et cela depuis la Renaissance. Au XXᵉ siècle, cela s’accélère. La <a href="https://www.theartchemists.com/?s=seconde+guerre+mondiale">Seconde Guerre mondiale</a> augmente les enjeux, la Guerre froide encore plus. Face à la multiplication des régimes tyranniques de tout poil, aux conflits sanglants qui en découlent, les membres du clergé se retrouvent en première ligne. Il faut donc mettre les mains dans le cambouis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une leçon de géopolitique</h2>



<p>De pontife en pontife, il va falloir mener des missions pas forcément sympas à accomplir, entre diplomatie secrète, influence de l’ombre et camouflage de scandales. Infiltration de prêtres de l’autre côté du Rideau de fer, relations obscures avec la CIA, <em>Les espions du Vatican</em> révèle deux trois affaires peu connues du public et en profite pour mettre en lumière une histoire superposée de la papauté et du monde moderne. L’ensemble constitue une véritable leçon de géopolitique à la mode Machiavel.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>Emilia Pérez : Audiard signe une oeuvre de lumière et de rédemption</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/emilia-perez-audiard-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 11:55:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Est-il possible de concocter un film qui croise carrière de narcotrafiquant, transition de genre, rédemption quasi mystique et comédie musicale ? Sans se casser la gueule ni sombrer dans le grotesque ? La réponse est oui, et c&#8217;est Jacques Audiard qui signe ce cocktail baptisé du doux nom d&#8217;Emilia Pérez. Un projet risqué sur le papier, mais une franche et heureuse réussite à l&#8217;écran. Pour tout dire, on touche au...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Est-il possible de concocter un film qui croise carrière de narcotrafiquant, transition de genre, rédemption quasi mystique et comédie musicale ? Sans se casser la gueule ni sombrer dans le grotesque ? La réponse est oui, et c&rsquo;est Jacques Audiard qui signe ce cocktail baptisé du doux nom d&rsquo;<em>Emilia Pérez</em>. Un projet risqué sur le papier, mais une franche et heureuse réussite à l&rsquo;écran. Pour tout dire, on touche au sublime.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Emilia Pérez - Bande-annonce officielle HD" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/lwH9f1jmkBc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un maître du drame psychologique</h2>



<p>Pas un hasard. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Audiard" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jacques Audiard</a> est une valeur sûre. Un grand nom du cinéma français qui rime avec intensité et profondeur. En digne héritier de son père, le célèbre dialoguiste Michel Audiard, le réalisateur possède un sens aigu des mots et des récits percutants. D&rsquo;abord scénariste comme son papa, il bascule dans la réalisation en 1994 avec <em>Regarde les hommes tomber</em>, un polar qui pose les bases de son style : noirceur, humanité et tension palpable. La consécration internationale suit avec <em>Un Prophète</em> (2009), chef-d’œuvre primé à Cannes et nommé aux Oscars, qui l&rsquo;impose comme un maître du drame psychologique.</p>



<p>Mais Audiard, c’est surtout un aventurier de l’image et du récit. Des blessures intimes de <em>De rouille et d’os</em> (2012) à l&rsquo;Ouest sauvage de <em>Les Frères Sisters</em> (2018), il explore des thèmes universels : rédemption, transformation et quête de soi. Avec <em>Emilia Pérez</em>, il prend un virage audacieux en s’attaquant à la comédie musicale, prouvant qu’il n’a jamais peur de réinventer son art. Toujours là où on ne l’attend pas, avec la ferme intention de transformer ses récits en autant d&rsquo;expériences à la fois viscérales et profondément humaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Changer de vie. Radicalement.</h2>



<p><em>Emilia Perez</em> donc : multiprimé à Cannes et Toronto, sélectionné pour les Oscars 2025. Ces distinctions témoignent de l&rsquo;impact significatif du film sur la scène cinématographique internationale. Il faut dire que le propos positionne l’œuvre en haut de l&rsquo;affiche en matière de singularité. Imaginez un narcotrafiquant mexicain plus sanguinaire que <a href="https://www.theartchemists.com/?s=escobar">Pablo Escobar</a>. Il fait enlever Rita, une jeune avocate talentueuse qui peine à percer dans ce pays d&rsquo;une misogynie crasse. Pourquoi ? Pour lui confier une mission des plus délicates : il veut changer de sexe. Devenir une femme.</p>



<p>Mais pour vivre sa transition de genre, il doit disparaître. Changer de vie. Radicalement. Laisser derrière lui son cartel, son épouse, ses enfants. Les meurtres, la violence, la survie, l&rsquo;obligation d&#8217;embrasser le crime pour échapper à la misère. Rita va l&rsquo;aider à organiser cette métamorphose de bout en bout : assurer la protection et l&rsquo;avenir économique des siens, orchestrer sa mort, mettre en place sa nouvelle identité, sécuriser sa propre fortune pour l&rsquo;après. Parfait&#8230; sauf qu&rsquo;on ne bazarde pas une vie comme ça, encore moins celle d&rsquo;un baron de la drogue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La lumière autour de soi</h2>



<p>Emilia Pérez, un jour, va revenir dans la vie de Rita, devenue une avocate riche et reconnue. Avec une requête spécifique. Amitié, complicité, désir de changer le monde, de faire le bien et la lumière autour de soi : Emilia s&rsquo;impose comme une femme d&rsquo;exception, éperdue d&rsquo;amour et de bonté, mais jusqu&rsquo;où ? Dans une société de mâles où corruption et barbarie dominent, Emilia, Rita et leurs compagnes de lutte réussiront-elles à s&rsquo;imposer ? Le scénario se distingue par sa profondeur, les problématiques qu&rsquo;il soulève : identité de genre, quête de soi, rédemption. Audiard dynamite les clichés, traitant ce sujet pour le moins complexe avec autant de sensibilité que de poésie.</p>



<p>Sa mise en scène, audacieuse, intègre des numéros musicaux qui enrichissent la narration sans la détourner. Mieux : chaque chanson pénètre la psyché des protagonistes, apportant un surcroît d&rsquo;émotion, une profondeur dans les sentiments, les ressentis. Le passage où Emilia berce son fils qui identifie son odeur et chante le souvenir de ce père adoré, disparu corps et âme, est proprement bouleversant. La musique, composée par la chanteuse <a href="https://www.instagram.com/camilleofficiel/?hl=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Camille</a> et son compagnon multi-instrumentiste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9ment_Ducol" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Clément Ducol</a>, fait ressortir la rage, la douceur, le chagrin, le bonheur, la frustration des personnages, de même les chorégraphies signées <a href="https://damienjalet.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damien Jalet</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Actrices d&rsquo;exception</h2>



<p>L&rsquo;ensemble est servi par un quatuor d&rsquo;actrices d&rsquo;exception. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karla_Sof%C3%ADa_Gasc%C3%B3n" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karla Sofía Gascón</a>, elle-même transgenre, prête ses traits à Manitas puis à Emilia. Son authenticité est touchante, son implication totale, sa vibration palpable. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoe_Salda%C3%B1a" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Zoe Saldaña</a>, dans le rôle de Rita, offre une performance énergique et nuancée. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Selena_Gomez" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Selena Gomez</a> joue Jessi, l&rsquo;épouse d&rsquo;Emilia, avec une intensité dramatique qui complexifie encore ce rôle peu évident. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Adriana_Paz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Adriana Paz</a> est Epifania, l&rsquo;amoureuse d&rsquo;Emilia, simple, sincère, désarmante.</p>



<p>Attendrissantes toutes, pathétiques jamais. C&rsquo;est la particularité de ce récit de ne jamais tomber dans la condescendance ni la caricature. Ces quatre portraits de femmes marquent les esprits par leur flamboyance, leur naturel, leur dignité. Dans un <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Mexique">Mexique</a> ensanglanté par les féminicides, les guerres de pouvoir, la mainmise des cartels, ces héroïnes s&rsquo;imposent par la puissance qui émane d&rsquo;elles, leur assurance, leur manière d&#8217;embrasser le destin, de l&rsquo;accaparer, de tracer leur route à leur manière et côte à côte.</p>



<p>Avec beaucoup de grandeur. Des Madones, à n&rsquo;en pas douter. <em>Emilia Perez</em> de bout en bout est un film de femmes, réalisé avec beaucoup de douceur par un metteur en scène habité. La confrontation avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-substance/">The Substance</a></em> de Coralie Fargeat est intéressante : cette dernière, signe aussi un film de femmes qu&rsquo;elle réalise avec une froideur, une hargne toute masculine. Cette lecture croisée démontre que les lignes bougent dans la représentation du genre. Et cela fait beaucoup, beaucoup de bien, de rappeler qu&rsquo;au-delà du sexué, il y a des êtres humains.</p>



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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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