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	<title>goldoni</title>
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		<title>Le Malade imaginaire selon Claude Stratz : « une comédie crépusculaire »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2025 10:02:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&#8217;œuvre de Molière par feu Claude Stratz dépoussière largement Le Malade imaginaire, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire menée bille en tête par la troupe de la Comédie-Française, qui, comme à son habitude,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020.jpg" alt="" class="wp-image-37719" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/01/the-artchemsist-le-malade-imaginaire-2020-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Bénie soit la captation qui a gardé souvenir de cette mise en scène pour le moins inédite. Car la lecture du chef-d&rsquo;œuvre de Molière par feu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Stratz">Claude Stratz</a> dépoussière largement <em>Le Malade imaginaire</em>, atténuant le côté farce et ballet pour souligner le drame intérieur d’un homme confronté avec ses angoisses de mort. Une comédie crépusculaire menée bille en tête par la troupe de la <a href="https://www.comedie-francaise.fr/">Comédie-Française</a>, qui, comme à son habitude, réalise ici un sans-faute.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Le Malade imaginaire — Bande-annonce" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/gkejez5U2JM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">De la peur à l’anxiété</h2>



<p>Le Malade imaginaire, nous avons déjà eu l’occasion d’en parler précédemment&nbsp;: <em>«&nbsp;Satire décapante et un brin scatologique des pratiques médicales de l’époque, la pièce est aussi une exploration des peurs et des obsessions humaines, comme seul Molière est capable d’en écrire une&nbsp;» </em>expliquions-nous dans l’article <a href="https://www.theartchemists.com/malade-imaginaire-moliere/">«&nbsp;Le Malade imaginaire de Molière : autopsie d’un mythe dramaturgique&nbsp;»</a>.</p>



<p>Ce sont justement ces peurs qui prennent possession du plateau dans la mise en scène emblématique de Stratz, datée de 2001, depuis jouée plus de 500 fois, inscrite dans les tablettes de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=com%C3%A9die-fran%C3%A7aise">Comédie-Française</a>. Ces peurs tournent à l’anxiété latente pour un Argan persuadé qu’il porte la mort en lui, au point de se détourner de son entourage, de le violenter constamment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pure émanation de Beckett ou Ionesco</h2>



<p>Dans un décor rongé qui laisse entrevoir des splendeurs passées, ce anti-héros absolu de l’hypocondrie portée au rang d’art de vivre, se complaît dans un laisser-aller qu’entrecoupent ses crises de colère. Colère qui l’amène à porter la main sur sa petite Louison et d’être persuadé de l’avoir gravement blessée alors que la petite feint un évanouissement, d’où un désespoir notable.</p>



<p>Seul dans sa chaise de malade vermoulue, Argan semble ici échappé d’une comédie sociale de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=goldoni">Goldoni</a> à moins qu’il ne se soit évadé du théâtre de l’absurde. Une pure émanation de <a href="https://www.theartchemists.com/?s=samuel+beckett">Beckett</a> ou <a href="https://www.theartchemists.com/?s=eug%C3%A8ne+ionesco">Ionesco</a>, Hamm de <em>Fin de partie</em>, Bérenger Ier dans <em>Le Roi se meurt</em>. Terriblement fragile, perdu, riche certes, mais faible et manipulable&nbsp;: par ses médecins, par sa femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une biche au milieu des fauves&nbsp;?</h2>



<p>Une biche au milieu des fauves&nbsp;? Il faudra le traitement de choc de Toinette, la servante fidèle et ingénieuse qui veille au grain sur les intérêts de cette petite famille qu’elle considère sienne, pour remettre un peu d’ordre dans la cervelle de notre malade imaginaire. Les enjeux sont énormes.</p>



<p>Il s’agit de l’empêcher de ruiner l’avenir sentimental de sa fille aînée Angélique par un mariage inapproprié avec Diafoirus junior, d’éviter la dilapidation de sa fortune par don à une épouse ingrate, des médecins avides et un brin escrocs. Et cela, la mise en scène de Stratz le met particulièrement en évidence au point d’en gêner le spectateur qui rit jaune aux facéties de toute cette smala.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le spectre de la Covid</h2>



<p>Car plane au-dessus de la version 2020 le spectre de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=covid">Covid</a> qui s’invite bien évidemment à la fête. Et donne une coloration encore plus morbide à la pièce. Masqués, les acteurs jonglent avec le virus, l’atmosphère de panique et d’incrédulité qui règne alors. Qui des politiques, des médecins, des influenceurs a raison&nbsp;? Qui faut-il croire&nbsp;? Que faire&nbsp;? Comment se protéger&nbsp;? Comment se soigner&nbsp;?</p>



<p>À la lumière de la pandémie, le discours moliéresque se tente d’autres nuances&nbsp;: les tentatives de Béralde, l’honnête homme équilibré par excellence, pour raisonner son frère, résonnent par moment comme une sorte de théorie complotiste, un discours antivax déplacé. Le régime prescrit initialement à Argan par Purgon s’avère somme toute équilibré et sage (viandes blanches, moins de vin), alors que Toinette lui propose bœuf, gras et alcool.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-cdf13b36561ad95f741be5423435c671" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>À lire également</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-moliere-imaginaire/">Le Molière imaginaire : les deux dernières heures de J.B. Poquelin, comme un cri d’amour</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/pieces-incontournables-moliere-comedie-francaise/">Les incontournables de Molière&nbsp;par la Comédie Française&nbsp;: le clivage des êtres&nbsp;?</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/biographie-moliere-george-forestier/">Molière&nbsp;: George Forestier dépoussière la vie du «&nbsp;peintre&nbsp;»</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Devenir médecin soi-même&nbsp;?</h2>



<p>Argan n’en est que plus perdu et nous avec. Manipulé, trompé, Argan, magistralement interprété par <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Guillaume+Gallienne">Guillaume Gallienne</a> qui lui prête sa douceur, sa vibration intérieure, son émotivité, fait écho à notre propre perplexité. Qui croire, vers qui se tourner, quand on est noyé dans les injonctions contradictoires, les informations douteuses, les contre-vérités, diffusées en continu par les médias, les réseaux sociaux&nbsp;?</p>



<p>Devenir médecin soi-même&nbsp;? Même l’intronisation burlesque d’Argan au terme de la pièce perd ici son caractère grotesque, soulignant l’atrocité de la situation. Dépourvus que nous sommes d’interlocuteurs fiables, c’est à nous d’aller chercher le savoir comme nous le pouvons, avec les moyens du bord. Faire acte d’esprit critique sera-t-il possible&nbsp;? Cela reste à voir.&nbsp;Mais pour sûr, après avoir vu ce spectacle, vous l’aurez compris&nbsp;: nous sommes aujourd’hui tous susceptibles d’être des malades imaginaires.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>L’Imprésario de Smyrne : une véritable leçon de management artistique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/limpresario-de-smyrne-une-veritable-lecon-de-management-artistique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 2023 09:56:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous désirez ardemment devenir manager d’un groupe de rock et autre formation musicale/chanteur.se/musicien/artiste tout court ? Avant de vous lancer dans l’aventure, je vous conseille de regarder avec beaucoup d’attention l’excellente comédie de Goldoni L’Imprésario de Smyrne. Elle date peut-être de 1759, elle est d’une actualité criante et vaut toutes les initiations. Créer un opéra à Smyrne Posons le cadre. Nous sommes donc à Venise, en plein cœur du XVIIIe...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel45-1.jpg" alt="" class="wp-image-36148" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel45-1.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel45-1-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/06/Devenez-un-pro-du-design-en-quel45-1-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Vous désirez ardemment devenir manager d’un groupe de rock et autre formation musicale/chanteur.se/musicien/artiste tout court ? Avant de vous lancer dans l’aventure, je vous conseille de regarder avec beaucoup d’attention l’excellente comédie de Goldoni <em>L’Imprésario de Smyrne</em>. Elle date peut-être de 1759, elle est d’une actualité criante et vaut toutes les initiations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Créer un opéra à Smyrne</h2>



<p>Posons le cadre. Nous sommes donc à Venise, en plein cœur du XVIIIe siècle. Un riche marchand turc vient d’arriver en ville et déjà tout le milieu de l’opéra s’affole de rumeurs. C’est que le négociant, flairant de juteux dividendes, a décidé de recruter une troupe afin de divertir le public de Smyrne, port florissant où transitent bon nombre d’Occidentaux qui s’ennuient ferme et aimeraient profiter des charmes d’une salle de spectacles. C’est l’objectif d’Ali. Et sur le papier, cela semble futé et prometteur</p>



<p>Le problème (parce que s&rsquo;il n’y a pas de problème, il n’y a pas d’intrigue, donc pas de pièce) : Ali n’y connaît absolument rien de rien, le milieu lui est pour le moins étranger (le clash culturel va d’ailleurs être de taille), encore moins le fonctionnement, les mœurs, les codes qui régimentent une troupe. Pour parvenir à ses fins, Ali demande donc conseil au comte Lasca, fin connaisseur de cette faune très particulière. Il faudra au moins ça pour gérer le bordel incroyable que cette entreprise va susciter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Casse-tête managérial</h2>



<p>Si former une troupe est déjà compliqué en soi (la logistique implique pas mal de techniciens spécialisés, en dehors des artistes proprement dit ; il y a aussi la question juridique des contrats, la problématique du choix des œuvres, leur adaptation, les costumes et les décors, la gestion au quotidien de la salle…), former une troupe à Venise au siècle des Lumières relève du défi, du marathon et du casse-tête managérial.</p>



<p>Car le principal écueil à franchir, la grosse épine dans le pied des impresarios, c’est l’égo des chanteurs. Ego&nbsp;? Le mot est trop faible. Vanité, fatuité, outrecuidance… Entre les cantatrices qui se chamaillent pour obtenir le statut de prima donna (première chanteuse, autant dire l’étoile de la troupe), les castrats et leurs caprices de gamins, les régisseurs qui cherchent à faire du profit, Ali est vite décontenancé, submergé puis dégoûté. Arrivera-t-il à former cette troupe&nbsp;? C’est toute la question.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un réalisme saisissant à la Longui</h2>



<p>Et Goldoni en explore les méandres avec un sens aigu du comique et de l’ironie. A la manière du peintre Pietro Longhi, il imagine des saynètes aussi cocasses que cruelles où nous découvrons tous ces artistes du reste talentueux s’entre-égorger verbalement au fil de remarques acides et de sourires hypocrites. C’est d’un réalisme saisissant et pour cause&nbsp;: auteur de théâtre, librettiste, Goldoni connaît cet univers par cœur, encore plus le microcosme artistique vénitien, ville dédiée aux plaisirs, plongée dans les joies du Carnaval six mois sur douze, qui a vu la naissance du premier opéra payant au XVIIeme siècle.</p>



<p>Quand Goldoni commence sa carrière, on dénombre une dizaine de salles dans la cité des Doges, sans compter les théâtres ambulants ou privés. C’est déjà beaucoup pour une ville de 8 kilomètres carrés, et cela va aller grandissant avec l’afflux de négociants et de touristes (eh oui, déjà au temps de Voltaire, la ville est saturée de visiteurs étrangers). Goldoni qui est né, qui a grandi dans cette atmosphère, la connaît sur le bout des doigts. Il en restitue les nuances, les subtilités, la légèreté, la fausseté avec un talent sans pareil.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mise en scène succulente</h2>



<p>Car le monde des artistes vénitiens est aussi celui des apparences&nbsp;; on veut briller mais soit on manque d’argent pour financer un train de vie princier, soit on s’est mis à dos toute la communauté avec ses caprices de diva. En 1987, Jean-Luc Boutté s’empare du sujet et accouche d’une mise en scène brillante menée bille en tête par la troupe de la Comédie-Française&nbsp;: Jacques Sereys, Christine fersen, Simon Eine, Richard Fontana, Claude Mathieu, Catherine Hiegel, Marcel Bozonnet,Yves Gasc, Jean-Paul Moulinot… le casting est fabuleux, particulièrement à l’aise dans cette histoire farfelue mais si juste, dont les répliques ont été adaptées par un certain Dominique Fernandez.</p>



<p>On se souviendra longtemps de l’entrée fracassante de Fontana habillé de pied en cap en héros de mythologie et de la tête effarée de Simon Eine devant cet ouragan de métal et de plume monté sur cothurne qui déboule dans son salon. Idem pour la séance de domptage de cantatrices en furie, menée par un Jacques Sereys d’un détachement olympien face aux jérémiades de Fersen, Mathieu et Hiegel. C’est succulent, édifiant sur la question de l’égo artistique et toujours d’actualité&nbsp;: les échanges de ces personnages hauts en couleur ressemblent beaucoup aux dialogues qu’on entend aujourd’hui dans les backstages des concerts, les couloirs des maisons de disques.</p>



<p>Bref, rien n’a changé et L’Impresario de Smyrne le démontre de flagrante façon… en concluant l’aventure sur une morale dont nombre d’agents artistiques devraient aujourd’hui encore s’inspirer pour driver leurs ouailles et les conduire sur le chemin du succès.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>



<p>La mise en scène de la comédie <em>L&rsquo;Imprésario de Smyrne</em> par la Comédie-Française en 1987 est disponible sur <a href="https://madelen.ina.fr/content/limpresario-de-smyrne-77521" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Madelen</a>.</p>
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		<title>La Trilogie de la villégiature : La Comédie continue … avec Carlo Goldoni !</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-trilogie-villegiature-carlo-goldoni/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2020 16:44:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors, figurez-vous qu’il n’y a pas que le confinement qui rend dingo. Il semblerait, si l’on en croit Carlo Goldoni, que la villégiature n’est guère plus saine. La preuve en trois pièces écrites dans les années 1761 par le grand auteur italien avant de devenir, deux siècles plus tard, l’une des mises en scène les plus célèbres de la Comédie Française. Et pour cause, sur les planches, les meilleurs acteurs...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="justify"><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-16-19-04-50.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-32413 size-full" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-16-19-04-50.png" alt="" width="733" height="584" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-16-19-04-50.png 733w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-16-19-04-50-288x229.png 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2020/04/Capture-du-2020-04-16-19-04-50-494x394.png 494w" sizes="auto, (max-width: 733px) 100vw, 733px" /></a></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Alors, figurez-vous qu’il n’y a pas que le confinement qui rend dingo. Il semblerait, si l’on en croit Carlo Goldoni, que la villégiature n’est guère plus saine. La preuve en <a href="https://www.theartchemists.com/boutique/" target="_blank" rel="noopener">trois pièces écrites</a> dans les années 1761 par le grand auteur italien avant de devenir, deux siècles plus tard, l’une des mises en scène les plus célèbres de la <a href="https://www.theartchemists.com/?s=Com%C3%A9die+Fran%C3%A7aise" target="_blank" rel="noopener">Comédie Française</a>. Et pour cause, sur les planches, les meilleurs acteurs de la Grande Maison à savoir Pierre Dux, Jacques Eyser, François Beaulieu, Claude Giraud, Marcel Tristani, Yves Pignot, Gérard Giroudon, Jacques Sereys, Denise Gence, Françoise Seigner, Ludmila Mikael, Catherine Hiegel, Catherine Salviat, Bernadette Le Sache. Et pour les diriger, rien de moins que Giorgio Strehler.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Un spectacle légendaire</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Une dream team, un spectacle légendaire sais en images à l’Odéon par Pierre Badel pour Antenne 2 … et que la Comédie Française ressort de ses tiroirs pour le diffuser ce vendredi 19 avril dans le cadre de sa programmation La Comédie continue ! Comme quoi la quarantaine peut avoir du bon. Car ces quatre heures de folie pure vont vous ravir, vous faire rire, vous prendre au cœur. L’histoire ? Elle est toute simple, presque sans intérêt. Le riche et insouciant Filippo s’apprête à quitter Livourne pour sa résidence d’été, avec dans son sillage, sa fille, la très indépendante et capricieuse Giacinta, suivie de près par son prétendant, le dépensier et jaloux Léonardo. Auquel elle accorde sa main juste avant de monter en calèche.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Mais c’est sans compter avec la présence de Guglielmo qui part avec eux, et dont la gentillesse va faire fondre le cœur de la jeune femme. Une passion de vacances qui aboutira ? Au risque de fracasser la promesse d’union et le contrat qui fut signé ? De faire scandale dans cette société bourgeoise si fermée, si exigeante, si médisante ? C’est toute la question, et de légère, elle devient vite pesante. Insupportable. Une véritable souffrance pour ces jeunes gens qui vont soudainement grandir, perdre la blancheur éclatante de l’enfance pour le noir des responsabilités, des conventions. De toutes ces attirances fleuries dans la chaleur languide de l’été vénitien, Goldoni fait un fardeau en devenir, chacun s’aveuglant sur ses sentiments et ceux de l’être aimé.</span></p>
<h2 align="justify"><span style="color: #000000;">Synthèse dramaturgique</span></h2>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Strehler se saisit de ce texte faussement léger, comique seulement en surface, et en fait ressortir la cruauté. Le masochisme. Ces personnages mêlés n’ont rien de héros tragiques aux grandes destinées. Ils se débattent avec leurs attirances, leurs interdits, leurs valeurs, leurs défauts, leurs vices. L’un dépense jusqu’à se ruiner, l’autre est une orgueilleuse, la troisième une coquette, tous se moquent, se raillent, avec méchanceté puisque oisifs et sans véritable centre d’intérêt. Leur folie rappelle celle des héros de Molière, Leurs élans contrariés évoquent ceux de Marivaux, leurs chassés-croisés annoncent Feydeau, leur indolence préfigure Tchekhov.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">Bien évidemment, Strehler perçoit ces filiations et les met en exergue avec subtilité, en les reliant avec les excès de la comedia dell’arte, dont le théâtre goldonien porte la trace. Ce qui nous vaut quelques morceaux de bravoure, crises de rire, et émotions navrées. Le tout dans un décor à géométrie variable qui prend vie grâce aux éclairages somptueux dont le maître était un expert et qui firent sa signature de spectacle en spectacle. Ce n’est donc pas à une leçon de théâtre qu’on assiste, mais à une synthèse dramaturgique, une harmonie parfaite entre la projection du metteur en scène, l’interprétation des acteurs, l’univers inventé pour accueillir la fiction et lui donner corps.</span></p>
<p align="justify"><span style="color: #000000;">À la clé, une réflexion sur l’humanité, ses travers, ses richesses. Bref, cette <a href="https://madelen.ina.fr/programme/la-trilogie-de-la-villegiature" target="_blank" rel="noopener">Trilogie</a> est un pur moment de bonheur.</span></p>
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		<title>Rouge Venise : la Sérénissime entre théâtre, grandiose décadence et meurtres en série</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Feb 2017 12:50:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le carnaval bat son plein à Venise, envahie par les masques de pacotille et les touristes en goguette, voir ou revoir Rouge Venise s’impose, pour percevoir ce que le Carnaval représentait réellement au temps jadis, quand la Sérénissime était encore une puissance reconnue et plus seulement une ville musée. Tourné en 1988, le film d’Etienne Périer met en scène le jeune Carlo Goldoni, avocat sans le souci, passionné...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/02/rouge-venise-e1487249383466.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-28367" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2017/02/rouge-venise-494x494.jpg" alt="" width="494" height="494" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alors que le carnaval bat son plein à Venise, envahie par les masques de pacotille et les touristes en goguette, voir ou revoir <i>Rouge Venise</i> s’impose, pour percevoir ce que le Carnaval représentait réellement au temps jadis, quand la Sérénissime était encore une puissance reconnue et plus seulement une ville musée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tourné en 1988, le film d’Etienne Périer met en scène le jeune Carlo Goldoni, avocat sans le souci, passionné de théâtre et fermement décidé à balayer le genre mourant de la comedia dell’arte pour offrir un patrimoine dramaturgique digne de ce nom à l’Italie. A ses côtés, le peintre Tiepolo et le compositeur Vivaldi, compagnons de beuverie et amis de toujours, perdus dans cette fête perpétuelle qu’est la Venise baroque. Or ce tourbillon d’amusements, d’opéras et de débauches va être perturbé par une série de meurtres au poignard, tous signés d’un mouchoir rouge par un mystérieux Masque dont les victimes sont toutes des connaissances de ce pauvre Goldoni, que très vite on suspecte. L’auteur va donc devoir enquêter afin de se disculper et de mettre fin à l’hécatombe. Ses seules armes : son intelligence, son audace … et sa plume.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Fiction policière à rebondissements, <i>Rouge Venise</i> a le mérite de situer ce suspens plein de fantaisie dans une ville emblématique, au moment où doucement elle glisse dans la décadence. Haut lieu de la prostitution et du jeu, la Sérénissime de Goldoni rayonne également par la beauté de son architecture, la créativité de ses artistes, alors que son système politique fondé sur une République des élites est en déclin, que sa société s’effondre dans les malversations et l’hypocrisie. On appréciera la beauté des décors, des costumes, le rythme effréné du film, son humour léger, l’enchaînement des péripéties et des situations évoquant la logique des comédies de Goldoni aussi bien que cet esprit vénitien que l’auteur restitua dans ses œuvres. L’interprétation est à l’unisson, avec notamment le bouillonnant Wojciech Pszoniak incarnant un Vivaldi intenable et frénétique, cocasse au plus haut point.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Point le plus appréciable, le réalisateur met constamment en avant ce lien puissant que la cité entretenait alors avec le théâtre et le divertissement : partout des comédiens, des chanteurs, des amuseurs, des compositeurs, des auteurs … n’est-ce pas en ces lieux qu’on fonda l’une des premières salles d’opéra ? Ainsi la ville est une gigantesque scène où chacun a son rôle à jouer, qu’il soit acteur ou non. Sauf qu’ici les acteurs et les artistes en général sont bien plus honnêtes et fiables que les dirigeants de cette vaste pantalonnade, dont ils dépendent néanmoins pour être mécénés et protégés. Dans ce contexte la démarche de Goldoni et ses amis interroge l’autonomie du créatif … et sa grande clairvoyance.</span></p>
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		<title>« Turandot » de Puccini : princesse tueuse et superproduction lyrique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/choregies-dorange-2012-turandot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Aug 2012 08:20:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Turandot : voici bien le type d’opéra qui sied aux dimensions épiques des grands amphithéâtres, Orange en tête. Du grand, du gros, du lourd, des chœurs, des figurants, des morceaux de bravoure … à croire que Puccini a composé l’histoire de sa sanglante princesse spécialement pour les espaces titanesques. Histoire d&#8217;une princesse farouchement célibataire Fille de l’empereur de Chine, la sublime Turandot refuse farouchement de se marier. Pour échapper aux...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-turandot-orange-2012.jpg" alt="" class="wp-image-37047" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-turandot-orange-2012.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-turandot-orange-2012-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/05/the-artchemists-turandot-orange-2012-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Turandot</em> : voici bien le type d’opéra qui sied aux dimensions épiques des grands amphithéâtres, Orange en tête. Du grand, du gros, du lourd, des chœurs, des figurants, des morceaux de bravoure … à croire que Puccini a composé l’histoire de sa sanglante princesse spécialement pour les espaces  titanesques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Histoire d&rsquo;une princesse farouchement célibataire</h2>



<p>Fille de l’empereur de Chine, la sublime Turandot refuse farouchement de se marier. Pour échapper aux affres de la nuit de noces, elle a mis en place un système redoutable : une énigme qui conduit à la mort ceux qui ne peuvent y répondre. Et jusqu’à présent, personne n’a répondu. Tandis qu’on mène à l’échafaud un énième malheureux candidat, Calaf, prince déchu, décide de braver le sort&#8230; et répond à l’énigme. Mais devant le dégoût de Turandot, il pose lui-même une énigme ; si la princesse y répond, il mourra. Turandot va alors tout faire pour obtenir cette réponse, y compris commettre l&rsquo;irréparable. </p>



<p>Les Chorégies d&rsquo;Orange ont plusieurs fois rendu honneur à cet opéra :1979, 1983, 1997, les trois actes du chef-d&rsquo;œuvre de Puccini y ont toujours été restitués avec des distributions et des mises en scène coup de poing. La représentation du mardi 31 juillet 2012 n’a en rien démenti la tradition. Car pour mettre en action l’histoire inspirée par le dramaturge Gozzi, contemporain de Carlo Goldoni et l’un de ses concurrents, les organisateurs des Chorégies ont frappé fort, avec plusieurs atouts imparables.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Lindstrom - Borsi - Alagna - Spotti - Puccini - Turandot - Orange - 2012" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/XIujj7CQoY0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading has-text-align-left">Du spectaculaire à l&rsquo;intime</h2>



<p>La mise en scène tout d’abord, toujours un challenge à Orange, car il faut pouvoir positionner figurants et solistes sur le plateau qui est vaste. Si l’acoustique y est impeccable, la gestion des troupes y est beaucoup plus délicate. En l’état, le metteur en scène Charles Roubaud a sorti son épingle du jeu avec brio. L’affrontement de Turandot et de son prétendent Calaf passe sans entrave de la confrontation publique à la déclaration intime, soulignant la découverte du sentiment amoureux par la frigide princesse. </p>



<p>Un plus notoire pour la symbolique : la cape où Turandot apparaît enfermée, comme piégée dans ses frustrations et ses névroses (n’oublions pas que le personnage a largement inspiré le syndrome du vagin denté, commenté par nombre de psychiatres). Cette cape noire, Calaf va l&rsquo;arracher au moment d’embrasser la belle qui se retrouve alors enrobée d’une soyeuse robe blanche pure et virginale.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-left">Stylisation esthétique</h2>



<p>Des décors et des costumes justement qui sont beaux, tout en étant très stylisés. </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le travail du scénographe Dominique Lebourges, secondé de l’ingénieur lumières Avi Yona Bueno a permis d’animer l’ensemble du théâtre en restituant les dimensions de la cité impériale sans nous noyer dans les dorures et les flonflons. On apprécie le jeu des projections, notamment les dragons triomphants qui déroulent leurs anneaux sur les dernières mesures de l’opéra. </li>



<li>Quant aux costumes de Katia Duflot, ils sont à la fois dépouillés, sobres et de très belle facture, jouant sur le noir, le blanc, le gris. Ainsi Turandot, vêtue de ténèbres comme une veuve noire, singularisée par un lourd pectoral qui l’étouffe dans sa pâleur de poupée impériale.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-left">Une distribution marquante</h2>



<p>Hors de question de monter ce type de machine avec des voix médiocres. Il faut du coffre pour tenir les rôles principaux et porter les vocalises dans un espace aussi grand, réputé des mélomanes pour sa grande qualité sonore. En l’occurrence, les prestations de Maria Luigia Borsi en Liu et surtout de Lise Lindstrom en Turandot furent d’une très grande qualité. </p>



<p>Saluons la présence de la cantatrice qui prenait la difficile succession de légendes comme Callas, Sutherland ou Dimitrova qui marquèrent le rôle. Avec son timbre acidulé et frémissant, sa silhouette mince et nerveuse, Lindstrom sut incarner l’hystérie de la princesse, avec néanmoins cette pointe d’humanité qui l’illuminera finalement.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-left">La prise de rôle de Roberto Alagna</h2>



<p>C’était là le vrai défi de cette distribution : Roberto Alagna est une figure emblématique, un ténor touche à tout qui a su conquérir le cœur d’un large public en dehors des rangs d’aficionados. Sa prise de rôle pour Calaf fut néanmoins difficile, car il était souffrant, or cela ne pardonna pas avec le grand air « Nessun dorma » ; dommage car il faut vraiment du courage pour reprendre le flambeau après des monstres sacrés comme Alfredo Kraus ou Pavarotti qui incarnèrent Calaf comme personne. </p>



<p>Disons-le clairement, Alagna ne sera jamais à mon sens un grand Calaf, mais il a un mérite que personne ne peut lui retirer : s’attaquer à ce rôle avec en perspective le fait de le faire découvrir par-delà les habitués. De même toute la distribution et sa retransmission sur une chaine nationale et publique. À l’heure où la culture s’enclave de plus en plus, cela n’a pas de prix et doit être souligné et salué.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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